Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1896-04-20
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 20 avril 1896 20 avril 1896
Description : 1896/04/20 (Numéro 111). 1896/04/20 (Numéro 111).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k283622f
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO ̃ LUNDI 20 AVRIL 1896
VARIÉTÉS LITTÉRAIRES
WUW DE GEORGES BUGO
M. Georges Hugo publie .demain, un très,
̃curieux volume, Souvenirs, d'un matelot, qui
;nqûs taontre que le petit-fils du grand poète
à les dons particuliers de l'écrivain émouvant
et 'sincère. De ce volume dédié par l'auteur
à sa mère Mme Lôckroy. et qui porte en épi-
graphe une pensée de Shelley L'homme de
bien n'obéit ni ne commande, nous ex-
trayons le chapitre dans lequel M. Gèorgës
Hugo raconte ses impressions lors de son
arrivée à Toulon où il allait être embarqué
à êbrd- d'un vaisseau de guerre.
r Le soir, par la ville ignorée,\ j'ërre dé-
sespérément. Comme là-bas,, à la Divi-
sion, je souffre plus que de l'abandon et
de l'éiôignémeht, je souffre de la hbu-
yéauté.de toutes ces choses étrangères;
je souffre plus encore du dégoût qu'elles
m'inspirent à la pensée de tant de jours
amoncelés devant moi pour les connaître
jusqu'à l'écœurement. Je regarde ce qui
m'entoure avec lès yeux du prisonnier
pour sOri cachôt.
Le long dés grands boulevards aux
.trottoirs" luisants de pluie, dans les
k ruelles sombres où je ni'enfonce sans
but, dans l'inconnu parmi des inconnus,
je vais songeant, essayant vainement de
fixer, d'admettre ma nouvelle condition,
de trouver une. raison à cette sinistre vé-
rite: vivre ici, avoir Toulon pour « port
fijattaçhe », être iiri des marins de cette
-»ville,qùi m'apparàîtsibien ce soir comme
,~la ville du marin. J'ai une envie folle de
--m'en «lier, de me cacher; de ne rien
voir j'ai bien le temps! Tout de suite
aussi, un seul moment dé joie à venir
nVapparaît, unique dans l'énumération
.\dè -tous ceux, de ces trois années, de ces
trente six mois qui commencent le der-
nier, le moment de la libération, l'heure
'où je quitterai cette vie que j'ignore en-
core; où me sera rendue la liberté que
j'avais hier, que je ne remarquais pas et
donirtoùtes les délices me reviennent
aujourd'hui si tentantes, si indispen-
sables.
Oui, malgré que je n'en aie pas encore
Tevêtù la tenue, je me sens marin, non
> pas déjà marin de métier, mais marin
soldat, marin serviteur, marin machine
a obéir, homme emprisonné, entravé,
chose toute petite et sans cervelle. Je re-
vois ïé papier, la feuille de route ou j'é-
tàis livré comme un objet et c'est bien
comme un objet qu'on ni'a pris. Je me
rappelle avec horreur la brutalité, les
̃ vvoix' sèches de ces hommes qui m'ont
reçu en coupable, en condamné/ Voilà
que je ne puis m'éloigner de ces rues-là,
i maintenant Je ne puis faire un,pas, en
-somme, dans le sens que je voudrais je
suis tenu, garrotté, et l'heure de l'appel,
..demain matin, sonne à mes oreilles, len-
^'ïèmëntj sans discontinuer, marque mes
.pas dans les rués sombres. Alors je suis
-pris d'une si profonde tristesse que j'ai
-envie de me coucher là, dans la rue, et
'~ïlê\ïië;pliïs bouger. On viendra m'y cher-
cher, on me forcera de faire cet absurde
devoir car il me semble impossible,
quand brûle en soi la plus petite flamme
t. d'intelligence, de l'accomplir de son plein
-gkê, d'avoir la volonté consciente de cé-
der à une nécessité que l'on méprise,
sachant d'avance que l'on rougira du
propre-triomphe de soi-même. C'est un
.dédale dont les deux issues sont la
honte»
Que rie m'ont-ils gardé là-bas, dans
leur caserne j'aurais couché à l'abri du
vieux bateau- moisi ils m'auraient mis
tout déduite sur le dos la livrée du ser.
vice, et je me serais peut-être .Soumis
comme une brute. Mais cette première
fausse liberté, cette promenade de chien
tenu en laisse par un lien d'acier et une
main dé fer, pesants, froids, invisibles
et si terrifiants, cette première nuit-là est
trop humiliante où je dois lutter contre
ce que je sens en moi d'utile fierté, où
je dois employer toute ma volonté à
m'ânloindrir, à m'anéantir, à me servi-
îiser, à me faire l'esclave de je ne sais
quel maître. Oui, oui, c'est bien cela
je mé débats par cette nuit noire, je
me révolte, j'implore aussi, et je me
trouve' devant l'inexorable, devant la
force. Cette force me frappe, réclame
ma jeunesse, mon enthousiasme, ma cu-
îiôsité, mon intelligence; elle me dit:
« Je veux tes plus belles années, celles
dont tous les souvenirs sont des se-
mences fécondes, celles où tient toute la
vie. Je les veux, donne-les moi. »
Et je donne, parce qu'il le faut, sim-
plement j'accomplis ce sacrifice dont je
•ne puis" même pas m 'enorgueillir.
Mafsc'ëst là que, malgré tout, malgré
i'ies ^conventions courantes qui transfor-
ment cette soumission en un noble de-
voir, c'est à ce moment que je me sens
lâche dé ne pas résister avec tout ce qui
hurle en moi.
Nous avons mieux à connaître que la
discipline avilissante,mieux à apprendre
que l'obéissance. Je voudrais fuir, ne
pas céder, jamais. Oh que je serais
bien flétri, méprisé; condamné à un exil
infamant, et traître et lâche pour, avoir
"gardé là tête "haute, refusé d'accepter
l'humiliation
Allons! comme tous les jeunes Fran-
çais de mon âge qu'entraîne le même
̃filet, il faut apprendre à se courber, à
respecter, à saluer des effigies. Fierté,
noblesse, dignité, amour-propre, tout ce
'qui vous fait passer dans la vie avec le
regard droit et clair, vains mots pour
nous autres; inclinons-nous devant la
v platitude, la bassesse, le silence forcé, la
crainte de la punition, le respect des
'•chefs, la mort dé la personnalité. Et
plus'grôssière, plus brutale, me revient
-brusquement la phrase de bienvenue
que m'adressait le maître tout à l'heure
• '«-Faudra pas faire votre pratique avec
-moi, 'le Parigot. »
Tantôt les rues, les gens, les pavés
gras m'apparaissent sombrement va-
gués travers les visions qui me han-
iènt, tantôt des détails infimes surgissent
avec une violence douloureuse. Je mar-
che, iè iMrchè par un dédale de ruelles
sinistrés, dès boulevards qui sont tou-
jours les mêmes; je parcours les détours
infinis dé là ville des hommes bruyants
passent; m# bousculent; des filles me
frôlent de leurs jupes par instants, la
pluie raie là nuit de fins éclairs d'argent.
Et je marche toujours. Puis, c'est un
large quai à fleur d'eau les gouttes qui
-tombent du ciel noir éclaboussent les
dalles de pierre. Je devine dans l'ombre
d'indécises. silhouettes de barques qui se
baïlancént en clapotant. Les flammes des
réverbères éclairent de leur tragique va-
eillêment ce désert glacé. Aucun écho de
pas sur les pierres. jQne brise froide et
-•aine souffle d'uhe profondeur bru-
meuse, là, derrière les mâts des barques,
et m'apporte ta plainte déchirée des va-
qués, les craquements de la mer qui dé-
ferle. Quelques feux dé navires à l'ancre
piquent dé leurs pâles éclats cette nuit
lugubre, pauvres étoiles perdues dans la
iéripête
Georges Hugo.
teespQslânces Étrangères
FIGARO A LONDRES
EèMrêSj 18 avril.
il parait que ïé duc '$£ la duchesse
d'York, dont on avait annoncé le.pro-
chain voyage en Russie, à l'occasion du
couronnement du Tsar, n'iront ni à
Saint-Pétersbourg, ni à Moscou. La reine
d'Angleterre sera représentée aux fêtes
dû couronnement par le duc et la du-
ché de Gonnaught, ainsi que le Figaro
l'a déjà annoncé. Leduc et la duchesse,
qui se rendront en Russie par méf sur
le yacht royal Victoria and Albert, seront
accompagnés par le général Grenfell et
lé colonel Egerton.
Le nouvel ambassadeur d'Angleterre à
Saint-Pétersbourg, sir Nicholas O'Conor,
qui vient de prendre possession de son
poste, à fait faire ici, pour la cérémonie
du couronnement, un superbe carrosse
de gala et des harnais décorés d'orne-
ments en argent massif d'une très grande
richesse. Ce carrosse sera traîné par deux
superbes chevaux bais dé- là taille de
̃1 mètre 73. '̃̃
Comme le Tsar est colonel honoraire
du deuxième régiment de dragons an-
glais, une députation d'officiers de ce
régiment assistera au courobnement.
Ces jours-ci, on a pu lire dans les jour-
naux anglais que la princesse Maud de
Galles, la fiancée du prince Charles de
Danemark dont le mariage sera cé-
lébré au mois de juillet, avait été vie
time d'un accident de bicyclette, que,
tombée de sa machine, dans Régent
street, elle avait dû rentrer, à Marlbo-
rough-House en cab. Oh dément aujour-
d'hui officiellement ce racontar. Non
seulement la princesse Maud n'a éprouvé
aucun accident, mais elle n'a jamais
été en bicyclette dans lès rues de Lon-
dres.
Ceux qui sont au courant des habitu-
des dés membres de la famille du prince
de Galles n'avaient pas besoin de ce dé-
menti, car ils n'ont jamais ajouté foi au
racontar en question. Il est vrai que la
princesse Maud fait des promenades en
bicyclette, mais, jusqu'à une époque ré-
cente, elle ne s'était jamais aventurée
hors du parc dé Sandringhàn, le prince
de Galles s'y opposant. Il y a quelque
temps, cependant, pendant une absence
de leur père, les princesses se sont ris-
quées sur les routes peu fréquentées dés
environs et, à son retour, le prince a, dit-
on, fermé les yeux. De là à autoriser les
princesses a parcourir les rues de Lon-
dres, il y a loin et l'on peut être sûr que
cette autorisation ne leur sera jamais ac-
cordée.
Le Parlement a repris ses travaux
qui n'offrent qu'un intérêt des plus rela-
Uf^ourJ^excellente^ raison que le gouver-
nement ""ayant" .une 'majorité de' iâD vtt'x k
il ne peut y avoir aucune surprise, il rie
peut se produire aucun incident à sensa-
tion, et que, quand une discussion com-
mence, on sait parfaitement comment
ellefinira.
Il n'y a guère 'd'intéressant que les
questions que l'on posé de temps en
temps aux ministres sur la politique
étrangère notamment. M. Chamberlain;
ce ministre envoyé du ciel, comme l'a
appelé lord Rosebery, a bien été obligé
d'avouer hier qu'il n'avait pas d'informa-
tions à communiquer à la Chambre rela-
tivement aux intentions du gouverne-
ment transvaalien à l'égard des uitlan-
ders et qu'il ne sait pas si M. Krüger
viendra à Londres pour causer avec lui
en fumant un de ces excellents cigares
dont M. Chamberlain fait une si énorme
consommation, ni quand il y viendra.
On sait que M. Chamberlain fume seize
ou dix-huit cigares par jour.
La vérité est que le président Krüger
est tout à. fait, de force à lutter contre
M. Chamberlain et que les menaces et.
les cajoleries successives de celui-ci
n'ont aucun effet sur le fin et rusé prési-
dent des Boers, qui s'en Va son petit
bonhomme de chemin, sans dévier d'une
ligne de la voie qu'il s'est tracée et qui
consiste à ne faire à l'Angleterre que les
concessions jugées nécessaires et pru-
dentes par lui, sans céder à l'intimida-
tion. Et M. Chamberlain, qui voulait faire
grand et vite, est obligé de régler son
pas sur celui du président Kriiger. Inu-
tile d'ajouter que cela mortifie quelque
peu le ministre des colonies.
Ce qui le préoccupe encore plus que le
Transvaal,c'est la situation duMatabele-
land, qui est fort grave. En dépit des
télégrammes si singulièrement rédigés
que publie la presse anglaise, il est facile
de voir que le soulèvement' est général
et que les Anglais ne sont en sûreté que
là où ils ont des fortifications et des ar-
mes et encore l'étendue de leur sécurité
se mesure-t-elle exactement par la por-
tée de leurs fusils et de. leurs canons
Maxim, quand ils en ont.
Il est difficile, àce propos, de réprimer
un sourire quand on lit des télégrammes
comme celui-ci « Les dernières nou-
velles dé Belingwe sont très satisfaisan-
tes (suivent quelques détails sur les ar-
mes et les approvisionnements qu'ont
les quarante-cinq Anglais qui s'y sont
retranchés) vingt-cinq des policemen
indigènes ont déserté en emportant leurs
armes. » Que serait-ce donc si les nou-
velles de Belingwe n'étaient pas « très
satisfaisantes »? ?
Au Soudan, rien de nouveau pour le
moment; mais, en attendant qu'il soit
obligé d'y envoyer des soldats anglais, le
ministère de la guerre y expédie à cha-
que instant des officiers de l'armée bri-
tannique.
L'Afrique, qui n'a pas jusqu'ici porté
bonheur aux armes anglaises (on se rap-
pelle le Transvaal et le Soudan), promet
'de devenir fatale à'M. Chamberlain,
dont l'ambition a eu raison de la pru-
dence et de la sagesse de ses collègues,
mais quis un de ces jours, se perdra
dans les sables du Soudan, la brousse
du Matabeleland ou le velat du Trans-
vaal. Et ce qu'il y aura de plus curieux,
c'est que, ce jour-là, personne ne plain-
dra M. Chamberlain.
Oii vient de reconstituer le Club natio-
nal félin, dont le but est d'encourager
ITëîévage des matous dé face pure, d'éta-
ri blir des règles pour la olàsjsjjgéàtiQa ctés*
dits matous et, d'organiser des exposi-,
tions de chats. îl y aura un stud-book ou
seront inscrits les noms, dates de nais-'
sance et records des chats primés. C'est
la duchesse de. Bedford qui est présidente
de ce club -félin', dont l'utilité ne paraît
démontrée qu'aux vieilles dames excen-
triques, copime celle qui avait autrefois
élu domicile dans l'ancienne maison de
Carlyle, où elle avait quarante où cin-
quante chats qui faisaient sa joie. et le
désespoir des voisins; cela va sans dire.
Paul Villars.
FIGARO A VIENNE
itàriàgë de la nièce du chancelier
d'Allemagne
Vienne, 18 uvril;
Mercredi dernier, pendant que l'empe-
reur Guillaume passait en revue la gar-
nison de Vienne; le chancelier de l'em-
pire d'Allemagne, prihce, de Hohenlohe,
assistait en l'églièe Sâint-Léopold au ma-
riage de sa nièce, la princesse Dorothée
de Hoherilohé-Schillingsfurst, fille de feu
le grand maître de la cour impériale
d'Autriche, avec le comte d'Empire Ray-
mond Làmbefg, chambellan de Sa Ma-
jesté, lieutenant au régiment de hularis
h» 5..
Le mariage a été célébré par le prince-
archevêque deVienne, cardinal Gruscha,
qui a adressé aux deux époux une tou-
chante allocution. La cérémonie avait un
caractère tout intime, étant donné le
deuil récent de la famille de Hohenlohe.
La jeune mariée portait une ravissante
toilette toute garnie de dentelles.Le voile,
en dentelles également, était de toute
beauté et d'une grande valeur. Des myr-
tes naturels et un diadème en diamants
ëomplétaiônt la délicieuse coiffure de la
jeune princesse. Ses deux neveux, les
princes Alfred et Erwin de Hohenlohe,
fils du prince Conrad, habillés en costu-
mes marins tout blancs, portaient la
traîne de la robe. Un déjeuner a eu lieu
après la cérémonie ail palais Augarten»
Wolfram.
Chronique de 1119e étrangère
Les fêtes de Belfort et. la présence à
Paris du prince de Hohenlohe ne sont
point restées choses inaperçues pour là
presse à images de i'étranger.
Sous le titre Le Lion de Bel fort (sou-
venir, du 25e anniversaire de 1870^- le
Kladderadatsch a publié une caricature
d'une très belle allure artistique, mais
particulièrement railleuse. Sur la rive
française; le lion couché, à la pose ma-
jestueuse, bâillant outrageusement, tan-
dis que deux soldats posés sur ses cuisses
l'émoUstillent à coups d'épingle; sur la
rive allemande* une sentinelle prussienne
qui n'a guère l'air de plus s'amuser, et la
légende porte: « Revanche! revanche! 1
A la fin, la chose commence à devenir en-
nuyeuse] » On pourrait facilement obser-
ver au ^Kladderadatsch que cette même
idée hé paraissait pas fastidieuse aux
Prussiens, lorsque, cinquante ans durant,
ils tinrent ainsi l'Allemagne en éveil. Et
si aujourd'hui, vingt-cinq ans après 1870,
les uns célèbrent pompeusement leurs
vïêtôif ëS, n*ëstf-iï" point' logique que les
autres/célèbrent aussi- leurs douloureux
anniversaires? Quoi qu'il en soit, l'image
est à retenir.
Hohenlohe et Bourgeois, cela cadre- on
ne peut mieux, nous dit le Nebelspalter
de Zurich, et si vous voulez savoir pour-
quoi, le journal suisse vous dira parce
que Hohenlohe est venu à Paris en
« simple bourgeois », donc pas si inco-
gnito qu'on veut bien le dire, Bourgeois,
en sa qualité de président du Conseil des
ministres, étant quelqu'un.
A Berlin, Ulk et Kladderadatsch don-
nent, par correspondance spéciale, le
récit des faits et gestes du chance-
lier. Ulk nous dit qu'on a vu monter à
son appartement et s'enfermer longtemps
avec lui un monsieur ayant sous le bras
une trousse en forme de portefeuille.
Des quelques mots qui ont pu être rete-
nus de cette conversation secrète, on a
pu conclure qu'il s'agissait d'une alliance
entre l'Empire allemand et la République
française, la France devant recevoir
comme indemnité pour i870-le grand-
duché de Bade et 10 francs par tète de
la population perdùe'par elle. Cela suffit
à montrer de quelle façon l'on s'amuse,
à Berlin, des bruits d'entrevue mis en
circulation lors de la présence, ioi, du
prince de Hohenlohe.
Les journaux allemands, sans doute
pour faire plaisir à l'Italie, s'occupent
toujours des affaires africaines il est
vrai qu'ils ont une façon à eux de conso-
ler leur alliée. Der Wahre Jacob, para-
phrasant par le crayon le Memento mon,
dessine une tête de mort sous les traits
de Crispi avec ossements en croix sur
lesquels on lit « Tombé en Afrique.
Tombé en Sicile. » Ulk représente une
armée de jésuites en marche dontre les
Abyssins « Voilà l'armée », dit-il,
« qu'on aurait dû mobiliser, à Rome,
contre Ménélik; celle-là, au moins, eût
connu toutes les rusés de la guerre
noire ». Kladderadatsch toujours à l'affût
de l'actualité, sert une image destinée à
illustrer le récit des journaux nous ap-
prenant que l'Italie va abandonner Kas-
salà aux Anglais.
C'est une image politique de Brandt,
en deux temps et trois mouvements,
comme les amusantes scènes de mœurs
des Fliegende Blatter ou des Rumoris-
tischeBlatter. Ï.Un bersaglier grotesque-
ment affublé offre à John Bull une bou-
teille de Kassala. « Pourquoi pleures-tu,
frère Italien ? demande John Bull dont
les lèvres ont flairé quelque, fine goutte.
Je pleure, parce que je ne puis conser-
ver seul cette exquise liqueur. » II. John
Bull a pris la bouteille, a goûté à son
contenu et est tombé à la renverse.
« Goddam s'écrie-t-il, après avoir d'un
seul trait avalé le contenu. Cette exquise,
liqueur était tout simplement du vi-
naigré!» »
̃ ̃'
Le train pour le Sud! Orient-Express
pour Dongola! Ainsi porte la légende
d'un dessin des Luslige Blatter, de Berlin,
où l'on voit un soldat français tirant de
toutes ses forces pour arrêter un train
en marche dont les wagons sont bondés
d'Anglais. « Sacré nom d'une pipe! s' é-:
crie-t-il (en français dans l'original). Il
n'y auradonc pas moyen d'arrêter cette
-damnée expédition anglaise?» » Et c'est
tout, comme imagerie égyptienne cette
semaine, rOfieat est en baisse*-
Le voyage triomphal de Guillaume en-
Italie n'a pas donné, au' point de vue
image, ce que l'on était en droit d'atten-
dre. Je signale, parmi quelques compo-
sitions plus ou moins artistiques Guil-
laume,à Venise, en chevalier Lohengrin,
sur un bateau-cygne, portant pour nom
« Amicizia », et venant donner la main à
l'Italie malheureuse. A Vienne rien en-
core il faut attendre, mais je doute fort
que même le passage du puissant empe-
reur arrive à détourner la caricature
viennoise des débats austro-hongrois.
*~è
Jugendî Jeunesse! nous dit un journal
de Munich,- qui a pour directeur Georg
Hirth, le frère du peintre Hirth du
Fresne, descendant d'une famille de ré-
fugiés français. Jugend! ce n'est pas seu-
lement un essai d'union entre la jeune
école qui émerge de partout et le genre
toujours classique des Eliegende Blatter,
c'est encore une tentative d'union entre
Paris et l'Allemagne, car en feuilletant
ces images, qui vont du domaine de la
fantaisie la plus large à la caricature po-
litique, vous trouveriez, avec leurs lé-
gendes en français, des dessins originaux
de Boutet, de Caran d'Ache, de Grasset,
dé Guillaume, de Radiguet, de Steinlen.
Décidément, l'art et les lettres sont en
train de nous préparer des surprises Si
on allait sur ce sujet faire parler l'ange
Gabriel,par l'intermédiaire de la voyante
de la rue de Paradis
John Grand-Carteret.
MOUVEMENT MÉDICAL
L'ART D'ENGRAISSER
Voilà quelques années à pèiriè que les
traités classiques consacrent un chapitre
au traitement rationnel de l'extrême em-
bonpoint aucun d'eux, en, revanche, ne
semble se soucier de guérir l'état de
maigreur.
Outre ses désavantages notoires- au
point de vue de l'esthétique, l'excessive
émaciation ne va pourtant pas sans in-
convénients au point de vue de la santé.
C'est, en somme, presque toujours, une
dérogation au bon équilibre vital, une
tendance immodérée de là machine hu-
maine trop brûler son combustible, et
je suis de ceux qui estiment que l'art
d'engraisser les maigres est un chapitre
intéressant de l'hygiène médicale.
Oh! je ne prêche pas qu'il faille en-
graisser tous les maigres
Je sais des gens graciles, nés de pa-
rents émaciés, entourés de collatéraux
efflanqués, et qui jamais ne pourront
mettre au monde que des enfants guère
plus gros qu'une allumette chacun,
d'ailleurs, solide comme roc. La séche-
resse est dans leur sang; c'est une ac-
coutumance de la race, et l'on s'efforce-
rait en vain d'y retoucher.
Mais il nous reste la grande foule des
Anémiques aux joues caves, des nerveux
|la peau terreuse et à la « chiche-face »–
obnime disaient nos pères des porteurs
décharnés de tumeurs ou de tubercules,
et ces convalescents qui tardent tant à
revenir à la vie pleine, et tous les enfants
pâles,petits citadins maigrichons dont on
verrait avec bonheur s'enfler un peu les
i4,oelrÏ..eras~let sie>reriibourre~ les mollets. les
$oûes et se rembourrer les mollets.
Geux-là, évidemment, il faut'ies en-'
graisser. ̃
Et l'idéal serait d'y parvenir sans poi-
sons médicinaux, sans la drogue arse-
nic, plus ancienne que Mithridate, qui
donne, comme on dit, de la vilaine
graisse, et qui fait mal à l'estomac. Il ne
faut pas forcer un organisme humain à
engraisser, mais lui permettre d'engrais-
ser de lui-même en accélérant sa nutri-
tion et en diminuant ses dépenses, de
force, son élimination.
ce jour, l'homme ne s'est
guère avisé d'engraisser méthodique-
ment que ses femmes, en Orient, et ses
volailles, en Occident.
En Orient, on engraisse les femmes en
les bourrant de sucreries et en les con-
damnant à l'immobilité presque cons-
tante du harem. On engraisse les poules
en les gavant de farineux eten les enfer-
mant dans des chambres obscures où
elles ne puissent trouver d'autre distrac-
tion que le sommeil.
L'un et l'autre de ces procédés réussis-
sent généralement je ne conseille pour-
tant pas de les transporter sans modifica-
tions dans la pratique médicale. Je pense
même qu'il ne faut recourir que dans des
cas tout à fait rebelles au gavage tel que
l'a préconisé un des maitres les plus émi-
nents de la thérapeutique française,
M. le professeur Debove.
Etant donnée une personne maigre, à
l'estomac très délicat, voici à quelle fa-
çon de vivre il convient habituellement
de la soumettre.
Le régime alimentaire devra se com-
poser dépotages épais, d'œufs, de pois-
sons légers, de viandes blanches et rouges
grillées et rôties, de purées de légumes
secs, de légumes verts, de purées de sa-
lades cuites, de laitages, avec du riz et
des compotes pour dessert. Pendant tout
le repas, au lieu de manger du pain sec,
le malade mangera de grandes tartines
de pain déménage un peu rassis, voire
même grillé et enduit de beurre de
bonne qualité, saupoudré de gros sel^
Boire aux repas du lait, légèrement
additionné d'eau de Vichy. Une ou deux
autres tasses de lait dans la matinée,
une ou deux autres dans l'après-midi;
une autre encore en se mettant au lit.
Quelques pilules de pancréatine, prises
après chaque tasse de lait de même
qu'après le repas, faciliteront singulière-
ment la bonne digestion et l'entière assi-
milation des aliments gras ingérés.
On stimulera l'appétit par des frictions
sèches, des séances d'électricité statique,
des injections légères de sérum artificiel
mais en même temps on s'efforcera de
calmer les nerfs du patient, de l'empê-
cher dé se brûler lui-même, de se « ron-
ger » trop vite. Il ne faut pas qu'il perde
l'énergie qu'on lui apporte il doit tout
au contraire l'emmaganiser, l'accumuler,
en faire provision. Conseillez-lui donc de
demeurer au lit huit heures consécutives
de nuit, de se lever matin pour respirer
l'air pur, mais de se recoucher dans le
jour, un peu après le déjeuner,et de faire
une longue sieste. Pas d'exercice le ma-
tin à jeun seulement une promenade
d'une demi-heure après chacun des prin-
cipaux repas.
Quelques cuillères de valérianate d'am-
moniaque, voire même quelques pincées
de bromure retarderont la désassimila-
tion et favoriseront l'embonpoint pro-
gçessif; ..•̃
On recommande d'éviter les tourments
de la jalousie et les passions de l'amour.
Une-idée fixe ne vaut rien à qui veut
engraisser.
Vous qui avez desenfants maigrichons,
donnez-leur à manger de fortes soupes,
,de gros morceaux de pain' de grands ver-
res de lait, et tachez de les accoutumer de
bonne heure à savourer comme un régal
^«abominable huile de foie de morue plus
ou moins émulsionnée et phosphatée
j'en sais, qui, par persuasion, littérale-
ment s'en régalent et sollicitent là fa-
veur de lécher le bouchon
Il convient encore de leur faire faire un
peu de gymnastique rationnelle, à la
moderne, pour les accoutumer à substi-
tuer des mouvements utiles au perpé-
tuel gaspillage de leurs petites forces.
Et jusque vers six ou sept ans faites-les
dormir dans le jour.
Je suis d'avis qu'il ne faut pas souhai-
ter pour ses enfants les formes bour-
souflées du petit Bacchus, sachons sim-
plement que la graisse à dose moyenne,
est un réservoir d'énergie* un grenier
d'abondance qu'on aurait tort de dédai-
gner.- ̃
Dr Maurice da Fleury.
LA VIE ARTISTIQUE
1 AU MUSÉE GUIMET
On'peut considérer le musée Guimet
comme un des plus vivants et des plus
désireux de bien faire.
A chaque instant les collections s'en-
richissent ou se renouvellent. Des expo-
sitions et dés conférences y ont lieu fré-
quemment, les voyageurs sont assurés
d'y trouver accueil pour y montrer le
fruit de leurs recherches. Bref, il n'est
plus seulement le musée des religions,
mais il tend à devenir en outre le musée
des voyages et de l'Extrême-Orient. C'est
fort heureux, car l'Orient est une inépui-
sabre source de pensée et d'art. Quant
aux voyages, c'est maintenant une
science si rigoureuse qu'un musée spé-
cial n'est pas de trop.
On va donc voir ces jours-ci au musée
Guimet, parmi les nouvelles collections,
les moulages de temples cambodgiens,
d'un art admirable, rapportés par M.
Fournereau; les costumes parsis de la
collection Menant; les bijoux, tapis, mé-
dailles et manuscrits de la collection
Edouard Blanc.; les objets rapportés de
rirtdq-Chirie. dé la Chine et des Indes par
le prince Henri d'Orléans; les poupées
japonaises de la collection Collin de
Plancy et lés marionnettes javanaisès de
la collection Ollivier-Beauregard; sans
parler encore de maints objets curieux
ou superbes, dons ou prêts de MM. Va-
rat, Paviô, Dutreuil de Rhins, Vaperëàu*
Ghaffanjon, etc.
Chacune de ces collections prêterait à
une monographie des plus instructives
et parfois des plus amusantes; Mais il en
est deux sur lesquelles on doit insister.
M. Guimet a réuni quantité de té-
moignages du culte d'Isis en Europe, et
en France particulièrement, en suivant
pour ainsi dire pas à pas l'acheminement
de ce culte à travers l'Egypte, la. Grèce et
Romé. Ce qui est à noter, c'est que les
objets, statuettes et emblèmes sont des
adaptations par les différents peuples, et
portent, non pas le caractère égyptien
pur, mais celui de. chaque racé.
Une autre- collection, vraiment déli-
cieuse au point de vue purement artis-
tique, est celle des croquis japonais don-
nés en grande partie, les uns par le
prince Henri d'Orléans, les autres par
M. Alexis Ronart. C'est autre chose que
l'art de l'estampe ou du. Kakémono ce
sont les recherches infiniment libres et
verveusés dé maints artistes, d'une habi-
leté diabolique. Ces dessous de l'art japo-
nais sont un enseignement et un plaisir
également inédits.
Il EXPOSITIONS DIVERSES
M. Eugène Carrière manquera cette
année au Salon du Champ-de-Mars et
c'est grand dommage, car les œuvres
qu'il présente réunies chez Bing sont
d'une grande importance, et elles au-
raient au Salon permis de faire une
belle manifestation en l'honneur de cet
artiste. A l'Art nouveau, elles risquent
de n'être vues que d'un public restreint,
ce qui est le moindre mal, pourvu que ce
public soit appréciateur, mais elles ne
sont pas, dû moins lés plus importantes,
exposées à leur plus grand avantage.
Un éclairage défectueux empêche de
goûter comme il convient l'admirable
portrait de la famille G. et les trois
grands panneaux réunis par triptyque,
où, par de simples figures d'enfants et
de femmes, de Passants, comme l'artiste
les appelle, se trouve réalisée une sorte
de « décoration pensée » aussi puissante
que neuve. En revanche, dans une petite
salle latérale de nombreux portraits et
études, toutes d'une 'intensité d'expres-
sion et d'une exécution subtile qui n'ap-
partiennent qu'à Carrière, sont vus tout
à leur avantage.
Parmi les portraits exposés dans la
grande salle* -on voudrait ne pas simple-
ment citer, mais étudier à fond ceux de
Gabriel Seâilles, de Jean Dolent et d'Al-
phonse Qaudet, puis celui d'une jeune
femme en robe d'un ton argenté, mer-
veille de charme jeune, et encore celui
d'une femme avec un bouquet de violet-
tes à'la ceinture.
Mais Je temps et, la tplace manquent
pour décrire' cela comme il conviendrait,
car la saison des expositions, grandes ou
petites, boutiques ou temples, solitudes
ou cohues, atteint en ce moment son
paroxysme.
On nous pardonnera donc de signaler
simplement aux ^ens courageux, parmi
les plus intéressantes, celle de Richard
Ranft à la galerie des Arts réunis, celle
des paysages.hollandais de Lebourg chez
Mancini, et enfin de noter qu'une expo-
sition complète de l'œuvre de Carriès va
avoir lieu à Bruxelles sous le patronage
du duc d*Ûrsel. Ce sera un nouveau suc-
cès pour l'art français et un peu plus de
gloire pour l'artiste regretté.
̃ Arsène Alexandre.
3E§ BS A. X SI» H* E 3M" H adhérente,'
nouveaux dentiers invisibles laissant le
palais entièrement libre. La plus belle
invention de l'art dentaire. Succès consaoqrê.
m. ADLER, 4. RUE ïliEVERBEEgî, <&
E'VTBH MM*M E'fTE'rtttMaPartnmaoJanenr.
EXTRA' VIOLETTE vioue.-t,h,b'imum. w»
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̃ lmigMuMétliod<;PrévcntivetvD-Lnj\MER,l,W!iiUt
lâUSIS des mm SÎERiUTE
Quarante années de pratique permettent ï M~ LACHAPELLE,
maîtresse sage femme de garantir la suppression de la
Stérilité constitutionnelle ou accidentelle, ainsi que la gué-
rison des Maladies organiques des femmes. Les môjehs
employés, aussi simples qu'infaillibles, n'exigent ni repos ni régime,
'jIIl'loyés;aussisimples 9u'inraUh,'bles, n'exigent M4a~tl~py rè.sulIV,
C«« t&HmtoU stmm 27, rue «fcmtmtiHf, p«w Il
ROYAL HOUBiGÂNT^a^^X^
PATé o~N~r~«~ O~T~'AI~HE-P699~IQP~
yfg%£Y J4T GtaveUo.Eciéma.4«tbœé,etor^
POUDRE OPHELIA ££SSS£&&3&Sg«
CHOCOLAT du CHAT NOIR «&&%»
Inoffensif, d'une pu-
reté absolue, guérit en
48 HEURES
les Écoulements qui exi-
geaient autrefois des
semaines de traite-
ment par le copahtr>
le cubèbe.lésopiats et
les injections.
113. Taub. St-Honorê. Parts
lia -\fié Sportive
LE tuRp ̃
COURSES AU BOIS DE BOULOGNE
Nous rentrons des courses très tard poiu
toutes sortes de raisons parce qu'elles
ont fini à cinq heures et demie, les cour-
ses, avec des champs extrêmement nom-
breux, des épreuves d'un intérêt soutenu,
un monde à ne savoir où le mettre et
un encombrement de voitures Avec yn
service d'ordre moins bien fait, personne
n'eût retrouvé la sienne. Et puis, ce; qui
nous a fait croire que le spectacle avait
encore plus duré, c'est qu'au moment ou
allait se disputer le dernier prix, le ciel est
devenu noir comme à l'approche de la nuit:
Une sorte de brouillardenveloppait J.'horizon.
M. Holtzer, retour d'un yachting prolonge, >
est revenu â point pour voir son poulain
Shéridan enlever le prix des Cars. On se
souvient de Sheridan dont là victoire fit
tant de bruit à Deauville, cette fois il se
rencontrait avec Daphnis, son présumé vaïri-
queur de ce jour-là. En tout cas, il' n'y a
pas eu, cette fois, d'erreur possible: Sheridàn
était premier, Daphnis dernier avec une tren-
taine de longueurs du, vainqueur au vaincu.
L'écurie Delamarre n'a vraiment pas dé
chance, elle a dû se contenter de là seconde
place avec Cléon dans le Biennal et cette fois
le fils de Vigilant a succombé d'une tête, battu
par Arreâu sur lequel son écurie ne comptait t
pas. Arreau était arrivé dans le paddock dans
un tel état d'énervement qu'il avait été ëïf
quelques secondes, mouillé de sueur dés piedi ¡
à la tête. Barlen l'a admirablement monté;
Cléon et Arreau étaient bien détachés des au-
tres, le troisième était Patriote et le quatrième
Olmutz. Pérouse, la pouliche de M. Meniër; â
été victime d'un accident d'autant plus ré-
grettablë que cette pouliche que j'avais fei- ) I
gnalée comme remarquable. semblait àyoi| à
sa merci là Poule d'essai des :pouUçhésjgt Ï6
pfix.de Diane, Elle à. éù le tendon complètes
ment coupé.
Les preneurs étaient déconcertes a ce poiïtfc |
qu'ils ont laissé partir Àddy, à. 8/1 dans la
Coupe. Le cheval du vicomte d'Harcourt s'est 1
comporté en bon cheval qu'il est du cbmmëni
cement à la fin. La coupe est en argétttjéxê^
cutée par l'orfèvre Boulenger; elle a pour
sujet: la Vague. Des naïades sortent do fèâït
une coquille qu'elles élèyèiit au-dessus 'd*ë
leurs têtes.
C'est égal, nous avons des trois aiis Biéa
difficiles à classer. ,̃•
Le Prix du Parc des Princes, 5,0Q0fr.,
2,400 m., a été pour Confetti (10/1), à M. d»
La Charme (Drayton), battant Clavecin» à Mj
Caillault (Hyams), Et Balta, à M-. Menier {Es
Watkins).
Bàltà et Clavecin ont mené bon train 4ç*.
vant Confetti et Extra. Dans la. descenteV Ex-
tra était battu; Confetti se mettait à là pour*
suite des leaders qu'il dépassait entre lés
tournants. Il faisait iiri grand "écart à l'entrée
de la ligne droite, tandis que Balta et Glàvë-
cin se mettaient â lutter. Cependant Confetti
revenait bientôt et l'emportait d'une, encolure
sur Clavecin, qui enlevait d'uîi même intèr*
valle la seconde place à Balta.
Durée de la course 2' 36".
Pari mutuel 10 fr,' 149 fr. 50. Places" t
Confetti, 32 fr. 50; Clavecin, 15 fr. 5Q.
Le Prix des Cars, 10,000 fr., 2,000 met., à
été pour Shéridan •(i2/l),â--Mi Holtzer (T,
French), battant Bourg, à M. Menier (E;
Watkins), .JtT Karasjôk, à M. S. Chaniot
(Kearney).
Sheridan et Lionceau se sont élancés eâ
tête devant Bourg, Guardi et Cloridan; Pas
de Danse, Daphnis et Loudun fermaient là
marche. Dans la descente, Karàsj 6k et Corail
amélioraient leui' position. Entre les tour-
nants, Sheridan galopait devant Lionceau,
Bourg et Karasjok; Loudun et Pas de Danse
se rapprochaient; les autres étaient battus.
Dans la ligne droite, Sheridan avait la coursa
à sa merci et gagnait de quatre longueurs
sur Bourg, qui prenait de deux-longueurs et 6
demie la seconde place à Karasjok. Loudun
quatrième à une encolure. Daphnis finissait
dernier.
Durée de là course 2' 13".
Pari mutuel à 10 fr. 122 fr. 50. Placés
Sheridan, 36 fr.; Bourg, 29 fr. 50; Karasjok,
25 fr. 50.
Le 39<> Biennal, 25,000 fr., 2,000 m., a été
pour Arreau (10/1), â M. Ed. Blanc (Barlen)
battant Cléon, à M. Delamarre (Rolfe), et
Patriote, à M. Ridgway (Bowen).
Après plusieurs faux départs, PêrôUse,
Olmutz, Uzer et Cabanon s'élançaient en tête
Arreati, Edifice et Gascon II fermaient la
marche. Bientôt Patriote prenait le comman-
dement sur Olmutz et Uzer. Dans la descente
les trois leaders avaient plusieurs longueurs
sur le lot commandé par Crinoline et Pé-
rouse. Entre les tournants, les chevaux se
groupaient. Pérouse culbutait. Cléon, Àrfèau
et Gascon II se rapprochaient de Patriote qui
entrait premier dans la ligne droite. Le che-
val de M. Ridgwày fléchissait à l'attaque de
Cléon et d' Arreau qui se détachaient. Une
belle lutte s'engageait dans laquelle Àrraati
prenait l'avantage pour gagner d'une ehoo*-
lure. Patriote troisième à quatre longueurs.
Durée de la course 2' 7".
Pari mutuel à 10 fr. 118 fr. Placés Ar»
reau, 38 fr. Cléon, 20 fr. 50; Patriote, 17 h-
La Coupe, 15,000 fr., 3,000 m., a été pour
Addy (7/1), au vicomte d'ïîarcourt (W. Prattk
battant Gondolier, à M. Wysocki (Madge) et
Arlequin, à M. de Saint-Alary (J. Watkins).
Lorenzo a fait le jeu devant Gondolier,
Addy et Allobrogë Espiègle, Blàndy, Satan
et Rio Janeiro fermaient la marche. En face,
Lorenzo avait plusieurs longueurs. deyailt
Jouancy et Addy. Dans la descente, Jouancy
était en tête, suivi de L'orénzo et A'ddy.j A('-
lequin et Portugal galopaient en tête du ps-
loton. Entre les tournants, Satan, les deux
représentants Menier et Gondolier se rappro-
chaient. Dans la ligne droite, Addy se détâ-
chait et gagnait d'une longueur facilement
sur Gondolier. Arlequin, troisième à trois
quarts de longueur, précédait1, Satan, qua-
trième à deux longueurs et demie. ̃
Durée de la course 3' 30" 3/5.
Pari mutuel à 10 fr. Ecurie dlHarcourt,
75 fr. 50. Placés Addy, 24 fr.; Gondolier,
25 fr.; Arlequin, 20 fr. 50.
Le Prixde l'Etoile, 5,000 francs, 2,400 mè-
tres, a été pour Saladin II (7/1), à M. G-rassat
(Dodd),. battant Framboise III, à M. de La.
Charme (Holmes), et Linon, à M. J. Prat (â-
Childs).
Le départ a été laborieux. Au signal du
départ, Mauna Loa et Linon ont mené devant
Saladin II et Saint Faust Disciple, Bueil et
Dictateur fermaient la marche. Dans la des-
cente, Linon était entête, suivi de Mauna
Loa et Saladin Il. Entre les tournants). Bueil,
Saint Faust et Framboise III. se mppro-
chaient. Après une courte lutte, Saladin. II
conservait l'avantage d'une demMonguàùr
sur Framboise m. I4ûqï& troisième, à cinq
VARIÉTÉS LITTÉRAIRES
WUW DE GEORGES BUGO
M. Georges Hugo publie .demain, un très,
̃curieux volume, Souvenirs, d'un matelot, qui
;nqûs taontre que le petit-fils du grand poète
à les dons particuliers de l'écrivain émouvant
et 'sincère. De ce volume dédié par l'auteur
à sa mère Mme Lôckroy. et qui porte en épi-
graphe une pensée de Shelley L'homme de
bien n'obéit ni ne commande, nous ex-
trayons le chapitre dans lequel M. Gèorgës
Hugo raconte ses impressions lors de son
arrivée à Toulon où il allait être embarqué
à êbrd- d'un vaisseau de guerre.
r Le soir, par la ville ignorée,\ j'ërre dé-
sespérément. Comme là-bas,, à la Divi-
sion, je souffre plus que de l'abandon et
de l'éiôignémeht, je souffre de la hbu-
yéauté.de toutes ces choses étrangères;
je souffre plus encore du dégoût qu'elles
m'inspirent à la pensée de tant de jours
amoncelés devant moi pour les connaître
jusqu'à l'écœurement. Je regarde ce qui
m'entoure avec lès yeux du prisonnier
pour sOri cachôt.
Le long dés grands boulevards aux
.trottoirs" luisants de pluie, dans les
k ruelles sombres où je ni'enfonce sans
but, dans l'inconnu parmi des inconnus,
je vais songeant, essayant vainement de
fixer, d'admettre ma nouvelle condition,
de trouver une. raison à cette sinistre vé-
rite: vivre ici, avoir Toulon pour « port
fijattaçhe », être iiri des marins de cette
-»ville,qùi m'apparàîtsibien ce soir comme
,~la ville du marin. J'ai une envie folle de
--m'en «lier, de me cacher; de ne rien
voir j'ai bien le temps! Tout de suite
aussi, un seul moment dé joie à venir
nVapparaît, unique dans l'énumération
.\dè -tous ceux, de ces trois années, de ces
trente six mois qui commencent le der-
nier, le moment de la libération, l'heure
'où je quitterai cette vie que j'ignore en-
core; où me sera rendue la liberté que
j'avais hier, que je ne remarquais pas et
donirtoùtes les délices me reviennent
aujourd'hui si tentantes, si indispen-
sables.
Oui, malgré que je n'en aie pas encore
Tevêtù la tenue, je me sens marin, non
> pas déjà marin de métier, mais marin
soldat, marin serviteur, marin machine
a obéir, homme emprisonné, entravé,
chose toute petite et sans cervelle. Je re-
vois ïé papier, la feuille de route ou j'é-
tàis livré comme un objet et c'est bien
comme un objet qu'on ni'a pris. Je me
rappelle avec horreur la brutalité, les
̃ vvoix' sèches de ces hommes qui m'ont
reçu en coupable, en condamné/ Voilà
que je ne puis m'éloigner de ces rues-là,
i maintenant Je ne puis faire un,pas, en
-somme, dans le sens que je voudrais je
suis tenu, garrotté, et l'heure de l'appel,
..demain matin, sonne à mes oreilles, len-
^'ïèmëntj sans discontinuer, marque mes
.pas dans les rués sombres. Alors je suis
-pris d'une si profonde tristesse que j'ai
-envie de me coucher là, dans la rue, et
'~ïlê\ïië;pliïs bouger. On viendra m'y cher-
cher, on me forcera de faire cet absurde
devoir car il me semble impossible,
quand brûle en soi la plus petite flamme
t. d'intelligence, de l'accomplir de son plein
-gkê, d'avoir la volonté consciente de cé-
der à une nécessité que l'on méprise,
sachant d'avance que l'on rougira du
propre-triomphe de soi-même. C'est un
.dédale dont les deux issues sont la
honte»
Que rie m'ont-ils gardé là-bas, dans
leur caserne j'aurais couché à l'abri du
vieux bateau- moisi ils m'auraient mis
tout déduite sur le dos la livrée du ser.
vice, et je me serais peut-être .Soumis
comme une brute. Mais cette première
fausse liberté, cette promenade de chien
tenu en laisse par un lien d'acier et une
main dé fer, pesants, froids, invisibles
et si terrifiants, cette première nuit-là est
trop humiliante où je dois lutter contre
ce que je sens en moi d'utile fierté, où
je dois employer toute ma volonté à
m'ânloindrir, à m'anéantir, à me servi-
îiser, à me faire l'esclave de je ne sais
quel maître. Oui, oui, c'est bien cela
je mé débats par cette nuit noire, je
me révolte, j'implore aussi, et je me
trouve' devant l'inexorable, devant la
force. Cette force me frappe, réclame
ma jeunesse, mon enthousiasme, ma cu-
îiôsité, mon intelligence; elle me dit:
« Je veux tes plus belles années, celles
dont tous les souvenirs sont des se-
mences fécondes, celles où tient toute la
vie. Je les veux, donne-les moi. »
Et je donne, parce qu'il le faut, sim-
plement j'accomplis ce sacrifice dont je
•ne puis" même pas m 'enorgueillir.
Mafsc'ëst là que, malgré tout, malgré
i'ies ^conventions courantes qui transfor-
ment cette soumission en un noble de-
voir, c'est à ce moment que je me sens
lâche dé ne pas résister avec tout ce qui
hurle en moi.
Nous avons mieux à connaître que la
discipline avilissante,mieux à apprendre
que l'obéissance. Je voudrais fuir, ne
pas céder, jamais. Oh que je serais
bien flétri, méprisé; condamné à un exil
infamant, et traître et lâche pour, avoir
"gardé là tête "haute, refusé d'accepter
l'humiliation
Allons! comme tous les jeunes Fran-
çais de mon âge qu'entraîne le même
̃filet, il faut apprendre à se courber, à
respecter, à saluer des effigies. Fierté,
noblesse, dignité, amour-propre, tout ce
'qui vous fait passer dans la vie avec le
regard droit et clair, vains mots pour
nous autres; inclinons-nous devant la
v platitude, la bassesse, le silence forcé, la
crainte de la punition, le respect des
'•chefs, la mort dé la personnalité. Et
plus'grôssière, plus brutale, me revient
-brusquement la phrase de bienvenue
que m'adressait le maître tout à l'heure
• '«-Faudra pas faire votre pratique avec
-moi, 'le Parigot. »
Tantôt les rues, les gens, les pavés
gras m'apparaissent sombrement va-
gués travers les visions qui me han-
iènt, tantôt des détails infimes surgissent
avec une violence douloureuse. Je mar-
che, iè iMrchè par un dédale de ruelles
sinistrés, dès boulevards qui sont tou-
jours les mêmes; je parcours les détours
infinis dé là ville des hommes bruyants
passent; m# bousculent; des filles me
frôlent de leurs jupes par instants, la
pluie raie là nuit de fins éclairs d'argent.
Et je marche toujours. Puis, c'est un
large quai à fleur d'eau les gouttes qui
-tombent du ciel noir éclaboussent les
dalles de pierre. Je devine dans l'ombre
d'indécises. silhouettes de barques qui se
baïlancént en clapotant. Les flammes des
réverbères éclairent de leur tragique va-
eillêment ce désert glacé. Aucun écho de
pas sur les pierres. jQne brise froide et
-•aine souffle d'uhe profondeur bru-
meuse, là, derrière les mâts des barques,
et m'apporte ta plainte déchirée des va-
qués, les craquements de la mer qui dé-
ferle. Quelques feux dé navires à l'ancre
piquent dé leurs pâles éclats cette nuit
lugubre, pauvres étoiles perdues dans la
iéripête
Georges Hugo.
teespQslânces Étrangères
FIGARO A LONDRES
EèMrêSj 18 avril.
il parait que ïé duc '$£ la duchesse
d'York, dont on avait annoncé le.pro-
chain voyage en Russie, à l'occasion du
couronnement du Tsar, n'iront ni à
Saint-Pétersbourg, ni à Moscou. La reine
d'Angleterre sera représentée aux fêtes
dû couronnement par le duc et la du-
ché de Gonnaught, ainsi que le Figaro
l'a déjà annoncé. Leduc et la duchesse,
qui se rendront en Russie par méf sur
le yacht royal Victoria and Albert, seront
accompagnés par le général Grenfell et
lé colonel Egerton.
Le nouvel ambassadeur d'Angleterre à
Saint-Pétersbourg, sir Nicholas O'Conor,
qui vient de prendre possession de son
poste, à fait faire ici, pour la cérémonie
du couronnement, un superbe carrosse
de gala et des harnais décorés d'orne-
ments en argent massif d'une très grande
richesse. Ce carrosse sera traîné par deux
superbes chevaux bais dé- là taille de
̃1 mètre 73. '̃̃
Comme le Tsar est colonel honoraire
du deuxième régiment de dragons an-
glais, une députation d'officiers de ce
régiment assistera au courobnement.
Ces jours-ci, on a pu lire dans les jour-
naux anglais que la princesse Maud de
Galles, la fiancée du prince Charles de
Danemark dont le mariage sera cé-
lébré au mois de juillet, avait été vie
time d'un accident de bicyclette, que,
tombée de sa machine, dans Régent
street, elle avait dû rentrer, à Marlbo-
rough-House en cab. Oh dément aujour-
d'hui officiellement ce racontar. Non
seulement la princesse Maud n'a éprouvé
aucun accident, mais elle n'a jamais
été en bicyclette dans lès rues de Lon-
dres.
Ceux qui sont au courant des habitu-
des dés membres de la famille du prince
de Galles n'avaient pas besoin de ce dé-
menti, car ils n'ont jamais ajouté foi au
racontar en question. Il est vrai que la
princesse Maud fait des promenades en
bicyclette, mais, jusqu'à une époque ré-
cente, elle ne s'était jamais aventurée
hors du parc dé Sandringhàn, le prince
de Galles s'y opposant. Il y a quelque
temps, cependant, pendant une absence
de leur père, les princesses se sont ris-
quées sur les routes peu fréquentées dés
environs et, à son retour, le prince a, dit-
on, fermé les yeux. De là à autoriser les
princesses a parcourir les rues de Lon-
dres, il y a loin et l'on peut être sûr que
cette autorisation ne leur sera jamais ac-
cordée.
Le Parlement a repris ses travaux
qui n'offrent qu'un intérêt des plus rela-
Uf^ourJ^excellente^ raison que le gouver-
nement ""ayant" .une 'majorité de' iâD vtt'x k
il ne peut y avoir aucune surprise, il rie
peut se produire aucun incident à sensa-
tion, et que, quand une discussion com-
mence, on sait parfaitement comment
ellefinira.
Il n'y a guère 'd'intéressant que les
questions que l'on posé de temps en
temps aux ministres sur la politique
étrangère notamment. M. Chamberlain;
ce ministre envoyé du ciel, comme l'a
appelé lord Rosebery, a bien été obligé
d'avouer hier qu'il n'avait pas d'informa-
tions à communiquer à la Chambre rela-
tivement aux intentions du gouverne-
ment transvaalien à l'égard des uitlan-
ders et qu'il ne sait pas si M. Krüger
viendra à Londres pour causer avec lui
en fumant un de ces excellents cigares
dont M. Chamberlain fait une si énorme
consommation, ni quand il y viendra.
On sait que M. Chamberlain fume seize
ou dix-huit cigares par jour.
La vérité est que le président Krüger
est tout à. fait, de force à lutter contre
M. Chamberlain et que les menaces et.
les cajoleries successives de celui-ci
n'ont aucun effet sur le fin et rusé prési-
dent des Boers, qui s'en Va son petit
bonhomme de chemin, sans dévier d'une
ligne de la voie qu'il s'est tracée et qui
consiste à ne faire à l'Angleterre que les
concessions jugées nécessaires et pru-
dentes par lui, sans céder à l'intimida-
tion. Et M. Chamberlain, qui voulait faire
grand et vite, est obligé de régler son
pas sur celui du président Kriiger. Inu-
tile d'ajouter que cela mortifie quelque
peu le ministre des colonies.
Ce qui le préoccupe encore plus que le
Transvaal,c'est la situation duMatabele-
land, qui est fort grave. En dépit des
télégrammes si singulièrement rédigés
que publie la presse anglaise, il est facile
de voir que le soulèvement' est général
et que les Anglais ne sont en sûreté que
là où ils ont des fortifications et des ar-
mes et encore l'étendue de leur sécurité
se mesure-t-elle exactement par la por-
tée de leurs fusils et de. leurs canons
Maxim, quand ils en ont.
Il est difficile, àce propos, de réprimer
un sourire quand on lit des télégrammes
comme celui-ci « Les dernières nou-
velles dé Belingwe sont très satisfaisan-
tes (suivent quelques détails sur les ar-
mes et les approvisionnements qu'ont
les quarante-cinq Anglais qui s'y sont
retranchés) vingt-cinq des policemen
indigènes ont déserté en emportant leurs
armes. » Que serait-ce donc si les nou-
velles de Belingwe n'étaient pas « très
satisfaisantes »? ?
Au Soudan, rien de nouveau pour le
moment; mais, en attendant qu'il soit
obligé d'y envoyer des soldats anglais, le
ministère de la guerre y expédie à cha-
que instant des officiers de l'armée bri-
tannique.
L'Afrique, qui n'a pas jusqu'ici porté
bonheur aux armes anglaises (on se rap-
pelle le Transvaal et le Soudan), promet
'de devenir fatale à'M. Chamberlain,
dont l'ambition a eu raison de la pru-
dence et de la sagesse de ses collègues,
mais quis un de ces jours, se perdra
dans les sables du Soudan, la brousse
du Matabeleland ou le velat du Trans-
vaal. Et ce qu'il y aura de plus curieux,
c'est que, ce jour-là, personne ne plain-
dra M. Chamberlain.
Oii vient de reconstituer le Club natio-
nal félin, dont le but est d'encourager
ITëîévage des matous dé face pure, d'éta-
ri blir des règles pour la olàsjsjjgéàtiQa ctés*
dits matous et, d'organiser des exposi-,
tions de chats. îl y aura un stud-book ou
seront inscrits les noms, dates de nais-'
sance et records des chats primés. C'est
la duchesse de. Bedford qui est présidente
de ce club -félin', dont l'utilité ne paraît
démontrée qu'aux vieilles dames excen-
triques, copime celle qui avait autrefois
élu domicile dans l'ancienne maison de
Carlyle, où elle avait quarante où cin-
quante chats qui faisaient sa joie. et le
désespoir des voisins; cela va sans dire.
Paul Villars.
FIGARO A VIENNE
itàriàgë de la nièce du chancelier
d'Allemagne
Vienne, 18 uvril;
Mercredi dernier, pendant que l'empe-
reur Guillaume passait en revue la gar-
nison de Vienne; le chancelier de l'em-
pire d'Allemagne, prihce, de Hohenlohe,
assistait en l'églièe Sâint-Léopold au ma-
riage de sa nièce, la princesse Dorothée
de Hoherilohé-Schillingsfurst, fille de feu
le grand maître de la cour impériale
d'Autriche, avec le comte d'Empire Ray-
mond Làmbefg, chambellan de Sa Ma-
jesté, lieutenant au régiment de hularis
h» 5..
Le mariage a été célébré par le prince-
archevêque deVienne, cardinal Gruscha,
qui a adressé aux deux époux une tou-
chante allocution. La cérémonie avait un
caractère tout intime, étant donné le
deuil récent de la famille de Hohenlohe.
La jeune mariée portait une ravissante
toilette toute garnie de dentelles.Le voile,
en dentelles également, était de toute
beauté et d'une grande valeur. Des myr-
tes naturels et un diadème en diamants
ëomplétaiônt la délicieuse coiffure de la
jeune princesse. Ses deux neveux, les
princes Alfred et Erwin de Hohenlohe,
fils du prince Conrad, habillés en costu-
mes marins tout blancs, portaient la
traîne de la robe. Un déjeuner a eu lieu
après la cérémonie ail palais Augarten»
Wolfram.
Chronique de 1119e étrangère
Les fêtes de Belfort et. la présence à
Paris du prince de Hohenlohe ne sont
point restées choses inaperçues pour là
presse à images de i'étranger.
Sous le titre Le Lion de Bel fort (sou-
venir, du 25e anniversaire de 1870^- le
Kladderadatsch a publié une caricature
d'une très belle allure artistique, mais
particulièrement railleuse. Sur la rive
française; le lion couché, à la pose ma-
jestueuse, bâillant outrageusement, tan-
dis que deux soldats posés sur ses cuisses
l'émoUstillent à coups d'épingle; sur la
rive allemande* une sentinelle prussienne
qui n'a guère l'air de plus s'amuser, et la
légende porte: « Revanche! revanche! 1
A la fin, la chose commence à devenir en-
nuyeuse] » On pourrait facilement obser-
ver au ^Kladderadatsch que cette même
idée hé paraissait pas fastidieuse aux
Prussiens, lorsque, cinquante ans durant,
ils tinrent ainsi l'Allemagne en éveil. Et
si aujourd'hui, vingt-cinq ans après 1870,
les uns célèbrent pompeusement leurs
vïêtôif ëS, n*ëstf-iï" point' logique que les
autres/célèbrent aussi- leurs douloureux
anniversaires? Quoi qu'il en soit, l'image
est à retenir.
Hohenlohe et Bourgeois, cela cadre- on
ne peut mieux, nous dit le Nebelspalter
de Zurich, et si vous voulez savoir pour-
quoi, le journal suisse vous dira parce
que Hohenlohe est venu à Paris en
« simple bourgeois », donc pas si inco-
gnito qu'on veut bien le dire, Bourgeois,
en sa qualité de président du Conseil des
ministres, étant quelqu'un.
A Berlin, Ulk et Kladderadatsch don-
nent, par correspondance spéciale, le
récit des faits et gestes du chance-
lier. Ulk nous dit qu'on a vu monter à
son appartement et s'enfermer longtemps
avec lui un monsieur ayant sous le bras
une trousse en forme de portefeuille.
Des quelques mots qui ont pu être rete-
nus de cette conversation secrète, on a
pu conclure qu'il s'agissait d'une alliance
entre l'Empire allemand et la République
française, la France devant recevoir
comme indemnité pour i870-le grand-
duché de Bade et 10 francs par tète de
la population perdùe'par elle. Cela suffit
à montrer de quelle façon l'on s'amuse,
à Berlin, des bruits d'entrevue mis en
circulation lors de la présence, ioi, du
prince de Hohenlohe.
Les journaux allemands, sans doute
pour faire plaisir à l'Italie, s'occupent
toujours des affaires africaines il est
vrai qu'ils ont une façon à eux de conso-
ler leur alliée. Der Wahre Jacob, para-
phrasant par le crayon le Memento mon,
dessine une tête de mort sous les traits
de Crispi avec ossements en croix sur
lesquels on lit « Tombé en Afrique.
Tombé en Sicile. » Ulk représente une
armée de jésuites en marche dontre les
Abyssins « Voilà l'armée », dit-il,
« qu'on aurait dû mobiliser, à Rome,
contre Ménélik; celle-là, au moins, eût
connu toutes les rusés de la guerre
noire ». Kladderadatsch toujours à l'affût
de l'actualité, sert une image destinée à
illustrer le récit des journaux nous ap-
prenant que l'Italie va abandonner Kas-
salà aux Anglais.
C'est une image politique de Brandt,
en deux temps et trois mouvements,
comme les amusantes scènes de mœurs
des Fliegende Blatter ou des Rumoris-
tischeBlatter. Ï.Un bersaglier grotesque-
ment affublé offre à John Bull une bou-
teille de Kassala. « Pourquoi pleures-tu,
frère Italien ? demande John Bull dont
les lèvres ont flairé quelque, fine goutte.
Je pleure, parce que je ne puis conser-
ver seul cette exquise liqueur. » II. John
Bull a pris la bouteille, a goûté à son
contenu et est tombé à la renverse.
« Goddam s'écrie-t-il, après avoir d'un
seul trait avalé le contenu. Cette exquise,
liqueur était tout simplement du vi-
naigré!» »
̃ ̃'
Le train pour le Sud! Orient-Express
pour Dongola! Ainsi porte la légende
d'un dessin des Luslige Blatter, de Berlin,
où l'on voit un soldat français tirant de
toutes ses forces pour arrêter un train
en marche dont les wagons sont bondés
d'Anglais. « Sacré nom d'une pipe! s' é-:
crie-t-il (en français dans l'original). Il
n'y auradonc pas moyen d'arrêter cette
-damnée expédition anglaise?» » Et c'est
tout, comme imagerie égyptienne cette
semaine, rOfieat est en baisse*-
Le voyage triomphal de Guillaume en-
Italie n'a pas donné, au' point de vue
image, ce que l'on était en droit d'atten-
dre. Je signale, parmi quelques compo-
sitions plus ou moins artistiques Guil-
laume,à Venise, en chevalier Lohengrin,
sur un bateau-cygne, portant pour nom
« Amicizia », et venant donner la main à
l'Italie malheureuse. A Vienne rien en-
core il faut attendre, mais je doute fort
que même le passage du puissant empe-
reur arrive à détourner la caricature
viennoise des débats austro-hongrois.
*~è
Jugendî Jeunesse! nous dit un journal
de Munich,- qui a pour directeur Georg
Hirth, le frère du peintre Hirth du
Fresne, descendant d'une famille de ré-
fugiés français. Jugend! ce n'est pas seu-
lement un essai d'union entre la jeune
école qui émerge de partout et le genre
toujours classique des Eliegende Blatter,
c'est encore une tentative d'union entre
Paris et l'Allemagne, car en feuilletant
ces images, qui vont du domaine de la
fantaisie la plus large à la caricature po-
litique, vous trouveriez, avec leurs lé-
gendes en français, des dessins originaux
de Boutet, de Caran d'Ache, de Grasset,
dé Guillaume, de Radiguet, de Steinlen.
Décidément, l'art et les lettres sont en
train de nous préparer des surprises Si
on allait sur ce sujet faire parler l'ange
Gabriel,par l'intermédiaire de la voyante
de la rue de Paradis
John Grand-Carteret.
MOUVEMENT MÉDICAL
L'ART D'ENGRAISSER
Voilà quelques années à pèiriè que les
traités classiques consacrent un chapitre
au traitement rationnel de l'extrême em-
bonpoint aucun d'eux, en, revanche, ne
semble se soucier de guérir l'état de
maigreur.
Outre ses désavantages notoires- au
point de vue de l'esthétique, l'excessive
émaciation ne va pourtant pas sans in-
convénients au point de vue de la santé.
C'est, en somme, presque toujours, une
dérogation au bon équilibre vital, une
tendance immodérée de là machine hu-
maine trop brûler son combustible, et
je suis de ceux qui estiment que l'art
d'engraisser les maigres est un chapitre
intéressant de l'hygiène médicale.
Oh! je ne prêche pas qu'il faille en-
graisser tous les maigres
Je sais des gens graciles, nés de pa-
rents émaciés, entourés de collatéraux
efflanqués, et qui jamais ne pourront
mettre au monde que des enfants guère
plus gros qu'une allumette chacun,
d'ailleurs, solide comme roc. La séche-
resse est dans leur sang; c'est une ac-
coutumance de la race, et l'on s'efforce-
rait en vain d'y retoucher.
Mais il nous reste la grande foule des
Anémiques aux joues caves, des nerveux
|la peau terreuse et à la « chiche-face »–
obnime disaient nos pères des porteurs
décharnés de tumeurs ou de tubercules,
et ces convalescents qui tardent tant à
revenir à la vie pleine, et tous les enfants
pâles,petits citadins maigrichons dont on
verrait avec bonheur s'enfler un peu les
i4,oelrÏ..eras~let sie>reriibourre~ les mollets. les
$oûes et se rembourrer les mollets.
Geux-là, évidemment, il faut'ies en-'
graisser. ̃
Et l'idéal serait d'y parvenir sans poi-
sons médicinaux, sans la drogue arse-
nic, plus ancienne que Mithridate, qui
donne, comme on dit, de la vilaine
graisse, et qui fait mal à l'estomac. Il ne
faut pas forcer un organisme humain à
engraisser, mais lui permettre d'engrais-
ser de lui-même en accélérant sa nutri-
tion et en diminuant ses dépenses, de
force, son élimination.
ce jour, l'homme ne s'est
guère avisé d'engraisser méthodique-
ment que ses femmes, en Orient, et ses
volailles, en Occident.
En Orient, on engraisse les femmes en
les bourrant de sucreries et en les con-
damnant à l'immobilité presque cons-
tante du harem. On engraisse les poules
en les gavant de farineux eten les enfer-
mant dans des chambres obscures où
elles ne puissent trouver d'autre distrac-
tion que le sommeil.
L'un et l'autre de ces procédés réussis-
sent généralement je ne conseille pour-
tant pas de les transporter sans modifica-
tions dans la pratique médicale. Je pense
même qu'il ne faut recourir que dans des
cas tout à fait rebelles au gavage tel que
l'a préconisé un des maitres les plus émi-
nents de la thérapeutique française,
M. le professeur Debove.
Etant donnée une personne maigre, à
l'estomac très délicat, voici à quelle fa-
çon de vivre il convient habituellement
de la soumettre.
Le régime alimentaire devra se com-
poser dépotages épais, d'œufs, de pois-
sons légers, de viandes blanches et rouges
grillées et rôties, de purées de légumes
secs, de légumes verts, de purées de sa-
lades cuites, de laitages, avec du riz et
des compotes pour dessert. Pendant tout
le repas, au lieu de manger du pain sec,
le malade mangera de grandes tartines
de pain déménage un peu rassis, voire
même grillé et enduit de beurre de
bonne qualité, saupoudré de gros sel^
Boire aux repas du lait, légèrement
additionné d'eau de Vichy. Une ou deux
autres tasses de lait dans la matinée,
une ou deux autres dans l'après-midi;
une autre encore en se mettant au lit.
Quelques pilules de pancréatine, prises
après chaque tasse de lait de même
qu'après le repas, faciliteront singulière-
ment la bonne digestion et l'entière assi-
milation des aliments gras ingérés.
On stimulera l'appétit par des frictions
sèches, des séances d'électricité statique,
des injections légères de sérum artificiel
mais en même temps on s'efforcera de
calmer les nerfs du patient, de l'empê-
cher dé se brûler lui-même, de se « ron-
ger » trop vite. Il ne faut pas qu'il perde
l'énergie qu'on lui apporte il doit tout
au contraire l'emmaganiser, l'accumuler,
en faire provision. Conseillez-lui donc de
demeurer au lit huit heures consécutives
de nuit, de se lever matin pour respirer
l'air pur, mais de se recoucher dans le
jour, un peu après le déjeuner,et de faire
une longue sieste. Pas d'exercice le ma-
tin à jeun seulement une promenade
d'une demi-heure après chacun des prin-
cipaux repas.
Quelques cuillères de valérianate d'am-
moniaque, voire même quelques pincées
de bromure retarderont la désassimila-
tion et favoriseront l'embonpoint pro-
gçessif; ..•̃
On recommande d'éviter les tourments
de la jalousie et les passions de l'amour.
Une-idée fixe ne vaut rien à qui veut
engraisser.
Vous qui avez desenfants maigrichons,
donnez-leur à manger de fortes soupes,
,de gros morceaux de pain' de grands ver-
res de lait, et tachez de les accoutumer de
bonne heure à savourer comme un régal
^«abominable huile de foie de morue plus
ou moins émulsionnée et phosphatée
j'en sais, qui, par persuasion, littérale-
ment s'en régalent et sollicitent là fa-
veur de lécher le bouchon
Il convient encore de leur faire faire un
peu de gymnastique rationnelle, à la
moderne, pour les accoutumer à substi-
tuer des mouvements utiles au perpé-
tuel gaspillage de leurs petites forces.
Et jusque vers six ou sept ans faites-les
dormir dans le jour.
Je suis d'avis qu'il ne faut pas souhai-
ter pour ses enfants les formes bour-
souflées du petit Bacchus, sachons sim-
plement que la graisse à dose moyenne,
est un réservoir d'énergie* un grenier
d'abondance qu'on aurait tort de dédai-
gner.- ̃
Dr Maurice da Fleury.
LA VIE ARTISTIQUE
1 AU MUSÉE GUIMET
On'peut considérer le musée Guimet
comme un des plus vivants et des plus
désireux de bien faire.
A chaque instant les collections s'en-
richissent ou se renouvellent. Des expo-
sitions et dés conférences y ont lieu fré-
quemment, les voyageurs sont assurés
d'y trouver accueil pour y montrer le
fruit de leurs recherches. Bref, il n'est
plus seulement le musée des religions,
mais il tend à devenir en outre le musée
des voyages et de l'Extrême-Orient. C'est
fort heureux, car l'Orient est une inépui-
sabre source de pensée et d'art. Quant
aux voyages, c'est maintenant une
science si rigoureuse qu'un musée spé-
cial n'est pas de trop.
On va donc voir ces jours-ci au musée
Guimet, parmi les nouvelles collections,
les moulages de temples cambodgiens,
d'un art admirable, rapportés par M.
Fournereau; les costumes parsis de la
collection Menant; les bijoux, tapis, mé-
dailles et manuscrits de la collection
Edouard Blanc.; les objets rapportés de
rirtdq-Chirie. dé la Chine et des Indes par
le prince Henri d'Orléans; les poupées
japonaises de la collection Collin de
Plancy et lés marionnettes javanaisès de
la collection Ollivier-Beauregard; sans
parler encore de maints objets curieux
ou superbes, dons ou prêts de MM. Va-
rat, Paviô, Dutreuil de Rhins, Vaperëàu*
Ghaffanjon, etc.
Chacune de ces collections prêterait à
une monographie des plus instructives
et parfois des plus amusantes; Mais il en
est deux sur lesquelles on doit insister.
M. Guimet a réuni quantité de té-
moignages du culte d'Isis en Europe, et
en France particulièrement, en suivant
pour ainsi dire pas à pas l'acheminement
de ce culte à travers l'Egypte, la. Grèce et
Romé. Ce qui est à noter, c'est que les
objets, statuettes et emblèmes sont des
adaptations par les différents peuples, et
portent, non pas le caractère égyptien
pur, mais celui de. chaque racé.
Une autre- collection, vraiment déli-
cieuse au point de vue purement artis-
tique, est celle des croquis japonais don-
nés en grande partie, les uns par le
prince Henri d'Orléans, les autres par
M. Alexis Ronart. C'est autre chose que
l'art de l'estampe ou du. Kakémono ce
sont les recherches infiniment libres et
verveusés dé maints artistes, d'une habi-
leté diabolique. Ces dessous de l'art japo-
nais sont un enseignement et un plaisir
également inédits.
Il EXPOSITIONS DIVERSES
M. Eugène Carrière manquera cette
année au Salon du Champ-de-Mars et
c'est grand dommage, car les œuvres
qu'il présente réunies chez Bing sont
d'une grande importance, et elles au-
raient au Salon permis de faire une
belle manifestation en l'honneur de cet
artiste. A l'Art nouveau, elles risquent
de n'être vues que d'un public restreint,
ce qui est le moindre mal, pourvu que ce
public soit appréciateur, mais elles ne
sont pas, dû moins lés plus importantes,
exposées à leur plus grand avantage.
Un éclairage défectueux empêche de
goûter comme il convient l'admirable
portrait de la famille G. et les trois
grands panneaux réunis par triptyque,
où, par de simples figures d'enfants et
de femmes, de Passants, comme l'artiste
les appelle, se trouve réalisée une sorte
de « décoration pensée » aussi puissante
que neuve. En revanche, dans une petite
salle latérale de nombreux portraits et
études, toutes d'une 'intensité d'expres-
sion et d'une exécution subtile qui n'ap-
partiennent qu'à Carrière, sont vus tout
à leur avantage.
Parmi les portraits exposés dans la
grande salle* -on voudrait ne pas simple-
ment citer, mais étudier à fond ceux de
Gabriel Seâilles, de Jean Dolent et d'Al-
phonse Qaudet, puis celui d'une jeune
femme en robe d'un ton argenté, mer-
veille de charme jeune, et encore celui
d'une femme avec un bouquet de violet-
tes à'la ceinture.
Mais Je temps et, la tplace manquent
pour décrire' cela comme il conviendrait,
car la saison des expositions, grandes ou
petites, boutiques ou temples, solitudes
ou cohues, atteint en ce moment son
paroxysme.
On nous pardonnera donc de signaler
simplement aux ^ens courageux, parmi
les plus intéressantes, celle de Richard
Ranft à la galerie des Arts réunis, celle
des paysages.hollandais de Lebourg chez
Mancini, et enfin de noter qu'une expo-
sition complète de l'œuvre de Carriès va
avoir lieu à Bruxelles sous le patronage
du duc d*Ûrsel. Ce sera un nouveau suc-
cès pour l'art français et un peu plus de
gloire pour l'artiste regretté.
̃ Arsène Alexandre.
3E§ BS A. X SI» H* E 3M" H adhérente,'
nouveaux dentiers invisibles laissant le
palais entièrement libre. La plus belle
invention de l'art dentaire. Succès consaoqrê.
m. ADLER, 4. RUE ïliEVERBEEgî, <&
E'VTBH MM*M E'fTE'rtttMaPartnmaoJanenr.
EXTRA' VIOLETTE vioue.-t,h,b'imum. w»
̃fcnr* A^mir ft Tiniil des MALADIES SECRETES
PRESERVATION (ipplleitloma Systems Pasteur)
̃ lmigMuMétliod<;PrévcntivetvD-Lnj\MER,l,W!iiUt
lâUSIS des mm SÎERiUTE
Quarante années de pratique permettent ï M~ LACHAPELLE,
maîtresse sage femme de garantir la suppression de la
Stérilité constitutionnelle ou accidentelle, ainsi que la gué-
rison des Maladies organiques des femmes. Les môjehs
employés, aussi simples qu'infaillibles, n'exigent ni repos ni régime,
'jIIl'loyés;aussisimples 9u'inraUh,'bles, n'exigent M4a~tl~py rè.sulIV,
C«« t&HmtoU stmm 27, rue «fcmtmtiHf, p«w Il
ROYAL HOUBiGÂNT^a^^X^
PATé o~N~r~«~ O~T~'AI~HE-P699~IQP~
yfg%£Y J4T GtaveUo.Eciéma.4«tbœé,etor^
POUDRE OPHELIA ££SSS£&&3&Sg«
CHOCOLAT du CHAT NOIR «&&%»
Inoffensif, d'une pu-
reté absolue, guérit en
48 HEURES
les Écoulements qui exi-
geaient autrefois des
semaines de traite-
ment par le copahtr>
le cubèbe.lésopiats et
les injections.
113. Taub. St-Honorê. Parts
lia -\fié Sportive
LE tuRp ̃
COURSES AU BOIS DE BOULOGNE
Nous rentrons des courses très tard poiu
toutes sortes de raisons parce qu'elles
ont fini à cinq heures et demie, les cour-
ses, avec des champs extrêmement nom-
breux, des épreuves d'un intérêt soutenu,
un monde à ne savoir où le mettre et
un encombrement de voitures Avec yn
service d'ordre moins bien fait, personne
n'eût retrouvé la sienne. Et puis, ce; qui
nous a fait croire que le spectacle avait
encore plus duré, c'est qu'au moment ou
allait se disputer le dernier prix, le ciel est
devenu noir comme à l'approche de la nuit:
Une sorte de brouillardenveloppait J.'horizon.
M. Holtzer, retour d'un yachting prolonge, >
est revenu â point pour voir son poulain
Shéridan enlever le prix des Cars. On se
souvient de Sheridan dont là victoire fit
tant de bruit à Deauville, cette fois il se
rencontrait avec Daphnis, son présumé vaïri-
queur de ce jour-là. En tout cas, il' n'y a
pas eu, cette fois, d'erreur possible: Sheridàn
était premier, Daphnis dernier avec une tren-
taine de longueurs du, vainqueur au vaincu.
L'écurie Delamarre n'a vraiment pas dé
chance, elle a dû se contenter de là seconde
place avec Cléon dans le Biennal et cette fois
le fils de Vigilant a succombé d'une tête, battu
par Arreâu sur lequel son écurie ne comptait t
pas. Arreau était arrivé dans le paddock dans
un tel état d'énervement qu'il avait été ëïf
quelques secondes, mouillé de sueur dés piedi ¡
à la tête. Barlen l'a admirablement monté;
Cléon et Arreau étaient bien détachés des au-
tres, le troisième était Patriote et le quatrième
Olmutz. Pérouse, la pouliche de M. Meniër; â
été victime d'un accident d'autant plus ré-
grettablë que cette pouliche que j'avais fei- ) I
gnalée comme remarquable. semblait àyoi| à
sa merci là Poule d'essai des :pouUçhésjgt Ï6
pfix.de Diane, Elle à. éù le tendon complètes
ment coupé.
Les preneurs étaient déconcertes a ce poiïtfc |
qu'ils ont laissé partir Àddy, à. 8/1 dans la
Coupe. Le cheval du vicomte d'Harcourt s'est 1
comporté en bon cheval qu'il est du cbmmëni
cement à la fin. La coupe est en argétttjéxê^
cutée par l'orfèvre Boulenger; elle a pour
sujet: la Vague. Des naïades sortent do fèâït
une coquille qu'elles élèyèiit au-dessus 'd*ë
leurs têtes.
C'est égal, nous avons des trois aiis Biéa
difficiles à classer. ,̃•
Le Prix du Parc des Princes, 5,0Q0fr.,
2,400 m., a été pour Confetti (10/1), à M. d»
La Charme (Drayton), battant Clavecin» à Mj
Caillault (Hyams), Et Balta, à M-. Menier {Es
Watkins).
Bàltà et Clavecin ont mené bon train 4ç*.
vant Confetti et Extra. Dans la. descenteV Ex-
tra était battu; Confetti se mettait à là pour*
suite des leaders qu'il dépassait entre lés
tournants. Il faisait iiri grand "écart à l'entrée
de la ligne droite, tandis que Balta et Glàvë-
cin se mettaient â lutter. Cependant Confetti
revenait bientôt et l'emportait d'une, encolure
sur Clavecin, qui enlevait d'uîi même intèr*
valle la seconde place à Balta.
Durée de la course 2' 36".
Pari mutuel 10 fr,' 149 fr. 50. Places" t
Confetti, 32 fr. 50; Clavecin, 15 fr. 5Q.
Le Prix des Cars, 10,000 fr., 2,000 met., à
été pour Shéridan •(i2/l),â--Mi Holtzer (T,
French), battant Bourg, à M. Menier (E;
Watkins), .JtT Karasjôk, à M. S. Chaniot
(Kearney).
Sheridan et Lionceau se sont élancés eâ
tête devant Bourg, Guardi et Cloridan; Pas
de Danse, Daphnis et Loudun fermaient là
marche. Dans la descente, Karàsj 6k et Corail
amélioraient leui' position. Entre les tour-
nants, Sheridan galopait devant Lionceau,
Bourg et Karasjok; Loudun et Pas de Danse
se rapprochaient; les autres étaient battus.
Dans la ligne droite, Sheridan avait la coursa
à sa merci et gagnait de quatre longueurs
sur Bourg, qui prenait de deux-longueurs et 6
demie la seconde place à Karasjok. Loudun
quatrième à une encolure. Daphnis finissait
dernier.
Durée de là course 2' 13".
Pari mutuel à 10 fr. 122 fr. 50. Placés
Sheridan, 36 fr.; Bourg, 29 fr. 50; Karasjok,
25 fr. 50.
Le 39<> Biennal, 25,000 fr., 2,000 m., a été
pour Arreau (10/1), â M. Ed. Blanc (Barlen)
battant Cléon, à M. Delamarre (Rolfe), et
Patriote, à M. Ridgway (Bowen).
Après plusieurs faux départs, PêrôUse,
Olmutz, Uzer et Cabanon s'élançaient en tête
Arreati, Edifice et Gascon II fermaient la
marche. Bientôt Patriote prenait le comman-
dement sur Olmutz et Uzer. Dans la descente
les trois leaders avaient plusieurs longueurs
sur le lot commandé par Crinoline et Pé-
rouse. Entre les tournants, les chevaux se
groupaient. Pérouse culbutait. Cléon, Àrfèau
et Gascon II se rapprochaient de Patriote qui
entrait premier dans la ligne droite. Le che-
val de M. Ridgwày fléchissait à l'attaque de
Cléon et d' Arreau qui se détachaient. Une
belle lutte s'engageait dans laquelle Àrraati
prenait l'avantage pour gagner d'une ehoo*-
lure. Patriote troisième à quatre longueurs.
Durée de la course 2' 7".
Pari mutuel à 10 fr. 118 fr. Placés Ar»
reau, 38 fr. Cléon, 20 fr. 50; Patriote, 17 h-
La Coupe, 15,000 fr., 3,000 m., a été pour
Addy (7/1), au vicomte d'ïîarcourt (W. Prattk
battant Gondolier, à M. Wysocki (Madge) et
Arlequin, à M. de Saint-Alary (J. Watkins).
Lorenzo a fait le jeu devant Gondolier,
Addy et Allobrogë Espiègle, Blàndy, Satan
et Rio Janeiro fermaient la marche. En face,
Lorenzo avait plusieurs longueurs. deyailt
Jouancy et Addy. Dans la descente, Jouancy
était en tête, suivi de L'orénzo et A'ddy.j A('-
lequin et Portugal galopaient en tête du ps-
loton. Entre les tournants, Satan, les deux
représentants Menier et Gondolier se rappro-
chaient. Dans la ligne droite, Addy se détâ-
chait et gagnait d'une longueur facilement
sur Gondolier. Arlequin, troisième à trois
quarts de longueur, précédait1, Satan, qua-
trième à deux longueurs et demie. ̃
Durée de la course 3' 30" 3/5.
Pari mutuel à 10 fr. Ecurie dlHarcourt,
75 fr. 50. Placés Addy, 24 fr.; Gondolier,
25 fr.; Arlequin, 20 fr. 50.
Le Prixde l'Etoile, 5,000 francs, 2,400 mè-
tres, a été pour Saladin II (7/1), à M. G-rassat
(Dodd),. battant Framboise III, à M. de La.
Charme (Holmes), et Linon, à M. J. Prat (â-
Childs).
Le départ a été laborieux. Au signal du
départ, Mauna Loa et Linon ont mené devant
Saladin II et Saint Faust Disciple, Bueil et
Dictateur fermaient la marche. Dans la des-
cente, Linon était entête, suivi de Mauna
Loa et Saladin Il. Entre les tournants). Bueil,
Saint Faust et Framboise III. se mppro-
chaient. Après une courte lutte, Saladin. II
conservait l'avantage d'une demMonguàùr
sur Framboise m. I4ûqï& troisième, à cinq
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