Titre : La Dépêche de Brest : journal politique et maritime ["puis" journal de l'Union républicaine "puis" journal républicain quotidien "puis" quotidien républicain du matin]...
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Brest)
Date d'édition : 1939-03-07
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755951g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 mars 1939 07 mars 1939
Description : 1939/03/07 (A53,N20058). 1939/03/07 (A53,N20058).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Yroise, bibliothèque... Collection numérique : Yroise, bibliothèque numérique de Brest
Description : Collection numérique : BIPFPIG29 Collection numérique : BIPFPIG29
Description : Collection numérique : BIPFPIG29 Collection numérique : BIPFPIG29
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k350785m
Source : Bibliothèque municipale de Brest, PB A100
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/01/2021
53e année
SQ centimes — N* 20.058
ABONNEMENTS t n ( «10b i mol. I «oit
fronc, « colonie». (50 L 10 L ML Mi.
ftrangai • Toril postal •« tut
te> «bonn«m«nr» partent dw I" m M <• choqu» molt
d ion) eoyabtot d'avance C t. U-66 Kennet
Directeur • Marcel COUDURIER
France et Germanie
en Italie
par Ludovic N AU DE AU
Pour l'homme informé de l'His-
toire, douloureuse est la méditation
,je ce qui se passe, présentement, en
Italie. Ce peuple dont la langue est
si proche de la nôtre que tout
Français cultivé la traduit sponta-
nément sans avoir eu à l'étudier, ce
peuple-là, se peut-il qu'il soit aujour-
d'hui contre nous, l'allié de ces
fedeschi dont nous l'avons naguère
délivré au prix de notre sang ?
Ceux qui, aujourd'hui, en Italie,
mènent le branle et s'efforcent
d'ameuter contre nous une opinion
publique encore hésitante, ceux-là
voudraient prétendre que, dans le
passé, les Français, eux aussi, tout
autant que les Allemands, ont été des
envahisseurs et des oppresseurs de
l'Italie. Mais quelle est la vérité ?
Pendant presque tout le moyen âge,
l'Italie, inféodée aux empereurs alle-
mands, a été constamment envahie,
pillée, opprimée par eux et elle s'est
vainement débattue au milieu des
épreuves et des querelles intestines
attisées par ses maîtres. Et, d'autre
part, les seules guerres de conquêtes
entreprises par les Français en Italie
furent, à la fin du XV siècle, ces
vaines expéditions de Charles VIII,
que continueront Louis XII et Fran-
çois i". Encore faut-il bien se rap-
peler que le léger Charles VIII avait
été appelé en Italie par Ludovic le
More, duc usurpateur de Milan, et
par les Médicis de Florence. Les
documents trouvés dans les archives
de Milan ont prouvé que Ludovic
versait des pots-de-vin aux conseillers
du r6i de France pour l'inciter à
faire valoir ses prétendus droits sur
Naplès. Charles VIII, pour avoir
main 'libre en Italie, commit même
cette ineptie de rendre à Maximilien
d'Autriche la Franche-Comté et l'Ar-
tois ! Il faut se rappeler encore qu'à
Pavie François i" fut aux prises, non
point avec les Italiens, mais avec les
forces de l'Empire, avec les Alle-
mands, les Hongrois, les Espagnols de
Charles-Quint, c'est-à-dire avec les
éternels envahisseurs de la Péninsule.
Les guerres soutenues par Fran-
çois i", en tenant en échec la formi-
dable puissance de Charles-Quint et
en s'opposant au rêve de domination
universelle poursuivi par ce souve-
rain, rendirent service à la civilisa-
tion latine. Des invasions françaises
en Italie résulta cette admiration
sincère des Français enthousiasmés
par la floraison merveilleuse de la
renaissance italienne. Ils s'assimi-
lèrent sans effort l'idée latine et
devinrent ses plus zélés propagateurs
dans le monde.
Combien différentes ont toujours été
les conséquences des invasions ger-
maniques! Elles ne représentent, pen-
dant plusieurs siècles, que conquêtes
brutales, ruines accumulées, exploi-
tation et tyrannie. Il suffit de
rappeler l'hostilité déclarée de la
Réforme contre le mouvement de la
Renaissance helléno-latine qu'elle a
failli faire avorter et dont elle a
paralysé l'essor; l'invasion des luthé-
riens de Frondsberg et le sac de
Rome, en 1527, dont les horreurs dé-
passèrent l'invasion des Barbares.
Le Saint Empire germanique allait
cependant devenir le dominateur
incontesté de l'Italie, il allait y asseoir
longtemps son autorité à la fois alle-
mande et espagnole et en faire dispa-
raître les tendances unitaires pen-
dant plus de deux siècles. Suivant le
mot de Stendhal, ce fut Bonaparte qui
tira l'Italie du néant où elle
somnolait. (La suite à la 2" page.)
L'ARCHEVEQUE MIRON GRISTEA, PRESIDENT
DU CONSEIL DE ROUMANIE,
EST MORT HIER SOIR A CANNES
Ulltlllll
Cannes, 6. — L'archevêque Miron ' une semaine chez un de ses amis poll-
'Cristea, président du Conseil de Rou- tiques roumains.
manie, qui était arrivé sur la Côte Jusqu'au dernier moment, l'archevê-
d'azur le 24 février dernier, est mort que Miron Cristea fut assisté par le
ce soir, à 21 h. 30, à la villa « La Pré- docteur Baltaceano, qui était venu avec
gâte >, à Cannes, où il séjournait depuis lui de Bucarest.
Les championnats de France de ski à Superbagnères
ftùiMï DUR
Dépêche
de Brest ™ & de VOuest
Édition de 5 heures
RRF&T 25, 27 4 29
Pn^ 1 me Jean Macé
MARDI
7
MARS
1939
M •pédol. PARIS-BREST
TeT 121.62.21.85 & 21.96
Le» annonças •ont r«con* *
A BREST i Aux turtam* 4»
Journal
A TARIS i A VAgenç* Baeaê.
tX rut Richelieu.
L'ascendance de Pie XII
Un portrait du grand-père de Fie XII,
modeste bourgeois romain.
LES ÉLECTIONS
BELGES
AURONT LIEU
LE 2 AVRIL
Bruxelles, 6. — Le roi a signé le
décret de dissolution. Les élections
sont fixées au 2 avril.
Le roi a déclaré ne pas accepter la
démission du gouvernement, qui res-
tera donc en fonctions jusqu'aux élec-
tions.
Le gouvernement fait appel à l'opi
nion publique pour que la consultatioi
se prépare dans le calme et que cha
cun ait en vue, au-dessus de toute
cause de dissension, l'intérêt supé
de la Nation.
LES TROUBLES AUX INDES
Calcutta, 8. — Des éléments musul-
mans et hindous ont provoqué aujour-
d'hui de véritables émeutes dans l£
banlieue de Calcutta.
questions de religion.
Des troubles se sont aussi produ.v» ..
Jubbulpore, au cours d'une fête reli-
gieuse à laquelle prenaient part plu-
sieurs milliers d'Hindous. Une trentf'"
de personnes furent blessées.
UNE AUTO
FAUCHE ONZE PERSONNES
Un portrait de la mère de Pie XII grièvement blessées.
r^TFFTrîTl Un nouveau gouvernement
LVW.CTIÏP constitué à Madrid demande
^ À R MIS1 sCE ^ —*— — m;^;^;AIIC
[JJSPAGNEJ
a entrer en négociations
avec le général Franco
-www-
Le docteur Negrin a démissionné
Madrid, 6. — La radio de Madrid
annonce que le gouvernement Negrin,
devant les adhésions de nombreuses
autorités républicaines, civiles et mili-
taires, au conseil national de défense
imiiiiiiiiiiiimiiiiimiimiiiiiiiiiiiiiiiiiii miimiiimiiiiiiiimimiiiiHi!
drid que le général Miaja, après avoir
donné son entier appui au gouverne-
Les Jurassiens enlèvent le relais 4 X 10 kilomètres. — Un passage du
Jurassien GINDRE, qui a accompli le meilleur temps de la course : 38* 53".
1
1
^
1
^^^^
■BnKnf
; M. BESTEIRO, ancien président des
Cortes, membre du Conseil national de
défense.
constitué hier à Madrid, par le colo-
nel Casado, a décidé de démissionner.
Un nouveau gouvernement
Madrid, 6. — Le colonel Cipriano
— Un litre de vin si tu
descends au fond du puits
— Accepté, répond l'ivrogne
Et pendant que l'homme
se trouvait dans le puits
sa femme le lapida
La Cour d'assises de Nantes
condamne la coupable
à un an de prison avec sursis
Nantes, 6. — René Méraud, ouvrier
en chômage, et sa femme Françoise,
constituaient un ménage fort désuni.
L'homme était paresseux et s'enivrait.
Le 26 août dernier, vers 16 heures,
Méraud rentra en état d'ébriété à son
domicile.
La femme fit alors à son mari une
étrange proposition:
Je te parie un litre de vin rouge que
tu ne descendras pas au fond du puits
du Jardin et n'en remonteras sans t'aider
de la chaîne...
Tant par vanité que dans l'espoir
d'apaiser la soif inextinguible qui le
tenaillait encore, l'ivrogne accepta le
marché.
Méraud enjamba la margelle et com-
mença la descente.
Contrairement aux espérances de la
femme Méraud, l'ivrogne put atteindre
aisément le fond du puits et remontait
avec autant de facilité en s'arc-boutant
aux parois de maçonnerie.
(La suite à la 2e page.)
Mora, membre du nouveau gouverne-
ment, a déclaré aux Journalistes:
A partir de maintenant, l'Espagne ré-
publicaine possède un gouvernement. Ce-
lul-cl se donne pour mission de conclure
une paix honorable basée sur la Justice
et l'honnêteté. Toutefois, si notre voix tom-
bait dans des oreilles de sourds, nous sol-
dats, nous resterions à notre poste pour
défendre Jusqu'à la mort l'indépendance de
l'Espagne. j
L« nouveau gouvernement dément
que des émissaires républicains soient
déjà en route pour Burgos, afin de né-
gocier la paix.
Un appel radiodiffusé
aux nationalistes
Madrid, 6. — Le général Casado
s'est adressé ce matin par radio aux
Espagnols qui ne sont pas rangés sous
la bannière républicaine.
— Nous désirons la paix, dit-il notam-
ment, une paix fondée sur la conciliation,
l'indépendance et la liberté. Nous ne com-
battons que pour ce que, vous demandez
vous-mêmes. Nous voulons une Espagne
libre de l'Influence étrangère, libre des am-
bitions Impérialistes étrangères. SI vous
nous offrez une paix honorable et Juste,
nos coeurs vous répondront généreusement.
Le général Miaja à Madrid
Madrid, 6. — Le général Miaja est
rentré cet après-midi à Madrid, où il
a eu Immédiatement un long entretien
avec le général Casado et les autres
membres du nouveau gouvernement
républicain. Ceux-ci lui ont offert la
présidence du nouveau gouvernement.
La révolte de Carthagène était
conduite contre le docteur Negrin
Toujours par radio, le général Ca-
sado a démenti que le soulèvement de
Carthagène ait été l'oeuvre d'éléments
militaires dévoués au général Franco.
Ce fut, a affirmé le général Casado,
une rébellion de la flotte républicaine
contre le docteur Negrin, qui avait
imposé un commandement impopulaire.
Le général Casado a ajouté
— Personne n'avait confiance en Negrin,
qui esquiva toujours les responsabilités.
Aussi, le nouveau gouvernement ne tolè-
rera-t-11 pas que les anciens ministres s'en-
fuient à nouveau à, l'étranger, laissant der-
rière eux des hommes qui devraient payer
pour leur désertion.
Les membres du gouvernement
Negrin qui viendraient à Madrid
seraient- aussitôt arrêtés
Londres, 6. — On annonce de Ma-
ment constitué par le général Casado,
a déclaré:
— Le Cabinet Negrin a été renversé parce
Le général républicain CASADO, du
Conseil de défense nationale, qui s'est
substitué au gouvernement Negrin,
que Negrin et Del Vayo trichaient cons-
tamment, affirmant blanc un Jour, Jurant
noir le lendemain.
Le général Casado a déclaré de son
côté que si les anciens ministres ac-
tuellement réfugiés dans la banlieue
d'Alicante revenaient à Madrid il or-
donnerait aussitôt leur arrestation.
Burgos envisage
de très prochaines négociations
Londres, 6. — 11 ressort, de nou-
velles parvenues de Burgos, que l'on
considère, dans les milieux nationa-
listes, la constitution d'un conseil de
défense nationale, remplaçant le gou-
vernement Negrin, comme la preuve
qu'il existe à Madrid un mouvement
d'Espagnols sincères, désireux de se-
couer la domination de Moscou.
On fait remarquer qu'il n'y a pas
de représentants communistes dans ce
nouveau conseil.
(La suite à la 2" page.)
LA MODE AUX COURSES
Les Bretons de la région parisienne ont élu leur « Reine Fleur d'ajonc ».
— La Duchesse de Bretagne (à gauche). Mlle JOIGNET, embrasse l'élue, Mlle
Jeanne TRAUTMANN (en costume).
AUBERT EST MORT AVEC COURAGE
Toutes les balles du peloton d'exécution
ont traversé la poitrine du traître
M. PAUL REYNAUD FAIT LE BILAN
DE « L'EXPÉRIENCE » A SON 113' JOUR
« Le fonds de stabilisation des changes
possède dix fois plus d'or qu'il y a un
an... », déclare le ministre des Finances
fiimuii
Paris, 6. — M. Paul Reynaud, ministre but, selon l'expression même de M. Paul
des Finances, a prononcé ce soir, à Reynaud, de faire le point,
l'assemblée générale extraordinaire du ; ^ ministre des Finances, qui s'adresse
comité extra-parlementaire de defens;. : à des commerÇants, leur déclare d'abord
du commerce de détail, a la Mutualité, que ]es affaires du pays sont leurs
un discours radiodiffuse qui a eu pour aaaires et a insiste pour montrer que le
———^i^^^^^^»^^ j peuple n'est jamais assez informé, soit
" de la gravité du péril qui le menace,
Aux accents de la célèbre marche militaire « Mourir pour la
Patrie... », 1.800 marins et soldats ont défilé devant la dépouille
RpDOndant à l'aDOe! dU Grand ; 5011 des raisons qu'il a d'espérer. M.
ne|JUliuciiii a ia(j|jn uu u uiiU|M Reynaud motive son optimisme :
Conseil fasciste, quatre Italiens i
Si, il y a quatre mois, quelqu'un vous
sur les 1.500 demeurant
en Loire-Inférieure ont quitté
la France
UN GROUPE DE SKIEUR S GRAVIT UNE PENTE
Nantes, 6. — Les émigrés italiens
forment la plus importante de toutes
les colonies étrangères établies en
Loire-Inférieure: près de 1.500 per-
sonnes immatriculées aux services spé-
ciaux de surveillance.
C'est l'arrondissement de Nantes qui
compte le plus d'Italiens: hommes 475;
femmes 230; enfants 166; soit, au to-
tal, 871, sur lesquels à peu près 500
habitent le chef-lieu, les autres étant
surtout fixés dans la région de Basse-
Indre.
On sait que le Grand Conseil fasciste
vient de prendre une série de décisions
pour que les nationaux ayant émigré
regagnent le plus tôt possible leur
pays natal.
Quelle a été la réaction de la colo-
nie italienne, en Loire-Inférieure en
présence des mesures envisagées pour
son rapatriement?
Quatre départs seulement se sont
produits ces Jours derniers.
avait dit : « Dans quatre mois, le taux des
reports sur la livre sera vingt fois plus
élevé », qui l'eût cru ? S'il avait ajouté :
« Le franc sera la monnaie refuge de l'Eu-
rope », de quels sourires l'eussiez-vous ac-
cueilli ? S'il avait dit : « Plus personne,
dans quatre mois, ne parlera en France du
problème de la Trésorerie », vous auriez
trouvé qu'il passait vraiment la mesure.
Tout cela s'est pourtant réalisé.
(La suite à la 2" page.)
uuiiiiiiiu.mini.il
Condamné à mort
pour espionnage, un officier
de marine italien
a été fusillé hier matin
Rome, 6. — L'officier de marine An-
tonio Scarpa, de la base de Trieste, a
été fusillé ce matin dans le fort de Bra-
vetta.
Il avait été condamné à mort pour
espionnage.
Toulon, 6. — Condamné à mort pour
trahison, l'enseigne de vaisseau Marc
Aubert est mort ce matin courageuse-
ment. Il était exactement 5 h. 59 quand
il a été passé par les armes, devant un
talus du fort de Malbousquet.
Les préparatifs
Dès trois heures du matin, toutes
les routes conduisant au fort de
Malbousquet étaient barrées par des
tirailleurs sénégalais et des gardes mo-
biles à cheval. A 5 heures, les déta-
chements des troupes de la garnison et
de la marine se massèrent sur le ter-
rain de sport. Le poteau d'exécution
avait été dressé au bord de la route,
contre le talus d'un bastion.
A 5 h. 15, une voiture d'ambulance
arriva. Elle transportait le cercueil. Le
capitaine de vaisseau Rochet, comman-
dant le 5* dépôt, commandait les trou-
pes, soit environ 1.800 hommes des 8'
et 4* tirailleurs sénégalais, de l'artille-
rie de côtes et des fusiliers-marins. La
musique des équipages de la flotte et
la nouba des tirailleurs accompagnaient
les détachements.
A 5 h. 30, le peloton d'exécution ar-
riva, composé de douze hommes : cinq
seconds-maîtres et sept quartiers-maî-
tres et matelots, tous volontaires, sous
les ordres du maître-principal Welzer,
un Alsacien.
Un second-maître fut alors désigné
pour donner le coup de grâce. Ce
second-maître s'était distingué pendant
la guerre en exécutant des missions
dangereuses
Deux matelots infirmiers se placèrent
près du poteau.
A la prison
Pendant ce temps, à l'intérieur de la
prison, les préparatifs commençaient.
A 5 heures, dans le bureau du gar-
dien-chef s'étaient réunis le commis-
saire du gouvernement capitaine de
vaisseau Puech, l'aumônier Fabre ainsi
que les avocats du condamné, M" Miot,
Scarbouchi et Plagnol.
A 5 h. 15, ils pénétrèrent dans la cel-
lule de Marc Aubert que veillait un gar-
dien. Le condamné dormait profondé-
ment. Le commandant Puech le réveilla.
— Aubert, lui -dit-il, votre recours en
grâce est rejeté. Ayez du courage.
Marc Aubert se dressa sur son lit. Il
sourit et répondit :
— Je n'ai pas besoin de courage, depuis
que j'ai fait la paix avec mon âme.
Puis il se leva, fit assez minutieuse-
ment sa toilette et abandonnant son
costume de prisonnier, il revêtit l'uni-
forme d'enseigne de vaisseau sur lequel
on avait la veille enlevé les boutons et
les galons.
L'aumônier voulut le réconforter :
— Tu auras du courage, mon petit, n'est-
ce pas ? lui dlt-11.
Le condamné répliqua :
, — Soyez sans crainte, mon père : Je
saurai mourir.
Après avoir communié, Marc Aubert
remit deux lettres à l'aumônier, l'une
pour ses parents, l'autre pour sa maî-
tresse et complice. Il monta ensuite sans
l'aide des gardiens dans la camionnette,
avec quatre matelots et l'aumônier. Le
véhicule se mit en marche, traversa tout
l'arsenal et se dirigea vers le fort de
Malbousquet.
Un camion transportant les hommes
de l'escorte en armes le précédait, puis
un autre véhicule le suivait. Des auto-
mobiles avaient amené auparavant le
commissaire du gouvernement, ainsi que
les avocats.
A 5 h. 45, les véhicules arrivèrent à
Malbousquet. Un commandement reten-
tit alors. Les troupes se placèrent au
« garde à vous » et le peloton d'exécu-
tion chargea ses armes.
Au poteau
A 150 mètres du poteau, les hommes
sautèrent du camion. Le condamné des-
cendit le dernier de la camionnette, n
fut placé entre deux sections, baïonnette
au canon, qui partirent au pas accéléré.
—-~™-~»^™"™""">^'""rc^^
Le bombardier anglais Whltley, l'un des nlus ranidés an m**j.
vitesse de 420 kilomètres-heure, qui est construit en Se sériT *
SQ centimes — N* 20.058
ABONNEMENTS t n ( «10b i mol. I «oit
fronc, « colonie». (50 L 10 L ML Mi.
ftrangai • Toril postal •« tut
te> «bonn«m«nr» partent dw I" m M <• choqu» molt
d ion) eoyabtot d'avance C t. U-66 Kennet
Directeur • Marcel COUDURIER
France et Germanie
en Italie
par Ludovic N AU DE AU
Pour l'homme informé de l'His-
toire, douloureuse est la méditation
,je ce qui se passe, présentement, en
Italie. Ce peuple dont la langue est
si proche de la nôtre que tout
Français cultivé la traduit sponta-
nément sans avoir eu à l'étudier, ce
peuple-là, se peut-il qu'il soit aujour-
d'hui contre nous, l'allié de ces
fedeschi dont nous l'avons naguère
délivré au prix de notre sang ?
Ceux qui, aujourd'hui, en Italie,
mènent le branle et s'efforcent
d'ameuter contre nous une opinion
publique encore hésitante, ceux-là
voudraient prétendre que, dans le
passé, les Français, eux aussi, tout
autant que les Allemands, ont été des
envahisseurs et des oppresseurs de
l'Italie. Mais quelle est la vérité ?
Pendant presque tout le moyen âge,
l'Italie, inféodée aux empereurs alle-
mands, a été constamment envahie,
pillée, opprimée par eux et elle s'est
vainement débattue au milieu des
épreuves et des querelles intestines
attisées par ses maîtres. Et, d'autre
part, les seules guerres de conquêtes
entreprises par les Français en Italie
furent, à la fin du XV siècle, ces
vaines expéditions de Charles VIII,
que continueront Louis XII et Fran-
çois i". Encore faut-il bien se rap-
peler que le léger Charles VIII avait
été appelé en Italie par Ludovic le
More, duc usurpateur de Milan, et
par les Médicis de Florence. Les
documents trouvés dans les archives
de Milan ont prouvé que Ludovic
versait des pots-de-vin aux conseillers
du r6i de France pour l'inciter à
faire valoir ses prétendus droits sur
Naplès. Charles VIII, pour avoir
main 'libre en Italie, commit même
cette ineptie de rendre à Maximilien
d'Autriche la Franche-Comté et l'Ar-
tois ! Il faut se rappeler encore qu'à
Pavie François i" fut aux prises, non
point avec les Italiens, mais avec les
forces de l'Empire, avec les Alle-
mands, les Hongrois, les Espagnols de
Charles-Quint, c'est-à-dire avec les
éternels envahisseurs de la Péninsule.
Les guerres soutenues par Fran-
çois i", en tenant en échec la formi-
dable puissance de Charles-Quint et
en s'opposant au rêve de domination
universelle poursuivi par ce souve-
rain, rendirent service à la civilisa-
tion latine. Des invasions françaises
en Italie résulta cette admiration
sincère des Français enthousiasmés
par la floraison merveilleuse de la
renaissance italienne. Ils s'assimi-
lèrent sans effort l'idée latine et
devinrent ses plus zélés propagateurs
dans le monde.
Combien différentes ont toujours été
les conséquences des invasions ger-
maniques! Elles ne représentent, pen-
dant plusieurs siècles, que conquêtes
brutales, ruines accumulées, exploi-
tation et tyrannie. Il suffit de
rappeler l'hostilité déclarée de la
Réforme contre le mouvement de la
Renaissance helléno-latine qu'elle a
failli faire avorter et dont elle a
paralysé l'essor; l'invasion des luthé-
riens de Frondsberg et le sac de
Rome, en 1527, dont les horreurs dé-
passèrent l'invasion des Barbares.
Le Saint Empire germanique allait
cependant devenir le dominateur
incontesté de l'Italie, il allait y asseoir
longtemps son autorité à la fois alle-
mande et espagnole et en faire dispa-
raître les tendances unitaires pen-
dant plus de deux siècles. Suivant le
mot de Stendhal, ce fut Bonaparte qui
tira l'Italie du néant où elle
somnolait. (La suite à la 2" page.)
L'ARCHEVEQUE MIRON GRISTEA, PRESIDENT
DU CONSEIL DE ROUMANIE,
EST MORT HIER SOIR A CANNES
Ulltlllll
Cannes, 6. — L'archevêque Miron ' une semaine chez un de ses amis poll-
'Cristea, président du Conseil de Rou- tiques roumains.
manie, qui était arrivé sur la Côte Jusqu'au dernier moment, l'archevê-
d'azur le 24 février dernier, est mort que Miron Cristea fut assisté par le
ce soir, à 21 h. 30, à la villa « La Pré- docteur Baltaceano, qui était venu avec
gâte >, à Cannes, où il séjournait depuis lui de Bucarest.
Les championnats de France de ski à Superbagnères
ftùiMï DUR
Dépêche
de Brest ™ & de VOuest
Édition de 5 heures
RRF&T 25, 27 4 29
Pn^ 1 me Jean Macé
MARDI
7
MARS
1939
M •pédol. PARIS-BREST
TeT 121.62.21.85 & 21.96
Le» annonças •ont r«con* *
A BREST i Aux turtam* 4»
Journal
A TARIS i A VAgenç* Baeaê.
tX rut Richelieu.
L'ascendance de Pie XII
Un portrait du grand-père de Fie XII,
modeste bourgeois romain.
LES ÉLECTIONS
BELGES
AURONT LIEU
LE 2 AVRIL
Bruxelles, 6. — Le roi a signé le
décret de dissolution. Les élections
sont fixées au 2 avril.
Le roi a déclaré ne pas accepter la
démission du gouvernement, qui res-
tera donc en fonctions jusqu'aux élec-
tions.
Le gouvernement fait appel à l'opi
nion publique pour que la consultatioi
se prépare dans le calme et que cha
cun ait en vue, au-dessus de toute
cause de dissension, l'intérêt supé
de la Nation.
LES TROUBLES AUX INDES
Calcutta, 8. — Des éléments musul-
mans et hindous ont provoqué aujour-
d'hui de véritables émeutes dans l£
banlieue de Calcutta.
questions de religion.
Des troubles se sont aussi produ.v» ..
Jubbulpore, au cours d'une fête reli-
gieuse à laquelle prenaient part plu-
sieurs milliers d'Hindous. Une trentf'"
de personnes furent blessées.
UNE AUTO
FAUCHE ONZE PERSONNES
Un portrait de la mère de Pie XII grièvement blessées.
r^TFFTrîTl Un nouveau gouvernement
LVW.CTIÏP constitué à Madrid demande
^ À R MIS1 sCE ^ —*— — m;^;^;AIIC
[JJSPAGNEJ
a entrer en négociations
avec le général Franco
-www-
Le docteur Negrin a démissionné
Madrid, 6. — La radio de Madrid
annonce que le gouvernement Negrin,
devant les adhésions de nombreuses
autorités républicaines, civiles et mili-
taires, au conseil national de défense
imiiiiiiiiiiiimiiiiimiimiiiiiiiiiiiiiiiiiii miimiiimiiiiiiiimimiiiiHi!
drid que le général Miaja, après avoir
donné son entier appui au gouverne-
Les Jurassiens enlèvent le relais 4 X 10 kilomètres. — Un passage du
Jurassien GINDRE, qui a accompli le meilleur temps de la course : 38* 53".
1
1
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■BnKnf
; M. BESTEIRO, ancien président des
Cortes, membre du Conseil national de
défense.
constitué hier à Madrid, par le colo-
nel Casado, a décidé de démissionner.
Un nouveau gouvernement
Madrid, 6. — Le colonel Cipriano
— Un litre de vin si tu
descends au fond du puits
— Accepté, répond l'ivrogne
Et pendant que l'homme
se trouvait dans le puits
sa femme le lapida
La Cour d'assises de Nantes
condamne la coupable
à un an de prison avec sursis
Nantes, 6. — René Méraud, ouvrier
en chômage, et sa femme Françoise,
constituaient un ménage fort désuni.
L'homme était paresseux et s'enivrait.
Le 26 août dernier, vers 16 heures,
Méraud rentra en état d'ébriété à son
domicile.
La femme fit alors à son mari une
étrange proposition:
Je te parie un litre de vin rouge que
tu ne descendras pas au fond du puits
du Jardin et n'en remonteras sans t'aider
de la chaîne...
Tant par vanité que dans l'espoir
d'apaiser la soif inextinguible qui le
tenaillait encore, l'ivrogne accepta le
marché.
Méraud enjamba la margelle et com-
mença la descente.
Contrairement aux espérances de la
femme Méraud, l'ivrogne put atteindre
aisément le fond du puits et remontait
avec autant de facilité en s'arc-boutant
aux parois de maçonnerie.
(La suite à la 2e page.)
Mora, membre du nouveau gouverne-
ment, a déclaré aux Journalistes:
A partir de maintenant, l'Espagne ré-
publicaine possède un gouvernement. Ce-
lul-cl se donne pour mission de conclure
une paix honorable basée sur la Justice
et l'honnêteté. Toutefois, si notre voix tom-
bait dans des oreilles de sourds, nous sol-
dats, nous resterions à notre poste pour
défendre Jusqu'à la mort l'indépendance de
l'Espagne. j
L« nouveau gouvernement dément
que des émissaires républicains soient
déjà en route pour Burgos, afin de né-
gocier la paix.
Un appel radiodiffusé
aux nationalistes
Madrid, 6. — Le général Casado
s'est adressé ce matin par radio aux
Espagnols qui ne sont pas rangés sous
la bannière républicaine.
— Nous désirons la paix, dit-il notam-
ment, une paix fondée sur la conciliation,
l'indépendance et la liberté. Nous ne com-
battons que pour ce que, vous demandez
vous-mêmes. Nous voulons une Espagne
libre de l'Influence étrangère, libre des am-
bitions Impérialistes étrangères. SI vous
nous offrez une paix honorable et Juste,
nos coeurs vous répondront généreusement.
Le général Miaja à Madrid
Madrid, 6. — Le général Miaja est
rentré cet après-midi à Madrid, où il
a eu Immédiatement un long entretien
avec le général Casado et les autres
membres du nouveau gouvernement
républicain. Ceux-ci lui ont offert la
présidence du nouveau gouvernement.
La révolte de Carthagène était
conduite contre le docteur Negrin
Toujours par radio, le général Ca-
sado a démenti que le soulèvement de
Carthagène ait été l'oeuvre d'éléments
militaires dévoués au général Franco.
Ce fut, a affirmé le général Casado,
une rébellion de la flotte républicaine
contre le docteur Negrin, qui avait
imposé un commandement impopulaire.
Le général Casado a ajouté
— Personne n'avait confiance en Negrin,
qui esquiva toujours les responsabilités.
Aussi, le nouveau gouvernement ne tolè-
rera-t-11 pas que les anciens ministres s'en-
fuient à nouveau à, l'étranger, laissant der-
rière eux des hommes qui devraient payer
pour leur désertion.
Les membres du gouvernement
Negrin qui viendraient à Madrid
seraient- aussitôt arrêtés
Londres, 6. — On annonce de Ma-
ment constitué par le général Casado,
a déclaré:
— Le Cabinet Negrin a été renversé parce
Le général républicain CASADO, du
Conseil de défense nationale, qui s'est
substitué au gouvernement Negrin,
que Negrin et Del Vayo trichaient cons-
tamment, affirmant blanc un Jour, Jurant
noir le lendemain.
Le général Casado a déclaré de son
côté que si les anciens ministres ac-
tuellement réfugiés dans la banlieue
d'Alicante revenaient à Madrid il or-
donnerait aussitôt leur arrestation.
Burgos envisage
de très prochaines négociations
Londres, 6. — 11 ressort, de nou-
velles parvenues de Burgos, que l'on
considère, dans les milieux nationa-
listes, la constitution d'un conseil de
défense nationale, remplaçant le gou-
vernement Negrin, comme la preuve
qu'il existe à Madrid un mouvement
d'Espagnols sincères, désireux de se-
couer la domination de Moscou.
On fait remarquer qu'il n'y a pas
de représentants communistes dans ce
nouveau conseil.
(La suite à la 2" page.)
LA MODE AUX COURSES
Les Bretons de la région parisienne ont élu leur « Reine Fleur d'ajonc ».
— La Duchesse de Bretagne (à gauche). Mlle JOIGNET, embrasse l'élue, Mlle
Jeanne TRAUTMANN (en costume).
AUBERT EST MORT AVEC COURAGE
Toutes les balles du peloton d'exécution
ont traversé la poitrine du traître
M. PAUL REYNAUD FAIT LE BILAN
DE « L'EXPÉRIENCE » A SON 113' JOUR
« Le fonds de stabilisation des changes
possède dix fois plus d'or qu'il y a un
an... », déclare le ministre des Finances
fiimuii
Paris, 6. — M. Paul Reynaud, ministre but, selon l'expression même de M. Paul
des Finances, a prononcé ce soir, à Reynaud, de faire le point,
l'assemblée générale extraordinaire du ; ^ ministre des Finances, qui s'adresse
comité extra-parlementaire de defens;. : à des commerÇants, leur déclare d'abord
du commerce de détail, a la Mutualité, que ]es affaires du pays sont leurs
un discours radiodiffuse qui a eu pour aaaires et a insiste pour montrer que le
———^i^^^^^^»^^ j peuple n'est jamais assez informé, soit
" de la gravité du péril qui le menace,
Aux accents de la célèbre marche militaire « Mourir pour la
Patrie... », 1.800 marins et soldats ont défilé devant la dépouille
RpDOndant à l'aDOe! dU Grand ; 5011 des raisons qu'il a d'espérer. M.
ne|JUliuciiii a ia(j|jn uu u uiiU|M Reynaud motive son optimisme :
Conseil fasciste, quatre Italiens i
Si, il y a quatre mois, quelqu'un vous
sur les 1.500 demeurant
en Loire-Inférieure ont quitté
la France
UN GROUPE DE SKIEUR S GRAVIT UNE PENTE
Nantes, 6. — Les émigrés italiens
forment la plus importante de toutes
les colonies étrangères établies en
Loire-Inférieure: près de 1.500 per-
sonnes immatriculées aux services spé-
ciaux de surveillance.
C'est l'arrondissement de Nantes qui
compte le plus d'Italiens: hommes 475;
femmes 230; enfants 166; soit, au to-
tal, 871, sur lesquels à peu près 500
habitent le chef-lieu, les autres étant
surtout fixés dans la région de Basse-
Indre.
On sait que le Grand Conseil fasciste
vient de prendre une série de décisions
pour que les nationaux ayant émigré
regagnent le plus tôt possible leur
pays natal.
Quelle a été la réaction de la colo-
nie italienne, en Loire-Inférieure en
présence des mesures envisagées pour
son rapatriement?
Quatre départs seulement se sont
produits ces Jours derniers.
avait dit : « Dans quatre mois, le taux des
reports sur la livre sera vingt fois plus
élevé », qui l'eût cru ? S'il avait ajouté :
« Le franc sera la monnaie refuge de l'Eu-
rope », de quels sourires l'eussiez-vous ac-
cueilli ? S'il avait dit : « Plus personne,
dans quatre mois, ne parlera en France du
problème de la Trésorerie », vous auriez
trouvé qu'il passait vraiment la mesure.
Tout cela s'est pourtant réalisé.
(La suite à la 2" page.)
uuiiiiiiiu.mini.il
Condamné à mort
pour espionnage, un officier
de marine italien
a été fusillé hier matin
Rome, 6. — L'officier de marine An-
tonio Scarpa, de la base de Trieste, a
été fusillé ce matin dans le fort de Bra-
vetta.
Il avait été condamné à mort pour
espionnage.
Toulon, 6. — Condamné à mort pour
trahison, l'enseigne de vaisseau Marc
Aubert est mort ce matin courageuse-
ment. Il était exactement 5 h. 59 quand
il a été passé par les armes, devant un
talus du fort de Malbousquet.
Les préparatifs
Dès trois heures du matin, toutes
les routes conduisant au fort de
Malbousquet étaient barrées par des
tirailleurs sénégalais et des gardes mo-
biles à cheval. A 5 heures, les déta-
chements des troupes de la garnison et
de la marine se massèrent sur le ter-
rain de sport. Le poteau d'exécution
avait été dressé au bord de la route,
contre le talus d'un bastion.
A 5 h. 15, une voiture d'ambulance
arriva. Elle transportait le cercueil. Le
capitaine de vaisseau Rochet, comman-
dant le 5* dépôt, commandait les trou-
pes, soit environ 1.800 hommes des 8'
et 4* tirailleurs sénégalais, de l'artille-
rie de côtes et des fusiliers-marins. La
musique des équipages de la flotte et
la nouba des tirailleurs accompagnaient
les détachements.
A 5 h. 30, le peloton d'exécution ar-
riva, composé de douze hommes : cinq
seconds-maîtres et sept quartiers-maî-
tres et matelots, tous volontaires, sous
les ordres du maître-principal Welzer,
un Alsacien.
Un second-maître fut alors désigné
pour donner le coup de grâce. Ce
second-maître s'était distingué pendant
la guerre en exécutant des missions
dangereuses
Deux matelots infirmiers se placèrent
près du poteau.
A la prison
Pendant ce temps, à l'intérieur de la
prison, les préparatifs commençaient.
A 5 heures, dans le bureau du gar-
dien-chef s'étaient réunis le commis-
saire du gouvernement capitaine de
vaisseau Puech, l'aumônier Fabre ainsi
que les avocats du condamné, M" Miot,
Scarbouchi et Plagnol.
A 5 h. 15, ils pénétrèrent dans la cel-
lule de Marc Aubert que veillait un gar-
dien. Le condamné dormait profondé-
ment. Le commandant Puech le réveilla.
— Aubert, lui -dit-il, votre recours en
grâce est rejeté. Ayez du courage.
Marc Aubert se dressa sur son lit. Il
sourit et répondit :
— Je n'ai pas besoin de courage, depuis
que j'ai fait la paix avec mon âme.
Puis il se leva, fit assez minutieuse-
ment sa toilette et abandonnant son
costume de prisonnier, il revêtit l'uni-
forme d'enseigne de vaisseau sur lequel
on avait la veille enlevé les boutons et
les galons.
L'aumônier voulut le réconforter :
— Tu auras du courage, mon petit, n'est-
ce pas ? lui dlt-11.
Le condamné répliqua :
, — Soyez sans crainte, mon père : Je
saurai mourir.
Après avoir communié, Marc Aubert
remit deux lettres à l'aumônier, l'une
pour ses parents, l'autre pour sa maî-
tresse et complice. Il monta ensuite sans
l'aide des gardiens dans la camionnette,
avec quatre matelots et l'aumônier. Le
véhicule se mit en marche, traversa tout
l'arsenal et se dirigea vers le fort de
Malbousquet.
Un camion transportant les hommes
de l'escorte en armes le précédait, puis
un autre véhicule le suivait. Des auto-
mobiles avaient amené auparavant le
commissaire du gouvernement, ainsi que
les avocats.
A 5 h. 45, les véhicules arrivèrent à
Malbousquet. Un commandement reten-
tit alors. Les troupes se placèrent au
« garde à vous » et le peloton d'exécu-
tion chargea ses armes.
Au poteau
A 150 mètres du poteau, les hommes
sautèrent du camion. Le condamné des-
cendit le dernier de la camionnette, n
fut placé entre deux sections, baïonnette
au canon, qui partirent au pas accéléré.
—-~™-~»^™"™""">^'""rc^^
Le bombardier anglais Whltley, l'un des nlus ranidés an m**j.
vitesse de 420 kilomètres-heure, qui est construit en Se sériT *
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