Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-12-18
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 18 décembre 1925 18 décembre 1925
Description : 1925/12/18 (Numéro 23503). 1925/12/18 (Numéro 23503).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
à £E TEMPS. 18 décembre 1925.
habituels et qu'un courant d'air maritime fit vol-
tiger un jour hors d'un dossier
'̃' {S doûi'4925.
cher capitaine Gordon Canning,
Quels renseignements X. a. fournis au sujet
'de ma lettre du 3 août 1925? Est-elle parvenue ? 7
Vous avez vti que l'activité se développe du côté
tTOuezzan comme je l'avais suggéré; rien n peut
être plus favorable à l'exécution du programme
d'Abd el Krim.
J'ai appris qu'Abd el Krim avait reçu plusieurs
aéroplanes mais il n'y a pas fait une attention suf-
fisante. J'aurais voulu envoyer, avec le premier
appareil, mon Meilleur spécialiste, garçon de
26 ans intelligent, actif,' de toute confiance et qui
aurait pu surveiller tous les appareils dans n'im-
porte quel endroit.
Pour répondre aux besoins, un bi-place est in-
'suffisant: il faut un six places pour quatre passa-
gers ou marchandises, en plus du pilote et du mé-
canicien. Un Fokker est tout indiqué; on pourrait
le trouver à bon prix en Hc'lande, mais comme
l'itinéraire depuis Lisbonne devrait suivre la mer,
car l'Ës^àgné. pourrait abattre ce qui, la survole-
'rait, il serait préférable de choisir nia hydravion.
Comment votre pilote du pen-
isait-il pouvoir atteindre Chefchaouen avec son
vieil appareil de 590 livres? A mon avis, il fau-
drait faire partir les vieux avions rifains par Lis-
bonne, sous le couvert de la Croix
de prévoir seulement les frais du premier voyage
aller. Sur le vu de ce spécimen, je ne doute pas
qu'Abd el Krim ne commande sans larder des
avions modernes pour le trafic intérieur et pour
son usage personnel et celui de son entourage.
Que dira le Portugal? La France et l'Espagne
pônUelles
je:?
Le gouvernement portugais ou son mnbassa-
deur à Londres ont-ils été pressentis à ce sujet?
Je pourrais sans doute le tenter par l'intermê-
diaire du consulat de Cologne, mars une démar-
che auprès de t'ambassadeur ct Lorrdres aurait
plus de poids. Cette démarche doit être faite en
toute éventualité, sinon pas d'autorisation.
On pourrait représenter cette ligne comme un
'essai de liaison avec Gibraltar et, si on se déci-
dait pour un grand hydravion, on pourrait mflme
ïndiq,uer Lisbonne-Gibraltar-Malte, de façon à
•pouvoir nous jeter dans Ajdir à tout moment pro-
pice.
J'espère avoir la semaine prochaine des propo-
sitions des Junkers Nordflug, peut-être Dorniers
l(Amundsen?s).
Sincèrement vôtre.
Ce beau programme se réalisa-t-il? Il semble
que non. La surveillance, resserrée après l'accord
franco-espagnol de Madrid, rendait cette réalisa-
tion plus diffloi-le et l'on peut penser que, Lisbonne
prévenue, l'engouement portugais pour les ex-
ploits sportifs. aurait discerné, dans les projets
soumis l'autorisation officielle, vers quelle des-
tination définitive s'essayeraient les Fokkers.
Quoi qu'il en soit,: M. Gordon Canning s'est re-
Vëlé jusqu'ici propagandiste rifain acharné contre
la France; son habileté s'est dépensée à entremêler
aux intérêts d'Abd el Krim les intérêts miniers
qui lui sont personnels; ses amis, à l'envi, s'em-
pressent à flatter son goût pour l'aviation.
Tous les antécédents du capitaine Gordon Gan-
hing dénoncent chez lui une maîtrise consommép
dans l'art de la guerre. Est-il bien qualifié pour
négocier îâ paix?
;̃ J. LADREIT DE LACHARRIÈRE.
La impression de l'insurreetion rifame
Les opérations militaires
De l'est, où Abd el Krim ne semble pas réagir
contre l'occupation du pays Marnissa, attention
;est ramenée vers l'ouest, où l'on signale à Che-
chaouen la formation d'une harka destinée h ohâ-
tier les Beni-Mestara, qui viennent de se sou-
mettre.
Les soumissions des gens de cette tribu conti-
nuent nombreuses. Hier encore, 150 familles ont
demandé l'aman. Le mouvement de soumission est
d'ailleurs facilité par des résultats politiques par-
ticulièrement intéressants. Huit cents familles
Beni-Mestara non encore soumises ont, d'après des
renseignements officiels, pris l'engagement d'in-
terdire l'accès de leur pays aux entreprises de
l'ennemi et ont, en revanche, obtenu le libre
•accès dans la zone soumise.
Sans préjuger la valeur de ces engagements,
il est permis de constater que nous avons réussi à
créer en avant de la ligne de nos postes une zone
!de sécurité sur un front de 30 a 35 kilomètres et
sur une profondeur de 7 fi;,§ kyonjètre^ ieaûg $ar,
des gens non sournis.. *r" V, par
Ces résultats encourageante tous pehinettenl
id'ëtendre notre action politique. Il n'est donc paà
'étonnant qu'Abd el Krim songe à effectuer mw
démonstration chez les Beni-Mestara et cherche.
par le pillage et les prélèvements d'otages, à réta-
blir par ses procédés terroristes habituels l'auto-
rité qui lui échappe.
'Suivant les directives du nouveau résident gé-
néral, nos services de' renseignements cherchent t
à causer le plus possible avec les dissidents pour
leur faire comprendre que leurs offres de sou-
mission seront examinées avec la plus grande
bienveillance et qu'elles trouveront dans nos li-
gnes une vie de paix. dans le travail qu'Abd el Krim
est impuissant à leur procurer
De nombreux agents, soit indigènes soit Euro-
péens, parfaitement au courant des moeurs indi-
gènes, accomplissent en ce moment un travail po-
litique intense, nous ramenant chaque jour de
nombreuses familles. Ils sont placés sous les or-
dres d'un Français, marié à une Berbère, qui par-
courut le Rif en tous sens de 1907 à 1914 et ha-
bite maintenant Fez.
r Sur le front espagnol
Les Espagnols ont réus'si un hardi' coup de main
Sur Souk-el-Enine des Aït-Ayach. centre télé-
phonique d'Abd el Krim d'où partent les princi-
pales lignes rifaines. Abd el Erim y avait installé
un moment son poste de commandement contre
le front d'Ajdir. Les fils furent coupés de nuit
par les partisans de Soliman el Jabali, l'allié des
Espagnols. Ce coup de main, à 12 ou 15 kilomètres
en avant d'Ajdir, provoqua une véritable panique
iau camp ennemi, fes Rifains croyant à une offen-
sive brusquée des Espagnols.
i :z;¡
3D.A.*3"© LE' LEVAIT
EN SYRIE
La situation militaire
• On télégraphie de Beyrouth
Les soumissions des Druses des villages situés
tentre Rachaya et Hasbaya s'accentuent; tes Druses
acceptent les conditions imposées par la colonne
Grancourt»
Des groupes de Druses de la région de Chabaa
tont attaqué le village chrétien de Rachaya-Fakhar.
On signale de Homs un mouvement da bandes
dirigé vers le nord et provoqué par Zeid Attrache.
Gelui-ci fait lire dans les mosquées des proclama-
tions pour obliger la population marcher.
Kosséir a été attaquée mardi pendant quatre
heures. Les bandife ont été repoussés par les ha-
bitants.
Suivant des renseignements venus dAlép un
déplacement de bandes est signalé en Turquie le
long de la haute vallée du Koueik. On assure que
les agitateuts cherchent à effectuer leur soudure
avec les rebelles du centre de la Syrie et à porter
la révolte vers le nord.
•Les tribus de la région d'Ourfa manifestent une
certaine activité et semblent prêtes à faire des
incursions dans la Djerizeh syrienne.
Les habitants druses du village de Dair-Achaïr,
à 18 kilomètres dé Rachaya, ont attaqué la village
Chrétien d'Aïn-Arab.
Condamnation de robelles
On télégraphie de Hania
La haute-cour de justice a rendu le 15 déècm-
bre différents verdicts. Elle a prononcé quinze
condamnations 4 mort, six à trois ans do prison.
une à neuf mois et trois à une semaine.
•- Un démenti
On télégraphie do Beyrouth
Les bruits tendancieux reproduits par certains
journaux relatifs à une cession d'Antioche et
a'Alexandrette à la Turquie et du Liban du sud
à la Palestine sont dénuc;s do tout fondement. Le
gouvernement déclare qu'il est impossible de
,ïaire dû territoire et des habitants matière h mar-
p.hés. diplomatiques.
Une ^colonne française attaquée
fin télégraphie fie Beyrouth
La coIoqûô Vêrgne, rentrant à Damas, arrivée
à la hauteur de Kaboun, a reçu sur son flanc droit
do nombreux coups de fusil partant dé Barze et
de la hauteur dominant ce village. Elle a été har-
celé© sur son flanc gauche par des groupes venant
de la région d'Arbine-Jobary. Les pertes françaises
Sont légères; celles de l'ennemi sont sérieuses.
La circulation a repris entre Doma et Kebek.
L'émir Faour n'a pas quitté ie village de Deraa,
(Son attitude est toujours loyale.
La politique anglaise dans le Levant
On télégraphie de Londres:
iA. la séance de mercredi à la Chambre des com-
tounes, en réponse à une question, le secrétaire
aux affaires étrangères dit mi'il a'ari^ta aucun
accord oral ou écrit entre les gouvernements
français et anglais au sujet de la politique dans
le. Levant. Toutefois, ainsi que l'a déclaré le mi-
nistre anglais des affaires étrangères, la politique
commune des deux gouvernements est d'étendre
en coopération étroite leurs relations amicales a
toutes les questions dans lesquelles elles ont un
intérêt commun, et ceci s'applique bien entendu
au Levant autant qu'à tout autre lieu.
Un député demande si, au cours des conversa-
tions de M. de Jouvenel à Londres, un accord quel-
conque est intervenu au nom du gouvernement
anglais.
Lo secrétaire d'Etat aux affaires étrangères ré-
pond 0
Un communiqué a alors été remis à la presse avec
le consentement de M. de Jouvenel et il serait malséant
d'y ajouter quelque chose sans communiquer avec le
haut-commissaire français en Syrie.
informations de source britannique
Notre correspondant'de Londres nous téléphone Jeudi
matin
Sûh'ant Un- télégramme de Beyrouth aux jour-
naux anglais, des démarches en vue du rétablis-
sement de la paix en Syrie ont été entreprises ces
jours-ci par l'émir Tahar.petit-fils d'Abd el Kader,
qui,, on s en souvient, âpres avoir fait sa soumis-
sion aux Français, s'était fixé en Syrie où il eut
l'occasion de sauver la vie à des milliers de chré-
tiens en 1860. L'émir Tahar s'est rendu à Bey-
routh pour étudier tes possibilités d'une média-
tion et est rentré mercredi à Damas. Il Va con-
férer avec les notables de la ville et, sous sa pro-
pres responsabilité, il ira voir les chefs des Druses
insurgés.
'_`-
EN ALLEMAGNE
La ci-îsc mlnfgrëérielle
On télégraphie de Berlin à agence Radio
Dans les milieux politiques de Berlin, on se
montre beaucoup moins optimiste qu'on ne l'était
hier quand on espérait encore que le président du
parti démocratique Koch parviendrait à former le
gouvernement.
Les leaders des partis intéressés à la formation
de la grande coalition, réunis hier matin en séance
commune avec les représentants du parti écono-
mique Katnp et Drowitz, ont discuté point par
point lo programme présenté par Koch. Avant la
délibération, qui a duré trois heures, le président
du parti démocratique a demandé aux leaders po-
litiques de lui communiquer tours impressions sur
le résultat de la conférence que les fractions ont
tenue hier soir.
Seul le représentant du centre Fehrenbach a
déclaré que son parti approuvait tous les articles
du programme. Par contre, le leader populiste
Scholtze assura qu'il était disposé à conclure une
entente avec la social-démocratie; il a formulé
néanmoins quelques critiques assez sérieuses con-
tre le programme social et économique, noUunr
ment contre le" voté d'une :ioi sanctionnant le priai- zi'
cipè dé. la journée de huit heures, objectant q ue
la réduction de la production allemande lui sem-
blait une mesure susceptible d'aggraver la crise
économique que subit actuellement le Reich.
Le leader social-démocrate. Hermann Mullei'
déclara ensuite que la social-démocratie ne saurait
accepter le programme Koch si on n'y ajoutait pas
deux points essentiels l'augmentation des allo-
cations aux chômeurs et l'élévation dos traite-
ments des fonctionnaires.
De leur côté, les populistes répugnent quelque
peu à rompre avec les nationalistes pour conclure
une alliance avec la social-démocratie. D'autre
part, les socialistes craignent) en entrant dans le
nouveau gouvernement, de prêter le flanc aux
attaques des moscoutaires et de provoquer te glis-
sement de l'aile gauche du parti dans le camp
communiste.
Mais comme la prudence politique leur com^-
mande de ménager le président Hindenburg, qui
s'est prononcé en faveur de la grande coalition,
chacun de ces deux groupes parlementaiires s'ef-
force de masquer ses véritables intentions sous
des déclarations conciliantes, de façon à pouvoir
rejeter sur l'autre la responsabilité de l'échec des
pourparlers.
Les quatres fractions intéressées1 à la formàtton
de la grande coalitioin centre, populistes, démo-
crates et social-démocrates, qui se sont réunies
le soir de nouveau pour discuter les points du
programme Koch, formuleront ce matin leur ré-
solution définitive. •
Si', comme il paraît probable maintenant, lé
docteur Koch échoue dans sa mission, les pour-
parlers en vue de la solution de la crise seraient
suspendus jusqu'à nouvel ordre le président
djï Kèiçh çhafg'erait. alors M-{iutfrer deconsiituer
Iè'BbùH^Su^ïiBine^ nwiLs'v.iv? ̃>!?,'(-
Découvçi'is «l'an complot
La Gazette do Vos annonce la découverte d'un
complot dirigé contre le ministre des affaires
étrangères, M. Stresemann.
Deux jeunes gens appartenant, sembl-e-t-il, aux
milieux de droite, ont été arrêtés par la police.
C'est une lettre imprudemment adressée par l'un
d'eux, un nommé Kalkkiff, à une tierce personne
ou'W croyait sûre, qui a fait découvrir le complot.
Il avait même été prévu un avion pour la fuite.
Kaltdorff est le fils. d'un fonctionnaire. Il a déjà
été condamné. Son complice se nomme Lorenz; fils
d'un conseiller de l'instruction publique, c'est un
employé de bureau. Il aurait séjourné plusieurs
fois déjà dans une 'maison d'aliénés.
Le juge chargé de l'instruction de cette affaire
aurait l'impression qu'il ne s'agit pas d'un complot
préparé par des serveaux exaltés; au contraire,
t ut laisse supposer qu'ils étaient capables de me-
ner leur dessein à exécution..
Kaltdorff était membre du parti ra-cisle et Lo-
renz du parti natinnaliste. Le plan fut trahi par un
avocat munirthois, membre lui-même des partis
de droite, auquel les deux inculpés s'étaient adres-
sés pour demaii cr des fonds. L'avocat communi-
qua ce qu'il savait à la police de Munich qui se
mit en, rapport avec les autorités berlinoises.
KJtdorff et Lorenz ont déjà comparu devant te
r.ire d'instructinn. atls
L -1 MIII- aaiâqauîsffl J
NOUVELLES DE ^ÉTRANGER
J
BELGIQUE
La flamandisation de l'université de Gand
Notre corfesiiondant particulier ù- Bruxelles nous
écrit
En conclusion de l'interpellation de MM. De-
saegher et Hymans au ministre des sciences et
arts, M. Huysmans, relative aux nominations de
professeurs à l'université bilingue do Gand, la
Chambre s'est prononcée sur- divers ordres du
jour. Elle a donné la priorité à un ordre du jour
déposé par MM. Van Cauwelaert, Hallet et Destrée,
au nom de la majorité socialiste démocrate chré-
tienne.
Par 102 voix socialistes ci catholiques con-
tre 24 voix libérales et ealhbliques, et 26 abs-
tentions," pour la plupart des catholiques wallons
la Chambre a adopté un ordre du jour ainsi
conçu « La Chambre, ayant entendu les décla-
rations du ministre des sciences et arts, passe à
l'ordre du jour ».
On remarquera qu'il n'est pas explicitement dit
dans l'ordre du jour que les déclarations du mi-
nistre sont approuvées.
M. Mathieu, socialiste wallon, s'est abstenu eh
déclarant qu'il avait des appréhensions au sujet
de l'impartialité du ministre en matière linguisti-
gue. Un autre socialiste, M. Branquart, s'est éga-
lement abstenu.
Dans l'ensemble, la discipline du parti ayant
joué, la signification du scrutin qui aurait dû être
d'ordre linguistique a été essentiellement d'ordre
politique.
ITALIE
L'état de santé de la reine mère
L'état de santé do la reine mère présente quel-
ques coniplicaiions par suite de manifestations
de congestion pulmonaire à la base du poumon
droit qui ont provoqué des dérangements assez
violents avec une fièvre de 39°. Hier la reine a
pu foposer. ̃ ̃ ̃-
Apres consultation du professeur Pescarolo et
des médecins Quirico et Odello, l'état de la reinr
Marguerite a été jugé plutôt grave. La famille
royale est arrivée la nuit dernière à Bordighera
avec le professeur Marchiafava, appelé d'urgence.
Une rectification
Les journaux annoncent que, contrairement à
la nouvelle publiée hier, le Mattino de Napies n'a
pas suspendu sa publication. Le journal a été seu-
lement saisi par ordre préfectoral. Cette mesure
a-étc prise de nouveau aujourd'hui:
POLOGNE
La situation
On mande de Varsovie:
La discussion de l'exposé du mtrimtre des fi-
nances qui s'est poursuivie pendant deux jours
à la Diête et au Sénat a eu pour effet d'affer-
mir la confiance dont le Corps législatif et l'opi-
nion publique témoignent à l'égard de M. Zdzie-
chowski. Les mesures d'économie arrêtées par te
conseil des ministres, bien qu'affectant un nom-
bre considérable de citoyens, sont accueillies
avec calme. comme une dure nécessité à laauelle
il est i'mpossible d'échapper si l'on vaut préparer
un avenir meilleur. Aussi cette attitude du gros
de la population est-elle considérée dans les mi-
lieux dirigeants comme un gage sérieux de réus-
site. L'opinion qu'on trouve le plus souvent ex-
prwBéef tant par la presse que par les économis-
tes, c'eat qiie des facteurs psychologiques doivent
être pris en considération pour expliquer les dif-
ficultés, actuelles do la Pologne.
Une conférence économique internationale
tm mande de Varsovie:
La commission des affaires étrangères du Sé-
nat a délibéré au sujet de la convocation d'une
conférence économique internationale décidée
par la France.
La commission a constaté la grande impor-
tance politique et économique de cette confé-
rence pour la Pologne et elle a décidé de discuter
la proposition en commun avec la. commission
des affaires étrangères de la Diète. Elle a décidé
en outre la création d'un organe permanent res-
tant en rapport continuel avec le gouvernement
ati sujet de la conférence précitée. :,i ..a
'j ¡. (
Agitation politique dans t'armée ̃['̃ ù
On mande de Varsovie 1
La commission des affaires militaires de la Dfètei
a discuté, en présence du ministre de là guerre,!
général. Zeljgoxvski, la question do l'agitation àca-:
ractère politique et inconstitutionnel menée, de-
puis quelques semaines par plusieurs généraux ait1
un groupe d'officiers de l'entourage du maréchal
Pilâudski, ancien chef de l'Etat et ancien comiharir:
dant dos légions polonaises formées au sein de,
l'armée autrichienne. Cette agitation a motivé la
démission du chef d'élat-major* général Btaiislas
Haller.
Le député Dombrowski a insisté sur le devoir-
primordial de l'armée de rester en dehors de.
toutes les luttes politiques et a constaté que l'im-
mense majorité des officiers polonais a conscience
de ce devoir. Il a déclaré que le premier miuistrb
et le ministre de la guerre étaient responsables de
la discipline absolue de tous jusqu'aux grades eu-,
prêfnes, ainsi que du respect de la Constitution.
Les négociations avec l'Allemagné
On mandt. de Varsovie! 1
Les plénipotentiaires qualifiés pour los négo-
ciations polono-allemandes, M. Prondzynski pour
la Pologne et M. èoez pour l'Allemagne, ont signé
et échangé à Berlin, mercredi, des notes diploma-
tiques dont la première règle l'échange judiciaire
des affaires pénales et complète l'accord polono-
allemand du 5 mars 1924; la seconde résout là
question de la publication des mandats d'arrêt. Eh
outre, un accord concernant les fidéicommis a itè
signé.
RUSSIE
Un accord russo-norvégien 1
On friande de Moscou: V \v,<
Le traité commercial so^iéto-norvégien, été signé mardi 15 décembre, est basé sur le priri-'
cipe da la nation la plus favorisée, étant limité ûé
la paft.de l'Union soviétique par les privilèges àc-»'
cordés par l'Union soviétique aux Etats orientaux
et aussi aux Etats ayant fait partie de l'ancien
empire russe et par les facilités accordées pau
l'Union soviétique aux Etats qui l'ont reconnue ô
de jure avant le 15 février 1925.
La Norvège reconnaît le monopole du commerça
extérieur et l'exterritorialité de la représentation
commerciale soviétique. Le contrat établit do nou-
veaux privilèges réciproques pour le commerce de
la Norvège avec les habitants du littoral mourman;
Clôturé de la conférence ferroviaire
internationale
Dn mande Je Moscou:
Hier mercredi a eu lieu îâ clôture de le
conférence internationale des cheiftins de fer.
Tous les pays participants ont signé un accord
pour établissement d'un service direct d'Extrême-
Orient en Europe occidentale.
Les relations avec la Perse
On mande de Mosoou: '̃
Un édîtorial des Izvestia à l'occasion de l'élection
de Riza Khan comme chah de Perse émet l'opi-
nion que cet aspect du développement de la lutte
pour 1 affranchissement national de la Perse repré-
sente un progrès considérable, par comparaison
avec la monarchie des Kadjars qui s'orientait ex-
clusivement du côté de l'Angleterre. « Les condi--
tions du développement de la lutte pour l'affran-
chissement national, conclut lo journal, pousse-
ront prochainement la Perse vers tme étroite col-
laboration politique et économique avec l'Union
soviétique. » ̃̃ .-̃••?; •̃. ̃̃• ;• ̃ -̃ -•̃
,i'
̃• ̃̃'•"̃ ^:7 ̃̃iiiiiii- '̃•̃̃' -r-^
Ajournement de la conïérence
.•;i" ̃̃"̃" de 1'extefritorjaliié
On télégraphie aê Pékin:
Le ministre des Pays-Bas, doyen du corps di-
plomatique, a remis au nom des puissances une
note au gouvernement chinois, demandant l'ajour-
nement, à une date ultérieure, de l'ouverture de
la conférence relative à l'exterritorialité.
Le gouvernement chinois a accepté.
Les opérations en Mandchourie '1
Suivant des informations officielles parvenues
à Tokio, Tchang Tso Lin aurait enlevé les armes et
les munitions de l'arsenal do Moukden.
Un représentant du gouvernement japonais a
déclaré que le gouvernement informerait Tchang
Tso. Lin et, Kuo Sun Lin qu'il no permettrait au-
cun combat dans un rayon de six milles de Pékin.
Il a ajouté que tous les consuls ont demandé que
le Japon prenne les mesures nécessaires pour la
protection des étrangers dans la capitale chi-
noise.
Les effectifs japonais de Mandchourie
On mande de Tokio que les troupes japonaises
de Mandohourie ont reçu l'ordre de maintenir une
stricte neutralité. On explique que, d'après le
traité de Portsmouth, le Japon est autorisé à avoir
en Mandchourie environ 15,000 soldats pour la
garde des voies ferrées mais que, y compris les
renforts expédiés actuellement, l'effectif total des
troupes japonaises ne s'élève qu'à 8,000 hommes.
Qn n'enverra pas d'autres renforts h moins quç
la situation ne 1 exige. Les Japonais croient que si
Tchang Tso Lin est battu, il se réfugiera en terri-
toire japonais. ''}.̃[.' f
itOUVBLLES BU «100!
L'ambassade de France à Washington
Le Journal o/fic iel publie uno rectification au
décret nommant M. Bérenger ambassadeur à
Washington. La rectification porte que M. Henry
Bérenger, sénateur, a été nommé. (ci» mission tem-
poraire, conformément aux, dispositions do l'arti-
cle 9 de la loi organique du 30 novembre lâïo)--
ambassadeur et, envoyé extraordinaire de U Ré-
publique à Washington..
Contre les impôts nouveaux
Les présidents et délégués des groupements,
adhérents à l'Union des industries et commerces
dits de luxe, réunis en assemblée générale rue" Surène, 12, sous la présidence de M. Barelay, as-
sisté de M. G; Fôlix, président d'honneur, et de
M. Georges Maus, président de la Fédération des
commerçants et détaHlants de France, ont voté
une résolution que voici
Les présidents et délégués de groupements adhérents
à l'Union des industries et commerces dits de luxe, pro- 1-
testent avec la dernière énergie contre tous les impôts
nouveaux proposés.
Ils considèrent quo la seule manière do sauver la
France do la catastrophe est de faire renattre la con-
fiance qui ne s'obtiendra qu'avec un gouvernement
d'union nationale et d'autorité dont la mission sera:
1° De.pt'atiquer une politique d'ordre ot do sévères
économies; ̃
• 2" De tirer des monopoles d'Etat un maximum de
rendement en tes concédant ù. des entreprises privées! j
3" Qu'avant d'imposer de, nouvelles. charges au coin;
méreé et à l'industrie qui par répercussion feraient
augmenter le coût de la vie il soit fait une' riSparU--
tion plus juste et plus équitable des impôts sur les
citoyens français,, à quelque classe qu'ils apparlien-i'
nent.
Nous avons fait connaître, en Dernières nou-
velles, le discours prononcé à Lille par M. Ghau-
met, sénateur, ancien ministre, président du, co-
mité républicain du commerce, de l'industrie et de
l'agriculture, à l'assemblée générale de la section'
du nord du comité, discours dans lequel il s'est
expliqué sur la crise financière, principalement
sur la question des nouveaux impôts.
Le président de la section du nord du comité
républicain, M. Chas, a préconisé l'impôt indirect,
qui vient 'de faire ses preuves chez les Belges H
les Italiens, de préférence l'impôt direct, et dé-
claré que les impôts projetés aboutiraient à la
ruine de nombre d'industriels et de commerçants.
L'assemblée a émis la vœu
1» Que la loi sur l'Impôt sur le revenu cédulàlre ou
complémentaire soit immédiatement revisée dans le
sens de l'égalité pour tous, c'est-à-dire comportant un
tarif identique pour tous les citoyens sans autre déffrè-
yement que les charges de famille; w
2° Que les impositions soient affichées chaque ennée
dans les njairJBa aussitôt ta publication des rôles a'
3° Que chaque citoyen appartenant à. des professions
epmmercinles, industrielles, libérales ou agricoles, soit
feflu de fournir chaque année son compte d'exploita-
>|fons soumis au contrôle, sauf en.- ce qui concerne les
jfctits commerçants pour lesquels le forfait serait ins-
titué ou maintenu; ̃ ̃'
4° Que les fraudeurs soient impitoyablement poursui-
vis, TéVasion fiscale constituant un crime contre la pa-
trie, au même titre que la désertion militaire;
V' Que le gouvernement Étudie le moyen d'a.urer
l'unification de la dette intérieure et extérieure, tant au
point de vue de l'intérêt que du capital et son amortie-
sement total en un nombre d'années indéterminé.
La Fédération départementale des syndicats
'et groupements des industriels et commerçants du
département do la Mayenne, l' Association indus-
trielle et commerciale de Laval et de l'arrondisse-
ment, et tous les syndicats et groupements adhé-
rents à la fédération organisent une manifesta-
tion qui aura. lieu lundi prochain 21. La réunion
se tiendra dans h salle des fêtes de l'hôtel de ville.
Gominuttioâtion Éera faite de la protestation éle-
vée contre les nouveaux impôts; le texta;en sera
dépo&é 1 îa- préfecture par les soins- du bureau
.fé&éral. ̃̃̃>. ̃• ̃ ̃ ̃ • • .•
P,o,ur donner, olus de poids à cette, manjijestîv-
tipn, les, .commerçants sont invités à fermer léurg-
mâgasins.'de 14 à 16 heures. y: '̃;
Une délégation d'industriels du Nord
à Paris 'v
Une délégation d'industriels du Nprd a été;pré-
senfséé hier, par M. De'.eêalle, députe, au président
de la République, puis au président du conseil.
M. Briand a écouté avec intérêt les suggestions
qui ont ét6 proposées en vue de porter un remêdo
urgent il la situation de la trésorerie française.
Le président du conseil a invité ces industrie!?
h se rendre bientôt auprès de M. Doumer pour
lui exposer leurs vues, les solutions proposées lui
ayant paru de nature à faciliter la tache du nou-
veau ministre des finances..
Lés acomptes sus* tes traitements
des_fonctionnaire?
Nous avons annoncé que le gouvernement, en
attendant la mise en application des résultants de
la revision générale des traitements .et soldes,
avait décidé d'allouer au personnel civil et mili-
taire de l'Etat appelé à bénéficier de: cette rû-r
forme un acompte sur relèvement de traitement.
Un décret promulgué aujourd'hui décide que
le montant de cet acompte, fixé à 150 frànc3, sera
mis en payement avant le 25 décembre courant.
Cette somme sera acquise aux intéressés pro-
portionnellement à la durée de leurs services ef-
fectivement accomplis du 16 novembre au. 20 dé-
cembre 1025. «,
En ce qui concerne tes agents pour lesquels la
durée réglementaire du service est inférieure, -â à
Ia-du,ré6 normale,* le montant de r.ac.ompt,àÉ sus-
la<¡d~,rée leur ô 10 111ontant, de r~c,oI?P\B., S\IS,
ceptible de de leur ôtrè attribué sera réduit pi^ppor'J
tionnellement à la durée effective dé leur service.
Dans te rapport qui précède ce décret, il est
rappelé que les fonctionnaires ont- déjà reçu des
acomptes s'élevant à la somme totale de: 8Q0. fr,
qui leur. a été- versée, par fractions, aux époques
suivantes 125 fr. en avril, 125 fr. en mai, 125 fr.
en .juillet, 125 fr. en août, 200 fr. en octobre,
100 fr. en novembre. ,i
Le budget de l'office national des mutilés
M. Jourdain, ministre des pensions, présidait,
hier, l'assemblée plénièré de 1 offioe national des
imulilés, ayant à ses côtés M. Lebrun, sénateur)
(ancien ministre, président du conseil d'adminis*
Itration de l'office national.
I Le ministre s'est plu à constater que cet éta-
blissement public est devenu le vrai tuteur des
pensionnés de la guerre et que son action princi-
pale le reclassement social par la rééducation
professionnelle, a été heureusement élargie par
les' institutions d'assistance et de crédit
M. Lebrun a exposé les grandes lignes du projet
de budget de l'office national pour 1920, projet qui
a été adopté à l'unanimité.
L'assemblée a entendu ensuite les rapports de
MM. Roger, président de la commission de réédu-
cation, et Vôrlot, présidont du conseil de perfec-
tionnement, dont les conclusions ont reçu le môme
la&C'ueil favorable.
pn ce qui concerne la rééducation. l'asSèiriblée
s'est prononcée pour le regroupement des ̃ écoles,
la continuation de la propagande, les mesures ef-
ficaces à prendre pour la rééducation des mutilés
au travail, une complète application dés lois sur
es emplois réservés et sur l'emploi obligatoire.
^iP'4)' W-»?Wi 1L!l,5?.ïIM>V*9,^l^n.i^ce,. a .fié^idjé de
QèvelopperQes institutions. 'de -pl'êvoyàn'ëo- so'èftiië.
Au ministère de la guerre
M. Paul Pàinlevé; ministre de la guerre, à cons-
titué son cabinet de la manière suivante
Dlreoteur du cabinet civil M. Pierre Appel! ̃̃'•'
Chef du cabinet civil M. Jacques Jaujard.
Chefs adjoints du cabinet civil M. Roger Joisson,
Mlle Yvonne Salmon.
Attachés au cabinet civil MM. Georges Scguy et
Bernard.
Chef du secrétariat particulier M. Henri Mirel,
Sont d'autre part chargés de mission auprès du
ministre de la guerre
MM. Jean Bourguignon, directeur honoraire du cabi-
net civil, le docteur Le Molgnio, Louis Garrlgou, Gabriel
Perreux, Charles Henry.
Un appel de la Ligue républicaine
nationale
Le oomité directeur de la Ligue républicaine
nationale s'est réuni hier soir sous la présidence
de M. Millerand. Il a décidé d'adresser l'appel sui-
vant au pays
Citoyens,
Dans la crise que traverse la Franco, le salut np
peut lui venir que de l'union de ses enfants.
Sfleiico aux partis! 1
Assez de projets Inspirés de soucis électoraux et de
préoccupations parlementaires.
L'encouragement au travail, à la production et à l'é-
pargne; le respect des engagements de l'Etat; la com-
pression féroce dos dépenses publiques;: la volonté de
demander à tous les Français et d'abord à l'Etat lui-
même leur part do .sacrifices, dans 1,'effort cowijnuia ,J
ces Idées doivent dominer les lois fiscales.
De toutes parts s'élèvent les protestations. contre. 'une
politique de violence. ̃ ̃' ̃
Les pouvoirs publics n'obtiendront la confiance nc*-
èessaire du pays qu'en commentant pair lui faire cori-
banr.e *•̃ '.v,
La politique de parti nous a valu'en un an dix-sept
billiards d'inflation.
11 est temps d'en finir avec un système qui,> sous l'in-
fluence du socialisme révolqtionnnire, mène notre pays
kux catastrophe.
• Vive la France! 1
Vive la République! 1
1 La (Ligue républicaine àationale-. ̃
j Chez les radicaux socialistes
{ La séance plénièré du comité exécutif du parti
'radical et radical socialiste, annoncée pour hier
soir, avait attiré une nombreuses afflUence, en rai-
|son des circonstances actuelles.
M. J.-L. Dumésnil, ancien ministre de la marine,
en ouvrant cette séance, a exposé la proposition
qu'il a déposée sur le bureau de la Chambre au
nom du groupe radical socialiste, proposition ten-
dant à modifier l'assiette de l'impôt sur le revenu.
M, Edouard Herriot, président du comité exé-
cutif, a prononcé ensuite un discours soulignant
tes résultats acquis depuis le 11 mai 1924 par la
politique du cartel des gauches, et notamment en
ce qui concerne la politique extérieure. C'est ainsi
qu'il rappelé les négociations de Londres, les
efforts tentés 'à Genève en faveur d'un protocole
d'arbitrage, de désarmement et de sécurité, .pour
célébrer enfin le «'bienfait de Locarno ».
En présence de ces résultats, il convient donc,
dit l'orateur, de faire conflance au 'parti radical
socialiste et ses alliés du cartel pour* résoudre ie
Problème financier « avant d'arriver en eatf li-
re »: ̃ ̃" ̃̃̃̃̃̃̃> t
Précisant l'attitude du parti radical socialiste,
soucieux de fortifier la stabilité ministérielle, M.
Edouard Hei'riot déclare
Nous avons soutenu de toutes nos forcés notre dmi
Painlové luttant^ contre des difficultés dont la chute
successive de cinq ministres des finances en moins d'un
an prouve la ténacité. Nous avons évité la chute du
ministère Briand; mes collègues du parti ont montré
.le plus ,noble courage, et j'espère que nul de vous ne
m'en voudra d'avoir tenu à prendre place à leurs cô-
tés, en une heurè où il fallait choisir, entre plusieurs
devoirs, le plus pressant.
Puis il se prononce sur le problème financier
lui-même en conseillant à ses amis et collègues
de suivre la commission des finances en ce qui
concerne la réduction du déficit budgétaire et la
répression des fraudes fiscales, et de soutenir la
pcoposition de M. J.-L. Dumésnil sur la déclara-
tion obligatoire du revenu
Evidemment, poursuit-il, il faudra plus. loi encore,
nous avons à nous expliquer nettement.
Les professions non commerciales doivent, elles .aussi,
contribuer selon leurs ressources vraies au redresse-
ment financier du pays. N'avons-nous pas le droit de
leur demander une part du Drortiiit exaat de. leur tfa-
vail sous des conditions de contrôle qui respecteront
les intérêts légitimes de ces contribuables.
Il est une question plus importante, encore que nous
voulons aborder avec courage. Nous demandons le re-
maniement de la cédule agricole, en vertu du principe
de l'égalité devant l'impôt, que nous avons proclamé.
Si le commerce et l'industrie doivent au flso leur
part, nous ne pouvons pas laisser accabler les forces
de création qui représentent la richesse essentielle, la
puissance de rajeunissement d'un pays, l'aliment du
travail. Nous l'avons dit vingt fois, et les chefs les plus
autorisés du parti socialiste aveo nous. De même nous
devons, protéger cette petite propriété rurale qui tra-
vaille durement; nous le devons, no fûtree que pour
lutter contre l'exode rural.
Mais, nous le disons non moins fortement: c'est un
vrai scandale qui révolte justement le commerçant
honnûte et, lui aussi, laborieux, que l'immunité fiscale
de ces gros fermiers, véritables hobereaux de la terre,
qui, pour des profits considérables, ne payent que des
impùts dérisoires et qui, trop souvent, font cause com-
mune avec, loi pires ennemis de la République. Nous
noH? tournons .donc vers je paysan républicain et ncius
lui dsina'nclons son .aide pour faire, payer tous ceux
qui peuvent .apporter à \i nation' le concours qu'ils lui
doivent. A frapper toujours les mêmes, on finirait par'
révolter le bon sens public.
Pareillement et comme nous l'a proposé notre col-
lègue Léon Meyer, auteur de plusieurs projets très in-
téressants sur la contrôle du change nous récla-
mons la répression rigoureuse de la spéculation.
Enfin, nous demandons la discussion aussi prochaine
que possible du statut do la caisse d'amortissement
dont la Chambre a déjà, voté le principe. C'est la dis-
cussion de demain; le problème de l'équilibre budgé^
taire est le problème d'aujourd'hui.
Mais 11 ne faut pas nous laisser surprendre, la con-
ciliation doit être facile, entre les élus do gauche, si
nous nous tenons, comme nous le devons, aux ordres
du jour de notre congrès de Nice.
-J'adjure lu Chambre, conclut- d'agir aveo résolu*-
tion et vite. L'heure n'est pas à la recherche de la
perfection; il faut aveugler les voles d'eau. J'adjure
les hommes do gauche, ceux qui ont bien voulu me
faire confiance dans la lente préparation de notre vic-
toire'- de 1924, de s'unir pour créer une majorité posi*
tive et solide. Nous sommes une heure où tout Intd-
rût personnel doit céder, où il faut aider ceux qui as-
sument la formidable tâche de sauver à la fois le pays
et le régime, où il faut résister ceux qui n'opposent
à l'muvre nécessaire que des critiques et des négations.
Et pourquoi donc manquerions-nous de coniianco 1
Le pays travaille. Notre balance commerciale est netJ
tement favorable. Il s'agit de dominer une crise qui
était inévitable1 avec les terribles échéances de l'année
1025. Les années prochaines, malgré ce qu'elles nous
réservent encore d'inconnu, s'annoncent plus faciles.
Je fais appel avec confiance â l'énergie, au sang-froid
des républicains.
Des applaudissements accueillent cette pérorai-
son -et un bref débat, assez animé, s'engage aussi-
tôt, grâce à l'intervention- de M. Louis Desvaux,
Le, conseiller municipal de Paris prend la par
rôle, pour déclarer que si la politique, des gauche
est, en' soi, excqllnnte, il Convient que le parti ra-
dlcàj-ne soit pas*dahs la nïflin des socialistes ûtiie
fasse pas leur jeu. •
vas protestations se font entendre et divers ora-
teurs s'expriment à cet égard en termes assez
véhéments.
Finalement, rassemblée! adopte, à l'unanimité
un ordre du jour de M. Lisbonne renouvelant la
confiance du comité exécutif à son président.
AI. Etienne Kahn fait adopter ensuite un second
ordre du jour proclamant qu'avant de créer de
nouveaux 'impôts et de majorer les impôts actuels
il faut faire rendre à ceux-ci leur maximum !•{
que par ailleurs, la caisse d'amortissement doit
être alimentée, .entre autres ressources, par un
prélèvement sur la fortune.
Chez les socialistes
Le groupe des élus socialistes de la Chambre
des députés, réuni hier matin, avait entendu deux
de ses délégués, MM. Pierre Renaudel'et Mistral,
lesquels lui avaient rendu compte de'leurs'pour-
parlers respectifs avec les représentants dos
groupes du cartel d'une part, et avec ceux du
groupe républicain socialiste d'autre part, en vue
de l'établissement d'un programme financier.
Après cette audition, le groupe avait chargé sa
commission politique de faire part à la commis-
sion administrative permanente du parti du désir
unanimement exprimé de voir se réunir « un con-
grès immédiat appelé à définir la politique du
parti socialiste en fonction des circonstances ac-
tuelles' ».
La commission administrative s'est donc réu-
nie hier soir sous la présidence de M. Jean Lon-
guet, en présence des membres de la commission
P°ytJqWû- du :.v; grpup3 ^parlementaire, .lesquels s
p~wiync ~q xy 7, :J.lli.r"fI"1'~ wa ~r· ~3
nécessité d'Un: doiiI8/rôs'sexlr'aôrdiiiaJTé' a. été fâvo^
r&blément accueillie, avec cette indicatidin- que ce
congrès devra se prononcer « survies projets d'as-
sainissement et 1 attitude du parti à l'egard des
partis bourgeois».
Seule, la date a laquelle le congrès devait être
convoqué a soulevé quelques difficultés. M. Com-
pôro-Morel, exprimant en ceci le sentiment du
secrétariat du parti, estimait que les directives
du dernier congrès socialiste pouvaient suffire
et que rien no justifiait une convocation hâtive
du congrès; il proposait donc la date du 10 jan-
vier. M. Pierre Renaudel, au contraire, souhaitait
que le congrès fût convoqué le 27 décembre au
plus tard.
C'qst la proposition de M. Compère-Morel .qui
a recueilli la majorité 11 voix contre et une
abstention. Le congrès extraordinaire se réunira
donc le 10 janvier prochain, et les adversaires de
la participation ministérielle enregistrent 'ainsi
un nouveau succès.
~°~°"°~°" ui-
M. TCflïTCMKIiNE FPARïs""
~1, ~'GH~(1~E A PARIS
M. Tchitcherine a eu hier après-midi un long
entretien avec M. Philippe Berthelot, secrétaire
général du ministère des affaires étrangères, en
vue do régler les modalités des prochaines négo-
ciations qui s'ouvriront en janvier.
Les deux délégations formeront trofe com-
missions. La première s'occupera de l'examen
des anciens traités entre la France et la Russie,
des conventions consulaires et du statut des
Français en Russie ainsi que. du règlement des
dommages qu'ils ont subis. La seconde commis-
sion, étudiera l.es questions financières et éco-
noia"jqùes, dëttejs, tarïfs douaniers' et éventuel-
lement l'établissement d'un traité de commerce.
Enfin, la troisième commission s'occupera des
questions de politique générale.
A l'issue de cet entretien, M. Tchitcherine, qui
quittera Paris ce soir, jeudi, nous a fait part de
ses dernières impressions:
« Je considère, nous a-t-il dit, la situation gé-
nérale actuelle comme. très propice pour le dé-
veloppement de relations amicales solides entre
la Fédération soviétique et la France. J'ai pu
constater, de la part des dirigeants français,
l'existence d'une bonne volonté évidente et claire
et d'un désir réellement sérieux d'aboutir à une
solution avantageuse, pour les deux parties in-
téressées, de toutes les questions pendantes en-
tre nos gouvernements. J'ai aussi pu constater
avec la plus grande satisfaction chez les diri-
geants français l'existence d'une compréhen-
sion profonde et sérieuse des perspectives fé-
condes et salutaires dans l'intérêt de la paix gé-
nérale que nous ouvre la consolidation de rela-
tions entre nos deux pays,
» II faut distinguer entre les questions immé-
diates devant être abordées instantanément et
les perspectives d'un ordre plus général deman-
dant 'une réalisation progressive et graduelle.
Je considère pour les- unes et les autres de ces
questions comme extrêmement favorable l'é-
change de vues que je viens d'avoir avec les di-
rigeants français. Les questions pratiques qui
se posent devant nous seront l'objet de négocia-
tions qui devront commencer aussitôt que possi-
ble. Sur -ce point nos deux gouvernements so
absolument d'accord; le fond même des ques-
tions que f.ous aurons à traiter devra être l'objet
de négociations entre nous-qui, sans doute, de-
manderont du.temps et de, la patience, mais les
opinions que nous avons échangées d'une façon
t,rô,s. sommaire sur le fond de ces questions nous,
font espérei; ferme'nient que nous. pourrons abou-:
tir.' Nous no'iis sojnme3 mis d'accord sur un autre
point aussi!, sur la nécessité qu'W a a de ne p
attendre la :fin de ces négociations, qui seront
peut-être prolongées, afin de discuter les ques-
tions urgentes du jour intéressant nos deux
gouvernements et de se concerter à leur égard.
» Si nous deux gouvernements tombent d'accord
sur des questions politiques demandant une solu-
tion immédiate, cela sera d'une telle importante-
pour nous deux qu'il n'y a pas lieu d'y apporter
des délais quelconques, La situation géographique
de nos deux pays, !o rôle immense que joue !a
France sur le continent européen et la position
da notoe fédération qui est; pour ainsi dire, à che-
val sur deux continents, tout cela donnerait une
importance des plus considérables à toute solu-
tion coneprtée entre nos deux gouvernements.
Ainsi jaillira la confiance. mutuelle que nous
avons déjà constatée, avec la plus grande joie, des
deux côtés, et qui formera la base de liens solides
qui doivent unir nos pays. D'un côté, l'absence de
toute collision entre les intérêts naturels et vi-
taux de nos pays, et, d'autre part, le rôle que doit
avoir toute décision soutenue par nos deux gou-
vernements, voilà ce qui doit pousser la Fédéra-
tion soviétique et la France à s'entendre. La con-
fiance mutuelle. oui déjà s'est fait iou* dans nue
entretiens de ces jour3^ci, a eu comme résultat,
pour moi, la certitude que la France ne se prêtera.
pas à des combinaisons dirigées contre mon pays.
» C'est donc avec le meilleur espoir quant nos
relations que je vais quitter cotte vi^ie où j'ai eu,
durant ces jours-ci, tant. d'entretiens, d'un si haut
intérêt. »
REVUE DE^LA PRESSE
La personnalité du nouveau ministre dés finan-
ces est «n général accueillie favorablement dans
la presse. Au moins lui fait-oii crédit pendant
quelques jours. Mais on s'ocoùpe moins des chan-
gements do personnes que du trouble qui- résulte
de ces crises répétées, et de l'impuissance des
pouvoirs publics h établir un. programme de re-
dressement financier.
Le départ de M. Louchour ne règle rien, lit-on
dans lo Petit Journal, et son successeur sera aux
prises avec les mômes difficultés.
Jusqu'ici la Chamriro a toujours' préféré le projet
qu'on ne déposait pas au; projet qu'on lui apportai.
Aucune majorité cohérente et disciplinée n'a pu être
rassemblée autour d'une idée directrice, d'une Idée
motrice^ II. semble que cdtto concentration soit Irréali-
sabio tant que la réforme du scrutin n'aura pas af-
franchi les élus de leurs servitudes électorales. Mais
lo gouvernement obtiendra-l-il de la Chambre le vote
rapide de cette réforme .préalable? Sortira-t^on da
néant, du chaos par l'acte d'énergie que tous les Fran-
çais attendent aveo Une angolsso où 11 entre un peu
d'irritation contre les hommes et contre les méthodes,
Sinon contrôle régime? 'f
M. Lucien Romier, dans lo FigarOi ftpprécie les
qualités ministérielles do M. Doumer.
Il connaît la matière des impôts et l'administration
des finances. C'est un homme que la guerre a tragi-
quement éprouvé. Il mérita par lit le plus grand res-
pect. Lors, de son dernier passage au ministère des
finances, il montra de la tenue et Une active Volonté. Il
sait faire voter un budget, science rare; Ûôht l'appli-
cation, vrai dire, s'accommodait mieux do là doci-
lité du bloc national que de la pétulanoe- du cartel
des gauches. Enfin, dans un- temps de pénitence, il
exclut toute idée de dissipation.
Reste à savoir ce qu'il voudra faire et si, pour la
faire, il obt:endra « Une majorité ».
Logiquement, d'une part, les socialistes et la frao^
tion avances des radicaux ne pourraient lui faire bon
ac-eueil. Logiquômeflt, d'autre part, les modérés ré-
pugneront à se substitue** aux groupes de gauche pour
voter des impôts nouveaux. Que restera-t-11? (
La désignation do M. Doumer, écrit M. C.-J-
Gignoux dans la Journée industrielle, a soulevé
dans les milieux parlementaires quelques objec-
tions.. ..̃̃̃
Mais, ajotltë-t-Il, là catégorie dos maniaques politi-
ques mise a part, Il semble que l'arrivée au pouvoir dp
M. Doumer exerce, sur une grande partie de l'opinion,
un effet plutôt rassurant. M. Doumer est de la vieille
école, qui est austère,. ne. fait t pas de, bruitj.nl de gestes
Inutiles, travaille beaucoup, aime l'ouvrage ponsoien*
oleusement fait, et spécialement les chiffres 'bien or-
donnés. lia été deux fois déjà ministre des finances
la première, voici trente ans; la seconde, 11 y a quatre
ans; 11 a bien réussi.
Mais Al. Gignoux craint que tes circonstances
ne servent pas aussi bien son troisième minis-
tère "l"
m". Pierre Bertrand serait-il, selon l'expression
do la Journée industrielle, de la « catégorie des
maniaques politiques »? Pour lui M. Doumer nap,-
porte au cabinet « ni plus de considération ni pms
d'autorité ». -i. [',
En fait, ses projets d'hier, II ks abandonne pour des
projets nouveaux.
Lesquels Il ne sait pas. peut-êtra ceux-ci. Peut-ôtre
ceux-là. Peut-être d'autres. Il n'est pas fixé. Il est re-
venu au pouvoir. Il veut vivre.
Mais le pays? Le pays attend do son gouvernemoût
une direction. M. Loucheur ne lui a donné qua des
jongleries. Va-t-il se contenter des acrobaties de M.
Doumer? .«
Quant à la Chambre, on, doit être assuré déjà qu'elle
réserve au nouveau ministre des finances le même ac-
cuell qu'elle fit à son prëdéces-eur.
Pour les mêiûes raisons.
Le Parlement, qui ne l'eût pas adeepté comme
président du conseil tolérera-t-il M. Doumer
comme ministre des finance?, demande M. Haut-
fort dans la Lanterne. -.<̃̃̃
Une question se pose, qui n'est certes pas sans Inquié-
ter le pays: EsUl possible dé trouver un ministre ûts
finances capable de trouver uno majorité à la oommis-
sfon' avant d'en chercher deux autres à la Chambre el
au Sénat? Les commissaires savent à ,peu près ea
qu'ils ne -veulent. pas, mais que veulent-ils?
witiii ïir itMiu iuti, 'Mi -Mooriéo BoVauowski écriî
que « W montée' angoissante: «Jjt c^ingo est lo
problème qui à cette' beûte devrait dominer ex-
clusivement, tous les esprits ». ̃
Si l'on né parvient pas, dans les quelques jours qu
restent pour cela, à retenir lo franc sur la pente fatal<
où il glisse d'un rythme sans cesse accéléré, tous léi
problèmes risquent de devenir radicalement Insolubles.
Le plébiscite du change est décisif: il a juge les me-
nacés ouvertes ou voilées de ces derniers mois, les me-
sures et les demi-mesures de ces jours derniers. Il les
à condamnées, et le poids de sa condamnation est, hô-
las lourdement retombé sur la tête des épargnants, des
rentiers, des retraités et pensionnés, des travailleurs
français de toutes catégories.
Il n'est que temps, mais il est temps encore, de s'in-
cliner devant le verdict Irrésistible du change si l'on
veut éviter des difficultés insurmontables.
Trois groupes de l'ancien cartel ont décidé hier
de constituer une commission chargée d'établir un
plan financier. Cette initiative est combattue par
M. Jules Véran, dans 'l'Echo dé Parié.
C'est un peu plus de désordre apporte dans une si-
tuation déjà très embrouillée.
Il y a déjà, en effet, une commission qui est nommée
et qui fonctionne pour s'occuper du budget c'est la
commission des finances.
̃On ne comprendrait donc pas cette résolution du
cartel, si elle ne cachait une manœuvre politique.
Lo cartel, qui ne veut. pas lâcher le pouvoir, et qui
tient à, avoir le ministre des finances, et môme le gou-
vernement, sous sa coupe, a la prétention d'imposer le
projet qu'il aura adopté, lui tout seul, sans tenir compte
ni du gouvernement ni de la commission' des finances,
encore moins de l'opposition.
Au contraire, AI. Cudenèf, dans 'l'Ere nouvelle,
y voit l'événement capital de la journée d'hier.
C'est Jâ un, he,ureuX; essai de reconstitution du cartel
sur le pion technique. "̃> ̃••-•-
Nous avons assisté, ait surplus, durant toute la jour-
née d'hier, à une tentative de regroupement des forces
de gauche qui n'a pas manqué d'intérêt. •
Visiblement, oh se préoccupe, chez nos amis, de
construire et d'abandonner los formules négatives pour
partir à la recherche des méthodes positives.
Ce n'est qu'un essai, reconnaît M. Cudenet. En-
core oublie-t-il de mentionner le refus du groupe
do la gauche radicale de collaborer à ce projet.
Ce qui réduit à de bien modestes proportions, l'im-
portance de cet « événement capital ».
Dans l'Homme libre, M. Eugène Lautier déplore!
le peu d"élégance de l'opposition que la commis-
sion a faite à M. Loucheur. Mais il reconnaît que
le ministre des finances a commis une grande im-
prudence c'est d'annoncer une quantité formi-
dable d'impôts. q
On a voulu s'installer sur 7 milliards et demi' d'in*
nation comme sur un édredoii et pour un long som-
meil. Le mauvais coup à peine accompli, l'on était saisi
à la gorge. Pour justifier 7 milliards et demi d'infla-
tion, il fallait proposer 8 milliards d'impôts!
Parce qu'on avait sciemment exagéré la situation dif-
ficile du Trésor, on était condamné à exagérer les re-
mèdes et à les administrer à la dose qui tue.
Voilà la vérité. w
Enfin, dans l'Avenir, AI. Jacques Ebstein nous
raconte savoureusement une visite qu'il a faite
a M. Loucheur, qui lui à déoîaré entre autres
choses
En somme, j'avais tout le monde contre moi parce
que personne ne veut voter les impôts nécessaires, In-
dispensables, les impôts de salut public. Pas d'Impôts,
pas d'impôts. ̃̃̃
La Chambre actuelle eh est â s'imaginer qu'elle
pourra boucler le budget de 1926 sans Impôts. Oui, elle
veut le voter sans impôts nouveaux -Sans impôts nou-
veaux Vous comprenez si, avec cet état d'esprit en-
fantin^ mes projets ont été vivement blackboulés. Mes
projets? Les projets, plus exactement, du ministère
mais ceci est une autre histoire. une histoire déjà du
passe-
La masse Morgan est toujours intacte. Je vous
en donne ma parole. J'aurais commis une action cri-
minelle en m'en servant. Surtout dans les circonstan-
ces actuelles! Tenez, en confidence, un de mes pré-
décesseurs avait réussi, très habilement, à constituer
une petite masse do manœuvre personnelle do 30 mil-
lions do dollars. Personne, en dehors dé deux ou trois
initiés, n'en sut jamais rien. Un beau matin, sur Un
bond de la livre, le ministre voulut jouer de cette
masse do manœuvre: elle fut volatilisée en quarante-
huit heures. Sans profit réel.'
Mais enfin, vos fameux impôts,?
Mes fameux impôts, mes fameux impôts! Il tt'y
a rien à faire en dehors de l'impôt. G'ést l'impôt qui
sauvera le franc. Sans Impôts, pas • d'équilibre budgé-
taire. Sans équilibre budgétaire, aucune possibilité
d'emprunt à l'extérieur. Sans emprunt extérieur, pas
de stabilisation possible de notre devise. Sans stabili-
sation du franc. voilà le cycle. nul n'en sortira,
En politique, voyez-Vous, mon cher ami, on a ton-
jours tort d'avoir raison trop tôt. Voyez Briand: hier
Cannes, aujourd'hui Locarno.Dans deux ou troig mois,
on ma reaàra iusUee. -i& s^absite âa sa'ôtrs tromné.
habituels et qu'un courant d'air maritime fit vol-
tiger un jour hors d'un dossier
'̃' {S doûi'4925.
cher capitaine Gordon Canning,
Quels renseignements X. a. fournis au sujet
'de ma lettre du 3 août 1925? Est-elle parvenue ? 7
Vous avez vti que l'activité se développe du côté
tTOuezzan comme je l'avais suggéré; rien n peut
être plus favorable à l'exécution du programme
d'Abd el Krim.
J'ai appris qu'Abd el Krim avait reçu plusieurs
aéroplanes mais il n'y a pas fait une attention suf-
fisante. J'aurais voulu envoyer, avec le premier
appareil, mon Meilleur spécialiste, garçon de
26 ans intelligent, actif,' de toute confiance et qui
aurait pu surveiller tous les appareils dans n'im-
porte quel endroit.
Pour répondre aux besoins, un bi-place est in-
'suffisant: il faut un six places pour quatre passa-
gers ou marchandises, en plus du pilote et du mé-
canicien. Un Fokker est tout indiqué; on pourrait
le trouver à bon prix en Hc'lande, mais comme
l'itinéraire depuis Lisbonne devrait suivre la mer,
car l'Ës^àgné. pourrait abattre ce qui, la survole-
'rait, il serait préférable de choisir nia hydravion.
Comment votre pilote du pen-
isait-il pouvoir atteindre Chefchaouen avec son
vieil appareil de 590 livres? A mon avis, il fau-
drait faire partir les vieux avions rifains par Lis-
bonne, sous le couvert de la Croix
aller. Sur le vu de ce spécimen, je ne doute pas
qu'Abd el Krim ne commande sans larder des
avions modernes pour le trafic intérieur et pour
son usage personnel et celui de son entourage.
Que dira le Portugal? La France et l'Espagne
pônUelles
je:?
Le gouvernement portugais ou son mnbassa-
deur à Londres ont-ils été pressentis à ce sujet?
Je pourrais sans doute le tenter par l'intermê-
diaire du consulat de Cologne, mars une démar-
che auprès de t'ambassadeur ct Lorrdres aurait
plus de poids. Cette démarche doit être faite en
toute éventualité, sinon pas d'autorisation.
On pourrait représenter cette ligne comme un
'essai de liaison avec Gibraltar et, si on se déci-
dait pour un grand hydravion, on pourrait mflme
ïndiq,uer Lisbonne-Gibraltar-Malte, de façon à
•pouvoir nous jeter dans Ajdir à tout moment pro-
pice.
J'espère avoir la semaine prochaine des propo-
sitions des Junkers Nordflug, peut-être Dorniers
l(Amundsen?s).
Sincèrement vôtre.
Ce beau programme se réalisa-t-il? Il semble
que non. La surveillance, resserrée après l'accord
franco-espagnol de Madrid, rendait cette réalisa-
tion plus diffloi-le et l'on peut penser que, Lisbonne
prévenue, l'engouement portugais pour les ex-
ploits sportifs. aurait discerné, dans les projets
soumis l'autorisation officielle, vers quelle des-
tination définitive s'essayeraient les Fokkers.
Quoi qu'il en soit,: M. Gordon Canning s'est re-
Vëlé jusqu'ici propagandiste rifain acharné contre
la France; son habileté s'est dépensée à entremêler
aux intérêts d'Abd el Krim les intérêts miniers
qui lui sont personnels; ses amis, à l'envi, s'em-
pressent à flatter son goût pour l'aviation.
Tous les antécédents du capitaine Gordon Gan-
hing dénoncent chez lui une maîtrise consommép
dans l'art de la guerre. Est-il bien qualifié pour
négocier îâ paix?
;̃ J. LADREIT DE LACHARRIÈRE.
La impression de l'insurreetion rifame
Les opérations militaires
De l'est, où Abd el Krim ne semble pas réagir
contre l'occupation du pays Marnissa, attention
;est ramenée vers l'ouest, où l'on signale à Che-
chaouen la formation d'une harka destinée h ohâ-
tier les Beni-Mestara, qui viennent de se sou-
mettre.
Les soumissions des gens de cette tribu conti-
nuent nombreuses. Hier encore, 150 familles ont
demandé l'aman. Le mouvement de soumission est
d'ailleurs facilité par des résultats politiques par-
ticulièrement intéressants. Huit cents familles
Beni-Mestara non encore soumises ont, d'après des
renseignements officiels, pris l'engagement d'in-
terdire l'accès de leur pays aux entreprises de
l'ennemi et ont, en revanche, obtenu le libre
•accès dans la zone soumise.
Sans préjuger la valeur de ces engagements,
il est permis de constater que nous avons réussi à
créer en avant de la ligne de nos postes une zone
!de sécurité sur un front de 30 a 35 kilomètres et
sur une profondeur de 7 fi;,§ kyonjètre^ ieaûg $ar,
des gens non sournis.. *r" V, par
Ces résultats encourageante tous pehinettenl
id'ëtendre notre action politique. Il n'est donc paà
'étonnant qu'Abd el Krim songe à effectuer mw
démonstration chez les Beni-Mestara et cherche.
par le pillage et les prélèvements d'otages, à réta-
blir par ses procédés terroristes habituels l'auto-
rité qui lui échappe.
'Suivant les directives du nouveau résident gé-
néral, nos services de' renseignements cherchent t
à causer le plus possible avec les dissidents pour
leur faire comprendre que leurs offres de sou-
mission seront examinées avec la plus grande
bienveillance et qu'elles trouveront dans nos li-
gnes une vie de paix. dans le travail qu'Abd el Krim
est impuissant à leur procurer
De nombreux agents, soit indigènes soit Euro-
péens, parfaitement au courant des moeurs indi-
gènes, accomplissent en ce moment un travail po-
litique intense, nous ramenant chaque jour de
nombreuses familles. Ils sont placés sous les or-
dres d'un Français, marié à une Berbère, qui par-
courut le Rif en tous sens de 1907 à 1914 et ha-
bite maintenant Fez.
r Sur le front espagnol
Les Espagnols ont réus'si un hardi' coup de main
Sur Souk-el-Enine des Aït-Ayach. centre télé-
phonique d'Abd el Krim d'où partent les princi-
pales lignes rifaines. Abd el Erim y avait installé
un moment son poste de commandement contre
le front d'Ajdir. Les fils furent coupés de nuit
par les partisans de Soliman el Jabali, l'allié des
Espagnols. Ce coup de main, à 12 ou 15 kilomètres
en avant d'Ajdir, provoqua une véritable panique
iau camp ennemi, fes Rifains croyant à une offen-
sive brusquée des Espagnols.
i :z;¡
3D.A.*3"© LE' LEVAIT
EN SYRIE
La situation militaire
• On télégraphie de Beyrouth
Les soumissions des Druses des villages situés
tentre Rachaya et Hasbaya s'accentuent; tes Druses
acceptent les conditions imposées par la colonne
Grancourt»
Des groupes de Druses de la région de Chabaa
tont attaqué le village chrétien de Rachaya-Fakhar.
On signale de Homs un mouvement da bandes
dirigé vers le nord et provoqué par Zeid Attrache.
Gelui-ci fait lire dans les mosquées des proclama-
tions pour obliger la population marcher.
Kosséir a été attaquée mardi pendant quatre
heures. Les bandife ont été repoussés par les ha-
bitants.
Suivant des renseignements venus dAlép un
déplacement de bandes est signalé en Turquie le
long de la haute vallée du Koueik. On assure que
les agitateuts cherchent à effectuer leur soudure
avec les rebelles du centre de la Syrie et à porter
la révolte vers le nord.
•Les tribus de la région d'Ourfa manifestent une
certaine activité et semblent prêtes à faire des
incursions dans la Djerizeh syrienne.
Les habitants druses du village de Dair-Achaïr,
à 18 kilomètres dé Rachaya, ont attaqué la village
Chrétien d'Aïn-Arab.
Condamnation de robelles
On télégraphie de Hania
La haute-cour de justice a rendu le 15 déècm-
bre différents verdicts. Elle a prononcé quinze
condamnations 4 mort, six à trois ans do prison.
une à neuf mois et trois à une semaine.
•- Un démenti
On télégraphie do Beyrouth
Les bruits tendancieux reproduits par certains
journaux relatifs à une cession d'Antioche et
a'Alexandrette à la Turquie et du Liban du sud
à la Palestine sont dénuc;s do tout fondement. Le
gouvernement déclare qu'il est impossible de
,ïaire dû territoire et des habitants matière h mar-
p.hés. diplomatiques.
Une ^colonne française attaquée
fin télégraphie fie Beyrouth
La coIoqûô Vêrgne, rentrant à Damas, arrivée
à la hauteur de Kaboun, a reçu sur son flanc droit
do nombreux coups de fusil partant dé Barze et
de la hauteur dominant ce village. Elle a été har-
celé© sur son flanc gauche par des groupes venant
de la région d'Arbine-Jobary. Les pertes françaises
Sont légères; celles de l'ennemi sont sérieuses.
La circulation a repris entre Doma et Kebek.
L'émir Faour n'a pas quitté ie village de Deraa,
(Son attitude est toujours loyale.
La politique anglaise dans le Levant
On télégraphie de Londres:
iA. la séance de mercredi à la Chambre des com-
tounes, en réponse à une question, le secrétaire
aux affaires étrangères dit mi'il a'ari^ta aucun
accord oral ou écrit entre les gouvernements
français et anglais au sujet de la politique dans
le. Levant. Toutefois, ainsi que l'a déclaré le mi-
nistre anglais des affaires étrangères, la politique
commune des deux gouvernements est d'étendre
en coopération étroite leurs relations amicales a
toutes les questions dans lesquelles elles ont un
intérêt commun, et ceci s'applique bien entendu
au Levant autant qu'à tout autre lieu.
Un député demande si, au cours des conversa-
tions de M. de Jouvenel à Londres, un accord quel-
conque est intervenu au nom du gouvernement
anglais.
Lo secrétaire d'Etat aux affaires étrangères ré-
pond 0
Un communiqué a alors été remis à la presse avec
le consentement de M. de Jouvenel et il serait malséant
d'y ajouter quelque chose sans communiquer avec le
haut-commissaire français en Syrie.
informations de source britannique
Notre correspondant'de Londres nous téléphone Jeudi
matin
Sûh'ant Un- télégramme de Beyrouth aux jour-
naux anglais, des démarches en vue du rétablis-
sement de la paix en Syrie ont été entreprises ces
jours-ci par l'émir Tahar.petit-fils d'Abd el Kader,
qui,, on s en souvient, âpres avoir fait sa soumis-
sion aux Français, s'était fixé en Syrie où il eut
l'occasion de sauver la vie à des milliers de chré-
tiens en 1860. L'émir Tahar s'est rendu à Bey-
routh pour étudier tes possibilités d'une média-
tion et est rentré mercredi à Damas. Il Va con-
férer avec les notables de la ville et, sous sa pro-
pres responsabilité, il ira voir les chefs des Druses
insurgés.
'_`-
EN ALLEMAGNE
La ci-îsc mlnfgrëérielle
On télégraphie de Berlin à agence Radio
Dans les milieux politiques de Berlin, on se
montre beaucoup moins optimiste qu'on ne l'était
hier quand on espérait encore que le président du
parti démocratique Koch parviendrait à former le
gouvernement.
Les leaders des partis intéressés à la formation
de la grande coalition, réunis hier matin en séance
commune avec les représentants du parti écono-
mique Katnp et Drowitz, ont discuté point par
point lo programme présenté par Koch. Avant la
délibération, qui a duré trois heures, le président
du parti démocratique a demandé aux leaders po-
litiques de lui communiquer tours impressions sur
le résultat de la conférence que les fractions ont
tenue hier soir.
Seul le représentant du centre Fehrenbach a
déclaré que son parti approuvait tous les articles
du programme. Par contre, le leader populiste
Scholtze assura qu'il était disposé à conclure une
entente avec la social-démocratie; il a formulé
néanmoins quelques critiques assez sérieuses con-
tre le programme social et économique, noUunr
ment contre le" voté d'une :ioi sanctionnant le priai- zi'
cipè dé. la journée de huit heures, objectant q ue
la réduction de la production allemande lui sem-
blait une mesure susceptible d'aggraver la crise
économique que subit actuellement le Reich.
Le leader social-démocrate. Hermann Mullei'
déclara ensuite que la social-démocratie ne saurait
accepter le programme Koch si on n'y ajoutait pas
deux points essentiels l'augmentation des allo-
cations aux chômeurs et l'élévation dos traite-
ments des fonctionnaires.
De leur côté, les populistes répugnent quelque
peu à rompre avec les nationalistes pour conclure
une alliance avec la social-démocratie. D'autre
part, les socialistes craignent) en entrant dans le
nouveau gouvernement, de prêter le flanc aux
attaques des moscoutaires et de provoquer te glis-
sement de l'aile gauche du parti dans le camp
communiste.
Mais comme la prudence politique leur com^-
mande de ménager le président Hindenburg, qui
s'est prononcé en faveur de la grande coalition,
chacun de ces deux groupes parlementaiires s'ef-
force de masquer ses véritables intentions sous
des déclarations conciliantes, de façon à pouvoir
rejeter sur l'autre la responsabilité de l'échec des
pourparlers.
Les quatres fractions intéressées1 à la formàtton
de la grande coalitioin centre, populistes, démo-
crates et social-démocrates, qui se sont réunies
le soir de nouveau pour discuter les points du
programme Koch, formuleront ce matin leur ré-
solution définitive. •
Si', comme il paraît probable maintenant, lé
docteur Koch échoue dans sa mission, les pour-
parlers en vue de la solution de la crise seraient
suspendus jusqu'à nouvel ordre le président
djï Kèiçh çhafg'erait. alors M-{iutfrer deconsiituer
Iè'BbùH^Su^ïiBine^ nwiLs'v.iv? ̃>!?,'(-
Découvçi'is «l'an complot
La Gazette do Vos annonce la découverte d'un
complot dirigé contre le ministre des affaires
étrangères, M. Stresemann.
Deux jeunes gens appartenant, sembl-e-t-il, aux
milieux de droite, ont été arrêtés par la police.
C'est une lettre imprudemment adressée par l'un
d'eux, un nommé Kalkkiff, à une tierce personne
ou'W croyait sûre, qui a fait découvrir le complot.
Il avait même été prévu un avion pour la fuite.
Kaltdorff est le fils. d'un fonctionnaire. Il a déjà
été condamné. Son complice se nomme Lorenz; fils
d'un conseiller de l'instruction publique, c'est un
employé de bureau. Il aurait séjourné plusieurs
fois déjà dans une 'maison d'aliénés.
Le juge chargé de l'instruction de cette affaire
aurait l'impression qu'il ne s'agit pas d'un complot
préparé par des serveaux exaltés; au contraire,
t ut laisse supposer qu'ils étaient capables de me-
ner leur dessein à exécution..
Kaltdorff était membre du parti ra-cisle et Lo-
renz du parti natinnaliste. Le plan fut trahi par un
avocat munirthois, membre lui-même des partis
de droite, auquel les deux inculpés s'étaient adres-
sés pour demaii cr des fonds. L'avocat communi-
qua ce qu'il savait à la police de Munich qui se
mit en, rapport avec les autorités berlinoises.
KJtdorff et Lorenz ont déjà comparu devant te
r.ire d'instructinn. atls
L -1 MIII- aaiâqauîsffl J
NOUVELLES DE ^ÉTRANGER
J
BELGIQUE
La flamandisation de l'université de Gand
Notre corfesiiondant particulier ù- Bruxelles nous
écrit
En conclusion de l'interpellation de MM. De-
saegher et Hymans au ministre des sciences et
arts, M. Huysmans, relative aux nominations de
professeurs à l'université bilingue do Gand, la
Chambre s'est prononcée sur- divers ordres du
jour. Elle a donné la priorité à un ordre du jour
déposé par MM. Van Cauwelaert, Hallet et Destrée,
au nom de la majorité socialiste démocrate chré-
tienne.
Par 102 voix socialistes ci catholiques con-
tre 24 voix libérales et ealhbliques, et 26 abs-
tentions," pour la plupart des catholiques wallons
la Chambre a adopté un ordre du jour ainsi
conçu « La Chambre, ayant entendu les décla-
rations du ministre des sciences et arts, passe à
l'ordre du jour ».
On remarquera qu'il n'est pas explicitement dit
dans l'ordre du jour que les déclarations du mi-
nistre sont approuvées.
M. Mathieu, socialiste wallon, s'est abstenu eh
déclarant qu'il avait des appréhensions au sujet
de l'impartialité du ministre en matière linguisti-
gue. Un autre socialiste, M. Branquart, s'est éga-
lement abstenu.
Dans l'ensemble, la discipline du parti ayant
joué, la signification du scrutin qui aurait dû être
d'ordre linguistique a été essentiellement d'ordre
politique.
ITALIE
L'état de santé de la reine mère
L'état de santé do la reine mère présente quel-
ques coniplicaiions par suite de manifestations
de congestion pulmonaire à la base du poumon
droit qui ont provoqué des dérangements assez
violents avec une fièvre de 39°. Hier la reine a
pu foposer. ̃ ̃ ̃-
Apres consultation du professeur Pescarolo et
des médecins Quirico et Odello, l'état de la reinr
Marguerite a été jugé plutôt grave. La famille
royale est arrivée la nuit dernière à Bordighera
avec le professeur Marchiafava, appelé d'urgence.
Une rectification
Les journaux annoncent que, contrairement à
la nouvelle publiée hier, le Mattino de Napies n'a
pas suspendu sa publication. Le journal a été seu-
lement saisi par ordre préfectoral. Cette mesure
a-étc prise de nouveau aujourd'hui:
POLOGNE
La situation
On mande de Varsovie:
La discussion de l'exposé du mtrimtre des fi-
nances qui s'est poursuivie pendant deux jours
à la Diête et au Sénat a eu pour effet d'affer-
mir la confiance dont le Corps législatif et l'opi-
nion publique témoignent à l'égard de M. Zdzie-
chowski. Les mesures d'économie arrêtées par te
conseil des ministres, bien qu'affectant un nom-
bre considérable de citoyens, sont accueillies
avec calme. comme une dure nécessité à laauelle
il est i'mpossible d'échapper si l'on vaut préparer
un avenir meilleur. Aussi cette attitude du gros
de la population est-elle considérée dans les mi-
lieux dirigeants comme un gage sérieux de réus-
site. L'opinion qu'on trouve le plus souvent ex-
prwBéef tant par la presse que par les économis-
tes, c'eat qiie des facteurs psychologiques doivent
être pris en considération pour expliquer les dif-
ficultés, actuelles do la Pologne.
Une conférence économique internationale
tm mande de Varsovie:
La commission des affaires étrangères du Sé-
nat a délibéré au sujet de la convocation d'une
conférence économique internationale décidée
par la France.
La commission a constaté la grande impor-
tance politique et économique de cette confé-
rence pour la Pologne et elle a décidé de discuter
la proposition en commun avec la. commission
des affaires étrangères de la Diète. Elle a décidé
en outre la création d'un organe permanent res-
tant en rapport continuel avec le gouvernement
ati sujet de la conférence précitée. :,i ..a
'j ¡. (
Agitation politique dans t'armée ̃['̃ ù
On mande de Varsovie 1
La commission des affaires militaires de la Dfètei
a discuté, en présence du ministre de là guerre,!
général. Zeljgoxvski, la question do l'agitation àca-:
ractère politique et inconstitutionnel menée, de-
puis quelques semaines par plusieurs généraux ait1
un groupe d'officiers de l'entourage du maréchal
Pilâudski, ancien chef de l'Etat et ancien comiharir:
dant dos légions polonaises formées au sein de,
l'armée autrichienne. Cette agitation a motivé la
démission du chef d'élat-major* général Btaiislas
Haller.
Le député Dombrowski a insisté sur le devoir-
primordial de l'armée de rester en dehors de.
toutes les luttes politiques et a constaté que l'im-
mense majorité des officiers polonais a conscience
de ce devoir. Il a déclaré que le premier miuistrb
et le ministre de la guerre étaient responsables de
la discipline absolue de tous jusqu'aux grades eu-,
prêfnes, ainsi que du respect de la Constitution.
Les négociations avec l'Allemagné
On mandt. de Varsovie! 1
Les plénipotentiaires qualifiés pour los négo-
ciations polono-allemandes, M. Prondzynski pour
la Pologne et M. èoez pour l'Allemagne, ont signé
et échangé à Berlin, mercredi, des notes diploma-
tiques dont la première règle l'échange judiciaire
des affaires pénales et complète l'accord polono-
allemand du 5 mars 1924; la seconde résout là
question de la publication des mandats d'arrêt. Eh
outre, un accord concernant les fidéicommis a itè
signé.
RUSSIE
Un accord russo-norvégien 1
On friande de Moscou: V \v,<
Le traité commercial so^iéto-norvégien,
cipe da la nation la plus favorisée, étant limité ûé
la paft.de l'Union soviétique par les privilèges àc-»'
cordés par l'Union soviétique aux Etats orientaux
et aussi aux Etats ayant fait partie de l'ancien
empire russe et par les facilités accordées pau
l'Union soviétique aux Etats qui l'ont reconnue ô
de jure avant le 15 février 1925.
La Norvège reconnaît le monopole du commerça
extérieur et l'exterritorialité de la représentation
commerciale soviétique. Le contrat établit do nou-
veaux privilèges réciproques pour le commerce de
la Norvège avec les habitants du littoral mourman;
Clôturé de la conférence ferroviaire
internationale
Dn mande Je Moscou:
Hier mercredi a eu lieu îâ clôture de le
conférence internationale des cheiftins de fer.
Tous les pays participants ont signé un accord
pour établissement d'un service direct d'Extrême-
Orient en Europe occidentale.
Les relations avec la Perse
On mande de Mosoou: '̃
Un édîtorial des Izvestia à l'occasion de l'élection
de Riza Khan comme chah de Perse émet l'opi-
nion que cet aspect du développement de la lutte
pour 1 affranchissement national de la Perse repré-
sente un progrès considérable, par comparaison
avec la monarchie des Kadjars qui s'orientait ex-
clusivement du côté de l'Angleterre. « Les condi--
tions du développement de la lutte pour l'affran-
chissement national, conclut lo journal, pousse-
ront prochainement la Perse vers tme étroite col-
laboration politique et économique avec l'Union
soviétique. » ̃̃ .-̃••?; •̃. ̃̃• ;• ̃ -̃ -•̃
,i'
̃• ̃̃'•"̃ ^:7 ̃̃iiiiiii- '̃•̃̃' -r-^
Ajournement de la conïérence
.•;i" ̃̃"̃" de 1'extefritorjaliié
On télégraphie aê Pékin:
Le ministre des Pays-Bas, doyen du corps di-
plomatique, a remis au nom des puissances une
note au gouvernement chinois, demandant l'ajour-
nement, à une date ultérieure, de l'ouverture de
la conférence relative à l'exterritorialité.
Le gouvernement chinois a accepté.
Les opérations en Mandchourie '1
Suivant des informations officielles parvenues
à Tokio, Tchang Tso Lin aurait enlevé les armes et
les munitions de l'arsenal do Moukden.
Un représentant du gouvernement japonais a
déclaré que le gouvernement informerait Tchang
Tso. Lin et, Kuo Sun Lin qu'il no permettrait au-
cun combat dans un rayon de six milles de Pékin.
Il a ajouté que tous les consuls ont demandé que
le Japon prenne les mesures nécessaires pour la
protection des étrangers dans la capitale chi-
noise.
Les effectifs japonais de Mandchourie
On mande de Tokio que les troupes japonaises
de Mandohourie ont reçu l'ordre de maintenir une
stricte neutralité. On explique que, d'après le
traité de Portsmouth, le Japon est autorisé à avoir
en Mandchourie environ 15,000 soldats pour la
garde des voies ferrées mais que, y compris les
renforts expédiés actuellement, l'effectif total des
troupes japonaises ne s'élève qu'à 8,000 hommes.
Qn n'enverra pas d'autres renforts h moins quç
la situation ne 1 exige. Les Japonais croient que si
Tchang Tso Lin est battu, il se réfugiera en terri-
toire japonais. ''}.̃[.' f
itOUVBLLES BU «100!
L'ambassade de France à Washington
Le Journal o/fic iel publie uno rectification au
décret nommant M. Bérenger ambassadeur à
Washington. La rectification porte que M. Henry
Bérenger, sénateur, a été nommé. (ci» mission tem-
poraire, conformément aux, dispositions do l'arti-
cle 9 de la loi organique du 30 novembre lâïo)--
ambassadeur et, envoyé extraordinaire de U Ré-
publique à Washington..
Contre les impôts nouveaux
Les présidents et délégués des groupements,
adhérents à l'Union des industries et commerces
dits de luxe, réunis en assemblée générale rue"
sisté de M. G; Fôlix, président d'honneur, et de
M. Georges Maus, président de la Fédération des
commerçants et détaHlants de France, ont voté
une résolution que voici
Les présidents et délégués de groupements adhérents
à l'Union des industries et commerces dits de luxe, pro- 1-
testent avec la dernière énergie contre tous les impôts
nouveaux proposés.
Ils considèrent quo la seule manière do sauver la
France do la catastrophe est de faire renattre la con-
fiance qui ne s'obtiendra qu'avec un gouvernement
d'union nationale et d'autorité dont la mission sera:
1° De.pt'atiquer une politique d'ordre ot do sévères
économies; ̃
• 2" De tirer des monopoles d'Etat un maximum de
rendement en tes concédant ù. des entreprises privées! j
3" Qu'avant d'imposer de, nouvelles. charges au coin;
méreé et à l'industrie qui par répercussion feraient
augmenter le coût de la vie il soit fait une' riSparU--
tion plus juste et plus équitable des impôts sur les
citoyens français,, à quelque classe qu'ils apparlien-i'
nent.
Nous avons fait connaître, en Dernières nou-
velles, le discours prononcé à Lille par M. Ghau-
met, sénateur, ancien ministre, président du, co-
mité républicain du commerce, de l'industrie et de
l'agriculture, à l'assemblée générale de la section'
du nord du comité, discours dans lequel il s'est
expliqué sur la crise financière, principalement
sur la question des nouveaux impôts.
Le président de la section du nord du comité
républicain, M. Chas, a préconisé l'impôt indirect,
qui vient 'de faire ses preuves chez les Belges H
les Italiens, de préférence l'impôt direct, et dé-
claré que les impôts projetés aboutiraient à la
ruine de nombre d'industriels et de commerçants.
L'assemblée a émis la vœu
1» Que la loi sur l'Impôt sur le revenu cédulàlre ou
complémentaire soit immédiatement revisée dans le
sens de l'égalité pour tous, c'est-à-dire comportant un
tarif identique pour tous les citoyens sans autre déffrè-
yement que les charges de famille; w
2° Que les impositions soient affichées chaque ennée
dans les njairJBa aussitôt ta publication des rôles a'
3° Que chaque citoyen appartenant à. des professions
epmmercinles, industrielles, libérales ou agricoles, soit
feflu de fournir chaque année son compte d'exploita-
>|fons soumis au contrôle, sauf en.- ce qui concerne les
jfctits commerçants pour lesquels le forfait serait ins-
titué ou maintenu; ̃ ̃'
4° Que les fraudeurs soient impitoyablement poursui-
vis, TéVasion fiscale constituant un crime contre la pa-
trie, au même titre que la désertion militaire;
V' Que le gouvernement Étudie le moyen d'a.urer
l'unification de la dette intérieure et extérieure, tant au
point de vue de l'intérêt que du capital et son amortie-
sement total en un nombre d'années indéterminé.
La Fédération départementale des syndicats
'et groupements des industriels et commerçants du
département do la Mayenne, l' Association indus-
trielle et commerciale de Laval et de l'arrondisse-
ment, et tous les syndicats et groupements adhé-
rents à la fédération organisent une manifesta-
tion qui aura. lieu lundi prochain 21. La réunion
se tiendra dans h salle des fêtes de l'hôtel de ville.
Gominuttioâtion Éera faite de la protestation éle-
vée contre les nouveaux impôts; le texta;en sera
dépo&é 1 îa- préfecture par les soins- du bureau
.fé&éral. ̃̃̃>. ̃• ̃ ̃ ̃ • • .•
P,o,ur donner, olus de poids à cette, manjijestîv-
tipn, les, .commerçants sont invités à fermer léurg-
mâgasins.'de 14 à 16 heures. y: '̃;
Une délégation d'industriels du Nord
à Paris 'v
Une délégation d'industriels du Nprd a été;pré-
senfséé hier, par M. De'.eêalle, députe, au président
de la République, puis au président du conseil.
M. Briand a écouté avec intérêt les suggestions
qui ont ét6 proposées en vue de porter un remêdo
urgent il la situation de la trésorerie française.
Le président du conseil a invité ces industrie!?
h se rendre bientôt auprès de M. Doumer pour
lui exposer leurs vues, les solutions proposées lui
ayant paru de nature à faciliter la tache du nou-
veau ministre des finances..
Lés acomptes sus* tes traitements
des_fonctionnaire?
Nous avons annoncé que le gouvernement, en
attendant la mise en application des résultants de
la revision générale des traitements .et soldes,
avait décidé d'allouer au personnel civil et mili-
taire de l'Etat appelé à bénéficier de: cette rû-r
forme un acompte sur relèvement de traitement.
Un décret promulgué aujourd'hui décide que
le montant de cet acompte, fixé à 150 frànc3, sera
mis en payement avant le 25 décembre courant.
Cette somme sera acquise aux intéressés pro-
portionnellement à la durée de leurs services ef-
fectivement accomplis du 16 novembre au. 20 dé-
cembre 1025. «,
En ce qui concerne tes agents pour lesquels la
durée réglementaire du service est inférieure, -â à
Ia-du,ré6 normale,* le montant de r.ac.ompt,àÉ sus-
la<¡d~,rée leur ô 10 111ontant, de r~c,oI?P\B., S\IS,
ceptible de de leur ôtrè attribué sera réduit pi^ppor'J
tionnellement à la durée effective dé leur service.
Dans te rapport qui précède ce décret, il est
rappelé que les fonctionnaires ont- déjà reçu des
acomptes s'élevant à la somme totale de: 8Q0. fr,
qui leur. a été- versée, par fractions, aux époques
suivantes 125 fr. en avril, 125 fr. en mai, 125 fr.
en .juillet, 125 fr. en août, 200 fr. en octobre,
100 fr. en novembre. ,i
Le budget de l'office national des mutilés
M. Jourdain, ministre des pensions, présidait,
hier, l'assemblée plénièré de 1 offioe national des
imulilés, ayant à ses côtés M. Lebrun, sénateur)
(ancien ministre, président du conseil d'adminis*
Itration de l'office national.
I Le ministre s'est plu à constater que cet éta-
blissement public est devenu le vrai tuteur des
pensionnés de la guerre et que son action princi-
pale le reclassement social par la rééducation
professionnelle, a été heureusement élargie par
les' institutions d'assistance et de crédit
M. Lebrun a exposé les grandes lignes du projet
de budget de l'office national pour 1920, projet qui
a été adopté à l'unanimité.
L'assemblée a entendu ensuite les rapports de
MM. Roger, président de la commission de réédu-
cation, et Vôrlot, présidont du conseil de perfec-
tionnement, dont les conclusions ont reçu le môme
la&C'ueil favorable.
pn ce qui concerne la rééducation. l'asSèiriblée
s'est prononcée pour le regroupement des ̃ écoles,
la continuation de la propagande, les mesures ef-
ficaces à prendre pour la rééducation des mutilés
au travail, une complète application dés lois sur
es emplois réservés et sur l'emploi obligatoire.
^iP'4)' W-»?Wi 1L!l,5?.ïIM>V*9,^l^n.i^ce,. a .fié^idjé de
QèvelopperQes institutions. 'de -pl'êvoyàn'ëo- so'èftiië.
Au ministère de la guerre
M. Paul Pàinlevé; ministre de la guerre, à cons-
titué son cabinet de la manière suivante
Dlreoteur du cabinet civil M. Pierre Appel! ̃̃'•'
Chef du cabinet civil M. Jacques Jaujard.
Chefs adjoints du cabinet civil M. Roger Joisson,
Mlle Yvonne Salmon.
Attachés au cabinet civil MM. Georges Scguy et
Bernard.
Chef du secrétariat particulier M. Henri Mirel,
Sont d'autre part chargés de mission auprès du
ministre de la guerre
MM. Jean Bourguignon, directeur honoraire du cabi-
net civil, le docteur Le Molgnio, Louis Garrlgou, Gabriel
Perreux, Charles Henry.
Un appel de la Ligue républicaine
nationale
Le oomité directeur de la Ligue républicaine
nationale s'est réuni hier soir sous la présidence
de M. Millerand. Il a décidé d'adresser l'appel sui-
vant au pays
Citoyens,
Dans la crise que traverse la Franco, le salut np
peut lui venir que de l'union de ses enfants.
Sfleiico aux partis! 1
Assez de projets Inspirés de soucis électoraux et de
préoccupations parlementaires.
L'encouragement au travail, à la production et à l'é-
pargne; le respect des engagements de l'Etat; la com-
pression féroce dos dépenses publiques;: la volonté de
demander à tous les Français et d'abord à l'Etat lui-
même leur part do .sacrifices, dans 1,'effort cowijnuia ,J
ces Idées doivent dominer les lois fiscales.
De toutes parts s'élèvent les protestations. contre. 'une
politique de violence. ̃ ̃' ̃
Les pouvoirs publics n'obtiendront la confiance nc*-
èessaire du pays qu'en commentant pair lui faire cori-
banr.e *•̃ '.v,
La politique de parti nous a valu'en un an dix-sept
billiards d'inflation.
11 est temps d'en finir avec un système qui,> sous l'in-
fluence du socialisme révolqtionnnire, mène notre pays
kux catastrophe.
• Vive la France! 1
Vive la République! 1
1 La (Ligue républicaine àationale-. ̃
j Chez les radicaux socialistes
{ La séance plénièré du comité exécutif du parti
'radical et radical socialiste, annoncée pour hier
soir, avait attiré une nombreuses afflUence, en rai-
|son des circonstances actuelles.
M. J.-L. Dumésnil, ancien ministre de la marine,
en ouvrant cette séance, a exposé la proposition
qu'il a déposée sur le bureau de la Chambre au
nom du groupe radical socialiste, proposition ten-
dant à modifier l'assiette de l'impôt sur le revenu.
M, Edouard Herriot, président du comité exé-
cutif, a prononcé ensuite un discours soulignant
tes résultats acquis depuis le 11 mai 1924 par la
politique du cartel des gauches, et notamment en
ce qui concerne la politique extérieure. C'est ainsi
qu'il rappelé les négociations de Londres, les
efforts tentés 'à Genève en faveur d'un protocole
d'arbitrage, de désarmement et de sécurité, .pour
célébrer enfin le «'bienfait de Locarno ».
En présence de ces résultats, il convient donc,
dit l'orateur, de faire conflance au 'parti radical
socialiste et ses alliés du cartel pour* résoudre ie
Problème financier « avant d'arriver en eatf li-
re »: ̃ ̃" ̃̃̃̃̃̃̃> t
Précisant l'attitude du parti radical socialiste,
soucieux de fortifier la stabilité ministérielle, M.
Edouard Hei'riot déclare
Nous avons soutenu de toutes nos forcés notre dmi
Painlové luttant^ contre des difficultés dont la chute
successive de cinq ministres des finances en moins d'un
an prouve la ténacité. Nous avons évité la chute du
ministère Briand; mes collègues du parti ont montré
.le plus ,noble courage, et j'espère que nul de vous ne
m'en voudra d'avoir tenu à prendre place à leurs cô-
tés, en une heurè où il fallait choisir, entre plusieurs
devoirs, le plus pressant.
Puis il se prononce sur le problème financier
lui-même en conseillant à ses amis et collègues
de suivre la commission des finances en ce qui
concerne la réduction du déficit budgétaire et la
répression des fraudes fiscales, et de soutenir la
pcoposition de M. J.-L. Dumésnil sur la déclara-
tion obligatoire du revenu
Evidemment, poursuit-il, il faudra plus. loi encore,
nous avons à nous expliquer nettement.
Les professions non commerciales doivent, elles .aussi,
contribuer selon leurs ressources vraies au redresse-
ment financier du pays. N'avons-nous pas le droit de
leur demander une part du Drortiiit exaat de. leur tfa-
vail sous des conditions de contrôle qui respecteront
les intérêts légitimes de ces contribuables.
Il est une question plus importante, encore que nous
voulons aborder avec courage. Nous demandons le re-
maniement de la cédule agricole, en vertu du principe
de l'égalité devant l'impôt, que nous avons proclamé.
Si le commerce et l'industrie doivent au flso leur
part, nous ne pouvons pas laisser accabler les forces
de création qui représentent la richesse essentielle, la
puissance de rajeunissement d'un pays, l'aliment du
travail. Nous l'avons dit vingt fois, et les chefs les plus
autorisés du parti socialiste aveo nous. De même nous
devons, protéger cette petite propriété rurale qui tra-
vaille durement; nous le devons, no fûtree que pour
lutter contre l'exode rural.
Mais, nous le disons non moins fortement: c'est un
vrai scandale qui révolte justement le commerçant
honnûte et, lui aussi, laborieux, que l'immunité fiscale
de ces gros fermiers, véritables hobereaux de la terre,
qui, pour des profits considérables, ne payent que des
impùts dérisoires et qui, trop souvent, font cause com-
mune avec, loi pires ennemis de la République. Nous
noH? tournons .donc vers je paysan républicain et ncius
lui dsina'nclons son .aide pour faire, payer tous ceux
qui peuvent .apporter à \i nation' le concours qu'ils lui
doivent. A frapper toujours les mêmes, on finirait par'
révolter le bon sens public.
Pareillement et comme nous l'a proposé notre col-
lègue Léon Meyer, auteur de plusieurs projets très in-
téressants sur la contrôle du change nous récla-
mons la répression rigoureuse de la spéculation.
Enfin, nous demandons la discussion aussi prochaine
que possible du statut do la caisse d'amortissement
dont la Chambre a déjà, voté le principe. C'est la dis-
cussion de demain; le problème de l'équilibre budgé^
taire est le problème d'aujourd'hui.
Mais 11 ne faut pas nous laisser surprendre, la con-
ciliation doit être facile, entre les élus do gauche, si
nous nous tenons, comme nous le devons, aux ordres
du jour de notre congrès de Nice.
-J'adjure lu Chambre, conclut- d'agir aveo résolu*-
tion et vite. L'heure n'est pas à la recherche de la
perfection; il faut aveugler les voles d'eau. J'adjure
les hommes do gauche, ceux qui ont bien voulu me
faire confiance dans la lente préparation de notre vic-
toire'- de 1924, de s'unir pour créer une majorité posi*
tive et solide. Nous sommes une heure où tout Intd-
rût personnel doit céder, où il faut aider ceux qui as-
sument la formidable tâche de sauver à la fois le pays
et le régime, où il faut résister ceux qui n'opposent
à l'muvre nécessaire que des critiques et des négations.
Et pourquoi donc manquerions-nous de coniianco 1
Le pays travaille. Notre balance commerciale est netJ
tement favorable. Il s'agit de dominer une crise qui
était inévitable1 avec les terribles échéances de l'année
1025. Les années prochaines, malgré ce qu'elles nous
réservent encore d'inconnu, s'annoncent plus faciles.
Je fais appel avec confiance â l'énergie, au sang-froid
des républicains.
Des applaudissements accueillent cette pérorai-
son -et un bref débat, assez animé, s'engage aussi-
tôt, grâce à l'intervention- de M. Louis Desvaux,
Le, conseiller municipal de Paris prend la par
rôle, pour déclarer que si la politique, des gauche
est, en' soi, excqllnnte, il Convient que le parti ra-
dlcàj-ne soit pas*dahs la nïflin des socialistes ûtiie
fasse pas leur jeu. •
vas protestations se font entendre et divers ora-
teurs s'expriment à cet égard en termes assez
véhéments.
Finalement, rassemblée! adopte, à l'unanimité
un ordre du jour de M. Lisbonne renouvelant la
confiance du comité exécutif à son président.
AI. Etienne Kahn fait adopter ensuite un second
ordre du jour proclamant qu'avant de créer de
nouveaux 'impôts et de majorer les impôts actuels
il faut faire rendre à ceux-ci leur maximum !•{
que par ailleurs, la caisse d'amortissement doit
être alimentée, .entre autres ressources, par un
prélèvement sur la fortune.
Chez les socialistes
Le groupe des élus socialistes de la Chambre
des députés, réuni hier matin, avait entendu deux
de ses délégués, MM. Pierre Renaudel'et Mistral,
lesquels lui avaient rendu compte de'leurs'pour-
parlers respectifs avec les représentants dos
groupes du cartel d'une part, et avec ceux du
groupe républicain socialiste d'autre part, en vue
de l'établissement d'un programme financier.
Après cette audition, le groupe avait chargé sa
commission politique de faire part à la commis-
sion administrative permanente du parti du désir
unanimement exprimé de voir se réunir « un con-
grès immédiat appelé à définir la politique du
parti socialiste en fonction des circonstances ac-
tuelles' ».
La commission administrative s'est donc réu-
nie hier soir sous la présidence de M. Jean Lon-
guet, en présence des membres de la commission
P°ytJqWû- du :.v; grpup3 ^parlementaire, .lesquels s
p~wiync ~q xy 7, :J.lli.r"fI"1'~ wa ~r· ~3
nécessité d'Un: doiiI8/rôs'sexlr'aôrdiiiaJTé' a. été fâvo^
r&blément accueillie, avec cette indicatidin- que ce
congrès devra se prononcer « survies projets d'as-
sainissement et 1 attitude du parti à l'egard des
partis bourgeois».
Seule, la date a laquelle le congrès devait être
convoqué a soulevé quelques difficultés. M. Com-
pôro-Morel, exprimant en ceci le sentiment du
secrétariat du parti, estimait que les directives
du dernier congrès socialiste pouvaient suffire
et que rien no justifiait une convocation hâtive
du congrès; il proposait donc la date du 10 jan-
vier. M. Pierre Renaudel, au contraire, souhaitait
que le congrès fût convoqué le 27 décembre au
plus tard.
C'qst la proposition de M. Compère-Morel .qui
a recueilli la majorité 11 voix contre et une
abstention. Le congrès extraordinaire se réunira
donc le 10 janvier prochain, et les adversaires de
la participation ministérielle enregistrent 'ainsi
un nouveau succès.
~°~°"°~°" ui-
M. TCflïTCMKIiNE FPARïs""
~1, ~'GH~(1~E A PARIS
M. Tchitcherine a eu hier après-midi un long
entretien avec M. Philippe Berthelot, secrétaire
général du ministère des affaires étrangères, en
vue do régler les modalités des prochaines négo-
ciations qui s'ouvriront en janvier.
Les deux délégations formeront trofe com-
missions. La première s'occupera de l'examen
des anciens traités entre la France et la Russie,
des conventions consulaires et du statut des
Français en Russie ainsi que. du règlement des
dommages qu'ils ont subis. La seconde commis-
sion, étudiera l.es questions financières et éco-
noia"jqùes, dëttejs, tarïfs douaniers' et éventuel-
lement l'établissement d'un traité de commerce.
Enfin, la troisième commission s'occupera des
questions de politique générale.
A l'issue de cet entretien, M. Tchitcherine, qui
quittera Paris ce soir, jeudi, nous a fait part de
ses dernières impressions:
« Je considère, nous a-t-il dit, la situation gé-
nérale actuelle comme. très propice pour le dé-
veloppement de relations amicales solides entre
la Fédération soviétique et la France. J'ai pu
constater, de la part des dirigeants français,
l'existence d'une bonne volonté évidente et claire
et d'un désir réellement sérieux d'aboutir à une
solution avantageuse, pour les deux parties in-
téressées, de toutes les questions pendantes en-
tre nos gouvernements. J'ai aussi pu constater
avec la plus grande satisfaction chez les diri-
geants français l'existence d'une compréhen-
sion profonde et sérieuse des perspectives fé-
condes et salutaires dans l'intérêt de la paix gé-
nérale que nous ouvre la consolidation de rela-
tions entre nos deux pays,
» II faut distinguer entre les questions immé-
diates devant être abordées instantanément et
les perspectives d'un ordre plus général deman-
dant 'une réalisation progressive et graduelle.
Je considère pour les- unes et les autres de ces
questions comme extrêmement favorable l'é-
change de vues que je viens d'avoir avec les di-
rigeants français. Les questions pratiques qui
se posent devant nous seront l'objet de négocia-
tions qui devront commencer aussitôt que possi-
ble. Sur -ce point nos deux gouvernements so
absolument d'accord; le fond même des ques-
tions que f.ous aurons à traiter devra être l'objet
de négociations entre nous-qui, sans doute, de-
manderont du.temps et de, la patience, mais les
opinions que nous avons échangées d'une façon
t,rô,s. sommaire sur le fond de ces questions nous,
font espérei; ferme'nient que nous. pourrons abou-:
tir.' Nous no'iis sojnme3 mis d'accord sur un autre
point aussi!, sur la nécessité qu'W a a de ne p
attendre la :fin de ces négociations, qui seront
peut-être prolongées, afin de discuter les ques-
tions urgentes du jour intéressant nos deux
gouvernements et de se concerter à leur égard.
» Si nous deux gouvernements tombent d'accord
sur des questions politiques demandant une solu-
tion immédiate, cela sera d'une telle importante-
pour nous deux qu'il n'y a pas lieu d'y apporter
des délais quelconques, La situation géographique
de nos deux pays, !o rôle immense que joue !a
France sur le continent européen et la position
da notoe fédération qui est; pour ainsi dire, à che-
val sur deux continents, tout cela donnerait une
importance des plus considérables à toute solu-
tion coneprtée entre nos deux gouvernements.
Ainsi jaillira la confiance. mutuelle que nous
avons déjà constatée, avec la plus grande joie, des
deux côtés, et qui formera la base de liens solides
qui doivent unir nos pays. D'un côté, l'absence de
toute collision entre les intérêts naturels et vi-
taux de nos pays, et, d'autre part, le rôle que doit
avoir toute décision soutenue par nos deux gou-
vernements, voilà ce qui doit pousser la Fédéra-
tion soviétique et la France à s'entendre. La con-
fiance mutuelle. oui déjà s'est fait iou* dans nue
entretiens de ces jour3^ci, a eu comme résultat,
pour moi, la certitude que la France ne se prêtera.
pas à des combinaisons dirigées contre mon pays.
» C'est donc avec le meilleur espoir quant nos
relations que je vais quitter cotte vi^ie où j'ai eu,
durant ces jours-ci, tant. d'entretiens, d'un si haut
intérêt. »
REVUE DE^LA PRESSE
La personnalité du nouveau ministre dés finan-
ces est «n général accueillie favorablement dans
la presse. Au moins lui fait-oii crédit pendant
quelques jours. Mais on s'ocoùpe moins des chan-
gements do personnes que du trouble qui- résulte
de ces crises répétées, et de l'impuissance des
pouvoirs publics h établir un. programme de re-
dressement financier.
Le départ de M. Louchour ne règle rien, lit-on
dans lo Petit Journal, et son successeur sera aux
prises avec les mômes difficultés.
Jusqu'ici la Chamriro a toujours' préféré le projet
qu'on ne déposait pas au; projet qu'on lui apportai.
Aucune majorité cohérente et disciplinée n'a pu être
rassemblée autour d'une idée directrice, d'une Idée
motrice^ II. semble que cdtto concentration soit Irréali-
sabio tant que la réforme du scrutin n'aura pas af-
franchi les élus de leurs servitudes électorales. Mais
lo gouvernement obtiendra-l-il de la Chambre le vote
rapide de cette réforme .préalable? Sortira-t^on da
néant, du chaos par l'acte d'énergie que tous les Fran-
çais attendent aveo Une angolsso où 11 entre un peu
d'irritation contre les hommes et contre les méthodes,
Sinon contrôle régime? 'f
M. Lucien Romier, dans lo FigarOi ftpprécie les
qualités ministérielles do M. Doumer.
Il connaît la matière des impôts et l'administration
des finances. C'est un homme que la guerre a tragi-
quement éprouvé. Il mérita par lit le plus grand res-
pect. Lors, de son dernier passage au ministère des
finances, il montra de la tenue et Une active Volonté. Il
sait faire voter un budget, science rare; Ûôht l'appli-
cation, vrai dire, s'accommodait mieux do là doci-
lité du bloc national que de la pétulanoe- du cartel
des gauches. Enfin, dans un- temps de pénitence, il
exclut toute idée de dissipation.
Reste à savoir ce qu'il voudra faire et si, pour la
faire, il obt:endra « Une majorité ».
Logiquement, d'une part, les socialistes et la frao^
tion avances des radicaux ne pourraient lui faire bon
ac-eueil. Logiquômeflt, d'autre part, les modérés ré-
pugneront à se substitue** aux groupes de gauche pour
voter des impôts nouveaux. Que restera-t-11? (
La désignation do M. Doumer, écrit M. C.-J-
Gignoux dans la Journée industrielle, a soulevé
dans les milieux parlementaires quelques objec-
tions.. ..̃̃̃
Mais, ajotltë-t-Il, là catégorie dos maniaques politi-
ques mise a part, Il semble que l'arrivée au pouvoir dp
M. Doumer exerce, sur une grande partie de l'opinion,
un effet plutôt rassurant. M. Doumer est de la vieille
école, qui est austère,. ne. fait t pas de, bruitj.nl de gestes
Inutiles, travaille beaucoup, aime l'ouvrage ponsoien*
oleusement fait, et spécialement les chiffres 'bien or-
donnés. lia été deux fois déjà ministre des finances
la première, voici trente ans; la seconde, 11 y a quatre
ans; 11 a bien réussi.
Mais Al. Gignoux craint que tes circonstances
ne servent pas aussi bien son troisième minis-
tère "l"
m". Pierre Bertrand serait-il, selon l'expression
do la Journée industrielle, de la « catégorie des
maniaques politiques »? Pour lui M. Doumer nap,-
porte au cabinet « ni plus de considération ni pms
d'autorité ». -i. [',
En fait, ses projets d'hier, II ks abandonne pour des
projets nouveaux.
Lesquels Il ne sait pas. peut-êtra ceux-ci. Peut-ôtre
ceux-là. Peut-être d'autres. Il n'est pas fixé. Il est re-
venu au pouvoir. Il veut vivre.
Mais le pays? Le pays attend do son gouvernemoût
une direction. M. Loucheur ne lui a donné qua des
jongleries. Va-t-il se contenter des acrobaties de M.
Doumer? .«
Quant à la Chambre, on, doit être assuré déjà qu'elle
réserve au nouveau ministre des finances le même ac-
cuell qu'elle fit à son prëdéces-eur.
Pour les mêiûes raisons.
Le Parlement, qui ne l'eût pas adeepté comme
président du conseil tolérera-t-il M. Doumer
comme ministre des finance?, demande M. Haut-
fort dans la Lanterne. -.<̃̃̃
Une question se pose, qui n'est certes pas sans Inquié-
ter le pays: EsUl possible dé trouver un ministre ûts
finances capable de trouver uno majorité à la oommis-
sfon' avant d'en chercher deux autres à la Chambre el
au Sénat? Les commissaires savent à ,peu près ea
qu'ils ne -veulent. pas, mais que veulent-ils?
witiii ïir itMiu iuti, 'Mi -Mooriéo BoVauowski écriî
que « W montée' angoissante: «Jjt c^ingo est lo
problème qui à cette' beûte devrait dominer ex-
clusivement, tous les esprits ». ̃
Si l'on né parvient pas, dans les quelques jours qu
restent pour cela, à retenir lo franc sur la pente fatal<
où il glisse d'un rythme sans cesse accéléré, tous léi
problèmes risquent de devenir radicalement Insolubles.
Le plébiscite du change est décisif: il a juge les me-
nacés ouvertes ou voilées de ces derniers mois, les me-
sures et les demi-mesures de ces jours derniers. Il les
à condamnées, et le poids de sa condamnation est, hô-
las lourdement retombé sur la tête des épargnants, des
rentiers, des retraités et pensionnés, des travailleurs
français de toutes catégories.
Il n'est que temps, mais il est temps encore, de s'in-
cliner devant le verdict Irrésistible du change si l'on
veut éviter des difficultés insurmontables.
Trois groupes de l'ancien cartel ont décidé hier
de constituer une commission chargée d'établir un
plan financier. Cette initiative est combattue par
M. Jules Véran, dans 'l'Echo dé Parié.
C'est un peu plus de désordre apporte dans une si-
tuation déjà très embrouillée.
Il y a déjà, en effet, une commission qui est nommée
et qui fonctionne pour s'occuper du budget c'est la
commission des finances.
̃On ne comprendrait donc pas cette résolution du
cartel, si elle ne cachait une manœuvre politique.
Lo cartel, qui ne veut. pas lâcher le pouvoir, et qui
tient à, avoir le ministre des finances, et môme le gou-
vernement, sous sa coupe, a la prétention d'imposer le
projet qu'il aura adopté, lui tout seul, sans tenir compte
ni du gouvernement ni de la commission' des finances,
encore moins de l'opposition.
Au contraire, AI. Cudenèf, dans 'l'Ere nouvelle,
y voit l'événement capital de la journée d'hier.
C'est Jâ un, he,ureuX; essai de reconstitution du cartel
sur le pion technique. "̃> ̃••-•-
Nous avons assisté, ait surplus, durant toute la jour-
née d'hier, à une tentative de regroupement des forces
de gauche qui n'a pas manqué d'intérêt. •
Visiblement, oh se préoccupe, chez nos amis, de
construire et d'abandonner los formules négatives pour
partir à la recherche des méthodes positives.
Ce n'est qu'un essai, reconnaît M. Cudenet. En-
core oublie-t-il de mentionner le refus du groupe
do la gauche radicale de collaborer à ce projet.
Ce qui réduit à de bien modestes proportions, l'im-
portance de cet « événement capital ».
Dans l'Homme libre, M. Eugène Lautier déplore!
le peu d"élégance de l'opposition que la commis-
sion a faite à M. Loucheur. Mais il reconnaît que
le ministre des finances a commis une grande im-
prudence c'est d'annoncer une quantité formi-
dable d'impôts. q
On a voulu s'installer sur 7 milliards et demi' d'in*
nation comme sur un édredoii et pour un long som-
meil. Le mauvais coup à peine accompli, l'on était saisi
à la gorge. Pour justifier 7 milliards et demi d'infla-
tion, il fallait proposer 8 milliards d'impôts!
Parce qu'on avait sciemment exagéré la situation dif-
ficile du Trésor, on était condamné à exagérer les re-
mèdes et à les administrer à la dose qui tue.
Voilà la vérité. w
Enfin, dans l'Avenir, AI. Jacques Ebstein nous
raconte savoureusement une visite qu'il a faite
a M. Loucheur, qui lui à déoîaré entre autres
choses
En somme, j'avais tout le monde contre moi parce
que personne ne veut voter les impôts nécessaires, In-
dispensables, les impôts de salut public. Pas d'Impôts,
pas d'impôts. ̃̃̃
La Chambre actuelle eh est â s'imaginer qu'elle
pourra boucler le budget de 1926 sans Impôts. Oui, elle
veut le voter sans impôts nouveaux -Sans impôts nou-
veaux Vous comprenez si, avec cet état d'esprit en-
fantin^ mes projets ont été vivement blackboulés. Mes
projets? Les projets, plus exactement, du ministère
mais ceci est une autre histoire. une histoire déjà du
passe-
La masse Morgan est toujours intacte. Je vous
en donne ma parole. J'aurais commis une action cri-
minelle en m'en servant. Surtout dans les circonstan-
ces actuelles! Tenez, en confidence, un de mes pré-
décesseurs avait réussi, très habilement, à constituer
une petite masse do manœuvre personnelle do 30 mil-
lions do dollars. Personne, en dehors dé deux ou trois
initiés, n'en sut jamais rien. Un beau matin, sur Un
bond de la livre, le ministre voulut jouer de cette
masse do manœuvre: elle fut volatilisée en quarante-
huit heures. Sans profit réel.'
Mais enfin, vos fameux impôts,?
Mes fameux impôts, mes fameux impôts! Il tt'y
a rien à faire en dehors de l'impôt. G'ést l'impôt qui
sauvera le franc. Sans Impôts, pas • d'équilibre budgé-
taire. Sans équilibre budgétaire, aucune possibilité
d'emprunt à l'extérieur. Sans emprunt extérieur, pas
de stabilisation possible de notre devise. Sans stabili-
sation du franc. voilà le cycle. nul n'en sortira,
En politique, voyez-Vous, mon cher ami, on a ton-
jours tort d'avoir raison trop tôt. Voyez Briand: hier
Cannes, aujourd'hui Locarno.Dans deux ou troig mois,
on ma reaàra iusUee. -i& s^absite âa sa'ôtrs tromné.
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