Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1873-02-24
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 24 février 1873 24 février 1873
Description : 1873/02/24 (Numéro 55). 1873/02/24 (Numéro 55).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO i- LUNDI 24 FÉVRIER 1873
__1 ,-=: u,-
-1.' -rr.ot'
me.'nt d'unesomme de 18,750 francs, cour hono-
raires affôrant à des affaires plaidas en 1862 et 1
1870.
Naturellement la gauOtte radioale a protesté
contre cette demande. L'argument de M. Nadaud
est curieux il ne comprend pas une pareille
revendication de la part d'un homme qui a tant
profité du régime impérial.
Il ne s'agit pas, a riposté un membre de la
droite, de savoir si M. Busson-Billaut a profité
de l'empire, mais si sa demande est fondée.
Là-dessus vive" discussion, après laquelle la
réclamation de M. Billaut a été renvoyée à la 1
commission des anciens comptes.
LA BANDE DES CASQUETTES NOIRES
Personne n'est encore admis ». voir le k capi-
taine » Gellinier, qui est, cela va sans dire, au
secret le plus absolu. Jusqu'à présent, il ne s'est
pas démenti de son cynisme, et sifflotte conti-
nuellement entre ses de^s;' pendant qu'on l'a-
menait à Mazas, il redonnait un couplet d'une
horrible çhanso^ commençant par, cas vers
Faut suriner les panlrcs
A coups d'couteaux dans l'ventre,
Et crever d'coups d'marteaux
La sorbonne'aux râteaux!
Les rateaux, ce sont les sergents de ville. Il
se plaint fort de la nourriture de la prison, et
déclare qu'il a l'habitude de l'a bonne chère. Il
̃continue à faire-par ci par là quelques révéla-
tiens. Son plus grand plaisir est d'être conduit
par un commissaire de police aux domiciles des
individus dénoncés par lai. Il paraît que ces pro-
ménades l'amusent considérablement.
Gellinier était, pendant l'investissement de
Paris, employé à l'ambulance du tnéâtredes Va-
riétés, ambulance qui était tenue par M. Hame-
lin, propriétaire du café des Variétés. On n'était
pas trop mécontent de lui.
Au mois d'avril, pendant la Commune, il entra,
'en qualité de garçon de salle, au cabinet de lec-
ture du passage Jouffroy; mais il n'avait aucun
goût pour le travail, faisait très mal son ser-
vice, si bievi qu'on dut le renvoyer après une
quinzaine de jours.
On aurait peut-être patienté un peu plus si
ce pré/doce malfaiteur n'avait laissé voir claire-
nîerjt qu'il avait des dispositions pour la rapine:
n1i soir, il s'empara d'une petite boite contenant t
trois francs en menue monnaie. Il la rendit le
lendemain sur les vives remontrances qui lui
furent faites mais ce larcin, quoique insigni-
fiant, décida de son renvoi.
Gellinier avait conservé une carte d'ambulan-
cier dont il se servit, au plus fort de la Com-
mune, pour sortir de Paris.
Ajoutons, pendant que nous parlons de lui,
qu'un de ses. cousins-vient de s'enfuir d'une
maison de correction et d'être repris.
Les autres ont des tenues fort diverses. Ceux
qui ont moins de seize ans semblent fort rassu-
ïés, et sont convaincus qu'ils seront "simple-
ment enfermés. dans une maison de correction.
Mais les autres, les majeurs, savent quelle ter-
rible responsabilité pèse sur leurs têtes, et sont
plor.gés dans un abattement profond.
Nous croyons savoir que l'instruction de cette
̃affaire durera un mois au moins; ce n'est donc
pas avant le milieu d'avril que la bande des
casquettes noires passera devant la cour d'assises
de la Seine. Le nombre des témoins est énorme
en effet. de
Rectifions une erreur qu'une transposition de
lignes nous a fait faire hier. Nous avons ra-
conté un vol commis chez un changeur de la
rue Richelieu, par les nommés Trompe-la-Mort
et Verdao-Galdet. Or, c'est le volé qui se nomme
V Verdan-Gallet.
Hier, à neuf heures et demie du matin, des
expérienèes de locomotives ont eu lieu sur le
chemin de fer, système Larraanjat, établi entre
les places de Chaillot et du Roi de Rome.
Les corbeaux de la. forêt de Fontainebleau
vont passer un triste dimanche gras. On a orga-
nisé pour aujourd'hui un massacre général dans
les chers déserts de Louis XII.
L'an passé, on en a exterminé plus de 1,500
dans une seule battue; on espère faire mieux
cette année. •• ̃
Savez-vous de quels crimes sont coupables
les malheureux corbeaux dont on fait des héca-
tombes ? Ils purgent la terre de petits reptiles,
de petits rongeurs et d'insectes nuisibles a U*
aricultui'e. ^^»
Tous les paysans vous diront qu'un seul cor-
beau détruit -par jour une douzaine de musa-
raignes, de vers blancs, de chenilles ou de cour-
tilières. Quinze cents corbeaux débarrassent
donc les cultivateurs d'environ Stac mitions de
bûtes nuisibles-toupies ans.
fit on les cxtormine sous prétexte qu'ils man-
«e«t, quand la faim tes presse, un peu do blé,
tanelTiues glands etquelques noix!
C'était bien 4a peine de les classer parmi les
.•animaux utiles! ̃' •
•̃
Aujourd'hui est attendu à Paris l'homme le
plus c airvoyant du monde. Il se nomme Jean- <
Marie Trubel. ̃ 1
II paraît que ce Jean-Marie Trubel est doué i
d'une puissance visuelle extraordinaire. Nous
ne dirons pas qu'il aperçoit les étoiles en plein i
midi, parce que chacun peut en faire autant, en ]
regardant an fond d'un puits, mais il distingue
les plus menus objets à des distances considé-
rables.
Jean Trubel est capable voir les quatre lunes
de Jupiter et les deux anneaux de Saturne, qui
sont cependant assez loin dans la profondeur
de l'empyrée. ̃
Cet homme est un vrai télescope vivant et
pourrait remplacer, à l'Observatoire de Paris,
les plus fortes lentilles avec économie. Il est
âgé de vingt-deux ans seulement, robuste.'bien
portant et capable de fournir une longue car-
rière astronomique. 1 1 Il
Il vient à Paris pour se faire examiner par un
de nos principaux médecins.
r
Un accident déplorable -tat* arrivé hier rue
Oberkampf. ̃ -̃̃ ̃> 1>
Un enfant de six ans, la jeune Marie Boudry,
a été renversée par l'omnibus n° 252, lettre 0,
de Ménilmontant à la Chaussée du Maine. Elle
a eu la poitrine écrasée par une des roues et est
morte sur-le-champ. ̃' .«*
Le cadavre de lapauvre petite a^eté'transporte
au domicile des parents, rue Môï-et, n° 25.
Cela fait, depuishuit jours, bien des accidents
qu'occasionnent les omnibus.
Deux incendies dans la journée d'hier.
Rue Rebéval, 38, dans le logement du sieur
Deverly, fabricant de chaussures, un enfant de
trois ans a renversé une lampe à pétroley et le
liquide enflammé a failli incendier la maison.
Les voisins accourus ont éteint le feu, mais le
pauvre enfant a été grièvement brûlé aux mains
et au visage.. 'U
A onze heures du soir. à l'angle des rues Fes-
sard et de la Villette, le fou a pris dans un gre-
nier à fourrage appartenant au sieur Choron,
boucher. L'incendie a été maitrisé5par lesponi-
piens du poste de la-rue de la Marre, aidés par
un détachement du 54e de ligne.
Passons au chapitre des suicides'.
La femme Lécuse, âgée de,e3,ans, a été trou-
vée morte hier dans son domicile, rue de Cha-
renton, 141. Elle s'était asphyxiée.
Ce suicide est attribué à un accès d aliénation
mentale.
Nous avons parlé hier de la singulière décou-
verte faite par un matelot'du bateau-omnibus
n° 14, qui avait retiré de la Seine les débris d un
cercueil.,
Hier matin, à onze heures, le sieur Comparât,
marchand de vins, quai d'AuteniJ/SOi a repêché
'dans le- fleuve une planche «maculée de sang,
répandant une odeur putride, et qui, d après les
constatations de M. le commissaire de police, fait
partie du même cercueil.
Quel drame cachent ces deux trouvailles ? 1
Nous avons vu hier l'objet qui sera la mer-
veille de l'Exposition universelle de Vienne >
c'est une montre en cristal de poche.
Elle a coûté trente ans de travail a un ouvrier
mort il y a déjà de nombreuses années cet
ouvrier s'appelait Rebeller .et-, travaillait dans
les ateliers de Bregtiet l'ancien. Il conçut un
iouc la folle idée de construire une montre, dont
..T;W'
toutes l9s parties seraient en cristal de roche,
îûoins le tfrftnd ressort bien entendu.
ïllnït trente ans à la confectionner, comme
nous l'avons dit toutes les pièces en cristal sont
tenues par dès vis, également en cristal de
roche, et la montre est à .échappement Dupleix,
un des plus difficiles à établir.
Pendant qu'il exécutait ce projet-fou, il de-
vint éperdùment amoureux d'une jeune fille
qu'il épousa et à laquelle il légua en mourant
ce merveilleux bijou qu'il estimait 50,000 francs.
Madame Rebeller,, hé" voulut jamais s'en dé-
faire elle mourut d'une façon tragique un
jour qu'elle allait garnir de fleurs )a tombe de
Rebeller, elle fut écrasée par le cheval d'un
garde municipal..
Un des grands horlogers de Paris vient d'ac-
quérir de ses héritiers cetteœuvre de patience
et de recherche il va l'exposer à Vienne où
elle représentera dignement l'horlogerie fran-
çaise elle' est cotée pour la vente 10,000 fr.
Nous engageons le possesseur de ce travail
unique à la livrer, avant son envoi en Autriche,
à la curiosité des Parisiens dans l'un des ma-
gasins du Palais-Royal.
Plusieurs personnes nous écrivent pour nous
donner les noms de divers parents de M. Hus-
son, tous placés dans l'administration munici-
pale par l'ex-secrétaire général de la préfec-
ture de la Seine
Nous remercions nos correspondants au nom
de M. Husson mais, jugeant suffisamment lon-
gue la liste déjà publiée par le Figaro; nous
nous arrêtons là. Nous ne voulons pas effarou-
cher la modestie de cet excellent beau-père,
de cet oncle modèle, de ce cousin sans pareil,
de ce parrain unique, de cet épique administra-
teur qui, non content de se donner tout entier à
la Ville de Paris, a consacré à son service tous
les siens sans exception.
Gaston Vassy.
4
BOITE AUX LETTRES
Monsieur le-frédacteur,
J'ai recours à l'immense publicité du Figaro
pour" rectifier certaine assertion d'un journal
quotidien: Jamais l'administration des Postes n'a
donné à aucun industriel laconcession des cartes
postales-annonces. Le ministre des finances, en
date du 29 janvier, autorise l'insertion des
annonces sur les cartes postales; j'ajouterai que,
depuis doux jours même, il se vend à' Paris une
quantité considérable de ces mêmes cartes-
annonces au prix réduit do cinq centimes.
Recevez," etc. AD. DE carnage.
4.
PETITE GÂZETTB
Les Yeux verts, histoire fantastique de M. de
Saint-Georges, publiée par le Figaro, où elle a
été si vivement appréciée, parait aujourd'hui à
la librairie de Dentu, ait Palais-Royal. Nous ne
doutons pas que le succès du livre no dépasse
encore celui du feuilleton.
Ca ves «<««»> du Grand-Hôtel
Dépôt de vente des Vins, 12, Bd des Capucines
LIVRAISON IHMÉDIATB A DOMICILE
̃r_ +.
GAZETTE DES TRIBUNAUX
Epilogue do l'affaire do la rue de Suresnes.
Le tribunal a rendu hier son jugement.
La Rondy a été condamnée à deux ans de
prison et à 400 francs d'amende la Strau-
sack à treize mois et 300 francs là Brocard
à huit mois et 100 francs; le doux Eppinger
à huit mois et 100 francs; enfin la Lambron,
celle qui livrait sa fille, à trois ans de pri-
son, à 500 francs d'amende, et à la privation
pendant dix ans de la curatelle de son en-
fant. M.'Odiér est acquitté c'était prévu.
L'opinion générale est que c'est là une
sentence sévère. En effet, sauf la1 Lambron,
les différents personnages de ce procès n'a-
vaienUsur la conscience que d'avoir exploi-
té des filles majeures souvent, et quelque
fois des mineures qui n'avaient pas grand'-
chose à apprendre. On a vu quelle tenue
elles ont eue à l'audience. Il est donc bien
difficile de croire qu'elles ont été corrom-
pues par les proxénètes de la rue de Sures-
nes. Ce sont tout simplement dé petites co-
quines qui allaient faire payer très cher leur
jeunesse chez la Rondy, et quelle jeunesse
)eux d'entre elles, l'une de dix sept ans,
l'autre de dix-neuf, sont déjà mères, de fa-
mille. ̃
̃̃̃̃̃'̃ ̃̃ •% '̃_
Il nous revient que la préfecture de* police
est décidée à se montrer très sévère, à l'ave-
nir, sur la question de la prostitution. On an-
nonce qu'après le carnaval elle fera des des-
centes dans tous les hôtels garnis, dans tou-
tes les tables d'hôtes interlopes, dans tous, les
bals publics, voir.e même dans certaines
agences matrimoniales. Vraiment, ce siècle
prend des allures de vertu bien comiques l
S'il est vrai que la République, et M. le pré-
fet de police prétendent restaurer les bonnes
mœurs en France, je les félicite de leur
louable intention;, mais;1, je crois qu'ils
n'y arriveront pas, et, par. dessus le mar-.
ché, je soutiens qu'ils agiront contre l'in-
térêt général. ̃
La prostitution est un mal nécessaire. Rer
glementez-la, mais ne la combattez pas. Au
point de vue moral, elle est indispensable,
dans une grande ville. Au point de vue éco-?
nomique, si elle n'existait pas, il faudrait
l'inventer. Supprimez la courtisane et r vous
aurez le vice au sein même de 'la fâmiiîë,-
Vous aurez la séduction ,d riées, la prostitution clandestine de la jeune
fille, le fils cherchant à corrompre toutes les
femmes qui entourent sa mère. Dans certai-
-nes villes collet-montées, à Rome, par exem-
pie, où la prostitution est interdite, oii la
police refuse de la reconnaître, vous avez un
tel désordre de mœurs qu'un cardinal a pu
dire un jour à un général français ce mot
resté célèbre :« Mon1 général, vous deman-
dez qu'on établisse pour vos troupes certains
établissements ? mais vos soldats peuvent
entrer au hasard dans n'importe quelle mai-
son de Rome 1 Cet exemple bien connu est
plus concluant que tous les raisc-anements.
Au point de vue écononique, la prostitu-
tion, à tous les degrés, est un aliment consi-
dérable à la moitié des industries de grand
lux,e qui ne vivent que par celui des demoi-
selles à la mode, luxe qu'elles ont réussi a
imposer, pour ainsi dire, aux femmes hon-
nêtes. Mais, dira-t-on, l'administration est
d'accord avec vous là-dessus seulement,
elle veut réglementer, la prostitution, et cela
dans l'intérêt public. Qu'on ne s'y trompe
pas, l'administration est impuissante en pa-
reil cas.Il n'y a à Paris que 4,000 femmes.ins-
crites, soumises à ses réglements or, il
existe dans la capitale 90,000 femmes dont
le métier est de faire des heureux.
̃ ̃ ̃ ̃
#*#
II faut donc se montrer moins sévères pour
une plaie sociale qui est la marque du point
où est arrivée notrecivilisation. Si nous étions
un peuple pauvre, nous aurions peut-être
moins de vices. Ce qu'il nous faut, ce n'est
pas de prendre des airs de vertu sans être
vertueux, c'est de chercher ailleurs que chez
les femmes la cause du libertinage qui, j'en
conviens, devient envahissant. Elle est, je
crois, bien plutôt dans le désœuvrement des
hommes. Le jour ou les familles inculque-
ront une bonne fois à leurs enfants la no-
tion du travail et du devoir, ce jour-là, nous
deviendrons plus vertueux, plus sérieux, et
l'on ne verra pas tout Paris courir à la police
correctionnelle pour entendre juger trois
vieilles femmes qui ont « fait des rendez-
vous. » Fernand de Rodays.
̃̃
LA BOURSE
r On ne (éi'me pas dans les plus hauts cours,
mais on reste encore en hausse sur la veille.
La spéculation est insatiable. Elle veut al-
ler de l'avant quand même. Elle veut entas-
ser bénéfices sur bénéfices, prendre revan-
ches sur revanches.
Jusqu'ici elle a eu tous les bonheurs. Tout
lui a réussi à souhait. Elle a tourné heureu-
sement toutes les difflcultés-et franchi non
moins heureusement tous les obstacles.
De 55 10, elle a porté la Rente à 56 65
de 90 35, elle a poussé l'Emprunt à 91 25,
soit à 92 50, en tenant compte du coupon dé-
taché;- de 8710, enfin, elle a mis le libéré à
89 francs.
Et tout cela, depuis la liquidation! 1
Tout cela en vingt jours i
Certes, voilà une campagne qui a été me-
née tambour battant, mèche allumée; une
campagne qui doit satisfaire les plus diffi-
ciles, contenter- les plus exigeants.
Si nous en restions là, hein?
Si nous nous appliquions à consolider,
mais sérieusement, les cours acquis ?
Si, tenant compte des événements poli-
tiques et peut-être financiers qui peu-
vent surgir à nouveau, nous nous canton-
nions dans les forteresses que'nous venons
de prendre, et nous laissions passer la liqui-
dation avant de songer à entreprendre de
nouvelles affaires ? g
Cela serait très prudent, ce me semble.
Evidemment, nous ne sommes pas arrives à
l'apogée de la hausse. La situation générale
mérite une capitalisation devotre crédit à des
cours encore supérieurs aux cours actuels
mais nous avons marché tellement vite,
qu'un peu de reposest devenu nécessaire.
Et puis, il faut tenir compte de la situation
de la place; il faut tenir'compte de la liqui-
dation qui s'avance, des reports, des livrai-
sons qui peuvent avoir lieu, des réalisations
énormes qui continueront de se produire.
Tout veut qu'on s'y arrête.
C'est ainsi, du moins, que raisonnent cer-
taines puissances financières.
Les primes fin mars ont encore été deman-
dées, et à des écarte très tendus. On a con-
fiance dans la hausse et l'on opère en consé-
quence. •
La Rente italienne a baissé; Mauvaise si-
tuation financière, là-bas. La lèpre du papier-
monnaie dévorera l'Italie, si l'on n'y prend
garde. Toutes les banques d'émission conti-
nuent d'augmenter leur circulation sans te-
nir compte de l'agio de l'or. La Banque ro-
maine, par exemple, a 45 millions de billets
en circulation pour un capital de 5 millions 1
Il n'y a que la Banque nationale qui soit li-
mitée, et c'est fort heureux pour elle.
La Banque franco-égyptienne a tenu son
assemblée. Le dividende a été fixé à 40 fr.
par action. Les administrateurs sortants ont
été réélus.
La Banque populaire espagnole maintient
les cours de ses obligations., Les porteurs de
la série R vont pouvoir remplacer à 350 ce
qui leur est remboursé à 500 francs. Ces ra-
chats seront probablement suivis d'une re-
prise, surtout si les nouvelles d'Espagne sont
favorables. ''̃
La Société des dépôts vient de fixer à 7 50
le complément de dividende à distribuer en
mai. Chaque action libérée de 125 fr. aura
donc touché 15 fr. de dividende pour l'exer-
cice 1872.
La Banque de France est très discutée. Il
y a sur le marché un certain nombre de titres
flottants qui arrêtent les cours dès qu'ils pa-
raissent devoir s'élever au-dessus de 4,500 fr.
La Banque de Paris so'tient assez bien. On
a parlé, ces jours derniers, d'une très grosse
vente d'actions.
Le Foncier fait bonne contenance.
Le Mobilier et la Générale sont fortcalmes.
Chemins français très solides. Les capitaux
reviendront à ces valeurs quand les fonds
publics seront arrivés à leur niveau.
Les valeurs de Suez ont monté. On assure
qu'elles monteront encore. Nous avons dit
qu'il ne fallait pas être vendeur à découvert
de Suez. •.
Les Ports de Cadix se traitent aux envi-
rons de 62 50. Le Foncier suisse fait 400, le
Honduras est aux environs de 97 50.
Les Obligations des Chemins français sont
très fermes. Les Obligations de la Ville, 1871,
tendent évidemment à la hausse.
En résumé, la semaine a été des meil-
leures. La spéculation peut prendre vingt-
quatre heures de repos. Elle les a bien ga-
gnés. Paul Btu-y.
Paul Bury.
PETITE BOCB SB DU SOUL
3 0/0 56 52, 55, 50, 52, 53, 55.
Emprunt nouveau 91 05, 02, 05, 91, 10, 07.
<.
CHRONIQUE MUSICALE
'( Fr~ c~1--
Folies -Dramatiques. La Fille de madame
Angot, opéra-comique en trois actes, paroles
de MM. Clairville, Siraudin et Victor Koning,
niusique-.de M. Charles Lecocq.
tt j» L__« « n +VirtAtv»A ^n nAO iizsct TOTTOllY'G
Lia IOrtUllo au mcai/io ix.a jjïxo <*»^»3 iutwuiw u
moins étranges que ses caprices En se don-
nant ou en se refusant à demi, elle peut, au
lieu d'une réputation, faire une épigramme.
Qui de nous connaît le citoyen Aude ou a
entendu prononcer son nom? Mais qui de
nous ne s'est point familiarisé dès la jeunesse
avec un personnage légendaire entré dans la
vie réelle, celui de l'immortèl Cadet Roussel?
Eh bien c'est pourtant Aude, « l'oublié et
« le dédaigné, » que-Monselet lui-même
devait oublier dans sa piquante galerie
des illustres inconnus de la dernière moitié
du dix-huitième siècle, c'est le citoyen
Aude qui a popularisé Cadét Roussel à la
scène Mieux encore en 1798 le théâtre de
l'Ambigu était bien malade; la direction aux
abois engage un bouffon qui faisait la pluie
et le beau temps au boulevard, le comédien
Corse. C'est bien. Mais qui fera un vêtement
dramatique à ce farceur illustre Aude est
appelé à la rescousse; Aude écrit Madame
Angot au sératt de Constantinople, et pour voir
et applaudir la plaisante figure de, Corse
sous le bonnet de cette héroïne de la halle,
la foule accourt. Deux cents représentations
de suite de cette farce, salée jusqu'à empor-
ter la g.bouche, du père de Cadet Roussel,
ne satisfirent qu'à grand'peine la curiosité
des Parisiens. Trois acteurs firent sans enri-
chir l'auteur un succès formidable aux piè-
ces que ce joyeux compère improvisait inter
pocula (que l'on peut à la rigueur traduire
entre deux vins); ce furent Beaulieu, Corse
et plus tard Brunet, tour à tour le Jocrisse de
Dorvigny ou le Cadet Roussel d'Aude sur les
deux scènes que ce niais populaire a illus-
trées. »
Empruntant à l'épicurien oublié le titre
Emp de ses p s ièces et donnant â
d'une de ses meilleures pièces et donnant à
madame Angot une fille née au sérail du
grand seigneur, les auteurs de l'opéra-co-
mique joué aux Folies ont écrit à leur ma-
nière un chapitre de l'histoire intime du Di-
rectoire. Ils ont mêlé à leur fiction deux per-
sonnages réels la célèbre comédienne-cour-
tisane mademoiselle Lange et le poëte-
chansonnier Louis-Ange Pitou. Mademoi-
selle Lange (ce n'était point là un nom de
théâtre et de boudoir, quoi qu'en dise la
pièce) à bien pil égarer son caprice au bal de
Calypso elle a couru tant d'autres aventu-
res-! Mais je doute fort que l'hômmê qui
composait des couplets contre le gouverne-
ment de Barras et les chantait en pleine rue
avec une vogue qui alarma si fort la police
du Directoire, ait jamais songé à mener de
front une double propagande en politique et
en amour. Le chansonnier royaliste et réac-
tionnaire eût été surpris tout le premier de
passer pour un Richelieu des salons et des
guinguettes de son époque mais comme il
n'aurait pu être que flatté de la méprise,
laissons-le régner sur le cœur de la comé-
dienne et de la fleuriste
**#
Je demande au lecteur la permission de ne
point le promener à travers les incidents et
les surprises de la pièce de MM. Siraudin,
Clairville et Victor Koning. Ce serait faire
beaucoup de chemin pour revenir au point de
départ. Clairette Angot a été flancée au per-
ruquier Pomponnet par ses pères et mères, les
Forts et les Poissardes de la Halle mais
comme elle a un faible pour le chanteur des
rues Ange Pitou, voulant se donner à l'a-
mant en échappant au mari, au moment de
prendre, le bouquet de fleurs d'oranger au
sein, la tète du cortège nuptial,. Clairette se
fait mettre en prison en chantant des cou-
plets nouveaux très sarés d'Ange Pitou con-
tre Barras, mademoiselle Lange et le fournis-
seur La Rivaudière. C'est ainsi que s'engage
l'action au lever du rideau. Attendez! Souvent
femme varie et mademoiselle Angot imagine
de mystifier au dénoûment son amie la comé-
dienne, la Rivaudière et jusqu'à Ange
Pitou lui-même, afin d'éconduire l'amant
dont elle ne veut plus, pour prendre
le mari dont elle ne voulait pas. Je supprime
l'entre-deux, c'est supprimer la pièce, d'ac-
cord mais je vous engage à aller la voir
vous, les auteurs et moi, nous ferons tous
une bonne affaire. 'Non que je veuille vous
surfaire le mérite de la fleuriste Clairette, la
fille digne en tout point de madame sa mère
s'il faut dire ce que j'en pense, entre nous je
trouve que mademoiselle Angot, en perdant
un peu de l'accent maternel, gagnerait en
grâce à ne point, parler aussi crûment la lan-
gue de Vadé et à ne pas porter aussi souvent
la main à son chignon et à son bonnet. A
cela les auteurs seraient en droit de me ré-
pondre « Nous sommes au bon temps de la
» Halle; il faut bien en dégoiser les jurons et
» en peindre les mœurs. » Ils pourraient
même ajouter, et ils auraient deux fois rai-
son « Nous, sommes aux Folies-Dramati-
» ques où le réalisme du duo poissard chanté
» par mesdemoiselles Paola Marié et Desclo-
» zas, bien loin de provoquer des nausées, a
» soulevé au contraire des bravos frénéti-
» ques et provoqué un bis formidable. Ce
» qu'il y a de mieux dans notre pièce, c'est
» assurément, au deuxième acte, le tableau
» très pittoresque et très plaisant de la so-
» ciété révolutionnaire et d'un bal sous le Di-
» rectoire.,Ce tableau a beaucoup réussi;
» mais le grand succès de la Fille de madame
» Angot, ce pourrait bien être, quoi que vous
» en puissiez dire, le duo de geste chanté au
» troisième acte par Clairette et sa commère
» mademoiselle Lange. »
La musique de M, Charles Lecocq a les
qualités de bonne humeur propre aux gens
et au cadre auxquels le compositeur a adapté
ses inspirations. C'est une succession de mo-
tifs chantants, vifs, rapides, heureusement
venus, facilement écrits, et dont l'effet est
'certain sur l'oreille paresseuse d'un audi-
toire français. Ce public trop spirituel pour
être sensible demande à la musique du plai-
sir sans peine, les caresses de la courtisane
et non l'amour de la vierge. Je me hâte d'a-
jouter que le sujet traité par le musicien
exigeait de son talent dont je fais cas une
grande dépea^e de verve, en le tenant quitte
du reste. Pendant trois actes de musique, M.
Charles Lecocq s'est tenu constamment en
haleine, s'il ne s'est pas tenu toujours en
garde contre la vulgarité c était pour mi
l'écueil d'avoir à traduire en notes joyeuses
le catéchisme poissard l'essentiel est qu'en
tournant les pages de ce catéchisme, il y a
cousu çà et là de jolies pages d'un ton absolu-
ment différent. Il y a de la franchise dans les
deux chansons du premier acte, deux satires
contre la politique du Directoire, l'une dite
avec beaucoup d'accent par mademoiselle
Toudouse-, l'autre chantée avec beaucoup de
verve par mademoiselle Paola Marié. Si l'o-
pinion d'une salle de spectacle est l'expres-
sion sincère du. Suffrage universel (et ce
doit l'être), ce suffrage spontané, chaleu-
reux, unanime, a tranché dans le sens le
plus monarchique la question à vider un
jour entre la Royauté et la République,
après ce refrain de la chanson dans laquelle
une dame de la Halle, faisant le bilan de la
Révolution, s'écrie
C'n'était pas la peine
De changer do gouvernement.
Toutes les mains ont battu, et le public a
redemandé à grands cris le couplet et le re-
frain de circonstance. N'oublions point que
ceci s'est passé dans un théâtre populaire,
s'il en fut jamais On-a applaudi, au deuxiè-
me acte de la partition de M. Lecocq, un joli
chœur de femmes, .celui des muscadines réu-
.nies chez la citoyenne. Langé; le duo chanté
par celle-ci et son amie Clairette le chœur
des conspirateurs, qu'on a fait répéter et qui
sera populaire, s'il ne l'est déjà; et, sur la
1. _1.
conclusion ue cei aoie si uoureui, ia tawo
chantée et dansée qui fait tourner la conspi-
ration royaliste avec les hussards républi-
cains d'Augereau. J'allais oublier un acteur
qui'a fort ému les spectateurs; c'est un ri-
deau qui a flambé au milieu du bal. Comme
tant d'autres comédiens, il n'aura brillé
qu'un instant!
Je citerei au troisième acte le duo bouffe
des deux poltrons jouant à la bravoure et un
trio plein de vivacité entre Clairette, Pon-
ponnet et la Rivaudière. Quant au duo final
des poissardes, je ne me ferai point le com-
plice du délire qu'il a provoqué.
Mademoiselle Paola Marié (Clairette) a!
une jolie voix, un jeu naturel, intelligent,]
mais qu'il faudrait retenir sur la pente de la
trivialité où glisse la comédienne. J'engage- i
rai aussi la jeune chanteuse des Folies, si
elle tient à ne point altérer un peu trop vite
la limpidité de ses cordes vocales, à ne pas
risquer davantage son organe agréable mais
un peu faible dans la tradition du chant de
Thérèsa.Cela dit, je m'associe sans réserve au
succès obtenu par la troisième fille du chan-j
teur Marié. Mais je proteste contre celui de
mademoiselle Desclozas. Le petit chevrote-
ment de la chanteuse, le jeu prétentieuse-
ment faux de l'actrice sont également fati-
gants, et quand le public applaudit l'un et
l'autre, au risque d'être seul de mon avis, je
lui crie «Public, tuas tort! Les rôles (côté
des hommes) sont tenus avec une faiblesse
excessive. Voilà un succès pour Milher, qui
n'a pas de rôle dans la pièce nouvelle, et sur
lequel l'acteur si aimé à ce théâtre ne comp*-
tait pas. La Fille de madame Angot va conti-
nuer les grandes soirées à'Abélard etHéloïse.
Bénédict,
tOUlRlER DES î iTHEATAES-
Aujourd'hui, dans l'après-midi
Au Cirque, concert populaire sous la direc-
tion de M. Pasdeloup;
A la Gaîté, le Bourgeois gentilhomme, précédé
d'une conférence par M. Emile Deschanel
Au Théàtre-Cluny, représentation au béné-
fice, de M. Vallois, régisseur de ce théâtre
A la Tour d'Auvergne, représentation par les
éîèYes de M. Talbot.
Le soir
A l'Opéra, par extraordinaire, Faust
A la salle des Conférences, 39, boulevard des
Capucines, soirée de famille littéraire et musi-
cale, sous la direction de M. Alexandre Le-
moine.
Le concert donné par la Société des Concerts,
sous le patronage de madame Thiers et avec le
concours de M. Faure, au bénéfice des amputés
de la guerre, aura lieu aujourd'hui au Conser-
vatoire de musique.
L Cette séance étant donnée en dehors des con-
certs de l'abonnement, toutes les places qui
n'auraient pas été retenues d'avance seront li-
vrées au public.
Ce n'est pas la Jeanne d'Arc, de M. Mermet,
dont l'audition a eu lieu mardi dernier à l'Opé-
rà, c'est l'Esclave, de M. Edmond Membrée.
Les principaux rôles étaient chantés par ma-
demoiselle Fidôs-Devriès, madame Nivet-Gre-
nier, MM. Sylva, Gaillard, Caron et Hayet, plus
les chœurs de l'Opéra au grand complet, sous
la direction de leur illustre chef, Victor Massé.
Un peu plus, les représentations de l'Aïeule
étaient interrompues, hier, en plein succès, par
suite d'une indisposition assez grave de Pierre
Berton.
Le sympathique artiste a bel et bien failli
être empoisonné, non pas par là terrible douai-
rière, ainsi qu'on pourrait le croire, mais par
une cuisinière maladroite, qui avait négligé de
nettoyer à fond une casserole de cuivre.
Fort heureusement, il en a été quitte pour la
peur et pour plusieurs heures de souffrance, et
son service n'a pas été interrompu.
1*1*
L'Odéon a commencé hier à délivrer dos cou-
pons pour le premier concert national du di-
manche 2 mars, et il a mis en pratique, à cette
occasion, une idée lancée, il y a quelque temps
déjà, par le Figaro
Chaque billet porte au verso le plan numéroté
de la salle, de telle sorte que le spectateur peut
savoir exactement, et sans le secours de l'ou-
vreuse, où est située la place qu'il a le droit
d'occuper.
On a annoncé que MM. Théod. Barrière et
Poupart Davyl avaient retiré leur Gascon du
théâtre du Châtelet. La lettre un peu dure de
l'auteur des. Parisiens, que nous avons publiée
l'autre jour, laisse bien supposer que la distri-
bution de ce drame a fait naître des discus-
sions.
Il parait que l'engagement de mademoiselle
Dica-Petit a fait surgir de nouvelles complica-
tions madame Lacressonnière ayant réclamé ce
rôle de par son droit. directorial.
Que résultera-t-il de ce conflit ? je vous le di-
rai tout en espérant que la chose s'arran-
gera Sinon, le Châtelet serait voué aux re-
prises et ce serait dommage!
Contrairement à ce que nous avons dit hier,
la comédie que MM. Gondinet et Deslandes ter-
minent pour le Vaudeville sera jouée seule à ce
théâtre, c'est-à-dire sans l'appui d'un lever de
rideau elle a quatre grands actes.
Quant à le Jeuri'en vaut pas la chandelle, c'est
un acte de M. Deslandes où, paraît-il, M. Gon-
dinet n'est pour rien. s
-M. Larochelle vient de reprendre son rôle
dans Séraphine, qui continue à faire de belles
recettes à Cluny.
M. W. Stuart, qui avait remplacé son direc-
teur dans le personnage de Planterose, jouera
celui de Montignac, lorsqpe M. Munié, du Vau-
deville, retournera rue de la Chaussée-d'Antin,
pour y créer un des rôles du Plùtus, de MM.
Millaud et Jollivet.
Le petit théâtre des Fantaisies-Pigalle a du
retarder son inauguration pour cause de déco-
rations à terminer. Elle aura lieu après les jours
gras. Nous ferons connaître la composition du
spectacle et de la troupe, que l'on dit formée
d'excellents éléments empruntés ou enlevés à
nos llHJaues ue gouiu.
Une dépêche de Chartres nous apprend que
mademoiselle Duverger a eu beaucoup de suc-
cès dans cette ville en y jouant la Femme d Claude. Mais les détails me manquent encore
sur l'impression produite par la pièce.
On nous écrit de Lyon
Les représentations d'Hamlel sont suivies
avec assiduité et cela tient à la bonne exécu-
tion de cette œuvre habilement conduite par M.
Mangin, chef d'orchestre. Les deux principaux
acteurs ont eu, à tour de rôle, une ovation bien
méritée.
Dernièrement, M1. Péront recevait une palme
d'or; vendredi, après le quatrième acte, les
abonnés du Grand-Théâtre offraient à mademoi-
selle Albery un riche bouquet de fleurs artifi-
cielles, autour duquel on pouvait lire le nom
d'Ophôlie,"inscrit en boutons d'or.
C'est sur notre scène lyonnaise que cette ar-
tiste joue ce rôle pour la première fois, et elle
a enlevé tous les suffrages. Espérons que notre
directeur des théâtres saura faire les sacrifices
nécessaires pour nous conserver le plus long-
temps possible une chanteuse qui est aussi sym-
pathfque.au public. Jules Prével.
LA SOIRÉE THÉATRALE
La Fin du Monde à Déjazet. Reprise de
urou-rrou.
La Fin du Monde, une revue dans un
théâtre qui se trouve au bout du monde, au
théâtre Déjazet. Cela n'a pas fait courir tout
Paris, comme vous pensez. Du reste, en sa qua-
lité d'ancien directeur du théâtre Saint-Pierre,
M. Dechaume a tenu les clefs du paradis ce qui
explique la grande affluence de pâles jeunes
hommes à casquettes de velours, qui passent les
entr'actes à ouvrir des portières et à ramasser
des boTits de cigares sur les boulevards.
Pourtant, au milieu de l'orchestre dont plu-
sieurs rangées sont dégarnies de spectateurs et
dans les loges, j'ai vu MM. Grévin, Cogniard et
son inséparable Marot; l'intègre Sarcey qui
avale consciencieusement jusqu'aux moindres
levers de rideau des théâtres de banlieue, De-
laage qu'on voit partout, Moreau-Sainti, qui est
un voisin, et ô surprise mademoiselle Ma-
rie Leroux.
Les deux auteurs, MM. Laporte et Rigodon-un
nom plein de promesses chez un vaudevilliste
ont grandi au théâtre Saint-Pierre, à l'ombre
d'un passage de la rue Amelot.
Lors de son déménagement, M. Dechaume les
a importés avec lui de la rue Amelot au boule-
vard du Temple.
Mais c'est surtout en province que ces deux
auteurs ont brillé du plus vif éclat.
Ils y ont exploité sur une vaste échelle une
industrie assez ignorée, mais fort productive
l'entreprise générale.;des revues de fin d'année
pour les départements.
La maison Laporte et Rigodon se chargeait au
plus juste prix de fournir une revue en quatre
actes et plusieurs tableaux à toute ville qui
voulait bien les honorer de sa confiance. C'est
ainsi que, dans la même année, leur plume fé-
conde a produit successivement
Angers à vol d'oiseau- i
Cherbourg au jour le jour;
Chinon, petite ville de grand renom
Elbeuf et ses faubourgs;
Le Havre à Graville;
Et Nevers à l'envers.
En tout vingt-quatre actes, qu'il a fallu four-
nir dans le même délai, à six théâtres difié-
rents
Au premier abord, cela paraît eiïi ayant.
Eh bien rassurez-vous Le moyen est des plus
simples.
Ces six pièces sont tout bonnement la même ·.
le titre seul est changé. Et, avec quelques va-
riantes au prologue dans l'intérêt de la couleur
locale, le tour est fait.
Sans compter que, l'année suivante,- la pièce
pourra être avantageusement Utilisée dans d'au-
très localités.
N'est-ce pas que c'est ingénieux?
En revenant de Déjazet, je suis entré un ins-
tant au Gymnase. J'ai cru qu'il était de mon de-
voir de présenter mes hommages à mon excel-
lente amie Ffou-Frou, qui fàisait, hier soir, sa
rentrée.
La chère enfant se porte toujours à mer-.
veille.
Beaucoup de gens avaient tenu, comme moi,
à venir la saluer.
Elle a recu tout le monde avec la bonne hu-
meur charmante qui la caractérise et tout le
monde l'a quittée enchanté'en murmurant
Nous reviendrons!
UN MONSIEUR DE L'ORCHESTRE.
P.-S.-Quelques grosses erreurs typographi-
ques se sont glissées hier dans ma soirée aux
Folies-Dramatiques. Je n'en veux relever qu'une
seule. Ce sont messieurs et non mesdames Judie
et Peschard qui assistaient à la première de
Mademoiselle Angot. Certes, les maris des aima-
bles artistes sont des hommes charmants, mais
enfin toute confusion entre eux et leurs femmes
est totalement impossible.
ASSEMBLEE NATIONALE
Séance du 22 février 1Î73^
PRÉSIDENCE DE M. BENOIST-D'AZV, VICE-PRÉSIDENT
La séance est ouverte à trois heures.
L'ordre du jour appelle la première délibéra-
tion'sur le projet de loi ayant pour objet l'allo-
cation d'une subvention à la Compagnie du
Médoc, en vue de l'achèvement du chemin de
fer de Bordeaux au Verdon (Gironde).
• Ce projet de loi-est adopté.
M. Denormandie. Je viens demander à
l'Assemblée si le rapport de la commission du
budget sera bientôt déposé. Il est impatiemment
attendu surtout par la ville de Paris qui a un
grand intérêt à la solution de deux grandes
questions relatives à des indemnités. C'est au- °
tant l'intérêt de la ville de Paris qu'un intérêt.
budgétaire. Il y a à Paris des particuliers rui-
nés, incendiés, qui, depuis deux ans, ont souf-
fert tout ce qu'on peut endurer. Ils se sont tus
parce que l'Etat devait marcher avant tout.- Ils
ont assisté à tous vos travaux sans réclamer
une seule fois. Il est déjà bien tard; faites qu'il.
ne soit pas trop tard.
M.' Vitet. Je répondrai un seul mot, au
nom de la commission. Nous nous sommes oc-
cupés de tous les intérêts lésés, nous n'avons
pas oublié les justes réclamations de la ville de
Paris.
M. le président. L'ordre du jour appelle la
discussion du projet de loi sur les allumettes
chimiques. M. le ministre est présent, nous
pouvons commencer la discussion.
M. Bocher et M. Morin demandent si la
vente au kilogramme- des allumettes dites amor-
phes sera autorisée.
M. le ministre des finances. La commis-
sion et le gouvernement prendront leurs mesu-
res pour que cela soit.
M. Meurent. La Compagnie qui a le mono-
pole des allumettes linit par prendre le mono-
pole de toutes les épiceries.
M. Bocher. Vous signalez une»in'fraetion, •
mais vous n'attaquez point la loi. On n'a pas (
donné à la Compagnie des droits qui pourraient
avoir des conséquences semblables.
M. Leurent. La Compagnie fait des re-
mises à ses agents et pas à ceux qui ne sont pas
ses agents. (Rires.)
A droite. Elle a raison
M. Bocher. –'Il faut respecter le vote de
l'Assemblée par respect pour l'Assemblée elle-
même Aujourd'hui, on vient nous dire que
nous ne sommes pas liés. Nous le sommes par-
faitement. Il y a une loi.
T _(".< -\010,(;1- a;r_
sionnaire qui avait offert les conditions les plus
sionnaire qui avait ollert les conditions les plus
avantageuses, au nom d'une Compagnie dont la
constitution présente les plus sérieuses garan-
ties d'honorabilité et de solvabilité. •
Elle s'est engagée à payer au Trésor, annuel-
lement et par douzième, une redevance fixe de
16,030,000 francs, pour les ventes qu'elle fera è
l'intérieur jusqu'à concurrence de 40 milliards
d'allumettes; puis, pour toutes les quantités
vendues au-delà de ce chiffre, une seconde re-
devance, proportionnelle, calculée d'après le
taux de la première, et augmentée de 50 0/0.
La Compagnie concessionnaire paiera, en ou-
tre,-sur les quantités exportées, une somme re-
présentant environ 12 0/0 du prix de vente, soit
0, 1,6 par millier d'allumettes en bois et 0, OD
par millier d'allumettes en cire.
M. le président met aux voix l'article 1er
ainsi conçu Le prix des allumettes au phos-
phore amorphe que l'administration des contri-
butions indirectes ou le concessionnaire du mo-
nopole des allumettes chimiques vendra aux
consommateurs, ne pourra excéder la fixation.
suivante
Allumettes en bois Par.boîte de cent. 0 fr. 10
cent.; par boîte de 50, 0 fr. 05 c. (Avec tolérance
de 10 0/0 sur le nombre des allumettes.)
Allumettes en eire Par boite de 30, 0 fr.-lO.
(Avec la même tolérance.)
L'art. ler est adopté.
La séance est levée à cinq heures.
La fureur du jour? Cœur d'Artichaut,
Fraises au Champagne Pazza d'Amorc,
Cuir de Russie.
Par suite de décès
LIQUIDATION
M°° Cerf et Michel, cachemibes DES ihdks 1
9, boulevard des Italiens, 9
_♦̃ =
C'est dans les premiers jours du mois
prochain, qu'aura lieu la vente des belles
collections artistiques de M. Egeman Collot,
si connu des amateurs. On sait qu'elle se
compose de tableaux, de bronzes, de faïences,
d'émaux cloisonnés et de statues, et que
c'est un des plus admirables musées parties
liers qui ait existé à Paris dans ce temps. `
Nous ferons connaître ultérieurement le jour
définitif de la vente.
Dans un nouvel ouvrage intitulé Fouilles
et Découvertes, qui paraît à la librairie aca-
démique Didier et Ce, le savant et habile
archéologue M. Beulé s'est proposé de grou-
per une série d'études qui résument d'une
manière fort intéressante et instructive, non-
seulement, comme le dit modestement l'émi-
nent académicien, au point de vue de l'art,
mais aussi des mœurs et de l'histoire, ces
importantes explorations, ces précieuses dé-
couvertes qui font tant d'honneur à ces
nouveaux pionniers de la science. Ils ont
retrouvé, restitué Ninive et Carthage, le
Serapeum de Memphis etl'Acropole d'Athènes,
le temple d'Ephèse et le Mausolée, Orvieto et
la Crimée, etc. Cela suffit pour montrer la <
portée et l'attrait sérieux du livre que nous
annonçons.
• r «̃
E AU de» Caraae» BO YK», r Taranne,
1/ Administrateur, gérant provisoire
CU. LAUURE.
Pan8,imp, de^DfBUISSONeCM.Coq-Héroa, 5.
__1 ,-=: u,-
-1.' -rr.ot'
me.'nt d'unesomme de 18,750 francs, cour hono-
raires affôrant à des affaires plaidas en 1862 et 1
1870.
Naturellement la gauOtte radioale a protesté
contre cette demande. L'argument de M. Nadaud
est curieux il ne comprend pas une pareille
revendication de la part d'un homme qui a tant
profité du régime impérial.
Il ne s'agit pas, a riposté un membre de la
droite, de savoir si M. Busson-Billaut a profité
de l'empire, mais si sa demande est fondée.
Là-dessus vive" discussion, après laquelle la
réclamation de M. Billaut a été renvoyée à la 1
commission des anciens comptes.
LA BANDE DES CASQUETTES NOIRES
Personne n'est encore admis ». voir le k capi-
taine » Gellinier, qui est, cela va sans dire, au
secret le plus absolu. Jusqu'à présent, il ne s'est
pas démenti de son cynisme, et sifflotte conti-
nuellement entre ses de^s;' pendant qu'on l'a-
menait à Mazas, il redonnait un couplet d'une
horrible çhanso^ commençant par, cas vers
Faut suriner les panlrcs
A coups d'couteaux dans l'ventre,
Et crever d'coups d'marteaux
La sorbonne'aux râteaux!
Les rateaux, ce sont les sergents de ville. Il
se plaint fort de la nourriture de la prison, et
déclare qu'il a l'habitude de l'a bonne chère. Il
̃continue à faire-par ci par là quelques révéla-
tiens. Son plus grand plaisir est d'être conduit
par un commissaire de police aux domiciles des
individus dénoncés par lai. Il paraît que ces pro-
ménades l'amusent considérablement.
Gellinier était, pendant l'investissement de
Paris, employé à l'ambulance du tnéâtredes Va-
riétés, ambulance qui était tenue par M. Hame-
lin, propriétaire du café des Variétés. On n'était
pas trop mécontent de lui.
Au mois d'avril, pendant la Commune, il entra,
'en qualité de garçon de salle, au cabinet de lec-
ture du passage Jouffroy; mais il n'avait aucun
goût pour le travail, faisait très mal son ser-
vice, si bievi qu'on dut le renvoyer après une
quinzaine de jours.
On aurait peut-être patienté un peu plus si
ce pré/doce malfaiteur n'avait laissé voir claire-
nîerjt qu'il avait des dispositions pour la rapine:
n1i soir, il s'empara d'une petite boite contenant t
trois francs en menue monnaie. Il la rendit le
lendemain sur les vives remontrances qui lui
furent faites mais ce larcin, quoique insigni-
fiant, décida de son renvoi.
Gellinier avait conservé une carte d'ambulan-
cier dont il se servit, au plus fort de la Com-
mune, pour sortir de Paris.
Ajoutons, pendant que nous parlons de lui,
qu'un de ses. cousins-vient de s'enfuir d'une
maison de correction et d'être repris.
Les autres ont des tenues fort diverses. Ceux
qui ont moins de seize ans semblent fort rassu-
ïés, et sont convaincus qu'ils seront "simple-
ment enfermés. dans une maison de correction.
Mais les autres, les majeurs, savent quelle ter-
rible responsabilité pèse sur leurs têtes, et sont
plor.gés dans un abattement profond.
Nous croyons savoir que l'instruction de cette
̃affaire durera un mois au moins; ce n'est donc
pas avant le milieu d'avril que la bande des
casquettes noires passera devant la cour d'assises
de la Seine. Le nombre des témoins est énorme
en effet. de
Rectifions une erreur qu'une transposition de
lignes nous a fait faire hier. Nous avons ra-
conté un vol commis chez un changeur de la
rue Richelieu, par les nommés Trompe-la-Mort
et Verdao-Galdet. Or, c'est le volé qui se nomme
V Verdan-Gallet.
Hier, à neuf heures et demie du matin, des
expérienèes de locomotives ont eu lieu sur le
chemin de fer, système Larraanjat, établi entre
les places de Chaillot et du Roi de Rome.
Les corbeaux de la. forêt de Fontainebleau
vont passer un triste dimanche gras. On a orga-
nisé pour aujourd'hui un massacre général dans
les chers déserts de Louis XII.
L'an passé, on en a exterminé plus de 1,500
dans une seule battue; on espère faire mieux
cette année. •• ̃
Savez-vous de quels crimes sont coupables
les malheureux corbeaux dont on fait des héca-
tombes ? Ils purgent la terre de petits reptiles,
de petits rongeurs et d'insectes nuisibles a U*
aricultui'e. ^^»
Tous les paysans vous diront qu'un seul cor-
beau détruit -par jour une douzaine de musa-
raignes, de vers blancs, de chenilles ou de cour-
tilières. Quinze cents corbeaux débarrassent
donc les cultivateurs d'environ Stac mitions de
bûtes nuisibles-toupies ans.
fit on les cxtormine sous prétexte qu'ils man-
«e«t, quand la faim tes presse, un peu do blé,
tanelTiues glands etquelques noix!
C'était bien 4a peine de les classer parmi les
.•animaux utiles! ̃' •
•̃
Aujourd'hui est attendu à Paris l'homme le
plus c airvoyant du monde. Il se nomme Jean- <
Marie Trubel. ̃ 1
II paraît que ce Jean-Marie Trubel est doué i
d'une puissance visuelle extraordinaire. Nous
ne dirons pas qu'il aperçoit les étoiles en plein i
midi, parce que chacun peut en faire autant, en ]
regardant an fond d'un puits, mais il distingue
les plus menus objets à des distances considé-
rables.
Jean Trubel est capable voir les quatre lunes
de Jupiter et les deux anneaux de Saturne, qui
sont cependant assez loin dans la profondeur
de l'empyrée. ̃
Cet homme est un vrai télescope vivant et
pourrait remplacer, à l'Observatoire de Paris,
les plus fortes lentilles avec économie. Il est
âgé de vingt-deux ans seulement, robuste.'bien
portant et capable de fournir une longue car-
rière astronomique. 1 1 Il
Il vient à Paris pour se faire examiner par un
de nos principaux médecins.
r
Un accident déplorable -tat* arrivé hier rue
Oberkampf. ̃ -̃̃ ̃> 1>
Un enfant de six ans, la jeune Marie Boudry,
a été renversée par l'omnibus n° 252, lettre 0,
de Ménilmontant à la Chaussée du Maine. Elle
a eu la poitrine écrasée par une des roues et est
morte sur-le-champ. ̃' .«*
Le cadavre de lapauvre petite a^eté'transporte
au domicile des parents, rue Môï-et, n° 25.
Cela fait, depuishuit jours, bien des accidents
qu'occasionnent les omnibus.
Deux incendies dans la journée d'hier.
Rue Rebéval, 38, dans le logement du sieur
Deverly, fabricant de chaussures, un enfant de
trois ans a renversé une lampe à pétroley et le
liquide enflammé a failli incendier la maison.
Les voisins accourus ont éteint le feu, mais le
pauvre enfant a été grièvement brûlé aux mains
et au visage.. 'U
A onze heures du soir. à l'angle des rues Fes-
sard et de la Villette, le fou a pris dans un gre-
nier à fourrage appartenant au sieur Choron,
boucher. L'incendie a été maitrisé5par lesponi-
piens du poste de la-rue de la Marre, aidés par
un détachement du 54e de ligne.
Passons au chapitre des suicides'.
La femme Lécuse, âgée de,e3,ans, a été trou-
vée morte hier dans son domicile, rue de Cha-
renton, 141. Elle s'était asphyxiée.
Ce suicide est attribué à un accès d aliénation
mentale.
Nous avons parlé hier de la singulière décou-
verte faite par un matelot'du bateau-omnibus
n° 14, qui avait retiré de la Seine les débris d un
cercueil.,
Hier matin, à onze heures, le sieur Comparât,
marchand de vins, quai d'AuteniJ/SOi a repêché
'dans le- fleuve une planche «maculée de sang,
répandant une odeur putride, et qui, d après les
constatations de M. le commissaire de police, fait
partie du même cercueil.
Quel drame cachent ces deux trouvailles ? 1
Nous avons vu hier l'objet qui sera la mer-
veille de l'Exposition universelle de Vienne >
c'est une montre en cristal de poche.
Elle a coûté trente ans de travail a un ouvrier
mort il y a déjà de nombreuses années cet
ouvrier s'appelait Rebeller .et-, travaillait dans
les ateliers de Bregtiet l'ancien. Il conçut un
iouc la folle idée de construire une montre, dont
..T;W'
toutes l9s parties seraient en cristal de roche,
îûoins le tfrftnd ressort bien entendu.
ïllnït trente ans à la confectionner, comme
nous l'avons dit toutes les pièces en cristal sont
tenues par dès vis, également en cristal de
roche, et la montre est à .échappement Dupleix,
un des plus difficiles à établir.
Pendant qu'il exécutait ce projet-fou, il de-
vint éperdùment amoureux d'une jeune fille
qu'il épousa et à laquelle il légua en mourant
ce merveilleux bijou qu'il estimait 50,000 francs.
Madame Rebeller,, hé" voulut jamais s'en dé-
faire elle mourut d'une façon tragique un
jour qu'elle allait garnir de fleurs )a tombe de
Rebeller, elle fut écrasée par le cheval d'un
garde municipal..
Un des grands horlogers de Paris vient d'ac-
quérir de ses héritiers cetteœuvre de patience
et de recherche il va l'exposer à Vienne où
elle représentera dignement l'horlogerie fran-
çaise elle' est cotée pour la vente 10,000 fr.
Nous engageons le possesseur de ce travail
unique à la livrer, avant son envoi en Autriche,
à la curiosité des Parisiens dans l'un des ma-
gasins du Palais-Royal.
Plusieurs personnes nous écrivent pour nous
donner les noms de divers parents de M. Hus-
son, tous placés dans l'administration munici-
pale par l'ex-secrétaire général de la préfec-
ture de la Seine
Nous remercions nos correspondants au nom
de M. Husson mais, jugeant suffisamment lon-
gue la liste déjà publiée par le Figaro; nous
nous arrêtons là. Nous ne voulons pas effarou-
cher la modestie de cet excellent beau-père,
de cet oncle modèle, de ce cousin sans pareil,
de ce parrain unique, de cet épique administra-
teur qui, non content de se donner tout entier à
la Ville de Paris, a consacré à son service tous
les siens sans exception.
Gaston Vassy.
4
BOITE AUX LETTRES
Monsieur le-frédacteur,
J'ai recours à l'immense publicité du Figaro
pour" rectifier certaine assertion d'un journal
quotidien: Jamais l'administration des Postes n'a
donné à aucun industriel laconcession des cartes
postales-annonces. Le ministre des finances, en
date du 29 janvier, autorise l'insertion des
annonces sur les cartes postales; j'ajouterai que,
depuis doux jours même, il se vend à' Paris une
quantité considérable de ces mêmes cartes-
annonces au prix réduit do cinq centimes.
Recevez," etc. AD. DE carnage.
4.
PETITE GÂZETTB
Les Yeux verts, histoire fantastique de M. de
Saint-Georges, publiée par le Figaro, où elle a
été si vivement appréciée, parait aujourd'hui à
la librairie de Dentu, ait Palais-Royal. Nous ne
doutons pas que le succès du livre no dépasse
encore celui du feuilleton.
Ca ves «<««»> du Grand-Hôtel
Dépôt de vente des Vins, 12, Bd des Capucines
LIVRAISON IHMÉDIATB A DOMICILE
̃r_ +.
GAZETTE DES TRIBUNAUX
Epilogue do l'affaire do la rue de Suresnes.
Le tribunal a rendu hier son jugement.
La Rondy a été condamnée à deux ans de
prison et à 400 francs d'amende la Strau-
sack à treize mois et 300 francs là Brocard
à huit mois et 100 francs; le doux Eppinger
à huit mois et 100 francs; enfin la Lambron,
celle qui livrait sa fille, à trois ans de pri-
son, à 500 francs d'amende, et à la privation
pendant dix ans de la curatelle de son en-
fant. M.'Odiér est acquitté c'était prévu.
L'opinion générale est que c'est là une
sentence sévère. En effet, sauf la1 Lambron,
les différents personnages de ce procès n'a-
vaienUsur la conscience que d'avoir exploi-
té des filles majeures souvent, et quelque
fois des mineures qui n'avaient pas grand'-
chose à apprendre. On a vu quelle tenue
elles ont eue à l'audience. Il est donc bien
difficile de croire qu'elles ont été corrom-
pues par les proxénètes de la rue de Sures-
nes. Ce sont tout simplement dé petites co-
quines qui allaient faire payer très cher leur
jeunesse chez la Rondy, et quelle jeunesse
)eux d'entre elles, l'une de dix sept ans,
l'autre de dix-neuf, sont déjà mères, de fa-
mille. ̃
̃̃̃̃̃'̃ ̃̃ •% '̃_
Il nous revient que la préfecture de* police
est décidée à se montrer très sévère, à l'ave-
nir, sur la question de la prostitution. On an-
nonce qu'après le carnaval elle fera des des-
centes dans tous les hôtels garnis, dans tou-
tes les tables d'hôtes interlopes, dans tous, les
bals publics, voir.e même dans certaines
agences matrimoniales. Vraiment, ce siècle
prend des allures de vertu bien comiques l
S'il est vrai que la République, et M. le pré-
fet de police prétendent restaurer les bonnes
mœurs en France, je les félicite de leur
louable intention;, mais;1, je crois qu'ils
n'y arriveront pas, et, par. dessus le mar-.
ché, je soutiens qu'ils agiront contre l'in-
térêt général. ̃
La prostitution est un mal nécessaire. Rer
glementez-la, mais ne la combattez pas. Au
point de vue moral, elle est indispensable,
dans une grande ville. Au point de vue éco-?
nomique, si elle n'existait pas, il faudrait
l'inventer. Supprimez la courtisane et r vous
aurez le vice au sein même de 'la fâmiiîë,-
Vous aurez la séduction ,d
fille, le fils cherchant à corrompre toutes les
femmes qui entourent sa mère. Dans certai-
-nes villes collet-montées, à Rome, par exem-
pie, où la prostitution est interdite, oii la
police refuse de la reconnaître, vous avez un
tel désordre de mœurs qu'un cardinal a pu
dire un jour à un général français ce mot
resté célèbre :« Mon1 général, vous deman-
dez qu'on établisse pour vos troupes certains
établissements ? mais vos soldats peuvent
entrer au hasard dans n'importe quelle mai-
son de Rome 1 Cet exemple bien connu est
plus concluant que tous les raisc-anements.
Au point de vue écononique, la prostitu-
tion, à tous les degrés, est un aliment consi-
dérable à la moitié des industries de grand
lux,e qui ne vivent que par celui des demoi-
selles à la mode, luxe qu'elles ont réussi a
imposer, pour ainsi dire, aux femmes hon-
nêtes. Mais, dira-t-on, l'administration est
d'accord avec vous là-dessus seulement,
elle veut réglementer, la prostitution, et cela
dans l'intérêt public. Qu'on ne s'y trompe
pas, l'administration est impuissante en pa-
reil cas.Il n'y a à Paris que 4,000 femmes.ins-
crites, soumises à ses réglements or, il
existe dans la capitale 90,000 femmes dont
le métier est de faire des heureux.
̃ ̃ ̃ ̃
#*#
II faut donc se montrer moins sévères pour
une plaie sociale qui est la marque du point
où est arrivée notrecivilisation. Si nous étions
un peuple pauvre, nous aurions peut-être
moins de vices. Ce qu'il nous faut, ce n'est
pas de prendre des airs de vertu sans être
vertueux, c'est de chercher ailleurs que chez
les femmes la cause du libertinage qui, j'en
conviens, devient envahissant. Elle est, je
crois, bien plutôt dans le désœuvrement des
hommes. Le jour ou les familles inculque-
ront une bonne fois à leurs enfants la no-
tion du travail et du devoir, ce jour-là, nous
deviendrons plus vertueux, plus sérieux, et
l'on ne verra pas tout Paris courir à la police
correctionnelle pour entendre juger trois
vieilles femmes qui ont « fait des rendez-
vous. » Fernand de Rodays.
̃̃
LA BOURSE
r On ne (éi'me pas dans les plus hauts cours,
mais on reste encore en hausse sur la veille.
La spéculation est insatiable. Elle veut al-
ler de l'avant quand même. Elle veut entas-
ser bénéfices sur bénéfices, prendre revan-
ches sur revanches.
Jusqu'ici elle a eu tous les bonheurs. Tout
lui a réussi à souhait. Elle a tourné heureu-
sement toutes les difflcultés-et franchi non
moins heureusement tous les obstacles.
De 55 10, elle a porté la Rente à 56 65
de 90 35, elle a poussé l'Emprunt à 91 25,
soit à 92 50, en tenant compte du coupon dé-
taché;- de 8710, enfin, elle a mis le libéré à
89 francs.
Et tout cela, depuis la liquidation! 1
Tout cela en vingt jours i
Certes, voilà une campagne qui a été me-
née tambour battant, mèche allumée; une
campagne qui doit satisfaire les plus diffi-
ciles, contenter- les plus exigeants.
Si nous en restions là, hein?
Si nous nous appliquions à consolider,
mais sérieusement, les cours acquis ?
Si, tenant compte des événements poli-
tiques et peut-être financiers qui peu-
vent surgir à nouveau, nous nous canton-
nions dans les forteresses que'nous venons
de prendre, et nous laissions passer la liqui-
dation avant de songer à entreprendre de
nouvelles affaires ? g
Cela serait très prudent, ce me semble.
Evidemment, nous ne sommes pas arrives à
l'apogée de la hausse. La situation générale
mérite une capitalisation devotre crédit à des
cours encore supérieurs aux cours actuels
mais nous avons marché tellement vite,
qu'un peu de reposest devenu nécessaire.
Et puis, il faut tenir compte de la situation
de la place; il faut tenir'compte de la liqui-
dation qui s'avance, des reports, des livrai-
sons qui peuvent avoir lieu, des réalisations
énormes qui continueront de se produire.
Tout veut qu'on s'y arrête.
C'est ainsi, du moins, que raisonnent cer-
taines puissances financières.
Les primes fin mars ont encore été deman-
dées, et à des écarte très tendus. On a con-
fiance dans la hausse et l'on opère en consé-
quence. •
La Rente italienne a baissé; Mauvaise si-
tuation financière, là-bas. La lèpre du papier-
monnaie dévorera l'Italie, si l'on n'y prend
garde. Toutes les banques d'émission conti-
nuent d'augmenter leur circulation sans te-
nir compte de l'agio de l'or. La Banque ro-
maine, par exemple, a 45 millions de billets
en circulation pour un capital de 5 millions 1
Il n'y a que la Banque nationale qui soit li-
mitée, et c'est fort heureux pour elle.
La Banque franco-égyptienne a tenu son
assemblée. Le dividende a été fixé à 40 fr.
par action. Les administrateurs sortants ont
été réélus.
La Banque populaire espagnole maintient
les cours de ses obligations., Les porteurs de
la série R vont pouvoir remplacer à 350 ce
qui leur est remboursé à 500 francs. Ces ra-
chats seront probablement suivis d'une re-
prise, surtout si les nouvelles d'Espagne sont
favorables. ''̃
La Société des dépôts vient de fixer à 7 50
le complément de dividende à distribuer en
mai. Chaque action libérée de 125 fr. aura
donc touché 15 fr. de dividende pour l'exer-
cice 1872.
La Banque de France est très discutée. Il
y a sur le marché un certain nombre de titres
flottants qui arrêtent les cours dès qu'ils pa-
raissent devoir s'élever au-dessus de 4,500 fr.
La Banque de Paris so'tient assez bien. On
a parlé, ces jours derniers, d'une très grosse
vente d'actions.
Le Foncier fait bonne contenance.
Le Mobilier et la Générale sont fortcalmes.
Chemins français très solides. Les capitaux
reviendront à ces valeurs quand les fonds
publics seront arrivés à leur niveau.
Les valeurs de Suez ont monté. On assure
qu'elles monteront encore. Nous avons dit
qu'il ne fallait pas être vendeur à découvert
de Suez. •.
Les Ports de Cadix se traitent aux envi-
rons de 62 50. Le Foncier suisse fait 400, le
Honduras est aux environs de 97 50.
Les Obligations des Chemins français sont
très fermes. Les Obligations de la Ville, 1871,
tendent évidemment à la hausse.
En résumé, la semaine a été des meil-
leures. La spéculation peut prendre vingt-
quatre heures de repos. Elle les a bien ga-
gnés. Paul Btu-y.
Paul Bury.
PETITE BOCB SB DU SOUL
3 0/0 56 52, 55, 50, 52, 53, 55.
Emprunt nouveau 91 05, 02, 05, 91, 10, 07.
<.
CHRONIQUE MUSICALE
'( Fr~ c~1--
Folies -Dramatiques. La Fille de madame
Angot, opéra-comique en trois actes, paroles
de MM. Clairville, Siraudin et Victor Koning,
niusique-.de M. Charles Lecocq.
tt j» L__« « n +VirtAtv»A ^n nAO iizsct TOTTOllY'G
Lia IOrtUllo au mcai/io ix.a jjïxo <*»^»3 iutwuiw u
moins étranges que ses caprices En se don-
nant ou en se refusant à demi, elle peut, au
lieu d'une réputation, faire une épigramme.
Qui de nous connaît le citoyen Aude ou a
entendu prononcer son nom? Mais qui de
nous ne s'est point familiarisé dès la jeunesse
avec un personnage légendaire entré dans la
vie réelle, celui de l'immortèl Cadet Roussel?
Eh bien c'est pourtant Aude, « l'oublié et
« le dédaigné, » que-Monselet lui-même
devait oublier dans sa piquante galerie
des illustres inconnus de la dernière moitié
du dix-huitième siècle, c'est le citoyen
Aude qui a popularisé Cadét Roussel à la
scène Mieux encore en 1798 le théâtre de
l'Ambigu était bien malade; la direction aux
abois engage un bouffon qui faisait la pluie
et le beau temps au boulevard, le comédien
Corse. C'est bien. Mais qui fera un vêtement
dramatique à ce farceur illustre Aude est
appelé à la rescousse; Aude écrit Madame
Angot au sératt de Constantinople, et pour voir
et applaudir la plaisante figure de, Corse
sous le bonnet de cette héroïne de la halle,
la foule accourt. Deux cents représentations
de suite de cette farce, salée jusqu'à empor-
ter la g.bouche, du père de Cadet Roussel,
ne satisfirent qu'à grand'peine la curiosité
des Parisiens. Trois acteurs firent sans enri-
chir l'auteur un succès formidable aux piè-
ces que ce joyeux compère improvisait inter
pocula (que l'on peut à la rigueur traduire
entre deux vins); ce furent Beaulieu, Corse
et plus tard Brunet, tour à tour le Jocrisse de
Dorvigny ou le Cadet Roussel d'Aude sur les
deux scènes que ce niais populaire a illus-
trées. »
Empruntant à l'épicurien oublié le titre
Emp de ses p s ièces et donnant â
d'une de ses meilleures pièces et donnant à
madame Angot une fille née au sérail du
grand seigneur, les auteurs de l'opéra-co-
mique joué aux Folies ont écrit à leur ma-
nière un chapitre de l'histoire intime du Di-
rectoire. Ils ont mêlé à leur fiction deux per-
sonnages réels la célèbre comédienne-cour-
tisane mademoiselle Lange et le poëte-
chansonnier Louis-Ange Pitou. Mademoi-
selle Lange (ce n'était point là un nom de
théâtre et de boudoir, quoi qu'en dise la
pièce) à bien pil égarer son caprice au bal de
Calypso elle a couru tant d'autres aventu-
res-! Mais je doute fort que l'hômmê qui
composait des couplets contre le gouverne-
ment de Barras et les chantait en pleine rue
avec une vogue qui alarma si fort la police
du Directoire, ait jamais songé à mener de
front une double propagande en politique et
en amour. Le chansonnier royaliste et réac-
tionnaire eût été surpris tout le premier de
passer pour un Richelieu des salons et des
guinguettes de son époque mais comme il
n'aurait pu être que flatté de la méprise,
laissons-le régner sur le cœur de la comé-
dienne et de la fleuriste
**#
Je demande au lecteur la permission de ne
point le promener à travers les incidents et
les surprises de la pièce de MM. Siraudin,
Clairville et Victor Koning. Ce serait faire
beaucoup de chemin pour revenir au point de
départ. Clairette Angot a été flancée au per-
ruquier Pomponnet par ses pères et mères, les
Forts et les Poissardes de la Halle mais
comme elle a un faible pour le chanteur des
rues Ange Pitou, voulant se donner à l'a-
mant en échappant au mari, au moment de
prendre, le bouquet de fleurs d'oranger au
sein, la tète du cortège nuptial,. Clairette se
fait mettre en prison en chantant des cou-
plets nouveaux très sarés d'Ange Pitou con-
tre Barras, mademoiselle Lange et le fournis-
seur La Rivaudière. C'est ainsi que s'engage
l'action au lever du rideau. Attendez! Souvent
femme varie et mademoiselle Angot imagine
de mystifier au dénoûment son amie la comé-
dienne, la Rivaudière et jusqu'à Ange
Pitou lui-même, afin d'éconduire l'amant
dont elle ne veut plus, pour prendre
le mari dont elle ne voulait pas. Je supprime
l'entre-deux, c'est supprimer la pièce, d'ac-
cord mais je vous engage à aller la voir
vous, les auteurs et moi, nous ferons tous
une bonne affaire. 'Non que je veuille vous
surfaire le mérite de la fleuriste Clairette, la
fille digne en tout point de madame sa mère
s'il faut dire ce que j'en pense, entre nous je
trouve que mademoiselle Angot, en perdant
un peu de l'accent maternel, gagnerait en
grâce à ne point, parler aussi crûment la lan-
gue de Vadé et à ne pas porter aussi souvent
la main à son chignon et à son bonnet. A
cela les auteurs seraient en droit de me ré-
pondre « Nous sommes au bon temps de la
» Halle; il faut bien en dégoiser les jurons et
» en peindre les mœurs. » Ils pourraient
même ajouter, et ils auraient deux fois rai-
son « Nous, sommes aux Folies-Dramati-
» ques où le réalisme du duo poissard chanté
» par mesdemoiselles Paola Marié et Desclo-
» zas, bien loin de provoquer des nausées, a
» soulevé au contraire des bravos frénéti-
» ques et provoqué un bis formidable. Ce
» qu'il y a de mieux dans notre pièce, c'est
» assurément, au deuxième acte, le tableau
» très pittoresque et très plaisant de la so-
» ciété révolutionnaire et d'un bal sous le Di-
» rectoire.,Ce tableau a beaucoup réussi;
» mais le grand succès de la Fille de madame
» Angot, ce pourrait bien être, quoi que vous
» en puissiez dire, le duo de geste chanté au
» troisième acte par Clairette et sa commère
» mademoiselle Lange. »
La musique de M, Charles Lecocq a les
qualités de bonne humeur propre aux gens
et au cadre auxquels le compositeur a adapté
ses inspirations. C'est une succession de mo-
tifs chantants, vifs, rapides, heureusement
venus, facilement écrits, et dont l'effet est
'certain sur l'oreille paresseuse d'un audi-
toire français. Ce public trop spirituel pour
être sensible demande à la musique du plai-
sir sans peine, les caresses de la courtisane
et non l'amour de la vierge. Je me hâte d'a-
jouter que le sujet traité par le musicien
exigeait de son talent dont je fais cas une
grande dépea^e de verve, en le tenant quitte
du reste. Pendant trois actes de musique, M.
Charles Lecocq s'est tenu constamment en
haleine, s'il ne s'est pas tenu toujours en
garde contre la vulgarité c était pour mi
l'écueil d'avoir à traduire en notes joyeuses
le catéchisme poissard l'essentiel est qu'en
tournant les pages de ce catéchisme, il y a
cousu çà et là de jolies pages d'un ton absolu-
ment différent. Il y a de la franchise dans les
deux chansons du premier acte, deux satires
contre la politique du Directoire, l'une dite
avec beaucoup d'accent par mademoiselle
Toudouse-, l'autre chantée avec beaucoup de
verve par mademoiselle Paola Marié. Si l'o-
pinion d'une salle de spectacle est l'expres-
sion sincère du. Suffrage universel (et ce
doit l'être), ce suffrage spontané, chaleu-
reux, unanime, a tranché dans le sens le
plus monarchique la question à vider un
jour entre la Royauté et la République,
après ce refrain de la chanson dans laquelle
une dame de la Halle, faisant le bilan de la
Révolution, s'écrie
C'n'était pas la peine
De changer do gouvernement.
Toutes les mains ont battu, et le public a
redemandé à grands cris le couplet et le re-
frain de circonstance. N'oublions point que
ceci s'est passé dans un théâtre populaire,
s'il en fut jamais On-a applaudi, au deuxiè-
me acte de la partition de M. Lecocq, un joli
chœur de femmes, .celui des muscadines réu-
.nies chez la citoyenne. Langé; le duo chanté
par celle-ci et son amie Clairette le chœur
des conspirateurs, qu'on a fait répéter et qui
sera populaire, s'il ne l'est déjà; et, sur la
1. _1.
conclusion ue cei aoie si uoureui, ia tawo
chantée et dansée qui fait tourner la conspi-
ration royaliste avec les hussards républi-
cains d'Augereau. J'allais oublier un acteur
qui'a fort ému les spectateurs; c'est un ri-
deau qui a flambé au milieu du bal. Comme
tant d'autres comédiens, il n'aura brillé
qu'un instant!
Je citerei au troisième acte le duo bouffe
des deux poltrons jouant à la bravoure et un
trio plein de vivacité entre Clairette, Pon-
ponnet et la Rivaudière. Quant au duo final
des poissardes, je ne me ferai point le com-
plice du délire qu'il a provoqué.
Mademoiselle Paola Marié (Clairette) a!
une jolie voix, un jeu naturel, intelligent,]
mais qu'il faudrait retenir sur la pente de la
trivialité où glisse la comédienne. J'engage- i
rai aussi la jeune chanteuse des Folies, si
elle tient à ne point altérer un peu trop vite
la limpidité de ses cordes vocales, à ne pas
risquer davantage son organe agréable mais
un peu faible dans la tradition du chant de
Thérèsa.Cela dit, je m'associe sans réserve au
succès obtenu par la troisième fille du chan-j
teur Marié. Mais je proteste contre celui de
mademoiselle Desclozas. Le petit chevrote-
ment de la chanteuse, le jeu prétentieuse-
ment faux de l'actrice sont également fati-
gants, et quand le public applaudit l'un et
l'autre, au risque d'être seul de mon avis, je
lui crie «Public, tuas tort! Les rôles (côté
des hommes) sont tenus avec une faiblesse
excessive. Voilà un succès pour Milher, qui
n'a pas de rôle dans la pièce nouvelle, et sur
lequel l'acteur si aimé à ce théâtre ne comp*-
tait pas. La Fille de madame Angot va conti-
nuer les grandes soirées à'Abélard etHéloïse.
Bénédict,
tOUlRlER DES î iTHEATAES-
Aujourd'hui, dans l'après-midi
Au Cirque, concert populaire sous la direc-
tion de M. Pasdeloup;
A la Gaîté, le Bourgeois gentilhomme, précédé
d'une conférence par M. Emile Deschanel
Au Théàtre-Cluny, représentation au béné-
fice, de M. Vallois, régisseur de ce théâtre
A la Tour d'Auvergne, représentation par les
éîèYes de M. Talbot.
Le soir
A l'Opéra, par extraordinaire, Faust
A la salle des Conférences, 39, boulevard des
Capucines, soirée de famille littéraire et musi-
cale, sous la direction de M. Alexandre Le-
moine.
Le concert donné par la Société des Concerts,
sous le patronage de madame Thiers et avec le
concours de M. Faure, au bénéfice des amputés
de la guerre, aura lieu aujourd'hui au Conser-
vatoire de musique.
L Cette séance étant donnée en dehors des con-
certs de l'abonnement, toutes les places qui
n'auraient pas été retenues d'avance seront li-
vrées au public.
Ce n'est pas la Jeanne d'Arc, de M. Mermet,
dont l'audition a eu lieu mardi dernier à l'Opé-
rà, c'est l'Esclave, de M. Edmond Membrée.
Les principaux rôles étaient chantés par ma-
demoiselle Fidôs-Devriès, madame Nivet-Gre-
nier, MM. Sylva, Gaillard, Caron et Hayet, plus
les chœurs de l'Opéra au grand complet, sous
la direction de leur illustre chef, Victor Massé.
Un peu plus, les représentations de l'Aïeule
étaient interrompues, hier, en plein succès, par
suite d'une indisposition assez grave de Pierre
Berton.
Le sympathique artiste a bel et bien failli
être empoisonné, non pas par là terrible douai-
rière, ainsi qu'on pourrait le croire, mais par
une cuisinière maladroite, qui avait négligé de
nettoyer à fond une casserole de cuivre.
Fort heureusement, il en a été quitte pour la
peur et pour plusieurs heures de souffrance, et
son service n'a pas été interrompu.
1*1*
L'Odéon a commencé hier à délivrer dos cou-
pons pour le premier concert national du di-
manche 2 mars, et il a mis en pratique, à cette
occasion, une idée lancée, il y a quelque temps
déjà, par le Figaro
Chaque billet porte au verso le plan numéroté
de la salle, de telle sorte que le spectateur peut
savoir exactement, et sans le secours de l'ou-
vreuse, où est située la place qu'il a le droit
d'occuper.
On a annoncé que MM. Théod. Barrière et
Poupart Davyl avaient retiré leur Gascon du
théâtre du Châtelet. La lettre un peu dure de
l'auteur des. Parisiens, que nous avons publiée
l'autre jour, laisse bien supposer que la distri-
bution de ce drame a fait naître des discus-
sions.
Il parait que l'engagement de mademoiselle
Dica-Petit a fait surgir de nouvelles complica-
tions madame Lacressonnière ayant réclamé ce
rôle de par son droit. directorial.
Que résultera-t-il de ce conflit ? je vous le di-
rai tout en espérant que la chose s'arran-
gera Sinon, le Châtelet serait voué aux re-
prises et ce serait dommage!
Contrairement à ce que nous avons dit hier,
la comédie que MM. Gondinet et Deslandes ter-
minent pour le Vaudeville sera jouée seule à ce
théâtre, c'est-à-dire sans l'appui d'un lever de
rideau elle a quatre grands actes.
Quant à le Jeuri'en vaut pas la chandelle, c'est
un acte de M. Deslandes où, paraît-il, M. Gon-
dinet n'est pour rien. s
-M. Larochelle vient de reprendre son rôle
dans Séraphine, qui continue à faire de belles
recettes à Cluny.
M. W. Stuart, qui avait remplacé son direc-
teur dans le personnage de Planterose, jouera
celui de Montignac, lorsqpe M. Munié, du Vau-
deville, retournera rue de la Chaussée-d'Antin,
pour y créer un des rôles du Plùtus, de MM.
Millaud et Jollivet.
Le petit théâtre des Fantaisies-Pigalle a du
retarder son inauguration pour cause de déco-
rations à terminer. Elle aura lieu après les jours
gras. Nous ferons connaître la composition du
spectacle et de la troupe, que l'on dit formée
d'excellents éléments empruntés ou enlevés à
nos llHJaues ue gouiu.
Une dépêche de Chartres nous apprend que
mademoiselle Duverger a eu beaucoup de suc-
cès dans cette ville en y jouant la Femme d
sur l'impression produite par la pièce.
On nous écrit de Lyon
Les représentations d'Hamlel sont suivies
avec assiduité et cela tient à la bonne exécu-
tion de cette œuvre habilement conduite par M.
Mangin, chef d'orchestre. Les deux principaux
acteurs ont eu, à tour de rôle, une ovation bien
méritée.
Dernièrement, M1. Péront recevait une palme
d'or; vendredi, après le quatrième acte, les
abonnés du Grand-Théâtre offraient à mademoi-
selle Albery un riche bouquet de fleurs artifi-
cielles, autour duquel on pouvait lire le nom
d'Ophôlie,"inscrit en boutons d'or.
C'est sur notre scène lyonnaise que cette ar-
tiste joue ce rôle pour la première fois, et elle
a enlevé tous les suffrages. Espérons que notre
directeur des théâtres saura faire les sacrifices
nécessaires pour nous conserver le plus long-
temps possible une chanteuse qui est aussi sym-
pathfque.au public. Jules Prével.
LA SOIRÉE THÉATRALE
La Fin du Monde à Déjazet. Reprise de
urou-rrou.
La Fin du Monde, une revue dans un
théâtre qui se trouve au bout du monde, au
théâtre Déjazet. Cela n'a pas fait courir tout
Paris, comme vous pensez. Du reste, en sa qua-
lité d'ancien directeur du théâtre Saint-Pierre,
M. Dechaume a tenu les clefs du paradis ce qui
explique la grande affluence de pâles jeunes
hommes à casquettes de velours, qui passent les
entr'actes à ouvrir des portières et à ramasser
des boTits de cigares sur les boulevards.
Pourtant, au milieu de l'orchestre dont plu-
sieurs rangées sont dégarnies de spectateurs et
dans les loges, j'ai vu MM. Grévin, Cogniard et
son inséparable Marot; l'intègre Sarcey qui
avale consciencieusement jusqu'aux moindres
levers de rideau des théâtres de banlieue, De-
laage qu'on voit partout, Moreau-Sainti, qui est
un voisin, et ô surprise mademoiselle Ma-
rie Leroux.
Les deux auteurs, MM. Laporte et Rigodon-un
nom plein de promesses chez un vaudevilliste
ont grandi au théâtre Saint-Pierre, à l'ombre
d'un passage de la rue Amelot.
Lors de son déménagement, M. Dechaume les
a importés avec lui de la rue Amelot au boule-
vard du Temple.
Mais c'est surtout en province que ces deux
auteurs ont brillé du plus vif éclat.
Ils y ont exploité sur une vaste échelle une
industrie assez ignorée, mais fort productive
l'entreprise générale.;des revues de fin d'année
pour les départements.
La maison Laporte et Rigodon se chargeait au
plus juste prix de fournir une revue en quatre
actes et plusieurs tableaux à toute ville qui
voulait bien les honorer de sa confiance. C'est
ainsi que, dans la même année, leur plume fé-
conde a produit successivement
Angers à vol d'oiseau- i
Cherbourg au jour le jour;
Chinon, petite ville de grand renom
Elbeuf et ses faubourgs;
Le Havre à Graville;
Et Nevers à l'envers.
En tout vingt-quatre actes, qu'il a fallu four-
nir dans le même délai, à six théâtres difié-
rents
Au premier abord, cela paraît eiïi ayant.
Eh bien rassurez-vous Le moyen est des plus
simples.
Ces six pièces sont tout bonnement la même ·.
le titre seul est changé. Et, avec quelques va-
riantes au prologue dans l'intérêt de la couleur
locale, le tour est fait.
Sans compter que, l'année suivante,- la pièce
pourra être avantageusement Utilisée dans d'au-
très localités.
N'est-ce pas que c'est ingénieux?
En revenant de Déjazet, je suis entré un ins-
tant au Gymnase. J'ai cru qu'il était de mon de-
voir de présenter mes hommages à mon excel-
lente amie Ffou-Frou, qui fàisait, hier soir, sa
rentrée.
La chère enfant se porte toujours à mer-.
veille.
Beaucoup de gens avaient tenu, comme moi,
à venir la saluer.
Elle a recu tout le monde avec la bonne hu-
meur charmante qui la caractérise et tout le
monde l'a quittée enchanté'en murmurant
Nous reviendrons!
UN MONSIEUR DE L'ORCHESTRE.
P.-S.-Quelques grosses erreurs typographi-
ques se sont glissées hier dans ma soirée aux
Folies-Dramatiques. Je n'en veux relever qu'une
seule. Ce sont messieurs et non mesdames Judie
et Peschard qui assistaient à la première de
Mademoiselle Angot. Certes, les maris des aima-
bles artistes sont des hommes charmants, mais
enfin toute confusion entre eux et leurs femmes
est totalement impossible.
ASSEMBLEE NATIONALE
Séance du 22 février 1Î73^
PRÉSIDENCE DE M. BENOIST-D'AZV, VICE-PRÉSIDENT
La séance est ouverte à trois heures.
L'ordre du jour appelle la première délibéra-
tion'sur le projet de loi ayant pour objet l'allo-
cation d'une subvention à la Compagnie du
Médoc, en vue de l'achèvement du chemin de
fer de Bordeaux au Verdon (Gironde).
• Ce projet de loi-est adopté.
M. Denormandie. Je viens demander à
l'Assemblée si le rapport de la commission du
budget sera bientôt déposé. Il est impatiemment
attendu surtout par la ville de Paris qui a un
grand intérêt à la solution de deux grandes
questions relatives à des indemnités. C'est au- °
tant l'intérêt de la ville de Paris qu'un intérêt.
budgétaire. Il y a à Paris des particuliers rui-
nés, incendiés, qui, depuis deux ans, ont souf-
fert tout ce qu'on peut endurer. Ils se sont tus
parce que l'Etat devait marcher avant tout.- Ils
ont assisté à tous vos travaux sans réclamer
une seule fois. Il est déjà bien tard; faites qu'il.
ne soit pas trop tard.
M.' Vitet. Je répondrai un seul mot, au
nom de la commission. Nous nous sommes oc-
cupés de tous les intérêts lésés, nous n'avons
pas oublié les justes réclamations de la ville de
Paris.
M. le président. L'ordre du jour appelle la
discussion du projet de loi sur les allumettes
chimiques. M. le ministre est présent, nous
pouvons commencer la discussion.
M. Bocher et M. Morin demandent si la
vente au kilogramme- des allumettes dites amor-
phes sera autorisée.
M. le ministre des finances. La commis-
sion et le gouvernement prendront leurs mesu-
res pour que cela soit.
M. Meurent. La Compagnie qui a le mono-
pole des allumettes linit par prendre le mono-
pole de toutes les épiceries.
M. Bocher. Vous signalez une»in'fraetion, •
mais vous n'attaquez point la loi. On n'a pas (
donné à la Compagnie des droits qui pourraient
avoir des conséquences semblables.
M. Leurent. La Compagnie fait des re-
mises à ses agents et pas à ceux qui ne sont pas
ses agents. (Rires.)
A droite. Elle a raison
M. Bocher. –'Il faut respecter le vote de
l'Assemblée par respect pour l'Assemblée elle-
même Aujourd'hui, on vient nous dire que
nous ne sommes pas liés. Nous le sommes par-
faitement. Il y a une loi.
T _(".< -\010,(;1- a;r_
sionnaire qui avait offert les conditions les plus
sionnaire qui avait ollert les conditions les plus
avantageuses, au nom d'une Compagnie dont la
constitution présente les plus sérieuses garan-
ties d'honorabilité et de solvabilité. •
Elle s'est engagée à payer au Trésor, annuel-
lement et par douzième, une redevance fixe de
16,030,000 francs, pour les ventes qu'elle fera è
l'intérieur jusqu'à concurrence de 40 milliards
d'allumettes; puis, pour toutes les quantités
vendues au-delà de ce chiffre, une seconde re-
devance, proportionnelle, calculée d'après le
taux de la première, et augmentée de 50 0/0.
La Compagnie concessionnaire paiera, en ou-
tre,-sur les quantités exportées, une somme re-
présentant environ 12 0/0 du prix de vente, soit
0, 1,6 par millier d'allumettes en bois et 0, OD
par millier d'allumettes en cire.
M. le président met aux voix l'article 1er
ainsi conçu Le prix des allumettes au phos-
phore amorphe que l'administration des contri-
butions indirectes ou le concessionnaire du mo-
nopole des allumettes chimiques vendra aux
consommateurs, ne pourra excéder la fixation.
suivante
Allumettes en bois Par.boîte de cent. 0 fr. 10
cent.; par boîte de 50, 0 fr. 05 c. (Avec tolérance
de 10 0/0 sur le nombre des allumettes.)
Allumettes en eire Par boite de 30, 0 fr.-lO.
(Avec la même tolérance.)
L'art. ler est adopté.
La séance est levée à cinq heures.
La fureur du jour? Cœur d'Artichaut,
Fraises au Champagne Pazza d'Amorc,
Cuir de Russie.
Par suite de décès
LIQUIDATION
M°° Cerf et Michel, cachemibes DES ihdks 1
9, boulevard des Italiens, 9
_♦̃ =
C'est dans les premiers jours du mois
prochain, qu'aura lieu la vente des belles
collections artistiques de M. Egeman Collot,
si connu des amateurs. On sait qu'elle se
compose de tableaux, de bronzes, de faïences,
d'émaux cloisonnés et de statues, et que
c'est un des plus admirables musées parties
liers qui ait existé à Paris dans ce temps. `
Nous ferons connaître ultérieurement le jour
définitif de la vente.
Dans un nouvel ouvrage intitulé Fouilles
et Découvertes, qui paraît à la librairie aca-
démique Didier et Ce, le savant et habile
archéologue M. Beulé s'est proposé de grou-
per une série d'études qui résument d'une
manière fort intéressante et instructive, non-
seulement, comme le dit modestement l'émi-
nent académicien, au point de vue de l'art,
mais aussi des mœurs et de l'histoire, ces
importantes explorations, ces précieuses dé-
couvertes qui font tant d'honneur à ces
nouveaux pionniers de la science. Ils ont
retrouvé, restitué Ninive et Carthage, le
Serapeum de Memphis etl'Acropole d'Athènes,
le temple d'Ephèse et le Mausolée, Orvieto et
la Crimée, etc. Cela suffit pour montrer la <
portée et l'attrait sérieux du livre que nous
annonçons.
• r «̃
E AU de» Caraae» BO YK», r Taranne,
1/ Administrateur, gérant provisoire
CU. LAUURE.
Pan8,imp, de^DfBUISSONeCM.Coq-Héroa, 5.
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