Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1912-08-17
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 17 août 1912 17 août 1912
Description : 1912/08/17 (Numéro 18672). 1912/08/17 (Numéro 18672).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG33 Collection numérique : BIPFPIG33
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Description : Collection numérique : France-Japon Collection numérique : France-Japon
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
3. LE TEMPS. 17 août 1912.
A Mulhouse
On mande de Mulhouse que la rue percée dans
l'ancienne propriété Schlumberger, entre la rue
de l'Etoile et la rue,du Nordfeld, portera le nom de
rue Scheurer-Kestner.
COLONIES
MRHOO
La proclamation de Sîoulaï Youssef
On mande de Rabat le 13 août
El Mokri, les membres du makhzen et les nota-
bles sont venus à 4 heures du soir faire connaître
au résident général la nomination du sultan.
Tout s'est passé très, tranquillement. La popula-
tion a accueilli là nouvelle avec indifférence. Cepen-
dànt les magasins indigènes du quartier arabe sont
restés fermes.
Pour recevoir le makhzén, lé général 'Lyàutey
avait préparé (un thé -et une grande réception où
voisinaient- sa' maison civile etmilitaire avec les
membres du makhzen.
Le général Lyautey a répondu à ElMokri qu'il
était. heureux du choix de Moulai Youssef et que le
nouveau-sultan pouvait compter sur la collabora-
tion de la France pour donner au Maroc une prospé-
rité qu'il n'a jamais eue.
La nouvelle de la proclamation de Moulaï Youssef
a été accueillie avec joie à Salé.
On mande de Casablanca le 15 août
Le chérif Morani a lu ce matin à huit heures à la
mosquée la lettre annonçant l'abdication de Moulai
Hafid et la proclamation de,Moulaï Youssef.
Les indigènes ont accueilli ce changement avec
indifférence.
Ils trouvent qu'on change souvent de sultan, mais
ne cherchent pas à comprendre la raison de ces
changements.
La lettre lue à la mosquée disait que Moulaï Hafid
était, très fatigué et malade. q
Le caïd qui a apporté de Rabat la proclamation
est reparti pour Marakech.
On mande de Tanger le 15 août
Cet après-midi à deux heures, cent un coups de
canon ont salué la proclamation de Moulai Youssef.
La lettre chérifienne n'est pas encore arrivée.
Les opérations militaires
Les nouvelles de la colonne Gouraud sont contra-
dictoires. Selon les unes, le roghi, abandonné par
ses partisans, se serait réfugié dans la zone espa-
gnole. Selon les autres, la harka du roghi était en-'
core assez active et assez importante pour que le
général Gouraud eût décidé de lever le camp le 14
et d'aller l'attaquer. ̃
De Rabat vintla jaouvelle qu'une reconnaissance,
pillards loin dé i'a U'gne'^d' étapes, a été attaquée le.152,,
au bivouac. Les agresseurs ont été vigoureusement
repoussés et poursuivis pendant cinq heures. Nous
avons à déplorer un tué et cinq blessés.
Raissouli et les tribus
On mande de Tanger le 15 août
Une correspondance datée d'El-Kçar, 13 août,
signale qu'un combat assez important a eu lieu ce
jour-là entre la mahalla de Raissouli et les Ahl-
chérifs. V
D'après les premiers renseignements, Raissouli
aurait été battu. Les chaumes de la région sont in-
cendiés. .̃= -̃
Les pour le Maroc
Notre correspondant de Toulouse nous télégraphie
Hier soir, à la gare Matabiau, un détachement de
troupes d'artillerie, placé sous' la conduite du ma-
réchal des logis Rameau, du 25e, composé de 22
hommes du 23°, 25 du 57e et 22 du 18°, parti à
destination de Port-Vendres, et de là pour Oran.
Ces hommes vont aider à former le 2e groupe d'ar-
tillerie de campagne d'Afrique. Ce sont pour la
plupart des volontaires le complément de l'effec-
tif a été prélevé par voie de tirage au sort.
Dans le même train se trouvait un détachement
d'artillerie en provenance de Poitiers pour la même
destination.
On mande de Toulon
Une quarantaine d'artilleurs pris dans les 14° et
24« régiments sont partis .hier de Tarbes pourle
Maroc..
Moulai Hafid à Vichy
'xï(£$onptfâ ççrfesgotidw,t gâr^ej^r.
[' ̃ ".i; ̃; y Victly, ïâ 15 août. '[".
Les premières dispositions prises à Vichy pour le.
séjour de Moulàï Hafid ont été modifiées cet après-
mi L'ex-sultan, qui devait primitivement être logé
dans le corps de bâtiment principal du Majèstic,
sera installé dans une villa annexe de l'hôtel.
C'est une coquette habitation dont'l'entrée donne
sur le boulevard National et qui a par ailleurs vue
sur les nouveaux parcs. Le rez-de-chaussée com-
prend un grand salon, un cabinet de travail et un
salon d'attente..
Au.premier étage se trouve la chambre de l'ex-
souverain, attenante à un boudoir et à une salle de
bains cabinet de toilette; au même étage sont
encore sa salle à manger et la chambre de son se-
crétaire.
Les deux étages supérieurs seront habités par les
fonctionnaires et serviteurs marocains de la suite.
Cette décision paraît définitive. Il se pourrait
FEUILLETON OU
DU 17 AOUT 1912
MENUS PROPOS
DE ïMÉDEGINE 1
LES LÉGUMES QUI GUÉRISSENT
~.i.)';t~. «r777"~
On a-bien raison de haïr les guerres et on ne
lés maudira jamais trop. Néanmoins, elles eu-
rent, au point' de vue de l'alimentation, un
petit côté utile qu'on aurait tort de méconnaî-
tre. Les vaincus, en fournissant le tribut de
leur sol aux vainqueurs j les ont souvent enrichis
de cultures nouvelles et intéressantes. Toutes les
femmes des chefs ne restaient pas au logis
pour défaire de la tapisserie comme l'astu-
cieuse Pénélope c'est en préparant le fricot
de leurs guerriers, que les Macédoniennes, qui
suivaient la fortune, d'Alexandre, connurent
l'oignon, la ciboule, le cresson, dont se réga-
laient les Egyptiens.
Si le même Alexandre, fils de Philippe, n'eût
pas envahi les Indes, le monde antique eût
ignoré peut-être les haricots verts et les hari-
cots blancs grandes causes, petits effets.
Aux vierges de Phbcée qui envahirent la Pro-
vence,.les Gaulois durent l'olive, et aussi le
pain. De leur expédition de Sardaigne les Car-
thaginois rapportèrent le persil, et les pommes
de terre ont été trouvées en Virginie par sir
WalterRaleigh,au temps de la reine Elisabeth.
Quand elle connut le désastre de l'Invincible
Armada, elle avait dit-on, sur sa table une oie,
rôtie flanquée de pommes au four. C'est pour
co,mmémorer ce repas historique de leur grande
souveraine et célébrer en même temps le ha-
sard heureux qui les délivra de Philippe II et,
de sa flotte, que chaque année nos amis de
l'entente cordiale mangent t'oie de Noël. En
résumé; nous devons là plupart des légumes;
aqueux à là 'gïànuVmêléè des peuples d'Orienti
et d'Occident. Peu connu; le fait/m'a paru utile
à rappeler,
Commençons, si vous le voulez bien, par les
oignons. Nos anciens connaissaient parfaite-
ment leurs propriétés diurétiques. La soupe à
l'oignon « bouillon démocratique », constitua
longtemps pour les ménagères le vrai remède
des fortes beuveries où se laissaient trop sou-
vent glisser leurs rudes maris. Au dire dé Lieu-
taùd, un grand médecin du dix-huitième siècle,
quatre oignons macérés dans du vin blanc ou-
vraient les reins et facilitaient l'écoulement des
urines, la diurèse, comme nous disons, autant
que les drogues les plus énergiques» Tombée, je e
ne sais trop pourquoi, dans un injuste oubli, ta
cure d'oignons fut reprise à Bordeaux, il y a de
cela deux ans, par M. le professeur Mongour.
Il s'agissait d'un hydropique dont le ventre
s'était rempli d'eau comme une outre, et qui,
sous l'influence des oignons frits, crus, bouillis,
se mit à fondre en eau et à dégonfler merveil-
leusement. On trouvera les détails de cette ob-
servation dans l'excellent Journal de Diététique
du 15 avril 1911. M. le'docteur Caries, de Bor-
deaux, très compétent en matière de fruits et
légumes, estime que ce drainage de l'organisme
toutefois qu'au dernier moment de nouveaux
changements fussent prescrits pour l'installation
de l'ex-sultan.
Au moment où je vous transmets ces informa-
tions, il parait à peu près certain qu'il arri-
vera à Vichy vendredi par le train de dix heures
du matin, lequel passe par Nimes.
TUNISIE
.•! L'ordre à Tunis
Notre correspondant de Tunis nous télégraphie
Coïncidant avec les derniers jugements rendus
dans les affaires des émeutes de novembre et en
raison du calme complet existant à Tunis, un dé-
cret beylical vient de rapporter les dispositions
récentes réglementant la circulation dans la ville
arabe pendant la,nuit. Néanmoins le décret du
13 'novembre 1911; donnant à l'autorité militaire
levdroit de perquisitionner jour et nuit chez les
habitants suspects d'héberger les repris de jus-
tice, d'ordonner la remise des armes et munitions,
d'interdire les publications dé nature à exciter
au '̃̃désordre 'demeure en- vigueur. Tunis reste
donc placée sous un régime spécial. ̃ •
Incendies de forêts
De nombreux incendies de forêts se sont dé-
clarés depuis un mois dans le massif du djebel
Zaghouan. Environ 4,500 hectares de bois ont été
complètement détruits. 3,000 pins d'Alep ont été
la proie des flammes le 8 août.
Ces incendies sont allumés par des indigènes,
qui voudraient créer des pâturages. Chaque aa-
née, ils se livrent aux mêmes actes de destruction.
Pour les tirailleurs tunisiens
Notre correspondant de Tunis nous. télégraphie:
Le ministre de la guerre vient d'adresser au gé-
néral Pistor un télégramme au sujet du soulage-
ment qu'il convient d apporter aux familles indigè-
nes éprouvées par le départ au Maroc de leurs
membres appartenant au 4e tirailleurs.
Le ministre déclare que frappé par la belle con-
duite des troupes de Tunisie, il a aéià accordé des
récompenses aux officiers et aux soldats.
Des propositions complémentaires pour l'avan-
cement, les décorations et les médailles sont en
préparation. Le ministre étudie en outre :1° les
moyens de venir en aide efficacement aux familles
indigènes des Tunisiens décédés au cours de la
campagne 2° un nouveau décret de concession de
la médaille commémorative de la campagne du
Maroc; 3° l'attribution d'un officier indigène à cha-
cune des compagnies des derniers bataillons de
tirailleurs créés 4° les moyens de faciliter les en-
vois d'argent du Maroc en Tunisie.
LA î?ËO$GflNlSATÎOfl
0ES Bfl$$UES COL*qflIflL*ES
On sait la réorganisation des banques des
vieilles colonies est toujours en suspens. M. Bohn,
président de l'institut colonial de Marseille, vient
d'adresser à ce sujet au ministre des colonies une
lettre dont voici le passage le plus important
La commission extraparlementaire des banques co-
loniales a conclu comme nous à la nécessité d'une
transformation du régime actuel par l'adoption d'un
système qui utiliserait le plus possible les organismes
existants.
Les banques de la Réunion, de la Martinique, de
la Guadeloupe et de la Guyane ont exprimé le désir
que leurs directeurs soient convoqués en France pour
examiner la manière dont elles pourraient prendre
part à cette réorganisation et elles nous ont demandé
d'intervenir auprès de vous pour que vous veuilliez
bien procéder à cette convocation.
Il nous parait que c'est une mesure préliminaire in-
dispensable à la transformation envisagée. Une réu-
nion des directeurs des banques dont le privilège est
en question constitue à notre avis en effet le moyen
le plus pratique et le plus rapide d'examiner les di-
verses modalités suivant lequelles cette solution doit
être réalisée. ̃
Espérant qu'il vous sera possible de convoquer ces
fonctionnaires et de donner satisfaction à un désir qui
est à la fois celui des colonies intéressées et des né-
gociants de la métropole en relation'avec elles dont
notre institut compte un nombre important, je vous
prie d'agréer, monsieur le ministre, avec tous mes re-
merciements, l'expression de ma haute considération
et de mes sentiments dévoués.
AFFAIRES NilLITAlRES
'.t,<
ARMEE-
Les différentes tenues
M. Edouard Detaille écrit à M. Gustave Téry, du
Journal, la lettre suivante
Je lis dans le Journal les très vives et très justes
critiques que vous adressez à la nouvelle tenue ré-
séda, et je suis heureux de vous dire que je partage
absolument votre avis. Ca n'est pas moi qui suis l'au-
teur de cet uniforme, inventé parla commission tech-
nique de l'habillement.
J'ai fait' une tenue où j'ai eu soin, tout en tenant
compte des nécessités pratiques, de conserver scru-
puleusement la' tradition de l'uniforme français. Cet
uniforme est porté au 28e de ligne, à titre d'essai, con-
curremment à la tenue réséda, à laquelle je ne suis
pour rien; je tiens à le dire bien haut et à vous re-
t4,*îj,v
encombré d'eau est dû à l'azotate de potasse
naturel dont est largement pourvu le bulbe
d'oignon. Quoi qu'il en soit, les résultats sont
là. Le mois dernier, un médecin des hôpitaux
de Paris, M. le docteur Dalché, a. de son côté
amélioré grandement une pauvrette de dix
ans et demi que des infections successives,
diphtérie, rage, avaient mise aux portes du
tombeau. Labourés par les poisons, si j'ose
dire, ses reins ne fonctionnaient plus, ses uri-
nés étaient .tombées à rien mais en revanche
ses jambes, son ventre, tout son tissu cellu-,
taire un peu lâche, étaient infiltrés d'eau. A
eue aussi la, .cure d'oignons fut prescrite, et le
filtre Vénal, encrassé, s'Çtant ouvert, les urines
remontèrent de 250 grammes à 1 litre et l'en-
flure se dissipa. Voilà donc un légume banal
élevé au rang de médicament, et M. Dalché
nous promet une étude plus complète, sur son
action. On y reviendra s'il,y a lieu.
Le seul inconvénient, de cette médication,
c'est que parfois l'oignon est de digestion im-
possible. Ainsi en était-il pour Napoléon. Si
l'on en croit les traditions orales de notre art,
il aurait été pris, la veille de Leipzig, d'un em-
barras d'entrailles simulant presque un em-
poisonnement et s'il ne put préparer comme
il l'eût voulu'la bataille des Nations, la faute
en aurait été à un cuisinier mal informé. Je ne
voudrais pas, renchérissant après Pascal sur
le nez de Cléopâtre et le caillou de Cromwell,
faire tenir le sort d'un empire dans une soupe à
l'oignon; j'entends simplement,prouver que
certains sujets ne peuvent, à aucun prix, sup-
porter le sulfure d'allyle très irritant contenu
dans ce légume et qui rend parfois son éplu-
chage si pénible. Cuisinières, victimes du de-
voir et de la soupe à l'oignon, vous saurez,
quand vos yeux se rempliront de larmes,
quand l'éternuement secouera votre poitrine,
que votre martyre vient du sulfure d'allyle.
C'est beau, la science!
L'ail, parent pauvre de l'oignon, se peut com-
parer à un vieux serviteur abandonné après
de longs services. Autrefois, ses gousses odori-
férantes, oh! combien! furent utilisées, contre
la peste, puis contre le choléra.. Très chargées
en sulfo-cyanate et en sulfure d'allyle, les es-
sences de l'ail s',éliminent par la peau, les
poumons et l'haleine, d'où les- inconvénients
que vous savez. Les Grecs à l'odorat subtil in-
terdisaient l'entrée du temple de, Cybèle à qui
avait mangé de l'ail. Nos pères-, qui ne fré-
quentaient pas les autels de la bonne déesse et
qui ne raffinaient sur rien, avaient fait de ce
légume un spécifique de l'asthme. A la cam-
pagne, les empiriques l'employaient contre les
vers .intestinaux qui les inquiétaient fort et
dont, nous ne nous préoccupons peut-être pas
assez depuis l'ère microbienne.
Et il est de fait que les antiseptiques fabri-
qués sous forme d'essences par la bonne nature
pour préserver. les végétaux des insectes, des
microbes et des parasites qui assaillent les
plantes comme les hommes, sont autrement
puissants et actifs que les antiseptiques sortis
des laboratoires de la chimie. On ne peut, mal-
gré tout, recommander l'ail, mais c'est de sa
faute aussi il est vraiment trop indiscret
Si je passe maintenant à des espèces légu-
mières plus douces paido minora canamus,
je trouve d'abord l'artiéhaut, importé de Venise
au début du 'quinzième siècle. Dans le Berry,
les squames de ce légume, dûment pilées au
mëreier d'avoir fort bien dit ce que j'en pense moi-
même. Il
A Bâtons rompus
La faillite du chapeau
Un article de ce journal a appelé, cette se-
maine, l'attention des lecteurs sur la mode nou-
velle les élégants ne portent plus de cha-
peau ils se promènent tête nue sur les pla-
ges et dans les rues des stations thermales
ou balnéaires. Il convient d'examiner sérieuse-
ment ce fait. Un de nos collaborateurs en, a,
imaginé, non sans perspicacité certaines) consé-
quences. Il a montré notamment que les hom-
mes, ne pouvant plus soulever une coiffure ab-
sente, prendrait sans doute l'habitude gracieu-
se de saluer en souriant. Il est possible: laussjn
qu'ils s'inclinent en posant la main sur le
cœur, comme font les tragédiens quand ils
portent lé costume antique. Cè sera peut-être
l'occasion de résoudre un problème de la ci-
vilité grecque et romaine. Sur la scène de la
Comédie-Française, qui est la gardienne des
nobles traditions, j'ai vu des interprètes qui
se contentaient de toucher leur poitrine. M.
Mounet-Sully au contraire effleure successi-
vement de ses doigts légers son torse, son front
et ses lèvres. Ce geste a une beauté presque
religieuse; il fait songer au signe de la croix.
Il importerait de savoir très vite comment pro-
cédaient exactement les anciens. La règle nou-
velle doit toujours s'inspirer du passé. Je ne
veux pas croire en effet qu'en supprimant le
chapeau, certains de nos contemporains aient
voulu supprimer une formule de politesse.
N'oublions pas cependant que depuis quel-
ques années, nous trouvons dans les bureaux
des pancartes priant les visiteurs d'éviter les
préambules et les précautions oratoires. L'hom-
me actif se défend contre les vaines paroles
au moyen de ces déclarations imprimées
Je me porte bien et ma famille aussi.
Je ne suis pas sensible aux variations
de la température.
Je veux ignorer le dernier scandale.
A un homme qui s'abrite derrière un tel écri-
teau il est impossible de raconter le récent
potin, de parler de la pluie et du soleil. On
doit renoncer aussi à poser cette question
Commènt vous portez-vous?
Je sais bien que, le plus souvent, nous n'at-
tachons nulle importance à cette interroga-
tion nous n'attendons même aucune réponse,
précise c'est une façon de parler c'est le".
moyen d'engager la conversation et de ne point
arriver trop brutalement au sujet qui,nous in-
téresse. L'art de la politesse consiste précisé-
ment à dire des mots. et à faire des mouve-
ments inutiles, mais flatteurs: Une génération
qui s'applique à détruire cette phrase vénéra-,
ble et gracieuse :« Comment vous portez-vous?»,
peut parfaitement songer à l'abolition du sa-; ]
lut et il est permis de se demander si ce n'est
point pour atteindre ce but qu'elle veut suppri-
mer le chapeau. Mais les adversaires des efforts
improductifs qui constituent la civilité n'ont
pas de tels scrupules ils ne se croiraient pas
obligés de' rejeter la coiffure en même temps
que la coutume de saluer.
Il faut chercher ailleurs les origines de cette
révolution. L'observateur ne manquera point de
remarquer que les partisans les plus chaleu-
reux de cette guerre au chapeau sont les Améri-
cains. Or rappelons-nous que déjà le grand
peuple des Etats-Unis voulut imposer à l'Eu-
rope la suppression de la barbe et de la mous-
tache. On peut dire que le triomphe fut écla-
tant. Quelques individus résistèrent à cette
poussée formidable. Mais les jeunes gens qui
sont soucieux d'élégance acceptèrent avec allé-
grosse cette nouvelle loi. Aujourd'hui les visa-
ges des hommes se présentent nus. Et c'est
aussi des Etats-Unis que nous vinrent les
danseuses aux pieds nus. Visage nu, pieds
nus, et aujourd'hui tête nue! Les Transatlanti-
ques m'effrayent Où s'arrêterpnt-ils et quelle
sera leur «xigence>ï4'an-> prochain? ->: .4
Ils1 "ont une trèàfrvîve; admiration' pour leW
Grecs. Il est possible qu'en se rasant certains
empereurs de l'industrie' aient voulu ressem-
bler à Napoléon. Mais presque tous ces citoyens
du -Nouveau-Monde ont voulu ^e rapprocher de
l'antique beauté. Dans leurs universités n'a-
t-on pas joué, dans le texte original, des tra-
gédies de Sophocle et une comédie d'Aristo-
phane ? Ils sont, éblouis par la lumière d'Athènes.
Ne viennent-ils pas de prouver, en Suède,
qu'ils sont des athlètes merveilleux? Ils aiment
l'harmonie puissante du corps. Comme leurs
maîtres- helléniques, ils s'efforcent de libérer,
de certaines entraves. la créature humaine. Ils
prennent plaisir à sentir le vent passer dans
leur chevelure, et pour que ce plaisir soit in-
tense, c'est sur des automobiles rapides qu'ils
mortier, servirent longtemps à combattre les,
fièvres intermittentes.
Le fond d'artichaut, préparé avec de la crème,
est un mets délicieux pour 'les convalescents
il sera surtout la providence des diabétiques.
Semblables à ces voyageurs qui se dégoûtent
d'un pays pour y avoir rencontré, à chaque car-
refour une prohibition nouvelle défense de e
s'arrêter, de traverser, de tousser verbottenl
verbotten! les pauvres diabétiques, trouvant
à chaque tournant de leur repas une interdic-
tion spéciale, finissent par perdre le manger,
sinon le boire. Servez-leur des artichauts; la
substance sucrée, ou inuline, qu'ils renferment,
est absolument inoffensive. Voilà pourquoi j'ai-
cru devoir ranger J'artichaut parmi les légumes-
qui guérissent.
Je placerai au même rang lès carottes et les
haricots verts, mais ici, attention Nous som-
mes encore très en retard sur le mode de cuisson
des légumes. Quand ils sont bien frais, ils con-
tiennent des sels vivants tirés de la terre et
une foule d'unités électriques empruntées au
soleil. Or comment n'avoir pas compris que
l'ébullition dans l'eau salée les privait des for-
ces les plus utiles? Pourquoi, à l'imitation des.
Anglais, toujours si pratiques, et des végéta-
riens, ne pas faire cuire les légumes à la va-
peur ? II suffirait de les placer en un panier de
métal suspendu dans la casserole au-dessus de'
l'eau bouillante. Ces sortes de récipients se
trouvent aujourd'hui un peu partout; leur uti-
lisation améliore considérablement le goût des
mets et surtout les rend beaucoup plus< pro-
fitables..
Pour revenir à nos carottes, quelques méde-'
cins avouent ne pas trop comprendre le pour-
quoi des propriétés que le populaire leur attri-
bue. Elles renferment de la pectine, des sels,
pectates et phosphates de potasse; elles ont
aussi du sucre, de la cellulose, et tout cela n'est
pas bien méchant comme drogues. Peu im-
pressionné par nos chimies, le public continue
à estimer fort la carotte, et c'est lui qui a rai-
son. Munck et Ewald ont en effet démontré
que les carottes, par leur pectase et leurs sub-
stances pectiques, fluidifient les -'selles» C'est
pourquoi on se trouvera toujours bien de flan-
quer la viande de quelques carottes à titre de
correctif du régirùe. carné qui, au contraire,
durcit le contenu intestinal. Je n'insiste pas.
C'est comme pour lès tomates; des années
durant, elles furent bannies de nos tables, les
pauvres, sous prétexte, qu'elles y apporteraient
l'acide oxalique, funeste aux arthritiques. Mais
des chimistes y allèrent voir, et d'acide oxali-
que ils trouvèrent à peine 3 milligrammes pour,
cent, autant dire point. Un médecin du nom
d'Albakang prouva même que par leurs subs-
tances pectiques, leur chair acide chargée en:
tartrates et en azotates de potasse, elles étaient'
éminemment favorables aux hyperchlorhydri-
ques affligés d'aigreurs d'estomac. De son côté,
M. le professeur Armand Gautièr, de l'Institut,
les recommanda pour alcaliniser le sang et les
humeurs acides des arthritiques. Mais il n'était
pas besoin, pour reviser leur procès, d'éprou-
vettes ni de cornues; il eût suffi de regarder la
quantité de fidèles qui sacrifient aux pommes
d'amour crues, gratinées, farcies, etc.; pour
comprendre que si ce légume eût été tant soit;
peu dangereux, il n'eût pas été en faveur chez
tous les peuples du Midi et cultivé partout oii
le soleil veut bien amollir sa chair, gonfler ses
jolies et les colorer d'un joli vernis rouge. En
résumé, les condamnations portées, au nom de_
ont 'd'abord paru tête nue. Il Il faut avouer qu'ils
sont plus agréables à regarder que les' chauf-
feurs aux lourdes casquettes ou dont les coif-
fures descendent jusqu'à la nuque. Quand ces
conducteurs de monstres bondissants passent, la
figure découverte et les cheveux épars, ils font
songer à Hippolyte qui domptait les coursiers.
Ils rappellent aussi les Peaux-Rouges qui,
là-bas, dans l'Ouest, chevauchent à travers les'
immenses prairies. En se laissant attirer par
l'héroïsme légendaire, on va nécessairement
vér% la barbarie. Les chefs dont les hauts faits,
sont demeurés dans la mémoire des hommes se,
distinguèrent surtout par la force brutale. La.
gloire d'Ulysse manque d'éclat parce qu'il eut
de la raison. La renommée d'Achille est plus
pure parce qu'il fut l'esclave de ses instincts.
Quand il traîna dans les champs troyens le
cadavre d'Hector, il se conduisit comme un
sauvage. Ce sont de tels actes qui achèvent de
conquérir l'âme des foules. L'ivresse de se sen-
tir vigoureux ne va pas sans quelque cruauté.
Ces Américains qui youlenjj f,ollement sur les
routes, qui courent, lancent des balles et dont
les cheveux, défient la tempête ou le. soleil
obéissent, comme le fils de Thétis, à la violence
d'un sang jeune ils ont une santé de premier
â£e et des ardeurs primitives.
'Le bon roi nègre, que nous avons connu par
les récits des voyageurs et les autres contes
ou féeries, réclamait tout d'abord un chapeau
haut de forme pour manifester que ses Etats:
s'ouvraient à la civilisation. C'est une vérité
que nous ne saurions mettre en doute. Le sou-
verain est assis devant un feu de bois. Il con-
temple un homme qu'un habile cuisinier s'ef-
force de cuire à point et relève d'herbés aro-
matiques pour flatter le goût du maître. Sou-
dain l'explorateur apparaît. Il prononce des.pa-!
rôles très nobles, mais que le souverain ne
comprend pas. Il observe cependant avec in-
térêt ce blanc et il se dit que sa chair doit
être succulente. II fait un signe à son premier'
tuteur afin qu'il assomme ce bavard. Mais l'Eu-
ropéen voit le danger; il se hâte d'ouvrir une
boîte cylindrique de, carton; il élève vers le,.
ciel un chapeau de soie. Le monarque s'en
coiffe tandis que ses musiciens frappent joyeu-
sement des morceaux de bois et que des adoles-
celites tournent, bondissent, dansent. On délivre
les captifs qu'on engraissait pour la table du
prince; s'il dévore celui qu'on vient de préparer
pour son repas, c'est pour obéir à cette maxi-
me, qu'approuve là sagesse universelle il ne
fqfa't pas gaspiller. La natipn cesse d'être sau-
vage; désormais on ne mangera plus les en-
ne^mis on se contentera de les tuer; cette
métamorphose d'un peuple est due, comme cha-,
pun. sait, à la vertu du chapeau haut de forme;
Cette coiffure était le symbole du gouverne-
ment au dix-neuvième siècle. Elle nous ratta-
chait à l'époque révolutionnaire, et par consé-
quent. à Louis XVI, à l'ancien régime. On af-
firme que la Terreur a brisé la tradition et que
les ouvriers d'art ont ainsi perdu Je style. Les
chapeliers l'avaient conservé et nous pourrions
étudier l'histoire d'un siècle d'après les modi-;
fications successives du haut de 'forme. Ce
n'était pas seulement un chapeau c'était le
chapeau. Quand une ligué s'assemble pour en
proscrire l'usage, quand le roi d'Angleterre, qui
cependant l'avait porté avec une maîtrise in-
comparable, prit mollement sa défense, et-s-em-
bla même l'abandonner, il fut aisé de prévoir
que c'en était fait non seulement de ce cha-
peau, mais de tout chapeau. La chute du haut
de forme devait entraîner la destruction de
toutes les coiffures. Nous -assistons aujourd'hui
aux conséquences que devait avoir cette pre-
mière faiblesse.
Le chapeau haut de forme était un pur or-
nement.' On en pouvait discuter le charme,
mais non la parfaite inutilité. Il n'était pas
un abri contre le soleil, il n'était pas une dé-
fense contre la pluie. Il était lourd et- fragile.
Il faisait souvent paraître plus grands ceux
qui le portaient. Bref il avait toutes les qualités
d'une couronne. Les classes élevées de la so-
ciété lui ont dû, pendant de longues années,
un peu de leur prestige. Il donnait à un homme
cette majesté. que procurait, sous Louis XIV,
•^ip^immi' Wwm, £#«; ,x ;$%}
ilipen faisait.a^eme ,une ̃ grâce, .ses reflets
noirs s'opposaient harmonieusement aux'
lueurs de nacre ou d'ivoire des têtes sans che-
veux-' H -est impossible d'imaginer sans cha-
peau haut de forme certain ministre du second.-
'Empire qui avait une juste renommée d'élé-
gance.
vLa suppression du chapeau, c'est la croisade
contre les chauves. C'est un acte d'hostilité
contre ceux qui, sous la chaleur de la lampe'
de travail, ont perdu la sève capillaire. C'est
un 'moyen d'anéantir quelques concurrents en
les obligeant à suivre un usage qui, pour eux,
sera fertile en rhumes, bronchites et fluxions
de poitrine. Sous le Directoire, des coquettes
sont mortes pour s'être promenées, en hiver,
demi-nues. J'apprends que plusieurs de • nos;
l'hygiène, contre tel ou tel légume devront être
tr^s prudentes et motivées, et souvent là loi de
sursis sera de mise.
Ceci m'amène à parler des asperges, dont
l'emploi demeure toujours controversé. Pour
les uns, c'est un remède et plus qu'un aliment;
pour les autres, c'est un poison. A qui enten-
dre ?
Que les pointes d'asperges soient un remède,
cgla. n'est pas niable. Frédériq, un vieux méde-
cinV du dix-huitième siècle, soutint le premier'
que le sirop de pointes d'asperges calme les,
palpitations et constitue un bon sédatif, du;
c#ur.
̃-L'asperge est encore mentionnée au Codex'
et dans lés formulaires. Elle fait partie des cinq
racines diurétiques majeures saluez
Donc, ce légume est un médicament, mais ici
il faut s'entendre; c'est l'asperge sauvage, qui
est active, bien plus que l'autre. Abâtardies par
les soins des hommes, par leur séjour dans res
jardins, qui sont les grandes villes des plantes,
les asperges de nos tables ont gagné en saveur
ce qu'elles perdirent en vertus aussi ne pos-
sèdent-elles plus l'activité forte et sûre de leurs
petites sœurs restées comme le bon Dieu les
avait faites.
Nos civilisées n'ont donc pas grandes pro-
priétés. Nulles comme aliment, elles ne valent
que par la sauce qui les agrémente. Formées
d'eau, dans la proportion de 93 0/0, elles tien-
nent dans leur chair savoureuse des purines
qui ne valent pas le diable pour les goutteux.
Beaucoup de cellulose, des traces d'albuminoï-
des, de l'asparagine, des acides et des sels, voi-
là- leur bilan chimique, et il n'est pas très fa-
vorable à leur emploi. Oui, mais elles sont si
agréables à croquer au printemps
Des esprits moroses enclins aux régimes
tristes, ne veulent pas tenir compte du plaisir.
Au risque d'encourir l'excommunication ma-
jeure, j'estime, moi très humble, que la diété-
tique ne saurait être une religion où l'on pro-
met je ne sais quel paradis sanitaire hypothé-
tique- Mangeons donc des asperges; sans
;doute, leur asparagine, leurs acides aspasti-
ique:et .phosphorique peuvent irriter le rein,
mais s'il est bien sain, cela n'a pas grand inj-
jconvénient. Seuls, ceux que défrise la cinquan-
taine et dont lés filtres rénaux sont sujets à
;caution, feront bien.de s'en abstenir, ou plutôt
ils devront s'en rapporter là-dessus à leur mé-
idècin de famille. De façon générale, si les as-
iperges entraînent avec elles le moindre arrêt
dans la sécrétion urinaire,les bannir du menu,
̃ mais si elles ne font pas de mal, en user sans
crainte pendant leur saison, qui est brève. S'il
eût été médécin, M. de La Palisse n'eût pas dit
autrement.
Les laitues viendront ensuite. Brillat-Savarin
en faisait grand cas pour la fraîcheur du teint,
et aussi Horace, qui avait coutume d'en pren-
dre à la fin de ses repas Clàudere cœnas lac-
tuca solebat. De même Sénèque ce riche phi-
losophe, qui écrivait sur la pauvreté avec une
plume d'or, laisse percer, dans son Epitre
CXXIII, la préocupation d'un sédentaire à l'in-
testin paresseux Magna pars libertatis est bene
moratus venter. Un ventre bien gouverné, c'est
une grande part de liberté. Sénèque proclamant
les bienfaits de la liberté du ventre, est-ce assez
1 moderne
Les laitues, par leur cellulose dont on ab-
contemporains, imprudents comme ces merveil-
leuses, n'hésitent point, malgré leur calvitie,
à sortir tête nue sous la piuie. Ils ne voient pas
le piège qui leur est tendu. Plus on médite
sur cette mode nouvelle, plus les causes en
apparaissent multiples, diverses, inquiétantes
l'américanisme, l'amour pour l'antiquité grec-
que, le goût pour le sport, le retour à la nature
et à la barbarie, le dédain pour la hiérarchie
sociale.
Je crois d'ailleurs qu'un jour un chauffeur
élégant perdit sur la route sa coiffure le vent
l'avait emportée dans un ruisseau. En vain
l'automobiliste chercha la boutique d'un cha-
pelier. Il dut arriver au but de son voyage
sans chapeau. Dès qu'il s'arrêta et avant qu'il
eût eu le temps de conter sa mésaventure,
tout le monde l'acclama. On affirma qu'il
donnait un bel exemple' et que rien n'était plus
gracieux que cette absence de coiffure. Il se
contenta de sourire il avait eu peur de pa-
raître. ridicule, et on chantait sa gloire! Il se
garda bien», le jour suivant, d'acheter un cha-
pèau. Malgré lui, il avait créé une école.
C'est ainsi que sont nés bien des partis et
quelques religions.
̃ r NoZIÈRE.
flOTOliES -DU JODft
JL'électritication
des lignes de banlieue
̃ Lorsque le projet d'électrification des lignes de
la banlieue rive droite fut élaboré, les ingénieurs
des chemins de fer de l'Etat déclarèrent que les
travaux seraient achevés pour l'exercice 1916.
Tiendront-ils leur promesse ? Le directeur du ré-
seau, M. Claveille, qui par sa persévérante énergie
a déjà obtenu des résultats dont les syndicats de
voyageurs eux-mêmes.l'ont félicité, nous en a donné
hier encore l'assurance; il nous a affirmé que les
nouvelles voitures automotrices rouleraient en
janvier 1916 sur les lignes de l'Ouest-Etat électri-
fiées et qu'en attendant elles seraient mises en
service sur la ligne Paris-Invalides-Versailles dès
les premiers jours de l'année prochaine.
Le projet d'électrification des lignes de banlieue
rive droite comprend les groupes de lignes sui-
vants
Paris Saint-Lazare à Auteuil et au Champ-de-Mars
(groupe dit d'Auteuil); Paris'Saint-Lazare à Versailles
R. D. et Chantiers, à Issy-Embranchement et à Saint-
Nom-la-Bretèche (groupe de Versailles); Paris Saint-
Lazare à Saint-Germain-en-Laye. (groupe de Saint-Ger-
main-en-Laye,); Paris Saint-Lazare à Mantes et Pon-
toise par Maisons-Laffitte et Argenteuil (groupe d'Ar-
genteuil) Saint-Germain-Etat à Saint-Germain-Grande-
Cemture. •• <
Chacune des lignes électrifiées comprendra deux
voies. Les voies des groupes d'Auteuil et de Saint-
Germain entreront en plongée, les premières à
la gare des Batignolles et les secondes à partir du
pont Berthier, et viendront aboutir à la gare sou-
terraine qui va être construite à Paris (Saint-La-
zare) du côté de la rue de Rome. Les deux groupes
de Versailles et d'Argenteuil auront leurs quais et
leurs voies de départ et d'arrivée dans la gare su-
périeure, du côté où se trouvent actuellement les
voies d'Auteuil.
Le trafic sur les lignes électrifiées se fera au
moyen des voitures automotrices qui viennent
d'être essayées sur la ligne de Paris-Invalides à
Versailles.
• Nous avons dit que chacune de ces voitures
formait à elle seule un train complet, compre-
nant une cabine à chaque bout pour le conduc-
teur, un, fourgon et une voiture pour voyageurs.
Ses deux moteurs de 250 chevaux chacun lui per-
mettent d'atteindre une vitesse de 80 kilomètres à
l'heure. Elle est munie du système de commande
dit à « unités motrices multiples », de sorte que de
l'un des postes, quel qu'il soit, on peut régler la
marche de l'ensemble d'un train composé de six et
même de huit voitures suivant les besoins du ser-
vice.
Chaque voiture contient. soixante-quatre places
assises, plus trente-six avec strapontins quarante
à cinquante voyageurs debout pourront en outre y
prendre place facilement aux heures daffluence..
Les ingénieurs de l'Etat qui ont construit les
nouvelles voitures automotrices, MM. Mazer et Du-
bois, se sont surtout proposé d'obtenir un matériel
léger, facilement maniable et des voitures d'accès
aisé. Ils se s^^iagnjr.és des progrès réalisés par
.'l'industrie, antonioblléj natamment.par.Ile Métropo-
litain etJe Nord,-Sud., Grâce au nouveau système
de wagons automoteurs, le matériel mis en service
sera toujours proportionné. au trafic. On sait que
ce trafic, très intense à certaines heures de la jour-
née, est à peu près nul à d'autres moments. Ainsi
le matin, à midi et le soir, se produisent ce qu'en.
terme du métier on appelle des « pointes ». La pre-
mière pointe va. de sept heures à neuf heures et
est dirigée vers Paris: la seconde commence à onze
heures et demie vers la banlieue, pour revenir sur
Paris à partir de une heure jusqu'à deux heures..
Enfin la dernière, la plus forte, va de six heures à
huit heures de l'après-midi vers la banlieue.
Au moment de ces pointes, il sera formé des
trains de six et huit voitures dont les départs5
pourront se faire toutes les trois minutes, tandis
qu'une seule voiture suffira pour assurer le trafic
aux heures « creuses ».
Quant à la marche des. trains, les groupes élec-
sorbe à peu près 32 0/0, apportent à l'intestin
des résidus très favorables à son évacuation;
elles entrent aussi, avec l'humble poireau,
l'asperge du pauvre, dans le bouillon de légu-
mes. Cette boisson, prise froide,, à jeun, cons-
titue dans l'embarras gastrique, la constipa-
tion opiniâtre, une manière de sérum très fa-
vorable à l'antisepsie intestinale. On peut le
prendre également chaud, avec un peu de ta-
pioca ou de vermio%lle. Rien de plus simple
que sa préparation Faire bouillir un litre
d'eau avec une petite cuillerée à soupe de sel
gris; y jeter deux poireaux, une carotte, un
navet une demi-laitue et une pincée de chico-
rée frisée. Faire cuire vingt à vingt-cinq minu-
tes; pas plus, sans quoi la boissondeviendrait
amère. Il s'agit d'une infusion plutôt que d'un
bouillon; les enfants l'acceptent volontiers et
s'en trouvent très bien. Elle peut servir à
mouiller des plats maigres, mais je répète
qu'employée froide et à jeun, elle est, à la dose
d'un bol, assez laxative.
Les choux ont été, eux aussi, très en faveur
chez nos aïeux. Chrysippe, médecin de Cnide,
leur avait consacré un volumineux traité; Ca-
ton les prônait à tout venant, et Galien, qui
servit de contrepoids à Hippocrate durant des
siècles, les prisait fort. Ils contiennent du
soufre, médicament très employé par M. le
professeur Robin, mais en général trop dé-
daigné des modernes..
Gùbler, un grand thérapeute du.xix" siècle,
les recommandait volontiers dans les maladies
de la peau et des voies respiratoires. Si on les
digère mal, y ajouter, pendant la cuisson, une
forte pincée de bicarbonate de soude. Ils con-
viennent même aux convalescents. Dans son
excellent livre sur les Aliments usuels, le très
distingué docteur Alfred Martinet recommande
la préparation suivante Faire blanchir une de-
mi-heure un coeur de chou dans, l'eau salée,
laver, égoutter, bien exprimer, hacher et passer
au tamis fin; puis, avec du bon beurre frais,
faire une purée qu'on mouillera avec du jus de
veau ou du bouillon.
Les épinards sont également recommanda-
bles ils contiennent du fer vitalisé en grande
quantité, et pour cette raison, anémiques et
.chlorotiqiïes s'en trouveront très bien. Par leur
mucilage, leur sucre et leur cellulose, ils sont
laxatifs. Malheureusement, et ceci est un fait
d'observation, ceux que guette l'affreuse colique
hépatique feront sagement de s'en abstenir.
Sous cette réserve, et elle est importante, on
pourra en user congrument, soit au maigre
avec un peu de crème, soit au gras avec du
bouillon.
J'aurais encore à parler des courges, dont les
semences offrent un remède peu coûteux contre
le tœnia, et aussi du cresson, employé long-
temps comme dépuratif. Il faudrait dire enfin
quelques mots de;la moutarde,. dont les essen-
ces légèrement irritantes et antiseptiques sti-
mulent l'estomac; désinfectent l'intestin. Em-
ployée à l'extérieur sous forme de sinapisme au
nom joyeux que vous connaissez tous, la farine
de moutarde est trop appréciée pour que je m'y
arrête.
Emulsio.nnée dans l'huile, avec un peu de
bon vinaigre et des aromates, cette même fa-
rine est. sur toutes nos tables; mais peut-être
en fait-on abus dans les pays chauds, où l'ap-
pétit est si difficile à réveiller. Confectionnée
avec les petits grains de sénevé dont parlait
trifiés seront divisés en zones; Ainsi la ligne de ̃̃•
Saint-Germain comprendra trois zones Paris-
Bécon, Bécon-Rueil et Rueil-Saint-Germain. Le
train formé à Saint-Lazare pour la troisième zone
ira à Rueil sans arrêt et desservira toutes les sta-
tions de Rueil à Saint-Germain. Le trajet jusqu'à*
Saint-Germain se fera en 20 minutes. Le train de
la deuxième zone brûlera toutes les stations de,.
Paris à Bécon et s'arrêtera à toutes les gares entre
Bécon et Rueil. Les stations de Paris à Bécon se-
ront desservies par les trains de la première zone.
La ligne de Versailles sera également divisée en
trois zones Paris-Bécon, Bécon-Saint-Çloud et
Saint-Cloud-Versailles.
La fourniture de l'énergie nécessaire à l'électrifi-
cation des lignes de la banlieue, tant de' la rive
droite que de la rive gauche, Paris-Invalides et
Paris-Montparnasse à Versailles, sera donnée à
l'adjudication. D'après le cahier des charges, l'ad-
judicataire doit prendre possession de l'usine élec-; »
trique des Moulmeaux qui fournit déjà l'énergie à,*
la ligne Paris-Invalides-Versailles et des terrains
dont l'administration des chemins de fer de l'Etat a
fait l'acquisition près du pont de Bezons. Le cahier
des charges prévoit le cas où le preneur fournirait
l'énergie, soit au moyen d'usines hydro-électriques
(transport des forces hydrauliques du Rhône à Pa-
ris, par exemple), soit avec des stations établies :>
dans la région du bassin houiller du Nord. Dans
ce cas, les usines à vapeur déjà installées dans là r
région parisienne pour la fourniture de l'énergie
électrique au réseau devront être constamment
« conservées en feu» pour pouvoir fonctionner
comme usines de secours.
La puissance demandée pourra atteindre jusqu'à
25,000 kilowatts aux Moulineaux et 40,000 kilowatts
au pont de Bezons. Le courant sera envoyé à
15,000 volts aux sous-stations qui le transforme-
ront en courants continus à 650 volts.
L'installation générale des usines sera faite de
manière que leur fonctionnement soit assuré pen-
dant les périodes des hautes eaux jusqu'à une cote
dépassant de cinquante centimètres le niveau at-
teint par la Seine lors de l'inondation de, janvier
1910. P
Pour éviter les inconvénients du verglas qui,
pendant l'hiver, pourrait arrêter le trafic, comme
cela a eu, lieu au Métropolitain, les fro.tteurs des
voitures automotrices ont été disposés de façon à
pouvoir glisser aussi bien au-dessous qu'au-dessus
du rail de prise de courant.
Enfin les dépenses prévues dans le projet de
budget de 1913 pour l'électrification des lignes de.
la banlieue et la transformation de la gare Saint-
Lazare se montent à 28,785,000 francs pour les tra-
vaux et 14,910,000 francs pour le matériel roulant,
soit un total de 43,695,000 francs. w
~r_ ~s_a.r.a.
La nomination des maîtres
de conférences
A propos de l'article que nous avons publié, il y
a deux jours, sur cette question, nous recevons de-
M. L. Clédat, doyen de la faculté des lettres de
LyQn, 1'intçressante lettre quô.yoïci.
.-• Lyon, 14 août.
Monsieur le directeur,
Puisque vous avez jugé que le mode de nomination'"
des maîtres de conférences dans les facultés était une"
question de nature à intéresser vos lecteurs, voulez^- "̃
vous me permettre d'ajouter de brèves explications?
En alléguant la compétence spéciale du comité con-
sultatif, on insinue que les facultés ne seraient pas -̃'
suffisamment renseignés sur les mérites relatifs des"
candidats. Or ce sont les mêmes candidats qui, suivant
les circonstances, se présentent aux maîtrises de con-
férences d'Etat ou aux maîtrises de conférences d'uni-.
versités, pour lesquelles nous'sommes obligatoirement °
consultés; comment notre compétence peut-elle -dé-
pendre du mode de rétribution du professeur?
En fait, il arrive que le ministre attende l'avis offi-
cieux de la faculté avant de faire une nomination. C'est
l'usage constant à Paris. Nous ,voudrions que ce fût
la règle, et que l'avis nous fût officiellement: demandé.
Pour ne parler que de ce que je connais bien, lorsqu'il
y a, lieu de pourvoir à un enseignement de la faculté";
des lettres de Lyon, nous exartiinonsay^c le, plus grançl:
soin les -publications des candidats, nous nous enqué-
rons de leur passé universitaire, et- nous écrivons- à"
tous les spécialistes d^> autres facultés pour les prier
de nous communiquer confidentiellement leur opinion.
Que veut-on de mieux? Assurément, même avec ces
précautions, les facultés peuvent se tromper;, elles ne^
sont pas infaillibles, pas plus que les'ministres. Mais
il y aura le contrepoids du comité consultatif, et le
ministre reste toujours maître de sa décision.
II. est vraiment inadmissible, et il est inintelligible,
pour les étrangers, que seize ans après la création des.
universités, dites autonomes, il soit encore possible en,
France de nommer un membre du corps enseignant r
sans que la faculté intéressée ait été appelée à émettre'
le. moindre avis.
̃ yê tUll^'àgi? éër,' 'ttrotiSieUfr-le dicegteur^^l'assur'ance dé
nies sentiments distiriguës: L. CLÉDAT. t.
mes sentiments distingués" L. Clédat. .». ̃'̃
L'agrandissement
du Collège de France"
La direction de l'enseignement supérieur au
ministère de l'instruction publique vient de mettre
à l'étude, sur l'initiative du ministre, M,.Guist'hau,
un projet de dégagement et d'agrandissement du
Collège de France.
C'est dans une visite récente que le ministre fit V.
dans les locaux dont dispose actuellement ce grand
établissement d'enseignement -supérieur, qu'il se
convainquit de l'insuffisance de ces locaux et de la
nécessité urgente de remédier à cette insuffisance.
Il constata que les salles de cours ne sont plus
assez nombreuses, et qu'il n'y en a pas une seule.,
déjà l'Ecriture, la moutarde devrait son nom à `
la fidélité des Dijonnais pour leur prince. Phi--
lippe lé Hardy, duc de Bourgogne, ayant 'ré-
clamé le secours de ses sujets, ceux-ci lui man-
dèrent qu'il leur tardait de l'aider: «Moult
me tarde. » Après la victoire, le duc leur
accorda d'insérer cette formule dans leurs
armes et ils ne manquèrent point de. la"'
faire appliquer sur la principale porte de
leur ville. Mais la syllabe « me. » étant venue à
tomber, cela fit « moult tardé », nom qui fut"
dès lors donné à l'un des produits les plus cé-
lèbres du Dijonnais. Les latinistes prétendent,
de leur côté, que cette appellation vient de
multum ardens, moult ardej qui brûle violem-
ment, par allusion à la saveur brûlante du se-,
nevé. Vous choisirez l'étymologie qui vous
plaira le mieux, mais vous n'abuserez pas de la
moutarde..
Pour finii\ venons aux pommes de terre, qui,
l'autre année, furent promues au titre de mé-
dicament dans la cure du diabète, par M. le
professeur Mossé, de Toulouse. Nos préoccu–
pations, notre :poursuite de la fortune, notre
sédentarité excessive, en un mot notre vie ah-
surde ont créé récemment un péril nouveau, le"
péril diabétique. A Paris, les décès par diabète,*?
qui s'élevaient à 128 en 1880, d'après les statis-
tiques de l'éminent docteur Bertillon, ont bondi
au chiffre de 525 en 1909, et cela est très inquié-'
tant; j'y reviendrai plus tard longuement. Pour'
m'en tenir aujourd'hui à la cure du diabète par
les parmentières, je dirai, que la-dose prescrite
par M. Mossé est de 1,500 grammes par jour,
et qu'elles agissent probablement grâce à leurs,
sels de potasse spéciaux et très abondants, ̃ si
abondants même qu'un kilogramme de pom-»
mes de terre: renferme plus d'alcalins que la;
plupart des eaux minérales utilisées dans les
maladies du foie.
Le point délicat de cette cure, c'est la quan-
tité du médicament-aliment à absorber. On se,.
trouvera bien ici du pain de pommes de terre,
préparé ainsi qu'il suit. A 500 grammes de-
pommes de terre cuites au four, ajouter un-
tiers de farine (150 grammes environ) pétrir
avec une noix de beurre, saler légèrement,"
mettre une pincée de levure, laisser lever une
h0ure, puis répartir en petites miches et faire,
dorer au four. Si l'on veut absolument extraire
la farine, dont le gluten sert à la liaison des élé-"
ments féculents sans cohésion et difficiles à met-.
tre en pâte, lier avec unoudeuxjaunes d'œufs.'
Dans les deux cas, on aura ainsi de délicieux et
digestibles petits pains de pommes de terre qui-
aideront parfaire la dose de 1,500 grammes
préconisée par M. Mossé pour la cure du dia-
bète. Sous l'influence de ce traitement, le taux,
des urines s'abaisse, et aussi le sucre la soif
s'apaise en même temps; un mieux-être général-
se produit, très appréciable et très apprécié.
Il me resterait parler maintenant des légu-
mineuses, lentilles, haricots, et des céréales,
blé, orge, avoine, maïs mais ce sera pour une
autre fois. Jusqu'ici nous avons vu lés légumes
qui s'adressent surtout à l'intestin et au tube
digestif; avec les légumineuses et les céréales,,
nous entrerons dans une série de médicaments-
aliments qui non seulement servent à nettoyer
la maison, mais encore à l'édifier et à l'entre-
tenir en bon état.
̃ Docteur F. HELME. >*
A Mulhouse
On mande de Mulhouse que la rue percée dans
l'ancienne propriété Schlumberger, entre la rue
de l'Etoile et la rue,du Nordfeld, portera le nom de
rue Scheurer-Kestner.
COLONIES
MRHOO
La proclamation de Sîoulaï Youssef
On mande de Rabat le 13 août
El Mokri, les membres du makhzen et les nota-
bles sont venus à 4 heures du soir faire connaître
au résident général la nomination du sultan.
Tout s'est passé très, tranquillement. La popula-
tion a accueilli là nouvelle avec indifférence. Cepen-
dànt les magasins indigènes du quartier arabe sont
restés fermes.
Pour recevoir le makhzén, lé général 'Lyàutey
avait préparé (un thé -et une grande réception où
voisinaient- sa' maison civile etmilitaire avec les
membres du makhzen.
Le général Lyautey a répondu à ElMokri qu'il
était. heureux du choix de Moulai Youssef et que le
nouveau-sultan pouvait compter sur la collabora-
tion de la France pour donner au Maroc une prospé-
rité qu'il n'a jamais eue.
La nouvelle de la proclamation de Moulaï Youssef
a été accueillie avec joie à Salé.
On mande de Casablanca le 15 août
Le chérif Morani a lu ce matin à huit heures à la
mosquée la lettre annonçant l'abdication de Moulai
Hafid et la proclamation de,Moulaï Youssef.
Les indigènes ont accueilli ce changement avec
indifférence.
Ils trouvent qu'on change souvent de sultan, mais
ne cherchent pas à comprendre la raison de ces
changements.
La lettre lue à la mosquée disait que Moulaï Hafid
était, très fatigué et malade. q
Le caïd qui a apporté de Rabat la proclamation
est reparti pour Marakech.
On mande de Tanger le 15 août
Cet après-midi à deux heures, cent un coups de
canon ont salué la proclamation de Moulai Youssef.
La lettre chérifienne n'est pas encore arrivée.
Les opérations militaires
Les nouvelles de la colonne Gouraud sont contra-
dictoires. Selon les unes, le roghi, abandonné par
ses partisans, se serait réfugié dans la zone espa-
gnole. Selon les autres, la harka du roghi était en-'
core assez active et assez importante pour que le
général Gouraud eût décidé de lever le camp le 14
et d'aller l'attaquer. ̃
De Rabat vintla jaouvelle qu'une reconnaissance,
pillards loin dé i'a U'gne'^d' étapes, a été attaquée le.152,,
au bivouac. Les agresseurs ont été vigoureusement
repoussés et poursuivis pendant cinq heures. Nous
avons à déplorer un tué et cinq blessés.
Raissouli et les tribus
On mande de Tanger le 15 août
Une correspondance datée d'El-Kçar, 13 août,
signale qu'un combat assez important a eu lieu ce
jour-là entre la mahalla de Raissouli et les Ahl-
chérifs. V
D'après les premiers renseignements, Raissouli
aurait été battu. Les chaumes de la région sont in-
cendiés. .̃= -̃
Les pour le Maroc
Notre correspondant de Toulouse nous télégraphie
Hier soir, à la gare Matabiau, un détachement de
troupes d'artillerie, placé sous' la conduite du ma-
réchal des logis Rameau, du 25e, composé de 22
hommes du 23°, 25 du 57e et 22 du 18°, parti à
destination de Port-Vendres, et de là pour Oran.
Ces hommes vont aider à former le 2e groupe d'ar-
tillerie de campagne d'Afrique. Ce sont pour la
plupart des volontaires le complément de l'effec-
tif a été prélevé par voie de tirage au sort.
Dans le même train se trouvait un détachement
d'artillerie en provenance de Poitiers pour la même
destination.
On mande de Toulon
Une quarantaine d'artilleurs pris dans les 14° et
24« régiments sont partis .hier de Tarbes pourle
Maroc..
Moulai Hafid à Vichy
'xï(£$onptfâ ççrfesgotidw,t gâr^ej^r.
[' ̃ ".i; ̃; y Victly, ïâ 15 août. '[".
Les premières dispositions prises à Vichy pour le.
séjour de Moulàï Hafid ont été modifiées cet après-
mi L'ex-sultan, qui devait primitivement être logé
dans le corps de bâtiment principal du Majèstic,
sera installé dans une villa annexe de l'hôtel.
C'est une coquette habitation dont'l'entrée donne
sur le boulevard National et qui a par ailleurs vue
sur les nouveaux parcs. Le rez-de-chaussée com-
prend un grand salon, un cabinet de travail et un
salon d'attente..
Au.premier étage se trouve la chambre de l'ex-
souverain, attenante à un boudoir et à une salle de
bains cabinet de toilette; au même étage sont
encore sa salle à manger et la chambre de son se-
crétaire.
Les deux étages supérieurs seront habités par les
fonctionnaires et serviteurs marocains de la suite.
Cette décision paraît définitive. Il se pourrait
FEUILLETON OU
DU 17 AOUT 1912
MENUS PROPOS
DE ïMÉDEGINE 1
LES LÉGUMES QUI GUÉRISSENT
~.i.)';t~. «r777"~
On a-bien raison de haïr les guerres et on ne
lés maudira jamais trop. Néanmoins, elles eu-
rent, au point' de vue de l'alimentation, un
petit côté utile qu'on aurait tort de méconnaî-
tre. Les vaincus, en fournissant le tribut de
leur sol aux vainqueurs j les ont souvent enrichis
de cultures nouvelles et intéressantes. Toutes les
femmes des chefs ne restaient pas au logis
pour défaire de la tapisserie comme l'astu-
cieuse Pénélope c'est en préparant le fricot
de leurs guerriers, que les Macédoniennes, qui
suivaient la fortune, d'Alexandre, connurent
l'oignon, la ciboule, le cresson, dont se réga-
laient les Egyptiens.
Si le même Alexandre, fils de Philippe, n'eût
pas envahi les Indes, le monde antique eût
ignoré peut-être les haricots verts et les hari-
cots blancs grandes causes, petits effets.
Aux vierges de Phbcée qui envahirent la Pro-
vence,.les Gaulois durent l'olive, et aussi le
pain. De leur expédition de Sardaigne les Car-
thaginois rapportèrent le persil, et les pommes
de terre ont été trouvées en Virginie par sir
WalterRaleigh,au temps de la reine Elisabeth.
Quand elle connut le désastre de l'Invincible
Armada, elle avait dit-on, sur sa table une oie,
rôtie flanquée de pommes au four. C'est pour
co,mmémorer ce repas historique de leur grande
souveraine et célébrer en même temps le ha-
sard heureux qui les délivra de Philippe II et,
de sa flotte, que chaque année nos amis de
l'entente cordiale mangent t'oie de Noël. En
résumé; nous devons là plupart des légumes;
aqueux à là 'gïànuVmêléè des peuples d'Orienti
et d'Occident. Peu connu; le fait/m'a paru utile
à rappeler,
Commençons, si vous le voulez bien, par les
oignons. Nos anciens connaissaient parfaite-
ment leurs propriétés diurétiques. La soupe à
l'oignon « bouillon démocratique », constitua
longtemps pour les ménagères le vrai remède
des fortes beuveries où se laissaient trop sou-
vent glisser leurs rudes maris. Au dire dé Lieu-
taùd, un grand médecin du dix-huitième siècle,
quatre oignons macérés dans du vin blanc ou-
vraient les reins et facilitaient l'écoulement des
urines, la diurèse, comme nous disons, autant
que les drogues les plus énergiques» Tombée, je e
ne sais trop pourquoi, dans un injuste oubli, ta
cure d'oignons fut reprise à Bordeaux, il y a de
cela deux ans, par M. le professeur Mongour.
Il s'agissait d'un hydropique dont le ventre
s'était rempli d'eau comme une outre, et qui,
sous l'influence des oignons frits, crus, bouillis,
se mit à fondre en eau et à dégonfler merveil-
leusement. On trouvera les détails de cette ob-
servation dans l'excellent Journal de Diététique
du 15 avril 1911. M. le'docteur Caries, de Bor-
deaux, très compétent en matière de fruits et
légumes, estime que ce drainage de l'organisme
toutefois qu'au dernier moment de nouveaux
changements fussent prescrits pour l'installation
de l'ex-sultan.
Au moment où je vous transmets ces informa-
tions, il parait à peu près certain qu'il arri-
vera à Vichy vendredi par le train de dix heures
du matin, lequel passe par Nimes.
TUNISIE
.•! L'ordre à Tunis
Notre correspondant de Tunis nous télégraphie
Coïncidant avec les derniers jugements rendus
dans les affaires des émeutes de novembre et en
raison du calme complet existant à Tunis, un dé-
cret beylical vient de rapporter les dispositions
récentes réglementant la circulation dans la ville
arabe pendant la,nuit. Néanmoins le décret du
13 'novembre 1911; donnant à l'autorité militaire
levdroit de perquisitionner jour et nuit chez les
habitants suspects d'héberger les repris de jus-
tice, d'ordonner la remise des armes et munitions,
d'interdire les publications dé nature à exciter
au '̃̃désordre 'demeure en- vigueur. Tunis reste
donc placée sous un régime spécial. ̃ •
Incendies de forêts
De nombreux incendies de forêts se sont dé-
clarés depuis un mois dans le massif du djebel
Zaghouan. Environ 4,500 hectares de bois ont été
complètement détruits. 3,000 pins d'Alep ont été
la proie des flammes le 8 août.
Ces incendies sont allumés par des indigènes,
qui voudraient créer des pâturages. Chaque aa-
née, ils se livrent aux mêmes actes de destruction.
Pour les tirailleurs tunisiens
Notre correspondant de Tunis nous. télégraphie:
Le ministre de la guerre vient d'adresser au gé-
néral Pistor un télégramme au sujet du soulage-
ment qu'il convient d apporter aux familles indigè-
nes éprouvées par le départ au Maroc de leurs
membres appartenant au 4e tirailleurs.
Le ministre déclare que frappé par la belle con-
duite des troupes de Tunisie, il a aéià accordé des
récompenses aux officiers et aux soldats.
Des propositions complémentaires pour l'avan-
cement, les décorations et les médailles sont en
préparation. Le ministre étudie en outre :1° les
moyens de venir en aide efficacement aux familles
indigènes des Tunisiens décédés au cours de la
campagne 2° un nouveau décret de concession de
la médaille commémorative de la campagne du
Maroc; 3° l'attribution d'un officier indigène à cha-
cune des compagnies des derniers bataillons de
tirailleurs créés 4° les moyens de faciliter les en-
vois d'argent du Maroc en Tunisie.
LA î?ËO$GflNlSATÎOfl
0ES Bfl$$UES COL*qflIflL*ES
On sait la réorganisation des banques des
vieilles colonies est toujours en suspens. M. Bohn,
président de l'institut colonial de Marseille, vient
d'adresser à ce sujet au ministre des colonies une
lettre dont voici le passage le plus important
La commission extraparlementaire des banques co-
loniales a conclu comme nous à la nécessité d'une
transformation du régime actuel par l'adoption d'un
système qui utiliserait le plus possible les organismes
existants.
Les banques de la Réunion, de la Martinique, de
la Guadeloupe et de la Guyane ont exprimé le désir
que leurs directeurs soient convoqués en France pour
examiner la manière dont elles pourraient prendre
part à cette réorganisation et elles nous ont demandé
d'intervenir auprès de vous pour que vous veuilliez
bien procéder à cette convocation.
Il nous parait que c'est une mesure préliminaire in-
dispensable à la transformation envisagée. Une réu-
nion des directeurs des banques dont le privilège est
en question constitue à notre avis en effet le moyen
le plus pratique et le plus rapide d'examiner les di-
verses modalités suivant lequelles cette solution doit
être réalisée. ̃
Espérant qu'il vous sera possible de convoquer ces
fonctionnaires et de donner satisfaction à un désir qui
est à la fois celui des colonies intéressées et des né-
gociants de la métropole en relation'avec elles dont
notre institut compte un nombre important, je vous
prie d'agréer, monsieur le ministre, avec tous mes re-
merciements, l'expression de ma haute considération
et de mes sentiments dévoués.
AFFAIRES NilLITAlRES
'.t,<
ARMEE-
Les différentes tenues
M. Edouard Detaille écrit à M. Gustave Téry, du
Journal, la lettre suivante
Je lis dans le Journal les très vives et très justes
critiques que vous adressez à la nouvelle tenue ré-
séda, et je suis heureux de vous dire que je partage
absolument votre avis. Ca n'est pas moi qui suis l'au-
teur de cet uniforme, inventé parla commission tech-
nique de l'habillement.
J'ai fait' une tenue où j'ai eu soin, tout en tenant
compte des nécessités pratiques, de conserver scru-
puleusement la' tradition de l'uniforme français. Cet
uniforme est porté au 28e de ligne, à titre d'essai, con-
curremment à la tenue réséda, à laquelle je ne suis
pour rien; je tiens à le dire bien haut et à vous re-
t4,*îj,v
encombré d'eau est dû à l'azotate de potasse
naturel dont est largement pourvu le bulbe
d'oignon. Quoi qu'il en soit, les résultats sont
là. Le mois dernier, un médecin des hôpitaux
de Paris, M. le docteur Dalché, a. de son côté
amélioré grandement une pauvrette de dix
ans et demi que des infections successives,
diphtérie, rage, avaient mise aux portes du
tombeau. Labourés par les poisons, si j'ose
dire, ses reins ne fonctionnaient plus, ses uri-
nés étaient .tombées à rien mais en revanche
ses jambes, son ventre, tout son tissu cellu-,
taire un peu lâche, étaient infiltrés d'eau. A
eue aussi la, .cure d'oignons fut prescrite, et le
filtre Vénal, encrassé, s'Çtant ouvert, les urines
remontèrent de 250 grammes à 1 litre et l'en-
flure se dissipa. Voilà donc un légume banal
élevé au rang de médicament, et M. Dalché
nous promet une étude plus complète, sur son
action. On y reviendra s'il,y a lieu.
Le seul inconvénient, de cette médication,
c'est que parfois l'oignon est de digestion im-
possible. Ainsi en était-il pour Napoléon. Si
l'on en croit les traditions orales de notre art,
il aurait été pris, la veille de Leipzig, d'un em-
barras d'entrailles simulant presque un em-
poisonnement et s'il ne put préparer comme
il l'eût voulu'la bataille des Nations, la faute
en aurait été à un cuisinier mal informé. Je ne
voudrais pas, renchérissant après Pascal sur
le nez de Cléopâtre et le caillou de Cromwell,
faire tenir le sort d'un empire dans une soupe à
l'oignon; j'entends simplement,prouver que
certains sujets ne peuvent, à aucun prix, sup-
porter le sulfure d'allyle très irritant contenu
dans ce légume et qui rend parfois son éplu-
chage si pénible. Cuisinières, victimes du de-
voir et de la soupe à l'oignon, vous saurez,
quand vos yeux se rempliront de larmes,
quand l'éternuement secouera votre poitrine,
que votre martyre vient du sulfure d'allyle.
C'est beau, la science!
L'ail, parent pauvre de l'oignon, se peut com-
parer à un vieux serviteur abandonné après
de longs services. Autrefois, ses gousses odori-
férantes, oh! combien! furent utilisées, contre
la peste, puis contre le choléra.. Très chargées
en sulfo-cyanate et en sulfure d'allyle, les es-
sences de l'ail s',éliminent par la peau, les
poumons et l'haleine, d'où les- inconvénients
que vous savez. Les Grecs à l'odorat subtil in-
terdisaient l'entrée du temple de, Cybèle à qui
avait mangé de l'ail. Nos pères-, qui ne fré-
quentaient pas les autels de la bonne déesse et
qui ne raffinaient sur rien, avaient fait de ce
légume un spécifique de l'asthme. A la cam-
pagne, les empiriques l'employaient contre les
vers .intestinaux qui les inquiétaient fort et
dont, nous ne nous préoccupons peut-être pas
assez depuis l'ère microbienne.
Et il est de fait que les antiseptiques fabri-
qués sous forme d'essences par la bonne nature
pour préserver. les végétaux des insectes, des
microbes et des parasites qui assaillent les
plantes comme les hommes, sont autrement
puissants et actifs que les antiseptiques sortis
des laboratoires de la chimie. On ne peut, mal-
gré tout, recommander l'ail, mais c'est de sa
faute aussi il est vraiment trop indiscret
Si je passe maintenant à des espèces légu-
mières plus douces paido minora canamus,
je trouve d'abord l'artiéhaut, importé de Venise
au début du 'quinzième siècle. Dans le Berry,
les squames de ce légume, dûment pilées au
mëreier d'avoir fort bien dit ce que j'en pense moi-
même. Il
A Bâtons rompus
La faillite du chapeau
Un article de ce journal a appelé, cette se-
maine, l'attention des lecteurs sur la mode nou-
velle les élégants ne portent plus de cha-
peau ils se promènent tête nue sur les pla-
ges et dans les rues des stations thermales
ou balnéaires. Il convient d'examiner sérieuse-
ment ce fait. Un de nos collaborateurs en, a,
imaginé, non sans perspicacité certaines) consé-
quences. Il a montré notamment que les hom-
mes, ne pouvant plus soulever une coiffure ab-
sente, prendrait sans doute l'habitude gracieu-
se de saluer en souriant. Il est possible: laussjn
qu'ils s'inclinent en posant la main sur le
cœur, comme font les tragédiens quand ils
portent lé costume antique. Cè sera peut-être
l'occasion de résoudre un problème de la ci-
vilité grecque et romaine. Sur la scène de la
Comédie-Française, qui est la gardienne des
nobles traditions, j'ai vu des interprètes qui
se contentaient de toucher leur poitrine. M.
Mounet-Sully au contraire effleure successi-
vement de ses doigts légers son torse, son front
et ses lèvres. Ce geste a une beauté presque
religieuse; il fait songer au signe de la croix.
Il importerait de savoir très vite comment pro-
cédaient exactement les anciens. La règle nou-
velle doit toujours s'inspirer du passé. Je ne
veux pas croire en effet qu'en supprimant le
chapeau, certains de nos contemporains aient
voulu supprimer une formule de politesse.
N'oublions pas cependant que depuis quel-
ques années, nous trouvons dans les bureaux
des pancartes priant les visiteurs d'éviter les
préambules et les précautions oratoires. L'hom-
me actif se défend contre les vaines paroles
au moyen de ces déclarations imprimées
Je me porte bien et ma famille aussi.
Je ne suis pas sensible aux variations
de la température.
Je veux ignorer le dernier scandale.
A un homme qui s'abrite derrière un tel écri-
teau il est impossible de raconter le récent
potin, de parler de la pluie et du soleil. On
doit renoncer aussi à poser cette question
Commènt vous portez-vous?
Je sais bien que, le plus souvent, nous n'at-
tachons nulle importance à cette interroga-
tion nous n'attendons même aucune réponse,
précise c'est une façon de parler c'est le".
moyen d'engager la conversation et de ne point
arriver trop brutalement au sujet qui,nous in-
téresse. L'art de la politesse consiste précisé-
ment à dire des mots. et à faire des mouve-
ments inutiles, mais flatteurs: Une génération
qui s'applique à détruire cette phrase vénéra-,
ble et gracieuse :« Comment vous portez-vous?»,
peut parfaitement songer à l'abolition du sa-; ]
lut et il est permis de se demander si ce n'est
point pour atteindre ce but qu'elle veut suppri-
mer le chapeau. Mais les adversaires des efforts
improductifs qui constituent la civilité n'ont
pas de tels scrupules ils ne se croiraient pas
obligés de' rejeter la coiffure en même temps
que la coutume de saluer.
Il faut chercher ailleurs les origines de cette
révolution. L'observateur ne manquera point de
remarquer que les partisans les plus chaleu-
reux de cette guerre au chapeau sont les Améri-
cains. Or rappelons-nous que déjà le grand
peuple des Etats-Unis voulut imposer à l'Eu-
rope la suppression de la barbe et de la mous-
tache. On peut dire que le triomphe fut écla-
tant. Quelques individus résistèrent à cette
poussée formidable. Mais les jeunes gens qui
sont soucieux d'élégance acceptèrent avec allé-
grosse cette nouvelle loi. Aujourd'hui les visa-
ges des hommes se présentent nus. Et c'est
aussi des Etats-Unis que nous vinrent les
danseuses aux pieds nus. Visage nu, pieds
nus, et aujourd'hui tête nue! Les Transatlanti-
ques m'effrayent Où s'arrêterpnt-ils et quelle
sera leur «xigence>ï4'an-> prochain? ->: .4
Ils1 "ont une trèàfrvîve; admiration' pour leW
Grecs. Il est possible qu'en se rasant certains
empereurs de l'industrie' aient voulu ressem-
bler à Napoléon. Mais presque tous ces citoyens
du -Nouveau-Monde ont voulu ^e rapprocher de
l'antique beauté. Dans leurs universités n'a-
t-on pas joué, dans le texte original, des tra-
gédies de Sophocle et une comédie d'Aristo-
phane ? Ils sont, éblouis par la lumière d'Athènes.
Ne viennent-ils pas de prouver, en Suède,
qu'ils sont des athlètes merveilleux? Ils aiment
l'harmonie puissante du corps. Comme leurs
maîtres- helléniques, ils s'efforcent de libérer,
de certaines entraves. la créature humaine. Ils
prennent plaisir à sentir le vent passer dans
leur chevelure, et pour que ce plaisir soit in-
tense, c'est sur des automobiles rapides qu'ils
mortier, servirent longtemps à combattre les,
fièvres intermittentes.
Le fond d'artichaut, préparé avec de la crème,
est un mets délicieux pour 'les convalescents
il sera surtout la providence des diabétiques.
Semblables à ces voyageurs qui se dégoûtent
d'un pays pour y avoir rencontré, à chaque car-
refour une prohibition nouvelle défense de e
s'arrêter, de traverser, de tousser verbottenl
verbotten! les pauvres diabétiques, trouvant
à chaque tournant de leur repas une interdic-
tion spéciale, finissent par perdre le manger,
sinon le boire. Servez-leur des artichauts; la
substance sucrée, ou inuline, qu'ils renferment,
est absolument inoffensive. Voilà pourquoi j'ai-
cru devoir ranger J'artichaut parmi les légumes-
qui guérissent.
Je placerai au même rang lès carottes et les
haricots verts, mais ici, attention Nous som-
mes encore très en retard sur le mode de cuisson
des légumes. Quand ils sont bien frais, ils con-
tiennent des sels vivants tirés de la terre et
une foule d'unités électriques empruntées au
soleil. Or comment n'avoir pas compris que
l'ébullition dans l'eau salée les privait des for-
ces les plus utiles? Pourquoi, à l'imitation des.
Anglais, toujours si pratiques, et des végéta-
riens, ne pas faire cuire les légumes à la va-
peur ? II suffirait de les placer en un panier de
métal suspendu dans la casserole au-dessus de'
l'eau bouillante. Ces sortes de récipients se
trouvent aujourd'hui un peu partout; leur uti-
lisation améliore considérablement le goût des
mets et surtout les rend beaucoup plus< pro-
fitables..
Pour revenir à nos carottes, quelques méde-'
cins avouent ne pas trop comprendre le pour-
quoi des propriétés que le populaire leur attri-
bue. Elles renferment de la pectine, des sels,
pectates et phosphates de potasse; elles ont
aussi du sucre, de la cellulose, et tout cela n'est
pas bien méchant comme drogues. Peu im-
pressionné par nos chimies, le public continue
à estimer fort la carotte, et c'est lui qui a rai-
son. Munck et Ewald ont en effet démontré
que les carottes, par leur pectase et leurs sub-
stances pectiques, fluidifient les -'selles» C'est
pourquoi on se trouvera toujours bien de flan-
quer la viande de quelques carottes à titre de
correctif du régirùe. carné qui, au contraire,
durcit le contenu intestinal. Je n'insiste pas.
C'est comme pour lès tomates; des années
durant, elles furent bannies de nos tables, les
pauvres, sous prétexte, qu'elles y apporteraient
l'acide oxalique, funeste aux arthritiques. Mais
des chimistes y allèrent voir, et d'acide oxali-
que ils trouvèrent à peine 3 milligrammes pour,
cent, autant dire point. Un médecin du nom
d'Albakang prouva même que par leurs subs-
tances pectiques, leur chair acide chargée en:
tartrates et en azotates de potasse, elles étaient'
éminemment favorables aux hyperchlorhydri-
ques affligés d'aigreurs d'estomac. De son côté,
M. le professeur Armand Gautièr, de l'Institut,
les recommanda pour alcaliniser le sang et les
humeurs acides des arthritiques. Mais il n'était
pas besoin, pour reviser leur procès, d'éprou-
vettes ni de cornues; il eût suffi de regarder la
quantité de fidèles qui sacrifient aux pommes
d'amour crues, gratinées, farcies, etc.; pour
comprendre que si ce légume eût été tant soit;
peu dangereux, il n'eût pas été en faveur chez
tous les peuples du Midi et cultivé partout oii
le soleil veut bien amollir sa chair, gonfler ses
jolies et les colorer d'un joli vernis rouge. En
résumé, les condamnations portées, au nom de_
ont 'd'abord paru tête nue. Il Il faut avouer qu'ils
sont plus agréables à regarder que les' chauf-
feurs aux lourdes casquettes ou dont les coif-
fures descendent jusqu'à la nuque. Quand ces
conducteurs de monstres bondissants passent, la
figure découverte et les cheveux épars, ils font
songer à Hippolyte qui domptait les coursiers.
Ils rappellent aussi les Peaux-Rouges qui,
là-bas, dans l'Ouest, chevauchent à travers les'
immenses prairies. En se laissant attirer par
l'héroïsme légendaire, on va nécessairement
vér% la barbarie. Les chefs dont les hauts faits,
sont demeurés dans la mémoire des hommes se,
distinguèrent surtout par la force brutale. La.
gloire d'Ulysse manque d'éclat parce qu'il eut
de la raison. La renommée d'Achille est plus
pure parce qu'il fut l'esclave de ses instincts.
Quand il traîna dans les champs troyens le
cadavre d'Hector, il se conduisit comme un
sauvage. Ce sont de tels actes qui achèvent de
conquérir l'âme des foules. L'ivresse de se sen-
tir vigoureux ne va pas sans quelque cruauté.
Ces Américains qui youlenjj f,ollement sur les
routes, qui courent, lancent des balles et dont
les cheveux, défient la tempête ou le. soleil
obéissent, comme le fils de Thétis, à la violence
d'un sang jeune ils ont une santé de premier
â£e et des ardeurs primitives.
'Le bon roi nègre, que nous avons connu par
les récits des voyageurs et les autres contes
ou féeries, réclamait tout d'abord un chapeau
haut de forme pour manifester que ses Etats:
s'ouvraient à la civilisation. C'est une vérité
que nous ne saurions mettre en doute. Le sou-
verain est assis devant un feu de bois. Il con-
temple un homme qu'un habile cuisinier s'ef-
force de cuire à point et relève d'herbés aro-
matiques pour flatter le goût du maître. Sou-
dain l'explorateur apparaît. Il prononce des.pa-!
rôles très nobles, mais que le souverain ne
comprend pas. Il observe cependant avec in-
térêt ce blanc et il se dit que sa chair doit
être succulente. II fait un signe à son premier'
tuteur afin qu'il assomme ce bavard. Mais l'Eu-
ropéen voit le danger; il se hâte d'ouvrir une
boîte cylindrique de, carton; il élève vers le,.
ciel un chapeau de soie. Le monarque s'en
coiffe tandis que ses musiciens frappent joyeu-
sement des morceaux de bois et que des adoles-
celites tournent, bondissent, dansent. On délivre
les captifs qu'on engraissait pour la table du
prince; s'il dévore celui qu'on vient de préparer
pour son repas, c'est pour obéir à cette maxi-
me, qu'approuve là sagesse universelle il ne
fqfa't pas gaspiller. La natipn cesse d'être sau-
vage; désormais on ne mangera plus les en-
ne^mis on se contentera de les tuer; cette
métamorphose d'un peuple est due, comme cha-,
pun. sait, à la vertu du chapeau haut de forme;
Cette coiffure était le symbole du gouverne-
ment au dix-neuvième siècle. Elle nous ratta-
chait à l'époque révolutionnaire, et par consé-
quent. à Louis XVI, à l'ancien régime. On af-
firme que la Terreur a brisé la tradition et que
les ouvriers d'art ont ainsi perdu Je style. Les
chapeliers l'avaient conservé et nous pourrions
étudier l'histoire d'un siècle d'après les modi-;
fications successives du haut de 'forme. Ce
n'était pas seulement un chapeau c'était le
chapeau. Quand une ligué s'assemble pour en
proscrire l'usage, quand le roi d'Angleterre, qui
cependant l'avait porté avec une maîtrise in-
comparable, prit mollement sa défense, et-s-em-
bla même l'abandonner, il fut aisé de prévoir
que c'en était fait non seulement de ce cha-
peau, mais de tout chapeau. La chute du haut
de forme devait entraîner la destruction de
toutes les coiffures. Nous -assistons aujourd'hui
aux conséquences que devait avoir cette pre-
mière faiblesse.
Le chapeau haut de forme était un pur or-
nement.' On en pouvait discuter le charme,
mais non la parfaite inutilité. Il n'était pas
un abri contre le soleil, il n'était pas une dé-
fense contre la pluie. Il était lourd et- fragile.
Il faisait souvent paraître plus grands ceux
qui le portaient. Bref il avait toutes les qualités
d'une couronne. Les classes élevées de la so-
ciété lui ont dû, pendant de longues années,
un peu de leur prestige. Il donnait à un homme
cette majesté. que procurait, sous Louis XIV,
•^ip^immi' Wwm, £#«; ,x ;$%}
ilipen faisait.a^eme ,une ̃ grâce, .ses reflets
noirs s'opposaient harmonieusement aux'
lueurs de nacre ou d'ivoire des têtes sans che-
veux-' H -est impossible d'imaginer sans cha-
peau haut de forme certain ministre du second.-
'Empire qui avait une juste renommée d'élé-
gance.
vLa suppression du chapeau, c'est la croisade
contre les chauves. C'est un acte d'hostilité
contre ceux qui, sous la chaleur de la lampe'
de travail, ont perdu la sève capillaire. C'est
un 'moyen d'anéantir quelques concurrents en
les obligeant à suivre un usage qui, pour eux,
sera fertile en rhumes, bronchites et fluxions
de poitrine. Sous le Directoire, des coquettes
sont mortes pour s'être promenées, en hiver,
demi-nues. J'apprends que plusieurs de • nos;
l'hygiène, contre tel ou tel légume devront être
tr^s prudentes et motivées, et souvent là loi de
sursis sera de mise.
Ceci m'amène à parler des asperges, dont
l'emploi demeure toujours controversé. Pour
les uns, c'est un remède et plus qu'un aliment;
pour les autres, c'est un poison. A qui enten-
dre ?
Que les pointes d'asperges soient un remède,
cgla. n'est pas niable. Frédériq, un vieux méde-
cinV du dix-huitième siècle, soutint le premier'
que le sirop de pointes d'asperges calme les,
palpitations et constitue un bon sédatif, du;
c#ur.
̃-L'asperge est encore mentionnée au Codex'
et dans lés formulaires. Elle fait partie des cinq
racines diurétiques majeures saluez
Donc, ce légume est un médicament, mais ici
il faut s'entendre; c'est l'asperge sauvage, qui
est active, bien plus que l'autre. Abâtardies par
les soins des hommes, par leur séjour dans res
jardins, qui sont les grandes villes des plantes,
les asperges de nos tables ont gagné en saveur
ce qu'elles perdirent en vertus aussi ne pos-
sèdent-elles plus l'activité forte et sûre de leurs
petites sœurs restées comme le bon Dieu les
avait faites.
Nos civilisées n'ont donc pas grandes pro-
priétés. Nulles comme aliment, elles ne valent
que par la sauce qui les agrémente. Formées
d'eau, dans la proportion de 93 0/0, elles tien-
nent dans leur chair savoureuse des purines
qui ne valent pas le diable pour les goutteux.
Beaucoup de cellulose, des traces d'albuminoï-
des, de l'asparagine, des acides et des sels, voi-
là- leur bilan chimique, et il n'est pas très fa-
vorable à leur emploi. Oui, mais elles sont si
agréables à croquer au printemps
Des esprits moroses enclins aux régimes
tristes, ne veulent pas tenir compte du plaisir.
Au risque d'encourir l'excommunication ma-
jeure, j'estime, moi très humble, que la diété-
tique ne saurait être une religion où l'on pro-
met je ne sais quel paradis sanitaire hypothé-
tique- Mangeons donc des asperges; sans
;doute, leur asparagine, leurs acides aspasti-
ique:et .phosphorique peuvent irriter le rein,
mais s'il est bien sain, cela n'a pas grand inj-
jconvénient. Seuls, ceux que défrise la cinquan-
taine et dont lés filtres rénaux sont sujets à
;caution, feront bien.de s'en abstenir, ou plutôt
ils devront s'en rapporter là-dessus à leur mé-
idècin de famille. De façon générale, si les as-
iperges entraînent avec elles le moindre arrêt
dans la sécrétion urinaire,les bannir du menu,
̃ mais si elles ne font pas de mal, en user sans
crainte pendant leur saison, qui est brève. S'il
eût été médécin, M. de La Palisse n'eût pas dit
autrement.
Les laitues viendront ensuite. Brillat-Savarin
en faisait grand cas pour la fraîcheur du teint,
et aussi Horace, qui avait coutume d'en pren-
dre à la fin de ses repas Clàudere cœnas lac-
tuca solebat. De même Sénèque ce riche phi-
losophe, qui écrivait sur la pauvreté avec une
plume d'or, laisse percer, dans son Epitre
CXXIII, la préocupation d'un sédentaire à l'in-
testin paresseux Magna pars libertatis est bene
moratus venter. Un ventre bien gouverné, c'est
une grande part de liberté. Sénèque proclamant
les bienfaits de la liberté du ventre, est-ce assez
1 moderne
Les laitues, par leur cellulose dont on ab-
contemporains, imprudents comme ces merveil-
leuses, n'hésitent point, malgré leur calvitie,
à sortir tête nue sous la piuie. Ils ne voient pas
le piège qui leur est tendu. Plus on médite
sur cette mode nouvelle, plus les causes en
apparaissent multiples, diverses, inquiétantes
l'américanisme, l'amour pour l'antiquité grec-
que, le goût pour le sport, le retour à la nature
et à la barbarie, le dédain pour la hiérarchie
sociale.
Je crois d'ailleurs qu'un jour un chauffeur
élégant perdit sur la route sa coiffure le vent
l'avait emportée dans un ruisseau. En vain
l'automobiliste chercha la boutique d'un cha-
pelier. Il dut arriver au but de son voyage
sans chapeau. Dès qu'il s'arrêta et avant qu'il
eût eu le temps de conter sa mésaventure,
tout le monde l'acclama. On affirma qu'il
donnait un bel exemple' et que rien n'était plus
gracieux que cette absence de coiffure. Il se
contenta de sourire il avait eu peur de pa-
raître. ridicule, et on chantait sa gloire! Il se
garda bien», le jour suivant, d'acheter un cha-
pèau. Malgré lui, il avait créé une école.
C'est ainsi que sont nés bien des partis et
quelques religions.
̃ r NoZIÈRE.
flOTOliES -DU JODft
JL'électritication
des lignes de banlieue
̃ Lorsque le projet d'électrification des lignes de
la banlieue rive droite fut élaboré, les ingénieurs
des chemins de fer de l'Etat déclarèrent que les
travaux seraient achevés pour l'exercice 1916.
Tiendront-ils leur promesse ? Le directeur du ré-
seau, M. Claveille, qui par sa persévérante énergie
a déjà obtenu des résultats dont les syndicats de
voyageurs eux-mêmes.l'ont félicité, nous en a donné
hier encore l'assurance; il nous a affirmé que les
nouvelles voitures automotrices rouleraient en
janvier 1916 sur les lignes de l'Ouest-Etat électri-
fiées et qu'en attendant elles seraient mises en
service sur la ligne Paris-Invalides-Versailles dès
les premiers jours de l'année prochaine.
Le projet d'électrification des lignes de banlieue
rive droite comprend les groupes de lignes sui-
vants
Paris Saint-Lazare à Auteuil et au Champ-de-Mars
(groupe dit d'Auteuil); Paris'Saint-Lazare à Versailles
R. D. et Chantiers, à Issy-Embranchement et à Saint-
Nom-la-Bretèche (groupe de Versailles); Paris Saint-
Lazare à Saint-Germain-en-Laye. (groupe de Saint-Ger-
main-en-Laye,); Paris Saint-Lazare à Mantes et Pon-
toise par Maisons-Laffitte et Argenteuil (groupe d'Ar-
genteuil) Saint-Germain-Etat à Saint-Germain-Grande-
Cemture. •• <
Chacune des lignes électrifiées comprendra deux
voies. Les voies des groupes d'Auteuil et de Saint-
Germain entreront en plongée, les premières à
la gare des Batignolles et les secondes à partir du
pont Berthier, et viendront aboutir à la gare sou-
terraine qui va être construite à Paris (Saint-La-
zare) du côté de la rue de Rome. Les deux groupes
de Versailles et d'Argenteuil auront leurs quais et
leurs voies de départ et d'arrivée dans la gare su-
périeure, du côté où se trouvent actuellement les
voies d'Auteuil.
Le trafic sur les lignes électrifiées se fera au
moyen des voitures automotrices qui viennent
d'être essayées sur la ligne de Paris-Invalides à
Versailles.
• Nous avons dit que chacune de ces voitures
formait à elle seule un train complet, compre-
nant une cabine à chaque bout pour le conduc-
teur, un, fourgon et une voiture pour voyageurs.
Ses deux moteurs de 250 chevaux chacun lui per-
mettent d'atteindre une vitesse de 80 kilomètres à
l'heure. Elle est munie du système de commande
dit à « unités motrices multiples », de sorte que de
l'un des postes, quel qu'il soit, on peut régler la
marche de l'ensemble d'un train composé de six et
même de huit voitures suivant les besoins du ser-
vice.
Chaque voiture contient. soixante-quatre places
assises, plus trente-six avec strapontins quarante
à cinquante voyageurs debout pourront en outre y
prendre place facilement aux heures daffluence..
Les ingénieurs de l'Etat qui ont construit les
nouvelles voitures automotrices, MM. Mazer et Du-
bois, se sont surtout proposé d'obtenir un matériel
léger, facilement maniable et des voitures d'accès
aisé. Ils se s^^iagnjr.és des progrès réalisés par
.'l'industrie, antonioblléj natamment.par.Ile Métropo-
litain etJe Nord,-Sud., Grâce au nouveau système
de wagons automoteurs, le matériel mis en service
sera toujours proportionné. au trafic. On sait que
ce trafic, très intense à certaines heures de la jour-
née, est à peu près nul à d'autres moments. Ainsi
le matin, à midi et le soir, se produisent ce qu'en.
terme du métier on appelle des « pointes ». La pre-
mière pointe va. de sept heures à neuf heures et
est dirigée vers Paris: la seconde commence à onze
heures et demie vers la banlieue, pour revenir sur
Paris à partir de une heure jusqu'à deux heures..
Enfin la dernière, la plus forte, va de six heures à
huit heures de l'après-midi vers la banlieue.
Au moment de ces pointes, il sera formé des
trains de six et huit voitures dont les départs5
pourront se faire toutes les trois minutes, tandis
qu'une seule voiture suffira pour assurer le trafic
aux heures « creuses ».
Quant à la marche des. trains, les groupes élec-
sorbe à peu près 32 0/0, apportent à l'intestin
des résidus très favorables à son évacuation;
elles entrent aussi, avec l'humble poireau,
l'asperge du pauvre, dans le bouillon de légu-
mes. Cette boisson, prise froide,, à jeun, cons-
titue dans l'embarras gastrique, la constipa-
tion opiniâtre, une manière de sérum très fa-
vorable à l'antisepsie intestinale. On peut le
prendre également chaud, avec un peu de ta-
pioca ou de vermio%lle. Rien de plus simple
que sa préparation Faire bouillir un litre
d'eau avec une petite cuillerée à soupe de sel
gris; y jeter deux poireaux, une carotte, un
navet une demi-laitue et une pincée de chico-
rée frisée. Faire cuire vingt à vingt-cinq minu-
tes; pas plus, sans quoi la boissondeviendrait
amère. Il s'agit d'une infusion plutôt que d'un
bouillon; les enfants l'acceptent volontiers et
s'en trouvent très bien. Elle peut servir à
mouiller des plats maigres, mais je répète
qu'employée froide et à jeun, elle est, à la dose
d'un bol, assez laxative.
Les choux ont été, eux aussi, très en faveur
chez nos aïeux. Chrysippe, médecin de Cnide,
leur avait consacré un volumineux traité; Ca-
ton les prônait à tout venant, et Galien, qui
servit de contrepoids à Hippocrate durant des
siècles, les prisait fort. Ils contiennent du
soufre, médicament très employé par M. le
professeur Robin, mais en général trop dé-
daigné des modernes..
Gùbler, un grand thérapeute du.xix" siècle,
les recommandait volontiers dans les maladies
de la peau et des voies respiratoires. Si on les
digère mal, y ajouter, pendant la cuisson, une
forte pincée de bicarbonate de soude. Ils con-
viennent même aux convalescents. Dans son
excellent livre sur les Aliments usuels, le très
distingué docteur Alfred Martinet recommande
la préparation suivante Faire blanchir une de-
mi-heure un coeur de chou dans, l'eau salée,
laver, égoutter, bien exprimer, hacher et passer
au tamis fin; puis, avec du bon beurre frais,
faire une purée qu'on mouillera avec du jus de
veau ou du bouillon.
Les épinards sont également recommanda-
bles ils contiennent du fer vitalisé en grande
quantité, et pour cette raison, anémiques et
.chlorotiqiïes s'en trouveront très bien. Par leur
mucilage, leur sucre et leur cellulose, ils sont
laxatifs. Malheureusement, et ceci est un fait
d'observation, ceux que guette l'affreuse colique
hépatique feront sagement de s'en abstenir.
Sous cette réserve, et elle est importante, on
pourra en user congrument, soit au maigre
avec un peu de crème, soit au gras avec du
bouillon.
J'aurais encore à parler des courges, dont les
semences offrent un remède peu coûteux contre
le tœnia, et aussi du cresson, employé long-
temps comme dépuratif. Il faudrait dire enfin
quelques mots de;la moutarde,. dont les essen-
ces légèrement irritantes et antiseptiques sti-
mulent l'estomac; désinfectent l'intestin. Em-
ployée à l'extérieur sous forme de sinapisme au
nom joyeux que vous connaissez tous, la farine
de moutarde est trop appréciée pour que je m'y
arrête.
Emulsio.nnée dans l'huile, avec un peu de
bon vinaigre et des aromates, cette même fa-
rine est. sur toutes nos tables; mais peut-être
en fait-on abus dans les pays chauds, où l'ap-
pétit est si difficile à réveiller. Confectionnée
avec les petits grains de sénevé dont parlait
trifiés seront divisés en zones; Ainsi la ligne de ̃̃•
Saint-Germain comprendra trois zones Paris-
Bécon, Bécon-Rueil et Rueil-Saint-Germain. Le
train formé à Saint-Lazare pour la troisième zone
ira à Rueil sans arrêt et desservira toutes les sta-
tions de Rueil à Saint-Germain. Le trajet jusqu'à*
Saint-Germain se fera en 20 minutes. Le train de
la deuxième zone brûlera toutes les stations de,.
Paris à Bécon et s'arrêtera à toutes les gares entre
Bécon et Rueil. Les stations de Paris à Bécon se-
ront desservies par les trains de la première zone.
La ligne de Versailles sera également divisée en
trois zones Paris-Bécon, Bécon-Saint-Çloud et
Saint-Cloud-Versailles.
La fourniture de l'énergie nécessaire à l'électrifi-
cation des lignes de la banlieue, tant de' la rive
droite que de la rive gauche, Paris-Invalides et
Paris-Montparnasse à Versailles, sera donnée à
l'adjudication. D'après le cahier des charges, l'ad-
judicataire doit prendre possession de l'usine élec-; »
trique des Moulmeaux qui fournit déjà l'énergie à,*
la ligne Paris-Invalides-Versailles et des terrains
dont l'administration des chemins de fer de l'Etat a
fait l'acquisition près du pont de Bezons. Le cahier
des charges prévoit le cas où le preneur fournirait
l'énergie, soit au moyen d'usines hydro-électriques
(transport des forces hydrauliques du Rhône à Pa-
ris, par exemple), soit avec des stations établies :>
dans la région du bassin houiller du Nord. Dans
ce cas, les usines à vapeur déjà installées dans là r
région parisienne pour la fourniture de l'énergie
électrique au réseau devront être constamment
« conservées en feu» pour pouvoir fonctionner
comme usines de secours.
La puissance demandée pourra atteindre jusqu'à
25,000 kilowatts aux Moulineaux et 40,000 kilowatts
au pont de Bezons. Le courant sera envoyé à
15,000 volts aux sous-stations qui le transforme-
ront en courants continus à 650 volts.
L'installation générale des usines sera faite de
manière que leur fonctionnement soit assuré pen-
dant les périodes des hautes eaux jusqu'à une cote
dépassant de cinquante centimètres le niveau at-
teint par la Seine lors de l'inondation de, janvier
1910. P
Pour éviter les inconvénients du verglas qui,
pendant l'hiver, pourrait arrêter le trafic, comme
cela a eu, lieu au Métropolitain, les fro.tteurs des
voitures automotrices ont été disposés de façon à
pouvoir glisser aussi bien au-dessous qu'au-dessus
du rail de prise de courant.
Enfin les dépenses prévues dans le projet de
budget de 1913 pour l'électrification des lignes de.
la banlieue et la transformation de la gare Saint-
Lazare se montent à 28,785,000 francs pour les tra-
vaux et 14,910,000 francs pour le matériel roulant,
soit un total de 43,695,000 francs. w
~r_ ~s_a.r.a.
La nomination des maîtres
de conférences
A propos de l'article que nous avons publié, il y
a deux jours, sur cette question, nous recevons de-
M. L. Clédat, doyen de la faculté des lettres de
LyQn, 1'intçressante lettre quô.yoïci.
.-• Lyon, 14 août.
Monsieur le directeur,
Puisque vous avez jugé que le mode de nomination'"
des maîtres de conférences dans les facultés était une"
question de nature à intéresser vos lecteurs, voulez^- "̃
vous me permettre d'ajouter de brèves explications?
En alléguant la compétence spéciale du comité con-
sultatif, on insinue que les facultés ne seraient pas -̃'
suffisamment renseignés sur les mérites relatifs des"
candidats. Or ce sont les mêmes candidats qui, suivant
les circonstances, se présentent aux maîtrises de con-
férences d'Etat ou aux maîtrises de conférences d'uni-.
versités, pour lesquelles nous'sommes obligatoirement °
consultés; comment notre compétence peut-elle -dé-
pendre du mode de rétribution du professeur?
En fait, il arrive que le ministre attende l'avis offi-
cieux de la faculté avant de faire une nomination. C'est
l'usage constant à Paris. Nous ,voudrions que ce fût
la règle, et que l'avis nous fût officiellement: demandé.
Pour ne parler que de ce que je connais bien, lorsqu'il
y a, lieu de pourvoir à un enseignement de la faculté";
des lettres de Lyon, nous exartiinonsay^c le, plus grançl:
soin les -publications des candidats, nous nous enqué-
rons de leur passé universitaire, et- nous écrivons- à"
tous les spécialistes d^> autres facultés pour les prier
de nous communiquer confidentiellement leur opinion.
Que veut-on de mieux? Assurément, même avec ces
précautions, les facultés peuvent se tromper;, elles ne^
sont pas infaillibles, pas plus que les'ministres. Mais
il y aura le contrepoids du comité consultatif, et le
ministre reste toujours maître de sa décision.
II. est vraiment inadmissible, et il est inintelligible,
pour les étrangers, que seize ans après la création des.
universités, dites autonomes, il soit encore possible en,
France de nommer un membre du corps enseignant r
sans que la faculté intéressée ait été appelée à émettre'
le. moindre avis.
̃ yê tUll^'àgi? éër,' 'ttrotiSieUfr-le dicegteur^^l'assur'ance dé
nies sentiments distiriguës: L. CLÉDAT. t.
mes sentiments distingués" L. Clédat. .». ̃'̃
L'agrandissement
du Collège de France"
La direction de l'enseignement supérieur au
ministère de l'instruction publique vient de mettre
à l'étude, sur l'initiative du ministre, M,.Guist'hau,
un projet de dégagement et d'agrandissement du
Collège de France.
C'est dans une visite récente que le ministre fit V.
dans les locaux dont dispose actuellement ce grand
établissement d'enseignement -supérieur, qu'il se
convainquit de l'insuffisance de ces locaux et de la
nécessité urgente de remédier à cette insuffisance.
Il constata que les salles de cours ne sont plus
assez nombreuses, et qu'il n'y en a pas une seule.,
déjà l'Ecriture, la moutarde devrait son nom à `
la fidélité des Dijonnais pour leur prince. Phi--
lippe lé Hardy, duc de Bourgogne, ayant 'ré-
clamé le secours de ses sujets, ceux-ci lui man-
dèrent qu'il leur tardait de l'aider: «Moult
me tarde. » Après la victoire, le duc leur
accorda d'insérer cette formule dans leurs
armes et ils ne manquèrent point de. la"'
faire appliquer sur la principale porte de
leur ville. Mais la syllabe « me. » étant venue à
tomber, cela fit « moult tardé », nom qui fut"
dès lors donné à l'un des produits les plus cé-
lèbres du Dijonnais. Les latinistes prétendent,
de leur côté, que cette appellation vient de
multum ardens, moult ardej qui brûle violem-
ment, par allusion à la saveur brûlante du se-,
nevé. Vous choisirez l'étymologie qui vous
plaira le mieux, mais vous n'abuserez pas de la
moutarde..
Pour finii\ venons aux pommes de terre, qui,
l'autre année, furent promues au titre de mé-
dicament dans la cure du diabète, par M. le
professeur Mossé, de Toulouse. Nos préoccu–
pations, notre :poursuite de la fortune, notre
sédentarité excessive, en un mot notre vie ah-
surde ont créé récemment un péril nouveau, le"
péril diabétique. A Paris, les décès par diabète,*?
qui s'élevaient à 128 en 1880, d'après les statis-
tiques de l'éminent docteur Bertillon, ont bondi
au chiffre de 525 en 1909, et cela est très inquié-'
tant; j'y reviendrai plus tard longuement. Pour'
m'en tenir aujourd'hui à la cure du diabète par
les parmentières, je dirai, que la-dose prescrite
par M. Mossé est de 1,500 grammes par jour,
et qu'elles agissent probablement grâce à leurs,
sels de potasse spéciaux et très abondants, ̃ si
abondants même qu'un kilogramme de pom-»
mes de terre: renferme plus d'alcalins que la;
plupart des eaux minérales utilisées dans les
maladies du foie.
Le point délicat de cette cure, c'est la quan-
tité du médicament-aliment à absorber. On se,.
trouvera bien ici du pain de pommes de terre,
préparé ainsi qu'il suit. A 500 grammes de-
pommes de terre cuites au four, ajouter un-
tiers de farine (150 grammes environ) pétrir
avec une noix de beurre, saler légèrement,"
mettre une pincée de levure, laisser lever une
h0ure, puis répartir en petites miches et faire,
dorer au four. Si l'on veut absolument extraire
la farine, dont le gluten sert à la liaison des élé-"
ments féculents sans cohésion et difficiles à met-.
tre en pâte, lier avec unoudeuxjaunes d'œufs.'
Dans les deux cas, on aura ainsi de délicieux et
digestibles petits pains de pommes de terre qui-
aideront parfaire la dose de 1,500 grammes
préconisée par M. Mossé pour la cure du dia-
bète. Sous l'influence de ce traitement, le taux,
des urines s'abaisse, et aussi le sucre la soif
s'apaise en même temps; un mieux-être général-
se produit, très appréciable et très apprécié.
Il me resterait parler maintenant des légu-
mineuses, lentilles, haricots, et des céréales,
blé, orge, avoine, maïs mais ce sera pour une
autre fois. Jusqu'ici nous avons vu lés légumes
qui s'adressent surtout à l'intestin et au tube
digestif; avec les légumineuses et les céréales,,
nous entrerons dans une série de médicaments-
aliments qui non seulement servent à nettoyer
la maison, mais encore à l'édifier et à l'entre-
tenir en bon état.
̃ Docteur F. HELME. >*
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