Titre : Le Mercure d'Orthez et des Basses-Pyrénées : feuille littéraire, commerciale et d'annonces diverses
Éditeur : Goude-Dumesnil (Orthez)
Date d'édition : 1880-05-15
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344239007
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 15 mai 1880 15 mai 1880
Description : 1880/05/15 (A44,N2753). 1880/05/15 (A44,N2753).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau) Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k1308266t
Source : Médiathèque Jean-Louis-Curtis Orthez, ORT Mercure
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/03/2022
QUARANTE-QUATRIEME ANNÉE. — (N° 2753)
20 c. LE NUMERO
SAMEDI 45 MAI 1880.
LE MERCURE D’ORTHEZ
ET DES BASSES PYRÉNÉES
Journal Hebdomadaire, Littéraire, Agricole, Commercial, Industriel et d’Annonces
PARAISSANT LE SAMEDI
Propriétaire-gérante : J. Goude-Dumesnil
ON S’ABONNE :
A Orthez, au bureau du journal, rue Saint-Gilles, n° 70 ; à Paris, chez MAI Havas, Laffitte et Cie,
8, place de la Bourse. — Les lettres et les envois d’argent non affranchis ne sont pas reçus.
ABONNEMENTS
LES ABONNEMENTS SE PAYENT D’AVANCE
Un an. 10 fr. six mois, 5 fr.; trois mois,3 fr.; un numéro, 20 cent.
Tout abonnement qui n’est pas refusé au premier numéro qui commence un trimestre, est dû pour
tout trimestre recommencé, nonobstant refus de l’abonné postérieur à ce numéro
INSERTIONS
Annonces judiciaires, 20 cent, la ligne ; annonces libres, 25 cent.; réclames, 40 cent.
Un numéro légalisé : 40 centimes.
Les annonces légales et judiciaires peuvent être insérées dans le Mercure d’Orthez pour tout
le département.
ORTHEZ
UN LIVRE
I
Nous en tenons un, cette fois, aussi profon-
dément pensé que supérieurement écrit : c’est
une géographie.
Un jour, un Allemand a dit : « Le Français
est célèbre par son ignorance en géographie. »
C'était peut-être vrai. Ah! si les Français
avaient eu des livres comme celui que nous
devons à la gracieuseté de l’auteur, nous ne
pensons pas qu’ils eussent mérité ce reproche.
Ils auraient étudié la géographie, parce que
l’étude leur en eût été agréable ; ils l’auraient
fait sans fatigue.
Ce livre est l’oeuvre d’un Orthézien, d’un
Orthézien de Castetarbe, où il a été nourri.
Beaucoup de nos lecteurs auront deviné son
nom; ils le connaissent, c’estOnésime Reclus.
C’est le troisième fils de cette mère si dévouée,
si honorée dans toute la contrée. Aujourd’hui
encore, malgré ses 76 ans, elle enseigne la
science favorite de ses enfants, la géographie.
Ce livre qui nous captive tant et qui aura le
plus grand intérêt pour toute personne qui
sait lire, a pour titre : France, Algérie et Co-
lonies, Il renferme de très belles illustrations,
reproduction très exacte de sites, de villes et
de monuments. C’est un attrait de plus pour
te lecteur. La géographie y est traitée à un
large point de vue. Avec quel plaisir on par-
court ces pages ou respire un si grand amour ;
de la Patrie ; avec quelle satisfaction on fait,
en compagnie de l’auteur, plusieurs fois le
tour de France, sans ennui, en s’instruisant !
A combien do réflexions on se livre ! Que de
connaissances on acquiert !
Après avoir parcouru la géographie de
M. Onésime Reclus, on ne saura pas seule-
ment qu’on trouve dans les Basses-Pyrénées
des rivières appelées Gaves; dans le Gard,
une vieille cons traction appelée Maison Carrée;
dans le Finistère, une ville nommée Quimper ;
dans les Vosges, de grands sapins. Ce serait,
trop peu. Le lecteur mériterait encore le re-
proche de l’Allemand. Mais il aura rectifié
beaucoup de notions fausses ou incomplètes ;
Il se sera fait une juste idée de notre pays,
celativement à son étendue, à sa population,
à sa langue, à ses richesses, à son passé, à
son présent, nous ajouterons, à son avenir.
L’homme du peuple ne sera pas seul à s’y
instruire. Il y a une part pour tout et pour
tous. L’homme d’affaires, le professeur, le
magistrat, l’homme politique, le linguiste,
l’artiste, tous y trouvent la raison d’une foule
de choses.
Nous allons, pour aujourd’hui, prier le lec-
teur de nous pardonner de ne lui donner qu’un
aperçu très rapide et, par conséquent, fort in-
complet, glanané par-ci par-là, de quelques-uns
des enseignements répandus à profusion à tra-
vers ces belles pages que nous avons eu l’heur
de parcourir avant la masse du public. Bien-
tôt nous y reviendrons, nous promettant bien
de donner en. son entier au moins la partie
consacrée par l’auteur à ses chères Pyrénées.
Disons dabord que l’ouvrage présente trois
divisions bien tranchées. La première traite de
la France proprement dite ; la seconde de l’Al-
gérie; la troisième, de nos autres colonies.
Des le début, M. Onésime Reclus nous trans-
porte à une dos grandes époques de notre his-
toire, à Charlemagne. Il parle de la chanson
de Roland; c’est un beau poème. On y trouve
de la chaleur, de l’amour, de la vie. L’auteur
avance « que ce poème est d’une âme épique
et tragique ».
Il ne craint pas do nous dire ensuite que
notre beau pays ne mérite plus le nom de
« Terre Major », que lui donnaient nos ancê-
tres. Nous devons savoir que la France n’est
pas le monde. M. Reclus nous montre ce qu’elle
est réellement. Il a raison. Le temps des illu-
sions est passé. On nous l’a cruellement dé-
montré il y quelques années seulement, ainsi
que l’auteur nous le rappelle fort à propos dans
des pages émouvantes. L’histoire a, Comme il
convient, sa part dans le livre de notre érudit
concitoyen : le récit des événements ne saurait
être séparé du lieu où ils se sont accomplis.
Quelle lumière jettent sur l’histoire des pa-
roles comme celles-ci : « Nous ne buvons plus
« depuis tantôt dix années, et peut-être.ne boi-
« rons-nous jamais les eaux vertes du Nil de
« l’Occident. » . ., . . « Et pourtant, qui
« dira jamais la profondeur du fleuve de sang
« qu’a fait couler cette malheureuse frontière,
« fictive où se mêlaient deux rivières ennemies ?
« Pourquoi tant de sang, tant de sang rouge,
« comme dit le poëte allemand quand il de-
« mande avec amertume ce que gagna 1’Allema-
« gne a la bataille des peuples, a Leipzig? Pour
« une ceuvre de neant, pour unir à la France des
« hommes qui ne sont Francais ni par la lan-
« gue, ni par l’humeur, ni par 1’origine. » —
Entendez-vous, hommes que l’ambition pousse
aux conquêtes ? Tous les diplomates devraient
méditer ces lignes et surtout les mettre en prati-
que dans les traités où ils decident que tel pe-
tit peuple deviendra Russe, alors qu’il ne l’a
jamais été, tel autre Autrichien, alors qu’il
est toujours regardé comme Italien
NOUVELLES
Par décret du Président de la République, en date
du 8 mai courant, M. Albert Decrais, conseiller
d’Etat, est nommé envoyé extraordinaire et ministre
plénipotentiaire de la République française près S. M.
le roi des Belges, en remplacement de M. John
Lemoine, dont la démission est acceptée.
M. Paul Bert a déposé sur le bureau de la Cham-
bre ses deux rapports sur l’insiruclion primaire : le
premier, concernant la gratuité, le second, l’obliga-
tion et la laïcité.
L’accord est maintenant complet entre la commis-
sion et le ministre de l’instruction publique sur la
‘ laïcité, aussi bien que sur la gratuité et l’obligation.
Le projet de loi accepté par le ministre déclare que
dorénavant l’instruction religieuse ne sera plus don-
née aux enfants dans les écoles primaires.
M. Edmond Gaze a déposé sur le bureau de la
Chambre des députés une proposition de loi relative
à la taxe militaire. Ce nouvel impôt aurait pour ré-
sultat immédiat de faire entrer a peu près vingt-cinq
millions par an dans les caisses du Trésor et de don-
ner un caractère plus équitable aux dispenses ainsi
qu’aux exemptions du service militaire obligatoire
et personnel.
La Chambre a voté en première lecture, à une
cinquantaine de voix de majorité, la proposition de
loi de M. Loustalot, qui attribue aux Conseils géné-
raux une représentation proportionnelle à la popu-
lation cantonale.
Un décret du 11 mai publié au Journal officiel
nomme pour 4 ans les membres du Conseil supérieur
de l’insiruclion publique et ceux de la section per-
manente. Les premiers sont au nombre de neuf les
derniers au nombre de six. 4 membres de l'ensei-
gnement libre sont nommés par le même décret
membres du Conseil supérieur de l’instruction pu-
blique.
Enfin, aux termes d’un arrêté, aussi du 11 mai,
le Conseil supérieur de l'instruction publique est
convoqué en session extraordinaire pour le 31 du
courant. La durée de celte session est fixée à dix
jours.
L'Officiel a publié le décret de convocation, pour
le 6juin, des électeurs de Brest, Lorient, Limoges,
Rochechouart, à l’effet de nommer des députés.
Le conseil d'Etat, a maintenu, pour le concours de
l’auditorat, l’exclusion des candidats diplômés par
les jurys mixtes.
La proposition Camille Sée tendant à établir la ca-
pacité civile de la femme vient d'être prise en consi-
dération par la commission d’initiative.
M. le général Osmont, commandant en chef du
10e corps d’armée, vient de transformer en un mois
de prison les quinze jours d’arrêts infligés par M. le
général La Jaille, commandant la 10e brigade de
cavalerie, à l’officier du 12e hussards qui s’était per-
mis de siffler la Marseillaise dans le cours d’une re-
présentation du Cirque américain, à Dinan.
La Belgique vient de suivre l’exemple que lui a
donné l’Autriche, Le ministère belge a déclaré au
parlement qu’il ne permettrait pas aux congrégations
dissoutes en France de se reconstituer sur le territoi-
re belge.
M. Gailly, député du centre gauche, a été élu sé-
nateur dans les Ardennes,
On annonce la mort, à Paris, de M. Boulay de la
Meurthe, sénateur sous l’empire, frère de Henri
Boulay de la Meurthe, nommé vice-président de la
République par la Constituante. Le défunt était né
en 1800.
La Chambre a voté la loi sur les patentes. Voi-
ci un aperçu des améliorations qu’édicte la nou-
velle loi, améliorations qui intéressent bien des
gens.
La commission a poursuivi un double but :
1° établir une meilleure répartition de l’impôt
des patentes ; 2° l’alléger.
Le dégrèvement porte principalement sur le
droit proportionnel, qui est assis tant sur les lo-
caux affectés au commerce et à l’industrie que
sur les maisons d’habitation. Le droit propor-
tionnel a été réduit sur presque tous les paten-
tables, ce qui représente une réduction de plus
FEUILLETON
L’OISEAU DE LA FIDÉLITÉ
LÉGENDE PORTUGAISE DU XIIIe SIÈCLE
(Suite.)
— Ecoutez sans colère, lui dit Mandigo, un hom-
me qui vous parle avec un respect attendri, et de-
puis six jours mon coeur est si plein de voire ima-
ge, que j’ai besoin d’épancher mon secret... Vous
savez mon nom, vous connaissez ma fortune; je viens
vous offrir tout cela... Je souhaiterais avoir plus de
jeunesse, mais le coeur ne connaît pas les rides...
Je serai un mari affectueux, n’ayant d’autre soaci
que celui de prévenir vos désirs; laissez-moi vous
aimer, et donnez-moi toute l’affection dont vous
êtes capable.
Inez écoutait, troublée, étonnée aussi... Pour
cette enfant, Mandigo semblait jeune. D’ailleurs
la richesse de son costume relevait encore sa
bonne mine ; puis, son regard était si doux, sa
voix prenait des noies si tendres qu’Inez sentit
soudainement la confiance entrer dans son coeur ;
cependant elle répondit :
— J’ai vécu dans la solitude, où j’ai reçu seu-
lement les leçons d’un vieux moine. Vous suffi-
rait-il, vous qui avez rang à la cour, d’une fem-
me sachant seulement prier Dieu, exécuter de
patienies tapisseries, et qui mettrait sa joie à
vous prouver sa reconnaissance?Ne regrelteriez-
vous jamais d’avoir écartelé votre blason de ce-
lui des Viezela, qui s’efface sur cette cheminée
croulante ? Réfléchissez, seigneur Manoël... ne
prenez pas si vite une décision si grave. Que sa-
vez-vous de moi, d’ailleurs ? et comment pouvez-
Vous déjà m’aimer ?
— Je vous ai élue, répondit Manoël, pour être
la souveraine maîtresse de ma vie. Si je vous di-
sais que c’est à cause de votre exquise beauté,
ce ne serait point rendre toute na pensée. Vous
m’avez charmé par la pitié que j’ai lue dans vos
yeux lorsque vous avez pansé ma main blessée ;
par votre gaieté souriante au sein d’une pauvre-
té indigne de vous. Qu’importent ma fortune, la
faveur du roi, si au lieu d’être la fille d’une
princesse maure et d’un gentilhomme lusitanien,
vous deviez le jour à une jeune Mauresque chan-
tant sur les grands chemins les airs de son pays,
et à un chevrier des montagnes, je vous offrirais
encore d’être la suzeraine de Mandigo.
En écoulant celle voix pénétrante, Inez sentit
que l’homme qui lui parlait ainsi pourrait être
son guide, son ami, son maître; elle leva un
regard ému sur Manoël, puis, avec une gravité
pleine de pudeur et de réserve, elle lui répondit:
— Répétez à mon père, seigneur, ce que vous
venez de m’apprendre.
Mandigo prit dans ses mains la main d’Inez.
— Je l’attends, répondit-il, et j’espère qu’il
consentira à me confier le soin de votre félicité.
Un moment après il reprit avec une sorte
d'hésitation craintive: je vous crois assez bonne
pour être indulgente ; sachez que je ne vis pas
seul à Mandigo. Vous y trouverez un ami dont
le dévoùmenl m’a plus d’une fois sauvé la vie ;
vétéran ruiné par les batailles qu’il aida à ga-
gner, débris humain triste peut-être pour des
regards jeunes, il redoute d’inspirer le dédain ;
mais vous le plaindrez et vous le rassurerez par
affection pour moi.
— Je vous le promets, seigneur. Et, à mon
tour, je vous adresserai une requête : vous per-
mettrez à Britès et à son mari de nous suivre ?
— Certes, Inez, tout ce qui vous aime me de-
vient cher.
En ce moment le pas de Diégo retentit sur le
pont-levis et le vieillard parut.
En dépit de la morosité de son caractère, Son
visage s’éclaircit en reconnaissant son hôte.
Inez s’avança, laissant Manoël libre de présen-
ter sa requête. Il le fit d’une façon digne et cha-
leureuse ; il peignit le triste avenir qui attendait
Inez quand son père l’aurait quittée. Il s’expri-
ma avec une franchise si communicative et un
sentiment si profond, que Diégo Viezela, dont le
premier mouvement avait été une sorte de ter-
reur à l’idée de se séparer de sa fille, s’attendrit
progressivement.
— C’esl bien ! fit-il, mes jours sont comptés ;
je ne survivrai pas longtemps à la perte de mes
fils ; puisque Inez consent à être votre femme, je
vous bénirai si vous la rendez heureuse.
— Elle ne le serait point si elle vous quillait,
répondit Manoël ; abandonnez celte ruine ; venez
à Mandigo avec vos serviteurs ; vous trouverez
en moi un fils et un ami.
Il fallut plus de temps pour convaincre Diégo
qu’il devait abandonner les restes de son domai-
ne écroulé; la crainte seule de briser l’avenir de
sa fille l’y décida ; mais il prévint Manoël que
chaque année il y reviendrait, afin de se replon-
ger dans les douloureux souvenirs du passé.
A quelque temps de là Inez arriva à Mandigo
souriante, et cependant timide et confuse. Re-
connaissant Alunquer au portrait que lui en
avait tracé Manoël, elle s’avança et lui dit avec
une bonté exquise :
— Je ne vous prends pas votre ami, seigneur,
c’est une amie de plus qui entre dans celte
maison.
Le vieux chevalier s’inclina avec une courtoi-
sie un peu hautaine, en balbutiant une réponse
qu’Inez n’entendit pas. En la voyant si belle et
si charmante, il comprenait l’empire que cette
séduisante créature allait prendre sur Manoël et
l’avenir lui parut menaçant.
Toute la noblesse des environs était accourue,
afin d’assister aux fêles qui devaient se succéder
dans le manoir seigneurial. Jamais, depuis les
jours de sa fastueuse jeunesse, Manoël n’avait
réuni autant d’amis dans son vaste domaine. Les
nobles de sa parenté comblèrent Inez de cadeaux
précieux. Elle les avait réunis dans une pièce
meublée avec toute la splendeur de ce temps, et,
entourée de jeunes filles, elle essayait des ban-
deaux et des colliers de pierreries, quand Alun-
quer, plus solennel que jamais, et faisant son-
ner sa jambe de fer sur les dalles d’une façon
presque menaçante, pénétra dans le retiro, où
les senoras admiraient les merveilles de la gar-
de-robe d’Inez.
Le visage d’Alunquer exprimait une sorte de
sévérité hautaine ; son oeil unique dardait une
lumière aiguë; ses lèvres ombragées d’une rude
moustache dissimulaient à peine un pli ironique.
Sur son gantelet de fer il portait un admirable
oiseau dont les grandes ailes d’azur palpitaient
de joie. On eût dit qu’il comprenait les paroles
que lui adressait Alunquer et qu'il y répon-
dait.
RAOUL DE NAVERY.
(A suivre.)
20 c. LE NUMERO
SAMEDI 45 MAI 1880.
LE MERCURE D’ORTHEZ
ET DES BASSES PYRÉNÉES
Journal Hebdomadaire, Littéraire, Agricole, Commercial, Industriel et d’Annonces
PARAISSANT LE SAMEDI
Propriétaire-gérante : J. Goude-Dumesnil
ON S’ABONNE :
A Orthez, au bureau du journal, rue Saint-Gilles, n° 70 ; à Paris, chez MAI Havas, Laffitte et Cie,
8, place de la Bourse. — Les lettres et les envois d’argent non affranchis ne sont pas reçus.
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Un an. 10 fr. six mois, 5 fr.; trois mois,3 fr.; un numéro, 20 cent.
Tout abonnement qui n’est pas refusé au premier numéro qui commence un trimestre, est dû pour
tout trimestre recommencé, nonobstant refus de l’abonné postérieur à ce numéro
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Un numéro légalisé : 40 centimes.
Les annonces légales et judiciaires peuvent être insérées dans le Mercure d’Orthez pour tout
le département.
ORTHEZ
UN LIVRE
I
Nous en tenons un, cette fois, aussi profon-
dément pensé que supérieurement écrit : c’est
une géographie.
Un jour, un Allemand a dit : « Le Français
est célèbre par son ignorance en géographie. »
C'était peut-être vrai. Ah! si les Français
avaient eu des livres comme celui que nous
devons à la gracieuseté de l’auteur, nous ne
pensons pas qu’ils eussent mérité ce reproche.
Ils auraient étudié la géographie, parce que
l’étude leur en eût été agréable ; ils l’auraient
fait sans fatigue.
Ce livre est l’oeuvre d’un Orthézien, d’un
Orthézien de Castetarbe, où il a été nourri.
Beaucoup de nos lecteurs auront deviné son
nom; ils le connaissent, c’estOnésime Reclus.
C’est le troisième fils de cette mère si dévouée,
si honorée dans toute la contrée. Aujourd’hui
encore, malgré ses 76 ans, elle enseigne la
science favorite de ses enfants, la géographie.
Ce livre qui nous captive tant et qui aura le
plus grand intérêt pour toute personne qui
sait lire, a pour titre : France, Algérie et Co-
lonies, Il renferme de très belles illustrations,
reproduction très exacte de sites, de villes et
de monuments. C’est un attrait de plus pour
te lecteur. La géographie y est traitée à un
large point de vue. Avec quel plaisir on par-
court ces pages ou respire un si grand amour ;
de la Patrie ; avec quelle satisfaction on fait,
en compagnie de l’auteur, plusieurs fois le
tour de France, sans ennui, en s’instruisant !
A combien do réflexions on se livre ! Que de
connaissances on acquiert !
Après avoir parcouru la géographie de
M. Onésime Reclus, on ne saura pas seule-
ment qu’on trouve dans les Basses-Pyrénées
des rivières appelées Gaves; dans le Gard,
une vieille cons traction appelée Maison Carrée;
dans le Finistère, une ville nommée Quimper ;
dans les Vosges, de grands sapins. Ce serait,
trop peu. Le lecteur mériterait encore le re-
proche de l’Allemand. Mais il aura rectifié
beaucoup de notions fausses ou incomplètes ;
Il se sera fait une juste idée de notre pays,
celativement à son étendue, à sa population,
à sa langue, à ses richesses, à son passé, à
son présent, nous ajouterons, à son avenir.
L’homme du peuple ne sera pas seul à s’y
instruire. Il y a une part pour tout et pour
tous. L’homme d’affaires, le professeur, le
magistrat, l’homme politique, le linguiste,
l’artiste, tous y trouvent la raison d’une foule
de choses.
Nous allons, pour aujourd’hui, prier le lec-
teur de nous pardonner de ne lui donner qu’un
aperçu très rapide et, par conséquent, fort in-
complet, glanané par-ci par-là, de quelques-uns
des enseignements répandus à profusion à tra-
vers ces belles pages que nous avons eu l’heur
de parcourir avant la masse du public. Bien-
tôt nous y reviendrons, nous promettant bien
de donner en. son entier au moins la partie
consacrée par l’auteur à ses chères Pyrénées.
Disons dabord que l’ouvrage présente trois
divisions bien tranchées. La première traite de
la France proprement dite ; la seconde de l’Al-
gérie; la troisième, de nos autres colonies.
Des le début, M. Onésime Reclus nous trans-
porte à une dos grandes époques de notre his-
toire, à Charlemagne. Il parle de la chanson
de Roland; c’est un beau poème. On y trouve
de la chaleur, de l’amour, de la vie. L’auteur
avance « que ce poème est d’une âme épique
et tragique ».
Il ne craint pas do nous dire ensuite que
notre beau pays ne mérite plus le nom de
« Terre Major », que lui donnaient nos ancê-
tres. Nous devons savoir que la France n’est
pas le monde. M. Reclus nous montre ce qu’elle
est réellement. Il a raison. Le temps des illu-
sions est passé. On nous l’a cruellement dé-
montré il y quelques années seulement, ainsi
que l’auteur nous le rappelle fort à propos dans
des pages émouvantes. L’histoire a, Comme il
convient, sa part dans le livre de notre érudit
concitoyen : le récit des événements ne saurait
être séparé du lieu où ils se sont accomplis.
Quelle lumière jettent sur l’histoire des pa-
roles comme celles-ci : « Nous ne buvons plus
« depuis tantôt dix années, et peut-être.ne boi-
« rons-nous jamais les eaux vertes du Nil de
« l’Occident. » . ., . . « Et pourtant, qui
« dira jamais la profondeur du fleuve de sang
« qu’a fait couler cette malheureuse frontière,
« fictive où se mêlaient deux rivières ennemies ?
« Pourquoi tant de sang, tant de sang rouge,
« comme dit le poëte allemand quand il de-
« mande avec amertume ce que gagna 1’Allema-
« gne a la bataille des peuples, a Leipzig? Pour
« une ceuvre de neant, pour unir à la France des
« hommes qui ne sont Francais ni par la lan-
« gue, ni par l’humeur, ni par 1’origine. » —
Entendez-vous, hommes que l’ambition pousse
aux conquêtes ? Tous les diplomates devraient
méditer ces lignes et surtout les mettre en prati-
que dans les traités où ils decident que tel pe-
tit peuple deviendra Russe, alors qu’il ne l’a
jamais été, tel autre Autrichien, alors qu’il
est toujours regardé comme Italien
NOUVELLES
Par décret du Président de la République, en date
du 8 mai courant, M. Albert Decrais, conseiller
d’Etat, est nommé envoyé extraordinaire et ministre
plénipotentiaire de la République française près S. M.
le roi des Belges, en remplacement de M. John
Lemoine, dont la démission est acceptée.
M. Paul Bert a déposé sur le bureau de la Cham-
bre ses deux rapports sur l’insiruclion primaire : le
premier, concernant la gratuité, le second, l’obliga-
tion et la laïcité.
L’accord est maintenant complet entre la commis-
sion et le ministre de l’instruction publique sur la
‘ laïcité, aussi bien que sur la gratuité et l’obligation.
Le projet de loi accepté par le ministre déclare que
dorénavant l’instruction religieuse ne sera plus don-
née aux enfants dans les écoles primaires.
M. Edmond Gaze a déposé sur le bureau de la
Chambre des députés une proposition de loi relative
à la taxe militaire. Ce nouvel impôt aurait pour ré-
sultat immédiat de faire entrer a peu près vingt-cinq
millions par an dans les caisses du Trésor et de don-
ner un caractère plus équitable aux dispenses ainsi
qu’aux exemptions du service militaire obligatoire
et personnel.
La Chambre a voté en première lecture, à une
cinquantaine de voix de majorité, la proposition de
loi de M. Loustalot, qui attribue aux Conseils géné-
raux une représentation proportionnelle à la popu-
lation cantonale.
Un décret du 11 mai publié au Journal officiel
nomme pour 4 ans les membres du Conseil supérieur
de l’insiruclion publique et ceux de la section per-
manente. Les premiers sont au nombre de neuf les
derniers au nombre de six. 4 membres de l'ensei-
gnement libre sont nommés par le même décret
membres du Conseil supérieur de l’instruction pu-
blique.
Enfin, aux termes d’un arrêté, aussi du 11 mai,
le Conseil supérieur de l'instruction publique est
convoqué en session extraordinaire pour le 31 du
courant. La durée de celte session est fixée à dix
jours.
L'Officiel a publié le décret de convocation, pour
le 6juin, des électeurs de Brest, Lorient, Limoges,
Rochechouart, à l’effet de nommer des députés.
Le conseil d'Etat, a maintenu, pour le concours de
l’auditorat, l’exclusion des candidats diplômés par
les jurys mixtes.
La proposition Camille Sée tendant à établir la ca-
pacité civile de la femme vient d'être prise en consi-
dération par la commission d’initiative.
M. le général Osmont, commandant en chef du
10e corps d’armée, vient de transformer en un mois
de prison les quinze jours d’arrêts infligés par M. le
général La Jaille, commandant la 10e brigade de
cavalerie, à l’officier du 12e hussards qui s’était per-
mis de siffler la Marseillaise dans le cours d’une re-
présentation du Cirque américain, à Dinan.
La Belgique vient de suivre l’exemple que lui a
donné l’Autriche, Le ministère belge a déclaré au
parlement qu’il ne permettrait pas aux congrégations
dissoutes en France de se reconstituer sur le territoi-
re belge.
M. Gailly, député du centre gauche, a été élu sé-
nateur dans les Ardennes,
On annonce la mort, à Paris, de M. Boulay de la
Meurthe, sénateur sous l’empire, frère de Henri
Boulay de la Meurthe, nommé vice-président de la
République par la Constituante. Le défunt était né
en 1800.
La Chambre a voté la loi sur les patentes. Voi-
ci un aperçu des améliorations qu’édicte la nou-
velle loi, améliorations qui intéressent bien des
gens.
La commission a poursuivi un double but :
1° établir une meilleure répartition de l’impôt
des patentes ; 2° l’alléger.
Le dégrèvement porte principalement sur le
droit proportionnel, qui est assis tant sur les lo-
caux affectés au commerce et à l’industrie que
sur les maisons d’habitation. Le droit propor-
tionnel a été réduit sur presque tous les paten-
tables, ce qui représente une réduction de plus
FEUILLETON
L’OISEAU DE LA FIDÉLITÉ
LÉGENDE PORTUGAISE DU XIIIe SIÈCLE
(Suite.)
— Ecoutez sans colère, lui dit Mandigo, un hom-
me qui vous parle avec un respect attendri, et de-
puis six jours mon coeur est si plein de voire ima-
ge, que j’ai besoin d’épancher mon secret... Vous
savez mon nom, vous connaissez ma fortune; je viens
vous offrir tout cela... Je souhaiterais avoir plus de
jeunesse, mais le coeur ne connaît pas les rides...
Je serai un mari affectueux, n’ayant d’autre soaci
que celui de prévenir vos désirs; laissez-moi vous
aimer, et donnez-moi toute l’affection dont vous
êtes capable.
Inez écoutait, troublée, étonnée aussi... Pour
cette enfant, Mandigo semblait jeune. D’ailleurs
la richesse de son costume relevait encore sa
bonne mine ; puis, son regard était si doux, sa
voix prenait des noies si tendres qu’Inez sentit
soudainement la confiance entrer dans son coeur ;
cependant elle répondit :
— J’ai vécu dans la solitude, où j’ai reçu seu-
lement les leçons d’un vieux moine. Vous suffi-
rait-il, vous qui avez rang à la cour, d’une fem-
me sachant seulement prier Dieu, exécuter de
patienies tapisseries, et qui mettrait sa joie à
vous prouver sa reconnaissance?Ne regrelteriez-
vous jamais d’avoir écartelé votre blason de ce-
lui des Viezela, qui s’efface sur cette cheminée
croulante ? Réfléchissez, seigneur Manoël... ne
prenez pas si vite une décision si grave. Que sa-
vez-vous de moi, d’ailleurs ? et comment pouvez-
Vous déjà m’aimer ?
— Je vous ai élue, répondit Manoël, pour être
la souveraine maîtresse de ma vie. Si je vous di-
sais que c’est à cause de votre exquise beauté,
ce ne serait point rendre toute na pensée. Vous
m’avez charmé par la pitié que j’ai lue dans vos
yeux lorsque vous avez pansé ma main blessée ;
par votre gaieté souriante au sein d’une pauvre-
té indigne de vous. Qu’importent ma fortune, la
faveur du roi, si au lieu d’être la fille d’une
princesse maure et d’un gentilhomme lusitanien,
vous deviez le jour à une jeune Mauresque chan-
tant sur les grands chemins les airs de son pays,
et à un chevrier des montagnes, je vous offrirais
encore d’être la suzeraine de Mandigo.
En écoulant celle voix pénétrante, Inez sentit
que l’homme qui lui parlait ainsi pourrait être
son guide, son ami, son maître; elle leva un
regard ému sur Manoël, puis, avec une gravité
pleine de pudeur et de réserve, elle lui répondit:
— Répétez à mon père, seigneur, ce que vous
venez de m’apprendre.
Mandigo prit dans ses mains la main d’Inez.
— Je l’attends, répondit-il, et j’espère qu’il
consentira à me confier le soin de votre félicité.
Un moment après il reprit avec une sorte
d'hésitation craintive: je vous crois assez bonne
pour être indulgente ; sachez que je ne vis pas
seul à Mandigo. Vous y trouverez un ami dont
le dévoùmenl m’a plus d’une fois sauvé la vie ;
vétéran ruiné par les batailles qu’il aida à ga-
gner, débris humain triste peut-être pour des
regards jeunes, il redoute d’inspirer le dédain ;
mais vous le plaindrez et vous le rassurerez par
affection pour moi.
— Je vous le promets, seigneur. Et, à mon
tour, je vous adresserai une requête : vous per-
mettrez à Britès et à son mari de nous suivre ?
— Certes, Inez, tout ce qui vous aime me de-
vient cher.
En ce moment le pas de Diégo retentit sur le
pont-levis et le vieillard parut.
En dépit de la morosité de son caractère, Son
visage s’éclaircit en reconnaissant son hôte.
Inez s’avança, laissant Manoël libre de présen-
ter sa requête. Il le fit d’une façon digne et cha-
leureuse ; il peignit le triste avenir qui attendait
Inez quand son père l’aurait quittée. Il s’expri-
ma avec une franchise si communicative et un
sentiment si profond, que Diégo Viezela, dont le
premier mouvement avait été une sorte de ter-
reur à l’idée de se séparer de sa fille, s’attendrit
progressivement.
— C’esl bien ! fit-il, mes jours sont comptés ;
je ne survivrai pas longtemps à la perte de mes
fils ; puisque Inez consent à être votre femme, je
vous bénirai si vous la rendez heureuse.
— Elle ne le serait point si elle vous quillait,
répondit Manoël ; abandonnez celte ruine ; venez
à Mandigo avec vos serviteurs ; vous trouverez
en moi un fils et un ami.
Il fallut plus de temps pour convaincre Diégo
qu’il devait abandonner les restes de son domai-
ne écroulé; la crainte seule de briser l’avenir de
sa fille l’y décida ; mais il prévint Manoël que
chaque année il y reviendrait, afin de se replon-
ger dans les douloureux souvenirs du passé.
A quelque temps de là Inez arriva à Mandigo
souriante, et cependant timide et confuse. Re-
connaissant Alunquer au portrait que lui en
avait tracé Manoël, elle s’avança et lui dit avec
une bonté exquise :
— Je ne vous prends pas votre ami, seigneur,
c’est une amie de plus qui entre dans celte
maison.
Le vieux chevalier s’inclina avec une courtoi-
sie un peu hautaine, en balbutiant une réponse
qu’Inez n’entendit pas. En la voyant si belle et
si charmante, il comprenait l’empire que cette
séduisante créature allait prendre sur Manoël et
l’avenir lui parut menaçant.
Toute la noblesse des environs était accourue,
afin d’assister aux fêles qui devaient se succéder
dans le manoir seigneurial. Jamais, depuis les
jours de sa fastueuse jeunesse, Manoël n’avait
réuni autant d’amis dans son vaste domaine. Les
nobles de sa parenté comblèrent Inez de cadeaux
précieux. Elle les avait réunis dans une pièce
meublée avec toute la splendeur de ce temps, et,
entourée de jeunes filles, elle essayait des ban-
deaux et des colliers de pierreries, quand Alun-
quer, plus solennel que jamais, et faisant son-
ner sa jambe de fer sur les dalles d’une façon
presque menaçante, pénétra dans le retiro, où
les senoras admiraient les merveilles de la gar-
de-robe d’Inez.
Le visage d’Alunquer exprimait une sorte de
sévérité hautaine ; son oeil unique dardait une
lumière aiguë; ses lèvres ombragées d’une rude
moustache dissimulaient à peine un pli ironique.
Sur son gantelet de fer il portait un admirable
oiseau dont les grandes ailes d’azur palpitaient
de joie. On eût dit qu’il comprenait les paroles
que lui adressait Alunquer et qu'il y répon-
dait.
RAOUL DE NAVERY.
(A suivre.)
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