Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1922-02-10
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 février 1922 10 février 1922
Description : 1922/02/10 (Numéro 41). 1922/02/10 (Numéro 41).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k293121r
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
68me Année-3meSérie N° 41
Le Numéro quotidien VINGT CENTIMES EN FRANCE
Vendredi 1a Février 1922
Gaston CALMETTE
Directeur (iqoz-igi4)
BÉDACTION ADMINISTRATION
26, Bue Drouot, Paris (9« Arr') •
Secrétaire général EDOUARD CALMETTE
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
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Rédacte'ui en chef LOUIS LATZARUS
POUR LA PUBLICITÉ
LES ANNONCES ET LES RÉCLAMES
8'adrë8ser, 26, rue Drouot, à l'Hôtel du FIGARO
les Annonces et Réclames sont également reçues
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et Colonisa françaises y 14 » 28 » 54 »
Etranger Union postale. 2150 43 » 84 •
On s'abonne doits tous les bureaux de poste
>1 de France et d'Algérie
Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me'moquant des sots, bravant les méchants, je me presse
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer; » (BEAUMARCHAIS).
les marchands
dans le Temple
Il est impossible que les lecteurs du
Figaro soient maintenus dans l'ignoran-
ce de l'événement qui se prépare
M. Coty, .parfumeur, prendra, le 28 fé-
ivrier, possession de ce journal.
Je demande à exposer en quoi et pour-
quoi cette opération me semble immo-
rale d'abord, illégale aussi.
Le dirai-je ? Avant de saisir ma plu-
me, j'ai hésité.
J'ai hésité plus longtemps peut-être
qu'il n'est permis à un honnête homme.
Trop de voix, même amies, me chu-
chotaient le Silence aux pauvres qui,
d'indignation, faisait frémir Lamennais.
J'ai failli, je m'en accuse, écouter leurs
prudents conseils. Le Devoir a parfois
un effrayant visage. De jeunes êtres me
font cortège dans la vie. On me forçait
aisément de penser à eux.
Mais n'est pas digne de tenir une plu-
me celui qui ne sait pas la briser au
service de sa foi.
J'écris donc cet article, quitte à ap-
prendre plus tard ce qu'il me coûtera.
Si je lève les yeux, je vois le portrait de
Calmette, qui m'a transmis la leçon du
courage.. Une autre ombre, obscure et
chère, se penche sur mon épaule
Ne fais pas de bassesses, mon en-
fant 1
Jesuis- obligé, pour me faire entendre
clairement, de prendre les choses d'un
peu haut.
VoUà cinq ans environ que M: Coty
s'est mis en tête d'acheter Je Figaro.
Pourquoi ? Pour lui rendre, dit-il, son
éclat. M. Coty, parfumeur, estime que
le Figaro a perdu son éclat.. M. Coty,
parfumeur, estime que son devoir est
de régénérer (sic) le Figaro. Dans ce
dessein, il n'a pas hésité à dépenser plu-
sieurs millions huit, disent les uns
dix, à en croire les autres. M. Coty a, en
effet, beaucoup d'argent.
Le capital du Figaro est composé de
19.200 actions, lesquelles, au taux actuel
de l'argent, valent environ 500 francs
l'une pour un acheteur ordinaire. M. Co-
ty a payé un grand nombre des siennes
i.000 francs, 1.100 francs, 1.300 francs
même. Ainsi est-il arrivé à. en rassem-
bler neuf mille environ, ce qui lui assure
la majorité à la prochaine assemblée gé-
nérale. En effet, le nombre des actions
représentées ne dépasse jamais, ou
presque jamais, 15.000.
Le voilà donc maître, par son argent,
de ce journal. Allons-nous le voir, .le
ier mars, entrer publiquement dans la
maison et y exercer, au su de tous, un
pouvoir si chèrement payé ? Non. Vous
ne verrez pas son nom dans la nian-
chette: Vous ne le lirez pas sur la liste
des administrateurs. Il sera tout, et ne
paraîtra rien.
C'est ce qui m'effraie.
Je consens à ce que M. Coty dirige le
Figaro. Mais à une condition c'est qu'il
l'avoue. C'est même qu'il le proclame.
Un journal n'est pas une maison de com-
merce ordinaire. Il m'importe peu que
l'épicier ou le parfumeur dont j'achète
les denrées soit affublé de tel ou tel
nom. Mais si. ce fournisseur veut deve-
nir mon directeur de conscience, j'ai
le droit de lui demander qui il est, quels
sont ses talents, et quelles sont ses ver-
tus. J'ai le droit. impérieux de savoir son
nom. Coty directeur du Figaro ? Soit.
Mais qu'on dise alors le Figaro de Coty,
comme on dit l'Or de Coty.
M. Prestat dirige actuellement le Fi-
garo comme président du Conseil d'ad-
ministration. Je sais, tout le monde sait
qui il est, et pourquoi il est ici. Ancien'
magistrat, appelé au Figaro par Vitle-
messant, beau-père de Gaston Calmette.
Se caohe-t-il ? A-t-il des prête-noms ?
Nullement. Pourquoi M. Coty agit-il
d'autre sorte, et d'où lui vient cette sur-
prenante humilité ? J'allais écrire d'où
lui vient cette peur ?
Je vous, le dirai. M. Coty n'ose pas pro-
clamer -qu'il dirigera le Figaro parce
qu'il sait'bien que rien, sauf l'argent,
ne le qualifie parce qu'il sait bien que
le public se révoltera en apprenant qu'il
a suffi à un illettré de vendre pendant
un certain nombre d'années des petits
flacons pour s'emparer d'un journal et
prétendre exercer un magistère sur l'o-
pinion.
Ce n'est pas tout. M. Coty n'ose pas
proclamer qu'il dirigera le Figaro parce
qu'alors oh lui demandera compté de
ses opinions, et on exigera qu'il nomme
ses garants. Que savons-nous de lui,
sous le rapport politique ? Ceci qu'il
s'est présenté aux élections sénatoriales
de la Corse comme radical-socialiste.
J'ai sous les yeux une lettre où un dé-
puté prône et défend la candidature de
M. Coty. Ce député est M. Caïtucoli.
Je le demande est-il digne, juste et
moral. que ce journal tombe dans les
mains unies de M. Coty et de M. Caï-
tucoli ?
'̃ ̃
Je ne sais quel dessein politique est
caché sous cette entreprise. Et c'est
pourquoi je suis inquiet. Je suis inquiet
comme le fut, avant moi, M. Alfred Ca-
pus. Laissez-moi vous montrer un ex-
trait du procès-verbal de la .séance que
tint le Conseil d'administration du Fi-
garo le 5 novembre 1917. A'ce moment
déjà, je vous l'ai dit, M. Coty prétendait
s'emparer du Figaro. Il avait écrit une
lettre pour exposer ses exigences et ses
désirs. Le Conseil en reçoit lecture, et
M. Alfred Capus prend la parole
M. Alfred Capus je cite le procès-verbal
proteste contre les termes et le ton gé-
néral de la note de M. Coty, qui témoigne
de la complète méconnaissance de ce qu'est
et représente le Figaro' dans la presse fran-
cuise.
Il s'exprime avêc^vigïïèiïr sur le fait que
M, Coty érnet des critiques sur la façon dont
le, Tigardl ̃'est. rédigé: et pr.éseri té, sans tenir
aucun compte de situation actuelle et des
restrictions qui sont imposées par l'état de
guerre que nous subissons depuis trois ans.
Il fait remarquer la licite extrême de M.
Coty à vouloir s'emparer du Figaro immé-
diatement et sans attendre le retour de la
paix, qui pourrait être interprétée comme
une tentative pour changer la politique du
Figaro pendant la guerre. « Telle serait cer-
tainement l'opinion générale du public,
ajoute M. Capus, si le coup de force projeté
et exécuté à coups de millions réussissait. »
Cette opinion apparaît à M. Capus d'au-
tant plus fondée qu'il a reçu directement de
M. T. l'offre de rester rédacteur en chef
du Figaro à la condition d'abandonner la
rédaction politique du journal, de renoncer
aux éditonaux et de se borner à rédiger des
chroniques du Courrier de Paris. M. T.
d'ailteurs, avait renoncé lui-même à ce pro-
jet dans une seconde conversation avec
M. Capus.
M. Capus ajoute que dans ces conditions,
et tant que cette question de la politique du
Figaro ne sera pas éclaircie, si le conseil
accueillait M. Coty parmi ses membres, 'il
ne consentirait pas un instant à rester à la
tête du journal.
M. Capus trouve en outre que le program-
me purement professionnel exposé par M.
Coty est li l'envers des intérêts et du but
élevé du Kjgaro et lui enlèverait- immé-
diatement sa personnalité dans la grande
presse française.
Ainsi, tant du point de vue politique
que du point de' vue professionnel, M.
Coty paraissait inquiétant et dangereux
à M. Alfred Capus. Je comprends cela.
Or, à ce moment, M. Coty prétendait se
montrer, et .manifester avec évidence
une autorité personnelle. Combien les
inquiétudes de 'M. Capus eussent été
plus vives si, comme aujourd'hui, M. Co-
ty avait voulu exercer, dans la coulisse,
un pouvoir occulte •̃
Pouvoir que d'ailleurs la loi interdit.
Lorsque, en 1914, la société en comman-
dite du Figaro fut transformée en socié-
té anonyme, les rédacteurs des nouveaux
statuts ne manquèrent 'pas de prévoir le
cas où, comme dit M.. Chariles Maurras,
«un homme qualifié par sa seule ri-
chesse » voudrait s'emparer du Figaro.
Ils eurent donc soin de stipuler qu'au-
cun actionnaire, .quel que fût le nombre
de .ses actions, ne pourrait disposer de
plus de quarante voix. Comment M.,Co-
ty pourra-t-il donc chasser, à la prochai-
ne assemblée générale, les administra-
teurs du Figaro actuels ? Parce qu'il a
tourné la loi. Parce qu'il a divisé entre
divers prête-noms et hommes de paille
les 9.000 titres environ qu'il possède. Ils
viendront. Certains portent des. noms
connus. Certains autres sont parés de
titres, de décorations et d'uniformes. Je
demande à les rassembler et à leur dire
Etiez-vous des amis de M. Coty il
y a quinze ans, quand il n'avait pas d'ar-
gent ? Seriez-vous aujourd'hui autour
de lui s'il n'en avait pas ?
Je sais ce qu'ils répondront. Ils y sont
bien forcés Ils diront
Nous sommes de vrais actionnaires.
Voici nos titres. Voici nos bordereaux
signés chez l'agent de change.
Car je pense bien 'que toutes les pré-
cautions ont été prises. Je suis, sûr que
tout est régulier, correct, indiscutable.
C'est -si facile Une signature sur une
feuille, et M. Coty est sûr de pouvoir,
quand le temps sera venu, reprendre au
bon serviteur les actions qu'il lui a con-
fiées.
Il fut un temps où il était moins pru-
dent. C'était encore en 1917. A
cette époque, et précisément le 4 novem-
bre, il écrivait aux administrateurs du
Figaro
« .De même, il m'est très facile de
prouver que f achète Icè actions du Fi-
garo DE MES PROPRES DENIERS, les Ol'igi-
nes et l'importance de ma fortune étant
de notoriété publique. A cet égard aussi,
je suis libre de toute influencé puisque
je n'ai ni associé ni commanditaire dans
mes affaires, dont la réussite rapide est
connue dans toutes, les parties du
monde. »
Le jeu a maintenant changé. M. Coty
se fait fort de prouver qu'il. n'a jamais
acheté aucune action de ses propres de-
niers. 11 n'est qu'un membre anodin et
obscur d'un « consortium ». Sans doute
chez lui se tiennent chaque jour des
conciliabules. Sans doute il engage ce-
lui-ci, repousse celui-là, dresse des lis-
tes et des plans, expose ses projets, dis-
tribue les postes, et déjà rassemble au-
tour de lui toute une rédaction. Mais il
n'est rien, ni personne. Que lui repro-
chez-vous t Et quel juge osera pronon-
cer qu'il manque à la loi et viole nos sta-
tuts ? Voici des papiers bien en règle.
Tout est bien, et c'est quelque domesti-
que qui nous préviendra, mes amis et
moi, le soir du 28 février, que nous de-
vons quitter la maison.
M. Coty avait d'abord /pensé, comme
un de ses confidents l'écrivit, à faire
« maison nette ». Et puis il a pensé que
mettre à la fois quarante journalistes
dans la rue était une opération un peu
trop bruyante. v,Et il a, pour chercher le
silence, quelques raisons de plus que
celles que j'ai dites. Donc, pour le mo-
ment, il se bornera à ordonner trois ex-
pulsions. La mienne. Celle de mon ami
Jacques Roujon, dont nos lecteurs ont
pu mesurer quotidiennement .le coura-
ge et le talent. Celle enfin de mon cher
François Poncetton. Je sais ce qu'on me
reproche. Je sais ce qu'on reproche, à
Jacques Roujon, qui a eu le tort d'être
trop méprisant pour les patrons politi-
ques de M. Coty. Je me sais pas ce qu'on
reproche à François Poncetton, sinon
peut-être d'avoir tenu dans ses bras Cal-
mette agonisant, et de lui avoir donné
les premiers soins.
Nous partirons. Un ardent et noble `
jeune homme nous aura précédés
Edouard Calmette qui, dans quelques
jours, sera doublement orphelin.
Louis Latzarus,
AJU JOUR LE JOUR
~j
Contribution à l'étude
des contributions `
J'ai rencontré Bernard Pallandrou, le
peintre positivement, il crachait le feu.
D'ordinaire, c'est un garçon placide qui pro-
mèn'e dans l'existence une quarantaine- as-
sagie. 11 a fallu des collecteurs d'impôt
,pour le mettre hors de soi.
Je sors de chez le contrôleur des contri-
butions. Tu n'imaginerais pas ce qu'il m'a
raconté. Il veut me taxer d'office!
Il croisait les bras et secouait la tête;
j'eus le tort de sourire.
Naturellement! tu penses que j'ai fait
une déclaration fantaisiste et que le fonc-
tionnaire n'en a pas été dupe? Je ne joue
pas avec le fisc et ne gagne pas assez d'ar-
gent pour dissimuler mes revenus. Mais
mon histoire est exemplaire. Ecoute! J'ha-
bite, depuis'dix ans, un atelier et trois piè-
ces, ce qui est juste suffisant pour mes trois
enfants, ma 'femme et moi. Je payais trois
mille francs de loyer, mais le propriétaire,
l'an dernier,m'a augmenté; actuellement, je
paie cinq mille; quand il m'a proposé, si je
puis dire, cette augmentation, j'ai long-
temps hésité à l'accepter, mais quoi? il n'y
a pas dans tout Paris nn atelier libre, mon
installation ailleurs, si tant est que j'eusse
trouvé nh local, m'aurait coûté les yeux de
la tête, et il est certain que j'aurais payé au
moins aussi cher où que ce fût. Contraint
et forcé, j'ai signé nu bail. Mon loyer me
ruine, mais enfin j'ai un abri pour travail-
ler et ma famille ne couche pas sous les
ponts. Or, bon an mal" an, je gagne vingt
mille francs, c'est-à-dire que je ne peux pas
faire de folies et qu'on se prive plutôt à la
maison! Ma femme retape ses robes, mar-
chande la blanquette de veau, et habitue les
gosses à l'économie. Je gagne vingt mille
francs par an, dis-je, et c'est' encore une
chance, car,, parle temps qui court, les
mécènes ne fout pas la queue aux portes dès
ateliers si mon marchand de tableaux n'a-
vait pas un peu confiance en moi, je ne sais
pas trop ce que nous ferions. J'ai donc
loyalement déclaré mes ressources à mon
contrôleur, mais il m'a convoqué et m'a ac-
cueilli avec un sourire
» Vous allez fort, m'a-t-'il dit vous dé-
clarez un revenu qui ne s'équilibre pas du
tout avec le chiffre de votre loyer.
» Eu effet, monsieur, lui dis-je, mon
loyer m'accable, mais pouvez-vous me don-
ner un moyen d'échapper à ce fardeau finan-
cier ? J'en suis réduit à lésiner sur tout pour v
payer mon propriétaire.
» Vous comprenez bien que çà ne prend
pas! Quand on gagne vingt mille francs-
par an, 'on n'a pas cinq mille' francs de
loyer.' "r
» On- n'a pas, est fort joli à dire mais je
suis lié; la crise des logements m'oblige à
demeurer où je suis, et je chercherais vaine-
ment un atelier et de quoi loger ma famille à
meilleur marché.
» Je sais très bien tout ce que vous allez
me dire, mais je vais être obligé. de vous.
taxer d'office. Pouvez-vous me prouver par
une comptabilité en règle que vos ressour-
ces s'élèvent tout juste à vingt mille francs ?
» Une comptabilité? mais je n'en tiens
aucune je vis au jour le jour; quand mes
ressources sont épuisées, je vais taper mou
marchand, et Dieu sait, de ce"côté-tà, oit en
sont mes comptes quant aux amateurs qui
emportent une toile sous leur bras, il n'en
vient pas trois par an.
» Oui! Vous comprenez que c'est trop
facile! Vous touchez de l'argent qui ne laisse
aucune trace, et vous espérez que je vais me
contenter de votre déclaration.
» Alors je me suis mis en colère. J'ai affir-
mé ma bonne foi. J'ai conseillé à ce comp-
table de faire une enquête dans le quartier
pour savoir ce que je mangeais, il -à haussé
les épaules
» Nous n'avons pas de temps à perdre.
Je n'ai qu'un élément d'appréciation, c'est
votre loyer en estimant; avec la pliis- gran-
de indulgence, qu'il atteint le sixième de
vos revenus, c'est tout ce que puis faire. Je
vais vous taxer sur un revenu de trente mille
francs, et gardez-moi de la gratitude de ne
pas considérer votre déclaration comme frau-
duleuse.
» Qu'est-ce que je vais devenir? Cinq
mille francs de loyer et trois mille francs
d'impôts environ, sans parler de l'assuran-
ce et de mes frais toiles, couleurs, modè-
les, etc., tu vois ce qui me reste pour vivre
et faire vivre les miens. Je ne demande pas
mieux de payer mon dû, mais pas plus, et
quand je vois un tas de gens qui roulent le
fisc -et se jouent de tous les contrôles, je te
jure que je suis tout prêt à. »
-Mais il versait dans l'anarchie, et c'est r
vainement que j'ai tenté de le calmer.
Les temps sont durs pour les artistes, et
nous vivons à une époque où, hélas nous
comptons bien peu.
Robert Dieudonné.
M. Sarraut fait ses adieux
à la Maison Blanche "1
Washington, 9 février. M. Sarrautv
accompagné de M. Jusserand, a fait sa
visite d'adieu à la. Maison Blanche.
L'état de siège est maintenu à Gleiwitz
Varsovie, 9 février. Le général
Brand, commandant français de la ville
de Gleiwitz, a déclaré aux représentants
des organisations politiques et profes-
sionnelles allemandes que, vu les der-
niers événements, il était impossible
de donner suite à leur demande de le-
ver l'état de siège. '•̃)
La consolation des dettes alliées
AUX ETATS-UNIS
Washington. 9 février. Le Prési-' ,1
dent Harding a signé la loi de consoli-
dation des dettes alliées^
ECHOS
Progrès.
On ouvre l'indicateur du chemin de
fer et l'on voit, par exemple, que, par-
tant de Caen à midi 56, on peut être à
Paris à 5 h. 38.
On s'émerveille. Tout de même, c'est
beau, le progrès Caen-Paris en .4 h. 42
minutes. Ah si nos pères- avaient vu ça
Nos pères ? En feuilletant le Moniteur
d'août 185£, on trouve l'annonce sui-
vante
« Bains de Luc-sur-Mer, près Caen.
Trajet Paris-Caen en 5 heures. »
Il y a 64 ans de cela.
Progrès un peu plus de 16 secondes
par an. ̃
PETITE HISTOIRE
Xe millionnaire embarrassé
Un négociant anglais s'en était allé en
Autriche pour y faire quelques achats. Daus
ce dessein et sur son ordre, une banque de,
Londres avait transféré à une banque de
Vienne 250 livres sterling qui, vendues, se
transmuèrent en papier.
Au guichet des couronnes, le caissier pré-
vint sou client
Je n'ai plus qu'un certain nombre de
billets de 10.000, dit-il pour le reste, je
vous donnerai des coupures de 1.000.
Soit
On compta.
Les 250 livres valant environ dix millions
de couronnes, le négociant dut recevoir
vingt kilogrammes de vignettes. Il protesta,
mais rien n'y fit. Il lui fallut se procurer
de solides ficelles et empaqueta sa fortune
comme des vieux journaux. On le; vit acca-
blé,, errant dans les rues de Vienne en quête
d'un marchand de malles. Il le trouva, prit
un fiacre et fut sauvé.
« La richesse pécuniaire n'est que relative,
a écrit J.-J. Rousseau, et selon des rapports
qui peuvent changer par mille causes, on
peut se trouver successivement riche ou pau-
vre avec la même somme. »
Sauvagines.
Le 27 février c'est une date consa-
crée se tiendra à Chalon-sur-Saône
la grande foire des sauvagines.
Chats, genettes, taupes, renards, mar-
tres, putois et loutres, et le peuple infor-
tuné des lapins y mêleront leurs dé-
pouilles. D'Angleterre, de Belgique, de
Suisse, d'Allemagne, les acheteurs vien-
̃dront ,ce jour-là, à. Chalon-sur-Saône,,
pour s'approvisionner dé fourrures
communes.
Et, l'hiver prochain, beaucoup de ces
pelleteries seront anoblies. Des loutres
se diront d'Hudson, des renards se se-
ront argentés aux rayons de la lune,
des martres s'appelleront zibelines.
Et combien de lapins qui, s'ils pou-
vaient se voir, seraient flattés des hautes
destinées promises à leur pelage
-a.
Depuis quelques années, on n'avait
pas vu d'oeuvres de Rodolphe d'Erlan-
ger. L'exposition de ses œuvres, qui
s'ouvre, aujourd'hui, à la Galerie Brun-
ner, rue Royale, nous montrera, l'excel-
lent orientaliste en pleine ascension de
son art ses brillants paysages de Tuni-
sie, ses portraits enlevés de verve, ses
types étudiés dans leur atmosphère, et
ses notes de nature, frémissantes par-
fois, seront un enchantement pour tous
les connaisseurs.
L'exposition restera ouverte jusqu'au
Il mars, et son succès, certainement,
fera sensation.
Le Masque de Fer.
5'
Après le Conclave
Lès intentions du Saint-Père
Rome, 9 février. Le Saint-Père a
renvoyé après le couronnement toute
délibération de quelque importance et
n'ayant pas un caractère d'urgence.
Par conséquent, il n'a pris aucune
disposition quant à l'administration de
l'archi-diocèse de Milan, qui reste en-
core sous sa juridiction personnelle. Il
ne semble pas qu'il ait l'intention de
modifier de si tôt cet état de choses.
Le Congrès eucharistique, qui était
fixé au 25 mai, sera très probablement
renvoyé à une date ultérieure, mais le
Pape n'a pris encore aucune décision
;à ce sujet. Certains journaux ont re-
icueilli le bruit que durant la cérémonie
du couronnement le Pape bénirait le
peuple du balcon. Ce bruit est dénué
de tout fondement. Le couronnement
'est, en effet, un rite liturgique qui s'ac-
complit conformément aux prescrip-
tions du Il Pontifical romain », qui ne
'prévoit pas de bénédiction à l'exté-
ï rieur. Au contraire, la première partie
de la cérémonie qui se déroule habituel-
lement dans l'atrium aura lieu cette
fois, à cause du froid, à l'intérieur, dans
la.|CliapeUe du Saint-Sacrement.
Le Couronnement
Rome, 9; février. On travaille acti-
vement à aménager la basilique de
Saint-Pierre pour la cérémonie du cou-
ronnement qui aura lieu dimanche pro-
chain.
La basilique sera ornée de grandes
draperies rouges et or.
On croit, dans certains milieux, que
le Pape sortira peut-être de l'églrse de
Saint-Pierre après son couronnement,
pour bénir le peuple sur la vaste place
qu'entoure la colonnade du- Bernin.
Il parait'que 200,000 personnes ont
demandé à assister aux fêtes du cou-
ronnement mais la basilique dcSaint-
Pierre n'en peut guère contenir plus de
50,000.
La cérémonie commencera à 8 h. 30
du matin.
M note française
sur la Conférence de Gênes
M. Poincaré s'efforce de mettre de
l'ordre et de la clarté dans la politique
française et même dans la politique eu-
ropéenne. On reconnaîtra, dans la note
envoyée par le Quai d'Orsay aux gou-
vernements alliés, l'esprit vigoureux,
sage et précis de notre président du
Conseil.
Avant de,se rendre à l'invitation lan-
cée dès le début de la folle Conférence
de Cannes, le gouvernement français a
le droit d'examiner si ses droits ne se-
ront pas compromis et ses intérêts me-
nacés. Voilà du réalisme et du meil-
leur.
Quant aux bolchevistes, il ne s'agit
pas de leur ménager un triomphe ils
devront accepter explicitement les prin-
cipes fondamentaux sans lesquels au-
cune collaboration n'est possible entre
peuples ou entre individus.
Le Matin publiait, hier, une étonnan-
te interview de Radek le représentant
des Soviets à Berlin, avec une impu-
dencc admirable, avertit les Français
qu'il devront envoyer en Russie des
milliards nouveaux s'ils veulent revoir
les anciens. Le joueur est invité à cou-
rir après son argent.
Radek traite les grandes questions eu-
ropéennes avec le bagout propre à ces
marchands de curiosités oui achètent
quelquefois de vieux meubles authenti-
ques mais n'en revendent jamais que
de faux ou de truqués. L'Europe n'est
pas encore le magasin de bric-à-brac
dont rêvent les gouvernants de Moscou,
et où les lerrailles, les tableaux, les ba-
huts et les vieux tapis sont entassés dans
la crasse.
Cette diplomatie, qui consiste à op-
poser la France à l'Angleterre, l'Angle-
terre à la France, l'Allemagne à l'An-
gleterre, l'Angleterre à la Pologne, etc.,
etc. est ingénue à force d'être canaille.
La politique et la chevelure de M. Ra-
dek ont besoin d'être démêlées et éclair-
cies.
La bande de malfaiteurs orientaux qui
règne sur l'ancien empire des tsars peut
se vanter de représenter un gouverne-
ment de fait, mais n'a pas le droit de
parler au nom de la Russie. Kameneff
se di't le représentant des travailleurs
russes, s'agite au nom de ces ouvriers,
de ces paysans que le bolchevisme a ré-
duits à la famine et à l'esclavage. Ra-.
dek n'hésite pas à affirmer ces tor-
tionnaires cultivent l'humour que
les moujiks de la République des So-
viets sont comparables aux farmers
américains i
Ce sont là des plaisanteries abjectes
dont les paysans de chez nous ne doi-
vent pas faire les frais.
Partout, sous des noms divers, géné-
ralement. rassurants et démocratiques
les imlpérialismes sont déchaînés. On
ne saurait prendre trop do précautions
pour sauvegarder les droits, du peuple
français. La note française sur la Con-
férence de Gênes vient bien à son heure.
Jacques Roujon.
Le pacte franco=anglais
et la Conférence de Gênes
Après avoir délibéré sur les explica-
tions que lui avait fournies, la veille, le
président du Conseil, relativement au
pacte franco-anglais et à la Conférence
de Gênes, la commission des affaires
étrangères de la Chambre a voté, hier,
le projet de résolution que voici
La commission des affaires étrangères de
la Chambre, après avoir entendu M. le pré-
sident du Conseil, ministre des affaires
étrangères, le remercie de sa communica-
tion complète et loyale, prend acte de sa
déclaration de laquelle il résulte qu'à son
avènement au pouvoirs il a trouvé accordée,
en ce qui concerne la Conférence de Gênes,
la signature de la France qui entend rester
fidèle à ses engagements.
La commission estime que la pacification
de l'Europe ne sera définitivement acquise
que par le rétablissement de relations éco-
nomiques normales entre les nations elle
prend acte de la ferme volonté du gouver-
nement de s'efforcer d'obtenir, avant de
coopérer à la Conférence de Gênes, l'adhé-
sion préalable aux conditions, et surtout aux
garanties assurant l'exécution de ces con-
ditions, garanties qui ne devraient pas seu-
lement faire l'objet d'un pacte entre les Al-
liés, mais devront être acceptées, avant tout
débat, par les autres membres de la Confé-
rence la commission, en conformité avec
le sentiment du pays, demande que les trai-
tés conclus après la guerre ne soient at-
teints ni dans leur texte ni dans leur subs-
tance par une novation quelconque elle ne
saurait accepter aucune diminution du traité
né d'une victoire qui a couronné une guerre
imposée et où des millions d'hommes sont
morts pour.la justice. Elle se demande com-
ment le respect de ces traités inscrit dans
l'ordre du jour peut se concilier avec cette
autre partie de l'ordre du jour qui annonce
à nouveau l'établissement de bases solides
de paix.
La commission s'étonne que la Société
des nations, qui, en deux années d'existen-
ce, a rendu de signalés services au monde,
qui a tenu l'importante Conférence de
Bruxelles, préparée par elle six mois du-
rant, tandis que celle-ci apparaît comme
'ayant fait l'objet d'une insuffisante prépa-
ration commune, qui a fourni par ses en-
quêtes l'état des ressources de l'Allemagne
et de l'Autriche, et qui a satisfait à la, paix
par le règlement du conflit de la Haute-Si-
lésie, soit tenue à l'écart, alors que, de par
le pacte, gardienne des traités, elle doit
prendre sa part du labeur international qui
se prépare.
La commission ne s'explique pas que les
républiques de l'Amérique latine n'aient pas
été convoquées à Gênes, où leur concours
serait précieux pour la reconstruction de
l'Europe,
La commission fait confiance au gouver-
nement. lui communique son opinion et
s'associe aux réserves qu'il a lui-même ex-
primées.
Le sihn-fcin
se réveiUè-f-H ?
Des dépêches d'Irlande nous ont' ap-
porté hier une nouvelle qui, à première
vue ne laissait pas d'être inquiétante..
Des détachements de sinn-feiners ont
pénétré sur le territoire des comtés de
Tyrone et de Fermanagh et ont capture
non sans combats et sans dommages de
part et d'autre un certain nombre d'oran-
gistes.
La police de l'Ulster étant entrée en
conflit avec les assaillants, il y a eu une
vingtaine de blessés, dont quelques-uns
grièvement. Les sinn-feiners ont d'ail-
leurs laissé -quelques-uns des teurs entre
les mains de la .police .ulslerienne, ainsi
que du matériel.
Cet événement coïncidant avec le vole^-
de la Chambre des lords, dans lequcrM.
Lloyd George obtint une majorité assez'
pénible de sept voix, pouvait être inter-
prété de bien des façons.
Aussi avons-nous eu soin de nous
éclairer auprès de la délégation irlan-'
'daise à Paris. En l'absence de M. O'Cal-
laigh, parti pour assister à la session
̃du Parlement irlandais, un de ses ctillu-1
borateurs habituels a bien voulu nous
donner les explications nécessaires.
Il ne faut, semble-t-il, voir rien çl'ofli-
ciel dans cette agression subite. Lê gou-
vernement irlandais n'y est pour rien.
Elle est tout simplement le fait d'orga-
nisations privées, composées, il est vrai,
de volontaires du sinn-fein, mais agis-
sant sans mandat et qui n'avaient, dans
la circonstance, d'autre but que de faire
des prisonniers parmi les 10rangist.es,
afin de les transformer en otages pour
réclamer ensuite en échange la libéra-
tion des prisonniers sinn-feiners que le
gouvernement de Belfast n'a pas encore
libérés, comme l'a fait l'Angleterre des
,0
siens.
Ceci pourrait paraître obscur àceux
qui ignorent la situation en Irlande. En
deux mots, la voici le nord de l'Irlan-
de, -qui constitue l'Ulster avec Belfast
comme capitale, est beaucoup plus an-
glicisé que le reste de l'Irlande et cons-
titue un Etat à ipart sous le gouverne-
ment de l'Angleterre.
Seuls de l'Ulster, les comtés de Tyro-
ne, de Fermanagh et à peu près la moi-
tié des comtés d'Armac et de Down vou-
draient être rattachés à .l'Irlande libre.
Inde iros.
De plus, les frontières ne sont pas ne(-
tement délimitées et il y a là matières à
chicanes continuelles. C'est (pourquoi,
tel qu'il est, l'Ulster ne peut vivre. Tôt,
ou tard, un modus vivendi devra être
adopté.
Mais l'incident d'hier n'est qu'une his-
toire de prisonniers.
Et quant à la dérisoire majorité de
M. Lloyd George à la Chambre des lords,
elle ne signifie rien du tout et on rie peut
l'interpréter de nu.Ho façon. Car sur 700
membres que compte la Chambre des
lords, il y en a tout juste 80 qui siègent
et qui votent.
D'ailleurs, un gouvernement t libéral l
en Angleterre a toujours eu la. Chambre
des lords contre lui. C'est, ce qui arrive'
aussi à M. Lloyd George. Mais cela n'a
pas grande signification.
Gardons-nous donc de nous échauffer.
Ch. Tardieu.
A propos d'une campagne
contre les Banques
Nous avons annoncé, avant-hier, dans
la rubrique financière, la défaillance de
la maison de banque Claude Lafontaine,
Prévost et Cie. Quelques démarches,
faites sans grande conviction d'ailleurs,
ayant démontré qu'on ne parviendrait
pas à réunir les concours nécessaires, la
Banque a déposé son bilan, hier.
On a dit, de divers côtés, que cet acci-
dent était la conséquence de la campa-
gne de dénigrement qui se poursuit, de-
puis quelque temps, contre l'ensemble
des Etablissements de crédit, mais il
semble bien qu'en réalité la cause en.
soit beaucoup moins mystérieuse. La
crise industrielle a gravement éprouvé
un certain nombre de clients impor-
tants dont la Banque escomptait le pa-
pier, et ses difficultés n'ont pas d'autre
origine.
Il est vrai qu'à d'autres époqués, on
aurait peut-être pu tenter de la tirer de
ce. mauvais pas, encore que la solidarité
des banques, dont on parle tant, ne
puisse être invoquée à tout bout de
champ pour venir en aide à toutes les
maisons, grandes ou petites, qui s'oc-
cupent d'affaires financières.
Je ne veux' pas rappeler de cuisants
souvenirs, mais n'oublions pas que,
même pendant les années relativement
heureuses qui ont précédé la guerre, on
a laissé sombrer bien des maisons aussi
importantes que celle dont il s'agit au-
jourd'hui. '•
Avant d'entreprendre un sauvetage,
il faut, en effet, examiner l'affaire du
point dé vue de l'intérêt général, n'in-
tervenir que si cet intérêt est en jeu, et,
dans ce cas, agir rapidement en com-
mun accord avec les pouvoirs publics
et avec leur appui le plus énergique.
Lorsque la Banque Industrielle de
Chine et la Société Centrale des Banques
de province se sont trouvées en difficul-
tés, il y a quatorze ou quinze mois, per-
sonne n'a paru douter que l'intérêt gé-
néral du pays exigeât leur sauvetage.
A .l'instigation du président du Conseil
(peut-être même du Président de la Ré-
publique). du ministre des finances en
tout cas, le gouverneur de la Banque de
France réunit les représentants des éta-
blissemenls de crédit et leur demanda
d'entreprendre la reconstruction. Uii.
Le Numéro quotidien VINGT CENTIMES EN FRANCE
Vendredi 1a Février 1922
Gaston CALMETTE
Directeur (iqoz-igi4)
BÉDACTION ADMINISTRATION
26, Bue Drouot, Paris (9« Arr') •
Secrétaire général EDOUARD CALMETTE
H. DE VILLEMESSANT
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Rédacte'ui en chef LOUIS LATZARUS
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On s'abonne doits tous les bureaux de poste
>1 de France et d'Algérie
Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me'moquant des sots, bravant les méchants, je me presse
de rire de tout. de peur d'être obligé d'en pleurer; » (BEAUMARCHAIS).
les marchands
dans le Temple
Il est impossible que les lecteurs du
Figaro soient maintenus dans l'ignoran-
ce de l'événement qui se prépare
M. Coty, .parfumeur, prendra, le 28 fé-
ivrier, possession de ce journal.
Je demande à exposer en quoi et pour-
quoi cette opération me semble immo-
rale d'abord, illégale aussi.
Le dirai-je ? Avant de saisir ma plu-
me, j'ai hésité.
J'ai hésité plus longtemps peut-être
qu'il n'est permis à un honnête homme.
Trop de voix, même amies, me chu-
chotaient le Silence aux pauvres qui,
d'indignation, faisait frémir Lamennais.
J'ai failli, je m'en accuse, écouter leurs
prudents conseils. Le Devoir a parfois
un effrayant visage. De jeunes êtres me
font cortège dans la vie. On me forçait
aisément de penser à eux.
Mais n'est pas digne de tenir une plu-
me celui qui ne sait pas la briser au
service de sa foi.
J'écris donc cet article, quitte à ap-
prendre plus tard ce qu'il me coûtera.
Si je lève les yeux, je vois le portrait de
Calmette, qui m'a transmis la leçon du
courage.. Une autre ombre, obscure et
chère, se penche sur mon épaule
Ne fais pas de bassesses, mon en-
fant 1
Jesuis- obligé, pour me faire entendre
clairement, de prendre les choses d'un
peu haut.
VoUà cinq ans environ que M: Coty
s'est mis en tête d'acheter Je Figaro.
Pourquoi ? Pour lui rendre, dit-il, son
éclat. M. Coty, parfumeur, estime que
le Figaro a perdu son éclat.. M. Coty,
parfumeur, estime que son devoir est
de régénérer (sic) le Figaro. Dans ce
dessein, il n'a pas hésité à dépenser plu-
sieurs millions huit, disent les uns
dix, à en croire les autres. M. Coty a, en
effet, beaucoup d'argent.
Le capital du Figaro est composé de
19.200 actions, lesquelles, au taux actuel
de l'argent, valent environ 500 francs
l'une pour un acheteur ordinaire. M. Co-
ty a payé un grand nombre des siennes
i.000 francs, 1.100 francs, 1.300 francs
même. Ainsi est-il arrivé à. en rassem-
bler neuf mille environ, ce qui lui assure
la majorité à la prochaine assemblée gé-
nérale. En effet, le nombre des actions
représentées ne dépasse jamais, ou
presque jamais, 15.000.
Le voilà donc maître, par son argent,
de ce journal. Allons-nous le voir, .le
ier mars, entrer publiquement dans la
maison et y exercer, au su de tous, un
pouvoir si chèrement payé ? Non. Vous
ne verrez pas son nom dans la nian-
chette: Vous ne le lirez pas sur la liste
des administrateurs. Il sera tout, et ne
paraîtra rien.
C'est ce qui m'effraie.
Je consens à ce que M. Coty dirige le
Figaro. Mais à une condition c'est qu'il
l'avoue. C'est même qu'il le proclame.
Un journal n'est pas une maison de com-
merce ordinaire. Il m'importe peu que
l'épicier ou le parfumeur dont j'achète
les denrées soit affublé de tel ou tel
nom. Mais si. ce fournisseur veut deve-
nir mon directeur de conscience, j'ai
le droit de lui demander qui il est, quels
sont ses talents, et quelles sont ses ver-
tus. J'ai le droit. impérieux de savoir son
nom. Coty directeur du Figaro ? Soit.
Mais qu'on dise alors le Figaro de Coty,
comme on dit l'Or de Coty.
M. Prestat dirige actuellement le Fi-
garo comme président du Conseil d'ad-
ministration. Je sais, tout le monde sait
qui il est, et pourquoi il est ici. Ancien'
magistrat, appelé au Figaro par Vitle-
messant, beau-père de Gaston Calmette.
Se caohe-t-il ? A-t-il des prête-noms ?
Nullement. Pourquoi M. Coty agit-il
d'autre sorte, et d'où lui vient cette sur-
prenante humilité ? J'allais écrire d'où
lui vient cette peur ?
Je vous, le dirai. M. Coty n'ose pas pro-
clamer -qu'il dirigera le Figaro parce
qu'il sait'bien que rien, sauf l'argent,
ne le qualifie parce qu'il sait bien que
le public se révoltera en apprenant qu'il
a suffi à un illettré de vendre pendant
un certain nombre d'années des petits
flacons pour s'emparer d'un journal et
prétendre exercer un magistère sur l'o-
pinion.
Ce n'est pas tout. M. Coty n'ose pas
proclamer qu'il dirigera le Figaro parce
qu'alors oh lui demandera compté de
ses opinions, et on exigera qu'il nomme
ses garants. Que savons-nous de lui,
sous le rapport politique ? Ceci qu'il
s'est présenté aux élections sénatoriales
de la Corse comme radical-socialiste.
J'ai sous les yeux une lettre où un dé-
puté prône et défend la candidature de
M. Coty. Ce député est M. Caïtucoli.
Je le demande est-il digne, juste et
moral. que ce journal tombe dans les
mains unies de M. Coty et de M. Caï-
tucoli ?
'̃ ̃
Je ne sais quel dessein politique est
caché sous cette entreprise. Et c'est
pourquoi je suis inquiet. Je suis inquiet
comme le fut, avant moi, M. Alfred Ca-
pus. Laissez-moi vous montrer un ex-
trait du procès-verbal de la .séance que
tint le Conseil d'administration du Fi-
garo le 5 novembre 1917. A'ce moment
déjà, je vous l'ai dit, M. Coty prétendait
s'emparer du Figaro. Il avait écrit une
lettre pour exposer ses exigences et ses
désirs. Le Conseil en reçoit lecture, et
M. Alfred Capus prend la parole
M. Alfred Capus je cite le procès-verbal
proteste contre les termes et le ton gé-
néral de la note de M. Coty, qui témoigne
de la complète méconnaissance de ce qu'est
et représente le Figaro' dans la presse fran-
cuise.
Il s'exprime avêc^vigïïèiïr sur le fait que
M, Coty érnet des critiques sur la façon dont
le, Tigardl ̃'est. rédigé: et pr.éseri té, sans tenir
aucun compte de situation actuelle et des
restrictions qui sont imposées par l'état de
guerre que nous subissons depuis trois ans.
Il fait remarquer la licite extrême de M.
Coty à vouloir s'emparer du Figaro immé-
diatement et sans attendre le retour de la
paix, qui pourrait être interprétée comme
une tentative pour changer la politique du
Figaro pendant la guerre. « Telle serait cer-
tainement l'opinion générale du public,
ajoute M. Capus, si le coup de force projeté
et exécuté à coups de millions réussissait. »
Cette opinion apparaît à M. Capus d'au-
tant plus fondée qu'il a reçu directement de
M. T. l'offre de rester rédacteur en chef
du Figaro à la condition d'abandonner la
rédaction politique du journal, de renoncer
aux éditonaux et de se borner à rédiger des
chroniques du Courrier de Paris. M. T.
d'ailteurs, avait renoncé lui-même à ce pro-
jet dans une seconde conversation avec
M. Capus.
M. Capus ajoute que dans ces conditions,
et tant que cette question de la politique du
Figaro ne sera pas éclaircie, si le conseil
accueillait M. Coty parmi ses membres, 'il
ne consentirait pas un instant à rester à la
tête du journal.
M. Capus trouve en outre que le program-
me purement professionnel exposé par M.
Coty est li l'envers des intérêts et du but
élevé du Kjgaro et lui enlèverait- immé-
diatement sa personnalité dans la grande
presse française.
Ainsi, tant du point de vue politique
que du point de' vue professionnel, M.
Coty paraissait inquiétant et dangereux
à M. Alfred Capus. Je comprends cela.
Or, à ce moment, M. Coty prétendait se
montrer, et .manifester avec évidence
une autorité personnelle. Combien les
inquiétudes de 'M. Capus eussent été
plus vives si, comme aujourd'hui, M. Co-
ty avait voulu exercer, dans la coulisse,
un pouvoir occulte •̃
Pouvoir que d'ailleurs la loi interdit.
Lorsque, en 1914, la société en comman-
dite du Figaro fut transformée en socié-
té anonyme, les rédacteurs des nouveaux
statuts ne manquèrent 'pas de prévoir le
cas où, comme dit M.. Chariles Maurras,
«un homme qualifié par sa seule ri-
chesse » voudrait s'emparer du Figaro.
Ils eurent donc soin de stipuler qu'au-
cun actionnaire, .quel que fût le nombre
de .ses actions, ne pourrait disposer de
plus de quarante voix. Comment M.,Co-
ty pourra-t-il donc chasser, à la prochai-
ne assemblée générale, les administra-
teurs du Figaro actuels ? Parce qu'il a
tourné la loi. Parce qu'il a divisé entre
divers prête-noms et hommes de paille
les 9.000 titres environ qu'il possède. Ils
viendront. Certains portent des. noms
connus. Certains autres sont parés de
titres, de décorations et d'uniformes. Je
demande à les rassembler et à leur dire
Etiez-vous des amis de M. Coty il
y a quinze ans, quand il n'avait pas d'ar-
gent ? Seriez-vous aujourd'hui autour
de lui s'il n'en avait pas ?
Je sais ce qu'ils répondront. Ils y sont
bien forcés Ils diront
Nous sommes de vrais actionnaires.
Voici nos titres. Voici nos bordereaux
signés chez l'agent de change.
Car je pense bien 'que toutes les pré-
cautions ont été prises. Je suis, sûr que
tout est régulier, correct, indiscutable.
C'est -si facile Une signature sur une
feuille, et M. Coty est sûr de pouvoir,
quand le temps sera venu, reprendre au
bon serviteur les actions qu'il lui a con-
fiées.
Il fut un temps où il était moins pru-
dent. C'était encore en 1917. A
cette époque, et précisément le 4 novem-
bre, il écrivait aux administrateurs du
Figaro
« .De même, il m'est très facile de
prouver que f achète Icè actions du Fi-
garo DE MES PROPRES DENIERS, les Ol'igi-
nes et l'importance de ma fortune étant
de notoriété publique. A cet égard aussi,
je suis libre de toute influencé puisque
je n'ai ni associé ni commanditaire dans
mes affaires, dont la réussite rapide est
connue dans toutes, les parties du
monde. »
Le jeu a maintenant changé. M. Coty
se fait fort de prouver qu'il. n'a jamais
acheté aucune action de ses propres de-
niers. 11 n'est qu'un membre anodin et
obscur d'un « consortium ». Sans doute
chez lui se tiennent chaque jour des
conciliabules. Sans doute il engage ce-
lui-ci, repousse celui-là, dresse des lis-
tes et des plans, expose ses projets, dis-
tribue les postes, et déjà rassemble au-
tour de lui toute une rédaction. Mais il
n'est rien, ni personne. Que lui repro-
chez-vous t Et quel juge osera pronon-
cer qu'il manque à la loi et viole nos sta-
tuts ? Voici des papiers bien en règle.
Tout est bien, et c'est quelque domesti-
que qui nous préviendra, mes amis et
moi, le soir du 28 février, que nous de-
vons quitter la maison.
M. Coty avait d'abord /pensé, comme
un de ses confidents l'écrivit, à faire
« maison nette ». Et puis il a pensé que
mettre à la fois quarante journalistes
dans la rue était une opération un peu
trop bruyante. v,Et il a, pour chercher le
silence, quelques raisons de plus que
celles que j'ai dites. Donc, pour le mo-
ment, il se bornera à ordonner trois ex-
pulsions. La mienne. Celle de mon ami
Jacques Roujon, dont nos lecteurs ont
pu mesurer quotidiennement .le coura-
ge et le talent. Celle enfin de mon cher
François Poncetton. Je sais ce qu'on me
reproche. Je sais ce qu'on reproche, à
Jacques Roujon, qui a eu le tort d'être
trop méprisant pour les patrons politi-
ques de M. Coty. Je me sais pas ce qu'on
reproche à François Poncetton, sinon
peut-être d'avoir tenu dans ses bras Cal-
mette agonisant, et de lui avoir donné
les premiers soins.
Nous partirons. Un ardent et noble `
jeune homme nous aura précédés
Edouard Calmette qui, dans quelques
jours, sera doublement orphelin.
Louis Latzarus,
AJU JOUR LE JOUR
~j
Contribution à l'étude
des contributions `
J'ai rencontré Bernard Pallandrou, le
peintre positivement, il crachait le feu.
D'ordinaire, c'est un garçon placide qui pro-
mèn'e dans l'existence une quarantaine- as-
sagie. 11 a fallu des collecteurs d'impôt
,pour le mettre hors de soi.
Je sors de chez le contrôleur des contri-
butions. Tu n'imaginerais pas ce qu'il m'a
raconté. Il veut me taxer d'office!
Il croisait les bras et secouait la tête;
j'eus le tort de sourire.
Naturellement! tu penses que j'ai fait
une déclaration fantaisiste et que le fonc-
tionnaire n'en a pas été dupe? Je ne joue
pas avec le fisc et ne gagne pas assez d'ar-
gent pour dissimuler mes revenus. Mais
mon histoire est exemplaire. Ecoute! J'ha-
bite, depuis'dix ans, un atelier et trois piè-
ces, ce qui est juste suffisant pour mes trois
enfants, ma 'femme et moi. Je payais trois
mille francs de loyer, mais le propriétaire,
l'an dernier,m'a augmenté; actuellement, je
paie cinq mille; quand il m'a proposé, si je
puis dire, cette augmentation, j'ai long-
temps hésité à l'accepter, mais quoi? il n'y
a pas dans tout Paris nn atelier libre, mon
installation ailleurs, si tant est que j'eusse
trouvé nh local, m'aurait coûté les yeux de
la tête, et il est certain que j'aurais payé au
moins aussi cher où que ce fût. Contraint
et forcé, j'ai signé nu bail. Mon loyer me
ruine, mais enfin j'ai un abri pour travail-
ler et ma famille ne couche pas sous les
ponts. Or, bon an mal" an, je gagne vingt
mille francs, c'est-à-dire que je ne peux pas
faire de folies et qu'on se prive plutôt à la
maison! Ma femme retape ses robes, mar-
chande la blanquette de veau, et habitue les
gosses à l'économie. Je gagne vingt mille
francs par an, dis-je, et c'est' encore une
chance, car,, parle temps qui court, les
mécènes ne fout pas la queue aux portes dès
ateliers si mon marchand de tableaux n'a-
vait pas un peu confiance en moi, je ne sais
pas trop ce que nous ferions. J'ai donc
loyalement déclaré mes ressources à mon
contrôleur, mais il m'a convoqué et m'a ac-
cueilli avec un sourire
» Vous allez fort, m'a-t-'il dit vous dé-
clarez un revenu qui ne s'équilibre pas du
tout avec le chiffre de votre loyer.
» Eu effet, monsieur, lui dis-je, mon
loyer m'accable, mais pouvez-vous me don-
ner un moyen d'échapper à ce fardeau finan-
cier ? J'en suis réduit à lésiner sur tout pour v
payer mon propriétaire.
» Vous comprenez bien que çà ne prend
pas! Quand on gagne vingt mille francs-
par an, 'on n'a pas cinq mille' francs de
loyer.' "r
» On- n'a pas, est fort joli à dire mais je
suis lié; la crise des logements m'oblige à
demeurer où je suis, et je chercherais vaine-
ment un atelier et de quoi loger ma famille à
meilleur marché.
» Je sais très bien tout ce que vous allez
me dire, mais je vais être obligé. de vous.
taxer d'office. Pouvez-vous me prouver par
une comptabilité en règle que vos ressour-
ces s'élèvent tout juste à vingt mille francs ?
» Une comptabilité? mais je n'en tiens
aucune je vis au jour le jour; quand mes
ressources sont épuisées, je vais taper mou
marchand, et Dieu sait, de ce"côté-tà, oit en
sont mes comptes quant aux amateurs qui
emportent une toile sous leur bras, il n'en
vient pas trois par an.
» Oui! Vous comprenez que c'est trop
facile! Vous touchez de l'argent qui ne laisse
aucune trace, et vous espérez que je vais me
contenter de votre déclaration.
» Alors je me suis mis en colère. J'ai affir-
mé ma bonne foi. J'ai conseillé à ce comp-
table de faire une enquête dans le quartier
pour savoir ce que je mangeais, il -à haussé
les épaules
» Nous n'avons pas de temps à perdre.
Je n'ai qu'un élément d'appréciation, c'est
votre loyer en estimant; avec la pliis- gran-
de indulgence, qu'il atteint le sixième de
vos revenus, c'est tout ce que puis faire. Je
vais vous taxer sur un revenu de trente mille
francs, et gardez-moi de la gratitude de ne
pas considérer votre déclaration comme frau-
duleuse.
» Qu'est-ce que je vais devenir? Cinq
mille francs de loyer et trois mille francs
d'impôts environ, sans parler de l'assuran-
ce et de mes frais toiles, couleurs, modè-
les, etc., tu vois ce qui me reste pour vivre
et faire vivre les miens. Je ne demande pas
mieux de payer mon dû, mais pas plus, et
quand je vois un tas de gens qui roulent le
fisc -et se jouent de tous les contrôles, je te
jure que je suis tout prêt à. »
-Mais il versait dans l'anarchie, et c'est r
vainement que j'ai tenté de le calmer.
Les temps sont durs pour les artistes, et
nous vivons à une époque où, hélas nous
comptons bien peu.
Robert Dieudonné.
M. Sarraut fait ses adieux
à la Maison Blanche "1
Washington, 9 février. M. Sarrautv
accompagné de M. Jusserand, a fait sa
visite d'adieu à la. Maison Blanche.
L'état de siège est maintenu à Gleiwitz
Varsovie, 9 février. Le général
Brand, commandant français de la ville
de Gleiwitz, a déclaré aux représentants
des organisations politiques et profes-
sionnelles allemandes que, vu les der-
niers événements, il était impossible
de donner suite à leur demande de le-
ver l'état de siège. '•̃)
La consolation des dettes alliées
AUX ETATS-UNIS
Washington. 9 février. Le Prési-' ,1
dent Harding a signé la loi de consoli-
dation des dettes alliées^
ECHOS
Progrès.
On ouvre l'indicateur du chemin de
fer et l'on voit, par exemple, que, par-
tant de Caen à midi 56, on peut être à
Paris à 5 h. 38.
On s'émerveille. Tout de même, c'est
beau, le progrès Caen-Paris en .4 h. 42
minutes. Ah si nos pères- avaient vu ça
Nos pères ? En feuilletant le Moniteur
d'août 185£, on trouve l'annonce sui-
vante
« Bains de Luc-sur-Mer, près Caen.
Trajet Paris-Caen en 5 heures. »
Il y a 64 ans de cela.
Progrès un peu plus de 16 secondes
par an. ̃
PETITE HISTOIRE
Xe millionnaire embarrassé
Un négociant anglais s'en était allé en
Autriche pour y faire quelques achats. Daus
ce dessein et sur son ordre, une banque de,
Londres avait transféré à une banque de
Vienne 250 livres sterling qui, vendues, se
transmuèrent en papier.
Au guichet des couronnes, le caissier pré-
vint sou client
Je n'ai plus qu'un certain nombre de
billets de 10.000, dit-il pour le reste, je
vous donnerai des coupures de 1.000.
Soit
On compta.
Les 250 livres valant environ dix millions
de couronnes, le négociant dut recevoir
vingt kilogrammes de vignettes. Il protesta,
mais rien n'y fit. Il lui fallut se procurer
de solides ficelles et empaqueta sa fortune
comme des vieux journaux. On le; vit acca-
blé,, errant dans les rues de Vienne en quête
d'un marchand de malles. Il le trouva, prit
un fiacre et fut sauvé.
« La richesse pécuniaire n'est que relative,
a écrit J.-J. Rousseau, et selon des rapports
qui peuvent changer par mille causes, on
peut se trouver successivement riche ou pau-
vre avec la même somme. »
Sauvagines.
Le 27 février c'est une date consa-
crée se tiendra à Chalon-sur-Saône
la grande foire des sauvagines.
Chats, genettes, taupes, renards, mar-
tres, putois et loutres, et le peuple infor-
tuné des lapins y mêleront leurs dé-
pouilles. D'Angleterre, de Belgique, de
Suisse, d'Allemagne, les acheteurs vien-
̃dront ,ce jour-là, à. Chalon-sur-Saône,,
pour s'approvisionner dé fourrures
communes.
Et, l'hiver prochain, beaucoup de ces
pelleteries seront anoblies. Des loutres
se diront d'Hudson, des renards se se-
ront argentés aux rayons de la lune,
des martres s'appelleront zibelines.
Et combien de lapins qui, s'ils pou-
vaient se voir, seraient flattés des hautes
destinées promises à leur pelage
-a.
Depuis quelques années, on n'avait
pas vu d'oeuvres de Rodolphe d'Erlan-
ger. L'exposition de ses œuvres, qui
s'ouvre, aujourd'hui, à la Galerie Brun-
ner, rue Royale, nous montrera, l'excel-
lent orientaliste en pleine ascension de
son art ses brillants paysages de Tuni-
sie, ses portraits enlevés de verve, ses
types étudiés dans leur atmosphère, et
ses notes de nature, frémissantes par-
fois, seront un enchantement pour tous
les connaisseurs.
L'exposition restera ouverte jusqu'au
Il mars, et son succès, certainement,
fera sensation.
Le Masque de Fer.
5'
Après le Conclave
Lès intentions du Saint-Père
Rome, 9 février. Le Saint-Père a
renvoyé après le couronnement toute
délibération de quelque importance et
n'ayant pas un caractère d'urgence.
Par conséquent, il n'a pris aucune
disposition quant à l'administration de
l'archi-diocèse de Milan, qui reste en-
core sous sa juridiction personnelle. Il
ne semble pas qu'il ait l'intention de
modifier de si tôt cet état de choses.
Le Congrès eucharistique, qui était
fixé au 25 mai, sera très probablement
renvoyé à une date ultérieure, mais le
Pape n'a pris encore aucune décision
;à ce sujet. Certains journaux ont re-
icueilli le bruit que durant la cérémonie
du couronnement le Pape bénirait le
peuple du balcon. Ce bruit est dénué
de tout fondement. Le couronnement
'est, en effet, un rite liturgique qui s'ac-
complit conformément aux prescrip-
tions du Il Pontifical romain », qui ne
'prévoit pas de bénédiction à l'exté-
ï rieur. Au contraire, la première partie
de la cérémonie qui se déroule habituel-
lement dans l'atrium aura lieu cette
fois, à cause du froid, à l'intérieur, dans
la.|CliapeUe du Saint-Sacrement.
Le Couronnement
Rome, 9; février. On travaille acti-
vement à aménager la basilique de
Saint-Pierre pour la cérémonie du cou-
ronnement qui aura lieu dimanche pro-
chain.
La basilique sera ornée de grandes
draperies rouges et or.
On croit, dans certains milieux, que
le Pape sortira peut-être de l'églrse de
Saint-Pierre après son couronnement,
pour bénir le peuple sur la vaste place
qu'entoure la colonnade du- Bernin.
Il parait'que 200,000 personnes ont
demandé à assister aux fêtes du cou-
ronnement mais la basilique dcSaint-
Pierre n'en peut guère contenir plus de
50,000.
La cérémonie commencera à 8 h. 30
du matin.
M note française
sur la Conférence de Gênes
M. Poincaré s'efforce de mettre de
l'ordre et de la clarté dans la politique
française et même dans la politique eu-
ropéenne. On reconnaîtra, dans la note
envoyée par le Quai d'Orsay aux gou-
vernements alliés, l'esprit vigoureux,
sage et précis de notre président du
Conseil.
Avant de,se rendre à l'invitation lan-
cée dès le début de la folle Conférence
de Cannes, le gouvernement français a
le droit d'examiner si ses droits ne se-
ront pas compromis et ses intérêts me-
nacés. Voilà du réalisme et du meil-
leur.
Quant aux bolchevistes, il ne s'agit
pas de leur ménager un triomphe ils
devront accepter explicitement les prin-
cipes fondamentaux sans lesquels au-
cune collaboration n'est possible entre
peuples ou entre individus.
Le Matin publiait, hier, une étonnan-
te interview de Radek le représentant
des Soviets à Berlin, avec une impu-
dencc admirable, avertit les Français
qu'il devront envoyer en Russie des
milliards nouveaux s'ils veulent revoir
les anciens. Le joueur est invité à cou-
rir après son argent.
Radek traite les grandes questions eu-
ropéennes avec le bagout propre à ces
marchands de curiosités oui achètent
quelquefois de vieux meubles authenti-
ques mais n'en revendent jamais que
de faux ou de truqués. L'Europe n'est
pas encore le magasin de bric-à-brac
dont rêvent les gouvernants de Moscou,
et où les lerrailles, les tableaux, les ba-
huts et les vieux tapis sont entassés dans
la crasse.
Cette diplomatie, qui consiste à op-
poser la France à l'Angleterre, l'Angle-
terre à la France, l'Allemagne à l'An-
gleterre, l'Angleterre à la Pologne, etc.,
etc. est ingénue à force d'être canaille.
La politique et la chevelure de M. Ra-
dek ont besoin d'être démêlées et éclair-
cies.
La bande de malfaiteurs orientaux qui
règne sur l'ancien empire des tsars peut
se vanter de représenter un gouverne-
ment de fait, mais n'a pas le droit de
parler au nom de la Russie. Kameneff
se di't le représentant des travailleurs
russes, s'agite au nom de ces ouvriers,
de ces paysans que le bolchevisme a ré-
duits à la famine et à l'esclavage. Ra-.
dek n'hésite pas à affirmer ces tor-
tionnaires cultivent l'humour que
les moujiks de la République des So-
viets sont comparables aux farmers
américains i
Ce sont là des plaisanteries abjectes
dont les paysans de chez nous ne doi-
vent pas faire les frais.
Partout, sous des noms divers, géné-
ralement. rassurants et démocratiques
les imlpérialismes sont déchaînés. On
ne saurait prendre trop do précautions
pour sauvegarder les droits, du peuple
français. La note française sur la Con-
férence de Gênes vient bien à son heure.
Jacques Roujon.
Le pacte franco=anglais
et la Conférence de Gênes
Après avoir délibéré sur les explica-
tions que lui avait fournies, la veille, le
président du Conseil, relativement au
pacte franco-anglais et à la Conférence
de Gênes, la commission des affaires
étrangères de la Chambre a voté, hier,
le projet de résolution que voici
La commission des affaires étrangères de
la Chambre, après avoir entendu M. le pré-
sident du Conseil, ministre des affaires
étrangères, le remercie de sa communica-
tion complète et loyale, prend acte de sa
déclaration de laquelle il résulte qu'à son
avènement au pouvoirs il a trouvé accordée,
en ce qui concerne la Conférence de Gênes,
la signature de la France qui entend rester
fidèle à ses engagements.
La commission estime que la pacification
de l'Europe ne sera définitivement acquise
que par le rétablissement de relations éco-
nomiques normales entre les nations elle
prend acte de la ferme volonté du gouver-
nement de s'efforcer d'obtenir, avant de
coopérer à la Conférence de Gênes, l'adhé-
sion préalable aux conditions, et surtout aux
garanties assurant l'exécution de ces con-
ditions, garanties qui ne devraient pas seu-
lement faire l'objet d'un pacte entre les Al-
liés, mais devront être acceptées, avant tout
débat, par les autres membres de la Confé-
rence la commission, en conformité avec
le sentiment du pays, demande que les trai-
tés conclus après la guerre ne soient at-
teints ni dans leur texte ni dans leur subs-
tance par une novation quelconque elle ne
saurait accepter aucune diminution du traité
né d'une victoire qui a couronné une guerre
imposée et où des millions d'hommes sont
morts pour.la justice. Elle se demande com-
ment le respect de ces traités inscrit dans
l'ordre du jour peut se concilier avec cette
autre partie de l'ordre du jour qui annonce
à nouveau l'établissement de bases solides
de paix.
La commission s'étonne que la Société
des nations, qui, en deux années d'existen-
ce, a rendu de signalés services au monde,
qui a tenu l'importante Conférence de
Bruxelles, préparée par elle six mois du-
rant, tandis que celle-ci apparaît comme
'ayant fait l'objet d'une insuffisante prépa-
ration commune, qui a fourni par ses en-
quêtes l'état des ressources de l'Allemagne
et de l'Autriche, et qui a satisfait à la, paix
par le règlement du conflit de la Haute-Si-
lésie, soit tenue à l'écart, alors que, de par
le pacte, gardienne des traités, elle doit
prendre sa part du labeur international qui
se prépare.
La commission ne s'explique pas que les
républiques de l'Amérique latine n'aient pas
été convoquées à Gênes, où leur concours
serait précieux pour la reconstruction de
l'Europe,
La commission fait confiance au gouver-
nement. lui communique son opinion et
s'associe aux réserves qu'il a lui-même ex-
primées.
Le sihn-fcin
se réveiUè-f-H ?
Des dépêches d'Irlande nous ont' ap-
porté hier une nouvelle qui, à première
vue ne laissait pas d'être inquiétante..
Des détachements de sinn-feiners ont
pénétré sur le territoire des comtés de
Tyrone et de Fermanagh et ont capture
non sans combats et sans dommages de
part et d'autre un certain nombre d'oran-
gistes.
La police de l'Ulster étant entrée en
conflit avec les assaillants, il y a eu une
vingtaine de blessés, dont quelques-uns
grièvement. Les sinn-feiners ont d'ail-
leurs laissé -quelques-uns des teurs entre
les mains de la .police .ulslerienne, ainsi
que du matériel.
Cet événement coïncidant avec le vole^-
de la Chambre des lords, dans lequcrM.
Lloyd George obtint une majorité assez'
pénible de sept voix, pouvait être inter-
prété de bien des façons.
Aussi avons-nous eu soin de nous
éclairer auprès de la délégation irlan-'
'daise à Paris. En l'absence de M. O'Cal-
laigh, parti pour assister à la session
̃du Parlement irlandais, un de ses ctillu-1
borateurs habituels a bien voulu nous
donner les explications nécessaires.
Il ne faut, semble-t-il, voir rien çl'ofli-
ciel dans cette agression subite. Lê gou-
vernement irlandais n'y est pour rien.
Elle est tout simplement le fait d'orga-
nisations privées, composées, il est vrai,
de volontaires du sinn-fein, mais agis-
sant sans mandat et qui n'avaient, dans
la circonstance, d'autre but que de faire
des prisonniers parmi les 10rangist.es,
afin de les transformer en otages pour
réclamer ensuite en échange la libéra-
tion des prisonniers sinn-feiners que le
gouvernement de Belfast n'a pas encore
libérés, comme l'a fait l'Angleterre des
,0
siens.
Ceci pourrait paraître obscur àceux
qui ignorent la situation en Irlande. En
deux mots, la voici le nord de l'Irlan-
de, -qui constitue l'Ulster avec Belfast
comme capitale, est beaucoup plus an-
glicisé que le reste de l'Irlande et cons-
titue un Etat à ipart sous le gouverne-
ment de l'Angleterre.
Seuls de l'Ulster, les comtés de Tyro-
ne, de Fermanagh et à peu près la moi-
tié des comtés d'Armac et de Down vou-
draient être rattachés à .l'Irlande libre.
Inde iros.
De plus, les frontières ne sont pas ne(-
tement délimitées et il y a là matières à
chicanes continuelles. C'est (pourquoi,
tel qu'il est, l'Ulster ne peut vivre. Tôt,
ou tard, un modus vivendi devra être
adopté.
Mais l'incident d'hier n'est qu'une his-
toire de prisonniers.
Et quant à la dérisoire majorité de
M. Lloyd George à la Chambre des lords,
elle ne signifie rien du tout et on rie peut
l'interpréter de nu.Ho façon. Car sur 700
membres que compte la Chambre des
lords, il y en a tout juste 80 qui siègent
et qui votent.
D'ailleurs, un gouvernement t libéral l
en Angleterre a toujours eu la. Chambre
des lords contre lui. C'est, ce qui arrive'
aussi à M. Lloyd George. Mais cela n'a
pas grande signification.
Gardons-nous donc de nous échauffer.
Ch. Tardieu.
A propos d'une campagne
contre les Banques
Nous avons annoncé, avant-hier, dans
la rubrique financière, la défaillance de
la maison de banque Claude Lafontaine,
Prévost et Cie. Quelques démarches,
faites sans grande conviction d'ailleurs,
ayant démontré qu'on ne parviendrait
pas à réunir les concours nécessaires, la
Banque a déposé son bilan, hier.
On a dit, de divers côtés, que cet acci-
dent était la conséquence de la campa-
gne de dénigrement qui se poursuit, de-
puis quelque temps, contre l'ensemble
des Etablissements de crédit, mais il
semble bien qu'en réalité la cause en.
soit beaucoup moins mystérieuse. La
crise industrielle a gravement éprouvé
un certain nombre de clients impor-
tants dont la Banque escomptait le pa-
pier, et ses difficultés n'ont pas d'autre
origine.
Il est vrai qu'à d'autres époqués, on
aurait peut-être pu tenter de la tirer de
ce. mauvais pas, encore que la solidarité
des banques, dont on parle tant, ne
puisse être invoquée à tout bout de
champ pour venir en aide à toutes les
maisons, grandes ou petites, qui s'oc-
cupent d'affaires financières.
Je ne veux' pas rappeler de cuisants
souvenirs, mais n'oublions pas que,
même pendant les années relativement
heureuses qui ont précédé la guerre, on
a laissé sombrer bien des maisons aussi
importantes que celle dont il s'agit au-
jourd'hui. '•
Avant d'entreprendre un sauvetage,
il faut, en effet, examiner l'affaire du
point dé vue de l'intérêt général, n'in-
tervenir que si cet intérêt est en jeu, et,
dans ce cas, agir rapidement en com-
mun accord avec les pouvoirs publics
et avec leur appui le plus énergique.
Lorsque la Banque Industrielle de
Chine et la Société Centrale des Banques
de province se sont trouvées en difficul-
tés, il y a quatorze ou quinze mois, per-
sonne n'a paru douter que l'intérêt gé-
néral du pays exigeât leur sauvetage.
A .l'instigation du président du Conseil
(peut-être même du Président de la Ré-
publique). du ministre des finances en
tout cas, le gouverneur de la Banque de
France réunit les représentants des éta-
blissemenls de crédit et leur demanda
d'entreprendre la reconstruction. Uii.
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