Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1924-08-30
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 août 1924 30 août 1924
Description : 1924/08/30 (Numéro 243). 1924/08/30 (Numéro 243).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k294077q
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
Samedi 30 Août 1924
le Numéro quotidien VINGT CENTIMES EN FRANCE
70me Année 3™ Série N» 243
DE VILLEMESSANT
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a Loué par ceux-cï, blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, je me presse
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
J'écrase, donc je sins
Les piétons culbutés, par les autos, les
'conps-à--corps de camions à limousines,
les devantures de boutiques éventrées.
par les voitures en, folie, les pugilats en-
tre tramways et autobus et autres ex-
ploits semblables, vont-ils décidément
devenir, dans notre fracassante vie ac-
tuelle, des phénomènes courants et com-
me une casse obligatoire ? On n'ouvre
plus son journal sans y dénombrer les
défilés de malheureux et de malheureu-
ses roulés ou broyés dans les rues, sur
les routes et quelquefois sur les trot-
toirs., Il faut de la mesure en tout et les
écraseurs en manquent
Comment tant d'accidents et de catas-
trophes ne cessent-ils donc de se repro-
duire et se multiplient-ils de plus en
plus'? Comment toutes les mesures pri-
ses ou censées prises, tous les avertis-
sements, toutes les réclamations, toutes
les protestations, tous les cris d'alarme,
ne servent-ils jamais à rien ? En dehors
des causes connues, incapacité ou im-
prudence des chauffeurs, vertige de la
vitesse, mauvaise réglementation de la
voie publique, insuffisance ou inertie de
la police et de la justice, il y en a peut-
être encore une à laquelle on ne paraît
pas songer, mais qui pourrait bien dé-
passer les autres et qui est un certain
esprit,une certaine mentalité, créés par
les extraordinaires progrès et la passion
sans précédent de la circulation et de
la mécanique. I>en est des collectivités
comme des individus. Un terrassier ou
un balayeur qyÊgagne le gros lot ne
devient pas, diPJour au lendemain, un
confortable rentier sans risquer de per-
dre un peu la tête. De même, une so-
ciété ne passe pas," en moins d'un demi-
siècle, de l'innocent traintrain d'avant
le volànt à l'emportement actuel sans
une petite secousse cérébrale qui peut
avoir ses dangers.
?**
On nous a trop rebattu les oreilles
avec le sans-gêne seigneurial des an-
.ciens carrosses roulant « à tombeau-ou-
vert », pour nier aujourd'hui celui des
machines foudroyantes qui vous expé-
dient beaucoup plus magistralement en-
core dans l'au-delà. Rien n'est signifi-
catif comme l'espèce de hauteur mépri-
sante avec laquelle certains fanatiques
de-la vitesse pas tous, mais beaucoup
= passent à côté du vieux monsieur as-
sez resté de son temps pour se prome-
né 1- encora sur ses jambes ou de l'in-
croyable cabriolet qui s'en va au trot ri-
dicule d'un poney antédiluvien. Il y a
là, très visiblement, deux mondes qui
n'ont absolument rien de commun, l'un
qui ne pourra jamais faire assez triom-
phalement pétarader sa puissance et
l'autre qui ne devra jamais se faire as-
sez petit' pour n!ètre pas pulvérisé par
la pétarade.
La vérité est que l'automobilisme a
donné naissance à une caste, la, caste de
la machine, et que cette caste, comme
toutes les castes, prétend à des privilè-
ges. Quelques-uns se justifient par les
services rendus, mais ne suffisent pas à
de nombreux exaltés pour qui rien
n'existe ni ne doit exister en dehors de
l'aristocratie du pneu. En raison de ce
qu'ils sont la. vitesse par la mécanique,
ils se savent une force comme on n'en
avait encore jamais vu, se considérant
comme d'une essence supérieure une
essence est le mot à tout ce qui ne
fait pas partie de celte force et enten-
dant ne devoir que peu de chose, ou
même rien, aux malheureux qui s'en
vont encore à pied, en charrette anglai-
se ou en tilbury.
Toute la psychologie d'un c/îtain au-
tomobiliste est là. Filant, comme l'éclair,
il en a une fierté du haut de laquelle
il regarde tout ce qu'il rencontre. Com-
ment ? Un passant qui ne se dérange
pas devant lui avec la précipitation qui
lui est due ? Et cette vieille voiture
d'avant le dernier déluge, ce vieux cou-
pé ou cette vieille victoria dont le pro-
priétaire est assez peu à la page pour
se faire traîner par un canasson ? Et
cet épicier qui ne se rend pas à la foire
dans un de ces monstres tonnants et
foudroyants qui démolissent tout sur
leur route, et lui barre le chemin avec
un cheval ? Qu'est-ce que c'estque ça ?.
Tout ce qui n'est pas la machine lui
semble ainsi mériter le 'mépris, et tout
ce qui n'écrase pas ne pas valoir la pei-
ne d'être ménagé. Il est le Seigneur, et
quel Seigneur Le piéton est le manant,
et quel manant 1
Si ce règne de la machine et de la vi-
tesse s'était constitué raisonnablement,
avec les étaipes et ila sélection voulues,
nous n'en serions vraisemblablement
pas au désordre homicide où nous som-
mes, et auquel l'Administration cherche
des remèdes 'qui pourraient bien être in-
trouvables. Si une transformation ne de-
vait pas se faire en un tour de vis, sans
les progressions les plus sages, c'était
assurément celle-là. On n'a pas circulé
pendant des siècles, depuis qu'il y a des
hommes et qui roulent, au moyen de
bêtes dont la rapidité même est une len-
teur, pour se mettre, du jour au lende-
main, sans 'préparation ni transition, à
filer à cent kilomètres à l'heure, lors-
que ce n'est pas à cent vingt. Et cela
par des rues et des routes uniquement
et exclusivement construites pour le rou-
lage à la papa et les promenades distrai-
tes de nos aïeux Les chemins de fer, à
leur origine, avaient déjà paru à M.
Thiers avoir quelque chose de satanique,
malgré toute la prudence et toutes les
mesures de sûreté apportées à leur ins-
tallation. M. Thiers allait trop loin, mais
9es extrémistes de l'automobilisme vont
trop vite.
Que l'application de la machine aux
usages courants et privés de notre vie
journalière, à tout ce qui Se rapporta à
nos affaires, notre, profession, nos- rela-
tions ou même: nôtre' intimité, soit un
très grand et très beau prbgrès, pour ce
qu'elle permet déjà de réaliser et l'infini
de ses promesses, personne ne songe à
le nier. Mais qu'elle se. soit opérée dans
l'infernale bousculade dont les journaux
nous donnent chaque jour Je bulletin, et
que la puissance, dont elle vous arme,
elle la mette le plus souvent 'entre n'im-
porte quelles mains, au hasard -d'on ne
sait quel sort insensé, personne ne peut
nier non plus le fjéau d'une pareille lo-
torie. t
terie..
Le plus clair de la. véritable folie cir-
culatoire actuelle, plus répandue que ja-
mais en ce moment de vacances, est
dans la mégalomanie spéciale qu'elle
inspire à .ses fous, et en raison de la-
quelle, à force d'être fiers d'aller vite,
ils ne sont pas très doin de l'être égale-
ment de vous écraser. Au temps des
chaises à porteurs, certains hauts poten-
tats, voyageant dans un appareil parti-
culièrement magnifique, n'hésitaient
pas, à l'entrée par trop étroite d'un vil-
lage «qu'ils avaient à traverser, à faire je-
ter bas la bicoque qui rendait le passage
impossible. Aujourd'hui, le gros ïjar-
chand de cochons, qui encomibre et crè-
ve la route avec son énorme camion,
n'hésite 'pas, lui non ,plus, à culbuter la
charrette à âne qui l'embarrasse, et chez
le second, au fond, n'est-ce pas la même
prétention au règne que chez le pre-
mier ? L'un, seulement, prince ou mi-
nistre, était un personnage rare et choi-
si, et son passage, ilà où avaient défilé
sa chaise et ses porteurs, restait .un évé-
nement dans le pays. L'autre, par ce
temps de pneus et de volants, est légion,
ne fait plus même sensation là où il
écrase, et se dirait tranquillement et im-
punément, s'il était capable de philoso-
pher, et s'il pouvait avoir h se rappeler
ses auteurs -̃
J'écrase, donc je suis
Maintenant, n'est-ce bien que dans les
rues et sur les routes, >là où les journaux
nous décrivent chaque matin quelque
culbute ou quelque catastrophe, que
pourrait ainsi se modifier la vieille for-
mule classique ? Ne craignons pas de
faire notre confession et de nous frapper
la poitrine, c'est à peu près en tout et
partout Qui donc, à présent, dans le
tohu-bohu général, où roule le monde
comme il n'avait peut-être jamais roulé,
ne cherche .pas à se prouver qu'il exisle
en écrasant quelqu'un ou quelque chose,
et ne doute pas un peu de sa propre vie
si, par extraordinaire, à la fin de sa
journée, il n'a rien massacré. ou n'a. en"
voyé personne de l'autre côté de la bar-
ricade ? Est-ce qu'en littérature, en po-
litique, en diplomatie, à" peu près en
tout, il y a, à l'heure actuelle, autre cho-
se que des écraseurs et des écrasés ?
Est-ce que nous n'en sommes pas à ne
plus voir, sur tous les chemins, que des
marchands de cochons et des charrettes
à ânes, et ne pourrions-nous pas, hélas
regretter le temps où une princière chai-
se à porteurs exigeait seulement, de loin
en loin, la démolition d'une masure pour
passer -plus facilement ?
Maurice Talmeyr.
Mouvement préfectoral
M. Aubanel, secrétaire général de la pré-
fecture de la Seine, est admis à la retraite.
Il est remplacé par M. Duvernoy, directeur
des affaires algériennes au ministère de 1 in-
térieur, lequel a pour successeur M, Cause-
ret, maître des requêtes au Conseil u Etat.
Sont 'nommés, en outre, préfets
Du Pas-de-Calais, M. Peytral, préfet de
Seine-et-Marne, en remplacement de M.
Causel, admis à la retraite.
De Seine-et-Marne, M. Garipuy, préfet
des- Basses-Pyrénées.
Des Basses-Pyrénées, M.-Mireur, préfet
des Vosges.-
Des Vosges, M. Poivert, préfet de la Dor-
dogne.
De la Dordogne, M. Périès, préfet de la
Haute-Loire.
Dé la Haute-Loire,, M. Baudet-Varennes,
sous-préfet de Bézîers.
De la Marne, M. Langeron, préfet des
Côtes-du-Nord, en remplacement de M. Bri-
sac, admis à la retraite.
Des Côtes-Su-Nord, M. Cassé-Barthe, pré-
fet d'Eure-et-Loir.
D'Eure-et-Loir, M. Leydet, ancien préfet.
De l'Eure, M. Beauguitte, ancien préfet,
en remplacement de M. Maestracci, admis
à la retraite et 'nommé préfet honoraire.
De la Vienne, M. Brisard, préfet de la
Creuse, non installé.
De la Creuse, M. L'Hommedé, sous-préfet
de Péronne.
De la Corrèze, M. Maisonobe, préfet des
Landes, en remplacement de M. Bressot,
nommé directeur du cabinet du préfet de
police.
Des Landes, M. Valiat, sous-préfet de Vil-
lefranche (Rhône).
Le prince de Galles aux Etats-Unis
New-York, 29 août. Le prince de
Galles est arrivé à New-York.
Il passera une quinzaine à Long
Island.
Un aéroplane français
forcé d'amerrir
fCt
LONDRES, 29 août. Les journaux du soir
annoncent que l'aéroplane français, parti
cet après-midi un peu après deux heures de
l'aérodrome de Croydon, à destination de
Paris, a été obligé d'amerrir sur la Manche,
à quelque distance de Folkestone. Le pilote
a été sauvé.
1-1 AUJOURD'HUI
Supplément littéraire
Demain
Le "Figaro" au Royaume des
Serbes, Croates et Slovènes
ECjïQS
Une énigme. -̃
Le Liseur n'aura, pas besoin de don-
.ner, dans quinze jours, le mot de l'é-
nigme, qu'il a, d'après M. Léonce Gra-
silier et la Nouvelle Revue, posée, mer-
credi à nos lecteurs.
Une centaine d'entre eux et mième
une petite fille de cinq ans qui s'appelle
Sylvie nous ont déjà répondu. La so-
lution,. c'est la lettre T qui « commence
toujours et finit rarement. »
Cent bons points à nos lecteurs.
De grosses vitesses moyennes, un con-
fort parfait, une carrosserie spacieuse,
en un mot, tous les agréments d'une
grosse voiture, c'est ce que vous offre
la 8-10 GV .« Ariès », livrable immédiate-
ment au magasin, 68,. Champs-Elysées,
et chez tous les agents.
Tout vient à- point. .••
Au cours d'une pris© d'armes qui a. eu
lieu à Lorient-, le préfet maritime a
remis la, médaille militaire à un ancien
soldat des guerres d'Afrique et de €r
mée, Claude Dàlsaf, qui fut blessé à
Prceschwiller, le. 6 août 1870, et, après
la -guerre franco-allemande, fit encore
campagne en Afrique et dans l'Extrême-
Orient.
Ce vieux brave, qui a aujourd'hui
soixante-dix huit ans, devait commencer
à se demander si on ne l'avait pas ou-
blié.
Les Parisiennes n'ont peur de rien.
Nous avons vu hier, au carrefour
CMteaudun, à un .montent où s'y croi-
saient, à des allures impressionnantes,-
des autos aussi nombreuses que les
grains de sabl.e de la mer, une jeune
femme qui traversait la chaussée les
yeux fixés sur la glace 'de son sac à
main, en promenant sur ses joues ce
petit tampon à poudre qu'impose la
mode.
Et elle n'a pas été écrasée.
INSTANTANÉ
Jfàuïelles Xettres à française
ou la jeune Fille d'après-guerre
par MARCEL PRÉVOST,
de l'Académie française
Dans ces Nouvelles Lettres à Françoise, à
la célèbre Françoise qui servit de guide et
de modèle à toute une génération de jeunes
filles françaises, M. Marcel Prévost entretient
Sa ïïièfcêf des deux filles de Françoise qui
sont, elles, de troublantes jeunes filles
d'après-guerre.. ̃
Avec un incomparable talent de psycholo-
gue, l'illustre écrivain indique, d'une façon
claire, spirituelle, malicieuse, les caractéris-
tiques essentielles de cet être nouveau dont
personne jusqu'ici ne nous avait donné un
portrait aussi exact et d'un art aussi par-
fait.
Cet ouvrage inédit, dont le succès est
énorme, provoque une aussi vive sensation
que les précédents bien qu'il se mêle à son
observation aiguë une inquiétude lucide et
impressionnante.
La petite ville allemande.
C'est le tijre, »n le sait, d'une* comé-
die. Mais l'4'astoire' n'est pas' ctr'ôie du
tout, de cette station thermale qui ne
peut pas faire de réclame parce qu'elle
n'a pas de nom. r
Autrefois elle s'appelait Elend. Elend,
en allemand, veut dire « misère ». Com-
ment supposer que des baigneurs ose-
ront envoyer à leurs amis des cartes pos-
tales datées de « Misère » ? Tous les ha-
bitâîUs d'Elend furent unanimes à re-
connaître que la ville ne pouvait plus
porter ce nom. Seulement ils n'ont pas
encore trouvé celui qui doit remplacer
le 'terme indésirable.
̃̃ffiissi a-tron fini par décider d'orga-
niser un concours doté de prix impor-
tants, entre tous ceux qui croient pou-
voir trouver un moyen d'appeler la mi-
sère autrement que par son nom.
Le Masque de Fer.
fie Tite-Itjve_de flapies
L'Académie des inscriptions et belles-let-
tres ne pouvait se désintéresser de la pré-
tendue découverte d'un Tite-Live intégral
dans un couvent napolitain.
Aussi M. Charles-Victor Langlois, l'émi-
nent directeur de nos Archives nationales,
et l'auteur de tant d'ouvrages de bibliogra-
phie historique, qui présidait hier sa séan-
ce, ne manqua-t-il point de soulever la
question devant ses confrères.
La nouvelle de cette découverte, lancée
par un télégramme italien, a déjà fait le
tour de la presse mondiale.
Elle a été accueillie avec beaucoup plus
de réserve dans le monde savant que dans
le public.
M. René Cagnaf, secrétaire perpétuel de
l'Académie des inscriptions, que nous
avions d'abord interrogé, s'était montré
fort sceptique.
M. Langlois a déclaré que te nom du sa-
vant que l'on citait comme l'auteur de la
découverte lui était inconnu et, sur le
fond, il a préféré laisser la parole à M. Sa-
lomon Reinach.
Celui-ci non seulement ne connaît pas
le savant indiqué, mais n'a. pu découvrir
son nom ni dans la Minerva, répertoire de
tous les savants du monde, ni dans aucun
autre ouvrage analogue.
M. Salomon Reinach a exposé tout ce que
l'on sait de la prétendue découverte de Na-
ples. Il a ajouté qu'on avait essayé d'avoir
sur cette découverte d'autres détails que
ceux de la note sommaire publiée partout,
mais vainement.
Il a rappelé' que Martial renonçait à pla-
cer tout Tite:Live dans sa bibliothèque,
parce que l'ouvrage entier de cet historien
était trop encombrant.
Le Tite-Live intégral représenterait ày-;
jourd'hui--de- douze &' quinze in-folios, et ce
détail suffirait à dïmonÉëf "l'invraisemblan-
ce de la nouvelle napolitaine.
D'ailleurs des bruits de ce genre ont cou-
ru à diverses reprises dès le treizième siè-
cle.
On'1 a successivement prétendu que le
manuscrit complet de Tite-Live avait été vu
aux Orcades, en Norvège, à Constantino-
ple, en Afrique.
On a même dit qu'il y en avait des frag-
ments inconnus vers i63o en France, au
couvent de Fontévrault.
Ces faits n'ont jamais pu être vérifiés, et
pour cause.
Au dix-septième siècle, un Grec offrit de
présenter à Louis XIV un Tite-Live intégral
qui aurait été découvert à Chio. Mais
quand on voulut amener ce Grec à Versail-
les, on ne le trouva plus, il avait disparu.
On a dit, d'autre part, que Tite-Live au-
rait été détruit par Grégoire le Grand, et
M. Salomon Reinach affirme que c'est faux.
Il y a eu sur Tité-Live toute une série
de visions et de légendes, qui paraît n'être
point encore épuisée.
Mais qu'on puisse trouver des fragments
inédits de Tite-Live, cela, M. Salomon Rei-
nach ne le croit pas invraisemblable.
Et il rappelle qu'en 1772 on a découvert,
au Vatican, un fragment relatif aux guer-
res d'Espagne.
Je ne crois pas, a conclu M. Salomon
Reinach, à la .nouvelle en question. Mais
je dirai, comme l'empereur Tibère, qu'il
n'y a pas de fumée. sans feu. Et, comme il
y a beaucoup de fumée, j'espère qu'il y au-
ra un peu de feu.
Sur cette sage conclusion, le débat; fut
déclaré clos.
Ch. Dauzats.
M. Herriot part pour Genève
II s'arrêtera deux jours à Lyon
Le président du Conseil quittera Paris
ce matin, à 9 heures, pour se rendre à
Lyon, où il passera les journées de di-
manche et de lundi.
Il partira mardi pour Genève.
Le président du Conseil sera accom-
pagné de MM. de Peretti de La Rocca,
directeur des affaires politiques Ber-
gery, chef du cabinet du ministre des af-
faires étrangères, et Laroche, attaché au
Cabinet.
La délégation française
à la S. D. N.
Les experts qui accompagneront à Ge-
nève la délégation française ont été dési-
gnés. Ce sont
Conseillers techniques MM. Serruys, di-
recteur au ministère du commerce Massi-
gli, chef du secrétariat de la Conférence des
ambassadeurs-; Reveillaud, vice-président
du Conseil de préfecture de la Seine de
Lapradelle, professeur de droit internatio-
nal à la Faculté de droit de Paris Louis
Aubert Luchaire, inspecteur général,, de
^'instruction publique Georges Scelle, pro-
fesseur de droit infernational à la Faculté
de droit de Dijon Pépin, chef de section au
service français de Ja Société des nations
Jacques Dumas et André. Malter.
Secrétaire général le comte Clauzel.
Notes id'um Pâmsiem
En Bretagne, dans ce département du
Finistère qui n'a pas volé son nom de fin
de la terre. Vous connaissez le décor? Le
poète Charles Le Goffic l'a rassemblé en
deu?c quatrains
Sur le bord d'un champ;
Une chèvre htoute
Au bord de la route,
Un chaume penchant;
Jusqu'à l'île grande
Pas d'outre maison S
Pour tout horizon, >
̃• La lande, la lande.
Mais, au bout de la lande, il y a une
maisonnette, si petite que vous ne la ver-
riez pas, qu'elle serait perdue sous les fils
télégraphiques qui la rattachent au bourg,
à la sous-préfecturei à Paris. C'est le dé-
bit-épicerie de la yeuve Catou, où les ma-
rins, au retour de la pêche, descendent,
comme ils descendaient autrefois à la cha-
pelle oubliée sur l'autre versant de la fa-
laise.
Chaque matin, dans cette fin de la ter-
re, les fils télégraphiques apportent à la
veuve Catou les cours des Halles, si ponc-
tuellement que les marins ne vous ven-
dent pas leur poisson plus cher qu'à Pa-
ris. On s'émerveillerait, mais bientôt la
T. S. F. informera les barques sur les
lieux de pêche, afin que, selon les prix
du. jour, les patrons se hâtent de rentrer
au port ou -se décident à rejeter le poisson
dans la mer.
Voilà la contribution pittoresque que
mes vacances me permettent d'apporter à
l'insoluble problème de ila vie chère.
JANOT. •.̃>
Ii'opinioîi du maréchal Foeh
sur le problème de la sécurité
'M. Herriot, président du Conseil, minis-
tre des affaires étrangères, a répondu, au-
jourd'hui, dans les termes suivants, à la
lettre de M. René Coty, député de la Seine-
Inférieure, que nous avons publiée hier
Monsieur le député et cher collègue,
Je ne puis que confirmer la réponse que j'ai
donnée mardi à M. le général Bourgeois.
J'ai tenu à ce que l'opinion du maréchal Foch
fût transmise au Parlement par son représentant
direct. A
Je n'ai donc pas fait connaître cette opinion
par une voie indirecte, comme vous le dites. et
je ne puis que me tenir strictement à la déclara-
tion publique faite par le représentant de M. le
maréchal Foch en toute indépendance.
Veuillez agréer, monsieur le député et cher col-
lègue, l'assurance de ma haute considération.,
HERRIOT.
Le Reichstag ` a fini par votet
les lois d'exécution
Mais le gouvernement a dû donner pour l'avenir
des gages importants aux nationalistes
A la majorité des deux tiers, le Reich-
stag a adopté, hier, le projet de loi* re-
latif aux chemins de fer. Les nationadis-
tes ont voté pour.
Sans doute, les pétitions* venant des
territoires occupés, les ont-elles con-
tra'ints à la réflexion, et la menace de la
dissolution.du Reichstag les a-t-elle ef-
frayés. Surtout les populistes leur ont
offert, pour Heur acceptation, le meilleur
prix des portefeuilles dans le cabinet
d'Empire et dans le cabinet de Prusse.
Enfin le gouvernement leur a accordé
une satisfaction en révoquant solennel-
lement l'aveu fait à Versailles que l'Al-
lemagne P, était responsable de e la a
guerre. Nous pouvons préférer à
la dissolution du Reichstag, et a
l'incertitude de nouvelles élections,
le vote d'adoption et la mise en applica-
tion immédiate du plan Dawes. Mais ce
n'est pas une raison pour ne pas discer-
ner certaines conséquences de la cam-
pagne qu'ont menée les nationalistes et
ne pas prévoir certaines manœuvres,
qu'ils vont tenter.
Les excitations des feuilles pangerma-
nistes ont créé d'abord de nouveaux
obstacles au fonctionnement du plan
Dawes. Les accords de Londres devaient
être librement consentis par l'Allema-
gne et toutes 'les difficultés devaient
être .résolues par voie d'arbitrage. Mais
les nationalistes ont proclamé que l'Alle-
magne avait été contrainte et que l'ac-
ceptation du rapport Dawes .serait pour
le Reich une « mise en esclavage éter-
nelle ». Croit-on que le Reichstag, où
les nationalistes, à eux seuls, détiennent
95 sièges croit-on que Je cabinet d'Em-
pire, où demain peut-être ils obtiendront
des portefeuilles, seront dans les meil-
leures dispositions pour accepter une
sentence arbitra,le ?
D'autre part, l'emprunt est à la base
du plan Dawes. Pense-t-on que les sous-
cripteurs afflueront quand ils sauront
qu'un député ultra-nationaliste, le com-
te de Reventlow, a déclaré impunément
qu'aux titres émis en son nom l'Allema-
gne n'attacherait que la, valeur de chif-
fons de papier ? Et quelles difficultés
plus grandes n'éprouvera-t-on pas pour
le placement d.es seize milliards d'obli-
gations ? Il faut reconnaître que la cam-
pagne des nationalistes ne fait pas, de
ce placement, une opération tentante,
surtout si. l'on se rappelle les échecs ré-
La séance du Reichstag
Berlin, 20 août. Le Rciclistag discute
au début de la séance qui s'ouvre à dix
heures une motion d'ordre secondaire. Le
chancelier Marx prend ensuite la parole.
pour préciser l'attitude du gouvernement à
l'égard des amendements aux lois d'exécu-
tion déposés par les divers partis.
La déclaration, signifie en même temps
un dernier appel aux partis en faveur de
l'acceptation des lois d'exécution. Parlant
des amendements nationalistes concernant
l'évacuation plus rapide de la Ruhr, le
chancelier déclare que le gouvernement
comprend les motifs qui ont inspiré cette
motion aux nationalistes, mais qu'il ne
peut l'approuver sous la forme où elle a
été conçue, car elle met en question le pacte
de Londres.
Le gouvernement estime qu'étant donné
la tournure qu'a prise la Conférence de
Londres les territoires occupés pourront
être évacués avant le délai prévu d'un an.
Le gouvernement fera tout son possible
dans ce but.
L'acceptation par lé Reichstag des lois
d'exécution donnera au gouvernement la
possibilité de mettre en action tous les
moyens dont il dispose afin de faire évacuer
les régions occupées au delà des limites du
traité de Versailles aussi rapidement que
possible.
Le chancelier conclut en déclarant que le
gouvernement approuve les motions dépo-
sées par le parti populiste et partage son
avis en ce qui concerne le pacte de Lon-
dres par rapport à la limite des capacités
de prestations de l'Allemagne.
L'orateur nationaliste, M. Reichert, dé-
clare
« Nous aurions désiré qu'en ce moment
décisif le gouvernement d'Empire ait fait
un appel plus pressant à l'étranger et se soit
écrié « Nous avons l'impression et la con-
viction que par suite de la continuation de
l'occupation de la Ruhr la mise à exécution
des rapports est mise en question. »
Le député socialiste, M. Breitscheid, pose
au gouvernement les quatre questions sui-
vantes
1° Est-il exact que le parti nationaliste ait
,exigé en compensation de son attitude con-
ciliante au cours de la discussion des lois
d'exécution l'entrée de plusieurs de ses
membres dans le gouvernement ?
2° Est-il exact que les nationalistes aient
exigé que leur entrée dans le gouvernement
soit assurée, sinon en ce moment, du moins
dans quelques semaines ?
3° Est-il exact que les nationalistes exigent
en compensation de leur attitude conciliante
au cours du vote des lois d'exécution la dé-
mission du chancelier Marx ?
4° Est-il exact que le comité directeur du
parti du centre ait rejeté cette exigence com-
me indiscutable, mais que malgré cela les
négociations continuent ?
Le chancelier Marx répond « Le gouver-
nement d'Empire n'a, pas discuté la ques-
tion d'un remaniement gouvernemental. Le
gouvernement d'Empire n'a pas pris part
aux négociations qui ont pu avoir lieu entre
les partis ». ,J
M. Breitscheid demandant encore si un
des membres du gouvernement a participé à
ces négociations, .le chancelier répond
« Autant que j'en suis informé, aucun mem-
bre du gouvernement n'y a pris part. »
Le Reichstag procède ensuite au vote dies
lois d'exécution.
Le projet de toi sur fa nouvelle bmïqm
pétés qu'a déjà subis le gouvernement
du Reich, chaque fois qu'il a voulu
exécuter les causes du. traité.
En réalité, les nationalistes sont déjà
prêts à un nouveau chantage envers la,
France pour obtenir et une plus
prompte évacuation de la Ruhr et. uns
diminution des changes! résultant, du
plan Dawes. Ils savent qu'en Angleter.
re ils peuvent compter sur certains ap-
puis financiers et travaillistes. Ils savent
qu'en Allemagne les populistes sont
tout acquis à leurs vues. Si l'on veut
s'en convaincre, qu'on relise le dis-
cours prononcé par M. Stresemann,
avant-hier, au Reichstag. « Réservons-
nous la faculté, a déclaré le ministre des
affaires étrangères, de demander uni
Qxamen de la capacité de prestation de
l'Allemagne au moment où nous nousi
apercevrons que ce que l'on exige de
nous dépasse nos forces ». On peut
croire que ces manœuvres se déploie-
ront en grand au moment des négocia*
tions pour l'accord économique franco.
allemand.
Il est vrai que la situation de la Fran-
ce est assez forte pour déjouer ces in-
trigues forte par le prestige moral que
lui a valu dans le monde entier sa po-
litique libérale forte par le gage de!
la Ruhr qu'elle détient toujours solide-
ment forte £ar la couronne de petits
Etats qui gravitent autour cl'elle. Dans
un éloquent article, paru dans le So-
zialistischc Monatshcttc, M. Ludwig
Quessel supplie ses compatriotes de ré-
fléchir à cette situation « L'Europe ne
veut pas être replongée, conclut-il, dans
3a situation d'avant-guerre, où les peu-
ples se tenaient l'un devant l'autre,
comme des bandits armés jusqu'aux
dents. Si l'Allemagne prend part à l'é-
volution vers une Société des nations
continentales (conduite par la France),
l'essor de son économie et de sa. civilisa-
tion est assuré. Si elle préfère être l'épée
de l'Angleterre, qui la laissera toujours
en plan aux moments décisifs, elle va au-
devant d'une époque de détresse et de
misère. »
Puissent ces sages paroles être enten-
dues Puisse l'Allemagne, à une 'politi-
que nationaliste d'obstination et de fo-
lie, préférer une politique démocratique,
d'exécution et de sagesse
Alfred Mallet.
d'émission, a clé adopté définitivement par,
250 voix contre 172 et 2 -abstentions.
Les nationalistes ont voté contre.
Le pyrojet-de loi snr la liquidation de la
banque de rentes a. été adopte par 262 voix
contre 172 et 1 abstention.
Le prolet de loi sur les obligations indus*
trielles a été adopté par 260 voix contre 176.,
Le Reichstag a adopté au scrutin nominal,
par 31-i voix contre 127, le projet de loi sur
les chemins de fer. La majorité des deux
tiers est atteinte.
Les nationalistes ont voté pour.
Les votes des nationalistes
BERLIN, 29 août. Au cours de la séance
d'iaupound'ih'Ui, Je Reichstag a. irepoussé la
motion des nationalistes qui demandaient,
notamment, que l'évaicuation ,do 'la Ruhr fut
terminée au plus tard le 10 janvier 1925.
Par contre, il a -adopté 4a 'résolution, de*,
pqpulistes, «n date du 26 août e,t .relative à.
la responsabilité de il a guerre «t aux futu-
res négociations commerciales avec Ja Firani-
ce, ainsi qu'une motion des partis de ana/jo-
rité aux termes de laquelle d'entrée en (vi-
gueur de la loi qui approuve le [pacte do'
Londres sera fixée pair le gouvernement' au
moment où s'est ouvert le scrutin sur les
lois d'exécution.
Quelques députés nationalistes, parmi les-
quels l'amiral de Tirpitz, se sont retirés au
fond de la salle et se sont ostensiblement
abstenus. Plusieurs autres députés de ce
parti ont glissé furtivement dans l'urne des
bulletins affirmatifs de couleur blanche.
Lorsque les secrétaires, qui recueillaient les
bulletins, sont arrivés au dernier banc des.
nationalistes, ils ont reçu d'un groupe com-
pact de députés, qui se tenaient debout con-
tre une porte, presque exclusivement desi
bulletins blancs.
Le Reichstag a attendu avec une impa-
tience. fébrile la proclamation du résultat.
La motion de méfiance des ultranationalistes
a été repoussée par 251 voix contre 9i-. Le
Reichstag a: ensuite abordé la discussion des:
lois d'assistance eux expulsés de la Ruhr.
L'entremise des populistes
Berlin, 29 août. Les ideraières négocia-'
tiens entre des .populistes et des nationalis-
tes ont été -amorcées fraction populiste ©n date du 28 août, dans.
laquelle il est dit
« La ifraotion populiste s'adresse, à cette
heure décisive, à la fraction aiationaâiste.
Nous con^prenon-s parfaitement que les na-
tionalistes aient été profondément déçus en
coiTsttatajit ce que nous -n'avons pas obtenu à
Londres. Le pacte de Londres n'est suppor-
table que si on lé considère comme une
première amélioration de la situation ex-
térieure de l'Allemagne et comme l'unique
moyen de délivrer le Rhin et la Ruhr.
» Si le groupe nationaliste asume avec
nous la responsabilité de faire aboutir le
pacte de Londres, nous continuerons à
nous employer activement pour que ce
groupe participe au gouvernement du Reich
proportionnellement à son importance. »
Ils auraient promis aux nationalistes qua-
tre portefeuilles dans la nouvelle combinai-
son ministérielle, ainsi que le poste de char-
celier. Les nationalistes se sont engagés à
renoncer à leur obstruction contre le pacte
de Londres et le plan des experts et à ne
pas empêcher une majorité de deux tÀor?
en faveur des projets de loi d'exécuiipn i
le Numéro quotidien VINGT CENTIMES EN FRANCE
70me Année 3™ Série N» 243
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a Loué par ceux-cï, blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, je me presse
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
J'écrase, donc je sins
Les piétons culbutés, par les autos, les
'conps-à--corps de camions à limousines,
les devantures de boutiques éventrées.
par les voitures en, folie, les pugilats en-
tre tramways et autobus et autres ex-
ploits semblables, vont-ils décidément
devenir, dans notre fracassante vie ac-
tuelle, des phénomènes courants et com-
me une casse obligatoire ? On n'ouvre
plus son journal sans y dénombrer les
défilés de malheureux et de malheureu-
ses roulés ou broyés dans les rues, sur
les routes et quelquefois sur les trot-
toirs., Il faut de la mesure en tout et les
écraseurs en manquent
Comment tant d'accidents et de catas-
trophes ne cessent-ils donc de se repro-
duire et se multiplient-ils de plus en
plus'? Comment toutes les mesures pri-
ses ou censées prises, tous les avertis-
sements, toutes les réclamations, toutes
les protestations, tous les cris d'alarme,
ne servent-ils jamais à rien ? En dehors
des causes connues, incapacité ou im-
prudence des chauffeurs, vertige de la
vitesse, mauvaise réglementation de la
voie publique, insuffisance ou inertie de
la police et de la justice, il y en a peut-
être encore une à laquelle on ne paraît
pas songer, mais qui pourrait bien dé-
passer les autres et qui est un certain
esprit,une certaine mentalité, créés par
les extraordinaires progrès et la passion
sans précédent de la circulation et de
la mécanique. I>en est des collectivités
comme des individus. Un terrassier ou
un balayeur qyÊgagne le gros lot ne
devient pas, diPJour au lendemain, un
confortable rentier sans risquer de per-
dre un peu la tête. De même, une so-
ciété ne passe pas," en moins d'un demi-
siècle, de l'innocent traintrain d'avant
le volànt à l'emportement actuel sans
une petite secousse cérébrale qui peut
avoir ses dangers.
?**
On nous a trop rebattu les oreilles
avec le sans-gêne seigneurial des an-
.ciens carrosses roulant « à tombeau-ou-
vert », pour nier aujourd'hui celui des
machines foudroyantes qui vous expé-
dient beaucoup plus magistralement en-
core dans l'au-delà. Rien n'est signifi-
catif comme l'espèce de hauteur mépri-
sante avec laquelle certains fanatiques
de-la vitesse pas tous, mais beaucoup
= passent à côté du vieux monsieur as-
sez resté de son temps pour se prome-
né 1- encora sur ses jambes ou de l'in-
croyable cabriolet qui s'en va au trot ri-
dicule d'un poney antédiluvien. Il y a
là, très visiblement, deux mondes qui
n'ont absolument rien de commun, l'un
qui ne pourra jamais faire assez triom-
phalement pétarader sa puissance et
l'autre qui ne devra jamais se faire as-
sez petit' pour n!ètre pas pulvérisé par
la pétarade.
La vérité est que l'automobilisme a
donné naissance à une caste, la, caste de
la machine, et que cette caste, comme
toutes les castes, prétend à des privilè-
ges. Quelques-uns se justifient par les
services rendus, mais ne suffisent pas à
de nombreux exaltés pour qui rien
n'existe ni ne doit exister en dehors de
l'aristocratie du pneu. En raison de ce
qu'ils sont la. vitesse par la mécanique,
ils se savent une force comme on n'en
avait encore jamais vu, se considérant
comme d'une essence supérieure une
essence est le mot à tout ce qui ne
fait pas partie de celte force et enten-
dant ne devoir que peu de chose, ou
même rien, aux malheureux qui s'en
vont encore à pied, en charrette anglai-
se ou en tilbury.
Toute la psychologie d'un c/îtain au-
tomobiliste est là. Filant, comme l'éclair,
il en a une fierté du haut de laquelle
il regarde tout ce qu'il rencontre. Com-
ment ? Un passant qui ne se dérange
pas devant lui avec la précipitation qui
lui est due ? Et cette vieille voiture
d'avant le dernier déluge, ce vieux cou-
pé ou cette vieille victoria dont le pro-
priétaire est assez peu à la page pour
se faire traîner par un canasson ? Et
cet épicier qui ne se rend pas à la foire
dans un de ces monstres tonnants et
foudroyants qui démolissent tout sur
leur route, et lui barre le chemin avec
un cheval ? Qu'est-ce que c'estque ça ?.
Tout ce qui n'est pas la machine lui
semble ainsi mériter le 'mépris, et tout
ce qui n'écrase pas ne pas valoir la pei-
ne d'être ménagé. Il est le Seigneur, et
quel Seigneur Le piéton est le manant,
et quel manant 1
Si ce règne de la machine et de la vi-
tesse s'était constitué raisonnablement,
avec les étaipes et ila sélection voulues,
nous n'en serions vraisemblablement
pas au désordre homicide où nous som-
mes, et auquel l'Administration cherche
des remèdes 'qui pourraient bien être in-
trouvables. Si une transformation ne de-
vait pas se faire en un tour de vis, sans
les progressions les plus sages, c'était
assurément celle-là. On n'a pas circulé
pendant des siècles, depuis qu'il y a des
hommes et qui roulent, au moyen de
bêtes dont la rapidité même est une len-
teur, pour se mettre, du jour au lende-
main, sans 'préparation ni transition, à
filer à cent kilomètres à l'heure, lors-
que ce n'est pas à cent vingt. Et cela
par des rues et des routes uniquement
et exclusivement construites pour le rou-
lage à la papa et les promenades distrai-
tes de nos aïeux Les chemins de fer, à
leur origine, avaient déjà paru à M.
Thiers avoir quelque chose de satanique,
malgré toute la prudence et toutes les
mesures de sûreté apportées à leur ins-
tallation. M. Thiers allait trop loin, mais
9es extrémistes de l'automobilisme vont
trop vite.
Que l'application de la machine aux
usages courants et privés de notre vie
journalière, à tout ce qui Se rapporta à
nos affaires, notre, profession, nos- rela-
tions ou même: nôtre' intimité, soit un
très grand et très beau prbgrès, pour ce
qu'elle permet déjà de réaliser et l'infini
de ses promesses, personne ne songe à
le nier. Mais qu'elle se. soit opérée dans
l'infernale bousculade dont les journaux
nous donnent chaque jour Je bulletin, et
que la puissance, dont elle vous arme,
elle la mette le plus souvent 'entre n'im-
porte quelles mains, au hasard -d'on ne
sait quel sort insensé, personne ne peut
nier non plus le fjéau d'une pareille lo-
torie. t
terie..
Le plus clair de la. véritable folie cir-
culatoire actuelle, plus répandue que ja-
mais en ce moment de vacances, est
dans la mégalomanie spéciale qu'elle
inspire à .ses fous, et en raison de la-
quelle, à force d'être fiers d'aller vite,
ils ne sont pas très doin de l'être égale-
ment de vous écraser. Au temps des
chaises à porteurs, certains hauts poten-
tats, voyageant dans un appareil parti-
culièrement magnifique, n'hésitaient
pas, à l'entrée par trop étroite d'un vil-
lage «qu'ils avaient à traverser, à faire je-
ter bas la bicoque qui rendait le passage
impossible. Aujourd'hui, le gros ïjar-
chand de cochons, qui encomibre et crè-
ve la route avec son énorme camion,
n'hésite 'pas, lui non ,plus, à culbuter la
charrette à âne qui l'embarrasse, et chez
le second, au fond, n'est-ce pas la même
prétention au règne que chez le pre-
mier ? L'un, seulement, prince ou mi-
nistre, était un personnage rare et choi-
si, et son passage, ilà où avaient défilé
sa chaise et ses porteurs, restait .un évé-
nement dans le pays. L'autre, par ce
temps de pneus et de volants, est légion,
ne fait plus même sensation là où il
écrase, et se dirait tranquillement et im-
punément, s'il était capable de philoso-
pher, et s'il pouvait avoir h se rappeler
ses auteurs -̃
J'écrase, donc je suis
Maintenant, n'est-ce bien que dans les
rues et sur les routes, >là où les journaux
nous décrivent chaque matin quelque
culbute ou quelque catastrophe, que
pourrait ainsi se modifier la vieille for-
mule classique ? Ne craignons pas de
faire notre confession et de nous frapper
la poitrine, c'est à peu près en tout et
partout Qui donc, à présent, dans le
tohu-bohu général, où roule le monde
comme il n'avait peut-être jamais roulé,
ne cherche .pas à se prouver qu'il exisle
en écrasant quelqu'un ou quelque chose,
et ne doute pas un peu de sa propre vie
si, par extraordinaire, à la fin de sa
journée, il n'a rien massacré. ou n'a. en"
voyé personne de l'autre côté de la bar-
ricade ? Est-ce qu'en littérature, en po-
litique, en diplomatie, à" peu près en
tout, il y a, à l'heure actuelle, autre cho-
se que des écraseurs et des écrasés ?
Est-ce que nous n'en sommes pas à ne
plus voir, sur tous les chemins, que des
marchands de cochons et des charrettes
à ânes, et ne pourrions-nous pas, hélas
regretter le temps où une princière chai-
se à porteurs exigeait seulement, de loin
en loin, la démolition d'une masure pour
passer -plus facilement ?
Maurice Talmeyr.
Mouvement préfectoral
M. Aubanel, secrétaire général de la pré-
fecture de la Seine, est admis à la retraite.
Il est remplacé par M. Duvernoy, directeur
des affaires algériennes au ministère de 1 in-
térieur, lequel a pour successeur M, Cause-
ret, maître des requêtes au Conseil u Etat.
Sont 'nommés, en outre, préfets
Du Pas-de-Calais, M. Peytral, préfet de
Seine-et-Marne, en remplacement de M.
Causel, admis à la retraite.
De Seine-et-Marne, M. Garipuy, préfet
des- Basses-Pyrénées.
Des Basses-Pyrénées, M.-Mireur, préfet
des Vosges.-
Des Vosges, M. Poivert, préfet de la Dor-
dogne.
De la Dordogne, M. Périès, préfet de la
Haute-Loire.
Dé la Haute-Loire,, M. Baudet-Varennes,
sous-préfet de Bézîers.
De la Marne, M. Langeron, préfet des
Côtes-du-Nord, en remplacement de M. Bri-
sac, admis à la retraite.
Des Côtes-Su-Nord, M. Cassé-Barthe, pré-
fet d'Eure-et-Loir.
D'Eure-et-Loir, M. Leydet, ancien préfet.
De l'Eure, M. Beauguitte, ancien préfet,
en remplacement de M. Maestracci, admis
à la retraite et 'nommé préfet honoraire.
De la Vienne, M. Brisard, préfet de la
Creuse, non installé.
De la Creuse, M. L'Hommedé, sous-préfet
de Péronne.
De la Corrèze, M. Maisonobe, préfet des
Landes, en remplacement de M. Bressot,
nommé directeur du cabinet du préfet de
police.
Des Landes, M. Valiat, sous-préfet de Vil-
lefranche (Rhône).
Le prince de Galles aux Etats-Unis
New-York, 29 août. Le prince de
Galles est arrivé à New-York.
Il passera une quinzaine à Long
Island.
Un aéroplane français
forcé d'amerrir
fCt
LONDRES, 29 août. Les journaux du soir
annoncent que l'aéroplane français, parti
cet après-midi un peu après deux heures de
l'aérodrome de Croydon, à destination de
Paris, a été obligé d'amerrir sur la Manche,
à quelque distance de Folkestone. Le pilote
a été sauvé.
1-1 AUJOURD'HUI
Supplément littéraire
Demain
Le "Figaro" au Royaume des
Serbes, Croates et Slovènes
ECjïQS
Une énigme. -̃
Le Liseur n'aura, pas besoin de don-
.ner, dans quinze jours, le mot de l'é-
nigme, qu'il a, d'après M. Léonce Gra-
silier et la Nouvelle Revue, posée, mer-
credi à nos lecteurs.
Une centaine d'entre eux et mième
une petite fille de cinq ans qui s'appelle
Sylvie nous ont déjà répondu. La so-
lution,. c'est la lettre T qui « commence
toujours et finit rarement. »
Cent bons points à nos lecteurs.
De grosses vitesses moyennes, un con-
fort parfait, une carrosserie spacieuse,
en un mot, tous les agréments d'une
grosse voiture, c'est ce que vous offre
la 8-10 GV .« Ariès », livrable immédiate-
ment au magasin, 68,. Champs-Elysées,
et chez tous les agents.
Tout vient à- point. .••
Au cours d'une pris© d'armes qui a. eu
lieu à Lorient-, le préfet maritime a
remis la, médaille militaire à un ancien
soldat des guerres d'Afrique et de €r
mée, Claude Dàlsaf, qui fut blessé à
Prceschwiller, le. 6 août 1870, et, après
la -guerre franco-allemande, fit encore
campagne en Afrique et dans l'Extrême-
Orient.
Ce vieux brave, qui a aujourd'hui
soixante-dix huit ans, devait commencer
à se demander si on ne l'avait pas ou-
blié.
Les Parisiennes n'ont peur de rien.
Nous avons vu hier, au carrefour
CMteaudun, à un .montent où s'y croi-
saient, à des allures impressionnantes,-
des autos aussi nombreuses que les
grains de sabl.e de la mer, une jeune
femme qui traversait la chaussée les
yeux fixés sur la glace 'de son sac à
main, en promenant sur ses joues ce
petit tampon à poudre qu'impose la
mode.
Et elle n'a pas été écrasée.
INSTANTANÉ
Jfàuïelles Xettres à française
ou la jeune Fille d'après-guerre
par MARCEL PRÉVOST,
de l'Académie française
Dans ces Nouvelles Lettres à Françoise, à
la célèbre Françoise qui servit de guide et
de modèle à toute une génération de jeunes
filles françaises, M. Marcel Prévost entretient
Sa ïïièfcêf des deux filles de Françoise qui
sont, elles, de troublantes jeunes filles
d'après-guerre.. ̃
Avec un incomparable talent de psycholo-
gue, l'illustre écrivain indique, d'une façon
claire, spirituelle, malicieuse, les caractéris-
tiques essentielles de cet être nouveau dont
personne jusqu'ici ne nous avait donné un
portrait aussi exact et d'un art aussi par-
fait.
Cet ouvrage inédit, dont le succès est
énorme, provoque une aussi vive sensation
que les précédents bien qu'il se mêle à son
observation aiguë une inquiétude lucide et
impressionnante.
La petite ville allemande.
C'est le tijre, »n le sait, d'une* comé-
die. Mais l'4'astoire' n'est pas' ctr'ôie du
tout, de cette station thermale qui ne
peut pas faire de réclame parce qu'elle
n'a pas de nom. r
Autrefois elle s'appelait Elend. Elend,
en allemand, veut dire « misère ». Com-
ment supposer que des baigneurs ose-
ront envoyer à leurs amis des cartes pos-
tales datées de « Misère » ? Tous les ha-
bitâîUs d'Elend furent unanimes à re-
connaître que la ville ne pouvait plus
porter ce nom. Seulement ils n'ont pas
encore trouvé celui qui doit remplacer
le 'terme indésirable.
̃̃ffiissi a-tron fini par décider d'orga-
niser un concours doté de prix impor-
tants, entre tous ceux qui croient pou-
voir trouver un moyen d'appeler la mi-
sère autrement que par son nom.
Le Masque de Fer.
fie Tite-Itjve_de flapies
L'Académie des inscriptions et belles-let-
tres ne pouvait se désintéresser de la pré-
tendue découverte d'un Tite-Live intégral
dans un couvent napolitain.
Aussi M. Charles-Victor Langlois, l'émi-
nent directeur de nos Archives nationales,
et l'auteur de tant d'ouvrages de bibliogra-
phie historique, qui présidait hier sa séan-
ce, ne manqua-t-il point de soulever la
question devant ses confrères.
La nouvelle de cette découverte, lancée
par un télégramme italien, a déjà fait le
tour de la presse mondiale.
Elle a été accueillie avec beaucoup plus
de réserve dans le monde savant que dans
le public.
M. René Cagnaf, secrétaire perpétuel de
l'Académie des inscriptions, que nous
avions d'abord interrogé, s'était montré
fort sceptique.
M. Langlois a déclaré que te nom du sa-
vant que l'on citait comme l'auteur de la
découverte lui était inconnu et, sur le
fond, il a préféré laisser la parole à M. Sa-
lomon Reinach.
Celui-ci non seulement ne connaît pas
le savant indiqué, mais n'a. pu découvrir
son nom ni dans la Minerva, répertoire de
tous les savants du monde, ni dans aucun
autre ouvrage analogue.
M. Salomon Reinach a exposé tout ce que
l'on sait de la prétendue découverte de Na-
ples. Il a ajouté qu'on avait essayé d'avoir
sur cette découverte d'autres détails que
ceux de la note sommaire publiée partout,
mais vainement.
Il a rappelé' que Martial renonçait à pla-
cer tout Tite:Live dans sa bibliothèque,
parce que l'ouvrage entier de cet historien
était trop encombrant.
Le Tite-Live intégral représenterait ày-;
jourd'hui--de- douze &' quinze in-folios, et ce
détail suffirait à dïmonÉëf "l'invraisemblan-
ce de la nouvelle napolitaine.
D'ailleurs des bruits de ce genre ont cou-
ru à diverses reprises dès le treizième siè-
cle.
On'1 a successivement prétendu que le
manuscrit complet de Tite-Live avait été vu
aux Orcades, en Norvège, à Constantino-
ple, en Afrique.
On a même dit qu'il y en avait des frag-
ments inconnus vers i63o en France, au
couvent de Fontévrault.
Ces faits n'ont jamais pu être vérifiés, et
pour cause.
Au dix-septième siècle, un Grec offrit de
présenter à Louis XIV un Tite-Live intégral
qui aurait été découvert à Chio. Mais
quand on voulut amener ce Grec à Versail-
les, on ne le trouva plus, il avait disparu.
On a dit, d'autre part, que Tite-Live au-
rait été détruit par Grégoire le Grand, et
M. Salomon Reinach affirme que c'est faux.
Il y a eu sur Tité-Live toute une série
de visions et de légendes, qui paraît n'être
point encore épuisée.
Mais qu'on puisse trouver des fragments
inédits de Tite-Live, cela, M. Salomon Rei-
nach ne le croit pas invraisemblable.
Et il rappelle qu'en 1772 on a découvert,
au Vatican, un fragment relatif aux guer-
res d'Espagne.
Je ne crois pas, a conclu M. Salomon
Reinach, à la .nouvelle en question. Mais
je dirai, comme l'empereur Tibère, qu'il
n'y a pas de fumée. sans feu. Et, comme il
y a beaucoup de fumée, j'espère qu'il y au-
ra un peu de feu.
Sur cette sage conclusion, le débat; fut
déclaré clos.
Ch. Dauzats.
M. Herriot part pour Genève
II s'arrêtera deux jours à Lyon
Le président du Conseil quittera Paris
ce matin, à 9 heures, pour se rendre à
Lyon, où il passera les journées de di-
manche et de lundi.
Il partira mardi pour Genève.
Le président du Conseil sera accom-
pagné de MM. de Peretti de La Rocca,
directeur des affaires politiques Ber-
gery, chef du cabinet du ministre des af-
faires étrangères, et Laroche, attaché au
Cabinet.
La délégation française
à la S. D. N.
Les experts qui accompagneront à Ge-
nève la délégation française ont été dési-
gnés. Ce sont
Conseillers techniques MM. Serruys, di-
recteur au ministère du commerce Massi-
gli, chef du secrétariat de la Conférence des
ambassadeurs-; Reveillaud, vice-président
du Conseil de préfecture de la Seine de
Lapradelle, professeur de droit internatio-
nal à la Faculté de droit de Paris Louis
Aubert Luchaire, inspecteur général,, de
^'instruction publique Georges Scelle, pro-
fesseur de droit infernational à la Faculté
de droit de Dijon Pépin, chef de section au
service français de Ja Société des nations
Jacques Dumas et André. Malter.
Secrétaire général le comte Clauzel.
Notes id'um Pâmsiem
En Bretagne, dans ce département du
Finistère qui n'a pas volé son nom de fin
de la terre. Vous connaissez le décor? Le
poète Charles Le Goffic l'a rassemblé en
deu?c quatrains
Sur le bord d'un champ;
Une chèvre htoute
Au bord de la route,
Un chaume penchant;
Jusqu'à l'île grande
Pas d'outre maison S
Pour tout horizon, >
̃• La lande, la lande.
Mais, au bout de la lande, il y a une
maisonnette, si petite que vous ne la ver-
riez pas, qu'elle serait perdue sous les fils
télégraphiques qui la rattachent au bourg,
à la sous-préfecturei à Paris. C'est le dé-
bit-épicerie de la yeuve Catou, où les ma-
rins, au retour de la pêche, descendent,
comme ils descendaient autrefois à la cha-
pelle oubliée sur l'autre versant de la fa-
laise.
Chaque matin, dans cette fin de la ter-
re, les fils télégraphiques apportent à la
veuve Catou les cours des Halles, si ponc-
tuellement que les marins ne vous ven-
dent pas leur poisson plus cher qu'à Pa-
ris. On s'émerveillerait, mais bientôt la
T. S. F. informera les barques sur les
lieux de pêche, afin que, selon les prix
du. jour, les patrons se hâtent de rentrer
au port ou -se décident à rejeter le poisson
dans la mer.
Voilà la contribution pittoresque que
mes vacances me permettent d'apporter à
l'insoluble problème de ila vie chère.
JANOT. •.̃>
Ii'opinioîi du maréchal Foeh
sur le problème de la sécurité
'M. Herriot, président du Conseil, minis-
tre des affaires étrangères, a répondu, au-
jourd'hui, dans les termes suivants, à la
lettre de M. René Coty, député de la Seine-
Inférieure, que nous avons publiée hier
Monsieur le député et cher collègue,
Je ne puis que confirmer la réponse que j'ai
donnée mardi à M. le général Bourgeois.
J'ai tenu à ce que l'opinion du maréchal Foch
fût transmise au Parlement par son représentant
direct. A
Je n'ai donc pas fait connaître cette opinion
par une voie indirecte, comme vous le dites. et
je ne puis que me tenir strictement à la déclara-
tion publique faite par le représentant de M. le
maréchal Foch en toute indépendance.
Veuillez agréer, monsieur le député et cher col-
lègue, l'assurance de ma haute considération.,
HERRIOT.
Le Reichstag ` a fini par votet
les lois d'exécution
Mais le gouvernement a dû donner pour l'avenir
des gages importants aux nationalistes
A la majorité des deux tiers, le Reich-
stag a adopté, hier, le projet de loi* re-
latif aux chemins de fer. Les nationadis-
tes ont voté pour.
Sans doute, les pétitions* venant des
territoires occupés, les ont-elles con-
tra'ints à la réflexion, et la menace de la
dissolution.du Reichstag les a-t-elle ef-
frayés. Surtout les populistes leur ont
offert, pour Heur acceptation, le meilleur
prix des portefeuilles dans le cabinet
d'Empire et dans le cabinet de Prusse.
Enfin le gouvernement leur a accordé
une satisfaction en révoquant solennel-
lement l'aveu fait à Versailles que l'Al-
lemagne P, était responsable de e la a
guerre. Nous pouvons préférer à
la dissolution du Reichstag, et a
l'incertitude de nouvelles élections,
le vote d'adoption et la mise en applica-
tion immédiate du plan Dawes. Mais ce
n'est pas une raison pour ne pas discer-
ner certaines conséquences de la cam-
pagne qu'ont menée les nationalistes et
ne pas prévoir certaines manœuvres,
qu'ils vont tenter.
Les excitations des feuilles pangerma-
nistes ont créé d'abord de nouveaux
obstacles au fonctionnement du plan
Dawes. Les accords de Londres devaient
être librement consentis par l'Allema-
gne et toutes 'les difficultés devaient
être .résolues par voie d'arbitrage. Mais
les nationalistes ont proclamé que l'Alle-
magne avait été contrainte et que l'ac-
ceptation du rapport Dawes .serait pour
le Reich une « mise en esclavage éter-
nelle ». Croit-on que le Reichstag, où
les nationalistes, à eux seuls, détiennent
95 sièges croit-on que Je cabinet d'Em-
pire, où demain peut-être ils obtiendront
des portefeuilles, seront dans les meil-
leures dispositions pour accepter une
sentence arbitra,le ?
D'autre part, l'emprunt est à la base
du plan Dawes. Pense-t-on que les sous-
cripteurs afflueront quand ils sauront
qu'un député ultra-nationaliste, le com-
te de Reventlow, a déclaré impunément
qu'aux titres émis en son nom l'Allema-
gne n'attacherait que la, valeur de chif-
fons de papier ? Et quelles difficultés
plus grandes n'éprouvera-t-on pas pour
le placement d.es seize milliards d'obli-
gations ? Il faut reconnaître que la cam-
pagne des nationalistes ne fait pas, de
ce placement, une opération tentante,
surtout si. l'on se rappelle les échecs ré-
La séance du Reichstag
Berlin, 20 août. Le Rciclistag discute
au début de la séance qui s'ouvre à dix
heures une motion d'ordre secondaire. Le
chancelier Marx prend ensuite la parole.
pour préciser l'attitude du gouvernement à
l'égard des amendements aux lois d'exécu-
tion déposés par les divers partis.
La déclaration, signifie en même temps
un dernier appel aux partis en faveur de
l'acceptation des lois d'exécution. Parlant
des amendements nationalistes concernant
l'évacuation plus rapide de la Ruhr, le
chancelier déclare que le gouvernement
comprend les motifs qui ont inspiré cette
motion aux nationalistes, mais qu'il ne
peut l'approuver sous la forme où elle a
été conçue, car elle met en question le pacte
de Londres.
Le gouvernement estime qu'étant donné
la tournure qu'a prise la Conférence de
Londres les territoires occupés pourront
être évacués avant le délai prévu d'un an.
Le gouvernement fera tout son possible
dans ce but.
L'acceptation par lé Reichstag des lois
d'exécution donnera au gouvernement la
possibilité de mettre en action tous les
moyens dont il dispose afin de faire évacuer
les régions occupées au delà des limites du
traité de Versailles aussi rapidement que
possible.
Le chancelier conclut en déclarant que le
gouvernement approuve les motions dépo-
sées par le parti populiste et partage son
avis en ce qui concerne le pacte de Lon-
dres par rapport à la limite des capacités
de prestations de l'Allemagne.
L'orateur nationaliste, M. Reichert, dé-
clare
« Nous aurions désiré qu'en ce moment
décisif le gouvernement d'Empire ait fait
un appel plus pressant à l'étranger et se soit
écrié « Nous avons l'impression et la con-
viction que par suite de la continuation de
l'occupation de la Ruhr la mise à exécution
des rapports est mise en question. »
Le député socialiste, M. Breitscheid, pose
au gouvernement les quatre questions sui-
vantes
1° Est-il exact que le parti nationaliste ait
,exigé en compensation de son attitude con-
ciliante au cours de la discussion des lois
d'exécution l'entrée de plusieurs de ses
membres dans le gouvernement ?
2° Est-il exact que les nationalistes aient
exigé que leur entrée dans le gouvernement
soit assurée, sinon en ce moment, du moins
dans quelques semaines ?
3° Est-il exact que les nationalistes exigent
en compensation de leur attitude conciliante
au cours du vote des lois d'exécution la dé-
mission du chancelier Marx ?
4° Est-il exact que le comité directeur du
parti du centre ait rejeté cette exigence com-
me indiscutable, mais que malgré cela les
négociations continuent ?
Le chancelier Marx répond « Le gouver-
nement d'Empire n'a, pas discuté la ques-
tion d'un remaniement gouvernemental. Le
gouvernement d'Empire n'a pas pris part
aux négociations qui ont pu avoir lieu entre
les partis ». ,J
M. Breitscheid demandant encore si un
des membres du gouvernement a participé à
ces négociations, .le chancelier répond
« Autant que j'en suis informé, aucun mem-
bre du gouvernement n'y a pris part. »
Le Reichstag procède ensuite au vote dies
lois d'exécution.
Le projet de toi sur fa nouvelle bmïqm
pétés qu'a déjà subis le gouvernement
du Reich, chaque fois qu'il a voulu
exécuter les causes du. traité.
En réalité, les nationalistes sont déjà
prêts à un nouveau chantage envers la,
France pour obtenir et une plus
prompte évacuation de la Ruhr et. uns
diminution des changes! résultant, du
plan Dawes. Ils savent qu'en Angleter.
re ils peuvent compter sur certains ap-
puis financiers et travaillistes. Ils savent
qu'en Allemagne les populistes sont
tout acquis à leurs vues. Si l'on veut
s'en convaincre, qu'on relise le dis-
cours prononcé par M. Stresemann,
avant-hier, au Reichstag. « Réservons-
nous la faculté, a déclaré le ministre des
affaires étrangères, de demander uni
Qxamen de la capacité de prestation de
l'Allemagne au moment où nous nousi
apercevrons que ce que l'on exige de
nous dépasse nos forces ». On peut
croire que ces manœuvres se déploie-
ront en grand au moment des négocia*
tions pour l'accord économique franco.
allemand.
Il est vrai que la situation de la Fran-
ce est assez forte pour déjouer ces in-
trigues forte par le prestige moral que
lui a valu dans le monde entier sa po-
litique libérale forte par le gage de!
la Ruhr qu'elle détient toujours solide-
ment forte £ar la couronne de petits
Etats qui gravitent autour cl'elle. Dans
un éloquent article, paru dans le So-
zialistischc Monatshcttc, M. Ludwig
Quessel supplie ses compatriotes de ré-
fléchir à cette situation « L'Europe ne
veut pas être replongée, conclut-il, dans
3a situation d'avant-guerre, où les peu-
ples se tenaient l'un devant l'autre,
comme des bandits armés jusqu'aux
dents. Si l'Allemagne prend part à l'é-
volution vers une Société des nations
continentales (conduite par la France),
l'essor de son économie et de sa. civilisa-
tion est assuré. Si elle préfère être l'épée
de l'Angleterre, qui la laissera toujours
en plan aux moments décisifs, elle va au-
devant d'une époque de détresse et de
misère. »
Puissent ces sages paroles être enten-
dues Puisse l'Allemagne, à une 'politi-
que nationaliste d'obstination et de fo-
lie, préférer une politique démocratique,
d'exécution et de sagesse
Alfred Mallet.
d'émission, a clé adopté définitivement par,
250 voix contre 172 et 2 -abstentions.
Les nationalistes ont voté contre.
Le pyrojet-de loi snr la liquidation de la
banque de rentes a. été adopte par 262 voix
contre 172 et 1 abstention.
Le prolet de loi sur les obligations indus*
trielles a été adopté par 260 voix contre 176.,
Le Reichstag a adopté au scrutin nominal,
par 31-i voix contre 127, le projet de loi sur
les chemins de fer. La majorité des deux
tiers est atteinte.
Les nationalistes ont voté pour.
Les votes des nationalistes
BERLIN, 29 août. Au cours de la séance
d'iaupound'ih'Ui, Je Reichstag a. irepoussé la
motion des nationalistes qui demandaient,
notamment, que l'évaicuation ,do 'la Ruhr fut
terminée au plus tard le 10 janvier 1925.
Par contre, il a -adopté 4a 'résolution, de*,
pqpulistes, «n date du 26 août e,t .relative à.
la responsabilité de il a guerre «t aux futu-
res négociations commerciales avec Ja Firani-
ce, ainsi qu'une motion des partis de ana/jo-
rité aux termes de laquelle d'entrée en (vi-
gueur de la loi qui approuve le [pacte do'
Londres sera fixée pair le gouvernement' au
moment où s'est ouvert le scrutin sur les
lois d'exécution.
Quelques députés nationalistes, parmi les-
quels l'amiral de Tirpitz, se sont retirés au
fond de la salle et se sont ostensiblement
abstenus. Plusieurs autres députés de ce
parti ont glissé furtivement dans l'urne des
bulletins affirmatifs de couleur blanche.
Lorsque les secrétaires, qui recueillaient les
bulletins, sont arrivés au dernier banc des.
nationalistes, ils ont reçu d'un groupe com-
pact de députés, qui se tenaient debout con-
tre une porte, presque exclusivement desi
bulletins blancs.
Le Reichstag a attendu avec une impa-
tience. fébrile la proclamation du résultat.
La motion de méfiance des ultranationalistes
a été repoussée par 251 voix contre 9i-. Le
Reichstag a: ensuite abordé la discussion des:
lois d'assistance eux expulsés de la Ruhr.
L'entremise des populistes
Berlin, 29 août. Les ideraières négocia-'
tiens entre des .populistes et des nationalis-
tes ont été -amorcées fraction populiste ©n date du 28 août, dans.
laquelle il est dit
« La ifraotion populiste s'adresse, à cette
heure décisive, à la fraction aiationaâiste.
Nous con^prenon-s parfaitement que les na-
tionalistes aient été profondément déçus en
coiTsttatajit ce que nous -n'avons pas obtenu à
Londres. Le pacte de Londres n'est suppor-
table que si on lé considère comme une
première amélioration de la situation ex-
térieure de l'Allemagne et comme l'unique
moyen de délivrer le Rhin et la Ruhr.
» Si le groupe nationaliste asume avec
nous la responsabilité de faire aboutir le
pacte de Londres, nous continuerons à
nous employer activement pour que ce
groupe participe au gouvernement du Reich
proportionnellement à son importance. »
Ils auraient promis aux nationalistes qua-
tre portefeuilles dans la nouvelle combinai-
son ministérielle, ainsi que le poste de char-
celier. Les nationalistes se sont engagés à
renoncer à leur obstruction contre le pacte
de Londres et le plan des experts et à ne
pas empêcher une majorité de deux tÀor?
en faveur des projets de loi d'exécuiipn i
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