Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1920-09-24
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 24 septembre 1920 24 septembre 1920
Description : 1920/09/24 (Numéro 267). 1920/09/24 (Numéro 267).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO VENDREDI 24 SEPTEMBRE 1920
autre. M. Millerand allait entrer en
contact avec le monde des affaires, -des
grandes affaires: avec la haute Banque,
avec les Chambres de Commerce; et il
ne pouvait se dissimuler que parmi
cette société, nouvelle pour lui, où l'in-
troduisait et l'installait en chef la politi-
tique, ses opinions étaient propres à
effrayer un peu.
M. Millerand, ministre bourgeois, dé-
clarait loyalement « Je suis socia-
liste. » II était même le premier mi-
nistre qui osât faire un aveu de cette
sorte. Et déjà les Chambres de com-
merce s'inquiétaient.
Elles furent vite rassurées.
Non que M. Millerand manifestât en
face d'elles.la moindre velléité de renon-
cer à aucune des opinions qu'il avait
jusqu'alors défendues (et auxquelles il
est resté fidèle); mais il pensait alors,
comme il le pense encore aujourd'hui,
qu'il est des programmes d'union, de
patriotique accord sur lesquels la plus
élémentaire raison commande aux hom-
mes de bonne volonté de se donner la
main.
Une" Exposition universelle à Paris,
c'était un endroit où dès Français n'a-
vaient plus le droit pendant six mois
de parler de politique. M. Millerand
se borna donc à parler aux hommes qui
l'entouraient, de l'Exposition et de
cela seulement; c'est à dire de leurs af-
faires, de leurs intérêts, des intérêts
du pays.
Et tout de suite il les conquit.
J'ai été fréquemment, à cette époque,
témoin de ces rencontres et de ces
conversations. Jamais ministre ne fut
entouré de plus de sympathies. Sympa-
thies étonnéés, qui semblaient en ce
monde prudent des affaires, hésiter un
peu, d'abord, et puis qui s'affirmaient
joyeusement après examen
Je me rappelle une conversation, sur-
tout, que j'eus l'honneur d'avoir quel-
ques mois après l'arrivée, au ministère,
de M. Millerand, avec Alfred Picard,
commissaire général de l'Exposition.
Alfred Picard était un républicain de
l'école de Léon Say. C'est dire que
l'avènement de M. Millerand ne l'avait
point rempli d'enthousiasme. Mais Al-
fred Picard était un homme de science,
curieux de s'instruire et ouvert à toutes
les expériences, pourvu qu'elles fussent
loyales et claires.
Il attendait donc, et regardait.
Je lui demandai un jour:
Eh bien, que pensez-vous de votre
nouveau chef?
Je suis ravi, dit-il.
Et il ajouta, en souriant:
J'ai pu, en huit ans, faire^des com-
paraisons intéressantes. J'ai eu onze
ministres du commerce tués sous moi.
Quelques-uns étaient, politiquement,
plus près de 'moi, certes, que celui-ci.
Cela m'est égal. C'est lui que je préfère.
Il comprend tout du premier coup,
n'oublie rien et ne laisse rien traîner.
L'affaire qu'il commence-, il la poursuit,
et il t'a termine.
En voyant à l'œuvre depuis huit mois
notre Président de demain, j'ai pensé
bien souvent au mot d'Alfred Picard. Il
date de vingt ans; et ce pourrait être
un mot d'hier. ou de tout à l'heure.
.̃ • ( ̃ ̃' Em. Bi
Le Journaliste"
Comme M. Poincaré, le nouveau Pré-
sident de la République a fait, très
jeune, ses débuts dans la presse judi-
ciaire. Il rédigea à la Justice de M. Cle-
menceau la chronique des tribunaux
.succédant à Georges Laguerre, devenu
député.
En 1888, M. Millerand fonda un jour-
nal La Voie où il combattit le boulan-
gisme.
En 1892, il devint rédacteur en chef
de la Petite République à laquelle il col-
laborait depuis que ce journal était de-
venu l'organe de la gauche socialiste
parlementaire.
Enfin, après le discours de Saint-
Mandé, il passait à la Lanterne dont il
prenait la direction avec MM. Viviani
et Briand pour collaborateurs.
M. Millerand est membre de plusieurs
associations professionnelles de presse,
notamment de l'Association de la presse
judiciaire et de l'Association des jour-
nalistes républicains.
Membre de l'Institut
Comme ses prédécesseurs MM. Poin-
caré et Deschanel, M. Millerand est
membre de l'Institut de France.
11 appartient depuis près de deux ans
à l'Académie des sciences morales et
politiques, qui l'élut le 21 décembre
1918 au fauteuil du regretté Sabatier
dans sa section de législation, droit pu-
blic et jurisprudence.
Cette élection d'ailleurs, ne se fit pas
'd'emblée. Il y eut deux tours de scru-.
tin. v
M. Millerand avait trois concurrents:
M. Henry Berthelemy et M. Joseph Bar-
thélémy, tous deux professeurs à la
Faculté de droit de Paris, et M. Charles
Dupuis, sous-secrétaire à l'Ecole des
sciences politiques.
Au premier tour, M. Millerand n'ob-
tint pas la majorité de quinze voix qui
devait assurer son élection, mais il
passa au second tour par dix-neuf voix
contre six à M. Henri Berthelemy.
L'Académie des sciences morales fit
à celui qu'elle avait ainsi mis en ballot-
tage un accueil vraiment chaleureux
lorsque son élu vint prendre séance, et
l'éminent homme d'Etat fut salué à son
entrée dans la salle oû la Compagnie l'at-
tendait par une tempête d'applaudisse-
ments si violents queM. Lyon-Caen, qui,
selon l'usage, introduisait le récipien-
daire eu le tenant par la main, lâcha
prise quelques secondes.
C'est libéré de l'étreinte du secrétaire
perpétuel que le nouvel académicien en-
tendit l'es deux mots de bienvenue pro-
noncés par le président, s'inclina sans
mot dire, selon la tradition, et s'assit au
milieu de ses confrères.
Mais ceux-ci aussitôt se levèrent, l'en-
tourèrent et le félicitèrent tous, et M.
Millerand en parut singulièrement ému.
Depuis lors, il n'a presque pas manqué
une séance de son académie. Il y a
choisi une place proche du bureau, à la
droite de M. Lyon-Caen, et d'où il écoute
attentivement toutes les communica-
tions.
Il est certain qu'avant la fin de l'an-
née, M. Millerand viendra siéger encore
à l'Académie des sciences morales et
politiques. `
M. Pierre de La Gorce, président de la
Compagnie, le saluera d'une allocution
qui sera la suite de l'adresse de félicita-
tions que ses confrères lui auront en-
voyée et cette fois, les traditions ne s'y
opposant pas, M. Millerand répondra.
Ch.D.
M. Millerand intime
M. Millerand n'aime pas beaucoup
qu'on parle de lui. Il redoute le zèle des
gazetiers. Dans l'exercice de ses fonc-
tions publiques, il accorde peu d'inter-
views et sans aucun doute il aurait pré-
féré qu'il ne fût jamais question de sa
vie privée. Mais son élection excusera,
même à ses yeux, certaines indiscré-
tions.
Le nouveau Président a des goûts
simples le goût du travail et de l'inti-
mité du foyer.
Marié, il a quatre enfants deux fils,
MM. Jean et Jacques Millerand, âgés de
vingt etunansetdeseizeans; deux filles,
Mlles Alice et Marthe Millerand, qui ont
l'une dix-huit ans, l'autre dix ans. M.
Millerand est un bon citoyen. Mais peu
d'hommes, semble-t-il,ont à un plus haut
degré que lui le sentiment de la famille.
Tous ceux qui ont accompagné M. Mille-
rànd dans ses voyages officiels savent
qu'il ne s'est jamais absenté, fût-ce pour
vingt-quatre, heures, sans emporter avec
lui la photographie de safemme et de ses
enfants. Le premier soin de son valet de
chambre, quand il était arrivé à l'étape,
était de placer sur la cheminée de la
chambre réservée au ministre ou au
président le cadre pliant dans lequel
étaient réunies les cinq images chères.
M. Millerand, alors ministre des tra-
vaux publics, se rendit en 1910 à Berne
pour y représenter la France aux fêtes
de l'Union postale. Il arriva dans la
nuit. Le lendemain matin, à neuf heu-
res, les envoyés spéciaux des journaux
français étaient rassemblés dans l'e hall
de l'hôtel, attendant l'apparition du mi-
nistre. Mais on vint les avertir que M.
Millerand était déjà sorti. Il était allé
acheter quelques jouets pour ses en-
fants.
Pendant l'été, M. Millerand habite
Versailles., Tous les jours, lorsque le
temps le permet, il se promène avec sa
famille et ses trois chiens Rip, un fox
qu'il a adopté; Castor, un berger de la
Brie, et Roudzy, un petit bruxellois qu'il
a rapporté de la Conférence.
Le soir, M. Millerand qui est de pre-
mière force aux dominos, y joue avec
ses enfants. Et ce n'est pas toujours lui
qui gagne.
Quand il emprunte le réseau de l'Etat
dans ses déplacements officiels, on peut
être assuré qu'au retour il descendra
non pas à Paris, mais à Versailles. Il
quitte le train pour aller embrasser sa
famille. Puis aussitôt il se rend au mi-
nistère en automobile.
Le nouveau Président est un travail-
leur acharné. Il est tous les matins, à
huit heures et demie dans son cabinet.
Pour éviter toute perte de temps, il ne
fait que deux repas par jour: un, le ma-
tin, substantiel (poisson, légume, un
fruit), l'autre, la journée terminée. A
une heure de l'après-midi, une tasse de'
thé, et c'est tout.
De huit heures et demie à sept heures
du soir, il reçoit, étudie les questions
qu'il aura à résoudre, travaille avec ses
collaborateurs sans interruption.
A dix heures et demie, il est cou-
ché. Le Président a un très bon som-
meil.
Lorsqu'il voyage (à moins qu'il ne s'a-
gisse d'une excursion), M. Millerand ne
s'attarde pas à regarder le paysage. Il
travaille. Il s'enferme dans un wagon
avec son chef de cabinet. On ouvre les
dossiers sur la banquette-- et M. Mille-
rand oublie où il se trouvepourse croire
encore dans son cabinet de travail.
Ceux à qui M. Millerand a fait l'hon-
neur de les choisir pour collaborer avec
lui,h'ignorentpas qu'il nes'agitpasd'une
sinécure. Le «patron», commeils l'appel-
lent, est exigeant. Il faut qu'ils soient
exacts et laborieux. Ils lui sont, cepen-
dant, profondément attachés. Ils lui dnt
montré un dévouement à toute épreuve,
comme M. Raoul Persil, qui n'a quitté
M. Millerand qu'il y a quelques mois,
parce qu'il venait d'être lui-même élu
député; et M. Bompard. M. Jean Mille-
rand, le fils aîné du Président, s'estjoint
à eux, dès son retour du front. Comme
secrétaire particulier, il a prêté à son
père le concours le plus actif au com-
missariat général de Strasbourg et, plus
récemment, à la présidence du Conseil.
M. Millerand est aimé de ses collabo-
rateurs parce qu'il sait jeur rendre le
travail aimable. Il se dégage de la mé-
thode qu'il emploie une sorte de quié-
tude. Ils ont chacun leur tâche et cette
tâche est exactement distribuée dans le
temps. Ils n'ont à craindre aucune ner-
vosité. Le ministre d'hier est un homme
d'humeur égale.
D'aspect bourru, il est cordial et af-
fectueux.
Il est simple et déteste le protocole.
Quand il reçoit, il possède l'art de mettre
tout de suite son hôte à l'aise. Il rit, aux
anecdotes qu'il écoute, d'un rire bon
enfant.
11 apportera à l'Elysée cette bonhomie
qui estle fond même de son caractère. Il
aura à ses côtés, pour faire avec lui les
honneurs de la Présidence, une femme
qui, par son élégance naturelle, sa haute
culture et sa grâce ajoutera encore à
l'éclat des réceptions officielles.
Mme Millerand est une maîtresse de
maison accomplie. Nulle mieux qu'elle
ne sait accueillir; laissant à son mari le
soin de recevoir les invités de marque,
elle trouve, dans les ressources de sa
bienveillance, les phrases qui vont au
cœur de ceux que la hiérarchie parais-
sait avoir isolés tout d'abord.
#
M. Millerand, à l'Elysée, devra re-
noncer à quelques-unes de ses habitu-
des. Il devra donner îles dîners, ce qui
l'obligera à modifier ses menus. Car il
est d'une extrême sobriété. Il ne mange
presque jamais de viande. Il ne boit que
très rarement du vin.
Pour l'honorer, la chambre de com-
merce de Marseille lui avait offert un
jour un déjeuner, où il n'y avait que des
plats de viande. M. Millerand ne laissa
rien paraître de sa déconvenue. Il fut
beau joueur. Il s'en tira en disant qu' «il
n'avait pas beaucoup d'appétit ».
Le Président ne fume pas. Il ne prend
jamais de liqueurs. Du café, cependant.
M. Millerand n'est pas chasseur. 11
a horreur de la chasse. Il ne pêche pas
non plus. Il ne joue pas au golf. Les seuls
sports auxquels il se livre sont le foot-
ing et l'automobile. Cependant il ne
conduit pas. Il ignore le billard, le bridge
et en général tous les jeux de cartes.
Mais il aime beaucoup la musique. Il
était avant la guerre un habitué des
grands concerts.
S'il va rarementau théâtre, c'estpres-
que toujours dans les théâtres subven-
tionnés qu'on le rencontre aux Fran-
çais, car il a un goût marqué pour le
classique, pour Molière surtout; à l'O-
péra, où il entend de préférence Faust
ou la Damnation; à l'Opéra-Comique.
Ses enfants se souviennent d'être allés,
une fois, avec lui, voir Arsène Lupin, â
la création.
D'ailleurs, il ne se rend au théâtre
qu'en famille.
Le Président connaît l'allemand, mais
il n'a pas encore appris l'anglais.
Puisque la danse est à l'ordre du jour
et qu'il y avait autrefois des bals, au
palais de l'Elysée M. Jean Millerand
ne danse pas;. Mlle Alice, Millerand
danse et très bien.
Un dernier mot M. Millerand garde
longtemps ses domestiques. Son valet
de chambre, Auguste, est à son service
depuis. mais M. Auguste lui-même a
oublié la date de son entrée en fonc-
tion.
Maxime Girard.
L'Election et l'Opinion
Dans les Annales, M. Louis Barthou
donne ces avis à M. Millerand
Et, surtout, exercez tous vos pouvoirs
constitutionnels. Il ne sont ni aussi vagues
ni aussi vains qu'on se plaît à le dire. Ceux
du roi d'Angleterre sont moindres. On est,
dans une grande mesure, le président de la
République que l'on veut être. Depuis M.
Carnot, je les ai tous, sauf M. Loubet, vus à
l'œuvro au Conseil des ministres. Chacun
avait sa manière, et je ne dis pas que toutes
ces manières fussent également bonnes
mais l'abstention où glissait l'indolence de
celui-ci ou la prudence de colui-ià était une
attitude personnelle, elle n'était pas un de-
voir constitutionnel. Quand le président de
la République sait et veut parler, il est en*
tendu. M. Casimir-Perier savait parler, etse'-j
faire entendre mais il se lassa trop vite
d'une fonction dont il n'avait pas voulu et
qui le prit contraint, mécontent et irrité.
Pendant quelque temps, sa méthode fut
excellente. Il présidait. Sa démission fut un
coup de tête, qu'aggrava son silence. Plus
tard, et quoi qu'on en ait dit, il invoqua
moins l'insuffisance de ses droits constitu-
tionnels que la mauvaise volonté de certains
ministres à les reconnaître.
Tout est dans la manière. Ayez la vôtre,
Monsieur le Président, ferme et souple, large
et franche, uniquement inspirée des intérêts
de la France et de la RéDublique indissolu-
blement unies, et recevez, pour la dure tâche
qui vous incombe, les vœux respectueux
d'un Français républicain.
Du Journal des Débats
Les Chambres, nommées si récemment
encore et tout inspirées de la volonté du
pays, ont été droit a la solution qui leur pa-
raissait le plus conforme au vœu de tous
elles ont désigné M. Milleraud qui, après
avoir défini, le 7 novembre 1919, la politi-
que nationale, l'a mise en pratique au gou-
vernement depuis huit mois.
De M. Léon Bailby, dans l'Intransi-
geant
M. Millerand a été, on peut le dire, poussé
par les épaules et installé à la Présidence par
l'opinion publique. Ce mouvement, que per-
sonne n'aurait prédit il ya six mois, a été
spontané et irrésistible. Il est fâcheux qu'au
Parlement un certain clan n'ait pas compris
cette indication. Il n'est pas indifférent, à
l'heure actuelle, que le prestige du premier
des dirigeants de la France soit considérable
dehors. Il suffisait, pour se rallier sans ré-
serve à la candidature Millerand, d'obéir au
sens national et d'oublier la politique de
parti qui nous a fait tant de mal avant la
guerre.
Quoi qu'il en soit, le nouvel élu jouit, dès
son entrée en fonctions, d'un long crédit.
Le Petit Parisien
M. Millerand est Président de la Républi-
que. Le voici chargé, par les élus de la na-
tion, de nouveaux devoirs dont il a, par
avance, comme le lui a dit M. Lhopiteau,
mesuré l'étendue. Ceux qui l'ont vu à la tâ-
che dans le sillon savent quels espoirs la
France peut mettre en lui. Là où il sème, le
grain lève.
L'Eclair (M. Emile Buré)
La politique d'union nationale acclamée
hier à Versailles, doit être celle du gouver-
nement de demain. Les avenues du pouvoir
sont certainement fort encombrées, mais
avant affirmé clairement et nettement ses
idées qui sont celles de la majorité des Fran->
çais, M. Millerand ne doit pas être embar-
rassé pour faire un choix judicieux parmi
ceux qui s'offrent à les réaliser.
L'Echo de Paris (M. C. Garapon)
Cette élection est, en même temps que la
juste récompense personnelle des services
rendus au pays, une grande et belle mani-
festation française. Les polémiques, les dé-.
saccords de la veille disparaissent.
L'Humanité {M. Marcel Cachin)
II a donné des gages au Capital à l'assaut
duquel il nous menait hier vigoureusement.
Il est devenu l'homme du Vatican, de l'Eglise
catholique de la contre-révolution euro-
péenne. Il a piétiné les croyances de toute
sa vie.
Il est à l'Elysée soit L'immoralité tran-
quille de son reniement et le succès qui le
récompense ajoutent encore à notre haine
pour le régime abject dont il est désormais
l'essentiel soutien.
Le Petit Rleu (M. Alfred Oulman)
Ce sont les dossiers des 'affaires « la
France contre divers que, confiant dans
son habileté et sa maîtrise, l'on vient de
confier au grand avocat Millerand. Tout fait
prévoir que nos intérêts sont en bonnes
mains.
L'Ere Nouvelle (M. Yvon Delbos)
On trouve dans le discours de M. Millerand
un accent patriotique auquel nul Français ne
saurait rester insensible et un hommage
vibrant à la République, qui a rendu au pays
« des services incomparables ». La foi pa-
triotique et la sincérité républicaine sont les
vertus nationales d'un bon Président.
• Le Progrès du Nord (M.M&rlin-Md.my)
Si l'opinion a porté M. Millerand à l'Ely-
sée, c'est que chacun de nous sent la néces-
sité, non d'instaurer un tyran, mais au
contraire d'introduire dans le fonctionne-
ment du régime ce qu'il faut d'autorité et
d'ordre pour assurer le jeu nécessaire des
libertés républicaines.
L'Echo du Nord (M. Emile Ferré)
M. Millerand est élu Président de la Répu-
blique. C'est la voix populaire qui le porte à
l'Elysée.
M. Millerand est l'homme qu'on attendait.
Le Nouvelliste du Nord (M.HenriLan-
glois) 1 ̃
C'est bien taillé pour la politique natio-
nale. Maintenant il faut coudre, c'est-à-dire
achever l'oeuvre d'union et de défense fran-
çaise à l'intérieur et au dehors, en entourant
le nouveau Président de la Républiaue
d'hommes qui, suivant sa propre expres-
sion, « soient ses collaborateurs et non pas
ses geôliers. »
Le Journal de Roubaix (M. Maurice
Aubert)
Si les critiques viennent de quelque part,
ce sera de Berlin ou de Moscou, et ces cri-
tiques-là seront pour le nouveau président
de la République les plus belles des louanges.
L'Est Républicain (Nancy)
Persévérance obstinée et amour passion-
né pour la France et pour le bien public, tel
est l'homme qui, par le vote des deux assem-
blées réunies, occupe aujourd'hui la pre-
mière magistrature de la République.
La République du Var (M. Louis Mil-
lot)
s Nous avons confiance, pour notre part, que
M. Millerand ne sera point seulement à l'Ely-
sée le syndic constitutionnel des Parlemen-
taires, mais bien le représentant de la France
tout entière.
Le Phare de la Loire (M. Maurice
Schwob)
Les quatre cinquièmes du Parlement se
sont groupés autour de l'homme qui repré-
sente à l'intérieur un programme de recons-
titution méthodique et à l'extérieur une vo-
lonté de défense tenace de toutes les répara-
tions qui nous sont dues et de tous nos
droits légitimement acquis.
Le Populaire de Nantes, M. Gaston
Veil:
Nous sommes à une époque où les ques-
tions de politique extérieure dominenttoutes
les autres. Il importe que celui qui est appelé
à parler au nom de notre pays, jouisse d'une
autorité indiscutée. L'élection d'hier est si-
gnificative à ce sujet.
Le Moniteur du Puy-de-Dôme
L'élection d'hier est avant tout, en dehors
et au-dessus des discussions toujours ou-
vertes sur les contingences passagères, l'af-
firmation de la politique de relèvement de la
France meurtrie.
Le Courrier du Centre
Tous les bons Français qui 'envisagent
l'intorêt de la nation se réjouiront sincère-
ment de la manifestation d'union républi-
'caine et nationale qui vient de se produire
sur son nom.
JOURNAUX D'ALSACE
La République (Strasbourg)
On applaudira en Alsace, plus qu'en aucune
autre province de France, à l'élection de M.
Millerand.
Le Journal d'Alsace-Lorraine (Stras-
bourg)
L'Alsace tout entière s'associe à la joie de
la France. Elle envoie à M. Millerand son
salut dans les couleurs françaises, qu'en son
honneur, Strasbourg et toutes les villes et
villages d'Alsace ont été heureux de sortir
aujourd'hui.
Le Rhin Fra?icais (Golmar)
Le peuple alsacien salue avec une satis-
faction profonde l'élection de M. Millerand.
Le Messin de Metz:
A l'étranger, M. Millerand a pris depuis
quelques mois un prestige considérable, son
élection sera soulignée comme un événement
de la plus haute importance et, montrera à
l'Europe et au monde entier que pendant la
paix, la France reste toujours unie derrière
ses chefs comme elle le fut pendant la
guerre.
La Freie Press (Strasbourg)
Depuis que M. Clemenceau' a disparu de la
scène politique, M. Millerand est incontesta-
blement l'homme le plus fort en France.
Le Lorrain (Metz)
Les Alsaciens-Lorrains se disent que, ayant
vu de près une population éprise d'ordre et
de discipline, M. Millerand apprécie haute-
ment cet esprit qui, appliqué au -pays tout
entier, ne pourra que consolider l'union de
tous les bons Français.
La Conférence de Bruxelles
RÉUNIONS PRÉLIMINAIRES
Bruxelles, 23 septembre.
La délégation française, au complet
depuis le matin, s'est installée au Palace
Hôtel; la délégation allemande aura son
siège à partir de ce soir à l'Astoria.
Quelques réunions préliminaires offi-
cieuses ont permis aux délégations de
prendre langue et d'échanger quelques
impressions.
Nous apprenons, de source française,
que ces premières impressions sont
bonnes et que les délégués à la Confé-
rence de Bruxelles ont le ferme désir de
faire œuvre utile en évitant les sujets
scabreux qui pourraient les diviser.
On nourrit l'espoir que la délégation
allemande sera animée des mêmes in-
tentions et pourra faciliter par son at-
titude l'œuvre de la Conférence.
Quoi qu'il en soit, la délégation fran-
çaise est fermement résolue à ne pas
permettre qu'en sa présence, et encore
moins avec sa collaborration, il puisse
être porté une atteinte quelconque à l'in-
tégrité du traité de Versailles. Elle ne to-
lérerait certainement pas .que sous pré-
texte de discuter la situation financière
et économique de l'Europe, la question
d'une revision du traité de Versailles
pût être soulevée.
L'opinion publique française recevra
sous ce rapport tous les apaisements sur
les questions financières et les questions
économiques. « Ces dernières, considé-
rées dans leurs rapports avec la fi-
nance », seront abordées tant dans les
séances publiques que dans les séances
de commissions.
Est-ce à dire qu'il ne sera pas dit un
mot à Bruxelles ni des réparations ni
des charges à imputer à l'Allemagne, ni
de la conférence de Genève qui les devait
examiner?
Les mêmes esprits qui sont résolus à
limiter le travail de la Conférence à
l'objet que nous venons de définir sont
les premiers à reconnaître qu'il serait
impossible que les délégués des vingt-
quatre puissances réunies à Bruxelles
fussent empêchés de s'entretenir de ce
qui devait faire l'objet de la Conférence
de Genève. Mais il ne pourras'agir que de
conversations officieuses qui n'engage-
ront ni la Conférence de Bruxelles ni
les gouvernements.
Tel est l'esprit de la Conférence qui
s'ouvrira solennellement demain, à trois
heures, dans la salle des séances des
représentants de Belgique.
Un discours de M. Ador, président de
la Conférence, inaugurera les travaux,
puis la Conférence sera appelée à éla-
borer son règlement intérieur. Il semble
acquis que, conformément aux proposi-
tions françaises, les votes auront lieu
par délégué et non pas par puissance
représentée. Toutefois, les résolutions
de la Conférence devront, suivant l'u-
sage diplomatiaue, être adoptées à l'una-
nimité.
DERNIÈRE HEURE
Les mineurs anglais
L'ENTENTE NE SE FAIT PAS
.oaa.
Londres, 23 septembre.
Au cours de la conférence des mi-
neurs, M. Smillie, président de la Fédé-
ration des mineurs, a déclaré qu'après le
rejet de la proposition tendant à procéder
à un nouveau vote sur la question des
salaires, le comité ne pouvait recom-
mander aucune des propositions faites
par le gouvernement, et il a été décidé
de rendre compte des délibérations à la
Conférence de la triple-alliance (cartel
des mineurs, cheminots et ouvriers des
transports), qui se réunit ce soir.
LES NÉGOCIATIONS CONTINUENT
Les discussions étaient strictement
privées; aussi, en l'absence de commu-
niqué officiel, les bruits les plus con-
tradictoires courent-ils. D'après l'Eve-
ning Standard, à la réunion séparée des
délégués mineurs, une proposition fut
présentée on y demandait que le pré-
avis de grève fût suspendu et qu'un nou-
veau référendum eût lieu au sujet de
l'acceptation ou du rejet des proposi-
tions du gouvernement.
Cette proposition reçut l'appui de M.
Smillie, mais elle fut vigoureusement
combattue par plusieurs délégués, qui
déclarèrent que, de capitulation en ca-
pitulation, on en viendrait à l'annula-
tion de toutes les demandes mises en
avant au début. En fin de compte, la
proposition d'un nouveau référendum
aurait été rejetée.
L'opinion générale est que les délé-
gués participant à la séance plénière
seraient désireux d'envoyer une nouvelle
députation au premier ministre.
Des délégués, en conversation parti-
culière, déclarent que tout le monde est
d'accord pour continuer les négocia-
tions tant que la chose sera possible,
EN CAS DE GRÈVE
Londres, 23 septembre.
Comme mesure de précaution en cas
de grève, des ordres ont été donnés par
le comité du charbon de Plymouth à
tous les marchands s'occupant de la
fourniture du charbon de soute, leur in-
terdisant de fournir du charbon de soute
aux bateaux de pêche étrangers jusqu'à
nouvel ordre.
Cette mesure a été prise au cas où les
stocks existants seraient nécessaires
pour les bateaux de pêche anglais.
Cet ordre officiel est entré en vigueur
aujourd'hui.
Londres, 23 septembre.
La triple alliance s'est ajournée sans
arriver à une décision et s.e réunira à
nouveau, à dix heures trente, demain
matin.
La crise prochaine en Belgique
Bruxelles, 23 septembre.
La Dernière Heure annonce que les
ministres libéraux remettront jeudi leur
démission. \l_ '̃
démïssion. Bruxelles, 23 septembre.
Les journaux annoncent que M. Jas-
par, ministre de l'intérieur, est parti
pour Arcachon, où il va conduire son
fils gravement malade.
Les Victoires de Wrangel
Constantinople, 21 septembre.
On annonce de Sébastopol que l'of-
fensive des troupes du général Wrangel
continue à se développer avec plein suc-
cès, dans la direction d'Alexandrovsk,
malgré la résistance désespérée des bol-
chevistes, qui avaient massé sur ce sec-
teur toutes leurs réserves du front. Des
unités entières se rendent aux troupes
de Wrangel et leur livrent les commis-
saires et les agitateurs bolchevistes. La
localité de Plavni a été occupée par les
troupes de Wrangel.
Dans la région du Dnieper inférieur,
l'arrière-frontbolchevique est aux prises
avec des détachements de paysans in-
surgés.
Les Négociations de Riga
»t«
Londres, 23 septembre,
Le correspondant spécial du Daily
Express apprend de Riga que les négo-
ciations procèdent avec quelque len-
teur. On craint des deux côtés de com-
mencer la série des travaux qui promet-
tent d'être laborieux. Le correspondant
déclare que le seul résultat de la jour-
née du 22 septembre a été une longue
conversation téléphonique de part et
d'autre entre les membres des déléga-
tions respectives.
Le correspondant a l'impression que,
des deux côtés, on semble avoir intérêt
à traîner les négociations en longueur.
ISLAMISME ET BOLCHEVISME
Constantinople, 23 septembre.
Le Congrès qui vient de se tenir à Ba-
kou du 1er au 8 septembre, et auquel
participaient l,800délégués de différents
pays asiatiques, a été consacré surtout à
l'étude des moyens les plu's propres à
lutter contre l'Entente. Un plan d'en-
semble a même été élaboré et transmis
pour approbation au gouvernement des
Soviets. Enver pacha, qui était venu de
Moscou pour assister au Congrès, a re-
commandé une étroite collaboration en-
tre l'Islam et les maximalistes.
Des fonds importants ont été mis à la
disposition du comité chargé d'organi-
ser l'agitation en Asie-Mineure et aux
Indes.
Incendies en Russie (?)
De grands incendies sont allumés en
Russie. Dans le Vologa, 500 maisons au-
raient été détruites, ensevelissant 150
personnes. A Saratov, 300 morts et
25,000 sinistrés.- On constate des confla-
grations dans la banlieue de Petrograd.
Un Exploit maritime
~t-
M. Dequine, âgé de soixante-deux ans,
qui accompagnait M. Adam, a traversé,
dans une barque, à la rame, la Manche
de Boulogne à Polkestone, en six
heures.
.L'élection de M. Millerand
AToulon, à Marseille, à Nantes et dans
nombre de villes de province, ainsi
qu'en Alsace et en'Lorraine, hier soir, les
monuments, pavois,és, ont été illuminés.
EN ALSACE-LORRAINE
A Strasbourg, aussitôt les résultats de
l'élection connus, de nombreuses mai-
sons ont été pavoisées. i
^Félicitations • 1
· Bruxelles, 23 septembre.
M. Delacroix, président du Conseil des
ministres de Belgique, a fait parvenir à
M. Millerand ce télégramme: •
Je prie Votre Excellence d'agréer les cha-
leureuses félicitations du gouvernement du
Roi à l'occasion de son élection à la Prési-
dence de la République française. J'y joins
l'expression des vœux que forme la Belgique
pour le bonheur personnel de Votre Excel-
lence et celui du, noble pays dont les desti-
nées lui sont confiées.
Permettez-moi, Monsieur le Président, de
vous exprimer la joie très vive que j'éprouvo
en vous transmettant ce message.
Signé Delacroix,
premier ministre.
L'Agitation en Italie
ti«
Les ouvriers n'évacuent pas les usines
Rome, 23 septembre.
L'accord intervenu, sous la pression
de M. Giolitti, entre les ouvriers et les
patrons métallurgistes, n'a pu réussir à
pacifier l'élément ouvrier tout entier.
Comme on l'avait déjà prévu, des diffi-
cultés d'interprétation s'élèvent déjà,
difficultés qui fournissent aux ouvriers
l'occasion de faire une véritable obstruc-
tion, tout au moins dans certains en-
droits.
Ils réclament, en effet, avec instance,
malgré les clauses de l'accord, qui ré-
glaient minutieusement cette question,
qu'on leur paie les heures de travail ef-
fectué pendant l'occupation des usines.
Ils réclament, en outre, qu'on leur ac-
corde immédiatement les congés prévus
aux termes de l'accord, et que les com-
missions qui ont pour charge de décider
sur les incompatibilités éventuelles
aient pris leur décision avant que ne
soient évacuées les usines.
On devine que ces prétentions parais-
sent excessives aux industriels. Ceux-ci,
en effet, entendents'en tenir strictement
à ce qui a été convenu dans l'accord im-
posé par le gouvernement et dont les
ouvriers métallurgistes s'étaient décla-
rés satisfaits.
La situation serait sans issue, chaque
parti restant obstinément sur ses posi-
titions. Toutefois, il semble que du côté
des ouvriers eux-mêmes, on soit à la
recherche d'un terrain d'entente ou d'un
compromis. C'est ainsi qu'afin de pren-
dre des décisions pleinement autorisées,
la F. I. 0. M. (Fédération italienne des
ouvriers métallurgistes) a résolu de sou-
mettre la question de l'évacuation des
usines à un référendum qui doit avoir
lieu demain.
Les abus des cheminots allemands
Berlin, 22 septembre.
Les cheminots, encouragés par la fai-
blesse du gouvernement qui leur a per-
mis de vérifier les trains à destination
de la Pologne et de se rendre compte si
des armées et des munitions n'étaient
pas transitées, s'arrogent maintenant le
droit de vérifier tous les trains empor-
tant des vivres à travers l'intérieur du
pays.
C'est principalement les trains qui
sont chargés de pommes de terre qui
sont arrêtés par les cheminots, sous le
prétexte que les paysans, par leur esprit
de lucre, opèrent une mauvaise réparti-
tion de ces vivres.
Le général Groener, ministre des com-
munications, a protesté contre ces abus
et a menacé les meneurs de sanctions.
Ceux-ci, encouragés par l'opinion publi-
que qui ne cesse de manifester contre la
cherté de la vie, semblent se soucier
fort peu des menaces du ministre.
DANS LA SARRE
.i.
Le colonel allemand Xylander déplacé
Berlin, 22 septembre.
Une information officielle annonce
que le lieutenant colonel Xytander,
membre de la commission allemande
de frontière pour la région de la Sarre,
a été relevé de ses fonctions.
[Le colonel Xylander s'était rendu insup-
portable par l'incorrection de son attitude et
l'esprit de chicane qu'il avait apporte dans
les travaux de la commission chargée de dé-
limiter la frontière entre la France et la
Sarre. Le gouvernement français avait exigé
son remplacement.] J
Le rattachement de l'Autriche
à l'Allemagne
Vienne, 23 septembre.
Les grands partis qui vont prendre
part, le 17 octobre, aux élections, à l'As-
semblée nationale, ont déjà pris posi-
tion dans la grande question du ratta-
chement de l'Autriche à l'Allemagne.
Le docteur Renner, porte parole du
parti social-démocrate et ministre des
affaires étrangères, s'est prononcé, dans
son discours de Salzbourg du 12 cou-
rant, et a suffisamment marqué sa ten-
dance en faisant l'éloge du parti panger-
maniste.
On apprend aujourd'hui que les
« Grossdeutsche » du parti national pro-
allemand songent à faire des élections
du 17 octobre à l'Assemblée nationale
une sorte de plébiscite en faveur de l'u-
nion austro-allemande. Le gouverne-
ment lui-même se trouve saisi de cette
question très actuelle et étudie l'oppor-
tunité du plébiscite.
L'état du lord-maire de Cork
Londres, 23 septembre.
Le dernier bulletin de santé du lord-
maire de Cork dit qu'il est très épuiséet
qu'il souffre de violentes douleurs a la
tète.
D'autre part, M. Art. O'Brien, prési-
dent de la ligue de la Sclf-Determina-
tion irlandaise, dément, dans une note
à la presse, que M. Mac Swiney soit
nourri. Il ajoute qu'il est taux qu'on lui
fasse des massages à l'huile ou à l'al-
cool.
autre. M. Millerand allait entrer en
contact avec le monde des affaires, -des
grandes affaires: avec la haute Banque,
avec les Chambres de Commerce; et il
ne pouvait se dissimuler que parmi
cette société, nouvelle pour lui, où l'in-
troduisait et l'installait en chef la politi-
tique, ses opinions étaient propres à
effrayer un peu.
M. Millerand, ministre bourgeois, dé-
clarait loyalement « Je suis socia-
liste. » II était même le premier mi-
nistre qui osât faire un aveu de cette
sorte. Et déjà les Chambres de com-
merce s'inquiétaient.
Elles furent vite rassurées.
Non que M. Millerand manifestât en
face d'elles.la moindre velléité de renon-
cer à aucune des opinions qu'il avait
jusqu'alors défendues (et auxquelles il
est resté fidèle); mais il pensait alors,
comme il le pense encore aujourd'hui,
qu'il est des programmes d'union, de
patriotique accord sur lesquels la plus
élémentaire raison commande aux hom-
mes de bonne volonté de se donner la
main.
Une" Exposition universelle à Paris,
c'était un endroit où dès Français n'a-
vaient plus le droit pendant six mois
de parler de politique. M. Millerand
se borna donc à parler aux hommes qui
l'entouraient, de l'Exposition et de
cela seulement; c'est à dire de leurs af-
faires, de leurs intérêts, des intérêts
du pays.
Et tout de suite il les conquit.
J'ai été fréquemment, à cette époque,
témoin de ces rencontres et de ces
conversations. Jamais ministre ne fut
entouré de plus de sympathies. Sympa-
thies étonnéés, qui semblaient en ce
monde prudent des affaires, hésiter un
peu, d'abord, et puis qui s'affirmaient
joyeusement après examen
Je me rappelle une conversation, sur-
tout, que j'eus l'honneur d'avoir quel-
ques mois après l'arrivée, au ministère,
de M. Millerand, avec Alfred Picard,
commissaire général de l'Exposition.
Alfred Picard était un républicain de
l'école de Léon Say. C'est dire que
l'avènement de M. Millerand ne l'avait
point rempli d'enthousiasme. Mais Al-
fred Picard était un homme de science,
curieux de s'instruire et ouvert à toutes
les expériences, pourvu qu'elles fussent
loyales et claires.
Il attendait donc, et regardait.
Je lui demandai un jour:
Eh bien, que pensez-vous de votre
nouveau chef?
Je suis ravi, dit-il.
Et il ajouta, en souriant:
J'ai pu, en huit ans, faire^des com-
paraisons intéressantes. J'ai eu onze
ministres du commerce tués sous moi.
Quelques-uns étaient, politiquement,
plus près de 'moi, certes, que celui-ci.
Cela m'est égal. C'est lui que je préfère.
Il comprend tout du premier coup,
n'oublie rien et ne laisse rien traîner.
L'affaire qu'il commence-, il la poursuit,
et il t'a termine.
En voyant à l'œuvre depuis huit mois
notre Président de demain, j'ai pensé
bien souvent au mot d'Alfred Picard. Il
date de vingt ans; et ce pourrait être
un mot d'hier. ou de tout à l'heure.
.̃ • ( ̃ ̃' Em. Bi
Le Journaliste"
Comme M. Poincaré, le nouveau Pré-
sident de la République a fait, très
jeune, ses débuts dans la presse judi-
ciaire. Il rédigea à la Justice de M. Cle-
menceau la chronique des tribunaux
.succédant à Georges Laguerre, devenu
député.
En 1888, M. Millerand fonda un jour-
nal La Voie où il combattit le boulan-
gisme.
En 1892, il devint rédacteur en chef
de la Petite République à laquelle il col-
laborait depuis que ce journal était de-
venu l'organe de la gauche socialiste
parlementaire.
Enfin, après le discours de Saint-
Mandé, il passait à la Lanterne dont il
prenait la direction avec MM. Viviani
et Briand pour collaborateurs.
M. Millerand est membre de plusieurs
associations professionnelles de presse,
notamment de l'Association de la presse
judiciaire et de l'Association des jour-
nalistes républicains.
Membre de l'Institut
Comme ses prédécesseurs MM. Poin-
caré et Deschanel, M. Millerand est
membre de l'Institut de France.
11 appartient depuis près de deux ans
à l'Académie des sciences morales et
politiques, qui l'élut le 21 décembre
1918 au fauteuil du regretté Sabatier
dans sa section de législation, droit pu-
blic et jurisprudence.
Cette élection d'ailleurs, ne se fit pas
'd'emblée. Il y eut deux tours de scru-.
tin. v
M. Millerand avait trois concurrents:
M. Henry Berthelemy et M. Joseph Bar-
thélémy, tous deux professeurs à la
Faculté de droit de Paris, et M. Charles
Dupuis, sous-secrétaire à l'Ecole des
sciences politiques.
Au premier tour, M. Millerand n'ob-
tint pas la majorité de quinze voix qui
devait assurer son élection, mais il
passa au second tour par dix-neuf voix
contre six à M. Henri Berthelemy.
L'Académie des sciences morales fit
à celui qu'elle avait ainsi mis en ballot-
tage un accueil vraiment chaleureux
lorsque son élu vint prendre séance, et
l'éminent homme d'Etat fut salué à son
entrée dans la salle oû la Compagnie l'at-
tendait par une tempête d'applaudisse-
ments si violents queM. Lyon-Caen, qui,
selon l'usage, introduisait le récipien-
daire eu le tenant par la main, lâcha
prise quelques secondes.
C'est libéré de l'étreinte du secrétaire
perpétuel que le nouvel académicien en-
tendit l'es deux mots de bienvenue pro-
noncés par le président, s'inclina sans
mot dire, selon la tradition, et s'assit au
milieu de ses confrères.
Mais ceux-ci aussitôt se levèrent, l'en-
tourèrent et le félicitèrent tous, et M.
Millerand en parut singulièrement ému.
Depuis lors, il n'a presque pas manqué
une séance de son académie. Il y a
choisi une place proche du bureau, à la
droite de M. Lyon-Caen, et d'où il écoute
attentivement toutes les communica-
tions.
Il est certain qu'avant la fin de l'an-
née, M. Millerand viendra siéger encore
à l'Académie des sciences morales et
politiques. `
M. Pierre de La Gorce, président de la
Compagnie, le saluera d'une allocution
qui sera la suite de l'adresse de félicita-
tions que ses confrères lui auront en-
voyée et cette fois, les traditions ne s'y
opposant pas, M. Millerand répondra.
Ch.D.
M. Millerand intime
M. Millerand n'aime pas beaucoup
qu'on parle de lui. Il redoute le zèle des
gazetiers. Dans l'exercice de ses fonc-
tions publiques, il accorde peu d'inter-
views et sans aucun doute il aurait pré-
féré qu'il ne fût jamais question de sa
vie privée. Mais son élection excusera,
même à ses yeux, certaines indiscré-
tions.
Le nouveau Président a des goûts
simples le goût du travail et de l'inti-
mité du foyer.
Marié, il a quatre enfants deux fils,
MM. Jean et Jacques Millerand, âgés de
vingt etunansetdeseizeans; deux filles,
Mlles Alice et Marthe Millerand, qui ont
l'une dix-huit ans, l'autre dix ans. M.
Millerand est un bon citoyen. Mais peu
d'hommes, semble-t-il,ont à un plus haut
degré que lui le sentiment de la famille.
Tous ceux qui ont accompagné M. Mille-
rànd dans ses voyages officiels savent
qu'il ne s'est jamais absenté, fût-ce pour
vingt-quatre, heures, sans emporter avec
lui la photographie de safemme et de ses
enfants. Le premier soin de son valet de
chambre, quand il était arrivé à l'étape,
était de placer sur la cheminée de la
chambre réservée au ministre ou au
président le cadre pliant dans lequel
étaient réunies les cinq images chères.
M. Millerand, alors ministre des tra-
vaux publics, se rendit en 1910 à Berne
pour y représenter la France aux fêtes
de l'Union postale. Il arriva dans la
nuit. Le lendemain matin, à neuf heu-
res, les envoyés spéciaux des journaux
français étaient rassemblés dans l'e hall
de l'hôtel, attendant l'apparition du mi-
nistre. Mais on vint les avertir que M.
Millerand était déjà sorti. Il était allé
acheter quelques jouets pour ses en-
fants.
Pendant l'été, M. Millerand habite
Versailles., Tous les jours, lorsque le
temps le permet, il se promène avec sa
famille et ses trois chiens Rip, un fox
qu'il a adopté; Castor, un berger de la
Brie, et Roudzy, un petit bruxellois qu'il
a rapporté de la Conférence.
Le soir, M. Millerand qui est de pre-
mière force aux dominos, y joue avec
ses enfants. Et ce n'est pas toujours lui
qui gagne.
Quand il emprunte le réseau de l'Etat
dans ses déplacements officiels, on peut
être assuré qu'au retour il descendra
non pas à Paris, mais à Versailles. Il
quitte le train pour aller embrasser sa
famille. Puis aussitôt il se rend au mi-
nistère en automobile.
Le nouveau Président est un travail-
leur acharné. Il est tous les matins, à
huit heures et demie dans son cabinet.
Pour éviter toute perte de temps, il ne
fait que deux repas par jour: un, le ma-
tin, substantiel (poisson, légume, un
fruit), l'autre, la journée terminée. A
une heure de l'après-midi, une tasse de'
thé, et c'est tout.
De huit heures et demie à sept heures
du soir, il reçoit, étudie les questions
qu'il aura à résoudre, travaille avec ses
collaborateurs sans interruption.
A dix heures et demie, il est cou-
ché. Le Président a un très bon som-
meil.
Lorsqu'il voyage (à moins qu'il ne s'a-
gisse d'une excursion), M. Millerand ne
s'attarde pas à regarder le paysage. Il
travaille. Il s'enferme dans un wagon
avec son chef de cabinet. On ouvre les
dossiers sur la banquette-- et M. Mille-
rand oublie où il se trouvepourse croire
encore dans son cabinet de travail.
Ceux à qui M. Millerand a fait l'hon-
neur de les choisir pour collaborer avec
lui,h'ignorentpas qu'il nes'agitpasd'une
sinécure. Le «patron», commeils l'appel-
lent, est exigeant. Il faut qu'ils soient
exacts et laborieux. Ils lui sont, cepen-
dant, profondément attachés. Ils lui dnt
montré un dévouement à toute épreuve,
comme M. Raoul Persil, qui n'a quitté
M. Millerand qu'il y a quelques mois,
parce qu'il venait d'être lui-même élu
député; et M. Bompard. M. Jean Mille-
rand, le fils aîné du Président, s'estjoint
à eux, dès son retour du front. Comme
secrétaire particulier, il a prêté à son
père le concours le plus actif au com-
missariat général de Strasbourg et, plus
récemment, à la présidence du Conseil.
M. Millerand est aimé de ses collabo-
rateurs parce qu'il sait jeur rendre le
travail aimable. Il se dégage de la mé-
thode qu'il emploie une sorte de quié-
tude. Ils ont chacun leur tâche et cette
tâche est exactement distribuée dans le
temps. Ils n'ont à craindre aucune ner-
vosité. Le ministre d'hier est un homme
d'humeur égale.
D'aspect bourru, il est cordial et af-
fectueux.
Il est simple et déteste le protocole.
Quand il reçoit, il possède l'art de mettre
tout de suite son hôte à l'aise. Il rit, aux
anecdotes qu'il écoute, d'un rire bon
enfant.
11 apportera à l'Elysée cette bonhomie
qui estle fond même de son caractère. Il
aura à ses côtés, pour faire avec lui les
honneurs de la Présidence, une femme
qui, par son élégance naturelle, sa haute
culture et sa grâce ajoutera encore à
l'éclat des réceptions officielles.
Mme Millerand est une maîtresse de
maison accomplie. Nulle mieux qu'elle
ne sait accueillir; laissant à son mari le
soin de recevoir les invités de marque,
elle trouve, dans les ressources de sa
bienveillance, les phrases qui vont au
cœur de ceux que la hiérarchie parais-
sait avoir isolés tout d'abord.
#
M. Millerand, à l'Elysée, devra re-
noncer à quelques-unes de ses habitu-
des. Il devra donner îles dîners, ce qui
l'obligera à modifier ses menus. Car il
est d'une extrême sobriété. Il ne mange
presque jamais de viande. Il ne boit que
très rarement du vin.
Pour l'honorer, la chambre de com-
merce de Marseille lui avait offert un
jour un déjeuner, où il n'y avait que des
plats de viande. M. Millerand ne laissa
rien paraître de sa déconvenue. Il fut
beau joueur. Il s'en tira en disant qu' «il
n'avait pas beaucoup d'appétit ».
Le Président ne fume pas. Il ne prend
jamais de liqueurs. Du café, cependant.
M. Millerand n'est pas chasseur. 11
a horreur de la chasse. Il ne pêche pas
non plus. Il ne joue pas au golf. Les seuls
sports auxquels il se livre sont le foot-
ing et l'automobile. Cependant il ne
conduit pas. Il ignore le billard, le bridge
et en général tous les jeux de cartes.
Mais il aime beaucoup la musique. Il
était avant la guerre un habitué des
grands concerts.
S'il va rarementau théâtre, c'estpres-
que toujours dans les théâtres subven-
tionnés qu'on le rencontre aux Fran-
çais, car il a un goût marqué pour le
classique, pour Molière surtout; à l'O-
péra, où il entend de préférence Faust
ou la Damnation; à l'Opéra-Comique.
Ses enfants se souviennent d'être allés,
une fois, avec lui, voir Arsène Lupin, â
la création.
D'ailleurs, il ne se rend au théâtre
qu'en famille.
Le Président connaît l'allemand, mais
il n'a pas encore appris l'anglais.
Puisque la danse est à l'ordre du jour
et qu'il y avait autrefois des bals, au
palais de l'Elysée M. Jean Millerand
ne danse pas;. Mlle Alice, Millerand
danse et très bien.
Un dernier mot M. Millerand garde
longtemps ses domestiques. Son valet
de chambre, Auguste, est à son service
depuis. mais M. Auguste lui-même a
oublié la date de son entrée en fonc-
tion.
Maxime Girard.
L'Election et l'Opinion
Dans les Annales, M. Louis Barthou
donne ces avis à M. Millerand
Et, surtout, exercez tous vos pouvoirs
constitutionnels. Il ne sont ni aussi vagues
ni aussi vains qu'on se plaît à le dire. Ceux
du roi d'Angleterre sont moindres. On est,
dans une grande mesure, le président de la
République que l'on veut être. Depuis M.
Carnot, je les ai tous, sauf M. Loubet, vus à
l'œuvro au Conseil des ministres. Chacun
avait sa manière, et je ne dis pas que toutes
ces manières fussent également bonnes
mais l'abstention où glissait l'indolence de
celui-ci ou la prudence de colui-ià était une
attitude personnelle, elle n'était pas un de-
voir constitutionnel. Quand le président de
la République sait et veut parler, il est en*
tendu. M. Casimir-Perier savait parler, etse'-j
faire entendre mais il se lassa trop vite
d'une fonction dont il n'avait pas voulu et
qui le prit contraint, mécontent et irrité.
Pendant quelque temps, sa méthode fut
excellente. Il présidait. Sa démission fut un
coup de tête, qu'aggrava son silence. Plus
tard, et quoi qu'on en ait dit, il invoqua
moins l'insuffisance de ses droits constitu-
tionnels que la mauvaise volonté de certains
ministres à les reconnaître.
Tout est dans la manière. Ayez la vôtre,
Monsieur le Président, ferme et souple, large
et franche, uniquement inspirée des intérêts
de la France et de la RéDublique indissolu-
blement unies, et recevez, pour la dure tâche
qui vous incombe, les vœux respectueux
d'un Français républicain.
Du Journal des Débats
Les Chambres, nommées si récemment
encore et tout inspirées de la volonté du
pays, ont été droit a la solution qui leur pa-
raissait le plus conforme au vœu de tous
elles ont désigné M. Milleraud qui, après
avoir défini, le 7 novembre 1919, la politi-
que nationale, l'a mise en pratique au gou-
vernement depuis huit mois.
De M. Léon Bailby, dans l'Intransi-
geant
M. Millerand a été, on peut le dire, poussé
par les épaules et installé à la Présidence par
l'opinion publique. Ce mouvement, que per-
sonne n'aurait prédit il ya six mois, a été
spontané et irrésistible. Il est fâcheux qu'au
Parlement un certain clan n'ait pas compris
cette indication. Il n'est pas indifférent, à
l'heure actuelle, que le prestige du premier
des dirigeants de la France soit considérable
dehors. Il suffisait, pour se rallier sans ré-
serve à la candidature Millerand, d'obéir au
sens national et d'oublier la politique de
parti qui nous a fait tant de mal avant la
guerre.
Quoi qu'il en soit, le nouvel élu jouit, dès
son entrée en fonctions, d'un long crédit.
Le Petit Parisien
M. Millerand est Président de la Républi-
que. Le voici chargé, par les élus de la na-
tion, de nouveaux devoirs dont il a, par
avance, comme le lui a dit M. Lhopiteau,
mesuré l'étendue. Ceux qui l'ont vu à la tâ-
che dans le sillon savent quels espoirs la
France peut mettre en lui. Là où il sème, le
grain lève.
L'Eclair (M. Emile Buré)
La politique d'union nationale acclamée
hier à Versailles, doit être celle du gouver-
nement de demain. Les avenues du pouvoir
sont certainement fort encombrées, mais
avant affirmé clairement et nettement ses
idées qui sont celles de la majorité des Fran->
çais, M. Millerand ne doit pas être embar-
rassé pour faire un choix judicieux parmi
ceux qui s'offrent à les réaliser.
L'Echo de Paris (M. C. Garapon)
Cette élection est, en même temps que la
juste récompense personnelle des services
rendus au pays, une grande et belle mani-
festation française. Les polémiques, les dé-.
saccords de la veille disparaissent.
L'Humanité {M. Marcel Cachin)
II a donné des gages au Capital à l'assaut
duquel il nous menait hier vigoureusement.
Il est devenu l'homme du Vatican, de l'Eglise
catholique de la contre-révolution euro-
péenne. Il a piétiné les croyances de toute
sa vie.
Il est à l'Elysée soit L'immoralité tran-
quille de son reniement et le succès qui le
récompense ajoutent encore à notre haine
pour le régime abject dont il est désormais
l'essentiel soutien.
Le Petit Rleu (M. Alfred Oulman)
Ce sont les dossiers des 'affaires « la
France contre divers que, confiant dans
son habileté et sa maîtrise, l'on vient de
confier au grand avocat Millerand. Tout fait
prévoir que nos intérêts sont en bonnes
mains.
L'Ere Nouvelle (M. Yvon Delbos)
On trouve dans le discours de M. Millerand
un accent patriotique auquel nul Français ne
saurait rester insensible et un hommage
vibrant à la République, qui a rendu au pays
« des services incomparables ». La foi pa-
triotique et la sincérité républicaine sont les
vertus nationales d'un bon Président.
• Le Progrès du Nord (M.M&rlin-Md.my)
Si l'opinion a porté M. Millerand à l'Ely-
sée, c'est que chacun de nous sent la néces-
sité, non d'instaurer un tyran, mais au
contraire d'introduire dans le fonctionne-
ment du régime ce qu'il faut d'autorité et
d'ordre pour assurer le jeu nécessaire des
libertés républicaines.
L'Echo du Nord (M. Emile Ferré)
M. Millerand est élu Président de la Répu-
blique. C'est la voix populaire qui le porte à
l'Elysée.
M. Millerand est l'homme qu'on attendait.
Le Nouvelliste du Nord (M.HenriLan-
glois) 1 ̃
C'est bien taillé pour la politique natio-
nale. Maintenant il faut coudre, c'est-à-dire
achever l'oeuvre d'union et de défense fran-
çaise à l'intérieur et au dehors, en entourant
le nouveau Président de la Républiaue
d'hommes qui, suivant sa propre expres-
sion, « soient ses collaborateurs et non pas
ses geôliers. »
Le Journal de Roubaix (M. Maurice
Aubert)
Si les critiques viennent de quelque part,
ce sera de Berlin ou de Moscou, et ces cri-
tiques-là seront pour le nouveau président
de la République les plus belles des louanges.
L'Est Républicain (Nancy)
Persévérance obstinée et amour passion-
né pour la France et pour le bien public, tel
est l'homme qui, par le vote des deux assem-
blées réunies, occupe aujourd'hui la pre-
mière magistrature de la République.
La République du Var (M. Louis Mil-
lot)
s Nous avons confiance, pour notre part, que
M. Millerand ne sera point seulement à l'Ely-
sée le syndic constitutionnel des Parlemen-
taires, mais bien le représentant de la France
tout entière.
Le Phare de la Loire (M. Maurice
Schwob)
Les quatre cinquièmes du Parlement se
sont groupés autour de l'homme qui repré-
sente à l'intérieur un programme de recons-
titution méthodique et à l'extérieur une vo-
lonté de défense tenace de toutes les répara-
tions qui nous sont dues et de tous nos
droits légitimement acquis.
Le Populaire de Nantes, M. Gaston
Veil:
Nous sommes à une époque où les ques-
tions de politique extérieure dominenttoutes
les autres. Il importe que celui qui est appelé
à parler au nom de notre pays, jouisse d'une
autorité indiscutée. L'élection d'hier est si-
gnificative à ce sujet.
Le Moniteur du Puy-de-Dôme
L'élection d'hier est avant tout, en dehors
et au-dessus des discussions toujours ou-
vertes sur les contingences passagères, l'af-
firmation de la politique de relèvement de la
France meurtrie.
Le Courrier du Centre
Tous les bons Français qui 'envisagent
l'intorêt de la nation se réjouiront sincère-
ment de la manifestation d'union républi-
'caine et nationale qui vient de se produire
sur son nom.
JOURNAUX D'ALSACE
La République (Strasbourg)
On applaudira en Alsace, plus qu'en aucune
autre province de France, à l'élection de M.
Millerand.
Le Journal d'Alsace-Lorraine (Stras-
bourg)
L'Alsace tout entière s'associe à la joie de
la France. Elle envoie à M. Millerand son
salut dans les couleurs françaises, qu'en son
honneur, Strasbourg et toutes les villes et
villages d'Alsace ont été heureux de sortir
aujourd'hui.
Le Rhin Fra?icais (Golmar)
Le peuple alsacien salue avec une satis-
faction profonde l'élection de M. Millerand.
Le Messin de Metz:
A l'étranger, M. Millerand a pris depuis
quelques mois un prestige considérable, son
élection sera soulignée comme un événement
de la plus haute importance et, montrera à
l'Europe et au monde entier que pendant la
paix, la France reste toujours unie derrière
ses chefs comme elle le fut pendant la
guerre.
La Freie Press (Strasbourg)
Depuis que M. Clemenceau' a disparu de la
scène politique, M. Millerand est incontesta-
blement l'homme le plus fort en France.
Le Lorrain (Metz)
Les Alsaciens-Lorrains se disent que, ayant
vu de près une population éprise d'ordre et
de discipline, M. Millerand apprécie haute-
ment cet esprit qui, appliqué au -pays tout
entier, ne pourra que consolider l'union de
tous les bons Français.
La Conférence de Bruxelles
RÉUNIONS PRÉLIMINAIRES
Bruxelles, 23 septembre.
La délégation française, au complet
depuis le matin, s'est installée au Palace
Hôtel; la délégation allemande aura son
siège à partir de ce soir à l'Astoria.
Quelques réunions préliminaires offi-
cieuses ont permis aux délégations de
prendre langue et d'échanger quelques
impressions.
Nous apprenons, de source française,
que ces premières impressions sont
bonnes et que les délégués à la Confé-
rence de Bruxelles ont le ferme désir de
faire œuvre utile en évitant les sujets
scabreux qui pourraient les diviser.
On nourrit l'espoir que la délégation
allemande sera animée des mêmes in-
tentions et pourra faciliter par son at-
titude l'œuvre de la Conférence.
Quoi qu'il en soit, la délégation fran-
çaise est fermement résolue à ne pas
permettre qu'en sa présence, et encore
moins avec sa collaborration, il puisse
être porté une atteinte quelconque à l'in-
tégrité du traité de Versailles. Elle ne to-
lérerait certainement pas .que sous pré-
texte de discuter la situation financière
et économique de l'Europe, la question
d'une revision du traité de Versailles
pût être soulevée.
L'opinion publique française recevra
sous ce rapport tous les apaisements sur
les questions financières et les questions
économiques. « Ces dernières, considé-
rées dans leurs rapports avec la fi-
nance », seront abordées tant dans les
séances publiques que dans les séances
de commissions.
Est-ce à dire qu'il ne sera pas dit un
mot à Bruxelles ni des réparations ni
des charges à imputer à l'Allemagne, ni
de la conférence de Genève qui les devait
examiner?
Les mêmes esprits qui sont résolus à
limiter le travail de la Conférence à
l'objet que nous venons de définir sont
les premiers à reconnaître qu'il serait
impossible que les délégués des vingt-
quatre puissances réunies à Bruxelles
fussent empêchés de s'entretenir de ce
qui devait faire l'objet de la Conférence
de Genève. Mais il ne pourras'agir que de
conversations officieuses qui n'engage-
ront ni la Conférence de Bruxelles ni
les gouvernements.
Tel est l'esprit de la Conférence qui
s'ouvrira solennellement demain, à trois
heures, dans la salle des séances des
représentants de Belgique.
Un discours de M. Ador, président de
la Conférence, inaugurera les travaux,
puis la Conférence sera appelée à éla-
borer son règlement intérieur. Il semble
acquis que, conformément aux proposi-
tions françaises, les votes auront lieu
par délégué et non pas par puissance
représentée. Toutefois, les résolutions
de la Conférence devront, suivant l'u-
sage diplomatiaue, être adoptées à l'una-
nimité.
DERNIÈRE HEURE
Les mineurs anglais
L'ENTENTE NE SE FAIT PAS
.oaa.
Londres, 23 septembre.
Au cours de la conférence des mi-
neurs, M. Smillie, président de la Fédé-
ration des mineurs, a déclaré qu'après le
rejet de la proposition tendant à procéder
à un nouveau vote sur la question des
salaires, le comité ne pouvait recom-
mander aucune des propositions faites
par le gouvernement, et il a été décidé
de rendre compte des délibérations à la
Conférence de la triple-alliance (cartel
des mineurs, cheminots et ouvriers des
transports), qui se réunit ce soir.
LES NÉGOCIATIONS CONTINUENT
Les discussions étaient strictement
privées; aussi, en l'absence de commu-
niqué officiel, les bruits les plus con-
tradictoires courent-ils. D'après l'Eve-
ning Standard, à la réunion séparée des
délégués mineurs, une proposition fut
présentée on y demandait que le pré-
avis de grève fût suspendu et qu'un nou-
veau référendum eût lieu au sujet de
l'acceptation ou du rejet des proposi-
tions du gouvernement.
Cette proposition reçut l'appui de M.
Smillie, mais elle fut vigoureusement
combattue par plusieurs délégués, qui
déclarèrent que, de capitulation en ca-
pitulation, on en viendrait à l'annula-
tion de toutes les demandes mises en
avant au début. En fin de compte, la
proposition d'un nouveau référendum
aurait été rejetée.
L'opinion générale est que les délé-
gués participant à la séance plénière
seraient désireux d'envoyer une nouvelle
députation au premier ministre.
Des délégués, en conversation parti-
culière, déclarent que tout le monde est
d'accord pour continuer les négocia-
tions tant que la chose sera possible,
EN CAS DE GRÈVE
Londres, 23 septembre.
Comme mesure de précaution en cas
de grève, des ordres ont été donnés par
le comité du charbon de Plymouth à
tous les marchands s'occupant de la
fourniture du charbon de soute, leur in-
terdisant de fournir du charbon de soute
aux bateaux de pêche étrangers jusqu'à
nouvel ordre.
Cette mesure a été prise au cas où les
stocks existants seraient nécessaires
pour les bateaux de pêche anglais.
Cet ordre officiel est entré en vigueur
aujourd'hui.
Londres, 23 septembre.
La triple alliance s'est ajournée sans
arriver à une décision et s.e réunira à
nouveau, à dix heures trente, demain
matin.
La crise prochaine en Belgique
Bruxelles, 23 septembre.
La Dernière Heure annonce que les
ministres libéraux remettront jeudi leur
démission. \l_ '̃
démïssion. Bruxelles, 23 septembre.
Les journaux annoncent que M. Jas-
par, ministre de l'intérieur, est parti
pour Arcachon, où il va conduire son
fils gravement malade.
Les Victoires de Wrangel
Constantinople, 21 septembre.
On annonce de Sébastopol que l'of-
fensive des troupes du général Wrangel
continue à se développer avec plein suc-
cès, dans la direction d'Alexandrovsk,
malgré la résistance désespérée des bol-
chevistes, qui avaient massé sur ce sec-
teur toutes leurs réserves du front. Des
unités entières se rendent aux troupes
de Wrangel et leur livrent les commis-
saires et les agitateurs bolchevistes. La
localité de Plavni a été occupée par les
troupes de Wrangel.
Dans la région du Dnieper inférieur,
l'arrière-frontbolchevique est aux prises
avec des détachements de paysans in-
surgés.
Les Négociations de Riga
»t«
Londres, 23 septembre,
Le correspondant spécial du Daily
Express apprend de Riga que les négo-
ciations procèdent avec quelque len-
teur. On craint des deux côtés de com-
mencer la série des travaux qui promet-
tent d'être laborieux. Le correspondant
déclare que le seul résultat de la jour-
née du 22 septembre a été une longue
conversation téléphonique de part et
d'autre entre les membres des déléga-
tions respectives.
Le correspondant a l'impression que,
des deux côtés, on semble avoir intérêt
à traîner les négociations en longueur.
ISLAMISME ET BOLCHEVISME
Constantinople, 23 septembre.
Le Congrès qui vient de se tenir à Ba-
kou du 1er au 8 septembre, et auquel
participaient l,800délégués de différents
pays asiatiques, a été consacré surtout à
l'étude des moyens les plu's propres à
lutter contre l'Entente. Un plan d'en-
semble a même été élaboré et transmis
pour approbation au gouvernement des
Soviets. Enver pacha, qui était venu de
Moscou pour assister au Congrès, a re-
commandé une étroite collaboration en-
tre l'Islam et les maximalistes.
Des fonds importants ont été mis à la
disposition du comité chargé d'organi-
ser l'agitation en Asie-Mineure et aux
Indes.
Incendies en Russie (?)
De grands incendies sont allumés en
Russie. Dans le Vologa, 500 maisons au-
raient été détruites, ensevelissant 150
personnes. A Saratov, 300 morts et
25,000 sinistrés.- On constate des confla-
grations dans la banlieue de Petrograd.
Un Exploit maritime
~t-
M. Dequine, âgé de soixante-deux ans,
qui accompagnait M. Adam, a traversé,
dans une barque, à la rame, la Manche
de Boulogne à Polkestone, en six
heures.
.L'élection de M. Millerand
AToulon, à Marseille, à Nantes et dans
nombre de villes de province, ainsi
qu'en Alsace et en'Lorraine, hier soir, les
monuments, pavois,és, ont été illuminés.
EN ALSACE-LORRAINE
A Strasbourg, aussitôt les résultats de
l'élection connus, de nombreuses mai-
sons ont été pavoisées. i
^Félicitations • 1
· Bruxelles, 23 septembre.
M. Delacroix, président du Conseil des
ministres de Belgique, a fait parvenir à
M. Millerand ce télégramme: •
Je prie Votre Excellence d'agréer les cha-
leureuses félicitations du gouvernement du
Roi à l'occasion de son élection à la Prési-
dence de la République française. J'y joins
l'expression des vœux que forme la Belgique
pour le bonheur personnel de Votre Excel-
lence et celui du, noble pays dont les desti-
nées lui sont confiées.
Permettez-moi, Monsieur le Président, de
vous exprimer la joie très vive que j'éprouvo
en vous transmettant ce message.
Signé Delacroix,
premier ministre.
L'Agitation en Italie
ti«
Les ouvriers n'évacuent pas les usines
Rome, 23 septembre.
L'accord intervenu, sous la pression
de M. Giolitti, entre les ouvriers et les
patrons métallurgistes, n'a pu réussir à
pacifier l'élément ouvrier tout entier.
Comme on l'avait déjà prévu, des diffi-
cultés d'interprétation s'élèvent déjà,
difficultés qui fournissent aux ouvriers
l'occasion de faire une véritable obstruc-
tion, tout au moins dans certains en-
droits.
Ils réclament, en effet, avec instance,
malgré les clauses de l'accord, qui ré-
glaient minutieusement cette question,
qu'on leur paie les heures de travail ef-
fectué pendant l'occupation des usines.
Ils réclament, en outre, qu'on leur ac-
corde immédiatement les congés prévus
aux termes de l'accord, et que les com-
missions qui ont pour charge de décider
sur les incompatibilités éventuelles
aient pris leur décision avant que ne
soient évacuées les usines.
On devine que ces prétentions parais-
sent excessives aux industriels. Ceux-ci,
en effet, entendents'en tenir strictement
à ce qui a été convenu dans l'accord im-
posé par le gouvernement et dont les
ouvriers métallurgistes s'étaient décla-
rés satisfaits.
La situation serait sans issue, chaque
parti restant obstinément sur ses posi-
titions. Toutefois, il semble que du côté
des ouvriers eux-mêmes, on soit à la
recherche d'un terrain d'entente ou d'un
compromis. C'est ainsi qu'afin de pren-
dre des décisions pleinement autorisées,
la F. I. 0. M. (Fédération italienne des
ouvriers métallurgistes) a résolu de sou-
mettre la question de l'évacuation des
usines à un référendum qui doit avoir
lieu demain.
Les abus des cheminots allemands
Berlin, 22 septembre.
Les cheminots, encouragés par la fai-
blesse du gouvernement qui leur a per-
mis de vérifier les trains à destination
de la Pologne et de se rendre compte si
des armées et des munitions n'étaient
pas transitées, s'arrogent maintenant le
droit de vérifier tous les trains empor-
tant des vivres à travers l'intérieur du
pays.
C'est principalement les trains qui
sont chargés de pommes de terre qui
sont arrêtés par les cheminots, sous le
prétexte que les paysans, par leur esprit
de lucre, opèrent une mauvaise réparti-
tion de ces vivres.
Le général Groener, ministre des com-
munications, a protesté contre ces abus
et a menacé les meneurs de sanctions.
Ceux-ci, encouragés par l'opinion publi-
que qui ne cesse de manifester contre la
cherté de la vie, semblent se soucier
fort peu des menaces du ministre.
DANS LA SARRE
.i.
Le colonel allemand Xylander déplacé
Berlin, 22 septembre.
Une information officielle annonce
que le lieutenant colonel Xytander,
membre de la commission allemande
de frontière pour la région de la Sarre,
a été relevé de ses fonctions.
[Le colonel Xylander s'était rendu insup-
portable par l'incorrection de son attitude et
l'esprit de chicane qu'il avait apporte dans
les travaux de la commission chargée de dé-
limiter la frontière entre la France et la
Sarre. Le gouvernement français avait exigé
son remplacement.] J
Le rattachement de l'Autriche
à l'Allemagne
Vienne, 23 septembre.
Les grands partis qui vont prendre
part, le 17 octobre, aux élections, à l'As-
semblée nationale, ont déjà pris posi-
tion dans la grande question du ratta-
chement de l'Autriche à l'Allemagne.
Le docteur Renner, porte parole du
parti social-démocrate et ministre des
affaires étrangères, s'est prononcé, dans
son discours de Salzbourg du 12 cou-
rant, et a suffisamment marqué sa ten-
dance en faisant l'éloge du parti panger-
maniste.
On apprend aujourd'hui que les
« Grossdeutsche » du parti national pro-
allemand songent à faire des élections
du 17 octobre à l'Assemblée nationale
une sorte de plébiscite en faveur de l'u-
nion austro-allemande. Le gouverne-
ment lui-même se trouve saisi de cette
question très actuelle et étudie l'oppor-
tunité du plébiscite.
L'état du lord-maire de Cork
Londres, 23 septembre.
Le dernier bulletin de santé du lord-
maire de Cork dit qu'il est très épuiséet
qu'il souffre de violentes douleurs a la
tète.
D'autre part, M. Art. O'Brien, prési-
dent de la ligue de la Sclf-Determina-
tion irlandaise, dément, dans une note
à la presse, que M. Mac Swiney soit
nourri. Il ajoute qu'il est taux qu'on lui
fasse des massages à l'huile ou à l'al-
cool.
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