Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1881-02-04
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 février 1881 04 février 1881
Description : 1881/02/04 (Numéro 35). 1881/02/04 (Numéro 35).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k277732z
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
87* Année. 3* Série. Numéro 3b.
Le Numéro 15 cent à Paris, 20 cent. dans les Départements.
Vendredi 4 Février 1881.
FRANCIS MAGNARD
Rédacteur en chef
A. PÉRIVIER
Secrétaire de la Rédaction
RÉDACTION
De midi à minuit, rue Drouoi, 26 6
Les manuscrits ne sont pas rendus `.
BUREAUX
28, rue Drouot, 26
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
FÈRNAND DE RODAYS
Administrateur
ABONNEMENTS
Départements Trois moit I9&.50
Parie: Trois moi* [Qtt.
ANNONCES ET RÉCLAMES
DOLLINQBN FILS, SeGOT ET C1*, PASSAGE DES PbIHCBS
BI A ï/AdMINISIKATIOJ?
SOMMAIRE
Le Bilan du paeti BONAPARTISTE.
Echos sk Paris Le Masque de Fer.
CARNET d'un Mondain Elincelle.
Gazette DR LA Chambre Albert Millaud.
LE Sénat: Paul Bémery:
Coulisses PARLEMENTAIRES Baron Grimm.
UNE Mystification.
PARIS Au JOUR LE Jour Adolphè Rqcot.
Nouvelles DIVERSES Jean de Paris. v
TÉLÉGRAMMES ET CORRESPONDANCES Argus.
LA Bourse,: La Banque Parisienne.
COURRIER des Théâtres Jules Prével.
COURRIER DES THEATRES JM~M Pfece!.
LASOIREETHEATRALE: Un Monsieur de l'Orchestre.
SPORT Robert Milion.
Faits PARIS ET Avis UTILES.
Feuilleton LES CRIMES D'UN -Ange René de
Pont-Jest.
3L.E
BILAN DU PARTI BONAPARTISTE
Le bruit extraordinaire que l'on fait
dans le monde bonapartiste, autour de
la permutation de M. Dugué de la Fau-
connerie, caractérise mieux que tout
l'état de liquéfaction dans lequel est
tombé le parti qui était il y a deux
ans encore contre et pour la Républi-
que à la fois un relais et un contrepoids.
Ce parti, s'il était encore ce qu'il a été
aux élections de 1876 et 1877, 'eût souri
de cette défection. Après tout, il faut
convenir que si le parti bonapartiste
n'avait pas changé, M. Dugué aurait fait
de même.^TJne première fois, le député
de Mortagne s'était un peu séparé de
ses anciens amis; on en avait ri. Mais,
'cette fois, c'est du sérieux, et les amis
du prince Napoléon comprennent qu'ils
font une perte considérable, presque
^irréparable.
Elle est immense en effet, puisqu'on
la constate avec amertume et solennité
de plus, c'est un exemple. Et puis, M.
Dugué cette fois a une excuse et un mo-
tif et il les donne publiquement. Le
Prince le prince Napoléon ne fait
rien de ce qu'il faut, pour régner; de
plus, il a l'air de croire à la République.
Ses amis affirment qu'il veut en être le
Président, suivre le sillon tracé par le
prince Louis-Napoléon, éviter le caillou
du 2 Décembre et se faire réélire à jet
continu. Cette perspective agréable pa-
raît contenter quelques philosophes de
l'intimité, mais elle ne suffit pas et
cela n'a rien d'étonnant à un esprit
concret comme celui de M. Dugué. Pré-
sident pour Président, il préfère l'homme
qui fait tout ce qu'il peut pour le devenir,
au Prince qui n'a aucune chance de
l'être.
Si le Prince héritant du parti par le
fait de la.mort de son infortuné cousin-
était entré, dès le matin de la triste nou-
velle,~dans la peau d'un prétendant; si
usant de son autorité absolue sur tout ce
qui se disait bonapartiste, il avait,violé
la grande douleur de M. Rouher; s'il avait
saisi d'une main ferme tous les rouages
du bonapartisme; si en un mot il était
devenu «Prince Impérial» lafiction tradi-
tionnelledu « le Roi estmort, ViveleRoi 1 »
se serait certainement changée, à son
bénéfice, en réalité. Mais tels n'étaient
point ses goûts; habitué à vivre et à par-
ler librement au milieu d'une petite église
le mécontents, d'oubliés ou de dédai-
gnés, il n'a rien voulu changer à son
genre de vie et à son genre de pensées.
Et alors, pour justifier l'un et l'autre, il a
trouvé cette espérance théorique de la
République napoléonienne, dont le pre-
mier résultat a été d'amener la disloca-
tion profonde du groupe parlementaire
de'l'Appel au peuple.
i
M. Dugué vient de tirer à gauche
comme le Prince, mais sans le Prince. Il
faut être aussi ingénuement fidèle que
M. Porriquet pour l'en blâmer publique-
ment car aux élections prochaines tous
tes bonapartistes de nuances douteuses,
seront bien forcés de faire comme lui,
d'aller à gauche ou à droite, puisque le
Prince, le chef, le drapeau, n'est plus lui-
même, ni un chef, ni un drapeau, ni à
proprement parler un prince.
Quelle est en effet, aujourd'hui la base
d'opérations électorales du parti bona-
partiste ? L'élection du prince Napoléon,
a la présidence de la République. Allez
donc avec cela solliciter les suffrages des
légitimistes, des orléanistes ou des répu-
blicains.
Les républicains ne donneront pas dans
ce godant, et ils auront raison. M. Thiers
et M. Grévy ont suffi à leur bonheur; au
besoin M. Gambetta ou un bourgeois
moins ardent leur assurera ce qu'ils dé-
sirent avant tout: la possession, la jouis-
sance.
Les légitimistes répondront qu'ils sont
blancs. Or, un bonapartiste, un vrai bo-
napartiste est un bleu. Le général Bona-
parte était bleu et ce fut son principal
titre, au titre de consul et à la dignité
impériale. Tout en étant bleu, il offrait
une solution autoritaire autre que la mo-
narchie à tous ceux qui ne croyaient pas
encore devoir se repentir de 1793. Sous la
Restauration, le duc d'Orléans* qui s'était
fait bleu, et les bonapartistes qui n'a-
vaient pas cessé de l'être, agirent d'un
commun accord contre les blancs. Après
1848, le peuple alla tout de suite à Louis
Napoléon, parce qu'il était bleu. Lors
des dernières tentatives de fusion à
la réussite desquelles, les gens avisés
n'ont jamais cru c'est la haine du
comte de Chambord pour le bleu et les
méfiances du peuple contre le blanc, qui
furent la cause « apparente », la cause
«avouée» de l'insuccès du parti royaliste.
Le parti bonapartistenepeutdonc aller en
bloc au comte de Chambord sans mentir
4 tout son passé; cependant il peut s'y
acheminer par des conversions indivi-
duelles qu'il ne faut ni juger, ni condam-
ner, ni surtout chercher à expliquer pas
plus d'ailleurs qu'il n'aurait fallu juger,
condamner et expliquer M. Dugué de la
Fauçonnerie-
Quantau parti orléaniste, les injures
qu'il a reçues du parti bonapartiste et
celles qu'il lui a prodiguées, circonscri-
vent les alliances peut-être un peu plus
encore qu'entre les partisans de l'Em-
pire et de la royauté légitime.
Cependant, sauf les hommes qui sont,
comme le baron Eschassériaux, comme
MM. Rouher, Janvier de la Motte ou
Paul de Cassagnac en possession d'une
royauté de clocher, d'un grand talent,
d'un véritable esprit d'à-propos, ou d'une
popularité tout à fait personnelle, il fau-
dra bien que les partisans de l'Empire
sans espérance aillent demander un ap-
pui à l'Union conservatrice, s'ils ne le
demandent pas à la candidature offi-
cielle républicaine.
A qui la faute? Jusqu'à présent aucun
organe, aucune haute personnalité du
parti républicain n'ont osé se placer car-
rément en face de cette question. Est-ce
le respect qui les a retenus, est-ce la
conscience de n'y pouvoir répondre avec
succès? Nous ne chercherons point à
nous substituer en cette circonstance à
ceux qui ont autorité pour le faire. Nous
dirons simplement qu'il n'y a pas de
parti sans programme et sans but. Le
bonapartisme républicain ou le républi-
canisme bonapartiste, comme on vou-
dra, n'est pas un programme c'est une
habileté cousue de fil rouge.
Les électeurs ne vivent pas d'habileté,
Les habiletés les effraient, il leur faut
des solutions promptes, évidentes,- pal-
pables.
Candidats et électeurs bonapartistes
sont donc également dans l'embarras.
Ils ne trouvent dans leur bilan ni espé-
rances solides, ni appui moral, ni appui
matériel.
Là est la cause vraie du désarroi de ce
grand parti qui hier encore faisait trem-
bler l'opportunisme et le royalisme.
Comme on dit en style de marchands de
nouveautés, il est en liquidation pour
cause de décès et peut-être pour cause
de faillite.
Le prince Napoléon qui en secret et
en catimini désire, dit-on, l'Empire,
n'a pas voulu le dire. Le prince Victor
est moins le droit dynastique ce
qu'était le roi de Rome après la mort de
Napoléon I", et le Prince Impérial après
la mort de Napoléon III un enfant;
peut-être dans vingt ans sera-t-il un
prince Louis-Napoléon. Mais d'ici à
vingt ans, que faire ? C'est probable-
ment à ce point d'interrogation que M.
Porriquet a voulu répondre par sa lettre
à M. Dugué et que M. Dugué a répondu
à M. Porriquet. Les électeurs bonapartis-
tes, ce qui constituait jadis le parti dans
la rue, dans les boutiques, dans les salons
essaieront de se retourner et de se com-
prendre.
Nous doutons fort qu'ils y arrivent.
Toutefois l'incident Dugué a pris de telles
proportions que les républicains en triom-
phent et que les bonapartistes en frémis-
sent. S'il n'y avait vraiment qu'un bona-
partiste de moins et un républicain de
plus, cela vaudrait-il vraiment la peine
de faire tant de bruit ? Evidemment non.
Si M. Dugué est. la feuille de rose qui fait
à la fois déborder le vase de la joie ré-
publicaine et souffrir les reins du parti
bonapartiste, c'est qu'il a choisi, heureu-
sement ou malheureusement, l'heure et
l'instant de sa démission.
Échos de Paris
LA TEMPÉRATURE. Peu de changement.
Au nord et au centre de l'Europe, le baromètre
monte; il descend sur toute la France et en
Espagne.
Par contre, le froid persiste dans le nord r
34° au-dessous de zéro, hier matin, au fond du
golfe de Bothnie, tandis que la température
s'élève sur nos régions if au-dessus de zéro,
à fentrée de.la ~anche.
à l'entrée de la Manche.
Des pluies sont signalées sur tout le versant
océanien, où la situation reste la même. Dans le
sud-est le temps est toujours au beau.
Monaeo. Le beau temps continue. Therm.
min. 8° niax. 13° 2.̃
A TRAVERS PARIS
On assure, dans la colonie grecque de
Londres, que la Grèce a déjà choisi le-
jour où elle déclarera la guerre à la Tur-
quie ce serait le 21 mars, anniversaire
de la date à laquelle la Grèce proclama
son indépendance.
Les obsèques de Mme la duchesse
douairière de Larochefoucauld-Doudeau-
ville ont été célébrées hier, à midi, en
l'église Saint-François-Xavier, au milieu
d'une assistance aristocratique considé-
rable.
Le porche de l'autel de la rue de Va-
renne avait été transformé en chapelle
ardente. Quatre sœurs de la Miséricorde
en prières se tenaient autour du cer-
cueil. Toute la façade extérieure était
tapissée de tentures à franges d'argent
portant l'écusson des Larochefoucauld-
Doudeauville.
Au milieu de l'église également tendue
se dressait un splendide catafalque en-
touré de lampadaires et surmonté d'un
dôme à pans d'hermine.
Dans le trajet de l'hôtel à l'église, et
derrière le char à quatre chevaux, nous
avons reconnu conduisant le deuil MM.
le duc de La Rochefoucauld-Doudeau-
ville, duc de La Rochefoucauld-Bisaccia,
vicomte de La Rochefoucauld, Charles,
Armand et Edmond deLa Rochefoucauld,
prince de Léon, comte de Verteillac,
comte de Durfort, marquis et comte de
Pleumartin, et le vicomte de la Tour-
d'Auvergne.
Et dans l'église S. A. R. le comte de
Paris, Mgr le duc de Madrid, MM. le
maréchal de Mac-Mahon, duc de Monte-
bello, duc de la Trémoïlle, comte Duchâ-
tel, comte de Mun, comte de Madré, etc.
Mines la duchesse de Madrid,duchesse
de Magenta, duchesse de Montbello, du-
chesse douairière de la Trémoïlle, com-
tesse Duchâtel, duchesse de Galliera,
princesse de Ligne, etc.
La reine d'Espagne s'était fait repré-
senter par M. le marquis d'Alta-Villa.Le
nonce du Pape assistait également aux
obsèques.
La messe a été chantée par la maîtrise
de la paroisse et dite par M. le curé
Rouquettes, et l'absoute a été donnée par
Mgr Becelle,évêque de Vannes.
A l'issue de la cérémonie, le convoi
fi
s'est dirigé vers le cimetière Picpus; où
reposent depuis longtemps les membres
de la famille de La Rochefoucauld.
Mme la princesse de Broglie qui avait
été très légèrement indisposée ces temps
derniers, est aujourd'hui complétement
rétablie.
Ajoutons, du reste, pour calmer les
inquiétudes des amis de la famille, que
l'indisposition de la princesse n'a jamais
eu la moindre gravité et n'a causé au-
cune inquiétude.
Mlle Prévost-Paradol, qui est entrée
en religion, il y a quelques années, dans
l'ordre de Notre-Dame-de-Sion, est de-
puis quelques semaines en Egypte elle
a la mission d'y fonder une commu-
nauté..
Le devoir et le hasard la ramènent
ainsi dans des lieux où son père a vécu
et où il avait laissé un noble et doux
souvenir.
On se souvient du tapage qu'a fait,
pendant l'Exposition de 1878, notam-
ment, l'Association littéraire 'internatio-
nalé.
II s'agissait de sauvegarder les droits
de la littérature française à l'étranger et
l'on comprendra que la chose n'était
pas de médiocre importance quand on
saura que l'entente aurait fait entrer
plus d'un million dans la caisse de la
Société des gens de lettres.
Par malheur, l'entente n'a pu s'établir
et nous apprenons qu'après de nombreux
dissentiments MM. Edmond About, Em-
manuel Gonzalès, présidents d'honneur,
Henri de Lapommeraye, etc., viennent
de donner leur démission à l'Association
internationale.
M. Alfred Leconte, député de l'Indre,
doit même porter le- différend à la tri-
bune de la Chambre des députés.
M. Emile Ferry, maire du neuvième
arrondissement, fait de nouveau appel au
concours de ses administrés, pour com-
pléter la bibliothèque qu'il. a créée à la
mairie Drouot.
Rappelons que cette bibliothèque n'est
pas seulement ouverte les jours non
fériés, de sept heures et demie à dix
heures du soir et les dimanches de neuf
heures à onze heures du matin, à toute
personne justifiant de son domicile dans
l'arrondissement on y prête encore des
livres aux lecteurs dont l'identité est
connue. Le nombre des livres prêtés à
domicile est même, en moyenne, de
douze cents par mois.
Nous ne saurions trop recommander
aux habitants du neuvième arrondisse-
ment d'envoyer des ouvrages d'histoire,
de sciences, de littérature, de beaux-
arts, etc., à cette intéressante biblio-
thèque.
Un mot spirituel de M. Batbie, qui est,
du reste, très coutumier du fait.
On parlait de M. Pelletan, qui a ré-
cemment donné sa démission de vice-
président du Sénat, pour se faire nom-
mer questeur.
Mais, disait avec étonnement un
homme politique, la première situation
était bien supérieure à la seconde, et c'est
vraiment se faire, d'évêque, meunier 1
Oh 1 répondit doucement M. Batbie,
c'est qu'il y a de là farine au moulin et
qu'il n'y en avait pas à Tévêché.
On sait qu'en effet les fonctions de
vice-président sont une dignité toute
gratuite, tandis que celles de questeur
comportentuneindemnHéde9,000francs,
le logement, le chauffage, l'éclairage,
l'entretien du mobilier, et tout un ensem-
ble de faveurs qui, ajoutées au traite-
ment fixe, constituent un total d'environ
30,000 francs.
C'est la farine du moulin, et on la
trouve bonne à recueillir.
Pour donner un banquet ou pour donner un bal,
Où peut-on être mieux qu'Hôtel Continental.
Ce distique a été trouvé hier soir sous
la serviette de l'un des convives du grand
banquet annuel des anciens élèves du
lycée Henri IV, banquet qui a eu lieu à
l'Hôtel Continental et qui ne réunissait
pas moins de quatre-vingts invités.
Qu'on dise encore que les poètes sont
des ingrats.
Les bals d'enfants du Grand-Hôtel que
nous avons annoncés, commenceront
après-demain dimanche, à 2 heures.
Les jeunes intéressés seront l'objet des
plus grandes prévenances de l'adminis-
tration.
Une salle spéciale sera réservée pour
les gens de maison qui attendent les dan-
seurs enfantins, et on nous prie d'annon-
cer que les bals ne sont point costumés,
comme ceux que donnent certains éta-
blissements au Mardi-Gras.
Les babies y viendront en costume de
ville/ et l'ensemble de la fête y gagnera
encore en grâce naturelle.
Cinq cents tickets ont été déjà délivrés
depuis deux jours pour le premier bal.
On trouve des billets au bureau de lo-
cation de notre Salle des Dépêches.
M. Alexandre Dumas va être joliment
content, en lisant l'annonce suivante, que
nous trouvons dans un journal de pro-
vince
Nous commençons aujourd'hui la publica-
tion de
LA DAME AUX CAMÉLIAS
roman des plus intéressants, un des chefs-
d'œuvre de M. Alexandre Dumas fils. Nous
sommes certains que ce roman trouvera près
de nos lecteurs la même faveur qu'a obtenue
Bras-d' 'Acier,
La chasse au sanglier, que nous avons
annoncé comme ayant été organisée à
Saint-Raphaël et dont notre collabora-
teur Florian Pharaon rendra compte
dans tous ses détails, a été couronnée
d'un plein succès. Neuf sangliers avaient
été reconnu.s; sept ont été lancés, ainsi
qu'un renard. Trois ont été abattus, un
blessé. C'est une des plus belles chasses
qui aient été faites en Provence, où les
grandes fêtes cynégétiques deviennent
rares. Nouveau succès pour la charmante
station hivernale qu'a adoptée Alphonse
Rarr.
NOUVELLES A LÀ MAIN
Influence du naturalisme.
Un jeune homme, possesseur d'une
maîtresse lettrée, mais désagréable, a
souvent des scènes avec elle.
Dansune de ces séances désagréables,
le diapason en arrive à un tel point de
tension, que ce garçon, cependant comme
il faut, en arrive à lâcher le mot attribué
à Cambronne.
La feinme désagréable, mais lettrée,
hausse iis épaules.
Te4ez, mon cher, dit-elle avec un
suprême dédain, vous avez si peu de
naturel, que même dans les moments
de passion où tout autre s'oublierait,
vous vous servez de mots d'auteur
Pensée détachée de l'album de Ca-
lino
J'ai parcouru les forêts vierges, et,
chose étrange, je n'y ai pas trouvé une
seule branche, d oranger en fleur!
Le jeune vicomte de Rotibal annonce
qu'il veut faire une fin.
Eh bien, lui demande-t-on au Club,
ce mariage est-il avancé?
Oh, excessivement! Pensez donc,
nous en sommes aux lettres anonymes l
M. Bébé, voyant rentrer son papa qui
s'est donné une légère entorse et qui
botte un peu
0 maman, vois donc petit père qui
a mis les douleurs à grand-papa I
Le Masque de Fer.
»
CARNET D'UN MONDAIN
!Quand l'archiduc Rodolphe, héritier de la
couronne d'Autriche, vint à Paris au printemps
dt 1878, le maréchal de Mac Mahon voulut
faire jouer la comédie à l'Elysée. Le prince,
pour qui le mot impossible n'était pas français,
demanda simplement qu'on jouât l'Etrangère.
Pour lui, l'art dramatique français se résumait
dans la dernière œuvre de M. Alexandre Du-
mas, et le seul nom illustre au théâtre, c'était
celui-là.
bn ne put pas jouer l'Etrangèré, mais on vit
par l'empressement du prince à aller l'entendre
à h Comédie-Française dans quelle haute estime
il tenait son auteur.
L'archiduc Rodolphe n'est pas seul de cet
avis. Dans l'Europe entière le retentissement du
nom de M. Alexandre Dumas, satisferait le plus
jaloux des amants de la célébrité.
Quand on dit à un étranger qu'on a l'honneur
de connaître l'auteur du Demi-Monde, il vous
regarde avec une admiration mêlée d'envie.
Quelque chose de la gloire du maître rejaillit sur
le modeste interlocuteur, et je crois que si l'on
voulait être reçu à merveille dans les deux hé-
misphères, on n'aurait qu'à écrire sur sa carte
« Ami de M. Alexandre Dumas. »
Je l'avouerai ne pas recevoir la princesse de
Bagdad avec les honneurs dûs à son rang,
c'est-à-dire comme la fille d'un grand homme,-
c'est manquer à la dignité française.
La pièce. est émouvante, passionnée, fou-
gueuse, jouée d'ailleurs par Mlle Croizette avec
une maëstria splendide, mais je ne parle pas de
la pièce. Cette illustration dont nous sommes so-
lidaires, méritait nos respects. On ne doit insul-
ter ni ses dieux, ni ses idoles, ni ses grands
hommes, et puisqu'il m'est permis d'exprimer
ma pensée, je trouve que c'est une honte pour
nous de laisser la petitesse de nos rancunes
s'attaquer à la grandeur de nos gloires.
Les autres peuples s'inclinent devant leurs
hommes de génie.
Nous autres, nous leur demandons d'éter-
nelles victoires, d'éternels triomphes. Si un jour
la bataille a été douteuse, nous oublions tout.
Dans une tempête d'ingratitude et d'injustice
nous, essayons d'arracher les lauriers de leurs
fronts.
Quoi cet homme qui depuis vingt ans nous
émeut, nous éblouit, nous secoue, nous fait pen-
ser Ce grand remueur d'idées, ce grand agita-
teur de passions, ce grand railleur, plus senti-
mental qu'on ne croit, qui devine tout, a peint
tout et ose tout dire, on le siffle Il s'est trouvé
un Français pour tirer une clef de sa poche le
soir de cette première 1
Je veux croire qu'il n'y en a eu qu'un et que
celui-là le regrette.
Le public du mardi a d'ailleurs écouté la
pièce d'une toute autre manière et en la soute-
nant d'applaudissements sympathiques.
La Princesse de Bagdad s'annonce comme
un grand succès d'argent. Tout est loué jusqu'à
la vingtième représentation.
M. Dumas est très calme.
On connait, d'ailleurs, sa nature de combat,
amoureuse de la bataille, de la lutte et du dan-
ger.
L'aînée de ses filles, Mme Colette Lipmann,
venue très souffrante pour assister à la repré-
seiatation, a eu une attaque de nerfs après la
brutale tempête du troisième acte. Cela seul a
énju le père, ce père si tendre, que ses filles
adprent et vénèrent.
Le lendemain, tant d'amitiés, tant d'admira-
teurs, tant de témoignages de sympathie avaient
vcjé vers le maître, que la jeune femme allait
mieux.
Etincelle.
P. S. Le service funèbre de M. Léopold
Double a été célébré à la Madeleine, hier jeudi,
à rnidL
L'église entière était drapée, avec les armoi-
ries se détachant sur les lugubres tentures. Dé-
coration splendide réservée habituellement aux
ministres et aux maréchaux de France.
Le 7icaire-général de Paris a donné l'ab-
soute.
De chaque côté du cercueil se tenait rangée
une députation de la fanfare de Saint-Prix, dont
M. Double fut le bienfaiteur.
Les chants d'une douloureuse beauté, les
monceaux de fleurs accumulés autour du cata-
falque, tout contribuait à prêter à cette céré-
monie un caractère d'ineffaçable tristesse.
Parmi les assistants, on remarquait le prince
de Broglie, le marquis de La Baume-Pluvi-
nel, le comte et la comtesse de Montais,
le baron et la baronne de NyverAem, le baron
Pichon (un frère en collections), le comte et la
comtesse de Chamberet, M. Paul Lacroix, qui
pleurait de toutes ses larmes son vieil ami, M.
Daubrée (de l'Institut), M. du Maugin, le baron
et la baronne de Sermet, la marquise de Pré-
court, Mme Mahou, Mme da CourcVï etc.
S.
Gazette de la Chambre
L'Interpellation de 91. Proust
La petite comédie que nous allons avoir
l'honneur de représenter devant vous
est, pour les paroles, de MM. Antonin
Proust et Lamy. M. Gambetta ne s'est
pas fait nommer. Le principal person-
nage a été rempli par M. Barthélemy
Saint-Hilaire, qui y a obtenu. un succès
égal à celui de Mme Judic, dans la
Roussotte.
Donc le ministère est plus solide que
jamais, et le fil.s d'Aristote n'a rien de
plus à envier. Il peut égorger deux blan-
ches colombes sur l'autel de Vénus. Il
s'est montré sage comme Nestor, habile
comme Ulysse, prévoyant comme Cal-
chas et beau comme Cythérée. La Cham-
bre lui a décerné un ordre du jour qui
mériterait d'être contresigné par Homère
lui-même.
Ce fut un simple poème, simple et
grand. Pas le moindre orage. Neptune
s'est tu. Eole a fait trêve à ses ouragans.
Trois discours, dont deux insignifiants,
et l'autre, celui de Barthélemy, sublime
comme un chant de l'Iliade.
Tout d'abord 0 callistos Ânloninos
Proustos (Antonin Proust) s'est montré
à la tribune. 0 chastes Piérides avez-
vous remarqué Antonin Proust?
Blond comme les blés, éloquent comme
Apollon, doux (glucos) comme le miel de
l'Hymette, il a parlé comme un ange.
« J'interroge le ministre des affaires
étrangères sur la question grecque, s'est
écrié le blond Antonin. Antonin est in-
quiet, Antonin est anxieux. Antonin ra-
conte tout ce qui s'est passé entre l'Eu-
rope et la Grèce depuis 1827. Ce n'est pas
gai. Aussi la Chambre est-elle peu atten-
tive. Antoninvexé quitte la tribune. «Effet
raté » s'écrie M. de Cassagnac, M. Gam-
betta se fâche. Un léger incident, calmé
par quelque déesse inconnue, se mani-
feste entre le Président et l'interrupteur
de la droite. M. Proust, toujours vexé,
se fait entendre derechef.
Il reproche, en termes mous, sa con-
duite à M. Barthélémy Saint-Hilaire, qui
n'a pas agi en bon diplomate. Il critique
vigoureusement la fameuse circulaire du
24 septembre. Le moment est venu de
manifester les intentions de la France,
qui sont toutes pacifiques. La Turquie
propose une conférence à Constantino-
ple. Il faut, dit M. Proust, que cette con-
férence aboutisse, et que la France, d'ac-
cord avec toutes les puissances de l'Eu-
rope, fasse entendre sa voix en faveur
du maintien de la paix.
Tel est le discours obscur et incolore
du généreux Proust. C'est un beau four
oratoire, et le blond rhéteur se retire
sans étrenner. M. Lamy le remplace à la
tribune.
**#
Bon et excellent discours 1 M. Lamy
est un partisan de la politique de M.
Barthélémy Saint-Hilaire. Il veut la paix.
Après avoir fait l'historique de la ques-
tion et démontré que l'Europe a tout fait
pour satisfaire la Grèce et arriver à une
honorable transaction, l'orateur ajoute
La Turquie arme, et l'on n'a pas le droit de
s en étonner. (Très bien à droite.)
La Grèce, de son'côté, éblouie par ces
perspectives, se sent envahie par une lièvre
patriotique et pousse les armements avec
ardeur. Quelle est donc la politique à la-
quelle nous devons nous rallier dans ces cir-
constances ? C'est celle qu'indiquait finement
lord Beaconsfield. La Grèce est un pays plein
d'a'*3nir; quand on a de l'avenir, on peut
attendre. (Applaudissements à droite.)
Dans la troisième période où nous en-
trons, le gouvernement français n'observe pas
cette réserve; au contraire, il entre dans la
voie de l'action. La mission Thomassin est
annoncée, mission tout à fait anormale dans
un pays, à la veille d'une guerre. Cette mis-
sion ne partit pas, mais la seule pensée de
l'envoyer en Grèce était une grave impru-
dence, alors que l'Allemagne envoyait une
mission en Turquie.
La démonstration navale fut un acte plus
grave et engagea dans une certaine mesure
notre drapeau. Le gouvernement français ac-
cepta d'y prendre part en faveur du Montene-
gro, à condition qu'elle serait continuée en fa-
veur de la Grèce. M. de Freycinet posa nette-
ment la question dans ces termes. (Mouve-
ments divers.)
Cette démonstration n'avait, disait-on,
qu'un but pacifique; elle était une sorte de
tribunal des conflits destiné à exercer sur la
Turquie une pression morale. (Très bien et
rires à droite.)
La vérité est que la démonstration avait un
carectère plus coercitif; ce caractère ressort
des documents diplomatiques.
L'Angleterre, en proposant la démonstra-
tion, demandait aux puissances une déclara-
tion de désintéressement, ce qui dénotait des
préoccupations particulières. Le gouverne-
ment, dans ces circonstances, devait consul-
ter les Chambres; les bâtiments pouvaient
rencontrer des dispositions hostiles, et être
obligés de rendre les coups. (Très bien 1 très
bien! à droite.).
La guerre pouvait naître contre la volonté
du pays: le gouvernement devait donc, au
mois de juillet faire connaître la situation au
Parlement, qui était alors réuni; et lui de-
mander ce qu'il pensait de la démonstration
navale (Très bien! Très bien !). Les Cham-
bres furent prorogées^ mais à ce moment le
bons sens public agit 'avec une puissance irré-
sistible sur le gouvernemeut, qui déclara alors
que la France ne tirerait pas un coup de ca-
non.
Après cet exposé de la situation qui
s'est manifestée, il y a six mois, M. Lamy
reconnaît que des efforts pacifiques ont
été tentés; qne l'opinion publique a ré-
clamé la paix et qu'on semble disposé à
suivre une politique contraire à celle qui
avait été adoptée jusqu'à ce jour. L'ora-
teur demande quelle sera la conduite du
gouvernement dans la conférence qui va
s'ouvrir. Quelle politique suivra notre
ministre des affaires étrangères? Celle
du passé ou celle qui vient de s'affirmer.
Ainsi parle M. Lamy, très écouté par
tout le monde et souvent applaudi. La
droite surtout le couvre d'applaudisse-
ments, et quand il a fini une nouvelle
explosion de bravos se fait entendre. La
gauche, contenue par M. Gambetta, se
tait, mais elle laisse néanmoins échap- 1
per quelques murmures approbatifs.
Enfin paraît M. Barthélemy Saint-
Hilaire. Le digne vieillard est calme, su-
perbe, héroïque. Il a d'ailleurs, affaire à
un auditoire des plus bienveillants. On
boit littéralement ses paroles, qui d'ail-
leurs sont des plus rassurantes, nous
allons en citer le plus grand nombre pos-
sible.
M- Barthélémy Saint-Hilaire, ministre
des affaires étrangères. Je commence par
rendre pleine justice non-seulement au talent
si élégant et si distingué du précédent orateur,
mais aussi aux intentions qui ont inspiré son
discours. Je serai cependant forcé de réfuter
un certain nombre de ses assertions. (Très
bien très bien !)
Je ne suis pas d'accord avec lui sur certai-
nes des intentions politiques qu'il a indiquées,
ni sur le véritable caractère du congrès de
Berlin, et j'essayerai de démontrer que la
Grèce se trompe actuellement d'une façon
complète sur le sens des décisions du congrès
et de la conférence de Berlin.
Et comme je vais peut-être avoir à dire quel-
ques vérités peu agréables à un pays que
j'aime et que j'admire, je veux répéter de
quels sentiments je suis animé à son égard.
Les Grecs sont des amis auxquels je voudrais
pouvoir donner raison et auxquels, au nom
de la vérité, de l'intérêt de la France, de l'Eu-
rope et de la paix générale, je suis obligé de
donner tort. ( Très bien très bien! ) )
J'espère que les déclarations qui tombent
de si haut, quand elles sont formulées à cette
tribune, pourront porter des fruits heureux
dans les délibérations du gouvernement hel-
lénique..
Le sujet est délicat, les nuances les plus
fines du langage ne sont pas sans danger, je
ferai mon possible pour ne pas faire de faux
pas, pour ne pas aller audelà de ma pensée;
mais je,suis décidé à parler avec la plus ab-
solue franchise; (Très bien très bien 0
Après ces préambules, fort surpre-
nants dans ta bouche du traducteur
d'Aristote, M. Barthélemy raconte l'ori-
gine de la question grecque.
C'était vers le mois d'août que la guerre
avait été déclarée par la Russie à la Turquie;
en juin, vous vous rappelez les violences qui
se produisirent.
La Grèce s'agita et fit quelques prépara-
tifs.
L'Angleterre fut alarmée et pria le cabinet
d'Athènes de cesser ses dispositions belliqueu-
ses
Le cabinet hellénique répondit qu'il n'avait
aucunement l'intention d'attaquer la Turquie,
mais que certaines provinces comme l'Epire
et la Thessalie étaient très agitées, et que le
gouvernement grec faisait ce qu'il dépendait
de lui pour arrêter l'agitatiqn et empêcher
qu'elles n'attaquent la Turquie.
Le gouvernement anglais accepta ces décla-
rations. Le gouvernement grec demanda, en
retour de cette espèce de condescendance, que,
dans le futur congrès, la question hellénique
fût posée devant l'Europe.
Voici l'origine dé la question hellénique.
Le gouvernement anglais accepta la pro-
position du cabinet grec et dit que certaine-
ment, quand il s'agirait de régler la paix, il
y aurait une question hellénique ouverte dans
le congrès.
Qu'est-ce que c'était que cette question hel-
lénique ?
II était entendu que, le jour où l'on s'occu-
perait de l'amélioration du sort des popula-
tions grecques dans l'empire turc, le gouver-
nement hellénique indiquerait les améliora-
tions qu'il désirait, et, de même la Russie in-
diquerait les améliorations qu'elle désirait
pour les populations slaves.
Voilà 1 initiative prise par le gouvernement
grec, acceptée par le gouvernement anglais
et plus tard développée, si vous le voulez, par
le gouvernement français.
Dès la première séance du congrès de Ber-
lin, lord Salisbury a demandé que le gouver-
nement grec fût représenté. 11
La réponse a été négative et elle devait
l'être. On répondit que, comme le traité à in-
tervenir devait modifier les traités de 1856 et
de 1871, on ne laisserait entrer au congrès
que les puissances signataires de ces deux
traités..
A la séance suivante, les plénipotentiaires
français font une proposition subsidiaire. Ils
demandent que, toutes les fois qu'il s'agit de
questions touchant aux provinces limitrophes
du royaume hellénique, un délégué de la Grèce
soit appelé.
Le premier plénipotentiaire français, M.
Waddington, résume sa proposition en indi-
quant qu'il faut donner à la Sublime Porte la
force de faire des concessions opportunes et
à la Grèce la force de résister à des revendi-
cations exagérées. D'accord avec le premier
plénipotentiaire d'Italie, il dépose le tracé des
frontières que vous connaissez.
M. Barthélémy Saint-Hilaire raconte
ensuite comment les négociations n'abou-
tirent pas, malgré les efforts de M. Wad-
dington. Puis, vient l'histoire du minis-
tère Freycinet. L'orateur montre que son
prédécesseur a tout fait pour arriver à
une solution satisfaisante, sans conseiller
les moyens coercitifs. Bref, quoi qu'ait
dit M. Lamy, la politique française est
toujours intervenue pour amener des
résultats pacifiques et l'entente entre la
Grèce et la Turquie sans menaces.
Il est vrai qu'on parle du Monténégro
et de l'intervention navale. M. Saint-
Hilaire explique comment les choses se
sont passées:
L'Europe avait sauvé de la Turquie ce qui
pouvait en être sauvé. Certains territoires en
avaient été détachés par la guerre. D'autres
étaient dans une situation telle qu'il fallait
prendre certaines mesures si on voulait em-
pêcher l'incendie de se rallumer.
Il importe de remarquer la différence qui
existait entre la situation de la Grèce et celle
du Montenegro.
Le- Montenegro avait pris part à la guerre.
Deux fois il avait été vaincu; mais, la troi-
sième fois, il s'était 'saisi de territoires qu'il
occupait au moment delà paix. Ces territoires
étaient occupés en même temps par les Alba-
nais, et l'Europe, ne voulant pas que le sang
coulât de nouveau, a fait un échange de ter-
ritoires.
Il n'y avait rien de pareil pour la Grèce, à la-
quelle l'Europe ne pouvait donner ni l'Epire
et la Thessalie,nila Crète,qui n'appartenaient
pas à l'Europe.
Mais elle pouvait parfaitement faire la dé-
monstration navale, pour assurer au Monte-
negro un échange légitime de territoire.Quand
je suis arrivé aux affaires, la démonstration
navale était commencée. 1
Fallait-il nous séparer du concert européen
et déclarer qu'après avoir été à Berlin, nous
nous séparions des autres puissances, au
moment où celles-ci cherchaient à faire exé-
cuter leurs décisions par une pression morale;
car, ïnalgré ce qu'on en a dit, la démonstra-
tion navale n'était pas autre chose. (Très bien!
très bien !)
Il aurait été dangereux et blâmable de nous
refuser à la démonstration navale. Nous y
sommes entrés avec toutes les réserves qu'a
indiquées M. Lamy, Nous étions allés au con-
grès de Berlin ne pouvant permettre qu'on
modifiât si profondément, sans nous, les trai-
tés de 1856, que nous avions signés.
Le concert européen a été une grande
chose il a rendu à la paix européenne dt
très grands service; et son maintien est te
meilleure garantie de la paix générale. (Trè.
bien! très bien !)
Je ferai donc tout ce qui dépendra de moi
nour rester dans le concert européen Tr^s
3 février..
Le Numéro 15 cent à Paris, 20 cent. dans les Départements.
Vendredi 4 Février 1881.
FRANCIS MAGNARD
Rédacteur en chef
A. PÉRIVIER
Secrétaire de la Rédaction
RÉDACTION
De midi à minuit, rue Drouoi, 26 6
Les manuscrits ne sont pas rendus `.
BUREAUX
28, rue Drouot, 26
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
FÈRNAND DE RODAYS
Administrateur
ABONNEMENTS
Départements Trois moit I9&.50
Parie: Trois moi* [Qtt.
ANNONCES ET RÉCLAMES
DOLLINQBN FILS, SeGOT ET C1*, PASSAGE DES PbIHCBS
BI A ï/AdMINISIKATIOJ?
SOMMAIRE
Le Bilan du paeti BONAPARTISTE.
Echos sk Paris Le Masque de Fer.
CARNET d'un Mondain Elincelle.
Gazette DR LA Chambre Albert Millaud.
LE Sénat: Paul Bémery:
Coulisses PARLEMENTAIRES Baron Grimm.
UNE Mystification.
PARIS Au JOUR LE Jour Adolphè Rqcot.
Nouvelles DIVERSES Jean de Paris. v
TÉLÉGRAMMES ET CORRESPONDANCES Argus.
LA Bourse,: La Banque Parisienne.
COURRIER des Théâtres Jules Prével.
COURRIER DES THEATRES JM~M Pfece!.
LASOIREETHEATRALE: Un Monsieur de l'Orchestre.
SPORT Robert Milion.
Faits PARIS ET Avis UTILES.
Feuilleton LES CRIMES D'UN -Ange René de
Pont-Jest.
3L.E
BILAN DU PARTI BONAPARTISTE
Le bruit extraordinaire que l'on fait
dans le monde bonapartiste, autour de
la permutation de M. Dugué de la Fau-
connerie, caractérise mieux que tout
l'état de liquéfaction dans lequel est
tombé le parti qui était il y a deux
ans encore contre et pour la Républi-
que à la fois un relais et un contrepoids.
Ce parti, s'il était encore ce qu'il a été
aux élections de 1876 et 1877, 'eût souri
de cette défection. Après tout, il faut
convenir que si le parti bonapartiste
n'avait pas changé, M. Dugué aurait fait
de même.^TJne première fois, le député
de Mortagne s'était un peu séparé de
ses anciens amis; on en avait ri. Mais,
'cette fois, c'est du sérieux, et les amis
du prince Napoléon comprennent qu'ils
font une perte considérable, presque
^irréparable.
Elle est immense en effet, puisqu'on
la constate avec amertume et solennité
de plus, c'est un exemple. Et puis, M.
Dugué cette fois a une excuse et un mo-
tif et il les donne publiquement. Le
Prince le prince Napoléon ne fait
rien de ce qu'il faut, pour régner; de
plus, il a l'air de croire à la République.
Ses amis affirment qu'il veut en être le
Président, suivre le sillon tracé par le
prince Louis-Napoléon, éviter le caillou
du 2 Décembre et se faire réélire à jet
continu. Cette perspective agréable pa-
raît contenter quelques philosophes de
l'intimité, mais elle ne suffit pas et
cela n'a rien d'étonnant à un esprit
concret comme celui de M. Dugué. Pré-
sident pour Président, il préfère l'homme
qui fait tout ce qu'il peut pour le devenir,
au Prince qui n'a aucune chance de
l'être.
Si le Prince héritant du parti par le
fait de la.mort de son infortuné cousin-
était entré, dès le matin de la triste nou-
velle,~dans la peau d'un prétendant; si
usant de son autorité absolue sur tout ce
qui se disait bonapartiste, il avait,violé
la grande douleur de M. Rouher; s'il avait
saisi d'une main ferme tous les rouages
du bonapartisme; si en un mot il était
devenu «Prince Impérial» lafiction tradi-
tionnelledu « le Roi estmort, ViveleRoi 1 »
se serait certainement changée, à son
bénéfice, en réalité. Mais tels n'étaient
point ses goûts; habitué à vivre et à par-
ler librement au milieu d'une petite église
le mécontents, d'oubliés ou de dédai-
gnés, il n'a rien voulu changer à son
genre de vie et à son genre de pensées.
Et alors, pour justifier l'un et l'autre, il a
trouvé cette espérance théorique de la
République napoléonienne, dont le pre-
mier résultat a été d'amener la disloca-
tion profonde du groupe parlementaire
de'l'Appel au peuple.
i
M. Dugué vient de tirer à gauche
comme le Prince, mais sans le Prince. Il
faut être aussi ingénuement fidèle que
M. Porriquet pour l'en blâmer publique-
ment car aux élections prochaines tous
tes bonapartistes de nuances douteuses,
seront bien forcés de faire comme lui,
d'aller à gauche ou à droite, puisque le
Prince, le chef, le drapeau, n'est plus lui-
même, ni un chef, ni un drapeau, ni à
proprement parler un prince.
Quelle est en effet, aujourd'hui la base
d'opérations électorales du parti bona-
partiste ? L'élection du prince Napoléon,
a la présidence de la République. Allez
donc avec cela solliciter les suffrages des
légitimistes, des orléanistes ou des répu-
blicains.
Les républicains ne donneront pas dans
ce godant, et ils auront raison. M. Thiers
et M. Grévy ont suffi à leur bonheur; au
besoin M. Gambetta ou un bourgeois
moins ardent leur assurera ce qu'ils dé-
sirent avant tout: la possession, la jouis-
sance.
Les légitimistes répondront qu'ils sont
blancs. Or, un bonapartiste, un vrai bo-
napartiste est un bleu. Le général Bona-
parte était bleu et ce fut son principal
titre, au titre de consul et à la dignité
impériale. Tout en étant bleu, il offrait
une solution autoritaire autre que la mo-
narchie à tous ceux qui ne croyaient pas
encore devoir se repentir de 1793. Sous la
Restauration, le duc d'Orléans* qui s'était
fait bleu, et les bonapartistes qui n'a-
vaient pas cessé de l'être, agirent d'un
commun accord contre les blancs. Après
1848, le peuple alla tout de suite à Louis
Napoléon, parce qu'il était bleu. Lors
des dernières tentatives de fusion à
la réussite desquelles, les gens avisés
n'ont jamais cru c'est la haine du
comte de Chambord pour le bleu et les
méfiances du peuple contre le blanc, qui
furent la cause « apparente », la cause
«avouée» de l'insuccès du parti royaliste.
Le parti bonapartistenepeutdonc aller en
bloc au comte de Chambord sans mentir
4 tout son passé; cependant il peut s'y
acheminer par des conversions indivi-
duelles qu'il ne faut ni juger, ni condam-
ner, ni surtout chercher à expliquer pas
plus d'ailleurs qu'il n'aurait fallu juger,
condamner et expliquer M. Dugué de la
Fauçonnerie-
Quantau parti orléaniste, les injures
qu'il a reçues du parti bonapartiste et
celles qu'il lui a prodiguées, circonscri-
vent les alliances peut-être un peu plus
encore qu'entre les partisans de l'Em-
pire et de la royauté légitime.
Cependant, sauf les hommes qui sont,
comme le baron Eschassériaux, comme
MM. Rouher, Janvier de la Motte ou
Paul de Cassagnac en possession d'une
royauté de clocher, d'un grand talent,
d'un véritable esprit d'à-propos, ou d'une
popularité tout à fait personnelle, il fau-
dra bien que les partisans de l'Empire
sans espérance aillent demander un ap-
pui à l'Union conservatrice, s'ils ne le
demandent pas à la candidature offi-
cielle républicaine.
A qui la faute? Jusqu'à présent aucun
organe, aucune haute personnalité du
parti républicain n'ont osé se placer car-
rément en face de cette question. Est-ce
le respect qui les a retenus, est-ce la
conscience de n'y pouvoir répondre avec
succès? Nous ne chercherons point à
nous substituer en cette circonstance à
ceux qui ont autorité pour le faire. Nous
dirons simplement qu'il n'y a pas de
parti sans programme et sans but. Le
bonapartisme républicain ou le républi-
canisme bonapartiste, comme on vou-
dra, n'est pas un programme c'est une
habileté cousue de fil rouge.
Les électeurs ne vivent pas d'habileté,
Les habiletés les effraient, il leur faut
des solutions promptes, évidentes,- pal-
pables.
Candidats et électeurs bonapartistes
sont donc également dans l'embarras.
Ils ne trouvent dans leur bilan ni espé-
rances solides, ni appui moral, ni appui
matériel.
Là est la cause vraie du désarroi de ce
grand parti qui hier encore faisait trem-
bler l'opportunisme et le royalisme.
Comme on dit en style de marchands de
nouveautés, il est en liquidation pour
cause de décès et peut-être pour cause
de faillite.
Le prince Napoléon qui en secret et
en catimini désire, dit-on, l'Empire,
n'a pas voulu le dire. Le prince Victor
est moins le droit dynastique ce
qu'était le roi de Rome après la mort de
Napoléon I", et le Prince Impérial après
la mort de Napoléon III un enfant;
peut-être dans vingt ans sera-t-il un
prince Louis-Napoléon. Mais d'ici à
vingt ans, que faire ? C'est probable-
ment à ce point d'interrogation que M.
Porriquet a voulu répondre par sa lettre
à M. Dugué et que M. Dugué a répondu
à M. Porriquet. Les électeurs bonapartis-
tes, ce qui constituait jadis le parti dans
la rue, dans les boutiques, dans les salons
essaieront de se retourner et de se com-
prendre.
Nous doutons fort qu'ils y arrivent.
Toutefois l'incident Dugué a pris de telles
proportions que les républicains en triom-
phent et que les bonapartistes en frémis-
sent. S'il n'y avait vraiment qu'un bona-
partiste de moins et un républicain de
plus, cela vaudrait-il vraiment la peine
de faire tant de bruit ? Evidemment non.
Si M. Dugué est. la feuille de rose qui fait
à la fois déborder le vase de la joie ré-
publicaine et souffrir les reins du parti
bonapartiste, c'est qu'il a choisi, heureu-
sement ou malheureusement, l'heure et
l'instant de sa démission.
Échos de Paris
LA TEMPÉRATURE. Peu de changement.
Au nord et au centre de l'Europe, le baromètre
monte; il descend sur toute la France et en
Espagne.
Par contre, le froid persiste dans le nord r
34° au-dessous de zéro, hier matin, au fond du
golfe de Bothnie, tandis que la température
s'élève sur nos régions if au-dessus de zéro,
à fentrée de.la ~anche.
à l'entrée de la Manche.
Des pluies sont signalées sur tout le versant
océanien, où la situation reste la même. Dans le
sud-est le temps est toujours au beau.
Monaeo. Le beau temps continue. Therm.
min. 8° niax. 13° 2.̃
A TRAVERS PARIS
On assure, dans la colonie grecque de
Londres, que la Grèce a déjà choisi le-
jour où elle déclarera la guerre à la Tur-
quie ce serait le 21 mars, anniversaire
de la date à laquelle la Grèce proclama
son indépendance.
Les obsèques de Mme la duchesse
douairière de Larochefoucauld-Doudeau-
ville ont été célébrées hier, à midi, en
l'église Saint-François-Xavier, au milieu
d'une assistance aristocratique considé-
rable.
Le porche de l'autel de la rue de Va-
renne avait été transformé en chapelle
ardente. Quatre sœurs de la Miséricorde
en prières se tenaient autour du cer-
cueil. Toute la façade extérieure était
tapissée de tentures à franges d'argent
portant l'écusson des Larochefoucauld-
Doudeauville.
Au milieu de l'église également tendue
se dressait un splendide catafalque en-
touré de lampadaires et surmonté d'un
dôme à pans d'hermine.
Dans le trajet de l'hôtel à l'église, et
derrière le char à quatre chevaux, nous
avons reconnu conduisant le deuil MM.
le duc de La Rochefoucauld-Doudeau-
ville, duc de La Rochefoucauld-Bisaccia,
vicomte de La Rochefoucauld, Charles,
Armand et Edmond deLa Rochefoucauld,
prince de Léon, comte de Verteillac,
comte de Durfort, marquis et comte de
Pleumartin, et le vicomte de la Tour-
d'Auvergne.
Et dans l'église S. A. R. le comte de
Paris, Mgr le duc de Madrid, MM. le
maréchal de Mac-Mahon, duc de Monte-
bello, duc de la Trémoïlle, comte Duchâ-
tel, comte de Mun, comte de Madré, etc.
Mines la duchesse de Madrid,duchesse
de Magenta, duchesse de Montbello, du-
chesse douairière de la Trémoïlle, com-
tesse Duchâtel, duchesse de Galliera,
princesse de Ligne, etc.
La reine d'Espagne s'était fait repré-
senter par M. le marquis d'Alta-Villa.Le
nonce du Pape assistait également aux
obsèques.
La messe a été chantée par la maîtrise
de la paroisse et dite par M. le curé
Rouquettes, et l'absoute a été donnée par
Mgr Becelle,évêque de Vannes.
A l'issue de la cérémonie, le convoi
fi
s'est dirigé vers le cimetière Picpus; où
reposent depuis longtemps les membres
de la famille de La Rochefoucauld.
Mme la princesse de Broglie qui avait
été très légèrement indisposée ces temps
derniers, est aujourd'hui complétement
rétablie.
Ajoutons, du reste, pour calmer les
inquiétudes des amis de la famille, que
l'indisposition de la princesse n'a jamais
eu la moindre gravité et n'a causé au-
cune inquiétude.
Mlle Prévost-Paradol, qui est entrée
en religion, il y a quelques années, dans
l'ordre de Notre-Dame-de-Sion, est de-
puis quelques semaines en Egypte elle
a la mission d'y fonder une commu-
nauté..
Le devoir et le hasard la ramènent
ainsi dans des lieux où son père a vécu
et où il avait laissé un noble et doux
souvenir.
On se souvient du tapage qu'a fait,
pendant l'Exposition de 1878, notam-
ment, l'Association littéraire 'internatio-
nalé.
II s'agissait de sauvegarder les droits
de la littérature française à l'étranger et
l'on comprendra que la chose n'était
pas de médiocre importance quand on
saura que l'entente aurait fait entrer
plus d'un million dans la caisse de la
Société des gens de lettres.
Par malheur, l'entente n'a pu s'établir
et nous apprenons qu'après de nombreux
dissentiments MM. Edmond About, Em-
manuel Gonzalès, présidents d'honneur,
Henri de Lapommeraye, etc., viennent
de donner leur démission à l'Association
internationale.
M. Alfred Leconte, député de l'Indre,
doit même porter le- différend à la tri-
bune de la Chambre des députés.
M. Emile Ferry, maire du neuvième
arrondissement, fait de nouveau appel au
concours de ses administrés, pour com-
pléter la bibliothèque qu'il. a créée à la
mairie Drouot.
Rappelons que cette bibliothèque n'est
pas seulement ouverte les jours non
fériés, de sept heures et demie à dix
heures du soir et les dimanches de neuf
heures à onze heures du matin, à toute
personne justifiant de son domicile dans
l'arrondissement on y prête encore des
livres aux lecteurs dont l'identité est
connue. Le nombre des livres prêtés à
domicile est même, en moyenne, de
douze cents par mois.
Nous ne saurions trop recommander
aux habitants du neuvième arrondisse-
ment d'envoyer des ouvrages d'histoire,
de sciences, de littérature, de beaux-
arts, etc., à cette intéressante biblio-
thèque.
Un mot spirituel de M. Batbie, qui est,
du reste, très coutumier du fait.
On parlait de M. Pelletan, qui a ré-
cemment donné sa démission de vice-
président du Sénat, pour se faire nom-
mer questeur.
Mais, disait avec étonnement un
homme politique, la première situation
était bien supérieure à la seconde, et c'est
vraiment se faire, d'évêque, meunier 1
Oh 1 répondit doucement M. Batbie,
c'est qu'il y a de là farine au moulin et
qu'il n'y en avait pas à Tévêché.
On sait qu'en effet les fonctions de
vice-président sont une dignité toute
gratuite, tandis que celles de questeur
comportentuneindemnHéde9,000francs,
le logement, le chauffage, l'éclairage,
l'entretien du mobilier, et tout un ensem-
ble de faveurs qui, ajoutées au traite-
ment fixe, constituent un total d'environ
30,000 francs.
C'est la farine du moulin, et on la
trouve bonne à recueillir.
Pour donner un banquet ou pour donner un bal,
Où peut-on être mieux qu'Hôtel Continental.
Ce distique a été trouvé hier soir sous
la serviette de l'un des convives du grand
banquet annuel des anciens élèves du
lycée Henri IV, banquet qui a eu lieu à
l'Hôtel Continental et qui ne réunissait
pas moins de quatre-vingts invités.
Qu'on dise encore que les poètes sont
des ingrats.
Les bals d'enfants du Grand-Hôtel que
nous avons annoncés, commenceront
après-demain dimanche, à 2 heures.
Les jeunes intéressés seront l'objet des
plus grandes prévenances de l'adminis-
tration.
Une salle spéciale sera réservée pour
les gens de maison qui attendent les dan-
seurs enfantins, et on nous prie d'annon-
cer que les bals ne sont point costumés,
comme ceux que donnent certains éta-
blissements au Mardi-Gras.
Les babies y viendront en costume de
ville/ et l'ensemble de la fête y gagnera
encore en grâce naturelle.
Cinq cents tickets ont été déjà délivrés
depuis deux jours pour le premier bal.
On trouve des billets au bureau de lo-
cation de notre Salle des Dépêches.
M. Alexandre Dumas va être joliment
content, en lisant l'annonce suivante, que
nous trouvons dans un journal de pro-
vince
Nous commençons aujourd'hui la publica-
tion de
LA DAME AUX CAMÉLIAS
roman des plus intéressants, un des chefs-
d'œuvre de M. Alexandre Dumas fils. Nous
sommes certains que ce roman trouvera près
de nos lecteurs la même faveur qu'a obtenue
Bras-d' 'Acier,
La chasse au sanglier, que nous avons
annoncé comme ayant été organisée à
Saint-Raphaël et dont notre collabora-
teur Florian Pharaon rendra compte
dans tous ses détails, a été couronnée
d'un plein succès. Neuf sangliers avaient
été reconnu.s; sept ont été lancés, ainsi
qu'un renard. Trois ont été abattus, un
blessé. C'est une des plus belles chasses
qui aient été faites en Provence, où les
grandes fêtes cynégétiques deviennent
rares. Nouveau succès pour la charmante
station hivernale qu'a adoptée Alphonse
Rarr.
NOUVELLES A LÀ MAIN
Influence du naturalisme.
Un jeune homme, possesseur d'une
maîtresse lettrée, mais désagréable, a
souvent des scènes avec elle.
Dansune de ces séances désagréables,
le diapason en arrive à un tel point de
tension, que ce garçon, cependant comme
il faut, en arrive à lâcher le mot attribué
à Cambronne.
La feinme désagréable, mais lettrée,
hausse iis épaules.
Te4ez, mon cher, dit-elle avec un
suprême dédain, vous avez si peu de
naturel, que même dans les moments
de passion où tout autre s'oublierait,
vous vous servez de mots d'auteur
Pensée détachée de l'album de Ca-
lino
J'ai parcouru les forêts vierges, et,
chose étrange, je n'y ai pas trouvé une
seule branche, d oranger en fleur!
Le jeune vicomte de Rotibal annonce
qu'il veut faire une fin.
Eh bien, lui demande-t-on au Club,
ce mariage est-il avancé?
Oh, excessivement! Pensez donc,
nous en sommes aux lettres anonymes l
M. Bébé, voyant rentrer son papa qui
s'est donné une légère entorse et qui
botte un peu
0 maman, vois donc petit père qui
a mis les douleurs à grand-papa I
Le Masque de Fer.
»
CARNET D'UN MONDAIN
!Quand l'archiduc Rodolphe, héritier de la
couronne d'Autriche, vint à Paris au printemps
dt 1878, le maréchal de Mac Mahon voulut
faire jouer la comédie à l'Elysée. Le prince,
pour qui le mot impossible n'était pas français,
demanda simplement qu'on jouât l'Etrangère.
Pour lui, l'art dramatique français se résumait
dans la dernière œuvre de M. Alexandre Du-
mas, et le seul nom illustre au théâtre, c'était
celui-là.
bn ne put pas jouer l'Etrangèré, mais on vit
par l'empressement du prince à aller l'entendre
à h Comédie-Française dans quelle haute estime
il tenait son auteur.
L'archiduc Rodolphe n'est pas seul de cet
avis. Dans l'Europe entière le retentissement du
nom de M. Alexandre Dumas, satisferait le plus
jaloux des amants de la célébrité.
Quand on dit à un étranger qu'on a l'honneur
de connaître l'auteur du Demi-Monde, il vous
regarde avec une admiration mêlée d'envie.
Quelque chose de la gloire du maître rejaillit sur
le modeste interlocuteur, et je crois que si l'on
voulait être reçu à merveille dans les deux hé-
misphères, on n'aurait qu'à écrire sur sa carte
« Ami de M. Alexandre Dumas. »
Je l'avouerai ne pas recevoir la princesse de
Bagdad avec les honneurs dûs à son rang,
c'est-à-dire comme la fille d'un grand homme,-
c'est manquer à la dignité française.
La pièce. est émouvante, passionnée, fou-
gueuse, jouée d'ailleurs par Mlle Croizette avec
une maëstria splendide, mais je ne parle pas de
la pièce. Cette illustration dont nous sommes so-
lidaires, méritait nos respects. On ne doit insul-
ter ni ses dieux, ni ses idoles, ni ses grands
hommes, et puisqu'il m'est permis d'exprimer
ma pensée, je trouve que c'est une honte pour
nous de laisser la petitesse de nos rancunes
s'attaquer à la grandeur de nos gloires.
Les autres peuples s'inclinent devant leurs
hommes de génie.
Nous autres, nous leur demandons d'éter-
nelles victoires, d'éternels triomphes. Si un jour
la bataille a été douteuse, nous oublions tout.
Dans une tempête d'ingratitude et d'injustice
nous, essayons d'arracher les lauriers de leurs
fronts.
Quoi cet homme qui depuis vingt ans nous
émeut, nous éblouit, nous secoue, nous fait pen-
ser Ce grand remueur d'idées, ce grand agita-
teur de passions, ce grand railleur, plus senti-
mental qu'on ne croit, qui devine tout, a peint
tout et ose tout dire, on le siffle Il s'est trouvé
un Français pour tirer une clef de sa poche le
soir de cette première 1
Je veux croire qu'il n'y en a eu qu'un et que
celui-là le regrette.
Le public du mardi a d'ailleurs écouté la
pièce d'une toute autre manière et en la soute-
nant d'applaudissements sympathiques.
La Princesse de Bagdad s'annonce comme
un grand succès d'argent. Tout est loué jusqu'à
la vingtième représentation.
M. Dumas est très calme.
On connait, d'ailleurs, sa nature de combat,
amoureuse de la bataille, de la lutte et du dan-
ger.
L'aînée de ses filles, Mme Colette Lipmann,
venue très souffrante pour assister à la repré-
seiatation, a eu une attaque de nerfs après la
brutale tempête du troisième acte. Cela seul a
énju le père, ce père si tendre, que ses filles
adprent et vénèrent.
Le lendemain, tant d'amitiés, tant d'admira-
teurs, tant de témoignages de sympathie avaient
vcjé vers le maître, que la jeune femme allait
mieux.
Etincelle.
P. S. Le service funèbre de M. Léopold
Double a été célébré à la Madeleine, hier jeudi,
à rnidL
L'église entière était drapée, avec les armoi-
ries se détachant sur les lugubres tentures. Dé-
coration splendide réservée habituellement aux
ministres et aux maréchaux de France.
Le 7icaire-général de Paris a donné l'ab-
soute.
De chaque côté du cercueil se tenait rangée
une députation de la fanfare de Saint-Prix, dont
M. Double fut le bienfaiteur.
Les chants d'une douloureuse beauté, les
monceaux de fleurs accumulés autour du cata-
falque, tout contribuait à prêter à cette céré-
monie un caractère d'ineffaçable tristesse.
Parmi les assistants, on remarquait le prince
de Broglie, le marquis de La Baume-Pluvi-
nel, le comte et la comtesse de Montais,
le baron et la baronne de NyverAem, le baron
Pichon (un frère en collections), le comte et la
comtesse de Chamberet, M. Paul Lacroix, qui
pleurait de toutes ses larmes son vieil ami, M.
Daubrée (de l'Institut), M. du Maugin, le baron
et la baronne de Sermet, la marquise de Pré-
court, Mme Mahou, Mme da CourcVï etc.
S.
Gazette de la Chambre
L'Interpellation de 91. Proust
La petite comédie que nous allons avoir
l'honneur de représenter devant vous
est, pour les paroles, de MM. Antonin
Proust et Lamy. M. Gambetta ne s'est
pas fait nommer. Le principal person-
nage a été rempli par M. Barthélemy
Saint-Hilaire, qui y a obtenu. un succès
égal à celui de Mme Judic, dans la
Roussotte.
Donc le ministère est plus solide que
jamais, et le fil.s d'Aristote n'a rien de
plus à envier. Il peut égorger deux blan-
ches colombes sur l'autel de Vénus. Il
s'est montré sage comme Nestor, habile
comme Ulysse, prévoyant comme Cal-
chas et beau comme Cythérée. La Cham-
bre lui a décerné un ordre du jour qui
mériterait d'être contresigné par Homère
lui-même.
Ce fut un simple poème, simple et
grand. Pas le moindre orage. Neptune
s'est tu. Eole a fait trêve à ses ouragans.
Trois discours, dont deux insignifiants,
et l'autre, celui de Barthélemy, sublime
comme un chant de l'Iliade.
Tout d'abord 0 callistos Ânloninos
Proustos (Antonin Proust) s'est montré
à la tribune. 0 chastes Piérides avez-
vous remarqué Antonin Proust?
Blond comme les blés, éloquent comme
Apollon, doux (glucos) comme le miel de
l'Hymette, il a parlé comme un ange.
« J'interroge le ministre des affaires
étrangères sur la question grecque, s'est
écrié le blond Antonin. Antonin est in-
quiet, Antonin est anxieux. Antonin ra-
conte tout ce qui s'est passé entre l'Eu-
rope et la Grèce depuis 1827. Ce n'est pas
gai. Aussi la Chambre est-elle peu atten-
tive. Antoninvexé quitte la tribune. «Effet
raté » s'écrie M. de Cassagnac, M. Gam-
betta se fâche. Un léger incident, calmé
par quelque déesse inconnue, se mani-
feste entre le Président et l'interrupteur
de la droite. M. Proust, toujours vexé,
se fait entendre derechef.
Il reproche, en termes mous, sa con-
duite à M. Barthélémy Saint-Hilaire, qui
n'a pas agi en bon diplomate. Il critique
vigoureusement la fameuse circulaire du
24 septembre. Le moment est venu de
manifester les intentions de la France,
qui sont toutes pacifiques. La Turquie
propose une conférence à Constantino-
ple. Il faut, dit M. Proust, que cette con-
férence aboutisse, et que la France, d'ac-
cord avec toutes les puissances de l'Eu-
rope, fasse entendre sa voix en faveur
du maintien de la paix.
Tel est le discours obscur et incolore
du généreux Proust. C'est un beau four
oratoire, et le blond rhéteur se retire
sans étrenner. M. Lamy le remplace à la
tribune.
**#
Bon et excellent discours 1 M. Lamy
est un partisan de la politique de M.
Barthélémy Saint-Hilaire. Il veut la paix.
Après avoir fait l'historique de la ques-
tion et démontré que l'Europe a tout fait
pour satisfaire la Grèce et arriver à une
honorable transaction, l'orateur ajoute
La Turquie arme, et l'on n'a pas le droit de
s en étonner. (Très bien à droite.)
La Grèce, de son'côté, éblouie par ces
perspectives, se sent envahie par une lièvre
patriotique et pousse les armements avec
ardeur. Quelle est donc la politique à la-
quelle nous devons nous rallier dans ces cir-
constances ? C'est celle qu'indiquait finement
lord Beaconsfield. La Grèce est un pays plein
d'a'*3nir; quand on a de l'avenir, on peut
attendre. (Applaudissements à droite.)
Dans la troisième période où nous en-
trons, le gouvernement français n'observe pas
cette réserve; au contraire, il entre dans la
voie de l'action. La mission Thomassin est
annoncée, mission tout à fait anormale dans
un pays, à la veille d'une guerre. Cette mis-
sion ne partit pas, mais la seule pensée de
l'envoyer en Grèce était une grave impru-
dence, alors que l'Allemagne envoyait une
mission en Turquie.
La démonstration navale fut un acte plus
grave et engagea dans une certaine mesure
notre drapeau. Le gouvernement français ac-
cepta d'y prendre part en faveur du Montene-
gro, à condition qu'elle serait continuée en fa-
veur de la Grèce. M. de Freycinet posa nette-
ment la question dans ces termes. (Mouve-
ments divers.)
Cette démonstration n'avait, disait-on,
qu'un but pacifique; elle était une sorte de
tribunal des conflits destiné à exercer sur la
Turquie une pression morale. (Très bien et
rires à droite.)
La vérité est que la démonstration avait un
carectère plus coercitif; ce caractère ressort
des documents diplomatiques.
L'Angleterre, en proposant la démonstra-
tion, demandait aux puissances une déclara-
tion de désintéressement, ce qui dénotait des
préoccupations particulières. Le gouverne-
ment, dans ces circonstances, devait consul-
ter les Chambres; les bâtiments pouvaient
rencontrer des dispositions hostiles, et être
obligés de rendre les coups. (Très bien 1 très
bien! à droite.).
La guerre pouvait naître contre la volonté
du pays: le gouvernement devait donc, au
mois de juillet faire connaître la situation au
Parlement, qui était alors réuni; et lui de-
mander ce qu'il pensait de la démonstration
navale (Très bien! Très bien !). Les Cham-
bres furent prorogées^ mais à ce moment le
bons sens public agit 'avec une puissance irré-
sistible sur le gouvernemeut, qui déclara alors
que la France ne tirerait pas un coup de ca-
non.
Après cet exposé de la situation qui
s'est manifestée, il y a six mois, M. Lamy
reconnaît que des efforts pacifiques ont
été tentés; qne l'opinion publique a ré-
clamé la paix et qu'on semble disposé à
suivre une politique contraire à celle qui
avait été adoptée jusqu'à ce jour. L'ora-
teur demande quelle sera la conduite du
gouvernement dans la conférence qui va
s'ouvrir. Quelle politique suivra notre
ministre des affaires étrangères? Celle
du passé ou celle qui vient de s'affirmer.
Ainsi parle M. Lamy, très écouté par
tout le monde et souvent applaudi. La
droite surtout le couvre d'applaudisse-
ments, et quand il a fini une nouvelle
explosion de bravos se fait entendre. La
gauche, contenue par M. Gambetta, se
tait, mais elle laisse néanmoins échap- 1
per quelques murmures approbatifs.
Enfin paraît M. Barthélemy Saint-
Hilaire. Le digne vieillard est calme, su-
perbe, héroïque. Il a d'ailleurs, affaire à
un auditoire des plus bienveillants. On
boit littéralement ses paroles, qui d'ail-
leurs sont des plus rassurantes, nous
allons en citer le plus grand nombre pos-
sible.
M- Barthélémy Saint-Hilaire, ministre
des affaires étrangères. Je commence par
rendre pleine justice non-seulement au talent
si élégant et si distingué du précédent orateur,
mais aussi aux intentions qui ont inspiré son
discours. Je serai cependant forcé de réfuter
un certain nombre de ses assertions. (Très
bien très bien !)
Je ne suis pas d'accord avec lui sur certai-
nes des intentions politiques qu'il a indiquées,
ni sur le véritable caractère du congrès de
Berlin, et j'essayerai de démontrer que la
Grèce se trompe actuellement d'une façon
complète sur le sens des décisions du congrès
et de la conférence de Berlin.
Et comme je vais peut-être avoir à dire quel-
ques vérités peu agréables à un pays que
j'aime et que j'admire, je veux répéter de
quels sentiments je suis animé à son égard.
Les Grecs sont des amis auxquels je voudrais
pouvoir donner raison et auxquels, au nom
de la vérité, de l'intérêt de la France, de l'Eu-
rope et de la paix générale, je suis obligé de
donner tort. ( Très bien très bien! ) )
J'espère que les déclarations qui tombent
de si haut, quand elles sont formulées à cette
tribune, pourront porter des fruits heureux
dans les délibérations du gouvernement hel-
lénique..
Le sujet est délicat, les nuances les plus
fines du langage ne sont pas sans danger, je
ferai mon possible pour ne pas faire de faux
pas, pour ne pas aller audelà de ma pensée;
mais je,suis décidé à parler avec la plus ab-
solue franchise; (Très bien très bien 0
Après ces préambules, fort surpre-
nants dans ta bouche du traducteur
d'Aristote, M. Barthélemy raconte l'ori-
gine de la question grecque.
C'était vers le mois d'août que la guerre
avait été déclarée par la Russie à la Turquie;
en juin, vous vous rappelez les violences qui
se produisirent.
La Grèce s'agita et fit quelques prépara-
tifs.
L'Angleterre fut alarmée et pria le cabinet
d'Athènes de cesser ses dispositions belliqueu-
ses
Le cabinet hellénique répondit qu'il n'avait
aucunement l'intention d'attaquer la Turquie,
mais que certaines provinces comme l'Epire
et la Thessalie étaient très agitées, et que le
gouvernement grec faisait ce qu'il dépendait
de lui pour arrêter l'agitatiqn et empêcher
qu'elles n'attaquent la Turquie.
Le gouvernement anglais accepta ces décla-
rations. Le gouvernement grec demanda, en
retour de cette espèce de condescendance, que,
dans le futur congrès, la question hellénique
fût posée devant l'Europe.
Voici l'origine dé la question hellénique.
Le gouvernement anglais accepta la pro-
position du cabinet grec et dit que certaine-
ment, quand il s'agirait de régler la paix, il
y aurait une question hellénique ouverte dans
le congrès.
Qu'est-ce que c'était que cette question hel-
lénique ?
II était entendu que, le jour où l'on s'occu-
perait de l'amélioration du sort des popula-
tions grecques dans l'empire turc, le gouver-
nement hellénique indiquerait les améliora-
tions qu'il désirait, et, de même la Russie in-
diquerait les améliorations qu'elle désirait
pour les populations slaves.
Voilà 1 initiative prise par le gouvernement
grec, acceptée par le gouvernement anglais
et plus tard développée, si vous le voulez, par
le gouvernement français.
Dès la première séance du congrès de Ber-
lin, lord Salisbury a demandé que le gouver-
nement grec fût représenté. 11
La réponse a été négative et elle devait
l'être. On répondit que, comme le traité à in-
tervenir devait modifier les traités de 1856 et
de 1871, on ne laisserait entrer au congrès
que les puissances signataires de ces deux
traités..
A la séance suivante, les plénipotentiaires
français font une proposition subsidiaire. Ils
demandent que, toutes les fois qu'il s'agit de
questions touchant aux provinces limitrophes
du royaume hellénique, un délégué de la Grèce
soit appelé.
Le premier plénipotentiaire français, M.
Waddington, résume sa proposition en indi-
quant qu'il faut donner à la Sublime Porte la
force de faire des concessions opportunes et
à la Grèce la force de résister à des revendi-
cations exagérées. D'accord avec le premier
plénipotentiaire d'Italie, il dépose le tracé des
frontières que vous connaissez.
M. Barthélémy Saint-Hilaire raconte
ensuite comment les négociations n'abou-
tirent pas, malgré les efforts de M. Wad-
dington. Puis, vient l'histoire du minis-
tère Freycinet. L'orateur montre que son
prédécesseur a tout fait pour arriver à
une solution satisfaisante, sans conseiller
les moyens coercitifs. Bref, quoi qu'ait
dit M. Lamy, la politique française est
toujours intervenue pour amener des
résultats pacifiques et l'entente entre la
Grèce et la Turquie sans menaces.
Il est vrai qu'on parle du Monténégro
et de l'intervention navale. M. Saint-
Hilaire explique comment les choses se
sont passées:
L'Europe avait sauvé de la Turquie ce qui
pouvait en être sauvé. Certains territoires en
avaient été détachés par la guerre. D'autres
étaient dans une situation telle qu'il fallait
prendre certaines mesures si on voulait em-
pêcher l'incendie de se rallumer.
Il importe de remarquer la différence qui
existait entre la situation de la Grèce et celle
du Montenegro.
Le- Montenegro avait pris part à la guerre.
Deux fois il avait été vaincu; mais, la troi-
sième fois, il s'était 'saisi de territoires qu'il
occupait au moment delà paix. Ces territoires
étaient occupés en même temps par les Alba-
nais, et l'Europe, ne voulant pas que le sang
coulât de nouveau, a fait un échange de ter-
ritoires.
Il n'y avait rien de pareil pour la Grèce, à la-
quelle l'Europe ne pouvait donner ni l'Epire
et la Thessalie,nila Crète,qui n'appartenaient
pas à l'Europe.
Mais elle pouvait parfaitement faire la dé-
monstration navale, pour assurer au Monte-
negro un échange légitime de territoire.Quand
je suis arrivé aux affaires, la démonstration
navale était commencée. 1
Fallait-il nous séparer du concert européen
et déclarer qu'après avoir été à Berlin, nous
nous séparions des autres puissances, au
moment où celles-ci cherchaient à faire exé-
cuter leurs décisions par une pression morale;
car, ïnalgré ce qu'on en a dit, la démonstra-
tion navale n'était pas autre chose. (Très bien!
très bien !)
Il aurait été dangereux et blâmable de nous
refuser à la démonstration navale. Nous y
sommes entrés avec toutes les réserves qu'a
indiquées M. Lamy, Nous étions allés au con-
grès de Berlin ne pouvant permettre qu'on
modifiât si profondément, sans nous, les trai-
tés de 1856, que nous avions signés.
Le concert européen a été une grande
chose il a rendu à la paix européenne dt
très grands service; et son maintien est te
meilleure garantie de la paix générale. (Trè.
bien! très bien !)
Je ferai donc tout ce qui dépendra de moi
nour rester dans le concert européen Tr^s
3 février..
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