Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1861-11-03
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 03 novembre 1861 03 novembre 1861
Description : 1861/11/03 (Numéro 701). 1861/11/03 (Numéro 701).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k270045b
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
FIGARO
la mémoire de I.eclère, excellent artiste, un Vieux de la
vieille Roche, pour prendre le titre d'une de ses bonnes
créations.
Leclère vient de mourir à soixante ans, au moment'oùiil
ealisait le rêve de toute sa vie
Une maison de campagne à lui et une dizaine de francs
dépenser par jour.
C'est'de cette maison de campagne, un petit coin à No-
gent, qu'il est revenu dimanche dernier, pour mourir dans
son domicile, 13; rue de Laval; il'se sentait mieux, il sou-
riait à ceux qui lui parlaient de sa rentrée dans la revue
des Variétés, et une maladie appelée du vilain nom.d'aiiT
thrax l'a enlevé mardi matin à sept heures trois quarts.
Sa vie du reste a été bien remplie.
De sa jeunesse il sa rappelait lui-même peu de chose;
il aimait pourtant à raconter à ses intimes des détails sur
les adieux. de Fontainebleau,. auxquels il assista
comme brosseur d'un jeune officier.
Au, Théâtre, ses débuts eurent lieu à Amiens, en qualité
de choriste, puis il courut la province comme deuxième
basse.
C'est même dans;. cet emploi qu'il débuta à, Rouen, où
bientôt il eut tant de succès comme premier comique
qu'Arnal le fit venir à Paris, où il donna quelques repré-
sentations de Y Humoriste avec un grand éclat, sur le
théâtre de la rue de Chartres, puis fut engagé en 18 il pour
remplacer Fontenay. Un Monstre de femme, Daguberl à
l'exposition, la Polka en province, la Gazette des Tribu-
naux, Satan, les Trois loyes, etc., le firent remarquer bien
vite, mais ses vrais succès furent •
L'Homme blasé..
Riche d'amour.
Les Petites misères.
Cent cinquante fois de suite, il joua le rôle ingrat de
Mi de Cerny dans les Mémoires du Diable, et il le joua
avec sa conscience habituelle, alors qu'il était souffrant, et
touchait des appointements invraisemblables, sans même
un feu de consolation.
Le 3 avril 1848, il entre. aux Variétés dans Mademoiselle
de Choisy dès ce moment, il ne compte plus que des
succès
23 grands succès jusqu'à ses dernières créations.
Les Amours de Cléopdtre,
Le Guide de l'étranger dans Paris,
P<œriS' quand il pletdj
Brouillés depuis Wugrami
prouvent quelie con,science, quel travail apportait Leclère
dans les rôles à lui confiés par les auteurs. Aussi la recon-
naissance, assez, rare dans le monde théâtral, ne lui a pas
fait défaut. On a vu avec un certain attendrissement M. Du-
vert, l'un de ses auteurs favoris, ne pas vouloir, malgré
son âge et une récente indisposition, quitter jusqu'au
cimetière Montmartre le coin du poêle qu'il tenait en
compagnie de MM. Delacour, Alexandre Michel et Eugène
Rousseau.
Une messe en musique, organisée par M. Victor Chéri, a
été chantée à Notre-Dame-de-Lorette. M. Gourdin, de l'O-
péra-Comique, a dit le Pie, Jesu.
Sur sa tombe, le directeur des Variétés, M. Hippolyte
Gogniard, a, au milieu de l'émotion générale, dit un tou-
chant adieu à l'homme et à l'artiste.
Leclère était veuf depuis quelques années; il laisse une
fille mariée à M. Varembon, gérant de la Gazette des Tri-
bunaux.
Maintenant, pourquoi faut-il que nous ayons à enregis-
trer 1 absence officielle du comité des artistes dramati-
ques ? Comment un de ses membres n'a-t-il pas prononcé
quelques bonnes paroles d'adieu aux obsèques d'un homme
comme Leclère, qui a, pendant dix années, fait partie du
comité et qui,,non-seulement comme artiste, mais comme
homme, malgré son caractère un peu pointilleux, n'en, n'a
pas moins honoré la profession dramatique?
e PRIMEURS
Pour rester fidèle à mon sous-titre, je m'empresse d'an-
noncer en fait de primeurs
̃1° Que M. E. About entrera lundi en répétition à l'Odéon
avec son drame de Gaétan a.
2° Que l'auteur de Gil-Blas, M. Théodore Semet, a com-
mencé mardi au Théâtre-Lyrique les répétitions d'Ondine,
trois actes, paroles de M. Lockroy et Mestepès; artistes
mesdames Baretti, Girard, M. Balanqué, etc.;
3° Que Offenbach lui-même sera bien étonné si je lui
annonce qu'aujourd'hui samedi il réengage aux Bouffes
cet excellent Pradeau, libéré par le Palais-Royal.
'<
Historique
Rousseau a rendu compte de la comédie de M. Amédée
Rolland, les Vacances du Docteur. Ce qu'il n'a pas dit,
ce que personne ne sait, à part l'auteur, sans doute, c'est
que la pièce nouvelle, est réeilement arrivée.
La chose s'est passée à Paris, y a cinq ou six ans tout
au plus. Les personnages sont encore.-vivants.
Une de nos illustrations médicales rendait alors des visi-
tes quotidiennes à l'un de ses malades, qui était aussi l'un
de ses amis. La maladie, tout en étant sérieuse, avait cet
avantage d'être parfaitement connue. La guérison, on en
répondait ce n'était qu'une affaire de temps. Pourtant les
remèdes les plus éprouvés n'agissaient pas. Ils irritaient le
mal qu'ils avaient la vertu habituelle de calmer. Le méde-
cin n'y comprenait plus rien et se donnait au diable.
Un jour qu'il était) au chevet de son client, et qu'il' s'é
tonnait pour la centième fois de trouver un pis à la place
d]xm. mieux, il remarqua, sur la table de nuit, une tasse
de tisane dont la couleur lui.parut insolites;. Il la. goûta et
lui trouva une saveur non moins singulière. Il la vida et
vit qu'elle laissait un dépôt plus que suspect. Il sortit, sans
faire part au malade de ses soupçons, et, arrivé dans le
corridor, il appela une femme de chambre.
Qui est- c£ qui prépare ordinairement la tisane de
votre maître?
Oh! pour cela, monsieur, dit la femme de chambre,
on peut être sûr qu'elle est bien faite. Pas un domestique
n'y touche. C'est madame elle-même qui s'en charge.
Veuillez appeler madame.
Un instant après, madame arriva.
Le médecin. se contenta de lui dire deux mots, en pre-
nant congé d'elle.:
Prenez garde, madame, vous jouez un jeu dangereux.
Il faut que votre mari aille mieux à partir de demain.
Madame pâlit et voulut répliquer. Le médecin avait déjà
disparu.
Huit jours après, le malade, dont on commençait à dés-
espérer, était complétement guéri.
Ce qui est plus curieux, c'est qu'on cite aujourd'hui ce
couple comme un des plus unis qui soient dans Paris. Le
médecin est l'ami de la maison et y dîne deux- fois par ser-
maine. Jamais'la femme ne lui a reparlé de cette affaire.
Jamais le mari n'en a su un traître mot.
UNE PROFESSION NOUVELLE
Votre profession, monsieur?
Inventeur de trucs pour le Pied de Mouton.
Ceci n'est que trop vrai, et je ne sais pourquoi l'on espé-
rait, parmi les auteurs dramatiques, que le Pied de Mou-
ton allait faire place à une Grâce de Dieu revue et considé-
rablement augmentée.
Ce qu'il y a de positif, c'est qu'un ingénieur s'enferme
tous les jours ave* Hector Crémieux pour lui soumettre
trucs sur trucs, et qu'il n'en sort que pour aller prendre
des brevets.
Le brevet pris cette semaine est pour un splendide Feu
d'artifice qui serait tiré ch.aque soir et sans danger (pour la
moralité). sur la scène de la Porte-Saint-Martin.
Collaborateur, M. de la Condamine et ses pompiers!
A samedi prochain un autre brevet.
Bien que l'Académie soit loin encore d'être au complet,
on se préoccupe déjà des futures élections. A la petite
séance je pourrais dire à la causette de mardi, le
candidat qui a réuni le plus de chances est M. Ctivillier-
Fleury. Vous pouvez considérer son élection comme as-
surée.
On sait que deux nouveaux sièges vont se trouver va-
cants avant peu. Une lettre de Sorèze reçue hier, nous
donne comme imminente la mort de l'illustre dominicain.
« Ce n'est plus qu'une question de jours, d'heures peut-
être. » nous écrit-on. Quant à l'ex-chancelier duc Pas-
quier, sa santé donne des inquiétudes de plus en plus
vives, inquiétudes que justifie d'ailleurs la date de sa
naissance 22 avril t767.
A propos d'Académie, on nous raconte aussi une bien
curieuse et bien intéressante conversation qui a eu lieu
l'autre jour, dans le Cher, au magnifiqne château que pos-
sède près de Sancerre M. Duvergier de Hauranne, et qui a
eu l'honneur d'abriter une semaine durant M. Thiers,
M. Berryer, M. de Broglie, etc., etc. Mais cela touche à des
questions qui. à des questions dont. enlin, voilà ce qui
va paraître chez Dentu
Un mot d'une petite fille qui n'a pas cinq ans.
Sa bonne lui disait
Si tu n'es pas sage, tu n'iras pas en paradis avec moi.
Est-ce que les bonnes vont dans le paradis?'
Et pourquoi pas, petite laide?.
Dam 1 puisqu'elles ne mangent pas à table 1
Elle est drôle, celle-là!
On nous envoie une anecdote passablement gauloise.
Est-elle connue ? je le croirais fort, mais je ne la connais-
sais pas, je la trouve drôle et je la risque.
La première scène se passe à une table d'hôte, n'importe
où. Un des convives, vers la fin du repas, n'est pas à son
aise; il commence par devenir cramoisi; il ne tient pas sur
sa chaise; il porte les mains à son front, à son côté, puis il
rougit, puis une sueur froide court sur son visage; bref, il
se lève, se rassied, et finit par sortir de la salle comme un
trait. t.
Il saute sur la clé de sa chambre, mais sa chambre est au
troisième; il nec serait plus temps; il se précipite dans la
première pièce qu'il rencontre sur son chemin. Victoire
c'est une chambre à coucher. Mais, ô désespoir! cette
chambre à coucher n'est pas digne de son nom; le meuble
qu'il cherche, le meuble essentiel, le meuble indispensa-
ble est absent. Pour quel motif? Je l'ignore.
Un numéro du Times devient la, victime de cet oubli.
Sans ce bienheureux journal que notre homme a trouvé
sur la cheminée. il était mort. Mais maintenant, après cet
abus, que faire, que devenir? Comment faire disparaître les
traces de son crime? Justement voici le dîner qui finit, et
les voyageurs qui se dirigent vers leur appartement.
Le coupable devient fou; il va être découvert, quand une
idée traverse son cerveau, et, à l'instant même, le mal-
heureux numéro du Times qui, de la cheminée était des-
cendu sur le plancher, va se coller au plafond par une sorte
de projection irrésistible, et par quelque autre motif
peut-être.
Une seconde après le départ de l'intrus, entre le locataire
de la chambre, un Anglais, cela va sans dire.
Il s'étend dans son fauteuil pour faire tranquillement sa
digestion mais au bout d'un instant il devient inquiet, il
se mouche à plusieurs reprises, et chaque fois secoue la
tête d'un air affirmatif. Il se lève enfin, fait le tour de sa
chambre, regarde un peu partout.et sous les meubles, puis
revient s'asseoir, lève les jambes et regarde très attentive-
ment la semelle de ses bottes. Rien 1, Dans sa perplexité, il
lève les yeux au ciel et aperçoit son numéro du Times au
plafond. Il monte sur une chaise, met ainsi fin à ses doutes
et sonne l'hôtelier.
Entre un monsieur très poli, cravate blanche
Voyez, monsieur lui dit l'Anglais.
Oh s'écrie l'hôtelier, qui a mis moins de temps à
comprendre.
Comment expliquez-vous cette position? reprend l'An-
glais.
Je dis, monsieur, que c'est une infamie; je vais faire
une enquête, et le misérable qui s'est permis.
Bien! bien! reprend l'Anglais; misérable, oui.mais
comment l'expliquez-vous?,La position de ce misérable?
Méry, le paresseux Méry, le frileux Méry se ment bien à
lui-même. Il n'a pas encore endossé son manteau couleur
de muraille, par Je froid qu'il fait, et à peine vient-il de
publier son Théâtre de Salon, qu'il demande lecture pour
son grand 'opéra, Raphael et la Fornarina. Le quatrième
acte, lu ces jours-ci à quelques intimes, a impressionné
les auditeurs, tous plus ou moins blasés pourtant. C'est la
mort de Raphael avec le tableau de la Transfiguration
comme cadre du dénoûment.
Dernières nouvelles du Théâtre-Français. Le Comité
de lecture vient de recevoir un grand drame espagnol en
quatre actes et en vers de M. Louis Bouilhet. Une première
lecture n'avait pas été favorable à 1'ouvrage, mais tout en
ne recevant la pièce qu'à corrections, le Comité avait fait
savoir à M. Bouilhet qu'à cause des beautés exceptionnelles
du troisième acte, on espérait fort que, l'auteur ne verrait
pas dans le premier jugement le refus poli déguisé d'habi-
tude sous la formule reçue à corraclions.il. Bouilhet avait
déjà pris la route de l'Odéon quand il reçut cet avis. Il
a bien fait de s'arrêter en chemin, puisque le voilà arrivé
rue Richelieu.
Aujourd'hui, le comité de lecture est convoqué de non-
veau pour entendre la lecture d'une pièce, de M. Alfred
Assolant.
GENTILLESSES AAYtR\CA\mS
Décidément la situation se tend en Amérique. Le Nord
et le Sud ne se contentent plus de s'administrer récipro-
quement de pompeuses défaites et de s'égorger à qui mieux
mieux à coups de locomotives rayées et de navires blindés,
voilà qu'ils se mettent à échanger des gros mots.
Le ministre Steward vient d'adresser une proclamation
bien sentie aux Etats loyaux.
Les Etats canailles lui ont immédiatement envoyé des
témoins pour savoir s'il avait eu l'intention de les insulter.
Gustave Aimard, le romancier américain, nous racontait
ces jours-ci un mot superbe qui, mieux que bien des tar-
tines politiques, peint le côté mercantile de l'esprit améri-
cain.
Une troupe d'émigrants avait quitté New-York pour aller
chercher fortune dans le Missouri. Pendant leur route, ils,
s'égarent et viennent donner dans une tribu indienne, fé-
roce au possible, de vrais Comanches.
Impossible de fuir les chevaux sont rendus de fatigue;
déjà les premières flèches des Indiens commencent à pleu-
voir sur le camp retranché que les émigrants ont improvisé
avec leurs voitures et bagages; il ne leur reste plus qu'à
vendre chèrement leur vie.
En ce moment, apparaissent dans le paysage deux ou:
trois trappeurs canadiens qui, malgré la vitesse supérieure
de leurs mustangs (couleur locale), ne se soucient pas trop
d'avoir affaire aux Indiens. Les émigrants les appellent
pourtant à leur aide avec le cri du désespoir, les femmes
les supplient à mains jointes, les enfans hurlent de peur.
Les trappeurs sont fort émus de cette scène; ce n'est pas.
qu'ils aient peur de ces Indiens, disent-ils au chef desémiT-
grants, qui se traîne à leurs genoux; ils ont l'habitude de
ces surprises, et quelques coups de rifles écarteraient l'en-
nemi mais ils ne pourraient que se faire tuer avec eux,
car la chasse aux bisons a épuisé toute leur provision de
poudre.
Qu'à cela ne tienne, répond le chef des émigrants,
mes braves amis. mes sauveurs, je puis vous en vendre.
A.. DUPEUTY.
la mémoire de I.eclère, excellent artiste, un Vieux de la
vieille Roche, pour prendre le titre d'une de ses bonnes
créations.
Leclère vient de mourir à soixante ans, au moment'oùiil
ealisait le rêve de toute sa vie
Une maison de campagne à lui et une dizaine de francs
dépenser par jour.
C'est'de cette maison de campagne, un petit coin à No-
gent, qu'il est revenu dimanche dernier, pour mourir dans
son domicile, 13; rue de Laval; il'se sentait mieux, il sou-
riait à ceux qui lui parlaient de sa rentrée dans la revue
des Variétés, et une maladie appelée du vilain nom.d'aiiT
thrax l'a enlevé mardi matin à sept heures trois quarts.
Sa vie du reste a été bien remplie.
De sa jeunesse il sa rappelait lui-même peu de chose;
il aimait pourtant à raconter à ses intimes des détails sur
les adieux. de Fontainebleau,. auxquels il assista
comme brosseur d'un jeune officier.
Au, Théâtre, ses débuts eurent lieu à Amiens, en qualité
de choriste, puis il courut la province comme deuxième
basse.
C'est même dans;. cet emploi qu'il débuta à, Rouen, où
bientôt il eut tant de succès comme premier comique
qu'Arnal le fit venir à Paris, où il donna quelques repré-
sentations de Y Humoriste avec un grand éclat, sur le
théâtre de la rue de Chartres, puis fut engagé en 18 il pour
remplacer Fontenay. Un Monstre de femme, Daguberl à
l'exposition, la Polka en province, la Gazette des Tribu-
naux, Satan, les Trois loyes, etc., le firent remarquer bien
vite, mais ses vrais succès furent •
L'Homme blasé..
Riche d'amour.
Les Petites misères.
Cent cinquante fois de suite, il joua le rôle ingrat de
Mi de Cerny dans les Mémoires du Diable, et il le joua
avec sa conscience habituelle, alors qu'il était souffrant, et
touchait des appointements invraisemblables, sans même
un feu de consolation.
Le 3 avril 1848, il entre. aux Variétés dans Mademoiselle
de Choisy dès ce moment, il ne compte plus que des
succès
23 grands succès jusqu'à ses dernières créations.
Les Amours de Cléopdtre,
Le Guide de l'étranger dans Paris,
P<œriS' quand il pletdj
Brouillés depuis Wugrami
prouvent quelie con,science, quel travail apportait Leclère
dans les rôles à lui confiés par les auteurs. Aussi la recon-
naissance, assez, rare dans le monde théâtral, ne lui a pas
fait défaut. On a vu avec un certain attendrissement M. Du-
vert, l'un de ses auteurs favoris, ne pas vouloir, malgré
son âge et une récente indisposition, quitter jusqu'au
cimetière Montmartre le coin du poêle qu'il tenait en
compagnie de MM. Delacour, Alexandre Michel et Eugène
Rousseau.
Une messe en musique, organisée par M. Victor Chéri, a
été chantée à Notre-Dame-de-Lorette. M. Gourdin, de l'O-
péra-Comique, a dit le Pie, Jesu.
Sur sa tombe, le directeur des Variétés, M. Hippolyte
Gogniard, a, au milieu de l'émotion générale, dit un tou-
chant adieu à l'homme et à l'artiste.
Leclère était veuf depuis quelques années; il laisse une
fille mariée à M. Varembon, gérant de la Gazette des Tri-
bunaux.
Maintenant, pourquoi faut-il que nous ayons à enregis-
trer 1 absence officielle du comité des artistes dramati-
ques ? Comment un de ses membres n'a-t-il pas prononcé
quelques bonnes paroles d'adieu aux obsèques d'un homme
comme Leclère, qui a, pendant dix années, fait partie du
comité et qui,,non-seulement comme artiste, mais comme
homme, malgré son caractère un peu pointilleux, n'en, n'a
pas moins honoré la profession dramatique?
e PRIMEURS
Pour rester fidèle à mon sous-titre, je m'empresse d'an-
noncer en fait de primeurs
̃1° Que M. E. About entrera lundi en répétition à l'Odéon
avec son drame de Gaétan a.
2° Que l'auteur de Gil-Blas, M. Théodore Semet, a com-
mencé mardi au Théâtre-Lyrique les répétitions d'Ondine,
trois actes, paroles de M. Lockroy et Mestepès; artistes
mesdames Baretti, Girard, M. Balanqué, etc.;
3° Que Offenbach lui-même sera bien étonné si je lui
annonce qu'aujourd'hui samedi il réengage aux Bouffes
cet excellent Pradeau, libéré par le Palais-Royal.
'<
Historique
Rousseau a rendu compte de la comédie de M. Amédée
Rolland, les Vacances du Docteur. Ce qu'il n'a pas dit,
ce que personne ne sait, à part l'auteur, sans doute, c'est
que la pièce nouvelle, est réeilement arrivée.
La chose s'est passée à Paris, y a cinq ou six ans tout
au plus. Les personnages sont encore.-vivants.
Une de nos illustrations médicales rendait alors des visi-
tes quotidiennes à l'un de ses malades, qui était aussi l'un
de ses amis. La maladie, tout en étant sérieuse, avait cet
avantage d'être parfaitement connue. La guérison, on en
répondait ce n'était qu'une affaire de temps. Pourtant les
remèdes les plus éprouvés n'agissaient pas. Ils irritaient le
mal qu'ils avaient la vertu habituelle de calmer. Le méde-
cin n'y comprenait plus rien et se donnait au diable.
Un jour qu'il était) au chevet de son client, et qu'il' s'é
tonnait pour la centième fois de trouver un pis à la place
d]xm. mieux, il remarqua, sur la table de nuit, une tasse
de tisane dont la couleur lui.parut insolites;. Il la. goûta et
lui trouva une saveur non moins singulière. Il la vida et
vit qu'elle laissait un dépôt plus que suspect. Il sortit, sans
faire part au malade de ses soupçons, et, arrivé dans le
corridor, il appela une femme de chambre.
Qui est- c£ qui prépare ordinairement la tisane de
votre maître?
Oh! pour cela, monsieur, dit la femme de chambre,
on peut être sûr qu'elle est bien faite. Pas un domestique
n'y touche. C'est madame elle-même qui s'en charge.
Veuillez appeler madame.
Un instant après, madame arriva.
Le médecin. se contenta de lui dire deux mots, en pre-
nant congé d'elle.:
Prenez garde, madame, vous jouez un jeu dangereux.
Il faut que votre mari aille mieux à partir de demain.
Madame pâlit et voulut répliquer. Le médecin avait déjà
disparu.
Huit jours après, le malade, dont on commençait à dés-
espérer, était complétement guéri.
Ce qui est plus curieux, c'est qu'on cite aujourd'hui ce
couple comme un des plus unis qui soient dans Paris. Le
médecin est l'ami de la maison et y dîne deux- fois par ser-
maine. Jamais'la femme ne lui a reparlé de cette affaire.
Jamais le mari n'en a su un traître mot.
UNE PROFESSION NOUVELLE
Votre profession, monsieur?
Inventeur de trucs pour le Pied de Mouton.
Ceci n'est que trop vrai, et je ne sais pourquoi l'on espé-
rait, parmi les auteurs dramatiques, que le Pied de Mou-
ton allait faire place à une Grâce de Dieu revue et considé-
rablement augmentée.
Ce qu'il y a de positif, c'est qu'un ingénieur s'enferme
tous les jours ave* Hector Crémieux pour lui soumettre
trucs sur trucs, et qu'il n'en sort que pour aller prendre
des brevets.
Le brevet pris cette semaine est pour un splendide Feu
d'artifice qui serait tiré ch.aque soir et sans danger (pour la
moralité). sur la scène de la Porte-Saint-Martin.
Collaborateur, M. de la Condamine et ses pompiers!
A samedi prochain un autre brevet.
Bien que l'Académie soit loin encore d'être au complet,
on se préoccupe déjà des futures élections. A la petite
séance je pourrais dire à la causette de mardi, le
candidat qui a réuni le plus de chances est M. Ctivillier-
Fleury. Vous pouvez considérer son élection comme as-
surée.
On sait que deux nouveaux sièges vont se trouver va-
cants avant peu. Une lettre de Sorèze reçue hier, nous
donne comme imminente la mort de l'illustre dominicain.
« Ce n'est plus qu'une question de jours, d'heures peut-
être. » nous écrit-on. Quant à l'ex-chancelier duc Pas-
quier, sa santé donne des inquiétudes de plus en plus
vives, inquiétudes que justifie d'ailleurs la date de sa
naissance 22 avril t767.
A propos d'Académie, on nous raconte aussi une bien
curieuse et bien intéressante conversation qui a eu lieu
l'autre jour, dans le Cher, au magnifiqne château que pos-
sède près de Sancerre M. Duvergier de Hauranne, et qui a
eu l'honneur d'abriter une semaine durant M. Thiers,
M. Berryer, M. de Broglie, etc., etc. Mais cela touche à des
questions qui. à des questions dont. enlin, voilà ce qui
va paraître chez Dentu
Un mot d'une petite fille qui n'a pas cinq ans.
Sa bonne lui disait
Si tu n'es pas sage, tu n'iras pas en paradis avec moi.
Est-ce que les bonnes vont dans le paradis?'
Et pourquoi pas, petite laide?.
Dam 1 puisqu'elles ne mangent pas à table 1
Elle est drôle, celle-là!
On nous envoie une anecdote passablement gauloise.
Est-elle connue ? je le croirais fort, mais je ne la connais-
sais pas, je la trouve drôle et je la risque.
La première scène se passe à une table d'hôte, n'importe
où. Un des convives, vers la fin du repas, n'est pas à son
aise; il commence par devenir cramoisi; il ne tient pas sur
sa chaise; il porte les mains à son front, à son côté, puis il
rougit, puis une sueur froide court sur son visage; bref, il
se lève, se rassied, et finit par sortir de la salle comme un
trait. t.
Il saute sur la clé de sa chambre, mais sa chambre est au
troisième; il nec serait plus temps; il se précipite dans la
première pièce qu'il rencontre sur son chemin. Victoire
c'est une chambre à coucher. Mais, ô désespoir! cette
chambre à coucher n'est pas digne de son nom; le meuble
qu'il cherche, le meuble essentiel, le meuble indispensa-
ble est absent. Pour quel motif? Je l'ignore.
Un numéro du Times devient la, victime de cet oubli.
Sans ce bienheureux journal que notre homme a trouvé
sur la cheminée. il était mort. Mais maintenant, après cet
abus, que faire, que devenir? Comment faire disparaître les
traces de son crime? Justement voici le dîner qui finit, et
les voyageurs qui se dirigent vers leur appartement.
Le coupable devient fou; il va être découvert, quand une
idée traverse son cerveau, et, à l'instant même, le mal-
heureux numéro du Times qui, de la cheminée était des-
cendu sur le plancher, va se coller au plafond par une sorte
de projection irrésistible, et par quelque autre motif
peut-être.
Une seconde après le départ de l'intrus, entre le locataire
de la chambre, un Anglais, cela va sans dire.
Il s'étend dans son fauteuil pour faire tranquillement sa
digestion mais au bout d'un instant il devient inquiet, il
se mouche à plusieurs reprises, et chaque fois secoue la
tête d'un air affirmatif. Il se lève enfin, fait le tour de sa
chambre, regarde un peu partout.et sous les meubles, puis
revient s'asseoir, lève les jambes et regarde très attentive-
ment la semelle de ses bottes. Rien 1, Dans sa perplexité, il
lève les yeux au ciel et aperçoit son numéro du Times au
plafond. Il monte sur une chaise, met ainsi fin à ses doutes
et sonne l'hôtelier.
Entre un monsieur très poli, cravate blanche
Voyez, monsieur lui dit l'Anglais.
Oh s'écrie l'hôtelier, qui a mis moins de temps à
comprendre.
Comment expliquez-vous cette position? reprend l'An-
glais.
Je dis, monsieur, que c'est une infamie; je vais faire
une enquête, et le misérable qui s'est permis.
Bien! bien! reprend l'Anglais; misérable, oui.mais
comment l'expliquez-vous?,La position de ce misérable?
Méry, le paresseux Méry, le frileux Méry se ment bien à
lui-même. Il n'a pas encore endossé son manteau couleur
de muraille, par Je froid qu'il fait, et à peine vient-il de
publier son Théâtre de Salon, qu'il demande lecture pour
son grand 'opéra, Raphael et la Fornarina. Le quatrième
acte, lu ces jours-ci à quelques intimes, a impressionné
les auditeurs, tous plus ou moins blasés pourtant. C'est la
mort de Raphael avec le tableau de la Transfiguration
comme cadre du dénoûment.
Dernières nouvelles du Théâtre-Français. Le Comité
de lecture vient de recevoir un grand drame espagnol en
quatre actes et en vers de M. Louis Bouilhet. Une première
lecture n'avait pas été favorable à 1'ouvrage, mais tout en
ne recevant la pièce qu'à corrections, le Comité avait fait
savoir à M. Bouilhet qu'à cause des beautés exceptionnelles
du troisième acte, on espérait fort que, l'auteur ne verrait
pas dans le premier jugement le refus poli déguisé d'habi-
tude sous la formule reçue à corraclions.il. Bouilhet avait
déjà pris la route de l'Odéon quand il reçut cet avis. Il
a bien fait de s'arrêter en chemin, puisque le voilà arrivé
rue Richelieu.
Aujourd'hui, le comité de lecture est convoqué de non-
veau pour entendre la lecture d'une pièce, de M. Alfred
Assolant.
GENTILLESSES AAYtR\CA\mS
Décidément la situation se tend en Amérique. Le Nord
et le Sud ne se contentent plus de s'administrer récipro-
quement de pompeuses défaites et de s'égorger à qui mieux
mieux à coups de locomotives rayées et de navires blindés,
voilà qu'ils se mettent à échanger des gros mots.
Le ministre Steward vient d'adresser une proclamation
bien sentie aux Etats loyaux.
Les Etats canailles lui ont immédiatement envoyé des
témoins pour savoir s'il avait eu l'intention de les insulter.
Gustave Aimard, le romancier américain, nous racontait
ces jours-ci un mot superbe qui, mieux que bien des tar-
tines politiques, peint le côté mercantile de l'esprit améri-
cain.
Une troupe d'émigrants avait quitté New-York pour aller
chercher fortune dans le Missouri. Pendant leur route, ils,
s'égarent et viennent donner dans une tribu indienne, fé-
roce au possible, de vrais Comanches.
Impossible de fuir les chevaux sont rendus de fatigue;
déjà les premières flèches des Indiens commencent à pleu-
voir sur le camp retranché que les émigrants ont improvisé
avec leurs voitures et bagages; il ne leur reste plus qu'à
vendre chèrement leur vie.
En ce moment, apparaissent dans le paysage deux ou:
trois trappeurs canadiens qui, malgré la vitesse supérieure
de leurs mustangs (couleur locale), ne se soucient pas trop
d'avoir affaire aux Indiens. Les émigrants les appellent
pourtant à leur aide avec le cri du désespoir, les femmes
les supplient à mains jointes, les enfans hurlent de peur.
Les trappeurs sont fort émus de cette scène; ce n'est pas.
qu'ils aient peur de ces Indiens, disent-ils au chef desémiT-
grants, qui se traîne à leurs genoux; ils ont l'habitude de
ces surprises, et quelques coups de rifles écarteraient l'en-
nemi mais ils ne pourraient que se faire tuer avec eux,
car la chasse aux bisons a épuisé toute leur provision de
poudre.
Qu'à cela ne tienne, répond le chef des émigrants,
mes braves amis. mes sauveurs, je puis vous en vendre.
A.. DUPEUTY.
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