Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1880-10-28
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 28 octobre 1880 28 octobre 1880
Description : 1880/10/28 (Numéro 7130). 1880/10/28 (Numéro 7130).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE TEMPS. 28 octobre 1880,
ouvriers s'engagent à extraire le charbon à tant le
mètre cube. b f .1
Si ces ouvriers ont un bon travail, du charbon facile e
à extraire, ils peuvent gagner 4 fr. 50 à 5 fr. par jour;
mais si malheureureusement le charbon est difncile
à extraire, l'ouvrier verra ses journées varier entre
2 et 3 fr. par jour.
Quant à la détache, c'est un autre travail le maître
porion offre tant le mètre cube aux ouvriers. Ces ou-
vriers, selon leurs capacités, peuvent gagner da 3 fr.
à 5 fr. S'ils ne gagnent que 3 fr. par jour, on les leur
donnera; mais s'ils gagnent 5 fr., on leur retiendra 70
centimes, car les ouvriers à la détache ne peuvent ga-
gner plus de 4 fr. 50 par jour.
Le correspondant de l'Echo croit que la Compa. •
gagnie fera quelques concessions pour amener la
fin de la grève.
• Les ouvriers ébénistes de Lyon viennent d'or-
ganiser une grève partielle. Ils ont mis en interdit
les maisons qui ont refusé d'accepter le tarif qui
leur était présenté.
La commission a publié une note dans laquelle
elle annonce que les ouvriers travaillant dans
les maisons mises en interdit ont quitté les ate-
liers avec le calme et la modération qui convien-
nent à des ouvriers qui ont la conviction de leurs
justes demandes. ·
̃•- La commission les remercie et espère que dans
toutes les circonstances il en sera de même. Aucun
ouvrier, ne devra demander du travail dans ces
maisons.
Plusieurs maisons ont adhéré au nouveau tarif
des ouvriers ébénistes.
Trois cents ouvriers du tissage de M. Berthet,
rue de la Ferme. à Rouen (quartier Saint-Sever),
ont refusé de travailler à cause d'une réduction
opérée sur leurs salaires.
Ils ont appelé, de plus, M. Berthet devant le tri-
bunal des prud'hommes. Eu attendant la décision
de ce tribunal, M. Berthet a refusé, dit le Nouvel-
liste de Rouen, tout travail aux 200 ouvriers em-
ployés aux apprêts et au bobinage.
• irr On mande de Saint-Quentin que le train ex-
press, venant de Berlin, a déraillé hier matin, à
sept heures, à Issigny-le-Pe.tit, entre Busigny et
Saint-Quentin.
Il a rencontré dans la station même, à la sortie
d'une courbe qui empêchait de les voir, une ma-
chine et un fourgon qui revenaient à Saint-Queu-
tin, croyant avoir une avance suffisante sur l'ex-
press, supposé à tort avoir un retard d'une demi-
heure.
Lu fourgon a été mis en pièces, la machine pro-
jetée à plusieurs mètres en dehors de la voie, qui
a été détruite sur plus de 60 mètres.
Les mécaniciens Guyaud et Hénocq, les chauf-
fdurs Pierre Malatle et Desterbecq ont été grave-
ment contusionnés.
Le$ voyageurs ont été heureusement quittes pour
• des chocs violents et dés blessures légères causées
par le bris des carreaux parmi eux, M. de V.
fonctionnaire de douanes à Jeumont; un officier
russe. le comte de L. le surveillant du sleeping-
car, M. Siltenberg.
Un train de secours est venu de Saint-Quentin
vers huit heures. L'arrivée à Paris a eu lieu sans
autre incident ri une heure et demie.
On écrit au Petit Marseillais que, ces jours
derniers, un assassinat a été commis en mer dans
les circonstances suivantes
Un batelier napolitain, qui s'était vu enlever
tme affaire.par un de ses confrères (il s'agissait de
jeter, pour un franc au lieu de deux, un cuev&l
mort à la mer), a s,uivi dans une barque &on con-
current et a sauté en pleine mer, au I.arge de Bo-
nifacio, dans son embarcation. •. «
Quand les deux bateliers se sont trouvés face a"
face, une lutte terrible s'es.tr engagée. Le Napoli-
tain a assommé soi) aSvërsaire coups de trident
Quand il est rentré à Bonifacio, il était littérale-
ment couvert de sanfi- des pieds à la tête. Il a été
aussitôt arrêté. On n'a pas retrouvé sa victime.
Un meurtre a été commis, le 22 courant, en
Corse, à Petrelo-Bischisano, arrondissement de
Sartene. M. Vincent Çolonna-d'Istria- âgé de
soixante-quatorze ans, a été tué d'un coup de pis-
tolet qui lui a été tiré à bout portant au moment
où il sortait de l'église. La balle a pénétré dans le
dos et n'a pu être extraite. La mort a ôtè. instan-
tanée.
L'assassin est un nommé Antoine Fieschi, âgé
de vingt ans, neveu d'une femme qui était deve-
nue la maîtresse de M. Golonna-d'lstria et que ce
dernier avait délaissée. L'abandon de la tante au-
rait été le mobile du crime commis par le neveu.
On télégraphie 4e Philadelphie, 36 octobre,
g11^1^ stamer Inçhmornish est arrivé, ayant à
pord 19 hommes d'équipage et 80 passagers appar-
tenant au schooner français Mathilde, de Gran-
ville, que Vlnchmormsh a rencontré en mer le 17
octobre, par 45 degrés de longitude ouest, sur le
point nie couler bas.
CONSEIL GÉNÉRAL DELA SEINE
si; s*rx^>'#i!i-ce du mardi 26 octobre. ,c,
• ̃̃ ?'̃<' ̃̃'
̃ "Prolongement du tramway dtr ;bois dé Boulogne à la
place Sainl:Sulpico. Les usines insalubres des eu-
virons;^é"^ariB. ̃̃-••-̃/> ,\Asu
La séàucë'êsl ouverte à trois heures, sous la pré-
sidenecdû MTRétyy 't- :v ,-r ̃̃̃̃̃̃̃̃̃ ̃•
M. MaijllàPd rappelle -qu'une: délibération du
v conseil & autorisé le prolongement -du tramway
du bols de,Boulogne à Autenii par les quais de la
rive gau£he jusqu'au quai Coati,' et le prolonge-
ment dtr même tramway: jusqu'à là place. Sain t-
Sulpicé-par le pont de Grelîelle, 'la rué Saint-Char-
les, le; boulevard de Grenelle et la rue de Sèvres
Pourquoi ces délibérations n'ont-elles pas été exé-
•̃' cutées?^ ̃•̃̃•̃- -̃ '-̃-̃̃- '̃ -̃•̃' s ̃:̃̃̃̃ ^-̃̃̃̃̃̃̃-
M. le directeur des travaux dit que l'exécution
de ces, délibérations ont rencontré certaines diffi-
cultés, en ce qui concerne le passade du tramway
dans tp. rue de Sèvres, aux abords au carrefour de
la Croix-Rouge. Lé ministre des travaux publics a
demandé une -HOHyelle enquête, qui a.étéiaite, et-
de laquelle il a résulté la nécessiteuse- fixer le
terminus de la ligne au square des Ménages. Dès
que la réponse du ministre sera parvenue,; satis-
faction sera accordée au conseil.
L'orcli-e du jour appelle l'interpellation adressée
par M. Benjamin Raspailà M. le préfet de police
au sujet des usines insalubres rde ;ia banlieue, et
particulièrement de celle dite « des Hautes-Bor-
nés », à Arcuoil. --̃ r'; ̃ .:̃̃̃̃-̃
La discussion, qui a duré plus de deux heures,
et à laquelle ont successivement pris part l'auteur
de l'interpellation, M. ie'préfet de police, MM. Ju-
les Roche, Blanche, Ruben de Couder, Deligny,
n'a été, en somme, que la xeproduclion des débats
qui eurent lieu au commencement du mois, au
conseil municipal, à propos de l'interpellation faite
par M, Jules Roohe relativement aux odeurs-de
Paris.
M. Beiyamin Raspail a particulièrement insis-
té sur la situation déplorable faite aux-communes
suburbaines par l'établissement des Hautes-Bornes
à Arfcueil, dont rinfection ne se bo'rnepas à Ville-
juif, mais envahit également lesT3= et 14° arron-
dissements. Cette usine avait été fermée en 1873,
par M. Léoit Renault, sur la demande du Conseil
général; sa réouverture avait été refusée par.M.
Voisin. Quelle influence a pu agir auprès du con-
set d'Etat,- pour que celui-ci eût autorisé la réou-
verture? Comment a-t-on laisé, au mépris des rè- `
glements, l'établissement s'agrandir? Si un tel état
de choses persiste, il va se créer une véritable
agitation autour de. cette question, et il faudra
bien, bon gré mal gré, qu'elle soit résolue confor-
mêment aux justes demandes des populations in-
téressées.
M. Jules Roche donne lecture d'une lettre, de
laquelle il résulte que les communes de Bonneuil,
Samt-Maur,, Le Parc,. Créteil, protestent contre
le dépôt de vidanges établi à Grêteil; une protesta-
tion est signée dans cette dernière commune con- i
tre une prolongation d'autorisation de cet infect (
établissement. Cette opposition indique sufnsani-
ment que M. le préfet de police s'est encore trom-
pé en affirmant qu'aucune plainte ne s'était pro- ,J]
duite contre l'usine de Créteil.. j J
M.^le préfet de police ne peut que répéter uue ï
fois de plus que la législation qui s'applique aux
établissements insalubres est tout à fait insuffi-
santé, l'administration n'est pas assez armée et 1
Jl est nécessaire de pouvoir requérir des peines t
correctionnelles. Le projet de loi présenté aux i
deux Chambres donnera satisfaction aux nécessi- ̃
tés de' la salubrité publique. c
M. le préfet ajoute qu'il a ordonné la fermeture t
de l'usine de Créteil. Mais il faut distinguer s'il I
a pu suspendre pour un temps le fonctionnement
d'un établissement insalubre, il n'a pas le droit de
supprimer une propriété qui s'est constituée en c
vertu d'un arrêté soit de ses prédécesseurs ou de a
lui. ou d'une décision du conseil d'Etat. t
En ce qui concerne plus spécialement l'usine des h
Hautes-Bornes, M. le préfet de police n'a pas le c
droitde casser l'arrêt du conseil d'Etat autorisant
l'ouverture. L'administration préfectorale a fait t
ce qu'elle pouvait des procès- verbaux nombreux c
ont été dressés contre l'industriel à la tête de cet s
établissement, à tel point que. le substitut di #
sait à l'audience du tribunal qu'il ne comprenait t
pas l'acharnement du commissaire de police. ij
Le conseil et les populations ne doivent pas se' r
dissimuler d'ailleurs que l'existence des dépotoirs a
est la conséquence fatale de notresystème d'égouts n
et de yidanges. Tant qu'il existera des fosses fixes, p
en devra nécessairement supporter les dépotoirs, a
Le préfet de police doit donc y regarder à deux d
fois avant de prendre la grave mesure de suspen-
dre le fonctionnement d'un dépotoir. Il ne doit d
exercer ce droit que lorsqu'il y a une véritable s'
violation de l'arrêté d'autorisation. t<
Le cnuseil vote l'ordre du jour suivant présenté d
par MM. Jules Roche et Deligny:
Le conseil général, considérant qu'il importe de don- ri
îier satisfaction aux plaintes si nombreuses et si justi- î;
fiées des populations, au sujet, des usines insalubres lE
qui infectent Paris et ses environs, invite M. le préfet p
de police à poursuivre l'établissement d'une législation
édictant des mesures plus efficaces, à user avec fer- d
meté du droit de surveillance et de contrôle qui lui
appartient, et notamment à suspendre, ainsi qu'il le
peut, les usines qui ne se conforment pas aux condi-
tions de leur autorisation et particulièrement à la con-
dition qui leur est imposée de ne laisser échapper au
dehors, aucune émanation incommode »,et passe à l'or-
dre du jour.
La séance est levée à cinq heures et demie et la
prochaine séance fixée au mardi 2 novembre.
CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
I Séance du mardi 26 octobre.
Allocution du président. Le concours des motifs dé-
coratifs de la place de la Republique. Faits regret-
tables signalés à propos d'un incendie. Enlève-
ment des neiges pendant l'hiver 1880-1881.
La séance est ouverte à cinq heures trois quarts
sous la présidence de M. Cernesson.
M. le président prononce l'allocution suivante
Messieurs,
Au retour du voyage de votre délégation à Londres,
il est de notre devoir de vous rendre compte de la
cordiale réception qui nous a été faite.
La magnifique hospitalité que nous avons reçue à
Mansion-House de la part de l'honorable lord-maire,
sir F. Wyatt Truscott, était rehaussée encore par les
sentiments de cordialité et d'amicale bienveillance,"
que le lord-maire nous a exprimés à l'égard de la ville
de Paris et de son conseil municipal.
Nous vous proposons, messieurs, de lui voter des re-
merciements ainsi qu'à toutes les personnes qui se sont
mises à notre disposition pour nous faciliter notre
voyage et les moyens d'étudier quelques-uns des ser-
vices importants que renferme la ville de Londres,
N Nous vous rapportons des documents intéressants
sur le réseau des égouts, sur le South Kensignton Mu-
séum, sur les pnsons, sur le Jardin botanique de
Kew. Ces documents seront rédigés d'ici à quelque
temps et, si vous le voulez permettre, nous les ferons
imprimer pour être distribués à chacun de vous.
îinnn. messieurs, au moment où vous discutez l'or-
ganisation municipale de la ville de Paris, il vous pa-
raïtra peut-être intéressant de vous faire connaître que
3 ai eu 1 honneur d'être admis à une séance du conseil
communal de la cité de Londres, qui se compose de
•m membres y compris le lord-maire et les 2(5 al-
dermen.
Le public est admis aux séances et les citoyens peu-
vent se présenter à la barre pour y déposer des pé-
titions et même pour en développer les motifs.
Ma présence dans la salle a été l'objet de marques
non équivoques de bienveillance et de témoignages
flatteurs de sympathie et d'intérêt dont je m'empresse
de reporter au conseil tout l'honneur et le mérite.
Le conseil avait nommé dans une précédente
séance MM. Collin, Engelhard et Vauthier pour
faire partie du jury qui fonctionne actuellement
pour le concours des motifs décoratifs de la place
de la République..
M. Vauthier annonce qu'il a donné sa démis-
sion, qu'il a ainsi motivée Lorsqu'il a accepté
cette mission, il n'était pas bien fixé sur les condi-
tions du concours. Quelque éminents que soient
los artistes qui y ont pris part, il doute que les
résultats puissent être favorables, et ne veut pren-
dre, à cette occasion, aucune responsabilité. Des
éléments décoratifs ne peuvent être, selon M. Vau-
thier, conçus en dehors de l'ensemble dont ils
font partie; cet ensemble n'est laissé, dans aucune
mesure, à la disposition des concurrents. S'ils con-
naissent le motif principal, la statue, ils ne con-
naissent du reste qu'un contour sur lequel les mo-
tifs qu'on leur demande doivent être placés. Ces
motifs conviennent-ils dans l'espèce ? Sont-ils les
seuls qui conviennent? Les éléments à projeter
sont-ils distribués' de la meilleure manière pour
l'effet à obtenir? Que comprendra l'intérieur du
quadrilatère enveloppé par ces mâts et ces,colon-
ues? Ce sont autant de questions essentielles aux-
quelles n'avaient pas à toucher les concurrents.
Beaucoup d'entre eux auront certainement créé
des choses charmantes isolément; mais rien ne dit
qu'une fois groupées elles ne produiront pas un
effet détestable, Dans ces conditions, M. Vauthier
croit devoir se récuser.
"M. Engelhard observe qu'il est regrettable que
M. Vauthier, dont il apprécie la compétence en ces
matières, n'ait pas présenté les observations qu'il
vient de développer le jour où le conseil a pris sa
délibération établissant le concours. Il est trop
tard aujourd'hui pour protester contre ce con-
cours. Hier les membres du jury se sont réunis,
ljL.lel.tre.de M. Vauthier a été lue; néanmoins M. le
préîet a déclaré le jury constitué, les. opérations
ont commencé et la 'décision doit être prononcée
demain à une heure. Dans ces conditions, il n'y a
pas lieu de nommer un juré supplémentaire.
L'ordre du jour est prononcé. I J|f.
M. Laforit signale, au nom d'habitants de la rué
Lepic (18c arrondissement), un fait regrettable qui
se serait passé dimanche dernier, à cinq heures
du matin, lors de l'incendie du séchoir à farine de
M. Bonneau, boulanger, rue Lepic, n« 40.. Immé-
diatement,*un des habitants alla requérir les pom-
pièrs de la mairie et deux d'entre eux se rendirent
aussitôt sur le lieu du sinistre. Mais ils ne purent
se raccorder sur la bouche d'incendie située à
quelques pas de là. Les. habitants durent recourir
a une fontaine existant dans la rue. presque en
face du sinistre; mais là l'eau faisait défautm, d'un
autre côté, les pompiers n'avaient pas les clefs des
bouches environnantes.- 'f ̃'̃ VH '.̃'̃
C'est un état de. choses .-quhaurait jju avoir les
conséquences les plus graves pour le quartier.
M. le directeur des travaux n'a pas i "dé rensei-
gnements; relatifs à l'incident spécial qui vient
gn,ements:rehitWrà l'inctdent SP,éCI~I:qu1 yient
d'être exposé par M. Laforit. 31 ne pourrait donc
lui' répondre qu'à la .prochaîne séance. Cependant,
à.un point de vue général, il peut dire au conseil
que tous les tuyaux des pompes ont des pas de
vis, qui se raccordent sur les bouches d'eau et que
les postés de pompiers sont 'tous pourvus d'une
clef ouvrant,.c.e,s bouches, ,̃
^Sur le .rapport de M. Vauthier, l(i conseil auto-
rise l'administration à faire procéder, à titre d'es-
sai, pendant l'hiver 1880-1881, à l'enlèvement au
mètre cube des neiges à gré â'cet- effet avec. des entrepreneurs do son
choix, ati lieu de continuer l'ancien système de
l'enlèvement par des ouvriers pris à la journée.
La séance est levée à six heures et demie et la
prochaine séance. est fixée au. jeudj ,28. ocfobr&i,;sE3
TRIBUNAUXh
TRIBUNAUX;
̃ :.̃̃̃ -̃ ,̃̃ .y*A'i:
Les sires Michelonet de Lizzaranzu. :Deux
célébrités de la rue dont VJEoènement parisien >
illustré illustre les trottoirs, deux gloires aux-
quelles les juges de lar8e chambre correctionnelle
ont édifié ûu piédestal qu'exhausse, chaque se-
maine. quelque Condamnation nouvelle. Quand `
l'un de ces paladins est sous clef, l'autre, graçieu-
sement, le remplace. Grâce à cette mutualité,
l'Evénement parisien nu chôme jamais -de gév
rants. Du moins n'en a-t-il pas manqué jusqu'à
hier. Cette situation heureuse a été modifiée par
une sentence qui1 envoie M. dé Lizzaranzu rejoin-
dre pour trois mois M. Michèlpn â Saintè-Pela-
gie. Le moniteur dé la pornographie est Goudam-
né, de plus, à une amendé de 1,009 fr.'
M. Michelon, de son côté, avait ordre de compa-
raître à l'occasion d'un numéro revêtu de sa si-
gnature. ,11 s'est abstenu, en s"excusant sur l'état
de sa santé, qui le retient, en prison tout-autant 1
que Us geôliers, semblerait-il: Le tribunal aimmê-
diatement Commis. un..médecin à l'éxameniâiï prié-
venu et décidé que Taiîaire, en ce quile concerne,
serait évoquée après-demain samedi. Le numéro
frappé hier porte la date du 18 septembre; celui J
qui sera en cause samedi est daté du 5 -du même
mois. ̃
L'immunité diplomatique. Nous rendions ]
compte sous ce titre,: dans le Temps du 27 septem- J
bre dernier, d'une demande formée devant la ]
chambre dés référés du tribunal de la Seine par <
Mme de Bruc contre son mari, le comte de Bruc 1
duc de Busignano, chargé d'affaires de la Républi- i
lue- de Saint^Marln en France. La comtesse pré- f
tendait obtenir un droit d'opposition sur les som- i
mes dues à son mari par divers banquiers. Cet te i
procédure n'était d'ailleurs que la phase prépara-
ioirè d'une instance en séparation de corps, M» De- l
;àporte, avoué. de M. de Bruc; M» "Pérard, avoué 1
le la demanderesse, avaient vivement discuté, ce- j
Lui-ci se prévalant de ce que le duc de Buignano r
3st Français; celui-là invoquant malgré tout sa r
qualité d'agent d'un gouvernement étranger. Le i
;ribunal avait tranché -là question dans le sens a
le l'immunité diplomatique. b
On annonce aujourd'hui qu'une entente est in- J
avenue entre les époux. La duchesse s'est dé- h
sistèe de sa. poursuite en séparation, c
L'affaire de Kaulla. Le projet de mise en v
ause devant la justice, par Mme Lucie de Kaulla, v
le deux des feuilles qui l'ont le plus vivement at- 7
aquée à l'occasion du procès Jung-Wœstyne sem-
•le aujourd'hui prendre corps. La baronne a fait lj
fooix d'un avoué très habile: M« Lortat-Jacob. d
L'affaire de Cissey. D'autre part, l'instance
lorrèctionnelle dont M. le général Courtot de Gis- *(
ey menace depuis une semaine les journaux Vin- 1
ransiqeant et le Petit Parisien devient une certi- Cl
ude. 11 est probable que les assignations seront a:
ancées cette après-midi. Il a été question, pour la
entrée parlementaire, d'une interpellation de la d
;auche de la Chambre des députés au gouverne- j(
lent. On parle aussi d'une interpellation que se s'
reposeraient de faire quelques membres de la L
roite sénatoriale. C(
C(
Les procès des congréganistes. A Bor- sc
eaux, M. Brotennet, président du tribunal civil, Pi
•est déclaré hier incompétent dans l'instance en m
éféré introduite par M. de Grangeneuve, locataire H
e l'immeuble des jésuites situé rue Margaux. pj
Quatre accusés en cour d'assises. Autour- £'
'hui s'ouvrent, devant la cour d'assises de l'Ain u
? débats d'une monstrueuse affaire qui amène en il!
rèsen.ce du jury quatre accusés. m
Nous rendrons compte de ce procès, à l'occasion fr
uquel Me Lachaud a été mandé à Bourg cc
t DE PARIS A LISBONNE
tu
r- ̃ •
La congrès préhistorique..
la :̃ .̃̃̃
la "̃ -"• ".s ̃'̃̃"• Lisbonne, 27 septembre.
Le congrès international d'anthropologie et d'ar-
cliéologie préhistoriques, qui est l'occasion de no-
tre voyage en Portugal, vient tenir ici sa neuvième
session. Fondé il y a quinze ans à la Spezzia, il a
siégé successivement dans presque tous les pays
d'Europe, à Neuchâtel en 1866, à Paris en 1867, à
é. Norwich en 1868, à Copenhague en 1869, à Bologne
t- en 1871, à Bruxelles en 1872, à Stockholm en 1874,
e- à Buda-Pesth en 1876. C'est de beaucoup le plus
remarquable des congrès scientifiques internatio-
ts naux qui se tiennent en Europe.
Il doit surtout ce caractère à l'Intérêt universel,
aux tendances libérales de la science jeune et ar-
dente qu'il cultive, peut-être celle de toutes nos
s, sciences qui a fait le plus de progrès depuis un
a quart de siècle qu'elle existe à l'état constitué. Au-
à jourd'hui elle a définitivement triomphé des pré-
3, ventions des géologues, qui la croyaient chiméri-
;s. que, des attaques des prêtres, qui la taxaient d'ir-
religion, et des dédains des archéologues, qui la
proclamaient impuissante. Elle s'impose à tous, et
5- tous cherchent maintenant à concilier leurs
£ croyances ou leurs théories avec ses démonstra-
tions qu'on n'ose plus nier.
Chargée de relier l'histoire de l'homme à celle
de la terre, l'anthropologie préhistorique se trou-
e vait placée entre deux sciences animées d'un esprit
e très différent, la géologie et l'érudition elle était
s comme un pont entre deux rives ennemies; sui-
vant qu'elle se rattacherait à l'une où à l'autre,
l- sou caractère et son avenir devaient être tout dif-
e férents. C'est du côté de la géologie que la science
£ préhistorique s'est tournée, c'est la méthode des
sciences naturelles qu'elle a suivie. Cette méthode
lui a donné une telle force qu'elle envahit aujour-
1- d'hui le vestibule de l'histoire, cherche dans les
pierres oubliées, les vieux os ou les superstitions
s antiques, l'origine des peuples qu'on déterminait
s autrefois à l'aide de textes problématiques, et jette
e ainsi des lumières toutes nouvelles sur une foule
de questions que les anciennes méthodes archéolo-
s giques n'étaient point parvenues à éclaircir.
p Cette constitution, de la science préhistorique est
l due surtout à un Français, Edouard Lartet, auquel
les honneurs officiels ont manqué presque jusqu'à
la veille de sa mort. Entre les mains de Boucher
de Perthes, l'homme fossile avait conservé quel-
ques allures de roman archéologique. Les patien-
t tes recherches d'Edouard Lartet lui donnèrent une
5 assiette aussi solide,que celle d'un dieu assyrien
en le rattachant à l'ensemble de la faune paléonto-
» logique elles fixèrent définitivement la méthode
j et le caractère de l'anthropologie préhistorique,
j qui s'est avancée plus tard sur de nouveaux ter-
rains, mais en-marchant toujours dans la même
direction et avec le même esprit.
C'est la France qui est restée. le principal centre
des études préhistoriques, quoique la tradition
géologique de Lartet soit maintenant plus suivie
en Angleterre que chez nons, et malgré les admi-
L râbles travaux des savants scandinaves, les Wor-
saœ, les Sven Nillson, les Steenstrup, les Hilde-
brand et tant d'autres qui balancent les travaux
des savants français. L'Angleterre ne vient qu'a-
près, mais avec un caractère tout spécial c'est
elle surtout qui a fait les synthèses même un peu
hâtives, qui a développé hardiment les vues d'en-
semble avec les sir John Sullock, les B.urnet Ty-
lor, les Mac-Lennan, etc.
Ce rôle de généralisaleur est précisément celui
qui est d'ordinaire dévolu à la France dans le
mouvement intellectuel de l'Europe. Si elle ne l'a
pas joué ici, cela tient sans doute aux préventions
particulières que les études anthropologiques ont
rencontrées longtemps chez nous. La liberté scien-
tifique n'est pas complète en France elle est li-
mitée par un certain esprit public tout particu-
lier, conservateur d'origine et d'étiquette,, qui ne
correspond d'ailleurs à aucune conviction réelle,
mais qui couvre certaines questions de l'hypocri-
sie du silence. Encore s'agit-il seulement du si-
lence de la plume, car bien des hommes parlent
fort librement de ces problèmes sur lesquels ils
aiment mieux ne pas écrire. C'est comme une con-
vention scénique quine trompe personne et à la-
quelle chacun fait semblant de croire.
En vertu d'un vote répété dans trois sessions s
successives, avec le concours des Allemands eux-
mêmes. la langue française est seule admise au
congrès international préhistorique, dans quelque
PW* qu'il;ait lieu. C'est on- raison de plus pour y
attirer-beaucoup de-savants français.. Ils doraineut
tout à fait cette année à Lisbonne. '̃<̃
-Le premier de tous â citer, c'est M. Henri Mar-
tin,:sénateur, l'émanent, historjen national de la
France, qte'son; grand âge. ne fait reculer devant
aucune fatigue. A côté-delul,il- faut citer M. de
Quatrefages, de l'Institut, le savant professeur
d. anthropologie du Jardin des Plantes, qui a
réussi à rôhâïe la- science si .populaire dans son
livre sur l'Espèce humaine-, puis viennent M.
de MortilJëf, l'organisateur dës.admïrables collec-
tions préhistoriques du musée de Saint-Germain,
l'un:des fondateurs du congrès; M. Cartailhac, de
Toulouse/ direoteur des Matériaux pour, l'his-
toire primitive Me Ihànimë, où toutes les décou-
vertes préhistoriques sont réunies chaque mois;
M. Chantre, sous-directeur. ̃ du musée d'histoire
naturelle de Lyon, qui. voyageait il y a, quelques
mois encore dans le Caucase- pour- compléter son
grand ouvrage sur l'âge, du brotize; M. Gotteau,
un. magistrat, ancien président de la Société géo-
logique de Paris-, célèbre dans le monde des bibe^
lots .par; sas faïences, toujours prêt à faire cent
lieues pour augmenter la belle .collection d'étoiles
d,ë mer et d'autres genres d'oursins dans l'intimité
de laquelle il vit à.Àuxerre.; M.J. de Baye, un ri-
che gentilhomme de Champagne; qui a/fouillé un
grand nombre de tonlbèàux dans son pays et
réuni une foule de documents précieux pour la
science.; M; Oppert, de l'Institut, "professeur d'as-
syripiogie.au Collège de France M. Cazalis de
Fondoure, de .'Montpellier jyr..E:.Alglay.è,pxofes-
;seur de science financière à la Faculté de droit de
Paris M. "Giard, professeur de. iaoldgie a la Fa-
.cuUè des sciences de Lille MM. Magitot et J. de
Laui-ière, secrétaires des Sociétés françaises d'an-
̃ thropologie et d'archéologie M. Ploix, président
de la Société d'anthropologie M. Guimet, l'ïutré'
pide voyageur, quiis'esj; fait une spécialité' du
Japon, etc. J!en connais' beaucoup d'autres qui
méritsraient aussi d'être cités. ̃['.
La Belgique a une douzaine; de représentants,,
parmi lesquels deux députés, libéraux,' bien en-
tendu, MM. G..Washer et Olive; trois professeurs
"d'Université, M. Vau Beneden, de Louvain, MM.
Van. Lair et Ceuleneer, de Liège, etc. Les Anglais
sont moins nombreux; je remarque seulement
M. Harrison, un vrai loup de mer. britannique,
venu sur son yacht où il se plaît- à affronter les
tempêtes, et M. Evans, qui au contraire n'aime
pas la mer. Celui-ci comme sir John Lubbock,
l'un des grands banquiers de Londres est ce que
nous appelons en France un savant amateur,
c'est-à-dire non professeur: il emploie à étudier
l'âge de la pierre une partie de la belle fortune
gagnêô dans sa grande fabrique de papier. Parmi
les Italiens, je distingue tout dé suite M. Capel- ]
Uni, professeur à l'Université de Bologne, l'un des
fondateurs du congrès M. Pjgorini, directeur du ]
musée préhistorique de Rome le professeur Be- ]
lucci, et plusieurs autres amis, tous, ^niême les 1
jeunes, couverts de décorations à la douzaine, au s
point de ne plus savoir où les mettre. Mais M. Ca-
pëirlhi tient le premier rang à cet égard comme 1
au point de vue de la valeur scientifique. t
Les savants scandinaves ont trouvé que Lis- c
bonne était bien loin M. Hildebrani est le seul f
homme de marque qui soit venu. Les Russes, au (
contraire, sont habitués à ne pas compteravecles (
distances. Voici d'abord M. Pawinski, de l'Uni- j
versité de Varsovie, puis un professeur de l'Uni- t
versité de Kiev, M. Vladimir Antonovic, esprit 1
indépendant, même hardi, et qui n'est pas nihi- I
liste, mais ne s'en trouve pas beaucoup mieux. 1
dit-on, avec son gouvernement; puis, le comte r
Jean Zawisza, et d'autres que je ne connais point. d
L'organisateur principal du dernier congrès, t
tenu à Buda-Pesth, le chanoine Rèemert est venu a
consolider ici les amitiés nouées il y a quatre t
ans. Ne soyez pas surpris de ce titre de chanoine d
un vrai chanoine mitré, pourtant, et qui devien- t
dra bientôt évêque. En Hongrie, où l'influence des a
jésuites a disparu depuis longtemps, le clergé ne
s'isole pas de la nation pour se rattacher à Rome. v
Les prêtres vivent, pensent, travaillent et parlent s
comme les autres hommes; loin de les scandali- n
ser ou de les inquiéter, la science les attire, et d
plus d'un y tient un rang distingué comme M. Rœ- c
mert, par exemple l'archevêque de Halocsa, Mgr p
Haynald, .qui est le plus charmant homme et l'es- q
prit le plus libéral du monde, adversaire résolu p
de l'infaillibilité papale avec tous ses collègues. g<
Ces prêtres-là sont fort à l'aise au milieu de nous pi
ils le sont beaucoup moins avec les prêtres ultra- n
montains tels que nous les connaissons. Un abbé m
français, fort bon vivant en somme, est venu au
congrès en compagnie deson ancien élève, aujour- er
d'hui émancipé je ne l'ai pas vu échanger un
seul mot avec le chanoine Rœmert qui porte ce-
pendant sa robe, lui aussi, et qu'il doit connaître.
Ces deux robes-là ont beau être coupées sur le
même patron et taillées dans le même drap, elles
ne viennent pas du même tailleur, et le moindre
couturier vous dira que c'est la façon qui fait
tout.
Les anthropologistes allemands viennent de te-
nir à Berlin un congrès fort suivi et fort brillant.
Cela n'a pas empêché un assez grand nombre d'en-
tre eux de venir à Lisbonne. Le plus remarqué
est naturellement M. Virchow, le célèbre profes-
seur de l'Université de Berlin, le chef du parti
progressiste au Parlement prusien, l'un des ad-
versaires constants de M, de Bismark, avec lequel
il a même failli se battre autrefois, il y a une
quinzaine d'années. Après M. Virchow, il faut ci-
ter tout de suite M. Schaafhausen, professeur à
l'Université de Bonn, qui est depuis longtemps un
des fidèles les plus ardents de la science préhisto-
rique puis M. Langerhans, membre du Parlement
prussien et médecin de l'empereur Guillaume; M.
Kiister, professeur à l'Université de Berlin; M.
Lissauer, président de la Société anthropologique
de Dantzig, l'un des organisateurs du nouveau
parti libéral qui s'est détache des nationaux-libé-
raux au Reichstag allemand, et plusieurs autres.
L'Espagne s'est fait représenter par M. V illano-
va, professeur à l'Université de Madrid, géologue
très laborieux et qui occuperait un rang distingué
même dans un pays où les travaux scientifiques
seraient plus nombreux. D'Autriche, je remarque
seulement un professeur de l'Université de Prague
qui porte un nom français, M. Cornu.
On regrette l'absence de cinq ou six anthropo-
logistes distingués de Danemark et d'Angleterre.
Mais il y a un mort qui est présent dans tous les
souvenirs, c'est P. Broca, fondateur de la Société
d'anthropologie et de l'Ecole d'anthropologie de
Paris, qui venait à peine d'être nommé sénateur
inamovible, lorsque la mort l'a enlevé en quelques
minutes. C'ast une per le irréparable pour les ins-
titutions dont il était l'âme, et cette perte a été res-
sentie à l'étranger comme en France. Le mois der-
nier, le congrès des anthropologistes de Berlin
s'est levé solennellement, sur la proposition du
président, M. Virchow, en signe, de deuil pour la
mort de Broca. C'est la plus éclatante manifesta-
tion qui soit usitée en pareil cas dans les réunions
scientifiques allemandes, et elle n'y est pas prodi-
guée.
Les Portugais sont naturellement fort .nom-
breux dans un congrès tenu à Lisbonne, et je ne
puis parler de tous. Le président du congrès est
M. Andrade Corvo, directeur de l'Ecole polytech-
nique de Lisbonne et sénateur du royaume. Il est
entré depuis longtemps dans la vie politique et a
été deux fois ministre. C'est lui qui avait le porte-
feuille des affaires étrangères dans le ministère
Fontes, de 1871 à 1878. Il est assurément l'un des
hommes les plus éclairés et les plus instruits du
Portugal. Aux qualités qui distinguent générale-
ment ses compatriotes, il en ajoute d'autres que
certains d'entre eux n'ont pas le sens des choses
pratiques, une grande précision d'esprit et une
fermeté de jugement que vient relever encore une
pointe d'ironie dans l'expression.
M. Carlos Ribeiro, secrétaire général du con-
grès, est un colonel d'artillerie chargé depuis
longtemps de diriger ce que l'on appelle ici la sec-
tion géologique c'est l'équivalent du service géo-
logique organisé en France par Elie deBeaumont.
M. Carlos Ribeiro a fait depuis plusieurs années
des recherches qui reculent l'antiquité de l'hom-
me jusqu'au milieu des temps tertiaires, à l'épo-
que miocène. Ces recherches fort importantes sont
une des raisons principales qui ont déterminé le
choix de Lisbonne comme siège du congrès. M.
M. Delgado, l'adjoint de M. Ribeiro à la section
géologique, est un major du génie, qui a décou-
vert notamment sur les bords du Tage des kjok-
kenmôddings ou débris de cuisine préhistoriques
semblables à ceux qu'on avait trouvés sur les côtes
du Danemark.
Un chambellan du roi, le comte de Ficalho, n'a
pas cru déroger en faisant d'excellents travaux de
botanique il occupe d'ailleurs une chaire à l'E-
cole polytechnique et dirige le Jardin des Plantes
de Lisbonne. Un autre gentilhomme, M. Estacio
da Vega, a reudu aussi de vrais services à la
science préhistorique et fait d'intéressants tra-
vaux archéologiques, comme l'interprétation d'in-
scriptions romaines trouvées en Portugal. Il est
regrettable que de petites questions personnelles
comme il s'en élève malheureusement partout
entre savants aient empêché M. Pereira da Cos-
ta de participer au congrès. C'est l'émule de M.
Ribeiro en géologie comme en science préhistori-
que, et on lui doit notamment d'excellentes re-
cherchés sur les dolmens. IV publie toujours ses
travaux en français en même, temps qu'en portu-
gais. M, Barbosa du Bocage fait généralement de
même. J'aurai occasion de vous parler plus tard
des œuvres de quelques autres savants.
Le congrès préhistorique est accueilli partout
fort cordialement, et le gouvernement a mis en
même temps une grande solennité dans la récep-
tion officielle. A la séance- d'ouverture, on voyait
à Gôtè.du bureau le roi, dom Luiz, la reine, le roi
père, dom Fernando (c'est sa femme, mère du roi
actuel qui portait réellement la couronne comme
la reine Victoria, en Angleterre), et tous les mi-
nistres, sauf celui de l'instruction publique ex-
ception singulière dont les journaux portugais se
sont amusés. Les deux rois sont venus assister à
une autre séance. Le roi dom Fernando, qui.est uu
véritable-archéologue, a du reste organisé lui-mê-
me la fouille de plusieurs cavernes. Le congrès
siège dans la grande salle de l'Académie des scien^
ces, qui rappelle la salle de l'Académie des scien-
ces .de Paris, mais qui est plus grande et mieux
aménagée. Sur quatre cents adhérents, prés die
deux cents suivent lés' séances, et on y remarque
une douzaine de dames; la plupart Allemandes. D.
y a.aussi'.une jeune Française qui suit avec inté-
rêt les travaux de son mari, et même une Portu-
gaise, quoique les usages de Lisbonne confinent un
peu les femmes à la maison. -̃
Dans l'une des premières' séances, un professeur
de l'école médico-chirurgicale de Lisbonne (il n'y
a d'Université en Portugal qu'à Coïmbre), M. A.
d'Oliveira Feijao, a présenté une femme microcé-
phale d'autant plus intéressante que les cas de mi-
crocéphalie sont fort, rares, et plus rares encore
ceux qui ont pu être complètement observés par
des hommes de science. M. C. Vogt, le fameux na-
turaliste de Genève, a dû autrefois se déguiser
pour pénétrer dans un couvent de la Prusse rhé-
nane où vivait un moine microcéphale, et c'est 4
peine s'il put l'observer..une heure.
Vous vous souvenez peut-être du jeune micro-
céphale que j'ai vu, il y a cinq ans, au congrès de
l'Association française à Nantes. C'était un garçon
d'une quinzaine d'années. D'ordinaire les microcé*
phales meurent fort jeunes, et cela semblera cour
séquence de la petitesse de leur cerveau. La micro-
céphale de Lisbonne est au contraire âgée dé
trente-quatre ans, ce qui dépasse l'âge de tous les
microcéphales signalés jusqu'ici, et M. Villanova
léclare en connaître -une autre en Espagne qui
lui'ait soixante-dix ans! Y. cq dernier fait surprend
beaucoup, et on se- demande s'il y a bien la un vé-
pi table cas de microcéphalie. Au contraire, le sujet
présenté par M. Feijao a été soumis aux mesures
es plus minutieuses.
C'est une femme, nommée Bemviuda, placée à
'asile des aliénés. de Lisbonne. Elle a été recueil- J
ie, peu après sa naissance, à l'hôpital des enfants ]
;rouvés d'Abrantès, de sorte qu'on n'a aucun ren-
ieignement sur l'état cérébral de ses parents: J
Les nombreuses mesures données par M. Feijao
irouvent qu'elle a une microeèphalie très carac-
érisée et plus forte encore sur la région frontale j
lue dans la partie postérieure. Le front est tout à
ait fuyant, et le crâne tout entier tient aisément £
lans la main il est cependant recouvert d'un (
;uir chevelu fort épais qui se ride à la moindre I
iression du doigt et semble trop grand encore J
iour la tête qu'il enveloppe. La circonférence ho-
izontaie du crâne ne dépasse pas 34 centimètres, g
ja face n'ayant pas subi le même arrêt de déve-
oppement que le cerveau, le nez fait saillie en py- s
amide énorme, la machoire supérieure s'allonge
lé manière à donner au bas de la face un progna-
israe très -accusé, et .la mâchoire inférieure recule
u contraire de deux centimètres, ce qui! fait ren-
rer le menton. Cette transformation de la face
onne à la tète l'air de tomber en avant et l'atti-
ude générale du corps exprime un mouvement
nalogue. c
Les actes intellectuels sont restreints chez Bem-
iuda, conséquence naturelle de la dépression cpn-
idérable de la région frontale. Ses mouvements, s
îême ordonnés par un tiers, ont uue apparence u,
'automatisme. Ainsi, quand on lui dit de s'appro- e1
tier d'une personne, elle obéit avec lenteur, puis v
asse le bras autour de la taille, ou prend la main
u'on lui tend, mais sans la serrer. Elle sait em- fe
loyer un verre pour boire, une cuiller pour man- q
3r mais son éducation s'est arrêtée là elle ne r<
et manier ni le couteau ni la fourchette et on
a pas réussi davantage à lui apprendre com- el
eut on ouvre une serrure avec la clef. c(
Bemviuda ne parle pas. On croit bien lui avoir
étendu prononcer, en portugais, bien entendu, les
mots femme, diable, je ne veux pas, ou des sons
articulés se rapprochant de ces mots, qu'elle doit
entendre dire souvent par les aliénées avec les-
quelles elle vit mais ces mots mêmes, il est exces-
sivement rare qu'elle les prononce, et elle n'y at-
tache aucun sens. Son véritable langage se réduit
à un cri aigu et perçant semblable à celui de cer-
tains singes.
Sur sa figure on ne remarque que l'expression
de l'hébétude, de l'indifférence pour tout ce qui
l'entoure; elle se met facilement en colère, surtout
si on veut lui ôter un châle qu'elle porte d'ordi-
naire, ou si on la menace de la mettre dans la
salle des idiotes immondes, désignée, à l'hôpital
des aliénées, sous le nom de Californie. Alors elle
lève la tête, pousse un cri aigu, fait une série d'ex-
pirations forcées et rapides par le nez, et lève un
de ses bras en tournant en dehors la paume de sa
main, comme pour chercher à éloigner d'elle celui
qui la menace. C'est seulement alors que sa figure
prend quelque animation; elle ride les lèvres, et,
dans son regard, ou peut alors apercevoir un
éclat de lumière fugitif. Puis, si on la caresse, elle
fait une grimace sans expression et se calme.
Elle témoigne un peu d'affection pour une des
employées de l'hôpital (celle qui la soigne depuis
plus longtemps) mais cette affection ne se traduit
que par une obéissance plus prompte aux ordres
qu'elle lui donne, et par une grimace particu-
lière.
Les sens sont tous un peu émoussés, excepté,
peut-être, le sens de la vue tout dernièrement,
M. Feijao l'a vue regarder avec attention et curio-
sité, au moins en apparence, un portrait à l'huile
placé dans un appartement où elle n'était jamais
entrée. Les yeux louchent, l'odorat manque de
finesse. Elle paraît aussi peu sensible à l'odeur de
l'opoponax qu'à celle d'un flacon de sels qu'on lui
présente'à six centimètres des narines; mais, si on
l'approche trop, elle finit par détourner la tête.
Les muscles de l'aile du nez sont assez dévelop-
pés elle ouvre souvent les narines, et, très fré-
quemment, elle fait des expirations forcées et ra-
pides qui la dispensent de se moucher.
Le tact et le goût ne sont point plus développés
que l'odorat. Chose remarquable, elle ne témoigne
aucune avidité pour les aliments; il arrive sou-
vent qu'on les lui présente sans qu'elle les prenne;
mais si on les lui met alors dans la bouche, elle
mange comme d'ordinaire ce n'était donc pas le
défaut d'appétit qui l'empêchait de manger, mais
un dérangement de l'action cérébrale. Quand elle
mange, elle prend ses mets avec les doigts, dans
le creux de sa main, ou avec une cuillère, et les
porte à la bouche. Ses oreilles sont grandes, mais
l'ouïe n'en paraît pas plus aiguisée, car Bemviuda
ne fait aucune attention à la musique. Aucun sen-
timent de pudeur ne se remarque en elle elle se
laisse déshabiller sans résistance et sans y faire
attention.
Les mouvements aussi sont loin d'être parfaits.
Bemviuda se tient presque toujours accroupie sur
le sol, les jambes fléchies et les genoux embrassés
par les mains. C'est sa position ordinaire, qu'elle
maintient longtemps, balançant en même temps
sa tête et son corps de droite à gauche. Quelque-
fois aussi elle se lève, va à la fenêtre, appuie les
mains sur les barreaux, et là elle continue sou
éternel mouvement de pendule, se tenant tour à
tour sur un pied ou sur l'autre.
La position des bras, quand ils n'entourent pas
les genoux, est très bizarre ils pendent, l'avant-
bras ramené horizontalement sur la poitrine, et
les mains inclinées vers la terre, comme si le poi-
gnet était brisé. Le tronc et la tête sont penchés
en avant, qu'elle soit asssise ou debout; si elle
entend quelque bruit, elle se redresse, ouvre les
yeux, lève la tête, la tourne à droite et à gauche
en faisant en même temps des mouvements de
haut en bas. L'aspect de ces mouvements rappelle
tout à fait les singes.
Sa marche est lourde; ses pieds se posent à plat
sur le sol. Elle tombe facilement et, quand elle
marche ou se tient debout, le tronc est incliné en
avant, un peu fléchi sur les reins, et les cuisses
à leur tour se fléchissent un peu sur les jambes.
son corps n'est jamais tout à fait droit, et il est
facile de voir qu'en somme son attitude se rappro-
che beaucoup de celle des singes anthropoïdes.
Quand aux fonctions de la vie organique, elles
semblent ne rien présenter de particulier.
Voilà une description aussi exacte que possible
de cette malheureuse microcéphale. Si on admet-
tait rigoureusement que le langage articulé est la
caractéristique de l'homme, il faudrait l'exclure du
genre humain, car elle en semble aussi complète-
ment dévourvues que les grands singes anthropoï-
des. Ceux-ci, dans leur jeunesse, semblent d'ail-
leurs susceptibles d'une éducation au moins aussi
complète et aussi rapide que celle de Bemviuda.
Il y a. là dessous, comme on le voit, la grosse
question du transformisme, et sous la face qui est
la plus désagréable à certaines personnes. Le con-
grès ne s'en est pas occupé à propos de la commu-
nication de M. Feijao. Mais on a examiné un au-
tre problème resté fort obscur jusqu'ici; l'origine
de la microcéphalie. M. C. Vogt en plaçait la cause
dans le crâne, dont les os se seraient "soudés pré-
maturément pendant la croissance, ce qui l'aurait
empêché de grandir pour se prêter à l'accroisse-
ment du volume du cerveau, et celûi-cij enfermé
dans une prison infranchissable, aurait dû s'en te-
nir à ses proportions réduites. Il y aurait eu.
ainsi. arrêt du cerveau à une phase déterminée
de son développement le microcéphale serait un
singe attardé parmi les hommes, C'était aussi l'o-
pinion de M. Virchow. M. Broca montra que le
crâne n'était pour rien dans l'affaire; car on avait
trouvé des cerveaux microcéphales dans des orà-
ries dont les os n'étaient pas soudés et qui pou-
vaient librement s'agrandir. Il montra aussi que
les cerveaux microcéphales ne représentaient pas
exactement une phase déterminée de l'évolution;
il .fallait au moins admettre que certaines parties
avaient continué de se développer tandis que
d'autres s'arrêtaient. Mais quelle était la cause de
cet arrêt partiel? Etait-ce une cause extérieure
comme le pensait M. de Quatrefages, cause acci-
dentelle qui dès lors ne pourrait pas être précisée?
On n'en sait rien.
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Jusqu'à nouvel ordre, les expéditions â destination
irecte de l'Algérie ne seront acceptées qu'en port du S,
t sans garantie de délais en ce qui concerne les par- pi
ours étrangers au réseau Paris-Lyon-Môditerranêe.
jo
.Demain jeudi, courses au Bois de Boulogne*; ̃ J V ̃- vt
q
PROGRAMME
Prix de Sylvie 2,000 fr. Distance, 800 mètres. 20 en-
gagements.
Prix de Bouze (handicap) 2,000 fr. Distance, 1,600
mètres. 26 engagements.
Prix de Condé 6,000 fr. 1,000 fr. au deuxième. Dis-
tance, 2,000 métres. 38 engagements.
Prix d'Enghien (handicap) 5,000 fr. Distance, 3,200
mètres. 30 engagements.
Prix de la Fourrière 4,000 fr. Distance, 3,200 mè-
tres. 7 engagements.
Les courses commenceront à deux heures.
BULLETIN COMMERCIAL `
DÉPÊCHES COMMERCIALES
Marseille, 26 octobre.
Blés. Marché calme. Ventes, 6,700 quintaux dont
1,500 à livrer. Importations, 6.000 quintaux.
Graines oléagineuses. Calmes. Ventes, 400 quin-
taux lin Rodosïo.
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Cafés. M arcllé ferme. Guayra non gragé. 82; dito
gragé 87 50. Guatemala 83. & b
Poivres. Marché calme. Tellichery 67 fr. 50 les 50
kil.
Rocou. Guadeloupe 85 à 95.
Saint-Pétersbourg, 20 octobre.
Suif.-Disponible 54 r. »» k. le berkowetz (163 k. 80).
Froment. Ferme, à 17 r. 50 k.
Seigles. Calmes, à 15 roub. *» kop.
Avoines, 5 roub. 50 kop, le tout en marchandise disp.
et par tchtwert (210 litres).
Change sur Paris (à 3 mois), 2.54 1/2 pour 1 rouble.
Anvers, 26 octobre.
Cuirs. –Secs. Buenos-Ayres 150. Salés. Buenos-Avres
05 à 78; dito Gualeguay 67; dito Montevideo 83; dito
Uruguay 77 à 83; dito Rio-Urande G0.
Enchères de laines (6° séance). On a exposé 2,441
balles de différentes provenances sur lesquelles il a été
vendu 1,104 balles.
Pétrole. Marché ferme. Disponible 27 »/» à 27 1/4;
janvier k» a »a nn; octobre »̃> »l» à »» »/» novembre
26 3/4 payé. vend. à 27 »/ décemb. 27 1/4 payé, ven-
deurs 27 3/4 les 100 kil.
Cafés. La demande continue d'être active à des
prix plus fermes. Santos disponible 39 cents entrepôtt;
dito livrable 37 3/4 à 38 cents entrepôt; dito en débar-
quement 39 3/4 entrepôt. Rio 30 à 30 3/4 cents entre-
pôt dito à livrer 35 cents entrepôt.
Céréales. Les froments restent soutenus aux prix
d'hier et sont régulièrement demandés.
Les autres grains sont calmes et sans changements.
Saindoux. La demande est active et Tes prix
sont plus faibles. On cote la marque Wilcox: pour l'
disponible de 110 1/2 à 112 octobre à 111 »/»; novem-
bre 109 1/2 à 110; décembre 108 1/2 à 109 les 100 kil.
Salaisons. Sans changements. On cote le Lojig
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tion ont subi dans plusieurs cas un recul de 1 sh. par
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que dispon. 32 sh. 6 d. à »» sh. den.; nov.-décembre.
32 sh. 6 d. à 32 sh. 9 d. par cwt.
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TRIBUNAL DE COMMERCE
:i~
DECLARATIONS" OE FAILLITES
Du 26 octobre.
Falquières," marchand de vin, quai d'Auteuil, 146.
S. pï., M. Mauger, boulevard Sébastopol, 99.
Maillet aîné, commissionnaire en marchandises,
passage Chausson, 5. S. pr., M. Lamoureux., 'rue
Chanoinesse,14. 14. •
Saulnier, tenant établissement de bains à Maison s-
Alfort, chemin des Iles. S. pr., M. Gauche, avenue
Victoria, 7,
Billion, mégissier, rue des Cordelières,' g. s. pr.,
M. Mercier, boulevard Saint-Michel, 6..
Terrier, marchand de lingerie à Néuilly, rue de
l'Eglise,- 16, S. pr., M. Gauche, déjà somme.
Videlot, éDicier, rue Dulong, G4 M?. S. pr., M.
Beaujeu, rue ae Rivoli, 66.
Leytens, négociant, rue de Lafayette, 179. S. pr.,
M. Gauche, déjà nommé.
Amfry et Guôroult. marchand dé. vin, rue Pasiiuier,
26. S. pr., M. Gauche, déjà nommé..
Suire, marchand de vin, rue Ramey, 1£. S. pr., M.
Lamoureux, déjà nommé. •
Séverin, marchand de galoches, passage de Puebla.
14. S. pr., M. Bartaoux, ooulevara Sébastopol, 9.
Bouvier, marchand de vin, rue Moreau, 16. S. pr.
M. Mauger, déjà nommé.. ̃ ̃
SPECTACLES ET CONCERTS ^u
Salle très brillante hier soir, aux Nouveautés, polir
la première représentation de la Cantiniêre, vaude-
ville militaire qu'on a beaucoup applaudi.
Les décors sont très soignés et les -costumes fort
beaux.
• Mlle Piccolo était si enrhumée qu'on a du coupeEi
tous ses airs. f
Hier soir, répétition générale du Comte Ory. 4
L'ensemble ayant été jugé satisfaisant, la première
représentation (reprise) est fixée irrévocablement à-
vendredi.
Quelques détails sur le Comte On/.
La dernière reprise de l'ouvrage de Rossini' eut lien
le 19 mai 18G3. Il fut chanté alors par MM. Warot le
comte; Obin, le gouverneur; Bonneseur, Rimbaud:
Aimes Vandenheuvel. la comtesse: de Taisy, lsolier-
Godfrend, dame Radëgonde: Sâînf-Auguet, Alice. La
dernière représentation, qui était la 8S(j°, fut donnée
le 12 novembre 1806. Encore, ce soir-là, ne chanta-t-on
que le premier acte.
Le Comte Ory sera donc joué après-demain pour la
387e fois.
M. Vaucorbeil a fait faire deux décors nouveaux
celui du premier acte représentant la campagne, avec,
un château moyen-âge an fond et la cabane de l'er-
mite à droite, est de M. Carpezat: celui du second acte-
une salle du château, est de MM. Rubé et Bhaperon. •̃»*
Ces deux décors ont été faits sur lés plans de lan- v
sien Opéra de la rue Le Peletier, pour que cadre fut. v
proportionné à l'œuvre et à la sonorité. v
Bien que la pièce.soit toute prête à passer, M. de
La Rouriat ne voulant pas que la premiere de Char-
lotte Cordait coïncide jeudi avec la reprise du Bour-
jeois gentilhomme, ni vendredi avec la reprise du <
'Jotnte Ory à l'Opéra, se voit dans la nécessité d'en
ixer définitivement la date à samedi..
La deuxième représentation tombant un dimanche"
ït la troisième ayant lieu le jour de la Toussaint, lo
«rvice habituel de seconde ne sera fait que pour le
nardi.
Belle Lurette est annoncée pour vendredi à la
tenaissance.
On ne sait pas encore quand pourra passer Michel
ïtrogoff au Châtelet. En tout cas la première ne
lourra avoir lieu avant le 5 novembre.
On doit lire les premiers tableaux de Nana au-
ourd'hui ou demain aux artistes de 1.'Ambigu.'EL en
roilâ maintenant pour deux bons mois au moins de
ouvriers s'engagent à extraire le charbon à tant le
mètre cube. b f .1
Si ces ouvriers ont un bon travail, du charbon facile e
à extraire, ils peuvent gagner 4 fr. 50 à 5 fr. par jour;
mais si malheureureusement le charbon est difncile
à extraire, l'ouvrier verra ses journées varier entre
2 et 3 fr. par jour.
Quant à la détache, c'est un autre travail le maître
porion offre tant le mètre cube aux ouvriers. Ces ou-
vriers, selon leurs capacités, peuvent gagner da 3 fr.
à 5 fr. S'ils ne gagnent que 3 fr. par jour, on les leur
donnera; mais s'ils gagnent 5 fr., on leur retiendra 70
centimes, car les ouvriers à la détache ne peuvent ga-
gner plus de 4 fr. 50 par jour.
Le correspondant de l'Echo croit que la Compa. •
gagnie fera quelques concessions pour amener la
fin de la grève.
• Les ouvriers ébénistes de Lyon viennent d'or-
ganiser une grève partielle. Ils ont mis en interdit
les maisons qui ont refusé d'accepter le tarif qui
leur était présenté.
La commission a publié une note dans laquelle
elle annonce que les ouvriers travaillant dans
les maisons mises en interdit ont quitté les ate-
liers avec le calme et la modération qui convien-
nent à des ouvriers qui ont la conviction de leurs
justes demandes. ·
̃•- La commission les remercie et espère que dans
toutes les circonstances il en sera de même. Aucun
ouvrier, ne devra demander du travail dans ces
maisons.
Plusieurs maisons ont adhéré au nouveau tarif
des ouvriers ébénistes.
Trois cents ouvriers du tissage de M. Berthet,
rue de la Ferme. à Rouen (quartier Saint-Sever),
ont refusé de travailler à cause d'une réduction
opérée sur leurs salaires.
Ils ont appelé, de plus, M. Berthet devant le tri-
bunal des prud'hommes. Eu attendant la décision
de ce tribunal, M. Berthet a refusé, dit le Nouvel-
liste de Rouen, tout travail aux 200 ouvriers em-
ployés aux apprêts et au bobinage.
• irr On mande de Saint-Quentin que le train ex-
press, venant de Berlin, a déraillé hier matin, à
sept heures, à Issigny-le-Pe.tit, entre Busigny et
Saint-Quentin.
Il a rencontré dans la station même, à la sortie
d'une courbe qui empêchait de les voir, une ma-
chine et un fourgon qui revenaient à Saint-Queu-
tin, croyant avoir une avance suffisante sur l'ex-
press, supposé à tort avoir un retard d'une demi-
heure.
Lu fourgon a été mis en pièces, la machine pro-
jetée à plusieurs mètres en dehors de la voie, qui
a été détruite sur plus de 60 mètres.
Les mécaniciens Guyaud et Hénocq, les chauf-
fdurs Pierre Malatle et Desterbecq ont été grave-
ment contusionnés.
Le$ voyageurs ont été heureusement quittes pour
• des chocs violents et dés blessures légères causées
par le bris des carreaux parmi eux, M. de V.
fonctionnaire de douanes à Jeumont; un officier
russe. le comte de L. le surveillant du sleeping-
car, M. Siltenberg.
Un train de secours est venu de Saint-Quentin
vers huit heures. L'arrivée à Paris a eu lieu sans
autre incident ri une heure et demie.
On écrit au Petit Marseillais que, ces jours
derniers, un assassinat a été commis en mer dans
les circonstances suivantes
Un batelier napolitain, qui s'était vu enlever
tme affaire.par un de ses confrères (il s'agissait de
jeter, pour un franc au lieu de deux, un cuev&l
mort à la mer), a s,uivi dans une barque &on con-
current et a sauté en pleine mer, au I.arge de Bo-
nifacio, dans son embarcation. •. «
Quand les deux bateliers se sont trouvés face a"
face, une lutte terrible s'es.tr engagée. Le Napoli-
tain a assommé soi) aSvërsaire coups de trident
Quand il est rentré à Bonifacio, il était littérale-
ment couvert de sanfi- des pieds à la tête. Il a été
aussitôt arrêté. On n'a pas retrouvé sa victime.
Un meurtre a été commis, le 22 courant, en
Corse, à Petrelo-Bischisano, arrondissement de
Sartene. M. Vincent Çolonna-d'Istria- âgé de
soixante-quatorze ans, a été tué d'un coup de pis-
tolet qui lui a été tiré à bout portant au moment
où il sortait de l'église. La balle a pénétré dans le
dos et n'a pu être extraite. La mort a ôtè. instan-
tanée.
L'assassin est un nommé Antoine Fieschi, âgé
de vingt ans, neveu d'une femme qui était deve-
nue la maîtresse de M. Golonna-d'lstria et que ce
dernier avait délaissée. L'abandon de la tante au-
rait été le mobile du crime commis par le neveu.
On télégraphie 4e Philadelphie, 36 octobre,
g11^1^ stamer Inçhmornish est arrivé, ayant à
pord 19 hommes d'équipage et 80 passagers appar-
tenant au schooner français Mathilde, de Gran-
ville, que Vlnchmormsh a rencontré en mer le 17
octobre, par 45 degrés de longitude ouest, sur le
point nie couler bas.
CONSEIL GÉNÉRAL DELA SEINE
si; s*rx^>'#i!i-ce du mardi 26 octobre. ,c,
• ̃̃ ?'̃<' ̃̃'
̃ "Prolongement du tramway dtr ;bois dé Boulogne à la
place Sainl:Sulpico. Les usines insalubres des eu-
virons;^é"^ariB. ̃̃-••-̃/> ,\Asu
La séàucë'êsl ouverte à trois heures, sous la pré-
sidenecdû MTRétyy 't- :v ,-r ̃̃̃̃̃̃̃̃̃ ̃•
M. MaijllàPd rappelle -qu'une: délibération du
v conseil & autorisé le prolongement -du tramway
du bols de,Boulogne à Autenii par les quais de la
rive gau£he jusqu'au quai Coati,' et le prolonge-
ment dtr même tramway: jusqu'à là place. Sain t-
Sulpicé-par le pont de Grelîelle, 'la rué Saint-Char-
les, le; boulevard de Grenelle et la rue de Sèvres
Pourquoi ces délibérations n'ont-elles pas été exé-
•̃' cutées?^ ̃•̃̃•̃- -̃ '-̃-̃̃- '̃ -̃•̃' s ̃:̃̃̃̃ ^-̃̃̃̃̃̃̃-
M. le directeur des travaux dit que l'exécution
de ces, délibérations ont rencontré certaines diffi-
cultés, en ce qui concerne le passade du tramway
dans tp. rue de Sèvres, aux abords au carrefour de
la Croix-Rouge. Lé ministre des travaux publics a
demandé une -HOHyelle enquête, qui a.étéiaite, et-
de laquelle il a résulté la nécessiteuse- fixer le
terminus de la ligne au square des Ménages. Dès
que la réponse du ministre sera parvenue,; satis-
faction sera accordée au conseil.
L'orcli-e du jour appelle l'interpellation adressée
par M. Benjamin Raspailà M. le préfet de police
au sujet des usines insalubres rde ;ia banlieue, et
particulièrement de celle dite « des Hautes-Bor-
nés », à Arcuoil. --̃ r'; ̃ .:̃̃̃̃-̃
La discussion, qui a duré plus de deux heures,
et à laquelle ont successivement pris part l'auteur
de l'interpellation, M. ie'préfet de police, MM. Ju-
les Roche, Blanche, Ruben de Couder, Deligny,
n'a été, en somme, que la xeproduclion des débats
qui eurent lieu au commencement du mois, au
conseil municipal, à propos de l'interpellation faite
par M, Jules Roohe relativement aux odeurs-de
Paris.
M. Beiyamin Raspail a particulièrement insis-
té sur la situation déplorable faite aux-communes
suburbaines par l'établissement des Hautes-Bornes
à Arfcueil, dont rinfection ne se bo'rnepas à Ville-
juif, mais envahit également lesT3= et 14° arron-
dissements. Cette usine avait été fermée en 1873,
par M. Léoit Renault, sur la demande du Conseil
général; sa réouverture avait été refusée par.M.
Voisin. Quelle influence a pu agir auprès du con-
set d'Etat,- pour que celui-ci eût autorisé la réou-
verture? Comment a-t-on laisé, au mépris des rè- `
glements, l'établissement s'agrandir? Si un tel état
de choses persiste, il va se créer une véritable
agitation autour de. cette question, et il faudra
bien, bon gré mal gré, qu'elle soit résolue confor-
mêment aux justes demandes des populations in-
téressées.
M. Jules Roche donne lecture d'une lettre, de
laquelle il résulte que les communes de Bonneuil,
Samt-Maur,, Le Parc,. Créteil, protestent contre
le dépôt de vidanges établi à Grêteil; une protesta-
tion est signée dans cette dernière commune con- i
tre une prolongation d'autorisation de cet infect (
établissement. Cette opposition indique sufnsani-
ment que M. le préfet de police s'est encore trom-
pé en affirmant qu'aucune plainte ne s'était pro- ,J]
duite contre l'usine de Créteil.. j J
M.^le préfet de police ne peut que répéter uue ï
fois de plus que la législation qui s'applique aux
établissements insalubres est tout à fait insuffi-
santé, l'administration n'est pas assez armée et 1
Jl est nécessaire de pouvoir requérir des peines t
correctionnelles. Le projet de loi présenté aux i
deux Chambres donnera satisfaction aux nécessi- ̃
tés de' la salubrité publique. c
M. le préfet ajoute qu'il a ordonné la fermeture t
de l'usine de Créteil. Mais il faut distinguer s'il I
a pu suspendre pour un temps le fonctionnement
d'un établissement insalubre, il n'a pas le droit de
supprimer une propriété qui s'est constituée en c
vertu d'un arrêté soit de ses prédécesseurs ou de a
lui. ou d'une décision du conseil d'Etat. t
En ce qui concerne plus spécialement l'usine des h
Hautes-Bornes, M. le préfet de police n'a pas le c
droitde casser l'arrêt du conseil d'Etat autorisant
l'ouverture. L'administration préfectorale a fait t
ce qu'elle pouvait des procès- verbaux nombreux c
ont été dressés contre l'industriel à la tête de cet s
établissement, à tel point que. le substitut di #
sait à l'audience du tribunal qu'il ne comprenait t
pas l'acharnement du commissaire de police. ij
Le conseil et les populations ne doivent pas se' r
dissimuler d'ailleurs que l'existence des dépotoirs a
est la conséquence fatale de notresystème d'égouts n
et de yidanges. Tant qu'il existera des fosses fixes, p
en devra nécessairement supporter les dépotoirs, a
Le préfet de police doit donc y regarder à deux d
fois avant de prendre la grave mesure de suspen-
dre le fonctionnement d'un dépotoir. Il ne doit d
exercer ce droit que lorsqu'il y a une véritable s'
violation de l'arrêté d'autorisation. t<
Le cnuseil vote l'ordre du jour suivant présenté d
par MM. Jules Roche et Deligny:
Le conseil général, considérant qu'il importe de don- ri
îier satisfaction aux plaintes si nombreuses et si justi- î;
fiées des populations, au sujet, des usines insalubres lE
qui infectent Paris et ses environs, invite M. le préfet p
de police à poursuivre l'établissement d'une législation
édictant des mesures plus efficaces, à user avec fer- d
meté du droit de surveillance et de contrôle qui lui
appartient, et notamment à suspendre, ainsi qu'il le
peut, les usines qui ne se conforment pas aux condi-
tions de leur autorisation et particulièrement à la con-
dition qui leur est imposée de ne laisser échapper au
dehors, aucune émanation incommode »,et passe à l'or-
dre du jour.
La séance est levée à cinq heures et demie et la
prochaine séance fixée au mardi 2 novembre.
CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
I Séance du mardi 26 octobre.
Allocution du président. Le concours des motifs dé-
coratifs de la place de la Republique. Faits regret-
tables signalés à propos d'un incendie. Enlève-
ment des neiges pendant l'hiver 1880-1881.
La séance est ouverte à cinq heures trois quarts
sous la présidence de M. Cernesson.
M. le président prononce l'allocution suivante
Messieurs,
Au retour du voyage de votre délégation à Londres,
il est de notre devoir de vous rendre compte de la
cordiale réception qui nous a été faite.
La magnifique hospitalité que nous avons reçue à
Mansion-House de la part de l'honorable lord-maire,
sir F. Wyatt Truscott, était rehaussée encore par les
sentiments de cordialité et d'amicale bienveillance,"
que le lord-maire nous a exprimés à l'égard de la ville
de Paris et de son conseil municipal.
Nous vous proposons, messieurs, de lui voter des re-
merciements ainsi qu'à toutes les personnes qui se sont
mises à notre disposition pour nous faciliter notre
voyage et les moyens d'étudier quelques-uns des ser-
vices importants que renferme la ville de Londres,
N Nous vous rapportons des documents intéressants
sur le réseau des égouts, sur le South Kensignton Mu-
séum, sur les pnsons, sur le Jardin botanique de
Kew. Ces documents seront rédigés d'ici à quelque
temps et, si vous le voulez permettre, nous les ferons
imprimer pour être distribués à chacun de vous.
îinnn. messieurs, au moment où vous discutez l'or-
ganisation municipale de la ville de Paris, il vous pa-
raïtra peut-être intéressant de vous faire connaître que
3 ai eu 1 honneur d'être admis à une séance du conseil
communal de la cité de Londres, qui se compose de
•m membres y compris le lord-maire et les 2(5 al-
dermen.
Le public est admis aux séances et les citoyens peu-
vent se présenter à la barre pour y déposer des pé-
titions et même pour en développer les motifs.
Ma présence dans la salle a été l'objet de marques
non équivoques de bienveillance et de témoignages
flatteurs de sympathie et d'intérêt dont je m'empresse
de reporter au conseil tout l'honneur et le mérite.
Le conseil avait nommé dans une précédente
séance MM. Collin, Engelhard et Vauthier pour
faire partie du jury qui fonctionne actuellement
pour le concours des motifs décoratifs de la place
de la République..
M. Vauthier annonce qu'il a donné sa démis-
sion, qu'il a ainsi motivée Lorsqu'il a accepté
cette mission, il n'était pas bien fixé sur les condi-
tions du concours. Quelque éminents que soient
los artistes qui y ont pris part, il doute que les
résultats puissent être favorables, et ne veut pren-
dre, à cette occasion, aucune responsabilité. Des
éléments décoratifs ne peuvent être, selon M. Vau-
thier, conçus en dehors de l'ensemble dont ils
font partie; cet ensemble n'est laissé, dans aucune
mesure, à la disposition des concurrents. S'ils con-
naissent le motif principal, la statue, ils ne con-
naissent du reste qu'un contour sur lequel les mo-
tifs qu'on leur demande doivent être placés. Ces
motifs conviennent-ils dans l'espèce ? Sont-ils les
seuls qui conviennent? Les éléments à projeter
sont-ils distribués' de la meilleure manière pour
l'effet à obtenir? Que comprendra l'intérieur du
quadrilatère enveloppé par ces mâts et ces,colon-
ues? Ce sont autant de questions essentielles aux-
quelles n'avaient pas à toucher les concurrents.
Beaucoup d'entre eux auront certainement créé
des choses charmantes isolément; mais rien ne dit
qu'une fois groupées elles ne produiront pas un
effet détestable, Dans ces conditions, M. Vauthier
croit devoir se récuser.
"M. Engelhard observe qu'il est regrettable que
M. Vauthier, dont il apprécie la compétence en ces
matières, n'ait pas présenté les observations qu'il
vient de développer le jour où le conseil a pris sa
délibération établissant le concours. Il est trop
tard aujourd'hui pour protester contre ce con-
cours. Hier les membres du jury se sont réunis,
ljL.lel.tre.de M. Vauthier a été lue; néanmoins M. le
préîet a déclaré le jury constitué, les. opérations
ont commencé et la 'décision doit être prononcée
demain à une heure. Dans ces conditions, il n'y a
pas lieu de nommer un juré supplémentaire.
L'ordre du jour est prononcé. I J|f.
M. Laforit signale, au nom d'habitants de la rué
Lepic (18c arrondissement), un fait regrettable qui
se serait passé dimanche dernier, à cinq heures
du matin, lors de l'incendie du séchoir à farine de
M. Bonneau, boulanger, rue Lepic, n« 40.. Immé-
diatement,*un des habitants alla requérir les pom-
pièrs de la mairie et deux d'entre eux se rendirent
aussitôt sur le lieu du sinistre. Mais ils ne purent
se raccorder sur la bouche d'incendie située à
quelques pas de là. Les. habitants durent recourir
a une fontaine existant dans la rue. presque en
face du sinistre; mais là l'eau faisait défautm, d'un
autre côté, les pompiers n'avaient pas les clefs des
bouches environnantes.- 'f ̃'̃ VH '.̃'̃
C'est un état de. choses .-quhaurait jju avoir les
conséquences les plus graves pour le quartier.
M. le directeur des travaux n'a pas i "dé rensei-
gnements; relatifs à l'incident spécial qui vient
gn,ements:rehitWrà l'inctdent SP,éCI~I:qu1 yient
d'être exposé par M. Laforit. 31 ne pourrait donc
lui' répondre qu'à la .prochaîne séance. Cependant,
à.un point de vue général, il peut dire au conseil
que tous les tuyaux des pompes ont des pas de
vis, qui se raccordent sur les bouches d'eau et que
les postés de pompiers sont 'tous pourvus d'une
clef ouvrant,.c.e,s bouches, ,̃
^Sur le .rapport de M. Vauthier, l(i conseil auto-
rise l'administration à faire procéder, à titre d'es-
sai, pendant l'hiver 1880-1881, à l'enlèvement au
mètre cube des neiges
choix, ati lieu de continuer l'ancien système de
l'enlèvement par des ouvriers pris à la journée.
La séance est levée à six heures et demie et la
prochaine séance. est fixée au. jeudj ,28. ocfobr&i,;sE3
TRIBUNAUXh
TRIBUNAUX;
̃ :.̃̃̃ -̃ ,̃̃ .y*A'i:
Les sires Michelonet de Lizzaranzu. :Deux
célébrités de la rue dont VJEoènement parisien >
illustré illustre les trottoirs, deux gloires aux-
quelles les juges de lar8e chambre correctionnelle
ont édifié ûu piédestal qu'exhausse, chaque se-
maine. quelque Condamnation nouvelle. Quand `
l'un de ces paladins est sous clef, l'autre, graçieu-
sement, le remplace. Grâce à cette mutualité,
l'Evénement parisien nu chôme jamais -de gév
rants. Du moins n'en a-t-il pas manqué jusqu'à
hier. Cette situation heureuse a été modifiée par
une sentence qui1 envoie M. dé Lizzaranzu rejoin-
dre pour trois mois M. Michèlpn â Saintè-Pela-
gie. Le moniteur dé la pornographie est Goudam-
né, de plus, à une amendé de 1,009 fr.'
M. Michelon, de son côté, avait ordre de compa-
raître à l'occasion d'un numéro revêtu de sa si-
gnature. ,11 s'est abstenu, en s"excusant sur l'état
de sa santé, qui le retient, en prison tout-autant 1
que Us geôliers, semblerait-il: Le tribunal aimmê-
diatement Commis. un..médecin à l'éxameniâiï prié-
venu et décidé que Taiîaire, en ce quile concerne,
serait évoquée après-demain samedi. Le numéro
frappé hier porte la date du 18 septembre; celui J
qui sera en cause samedi est daté du 5 -du même
mois. ̃
L'immunité diplomatique. Nous rendions ]
compte sous ce titre,: dans le Temps du 27 septem- J
bre dernier, d'une demande formée devant la ]
chambre dés référés du tribunal de la Seine par <
Mme de Bruc contre son mari, le comte de Bruc 1
duc de Busignano, chargé d'affaires de la Républi- i
lue- de Saint^Marln en France. La comtesse pré- f
tendait obtenir un droit d'opposition sur les som- i
mes dues à son mari par divers banquiers. Cet te i
procédure n'était d'ailleurs que la phase prépara-
ioirè d'une instance en séparation de corps, M» De- l
;àporte, avoué. de M. de Bruc; M» "Pérard, avoué 1
le la demanderesse, avaient vivement discuté, ce- j
Lui-ci se prévalant de ce que le duc de Buignano r
3st Français; celui-là invoquant malgré tout sa r
qualité d'agent d'un gouvernement étranger. Le i
;ribunal avait tranché -là question dans le sens a
le l'immunité diplomatique. b
On annonce aujourd'hui qu'une entente est in- J
avenue entre les époux. La duchesse s'est dé- h
sistèe de sa. poursuite en séparation, c
L'affaire de Kaulla. Le projet de mise en v
ause devant la justice, par Mme Lucie de Kaulla, v
le deux des feuilles qui l'ont le plus vivement at- 7
aquée à l'occasion du procès Jung-Wœstyne sem-
•le aujourd'hui prendre corps. La baronne a fait lj
fooix d'un avoué très habile: M« Lortat-Jacob. d
L'affaire de Cissey. D'autre part, l'instance
lorrèctionnelle dont M. le général Courtot de Gis- *(
ey menace depuis une semaine les journaux Vin- 1
ransiqeant et le Petit Parisien devient une certi- Cl
ude. 11 est probable que les assignations seront a:
ancées cette après-midi. Il a été question, pour la
entrée parlementaire, d'une interpellation de la d
;auche de la Chambre des députés au gouverne- j(
lent. On parle aussi d'une interpellation que se s'
reposeraient de faire quelques membres de la L
roite sénatoriale. C(
C(
Les procès des congréganistes. A Bor- sc
eaux, M. Brotennet, président du tribunal civil, Pi
•est déclaré hier incompétent dans l'instance en m
éféré introduite par M. de Grangeneuve, locataire H
e l'immeuble des jésuites situé rue Margaux. pj
Quatre accusés en cour d'assises. Autour- £'
'hui s'ouvrent, devant la cour d'assises de l'Ain u
? débats d'une monstrueuse affaire qui amène en il!
rèsen.ce du jury quatre accusés. m
Nous rendrons compte de ce procès, à l'occasion fr
uquel Me Lachaud a été mandé à Bourg cc
t DE PARIS A LISBONNE
tu
r- ̃ •
La congrès préhistorique..
la :̃ .̃̃̃
la "̃ -"• ".s ̃'̃̃"• Lisbonne, 27 septembre.
Le congrès international d'anthropologie et d'ar-
cliéologie préhistoriques, qui est l'occasion de no-
tre voyage en Portugal, vient tenir ici sa neuvième
session. Fondé il y a quinze ans à la Spezzia, il a
siégé successivement dans presque tous les pays
d'Europe, à Neuchâtel en 1866, à Paris en 1867, à
é. Norwich en 1868, à Copenhague en 1869, à Bologne
t- en 1871, à Bruxelles en 1872, à Stockholm en 1874,
e- à Buda-Pesth en 1876. C'est de beaucoup le plus
remarquable des congrès scientifiques internatio-
ts naux qui se tiennent en Europe.
Il doit surtout ce caractère à l'Intérêt universel,
aux tendances libérales de la science jeune et ar-
dente qu'il cultive, peut-être celle de toutes nos
s, sciences qui a fait le plus de progrès depuis un
a quart de siècle qu'elle existe à l'état constitué. Au-
à jourd'hui elle a définitivement triomphé des pré-
3, ventions des géologues, qui la croyaient chiméri-
;s. que, des attaques des prêtres, qui la taxaient d'ir-
religion, et des dédains des archéologues, qui la
proclamaient impuissante. Elle s'impose à tous, et
5- tous cherchent maintenant à concilier leurs
£ croyances ou leurs théories avec ses démonstra-
tions qu'on n'ose plus nier.
Chargée de relier l'histoire de l'homme à celle
de la terre, l'anthropologie préhistorique se trou-
e vait placée entre deux sciences animées d'un esprit
e très différent, la géologie et l'érudition elle était
s comme un pont entre deux rives ennemies; sui-
vant qu'elle se rattacherait à l'une où à l'autre,
l- sou caractère et son avenir devaient être tout dif-
e férents. C'est du côté de la géologie que la science
£ préhistorique s'est tournée, c'est la méthode des
sciences naturelles qu'elle a suivie. Cette méthode
lui a donné une telle force qu'elle envahit aujour-
1- d'hui le vestibule de l'histoire, cherche dans les
pierres oubliées, les vieux os ou les superstitions
s antiques, l'origine des peuples qu'on déterminait
s autrefois à l'aide de textes problématiques, et jette
e ainsi des lumières toutes nouvelles sur une foule
de questions que les anciennes méthodes archéolo-
s giques n'étaient point parvenues à éclaircir.
p Cette constitution, de la science préhistorique est
l due surtout à un Français, Edouard Lartet, auquel
les honneurs officiels ont manqué presque jusqu'à
la veille de sa mort. Entre les mains de Boucher
de Perthes, l'homme fossile avait conservé quel-
ques allures de roman archéologique. Les patien-
t tes recherches d'Edouard Lartet lui donnèrent une
5 assiette aussi solide,que celle d'un dieu assyrien
en le rattachant à l'ensemble de la faune paléonto-
» logique elles fixèrent définitivement la méthode
j et le caractère de l'anthropologie préhistorique,
j qui s'est avancée plus tard sur de nouveaux ter-
rains, mais en-marchant toujours dans la même
direction et avec le même esprit.
C'est la France qui est restée. le principal centre
des études préhistoriques, quoique la tradition
géologique de Lartet soit maintenant plus suivie
en Angleterre que chez nons, et malgré les admi-
L râbles travaux des savants scandinaves, les Wor-
saœ, les Sven Nillson, les Steenstrup, les Hilde-
brand et tant d'autres qui balancent les travaux
des savants français. L'Angleterre ne vient qu'a-
près, mais avec un caractère tout spécial c'est
elle surtout qui a fait les synthèses même un peu
hâtives, qui a développé hardiment les vues d'en-
semble avec les sir John Sullock, les B.urnet Ty-
lor, les Mac-Lennan, etc.
Ce rôle de généralisaleur est précisément celui
qui est d'ordinaire dévolu à la France dans le
mouvement intellectuel de l'Europe. Si elle ne l'a
pas joué ici, cela tient sans doute aux préventions
particulières que les études anthropologiques ont
rencontrées longtemps chez nous. La liberté scien-
tifique n'est pas complète en France elle est li-
mitée par un certain esprit public tout particu-
lier, conservateur d'origine et d'étiquette,, qui ne
correspond d'ailleurs à aucune conviction réelle,
mais qui couvre certaines questions de l'hypocri-
sie du silence. Encore s'agit-il seulement du si-
lence de la plume, car bien des hommes parlent
fort librement de ces problèmes sur lesquels ils
aiment mieux ne pas écrire. C'est comme une con-
vention scénique quine trompe personne et à la-
quelle chacun fait semblant de croire.
En vertu d'un vote répété dans trois sessions s
successives, avec le concours des Allemands eux-
mêmes. la langue française est seule admise au
congrès international préhistorique, dans quelque
PW* qu'il;ait lieu. C'est on- raison de plus pour y
attirer-beaucoup de-savants français.. Ils doraineut
tout à fait cette année à Lisbonne. '̃<̃
-Le premier de tous â citer, c'est M. Henri Mar-
tin,:sénateur, l'émanent, historjen national de la
France, qte'son; grand âge. ne fait reculer devant
aucune fatigue. A côté-delul,il- faut citer M. de
Quatrefages, de l'Institut, le savant professeur
d. anthropologie du Jardin des Plantes, qui a
réussi à rôhâïe la- science si .populaire dans son
livre sur l'Espèce humaine-, puis viennent M.
de MortilJëf, l'organisateur dës.admïrables collec-
tions préhistoriques du musée de Saint-Germain,
l'un:des fondateurs du congrès; M. Cartailhac, de
Toulouse/ direoteur des Matériaux pour, l'his-
toire primitive Me Ihànimë, où toutes les décou-
vertes préhistoriques sont réunies chaque mois;
M. Chantre, sous-directeur. ̃ du musée d'histoire
naturelle de Lyon, qui. voyageait il y a, quelques
mois encore dans le Caucase- pour- compléter son
grand ouvrage sur l'âge, du brotize; M. Gotteau,
un. magistrat, ancien président de la Société géo-
logique de Paris-, célèbre dans le monde des bibe^
lots .par; sas faïences, toujours prêt à faire cent
lieues pour augmenter la belle .collection d'étoiles
d,ë mer et d'autres genres d'oursins dans l'intimité
de laquelle il vit à.Àuxerre.; M.J. de Baye, un ri-
che gentilhomme de Champagne; qui a/fouillé un
grand nombre de tonlbèàux dans son pays et
réuni une foule de documents précieux pour la
science.; M; Oppert, de l'Institut, "professeur d'as-
syripiogie.au Collège de France M. Cazalis de
Fondoure, de .'Montpellier jyr..E:.Alglay.è,pxofes-
;seur de science financière à la Faculté de droit de
Paris M. "Giard, professeur de. iaoldgie a la Fa-
.cuUè des sciences de Lille MM. Magitot et J. de
Laui-ière, secrétaires des Sociétés françaises d'an-
̃ thropologie et d'archéologie M. Ploix, président
de la Société d'anthropologie M. Guimet, l'ïutré'
pide voyageur, quiis'esj; fait une spécialité' du
Japon, etc. J!en connais' beaucoup d'autres qui
méritsraient aussi d'être cités. ̃['.
La Belgique a une douzaine; de représentants,,
parmi lesquels deux députés, libéraux,' bien en-
tendu, MM. G..Washer et Olive; trois professeurs
"d'Université, M. Vau Beneden, de Louvain, MM.
Van. Lair et Ceuleneer, de Liège, etc. Les Anglais
sont moins nombreux; je remarque seulement
M. Harrison, un vrai loup de mer. britannique,
venu sur son yacht où il se plaît- à affronter les
tempêtes, et M. Evans, qui au contraire n'aime
pas la mer. Celui-ci comme sir John Lubbock,
l'un des grands banquiers de Londres est ce que
nous appelons en France un savant amateur,
c'est-à-dire non professeur: il emploie à étudier
l'âge de la pierre une partie de la belle fortune
gagnêô dans sa grande fabrique de papier. Parmi
les Italiens, je distingue tout dé suite M. Capel- ]
Uni, professeur à l'Université de Bologne, l'un des
fondateurs du congrès M. Pjgorini, directeur du ]
musée préhistorique de Rome le professeur Be- ]
lucci, et plusieurs autres amis, tous, ^niême les 1
jeunes, couverts de décorations à la douzaine, au s
point de ne plus savoir où les mettre. Mais M. Ca-
pëirlhi tient le premier rang à cet égard comme 1
au point de vue de la valeur scientifique. t
Les savants scandinaves ont trouvé que Lis- c
bonne était bien loin M. Hildebrani est le seul f
homme de marque qui soit venu. Les Russes, au (
contraire, sont habitués à ne pas compteravecles (
distances. Voici d'abord M. Pawinski, de l'Uni- j
versité de Varsovie, puis un professeur de l'Uni- t
versité de Kiev, M. Vladimir Antonovic, esprit 1
indépendant, même hardi, et qui n'est pas nihi- I
liste, mais ne s'en trouve pas beaucoup mieux. 1
dit-on, avec son gouvernement; puis, le comte r
Jean Zawisza, et d'autres que je ne connais point. d
L'organisateur principal du dernier congrès, t
tenu à Buda-Pesth, le chanoine Rèemert est venu a
consolider ici les amitiés nouées il y a quatre t
ans. Ne soyez pas surpris de ce titre de chanoine d
un vrai chanoine mitré, pourtant, et qui devien- t
dra bientôt évêque. En Hongrie, où l'influence des a
jésuites a disparu depuis longtemps, le clergé ne
s'isole pas de la nation pour se rattacher à Rome. v
Les prêtres vivent, pensent, travaillent et parlent s
comme les autres hommes; loin de les scandali- n
ser ou de les inquiéter, la science les attire, et d
plus d'un y tient un rang distingué comme M. Rœ- c
mert, par exemple l'archevêque de Halocsa, Mgr p
Haynald, .qui est le plus charmant homme et l'es- q
prit le plus libéral du monde, adversaire résolu p
de l'infaillibilité papale avec tous ses collègues. g<
Ces prêtres-là sont fort à l'aise au milieu de nous pi
ils le sont beaucoup moins avec les prêtres ultra- n
montains tels que nous les connaissons. Un abbé m
français, fort bon vivant en somme, est venu au
congrès en compagnie deson ancien élève, aujour- er
d'hui émancipé je ne l'ai pas vu échanger un
seul mot avec le chanoine Rœmert qui porte ce-
pendant sa robe, lui aussi, et qu'il doit connaître.
Ces deux robes-là ont beau être coupées sur le
même patron et taillées dans le même drap, elles
ne viennent pas du même tailleur, et le moindre
couturier vous dira que c'est la façon qui fait
tout.
Les anthropologistes allemands viennent de te-
nir à Berlin un congrès fort suivi et fort brillant.
Cela n'a pas empêché un assez grand nombre d'en-
tre eux de venir à Lisbonne. Le plus remarqué
est naturellement M. Virchow, le célèbre profes-
seur de l'Université de Berlin, le chef du parti
progressiste au Parlement prusien, l'un des ad-
versaires constants de M, de Bismark, avec lequel
il a même failli se battre autrefois, il y a une
quinzaine d'années. Après M. Virchow, il faut ci-
ter tout de suite M. Schaafhausen, professeur à
l'Université de Bonn, qui est depuis longtemps un
des fidèles les plus ardents de la science préhisto-
rique puis M. Langerhans, membre du Parlement
prussien et médecin de l'empereur Guillaume; M.
Kiister, professeur à l'Université de Berlin; M.
Lissauer, président de la Société anthropologique
de Dantzig, l'un des organisateurs du nouveau
parti libéral qui s'est détache des nationaux-libé-
raux au Reichstag allemand, et plusieurs autres.
L'Espagne s'est fait représenter par M. V illano-
va, professeur à l'Université de Madrid, géologue
très laborieux et qui occuperait un rang distingué
même dans un pays où les travaux scientifiques
seraient plus nombreux. D'Autriche, je remarque
seulement un professeur de l'Université de Prague
qui porte un nom français, M. Cornu.
On regrette l'absence de cinq ou six anthropo-
logistes distingués de Danemark et d'Angleterre.
Mais il y a un mort qui est présent dans tous les
souvenirs, c'est P. Broca, fondateur de la Société
d'anthropologie et de l'Ecole d'anthropologie de
Paris, qui venait à peine d'être nommé sénateur
inamovible, lorsque la mort l'a enlevé en quelques
minutes. C'ast une per le irréparable pour les ins-
titutions dont il était l'âme, et cette perte a été res-
sentie à l'étranger comme en France. Le mois der-
nier, le congrès des anthropologistes de Berlin
s'est levé solennellement, sur la proposition du
président, M. Virchow, en signe, de deuil pour la
mort de Broca. C'est la plus éclatante manifesta-
tion qui soit usitée en pareil cas dans les réunions
scientifiques allemandes, et elle n'y est pas prodi-
guée.
Les Portugais sont naturellement fort .nom-
breux dans un congrès tenu à Lisbonne, et je ne
puis parler de tous. Le président du congrès est
M. Andrade Corvo, directeur de l'Ecole polytech-
nique de Lisbonne et sénateur du royaume. Il est
entré depuis longtemps dans la vie politique et a
été deux fois ministre. C'est lui qui avait le porte-
feuille des affaires étrangères dans le ministère
Fontes, de 1871 à 1878. Il est assurément l'un des
hommes les plus éclairés et les plus instruits du
Portugal. Aux qualités qui distinguent générale-
ment ses compatriotes, il en ajoute d'autres que
certains d'entre eux n'ont pas le sens des choses
pratiques, une grande précision d'esprit et une
fermeté de jugement que vient relever encore une
pointe d'ironie dans l'expression.
M. Carlos Ribeiro, secrétaire général du con-
grès, est un colonel d'artillerie chargé depuis
longtemps de diriger ce que l'on appelle ici la sec-
tion géologique c'est l'équivalent du service géo-
logique organisé en France par Elie deBeaumont.
M. Carlos Ribeiro a fait depuis plusieurs années
des recherches qui reculent l'antiquité de l'hom-
me jusqu'au milieu des temps tertiaires, à l'épo-
que miocène. Ces recherches fort importantes sont
une des raisons principales qui ont déterminé le
choix de Lisbonne comme siège du congrès. M.
M. Delgado, l'adjoint de M. Ribeiro à la section
géologique, est un major du génie, qui a décou-
vert notamment sur les bords du Tage des kjok-
kenmôddings ou débris de cuisine préhistoriques
semblables à ceux qu'on avait trouvés sur les côtes
du Danemark.
Un chambellan du roi, le comte de Ficalho, n'a
pas cru déroger en faisant d'excellents travaux de
botanique il occupe d'ailleurs une chaire à l'E-
cole polytechnique et dirige le Jardin des Plantes
de Lisbonne. Un autre gentilhomme, M. Estacio
da Vega, a reudu aussi de vrais services à la
science préhistorique et fait d'intéressants tra-
vaux archéologiques, comme l'interprétation d'in-
scriptions romaines trouvées en Portugal. Il est
regrettable que de petites questions personnelles
comme il s'en élève malheureusement partout
entre savants aient empêché M. Pereira da Cos-
ta de participer au congrès. C'est l'émule de M.
Ribeiro en géologie comme en science préhistori-
que, et on lui doit notamment d'excellentes re-
cherchés sur les dolmens. IV publie toujours ses
travaux en français en même, temps qu'en portu-
gais. M, Barbosa du Bocage fait généralement de
même. J'aurai occasion de vous parler plus tard
des œuvres de quelques autres savants.
Le congrès préhistorique est accueilli partout
fort cordialement, et le gouvernement a mis en
même temps une grande solennité dans la récep-
tion officielle. A la séance- d'ouverture, on voyait
à Gôtè.du bureau le roi, dom Luiz, la reine, le roi
père, dom Fernando (c'est sa femme, mère du roi
actuel qui portait réellement la couronne comme
la reine Victoria, en Angleterre), et tous les mi-
nistres, sauf celui de l'instruction publique ex-
ception singulière dont les journaux portugais se
sont amusés. Les deux rois sont venus assister à
une autre séance. Le roi dom Fernando, qui.est uu
véritable-archéologue, a du reste organisé lui-mê-
me la fouille de plusieurs cavernes. Le congrès
siège dans la grande salle de l'Académie des scien^
ces, qui rappelle la salle de l'Académie des scien-
ces .de Paris, mais qui est plus grande et mieux
aménagée. Sur quatre cents adhérents, prés die
deux cents suivent lés' séances, et on y remarque
une douzaine de dames; la plupart Allemandes. D.
y a.aussi'.une jeune Française qui suit avec inté-
rêt les travaux de son mari, et même une Portu-
gaise, quoique les usages de Lisbonne confinent un
peu les femmes à la maison. -̃
Dans l'une des premières' séances, un professeur
de l'école médico-chirurgicale de Lisbonne (il n'y
a d'Université en Portugal qu'à Coïmbre), M. A.
d'Oliveira Feijao, a présenté une femme microcé-
phale d'autant plus intéressante que les cas de mi-
crocéphalie sont fort, rares, et plus rares encore
ceux qui ont pu être complètement observés par
des hommes de science. M. C. Vogt, le fameux na-
turaliste de Genève, a dû autrefois se déguiser
pour pénétrer dans un couvent de la Prusse rhé-
nane où vivait un moine microcéphale, et c'est 4
peine s'il put l'observer..une heure.
Vous vous souvenez peut-être du jeune micro-
céphale que j'ai vu, il y a cinq ans, au congrès de
l'Association française à Nantes. C'était un garçon
d'une quinzaine d'années. D'ordinaire les microcé*
phales meurent fort jeunes, et cela semblera cour
séquence de la petitesse de leur cerveau. La micro-
céphale de Lisbonne est au contraire âgée dé
trente-quatre ans, ce qui dépasse l'âge de tous les
microcéphales signalés jusqu'ici, et M. Villanova
léclare en connaître -une autre en Espagne qui
lui'ait soixante-dix ans! Y. cq dernier fait surprend
beaucoup, et on se- demande s'il y a bien la un vé-
pi table cas de microcéphalie. Au contraire, le sujet
présenté par M. Feijao a été soumis aux mesures
es plus minutieuses.
C'est une femme, nommée Bemviuda, placée à
'asile des aliénés. de Lisbonne. Elle a été recueil- J
ie, peu après sa naissance, à l'hôpital des enfants ]
;rouvés d'Abrantès, de sorte qu'on n'a aucun ren-
ieignement sur l'état cérébral de ses parents: J
Les nombreuses mesures données par M. Feijao
irouvent qu'elle a une microeèphalie très carac-
érisée et plus forte encore sur la région frontale j
lue dans la partie postérieure. Le front est tout à
ait fuyant, et le crâne tout entier tient aisément £
lans la main il est cependant recouvert d'un (
;uir chevelu fort épais qui se ride à la moindre I
iression du doigt et semble trop grand encore J
iour la tête qu'il enveloppe. La circonférence ho-
izontaie du crâne ne dépasse pas 34 centimètres, g
ja face n'ayant pas subi le même arrêt de déve-
oppement que le cerveau, le nez fait saillie en py- s
amide énorme, la machoire supérieure s'allonge
lé manière à donner au bas de la face un progna-
israe très -accusé, et .la mâchoire inférieure recule
u contraire de deux centimètres, ce qui! fait ren-
rer le menton. Cette transformation de la face
onne à la tète l'air de tomber en avant et l'atti-
ude générale du corps exprime un mouvement
nalogue. c
Les actes intellectuels sont restreints chez Bem-
iuda, conséquence naturelle de la dépression cpn-
idérable de la région frontale. Ses mouvements, s
îême ordonnés par un tiers, ont uue apparence u,
'automatisme. Ainsi, quand on lui dit de s'appro- e1
tier d'une personne, elle obéit avec lenteur, puis v
asse le bras autour de la taille, ou prend la main
u'on lui tend, mais sans la serrer. Elle sait em- fe
loyer un verre pour boire, une cuiller pour man- q
3r mais son éducation s'est arrêtée là elle ne r<
et manier ni le couteau ni la fourchette et on
a pas réussi davantage à lui apprendre com- el
eut on ouvre une serrure avec la clef. c(
Bemviuda ne parle pas. On croit bien lui avoir
étendu prononcer, en portugais, bien entendu, les
mots femme, diable, je ne veux pas, ou des sons
articulés se rapprochant de ces mots, qu'elle doit
entendre dire souvent par les aliénées avec les-
quelles elle vit mais ces mots mêmes, il est exces-
sivement rare qu'elle les prononce, et elle n'y at-
tache aucun sens. Son véritable langage se réduit
à un cri aigu et perçant semblable à celui de cer-
tains singes.
Sur sa figure on ne remarque que l'expression
de l'hébétude, de l'indifférence pour tout ce qui
l'entoure; elle se met facilement en colère, surtout
si on veut lui ôter un châle qu'elle porte d'ordi-
naire, ou si on la menace de la mettre dans la
salle des idiotes immondes, désignée, à l'hôpital
des aliénées, sous le nom de Californie. Alors elle
lève la tête, pousse un cri aigu, fait une série d'ex-
pirations forcées et rapides par le nez, et lève un
de ses bras en tournant en dehors la paume de sa
main, comme pour chercher à éloigner d'elle celui
qui la menace. C'est seulement alors que sa figure
prend quelque animation; elle ride les lèvres, et,
dans son regard, ou peut alors apercevoir un
éclat de lumière fugitif. Puis, si on la caresse, elle
fait une grimace sans expression et se calme.
Elle témoigne un peu d'affection pour une des
employées de l'hôpital (celle qui la soigne depuis
plus longtemps) mais cette affection ne se traduit
que par une obéissance plus prompte aux ordres
qu'elle lui donne, et par une grimace particu-
lière.
Les sens sont tous un peu émoussés, excepté,
peut-être, le sens de la vue tout dernièrement,
M. Feijao l'a vue regarder avec attention et curio-
sité, au moins en apparence, un portrait à l'huile
placé dans un appartement où elle n'était jamais
entrée. Les yeux louchent, l'odorat manque de
finesse. Elle paraît aussi peu sensible à l'odeur de
l'opoponax qu'à celle d'un flacon de sels qu'on lui
présente'à six centimètres des narines; mais, si on
l'approche trop, elle finit par détourner la tête.
Les muscles de l'aile du nez sont assez dévelop-
pés elle ouvre souvent les narines, et, très fré-
quemment, elle fait des expirations forcées et ra-
pides qui la dispensent de se moucher.
Le tact et le goût ne sont point plus développés
que l'odorat. Chose remarquable, elle ne témoigne
aucune avidité pour les aliments; il arrive sou-
vent qu'on les lui présente sans qu'elle les prenne;
mais si on les lui met alors dans la bouche, elle
mange comme d'ordinaire ce n'était donc pas le
défaut d'appétit qui l'empêchait de manger, mais
un dérangement de l'action cérébrale. Quand elle
mange, elle prend ses mets avec les doigts, dans
le creux de sa main, ou avec une cuillère, et les
porte à la bouche. Ses oreilles sont grandes, mais
l'ouïe n'en paraît pas plus aiguisée, car Bemviuda
ne fait aucune attention à la musique. Aucun sen-
timent de pudeur ne se remarque en elle elle se
laisse déshabiller sans résistance et sans y faire
attention.
Les mouvements aussi sont loin d'être parfaits.
Bemviuda se tient presque toujours accroupie sur
le sol, les jambes fléchies et les genoux embrassés
par les mains. C'est sa position ordinaire, qu'elle
maintient longtemps, balançant en même temps
sa tête et son corps de droite à gauche. Quelque-
fois aussi elle se lève, va à la fenêtre, appuie les
mains sur les barreaux, et là elle continue sou
éternel mouvement de pendule, se tenant tour à
tour sur un pied ou sur l'autre.
La position des bras, quand ils n'entourent pas
les genoux, est très bizarre ils pendent, l'avant-
bras ramené horizontalement sur la poitrine, et
les mains inclinées vers la terre, comme si le poi-
gnet était brisé. Le tronc et la tête sont penchés
en avant, qu'elle soit asssise ou debout; si elle
entend quelque bruit, elle se redresse, ouvre les
yeux, lève la tête, la tourne à droite et à gauche
en faisant en même temps des mouvements de
haut en bas. L'aspect de ces mouvements rappelle
tout à fait les singes.
Sa marche est lourde; ses pieds se posent à plat
sur le sol. Elle tombe facilement et, quand elle
marche ou se tient debout, le tronc est incliné en
avant, un peu fléchi sur les reins, et les cuisses
à leur tour se fléchissent un peu sur les jambes.
son corps n'est jamais tout à fait droit, et il est
facile de voir qu'en somme son attitude se rappro-
che beaucoup de celle des singes anthropoïdes.
Quand aux fonctions de la vie organique, elles
semblent ne rien présenter de particulier.
Voilà une description aussi exacte que possible
de cette malheureuse microcéphale. Si on admet-
tait rigoureusement que le langage articulé est la
caractéristique de l'homme, il faudrait l'exclure du
genre humain, car elle en semble aussi complète-
ment dévourvues que les grands singes anthropoï-
des. Ceux-ci, dans leur jeunesse, semblent d'ail-
leurs susceptibles d'une éducation au moins aussi
complète et aussi rapide que celle de Bemviuda.
Il y a. là dessous, comme on le voit, la grosse
question du transformisme, et sous la face qui est
la plus désagréable à certaines personnes. Le con-
grès ne s'en est pas occupé à propos de la commu-
nication de M. Feijao. Mais on a examiné un au-
tre problème resté fort obscur jusqu'ici; l'origine
de la microcéphalie. M. C. Vogt en plaçait la cause
dans le crâne, dont les os se seraient "soudés pré-
maturément pendant la croissance, ce qui l'aurait
empêché de grandir pour se prêter à l'accroisse-
ment du volume du cerveau, et celûi-cij enfermé
dans une prison infranchissable, aurait dû s'en te-
nir à ses proportions réduites. Il y aurait eu.
ainsi. arrêt du cerveau à une phase déterminée
de son développement le microcéphale serait un
singe attardé parmi les hommes, C'était aussi l'o-
pinion de M. Virchow. M. Broca montra que le
crâne n'était pour rien dans l'affaire; car on avait
trouvé des cerveaux microcéphales dans des orà-
ries dont les os n'étaient pas soudés et qui pou-
vaient librement s'agrandir. Il montra aussi que
les cerveaux microcéphales ne représentaient pas
exactement une phase déterminée de l'évolution;
il .fallait au moins admettre que certaines parties
avaient continué de se développer tandis que
d'autres s'arrêtaient. Mais quelle était la cause de
cet arrêt partiel? Etait-ce une cause extérieure
comme le pensait M. de Quatrefages, cause acci-
dentelle qui dès lors ne pourrait pas être précisée?
On n'en sait rien.
~j~. EMILE XLULATE; -<
NECR OLOGIB ̃
Lës.'obsè'qùes.de M. Jules Bernheim auront lieu
demain jeudi 28 octobre, à trois heures très pré-
cises,, .3, rue Montholon.
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colonel Jung, par M. A. Debidour. Eschyle, par M.
Louis de Ronchaud. Le mormonisme, par Léo
Quesnel. Un philanthrope contemporain; George i
Moore, ,par M. Louis Sautter. La littérature im- c
monde. Notes et impressions, par Pierre et Jean. « c
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et à la Méditerranée.
La Compagnie accepte maintenant, dans toutes les &
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esse, des expéditions à destination directe du littoral C
t de l'intérieur de l'Algérie (via Marseille). fl
De même, en sens inverse, il pourra être fait des en- 1
'ois directs de l'Algérie sur la France. et
Sont exceptés toutefois du bénéfice do cette mesure, s«
n raison des conditions particulières de la traversée, ni
3S marchandises inflammables de quelque nature
u'elles soient, les os et les chiffons ainsi que les ce- t>
éales en vrac (blés, orges, avoines, maïs, seigles, etc.).
Jusqu'à nouvel ordre, les expéditions â destination
irecte de l'Algérie ne seront acceptées qu'en port du S,
t sans garantie de délais en ce qui concerne les par- pi
ours étrangers au réseau Paris-Lyon-Môditerranêe.
jo
.Demain jeudi, courses au Bois de Boulogne*; ̃ J V ̃- vt
q
PROGRAMME
Prix de Sylvie 2,000 fr. Distance, 800 mètres. 20 en-
gagements.
Prix de Bouze (handicap) 2,000 fr. Distance, 1,600
mètres. 26 engagements.
Prix de Condé 6,000 fr. 1,000 fr. au deuxième. Dis-
tance, 2,000 métres. 38 engagements.
Prix d'Enghien (handicap) 5,000 fr. Distance, 3,200
mètres. 30 engagements.
Prix de la Fourrière 4,000 fr. Distance, 3,200 mè-
tres. 7 engagements.
Les courses commenceront à deux heures.
BULLETIN COMMERCIAL `
DÉPÊCHES COMMERCIALES
Marseille, 26 octobre.
Blés. Marché calme. Ventes, 6,700 quintaux dont
1,500 à livrer. Importations, 6.000 quintaux.
Graines oléagineuses. Calmes. Ventes, 400 quin-
taux lin Rodosïo.
Bordeaux, 26 octobre.
Cafés. M arcllé ferme. Guayra non gragé. 82; dito
gragé 87 50. Guatemala 83. & b
Poivres. Marché calme. Tellichery 67 fr. 50 les 50
kil.
Rocou. Guadeloupe 85 à 95.
Saint-Pétersbourg, 20 octobre.
Suif.-Disponible 54 r. »» k. le berkowetz (163 k. 80).
Froment. Ferme, à 17 r. 50 k.
Seigles. Calmes, à 15 roub. *» kop.
Avoines, 5 roub. 50 kop, le tout en marchandise disp.
et par tchtwert (210 litres).
Change sur Paris (à 3 mois), 2.54 1/2 pour 1 rouble.
Anvers, 26 octobre.
Cuirs. –Secs. Buenos-Ayres 150. Salés. Buenos-Avres
05 à 78; dito Gualeguay 67; dito Montevideo 83; dito
Uruguay 77 à 83; dito Rio-Urande G0.
Enchères de laines (6° séance). On a exposé 2,441
balles de différentes provenances sur lesquelles il a été
vendu 1,104 balles.
Pétrole. Marché ferme. Disponible 27 »/» à 27 1/4;
janvier k» a »a nn; octobre »̃> »l» à »» »/» novembre
26 3/4 payé. vend. à 27 »/ décemb. 27 1/4 payé, ven-
deurs 27 3/4 les 100 kil.
Cafés. La demande continue d'être active à des
prix plus fermes. Santos disponible 39 cents entrepôtt;
dito livrable 37 3/4 à 38 cents entrepôt; dito en débar-
quement 39 3/4 entrepôt. Rio 30 à 30 3/4 cents entre-
pôt dito à livrer 35 cents entrepôt.
Céréales. Les froments restent soutenus aux prix
d'hier et sont régulièrement demandés.
Les autres grains sont calmes et sans changements.
Saindoux. La demande est active et Tes prix
sont plus faibles. On cote la marque Wilcox: pour l'
disponible de 110 1/2 à 112 octobre à 111 »/»; novem-
bre 109 1/2 à 110; décembre 108 1/2 à 109 les 100 kil.
Salaisons. Sans changements. On cote le Lojig
middlesdisponibles 106 à lU7 »/̃>: short middles 114 S
115.1/2 par 100 kil.
Londres, 26 octobre.
Sucres. Meilleure demande. En provenances des
Indes-Occidentales Jamaïque 20 sh. Saint-Lucie 19 sli.
C d. à 20 sh. 6 d. par cwt. Manille Taal ancien bonne
qualité dispon. 13 sh. 6 d. Manille qualité supérieure à
19 sh. 9 d.
Sucres raffinés.– Sans changement appréciable.
Cafés. Marché soutenu. Les sortes Ceylan Planta-
tion ont subi dans plusieurs cas un recul de 1 sh. par
cwt.
Essence de térébenthine.– Marché en baisse. Améri-
que dispon. 32 sh. 6 d. à »» sh. den.; nov.-décembre.
32 sh. 6 d. à 32 sh. 9 d. par cwt.
Résine. –Ferme. Amerique Straned disponible 5 sh.
9 d. à 6 sh.
Cuivre. Calme. Chili en barres 01 livres sh.
à (il liv. 10 d. pour bonnes marques cour. dispon.
dito à 3 mois 61 10 à 62 liv. Wallaroo 71 10 à 72 liv
Burra 69 à »» liv. »». Best Selected »» »» à »» liv. an d.
par tonne.
Etain. Calme. Bonnes qualités étrangères disp.
87 10 à 87 liv. »» sh.; dito à terme »» à»» 1. ». Anglais
en lingots 90 »» à 92 liv.; Espagnol sans argent »»
ï/ï a i» liv. par tonne.
Fers d'Ecosse 50 sh. 9 d. à 51 sh. » w» den. dispo-
nible.
Glascow, 26 octobre.
Fers d'Ecosse en gueuse.– Ouverture 50 sh. 9 à 51 sh.
1 den.: clôture acheteurs à »? sh. »» »/» don., vendeurs
à "•> sh. » d. pour le disponible.
New-York, 26 octobre.
Valeur de l'or, 100 0/0; change sur Londres, 4 81 1/2;
change sur Paris, 5 25 »/».
Pétrole raffiné Standard white »» «/ dito dito à
Philadelphie *>» W» cents ie gauon.
Cafés. Rio Fair, 13 3/4 à 14 »/»; dito dito Itl-
good News-Orléans, 14 1/2 à 14 3/4 cents la livre an
glaise.
Saindoux.- Marque Wilcox, 8 11/10; dito dito livra.
ble sur fin d'année 8 9/ 10 la livre anglaise.
Lard, 8 1/4 cents la livre anglaise.
Cotons. Middling Upland, 11 1/8; iniddling Loui-
siane à New-Orléans 11 f/8 la livre anglaise.
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DECLARATIONS" OE FAILLITES
Du 26 octobre.
Falquières," marchand de vin, quai d'Auteuil, 146.
S. pï., M. Mauger, boulevard Sébastopol, 99.
Maillet aîné, commissionnaire en marchandises,
passage Chausson, 5. S. pr., M. Lamoureux., 'rue
Chanoinesse,14. 14. •
Saulnier, tenant établissement de bains à Maison s-
Alfort, chemin des Iles. S. pr., M. Gauche, avenue
Victoria, 7,
Billion, mégissier, rue des Cordelières,' g. s. pr.,
M. Mercier, boulevard Saint-Michel, 6..
Terrier, marchand de lingerie à Néuilly, rue de
l'Eglise,- 16, S. pr., M. Gauche, déjà somme.
Videlot, éDicier, rue Dulong, G4 M?. S. pr., M.
Beaujeu, rue ae Rivoli, 66.
Leytens, négociant, rue de Lafayette, 179. S. pr.,
M. Gauche, déjà nommé.
Amfry et Guôroult. marchand dé. vin, rue Pasiiuier,
26. S. pr., M. Gauche, déjà nommé..
Suire, marchand de vin, rue Ramey, 1£. S. pr., M.
Lamoureux, déjà nommé. •
Séverin, marchand de galoches, passage de Puebla.
14. S. pr., M. Bartaoux, ooulevara Sébastopol, 9.
Bouvier, marchand de vin, rue Moreau, 16. S. pr.
M. Mauger, déjà nommé.. ̃ ̃
SPECTACLES ET CONCERTS ^u
Salle très brillante hier soir, aux Nouveautés, polir
la première représentation de la Cantiniêre, vaude-
ville militaire qu'on a beaucoup applaudi.
Les décors sont très soignés et les -costumes fort
beaux.
• Mlle Piccolo était si enrhumée qu'on a du coupeEi
tous ses airs. f
Hier soir, répétition générale du Comte Ory. 4
L'ensemble ayant été jugé satisfaisant, la première
représentation (reprise) est fixée irrévocablement à-
vendredi.
Quelques détails sur le Comte On/.
La dernière reprise de l'ouvrage de Rossini' eut lien
le 19 mai 18G3. Il fut chanté alors par MM. Warot le
comte; Obin, le gouverneur; Bonneseur, Rimbaud:
Aimes Vandenheuvel. la comtesse: de Taisy, lsolier-
Godfrend, dame Radëgonde: Sâînf-Auguet, Alice. La
dernière représentation, qui était la 8S(j°, fut donnée
le 12 novembre 1806. Encore, ce soir-là, ne chanta-t-on
que le premier acte.
Le Comte Ory sera donc joué après-demain pour la
387e fois.
M. Vaucorbeil a fait faire deux décors nouveaux
celui du premier acte représentant la campagne, avec,
un château moyen-âge an fond et la cabane de l'er-
mite à droite, est de M. Carpezat: celui du second acte-
une salle du château, est de MM. Rubé et Bhaperon. •̃»*
Ces deux décors ont été faits sur lés plans de lan- v
sien Opéra de la rue Le Peletier, pour que cadre fut. v
proportionné à l'œuvre et à la sonorité. v
Bien que la pièce.soit toute prête à passer, M. de
La Rouriat ne voulant pas que la premiere de Char-
lotte Cordait coïncide jeudi avec la reprise du Bour-
jeois gentilhomme, ni vendredi avec la reprise du <
'Jotnte Ory à l'Opéra, se voit dans la nécessité d'en
ixer définitivement la date à samedi..
La deuxième représentation tombant un dimanche"
ït la troisième ayant lieu le jour de la Toussaint, lo
«rvice habituel de seconde ne sera fait que pour le
nardi.
Belle Lurette est annoncée pour vendredi à la
tenaissance.
On ne sait pas encore quand pourra passer Michel
ïtrogoff au Châtelet. En tout cas la première ne
lourra avoir lieu avant le 5 novembre.
On doit lire les premiers tableaux de Nana au-
ourd'hui ou demain aux artistes de 1.'Ambigu.'EL en
roilâ maintenant pour deux bons mois au moins de
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