Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1911-03-29
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 29 mars 1911 29 mars 1911
Description : 1911/03/29 (Numéro 88). 1911/03/29 (Numéro 88).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO MERCREDI 29 MARS 1911
hs J^onde § îa Wîe
SALONS
S. Exe. l'ambassadeur du Japon et la
baronne Kurino ont offert hier un diner offi-
ciel, en l'honneur du président du Sénat, qui
était accompagné de Mlle Dubost,
Les autres invités étaient
S; Kxc. l'ambassadeur d'Espagne et Mme Ca-
balljjro, le garde dés sceaux, Ministre de ta jus-
tice,, et il m o Pen-ier, AI. Caillaux, ministre des
finances, le ministre de la marine, Mme et Mlle
Déliassé, le ministre du commerce et Mme Massé,
M. Ramondou, secrétaire général- la présidence
de la République le ministre de Costa Rica et
la marquise de Peralta, le .ministre du Brésil
et Mme de Piza, le ministre de Monaco et la
comtesse d'Avricourt, M. le capitaine de vaisseau
Mornet, chef de bureau de l'etat-major général
de là. marine; M. de Fouquieres, sous-chef du
grotocole; le chef du cabinet du président du
Sénat et Mme Favareille, le conseiller d'ambas-
sade et Mme Adatci, le capitaine de frégate Mat-
sunjura, attaché naval du Japon.
-̃Mme Athos Romanos*, femme du minis-
tre de Grèce à Paris, a donné une réunion
pour la jeunesse. Au programme des projec-
tions lumineuses de paysages de la Grèce qui
furent très goûtées.
r– Dîner hier soir, suivi de réception, chez
le, duc et la duchesse de Rohan. Parmi les
convives
Comtesse de Beauchamp, Mme John Balli, ba-
ron. Guillaume,. ministre de Belgique comte et
comtesse de Fels, M. et Mme Jules Porges, M.
et'Mme Pierre Lafltte, princesse Lucien Murât,
grince et princesse de Léon, comte et comtesse
harJes de Caraman, M. Fournier-Sarlovèze,
comte de .Jumilhac, M. de Navenne, comte Che-
vreau, etc.
Dans la soirée, parmi les invités
Princesse de Poix, comté et comtesse d'Har-
court, vicomte et vicomtesse de La Tour du Pin,
comtesse de Brye, comte et comtesse Pierre de
Durfort, Mme Hochon, princesse de La Tour
d'Auvergne, née Pleumartin, Mme de Caillavet,
M. Pierre de Bouchaud, vicomtesse de Mon-
trcuil, comte et comtesse André Pastré, Mme et
MllQ-.de Coudekerque-Lambrecht, M. et Mme L.
Cappiëllo, comte et comtesse de Breuilpont,
comte Louis de- Périgord, M. Henri Robert,
cemté. Bertrand de Durfort, M, Altman, duc de
Cirélla, comte Olivier d'Elva, prince de Leca-
Colonna, comte de Mareuil,' etc.
De .Copenhague ̃ »
Le ministre de France à'Copenhague et la
coçfltejsse Horrie de Beaucaire ont donné un
second grand dîner suivi d'une soirée dan-
sante.
Parmi les invités
Comte et comtesse de Raben-Levetzau, les mi-
nistres 'd'Angleterre, 'de Russie, d'Autriche et de
Suède avec leurs femmes, le .consul général
Holm et madame née de Ilegermann-Linden-
croae, etc.
-–Le' ministre d'Allemagne à Copenhague
etSlme de.Waldhausen viennent de donner
un'bai très brillant, auquel assistaient
l.h. MM. le roi et la reine de Danemark, les
princes et princesses, le ministre des affaires
étrangères et la comtesse Ahlefeldt-Laurvigon,
les ministres de France, d'Angleterre, d'Autri-
che, de Russie,, du Brésil et de Suède, avec leurs
femmèsi les chargés d'affaires d'Espagne, d'Ita-
lie et des; Etats-Unis, et de hautes personnalités
de l'aristocratie danoise,
Un élégant cotillon'fut conduit par M. de
^Radowitz, premier secrétaire de la légation
d'Allemagne, et Mlle de Matuschka, en cos-
tumes japonais.
Mlle Hélène Vacaresco a clôturé lundi
la série de ses thés restreints, où nous avons
xeconnu:
S. Exc. l'ambassadeur d'Italie et Mme Tittoni,
duchesse de Rohan, princesse L. Murât, prin-
cesse H. Soutzo, marquise de Ludre, princesse
Eugène Murat, princesse de La Tour d'Auvergne-
Lauraguais, Mme de Giers, marquis et marquise
d'Argenson douairière, princesse Marguerite
Mflrat, prinprincesse Gr. Ghika, comtesse Jean
de Moniebeilo, Mme Charles de Pomairols,
cototfe'ss'ô Joachirh Murat, Mme Paul Musurùs-
~bé¥yZtii>Me%s€i '^eï''M-Uè" de LsTForest-Divônne,
ducies.se' et Mlles' de Mignaao,: Mme Jean
Bonnàrdel, Mlle Mavrocordato, princesse Vo-
goridy, marquise de Belloy, princesse P. Mou-
rousy, Mme Jayr, Mme Alphonse Daudet, Mme
Guillaume Béer, Mlle Choppin d'Arnouvillo,
Mme A. de Pierrebourg, Mme H. Simon, Mme et
Mlle de Saint-Victor, M. et Mme Marcel Prévost,
M. et Mme Vallery-Radot, Mme Charles Mitili-
neu, comte "et comtesse de La Rochecantin, ba-
ronne de Baye, Mme Jeanniot, princesse Kot-
choubey, Mme Fritsch-Estrangin, comtesse de
Vaux Saint-Cyr, M. Gustave Schlumberger, ba-
\ron Guillaume, ministre de Belgique M. Ferrero,
prince de Broglie, duc de Rarécourt, lord Windsor,
AIM, Lucien Daudet, vicomte de Mareuil, Cha-
bert, Boldihi', Cocteau, François Mauriac, comte
de Béarn, vicomte de Vaufreland, vicomte de
FontëhàilleR, comte de La Rochecantin, Raymond
Constant, etc., etc.. ̃
La comtesse de Dalmas née de Quinso-
flas' adonné, dimanche, en son hôtel de la
'rue de Berri, une soirée très élégante, à l'oc-
casion de la signature du contrat de mariage
de sa fille, Mlle Jeanne de Dalmas, avec
M. Edouard d'Allamel de Bournet fils de
M. d'Allamel de Bournet. La corbeille et les
nombreux cadeaux adressés aux jeunes fian-
cés furent très admirés nous en publierons
ultérieurement la liste.
La bénédiction nuptiale sera donnée de-
main jeudi, à midi, en l'église Saint-Philippe-
du-E.qule,<.par S. Gr Mgr de Curel, évêque
de Monaco.
Lundi soir, chez la comtesse Horace de
Choiseul, réception de famille pour les fian-
çailles de sa fille, Mlled'Adda Salvaterra avec
le comte Jacques de Pange.
Reconnu
Princesse .d.'Arenberg, comte et comtesse de
Moctemart, marquis. et marquisedeBreteuil, com-
tess.e de Brigode, duchesse de Clermont-Tonnerre,
marquis et marquise d'Harcourt, marquis et mar-
quise de Castéja/ comtesse de Malestroit, mar-
quis et marquise de Rochechouart, comte et
comtesse de. Durfort, comte et comtesse de
Béaùffort, comte et comtesse de Cararaan, comte
et comtesse de Las Cases, baron et baronne de
Grapdmaison, baronne de Charnacé, marquise
d'Argenson, Mlle.de Béarn, comte et comtesse de
Clio i s etil-G ouffier, comte et comtesse Bernard de
Durfort. comte et comtesse de Ludre, comtesse
Pierre d'Harcourt, comtesse de La Roche-Aymon,
comte et.comtesse Le Marois, comte et comtesse
Joseph d'Ilarcourt, comtesse et Mlle de Maillé,
Mmb de' Làfaulotte-, comte et comtesse de Pimo-
da"n, Mlle de Pimbdan, marquise et Mlle de Mun,
comte, comtesse et Mlle de Puymaigre, marquise
de Pomereu. -marquise de Lubersac, comte et
comtesse. d'Harcourt,. comtesse Louis et Mlle
d'Harcourt, vicomtesse de Courcy, comte et
comtesse de -Blacas,< comte Louis de Blacas,
comte et comtesse de Pange, marquis de Pange,
comte et .comtesse F. de Pange, comtesse de
Caraman, Mlle Aline dilàrcourf, Mme Legrand
née Fournès, baron et baronne de Coubertin,
vicomte et vicomtesse du Bouchage, comte et
comtesse de Castéja, barons Charles et Fernand
de Guénifet, comte Gabriel de Mun, comte de
Marinier,' comtede Pimodan, comte Robert d l'Har-
court, comte Pierre de Cossé-Brissae, comtes
François, Centule et Hector de Béarn, etc.
tum
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
-»• Mgr le duc de Montpensier, qui était
parti pour .les Etats-Unis et l'indo-Chinc, est
depuis quelques jours en route pour l'Europe.
Il est attendu par Mme la comtesse de Paris
et Monseigneur le duc d'Orléans à Villaman-
rique vers la-fin de la semaine prochaine.
S. Exçl M. Tittoni, ambassadeur d'Italie,
a quitté Paris hier soir, se rendant à Rome.
MARIAGES
«̃ Hier a eu lieu le mariage de Mlle Mar-
guerite Lévy, fille de l'éminent philan-
thrope M. Gustave Lévy, avec le comte Ha-
melin de Warren, fils du comte et de la com-
tesse Anselme de Warren née Hayn de Ver-
neville.
tes; témoins de la mariée étaient MM.
Mondos," sous-directeur de l'imprimerie na-
tionale, chevalier- de la Légion d'honneur.,
Eugène. Poisson, ingénieur, ancien directeur
de là colonie San-Pedio (Espagne), A. M. de
Jiarral, représentant de la banque de Puerto-
;Ric
Robert de Maillié, M. Toudron, ingénieur des
chemins de fer Brazil RaiHvay.
La cérémonie religieuse a eu lieu en l'église
Saint-Augustin au milieu d'une assistance
nombreuse et très sélect.
On annonce le mariage de Mlle Jeanne
de Gontaut-Biron, fille du comte B. de Gon-
taut-Biron, ancien député dés Basses-Py-
rénées et de la comtesse B. de Gontaut-
Biron née Cabibel, et petite-fille du.vicomte
de Goataut-Biron, notre ancien ambassadeur
à Berlin, avec M. Jàcques'Scheidecker, fils de
M. Scheidecker et de madame née Van Zuy-
len, fille de M. le baron Van Zuylen qui fut,
pendant de longues années, ministre des Pays-
Bas à Paris.
Nous apprenons les fiançailles du comte
Joseph de Bizemont, fils du comte de Bize-
mont et de la comtesse née d'Oiron, avec
Mlle Madeleine de Vion de Gàillon,. fille du
vicomte de Vion de Gaillon et de la vicom-
tesse née de La Villeguérif.
DEUIL 1_'
Hier ont été célébrées dans la plus
stricte intimité les obsèques de M. Gontran
Montaland Davray, décédé £ Paris, à l'âge
de quarante-cinq ans, après une longue et
cruelle maladie.
Hier, à. dix heures, en l'église Saint-
François-Xavier, ont été célébrées les obsè-
ques du baron Angot des Rotours, ancien ma-
gistrat. L'abbé Gréa, curé de la paroisse, a
fait la levée du corps. Le deuil était conduit
par le baron Jules des Rotours et le baron
André des Rotours, ses fils; le vicomte d'An-
terroches, son gendre M. Jean des Rotours
et le vicomte Henri d'Anterroches, ses petits-
neveux M. Henri Chabrier, son neveu; MM.
Marcel Pallu des Réaux, lieutenant au 3'
dragons René Pallu des Réaux, le marquis
de Fraguier, lieutenant au 3e hussards le
comte François de Fraguier et Bertrand de
Fraguier, ses petits-neveux,
L'inhumation aura lieu aujourd'hui aux
Rotours (Orne), après la célébration "d'un se-
cond service.
Les obsèques de Mme Pari^ot née Mi-
card ont été célébrées hier, à dix heures, en
l'église Saint-Roch. La levée du corps a été
faite et l'absoute a été donnée par l'abbé
Peuportier, curé de la paroisse.
Le deuil était conduit par M. Ernest Pa-
rizot, agent de change près la Bourse de
Paris, son mari M. Edmond Parizot, son
fils; M. Paul Parizot, son petit-fils. Une dé-
putation de la Compagnie des agents de
change assistait à la cérémonie.
Dans l'assistance
M. et Mme Henri de Biéville, M. E. Roland-
Gosselin, baron de Traversay, M. G. de Waru,
général comte de Kerhué, baron et baronne
d'Utruy, Mme Henry Colmet Daâge, M. et Mme
Le Coq de Kerland, M. Alexis Rostand, général
et Mme Mouton, M. J. Fauchier-Magnan, baron
Alfred do Walteville, M. et Mme Lucien Poin-
caré, M. Allard du Chollet, M. Guy Lepel-Coin-
tet, baron M. Fauqueux, M. John Campbell, ba
ronne Albert de Palluel, M. et Mme André
Grosse, comte de Guenyveau, M. E. Bardac, etc.
L'inhumation a eu lieu à Maisons-Laffitte.
M. Edouard Avisseau, l'habile céramiste,
fils du potier célèbre, vient de mourir à Tours
dans sa quatre-vingtième année.
Demain jeudi, à dix heures et demie, en
la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Au-
gustin, sera célébrée une messe pour te repos
de l'âme de la vicomtesse de Villebresme,
Les obsèques et l'inhumation seront célébrées
ultérieurement à Saint-Martin-des-Bois(Maine-
et-Loire).
Vendredi prochain, à dix heures, en
l'église Notré-Dame-des- Victoires, sera célé-
bré, à la demande des zouaves pontificaux,
une messe pour le repos de l'âme du colonel
d'Aîbiousse.
M. Toullic, conseiller â la Cour de Li-
moges, capitaine de l'armée territoriale, est
décédé subitement en gare de Dijon, où il
s'était rendu pour assister au congrès des
officiers de la réserve et de la territoriale. îl
était âgé 'dé soixanté-trôis ans.
̃ M. Albert Rouet vient de mourir à Cons-
tantinople à l'âge de soixante ans. Il était le
père de Mme Maximow, femme du ministre
de Russie à Copenhague.
Mme Pala\\oli-Tacchclla femme du vice-
président de la Chambre de commerce ita-
lienne de Paris et mère du docteur Palazzoli,
est décédée en son domicile de la rue de la
Pitié, où l'on se réunira aujourd'hui, à dix
heures, pour les obsèques.
B. Delaroche.
L'AFFICHE
Elle coûtera très cher. Car elle sera
d'imposantes dimensions; même le
bruit court que, de mémoire d'afficheur,
un papier si colossal n'aura jamais été
collé sur les murs des trente-six mille
communes de France.
Et, bien que ce papier dise des choses
d'une importance extrême, il est proba-
ble que peu de Français le liront, juste-
ment à cause de sa décourageante éten-
due on ne lit pas un règlement d'ad-
ministration publique en deux cent dix-
sept articles, même si ce texte est des-
tiné à rendre compréhensible à la foule
le fonctionnement de la loi sur les re-
traites ouvrières et paysannes.
Car il se compose bel et bien, ce vade
mecum du retraité, d'un règlement gé-
néral qui a deux cent un articles et d'un
règlement particulier qui en a seize. La
loi elle-même en a tout juste quarante-
deux.
C'est la nouvelle manière.
Autrefois, le législateur s'efforçait d'en-
fermer dans la loi qu'il élaborait non
seulement l'exposé précis et total de
son objet, mais aussi celui des règles
propres à en assurer le fonctionnement.
Le règlement d'administration publique
était l'annotation technique destinée à
guider les fonctionnaires dans l'appli-
cation, de règles déjà formulées, et qui
constituaient la loi elle-même.
A présent, nos lois sont des scénarios.
En traits sommaires, la réforme ou l'in-
novation à réaliser s'y indique. Le
Conseil d'Etat fait le reste.
Il n'aide pas à préparer une loi claire;
il aide à faire d'une loi obscure, après
qu'elle est votée, quelque chose d'intel-
ligible. Il écrit la. pièce sur le scénario
qu'on lui a livré, et ce n'est même pas
lui qui la signe.
Cela vient de ce que nos députés sont,
parfois, très pressés d'achever les lois
qu'ils font. Et la loi sur les retraites ou-
vrières et paysannes fut justement de
celles-là. Ce fut une loi qu'il fallait finir
vite, parce que l'électeur l'attendait, et
que les élections étaient proches; et
qu'enfin, quand les élections sont pro-
ches, il est imprudent de faire attendre
les électeurs.
Mais tout cela ne serait rien si la loi
nouvelle devait nous apporter cet apai--
sement, cette réconciliation des classes
que nous promettaient, avant qu'elle fût
votée, quelques illuminés d extrême-
gauche. Elle ne nous apportera rien de
pareil. Car elle est déjà une loi impopu-
laire. Le peuple se méfie; les socialistes
se prétendent volés et c'est pour un tel
résultat qu'on a mis au pillage les finan-
ces d'un grand pays. Em, 8:
j~ p
LA CHAMBRE
Mardi 28 mars.
LE BUDGET DES P. T, T.
Si je me bornais à dire que la Cham-
bre se moque du monde, je croirais em-
ployer une expression très polie. Hier,
elle jetait feu et flamme, elle jurait de
finir le budget avant Pâques, et ce ma-
tin, elle en volait laborieusement une
dizaine d'articles. Ce beau zèle s'était re-
froidi, et cependant il était sincère. La
vérité est que nous assistons au plus
curieux des spectacles, c est-à-dire à un
duel malheureusement inégal entre la
volonté d'en finir et le besoin de bavar-
der. C est toujours ce dernier qui l'em-
porte. Après cinq minutes de résolution,
la Chambre retombe dans son péché. Le
repentir et le ferme propos n'y font rien:
il s'agit des facteurs
MM. Voilin, Mistral, Coreil, Bedouce
font rage en faveur de cette bien-aimée
clientèle. En vain le sous-secrétaire
d'Etat et le ministre des travaux publics
essaient de modérer ses avocats. L'un et
l'autre sont immédiatement débordés.
MM. Roblin, Betoulle, Albert Thomas,
Marin, Painlevé, François Fournier n'en
veulent pas démordre. Ils se partagent
leurs protégés. Il n'est pas jusqu'à
M. Augagneur qui ne s'en mêle.
Bientôt le rapporteur spécial ne sait
plus auquel entendre. Quant au rappor-
teur général, il se borne à lever les bras
au ciel; si bien que le ministre et la
commission finissent par adopter la tac-
tique qui leur a réussi la veille. Ils ac-
ceptent tout ou presque tout, pour étude.
La plupart des orateurs se sont mon-
trés galants; ils ont plaidé la cause des
« dames employées ».
;̃ •' ♦ ••̃̃•
Dans la séance de l'après-midi, les,
appareils téléphoniques (vente et fabri-
cation), leur fonctionnement, leur type,
etc., etc., donnent lieu à un colloque in-
terminable entre plusieurs députés et le
ministre. Les orateurs se résignent à ne
plus monter à la tribune, ils parlent de
leur place; mais si leurs observations
sont plus courtes, ils sont eux-mêmes
beaucoup plus nombreux, d'où il résulte
qu'ils rattrapent en détail ce qu'ils sacri-
fient en gros. La liste en serait si lon-
gue qu'il m'est impossible de les nom-
mer tous; le plaisir que je leur ferais
par cette fastidieuse énumération res-
semblerait à une complicité.
Il va sans dire que leur sollicitude est
acquise au personnel ouvrier et qu'ils
ont droit à sa reconnaissance. Leur ra-
bâchage force les comptes rendus à ra-
bâcher, ils se répètent et généralement
ils enchérissent.
Voici un projet de résolution que je
relève, sur le chapitre 27. Il est signé
Betoulle, Dalimier et Lenoir
La Chambre invite le ministre des postes
et des télégraphes à étudier les mesures né-
cessaires pour arriver à la temporisation de
tous les ouvriers de main-d'œuvre exception-
nelle occupés depuis deux ans par l'adminis-
tration.
Tant mieux pour vous, si vous com-
prenez Je crois que la plume leur a
fourché. Ils ont voulu dire titularisation,
c'est-à-dire détemporisation, exactement
le contraire de ce qu'ils ont dit. Et la
preuve, c'est qu'ils réclament l'augmen-
tation du nombre des ouvriers commis-
sionnés. La crise du français sévirait
elle, même à la Chambre? Après cela, il
est possible que je me trompe et qu'ils
aient mis une idée dans un barbarime,
que le sous-secrétaire d'Etat a aspergé
d'un peu d'eau bénite.
La convention avec les Messageries
maritimes qui n'est encore qu'à l'état
de prévision budgétaire a été criti-
quée d'avance par MM. Bouisson, Paris
et Molle, particulièrement en ce qui
concerne les ports d'attache. Là encore,
chacun a prêché pour son saint, ce qui
semble assez naturel lorsque le saint est
d'accord avec l'intérêt général. Nous ne
le saurons que le jour où cette conven-
tion sera discutée.
M. Chastenet est revenu ensuite sur
le service téléphonique qu'il a qualifié
de déplorable; et, d'autre part, il a de-
mandé le vote rapide du projet relatif
au chèque postal. Ici, le ministre a fait
des déclarations importantes, en ré-
ponse aux applaudissements qui ont
accueilli les justes réclamations de son
interlocuteur.
M. le ministre des travaux publics.
Le gouvernement approuve le projet tel qu'il
a été établi par la commission des postes; il
ne peut qu'en souhaiter la prochaine mise a
l'ordre du jour (Très bien très bien !).
Eu ce qui concerne les téléphones, les bu-
reaux seront arrivés d'ici un an ou deux, à
leur pleine saturation; ils ne pourraient plus
recevoir de nouveaux abonnés.
Aussi j'examine le moyen de créer trois
nouveaux bureaux centraux de téléphone à
Paris et d'arriver, à Paris, à la conversation
taxée, au lieu du système forfaitaire (Applau-
dissements).
A cinq heures, le budget des P. T. T.,
y compris la Caisse d'épargne postale,
est voté, et l'on passe au budget des
beaux-arts.
LES BEAUX-ARTS
Le titre en est alléchant, il nous pro-
met des discussions moins insipides, à
la condition que les vrais amateurs y
mettent un peu de bonne volonté. La
discussion s'ouvre sur une interpellation
de, M. Georges Berry, relative au fonc-
tionnement des théâtres nationaux..
L'interpellateur se plaint que nos théâ-
tres lyriques nationaux soient envahis
par les artistes étrangers au détriment
des artistes français; que l'Opéra, man-
quant à une clause de son cahier des
charges, ne donne pas par an huit actes
nouveaux; que l'un des directeurs voyage
trop. 11 invite fa direction à faciliter,
par des places à bon marché, l'accès des
théâtres subventionnés aux classes po-
pulaires. Puis il s'arrête et remet la suite
de son interpellation à une date ulté-
rieure.
M. Engerand lui succède et prêche
pour la conservation des églises, musées
précieux, trésors inestimables à défendre
et à protéger. J'imagine qu'il ne craint,
sur ce point, aucune contradiction. De
Montmartre à l'Institut, les brosses su
changeraient en triques. La garde des
objets d'art est confiée aux communes;
mais les gardiens eux-mêmes ont voulu
vendre leurs trésors custodes quis'eus-
todiat? Certains exemples fâcheux im-
posent des obligations au gouvernement.
Celui-ci, par l'organe du sous-secré-
taire d'Etat, M. Dujardin-Beaumctz, a
répondu « II faut mon autorisation
pour faire ces ventes, et'je ne la donnerai
jamais»..
M. Jean Hennessy a ensuite présenté
des observations sur l'éducation artis-
tique telle qu'on la donne à l'Ecole des
beaux-arts.
M. Hennessy. En lisant un rapport de
M. de Nieuwerkerke, j'ai été très frappé de
voir le surintendant des beaux-arts se plain-
dre dès cette époque du manque de liberté
dont souffrait l'enseignement de la peinture
et de la sculpture par cette tendance qui s'y
manifestait déjà d'imposer aux talents per-
sonnels un style académique unique.
Cette violation de la liberté avait été tout au
moins atténuée par des mesures libérales
on avait permis à des professeurs, sans titre
officiel, d'enseigner et on avait étendu le
concours de Rome.
Aujourd'hui, ces mesures libérales ont dis-
paru, l'enseignement dans les ateliers est
donné uniquement par des membres de l'Ins-
titut, et le concours de Rome est devenu
autant un concours entre professeurs qu'un
concours entre élèves. (Applaudissements à
droite et sur divers bancs au centre.)
Chaque professeur prépare ses élèves favo-
ris.en vue du concours de Rome, qui seul
préoccupe l'opinion ajoutez à cela que les
professeurs sont juges et parties, puisqu'ils
entrent dans la composition des jurys dexa-
men, et nos générations naissantes'de pein-
tres sort stylées et jugées par des profes-
seurs qui appartiennent à la génération qui
s'en va. (Applaudissements sur les mêmes
bancs.)
On comprend ainsi pourquoi les jeunes
gens s'éloignent de plus en plus du concours
de Rome et on conçoit qu'un grand sculpteur
devenu membre de l'Institut ait pu s'écrier
« Enfin je vais pour la première fois faire
ce que je veux et rendre ce que je sens. »
(Très bien très bien !)
M. Jean Hennesy a été vivement ap-
plaudi. Y aurait-il aussi une crise de
l'art? 7
M. Braibant a renouvelé contre la di-
rection de l'Opéra les principales criti-
ques de M. Georges Berry. Il estime
qu'elle engage trop d'artistes étrangers.
C'est une grosse, affaire et,une vieille
querelle. La discussion continuera de-
main matin.
Pas-Perdus.
LE SÉNAT
LES NAUNDORFF
Le Sénat a discuté hier le rapport de
M. Boissy d'Anglas sur la pétition de
M. Charles-Louis de Bourbon qui de-
mande sa réintégration dans la qualité
de Français.
M. de Lamarzelleaainsi posé la ques-
tion on demande en réalité au Sénat de
reconnaître que le grand-père du péti-
tionnaire était fils de Louis XVI et de
prononcer sur l'affaire Naundorff, déjà
jugée par les tribunaux.
M. de Lamarzelle affirme que le Sénat
n'a pas ce droit, surtout avant que les
recherches les plus minutieuses aient
été faites pour éclaircir un point d'his-
toire qui reste très controversé.
M. Gaudin de Villaine estime au con-
traire qu'il ne s'agit que de naturalisa-
tion et qu'on peut admettre la pétition.
C'est aussi l'opinion de M. Boissy
d'Anglas, l'auteur du rapport. Mais il a
pris parti dans le débat historique et il
pense que le gouvernement peut com-
pléter l'enquête de la commission et
faire la lumière sur ce qu'il appelle « un
des plus grands crimes de l'histoire ».
On rendrait, conclut-il, enfin justice aux
descendants de celui qui en a été la vic-
time.
M. Guillier se prononce ensuite contre
la compétence du Sénat, et M. Goirand
demande l'ordre du jour pur et simple.
Les pétitionnaires sont suspects à M.
Goirand, qui rappelle que le Tribunal de
la Seine a, en 1851, débouté les héritiers
Naundorff de leur demande. Le juge-
ment a été frappé d'appel.Mais, en 187-4,
un des demandeurs s'est retiré, et la
Cour n'a pas jugé pour tous. Depuis
vingt ans, un des pétitionnaires inter-
jette appel, tous les trois ans, du juge-
ment de 1851.
M. Goirand, qui est sévère pour la fa-
mille Naundorfl, rappelle que le préten-
dant a été poursuivi en 1824, en Alle-
magne, pour fabrication de fausse mon-
naie, et condamné à trois ans de prison.
M. Boissy d'Anglas objecte qu'il a été
condamné pour s'être dit fils du Roi.
M. Goirand n'a cure de cette interrup-
tion. Il continue son réquisitoire, affir-
mant qu'il ne s'agit là que d'une ques-
tion d'héritage. On vise les successions
de Louis XVI, celle do Marie-Antoi-
nette, appréhendées par le comte de
Chambord et passées aux héritiers de
celui-ci. Il s'agit de plus de 300 millions.
Bref, il n'appartient pas au Sénat de
rouvriT le dossier Naundorff. Enfin, après
quelques explications échangées entre
divers sénateurs, l'assemblée vote une
proposition de M. Bérard ainsi conçue
« Le Sénat, n'ayant pas à examiner le
bien ou le mal fondé de la pétition;
considérant qu'il existe une voie régu-
lière et légale ouverte à tous pour faire
reconnaître leur nationalité, passe à
l'ordre du jour. »
Le Sénat, après avoir inscrit en tête
de l'ordre du jour de sa prochaine
séance les douzièmes provisoires, s'a-
journe à demain jeudi.
Auguste Avril.
Autour, de la politique
M. Emile Constant
et les congrégations
Nous avons exposé hier dans tous ses dé-
tails l'étrange incident soulevé par le Petit'
Var et qui met le collaborateur immédiat de
M. Monis, M. Emile Constant, sous-secré-
taire d'Etat à l'intérieur, dans une fâcheuse
posture.
On a beaucoup commenté, dans les cou-
loirs de la Chambre, l'attitude de ce demi-
ministre qui n'a pas assez de sévérité pour
ses adversaires lorsqu'ils s'efforcent d'atté-
nuer la rigueur des lois de laïcisation, et qui,
dans sa circonscription, pour se donner de
faux airs de libéralisme, en fait suspendre
l'exécution, et invoque pour sa défense
un communique officieux l'établit le délai
de dix ans que la loi de 1904 impartit pour
achever la fermeture des écoles congréga-
nistes.
Dans tous les groupes on critiquait-sans
ménagements cette curieuse manière d'inter-
préter les lois et l'on exprimait l'opinion
qu'un débat s'imposait..
L'interpellateur, M. Bouyssou, à* du reste
adressé a M. Monis la lettre suivante
Monsieur le président, du Conseil,
Je, désirerais vous interpeller sur les faits ré-
vélés par M. Georges Mandel et confirmés par le
Journal de ce matin" dans une note d'allure offi-,
eieuse.au sujet.de la congrégation des Sœurs
ursuiioes de Bazas (Gironde; et vous âcm'a:idor
si vous' comptez exécuter strictement la législa-
tion; relative-, aux associatifs -religieuses, mènie~
tion: relative', > aux ns!!oci!\iit-n!! ;reHgiGustJCS>, même'
dans les circonscriptions représentées par cer-
tains membres du gouvernement.
Je' vous demanderai de- bien vouloir accepter
la discussion de cette interpellation au début de
la séance de vendredi.
La Chambre sera appelée dès demain à se
prononcer sur la date de cette interpellation
qui ne saurait être retardée.
Au ministère de l'intérieur
Une conférence a eu lieu hier soir, à cinq
heures, au ministère de l'intérieur, entre
MM. Moins, président du Conseil, Berteaux,
ministre de la guerre, Caillaux, ministre des
finances, Cruppi, ministre des affaires étran-
gères, Messimy, ministre des colonies, Saint-
René Taillandier,' ministre de France au
Maroc, et le directeur des affaires politiques
au ministère des affaires étrangères.
Cette conférence s'est prolongée jusqu'à
sept heures et demie.
L'Union républicaine
Le /nouveau groupe de l'Union républi-
caine s'est réuni hier pour entendre la lec-
ture de la déclaration élaborée en son nom
par M. Charles Benoist.
Le programme du groupe est celui,qui a
été, trois années de suite, adopté à l'unani-
mité par la Fédération républicaine. Il se
ramène à ces deux principes développement
des libertés publiques, réalisation des réfor-
mes sociales,
Voici comment, sur les deux points, s'ex-
prime la déclaration de l'Union républi-
caine
L'Union républicaine, fermement attachée aux
libertés déjà conquises et qui sont de l'essence
même de la République, se déclare résolue d'a-
bord à maintenir la liberté de conscience
pleine et entière, c'est-à-dire l'égale liberté de
croire ou de ne pas croire, de pratiquer un culte
ou de ne pratiquer aucun culte, toutes les for-
mes de la liberté de penser, d'exprimer ou d'im-
primer la pensée liberté de l'enseignement,
et neutralité scolaire, dans les conditions déter-
minées par la loi, liberté de réunion, liberté
d'association, liberté de la presse.
Mais ce n'est pas assez de maintenir nomina-
lement les libertés conquises il faut les garan-
tir effectivement. L'Union républicaine tiendra
à honneur, dans ce dessein, d'assurer ou de faci-
liter contre l'arbitraire des pouvoirs des
recours constitutionnels devant une juridiction
supérieure. gardienne des libertés du citoyen.
Et ce n'est pas encore assez de garantir les
libertés existantes il faut les développer. Il
faut développer les libertés communales par
en bas, en réduisant à son vrai rôle et bornant
à ses limites exactes la tutelle administrative,
en donnant, dans les bureaux de bienfaisance,
d'hospice, d'assurance, etc., la prépondérance à
l'élément municipal par en haut, en rendant,
au-dessus du département, de la vie à la région,
telle que la nature, l'histoire, le système des
communications, les relations économiques l'ont
faite, et en décongestionnant ainsi l'administra-
tion de la France.
C'est enfin, dans le même esprit, de maintenir
et de développer les libertés publiques et pri-
vées que doivent être abordées la réforme ad-
ministrative, qui ne saurait être considérée uni-
quement au point do vue des fonctionnaires,
quelque urgence qu'il y ait à les doter d'un sta-
tut certain la réforme judiciaire, en affranchis-
sant la magistrature des influences politiques et
administratives. C'est dans un esprit de justice
que doivent être accomplies la réforme ilscale,
en évitant toute mesure d'inquisition, toute ac-
ception de personnes; ta. réforme syndicale,
en éveillant et en stimulant, par une large fa-
culté de' posséder,- le sentiment de la responsa-
bilité, comme gage du respect de la propriété
et de la liberté du travail.
Au point de vue de la réalisation des ré-
formes sociales la déclaration du groupe
ajoute
L'Union républicaine ne peut ni ne veut se dé-
sintéresser des questions que depuis un siècle
et demi l'évolution des faits politiques et écono-
miques a posées'en termes de plus en'plus pres-
sants. ̃
Parce qu'elle sait que le citoyen n'est libre
que si le gouvernement est fort, et parce.qu'elle
voit que trop, souvent l'Etat-patron .affaiblit et
compromet 1 Éfat-souyerain, elle est énergique-
ment hostile à l'envahissement de l'industrie par
les monopoles d'Etat. Mais elle veut être de son
temps, et'si elle -réserve, partout où il sera pos-
sible, la meilleure part aux initiatives 'particulier
rfs provoquées ou récompensées, aux communes
et aux associations débarrassées de leurs lisières
et restituées à leur mission féconde, elle appelle
la coopération de l'Etat, là où l'Etat peut multi-
plier leur action, et ne repousse pas l'action
même de l'Etat là où seul l'Etat a les moyens
d'agir utilement.
Elle reconnaît, dans les circonstances pré-
sentes, politiques et économiques, la nécessité
d'une législation ouvrière qui achève' le code du
travail et qui en comble les lacunes, notamment
par les lois sur le,contrat de travail, l'hygiène
et la sécurité des ateliers, les coalitions et les
grèves, le règlement des différends collectifs
dans les chemins de fer de l'Etat et concédés,
les Bourses du travail, la représentation profes-
sionnelle, l'assurance contre la maladie et contre
le chômage.
Tellos sont les réformes à réaliser. Cette
politique s'oppose à la politique socialiste et
à la politique purement conservatrice. Les
vieux partis conservateurs, conclut la décla-
ration, s'obstinent' à conserver sans rénover,
les partis révolutionnaires rêvent d'innover
sans conserver. L'Union républicaine vou-
dra et saura tout ensemble conserver et re-
nouveler.
Les rapports de M. Viollette
M. Klobukowski, gouverneur général de
l'Indo-Chine, a achevé sa déposition devant
la commission du budget. Il a répondu sur
tous les points à M. Viollette. On peut ainsi
résumer ses explications
1" Sur la question des dépenses du gouverne-
ment général, M. Viollette avait affirmé que des
faux avaient été commis au préjudice dutmdget
général. M.. Klobukowski a mis en demeure le
rapporteur de produire ces' faux. Sa demande est
restée sans réponse e
2° Sur la question des prestations en Annam,
M. Klobukowski a établi que M. Viollette avait
confondu l'année 1898 et l'année 1908
3° M. Viollette avait affirmé que des troupes
françaises avaient été mises sous l'autorité d'un
mandarin annamite. M. Klobukowski a donné
lecture d'un télégramme du général Geil, décla-
rant formellement, contrairement à l'affirmation
du rapporteur, qu'à sa connaissance,-jamais un
détachement quelconque de troupes françaises
n'a été mis sous l'autorité d'un mandarin an-
namite;
4" M. Viollette avait mentionné la présence au
Tonkin, il y a quelques semaines, des fils du
Dé-Tham. Le gouverneur a établi qu'il ne restait
plus en Indo-Chine de fils du Dé-Tham, les uns
étant morts, les autres déportes
5° M. Viollette avait annoncé le déficit certain
du budget local du Tonkin, M. Klobukowski a
lu un télégramme, reçu le jour même au minis-
tère des colonies, et informant le ministre que
l'exercice 1910 laisserait un excédent minimum
de 2S0,0Û0 francs
6° M. Viollette avait présenté la situation fi-
nancière de l'Indo-Chine comme absolument dé-
sespérée, le déficit comme considérable, M. Kio-
bukowski a lu un télégramme communiqué par
le ministère des colonies, établissant que dès
maintenant l'exercice se liquide par un excédent
sur les prévisions, de 2,900,000 francs environ.
7° M. Viollette avait affirmé que lo nouveau
régime relatif a la vente de l'alcool (Annam-
Tonkin) donnerait des mécomptes. Le gouver-
neur général "a, d'après un document officiel, fait
ressortir qu'un excédent' de 1,080,000 francs est
d'ores et déjà atteint;
8° M. Viollette avait accusé le gouverneur-
général d'avoir fait disparaitre deux chevaux et
une automobile. Le gouverneur général l'a invité
à produire des preuves. La demande est restée
sans réponse. Les chevaux et l'automobile exis-
tent ̃'̃
9° M. Viollette avait accusé le gouverneur
d'avoir fait construire à l'île de la Table un pa-
villon de chasse de plusieurs milliers de pias-
tres.. Le pavillon, qui a. coûté deux cents pias-
tres, a été construit avant l'arrivée de M.Klo-
bukowski en Indo-Chine,'p'our la surveillance
d'un centre d'élevage alors" créé dans cette- Ile et
qui a été abandonné depuis. Le sénateur Lanne-
longue, de l'Academie des sciences, en -peut té,
moigner.•
Pour conclure le- gouverneur de Plado-
Chine a réclamé en son nom et au nom' de
l'Indô-Cliine, pour tous ceux qoe M. Viftlteite
a accusé et condamné sans preuves, une
sanction., •̃•̃ ̃ r
M. Klobukowski est d'autant plus fondé à
cette réclamation que le comité central re-
présentant le corps des administrateurs- des
services civils de l'Indo-Chine a voté dans
une récente réunion la résolution suivante
Le comité central de l'Association des servi-
ces civils do l'Indo-Chine, réuni à Paris le
27 mars dans 'le local habituel de ses séances
après ^.voir pris connaissance du rapport rédigé
par M. Maurice Viollette au nom de ,1a commis-
sion du budget, a décidé d'adresser au gouver--
neur général de l'Indo-Çhine une lettre ptotes-
tant contre leà accusations formulées, ida.ns, ce
rapport et visant le corps des services civils ..et.
le priant de vouloir bien prendre sa défense au-'
près du ministre des colonies. -*̃
Le comité a mis en outre à l'étude la question.'
de l'opportunité- de poursuites en diffamation' h
intenter tant contre le rapporteur que contre
les autres membres de la commission du bad-
get.
Ajoutons que MM. Mettetal, maire d'Ha-
noï et Picanon, directeur général des doua-1
nés, ont également protesté- contre les allé-
gations, contenues dans le rapport de if.
Viollette, et que M. Viollette a été obligé de
reconnaître que l'accusation de collusion
portée contre eux était sans fondement.
La commission du budget n'a donc plus
qu'à conclure.
En attendant une sanction qui ne peut
tarder, M. Klobukowki a chargé deux'de ses
amis, M. le général Radiguet, commandant
la brigade de cavalerie de Valence, et M.
Paul Dutasta, secrétaire d'ambassade, d'aller
demander à M. Viollette. des excuses ou une-
réparation, pour les allégations injurieuses
que contient son rapport.
Le député d'Eure-et-Loir n'étant pas, hier,
à Paris, les témoins de 'M. KlobukoWski
n'ont pu s'aboucher avec lui.
Ils le verront aujourd'hui s'il est de retour.
A. A.
Gazette des Tribunaux
Tribunal correctionnel (9e Chambra) s
L'affaire Lacour. Un tumulte à l'au-
dience.
Le Palais de Justice a vu hier le. plus
formidable tumulte qu'on puisse • rêver*-
Certes il y a eu des audiences plus' dra-
matiques, mais jamais- on n'en vit de
plus orageuses., Une affaire interrompue
pour juger une partie de la salle, un
président de Tribunal, outragé sur son
siège, douze prévenus amenés ̃ au ..pied
de ce Tribunal, entourés de gardes mu-
nicipaux, tel est le bilan de t'audience.
On jugeait Lucien Lacour, condamné
par défaut- à trois ans de prison pour
avoir frappé M. Briand, président du- ·
Conseil, et qui avait fait opposition au.
jugement de condamnation; ..» ̃> '̃̃̃̃
C'est dans le plus grand calme que'
Lacour prend la parole pour expliquer
son acte
Je me suis rendu le 20 novembre à l'inau-
guration de la statue de Jules Ferry. J'ai
écouté les discours; ils- ne m'ont point con-
verti. J'ai vu Briand sortir, je l'ai saisi au
collet, d'une main, et souffleté de l'autre. Je
voulais recommencer, lorsqu'on m'a arrêté
et frappé rbrutalement. J'ai fait là un acte
politique. Briand représentait pour moi. d'a-
bord Briand, odieux à moi, catholique, lé; ̃*
Briand des inventaires, des églises prises,
d'assaut, l'avocat d'Hervé et l'apologiste des
grèves. Il représentait la République, c'est-
à-dire Fachoda et Algésiras; Jules Ferry,
c'est-à-dire les décrets sur l'instruction. An
moment des fiches, je,servais dans l'admira-
ble bataillon du commandant Driant je lui
ai vu briser son ôpée par suite de la déla-
tion. Quel que soit votre jugement, il iiîe
restera la fierté d'avoir obéi à ma conscience
de catholique et de Français, pour le Roi et
pour la France.
Après cette déclaration, on ^ntènef \e&
témoins, les .agents qui ont arrêté La-
coiir et qui déclarent qu'il à porté un
coup de poing au président duCô'nseil,
coup qui a atteint son chapeau d'abord, 2
son épaule ensuite.
Puis, ce sont les témoins cités à la
requête de Lacour M. Lépreux, qui fait
son éloge et celui de sa famille, « très
estimée dans le cinquième arrondisse-
ment » et qui apporte à Lacour « son
estime et son amitié ». M. le comman-
dant Driant, sous les ordres de qui servit
Lacour:
C'était un soldat modèle, le type du
chasseur de 1" classe.
Puis, M. Pujo succède à M. Driant.
Sa déposition sera le point de départ du
tumulte. -'•
Je connais Lacour, dit.M. Pujo,. depuis
1908 il s'est inscrit comme camelot du Roi.
C'est un patriote. Il a pris part à toutes nos
manifestations, notamment au quartier.
Passez, dit le président. Ce n'est pas
1 affaire.
J'arrive donc à l'acte qui lui est repro-
che. Lacour a eu la même intention qu'à, la
Sorbonne lorsqu'il rendait service à ses
compatriotes. Il n'a pas frappé M. Briand
dans un but répréhensible; il n'a pas voulu
que les honnêtes gens eussent de l'estime
pour un aventurier.
Ceci est une injure. Sortez dit le pré-
sident.
Aussitôt, du fond de la salle, s'é*ièy&
une voix
Laissez parler la défense!
Faites sortir celui qui interrompt, s'é-
crie le président.
Je ne sortirai pas 1 répond la voix.
Faites évacuer!
Vous nous embêtez continue la voix.
Le président se couvre, l'audience est
suspendue, Les gardes municipaux ac-
courent, essaient de faire sortir ceux qui
'ont interrompu. On entend dés cris fé-
roces, des hurlements. Dans la mêlée on
aperçoit parmi les groupes d'avocats,
des grappes humaines cramponnées aux
bancs, et des gardes arrachant de leurs
points d'appui ceux qui. résistent.
L'audience est reprise
Mon ordre n'a donc pas été exécuté, dit
le président. La salle n'est point évacuée.
Gardes! faites-la évacuer.
Aussitôt une formidable clameur. Puis
des chants, une complainte où l'on dis-
tingue les noms de-Briand et de Lacour.
Les cris.d' «Assassins, assassins .-I » ryth-
més par des poitrines hurlantes. Dans le
fond de la salie, c'est toujours la lutté
avec les gardes..
M. le substitut Granié se lève':
Gardes, conduisez. les délinquants non
pas au dehors, mais devant le Tribunal 1
Et les municipaux, à grand'peinë, tant
la foule est dense, amènent devant le
Tribunal deux jeunes gens, l'un revêtu `
dun long caoutchouc, jaune, un .cache-
nez autour du cou, l'autre d'un pardes-
sus .gris. Ils sont là, debout devant les-
juges..
A-t-on, demande aux gardes M..Aûssfct,
arrêté celui qui a dit « Vous nous enibê- ,(
tez! !_))?_
C'est moi s'écrie une voix. Je l'ai dit
aux agents mais non au Tribunal.
Eh bien venez devant nous, dit 4e préV
sident, sans arrestation, nous ne faisons
pas de la répression pour le plaisir.
Wû'est jamais iun plaisir, mais parfois
un devoir, ajoute le substitut.
Et de la fouie sort un jeune homme
qui .wat.
hs J^onde § îa Wîe
SALONS
S. Exe. l'ambassadeur du Japon et la
baronne Kurino ont offert hier un diner offi-
ciel, en l'honneur du président du Sénat, qui
était accompagné de Mlle Dubost,
Les autres invités étaient
S; Kxc. l'ambassadeur d'Espagne et Mme Ca-
balljjro, le garde dés sceaux, Ministre de ta jus-
tice,, et il m o Pen-ier, AI. Caillaux, ministre des
finances, le ministre de la marine, Mme et Mlle
Déliassé, le ministre du commerce et Mme Massé,
M. Ramondou, secrétaire général- la présidence
de la République le ministre de Costa Rica et
la marquise de Peralta, le .ministre du Brésil
et Mme de Piza, le ministre de Monaco et la
comtesse d'Avricourt, M. le capitaine de vaisseau
Mornet, chef de bureau de l'etat-major général
de là. marine; M. de Fouquieres, sous-chef du
grotocole; le chef du cabinet du président du
Sénat et Mme Favareille, le conseiller d'ambas-
sade et Mme Adatci, le capitaine de frégate Mat-
sunjura, attaché naval du Japon.
-̃Mme Athos Romanos*, femme du minis-
tre de Grèce à Paris, a donné une réunion
pour la jeunesse. Au programme des projec-
tions lumineuses de paysages de la Grèce qui
furent très goûtées.
r– Dîner hier soir, suivi de réception, chez
le, duc et la duchesse de Rohan. Parmi les
convives
Comtesse de Beauchamp, Mme John Balli, ba-
ron. Guillaume,. ministre de Belgique comte et
comtesse de Fels, M. et Mme Jules Porges, M.
et'Mme Pierre Lafltte, princesse Lucien Murât,
grince et princesse de Léon, comte et comtesse
harJes de Caraman, M. Fournier-Sarlovèze,
comte de .Jumilhac, M. de Navenne, comte Che-
vreau, etc.
Dans la soirée, parmi les invités
Princesse de Poix, comté et comtesse d'Har-
court, vicomte et vicomtesse de La Tour du Pin,
comtesse de Brye, comte et comtesse Pierre de
Durfort, Mme Hochon, princesse de La Tour
d'Auvergne, née Pleumartin, Mme de Caillavet,
M. Pierre de Bouchaud, vicomtesse de Mon-
trcuil, comte et comtesse André Pastré, Mme et
MllQ-.de Coudekerque-Lambrecht, M. et Mme L.
Cappiëllo, comte et comtesse de Breuilpont,
comte Louis de- Périgord, M. Henri Robert,
cemté. Bertrand de Durfort, M, Altman, duc de
Cirélla, comte Olivier d'Elva, prince de Leca-
Colonna, comte de Mareuil,' etc.
De .Copenhague ̃ »
Le ministre de France à'Copenhague et la
coçfltejsse Horrie de Beaucaire ont donné un
second grand dîner suivi d'une soirée dan-
sante.
Parmi les invités
Comte et comtesse de Raben-Levetzau, les mi-
nistres 'd'Angleterre, 'de Russie, d'Autriche et de
Suède avec leurs femmes, le .consul général
Holm et madame née de Ilegermann-Linden-
croae, etc.
-–Le' ministre d'Allemagne à Copenhague
etSlme de.Waldhausen viennent de donner
un'bai très brillant, auquel assistaient
l.h. MM. le roi et la reine de Danemark, les
princes et princesses, le ministre des affaires
étrangères et la comtesse Ahlefeldt-Laurvigon,
les ministres de France, d'Angleterre, d'Autri-
che, de Russie,, du Brésil et de Suède, avec leurs
femmèsi les chargés d'affaires d'Espagne, d'Ita-
lie et des; Etats-Unis, et de hautes personnalités
de l'aristocratie danoise,
Un élégant cotillon'fut conduit par M. de
^Radowitz, premier secrétaire de la légation
d'Allemagne, et Mlle de Matuschka, en cos-
tumes japonais.
Mlle Hélène Vacaresco a clôturé lundi
la série de ses thés restreints, où nous avons
xeconnu:
S. Exc. l'ambassadeur d'Italie et Mme Tittoni,
duchesse de Rohan, princesse L. Murât, prin-
cesse H. Soutzo, marquise de Ludre, princesse
Eugène Murat, princesse de La Tour d'Auvergne-
Lauraguais, Mme de Giers, marquis et marquise
d'Argenson douairière, princesse Marguerite
Mflrat, prinprincesse Gr. Ghika, comtesse Jean
de Moniebeilo, Mme Charles de Pomairols,
cototfe'ss'ô Joachirh Murat, Mme Paul Musurùs-
~bé¥yZtii>Me%s€i '^eï''M-Uè" de LsTForest-Divônne,
ducies.se' et Mlles' de Mignaao,: Mme Jean
Bonnàrdel, Mlle Mavrocordato, princesse Vo-
goridy, marquise de Belloy, princesse P. Mou-
rousy, Mme Jayr, Mme Alphonse Daudet, Mme
Guillaume Béer, Mlle Choppin d'Arnouvillo,
Mme A. de Pierrebourg, Mme H. Simon, Mme et
Mlle de Saint-Victor, M. et Mme Marcel Prévost,
M. et Mme Vallery-Radot, Mme Charles Mitili-
neu, comte "et comtesse de La Rochecantin, ba-
ronne de Baye, Mme Jeanniot, princesse Kot-
choubey, Mme Fritsch-Estrangin, comtesse de
Vaux Saint-Cyr, M. Gustave Schlumberger, ba-
\ron Guillaume, ministre de Belgique M. Ferrero,
prince de Broglie, duc de Rarécourt, lord Windsor,
AIM, Lucien Daudet, vicomte de Mareuil, Cha-
bert, Boldihi', Cocteau, François Mauriac, comte
de Béarn, vicomte de Vaufreland, vicomte de
FontëhàilleR, comte de La Rochecantin, Raymond
Constant, etc., etc.. ̃
La comtesse de Dalmas née de Quinso-
flas' adonné, dimanche, en son hôtel de la
'rue de Berri, une soirée très élégante, à l'oc-
casion de la signature du contrat de mariage
de sa fille, Mlle Jeanne de Dalmas, avec
M. Edouard d'Allamel de Bournet fils de
M. d'Allamel de Bournet. La corbeille et les
nombreux cadeaux adressés aux jeunes fian-
cés furent très admirés nous en publierons
ultérieurement la liste.
La bénédiction nuptiale sera donnée de-
main jeudi, à midi, en l'église Saint-Philippe-
du-E.qule,<.par S. Gr Mgr de Curel, évêque
de Monaco.
Lundi soir, chez la comtesse Horace de
Choiseul, réception de famille pour les fian-
çailles de sa fille, Mlled'Adda Salvaterra avec
le comte Jacques de Pange.
Reconnu
Princesse .d.'Arenberg, comte et comtesse de
Moctemart, marquis. et marquisedeBreteuil, com-
tess.e de Brigode, duchesse de Clermont-Tonnerre,
marquis et marquise d'Harcourt, marquis et mar-
quise de Castéja/ comtesse de Malestroit, mar-
quis et marquise de Rochechouart, comte et
comtesse de. Durfort, comte et comtesse de
Béaùffort, comte et comtesse de Cararaan, comte
et comtesse de Las Cases, baron et baronne de
Grapdmaison, baronne de Charnacé, marquise
d'Argenson, Mlle.de Béarn, comte et comtesse de
Clio i s etil-G ouffier, comte et comtesse Bernard de
Durfort. comte et comtesse de Ludre, comtesse
Pierre d'Harcourt, comtesse de La Roche-Aymon,
comte et.comtesse Le Marois, comte et comtesse
Joseph d'Ilarcourt, comtesse et Mlle de Maillé,
Mmb de' Làfaulotte-, comte et comtesse de Pimo-
da"n, Mlle de Pimbdan, marquise et Mlle de Mun,
comte, comtesse et Mlle de Puymaigre, marquise
de Pomereu. -marquise de Lubersac, comte et
comtesse. d'Harcourt,. comtesse Louis et Mlle
d'Harcourt, vicomtesse de Courcy, comte et
comtesse de -Blacas,< comte Louis de Blacas,
comte et comtesse de Pange, marquis de Pange,
comte et .comtesse F. de Pange, comtesse de
Caraman, Mlle Aline dilàrcourf, Mme Legrand
née Fournès, baron et baronne de Coubertin,
vicomte et vicomtesse du Bouchage, comte et
comtesse de Castéja, barons Charles et Fernand
de Guénifet, comte Gabriel de Mun, comte de
Marinier,' comtede Pimodan, comte Robert d l'Har-
court, comte Pierre de Cossé-Brissae, comtes
François, Centule et Hector de Béarn, etc.
tum
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
-»• Mgr le duc de Montpensier, qui était
parti pour .les Etats-Unis et l'indo-Chinc, est
depuis quelques jours en route pour l'Europe.
Il est attendu par Mme la comtesse de Paris
et Monseigneur le duc d'Orléans à Villaman-
rique vers la-fin de la semaine prochaine.
S. Exçl M. Tittoni, ambassadeur d'Italie,
a quitté Paris hier soir, se rendant à Rome.
MARIAGES
«̃ Hier a eu lieu le mariage de Mlle Mar-
guerite Lévy, fille de l'éminent philan-
thrope M. Gustave Lévy, avec le comte Ha-
melin de Warren, fils du comte et de la com-
tesse Anselme de Warren née Hayn de Ver-
neville.
tes; témoins de la mariée étaient MM.
Mondos," sous-directeur de l'imprimerie na-
tionale, chevalier- de la Légion d'honneur.,
Eugène. Poisson, ingénieur, ancien directeur
de là colonie San-Pedio (Espagne), A. M. de
Jiarral, représentant de la banque de Puerto-
;Ric
Robert de Maillié, M. Toudron, ingénieur des
chemins de fer Brazil RaiHvay.
La cérémonie religieuse a eu lieu en l'église
Saint-Augustin au milieu d'une assistance
nombreuse et très sélect.
On annonce le mariage de Mlle Jeanne
de Gontaut-Biron, fille du comte B. de Gon-
taut-Biron, ancien député dés Basses-Py-
rénées et de la comtesse B. de Gontaut-
Biron née Cabibel, et petite-fille du.vicomte
de Goataut-Biron, notre ancien ambassadeur
à Berlin, avec M. Jàcques'Scheidecker, fils de
M. Scheidecker et de madame née Van Zuy-
len, fille de M. le baron Van Zuylen qui fut,
pendant de longues années, ministre des Pays-
Bas à Paris.
Nous apprenons les fiançailles du comte
Joseph de Bizemont, fils du comte de Bize-
mont et de la comtesse née d'Oiron, avec
Mlle Madeleine de Vion de Gàillon,. fille du
vicomte de Vion de Gaillon et de la vicom-
tesse née de La Villeguérif.
DEUIL 1_'
Hier ont été célébrées dans la plus
stricte intimité les obsèques de M. Gontran
Montaland Davray, décédé £ Paris, à l'âge
de quarante-cinq ans, après une longue et
cruelle maladie.
Hier, à. dix heures, en l'église Saint-
François-Xavier, ont été célébrées les obsè-
ques du baron Angot des Rotours, ancien ma-
gistrat. L'abbé Gréa, curé de la paroisse, a
fait la levée du corps. Le deuil était conduit
par le baron Jules des Rotours et le baron
André des Rotours, ses fils; le vicomte d'An-
terroches, son gendre M. Jean des Rotours
et le vicomte Henri d'Anterroches, ses petits-
neveux M. Henri Chabrier, son neveu; MM.
Marcel Pallu des Réaux, lieutenant au 3'
dragons René Pallu des Réaux, le marquis
de Fraguier, lieutenant au 3e hussards le
comte François de Fraguier et Bertrand de
Fraguier, ses petits-neveux,
L'inhumation aura lieu aujourd'hui aux
Rotours (Orne), après la célébration "d'un se-
cond service.
Les obsèques de Mme Pari^ot née Mi-
card ont été célébrées hier, à dix heures, en
l'église Saint-Roch. La levée du corps a été
faite et l'absoute a été donnée par l'abbé
Peuportier, curé de la paroisse.
Le deuil était conduit par M. Ernest Pa-
rizot, agent de change près la Bourse de
Paris, son mari M. Edmond Parizot, son
fils; M. Paul Parizot, son petit-fils. Une dé-
putation de la Compagnie des agents de
change assistait à la cérémonie.
Dans l'assistance
M. et Mme Henri de Biéville, M. E. Roland-
Gosselin, baron de Traversay, M. G. de Waru,
général comte de Kerhué, baron et baronne
d'Utruy, Mme Henry Colmet Daâge, M. et Mme
Le Coq de Kerland, M. Alexis Rostand, général
et Mme Mouton, M. J. Fauchier-Magnan, baron
Alfred do Walteville, M. et Mme Lucien Poin-
caré, M. Allard du Chollet, M. Guy Lepel-Coin-
tet, baron M. Fauqueux, M. John Campbell, ba
ronne Albert de Palluel, M. et Mme André
Grosse, comte de Guenyveau, M. E. Bardac, etc.
L'inhumation a eu lieu à Maisons-Laffitte.
M. Edouard Avisseau, l'habile céramiste,
fils du potier célèbre, vient de mourir à Tours
dans sa quatre-vingtième année.
Demain jeudi, à dix heures et demie, en
la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Au-
gustin, sera célébrée une messe pour te repos
de l'âme de la vicomtesse de Villebresme,
Les obsèques et l'inhumation seront célébrées
ultérieurement à Saint-Martin-des-Bois(Maine-
et-Loire).
Vendredi prochain, à dix heures, en
l'église Notré-Dame-des- Victoires, sera célé-
bré, à la demande des zouaves pontificaux,
une messe pour le repos de l'âme du colonel
d'Aîbiousse.
M. Toullic, conseiller â la Cour de Li-
moges, capitaine de l'armée territoriale, est
décédé subitement en gare de Dijon, où il
s'était rendu pour assister au congrès des
officiers de la réserve et de la territoriale. îl
était âgé 'dé soixanté-trôis ans.
̃ M. Albert Rouet vient de mourir à Cons-
tantinople à l'âge de soixante ans. Il était le
père de Mme Maximow, femme du ministre
de Russie à Copenhague.
Mme Pala\\oli-Tacchclla femme du vice-
président de la Chambre de commerce ita-
lienne de Paris et mère du docteur Palazzoli,
est décédée en son domicile de la rue de la
Pitié, où l'on se réunira aujourd'hui, à dix
heures, pour les obsèques.
B. Delaroche.
L'AFFICHE
Elle coûtera très cher. Car elle sera
d'imposantes dimensions; même le
bruit court que, de mémoire d'afficheur,
un papier si colossal n'aura jamais été
collé sur les murs des trente-six mille
communes de France.
Et, bien que ce papier dise des choses
d'une importance extrême, il est proba-
ble que peu de Français le liront, juste-
ment à cause de sa décourageante éten-
due on ne lit pas un règlement d'ad-
ministration publique en deux cent dix-
sept articles, même si ce texte est des-
tiné à rendre compréhensible à la foule
le fonctionnement de la loi sur les re-
traites ouvrières et paysannes.
Car il se compose bel et bien, ce vade
mecum du retraité, d'un règlement gé-
néral qui a deux cent un articles et d'un
règlement particulier qui en a seize. La
loi elle-même en a tout juste quarante-
deux.
C'est la nouvelle manière.
Autrefois, le législateur s'efforçait d'en-
fermer dans la loi qu'il élaborait non
seulement l'exposé précis et total de
son objet, mais aussi celui des règles
propres à en assurer le fonctionnement.
Le règlement d'administration publique
était l'annotation technique destinée à
guider les fonctionnaires dans l'appli-
cation, de règles déjà formulées, et qui
constituaient la loi elle-même.
A présent, nos lois sont des scénarios.
En traits sommaires, la réforme ou l'in-
novation à réaliser s'y indique. Le
Conseil d'Etat fait le reste.
Il n'aide pas à préparer une loi claire;
il aide à faire d'une loi obscure, après
qu'elle est votée, quelque chose d'intel-
ligible. Il écrit la. pièce sur le scénario
qu'on lui a livré, et ce n'est même pas
lui qui la signe.
Cela vient de ce que nos députés sont,
parfois, très pressés d'achever les lois
qu'ils font. Et la loi sur les retraites ou-
vrières et paysannes fut justement de
celles-là. Ce fut une loi qu'il fallait finir
vite, parce que l'électeur l'attendait, et
que les élections étaient proches; et
qu'enfin, quand les élections sont pro-
ches, il est imprudent de faire attendre
les électeurs.
Mais tout cela ne serait rien si la loi
nouvelle devait nous apporter cet apai--
sement, cette réconciliation des classes
que nous promettaient, avant qu'elle fût
votée, quelques illuminés d extrême-
gauche. Elle ne nous apportera rien de
pareil. Car elle est déjà une loi impopu-
laire. Le peuple se méfie; les socialistes
se prétendent volés et c'est pour un tel
résultat qu'on a mis au pillage les finan-
ces d'un grand pays. Em, 8:
j~ p
LA CHAMBRE
Mardi 28 mars.
LE BUDGET DES P. T, T.
Si je me bornais à dire que la Cham-
bre se moque du monde, je croirais em-
ployer une expression très polie. Hier,
elle jetait feu et flamme, elle jurait de
finir le budget avant Pâques, et ce ma-
tin, elle en volait laborieusement une
dizaine d'articles. Ce beau zèle s'était re-
froidi, et cependant il était sincère. La
vérité est que nous assistons au plus
curieux des spectacles, c est-à-dire à un
duel malheureusement inégal entre la
volonté d'en finir et le besoin de bavar-
der. C est toujours ce dernier qui l'em-
porte. Après cinq minutes de résolution,
la Chambre retombe dans son péché. Le
repentir et le ferme propos n'y font rien:
il s'agit des facteurs
MM. Voilin, Mistral, Coreil, Bedouce
font rage en faveur de cette bien-aimée
clientèle. En vain le sous-secrétaire
d'Etat et le ministre des travaux publics
essaient de modérer ses avocats. L'un et
l'autre sont immédiatement débordés.
MM. Roblin, Betoulle, Albert Thomas,
Marin, Painlevé, François Fournier n'en
veulent pas démordre. Ils se partagent
leurs protégés. Il n'est pas jusqu'à
M. Augagneur qui ne s'en mêle.
Bientôt le rapporteur spécial ne sait
plus auquel entendre. Quant au rappor-
teur général, il se borne à lever les bras
au ciel; si bien que le ministre et la
commission finissent par adopter la tac-
tique qui leur a réussi la veille. Ils ac-
ceptent tout ou presque tout, pour étude.
La plupart des orateurs se sont mon-
trés galants; ils ont plaidé la cause des
« dames employées ».
;̃ •' ♦ ••̃̃•
Dans la séance de l'après-midi, les,
appareils téléphoniques (vente et fabri-
cation), leur fonctionnement, leur type,
etc., etc., donnent lieu à un colloque in-
terminable entre plusieurs députés et le
ministre. Les orateurs se résignent à ne
plus monter à la tribune, ils parlent de
leur place; mais si leurs observations
sont plus courtes, ils sont eux-mêmes
beaucoup plus nombreux, d'où il résulte
qu'ils rattrapent en détail ce qu'ils sacri-
fient en gros. La liste en serait si lon-
gue qu'il m'est impossible de les nom-
mer tous; le plaisir que je leur ferais
par cette fastidieuse énumération res-
semblerait à une complicité.
Il va sans dire que leur sollicitude est
acquise au personnel ouvrier et qu'ils
ont droit à sa reconnaissance. Leur ra-
bâchage force les comptes rendus à ra-
bâcher, ils se répètent et généralement
ils enchérissent.
Voici un projet de résolution que je
relève, sur le chapitre 27. Il est signé
Betoulle, Dalimier et Lenoir
La Chambre invite le ministre des postes
et des télégraphes à étudier les mesures né-
cessaires pour arriver à la temporisation de
tous les ouvriers de main-d'œuvre exception-
nelle occupés depuis deux ans par l'adminis-
tration.
Tant mieux pour vous, si vous com-
prenez Je crois que la plume leur a
fourché. Ils ont voulu dire titularisation,
c'est-à-dire détemporisation, exactement
le contraire de ce qu'ils ont dit. Et la
preuve, c'est qu'ils réclament l'augmen-
tation du nombre des ouvriers commis-
sionnés. La crise du français sévirait
elle, même à la Chambre? Après cela, il
est possible que je me trompe et qu'ils
aient mis une idée dans un barbarime,
que le sous-secrétaire d'Etat a aspergé
d'un peu d'eau bénite.
La convention avec les Messageries
maritimes qui n'est encore qu'à l'état
de prévision budgétaire a été criti-
quée d'avance par MM. Bouisson, Paris
et Molle, particulièrement en ce qui
concerne les ports d'attache. Là encore,
chacun a prêché pour son saint, ce qui
semble assez naturel lorsque le saint est
d'accord avec l'intérêt général. Nous ne
le saurons que le jour où cette conven-
tion sera discutée.
M. Chastenet est revenu ensuite sur
le service téléphonique qu'il a qualifié
de déplorable; et, d'autre part, il a de-
mandé le vote rapide du projet relatif
au chèque postal. Ici, le ministre a fait
des déclarations importantes, en ré-
ponse aux applaudissements qui ont
accueilli les justes réclamations de son
interlocuteur.
M. le ministre des travaux publics.
Le gouvernement approuve le projet tel qu'il
a été établi par la commission des postes; il
ne peut qu'en souhaiter la prochaine mise a
l'ordre du jour (Très bien très bien !).
Eu ce qui concerne les téléphones, les bu-
reaux seront arrivés d'ici un an ou deux, à
leur pleine saturation; ils ne pourraient plus
recevoir de nouveaux abonnés.
Aussi j'examine le moyen de créer trois
nouveaux bureaux centraux de téléphone à
Paris et d'arriver, à Paris, à la conversation
taxée, au lieu du système forfaitaire (Applau-
dissements).
A cinq heures, le budget des P. T. T.,
y compris la Caisse d'épargne postale,
est voté, et l'on passe au budget des
beaux-arts.
LES BEAUX-ARTS
Le titre en est alléchant, il nous pro-
met des discussions moins insipides, à
la condition que les vrais amateurs y
mettent un peu de bonne volonté. La
discussion s'ouvre sur une interpellation
de, M. Georges Berry, relative au fonc-
tionnement des théâtres nationaux..
L'interpellateur se plaint que nos théâ-
tres lyriques nationaux soient envahis
par les artistes étrangers au détriment
des artistes français; que l'Opéra, man-
quant à une clause de son cahier des
charges, ne donne pas par an huit actes
nouveaux; que l'un des directeurs voyage
trop. 11 invite fa direction à faciliter,
par des places à bon marché, l'accès des
théâtres subventionnés aux classes po-
pulaires. Puis il s'arrête et remet la suite
de son interpellation à une date ulté-
rieure.
M. Engerand lui succède et prêche
pour la conservation des églises, musées
précieux, trésors inestimables à défendre
et à protéger. J'imagine qu'il ne craint,
sur ce point, aucune contradiction. De
Montmartre à l'Institut, les brosses su
changeraient en triques. La garde des
objets d'art est confiée aux communes;
mais les gardiens eux-mêmes ont voulu
vendre leurs trésors custodes quis'eus-
todiat? Certains exemples fâcheux im-
posent des obligations au gouvernement.
Celui-ci, par l'organe du sous-secré-
taire d'Etat, M. Dujardin-Beaumctz, a
répondu « II faut mon autorisation
pour faire ces ventes, et'je ne la donnerai
jamais»..
M. Jean Hennessy a ensuite présenté
des observations sur l'éducation artis-
tique telle qu'on la donne à l'Ecole des
beaux-arts.
M. Hennessy. En lisant un rapport de
M. de Nieuwerkerke, j'ai été très frappé de
voir le surintendant des beaux-arts se plain-
dre dès cette époque du manque de liberté
dont souffrait l'enseignement de la peinture
et de la sculpture par cette tendance qui s'y
manifestait déjà d'imposer aux talents per-
sonnels un style académique unique.
Cette violation de la liberté avait été tout au
moins atténuée par des mesures libérales
on avait permis à des professeurs, sans titre
officiel, d'enseigner et on avait étendu le
concours de Rome.
Aujourd'hui, ces mesures libérales ont dis-
paru, l'enseignement dans les ateliers est
donné uniquement par des membres de l'Ins-
titut, et le concours de Rome est devenu
autant un concours entre professeurs qu'un
concours entre élèves. (Applaudissements à
droite et sur divers bancs au centre.)
Chaque professeur prépare ses élèves favo-
ris.en vue du concours de Rome, qui seul
préoccupe l'opinion ajoutez à cela que les
professeurs sont juges et parties, puisqu'ils
entrent dans la composition des jurys dexa-
men, et nos générations naissantes'de pein-
tres sort stylées et jugées par des profes-
seurs qui appartiennent à la génération qui
s'en va. (Applaudissements sur les mêmes
bancs.)
On comprend ainsi pourquoi les jeunes
gens s'éloignent de plus en plus du concours
de Rome et on conçoit qu'un grand sculpteur
devenu membre de l'Institut ait pu s'écrier
« Enfin je vais pour la première fois faire
ce que je veux et rendre ce que je sens. »
(Très bien très bien !)
M. Jean Hennesy a été vivement ap-
plaudi. Y aurait-il aussi une crise de
l'art? 7
M. Braibant a renouvelé contre la di-
rection de l'Opéra les principales criti-
ques de M. Georges Berry. Il estime
qu'elle engage trop d'artistes étrangers.
C'est une grosse, affaire et,une vieille
querelle. La discussion continuera de-
main matin.
Pas-Perdus.
LE SÉNAT
LES NAUNDORFF
Le Sénat a discuté hier le rapport de
M. Boissy d'Anglas sur la pétition de
M. Charles-Louis de Bourbon qui de-
mande sa réintégration dans la qualité
de Français.
M. de Lamarzelleaainsi posé la ques-
tion on demande en réalité au Sénat de
reconnaître que le grand-père du péti-
tionnaire était fils de Louis XVI et de
prononcer sur l'affaire Naundorff, déjà
jugée par les tribunaux.
M. de Lamarzelle affirme que le Sénat
n'a pas ce droit, surtout avant que les
recherches les plus minutieuses aient
été faites pour éclaircir un point d'his-
toire qui reste très controversé.
M. Gaudin de Villaine estime au con-
traire qu'il ne s'agit que de naturalisa-
tion et qu'on peut admettre la pétition.
C'est aussi l'opinion de M. Boissy
d'Anglas, l'auteur du rapport. Mais il a
pris parti dans le débat historique et il
pense que le gouvernement peut com-
pléter l'enquête de la commission et
faire la lumière sur ce qu'il appelle « un
des plus grands crimes de l'histoire ».
On rendrait, conclut-il, enfin justice aux
descendants de celui qui en a été la vic-
time.
M. Guillier se prononce ensuite contre
la compétence du Sénat, et M. Goirand
demande l'ordre du jour pur et simple.
Les pétitionnaires sont suspects à M.
Goirand, qui rappelle que le Tribunal de
la Seine a, en 1851, débouté les héritiers
Naundorff de leur demande. Le juge-
ment a été frappé d'appel.Mais, en 187-4,
un des demandeurs s'est retiré, et la
Cour n'a pas jugé pour tous. Depuis
vingt ans, un des pétitionnaires inter-
jette appel, tous les trois ans, du juge-
ment de 1851.
M. Goirand, qui est sévère pour la fa-
mille Naundorfl, rappelle que le préten-
dant a été poursuivi en 1824, en Alle-
magne, pour fabrication de fausse mon-
naie, et condamné à trois ans de prison.
M. Boissy d'Anglas objecte qu'il a été
condamné pour s'être dit fils du Roi.
M. Goirand n'a cure de cette interrup-
tion. Il continue son réquisitoire, affir-
mant qu'il ne s'agit là que d'une ques-
tion d'héritage. On vise les successions
de Louis XVI, celle do Marie-Antoi-
nette, appréhendées par le comte de
Chambord et passées aux héritiers de
celui-ci. Il s'agit de plus de 300 millions.
Bref, il n'appartient pas au Sénat de
rouvriT le dossier Naundorff. Enfin, après
quelques explications échangées entre
divers sénateurs, l'assemblée vote une
proposition de M. Bérard ainsi conçue
« Le Sénat, n'ayant pas à examiner le
bien ou le mal fondé de la pétition;
considérant qu'il existe une voie régu-
lière et légale ouverte à tous pour faire
reconnaître leur nationalité, passe à
l'ordre du jour. »
Le Sénat, après avoir inscrit en tête
de l'ordre du jour de sa prochaine
séance les douzièmes provisoires, s'a-
journe à demain jeudi.
Auguste Avril.
Autour, de la politique
M. Emile Constant
et les congrégations
Nous avons exposé hier dans tous ses dé-
tails l'étrange incident soulevé par le Petit'
Var et qui met le collaborateur immédiat de
M. Monis, M. Emile Constant, sous-secré-
taire d'Etat à l'intérieur, dans une fâcheuse
posture.
On a beaucoup commenté, dans les cou-
loirs de la Chambre, l'attitude de ce demi-
ministre qui n'a pas assez de sévérité pour
ses adversaires lorsqu'ils s'efforcent d'atté-
nuer la rigueur des lois de laïcisation, et qui,
dans sa circonscription, pour se donner de
faux airs de libéralisme, en fait suspendre
l'exécution, et invoque pour sa défense
un communique officieux l'établit le délai
de dix ans que la loi de 1904 impartit pour
achever la fermeture des écoles congréga-
nistes.
Dans tous les groupes on critiquait-sans
ménagements cette curieuse manière d'inter-
préter les lois et l'on exprimait l'opinion
qu'un débat s'imposait..
L'interpellateur, M. Bouyssou, à* du reste
adressé a M. Monis la lettre suivante
Monsieur le président, du Conseil,
Je, désirerais vous interpeller sur les faits ré-
vélés par M. Georges Mandel et confirmés par le
Journal de ce matin" dans une note d'allure offi-,
eieuse.au sujet.de la congrégation des Sœurs
ursuiioes de Bazas (Gironde; et vous âcm'a:idor
si vous' comptez exécuter strictement la législa-
tion; relative-, aux associatifs -religieuses, mènie~
tion: relative', > aux ns!!oci!\iit-n!! ;reHgiGustJCS>, même'
dans les circonscriptions représentées par cer-
tains membres du gouvernement.
Je' vous demanderai de- bien vouloir accepter
la discussion de cette interpellation au début de
la séance de vendredi.
La Chambre sera appelée dès demain à se
prononcer sur la date de cette interpellation
qui ne saurait être retardée.
Au ministère de l'intérieur
Une conférence a eu lieu hier soir, à cinq
heures, au ministère de l'intérieur, entre
MM. Moins, président du Conseil, Berteaux,
ministre de la guerre, Caillaux, ministre des
finances, Cruppi, ministre des affaires étran-
gères, Messimy, ministre des colonies, Saint-
René Taillandier,' ministre de France au
Maroc, et le directeur des affaires politiques
au ministère des affaires étrangères.
Cette conférence s'est prolongée jusqu'à
sept heures et demie.
L'Union républicaine
Le /nouveau groupe de l'Union républi-
caine s'est réuni hier pour entendre la lec-
ture de la déclaration élaborée en son nom
par M. Charles Benoist.
Le programme du groupe est celui,qui a
été, trois années de suite, adopté à l'unani-
mité par la Fédération républicaine. Il se
ramène à ces deux principes développement
des libertés publiques, réalisation des réfor-
mes sociales,
Voici comment, sur les deux points, s'ex-
prime la déclaration de l'Union républi-
caine
L'Union républicaine, fermement attachée aux
libertés déjà conquises et qui sont de l'essence
même de la République, se déclare résolue d'a-
bord à maintenir la liberté de conscience
pleine et entière, c'est-à-dire l'égale liberté de
croire ou de ne pas croire, de pratiquer un culte
ou de ne pratiquer aucun culte, toutes les for-
mes de la liberté de penser, d'exprimer ou d'im-
primer la pensée liberté de l'enseignement,
et neutralité scolaire, dans les conditions déter-
minées par la loi, liberté de réunion, liberté
d'association, liberté de la presse.
Mais ce n'est pas assez de maintenir nomina-
lement les libertés conquises il faut les garan-
tir effectivement. L'Union républicaine tiendra
à honneur, dans ce dessein, d'assurer ou de faci-
liter contre l'arbitraire des pouvoirs des
recours constitutionnels devant une juridiction
supérieure. gardienne des libertés du citoyen.
Et ce n'est pas encore assez de garantir les
libertés existantes il faut les développer. Il
faut développer les libertés communales par
en bas, en réduisant à son vrai rôle et bornant
à ses limites exactes la tutelle administrative,
en donnant, dans les bureaux de bienfaisance,
d'hospice, d'assurance, etc., la prépondérance à
l'élément municipal par en haut, en rendant,
au-dessus du département, de la vie à la région,
telle que la nature, l'histoire, le système des
communications, les relations économiques l'ont
faite, et en décongestionnant ainsi l'administra-
tion de la France.
C'est enfin, dans le même esprit, de maintenir
et de développer les libertés publiques et pri-
vées que doivent être abordées la réforme ad-
ministrative, qui ne saurait être considérée uni-
quement au point do vue des fonctionnaires,
quelque urgence qu'il y ait à les doter d'un sta-
tut certain la réforme judiciaire, en affranchis-
sant la magistrature des influences politiques et
administratives. C'est dans un esprit de justice
que doivent être accomplies la réforme ilscale,
en évitant toute mesure d'inquisition, toute ac-
ception de personnes; ta. réforme syndicale,
en éveillant et en stimulant, par une large fa-
culté de' posséder,- le sentiment de la responsa-
bilité, comme gage du respect de la propriété
et de la liberté du travail.
Au point de vue de la réalisation des ré-
formes sociales la déclaration du groupe
ajoute
L'Union républicaine ne peut ni ne veut se dé-
sintéresser des questions que depuis un siècle
et demi l'évolution des faits politiques et écono-
miques a posées'en termes de plus en'plus pres-
sants. ̃
Parce qu'elle sait que le citoyen n'est libre
que si le gouvernement est fort, et parce.qu'elle
voit que trop, souvent l'Etat-patron .affaiblit et
compromet 1 Éfat-souyerain, elle est énergique-
ment hostile à l'envahissement de l'industrie par
les monopoles d'Etat. Mais elle veut être de son
temps, et'si elle -réserve, partout où il sera pos-
sible, la meilleure part aux initiatives 'particulier
rfs provoquées ou récompensées, aux communes
et aux associations débarrassées de leurs lisières
et restituées à leur mission féconde, elle appelle
la coopération de l'Etat, là où l'Etat peut multi-
plier leur action, et ne repousse pas l'action
même de l'Etat là où seul l'Etat a les moyens
d'agir utilement.
Elle reconnaît, dans les circonstances pré-
sentes, politiques et économiques, la nécessité
d'une législation ouvrière qui achève' le code du
travail et qui en comble les lacunes, notamment
par les lois sur le,contrat de travail, l'hygiène
et la sécurité des ateliers, les coalitions et les
grèves, le règlement des différends collectifs
dans les chemins de fer de l'Etat et concédés,
les Bourses du travail, la représentation profes-
sionnelle, l'assurance contre la maladie et contre
le chômage.
Tellos sont les réformes à réaliser. Cette
politique s'oppose à la politique socialiste et
à la politique purement conservatrice. Les
vieux partis conservateurs, conclut la décla-
ration, s'obstinent' à conserver sans rénover,
les partis révolutionnaires rêvent d'innover
sans conserver. L'Union républicaine vou-
dra et saura tout ensemble conserver et re-
nouveler.
Les rapports de M. Viollette
M. Klobukowski, gouverneur général de
l'Indo-Chine, a achevé sa déposition devant
la commission du budget. Il a répondu sur
tous les points à M. Viollette. On peut ainsi
résumer ses explications
1" Sur la question des dépenses du gouverne-
ment général, M. Viollette avait affirmé que des
faux avaient été commis au préjudice dutmdget
général. M.. Klobukowski a mis en demeure le
rapporteur de produire ces' faux. Sa demande est
restée sans réponse e
2° Sur la question des prestations en Annam,
M. Klobukowski a établi que M. Viollette avait
confondu l'année 1898 et l'année 1908
3° M. Viollette avait affirmé que des troupes
françaises avaient été mises sous l'autorité d'un
mandarin annamite. M. Klobukowski a donné
lecture d'un télégramme du général Geil, décla-
rant formellement, contrairement à l'affirmation
du rapporteur, qu'à sa connaissance,-jamais un
détachement quelconque de troupes françaises
n'a été mis sous l'autorité d'un mandarin an-
namite;
4" M. Viollette avait mentionné la présence au
Tonkin, il y a quelques semaines, des fils du
Dé-Tham. Le gouverneur a établi qu'il ne restait
plus en Indo-Chine de fils du Dé-Tham, les uns
étant morts, les autres déportes
5° M. Viollette avait annoncé le déficit certain
du budget local du Tonkin, M. Klobukowski a
lu un télégramme, reçu le jour même au minis-
tère des colonies, et informant le ministre que
l'exercice 1910 laisserait un excédent minimum
de 2S0,0Û0 francs
6° M. Viollette avait présenté la situation fi-
nancière de l'Indo-Chine comme absolument dé-
sespérée, le déficit comme considérable, M. Kio-
bukowski a lu un télégramme communiqué par
le ministère des colonies, établissant que dès
maintenant l'exercice se liquide par un excédent
sur les prévisions, de 2,900,000 francs environ.
7° M. Viollette avait affirmé que lo nouveau
régime relatif a la vente de l'alcool (Annam-
Tonkin) donnerait des mécomptes. Le gouver-
neur général "a, d'après un document officiel, fait
ressortir qu'un excédent' de 1,080,000 francs est
d'ores et déjà atteint;
8° M. Viollette avait accusé le gouverneur-
général d'avoir fait disparaitre deux chevaux et
une automobile. Le gouverneur général l'a invité
à produire des preuves. La demande est restée
sans réponse. Les chevaux et l'automobile exis-
tent ̃'̃
9° M. Viollette avait accusé le gouverneur
d'avoir fait construire à l'île de la Table un pa-
villon de chasse de plusieurs milliers de pias-
tres.. Le pavillon, qui a. coûté deux cents pias-
tres, a été construit avant l'arrivée de M.Klo-
bukowski en Indo-Chine,'p'our la surveillance
d'un centre d'élevage alors" créé dans cette- Ile et
qui a été abandonné depuis. Le sénateur Lanne-
longue, de l'Academie des sciences, en -peut té,
moigner.•
Pour conclure le- gouverneur de Plado-
Chine a réclamé en son nom et au nom' de
l'Indô-Cliine, pour tous ceux qoe M. Viftlteite
a accusé et condamné sans preuves, une
sanction., •̃•̃ ̃ r
M. Klobukowski est d'autant plus fondé à
cette réclamation que le comité central re-
présentant le corps des administrateurs- des
services civils de l'Indo-Chine a voté dans
une récente réunion la résolution suivante
Le comité central de l'Association des servi-
ces civils do l'Indo-Chine, réuni à Paris le
27 mars dans 'le local habituel de ses séances
après ^.voir pris connaissance du rapport rédigé
par M. Maurice Viollette au nom de ,1a commis-
sion du budget, a décidé d'adresser au gouver--
neur général de l'Indo-Çhine une lettre ptotes-
tant contre leà accusations formulées, ida.ns, ce
rapport et visant le corps des services civils ..et.
le priant de vouloir bien prendre sa défense au-'
près du ministre des colonies. -*̃
Le comité a mis en outre à l'étude la question.'
de l'opportunité- de poursuites en diffamation' h
intenter tant contre le rapporteur que contre
les autres membres de la commission du bad-
get.
Ajoutons que MM. Mettetal, maire d'Ha-
noï et Picanon, directeur général des doua-1
nés, ont également protesté- contre les allé-
gations, contenues dans le rapport de if.
Viollette, et que M. Viollette a été obligé de
reconnaître que l'accusation de collusion
portée contre eux était sans fondement.
La commission du budget n'a donc plus
qu'à conclure.
En attendant une sanction qui ne peut
tarder, M. Klobukowki a chargé deux'de ses
amis, M. le général Radiguet, commandant
la brigade de cavalerie de Valence, et M.
Paul Dutasta, secrétaire d'ambassade, d'aller
demander à M. Viollette. des excuses ou une-
réparation, pour les allégations injurieuses
que contient son rapport.
Le député d'Eure-et-Loir n'étant pas, hier,
à Paris, les témoins de 'M. KlobukoWski
n'ont pu s'aboucher avec lui.
Ils le verront aujourd'hui s'il est de retour.
A. A.
Gazette des Tribunaux
Tribunal correctionnel (9e Chambra) s
L'affaire Lacour. Un tumulte à l'au-
dience.
Le Palais de Justice a vu hier le. plus
formidable tumulte qu'on puisse • rêver*-
Certes il y a eu des audiences plus' dra-
matiques, mais jamais- on n'en vit de
plus orageuses., Une affaire interrompue
pour juger une partie de la salle, un
président de Tribunal, outragé sur son
siège, douze prévenus amenés ̃ au ..pied
de ce Tribunal, entourés de gardes mu-
nicipaux, tel est le bilan de t'audience.
On jugeait Lucien Lacour, condamné
par défaut- à trois ans de prison pour
avoir frappé M. Briand, président du- ·
Conseil, et qui avait fait opposition au.
jugement de condamnation; ..» ̃> '̃̃̃̃
C'est dans le plus grand calme que'
Lacour prend la parole pour expliquer
son acte
Je me suis rendu le 20 novembre à l'inau-
guration de la statue de Jules Ferry. J'ai
écouté les discours; ils- ne m'ont point con-
verti. J'ai vu Briand sortir, je l'ai saisi au
collet, d'une main, et souffleté de l'autre. Je
voulais recommencer, lorsqu'on m'a arrêté
et frappé rbrutalement. J'ai fait là un acte
politique. Briand représentait pour moi. d'a-
bord Briand, odieux à moi, catholique, lé; ̃*
Briand des inventaires, des églises prises,
d'assaut, l'avocat d'Hervé et l'apologiste des
grèves. Il représentait la République, c'est-
à-dire Fachoda et Algésiras; Jules Ferry,
c'est-à-dire les décrets sur l'instruction. An
moment des fiches, je,servais dans l'admira-
ble bataillon du commandant Driant je lui
ai vu briser son ôpée par suite de la déla-
tion. Quel que soit votre jugement, il iiîe
restera la fierté d'avoir obéi à ma conscience
de catholique et de Français, pour le Roi et
pour la France.
Après cette déclaration, on ^ntènef \e&
témoins, les .agents qui ont arrêté La-
coiir et qui déclarent qu'il à porté un
coup de poing au président duCô'nseil,
coup qui a atteint son chapeau d'abord, 2
son épaule ensuite.
Puis, ce sont les témoins cités à la
requête de Lacour M. Lépreux, qui fait
son éloge et celui de sa famille, « très
estimée dans le cinquième arrondisse-
ment » et qui apporte à Lacour « son
estime et son amitié ». M. le comman-
dant Driant, sous les ordres de qui servit
Lacour:
C'était un soldat modèle, le type du
chasseur de 1" classe.
Puis, M. Pujo succède à M. Driant.
Sa déposition sera le point de départ du
tumulte. -'•
Je connais Lacour, dit.M. Pujo,. depuis
1908 il s'est inscrit comme camelot du Roi.
C'est un patriote. Il a pris part à toutes nos
manifestations, notamment au quartier.
Passez, dit le président. Ce n'est pas
1 affaire.
J'arrive donc à l'acte qui lui est repro-
che. Lacour a eu la même intention qu'à, la
Sorbonne lorsqu'il rendait service à ses
compatriotes. Il n'a pas frappé M. Briand
dans un but répréhensible; il n'a pas voulu
que les honnêtes gens eussent de l'estime
pour un aventurier.
Ceci est une injure. Sortez dit le pré-
sident.
Aussitôt, du fond de la salle, s'é*ièy&
une voix
Laissez parler la défense!
Faites sortir celui qui interrompt, s'é-
crie le président.
Je ne sortirai pas 1 répond la voix.
Faites évacuer!
Vous nous embêtez continue la voix.
Le président se couvre, l'audience est
suspendue, Les gardes municipaux ac-
courent, essaient de faire sortir ceux qui
'ont interrompu. On entend dés cris fé-
roces, des hurlements. Dans la mêlée on
aperçoit parmi les groupes d'avocats,
des grappes humaines cramponnées aux
bancs, et des gardes arrachant de leurs
points d'appui ceux qui. résistent.
L'audience est reprise
Mon ordre n'a donc pas été exécuté, dit
le président. La salle n'est point évacuée.
Gardes! faites-la évacuer.
Aussitôt une formidable clameur. Puis
des chants, une complainte où l'on dis-
tingue les noms de-Briand et de Lacour.
Les cris.d' «Assassins, assassins .-I » ryth-
més par des poitrines hurlantes. Dans le
fond de la salie, c'est toujours la lutté
avec les gardes..
M. le substitut Granié se lève':
Gardes, conduisez. les délinquants non
pas au dehors, mais devant le Tribunal 1
Et les municipaux, à grand'peinë, tant
la foule est dense, amènent devant le
Tribunal deux jeunes gens, l'un revêtu `
dun long caoutchouc, jaune, un .cache-
nez autour du cou, l'autre d'un pardes-
sus .gris. Ils sont là, debout devant les-
juges..
A-t-on, demande aux gardes M..Aûssfct,
arrêté celui qui a dit « Vous nous enibê- ,(
tez! !_))?_
C'est moi s'écrie une voix. Je l'ai dit
aux agents mais non au Tribunal.
Eh bien venez devant nous, dit 4e préV
sident, sans arrestation, nous ne faisons
pas de la répression pour le plaisir.
Wû'est jamais iun plaisir, mais parfois
un devoir, ajoute le substitut.
Et de la fouie sort un jeune homme
qui .wat.
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