Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1918-09-21
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 21 septembre 1918 21 septembre 1918
Description : 1918/09/21 (Numéro 264). 1918/09/21 (Numéro 264).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO SAMEDI 21 SEPTEMBRE 1918
la proposition autrichienne a été dictée plu-
tôt par le souci de renforcer la cohésion in-
térieure de la monarchie que par le désir de
collaborer efficacement à la solution du
conflit mondial.
Et la résolution se termine par l'affir-
mation suivante
C'est en définissant leurs buts de guerre,
d'accord avec le Etats-Unis, que les gouver-
nements alliés donneront aux travailleurs du
monde entier la conviction que s'ils sont ré-
solus à poursuivre la lutte, ce n'est point
pour répondre à l'agression des monarchies
centrales, mais dans la résolution de fonder,
sur des bases inébranlables, une paix juste,
durable et conforme aux aspirations des dé-
mocraties internationales,
1- EN RUSSIE
PETROGRAD OASIS SOCIALISTE
Au rapport d'un agent diplomatique neutre,
Petrograd est parcourue jour et nuit par des
bandes furieuses de gardes rouges, auxquelles
se sont joints des bandits de toute espèce.
Tous ceux dont les sentiments politiques
sont suspects, tous ceux qui ont la réputa-
tion d'avoir encore quelques ressources sont
brutalement arrêtés et fusillés sans jugement
bu après de honteux simulacres d'interroga-
toires. Des tribunaux révolutionnaires com-
posés de gamins de seize a viHgt ans ont en-
voyé à la mort, par centaines, des officiers à
cheveux blancs, des notables, des femmes,
jusqu'à des enfants. On fusille dans les rues
on fusille jusque dans les cours des maisons
perquisitionnées.
Et partout le pillage suit l'assassinat.
Dans certains quartiers, des groupes de
« bourgeois » ont organisé la résistance, et
de sanglants combats, où de part et d'autre
aucune me^ci n'est faite, se déroulent depuis
une semaine dans Petrograd. D'innombra-
bles incendies ont éclaté, la plupart provo-
( qués par les gardes rouges.
Soukhomlinof, l'ancien ministre de la
guerre, condamné pour trahison sous l'an-
cien régime et remis en liberté par le gou-
vernement de Lénine, a été fusillé le 8 sep-
tembre. On ignore le motif de sa condamna-
tion.
Un attentat contre la légation d'Espagne
Zurich, 20 septembre.
D'après un radiotélégramme adressé à
l'A B C de Madrid, par son correspondant
berlinois, la légation d'Espagne en Russie
aurait été l'objet d'un attentat. Un détache-
ment de la garde rouge aurait essayé d'y péné-
trer, et cette violation de domicile n'aurait été
empêchée que par l'énergie du chargé d'af-
faires, M. Contreras. Ce dernier aurait adressé
une réclamation énergique au « gouverne-
ment » de Moscou, qui lui aurait fait toutes sor-
tes d'excuses, promettant que de nouveaux at-
entats ne se reproduiraient pas.
Londres, 20 septembre.
Communiqué de la Russie septen-
trionale
Le 15 septembre, un aéroplane ennemi,
qui tentait de bombarder les lignes alliées, a
̃été abattu en flammes par le feu des canons.
L'observateur et le pilote ont échappé, mais
l'appareil, qui est tombé devant les avant-
postes alliés, a été capturé. Sur la Dvina, le
plus grand des vapeurs blindés ennemis a été
capturé. Sur le front mourman, il y a eu ré-
cemment plusieurs rencontres entre les Caré-
liens et des patrouilles ennemies qui ont
franchi la frontière finlandaise et pénétré en
Carélie (entre la Finlande «t la côte mour-
mane). Les'Caréliens, chaque fois victorieux,
ont fait des prisonniers et capturé des mi-
trailleuses et des fusils.
Le 16 septembre, les Caréliens ont infligé
une défaite sévère aux contingents commau-
des par des Allemands à Ukhtinskaya, à en-
viron cent milles à l'ouest de Kem et à qua-
rante milles à l'est de la frontière finlan-
daise. L'ennemi a subi de lourdes pertes et
a été poursuivi en désordre dans la direc-
tion de la frontière. Plus de mille fusils et
beaucoup de munitions, des bateaux et des
chevaux ont été capturés.
Amérique Latine
En Argentine
5,'v IiOi-Ohili et l'Argentine
Buenos-Aires, 20 septembre.
Présidée par le sénateur Gonzalez Bulnes
et composée de l'amiral Valdez, du major
Bari et de plusieurs autres officiers, l'ambas-
sade chilienne, venue pour assister à l'inau-
guraiiou du monument O'Higgins, érigé à
l'occasion de l'anniversaire de l'indépen-
dance du Chili, est arrivée à Buenos-Aires
avant-hier. Elle a été reçue par M. Pueyrre-
don, ministre des affaires étrangères, qu'ac-
compagnaient de nombreuses personnalités.
Hier, les membres de l'ambassade ont été
reçus par le président Irigoyea et ont as-
sisté à l'inauguration du monument. La cé-
rémonie fut une émouvante démonstration
de l'amitié qui lie la République Argentine
et le Chili.
La « Maison de France ». La Fédération
des mutualités françaises, réunie sous les
auspices du ministre de France, M. Gaussen,
et du consul, M. Stoff,. projette la fusion de
toutes les sociétés mutualistes francaises et
la création, à Buenos-Aires, d'une « Maison
dela France » et d'une caisse de retraite.
flGflDÉfîIE DES IBSGHIPTIOpS
L'Alsace romaine
L'Académie reçoit communication de
découvertes faites en Dobroudja.
M. Salomon Reinach lit une note de
M Camille Julliansur l'Alsace romaine.
Grâce au recueil des sculptures de la
Gauie romaine -publié par le comman-
dant lispérandieu, correspondant de
Flnstiiut, nous pouvons1 maintenant
ajouter le témoignage des monuments à
celui des textes littéraires et épigraphi-
ques ce qui n'est pas romain en Alsace
est gaulois.
Rien n'est resté du germanisme des
Triboques, troupe provenant de l'armée
d'Arioviste, que César et Auguste lais-
sèrent autour de Brumath. Le groupe
fameux du cavalier porté par le géant
onguipède est, non pas germanique,
comme on l'a dit souvent, mais bien
celtique. Les sculptures des tombes de
l'Alsace gallo-romaine se rattachent plus
particulièrement à la Lorraine, car les
affinités étaient et demeurèrent étroites
entre les populations des deux versants
des Vosges.
L'attraction de l'Alsace, même à l'é-
poque romaine, se fit, comme elle se
faisait depuis des siècles, du côté de ses
parents de Gaule.
M. Salomon Reinach lit encore un
mémoire de MM. l'abbé Breuil et Ray-
mond Lantier sur un oppidum ibérique.
Sur la proposition de. M. Henri Cor-
dier, au nom de la commission Garnier,
l'Académie accorde une subvention de
5,000 francs à M. L. Auroussan, profes-
seur à l 'Ecolo française d'Extrême-
Orient, pour une mission archéologique
en Mandchourie et en Mongolie.
M. Paul Girard, président, prononce
l'éloge du regretté Charles Bayet, cor-
respondant de l'Académie, et lève la
séance.
Cb. Dauzats.
LA CHAMBRE
~$1110--
CRÉDITS SUPPLEMENTAIRES
ET DOUZIEMES PROVISOIRES
La Chambre a discuté hier les crédits
supplémentaires concernant les dépen-
ses militaires et les dépenses exception-
nelles des services civils. Ces crédits se
montent à la somme de 390,571,895
francs.
Dans la discussion générale, M. Em-
manuel Brousse, gardien vigilant des
deniers pubàcs, a présenté quelques
observations et préconisé des écono-
mies.
Je ne vois rien de particulièrement
intéressant à signaler dans la discussion
des différents chapitres. Celui-ci propose
une augmentation, celui-là une diminu-
tion. Le ministre des finances, dont le
rôle dans un débat de ce genre est assez
ingrat, promet ou refuse. M. Klotz re-
fuse souvent. Et il a raison. La Chambre,
au surplus, suit assez volontiers ses indi-
cations. C'est dire que peu de change-
ments ont été introduits dans ces cha-
pitres. L'ensemble a été voté.
Puis la Chambre a abordé ensuite
l'examen des douzièmes provisoires pour
le quatrième trimestre de l'exercice
1918 qui se montent à la somme de
12 milliards 185 millions.
Il n'y a à signaler que le vote d'un
crédit supplémentaire de 10 millions,
accepté par M. Klotz, pour envoi de se-
cours aux prisonniers de guerre.
L'ensemble du projet a été voté par
467 voix contre 4.
En fin de séance, la Chambre adopte
le projet de loi relevant, pour une durée
de six années, le tarif des colis pos-
taux.
Séance mardi.
Autour de la Politique
L'affaire Malvy
On communique le procès-verbal suivant:
La commission de 44 membres, chargée d'exa-
miner les pièces concernant la condamnation
de M. Malvy, député du Lot, s'est réunie, cet
après-midi, sous la présidence de M. Louis An-
drieux, doyen d'âge, qui a fait procéder à la
nomination du bureau.
Sont élus à l'unanimité président, M. Fernand
David vice-présidents MM. Marcel Sembat,
Daniel-Vincent, Andrieux.
Secrétaires MM. Marius Montet, Pierre Ro-
bert, Lucien Dumont, Denais.
Sur la proposition de M. Marcel Sembat, la
parole est donnée à un représentant de chaque
groupe pour exposer la thèse soutenue au mo-
ment do la désignation des commissaires.
MM. Montet, Painlevé, Dalimier, Fernand
David, Thomson, Lairolle, Leredu, Denais, Lu-
cien Dumont, Bertrand de Mun exposent les
idées de tour groupe.
M. Péchadi'e propose qu'on demande commu-
nication au président de la Haute Cour de jus-
tice de l'intégralité du dossier de l'affaire
Malvy.
M. Marcel Sembat, faisant remarquer que la
question est prématurée, demande l'ajournement
de la proposition jusqu'au moment où la com-
mission pourra apprécier si elle a besoin ou non
de cette communication qui, d'ailleurs, pourrait
être faite à son rapporteur.
La commission se range à cet avis et la pro-
chaine séance est fixée au vendredi 11 oc-
tobre.
POUR L'EMPRUNT
Un commissariat à l'Emprunt national.
Le Journal officiel a promulgué hier la loi
autorisant le nouvel Emprunt do la Défense
nationale.
Eu vue de donner à l'opération l'ampleur
que justifie la marche des événements, le
ministre des, finances a jugé opportun de
confier à un organisme spécial le soin de
coordonner les efforts de propagande et d'in-
tensifier l'appel fait au pays.
A cet effet, un décret institue un commis-
sariat à l'Emprunt national qui fonctionne
sous la haute autorité du ministre et qui est
constitué comme suit le commandant Chaix,
chef du centre d'action de propagande; Mar-
cel Charlet, ministre plénipotentiaire; 0.
Homberg, président de la commission des
changes Loquet, sous-gouverneur de la
Banque de France de Verneuil, syndic ho-
noraire des agents de change; Daniel Zella,
président de la commission de propagande
du comité de l'or.
M. Octave Homberg est désigné en qualité
de commissaire délégué. M. J. Chevalier, di-
recteur de l'Office national des. valeurs mo-
bilières, en qualité de secrétaire général du
commissariat.
Les porteurs de fonds russes et le prochain
emprunt. Conformément aux engagements
pris par le ministre des finances devant lés
Chambres, des mesures sont arrêtées en vue
de garantir que l'admission des coupons
russes en libération des souscriptions à l'em-
prunt profitera au propriétaire du titre, à
l'exclusion des intermédiaires qui se seraient
efforcés, en achetant des coupons avant la
publication du décret, de s'assurer un béné-
fice abusif.
Les porteurs de fonds russes ont d'ailleurs
tout intérêt à conserver leurs coupons dont,
grâce aux dispositions qui seront incessam-
ment pprtées à leur connaissance, ils sont
certains de pouvoir, en tout état de cause,
tirer parti pour leur pleine valeur, à l'occa-
sion des opérations de l'emprunt.
Billets des régions envahies. -A l'occasion
de la discussion du projet de loi concer ant
l'émission du prochain emprunt, M. Ceccaldi,
député, avait déposé un amendement ten-
dant à l'admission à la souscription, des
bons de monnaie des régions envahies. Cette
mesure qui aurait facilité la réalisation par
sommes illimitées, de valeurs émises sous la
domination de l'ennemi, ne pouvait être
acceptée en considération de puissants mo-
tifs d'intérêt public.
Mais, afin de donner aux rapatriés une
nouvelle marque de la- sympathie nationale,
les ministres de l'intérieur et des finances se
sont mis d'accord pour autoriser le double-
ment des échanges auxquels auront droit les
porteurs de bons de monnaie au cours des
mois d'octobre, de novembre et décembre
prochains.
M. Klotz, ministre des finances, vient d'in-
former M. Ceccaldi que des instructions vont
être incessamment envoyées en vue de l'ap-
plication de cette mesure, qui permettra de
toucher pour chacun des mois ci-dessus
400 francs au lieu de 200 francs par adulte et
120 francs au lieu de 60 francs par enfant.
ÉCHOS
Nous recevons une brochure italienne
destinée à établir auprès des peuples
civilisés quels indignes et abominables
traitements ontsubis en Autriche les pri-
sonniers italiens.
Le texte de cette brochure, signée
du capitaine Ximénès Antonio, ex-pri-
sonnier de guerre; de l'abbé Domenico,
aumônier militaire du docteur Giorgio
Cevolotto, ex-prisonnier de guerre, cons-
titue un effroyable réquisitoire.
D'une éloquence plus décisive encore
sont les photographies dont cette bro-
chure est abondamment pourvue.
Ces témoignages-là ne peuvent pas
être récusés. L'état dans lequel les pri-
sonniers italiens sont rendus par l'Au-
triche y est représenté avec une exac-
titude si émouvante qu'une telle cruauté
crie vengeance.
Cham peaux.
Des affiches jaunes placardées dans
Paris annoncent pour les lundi 7 et 21 oc-
tobre et jours suivants la mise aux en-
chères publiques du restaurant Cham-
peaux, qui fut une des gloires de la cui-
sine française et l'un des rendez-vous
les plus célèbres du Tout-Paris de la
finance.
Ainsi vont s'éparpiller aux quatre
vents des caprices d'amateurs, champa-
gnes, fines et liqueurs de hautes mar-
ques et les grands vins qui rehaussè-
rent les délices de tant de repas délecta-
bles. Meubles, glaces, pianos et tout ce
qui formait le décor fameux de Cham-
peaux seront sacrifiés à la seconde vaca-
tion.
-o.o
· « LE FANTÔME »
Après le rire, l'émotion. Select-Collection
(la jolie collection de romans à i fr. 20, de
l'éditeur Flammarion) a publié, il y a quinze
jours, avec un vif succès, la Dutne très
blonde, le si amusant volume des brillants
humoristes Max et Alex Fischer elle publie
aujourd'hui le Fantôme, un des plus poi-
gnants romans du maître romancier qu'est
Paul Bourget, de l'Académie française.
Le Fantôme est un roman captivant, poi-
gnant, un des plus parfaits de Paul Bourget;
les ravages .d'un amour dramatique y sont
étudiés avec une prodigieuse maîtrise. Ache-
tez et lisez aujourd'hui le Fantôme..
Sur un boulevard éloigné du centre
de Paris, une vaste tapissière attelée de
trois chevaux est arrêtée.
La tapissière est vide, mais voici ve-
nir, silencieuse, la troupe des voyageurs
qui vont y reprendre- leurs places. Ils
sont habillés de kaki, coiffés de casquet-
tes et de feutres mous. Ce sont des tom-
mies et des yanks qu'on a menés voir,
dans une petite rue'voisine, deux mo-
destes boutiques démolies par un pro-
jectile boche un des points de chute du
raid de dimanche dernier.
Tommies et yanks sont remontés en
voiture et continuent leur promenade.
Ils vont visiter les autres points de
chute. Excellente promenade, pleine
d'enseignements, et de laquelle nos
chers alliés rapporteront les sentiments
dont le Boche est digne
Le Masque de Fer.
Journaux et^Périodiques
Nos Boches
Sous ce titre, M. Latapie, dans la Li-
berté, écrit un vigoureux article, qui lui
est inspiré par certains propos tenus à
la Chambre et par un article de l'Eve-
ning Standard, disant ceci
Alors que la France lutte pour sa vie et
que l'envahisseur est encore sur son terri-
toire, il est très surprenant qu'on permette à
ce député (M. Jean Longuet) d'osciller entre
Paris et Londres et de poursuivre librement
sa propagande si dangereuse pour l'honneur
de la France et, quelles que soient ses inten-
tions, si utile en fait pour l'ennemi..
M. Latapie écrit
Nous devons des excuses à M. Jean Lon-
guet. On l'appelait partout « quart de Bo-
che », c'est Boche tout court qu'il faut dire.
Hier. au Congrès travailliste interallié à
Londres, il a soutenu la cause des bolche-
viks russes qui viennent de signer une al-
liance militaire avec l'Allemagne. Ceux-ci
sont donc officiellement des ennemis. Mais,
s'il est Criminel de faire du commerce avec
l'ennemi, il est encore bien plus criminel de
faire de la politique pour l'ennemi et de se
proclamer solidaire de l'ennemi. Il y a dans
les prisons de France des hommes condam-
nés pour avoir tenu des propos singulière-
ment moins graves.
Et à la suite de l'interruption de M.
Mayéras, criant à M. Klotz
Ce sera l'emprunt de l'intervention en
Russie,
M. Latapie cite encore cette interrup-
tion de M. Raffin-Dugens
« La Russie nous a entraînés dans la
guerre, etc.»
Ainsi les thèses allemandes et le Kaiser
assassin trouvent des défenseurs parmi
nous, jusque sur les bancs de la représenta-
tion nationale. Et cela au moment où nos
soldats luttent avec un acharnement magni-
fique pour libérer la patrie encore opprimée
par les bottes allemandes.
Mais si ces hommes sont des représentants
de la nation, il reste à savoir de quelle na-
tion.
D'ailleurs, l'ambassade de Russie fait
parvenir à la presse, au nom des grou-
pements russes résidant en France, cette
proclamation
Des entrefilets paraissant de temps en
temps dans la presse au sujet de l'interven-
tion donnent l'occasion à ses ennemis d'af Qr-
mer qu'un mouvement hostile à l'interven-
tion s'observerait parmi les Russes.
Nous, représentants de la « Ligue pour la
régénération de la Russie », de la « Ligue des
Russes fidèles à la patrie et aux alliances »
et de la « Ligue républicaine russe », consi-
dérons de notre devoir moral de déclarer
hautement qu'en ce qui concorne l'interven-
tion, une telle affirmation ne peut être autre
que celle de bolcheviks ou de germano-
philes.
Nous tous qui désirons le rétablissement
du droit et de l'ordre en Russie, nous consi-
dérons l'intervention comme le seul moyen
de sauver la Russie. Notre ennemi commun,
les Allemands, ne cédera qu'à la force armée.
Les Alliés seuls sont en mesure d'aider au
rétablissement de la Russie.
Les obstacles créés aux Alliés par les
agents du germanisme les bolcheviks
seront d'autant plus vite vaincus que l'inter-
vention des Allies sera menée plus efficace-
ment et résolument et dans un accord
complet avec les éléments sains du peuple
russe.
La partie saine de la Russie est restée
fidèle à l'Entente. Nous lui devons notre
secours contre les bolcheviks.
Ls Liseur.
DERNIÈRE HEURE
Kyrielle de noies
Anistordam, 20 septembre.
La Haagsche Post publie un rensei-
gnement d'un correspondant spécial qui
dit apprendre de source exceptionnelle-
meiit bien informée que le comte Burian
a l'intention de faire suivre sa première
démarche par d'autres, jusqu'à ce qu'il
devienne possible d'entamer des pourpar-
lers.
L'Origine de la Note Burian
Bâle, 20 septembre.
Le correspondant viennois de la Na-
tional Zeitung envoie à son journal l'in-
formation suivante sur l'origine de la
note Burian.
Cette note, préparée dès juillet, fut
discutée en août au grand quartier gé-
néral, lors de l'entrevue des deux Kai-
sers. Après un deuxième examen, qui
eut lieu à Vienne, il fut décidé que la
note serait expédiée le second dimanche
de septembre.
Le tsar Ferdinand, le grand vizir Ta-
laat pacha et l'amiral von Hintze
connurent le texte de la note et l'approu-
vèrent.
Malgré cela, dit le correspondant du
journal suisse le document demeure un
acte personnel et spontané du comte
Burian et ne doit nullement être consi-
déré comme une démarche officielle de
la Quadruplice.
Plusieurs hommes politiques autri-
chiens et quelques mem bres du Reichstag
allemand étaient renseignés sur la dé-
marche en préparation. La plupart des
journaux viennois exaltent la note Bu-
rian, mais les journaux pangermanistes
autrichiens l'attaquent furieusement.
Suivaht'lè" '.iWjflVyÇorr'espondant, le
comte Burian a élaboré un- projet de
règlement de la question yougo-slave.
-=oc--
L'Allemagne et l'Alsace-Lorraine
Amsterdam, 20 septembre.
Commentant la nouvelle annonçant la
création d'un comité consultatif de l'Al-
sace-Lorraine, présidé par M. Cambon,
la Gazette de V Allemagne du Nord
écrit ̃̃
Le moment choisi pour sa publication
donne à cot événement une signification po-
litique particulière. Il aurait pu rester in-
discuté s'il ne montrait ofi il faut trouver le
plus grand obstacle à la paix du monde.
Sans tenir compte des faits et de ses inté-
rêts réels, mais aussi sans tenir compte de
l'avenir de l'Europe, de la paix du monde et
des intérêts de ses alliés, la France poursuit
une politique purement sentimentale qui lui
fait tout risquer sur une carte, soit de re-
couvrer l'Alsace-Lorraine, soit de périr.
Le journal croit que cette politique
donnera lieu un jour à une réaction po-
litique dans les pays alliés de la France
et dit que l'appréhension du moment de
cette réaction explique en grande me-
sure l'aversion que la France éprouve à
discuter la paix, parce que la discussion
démontrerait que 'le point de' vue fran-
çais sur la question de l'Alsace-Lorraine
n'est ni dans les intérêts de l'Entente, ni
compatible avec les prétendus buts gé-
néraux de lEntente, mais ne repré-
sente qu'un but de conquête égoïste de
la France.
--000--
DIPLOMATES ALLIES ARËTÉS PAR LES BOLCHEVIKS
Bâle, 20 septembre.
Ou mande de Petrograd au Lokal An-
zeiger que les représentants de laFrance,
de l'Angleterre, des Etats-Unis et de
l'Italie en Rôumanie qui, après la paix
de la Roumanie avec les Empires cen-
traux, s'étaient retirés en Russie, ont été
arrêtés sur l'ordre des bolcheviks.
--<:>oc--
La Conférence travailliste
Londres, 20 septembre.
La réunion d'aujourd'hui a été tenue
sous la présidence de M. Debrouckère,
délégué belge. Deux résolutions impor-
tantes ont été votées.
1° La question de la paix. La confé-
rence adopte le programme du Prési-
dent Wilson, formulé dans les quatorze
articles du message de janvier dernier.
Elle demande que les Alliés fassent une
déclaration' cffmrïiune fondée s,ur ces ar-
ticles, et souhaite la réunion d'un congrès
travailliste international dans les mêmes
temps et lieu où se tiendra le Congrès de
la paix.
2° L intervention en Russie. -La confé-
rence l'approuve à une forte majorité, à
condition qu'elle n'ait d'autre motif que
de sauvegarder la démocratie et la li-
berté et de conserver les fruits de la
Révolution d'une façon permanente.
Un incident a permis à de nombreux
délégués de faire justice du prétendu
impérialisme dont les germanophiles
accusent les Alliés. Un député du La-
bour Party, M. Kneeshaw; a reproché à
ceux-ci les traités secrets qui les enga-
gent dans une guerre de conquêtes, fai-
sant allusion à l'engagement d'honneur
qui liait l'Angleterre et la France dès
1912.
On a rappelé à M. Kneeshaw les ex-
plications que M. Lloyd George avait
lui-même données de cet engagement.
Puis divers orateurs ont montré qu'il
n'y avait rien de commun entre les
conditions de paix des Alliés et l'impé-
rialisme.
Il n'y a personne, a dit M. J.-H. Thomas,
qui désapprouve les traités secrets plus que
l'ouvrier britannique, mais nous savons que
la gi}firre ne peut pas être terminée avant
que l'Allemagne évacue soit volontairement,
soit contrainte et forcée, la France et la Bel-
gique. Nous n'avons pas la moindre inten-
tion de laisser l'Allemagne agir à sa guise
dans l'Est. Nous nous en tenons au mémo-
randùn interallié, et nous ne pourrons ja-
mais nous déclarer d'accord sur une paix
comme celle de Brest-Litovsk.
Parmi de nombreuses protestations,
notons encore celle de M. Albert Tho-
mas
En France, en 1914, la classe ouvrière, de
même que les autres classes, a'eu le senti-
ment qu'elle combattait pour une cause
juste. Cette conviction existe toujours, quels
que soient les documents qui ont pu être pu-
bliés depuis.
La conférence a terminé ses travaux.
M. Sam Gompers et les autres délé-
gués de la fédération américaine du tra-
vail se rendront la semaine prochaine
en France, afin d'entrer en relations
plus étroites avec les travaillistes fran-
çais.
Les Turcs à Bakou
Bakou, qui est occupé par les Turcs,
est en flammes. Les explosions se suc-
cèdent. Les réservoirs de pétrole sont
en feu.
La ville est livrée au pillage. La po-
pulation, en proie à la panique, s'enfuit
de tous côtés.
Selon la Gazette de Voss, un télé-
gramme reçu par l'ambassade russe à
Berlin dit que la prise de Bakou par les
Turcs fait naître de très graves appré-
hensions en Russie, non seulement au
point de vue économique, toute la navi-
gation de la Caspienne et du Volga
et l'industrie du sud-est de la Russie
risquant d'être arrêtée si le pétrole
indispensable qu'elles recevaient de
Bakou n'arrive plus, mais aussi au point
de vue politique, en ce sens que la Rus-
sie serait dégagée envers l'Allemagne
des obligations qu'elle a si l'Allemagne
ne tenait pas les engagements d'une
importance primordiale qu'elle avait
pris.
UNE FRANÇAISE'
Le correspondant du Times à l'armée bri-
tannique télégraphie
Au cours des opérations récentes, l'un
des actes de bravoure les plus remar-
quables fut accompli par une jeune
Française, « la jeune fille de la ferme de
Souleuvre », qui s'échappa de nuit des
lignes allemandes et parcourut deux à
trois milles à travers le barrage de l'ar-
tillerie lourde allemande.
La ferme de Souleuvre était un point
important de la défense allemande, et
les renseignements que donna l'hé-
roïque jeune fille furent de la plus
grande valeur.
La, Fête nationale italienne
Rome, 20 septembre.
A l'occasion de la Fête nationale, la
ville tout entière est pavoisée aux cou-
leurs italiennes et alliées. Le maire-ad-
joint et les autorités ont adressé au Roi
des souhaits et des hommages auxquels
Sa Majesté a répondu en appelant de
ses vœux le triomphe de la justice qui
devra assurer à la patrie l'achèvement
de son unité nationale.
L'Italie, dit en terminant le message royal,
attend dans sa foi inébranlable, travaillant
fortement et souffrant avec une vertu ro-
maine, le jour pour lequel des milliers et
des milliers de héros de cette guerre répan-
dent leur jeune sang.
« Toute la jeunesse en cortège s'est ren-
due ce matin au Capitole et devant la
brèche de la porte Pia. Une plaque a été
inaugurée en mémoire de Nazario Sauro,
des discours ont été prononcés. Enfin
le détachement de soldats français, dont t
les officiers ont été chaleureusement
reçus par le général Marini, a assisté
aux fêtes sportives du Stade de la villa
Borghèse et a été vivement acelamé.
MORT D'UN FIlToTrOI DE SUÈDE
Stockholm, 20 septembre.
Le prince Eric, duc de Vaestmanland,
le plus jeune fils du roi de Suède, vient
de mourir, au château de Drottningholm,
d'une pneumonie causée par la grippe
espagnole; il était âgé de vingt-neuf
ans.
Le roi et le prince héritier, partis pour
la Scanie, mercredi dernier, sont reve-
nus à Stockholm ce matin.
Le prince Guillaume est arrivé égale-
ment à Stockholm.
La reine a remis à plus tard son voyage
dans le sud.
--c:>oc:>
La Presse de ce matin
LES SOCIALISTES A LONDRES
La République française (M. Louis
Latapie)
De tous les Français égarés qui expient en
prison, à cette heure, des actes ou des pro-
pos de trahison, il n'en est pas qui en ait
plus dit que ce Longuet. Est-ce qu'il va
jouir d'une immunité spéciale parce qu'il
est représentant de la Nation ? Mais un re-
représentant de la Nation est tenu au respect
envers les lois et envers la patrie plus que
n'importe quel autre citoyen. Il doit l'exem-
ple. Et si c 1 est l'exemple de la défection et
de la révolte qu'il donne lorsque la patrie
est en danger, sa responsabilité est plus
grande et son crime plus abominable.
De la Démocratie Nouvelle (le nouveau
journal qui débute aujourd'hui)
M. Monier, ancien premier président de
la Cour d'appel et ancien procureur de la
République, a été, on se le rappelle, déclaré
déchu de ses fonctions par la Cour de cas-
sation siégeant comme Conseil supérieur de
la magistrature, à la suite de l'affaire Bolo.
La grande chancellerie de la Légion d'hon-
neur vient à son tour de prononcer à son
égard la peine de cinq ans de suspension du
port de la croix de commandeur de la Légion
d'honneur.
AUTOUR DE LA GUERRE
DISPARITION DE BOYAU
Des nouvelles parvenues du front annon-
cent que l'aviateur Boyau n'a pas reparu à
son escadrille depuis le 18 septembre. Parti
ce jour-là pour la chasse aux « drachen »
sa spécialité il n'est pas rentré. On
espère encore qu'il n'est que prisonnier et
qu'il a été obligé d'atterrir dans les lignes
ennemies.
Avant de se distinguer dans l'aviation,
Boyau s'était acquis, comme capitaine de
l'équipe de football de Dax, une réputation
sportive, et il avait participé à différents
matches internationaux. Coureur cycliste, il
disputa l'épreuve Paris-Bordeaux et fut, en
cours de route, victime d'un assez grave ac-
cident.
Le vendredi 13 septembre dernier, au re-
tour d'une permission, Boyau livrait combat
à six avions ennemis et en abattait un.
Obligé d'atterrir, il repartait le lendemain et
incendiait un « drachen » avec le sous-lieu-
tenant Haegelen. C'était sa 32e victoire. Il
remporta ses 33e et 34° succès le dimanche,
le 35e le lundi.
Parmi ces 35 victoires, on compte 33 bal-
lons d'observation incendiés.
L'UNION DIPLOMATIQUE DE L'ENTENTE
La question de l'établissement d'un conseil
diplomatique interallié, correspondant au
conseil militaire de Versailles, intéresse vi-
vement la presse londonienne. Un article du
Times recommandant l'unité 4e contrôle di-
plomatique, comme suite logique de l'unité
de commandement et de l'unité de coopéra-
tion économique, a été reproduit par tous les
journaux anglais du soir.
heJ$&n(Le fyfoWh
DANS LES AMBASSADES
On annonce de Londres que S. Exc. M.
Walter Hines Page, ancien ambassadeur des
Etats-Unis auprès du gouvernement britan-
nique, et Mme Page ont été les hôtes, à
Windsor Castle de LL. MM. le roi et la
reine :d'Angleterre, qui ont donné un dîner
d'adieu en leur honneur.
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
On télégraphie de Washington, que M.
Franklin Roosevelt, secrétaire adjoint de la
marine, rentrant aux .Etats-Unis, est arrivé
dans.un port dé l'Atlantique:
Il souffre d'une pneumonie bénigne qui re-
tardera de plusieurs jours son retour à Was-
hington.
M. Boulet-Desbareau Maurice-Adrien (ac-
tive), lieutenant-colonel commandant le 3290
R. I, a été nommé officier de la Légion d'hon-
neur
Chef de corps hors pair, qui par son ascen-
cant moral a su inculquer à son régiment le
plus haut 'sentiment du devoir, et a obtenu de
lui, pendant les combats du 17 au 27 juillet mal-
pré de lourdes pertes, un effort magnifique et
ininterrompu qui a abouti à la défaite compléta
de l'ennemi et à la capture d'un matériel consi-
dérable, dont 5 canons de gros calibre. Quatre
citations. Croix de guerre avec palme.
Le 6° groupe du 2850 régiment d'artille-
rie lourde vient d'être cité à l'ordre du corps
d'armée.
Sous le commandement du chef d'escadroa
Mercier, a fait preuve d'un allant et d'une éner-
gie extrêmement remarquables, en se maintenant
constamment, au cours d'une progression de
18 kilomètres en 7 jours, à hauteur des batteries
de campagne les plus avancées, se déplaçant
chaque nuit, et fournissant dès le matin des tirs
puissants dont la précision a pu être constatée
au cours des progrès réalisés sur le terrain.
Les belles citations
Le capitaine de corvette Bargone a été
cité dans les termes suivants à l'ordre du jour
de l'artillerie d'assaut
Commandant un char de combat, l'a conduit
bravement à l'attaque en triomphant des diffi-
cultés d'un terrain détrempé et bouleversé. Le,
char, immobilisé ensuite par une panne, il ne l'a
pas quitté jusqu'au lendemain, malgré le bom-
bardement.
Le capitaine de corvette Bargone n'est
autre que le brillant écrivain Claude Farrére.
Le sous-lieutenant Robert Plateau, 2*
compagnie de mitrailleuses au 67° régiment
d'infanterie
Officier mitrailleur d'une belle énergie. Le
Ie1' avril 1918, au moment où le combat devenait
incertain, a rassemblé des isolés hésitants sous
un violent tir de barrage, les a entraînés par sa
belle assurance et aainsi contribué au renforce-
ment de la première ligne affaiblie. (Deux fois
blessé, une fois cité.)
Après avoir reçu son deuxième galon, le
lieutenant Robert Plateau a été nommé, le 24
août, chevalier de la Légion d'honneur.
Il est le fils ainé du docteur I. Plateau.
Son frère cadet, le lieutenant d'aviation Mar-
cel Plateau, grièvement blessé au retour d'une
expédition aérienne, est chevalier de la Légion
d'honneur depuis l'année dernière.
Le sous-lieutenant Charles Brousse, pi-
lote à l'escadrille Br. 126, avocat à la Cour
d'appel, vient d'être l'objet de la belle cita-
tion suivante
Officiel pilote d'une adresse et d'un courage
remarquables. Réformé deux fois, s'est engagé
dans l'aviation où il ne cesse de faire preuve
des plus belles qualités militaires. A pris part à
tous les bombardements de son escadrille, ren-
trant fréquemment avec des balles et des éclats
d'obus dans son appareil. A contribué à abattre
un avion ennemi.
Le sous-lieutenant Charles Brousse est le
fils de M. Emmanuel Brousse, député des
Pyrénées-Orientales.
BIENFAISANCE
Londres célébrera aujourd'hui lanée des Indes », organisée par la princesse
Duleep Singh.
La population de Londres s'apprête à ren-
dre aux vaillants soldats hindous de chaleu-
reux hommages et à leur témoigner la grati-
tude qu'ils méritent.
Le maréchal French, qui commande à pré-
sent en Irlande, a écrit à l'organisatrice bien-
faisante de cette journée une lettre qui rend
à la bravoure et au dévouement des troupes
hindoues un hommage sans réserve.
MARIAGES
On annonce le mariage de Mlle Made-
leine Drapier, fille de M. et de Mme Jules
Drapier, avec M. Miégeville, fils du colonel
Miégeville, chef d'état-major à Toulouse, et
de Mme Miégeville.
On annonce le mariage de Mlle Yvonne
Hellot, fille du docteur Emile Hellot, prési-
dent honoraire de l'Union des Sociétés de pré-
paration militaire de France, et de madame
née Lecloux, avec le docteur Détis, médecin-
major aux armées, décoré de la croix de
guerre, fils du docteur Detis, et de madame
née Lebrun.
DEUIL
Hier matin, à dix heures, ont été célé-
brées les obsèques de M. Abel Ferry, député,
mort au champ d'honneur.
La cérémonie et la réunion eurent lieu au
domicile du défunt, rue Bayard. Le vestibule
de l'hôtel était transformé en chapelle ar-
dente, et des détachements de la garnison de
Paris rendirent les honneurs.
Le Président de la République, accompa-
gné du général Duparge, assistait à la céré-
monie, ainsi que M. G. Clemenceau, prési-
dent du Conseil, accompagné du général
Mordacq, et M. Paul Deschanel, auquel s'é-
taient joints de très nombreux députés.
Mme Raymond Poincaré était également
présente.
Citons en outre, parmi les membres du
gouvernement, MM. Georges Leygues, K'otz
et Loucheur. Et, dans l'assistance, MM.
Louis Barthou, André Tardieu, Georges Man-
del, les généraux Pédoya, Duru, Varin, etc.
M. René Renoult, président de la commis-
sion de l'armée, rendit un éloquent et émou-
vant hommage à la mémoire du défunt.' Le
deuil était conduit par Mme Abel Ferry,
Mme Jules Ferry et M. Berger, la veuve, la
tante et le beau-frère du défunt.
L'inhumation provisoire a été faite au
Père-Lachaise, en attendant le transfert du
corps à Foucharupt, près de Saint-Dié, dans
le caveau où repose Jules Ferry.
Le 16 septembre a été célébré à Saven-
nières (Maine-et-Loire) un service religieux
pour le repos de l'âme du comte Sanche de
Gramont, lieutenant au 3° cuirassiers, passé
sur sa demande dans l'aviation de chasse,
commandant l'escadrille N. 471, décoré de la
croix de guerre avec palme, tué en combat
aérien le 3 juillet dernier, fils du comte
Arnaud de Gramont, membre de l'Institut, et
de la comtesse née Brincard.
Des officiers pilotes étaient venus repré-
senter le groupe d'escadrilles.
Une messe sera célébrée' ultérieurement à
Paris.
Mme Pierre Colle, née Eysembout, vice-
présidente de l'œuvre du Bon Accueil, à la
gare de Lyon, est décédée à Paris, hier,
30 septembre, dans sa trente-huitième année.
C'était une femme du plus haut'mérite, qui
succomba à la peine, victime de son effort
charitable et de son inlassable dévouement.
Réunion à l'église Saint-Lambert de Vaugi-
rard, lundi, à dix heures. Etant donné leb cir-
constances, il ne sera pas envoyé de lettres
de faire-part.
Le comte François de NoS, est décédé au
la proposition autrichienne a été dictée plu-
tôt par le souci de renforcer la cohésion in-
térieure de la monarchie que par le désir de
collaborer efficacement à la solution du
conflit mondial.
Et la résolution se termine par l'affir-
mation suivante
C'est en définissant leurs buts de guerre,
d'accord avec le Etats-Unis, que les gouver-
nements alliés donneront aux travailleurs du
monde entier la conviction que s'ils sont ré-
solus à poursuivre la lutte, ce n'est point
pour répondre à l'agression des monarchies
centrales, mais dans la résolution de fonder,
sur des bases inébranlables, une paix juste,
durable et conforme aux aspirations des dé-
mocraties internationales,
1- EN RUSSIE
PETROGRAD OASIS SOCIALISTE
Au rapport d'un agent diplomatique neutre,
Petrograd est parcourue jour et nuit par des
bandes furieuses de gardes rouges, auxquelles
se sont joints des bandits de toute espèce.
Tous ceux dont les sentiments politiques
sont suspects, tous ceux qui ont la réputa-
tion d'avoir encore quelques ressources sont
brutalement arrêtés et fusillés sans jugement
bu après de honteux simulacres d'interroga-
toires. Des tribunaux révolutionnaires com-
posés de gamins de seize a viHgt ans ont en-
voyé à la mort, par centaines, des officiers à
cheveux blancs, des notables, des femmes,
jusqu'à des enfants. On fusille dans les rues
on fusille jusque dans les cours des maisons
perquisitionnées.
Et partout le pillage suit l'assassinat.
Dans certains quartiers, des groupes de
« bourgeois » ont organisé la résistance, et
de sanglants combats, où de part et d'autre
aucune me^ci n'est faite, se déroulent depuis
une semaine dans Petrograd. D'innombra-
bles incendies ont éclaté, la plupart provo-
( qués par les gardes rouges.
Soukhomlinof, l'ancien ministre de la
guerre, condamné pour trahison sous l'an-
cien régime et remis en liberté par le gou-
vernement de Lénine, a été fusillé le 8 sep-
tembre. On ignore le motif de sa condamna-
tion.
Un attentat contre la légation d'Espagne
Zurich, 20 septembre.
D'après un radiotélégramme adressé à
l'A B C de Madrid, par son correspondant
berlinois, la légation d'Espagne en Russie
aurait été l'objet d'un attentat. Un détache-
ment de la garde rouge aurait essayé d'y péné-
trer, et cette violation de domicile n'aurait été
empêchée que par l'énergie du chargé d'af-
faires, M. Contreras. Ce dernier aurait adressé
une réclamation énergique au « gouverne-
ment » de Moscou, qui lui aurait fait toutes sor-
tes d'excuses, promettant que de nouveaux at-
entats ne se reproduiraient pas.
Londres, 20 septembre.
Communiqué de la Russie septen-
trionale
Le 15 septembre, un aéroplane ennemi,
qui tentait de bombarder les lignes alliées, a
̃été abattu en flammes par le feu des canons.
L'observateur et le pilote ont échappé, mais
l'appareil, qui est tombé devant les avant-
postes alliés, a été capturé. Sur la Dvina, le
plus grand des vapeurs blindés ennemis a été
capturé. Sur le front mourman, il y a eu ré-
cemment plusieurs rencontres entre les Caré-
liens et des patrouilles ennemies qui ont
franchi la frontière finlandaise et pénétré en
Carélie (entre la Finlande «t la côte mour-
mane). Les'Caréliens, chaque fois victorieux,
ont fait des prisonniers et capturé des mi-
trailleuses et des fusils.
Le 16 septembre, les Caréliens ont infligé
une défaite sévère aux contingents commau-
des par des Allemands à Ukhtinskaya, à en-
viron cent milles à l'ouest de Kem et à qua-
rante milles à l'est de la frontière finlan-
daise. L'ennemi a subi de lourdes pertes et
a été poursuivi en désordre dans la direc-
tion de la frontière. Plus de mille fusils et
beaucoup de munitions, des bateaux et des
chevaux ont été capturés.
Amérique Latine
En Argentine
5,'v IiOi-Ohili et l'Argentine
Buenos-Aires, 20 septembre.
Présidée par le sénateur Gonzalez Bulnes
et composée de l'amiral Valdez, du major
Bari et de plusieurs autres officiers, l'ambas-
sade chilienne, venue pour assister à l'inau-
guraiiou du monument O'Higgins, érigé à
l'occasion de l'anniversaire de l'indépen-
dance du Chili, est arrivée à Buenos-Aires
avant-hier. Elle a été reçue par M. Pueyrre-
don, ministre des affaires étrangères, qu'ac-
compagnaient de nombreuses personnalités.
Hier, les membres de l'ambassade ont été
reçus par le président Irigoyea et ont as-
sisté à l'inauguration du monument. La cé-
rémonie fut une émouvante démonstration
de l'amitié qui lie la République Argentine
et le Chili.
La « Maison de France ». La Fédération
des mutualités françaises, réunie sous les
auspices du ministre de France, M. Gaussen,
et du consul, M. Stoff,. projette la fusion de
toutes les sociétés mutualistes francaises et
la création, à Buenos-Aires, d'une « Maison
dela France » et d'une caisse de retraite.
flGflDÉfîIE DES IBSGHIPTIOpS
L'Alsace romaine
L'Académie reçoit communication de
découvertes faites en Dobroudja.
M. Salomon Reinach lit une note de
M Camille Julliansur l'Alsace romaine.
Grâce au recueil des sculptures de la
Gauie romaine -publié par le comman-
dant lispérandieu, correspondant de
Flnstiiut, nous pouvons1 maintenant
ajouter le témoignage des monuments à
celui des textes littéraires et épigraphi-
ques ce qui n'est pas romain en Alsace
est gaulois.
Rien n'est resté du germanisme des
Triboques, troupe provenant de l'armée
d'Arioviste, que César et Auguste lais-
sèrent autour de Brumath. Le groupe
fameux du cavalier porté par le géant
onguipède est, non pas germanique,
comme on l'a dit souvent, mais bien
celtique. Les sculptures des tombes de
l'Alsace gallo-romaine se rattachent plus
particulièrement à la Lorraine, car les
affinités étaient et demeurèrent étroites
entre les populations des deux versants
des Vosges.
L'attraction de l'Alsace, même à l'é-
poque romaine, se fit, comme elle se
faisait depuis des siècles, du côté de ses
parents de Gaule.
M. Salomon Reinach lit encore un
mémoire de MM. l'abbé Breuil et Ray-
mond Lantier sur un oppidum ibérique.
Sur la proposition de. M. Henri Cor-
dier, au nom de la commission Garnier,
l'Académie accorde une subvention de
5,000 francs à M. L. Auroussan, profes-
seur à l 'Ecolo française d'Extrême-
Orient, pour une mission archéologique
en Mandchourie et en Mongolie.
M. Paul Girard, président, prononce
l'éloge du regretté Charles Bayet, cor-
respondant de l'Académie, et lève la
séance.
Cb. Dauzats.
LA CHAMBRE
~$1110--
CRÉDITS SUPPLEMENTAIRES
ET DOUZIEMES PROVISOIRES
La Chambre a discuté hier les crédits
supplémentaires concernant les dépen-
ses militaires et les dépenses exception-
nelles des services civils. Ces crédits se
montent à la somme de 390,571,895
francs.
Dans la discussion générale, M. Em-
manuel Brousse, gardien vigilant des
deniers pubàcs, a présenté quelques
observations et préconisé des écono-
mies.
Je ne vois rien de particulièrement
intéressant à signaler dans la discussion
des différents chapitres. Celui-ci propose
une augmentation, celui-là une diminu-
tion. Le ministre des finances, dont le
rôle dans un débat de ce genre est assez
ingrat, promet ou refuse. M. Klotz re-
fuse souvent. Et il a raison. La Chambre,
au surplus, suit assez volontiers ses indi-
cations. C'est dire que peu de change-
ments ont été introduits dans ces cha-
pitres. L'ensemble a été voté.
Puis la Chambre a abordé ensuite
l'examen des douzièmes provisoires pour
le quatrième trimestre de l'exercice
1918 qui se montent à la somme de
12 milliards 185 millions.
Il n'y a à signaler que le vote d'un
crédit supplémentaire de 10 millions,
accepté par M. Klotz, pour envoi de se-
cours aux prisonniers de guerre.
L'ensemble du projet a été voté par
467 voix contre 4.
En fin de séance, la Chambre adopte
le projet de loi relevant, pour une durée
de six années, le tarif des colis pos-
taux.
Séance mardi.
Autour de la Politique
L'affaire Malvy
On communique le procès-verbal suivant:
La commission de 44 membres, chargée d'exa-
miner les pièces concernant la condamnation
de M. Malvy, député du Lot, s'est réunie, cet
après-midi, sous la présidence de M. Louis An-
drieux, doyen d'âge, qui a fait procéder à la
nomination du bureau.
Sont élus à l'unanimité président, M. Fernand
David vice-présidents MM. Marcel Sembat,
Daniel-Vincent, Andrieux.
Secrétaires MM. Marius Montet, Pierre Ro-
bert, Lucien Dumont, Denais.
Sur la proposition de M. Marcel Sembat, la
parole est donnée à un représentant de chaque
groupe pour exposer la thèse soutenue au mo-
ment do la désignation des commissaires.
MM. Montet, Painlevé, Dalimier, Fernand
David, Thomson, Lairolle, Leredu, Denais, Lu-
cien Dumont, Bertrand de Mun exposent les
idées de tour groupe.
M. Péchadi'e propose qu'on demande commu-
nication au président de la Haute Cour de jus-
tice de l'intégralité du dossier de l'affaire
Malvy.
M. Marcel Sembat, faisant remarquer que la
question est prématurée, demande l'ajournement
de la proposition jusqu'au moment où la com-
mission pourra apprécier si elle a besoin ou non
de cette communication qui, d'ailleurs, pourrait
être faite à son rapporteur.
La commission se range à cet avis et la pro-
chaine séance est fixée au vendredi 11 oc-
tobre.
POUR L'EMPRUNT
Un commissariat à l'Emprunt national.
Le Journal officiel a promulgué hier la loi
autorisant le nouvel Emprunt do la Défense
nationale.
Eu vue de donner à l'opération l'ampleur
que justifie la marche des événements, le
ministre des, finances a jugé opportun de
confier à un organisme spécial le soin de
coordonner les efforts de propagande et d'in-
tensifier l'appel fait au pays.
A cet effet, un décret institue un commis-
sariat à l'Emprunt national qui fonctionne
sous la haute autorité du ministre et qui est
constitué comme suit le commandant Chaix,
chef du centre d'action de propagande; Mar-
cel Charlet, ministre plénipotentiaire; 0.
Homberg, président de la commission des
changes Loquet, sous-gouverneur de la
Banque de France de Verneuil, syndic ho-
noraire des agents de change; Daniel Zella,
président de la commission de propagande
du comité de l'or.
M. Octave Homberg est désigné en qualité
de commissaire délégué. M. J. Chevalier, di-
recteur de l'Office national des. valeurs mo-
bilières, en qualité de secrétaire général du
commissariat.
Les porteurs de fonds russes et le prochain
emprunt. Conformément aux engagements
pris par le ministre des finances devant lés
Chambres, des mesures sont arrêtées en vue
de garantir que l'admission des coupons
russes en libération des souscriptions à l'em-
prunt profitera au propriétaire du titre, à
l'exclusion des intermédiaires qui se seraient
efforcés, en achetant des coupons avant la
publication du décret, de s'assurer un béné-
fice abusif.
Les porteurs de fonds russes ont d'ailleurs
tout intérêt à conserver leurs coupons dont,
grâce aux dispositions qui seront incessam-
ment pprtées à leur connaissance, ils sont
certains de pouvoir, en tout état de cause,
tirer parti pour leur pleine valeur, à l'occa-
sion des opérations de l'emprunt.
Billets des régions envahies. -A l'occasion
de la discussion du projet de loi concer ant
l'émission du prochain emprunt, M. Ceccaldi,
député, avait déposé un amendement ten-
dant à l'admission à la souscription, des
bons de monnaie des régions envahies. Cette
mesure qui aurait facilité la réalisation par
sommes illimitées, de valeurs émises sous la
domination de l'ennemi, ne pouvait être
acceptée en considération de puissants mo-
tifs d'intérêt public.
Mais, afin de donner aux rapatriés une
nouvelle marque de la- sympathie nationale,
les ministres de l'intérieur et des finances se
sont mis d'accord pour autoriser le double-
ment des échanges auxquels auront droit les
porteurs de bons de monnaie au cours des
mois d'octobre, de novembre et décembre
prochains.
M. Klotz, ministre des finances, vient d'in-
former M. Ceccaldi que des instructions vont
être incessamment envoyées en vue de l'ap-
plication de cette mesure, qui permettra de
toucher pour chacun des mois ci-dessus
400 francs au lieu de 200 francs par adulte et
120 francs au lieu de 60 francs par enfant.
ÉCHOS
Nous recevons une brochure italienne
destinée à établir auprès des peuples
civilisés quels indignes et abominables
traitements ontsubis en Autriche les pri-
sonniers italiens.
Le texte de cette brochure, signée
du capitaine Ximénès Antonio, ex-pri-
sonnier de guerre; de l'abbé Domenico,
aumônier militaire du docteur Giorgio
Cevolotto, ex-prisonnier de guerre, cons-
titue un effroyable réquisitoire.
D'une éloquence plus décisive encore
sont les photographies dont cette bro-
chure est abondamment pourvue.
Ces témoignages-là ne peuvent pas
être récusés. L'état dans lequel les pri-
sonniers italiens sont rendus par l'Au-
triche y est représenté avec une exac-
titude si émouvante qu'une telle cruauté
crie vengeance.
Cham peaux.
Des affiches jaunes placardées dans
Paris annoncent pour les lundi 7 et 21 oc-
tobre et jours suivants la mise aux en-
chères publiques du restaurant Cham-
peaux, qui fut une des gloires de la cui-
sine française et l'un des rendez-vous
les plus célèbres du Tout-Paris de la
finance.
Ainsi vont s'éparpiller aux quatre
vents des caprices d'amateurs, champa-
gnes, fines et liqueurs de hautes mar-
ques et les grands vins qui rehaussè-
rent les délices de tant de repas délecta-
bles. Meubles, glaces, pianos et tout ce
qui formait le décor fameux de Cham-
peaux seront sacrifiés à la seconde vaca-
tion.
-o.o
· « LE FANTÔME »
Après le rire, l'émotion. Select-Collection
(la jolie collection de romans à i fr. 20, de
l'éditeur Flammarion) a publié, il y a quinze
jours, avec un vif succès, la Dutne très
blonde, le si amusant volume des brillants
humoristes Max et Alex Fischer elle publie
aujourd'hui le Fantôme, un des plus poi-
gnants romans du maître romancier qu'est
Paul Bourget, de l'Académie française.
Le Fantôme est un roman captivant, poi-
gnant, un des plus parfaits de Paul Bourget;
les ravages .d'un amour dramatique y sont
étudiés avec une prodigieuse maîtrise. Ache-
tez et lisez aujourd'hui le Fantôme..
Sur un boulevard éloigné du centre
de Paris, une vaste tapissière attelée de
trois chevaux est arrêtée.
La tapissière est vide, mais voici ve-
nir, silencieuse, la troupe des voyageurs
qui vont y reprendre- leurs places. Ils
sont habillés de kaki, coiffés de casquet-
tes et de feutres mous. Ce sont des tom-
mies et des yanks qu'on a menés voir,
dans une petite rue'voisine, deux mo-
destes boutiques démolies par un pro-
jectile boche un des points de chute du
raid de dimanche dernier.
Tommies et yanks sont remontés en
voiture et continuent leur promenade.
Ils vont visiter les autres points de
chute. Excellente promenade, pleine
d'enseignements, et de laquelle nos
chers alliés rapporteront les sentiments
dont le Boche est digne
Le Masque de Fer.
Journaux et^Périodiques
Nos Boches
Sous ce titre, M. Latapie, dans la Li-
berté, écrit un vigoureux article, qui lui
est inspiré par certains propos tenus à
la Chambre et par un article de l'Eve-
ning Standard, disant ceci
Alors que la France lutte pour sa vie et
que l'envahisseur est encore sur son terri-
toire, il est très surprenant qu'on permette à
ce député (M. Jean Longuet) d'osciller entre
Paris et Londres et de poursuivre librement
sa propagande si dangereuse pour l'honneur
de la France et, quelles que soient ses inten-
tions, si utile en fait pour l'ennemi..
M. Latapie écrit
Nous devons des excuses à M. Jean Lon-
guet. On l'appelait partout « quart de Bo-
che », c'est Boche tout court qu'il faut dire.
Hier. au Congrès travailliste interallié à
Londres, il a soutenu la cause des bolche-
viks russes qui viennent de signer une al-
liance militaire avec l'Allemagne. Ceux-ci
sont donc officiellement des ennemis. Mais,
s'il est Criminel de faire du commerce avec
l'ennemi, il est encore bien plus criminel de
faire de la politique pour l'ennemi et de se
proclamer solidaire de l'ennemi. Il y a dans
les prisons de France des hommes condam-
nés pour avoir tenu des propos singulière-
ment moins graves.
Et à la suite de l'interruption de M.
Mayéras, criant à M. Klotz
Ce sera l'emprunt de l'intervention en
Russie,
M. Latapie cite encore cette interrup-
tion de M. Raffin-Dugens
« La Russie nous a entraînés dans la
guerre, etc.»
Ainsi les thèses allemandes et le Kaiser
assassin trouvent des défenseurs parmi
nous, jusque sur les bancs de la représenta-
tion nationale. Et cela au moment où nos
soldats luttent avec un acharnement magni-
fique pour libérer la patrie encore opprimée
par les bottes allemandes.
Mais si ces hommes sont des représentants
de la nation, il reste à savoir de quelle na-
tion.
D'ailleurs, l'ambassade de Russie fait
parvenir à la presse, au nom des grou-
pements russes résidant en France, cette
proclamation
Des entrefilets paraissant de temps en
temps dans la presse au sujet de l'interven-
tion donnent l'occasion à ses ennemis d'af Qr-
mer qu'un mouvement hostile à l'interven-
tion s'observerait parmi les Russes.
Nous, représentants de la « Ligue pour la
régénération de la Russie », de la « Ligue des
Russes fidèles à la patrie et aux alliances »
et de la « Ligue républicaine russe », consi-
dérons de notre devoir moral de déclarer
hautement qu'en ce qui concorne l'interven-
tion, une telle affirmation ne peut être autre
que celle de bolcheviks ou de germano-
philes.
Nous tous qui désirons le rétablissement
du droit et de l'ordre en Russie, nous consi-
dérons l'intervention comme le seul moyen
de sauver la Russie. Notre ennemi commun,
les Allemands, ne cédera qu'à la force armée.
Les Alliés seuls sont en mesure d'aider au
rétablissement de la Russie.
Les obstacles créés aux Alliés par les
agents du germanisme les bolcheviks
seront d'autant plus vite vaincus que l'inter-
vention des Allies sera menée plus efficace-
ment et résolument et dans un accord
complet avec les éléments sains du peuple
russe.
La partie saine de la Russie est restée
fidèle à l'Entente. Nous lui devons notre
secours contre les bolcheviks.
Ls Liseur.
DERNIÈRE HEURE
Kyrielle de noies
Anistordam, 20 septembre.
La Haagsche Post publie un rensei-
gnement d'un correspondant spécial qui
dit apprendre de source exceptionnelle-
meiit bien informée que le comte Burian
a l'intention de faire suivre sa première
démarche par d'autres, jusqu'à ce qu'il
devienne possible d'entamer des pourpar-
lers.
L'Origine de la Note Burian
Bâle, 20 septembre.
Le correspondant viennois de la Na-
tional Zeitung envoie à son journal l'in-
formation suivante sur l'origine de la
note Burian.
Cette note, préparée dès juillet, fut
discutée en août au grand quartier gé-
néral, lors de l'entrevue des deux Kai-
sers. Après un deuxième examen, qui
eut lieu à Vienne, il fut décidé que la
note serait expédiée le second dimanche
de septembre.
Le tsar Ferdinand, le grand vizir Ta-
laat pacha et l'amiral von Hintze
connurent le texte de la note et l'approu-
vèrent.
Malgré cela, dit le correspondant du
journal suisse le document demeure un
acte personnel et spontané du comte
Burian et ne doit nullement être consi-
déré comme une démarche officielle de
la Quadruplice.
Plusieurs hommes politiques autri-
chiens et quelques mem bres du Reichstag
allemand étaient renseignés sur la dé-
marche en préparation. La plupart des
journaux viennois exaltent la note Bu-
rian, mais les journaux pangermanistes
autrichiens l'attaquent furieusement.
Suivaht'lè" '.iWjflVyÇorr'espondant, le
comte Burian a élaboré un- projet de
règlement de la question yougo-slave.
-=oc--
L'Allemagne et l'Alsace-Lorraine
Amsterdam, 20 septembre.
Commentant la nouvelle annonçant la
création d'un comité consultatif de l'Al-
sace-Lorraine, présidé par M. Cambon,
la Gazette de V Allemagne du Nord
écrit ̃̃
Le moment choisi pour sa publication
donne à cot événement une signification po-
litique particulière. Il aurait pu rester in-
discuté s'il ne montrait ofi il faut trouver le
plus grand obstacle à la paix du monde.
Sans tenir compte des faits et de ses inté-
rêts réels, mais aussi sans tenir compte de
l'avenir de l'Europe, de la paix du monde et
des intérêts de ses alliés, la France poursuit
une politique purement sentimentale qui lui
fait tout risquer sur une carte, soit de re-
couvrer l'Alsace-Lorraine, soit de périr.
Le journal croit que cette politique
donnera lieu un jour à une réaction po-
litique dans les pays alliés de la France
et dit que l'appréhension du moment de
cette réaction explique en grande me-
sure l'aversion que la France éprouve à
discuter la paix, parce que la discussion
démontrerait que 'le point de' vue fran-
çais sur la question de l'Alsace-Lorraine
n'est ni dans les intérêts de l'Entente, ni
compatible avec les prétendus buts gé-
néraux de lEntente, mais ne repré-
sente qu'un but de conquête égoïste de
la France.
--000--
DIPLOMATES ALLIES ARËTÉS PAR LES BOLCHEVIKS
Bâle, 20 septembre.
Ou mande de Petrograd au Lokal An-
zeiger que les représentants de laFrance,
de l'Angleterre, des Etats-Unis et de
l'Italie en Rôumanie qui, après la paix
de la Roumanie avec les Empires cen-
traux, s'étaient retirés en Russie, ont été
arrêtés sur l'ordre des bolcheviks.
--<:>oc--
La Conférence travailliste
Londres, 20 septembre.
La réunion d'aujourd'hui a été tenue
sous la présidence de M. Debrouckère,
délégué belge. Deux résolutions impor-
tantes ont été votées.
1° La question de la paix. La confé-
rence adopte le programme du Prési-
dent Wilson, formulé dans les quatorze
articles du message de janvier dernier.
Elle demande que les Alliés fassent une
déclaration' cffmrïiune fondée s,ur ces ar-
ticles, et souhaite la réunion d'un congrès
travailliste international dans les mêmes
temps et lieu où se tiendra le Congrès de
la paix.
2° L intervention en Russie. -La confé-
rence l'approuve à une forte majorité, à
condition qu'elle n'ait d'autre motif que
de sauvegarder la démocratie et la li-
berté et de conserver les fruits de la
Révolution d'une façon permanente.
Un incident a permis à de nombreux
délégués de faire justice du prétendu
impérialisme dont les germanophiles
accusent les Alliés. Un député du La-
bour Party, M. Kneeshaw; a reproché à
ceux-ci les traités secrets qui les enga-
gent dans une guerre de conquêtes, fai-
sant allusion à l'engagement d'honneur
qui liait l'Angleterre et la France dès
1912.
On a rappelé à M. Kneeshaw les ex-
plications que M. Lloyd George avait
lui-même données de cet engagement.
Puis divers orateurs ont montré qu'il
n'y avait rien de commun entre les
conditions de paix des Alliés et l'impé-
rialisme.
Il n'y a personne, a dit M. J.-H. Thomas,
qui désapprouve les traités secrets plus que
l'ouvrier britannique, mais nous savons que
la gi}firre ne peut pas être terminée avant
que l'Allemagne évacue soit volontairement,
soit contrainte et forcée, la France et la Bel-
gique. Nous n'avons pas la moindre inten-
tion de laisser l'Allemagne agir à sa guise
dans l'Est. Nous nous en tenons au mémo-
randùn interallié, et nous ne pourrons ja-
mais nous déclarer d'accord sur une paix
comme celle de Brest-Litovsk.
Parmi de nombreuses protestations,
notons encore celle de M. Albert Tho-
mas
En France, en 1914, la classe ouvrière, de
même que les autres classes, a'eu le senti-
ment qu'elle combattait pour une cause
juste. Cette conviction existe toujours, quels
que soient les documents qui ont pu être pu-
bliés depuis.
La conférence a terminé ses travaux.
M. Sam Gompers et les autres délé-
gués de la fédération américaine du tra-
vail se rendront la semaine prochaine
en France, afin d'entrer en relations
plus étroites avec les travaillistes fran-
çais.
Les Turcs à Bakou
Bakou, qui est occupé par les Turcs,
est en flammes. Les explosions se suc-
cèdent. Les réservoirs de pétrole sont
en feu.
La ville est livrée au pillage. La po-
pulation, en proie à la panique, s'enfuit
de tous côtés.
Selon la Gazette de Voss, un télé-
gramme reçu par l'ambassade russe à
Berlin dit que la prise de Bakou par les
Turcs fait naître de très graves appré-
hensions en Russie, non seulement au
point de vue économique, toute la navi-
gation de la Caspienne et du Volga
et l'industrie du sud-est de la Russie
risquant d'être arrêtée si le pétrole
indispensable qu'elles recevaient de
Bakou n'arrive plus, mais aussi au point
de vue politique, en ce sens que la Rus-
sie serait dégagée envers l'Allemagne
des obligations qu'elle a si l'Allemagne
ne tenait pas les engagements d'une
importance primordiale qu'elle avait
pris.
UNE FRANÇAISE'
Le correspondant du Times à l'armée bri-
tannique télégraphie
Au cours des opérations récentes, l'un
des actes de bravoure les plus remar-
quables fut accompli par une jeune
Française, « la jeune fille de la ferme de
Souleuvre », qui s'échappa de nuit des
lignes allemandes et parcourut deux à
trois milles à travers le barrage de l'ar-
tillerie lourde allemande.
La ferme de Souleuvre était un point
important de la défense allemande, et
les renseignements que donna l'hé-
roïque jeune fille furent de la plus
grande valeur.
La, Fête nationale italienne
Rome, 20 septembre.
A l'occasion de la Fête nationale, la
ville tout entière est pavoisée aux cou-
leurs italiennes et alliées. Le maire-ad-
joint et les autorités ont adressé au Roi
des souhaits et des hommages auxquels
Sa Majesté a répondu en appelant de
ses vœux le triomphe de la justice qui
devra assurer à la patrie l'achèvement
de son unité nationale.
L'Italie, dit en terminant le message royal,
attend dans sa foi inébranlable, travaillant
fortement et souffrant avec une vertu ro-
maine, le jour pour lequel des milliers et
des milliers de héros de cette guerre répan-
dent leur jeune sang.
« Toute la jeunesse en cortège s'est ren-
due ce matin au Capitole et devant la
brèche de la porte Pia. Une plaque a été
inaugurée en mémoire de Nazario Sauro,
des discours ont été prononcés. Enfin
le détachement de soldats français, dont t
les officiers ont été chaleureusement
reçus par le général Marini, a assisté
aux fêtes sportives du Stade de la villa
Borghèse et a été vivement acelamé.
MORT D'UN FIlToTrOI DE SUÈDE
Stockholm, 20 septembre.
Le prince Eric, duc de Vaestmanland,
le plus jeune fils du roi de Suède, vient
de mourir, au château de Drottningholm,
d'une pneumonie causée par la grippe
espagnole; il était âgé de vingt-neuf
ans.
Le roi et le prince héritier, partis pour
la Scanie, mercredi dernier, sont reve-
nus à Stockholm ce matin.
Le prince Guillaume est arrivé égale-
ment à Stockholm.
La reine a remis à plus tard son voyage
dans le sud.
--c:>oc:>
La Presse de ce matin
LES SOCIALISTES A LONDRES
La République française (M. Louis
Latapie)
De tous les Français égarés qui expient en
prison, à cette heure, des actes ou des pro-
pos de trahison, il n'en est pas qui en ait
plus dit que ce Longuet. Est-ce qu'il va
jouir d'une immunité spéciale parce qu'il
est représentant de la Nation ? Mais un re-
représentant de la Nation est tenu au respect
envers les lois et envers la patrie plus que
n'importe quel autre citoyen. Il doit l'exem-
ple. Et si c 1 est l'exemple de la défection et
de la révolte qu'il donne lorsque la patrie
est en danger, sa responsabilité est plus
grande et son crime plus abominable.
De la Démocratie Nouvelle (le nouveau
journal qui débute aujourd'hui)
M. Monier, ancien premier président de
la Cour d'appel et ancien procureur de la
République, a été, on se le rappelle, déclaré
déchu de ses fonctions par la Cour de cas-
sation siégeant comme Conseil supérieur de
la magistrature, à la suite de l'affaire Bolo.
La grande chancellerie de la Légion d'hon-
neur vient à son tour de prononcer à son
égard la peine de cinq ans de suspension du
port de la croix de commandeur de la Légion
d'honneur.
AUTOUR DE LA GUERRE
DISPARITION DE BOYAU
Des nouvelles parvenues du front annon-
cent que l'aviateur Boyau n'a pas reparu à
son escadrille depuis le 18 septembre. Parti
ce jour-là pour la chasse aux « drachen »
sa spécialité il n'est pas rentré. On
espère encore qu'il n'est que prisonnier et
qu'il a été obligé d'atterrir dans les lignes
ennemies.
Avant de se distinguer dans l'aviation,
Boyau s'était acquis, comme capitaine de
l'équipe de football de Dax, une réputation
sportive, et il avait participé à différents
matches internationaux. Coureur cycliste, il
disputa l'épreuve Paris-Bordeaux et fut, en
cours de route, victime d'un assez grave ac-
cident.
Le vendredi 13 septembre dernier, au re-
tour d'une permission, Boyau livrait combat
à six avions ennemis et en abattait un.
Obligé d'atterrir, il repartait le lendemain et
incendiait un « drachen » avec le sous-lieu-
tenant Haegelen. C'était sa 32e victoire. Il
remporta ses 33e et 34° succès le dimanche,
le 35e le lundi.
Parmi ces 35 victoires, on compte 33 bal-
lons d'observation incendiés.
L'UNION DIPLOMATIQUE DE L'ENTENTE
La question de l'établissement d'un conseil
diplomatique interallié, correspondant au
conseil militaire de Versailles, intéresse vi-
vement la presse londonienne. Un article du
Times recommandant l'unité 4e contrôle di-
plomatique, comme suite logique de l'unité
de commandement et de l'unité de coopéra-
tion économique, a été reproduit par tous les
journaux anglais du soir.
heJ$&n(Le fyfoWh
DANS LES AMBASSADES
On annonce de Londres que S. Exc. M.
Walter Hines Page, ancien ambassadeur des
Etats-Unis auprès du gouvernement britan-
nique, et Mme Page ont été les hôtes, à
Windsor Castle de LL. MM. le roi et la
reine :d'Angleterre, qui ont donné un dîner
d'adieu en leur honneur.
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
On télégraphie de Washington, que M.
Franklin Roosevelt, secrétaire adjoint de la
marine, rentrant aux .Etats-Unis, est arrivé
dans.un port dé l'Atlantique:
Il souffre d'une pneumonie bénigne qui re-
tardera de plusieurs jours son retour à Was-
hington.
M. Boulet-Desbareau Maurice-Adrien (ac-
tive), lieutenant-colonel commandant le 3290
R. I, a été nommé officier de la Légion d'hon-
neur
Chef de corps hors pair, qui par son ascen-
cant moral a su inculquer à son régiment le
plus haut 'sentiment du devoir, et a obtenu de
lui, pendant les combats du 17 au 27 juillet mal-
pré de lourdes pertes, un effort magnifique et
ininterrompu qui a abouti à la défaite compléta
de l'ennemi et à la capture d'un matériel consi-
dérable, dont 5 canons de gros calibre. Quatre
citations. Croix de guerre avec palme.
Le 6° groupe du 2850 régiment d'artille-
rie lourde vient d'être cité à l'ordre du corps
d'armée.
Sous le commandement du chef d'escadroa
Mercier, a fait preuve d'un allant et d'une éner-
gie extrêmement remarquables, en se maintenant
constamment, au cours d'une progression de
18 kilomètres en 7 jours, à hauteur des batteries
de campagne les plus avancées, se déplaçant
chaque nuit, et fournissant dès le matin des tirs
puissants dont la précision a pu être constatée
au cours des progrès réalisés sur le terrain.
Les belles citations
Le capitaine de corvette Bargone a été
cité dans les termes suivants à l'ordre du jour
de l'artillerie d'assaut
Commandant un char de combat, l'a conduit
bravement à l'attaque en triomphant des diffi-
cultés d'un terrain détrempé et bouleversé. Le,
char, immobilisé ensuite par une panne, il ne l'a
pas quitté jusqu'au lendemain, malgré le bom-
bardement.
Le capitaine de corvette Bargone n'est
autre que le brillant écrivain Claude Farrére.
Le sous-lieutenant Robert Plateau, 2*
compagnie de mitrailleuses au 67° régiment
d'infanterie
Officier mitrailleur d'une belle énergie. Le
Ie1' avril 1918, au moment où le combat devenait
incertain, a rassemblé des isolés hésitants sous
un violent tir de barrage, les a entraînés par sa
belle assurance et aainsi contribué au renforce-
ment de la première ligne affaiblie. (Deux fois
blessé, une fois cité.)
Après avoir reçu son deuxième galon, le
lieutenant Robert Plateau a été nommé, le 24
août, chevalier de la Légion d'honneur.
Il est le fils ainé du docteur I. Plateau.
Son frère cadet, le lieutenant d'aviation Mar-
cel Plateau, grièvement blessé au retour d'une
expédition aérienne, est chevalier de la Légion
d'honneur depuis l'année dernière.
Le sous-lieutenant Charles Brousse, pi-
lote à l'escadrille Br. 126, avocat à la Cour
d'appel, vient d'être l'objet de la belle cita-
tion suivante
Officiel pilote d'une adresse et d'un courage
remarquables. Réformé deux fois, s'est engagé
dans l'aviation où il ne cesse de faire preuve
des plus belles qualités militaires. A pris part à
tous les bombardements de son escadrille, ren-
trant fréquemment avec des balles et des éclats
d'obus dans son appareil. A contribué à abattre
un avion ennemi.
Le sous-lieutenant Charles Brousse est le
fils de M. Emmanuel Brousse, député des
Pyrénées-Orientales.
BIENFAISANCE
Londres célébrera aujourd'hui la
Duleep Singh.
La population de Londres s'apprête à ren-
dre aux vaillants soldats hindous de chaleu-
reux hommages et à leur témoigner la grati-
tude qu'ils méritent.
Le maréchal French, qui commande à pré-
sent en Irlande, a écrit à l'organisatrice bien-
faisante de cette journée une lettre qui rend
à la bravoure et au dévouement des troupes
hindoues un hommage sans réserve.
MARIAGES
On annonce le mariage de Mlle Made-
leine Drapier, fille de M. et de Mme Jules
Drapier, avec M. Miégeville, fils du colonel
Miégeville, chef d'état-major à Toulouse, et
de Mme Miégeville.
On annonce le mariage de Mlle Yvonne
Hellot, fille du docteur Emile Hellot, prési-
dent honoraire de l'Union des Sociétés de pré-
paration militaire de France, et de madame
née Lecloux, avec le docteur Détis, médecin-
major aux armées, décoré de la croix de
guerre, fils du docteur Detis, et de madame
née Lebrun.
DEUIL
Hier matin, à dix heures, ont été célé-
brées les obsèques de M. Abel Ferry, député,
mort au champ d'honneur.
La cérémonie et la réunion eurent lieu au
domicile du défunt, rue Bayard. Le vestibule
de l'hôtel était transformé en chapelle ar-
dente, et des détachements de la garnison de
Paris rendirent les honneurs.
Le Président de la République, accompa-
gné du général Duparge, assistait à la céré-
monie, ainsi que M. G. Clemenceau, prési-
dent du Conseil, accompagné du général
Mordacq, et M. Paul Deschanel, auquel s'é-
taient joints de très nombreux députés.
Mme Raymond Poincaré était également
présente.
Citons en outre, parmi les membres du
gouvernement, MM. Georges Leygues, K'otz
et Loucheur. Et, dans l'assistance, MM.
Louis Barthou, André Tardieu, Georges Man-
del, les généraux Pédoya, Duru, Varin, etc.
M. René Renoult, président de la commis-
sion de l'armée, rendit un éloquent et émou-
vant hommage à la mémoire du défunt.' Le
deuil était conduit par Mme Abel Ferry,
Mme Jules Ferry et M. Berger, la veuve, la
tante et le beau-frère du défunt.
L'inhumation provisoire a été faite au
Père-Lachaise, en attendant le transfert du
corps à Foucharupt, près de Saint-Dié, dans
le caveau où repose Jules Ferry.
Le 16 septembre a été célébré à Saven-
nières (Maine-et-Loire) un service religieux
pour le repos de l'âme du comte Sanche de
Gramont, lieutenant au 3° cuirassiers, passé
sur sa demande dans l'aviation de chasse,
commandant l'escadrille N. 471, décoré de la
croix de guerre avec palme, tué en combat
aérien le 3 juillet dernier, fils du comte
Arnaud de Gramont, membre de l'Institut, et
de la comtesse née Brincard.
Des officiers pilotes étaient venus repré-
senter le groupe d'escadrilles.
Une messe sera célébrée' ultérieurement à
Paris.
Mme Pierre Colle, née Eysembout, vice-
présidente de l'œuvre du Bon Accueil, à la
gare de Lyon, est décédée à Paris, hier,
30 septembre, dans sa trente-huitième année.
C'était une femme du plus haut'mérite, qui
succomba à la peine, victime de son effort
charitable et de son inlassable dévouement.
Réunion à l'église Saint-Lambert de Vaugi-
rard, lundi, à dix heures. Etant donné leb cir-
constances, il ne sera pas envoyé de lettres
de faire-part.
Le comte François de NoS, est décédé au
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