VINGT ET UNIEMB ANNÉB. N« 7353,
Wl S'ABONNE AB BUREin DU JOURNAL. 10, RUE DU F\UBOUR(HïOSTMABTftE, A PAttïS. JBTflA&S TOUS LÉS BUREAUX DE POSTE
JEUDI 9 JUIN 1881.
PRIX DE L'ABONNEMENT
PARIS. Trois mois, 14 fr.– Six mois, 88 fr.- Un an, 66 H <
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Un numéro (à Paris) 15 centimes.
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JJn numéro SSO contimeab
£• réédition ne rfyond pas des articles communiqué*
ut ne se charge pas de les renvoyer.
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PARIS, 8 JUIN
BULLETIN DU JOUR
La Chambre a voté hier la proposition de
loi modifiant la loi du 10 décembre 1874 sur
•l'hypothèque maritime. Le texte de la commis-
sion a été adopté avec quelques modifications
de détail sur lesquelles le gouvernement et la
^commission étaient d'accord. On a repris en-
éâite la discussion du projet de loi allouant des
suppléments de pension aux militaires et ma-
rins dont la retraite a été liquidée sous les
régimes antérieurs à ceux des lois de 1878 et
1879.
Chambre était, on le sait, en présence de
deux systèmes la commission spéciale lui pro-
posait d'assimiler toutes les retraites militaires,
en revisant les pensions liquidées avant 1878, et
en leur appliquant le tarif de 1878 et de 1879. Le
ministre des finances, d'accord avec la commis-
sion du budget, proposait, au contraire, de ne
;pas reviser ces pensions, mais d'accorder aux
retraités une allocation supplémentaire. Cette
allocation aurait été inférieure au boni résul-
tant pour les retraités de la revision de leurs
pensions' et de l'application du tarif de 1878 et
de 187».
La lutte entre les deux systèmes a été de
nouveau soutenue hier par M. Paul Casimir
Perier, rapporteur, et par M. le ministre des
finances. La Chambre s'est rangée à l'avis do
•îâ commission, en adoptant par Ï55 voix con-
Jtre 2Ô7> l'article 1èr, qui applique les tarifs de
'1878 et 1879 aux pensions liquidées suivant les
"i tarifs antérieurs. Elle a ensuite repoussé un
amendeiïîoni d'après lequel, et conformément
au projet du gouvernement, les retraités pour-
vus d'emplois civils n'auraient pas été exclus
du bénéfice de la présente loi. La Chambre en
est restée à l'article 9, qui a été renvoyé à la
commission.
i- Au moment où l'on discute un traité de com-
merce avec l'Angleterre, et quand les protec-
tionnistes font tous leurs efforts pour entraver
l'entrée en France dos produits étrangers, il
• "n'est pas sans intérêt de constater les effets
'qu'a produits en Allemagne le régime proteo
Itionniste inauguré par le prince de Bismarck.
Une feuille allemande, les Archives du can-
merce allemand, publie une série de rapports
sur la situation agricole, industriello et com-
imerciale de l'Allemagne. Voici quelques-uns
i des effets du tarif protectionniste
Le droit de douane sur les blés n'a pas em-
pêché d'importer du blé de Hongrie, écrit-on
/Su Wurtemberg mais il a élevé le prix du
pain.. Ce même droit, écrit-on de Cologne, a
̃réduit presque à rien l'exportation en Belgique
et en Hollande des farines rhénanes et \vest-
'phaliennes. 11 a on outre à peu près détruit lo
commerce des blés dans le port de Momel. « Les
[marchands de Pologne envoient maintenant
iune grande partie do leurs blés à Libau, en
Russie,! » Ainsi, le droit do douane sur les blés
a nui à la fois au consommateur, à l'industriel,
au négociant et à l'armateur.
Mêmes résultats pour l'industrie. A Elberf eld,
à Dortmund, l'impression sur coton souffro des
droits sur les machines, les matières colorantes
et les tissus. Partout l'industrie des cuirs se
plaint du droit sur la taxe. A Biolefold, c'est
l'augmentation des droits sur les fils do laine
qui nuit à la fabrication de la peluche. A Stutt-
gard, l'industrie des corsets est dans le ma-
rasme elle employait des tissus anglais et des
ijbuscs français, qui maintonant sont taxés en
douane.
Conclusion les industries qui se réjouissaient
• rti'être protégées souffrent de la protection ac-
cordée aux produits qui leur servent de matiè-
re première. Non-seulement elles n'ont pas ga-
gné à la protection, mais elles y ont perdu,
car renchérissement des matières premières
rend leurs produits plus chers et les empêche
de soutenir, pour l'exportation, la concurrence
de l'étranger.
1. DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
Des correspondants parttooUara da Teiup*
Madrid, 8 Juin, 10 h., matin.
Le plaa autorisé des journaux libéraux de Ma-
drid, JZl Imparcmf, publie un long article qui
fait sensation, sur la question des alliances futu-
res de l'Espagne. Apres avoir rejeté par des rai-
sons d'inconipatibiûtô de race, d'Intérêts,, d'aspi-
rations, toute idée d'alliance avec l'Angleterre ou
FAHemagne, Et Impartial déclare que la seule
alliance pratique et populaire est celle de la
France, qui est, sur les rives do la Méditerranée
et surtout en Afrique, ralliée naturelle de l'Es-
OMftie.
*El. Impartial, qui se montre aussi fort dur pour
je rôle de l'Italie dans la politique contemporaine,
jrépudie nettement les avance» récentes faites par
la diplomatie et la presse berlinoises à l'Espagne.
Cet article ressemble, par ses conclusions, au lan-
que tiennent M. Gastelar et toute la presse
libérale et démocratique chaque fois qu'on touche
k cette question du Maroc oui passionne si facllu-
Went l'opinion publique en Espagne.
FEUILLETON DU TEMPS
.I.. -1~~ DD0 JUIN 1881 [88]
fîARALD
TROISIEME PARTIE
V;" -̃̃ ̃̃.̃̃ sm'.i
Jl* créole se présentait en tenue de voyage, son
u à la main. Harald l'accueillit, les traits
îcagrelnts de gravité.
il- Je désirais vous parler, dit-il; deux mots
»©«̃ comoieflcer vous fuyez avec Axel?
r .jRra releva la tête et répondit d'un ton ferme
Vous vous trompez; je pars seule. If n'oserait
îp«» me suivre, lui t
y. u vous suivra Si obscure que soit votre ro-
fni&e, il saura la découvrir. Seule, et sans appui,
;«M»ment échapperez- vous à ses obsessions V com- 1
atent résisterez-vous à sa passion furieuse? Vous
jrejosaberez sous sa main f
f ̃
R»ro<3uetion interdite– Voir leTemps des 13, 14, 15,*
Kfc«,«0, 21, 22, 28. &5, 87. 88. 80 avril. 1^5, 7, Hl», 13
.r;, tO, 21, 22, 'yn 28. 00 D'Vri], 1"5.. 7. i Ii>!
Ht-», S0 T^ ?Cb S". ?6 wai, 3, h et 8i*«in.
Vienne, 8 juin, mim.
La conférence à quatre (formée par l'Autriche,
la Serbie, la Bulgarie et la Turquie pour le règle-
ment de la question des chemins de f<-r dans la
péninsule des Balkans) a- repris ses travaux.
L'avant propos autrichien, relatif au raccordement
des ligne* autrichiennes avec les chemina de fer
serbe, bulgare et ottoman, a été accepté comme
base do la discussion. P
Les dispositions de tons les délégués sont plus
conciliantes que précédemment, et l'on espère ar-
river à une entente dans le courant de l'été.
Les funérailles du général Uchatius ont été
grandioses. Toutes les autorités militaires et civi-
les, suivies d'une foule énorme, ont accompagné le
char funèbre. Pg
Le prince Milan est parti hier pour Berlin. Le
prince Rodolphe est parti ce matin pour Prague;
ce voyage et son séjour projeté à Prague déplai-
sent fort à la presse hongroise et excitent au con-
traire un véritable enthousiasme dans les jour-
naux tchèques. Berlin, 8 juin, 11 h., matin.
Berlin, juin, Il h., matin.
L'Union des commerçants et des industriels de
Berlin a convoqué pour le 17 juin une r-unlon
pour délibérer sur le projet de faire une exposi-
tion universelle à Berlin, en 1885. Des c cillera s
municipaux, des députés du Reichstaj; et de '.a
Chambre d s députés prussienne assistoronl à
cette réunion.
Un appel aux conservateurs, signe par les dépu-
tés du Reichstag, de la Chambre des députes < t le
la Chambre des seigneurs, signale l'importance e
capitale des élections pour le jmrti, et demande de
l'argent.
Demain réouverture du Reichstag, qui discutera
le projet de loi rétablissant les corporations. Les
libéraux sont inquiets, car il suffirait d'un dépla-
cement de quelques voix pour assurer le succea du
projet du chancelier.
Il n'est pas douteux qne l'accueil fait au prince
Milan, à Berlin comme Vienne, ne soit encoura-
geant pour le projet d'ériger la Serbie en royaume.
L' Allemagne n'a aucun Intérêt à agir autrement
qiïeFAutriche à ce sujet. Berlin, 8 juin, midi.
La nouvelle relative à un complot contre la vie
de l'empereur, qui aurait été découvert à Wlesba-
den, nouvelle donnée par la Gazette de Cologne,
est fausse.
Si sa santé le lui permet, le chancelier prendra
une part active aux délibérations du Reichstag
pendant la fin de la session.
Le gouvernement, inquiet des proportions que
prend l'émigration, a défendu à Bromberg, aux
agents de l'émigration, d'afficher des placards por-
tant leurs offres à la connaissance du public.
On dit que le pays ne songeait pas à la loi
électorale et qu'il n'y prend point un intérêt
passionné. Il est vrai, mais depuis quand
est-il défendu au législateur d'être plus pré-
voyant que les masses, ou depuis quand son
devoir consiste-t-il, en toute affaire, à attendre
qu'un mouvement populaire le saisisse des
questions? On insiste et l'on dit que la Chambre
pouvait bien laisser la discussion sur le mode
do votation à la Législature suivante. Objec-
tion peu sérieuse, car ce sujet est de ceux qui
no peuvent se traiter qu'à la fin d'une Législa-
ture, et laisser le scrutin d'arrondissement pré-
sider à l'élection de la Chambre prochaine c'eût
été lui donner quatre années de plus d'exis-
tence et lui assurer à l'expiration de ce terme
l'avantage d'une possession déjà établie. Il s'a-
git de savoir laquelle des deux formes de vote
ost la plus favorable à la constitution d'une
Chambre animée de l'esprit public, et, ceci re-
connu, il ne saurait y avoir de doute sur la con-
vfinancft dA .pratiquer dès aujourd'hui, le
mode qui aura obtenu la préférence. Mais, de
tous les raisonnements par lesquels on cherche
à surprendre la religion du Sénat, le plus
étrange assurément est celui qui prétend que le
vote des députés laisse la question entière, et
quo la crainte d'un conflit entre les deux corps
délibérants est absolument sans objet. On joue
sur les mots quand on s'exprime ainsi. De con-
flit, au sens propre et légal, il n'y en a pas, en
effet, et il ne saurait y en avoir, puisque le Sé-
nat, en rejetant le projet de loi de M. Bardoux,
agirait dans la liberté de ses attributions con-
stitutionnelles. Si c'est là ce que M. Wadding-
ton a voulu dire dans son rapport, il ne trou-
vora point de contradicteurs, et son seul tort
sera de s'être donné beaucoup de peine pour
enfoncer une porte ouverte. Mais, au sens poli-
tique du mot, c'est tout autre chose. La Cham-
bre des députés, quelle qu'ait été d'abord le.
chiffre de sa majorité, a fait sien le vote en fa-
veur du scrutin de liste. Elle s'est approprié la
mesure. Les meilleurs esprits, parmi ceux qui
s'étaient montrés dans l'origine indifféronts ou
hostiles, reconnaissent que la décision est désor-
mais acquise et qu'on ne saurait arguer des cir-
constances qui l'ont précédée pour en contester la
valeur. Les choses étant ainsi, il est certainqu'un
vote adverse de la part du Sénat serait un échec
infligé à la décision des députés, et, ne l'oublions
pas, non sur une question de législation ordi-
naire, mais sur une question qui concerne
spécialement la Chambre. Cela est si vrai qu'a-
vant les incidents qui ont excité les esprits et
éveillé les susceptibilités, personne ne songeait
que le Sénat pût intervenir dans une affaire do
ce genre. Qu'il ait le droit de le faire, encore
une fois, cela n'est pas douteux. Qu'il se pro-
nonce contre le projet de loi, personne ne nie
que ce projet ne soit par là seul rejeté dans les
limbes des enfants mort- nés. Mais quant à
prétendre qu'une pareille résolution, parce
qu'elle serait légale et régulière, ne serait pas
un exercice extrême d'un droit, et qu'elle no
constituerait pas un grief légitime des députés
contre le Sénat, il faut pour se l'imaginer toute
la tendance du doctrinarisme à considérer les
choses dans l'abstrait.
Jamais 1
-Vous retomberez sous sa maint Insista Ha.
rald; là-bas le crime et la honte, Ici le désastre et
le deuil Vous, déshonorée à tout jamais; Marthe,
brisée ot peut-être morte.
Les paroles se succédaient rapides et accentuées.
Eva fléchissait. Un élan de désespoir la tira de
l'abattement. Elle se tordit les bras et d'une voix
gonflée de sanglots
Ah s'écria-t-elle, que no m'a-t-on laissée au
fond de ce lac où j'avais cherché la fin de mes mi-
sères 1 Il no m'est donc plus permis de mourir, ni
de vivre l
Harald la contempla en silence, puis se rappro-
chant d'elle, il reprit avec douceur
Eva, si je vous offrais un moyen, un moyen
Infaillible, le seul qui reste de vous sauver à la
fois, vous d'un déshonneur public, Marthe d'une
catastrophe?
Eva lo regarda dans le blanc des yeux. Avait-
elle bien entendu, bien compris le sens de ces ma-
giques paroles ?
Est-ce possible? reprit-elle vivement. Mol,
qu'importe (ne songez pas à moi; sauvez Marthe 1
Lo salut de l'une se rive à celui de l'autre,
à la condition toutefois que vous suivrez mon
conseil.
Sans hésiter, en aveugle Je vous le jure t
-Si étrange qu'il puisse vous paraître?
C'est vous qui me l'aurez donné; cela suffit.
Eh bien
Il s'arrêta un instant comme s'il rejetait tut far-
deau immense de sa poitrine.
Eh bien 1 épousez-moi 1
Vous dites?- balbutia la créole stupéfaite.
Erjoiimez-moi. J'ai bien réfléchi. Axel sera
forcé de so taire, et les soupçons do Marthe s'éva-
nouirout devant le fait accompli.
Mais, monsieur, vous avez donc oublié ce que
j'ai fait, qui jo suis?
Au sortir de la cérémonie, eoaUiiua Harald,
je vous conduirai dans un reîage assea éloigné et
caché- pour qu'Axel ne le- a&couvTO.paa; et d'ail-
ÉaHS^s'il osait vous y ponrasiçr». J'aurais, mot
On va jusqu'à affirmer, nous l'ayons dit, que
la question se présente entière devant le Sénat. I
Elle lui arrive, nous assure-t-on, dans les mô- I
mes conditions que celles où la Chambre l'a.-
trouvée, et la haute Assemblée n'a par consé-
quent autre chose à faire qu'à juger la loi sur
sa valeur intrinsèque. C'est te contraire qui est
vrai. Lés mérites des deux modes do votation
électorale sont absorbés aujourd'hui par une
question supérieure. Lo vote de la Chambre des
députés a créé uno situation qu'il serait aussi
puéril que dangereux de méconnaître, et qui, à
l'heure qu'il est, domine tout. Nous n'avons pas
besoin d'insister. Il ne s'agit de rien de moins
que d'une crise politique., dont tout le monde
connaît les éléments sans que nous ayons à les
énumérer, et qui, pour rio pas' so traduire peut-
être par des faits immédiats, n'en sera pas
moins réelle et profonde. Qu'on brave ces éven-
tualités, nous le comprenons; mais, au nom du
ciel, qu'on sache ce que l'ou fait, et qu'on ne se
jette pas dans l'inconnu en se rassurant par la
correction légale de sa conduite et en dégui-
sant la réalité sous des raisonnements de doc-
trine
Le caractère souverainement impolitique de
la campagne entreprise, sur certains bancs du
Sénat, contre le scrutin de liste, achève de se
montrer dans une dernière objection. Si la
situation a changé, dit-on, si elle est grave, si
les pouvoirs publics sont mis en cause et la
majorité républicaine divisée, la faute en .est à
la Chambre; c'est sonvoié -q«i£ tout fait. Pour
le coup, nous sommes, avec ce raîsoïHieïïîent,
en plein enfantillage. Ne dirait on pas des éco-
liers qui sont do mauvais hurleur pour quelque
tort réel ou imaginaire qu'on leur a fait, et qui
sont prêts à tout souffrir pourvu que leur ven-
geance y trouve son compte i ls se puniront au
besoin eux-mêmes, afin de punir les prétendus
coupables avec eux C'est ce qui s'appelle pro-
prement bouder contre son ventre.
M. Waddington, dans son rapport sur la pro-
position Bardoux, a trouvé un argument inat-
tendu
« Le rétablissement du scrutin de liste, dit
l'honorable sénateur, porterait un coup mortel
au fonctionuemont régulier de nos lois consti-
tutionnelles. Le Sénat ne r 'signera pas à un
amoindrissement moral qui serait le prélude de
sa chute, et il le fera d'autant moins que la dis-
parition du Sénat deviendrait bientôt un danger
pour la République elle-même. »
L'accusation est grave. Voyons ce qu'elle
vaut
Lorsque la Constitution fut votée, on était en-
core sous le régime du scrutin de liste. Person-
ne ne savait alors quel serait le mode électoral
adopté, et la Constitution était faite pour fonc-
tionner aussi bien avec l'un qu'avec l'autre.
Or, quand vint la discussion de la loi électo-
rale, qui vota pour le scrutin de liste? Ceux
qui avaient défendu la Constitution et voté pour
olle.
Qui vota pour le scrutin d'arrondissement?
Ceux qui avaient le plua éuergiquement
combattu la Constitution; ceux qui procla-
maient que, dans leur pensée, elle était provi-
soire comme la République qu'elle établissait;
ceux qui annonçaient hautement que tous leurs
efforts tondraient à'la faire réviser en 18SO
dans le sons monarchique. et grâce à quel-
ques dissidents du centre gauche comme M.
Waddington, les ennemis de la Constitution
l'emportèrent.
Cinq ans se sont écoulés. La môme question
revient aujourd'hui devant le Sénat.
Qui votera pour le scrutin de liste ? Les
partisans les plus résolus de la Constitution.
Qui votera pour le scrutin d'arrondissement?
M. de Broglie, M. Buffet, M. de Fourtou, M.
Baragnon.
Et l'on vient nous dire que le rétablissement
du scrutin do liste serait un danger pour la
Constitution 1
Eh 1 parbleu, que M. Waddington se pro-
nonce on 1881 contre le scrutin de liste comme
il l'a fait en 1875, nous n'avons rien à dire, il
est conséquent avec lui-même et nous n'atten-
dons pas de lui que, votant contre les conclu-
sions de son rapport, il donne un exemple
unique dans l'histoire des régimes parlemen-
taires.
Mais quand nous voyons des sénateurs, jus-
que-lit partisans du scrutin de liste, obéissant à
nous ne savons quelles défiances puériles et
sans fondement, à nous ne savons quel étroit
et mesquin esprit de corps, se tourner tout à
coup contre lui, nous les prions de considérer
ce qui so passe du côté de nos adversaires. Là
aussi il se trouve des partisans du scrutin de
liste et des partisans du scrutin d'arrondisse-
ment mais, devant un intérêt supérieur de
parti, les divergences de vues sur la question
particulière de scrutin s'effacent et disparais-
sont. La droite qui, devant ce flot toujours mon-
tant de la démocratie, n'a plus d'espoir que
dans la division du parti républicain, la droite
croit toucher à son but, elle croit tenir enfin le
conflit si longtemps cherché, et la droite tout
entière s'apprête à rejeter la loi.
Et, plutôt quo de renoncer à leurs vues per-
sonnelles sur uno question particulière, il se
pourrait que trente ou quarante bons et sincè-
res républicains vinssent faire le jeu des ad-
versaires éternels de Ja République 1
qui ne compte pesez bien mes paroles qui ne
compte jamais vous revoir, j'aurais le droit d'in-
tervenir.
Laissez-moi quitter le château; je ne dois
même pas vous écouter 1
Non pas! Il serait en vérité trop commode de
faire expier par d'autres ses péchés à soL Les in-
nocents passent avant les coupables.
Mais vous me demandez des choses Impossi-
bles 1
Cruelles pour nous deux, mais nullement im-
possibles à accomplir.
Moi, que j'attache au sort d'une fille flétrie le
nom d'un honnête homme 1 Non, monsieur 1 la
femme à qui vous l'offrirez un jour portera haut
le front et sera digne de vous 1
Il n'y a dans ma vie plus de place pour une
femme.
Votre pitié vous emporte aujourd'hui. Plus
tard, vous ne ressentiriez pour moi qu'un juste
mépris. Je refuse, quoi qu'il advienne, je refuse ce
dévouement sublime, mais qui se déshonore lui-
même en s'adressant à moi i
Harald la força de s'asseoir, et, prenant un siège
en face d'elle, il lui dit avec un sentiment de pro-
fonde amertume
Et si je poursuivais mol aussi pour ma
part, une expiation et un pardon?
Vous n'êtes jamais descendu aussi bas que je
suis tombée!
Un étranger, témoin invisible de l'entrevue, en
serrant de près le raisonnement d'Harald, eût
peut-être risqué la remarque que la scène se pas-
sait dans l'atmosphère qui baigne la tombe du
prince Hamlet. L'ombre du visionnaire de la lé-'
gende scandinave semblait planer au-dessus du
jeune couple, en proie à ce douloureux débat.
Vous allez me juger, continuait Harald: je
suis le premier à qui vous ayez avoué votre
faute. Une confidence vaut une confession. Ecou-
tez-moi: 11 y a. en effet entre nous une différence,
et elle est à votre avantage. Pauvre enfant! ne
connaissant rien de la vie, vous vous êtes laissé,
comme une feuille d'arbre, emporter par la tem-
Non, non cela no sera pas. Malgré tous les
efforts du rapporteur de la commission pour
établir le contraire, il est évident pour tout le
morrîe. quo le rejet do la loi provoqueraitun
(Xkttflitvdont les conséquences seraient fatales.
La tactique significative des chefs de la droite
.ne laisse, à ce sujet, subsister aucun doute. Eh 1
bien, il faut à (tout prix éviter le conflit. Il ne
faut pas que, par.une contradiction bizarre et
inexplicable, on voie des républicains se sépa-
rer, au nom do la Constitution, des défenseurs
toujours les plus dévoués et les plus résolus de
cette Constitution, pour se réunir à ses adver-
saires acharnés. Les victoires signalées qu'ils
ont remportées depuis dix ans ont appris à nos
amis le prix de la discipline. A la discipline sé-
vère des hommes de la droite, les hommes de
la gauche sauront opposer une discipline éga-
lement absolue.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, c'est contre
l'article 16 de la loi d'instruction obligatoire
que la droite du Sénat entend déployer sa plus
vivo opposition. Elle combattra cet article avec
non moins d'énergie que la laïcité du pro-
gramme. Il ne nous paraît donc pas inutile, à
la veille de la discussion, d'en rappeler les ter-
mes et la portée. L'article en question a pour
objet d'assurer aux prescriptions de la loi leur
entier et fidèle accomplissement. Les enfants,
élevés dans leurs familles, seront soumis, com-
me les écoliers des écoles publiques et ceux
des écoles libres, à un examen annuel dont le
-programme aura été déterminé par arrêté mi-
nistériel, délibéré en conseil supérieur de l'ins-
truction publique.Si les deux preiaiers oxameus,
qu'aucune excuse ne soit admise par la com-
mission d'examen, les parents seront invités à
envoyer leurs enfants dans une école publique
ou privée, dans la huitaine de la notification, et
de faire savoir au maire quelle école ils au-
ront choisie. En cas de non déclaration, l'ins-
cription aura lieu d'office.
En fait, la nécessité de ces garanties se jus-
tifie aisément. Toute loi doit être obéie; il est
clair que si, sous prétexte d'instruction à domi-
cile, aucun contrôle n'était exercé, il ne man-
querait pas de parents do mauvais vouloir ou
indifférents qui maintiendraient leurs enfants
dans l'ignorance. Ajoutons que l'absence de
cette sanction établirait une réelle inégalité de
condition entre les diverses catégories d'eu-
fants les uns étant astreints à la vérification
annuelle do leurs connaissances, les autres af-
franchis de tonte sujétion de ce genre. L'obli-
gation n'a do sens et n'aura d'effet que si
elle est universelle. S'agit-il là d'une mesure
tyrannique, ou, pour employer lo langage des
polémistes de la droite, d'une « expropriation
de la famille ? » De telles exagérations ne sau-
raient tromper personne. Rien n'est plus ra-
tionnel et, disons-le, plus équitable que d'éta-
blir une règle qui soit la même pour tous; voilà
pour le principe. Quant au fait, l'examen sera
des plus élémentaires et il aura pour arbitres
des hommes dont il serait injuste de contester
systématiquement, avant de les connaître, l'es
prit de sagesse et d'impartialité.
Nous reconnaissons toutefois qu'il y a des
précautions à prendre, des gages à donner, et
qu'il importe de désarmer cellos des préven-
tions qui peuvent .être sincères. Nous voyons
déjà une garantie dans ce fait quo l'arrêté mi-
nistériel réglant le programme de l'examen
sera délibéré en conseil supérieur de l'instruc-
tion publique. Ce corps éminent est, en grande
partie, l'organe librement élu de l'Université;
il renferme des hommes éclairés, prudents et
autorisés tout à la fois, qui voudront certaine-
ment réduire l'examen à sa plus simple expres-
sion. On ne demandera pas sans doute à un
petit, enfant de la campagne, à l'issue d'une
année de classe, de disserter sur la morale,
l'histoire ou l'instruction civique la constata-
tion devra porter sur ses connaissances en lec-
ture et en écriture; cela sera déjà bien suffi-
sant, et le bon sons indique que les commis-
sions d'examen, si les limites du programme
sont nettement tracées, n'iront pas au delà de
cette vérification élémentaire. Mais il ost bon
que ces choses-là soient entendues à l'avance,
et, à ce point de vue, le débat qui s'engagera
au Sénat sur l'article 10 ne sera pas sans fruit,
l'article à la Chambre ayant passé sans discus-
sion.
La question du programme n'est pas la seule.
Il restera encore à déterminer quelle sera la
composition des commissions d'examen. Y aura-
t-il des membres de droit et dos membres nom-
més par le ministre ? L'enseignement libre y
sera-t-il représenté? Les pères do famille au-
ront-ils, dans une certaine mesure, voix au cha-
pitre ? Voilà tout un ensemble do points d'in-
terrogation intéressants ot auxquels la loi, telle
que nous la connaissons, ne répond pas. Nous
ne saurions avoir, pour le moment, la préten-
tion de résoudre un à un chacun do ces délicats
problèmos mais ils seront certainement posés,
et la droite no manque pas d'ingénioux avocats
qui chercheront à procurer à leurs clients les
plus larges satisfactions. L'essentiel pour les
amis sincères de l'obligation, c'est que le prin-
cipe de l'article subsiste. Qu'il y ait des ména-
gements à apporter dans l'application, cela est
vrai aussi bien en cotte matière quo dans d'au-
tres d'une nature semblable dont le Sénat a
pête Mais moi! je croyais m'ôtre trempé dans
la lutte, j'étais fier de ma raison froide et impé-
rieuse je me faisais gloire de dompter mes pas-
sions, et je les bafouais quand elles essayaient de
m'envahir 1 Un jour, je mo suis trouvé en faco
d'une femme, la femme d'un ami d'enfan-o.
L'amour m'avait depuis longtemps mordu au
cœur. J'ai cru en être presque guéri, et j'al
voulu jouer avec lui, convaincu qu'au pre-
mier effort do ma volonté, je parviendrais à
l'étouffer. Illusions chimères! 1 Je l'aimais plus
que jamais Après une longue absence, je n'ai pu
résister au désir de courir vers elle, sous pré-
texte de constater son bonheur, d'y veiller au be-
soin. Mensonge l| me criait en vain ma conscience.
Je fermais les oreilles à sa voix. Bien vite je com-
pris que le mari délaissait -sa femme. Un enivre-
ment de joie, tel fut le seul effet que me
produisit ma découverte. Je m'imaginai, je
çjus que, la place désormais libre, l'épouse aban-
donnée finirait par s'apercevoir de mon amour,
qu'elle le partagerait peut-être Pour devenir son
amant, j'eusse tout foulé aux pieds, tout sacrifié 1
Eh bien elle ne s'en est jamais aperçue, jamais
doutée! Elle adorait quand même son mari. J'ai
échappé à la déloyauté, mais nullement grâce à
mon mérite. Si la faute n'avait pas été commise,
je ne me reconnaissais aucun droit de m'en savoir
gré. J'ai vu alors clair en mon âme, et plus tard,
en présence d'une catastrophe prête à éclater, je
me suis juré de me racheter en me dévouant à la
noble femme que j'ai jailli outrager de ma pas-
sion. Cette femme, c'est Marthe. Et maintenant,
lequel de nous deux est le pins coupable? Accom-
plissons donc une expiation commune, et unis-
sons nos efforts pour sauver celle dont ni l'un,
ni l'autre, nous n'avons su respecter ic bonheur 1
Vous vous reprochez vos pensées, répondit
Eva avec un accent de sombre mélancolie vous
incriminez Jasqu'à vos intentions, vous vous met-
tez l'esprit à la torture pour me faire accepter un
acte de dévouement! Vos paroles me rendent en-
core plus horrible le souvenir de ma honte 1
Il n'est pas de chute, si profonde qu'elle soit,
équitablemei.t tranché les difficultés. Mais il est
excessif de soutenir que l'examen annuel viole
la liberté et qu'il met en pratique ce principe
autoritaire que l'enfant appartient non pas. à la
familK tu h- à la République, ho premier de-
voir civique du père est d'assurer à son enfant
le bienfait de l'instruction: la s ciété n'inter-
vient que pour vérifier et au besoin imposer
l'accomplissement de ce devoir.
LETTRES DE TURQ0I2
Question de calligraphie. Les réformes.
Midhat-Eacha.
Constantinople, 3 juin.
Le retard que l'on constate dans la signature de
la convention définitive par le délégué turc qui
sera probablement Server-Pacha, et M. Condou-
riottis, qui a reçu les pouvoirs nécessaire» de
son gouvernement, ce retard provient uniquement
d'une cause matérielle. Il ne s'agit pas seulement
pour la chancellerie ottomane de conclure des
traités, il en faut établir des copies. Ce n'est pas
une petite affaire lorsqu'on songo que le caractère
spécial dont on se sert pour ces copl'-s. i*> carac-
tère divani, est la pierre de touche du caliigrapue
turc. Il doit être tracé avec un soin excessif, et. la
difficulté est d'autant plus grande pour joindre
l'élégance à la précision, que chaque lettre, d'après
la règle, doit atteindre des proportions démesu-
rées. L'ensemble d'un instrument diplomatique
ainsi établi eat remarquable au point de vue artis-
tique, ce qui ne compense d'ailleurs que faible-
ment les inconvénients du retard dans l'échange
des signatures. Mais ainsi le veut l'usage, et ce
n'est pas en Turquie qu'on renonce facilement aux
coutumes surannées.
D'après un renseignement certain, ordre aurait
été donné au premier ministre, de hâter l'étude et
ta solution do toutes les affaires se rapportant à
la réforme administrative. Ce n'est pas la pre-
mière fois que ce bon mouvement s'est produit.
Quant à ses résultats bienfaisants, nous attendrons
pour les constater qu'ils se soient manifestés au
grand jour, qu'ils soient devenus tangibles. L'heu-
re ne saurait d'ailleurs être plus propice pour la
Turquie. Elle recueille auprès de l'opinion publi-
que européenne le fruit de son attitude correcte
dans l'affaire turco-grecque. Elle commf lirait une
nouvelle faute, cette fois irréparable, si elle ne 8e
hâtait de bénéficier de cette détente, de ce retour
d'impressions favorables, en introduisant dans son
administration et dans ses finances, avec le con-
cours de l'Europe, les améliorations dont il n'est
plus besoin de démontrer la pressante nécessité.
L'enquête sur les causes de la mort d'Abd-ul-
Azlz paraît bien près d'être terminée. Votre cor-
respondant pourrait, comme tant d'autres de ses
confrères, énumérer tous los bruits qui courent
sur cet événement à sensation. Mais je ne pour-
rais flatter le goût malsain d'informations à ou-
trance qu'aux dépens des règles élémentaires d'une
information sérieuse. Personne autre que le juge
d'instruction ne communique avec les prévenus.
La contradiction flagrante des mille bruits qui
sont mis en circulation sur les incidents de l'en-
quête prouverait au besoin à elle seule le manque
absolu d'authenticité des nouvelles qu'on sert au
public. Que n'a-t-on pas dit, par exemple, sur
Midhat-Picha? Je ne me suis jamais expliqué,
pour ma part, tout le fracas qui s'est fait autour
de ce personnage, dont le seul mérite est d'appor-
ter dans l'administration des provinces des quali-
tés relatives auxquelles l'insuffisance de la plupart
des autres valis donne un relief exagéré. Vous sou-
vient-il, alors que je vous disais, il y a quatre ans,
la vérité sur son compte, sur son libéralisme mau-
vais teint, sur son incapacité comme homme d'E-
tat, sur ses fautes, dont la plus grave, que son pays
peut lui reprocher cruellement, fut son action
énergique bien que dissimulée dans le rejet des
propositions de la conférence de Constantinople,
vous souvient-il des tirades enflammées par les-
quelles des journaux d'Europe, et non les moins
importants, exaltaient ses idées, ses projets, ses
actes, et voyaient en lui un homme providentiel,
un parangon de libéralisme et de progrès ? Il a
droit aujourd'hui, dans sa position de prévenu,
à des ménagements. Mais les journaux français
ne doivent pas autre chose que le silence à ce mi-
nistre qui toujours a combattu, lorsqu'il était au
pouvoir, l'Influence française et les intérêts fran-
çais.
Les journaux turcs annoncent que les débats
publics sur cette ténébreuse affaire s'ouvriront
bientôt. J'ai déjà pris auprès du lecteur l'engage-
ment, que je renouvelle, de les suivre et d'en ren-
dre compte avec une exactitude scrupuleuse.
TUNISIE
Le ministre de la guerre a reçu la dépêche
suivante
Le général Forgomol au ministre de la guerre.
Enchir-Skira, 6 juin, 7 h. 15.
D'après un rapport du 5, du général Delebeoque, les
brigades sous ses ordres ont exécuté exactement les
mouvements prescrits le 2, après avoir couché suc-
cessivement à EnchirSaga-bou-Ouhara, puis a Souk-
el-Tenin, tandis que sa seconde colonne campait à Et-
KadoumaetàEl-Djemane.Le généralGalland so concen-
trait le 5 à Ben-Mètir il a envoyé aujourd'hui 6 pren-
dre quatre jours de vivres à Tabarca. Le géneral Vin-
cendon est arrivé de sa personne le 5, à Ain-Draham,
où depuis plusieurs jours dos études pour le tracé des
routes sont commencées, ainsi que des travaux de dé-
broussaillement. La brigade Cailliot s'est portée, au-
jourd'hui 6, de Dar-el-Mana sur Fedj-Bejedel-Sekker, où
elle fera séjour demain. Elle a reconnu ave; soin l'em-
bouchure de l'Oued-Zaino, et fait des études topogra-
phiques intéressantes et utiles. La colonne Logerot est
tenue camper à Enchir-Skira, où J'ai reçu tous les
cheiks des Mogod je leur ai fait connaître les condi-
tions auxquelles l'aman peut leur être accordé parmi
les conditions figurent l'indemnité pour le capitaine
du Santoni. Tebessa signale la situation comme satis-
faisante. Rien de nouveau au Kef, Tabarca, ni Con-
stantine.
dont on ne puisse se relever.
La mienne est définitive. Gardez.m'en le se-
cret, et laissez-moi fuir, me faire oublier du
monde entier! Dieu pourvoira au salut des inno-
cents.
Dieu n'empêchera pas Marthe de mourir, ni
Axel do sa précipiter sur vos pas.
Axel n'est plus à craindre; je lui ai dit un
éternel adieu, et Il s'y est résigné.
Il vous l'a promis, donc il vous trompe s'é-
cria Harald. Tenez! le voici qui vient. Je vais l'ap-
peler vous l'entendrez, vous le jugerez! 1
XVIII
Harald ouvrit vivement la porte et, d'un geste,
invita Axel à entrer. Puis, sans lui donner le
temps de se préparer à la riposte. il l'interpella:
Eva, qut> tu vois ici, croit que tu as renoncô
à tout projet sur elle; elle est persuadée qu'elle
pourra vivre loin de toi, s^ulo et libre. J'essayais
de la détromper.
Tu aurais pu t'épargner ce souci fort superflu
en ce qui me concerne.
J'ai aftirmé à Eva que tu voulais la. suivre.
Réponds nettement, cela est-il vrai? '1
Ah de grâce, cessez donc une fois pour tou-
tes de m'honorer de votre tutelle 1
Cela est-il vrai, oui ou uon?
Ce qui se passe chez moi n'obéit qu'à la
volonté du maître de la maison de personne
d'autre 1
Ah! 1 vous n'osez pas me mentir, à moi! 1
Comment m'apostroplior de la sorte, ici, à
mon foyer, devant elle!
Avais-je tort Eva?. Vous l'entendez! Cet
homme vous mentait!
Axel, lus yeux injectés de sang, serrait les poings.
Eva se jeta entre les deux interlocuteurs.
ROoofldez! s'écria-t-elle; répondez! 1
ALGÉRIE
Kous lisons dans la Seybouse de Bone
Vendredi dernier, deux gendarmes de la brigade d >
Mondovl ont accompli un vérité v'e tour de torc.e ai
opérant l'arrestation de vingt u an cavaliers indi-
gènes, détenteurs de munitions de guerre. Voici la
fait
Ces Jeux gendarmes se rendaient en correspondance
de nuit avec; la brigade de Zerizer-Morris lorsqu'ils
lirait ronoontre, près du village de l'Oued-Besbès, d'un
groupe de cavaliers indigènes, inconnus an pays. au
nombre de trente environ, tous armés de fusils, pisto-
lets, sabres ou yatagans.
A l'interpellation des gendarmes sur leur identité,
If- mission, d'où ils venaient et où ils allaient, oes
cavaliers lu'ireut la fuite à travers champs. Aussitôt
lançant leur* chevaux dt franchissant les obstacles,
les gendarmes se mirent, revolvers aux poings, à la
poursuite des fuyards. Après des efforts, qu'il est inu-
tile do décrire, vingt et un sur trente furent arrêtés et
conduits à Mondovl.
On suppose que ces indigènes, qui se disent origi-
naires de la commune de Oued-Cham, se sont échappés
de la colonne du général Vincendon, où ils étaient en-
rôles comme cavaliers du goum. Leurs armes ont été
saisies ainsi que plus de trois cents cartouches à
balle, dont plusieurs fnsils Gras. Leurs montures ont
été misos en fourrière. Quant à eux, en exécution d'uu
ordre supérieur, il. ont été reconduits à la colonne du
général Vincendon.
BULLETIN DE L'ÉTRANGER
DÉPÊCHES HAYAS ET RENSEIONEMBHTS PARTICOUBRS
Alsace-Lorraine
On lit dans la Presse de Strasbourg
MM. Michel Debs, érant .responsable, et Edouard
Heiin, rédacteur en chef de la Prwe d'Alsace et de
Lorrain-: ont reçu assignation, en date da -3 juin, à
comparaître, aujourd'hui 7 juin, devant M. le JUr*
d'instruction, sous la prévention d'offenses à M. le
sous-ne -iiHaire d'tëtat aux finances.
La demande en autorisation de poursuites contre la
Presse d'Alsace et de Lorraine, déposée au Reichstag
dans sa séance du 31 mai par M. de Bœtticher, au
nom du chancelier, a été provoquée par le parquet de
Strasbourg. Ce dernier a relevé le délit d'offense au
Reichstag, dans un article paru dans la Presse du 29
avril, et commençant par ces mots « Nous avions
trop présumé de la justice de la majorité du Reichs-
tag. »
La Presse est donc sous le coup d'une doubln action,
la première qui suit son cours, la seconde oui est .su-
bordonnée à l'assentiment du Reichstag. Suivant une
tradition constante jusqu'à ce jour, cette Assemblée a
toujours rejeté les demandes do poursuites contrelea
journaux qui lui étaient présentées par le gouverne-
ment.
Allemagne
Dans le but d'assurer le chiffre du personnel
nécessaire pour l'administration du matériel de la
flotte en cas de guerre, l'empereur a rendu un dé-
cret disposant qu'à l'avenir une partie des hommes
des divisions de matelots seront instruits de ma-
niere à pouvoir, en cas de guerre, remplir lesfono-
tions d'administrateur du matériel à bord des bâ-
timents de l'Etat.
Angloterrs
Des troubles assez sérieux ont eu lieu hier a
Scbull (à l'extrémité occidentale du comté de
Cork), par suite du bruit qui s'était répandu qu'on
allait arrêter le Père Murphy, prêtre de la pa-
roisse. Bien que le Père Murphy eût lui-même
exhorté ses défenseurs à se disperser et à rentrer
pacifiquement dans leurs demeures, des milliers
de personnes sont allées couper les fils télégra-
phiques, détruire les postes de police et dèfonc-r
les routes par où, disait-on, le prêtre devait être
conduit à Bantry.
Des troupes ont été envoyées de Cork à SchulL
Le gouvernement, voyant l'agitation s'étendre
en Irlande, essaye de lutter en interdisant los
meetings agraires et en mettant en vigueur la loi
de coercition dans de nouveaux comtés; cVst
ainsi que la Gazette du Dublin publie aujour-
d'hui une proclamation interdisuut un meetmg
agraire qui devait se tenir à MulluiL'ar, comté de
Westmeath, parce q ut>, suivant l'opinion du. gou-
vernement, cette réunion a pour but d'em pêcher
par Intimidation, menace ou violence, l'exécution
de ta loi.
Un autre proclamation place sous le régime du
bill de coercition trois baronnies du comté di
Meath et tout le Klng's County.
C'est reconnaître que l'agitation s'est propagée
maintenant jusqu'à la partie centrale et orientait
de l'Irlande.
La Ligue ne se laisse pas décourager du reste
malgré les arrestations répétées de ses membre
influents. L'argent ne lui manque pas d'ailleurs
dans une réunion tenue hier à Dublin, le trôsoria
a fait savoir que pendant la semaine dernière seu
le, il a reçu 1,400 livres sterling (35,000 fr.). Cett,
même semaine, le nombre des expulsions s'es
élevé à deux cents personnes, formant quarante
neuf familles la Ligue a voté des fonds pour leuf
venir en aide.
Le ministère, de son côté, malgré la recrudes-
cence des troubles, compte toujours sur le latufr
bill corn m»' sur une panacée capable d'apaiser le
désordre. Dans un discours qu'il a prononcé hier
soir devant les électeurs de Birmingham, M.
Chamberlain, ministre du commerce, a défendu la
politique suivie par le gouvernement en Irlande
et a renouvelé l'assurance que le cabinet se retire-
rait si ie land-bill était rejeté.
M. Chamberlain a profité de cette occasion pour
giorllier aussi le rôle du cabinet Gladstone à l'ex-
térieur el affirmer quo l'Angleterre n'a jamais eu
plus d'influence qu'aujourd'hui ea Europe.
Rassis
S'il faut en croire une dépêche du Standard,
une mine de dynamite aurait été découverte sous
les rails du chemin de fer près de la station de
Gatchina où réside l'empereur Alexandre III. La
mine. d'après le Standard dont les renseigne»
ments ne doivent être acceptés que sous toutes ré-
serves, était reliée par un fil à la batterie élec-
trique du bureau télégraphique tous les employés
de ce bureau ont été arrêtés. y
D'après une correspondance russe publiée par
le Times, le mécontentement qui régnait dans les
diverses classes do la société a gagne l'armée, der-
nier soutien du gouvernement. Durant le dernier
mots, vingt à trente officiers, parmi lesquels un
lieutenant-colonel des gardes, ont été arrêtés.
Les officiers de marine sont spécialement com-
promis depuis que trois d'entre eux ont été arrêtes
comme comollces dans les dernières tentatives
A vous, oui, fit Axel; à lui, jamais Quel»
sont ses droits à m'interroger sur votre compte?
Les mêmes, riposta Harald, que vous invo-
quiez hier encore contre moi les droits d'un ma.
ri sur sa femme. J'épouse Eva.
Axel éclata d'un rire farouche.
La chose est sérieuse, puisque je l'affirme;
ajouta Hirild.
Axel ne se possédait plus.
Tume tueras auparavant! hurla-t-il, –In*
fàme, qui n'hésites pas à épouser ma maîtresse t
La calèche du château s'arrêtait devant le per-
ron. On y entassait à la hâte et pèlr-melë cartons
et paquets. Marthe, vêtue en voyageuse, apparut
sur le seuil du salon. Elle venait jouer sa partie
suprème, la vaillante femme 1 Le moral, en dépit
des prévisions scientifique* de Magus, avait relevé
chez elle le corps et fait jaillir des sources d'éner-
gie indomptable. Los chetivetès féminines produi-
sont parfois de ces phénomènes dont ne serait pas
capable, en cas analogue, la plus robuste natur»
do l'homme.
Une dispute! l A quel propos ?– Interrogea
Marthe en enveloppant du regard les trois person-
nages.
Harald s'avança vers elle.
Comtesse Gyldenloev, dit-il, jo vous an-
nonce mon mariage avec Mlle Eva Fridmann.
Jamais Je n'accepte pas! s'exclama la
créole, les deux bras étendus comme si entre elle
ot son prétendant elle voulait ouvrir un abîme.
Harald tentait de reprendre la parole.
Pourquoi n'acceptez- vous pas? intervint Map»
the d'un ton calme, Dites 1
Eva baissait la tète. Personne n'osait rompre la
solennité du silence. Marthe continua
Harald, Eva refuse je vais vous en dire
la raison, moi Elle refuse parce que ce n'est pas
elle que vous aimez; elle refuse parce qu'elle est
la maîtresse de monsieur l
Madame! vociféra Axel.
Le grouue se resserrait,
Wl S'ABONNE AB BUREin DU JOURNAL. 10, RUE DU F\UBOUR(HïOSTMABTftE, A PAttïS. JBTflA&S TOUS LÉS BUREAUX DE POSTE
JEUDI 9 JUIN 1881.
PRIX DE L'ABONNEMENT
PARIS. Trois mois, 14 fr.– Six mois, 88 fr.- Un an, 66 H <
BËPARTLliENTS. 1? fr. 34 fr. «8^
LBS AB(M
Un numéro (à Paris) 15 centimes.
»««. j
ANNONCES MM. Lapfitb, Cbrf ET G=, 8, place de la Bourse.
(.Droit d'insertion réservé à ta rédaction.) A
BUREAUX 10, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS
PRIX DE L'ABONNEMENT
PARIS. Trois moi!, 14 fr.– six mois, 88 fr.– Un an, 86 fr.
DÉPARTEMENTS. 17 fr. 34 fr. 68 fr.
L8S A.POWEMBHT9 D4TEW I)E9 i" ET 16 DE CHAQUE mon
JJn numéro
£• réédition ne rfyond pas des articles communiqué*
ut ne se charge pas de les renvoyer.
BUREAUX 10, rue du Faubourg-Montmartre, PAKS
PARIS, 8 JUIN
BULLETIN DU JOUR
La Chambre a voté hier la proposition de
loi modifiant la loi du 10 décembre 1874 sur
•l'hypothèque maritime. Le texte de la commis-
sion a été adopté avec quelques modifications
de détail sur lesquelles le gouvernement et la
^commission étaient d'accord. On a repris en-
éâite la discussion du projet de loi allouant des
suppléments de pension aux militaires et ma-
rins dont la retraite a été liquidée sous les
régimes antérieurs à ceux des lois de 1878 et
1879.
Chambre était, on le sait, en présence de
deux systèmes la commission spéciale lui pro-
posait d'assimiler toutes les retraites militaires,
en revisant les pensions liquidées avant 1878, et
en leur appliquant le tarif de 1878 et de 1879. Le
ministre des finances, d'accord avec la commis-
sion du budget, proposait, au contraire, de ne
;pas reviser ces pensions, mais d'accorder aux
retraités une allocation supplémentaire. Cette
allocation aurait été inférieure au boni résul-
tant pour les retraités de la revision de leurs
pensions' et de l'application du tarif de 1878 et
de 187».
La lutte entre les deux systèmes a été de
nouveau soutenue hier par M. Paul Casimir
Perier, rapporteur, et par M. le ministre des
finances. La Chambre s'est rangée à l'avis do
•îâ commission, en adoptant par Ï55 voix con-
Jtre 2Ô7> l'article 1èr, qui applique les tarifs de
'1878 et 1879 aux pensions liquidées suivant les
"i tarifs antérieurs. Elle a ensuite repoussé un
amendeiïîoni d'après lequel, et conformément
au projet du gouvernement, les retraités pour-
vus d'emplois civils n'auraient pas été exclus
du bénéfice de la présente loi. La Chambre en
est restée à l'article 9, qui a été renvoyé à la
commission.
i- Au moment où l'on discute un traité de com-
merce avec l'Angleterre, et quand les protec-
tionnistes font tous leurs efforts pour entraver
l'entrée en France dos produits étrangers, il
• "n'est pas sans intérêt de constater les effets
'qu'a produits en Allemagne le régime proteo
Itionniste inauguré par le prince de Bismarck.
Une feuille allemande, les Archives du can-
merce allemand, publie une série de rapports
sur la situation agricole, industriello et com-
imerciale de l'Allemagne. Voici quelques-uns
i des effets du tarif protectionniste
Le droit de douane sur les blés n'a pas em-
pêché d'importer du blé de Hongrie, écrit-on
/Su Wurtemberg mais il a élevé le prix du
pain.. Ce même droit, écrit-on de Cologne, a
̃réduit presque à rien l'exportation en Belgique
et en Hollande des farines rhénanes et \vest-
'phaliennes. 11 a on outre à peu près détruit lo
commerce des blés dans le port de Momel. « Les
[marchands de Pologne envoient maintenant
iune grande partie do leurs blés à Libau, en
Russie,! » Ainsi, le droit do douane sur les blés
a nui à la fois au consommateur, à l'industriel,
au négociant et à l'armateur.
Mêmes résultats pour l'industrie. A Elberf eld,
à Dortmund, l'impression sur coton souffro des
droits sur les machines, les matières colorantes
et les tissus. Partout l'industrie des cuirs se
plaint du droit sur la taxe. A Biolefold, c'est
l'augmentation des droits sur les fils do laine
qui nuit à la fabrication de la peluche. A Stutt-
gard, l'industrie des corsets est dans le ma-
rasme elle employait des tissus anglais et des
ijbuscs français, qui maintonant sont taxés en
douane.
Conclusion les industries qui se réjouissaient
• rti'être protégées souffrent de la protection ac-
cordée aux produits qui leur servent de matiè-
re première. Non-seulement elles n'ont pas ga-
gné à la protection, mais elles y ont perdu,
car renchérissement des matières premières
rend leurs produits plus chers et les empêche
de soutenir, pour l'exportation, la concurrence
de l'étranger.
1. DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
Des correspondants parttooUara da Teiup*
Madrid, 8 Juin, 10 h., matin.
Le plaa autorisé des journaux libéraux de Ma-
drid, JZl Imparcmf, publie un long article qui
fait sensation, sur la question des alliances futu-
res de l'Espagne. Apres avoir rejeté par des rai-
sons d'inconipatibiûtô de race, d'Intérêts,, d'aspi-
rations, toute idée d'alliance avec l'Angleterre ou
FAHemagne, Et Impartial déclare que la seule
alliance pratique et populaire est celle de la
France, qui est, sur les rives do la Méditerranée
et surtout en Afrique, ralliée naturelle de l'Es-
OMftie.
*El. Impartial, qui se montre aussi fort dur pour
je rôle de l'Italie dans la politique contemporaine,
jrépudie nettement les avance» récentes faites par
la diplomatie et la presse berlinoises à l'Espagne.
Cet article ressemble, par ses conclusions, au lan-
que tiennent M. Gastelar et toute la presse
libérale et démocratique chaque fois qu'on touche
k cette question du Maroc oui passionne si facllu-
Went l'opinion publique en Espagne.
FEUILLETON DU TEMPS
.I.. -1~~ DD0 JUIN 1881 [88]
fîARALD
TROISIEME PARTIE
V;" -̃̃ ̃̃.̃̃ sm'.i
Jl* créole se présentait en tenue de voyage, son
u à la main. Harald l'accueillit, les traits
îcagrelnts de gravité.
il- Je désirais vous parler, dit-il; deux mots
»©«̃ comoieflcer vous fuyez avec Axel?
r .jRra releva la tête et répondit d'un ton ferme
Vous vous trompez; je pars seule. If n'oserait
îp«» me suivre, lui t
y. u vous suivra Si obscure que soit votre ro-
fni&e, il saura la découvrir. Seule, et sans appui,
;«M»ment échapperez- vous à ses obsessions V com- 1
atent résisterez-vous à sa passion furieuse? Vous
jrejosaberez sous sa main f
f ̃
R»ro<3uetion interdite– Voir leTemps des 13, 14, 15,*
Kfc«,«0, 21, 22, 28. &5, 87. 88. 80 avril. 1^5, 7, Hl», 13
.r;, tO, 21, 22, 'yn 28. 00 D'Vri], 1"5.. 7. i Ii>!
Ht-», S0 T^ ?Cb S". ?6 wai, 3, h et 8i*«in.
Vienne, 8 juin, mim.
La conférence à quatre (formée par l'Autriche,
la Serbie, la Bulgarie et la Turquie pour le règle-
ment de la question des chemins de f<-r dans la
péninsule des Balkans) a- repris ses travaux.
L'avant propos autrichien, relatif au raccordement
des ligne* autrichiennes avec les chemina de fer
serbe, bulgare et ottoman, a été accepté comme
base do la discussion. P
Les dispositions de tons les délégués sont plus
conciliantes que précédemment, et l'on espère ar-
river à une entente dans le courant de l'été.
Les funérailles du général Uchatius ont été
grandioses. Toutes les autorités militaires et civi-
les, suivies d'une foule énorme, ont accompagné le
char funèbre. Pg
Le prince Milan est parti hier pour Berlin. Le
prince Rodolphe est parti ce matin pour Prague;
ce voyage et son séjour projeté à Prague déplai-
sent fort à la presse hongroise et excitent au con-
traire un véritable enthousiasme dans les jour-
naux tchèques. Berlin, 8 juin, 11 h., matin.
Berlin, juin, Il h., matin.
L'Union des commerçants et des industriels de
Berlin a convoqué pour le 17 juin une r-unlon
pour délibérer sur le projet de faire une exposi-
tion universelle à Berlin, en 1885. Des c cillera s
municipaux, des députés du Reichstaj; et de '.a
Chambre d s députés prussienne assistoronl à
cette réunion.
Un appel aux conservateurs, signe par les dépu-
tés du Reichstag, de la Chambre des députes < t le
la Chambre des seigneurs, signale l'importance e
capitale des élections pour le jmrti, et demande de
l'argent.
Demain réouverture du Reichstag, qui discutera
le projet de loi rétablissant les corporations. Les
libéraux sont inquiets, car il suffirait d'un dépla-
cement de quelques voix pour assurer le succea du
projet du chancelier.
Il n'est pas douteux qne l'accueil fait au prince
Milan, à Berlin comme Vienne, ne soit encoura-
geant pour le projet d'ériger la Serbie en royaume.
L' Allemagne n'a aucun Intérêt à agir autrement
qiïeFAutriche à ce sujet. Berlin, 8 juin, midi.
La nouvelle relative à un complot contre la vie
de l'empereur, qui aurait été découvert à Wlesba-
den, nouvelle donnée par la Gazette de Cologne,
est fausse.
Si sa santé le lui permet, le chancelier prendra
une part active aux délibérations du Reichstag
pendant la fin de la session.
Le gouvernement, inquiet des proportions que
prend l'émigration, a défendu à Bromberg, aux
agents de l'émigration, d'afficher des placards por-
tant leurs offres à la connaissance du public.
On dit que le pays ne songeait pas à la loi
électorale et qu'il n'y prend point un intérêt
passionné. Il est vrai, mais depuis quand
est-il défendu au législateur d'être plus pré-
voyant que les masses, ou depuis quand son
devoir consiste-t-il, en toute affaire, à attendre
qu'un mouvement populaire le saisisse des
questions? On insiste et l'on dit que la Chambre
pouvait bien laisser la discussion sur le mode
do votation à la Législature suivante. Objec-
tion peu sérieuse, car ce sujet est de ceux qui
no peuvent se traiter qu'à la fin d'une Législa-
ture, et laisser le scrutin d'arrondissement pré-
sider à l'élection de la Chambre prochaine c'eût
été lui donner quatre années de plus d'exis-
tence et lui assurer à l'expiration de ce terme
l'avantage d'une possession déjà établie. Il s'a-
git de savoir laquelle des deux formes de vote
ost la plus favorable à la constitution d'une
Chambre animée de l'esprit public, et, ceci re-
connu, il ne saurait y avoir de doute sur la con-
vfinancft dA .pratiquer dès aujourd'hui, le
mode qui aura obtenu la préférence. Mais, de
tous les raisonnements par lesquels on cherche
à surprendre la religion du Sénat, le plus
étrange assurément est celui qui prétend que le
vote des députés laisse la question entière, et
quo la crainte d'un conflit entre les deux corps
délibérants est absolument sans objet. On joue
sur les mots quand on s'exprime ainsi. De con-
flit, au sens propre et légal, il n'y en a pas, en
effet, et il ne saurait y en avoir, puisque le Sé-
nat, en rejetant le projet de loi de M. Bardoux,
agirait dans la liberté de ses attributions con-
stitutionnelles. Si c'est là ce que M. Wadding-
ton a voulu dire dans son rapport, il ne trou-
vora point de contradicteurs, et son seul tort
sera de s'être donné beaucoup de peine pour
enfoncer une porte ouverte. Mais, au sens poli-
tique du mot, c'est tout autre chose. La Cham-
bre des députés, quelle qu'ait été d'abord le.
chiffre de sa majorité, a fait sien le vote en fa-
veur du scrutin de liste. Elle s'est approprié la
mesure. Les meilleurs esprits, parmi ceux qui
s'étaient montrés dans l'origine indifféronts ou
hostiles, reconnaissent que la décision est désor-
mais acquise et qu'on ne saurait arguer des cir-
constances qui l'ont précédée pour en contester la
valeur. Les choses étant ainsi, il est certainqu'un
vote adverse de la part du Sénat serait un échec
infligé à la décision des députés, et, ne l'oublions
pas, non sur une question de législation ordi-
naire, mais sur une question qui concerne
spécialement la Chambre. Cela est si vrai qu'a-
vant les incidents qui ont excité les esprits et
éveillé les susceptibilités, personne ne songeait
que le Sénat pût intervenir dans une affaire do
ce genre. Qu'il ait le droit de le faire, encore
une fois, cela n'est pas douteux. Qu'il se pro-
nonce contre le projet de loi, personne ne nie
que ce projet ne soit par là seul rejeté dans les
limbes des enfants mort- nés. Mais quant à
prétendre qu'une pareille résolution, parce
qu'elle serait légale et régulière, ne serait pas
un exercice extrême d'un droit, et qu'elle no
constituerait pas un grief légitime des députés
contre le Sénat, il faut pour se l'imaginer toute
la tendance du doctrinarisme à considérer les
choses dans l'abstrait.
Jamais 1
-Vous retomberez sous sa maint Insista Ha.
rald; là-bas le crime et la honte, Ici le désastre et
le deuil Vous, déshonorée à tout jamais; Marthe,
brisée ot peut-être morte.
Les paroles se succédaient rapides et accentuées.
Eva fléchissait. Un élan de désespoir la tira de
l'abattement. Elle se tordit les bras et d'une voix
gonflée de sanglots
Ah s'écria-t-elle, que no m'a-t-on laissée au
fond de ce lac où j'avais cherché la fin de mes mi-
sères 1 Il no m'est donc plus permis de mourir, ni
de vivre l
Harald la contempla en silence, puis se rappro-
chant d'elle, il reprit avec douceur
Eva, si je vous offrais un moyen, un moyen
Infaillible, le seul qui reste de vous sauver à la
fois, vous d'un déshonneur public, Marthe d'une
catastrophe?
Eva lo regarda dans le blanc des yeux. Avait-
elle bien entendu, bien compris le sens de ces ma-
giques paroles ?
Est-ce possible? reprit-elle vivement. Mol,
qu'importe (ne songez pas à moi; sauvez Marthe 1
Lo salut de l'une se rive à celui de l'autre,
à la condition toutefois que vous suivrez mon
conseil.
Sans hésiter, en aveugle Je vous le jure t
-Si étrange qu'il puisse vous paraître?
C'est vous qui me l'aurez donné; cela suffit.
Eh bien
Il s'arrêta un instant comme s'il rejetait tut far-
deau immense de sa poitrine.
Eh bien 1 épousez-moi 1
Vous dites?- balbutia la créole stupéfaite.
Erjoiimez-moi. J'ai bien réfléchi. Axel sera
forcé de so taire, et les soupçons do Marthe s'éva-
nouirout devant le fait accompli.
Mais, monsieur, vous avez donc oublié ce que
j'ai fait, qui jo suis?
Au sortir de la cérémonie, eoaUiiua Harald,
je vous conduirai dans un reîage assea éloigné et
caché- pour qu'Axel ne le- a&couvTO.paa; et d'ail-
ÉaHS^s'il osait vous y ponrasiçr». J'aurais, mot
On va jusqu'à affirmer, nous l'ayons dit, que
la question se présente entière devant le Sénat. I
Elle lui arrive, nous assure-t-on, dans les mô- I
mes conditions que celles où la Chambre l'a.-
trouvée, et la haute Assemblée n'a par consé-
quent autre chose à faire qu'à juger la loi sur
sa valeur intrinsèque. C'est te contraire qui est
vrai. Lés mérites des deux modes do votation
électorale sont absorbés aujourd'hui par une
question supérieure. Lo vote de la Chambre des
députés a créé uno situation qu'il serait aussi
puéril que dangereux de méconnaître, et qui, à
l'heure qu'il est, domine tout. Nous n'avons pas
besoin d'insister. Il ne s'agit de rien de moins
que d'une crise politique., dont tout le monde
connaît les éléments sans que nous ayons à les
énumérer, et qui, pour rio pas' so traduire peut-
être par des faits immédiats, n'en sera pas
moins réelle et profonde. Qu'on brave ces éven-
tualités, nous le comprenons; mais, au nom du
ciel, qu'on sache ce que l'ou fait, et qu'on ne se
jette pas dans l'inconnu en se rassurant par la
correction légale de sa conduite et en dégui-
sant la réalité sous des raisonnements de doc-
trine
Le caractère souverainement impolitique de
la campagne entreprise, sur certains bancs du
Sénat, contre le scrutin de liste, achève de se
montrer dans une dernière objection. Si la
situation a changé, dit-on, si elle est grave, si
les pouvoirs publics sont mis en cause et la
majorité républicaine divisée, la faute en .est à
la Chambre; c'est sonvoié -q«i£ tout fait. Pour
le coup, nous sommes, avec ce raîsoïHieïïîent,
en plein enfantillage. Ne dirait on pas des éco-
liers qui sont do mauvais hurleur pour quelque
tort réel ou imaginaire qu'on leur a fait, et qui
sont prêts à tout souffrir pourvu que leur ven-
geance y trouve son compte i ls se puniront au
besoin eux-mêmes, afin de punir les prétendus
coupables avec eux C'est ce qui s'appelle pro-
prement bouder contre son ventre.
M. Waddington, dans son rapport sur la pro-
position Bardoux, a trouvé un argument inat-
tendu
« Le rétablissement du scrutin de liste, dit
l'honorable sénateur, porterait un coup mortel
au fonctionuemont régulier de nos lois consti-
tutionnelles. Le Sénat ne r 'signera pas à un
amoindrissement moral qui serait le prélude de
sa chute, et il le fera d'autant moins que la dis-
parition du Sénat deviendrait bientôt un danger
pour la République elle-même. »
L'accusation est grave. Voyons ce qu'elle
vaut
Lorsque la Constitution fut votée, on était en-
core sous le régime du scrutin de liste. Person-
ne ne savait alors quel serait le mode électoral
adopté, et la Constitution était faite pour fonc-
tionner aussi bien avec l'un qu'avec l'autre.
Or, quand vint la discussion de la loi électo-
rale, qui vota pour le scrutin de liste? Ceux
qui avaient défendu la Constitution et voté pour
olle.
Qui vota pour le scrutin d'arrondissement?
Ceux qui avaient le plua éuergiquement
combattu la Constitution; ceux qui procla-
maient que, dans leur pensée, elle était provi-
soire comme la République qu'elle établissait;
ceux qui annonçaient hautement que tous leurs
efforts tondraient à'la faire réviser en 18SO
dans le sons monarchique. et grâce à quel-
ques dissidents du centre gauche comme M.
Waddington, les ennemis de la Constitution
l'emportèrent.
Cinq ans se sont écoulés. La môme question
revient aujourd'hui devant le Sénat.
Qui votera pour le scrutin de liste ? Les
partisans les plus résolus de la Constitution.
Qui votera pour le scrutin d'arrondissement?
M. de Broglie, M. Buffet, M. de Fourtou, M.
Baragnon.
Et l'on vient nous dire que le rétablissement
du scrutin do liste serait un danger pour la
Constitution 1
Eh 1 parbleu, que M. Waddington se pro-
nonce on 1881 contre le scrutin de liste comme
il l'a fait en 1875, nous n'avons rien à dire, il
est conséquent avec lui-même et nous n'atten-
dons pas de lui que, votant contre les conclu-
sions de son rapport, il donne un exemple
unique dans l'histoire des régimes parlemen-
taires.
Mais quand nous voyons des sénateurs, jus-
que-lit partisans du scrutin de liste, obéissant à
nous ne savons quelles défiances puériles et
sans fondement, à nous ne savons quel étroit
et mesquin esprit de corps, se tourner tout à
coup contre lui, nous les prions de considérer
ce qui so passe du côté de nos adversaires. Là
aussi il se trouve des partisans du scrutin de
liste et des partisans du scrutin d'arrondisse-
ment mais, devant un intérêt supérieur de
parti, les divergences de vues sur la question
particulière de scrutin s'effacent et disparais-
sont. La droite qui, devant ce flot toujours mon-
tant de la démocratie, n'a plus d'espoir que
dans la division du parti républicain, la droite
croit toucher à son but, elle croit tenir enfin le
conflit si longtemps cherché, et la droite tout
entière s'apprête à rejeter la loi.
Et, plutôt quo de renoncer à leurs vues per-
sonnelles sur uno question particulière, il se
pourrait que trente ou quarante bons et sincè-
res républicains vinssent faire le jeu des ad-
versaires éternels de Ja République 1
qui ne compte pesez bien mes paroles qui ne
compte jamais vous revoir, j'aurais le droit d'in-
tervenir.
Laissez-moi quitter le château; je ne dois
même pas vous écouter 1
Non pas! Il serait en vérité trop commode de
faire expier par d'autres ses péchés à soL Les in-
nocents passent avant les coupables.
Mais vous me demandez des choses Impossi-
bles 1
Cruelles pour nous deux, mais nullement im-
possibles à accomplir.
Moi, que j'attache au sort d'une fille flétrie le
nom d'un honnête homme 1 Non, monsieur 1 la
femme à qui vous l'offrirez un jour portera haut
le front et sera digne de vous 1
Il n'y a dans ma vie plus de place pour une
femme.
Votre pitié vous emporte aujourd'hui. Plus
tard, vous ne ressentiriez pour moi qu'un juste
mépris. Je refuse, quoi qu'il advienne, je refuse ce
dévouement sublime, mais qui se déshonore lui-
même en s'adressant à moi i
Harald la força de s'asseoir, et, prenant un siège
en face d'elle, il lui dit avec un sentiment de pro-
fonde amertume
Et si je poursuivais mol aussi pour ma
part, une expiation et un pardon?
Vous n'êtes jamais descendu aussi bas que je
suis tombée!
Un étranger, témoin invisible de l'entrevue, en
serrant de près le raisonnement d'Harald, eût
peut-être risqué la remarque que la scène se pas-
sait dans l'atmosphère qui baigne la tombe du
prince Hamlet. L'ombre du visionnaire de la lé-'
gende scandinave semblait planer au-dessus du
jeune couple, en proie à ce douloureux débat.
Vous allez me juger, continuait Harald: je
suis le premier à qui vous ayez avoué votre
faute. Une confidence vaut une confession. Ecou-
tez-moi: 11 y a. en effet entre nous une différence,
et elle est à votre avantage. Pauvre enfant! ne
connaissant rien de la vie, vous vous êtes laissé,
comme une feuille d'arbre, emporter par la tem-
Non, non cela no sera pas. Malgré tous les
efforts du rapporteur de la commission pour
établir le contraire, il est évident pour tout le
morrîe. quo le rejet do la loi provoqueraitun
(Xkttflitvdont les conséquences seraient fatales.
La tactique significative des chefs de la droite
.ne laisse, à ce sujet, subsister aucun doute. Eh 1
bien, il faut à (tout prix éviter le conflit. Il ne
faut pas que, par.une contradiction bizarre et
inexplicable, on voie des républicains se sépa-
rer, au nom do la Constitution, des défenseurs
toujours les plus dévoués et les plus résolus de
cette Constitution, pour se réunir à ses adver-
saires acharnés. Les victoires signalées qu'ils
ont remportées depuis dix ans ont appris à nos
amis le prix de la discipline. A la discipline sé-
vère des hommes de la droite, les hommes de
la gauche sauront opposer une discipline éga-
lement absolue.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, c'est contre
l'article 16 de la loi d'instruction obligatoire
que la droite du Sénat entend déployer sa plus
vivo opposition. Elle combattra cet article avec
non moins d'énergie que la laïcité du pro-
gramme. Il ne nous paraît donc pas inutile, à
la veille de la discussion, d'en rappeler les ter-
mes et la portée. L'article en question a pour
objet d'assurer aux prescriptions de la loi leur
entier et fidèle accomplissement. Les enfants,
élevés dans leurs familles, seront soumis, com-
me les écoliers des écoles publiques et ceux
des écoles libres, à un examen annuel dont le
-programme aura été déterminé par arrêté mi-
nistériel, délibéré en conseil supérieur de l'ins-
truction publique.Si les deux preiaiers oxameus,
mission d'examen, les parents seront invités à
envoyer leurs enfants dans une école publique
ou privée, dans la huitaine de la notification, et
de faire savoir au maire quelle école ils au-
ront choisie. En cas de non déclaration, l'ins-
cription aura lieu d'office.
En fait, la nécessité de ces garanties se jus-
tifie aisément. Toute loi doit être obéie; il est
clair que si, sous prétexte d'instruction à domi-
cile, aucun contrôle n'était exercé, il ne man-
querait pas de parents do mauvais vouloir ou
indifférents qui maintiendraient leurs enfants
dans l'ignorance. Ajoutons que l'absence de
cette sanction établirait une réelle inégalité de
condition entre les diverses catégories d'eu-
fants les uns étant astreints à la vérification
annuelle do leurs connaissances, les autres af-
franchis de tonte sujétion de ce genre. L'obli-
gation n'a do sens et n'aura d'effet que si
elle est universelle. S'agit-il là d'une mesure
tyrannique, ou, pour employer lo langage des
polémistes de la droite, d'une « expropriation
de la famille ? » De telles exagérations ne sau-
raient tromper personne. Rien n'est plus ra-
tionnel et, disons-le, plus équitable que d'éta-
blir une règle qui soit la même pour tous; voilà
pour le principe. Quant au fait, l'examen sera
des plus élémentaires et il aura pour arbitres
des hommes dont il serait injuste de contester
systématiquement, avant de les connaître, l'es
prit de sagesse et d'impartialité.
Nous reconnaissons toutefois qu'il y a des
précautions à prendre, des gages à donner, et
qu'il importe de désarmer cellos des préven-
tions qui peuvent .être sincères. Nous voyons
déjà une garantie dans ce fait quo l'arrêté mi-
nistériel réglant le programme de l'examen
sera délibéré en conseil supérieur de l'instruc-
tion publique. Ce corps éminent est, en grande
partie, l'organe librement élu de l'Université;
il renferme des hommes éclairés, prudents et
autorisés tout à la fois, qui voudront certaine-
ment réduire l'examen à sa plus simple expres-
sion. On ne demandera pas sans doute à un
petit, enfant de la campagne, à l'issue d'une
année de classe, de disserter sur la morale,
l'histoire ou l'instruction civique la constata-
tion devra porter sur ses connaissances en lec-
ture et en écriture; cela sera déjà bien suffi-
sant, et le bon sons indique que les commis-
sions d'examen, si les limites du programme
sont nettement tracées, n'iront pas au delà de
cette vérification élémentaire. Mais il ost bon
que ces choses-là soient entendues à l'avance,
et, à ce point de vue, le débat qui s'engagera
au Sénat sur l'article 10 ne sera pas sans fruit,
l'article à la Chambre ayant passé sans discus-
sion.
La question du programme n'est pas la seule.
Il restera encore à déterminer quelle sera la
composition des commissions d'examen. Y aura-
t-il des membres de droit et dos membres nom-
més par le ministre ? L'enseignement libre y
sera-t-il représenté? Les pères do famille au-
ront-ils, dans une certaine mesure, voix au cha-
pitre ? Voilà tout un ensemble do points d'in-
terrogation intéressants ot auxquels la loi, telle
que nous la connaissons, ne répond pas. Nous
ne saurions avoir, pour le moment, la préten-
tion de résoudre un à un chacun do ces délicats
problèmos mais ils seront certainement posés,
et la droite no manque pas d'ingénioux avocats
qui chercheront à procurer à leurs clients les
plus larges satisfactions. L'essentiel pour les
amis sincères de l'obligation, c'est que le prin-
cipe de l'article subsiste. Qu'il y ait des ména-
gements à apporter dans l'application, cela est
vrai aussi bien en cotte matière quo dans d'au-
tres d'une nature semblable dont le Sénat a
pête Mais moi! je croyais m'ôtre trempé dans
la lutte, j'étais fier de ma raison froide et impé-
rieuse je me faisais gloire de dompter mes pas-
sions, et je les bafouais quand elles essayaient de
m'envahir 1 Un jour, je mo suis trouvé en faco
d'une femme, la femme d'un ami d'enfan-o.
L'amour m'avait depuis longtemps mordu au
cœur. J'ai cru en être presque guéri, et j'al
voulu jouer avec lui, convaincu qu'au pre-
mier effort do ma volonté, je parviendrais à
l'étouffer. Illusions chimères! 1 Je l'aimais plus
que jamais Après une longue absence, je n'ai pu
résister au désir de courir vers elle, sous pré-
texte de constater son bonheur, d'y veiller au be-
soin. Mensonge l| me criait en vain ma conscience.
Je fermais les oreilles à sa voix. Bien vite je com-
pris que le mari délaissait -sa femme. Un enivre-
ment de joie, tel fut le seul effet que me
produisit ma découverte. Je m'imaginai, je
çjus que, la place désormais libre, l'épouse aban-
donnée finirait par s'apercevoir de mon amour,
qu'elle le partagerait peut-être Pour devenir son
amant, j'eusse tout foulé aux pieds, tout sacrifié 1
Eh bien elle ne s'en est jamais aperçue, jamais
doutée! Elle adorait quand même son mari. J'ai
échappé à la déloyauté, mais nullement grâce à
mon mérite. Si la faute n'avait pas été commise,
je ne me reconnaissais aucun droit de m'en savoir
gré. J'ai vu alors clair en mon âme, et plus tard,
en présence d'une catastrophe prête à éclater, je
me suis juré de me racheter en me dévouant à la
noble femme que j'ai jailli outrager de ma pas-
sion. Cette femme, c'est Marthe. Et maintenant,
lequel de nous deux est le pins coupable? Accom-
plissons donc une expiation commune, et unis-
sons nos efforts pour sauver celle dont ni l'un,
ni l'autre, nous n'avons su respecter ic bonheur 1
Vous vous reprochez vos pensées, répondit
Eva avec un accent de sombre mélancolie vous
incriminez Jasqu'à vos intentions, vous vous met-
tez l'esprit à la torture pour me faire accepter un
acte de dévouement! Vos paroles me rendent en-
core plus horrible le souvenir de ma honte 1
Il n'est pas de chute, si profonde qu'elle soit,
équitablemei.t tranché les difficultés. Mais il est
excessif de soutenir que l'examen annuel viole
la liberté et qu'il met en pratique ce principe
autoritaire que l'enfant appartient non pas. à la
familK tu h- à la République, ho premier de-
voir civique du père est d'assurer à son enfant
le bienfait de l'instruction: la s ciété n'inter-
vient que pour vérifier et au besoin imposer
l'accomplissement de ce devoir.
LETTRES DE TURQ0I2
Question de calligraphie. Les réformes.
Midhat-Eacha.
Constantinople, 3 juin.
Le retard que l'on constate dans la signature de
la convention définitive par le délégué turc qui
sera probablement Server-Pacha, et M. Condou-
riottis, qui a reçu les pouvoirs nécessaire» de
son gouvernement, ce retard provient uniquement
d'une cause matérielle. Il ne s'agit pas seulement
pour la chancellerie ottomane de conclure des
traités, il en faut établir des copies. Ce n'est pas
une petite affaire lorsqu'on songo que le caractère
spécial dont on se sert pour ces copl'-s. i*> carac-
tère divani, est la pierre de touche du caliigrapue
turc. Il doit être tracé avec un soin excessif, et. la
difficulté est d'autant plus grande pour joindre
l'élégance à la précision, que chaque lettre, d'après
la règle, doit atteindre des proportions démesu-
rées. L'ensemble d'un instrument diplomatique
ainsi établi eat remarquable au point de vue artis-
tique, ce qui ne compense d'ailleurs que faible-
ment les inconvénients du retard dans l'échange
des signatures. Mais ainsi le veut l'usage, et ce
n'est pas en Turquie qu'on renonce facilement aux
coutumes surannées.
D'après un renseignement certain, ordre aurait
été donné au premier ministre, de hâter l'étude et
ta solution do toutes les affaires se rapportant à
la réforme administrative. Ce n'est pas la pre-
mière fois que ce bon mouvement s'est produit.
Quant à ses résultats bienfaisants, nous attendrons
pour les constater qu'ils se soient manifestés au
grand jour, qu'ils soient devenus tangibles. L'heu-
re ne saurait d'ailleurs être plus propice pour la
Turquie. Elle recueille auprès de l'opinion publi-
que européenne le fruit de son attitude correcte
dans l'affaire turco-grecque. Elle commf lirait une
nouvelle faute, cette fois irréparable, si elle ne 8e
hâtait de bénéficier de cette détente, de ce retour
d'impressions favorables, en introduisant dans son
administration et dans ses finances, avec le con-
cours de l'Europe, les améliorations dont il n'est
plus besoin de démontrer la pressante nécessité.
L'enquête sur les causes de la mort d'Abd-ul-
Azlz paraît bien près d'être terminée. Votre cor-
respondant pourrait, comme tant d'autres de ses
confrères, énumérer tous los bruits qui courent
sur cet événement à sensation. Mais je ne pour-
rais flatter le goût malsain d'informations à ou-
trance qu'aux dépens des règles élémentaires d'une
information sérieuse. Personne autre que le juge
d'instruction ne communique avec les prévenus.
La contradiction flagrante des mille bruits qui
sont mis en circulation sur les incidents de l'en-
quête prouverait au besoin à elle seule le manque
absolu d'authenticité des nouvelles qu'on sert au
public. Que n'a-t-on pas dit, par exemple, sur
Midhat-Picha? Je ne me suis jamais expliqué,
pour ma part, tout le fracas qui s'est fait autour
de ce personnage, dont le seul mérite est d'appor-
ter dans l'administration des provinces des quali-
tés relatives auxquelles l'insuffisance de la plupart
des autres valis donne un relief exagéré. Vous sou-
vient-il, alors que je vous disais, il y a quatre ans,
la vérité sur son compte, sur son libéralisme mau-
vais teint, sur son incapacité comme homme d'E-
tat, sur ses fautes, dont la plus grave, que son pays
peut lui reprocher cruellement, fut son action
énergique bien que dissimulée dans le rejet des
propositions de la conférence de Constantinople,
vous souvient-il des tirades enflammées par les-
quelles des journaux d'Europe, et non les moins
importants, exaltaient ses idées, ses projets, ses
actes, et voyaient en lui un homme providentiel,
un parangon de libéralisme et de progrès ? Il a
droit aujourd'hui, dans sa position de prévenu,
à des ménagements. Mais les journaux français
ne doivent pas autre chose que le silence à ce mi-
nistre qui toujours a combattu, lorsqu'il était au
pouvoir, l'Influence française et les intérêts fran-
çais.
Les journaux turcs annoncent que les débats
publics sur cette ténébreuse affaire s'ouvriront
bientôt. J'ai déjà pris auprès du lecteur l'engage-
ment, que je renouvelle, de les suivre et d'en ren-
dre compte avec une exactitude scrupuleuse.
TUNISIE
Le ministre de la guerre a reçu la dépêche
suivante
Le général Forgomol au ministre de la guerre.
Enchir-Skira, 6 juin, 7 h. 15.
D'après un rapport du 5, du général Delebeoque, les
brigades sous ses ordres ont exécuté exactement les
mouvements prescrits le 2, après avoir couché suc-
cessivement à EnchirSaga-bou-Ouhara, puis a Souk-
el-Tenin, tandis que sa seconde colonne campait à Et-
KadoumaetàEl-Djemane.Le généralGalland so concen-
trait le 5 à Ben-Mètir il a envoyé aujourd'hui 6 pren-
dre quatre jours de vivres à Tabarca. Le géneral Vin-
cendon est arrivé de sa personne le 5, à Ain-Draham,
où depuis plusieurs jours dos études pour le tracé des
routes sont commencées, ainsi que des travaux de dé-
broussaillement. La brigade Cailliot s'est portée, au-
jourd'hui 6, de Dar-el-Mana sur Fedj-Bejedel-Sekker, où
elle fera séjour demain. Elle a reconnu ave; soin l'em-
bouchure de l'Oued-Zaino, et fait des études topogra-
phiques intéressantes et utiles. La colonne Logerot est
tenue camper à Enchir-Skira, où J'ai reçu tous les
cheiks des Mogod je leur ai fait connaître les condi-
tions auxquelles l'aman peut leur être accordé parmi
les conditions figurent l'indemnité pour le capitaine
du Santoni. Tebessa signale la situation comme satis-
faisante. Rien de nouveau au Kef, Tabarca, ni Con-
stantine.
dont on ne puisse se relever.
La mienne est définitive. Gardez.m'en le se-
cret, et laissez-moi fuir, me faire oublier du
monde entier! Dieu pourvoira au salut des inno-
cents.
Dieu n'empêchera pas Marthe de mourir, ni
Axel do sa précipiter sur vos pas.
Axel n'est plus à craindre; je lui ai dit un
éternel adieu, et Il s'y est résigné.
Il vous l'a promis, donc il vous trompe s'é-
cria Harald. Tenez! le voici qui vient. Je vais l'ap-
peler vous l'entendrez, vous le jugerez! 1
XVIII
Harald ouvrit vivement la porte et, d'un geste,
invita Axel à entrer. Puis, sans lui donner le
temps de se préparer à la riposte. il l'interpella:
Eva, qut> tu vois ici, croit que tu as renoncô
à tout projet sur elle; elle est persuadée qu'elle
pourra vivre loin de toi, s^ulo et libre. J'essayais
de la détromper.
Tu aurais pu t'épargner ce souci fort superflu
en ce qui me concerne.
J'ai aftirmé à Eva que tu voulais la. suivre.
Réponds nettement, cela est-il vrai? '1
Ah de grâce, cessez donc une fois pour tou-
tes de m'honorer de votre tutelle 1
Cela est-il vrai, oui ou uon?
Ce qui se passe chez moi n'obéit qu'à la
volonté du maître de la maison de personne
d'autre 1
Ah! 1 vous n'osez pas me mentir, à moi! 1
Comment m'apostroplior de la sorte, ici, à
mon foyer, devant elle!
Avais-je tort Eva?. Vous l'entendez! Cet
homme vous mentait!
Axel, lus yeux injectés de sang, serrait les poings.
Eva se jeta entre les deux interlocuteurs.
ROoofldez! s'écria-t-elle; répondez! 1
ALGÉRIE
Kous lisons dans la Seybouse de Bone
Vendredi dernier, deux gendarmes de la brigade d >
Mondovl ont accompli un vérité v'e tour de torc.e ai
opérant l'arrestation de vingt u an cavaliers indi-
gènes, détenteurs de munitions de guerre. Voici la
fait
Ces Jeux gendarmes se rendaient en correspondance
de nuit avec; la brigade de Zerizer-Morris lorsqu'ils
lirait ronoontre, près du village de l'Oued-Besbès, d'un
groupe de cavaliers indigènes, inconnus an pays. au
nombre de trente environ, tous armés de fusils, pisto-
lets, sabres ou yatagans.
A l'interpellation des gendarmes sur leur identité,
If- mission, d'où ils venaient et où ils allaient, oes
cavaliers lu'ireut la fuite à travers champs. Aussitôt
lançant leur* chevaux dt franchissant les obstacles,
les gendarmes se mirent, revolvers aux poings, à la
poursuite des fuyards. Après des efforts, qu'il est inu-
tile do décrire, vingt et un sur trente furent arrêtés et
conduits à Mondovl.
On suppose que ces indigènes, qui se disent origi-
naires de la commune de Oued-Cham, se sont échappés
de la colonne du général Vincendon, où ils étaient en-
rôles comme cavaliers du goum. Leurs armes ont été
saisies ainsi que plus de trois cents cartouches à
balle, dont plusieurs fnsils Gras. Leurs montures ont
été misos en fourrière. Quant à eux, en exécution d'uu
ordre supérieur, il. ont été reconduits à la colonne du
général Vincendon.
BULLETIN DE L'ÉTRANGER
DÉPÊCHES HAYAS ET RENSEIONEMBHTS PARTICOUBRS
Alsace-Lorraine
On lit dans la Presse de Strasbourg
MM. Michel Debs, érant .responsable, et Edouard
Heiin, rédacteur en chef de la Prwe d'Alsace et de
Lorrain-: ont reçu assignation, en date da -3 juin, à
comparaître, aujourd'hui 7 juin, devant M. le JUr*
d'instruction, sous la prévention d'offenses à M. le
sous-ne -iiHaire d'tëtat aux finances.
La demande en autorisation de poursuites contre la
Presse d'Alsace et de Lorraine, déposée au Reichstag
dans sa séance du 31 mai par M. de Bœtticher, au
nom du chancelier, a été provoquée par le parquet de
Strasbourg. Ce dernier a relevé le délit d'offense au
Reichstag, dans un article paru dans la Presse du 29
avril, et commençant par ces mots « Nous avions
trop présumé de la justice de la majorité du Reichs-
tag. »
La Presse est donc sous le coup d'une doubln action,
la première qui suit son cours, la seconde oui est .su-
bordonnée à l'assentiment du Reichstag. Suivant une
tradition constante jusqu'à ce jour, cette Assemblée a
toujours rejeté les demandes do poursuites contrelea
journaux qui lui étaient présentées par le gouverne-
ment.
Allemagne
Dans le but d'assurer le chiffre du personnel
nécessaire pour l'administration du matériel de la
flotte en cas de guerre, l'empereur a rendu un dé-
cret disposant qu'à l'avenir une partie des hommes
des divisions de matelots seront instruits de ma-
niere à pouvoir, en cas de guerre, remplir lesfono-
tions d'administrateur du matériel à bord des bâ-
timents de l'Etat.
Angloterrs
Des troubles assez sérieux ont eu lieu hier a
Scbull (à l'extrémité occidentale du comté de
Cork), par suite du bruit qui s'était répandu qu'on
allait arrêter le Père Murphy, prêtre de la pa-
roisse. Bien que le Père Murphy eût lui-même
exhorté ses défenseurs à se disperser et à rentrer
pacifiquement dans leurs demeures, des milliers
de personnes sont allées couper les fils télégra-
phiques, détruire les postes de police et dèfonc-r
les routes par où, disait-on, le prêtre devait être
conduit à Bantry.
Des troupes ont été envoyées de Cork à SchulL
Le gouvernement, voyant l'agitation s'étendre
en Irlande, essaye de lutter en interdisant los
meetings agraires et en mettant en vigueur la loi
de coercition dans de nouveaux comtés; cVst
ainsi que la Gazette du Dublin publie aujour-
d'hui une proclamation interdisuut un meetmg
agraire qui devait se tenir à MulluiL'ar, comté de
Westmeath, parce q ut>, suivant l'opinion du. gou-
vernement, cette réunion a pour but d'em pêcher
par Intimidation, menace ou violence, l'exécution
de ta loi.
Un autre proclamation place sous le régime du
bill de coercition trois baronnies du comté di
Meath et tout le Klng's County.
C'est reconnaître que l'agitation s'est propagée
maintenant jusqu'à la partie centrale et orientait
de l'Irlande.
La Ligue ne se laisse pas décourager du reste
malgré les arrestations répétées de ses membre
influents. L'argent ne lui manque pas d'ailleurs
dans une réunion tenue hier à Dublin, le trôsoria
a fait savoir que pendant la semaine dernière seu
le, il a reçu 1,400 livres sterling (35,000 fr.). Cett,
même semaine, le nombre des expulsions s'es
élevé à deux cents personnes, formant quarante
neuf familles la Ligue a voté des fonds pour leuf
venir en aide.
Le ministère, de son côté, malgré la recrudes-
cence des troubles, compte toujours sur le latufr
bill corn m»' sur une panacée capable d'apaiser le
désordre. Dans un discours qu'il a prononcé hier
soir devant les électeurs de Birmingham, M.
Chamberlain, ministre du commerce, a défendu la
politique suivie par le gouvernement en Irlande
et a renouvelé l'assurance que le cabinet se retire-
rait si ie land-bill était rejeté.
M. Chamberlain a profité de cette occasion pour
giorllier aussi le rôle du cabinet Gladstone à l'ex-
térieur el affirmer quo l'Angleterre n'a jamais eu
plus d'influence qu'aujourd'hui ea Europe.
Rassis
S'il faut en croire une dépêche du Standard,
une mine de dynamite aurait été découverte sous
les rails du chemin de fer près de la station de
Gatchina où réside l'empereur Alexandre III. La
mine. d'après le Standard dont les renseigne»
ments ne doivent être acceptés que sous toutes ré-
serves, était reliée par un fil à la batterie élec-
trique du bureau télégraphique tous les employés
de ce bureau ont été arrêtés. y
D'après une correspondance russe publiée par
le Times, le mécontentement qui régnait dans les
diverses classes do la société a gagne l'armée, der-
nier soutien du gouvernement. Durant le dernier
mots, vingt à trente officiers, parmi lesquels un
lieutenant-colonel des gardes, ont été arrêtés.
Les officiers de marine sont spécialement com-
promis depuis que trois d'entre eux ont été arrêtes
comme comollces dans les dernières tentatives
A vous, oui, fit Axel; à lui, jamais Quel»
sont ses droits à m'interroger sur votre compte?
Les mêmes, riposta Harald, que vous invo-
quiez hier encore contre moi les droits d'un ma.
ri sur sa femme. J'épouse Eva.
Axel éclata d'un rire farouche.
La chose est sérieuse, puisque je l'affirme;
ajouta Hirild.
Axel ne se possédait plus.
Tume tueras auparavant! hurla-t-il, –In*
fàme, qui n'hésites pas à épouser ma maîtresse t
La calèche du château s'arrêtait devant le per-
ron. On y entassait à la hâte et pèlr-melë cartons
et paquets. Marthe, vêtue en voyageuse, apparut
sur le seuil du salon. Elle venait jouer sa partie
suprème, la vaillante femme 1 Le moral, en dépit
des prévisions scientifique* de Magus, avait relevé
chez elle le corps et fait jaillir des sources d'éner-
gie indomptable. Los chetivetès féminines produi-
sont parfois de ces phénomènes dont ne serait pas
capable, en cas analogue, la plus robuste natur»
do l'homme.
Une dispute! l A quel propos ?– Interrogea
Marthe en enveloppant du regard les trois person-
nages.
Harald s'avança vers elle.
Comtesse Gyldenloev, dit-il, jo vous an-
nonce mon mariage avec Mlle Eva Fridmann.
Jamais Je n'accepte pas! s'exclama la
créole, les deux bras étendus comme si entre elle
ot son prétendant elle voulait ouvrir un abîme.
Harald tentait de reprendre la parole.
Pourquoi n'acceptez- vous pas? intervint Map»
the d'un ton calme, Dites 1
Eva baissait la tète. Personne n'osait rompre la
solennité du silence. Marthe continua
Harald, Eva refuse je vais vous en dire
la raison, moi Elle refuse parce que ce n'est pas
elle que vous aimez; elle refuse parce qu'elle est
la maîtresse de monsieur l
Madame! vociféra Axel.
Le grouue se resserrait,
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