Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1940-08-02
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 02 août 1940 02 août 1940
Description : 1940/08/02 (Numéro 28808). 1940/08/02 (Numéro 28808).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
2. - Le « Temps », 2 août 1940.
Pour remplacer l'essence
L'ADOPTION DES GAZOGÈNES
La raréfaction de l'essence suscite
d'innombrables lamentations. On a
beau réduire son usage aux besoins
strictement indispensables du ravi-
taillement, des transports- en com-
mun, du rapatriement des réfugiés,
des travaux agricoles, de la santé
publique, de la circulation officielle;
même en limitant d'une façon dra-
conienne l'emploi d'un carburant
qjii devient rarissime, on ne peut
donner satisfaction que bien impar-
faitement aux demandes justifiées
des chargés de mission qui doivent
réorganiser d'urgence notre écono-
mie nationale, - des médecins, qui
commencent à se servir de simples
motocyclettes pou^ visiter leurs ma-
lades, - des agriculteurs, dont les
faucheuses et les batteuses s'immo-
bilisent, - des fonctionnaires qui,
par ordre, regagnent leurs postes en
zone occupée, - des concessionnai-
res'de services d'autocars désencla-
vant les communes isolées, - des
ramasseurs de lait, de fromages et
d'oeufs... C'est décidément la grande
pitié des pompes à essence taries.
Un bidon plein excite les mêmes
convoitises qu'un trésor. Les bureaux
chargés de la répartition des bons
K sont assiégés de quémandeurs qui
incriminent parfois chez eux des len-
teurs et une parcimonie dont ils sont
souvent bien irresponsables.
Aussi l'opinion publique a-t-elle
accueilli avec un réel soulagement
les déclarations récentes du ministre
secrétaire d'Etat à la production in-
dustrielle et au travail, M. René Be-
lin. Ce dernier s'est avisé, en effet,
de substituer au carburant évanoui
ce fameux « gaz des forêts », dont oo
parlait souvent sans guère l'utili-
ser, et de faire adapter aux moteurs
des véhicules voués à la panne sèche
des gazogènes à charbon de bois.
La réalisation /d'une idée juste,
lorsque la nécessité la fait accueillir
enfin, malgré la routine, doit être
prompte. A cet effet, une coordina-
tion initiale des efforts et une nor-
malisation rationnelle des types
s'imposent. Le dictateur éclairé
désormais responsable dans ce do-
maine a prévu l'équipement en un
semestre de 50.00C véhicules, et il a
confié à l'un de ses collaborateurs,
M. l'ingénieur Hicquet, la surveil-
lance de la fabrication tant artisa-
nale qu'industrielle des gazogènes
dont il s'agit, ainsi que la prépara-
tion du combustible forestier destiné
à les alimenter. Certaines comman-
des passées aux industries de guerre
seront d'autant plus facilement
transformées en commandes de piè-
ces de gazogènes à assembler que la
fabrication desdites pièces est extrê-
mement simple "ît ne nécessite au-
cune machine spéciale
Question technique et partant quel-
que peu aride, la question du gazo-
gène est de nature, par ses multi-
ples incidences, à intéresser tous
ceux qui souffrent de la paralysie
progressive des transports. Nous
n'estimons donc point superflu de
rappeler brièvement les origines de
la découverte et les étapes de la
mise au point du procédé auquel les
pouvoirs publics ont décidé de re-
courir pour remédier à une disette
aë'carburant dont on ne peut entre-
voir la fin prochaine. Nous indique-
rons également à nos lecteurs les
principales objections soulevées par
le gazogène et les raisons péremp-
toires qui militent en faveur de son
adoption, peut-être passagère, mais
immédiate, et nous expliquerons
sommairement le fonctionnement de
l'appareil en question, ainsi que les
Caractéristiques essentielles des sys-
tèmes reconnus les meilleurs.
La' politique de reboisement de
M. André Lyautey, approuvée par la
Chambre des députés en mai 1937,
comportait l'utilisation des carbu-
rants forestiers. « Il suffira au pay-
san de ramasser le bois qu'il possède
presque toujours et de le faire sé-
cher... Il aura ainsi la possibilité
d'alimenter son moteur et de circu-
ler sans bourse délier. » Une propo-
sition de loi de M. Emile Perin et un
rapport de M. Henri Gérente, la
même année, attiraient également
l'attention sur l'utilisation du char-
bon de bois comme force motrice.
Les Allemands avaient déjà compris
l'intérêt de cette force. (Voir l'article
de H. Gesell dans le numéro de la
Revue générale des transports, 25
novembre 1936.) M. Eérot, président
du groupe forestier de la Chambre,
organisait dans la cour du Palais-
Bourbon une intéressante démons-
| tration.
En février 1937, le maréchal Pé-
tain, dans un article qui fit sensa-
tion, crut devoir souligner l'impor-
tance de l'utilisation du gaz des fo-
rêts du point de vue de la déîense
nationale, pour nous affranchir
d'importations difficiles à assurer
en temps de guerre, et pour consti-
tuer des stocks de carburant moins
vulnérables que lefc réservoirs non
« chemisés » dont nous disposions,
n'ayant pas, comme les Italiens, pré-
paré des réservoirs souterrains. « Le
bois, et son dérivé le charbon de bois,
écrivait le chef lucide, toujours sou-
cieux de l'avenir du pays, consti-
tuent un carburant national... L'uti-
lisation rationnelle du gaz des fo-
rêts est de nature à'apporter immé-
diatement un concours précieux...
Les pouvoirs publics ont le devoir
d'en intensifier l'exploitation... »
Lès expériences, depuis une di-
zaine d'années, s'étaient multi-
pliées. L'Automobile-Club de France,
la direction générale des eaux et
forêts, le ministère de la guerre, les
encourageaient à l'envi. Exonérés
des taxes -au poids et à l'encombre-
ment, les véhicules à gazogènes se
perfectionnèrent rapidement. En fé-
vrier 1937, un essai probant d'auto-
bus urbains était fait au Mans. Les
28 et 29 mars 1937, au « Circuit de
la Manche », cinq voitures de tou-
risme (deux Ford, une Hispano-
Suiza, une Berliet et une Renault)
affrontèrent brillamment les épreu-
ves imposées, de même que neuf
camions et camionnettes (Berliet,
Latil, Panhard-Levassor, Ford, Ci-
troën).
Dâns un rallye organisé à Monte-
Carlo, une Panhard 6 cylindres de
serie, équipée avec gazogène Gohin-
Poulenc et pilotée par MM. Vélard
et Moreau, prit le départ en même
temps que 120 voitures à essence.
Quittant Amsterdam le 20 jan-
vier 1939, à 7 h. 45, élite arriva à
Monte -Carlo le lendemain, à
15 h. 46. Elle avait couvert en
trente-deux heures 1.460 kilomètres,
dans d'excellentes conditions. La
consommation (carbo épuré'et car-
bonite-Etat), avait été inférieure à
23 kilogr. aux 100 kilomètres.
Au cours d'épreuves contrôlées
par l'Automobile-Club de l'Ouest, en
avril et.mai 1939, autour de Nantes
et de Poitiers, les voitures à gazo-
gène se comportèrent de telle sorte
que les plus incrédules furent
convaincus de la simplicité et du
rendement de l'utilisation du « gaz
des forêts ».
Des écoles techniques, décernant un
certificat officiel d'aptitude à la con-
duite des véhicules à gazogène,
fonctionnèrent bientôt à Versailles,
à Bourges, à Port-sur-Saône et au
Maroc. L'Automobile - Club de
l'Ouest ouvrit «u Mans une école
préparant au « certificat d'aptitude
pour la conduite et l'entretien des
gazogènes ». La durée des cours
était d'un mois. Un diplôme d'Etat
avait été institué en août 1937 par
le ministère de l'agriculture. La
commission d'examen devait être
présidée par un conservateur des
eaux et forêts.
L'utilisation du gazogène aux
colonies devait enfin séduire les
administrateurs de la France d'ou-
tre-mer. M. Jean Meniaud, chef du
service technique des bois à l'agence
générale des colonies, prit à coeur
de doter l'empire d'un carburant
dont le prix de revient modéré,
l'abondance, la conservation aisée
(l'essence s'évapore rapidement
dans les pays chauds), ne pouvaient
que faciliter x" essor économique de
nos possessions lointaines (1).
(A suivre.)
(1) Consulter à ce sujet : Marcel Rol-
land. « Les gazogènes aux colonies .,
Ligue de défense des carburants fran-
çais. (97, rue Saint-Lazare), s. d.
NOUVELLES
DE L'ETRANGER
ITALIE
. UNE RESOLUTION
DU COMITE « NICE ET SAVOIE »
Notre envoyé spécial à la frontière Ita-
lienne nous mande :
A la veille de la guerre, un groupe
de culture et d'action, intitulé « Nice
et Savoie », se constitua à Turin pour
maintenir et défendre oe qu'il considère
comme les droits historiques de la
péninsule sur ces régions. Ce groupe
vient de se réunir au palais Lascaris
et a approuvé une résolution décla-
rant entre autres que la « victoire des
armes italiennes et allemandes n'est
pas seulement l'effet d'une technique
guerrière plus évoluée, mais est sur-
tout une'fatalité historique, puisque
les idéologies que l'ennemi représen-
tait étaient déjà vaincues d'avance,
depuis la naissance du fascisme et
du national-socialisme. »
Le document poursuit en ces ter-
mes -.
« Si l'on considère les rapports
b entre l'Italie et la France au cours
. de l'histoire, l'on constate que, de-
» puis deux mille ans et plus, sous les
. rois gaulois comme sous les Capet,
» au temps de Richelieu comme sous
» la Révolution, sous tous les régimes
. et dans toutes les époques, victo-
» lieuse ou vaincue, la France n'a
. cessé de suivre à l'égard de l'Italie
a une politique d'envie et de négation.
» Jamais, au cours des derniers siè-
» cles, elle n'a 6aisi les occasions qui
» lui ont été offertes de changer d'atti-
» tude. Le comité directeur du groupe
« « Nice et Savoie » ne croit pas qu'un
» changement substantiel puisse être
» opéré.par l'effet de Vichy et déclare
. croire en l'éternelle vérité de l'affir-
. mation selon laquelle l'Italie . ne
» pourra jamais vivre en paix si ce
» n'est en maintenat la France en état
» de sujétion. .
La résolution s'élève ensuite contre
le sentimentalisme qui se manifeste
à l'égard de !a France dans certains
milieux. Elle rappelle les « mortifica-
tions » subies par l'Italie à Versailles
et affirme qu'une attitude antifran-
çaise très nette est nécessaire.
ROUMANIE
ELEVATION DES DROITS SUR
LES EXPORTATIONS DE PETROLE
Bucarest, 31 juillet, - Le ministère
des finances a élevé, à partir du
30 juillet, de 13 à 20 % « ad valorem »
les droits de douane sur les exporta-
tions de pétrole.
Cette augmentation est à la charge
dà l'exportateur roumain.
ETATS-UNIS
POUR LE SERVICE OBLIGATOIRE
Washington, 31 juillet. - Dans une
déclaration faite devant . le comité de
coordination, le général Marshall a
montré ia mobilisation immédiate de
la garde nationale et le service obliga-
toire comme répondant à des nécessi-
tés impératives. Il a ajouté :
« Si notre appréciation de la situation
est parfaitement exacte, nous n'avons
pas le temps de nous livrer à des dis-
cussions au sujet du service obliga-
toire, et nous devons immédiatement
faire quelque chose à ce sujet. »
INTERDICTION DE L'EXPORTATION
DE L'ESSENCE D'AVIATION
Washington, 31 juillet. - Le prési-
dent Roosevelt a interdit l'exportation
de l'essence d'aviation à destination de
tous les pays situés hors de l'hé-
misphère occidental.
A l'appui de cette décision, qui s'ap-
pliquera autant à l'Angleterre qu'au
Japon, à l'Allemagne et à l'Italie, le
président Roosevelt a invoqué l'inté-
rêt de la défense nationale américaine.
Une seule exception est prévue, en
faveur des compagnies américaines
opérant en dehors de l'hémisphère.
JAPON
L'ARRESTATION DE BRITANNIQUES
Londres, 31 juillet. - Dans les mi-
lieux officiels britanniques, on con-
firme que les autorités japonaises ont
relâché M. Holder, qui avait été arrêté
à Kobé.
Trois autres des sujets britanniques
récemment arrêtés, MM. Jones, Mac
Naughton et Price, ont été également
libérés.
Tokio, 3l juillet. - Les ambassadeurs
de Grande-Bretagne'et des Etats-Unis
ont assisté ce matin aux funérailles de
M. Cox, dont les cendres seront rame-
nées en , Angleterre après incinération.
APRES LA CONFERENCE
PANAMERICAINE
Berlin, 31 juillet. - On mande de
la Havane au D. N. ? B :
Il . ressort du texte officiel défini-
tif des résolutions prises par la con-
férence de la Havane, tel qu'il a été
publié aujourd'hui, que lors de la
signature de ces documents un cer-
tain nombre de réserves ont été fai-
tes qui en limitent considérablement
la portée ou bien en atténuent la
valeur pratique.
Ainsi, l'Argentine a réservé tous
ses droits sur les îles Malvines et
sur les terres antarctiques. Le Gua-
temala a fait de nouveau valoir ses
revendications sur ie territoire de
Belice (Honduras britannique).
La Bolivie, en raison de sa situa-
tion géographique, a fait des réser-
ves au sujet de l'internement des
troupes des nations belligérantes. Le
C'.ili a fait dépendre son adhésion
à l'ensemble des résolutions prises
de son adhésion aux stipulations con-
tenues;. dans la résolution écono-
mique.
La délégation colombienne a ap-
prouvé les mesures de défense com-
mune, sous réserve de leur confor-
mité avec la Constitution colom-
bienne.
La délégation péruvienne, enfin,
a exigé, en matière d'arbitrage com-
mun des litiges interaméricains, que
la commission interaméricaine ne
puisse fonctionner que sur la de-
mande des Etats directement inté-
ressés.
LE CONFLIT SINO-JAPONAIS
Bombardement de Tchoung-King
Berlin, SI juillet. - On mande de
Tchoung-King au D. M. .B. :
Après une accalmie de deux se-
maines, 60 avions japonais, volant
en deux groupes, ont bombardé au-
jourd'hui le quartier du gouverne-
ment à Tchoung-King.
NOUVELLES DU JOUR
Les audiences du maréchal Pétain
Le maréchal Pétain a reçu, hier
après-midi, MM. Abbo, Watin, Cheva-
lier, délégués de la Confédération gé-
nérale des agriculteurs d'Algérie.
L'ambassade de Pologne
revient en France
Londres, 31 juillet. - Au cours d'une
déclaration devant' le comité des af-
faires étrangères du conseil national
polonais, M. Zaleski, ministre des af-
faires étrangères de Pologne, a an-
noncé que des ordres avaient été don-
nés à l'ambassade de Pologne et aux
consulats polonais de retourner en ter-
ritoire français non occupé.
Nominations
M. Mathieu, précédemment préfet de
l'Oise, admis à faire valoir ses droits
à la retraite, est nommé préfet hono-
raire
M. Frédéric Surleau est réintégré
dans "-ses fonctions d'administrateur
extraordinaire de la ville lie Marseille,
et les dispositions du décret nommant
M. Cado cesseht d'avoir effet.
M. Oswald est promu sur place
commissaire central de police hors
classe, premier échelon, à Marseille.
Les biens des groupements
communistes à Marseille
Sont transférés aux syndicats re-
constitués qui en ont fait la demande
les patrimoines des groupements com-
munistes dissous de la région marseil-
laise : syndicat des ouvriers en mé-
taux de la ville de Marseille,
Union locale des syndicats ouvriers
de Marseille, Union départementale
des syndicats ouvriers des Bouches-
du-Rhône.
LA VIE ECONOMIQUE
Avances du Trésor
pour la reprise de l'activité agricole
On sait qu'en vue de faciliter la
reprise de ^'activité agricole le mi-
nistre des finances est autorisé, jus-
qu'au 31 décembre de cette année,
par une loi publiée au « Journal
officiel » d'hier, à consentir des
avances aux collectivités agricoles
jusqu'à concurrence de 2 milliards.
Un comité national de répartition
présidera à la distribution de ces
avances par département.
Ce comité comprendra le secrétaire
générai de l'agriculture, président,
ou son représentant, trois représen-
tants qualifiés des organisations pro-
fessionnelles agricoles et des repré-
sentants de la caisse nationale de
crédit agricole et des autres insti-
tutions du même genre, tous nom-
més par le secrétaire d'Etat à l'agri-
culture, ainsi qu'un représentant du
ministre des finances.
Dans chaque département, un co-
mité des avances aux agriculteurs
sera constitué et chargé de, contrôler
et d'agréer les demandes présentées
par les agriculteurs e; instruites par
le'j organisations syndicales dans les
conditions qui sont également déter-
minées dans le décret.
Le taux d'intérêt des avances con-
senties aux exploitants agricoles sera
de 1%. A l'expiration de la troisième
année à compter de la date d'attri-
bution, elles seront remboursées en
dix annuités. Les annuités non
payées à l'échéance porteront inté-
rêt à 5 %. Les avances seront rem-
boursées au Trésor par les caisses
de crédit agricole au fur et à mesure
des remboursements effectués par-
les bénéficiaires des prêts.
ARMEE
Le général Weygand
remet la médaille militaire
au général Vuillemin
Le général Weygand, ministre de la
défense nationale et commandant en
chef, s'est rendu hier à Toulouse pour
remettre, devant les troupes, la mé-
daille militaire au général Vuillemin.
En quelques mots d'une simplicité
émouvante, le général Weygand a évo-
qué les qualités qui ont fait du général
Vuillemin un chef admiré de l'aviation.
Il a, en même temps, saisi l'occasion
de rendre hommage à l'héroïsme et à
l'esprit de sacrifice dont les aviateurs
ont fait preuve pendant la guerre, dans
toutes les batailles où ils ont été en-
gagés.
Etat-major
Le général de brigade de La Font
est nommé sous-chef de l'état-major
de l'armée.
ECHOS ET INFORMATIONS
Nouvelles diverses :
- Le « Journal officiel » a publié hier,
31 Juillet, un décret et un arrêté fixant
les conditions d'admission dans les écoles
nationales d'arts et métiers en 1940.
- L'Alliance française a repris hier, â
Vichy, ses conférences hebdomadaires, en
présence de Mgr Valerio Valeri, nonce
apostolique, et de plusieurs autres membres
du corps diplomatique et de nombreuses
personnalités.
- Aucune modification n'a été apportée
au libellé des adresses des correspondances
des militaires en service au Levant-, Ces
adresses doivent donc continuer à men-
tionner le numéro du secteur postal pré-
cédemment attribué.
RECHERCHES DE FAMILLES
ET D'ENTREPRISES
Les communications concernant les
recherches de familles sont reçues au
journal, 13 et 15 rue du Port, et à
l'agence Havas, 42, avenue des Etats-
Unis, à Clermont-Ferrand.
Tarit : 20 francs la ligne
- Administrateur d'immeubles, resté
Paris, prendrait toutes gérances.
Larqulcr, '20, aven, des Champs-Elysê
- M. Haoul Monceaux, pension les Mu-
guets, Royat, recherche M. Edmond Ducel-
Per. rie Fère-en-Tardenois.
AVIS ET COMMUNICATIONS
Distribution d'essence
La préfecture du Puy-de-Dome com-
munique :
Un" nouveau régime de distribution
de bons d'essence entrera en vigueur
à partir d'aujourd'hui, 1er août.
Les consommateurs recevront du
chef de la collectivité dont ils rele-
vaient précédemment les bons qui leur
sont destinés.
En ce qui concerne les services pu-
blics, service médical (médecins, vété-
rinaires, sages-femmes), commerçants
et industriels, ne relevant pas du ravi-
taillement général, la préfecture pro-
cède actuellement à l'examen des de-
mandes d'allocation d'essence. Dès
qu'elle sera en mesure de le faire, elle
adressera à ces consommateurs les
bons d'essence correspondant aux
quantités qui leur auront été attri-
buées.
Eu égard au grand nombre de de-
mandes et au peu de disponibilités
d'essence dont dispose l'administra-
tion, il est vraisemblable que quelques
jours lui seront nécessaires pour pro-
céder à l'examen de toutes ces de-
mandes. Les intéressés seront indivi-
duellement avisés de la décision qui
aura été prise à leur égard.
Il est donc inutile de se présenter
aux pompes avec des anciens bons K
ou B, lesquels ne sont plus valables.
Cartes d'alimentation
Tickets de pain
Démobilisés et réfugiés ont présente
des demades de cartes d'alimentation
en nombre tel qu'il n'a pas été pos-
sible de pourvoir tout le monde des
feuilles de tickets nécessaires désor-
mais a l'achat du pain.
Les boulangers pourront donc livrer
pour la journée du 1" août aux con-
sommateurs qui se présenteraient sans
tickets le pain demandé.
Leurs clients régulariseront le len-
demain cette livraison d'avance par
la remise des tickets correspondants.
Les bureaux installés à Clermont-
Ferrand pour le retrait des feuilles
de tickets resteront ouverts aujour-
d'hui, 1" août, jusqu'à 18 heures.
POUR LES RÉFUGIÉS
Les rapatriements vont reprendre
Nous avons annoncé hier que tout
trafic postal, télégraphique et télépho-
nique était provisoirement interdit
avec la zone occupée. Mais le passage
de la ligne de démarcation de cette
zone reste autorisé dans les conditions
que fixe le communiqué suivant :
1® Un communiqué du 28 juillet 1910
a défini les zones de la région occu-
pée et leurs possibilités d'accès à cette
date.
Ce communiqué est â compléter de
la manière suivante, en ce qui cou-
cerne les conditions de rapatriement
des réfugiés :
? En principe «, Je retour de toutes
les catégories de réfugiés est désor-
mais admis dans l'étendue de la zone
occupée située au sud de la ligne
Somme, Oise, Aisne, et à l'ouest de
l'axe Vouziers-Dôle.
Toutefois, il importe de souligner
à nouveau que la possibilité de rapa-
triement reste strictement limitée par
la capacité de transport ferroviaire et
les possibilités de débit routier.
D'autre part, pour les réfugiés fran-
çais, l'ordre de rentrée reste déter-
miné par le plan de priorité établi
pour la délivrance des certificats de
rapatriement, le rythme des départs'
parvenant à la connaissance du pu-
blic par l'intermédiaire des autorités
locales. , , ^ ,
En ce qui concerne les sujets belges,
un plan spécial de rapatriement a été
prévu, en accord avec les autorités
allemandes.
2° Les rapatriements, tant français
que belges, vont pouvoir reprendre,
du fait que la fermeture de la ligne
de démarcation récemment décidée
par les autorités allemandes a cessé :
une augmentation appréciable du tra-
fic ferroviaire au profit des agricul-
teurs va, du reste, permettre une amé-
lioration du rythme des rentrées.
3» Le ministère de l'intérieur (secré-
tariat général des réfugiés). va désor-
mais assurer la liaison entre tous les
organismes de réfugiés tendant à ré-
tablir, en accord avec les autorités
allemandes, des correspondances nor-
males entre les membres des familles
dispersées.
SITUATIONS
Dame, 36 ans, ex-chef de publicité, chef
d'achat, 5 et 6 ans dans Importantes
agences de publicité de Paris, diplôme
comptable, dactylo, accepterait n'importe
quel emploi en France non occupée ou
colonies françaises. Ecr. : Mme Bachelel.
Odile, poste -estanie Gaillard. Clermont-
Ferrand.
INFORMATIONS FINANCIERES
BOURSE DE PARIS
Nqus ne disposons que de quelques
rares cours relevés hier à la Bourse
de Paris. Ces cours, transmis par
l'agence Havas, ne proviennent pas
d'une source officielle. Ils apparaissent
pour la plupart nettement supérieurs
à oeux enregistrés pour les mêmes
valeurs tant à Lyon et à Marseille qu'à
Bordeaux.
Rentes françaises. - 3 0/0, 71 90, 72 20 ;
4 0/0 1918, 73 80, 74 05, 74 20 ; 5 0/0 1920,
106 40 ; 4 1/2 0/0 1002 A, 79 75. 79 95 ;
4 1/2 0/0 1932 B, 79 90, 80 05.
Valeurs à revenu variable. - Banque de
France, 9.500 ; Banque de Paris, 1.250 :
Crédit lyonnais, 1.900 ; Courrières, 350 ;
Lens, 450 ; Raffineries Say, 1.100.
D'autre part, le Crédit foncier a été de-
mandé à 2.700 ex-droit (le droit valant 850);
la Lyonnaise des eaux à 1.600 ; le Nickel à
1.650 ; Kuhlmann à «00 ; Péchlney à 2.200 ;
Rhône-Poulenc à 1.275 ; l'Air liquide à 1.700.
BOURSE DE LYON
Les cours des principales valeurs
cotées hier à Lyon reflètent une ten-
dance généralement satisfaisante.
Valeurs à revenu fixe. - 4 0/0 1925, 146 ;
4 1/3 0/0 1932 B, 78 85 ; 5 0/0 1939, 90;
obligations du Trésor 4 1/2 0/0 1933, 921 ;
5 0/0 1935, 940 ; bons du Trésor, 4 1/2 0/0
1933, 1.010 ; 5 0/0 1934 , 970 ; 4 1/2 0/0 1934.
990; Crédit national 1919, 511 ; 1920. 485 ;
1923 première f ranche, 525 ; deuxième, 510 ;
1924 , 525 ; 1934, 9S0 ; 1935, 915 ; Ville de
Paris 1931. 625 . 1929, 675 ; Communales
1891, 240 ; 1906, 260 ; Foncières 1913"5 1/2 0/0,
255 ; 4 1/2 0/0 1930, 675 ; Outillage national
4 1/2 0/0 1932, 815.
Valeurs d revenu variable. - Crédit fon-
cier de France. 2.700 ; Banque de Paris,
1.120 ; B. N. C. 1. 620 ; Compagnie algé-
rienne, 1.420 ; Suez capital, 14.900 ; jouis-
sance, 12.740 ; Crédit lyonnais, 1.798 ; So-
ciété marseillaise, 750 ; Foncière lyonnaise,
800 ; Lyonnaise des eaux capital, 1.5,75 ;
jouissance, 1.285 ; Thomson-Houston, 318 ;
Blanzy, 1.440 ; Courrières. 260 ; Lens, 350 ;
Boléo, 80 ; Penarroya, 489 ; Péchiney,
2.610 ; Kal! Sainte-Thérèse, 680 ; Kuhlmann,
860 ; Rhône-Poulenc, 1.280 ; Ugine. 2.398 ;
Saint-Gobain, 3.300 ; Air liquide. 1.780 ;
Gafsa, 1.050: Nickel. 1.550; Raffineries
Say, 980.
Rio-Tinto, 2.950 ; Canadian Pacific, 291 ;
Mines de Bor, 1.355 ; Mokta el Hadid,
7.500 ; Santa-Fé, 1.220 ; Tramways de
Shanghaï, 1.160 ; Littoral méditerranéen,
840 ; Générale des eaux, 1.600 ; Distribution
d'électricité, 740 ; Compteurs à gaz, 1.115 ;
Charbonnages du Tonkin, 3.465 ; Afrique
occidentale, 1.680 ; S. K. F.. 2.275 ; Brasse-
rie Quilmès, 19.500 ; Nestlé. 19.800 ; Geduld,
1.550 ; East Geduld, 2.600 ; Aciéries de la
marine, 350 ; Moteurs Gnome, 650 ; Ener-
gie industrielle, 1.295 ; Hydro-Electrique
d'Auvergne, 1.499 ; Poliet et Chausson, 975 ;
' Pernod, 680 ; Mexican Eagle, 60 ; Shell,
635 ; Brakpan, 398 ; Bruay, 250 ; Dagga-
fontein, 412 ; Union minière du Haut-
Katanga, 4.750 ; Liévin, 190 ; Phosphates de
Constantine, 430 ; R'oan Antelope, 121
DECLARATION DES CREANCES
SUISSES SUR CERTAINS PAYS
ETRANGERS
On mande de Berne que les personnes
physiques et morales ainsi que les so-
ciétés à caractère commercial, y com-
pris les banques domiciliées en Suisse,
sont invitées à déclarer,jusqu'au 15 août
1940, le capital de leurs créances finan-
cières (y compris les créances incorpo-
rées dans des « papiers valeurs . et des
propriétés immobilières) ainsi, que les
revenus échus et non encore payés
provenant des créances en capital
qu'elles possèrent envers des débi-
teurs ayant leur domicile en Belgique
(y compris les possessions belges), en
France (territoires douaniers français,
possessions françaises, colonies,protec-
torats et territoires sous mandat), en
Grèce, en Hollande (à l'exclusion des
possessions néerlandaises), au Luxem-
bourg, en Norvège et en Yougoslavie.
A NOS ABONNÉS
Depuis le 1er juillet, date de
son installation à Clermont-
Ferrand, le « Temps » s'est
efforcé d'assurer le service du
journal à tous ses abonnés
résidant dans la zone non
occupée. Mais l'insuffisance
actuelle des transports pos-
taux ne permet de servir
qu'avec beaucoup de retard
certains abonnés. D'autre part,
un grand nombre d'entre eux
ne nous ont pas fait connaître
leur adresse de repliement ou
bien sont rentrés dans la zone
occupée sans nous en informer.
pour assurer plus de régu-
larité dans le service du jour-
nal, nous les prions de nous
faire connaître le plus tôt
possible leur nouvelle adresse.
Il est entendu que les abon-
nements seront prorogés d'une
durée égale à celle pendant
laquelle ils n'auront pas été
servis.
DERNIERES NOUVELLES
PRISE D'ARMES PLACE DE JA UDE
en présence du général Georges
Les troupes de la 14e division d'in-
fanterie <21* bataillon de chasseurs,
152= et 35° régiments d'infanterie)
sont massées place de Jaude, de
chaque côté du terre-pl'ein que do-
mine le monument de Desaix.
Au pied de la statue : le drapeau
du 152" et le fanion vert et jaune
du 21e chasseurs, entourés de leur
garde d'honneur et de clairons.
Tout autour de la place, la foule,
très dense, est maintenue par un
cordon de soldats.
Le spectacle est imposant. Le ciel,
sans nuage. Casques et baïonnettes
brillent au soleil. Les touffes vertes
des arbres encadrent les masses
sombres d'uniformes kakis, alignés
dans un ordre impeccable.
Les personnalités se sont groupées
à gauche, 'aux abords du monu-
ment Il y a là le préfet du Puy-de-
Dôme, M. de Peretti délia Rocca;
M. Pochet, maire de Clermont-Fer-
rand; Mgr Piguet, évêque de Cler-
mont ; le maire de Strasbourg, .es
généraux de Lattre de Tassigny,
Villers, de la Porte du Theil, Lau-
glois, etc.
A 11 heures précises, tandis que
retentissent les sonneries « Au dra-
peau », précédées d'un cliquetis
d'armes, le général Héring, puis le
général Georges, inspecteur général
de l'armée, passent lentement sur
le front des troupes et s'immobili-
sent devant le drapeau du 152e et le
fanion des chasseurs qu'ils saluent
longuement, avec gravité.
Aussitôt se déroule la cérémonie,
-simple, mais très émouvante, de ia
remise des décorations, accompa-
gnée de la lecture des citations, tou-
tes admirables, qui soulèvent des ap-
plaudissent! ente.
C'est ainsi que le général Héring.
ancien gouverneur de Strasbourg et
de Paris, élevé à la dignité de
grand-croix de la Légion d'honneur,
et le général de Lattre de Tassigny,
ancien chef d'état-major de l'armée
d'Alsace, commandant la 14e divi-
sion, élevé, à la dignité de grand-of-
ficier, reçoivent des mains du géné-
ral Georges les insignes de leur nou-
veau grade, aux acclamations du
public.
Ce n'est pas au hasard que l'om-
bre illustre de Desaix préside à cet
hommage rendu à la vaillance et au
mérite. Le vainqueur de Marengo
n'a-t-il pas été, lui aussi, gouver-
neur de Strasbourg l Ainsi, cette
prise d'armes solennelle revêt le ca-
ractère symbolique d'un salut dis-
cret à l'Alsace.
Lecture est ensuite donnée des ci-
tations à l'ordre de l'armée concer-
nant le général de la Porte du Theil,
commandant le 7" corps, et le géné-
ral de division Langlois, comman-
dant le corps de cavalerie.
Puis une vingtaine d'officiers,
sous-officiers et soldats, appelés tour
à tour, reçoivent les récompenses
dues à leur courage et à leur valeur.
Le général Georges, en leur remet-
tant, soit !a croix de la Légion
d'honneur, soit la médaille militaire,
soit la Croix de guerre, a pour cha-
cun d'eux un mot d'éloge et une ami-
cale poignée de main.
C'est fini. L'inspecteur général de
l'armée, suivi des généraux et des
personnages officiels, va se poster
au pied du monument de Vercingé-
torix, au centre de la place de Jaude,
pour présider au défilé des troupes,
que la foule acclame longuement.
Mouvement diplomatique
Par décret inséré au « Journal
officiel », rendu sur la proposition
du ministre des affaires étrangères :
M. André Thierry, ambassadeur
à Bucarest, est placé en disponi-
bilité ;
M. Massigl'i, ambassadeur à
Ankara, est placé en disponibilité ;
M. Charveriat, ministre plénipo-
tentiaire de première classe, est
nommé ambassadeur à Bucarest ;
M. Bibily, vice-consul à San-Fran-
cisco, est révoqué ;
M. Brugère, ministre à Belgrade,
est placé à la disposition du mi-
nistre ;
M. Gentil, ministre à Montevideo,
est nommé ministre à Lisbonne ;
M. Jean Paul-Boncour, conseiller
d'ambassade, chargé des'fonctions de
conseiller de presse à Washington,
est chargé des mêmes fonctions à
l'ambassade de France en Chine.
M. Maugras, ministre Stockholm,
est nommé ministre à Belgrade.
M. Guerlet, ministre à Budapest,
est nommé ministre à Stockholm.
M. de Dampierre, ministre à Oslo,
est nommé ministre à Budapest.
M. de Hoppenot, ministre plénipo-
tentiaire, est nommé ministre à
Montevideo.
Le décret nommant M. Henry
Haye ambassadeur de France à
Washington figure également au
Journal officiel.
M. de Saint-Quentin, jusqu'à pré-
sent ambassadeur à Washington, est
placé en disponibilité. -
Le décret du 20 juin 1940, nom-
mant M. Fouques-Duparc, conseiller
d'ambassade de 1T classe, aux fonc-
tions de son grade, à l'ambassade
de France en Chine, a été rapporté.
M. Marx, ministre plénipotentiaire
de 2e classe, chef du service de la
presse française à l'étranger, est mis
à la disposition du ministre.
La préparation
de l'offensive allemande
Rome, Ie' août. - Dans l'officieux
« Giornale d'Italia », M. Gayda écrit:
Il ne faut pas se dissimuler les dif-
ficultés de l'entreprise que constitue
un débarquement en Grande-Bretagne.
Certes, l'issue de la guerre ne fait au-
cun doute. La supériorité des puis-
sances de l'axe est manifeste et s'af-
firmera rapidement. Cependant, il n'y
a pas lieu de montrer trop d'impa-
tience. L'Allemagne et l'Italie ont
prouvé qu'elles ne faisaient rien qui
ne fût préparé avec la plus extrême
minutie. Cette préparation pourrait'
donc être plus longue qu'il n'a été
annoncé. Il n'appartient pas aux états-
majors de dévoiler leurs plans. Tout
ce qui peut être dit est que le pilon-
nage du territoire anglais, la sévérité
de notre blocus faciliteront notre tache.
La guerre contre l'Angleterre, menée
par le? puissances de l'axe, sera plu-
tôt une guerre de . martelage et
d'usure.
L'Angleterre
et l'attitude des Etats-Unis
Londres, 1er août. - Prenant la
parole à Dudley, M. Amery, secré-
taire d'Etat pour l'Inde, après avoir
affirmé que de toutes les parties de
l'empire, même les plus éloignées,
les Dominions et les colonies accou-
raient à l'aide de la mère patrie, a
,>arlé des Etais-Unis :
Nous ne demandons pas à l'Améri-
que. a-t-il dit, de se battre avec nous,
même si nous pouvons penser, dans
un certain sens, que c'est sa bataille
à elle aussi.Si le sang doit être le prix
de le victoire, nous sommes prêts à
payer ce prix. Mais nous savons que
l'Amiérique, si elle n'est pas belligé-
rante, est quelque chose de plus qu'un
spectateur désintéressé.
Akron (Okio, 1er août). - Quarante
et une personnes ont été tuées dans
une collision qui s'est produite entre
un train de marchandises et un au-
torail,.
La situation à Gbraltar
La Linéa, 1er août. - L'évacuation
civile de Gibraltar se terminera de-
main.
Les travaux de défense se poursui-
vent à «-la « Pointe d'Europe » et à
la « Porte de Terre », pour combat-
tre d'éventuelles descentes de para-
chutistes.
Des travaux de dragage ont été
effectués dans la lagune en vue de
la prolonger jusqu'à la Méditer-
ranée.
Les maisons situées à proximité de
la « Porte de Terre », où s'était pro-
duite, avant-hier l'explosion d'un dé-
pôt de munitions, ont toutes été éva-
cuées.
L'anniversaire de l'unité suisse
Berne, l 0" août. - La Confédéra-
tion suisse a été fondée il y a six
siècles et demi, le 1" août 1291.
A cette occasion, le généra. Gui-
san, commandant suprême de l'ar-
mée suisse, a prononcé une aliocu-
ton dans laquelle il a dit notam-
ment :
Remercions Dieu qui nous protegea
à travers les siècles. Cet anniversaire
nous trouve l'arme au pied, car l'ar-
mistice n'est pus la paix. Chacun est
à son poste pour défendre le pays.
Nous devons demeurer fidèles à notre
liberté séculaire, nous devons agir en
Suisses, demeurer Suisses, seul moyen
de sauvegarder notre indépendance.
Quelques-uns se demandent si nous
pourrions résister à une attaque. Poser
une telle question n'est pas digne d'un
Suisse. On ne respecte que celui qui
veut et sait se défendre.
Londres, 1" août.
On mande de ' Canberra à l'agence
Reuter :
Le territoire sous mandat de la
Nouvelle-Guinée se trouve incorporé
dans le système défensif de l'Aus-
tralie par une disposition de la loi
sur la défense, qui désigne la Papoua-
sie et la Nouvelle-Guinée comme for-
mant le huitième district militaire
australien.
Incorporation des jeunes recrues
dans des groupements de jeunesse
Le « Journal officiel » publie au-
jourd'hui une loi relative au séjour
dans des groupements de jeunesse
des jeunes gens incorporés les 8 et
9 juin 1940. Voici le texte des deux
premier articles :
Article premier. Les jeunes gens
incorporés les 8 et 9 juin 1940 seront
relevés, dès la publication du présent
décret, de l'observation de leurs obli-
gations militaires.
Art. 2. A partir de la même date,
ils sont versés, pour une durée de
six mois, dans des groupements de
jeunesse constitués sous l'autorité
du ministre de la jeunesse et de la
famille. 4
Pendant cette période, ces jeunes
gens seront regroupés, conformément
aux dispositions de la loi du 11 juil-
let 1938 et astreints aux obligation?
déterminées par ladite loi.
La composition du ministère
de la défense nationale
Par décret publié au « Journal
officiel » le ministère de la défense
nationale est désormais constitué
par ; , . ,
Le cabinet militaire du ministre;
le secrétariat de la défense nationale
qui se substitue au secrétariat géné-
ral du conseil supérieur de la dé-
fense nationale; la direction de la
défense passive; le secrétariat géné-
ral des anciens combattants; la sec-
tion administrative et financière; la
direction des services de l'armistice,
à titre provisoire; la direction géné-
rale des fabrications, à titre provi
soire.
Berlin, 1er août. - D'après une de-
pêche de Bucarest, diffusée par la
radio allemande, plusieurs officiers
supérieurs de l'armée roumaine se-
ront a: pelés à comparaître devant
un conseil de guerre.
On leur reprocherait d'avoir com-
mis des incorrections en Bessarabie.
Le mémorandum
du comité « France-Amérique »
Nous avons publié, hier, un mé-
morandum que le Comité France-
Amérique avait adressé à ses cor-
respondants d'outre-Atlantique. Dans
le texte il est fait mention de la
if trahison du roi des Belges ».
"Nous ne prenons pas à notre
compte cette appréciation injurieuse
que M. Paul Reynaud fit de l'atti-
tude du roi Léopold et que le Comité
France-Amérique a reprise.
L'histoire sera sans doute moins
sévère et plus juste à l'égard d'un
souverain dont la décision doulou-
reuse lui fut imposée par l'impos-
sibilité de continuer la lutte.
M. et Mme de Chambrun
victimes d'un accident de route
L'ancien ambassadeur de France
à Rome, le comte de Chambrun, et
sa femme, née princesse Murât, ont
été blessés grièvement, hier, dans
un accident d'automobile, qui s'est
produit à Versailles.
Le comte de Chambrun a eu un
bras cassé, et Mme de Chambrun
a été blessée à la figure.
M. de Chambrun devait quitter
Paris à midi pour se rendre à
Vichy, où l'ancien ambassadeur
devait prendre la présidence de la
nouvelle Croix-Rouge française qui,
comme on sait, groupe les trois an-
ciennes sociétés. Les deux blessés ont
été transportés à l'hôpital de Ver-
sailles.
Moscou, 1er août. - Une nouvelle
ligne de chemin de fer, i'ongue de
357 kilomètres et qui relie Khaba-
rovsk à Komsomolsk > sur - l'Amour,
le plus important centre industriel-
d'Extrême-Orient, est entrée en
service aujourd'hui.
IMPRIMERIE MOIIERKE, 13, rue du Port.
CLEHMONT-FERRANU
Le gérant : J.-L. CUOZE.
Pour remplacer l'essence
L'ADOPTION DES GAZOGÈNES
La raréfaction de l'essence suscite
d'innombrables lamentations. On a
beau réduire son usage aux besoins
strictement indispensables du ravi-
taillement, des transports- en com-
mun, du rapatriement des réfugiés,
des travaux agricoles, de la santé
publique, de la circulation officielle;
même en limitant d'une façon dra-
conienne l'emploi d'un carburant
qjii devient rarissime, on ne peut
donner satisfaction que bien impar-
faitement aux demandes justifiées
des chargés de mission qui doivent
réorganiser d'urgence notre écono-
mie nationale, - des médecins, qui
commencent à se servir de simples
motocyclettes pou^ visiter leurs ma-
lades, - des agriculteurs, dont les
faucheuses et les batteuses s'immo-
bilisent, - des fonctionnaires qui,
par ordre, regagnent leurs postes en
zone occupée, - des concessionnai-
res'de services d'autocars désencla-
vant les communes isolées, - des
ramasseurs de lait, de fromages et
d'oeufs... C'est décidément la grande
pitié des pompes à essence taries.
Un bidon plein excite les mêmes
convoitises qu'un trésor. Les bureaux
chargés de la répartition des bons
K sont assiégés de quémandeurs qui
incriminent parfois chez eux des len-
teurs et une parcimonie dont ils sont
souvent bien irresponsables.
Aussi l'opinion publique a-t-elle
accueilli avec un réel soulagement
les déclarations récentes du ministre
secrétaire d'Etat à la production in-
dustrielle et au travail, M. René Be-
lin. Ce dernier s'est avisé, en effet,
de substituer au carburant évanoui
ce fameux « gaz des forêts », dont oo
parlait souvent sans guère l'utili-
ser, et de faire adapter aux moteurs
des véhicules voués à la panne sèche
des gazogènes à charbon de bois.
La réalisation /d'une idée juste,
lorsque la nécessité la fait accueillir
enfin, malgré la routine, doit être
prompte. A cet effet, une coordina-
tion initiale des efforts et une nor-
malisation rationnelle des types
s'imposent. Le dictateur éclairé
désormais responsable dans ce do-
maine a prévu l'équipement en un
semestre de 50.00C véhicules, et il a
confié à l'un de ses collaborateurs,
M. l'ingénieur Hicquet, la surveil-
lance de la fabrication tant artisa-
nale qu'industrielle des gazogènes
dont il s'agit, ainsi que la prépara-
tion du combustible forestier destiné
à les alimenter. Certaines comman-
des passées aux industries de guerre
seront d'autant plus facilement
transformées en commandes de piè-
ces de gazogènes à assembler que la
fabrication desdites pièces est extrê-
mement simple "ît ne nécessite au-
cune machine spéciale
Question technique et partant quel-
que peu aride, la question du gazo-
gène est de nature, par ses multi-
ples incidences, à intéresser tous
ceux qui souffrent de la paralysie
progressive des transports. Nous
n'estimons donc point superflu de
rappeler brièvement les origines de
la découverte et les étapes de la
mise au point du procédé auquel les
pouvoirs publics ont décidé de re-
courir pour remédier à une disette
aë'carburant dont on ne peut entre-
voir la fin prochaine. Nous indique-
rons également à nos lecteurs les
principales objections soulevées par
le gazogène et les raisons péremp-
toires qui militent en faveur de son
adoption, peut-être passagère, mais
immédiate, et nous expliquerons
sommairement le fonctionnement de
l'appareil en question, ainsi que les
Caractéristiques essentielles des sys-
tèmes reconnus les meilleurs.
La' politique de reboisement de
M. André Lyautey, approuvée par la
Chambre des députés en mai 1937,
comportait l'utilisation des carbu-
rants forestiers. « Il suffira au pay-
san de ramasser le bois qu'il possède
presque toujours et de le faire sé-
cher... Il aura ainsi la possibilité
d'alimenter son moteur et de circu-
ler sans bourse délier. » Une propo-
sition de loi de M. Emile Perin et un
rapport de M. Henri Gérente, la
même année, attiraient également
l'attention sur l'utilisation du char-
bon de bois comme force motrice.
Les Allemands avaient déjà compris
l'intérêt de cette force. (Voir l'article
de H. Gesell dans le numéro de la
Revue générale des transports, 25
novembre 1936.) M. Eérot, président
du groupe forestier de la Chambre,
organisait dans la cour du Palais-
Bourbon une intéressante démons-
| tration.
En février 1937, le maréchal Pé-
tain, dans un article qui fit sensa-
tion, crut devoir souligner l'impor-
tance de l'utilisation du gaz des fo-
rêts du point de vue de la déîense
nationale, pour nous affranchir
d'importations difficiles à assurer
en temps de guerre, et pour consti-
tuer des stocks de carburant moins
vulnérables que lefc réservoirs non
« chemisés » dont nous disposions,
n'ayant pas, comme les Italiens, pré-
paré des réservoirs souterrains. « Le
bois, et son dérivé le charbon de bois,
écrivait le chef lucide, toujours sou-
cieux de l'avenir du pays, consti-
tuent un carburant national... L'uti-
lisation rationnelle du gaz des fo-
rêts est de nature à'apporter immé-
diatement un concours précieux...
Les pouvoirs publics ont le devoir
d'en intensifier l'exploitation... »
Lès expériences, depuis une di-
zaine d'années, s'étaient multi-
pliées. L'Automobile-Club de France,
la direction générale des eaux et
forêts, le ministère de la guerre, les
encourageaient à l'envi. Exonérés
des taxes -au poids et à l'encombre-
ment, les véhicules à gazogènes se
perfectionnèrent rapidement. En fé-
vrier 1937, un essai probant d'auto-
bus urbains était fait au Mans. Les
28 et 29 mars 1937, au « Circuit de
la Manche », cinq voitures de tou-
risme (deux Ford, une Hispano-
Suiza, une Berliet et une Renault)
affrontèrent brillamment les épreu-
ves imposées, de même que neuf
camions et camionnettes (Berliet,
Latil, Panhard-Levassor, Ford, Ci-
troën).
Dâns un rallye organisé à Monte-
Carlo, une Panhard 6 cylindres de
serie, équipée avec gazogène Gohin-
Poulenc et pilotée par MM. Vélard
et Moreau, prit le départ en même
temps que 120 voitures à essence.
Quittant Amsterdam le 20 jan-
vier 1939, à 7 h. 45, élite arriva à
Monte -Carlo le lendemain, à
15 h. 46. Elle avait couvert en
trente-deux heures 1.460 kilomètres,
dans d'excellentes conditions. La
consommation (carbo épuré'et car-
bonite-Etat), avait été inférieure à
23 kilogr. aux 100 kilomètres.
Au cours d'épreuves contrôlées
par l'Automobile-Club de l'Ouest, en
avril et.mai 1939, autour de Nantes
et de Poitiers, les voitures à gazo-
gène se comportèrent de telle sorte
que les plus incrédules furent
convaincus de la simplicité et du
rendement de l'utilisation du « gaz
des forêts ».
Des écoles techniques, décernant un
certificat officiel d'aptitude à la con-
duite des véhicules à gazogène,
fonctionnèrent bientôt à Versailles,
à Bourges, à Port-sur-Saône et au
Maroc. L'Automobile - Club de
l'Ouest ouvrit «u Mans une école
préparant au « certificat d'aptitude
pour la conduite et l'entretien des
gazogènes ». La durée des cours
était d'un mois. Un diplôme d'Etat
avait été institué en août 1937 par
le ministère de l'agriculture. La
commission d'examen devait être
présidée par un conservateur des
eaux et forêts.
L'utilisation du gazogène aux
colonies devait enfin séduire les
administrateurs de la France d'ou-
tre-mer. M. Jean Meniaud, chef du
service technique des bois à l'agence
générale des colonies, prit à coeur
de doter l'empire d'un carburant
dont le prix de revient modéré,
l'abondance, la conservation aisée
(l'essence s'évapore rapidement
dans les pays chauds), ne pouvaient
que faciliter x" essor économique de
nos possessions lointaines (1).
(A suivre.)
(1) Consulter à ce sujet : Marcel Rol-
land. « Les gazogènes aux colonies .,
Ligue de défense des carburants fran-
çais. (97, rue Saint-Lazare), s. d.
NOUVELLES
DE L'ETRANGER
ITALIE
. UNE RESOLUTION
DU COMITE « NICE ET SAVOIE »
Notre envoyé spécial à la frontière Ita-
lienne nous mande :
A la veille de la guerre, un groupe
de culture et d'action, intitulé « Nice
et Savoie », se constitua à Turin pour
maintenir et défendre oe qu'il considère
comme les droits historiques de la
péninsule sur ces régions. Ce groupe
vient de se réunir au palais Lascaris
et a approuvé une résolution décla-
rant entre autres que la « victoire des
armes italiennes et allemandes n'est
pas seulement l'effet d'une technique
guerrière plus évoluée, mais est sur-
tout une'fatalité historique, puisque
les idéologies que l'ennemi représen-
tait étaient déjà vaincues d'avance,
depuis la naissance du fascisme et
du national-socialisme. »
Le document poursuit en ces ter-
mes -.
« Si l'on considère les rapports
b entre l'Italie et la France au cours
. de l'histoire, l'on constate que, de-
» puis deux mille ans et plus, sous les
. rois gaulois comme sous les Capet,
» au temps de Richelieu comme sous
» la Révolution, sous tous les régimes
. et dans toutes les époques, victo-
» lieuse ou vaincue, la France n'a
. cessé de suivre à l'égard de l'Italie
a une politique d'envie et de négation.
» Jamais, au cours des derniers siè-
» cles, elle n'a 6aisi les occasions qui
» lui ont été offertes de changer d'atti-
» tude. Le comité directeur du groupe
« « Nice et Savoie » ne croit pas qu'un
» changement substantiel puisse être
» opéré.par l'effet de Vichy et déclare
. croire en l'éternelle vérité de l'affir-
. mation selon laquelle l'Italie . ne
» pourra jamais vivre en paix si ce
» n'est en maintenat la France en état
» de sujétion. .
La résolution s'élève ensuite contre
le sentimentalisme qui se manifeste
à l'égard de !a France dans certains
milieux. Elle rappelle les « mortifica-
tions » subies par l'Italie à Versailles
et affirme qu'une attitude antifran-
çaise très nette est nécessaire.
ROUMANIE
ELEVATION DES DROITS SUR
LES EXPORTATIONS DE PETROLE
Bucarest, 31 juillet, - Le ministère
des finances a élevé, à partir du
30 juillet, de 13 à 20 % « ad valorem »
les droits de douane sur les exporta-
tions de pétrole.
Cette augmentation est à la charge
dà l'exportateur roumain.
ETATS-UNIS
POUR LE SERVICE OBLIGATOIRE
Washington, 31 juillet. - Dans une
déclaration faite devant . le comité de
coordination, le général Marshall a
montré ia mobilisation immédiate de
la garde nationale et le service obliga-
toire comme répondant à des nécessi-
tés impératives. Il a ajouté :
« Si notre appréciation de la situation
est parfaitement exacte, nous n'avons
pas le temps de nous livrer à des dis-
cussions au sujet du service obliga-
toire, et nous devons immédiatement
faire quelque chose à ce sujet. »
INTERDICTION DE L'EXPORTATION
DE L'ESSENCE D'AVIATION
Washington, 31 juillet. - Le prési-
dent Roosevelt a interdit l'exportation
de l'essence d'aviation à destination de
tous les pays situés hors de l'hé-
misphère occidental.
A l'appui de cette décision, qui s'ap-
pliquera autant à l'Angleterre qu'au
Japon, à l'Allemagne et à l'Italie, le
président Roosevelt a invoqué l'inté-
rêt de la défense nationale américaine.
Une seule exception est prévue, en
faveur des compagnies américaines
opérant en dehors de l'hémisphère.
JAPON
L'ARRESTATION DE BRITANNIQUES
Londres, 31 juillet. - Dans les mi-
lieux officiels britanniques, on con-
firme que les autorités japonaises ont
relâché M. Holder, qui avait été arrêté
à Kobé.
Trois autres des sujets britanniques
récemment arrêtés, MM. Jones, Mac
Naughton et Price, ont été également
libérés.
Tokio, 3l juillet. - Les ambassadeurs
de Grande-Bretagne'et des Etats-Unis
ont assisté ce matin aux funérailles de
M. Cox, dont les cendres seront rame-
nées en , Angleterre après incinération.
APRES LA CONFERENCE
PANAMERICAINE
Berlin, 31 juillet. - On mande de
la Havane au D. N. ? B :
Il . ressort du texte officiel défini-
tif des résolutions prises par la con-
férence de la Havane, tel qu'il a été
publié aujourd'hui, que lors de la
signature de ces documents un cer-
tain nombre de réserves ont été fai-
tes qui en limitent considérablement
la portée ou bien en atténuent la
valeur pratique.
Ainsi, l'Argentine a réservé tous
ses droits sur les îles Malvines et
sur les terres antarctiques. Le Gua-
temala a fait de nouveau valoir ses
revendications sur ie territoire de
Belice (Honduras britannique).
La Bolivie, en raison de sa situa-
tion géographique, a fait des réser-
ves au sujet de l'internement des
troupes des nations belligérantes. Le
C'.ili a fait dépendre son adhésion
à l'ensemble des résolutions prises
de son adhésion aux stipulations con-
tenues;. dans la résolution écono-
mique.
La délégation colombienne a ap-
prouvé les mesures de défense com-
mune, sous réserve de leur confor-
mité avec la Constitution colom-
bienne.
La délégation péruvienne, enfin,
a exigé, en matière d'arbitrage com-
mun des litiges interaméricains, que
la commission interaméricaine ne
puisse fonctionner que sur la de-
mande des Etats directement inté-
ressés.
LE CONFLIT SINO-JAPONAIS
Bombardement de Tchoung-King
Berlin, SI juillet. - On mande de
Tchoung-King au D. M. .B. :
Après une accalmie de deux se-
maines, 60 avions japonais, volant
en deux groupes, ont bombardé au-
jourd'hui le quartier du gouverne-
ment à Tchoung-King.
NOUVELLES DU JOUR
Les audiences du maréchal Pétain
Le maréchal Pétain a reçu, hier
après-midi, MM. Abbo, Watin, Cheva-
lier, délégués de la Confédération gé-
nérale des agriculteurs d'Algérie.
L'ambassade de Pologne
revient en France
Londres, 31 juillet. - Au cours d'une
déclaration devant' le comité des af-
faires étrangères du conseil national
polonais, M. Zaleski, ministre des af-
faires étrangères de Pologne, a an-
noncé que des ordres avaient été don-
nés à l'ambassade de Pologne et aux
consulats polonais de retourner en ter-
ritoire français non occupé.
Nominations
M. Mathieu, précédemment préfet de
l'Oise, admis à faire valoir ses droits
à la retraite, est nommé préfet hono-
raire
M. Frédéric Surleau est réintégré
dans "-ses fonctions d'administrateur
extraordinaire de la ville lie Marseille,
et les dispositions du décret nommant
M. Cado cesseht d'avoir effet.
M. Oswald est promu sur place
commissaire central de police hors
classe, premier échelon, à Marseille.
Les biens des groupements
communistes à Marseille
Sont transférés aux syndicats re-
constitués qui en ont fait la demande
les patrimoines des groupements com-
munistes dissous de la région marseil-
laise : syndicat des ouvriers en mé-
taux de la ville de Marseille,
Union locale des syndicats ouvriers
de Marseille, Union départementale
des syndicats ouvriers des Bouches-
du-Rhône.
LA VIE ECONOMIQUE
Avances du Trésor
pour la reprise de l'activité agricole
On sait qu'en vue de faciliter la
reprise de ^'activité agricole le mi-
nistre des finances est autorisé, jus-
qu'au 31 décembre de cette année,
par une loi publiée au « Journal
officiel » d'hier, à consentir des
avances aux collectivités agricoles
jusqu'à concurrence de 2 milliards.
Un comité national de répartition
présidera à la distribution de ces
avances par département.
Ce comité comprendra le secrétaire
générai de l'agriculture, président,
ou son représentant, trois représen-
tants qualifiés des organisations pro-
fessionnelles agricoles et des repré-
sentants de la caisse nationale de
crédit agricole et des autres insti-
tutions du même genre, tous nom-
més par le secrétaire d'Etat à l'agri-
culture, ainsi qu'un représentant du
ministre des finances.
Dans chaque département, un co-
mité des avances aux agriculteurs
sera constitué et chargé de, contrôler
et d'agréer les demandes présentées
par les agriculteurs e; instruites par
le'j organisations syndicales dans les
conditions qui sont également déter-
minées dans le décret.
Le taux d'intérêt des avances con-
senties aux exploitants agricoles sera
de 1%. A l'expiration de la troisième
année à compter de la date d'attri-
bution, elles seront remboursées en
dix annuités. Les annuités non
payées à l'échéance porteront inté-
rêt à 5 %. Les avances seront rem-
boursées au Trésor par les caisses
de crédit agricole au fur et à mesure
des remboursements effectués par-
les bénéficiaires des prêts.
ARMEE
Le général Weygand
remet la médaille militaire
au général Vuillemin
Le général Weygand, ministre de la
défense nationale et commandant en
chef, s'est rendu hier à Toulouse pour
remettre, devant les troupes, la mé-
daille militaire au général Vuillemin.
En quelques mots d'une simplicité
émouvante, le général Weygand a évo-
qué les qualités qui ont fait du général
Vuillemin un chef admiré de l'aviation.
Il a, en même temps, saisi l'occasion
de rendre hommage à l'héroïsme et à
l'esprit de sacrifice dont les aviateurs
ont fait preuve pendant la guerre, dans
toutes les batailles où ils ont été en-
gagés.
Etat-major
Le général de brigade de La Font
est nommé sous-chef de l'état-major
de l'armée.
ECHOS ET INFORMATIONS
Nouvelles diverses :
- Le « Journal officiel » a publié hier,
31 Juillet, un décret et un arrêté fixant
les conditions d'admission dans les écoles
nationales d'arts et métiers en 1940.
- L'Alliance française a repris hier, â
Vichy, ses conférences hebdomadaires, en
présence de Mgr Valerio Valeri, nonce
apostolique, et de plusieurs autres membres
du corps diplomatique et de nombreuses
personnalités.
- Aucune modification n'a été apportée
au libellé des adresses des correspondances
des militaires en service au Levant-, Ces
adresses doivent donc continuer à men-
tionner le numéro du secteur postal pré-
cédemment attribué.
RECHERCHES DE FAMILLES
ET D'ENTREPRISES
Les communications concernant les
recherches de familles sont reçues au
journal, 13 et 15 rue du Port, et à
l'agence Havas, 42, avenue des Etats-
Unis, à Clermont-Ferrand.
Tarit : 20 francs la ligne
- Administrateur d'immeubles, resté
Paris, prendrait toutes gérances.
Larqulcr, '20, aven, des Champs-Elysê
- M. Haoul Monceaux, pension les Mu-
guets, Royat, recherche M. Edmond Ducel-
Per. rie Fère-en-Tardenois.
AVIS ET COMMUNICATIONS
Distribution d'essence
La préfecture du Puy-de-Dome com-
munique :
Un" nouveau régime de distribution
de bons d'essence entrera en vigueur
à partir d'aujourd'hui, 1er août.
Les consommateurs recevront du
chef de la collectivité dont ils rele-
vaient précédemment les bons qui leur
sont destinés.
En ce qui concerne les services pu-
blics, service médical (médecins, vété-
rinaires, sages-femmes), commerçants
et industriels, ne relevant pas du ravi-
taillement général, la préfecture pro-
cède actuellement à l'examen des de-
mandes d'allocation d'essence. Dès
qu'elle sera en mesure de le faire, elle
adressera à ces consommateurs les
bons d'essence correspondant aux
quantités qui leur auront été attri-
buées.
Eu égard au grand nombre de de-
mandes et au peu de disponibilités
d'essence dont dispose l'administra-
tion, il est vraisemblable que quelques
jours lui seront nécessaires pour pro-
céder à l'examen de toutes ces de-
mandes. Les intéressés seront indivi-
duellement avisés de la décision qui
aura été prise à leur égard.
Il est donc inutile de se présenter
aux pompes avec des anciens bons K
ou B, lesquels ne sont plus valables.
Cartes d'alimentation
Tickets de pain
Démobilisés et réfugiés ont présente
des demades de cartes d'alimentation
en nombre tel qu'il n'a pas été pos-
sible de pourvoir tout le monde des
feuilles de tickets nécessaires désor-
mais a l'achat du pain.
Les boulangers pourront donc livrer
pour la journée du 1" août aux con-
sommateurs qui se présenteraient sans
tickets le pain demandé.
Leurs clients régulariseront le len-
demain cette livraison d'avance par
la remise des tickets correspondants.
Les bureaux installés à Clermont-
Ferrand pour le retrait des feuilles
de tickets resteront ouverts aujour-
d'hui, 1" août, jusqu'à 18 heures.
POUR LES RÉFUGIÉS
Les rapatriements vont reprendre
Nous avons annoncé hier que tout
trafic postal, télégraphique et télépho-
nique était provisoirement interdit
avec la zone occupée. Mais le passage
de la ligne de démarcation de cette
zone reste autorisé dans les conditions
que fixe le communiqué suivant :
1® Un communiqué du 28 juillet 1910
a défini les zones de la région occu-
pée et leurs possibilités d'accès à cette
date.
Ce communiqué est â compléter de
la manière suivante, en ce qui cou-
cerne les conditions de rapatriement
des réfugiés :
? En principe «, Je retour de toutes
les catégories de réfugiés est désor-
mais admis dans l'étendue de la zone
occupée située au sud de la ligne
Somme, Oise, Aisne, et à l'ouest de
l'axe Vouziers-Dôle.
Toutefois, il importe de souligner
à nouveau que la possibilité de rapa-
triement reste strictement limitée par
la capacité de transport ferroviaire et
les possibilités de débit routier.
D'autre part, pour les réfugiés fran-
çais, l'ordre de rentrée reste déter-
miné par le plan de priorité établi
pour la délivrance des certificats de
rapatriement, le rythme des départs'
parvenant à la connaissance du pu-
blic par l'intermédiaire des autorités
locales. , , ^ ,
En ce qui concerne les sujets belges,
un plan spécial de rapatriement a été
prévu, en accord avec les autorités
allemandes.
2° Les rapatriements, tant français
que belges, vont pouvoir reprendre,
du fait que la fermeture de la ligne
de démarcation récemment décidée
par les autorités allemandes a cessé :
une augmentation appréciable du tra-
fic ferroviaire au profit des agricul-
teurs va, du reste, permettre une amé-
lioration du rythme des rentrées.
3» Le ministère de l'intérieur (secré-
tariat général des réfugiés). va désor-
mais assurer la liaison entre tous les
organismes de réfugiés tendant à ré-
tablir, en accord avec les autorités
allemandes, des correspondances nor-
males entre les membres des familles
dispersées.
SITUATIONS
Dame, 36 ans, ex-chef de publicité, chef
d'achat, 5 et 6 ans dans Importantes
agences de publicité de Paris, diplôme
comptable, dactylo, accepterait n'importe
quel emploi en France non occupée ou
colonies françaises. Ecr. : Mme Bachelel.
Odile, poste -estanie Gaillard. Clermont-
Ferrand.
INFORMATIONS FINANCIERES
BOURSE DE PARIS
Nqus ne disposons que de quelques
rares cours relevés hier à la Bourse
de Paris. Ces cours, transmis par
l'agence Havas, ne proviennent pas
d'une source officielle. Ils apparaissent
pour la plupart nettement supérieurs
à oeux enregistrés pour les mêmes
valeurs tant à Lyon et à Marseille qu'à
Bordeaux.
Rentes françaises. - 3 0/0, 71 90, 72 20 ;
4 0/0 1918, 73 80, 74 05, 74 20 ; 5 0/0 1920,
106 40 ; 4 1/2 0/0 1002 A, 79 75. 79 95 ;
4 1/2 0/0 1932 B, 79 90, 80 05.
Valeurs à revenu variable. - Banque de
France, 9.500 ; Banque de Paris, 1.250 :
Crédit lyonnais, 1.900 ; Courrières, 350 ;
Lens, 450 ; Raffineries Say, 1.100.
D'autre part, le Crédit foncier a été de-
mandé à 2.700 ex-droit (le droit valant 850);
la Lyonnaise des eaux à 1.600 ; le Nickel à
1.650 ; Kuhlmann à «00 ; Péchlney à 2.200 ;
Rhône-Poulenc à 1.275 ; l'Air liquide à 1.700.
BOURSE DE LYON
Les cours des principales valeurs
cotées hier à Lyon reflètent une ten-
dance généralement satisfaisante.
Valeurs à revenu fixe. - 4 0/0 1925, 146 ;
4 1/3 0/0 1932 B, 78 85 ; 5 0/0 1939, 90;
obligations du Trésor 4 1/2 0/0 1933, 921 ;
5 0/0 1935, 940 ; bons du Trésor, 4 1/2 0/0
1933, 1.010 ; 5 0/0 1934 , 970 ; 4 1/2 0/0 1934.
990; Crédit national 1919, 511 ; 1920. 485 ;
1923 première f ranche, 525 ; deuxième, 510 ;
1924 , 525 ; 1934, 9S0 ; 1935, 915 ; Ville de
Paris 1931. 625 . 1929, 675 ; Communales
1891, 240 ; 1906, 260 ; Foncières 1913"5 1/2 0/0,
255 ; 4 1/2 0/0 1930, 675 ; Outillage national
4 1/2 0/0 1932, 815.
Valeurs d revenu variable. - Crédit fon-
cier de France. 2.700 ; Banque de Paris,
1.120 ; B. N. C. 1. 620 ; Compagnie algé-
rienne, 1.420 ; Suez capital, 14.900 ; jouis-
sance, 12.740 ; Crédit lyonnais, 1.798 ; So-
ciété marseillaise, 750 ; Foncière lyonnaise,
800 ; Lyonnaise des eaux capital, 1.5,75 ;
jouissance, 1.285 ; Thomson-Houston, 318 ;
Blanzy, 1.440 ; Courrières. 260 ; Lens, 350 ;
Boléo, 80 ; Penarroya, 489 ; Péchiney,
2.610 ; Kal! Sainte-Thérèse, 680 ; Kuhlmann,
860 ; Rhône-Poulenc, 1.280 ; Ugine. 2.398 ;
Saint-Gobain, 3.300 ; Air liquide. 1.780 ;
Gafsa, 1.050: Nickel. 1.550; Raffineries
Say, 980.
Rio-Tinto, 2.950 ; Canadian Pacific, 291 ;
Mines de Bor, 1.355 ; Mokta el Hadid,
7.500 ; Santa-Fé, 1.220 ; Tramways de
Shanghaï, 1.160 ; Littoral méditerranéen,
840 ; Générale des eaux, 1.600 ; Distribution
d'électricité, 740 ; Compteurs à gaz, 1.115 ;
Charbonnages du Tonkin, 3.465 ; Afrique
occidentale, 1.680 ; S. K. F.. 2.275 ; Brasse-
rie Quilmès, 19.500 ; Nestlé. 19.800 ; Geduld,
1.550 ; East Geduld, 2.600 ; Aciéries de la
marine, 350 ; Moteurs Gnome, 650 ; Ener-
gie industrielle, 1.295 ; Hydro-Electrique
d'Auvergne, 1.499 ; Poliet et Chausson, 975 ;
' Pernod, 680 ; Mexican Eagle, 60 ; Shell,
635 ; Brakpan, 398 ; Bruay, 250 ; Dagga-
fontein, 412 ; Union minière du Haut-
Katanga, 4.750 ; Liévin, 190 ; Phosphates de
Constantine, 430 ; R'oan Antelope, 121
DECLARATION DES CREANCES
SUISSES SUR CERTAINS PAYS
ETRANGERS
On mande de Berne que les personnes
physiques et morales ainsi que les so-
ciétés à caractère commercial, y com-
pris les banques domiciliées en Suisse,
sont invitées à déclarer,jusqu'au 15 août
1940, le capital de leurs créances finan-
cières (y compris les créances incorpo-
rées dans des « papiers valeurs . et des
propriétés immobilières) ainsi, que les
revenus échus et non encore payés
provenant des créances en capital
qu'elles possèrent envers des débi-
teurs ayant leur domicile en Belgique
(y compris les possessions belges), en
France (territoires douaniers français,
possessions françaises, colonies,protec-
torats et territoires sous mandat), en
Grèce, en Hollande (à l'exclusion des
possessions néerlandaises), au Luxem-
bourg, en Norvège et en Yougoslavie.
A NOS ABONNÉS
Depuis le 1er juillet, date de
son installation à Clermont-
Ferrand, le « Temps » s'est
efforcé d'assurer le service du
journal à tous ses abonnés
résidant dans la zone non
occupée. Mais l'insuffisance
actuelle des transports pos-
taux ne permet de servir
qu'avec beaucoup de retard
certains abonnés. D'autre part,
un grand nombre d'entre eux
ne nous ont pas fait connaître
leur adresse de repliement ou
bien sont rentrés dans la zone
occupée sans nous en informer.
pour assurer plus de régu-
larité dans le service du jour-
nal, nous les prions de nous
faire connaître le plus tôt
possible leur nouvelle adresse.
Il est entendu que les abon-
nements seront prorogés d'une
durée égale à celle pendant
laquelle ils n'auront pas été
servis.
DERNIERES NOUVELLES
PRISE D'ARMES PLACE DE JA UDE
en présence du général Georges
Les troupes de la 14e division d'in-
fanterie <21* bataillon de chasseurs,
152= et 35° régiments d'infanterie)
sont massées place de Jaude, de
chaque côté du terre-pl'ein que do-
mine le monument de Desaix.
Au pied de la statue : le drapeau
du 152" et le fanion vert et jaune
du 21e chasseurs, entourés de leur
garde d'honneur et de clairons.
Tout autour de la place, la foule,
très dense, est maintenue par un
cordon de soldats.
Le spectacle est imposant. Le ciel,
sans nuage. Casques et baïonnettes
brillent au soleil. Les touffes vertes
des arbres encadrent les masses
sombres d'uniformes kakis, alignés
dans un ordre impeccable.
Les personnalités se sont groupées
à gauche, 'aux abords du monu-
ment Il y a là le préfet du Puy-de-
Dôme, M. de Peretti délia Rocca;
M. Pochet, maire de Clermont-Fer-
rand; Mgr Piguet, évêque de Cler-
mont ; le maire de Strasbourg, .es
généraux de Lattre de Tassigny,
Villers, de la Porte du Theil, Lau-
glois, etc.
A 11 heures précises, tandis que
retentissent les sonneries « Au dra-
peau », précédées d'un cliquetis
d'armes, le général Héring, puis le
général Georges, inspecteur général
de l'armée, passent lentement sur
le front des troupes et s'immobili-
sent devant le drapeau du 152e et le
fanion des chasseurs qu'ils saluent
longuement, avec gravité.
Aussitôt se déroule la cérémonie,
-simple, mais très émouvante, de ia
remise des décorations, accompa-
gnée de la lecture des citations, tou-
tes admirables, qui soulèvent des ap-
plaudissent! ente.
C'est ainsi que le général Héring.
ancien gouverneur de Strasbourg et
de Paris, élevé à la dignité de
grand-croix de la Légion d'honneur,
et le général de Lattre de Tassigny,
ancien chef d'état-major de l'armée
d'Alsace, commandant la 14e divi-
sion, élevé, à la dignité de grand-of-
ficier, reçoivent des mains du géné-
ral Georges les insignes de leur nou-
veau grade, aux acclamations du
public.
Ce n'est pas au hasard que l'om-
bre illustre de Desaix préside à cet
hommage rendu à la vaillance et au
mérite. Le vainqueur de Marengo
n'a-t-il pas été, lui aussi, gouver-
neur de Strasbourg l Ainsi, cette
prise d'armes solennelle revêt le ca-
ractère symbolique d'un salut dis-
cret à l'Alsace.
Lecture est ensuite donnée des ci-
tations à l'ordre de l'armée concer-
nant le général de la Porte du Theil,
commandant le 7" corps, et le géné-
ral de division Langlois, comman-
dant le corps de cavalerie.
Puis une vingtaine d'officiers,
sous-officiers et soldats, appelés tour
à tour, reçoivent les récompenses
dues à leur courage et à leur valeur.
Le général Georges, en leur remet-
tant, soit !a croix de la Légion
d'honneur, soit la médaille militaire,
soit la Croix de guerre, a pour cha-
cun d'eux un mot d'éloge et une ami-
cale poignée de main.
C'est fini. L'inspecteur général de
l'armée, suivi des généraux et des
personnages officiels, va se poster
au pied du monument de Vercingé-
torix, au centre de la place de Jaude,
pour présider au défilé des troupes,
que la foule acclame longuement.
Mouvement diplomatique
Par décret inséré au « Journal
officiel », rendu sur la proposition
du ministre des affaires étrangères :
M. André Thierry, ambassadeur
à Bucarest, est placé en disponi-
bilité ;
M. Massigl'i, ambassadeur à
Ankara, est placé en disponibilité ;
M. Charveriat, ministre plénipo-
tentiaire de première classe, est
nommé ambassadeur à Bucarest ;
M. Bibily, vice-consul à San-Fran-
cisco, est révoqué ;
M. Brugère, ministre à Belgrade,
est placé à la disposition du mi-
nistre ;
M. Gentil, ministre à Montevideo,
est nommé ministre à Lisbonne ;
M. Jean Paul-Boncour, conseiller
d'ambassade, chargé des'fonctions de
conseiller de presse à Washington,
est chargé des mêmes fonctions à
l'ambassade de France en Chine.
M. Maugras, ministre Stockholm,
est nommé ministre à Belgrade.
M. Guerlet, ministre à Budapest,
est nommé ministre à Stockholm.
M. de Dampierre, ministre à Oslo,
est nommé ministre à Budapest.
M. de Hoppenot, ministre plénipo-
tentiaire, est nommé ministre à
Montevideo.
Le décret nommant M. Henry
Haye ambassadeur de France à
Washington figure également au
Journal officiel.
M. de Saint-Quentin, jusqu'à pré-
sent ambassadeur à Washington, est
placé en disponibilité. -
Le décret du 20 juin 1940, nom-
mant M. Fouques-Duparc, conseiller
d'ambassade de 1T classe, aux fonc-
tions de son grade, à l'ambassade
de France en Chine, a été rapporté.
M. Marx, ministre plénipotentiaire
de 2e classe, chef du service de la
presse française à l'étranger, est mis
à la disposition du ministre.
La préparation
de l'offensive allemande
Rome, Ie' août. - Dans l'officieux
« Giornale d'Italia », M. Gayda écrit:
Il ne faut pas se dissimuler les dif-
ficultés de l'entreprise que constitue
un débarquement en Grande-Bretagne.
Certes, l'issue de la guerre ne fait au-
cun doute. La supériorité des puis-
sances de l'axe est manifeste et s'af-
firmera rapidement. Cependant, il n'y
a pas lieu de montrer trop d'impa-
tience. L'Allemagne et l'Italie ont
prouvé qu'elles ne faisaient rien qui
ne fût préparé avec la plus extrême
minutie. Cette préparation pourrait'
donc être plus longue qu'il n'a été
annoncé. Il n'appartient pas aux états-
majors de dévoiler leurs plans. Tout
ce qui peut être dit est que le pilon-
nage du territoire anglais, la sévérité
de notre blocus faciliteront notre tache.
La guerre contre l'Angleterre, menée
par le? puissances de l'axe, sera plu-
tôt une guerre de . martelage et
d'usure.
L'Angleterre
et l'attitude des Etats-Unis
Londres, 1er août. - Prenant la
parole à Dudley, M. Amery, secré-
taire d'Etat pour l'Inde, après avoir
affirmé que de toutes les parties de
l'empire, même les plus éloignées,
les Dominions et les colonies accou-
raient à l'aide de la mère patrie, a
,>arlé des Etais-Unis :
Nous ne demandons pas à l'Améri-
que. a-t-il dit, de se battre avec nous,
même si nous pouvons penser, dans
un certain sens, que c'est sa bataille
à elle aussi.Si le sang doit être le prix
de le victoire, nous sommes prêts à
payer ce prix. Mais nous savons que
l'Amiérique, si elle n'est pas belligé-
rante, est quelque chose de plus qu'un
spectateur désintéressé.
Akron (Okio, 1er août). - Quarante
et une personnes ont été tuées dans
une collision qui s'est produite entre
un train de marchandises et un au-
torail,.
La situation à Gbraltar
La Linéa, 1er août. - L'évacuation
civile de Gibraltar se terminera de-
main.
Les travaux de défense se poursui-
vent à «-la « Pointe d'Europe » et à
la « Porte de Terre », pour combat-
tre d'éventuelles descentes de para-
chutistes.
Des travaux de dragage ont été
effectués dans la lagune en vue de
la prolonger jusqu'à la Méditer-
ranée.
Les maisons situées à proximité de
la « Porte de Terre », où s'était pro-
duite, avant-hier l'explosion d'un dé-
pôt de munitions, ont toutes été éva-
cuées.
L'anniversaire de l'unité suisse
Berne, l 0" août. - La Confédéra-
tion suisse a été fondée il y a six
siècles et demi, le 1" août 1291.
A cette occasion, le généra. Gui-
san, commandant suprême de l'ar-
mée suisse, a prononcé une aliocu-
ton dans laquelle il a dit notam-
ment :
Remercions Dieu qui nous protegea
à travers les siècles. Cet anniversaire
nous trouve l'arme au pied, car l'ar-
mistice n'est pus la paix. Chacun est
à son poste pour défendre le pays.
Nous devons demeurer fidèles à notre
liberté séculaire, nous devons agir en
Suisses, demeurer Suisses, seul moyen
de sauvegarder notre indépendance.
Quelques-uns se demandent si nous
pourrions résister à une attaque. Poser
une telle question n'est pas digne d'un
Suisse. On ne respecte que celui qui
veut et sait se défendre.
Londres, 1" août.
On mande de ' Canberra à l'agence
Reuter :
Le territoire sous mandat de la
Nouvelle-Guinée se trouve incorporé
dans le système défensif de l'Aus-
tralie par une disposition de la loi
sur la défense, qui désigne la Papoua-
sie et la Nouvelle-Guinée comme for-
mant le huitième district militaire
australien.
Incorporation des jeunes recrues
dans des groupements de jeunesse
Le « Journal officiel » publie au-
jourd'hui une loi relative au séjour
dans des groupements de jeunesse
des jeunes gens incorporés les 8 et
9 juin 1940. Voici le texte des deux
premier articles :
Article premier. Les jeunes gens
incorporés les 8 et 9 juin 1940 seront
relevés, dès la publication du présent
décret, de l'observation de leurs obli-
gations militaires.
Art. 2. A partir de la même date,
ils sont versés, pour une durée de
six mois, dans des groupements de
jeunesse constitués sous l'autorité
du ministre de la jeunesse et de la
famille. 4
Pendant cette période, ces jeunes
gens seront regroupés, conformément
aux dispositions de la loi du 11 juil-
let 1938 et astreints aux obligation?
déterminées par ladite loi.
La composition du ministère
de la défense nationale
Par décret publié au « Journal
officiel » le ministère de la défense
nationale est désormais constitué
par ; , . ,
Le cabinet militaire du ministre;
le secrétariat de la défense nationale
qui se substitue au secrétariat géné-
ral du conseil supérieur de la dé-
fense nationale; la direction de la
défense passive; le secrétariat géné-
ral des anciens combattants; la sec-
tion administrative et financière; la
direction des services de l'armistice,
à titre provisoire; la direction géné-
rale des fabrications, à titre provi
soire.
Berlin, 1er août. - D'après une de-
pêche de Bucarest, diffusée par la
radio allemande, plusieurs officiers
supérieurs de l'armée roumaine se-
ront a: pelés à comparaître devant
un conseil de guerre.
On leur reprocherait d'avoir com-
mis des incorrections en Bessarabie.
Le mémorandum
du comité « France-Amérique »
Nous avons publié, hier, un mé-
morandum que le Comité France-
Amérique avait adressé à ses cor-
respondants d'outre-Atlantique. Dans
le texte il est fait mention de la
if trahison du roi des Belges ».
"Nous ne prenons pas à notre
compte cette appréciation injurieuse
que M. Paul Reynaud fit de l'atti-
tude du roi Léopold et que le Comité
France-Amérique a reprise.
L'histoire sera sans doute moins
sévère et plus juste à l'égard d'un
souverain dont la décision doulou-
reuse lui fut imposée par l'impos-
sibilité de continuer la lutte.
M. et Mme de Chambrun
victimes d'un accident de route
L'ancien ambassadeur de France
à Rome, le comte de Chambrun, et
sa femme, née princesse Murât, ont
été blessés grièvement, hier, dans
un accident d'automobile, qui s'est
produit à Versailles.
Le comte de Chambrun a eu un
bras cassé, et Mme de Chambrun
a été blessée à la figure.
M. de Chambrun devait quitter
Paris à midi pour se rendre à
Vichy, où l'ancien ambassadeur
devait prendre la présidence de la
nouvelle Croix-Rouge française qui,
comme on sait, groupe les trois an-
ciennes sociétés. Les deux blessés ont
été transportés à l'hôpital de Ver-
sailles.
Moscou, 1er août. - Une nouvelle
ligne de chemin de fer, i'ongue de
357 kilomètres et qui relie Khaba-
rovsk à Komsomolsk > sur - l'Amour,
le plus important centre industriel-
d'Extrême-Orient, est entrée en
service aujourd'hui.
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