Titre : L'Orchestre : revue quotidienne des théâtres
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1879-01-01
Contributeur : Nannan, Adolphe. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328294988
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 janvier 1879 01 janvier 1879
Description : 1879/01/01 (A29)-1879/01/31. 1879/01/01 (A29)-1879/01/31.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k120443d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-136
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/12/2007
Du 27 Janvier au 3 Février 18Ï9
YEDDA, ballet eu 3 actes, de pi, Philippe Gjjle,
Arnold Mortier' t Méranto; musique d> M. Oli-
vier Métra.
La gentille Yedda, fiancée à Nori, ne raf-
fole pas précisément de son futur époux qui i
raffolle d'elle. Sur ces entrefaites, passe le
cortège de Mikado. Les beaux yeux de la
fiancée de Nori font la conquête du souve-
rain. Celui-ci a son Triboulet, le fou Tô,
qui sert immédiatement les désirs de ?on
maître en faisant connaître à Yedda «qu'on
l'a remarquée, distinguée, » et qu'elle peut
rêver une place à côté du trône.
Les médiocres habits de la petite Japo-
naise peuvent donc se transformer en vête-
ments éblouissants et son piteux fiancé
pourrait sn changer en vn grand seigneur?
Yedda ne résiste pas plus qu'une Parisienne,
et, comme le fou lui apprend qu'il lui snf-
fira de se rendre auprès de la reine des Es-
prits de la Nuit pour voir tous ses vœux
satisfaits, voilà qu'elle traverse le Lac Sacré
sur une large feuille de ién et arrive au
pied de l'arbre de vie, autour duquel volti-
gent les noirs Esprits représentés par des
danseuses blanches comme neige.
La reine des Esprits, Sakourada, fait ac-
cueil cette étrangère, et, lui remettant
une petite branche de l'arbre merveilleux
chargé de feuilles, elle lui dit « Prends ce
talisman! à chacun de tes vœux exaucés,
une de ses feuiles tombera la dernière
tombée, tu mourras »
Comme on peut le voir, la légende japo-
naise de MM. Philippe Gille et Arnold Mor-
tier ressemble assez positivement à « la Peau
de Chagrin » du plus Français de nos grands (
romancier. Par le temps qu'il fait, on ne
saurait exiger des auteurs de « Yedda un f
voyage au Japon; qu'ils restent dans leur <
bibliothèque, si tel e>,t leur goût. Mais 1
qu'ils soignent un peu plus leurs imitations j
du genre-Japon, s'ils ne veulent pas trop (
égayer les voyageurs qui connaissent ce {
curieux pays. i
Munie do son talisman, Yedda se pré- (
sente devant le palais du Mikado, et, ce que <̃
son regard avait commencé, une feuille dé- c
tachée de la branche de l'arbre de vie l'a-
chève en un instant. La femme du Mikado
est abandonnée pour la nouvelle favorite, i
et c'est en vain qu'elle essaie de frapper 1
sa rivale: une seconde feuille détachée du d
talisman détourne aussitôt sa main venge- s
resse. A chacun des vœux nouveaux qu'elle, 1
forme.labrancherVYeddasedépouille ainsi, s
si bien que, lorsque Nori, désespéré, revient h
vers elle et lui rappelle ses anciennes pro- g
messes, le talisman n'a plus qu'une feuille, e
Inconsolé du refus qu'il essuie, Nori se tue, «
et Yedda, brisant la branche merveilleuse, n
tombe à ses côtés. p
M. Olivier Métra, dont les valses bien t<
connues sont de véritables poëmes, et qui h
pourrait, modifiant un vers célèbre, dire &,
aux auteurs des vastes partitions « la valse
sans dérautvaut bien un opéra,» ne semble s<
pas avoir été dévoré de l'ambition de réali- d
ser musicalement le co'oris du Japon. A cet a
égard, sa discrétion égale celle de Mtf. Phi- 1<
lippe Gille ut Morfier. L'accent oriental de a
« la Marche Turque, » de Mozart, le cachet e
africain du «Désert,» do Félicien David, B
la couleur exotique des mélodies de « l'Àfri- a
came, de Meyerbeer, et bien d'autres page- si
de Rossini, de r,îassen«t, de Saint- Saëns, – b
que nous pourrions citer, ne trouveront ci
pas un pendant rle même caractère dans n
l'œuvre nouvelle d'Olivier Métra, fais U
cette localisation de la musique mise de la
côté, la partition de «Yedda» n'en reste c<
pas moins une composition très varié.1 de st
timbres, distinguée souvent, très richement m
ornée parfois, et, en somme, très agréable, pî
à entendre. Peut-et.ro même pourrait-on m
reconnaître à la marche d'entrée du Mikado, pc
qui a du mouvement et de l'ampleur, un v<
car.-icU'i'o japonais qu'indique le froisse- Vi
ment soutenu cles tains tains.
Nous sommes persuadé qu'à son prochain m
ouvrage, M. Métra ;aura prouver d'une se
manière éclatante qu'on a eu raison e e],
faire crédit; à son talent et de compter sur et
lui pour augmenter le nombre des chefs- pi
â'œuvr'ii musicaux du billet français. vi>
Mlle Sangalli, dont la dause est un pou l'e
imitérielle, sinon lourde, nous fait toujours foi
un plaisir particulier, car nous préférons
la danse humaine à la danse divine, la mi
femme a la fée, la cluuY au profil. Eile n'a qu
certainement pas la perfection impeccable re
de Mlle Beaugranu et l'esprit enragé de son vo
expressive mimique, mais elle rachète son eu
infériorité sur ce point par dos dons qu'elle re
partage a vue Rosita Mauri, cette nouvelle la
étoile dont le firmament de l'Académie de l'a
musique attend le retour. so
Mlle Righetti prête son charme à la reine
des Esprits, et Mile Marquet, sa beauté à în
l'épouso couronnée du Mikado. RE
La mimique du bouffon rJY> fait honneur se
à M. CornoL. MIL Rémoiiil e(. Louis Gérante mi
conviennentégaleinentbien aux rôles muets po
du Mikado 'et du fiancé Nori. on
Ajoutons que, cette fois encore, le grand s'è
et le petit quadrille ont su se disputer les ho
OPÉRA
succès d'ensemble, sans nuire à la préémi- f
utmee incontestée de Mmes Fatou, Parent,
Sanlavillo, Piron,Mérante, Bussy, Moncha-
nin, R. minier, Biot, et autres artistes dont
la place est toujours aa premier rang.
Parmi les divertissements qui peuvent
augmenter la réputaiion de M. Mérante,
nous devons citer spécialement ceux des
parasols, des éventails et des jongleurs
es dernier, surtout, traver é en tous sens
par les parabo'es lumineuses de boules d'or
tt d'argent que se renvoient les danseurs
les uns aux autres, est un véritable rêve
d'enfant, et toute la salle y prend un plaisir
ox Ironie. CVsfc là que brille d'un éclat par-
ticulier le goût du dessinateur des cos-
tumes, M. Eugène Lacoste, qui se distingue
toujours par ses associations d'étoffes de
couleurs diverses et la coupe originale des
vêtements.
L'Arbre do la vie, de M. J. B. Lavastre,
et le Palais du Mikado, de MM. Carpezat et
Lavastre aine, sont des décors particuliè-
remert réussis. La toile de fond (le l'Entrée
du Hameau japonais est également une
œuvre de maître. Georges PRINN.
VAUDEVILLE
L'AVENTTfiE DF. T.ADISUS BOl.SKI, pièc-s en
5 actes et 6 tableaux, par M. Ch-rbulïez.
Le roman de M. Cherbuliez est connu de
tous. et, par conséquent, il n'est besoin que
de rappeler succinctement le sujet pour j
qu'on puisse comprendre le parti qu'en a
tiré l'auteur en le mettant à la scëne.
La comtesse Bolska a vu périr successi-
vement, sous les balles des Russes, son j
père, ses frères, deux fils et même – elle le
croit du moins – son mari. Aussi a-t elle <
voulu sa réserver au moins son dernier ën- i
fant, et elle a élevé Ladislas en dehors de
toute idée de patrie et de résistance à l'op- |
presseur. Mais un jour vient où le jeune <
homme apprend quel est son devoir, et ré-
clame l'honneur d'aller en Pologne com- 1
battre les meurtriers de ses parents. La i
mère ne s'opposo pas, ourlje que soit sa <
douleur, à cette, folie patriotique, et La- i
dislas s'en va là-bas, où il commence à 1
conspirer. Bientôt il est arrêté et jeté en <
prison. c
.Ladislas va partir pour la Sibérie, quand t
la, comtesse de Liewitz, qui l'a connu à
Paris et s'est éprise de son héroïsme, arrive <
dans le cachot où il est enfermé. La, la j
sirène russe offre, à celui dont elle connaît c
l'amour, sa grâce, à la seule condition qu'il c
signera une demande à l'empereur. Le mal- s
heureux sent que son honneur est en dan.- r
ger devant cette séduction, il résiste; mais,
en partant, la comtesse lui jette ces mots
« Ce soir, je t'attends Resté seul, au mo-
ment où Ladislas va brûler la formule pré- i.
parée qui attend sa signature, il laisse re-
tomber son bras et s'écrie « le suis un
homme perdu » on sent qu'il va signer et t
se déshonorer. j,
La comtesse Bolska, sans nouvelles de a
son fils depuis quatre mois, se désole et (
dépérit, quand elle reçoit un journal qui d
annonce que le jeune comte s'est évadé de j,
la forteresse où il avait été emprisonné e
après une tentative d'insurrection, et qu'il
est arrivé sain et sauf à la frontière russe.
Ranimée par cette nouvelle, elle sort pour r,
aller remrcier le Seigneur, et, en son ab- c
arrive Ludislas, qui veut, avant d'em- ](
brasier sa mère, lui laisser par écrit ea triste v
confession, car il sait que Théroïquo femme ]y
refusera probablement d'ouvrir ses bras au s,
lâche qui, pour une nuit de bonheur, a terni s,
la gloire de son nom. Au moment où il va jf
commencer cette lettre d'aveux terribles, \s
survient un Polonais, Tronsko, ami de sa
mère, lequel connaît la lâcheté commise ri
par Ladislas, et le flagelle de son ironique c]
mépris. La discussion se prolonge assez n;
pour que la comtesse Bolska rentre; elle m
veut ss jeter an cou de son fils, mais celui-ci
l'arrête et lui avoue la vérité. U]
La comtesse, révoltée dans ses senti- n'
ments d'honneur et de patriotisme, ne se fo
sent plus mère, mais seulement Polonaise; es
elle maudit son fib- et veui: Je chasser de G
chez elie, Ladislas ?e traîne à genoux ses ql
pieds, ( enfin, fléchie par un désespoir «
violent, elle se penche sur son fils, pour pî
l'embrasser peut-êire, quand elle tombe al
foudroyée.
Ladislas, chassé, sans même savoir si sa hc
mère est morte, court chez Mme de Liewitz. qt
qui devait vuir le rejoindre à Genève et est pc
rentrée à Paris au lieu de venir au rendez- ti(
vous. Là, il est plus que froidement ac- de
cueilli; la femme qui l'a mené à la honte 1°
refuse de lui accorder le prix promis dans gr
la prison, et lui explique froidement qu'elle
l'aimait héros et ne l'aime plus pleurant vr
son honneur perdu, ril
Ladislas s'empare d'un poignard et va pe
frapper la comtesse, quand le prince 1'1
Reschnina arrive en « r1eus ex machina, » an
se fait. expliquer la situation et dit froide-
ment à Mme Liewitz « II a tenu sa parole, hc
pourquoi ne tenez-vous pas la vôtre ? Quand de e,
on doit, il faut payer. » Mme de Liewitz pi<
s'étonne de ce conseil de la part d'un av
homme qui devait être son mari sous peu
̃ de jours; mais celui-ci, sans répondre, se
retournant vers Ladislas, lui tend la grâce
signée par lui dans la prison et l'emmène
auprès de la comtesse Bolska, qui attend
son fils, dont l'honneur est sauf, car la
grâce a été accordée sans condition par
le czar.
La comédie ne se termine pas, c'est son
seul défaut, Mais, mal heureusement à ses
qualités il faut opposer des défauts de forme
dans le dialogue, défauts que je ne veux
attribuer qu'à un collaborateur resté ano-
nyme, et dont Alexandre Dumas a jadis
beaucoup utilisé la plume. Il est vrai qu'on
disait alors que ledit collaborateur ne ser-
vait qu'à mettre des fautes de français dans
les pièces de Dumas. Il paraît impossible
que M. Cherbuliez ait.,écrit lui-même
certaines phrases comme « Son visage
transparent lusse voir son cœur. » Ses
yeux se repentent des fautes des autres. »
« Ce ne sont pas des oubli. ce sont des ou-
bliettes » etc., etc.
L'exécution de la pièce est bien digne de
de l'excellente troupe du Vaudeville, P. Ber-
ton est excellent ^t, fait chaque jour des
progrès dans le rôle difficile de Ladislas,
il est tour à tour passionné, désolé et at-
tendrissant au possible; je me permettrai
seulement de lui faire remarquer que le
dénoument ayant été changé à la seconde
représentation, il n'aurait pas besoin de
préparer le public à le voir devenir fou, en
prenant, dans plusieurs scènes, des airs
égarés qui ne se comprennent pas, ia folie
n'éclatant plus à la fin du cinquième acte.
Dieudonné a su, lui, le mouvement per-
pétuel, prendre des airs de diplomate et de
prince russe, composé et froid comme le ciel
du pays des Cosaques: il est parfait. Parade
ne peut pas être mauvais, mais son rôle ne
lui va guère, et c'est regrettable pour le
public, pour la pièce et pour l'artiste cons-
ciencieux qui y met tout ce qu'il peut.
Mme Pasca a joué le rôle de la comte?se
Boiska avec un talent admirable et une
énergie extrême; la scène de la malédiction
est une merveille. Mlle B. Pierson prête sa
grâce particulière à la déplaisante Mme de
Liewitz, et i quelque chose pouvait faire
excuser la lâcheté et la faiblesse de La-
dislas, ce seraient les yeux et les épaules
d'une tentatrice semblable.
Quant à Mlle Massin, elle rajeunit chaque
année, et, ce train-là, elle va bientôt
jouer les ingénues et remplacer Mlle Rei-
chenberg aux Français. Après tout, pour-
quoi pas? Elle est assez jolie pour cela, et
s'acquitte même de mieux en mieux de ses
rôles, quels qu'ils soient.
AMBIGU-CONQUE
iVASSOMKf'lR, drame en 5 actes et 10 tabl-aux,
de MM. Busnach et Gastineau.
L'Ambigu tient un succès de curiosité
tout le monde ira voir « l'Assommoir» et,
tout en en contestant l'intérêt dramatique,
applaudira à la mise en scène de ses dix
tableaux. M. Chabriliat, le jeune directeur
de l'Ambigu, y a fait preuve d'une grande
habileté artistique comme metteur en scène
et a trouvé, dans ses nombreux collabora-
teurs, un concoursdes plus actifs.
Le roman de M. Zola, qui a eu un si grand
retentissement pour son naturalisme ex-
cessif et sa prétention à reproduire au vif
les mœurs déplorables d'une classe d'ou-
vriers, ne prélait guère à. un drame,
MM. Busnach et Gastineau en ont tiré une
série de tableaux, en dénaturant « l'As-
sommoir, » dont ils ont dû aiténuer, pour
les exigences scéniques, les brutalités de
langage.
La Gervaise du drame ne ressemble en
rien à ia Gervaise du roman ce qui ressort
clairement de cette tentative, c'est que le
naturalisme au théâtre est loin de s'accli-
mater.
Au milieu de ce monde d'ivrognes, pas
un caractère complet ne se détache et
n'attire la sympathie Gouget, l'honnête
forgeron qui, d'ouvrier, déviant patron,
est lui-même entraîné par sa passion pour
Gervaise, au point d'en oublier sa mère,
qu'il appelle, peu d'instants anparavant, une
« sainte et digne femme, » et qu'il songe à
planter là pour fuir avec la famme d'un
autre.
Fort heureusement, la vie n'est pas aussi
honteuse; 1 1 si on veut aller au fond de la
question sociale et faire la part des res-
ponsabilités, il faut prendre en considéra-
tion les découragements et les lassitudes
de l'ouvrier qui précèdent les besoins d'é-
lourdissement par le vin ou l'alcool; la
grande majorité des ouvriers travaille.
Cette pièce est, du reste, bourrée d'in-
vraisemblances; air,si, Coupeau subit la ter-
rible influence de l'alcoolisme, alors que,
pendant vingt ans, les clients ordinaires de
l'Assommoir ne subissent, même pas, des
années l'irréparable outrage! <
Gervaise et Lantier habitent dans un
hôtel borgne du boulevard extérieur; leurs
dernières nippes ont été portées au mont de <
piété, et Lantier, las de Gervaise, la trompe 1
avec la grande Virginie. (
Coupeau, brave et honnête ouvrier cou- 1
G. SAINT-AMÊ.
vreur, se prend de sympathie pour la pauvre
fille que Lantier abandonne sans ressource;;
Gervaise, dont la jalousie est ardente, ren-
contre sa. rivale au lavoir et lui administre,
cor ara populo, une homérique fessée, dont
Virginie jure de se venger.
Le lavoir est un vrai lavoir; ces dames
du battoir savonnent et lessivent avec con-
viction. Gervaise et Virginie s'y battent en
se jetant à la tête des seaux d'eau chaude.
Gervaise épouse Coupeau et, pendant
quelques années, vit heureuse avec celui
qui a su lui inspirer, sinon de l'amour, du
moins de l'estime; Virginie épouse Poisson,
un aspirant sergent de ville.
Coupeau est laborieux, économe, et l'ai-
sance règne dans son ménage, lorsque, mal-
heureusement, il tombe d'un échafaudage,
dont Virginie lui avait traîtreusement caché
Je dérangement. ,?̃
Comment cette chute rendit-elle Cou-
peau ivrogne? Les auteurs ont oublié de le
dire au public! Mais il n'en est pas moins
étrange de constater l'influence d'une frac-
ture sur les mœurs d'un ouvrier.
Dans sa. convalescence, Coupeau se met
à boire et, petit à petit, la passion de l'al-
cool devient irrésistible, et le brave ouvrier
devient un misérable toujours ivre.
Gervaise, qui s'était établie blanchisseuse,
voit avec terreur la misère arriver à grands
pas; Lantier, de retour d'Angleterre, va de
l'une à l'autre, excité par Virginie, repoussé
avec dégoût par Gervaise.
Gouget reproche à Coupeau son incon-
duite, et celui-ci promet de se corriger;
mais Lantier l'attire dans un guet-apens,
et, dès lors, il est perdu; il livre sa maison
et sa femme. Il meurt dans un accès de
delirium tremens.
Les hoquets de cette scène ont provoqué
.quelques exclamations répulsives de la part
du public, que le tableau de l'Assommoir
avait déjà agacé.
Gervaise, à bout de force et de courage,
boit pour oublier, et meurt de froid et de
misère au milieu de la rue.
Virginie, surprise par son mari avec Lan-
tier, »st tuée, et le croque-mort Bazouge,
toujours dans une douce ivresse, berce
philosophiquement le corps de Gervaise
qu'il u mission d'ensevelir.
L'interprétation de « l'Assommoir n est
remarquable Mlle Hélène Petit a joué
avec grand talent le rôle de Gervaise; les
auteurs lui doivent le succès de la pièce.
M. Gil-Naza a fait de Coupeau une splen-
difîe création; il a forcé l'admiration en
dépit de l'horreurqu'il inspire dans la scène
de l'agonie.
M. Delessart mérite une mention pour
la façon dont il joue le rôle de Lantier
M. Dailly est très amusant dans celui de
Mes-Bottes.
Mlle Clémence Schmidt (Mme Gouget) est
très touchante; toutefois, nous pensons que
le jeune talent de cette artiste serait plus
à l'aise dans un rôle plus approprié à son
âge.
« L'Assommoir » fournira une carrière
fructueuse pour le directeur et les auteurs;
la curiosité du public parisien est trop for-
tement alléchée pour qu'il en soit autre-
ment. Mais le vrai public, qui recherche
l'intérêt et l'émotion, pré!èrera à ce drame
une pièce moins naturaliste, mais plus
humaine. Louis BLOCH.
NOUVEAUTÉS
LES DE'X NABABS, vaudeville en trois actes,
de MM. Uippuly.e Raymond et Adolphe Oumas.
Le séjour des étrangers à Paris pendant
l'Exposition et leurs largesses envers le beau
sexe ont inspiré les auteurs des « Deux Na-
babs, seulement l'inspiration n'a pas été
heureuse. Le public ne prend aucun intérêt
à ce steeple -chase à la vertu vénale de
Mme de Saint-Arcade, et, malgré tout le
mouvement qui règne dans ce-] trois actes,
on reste froid et ennuyé, ce qui est le plus
grave défaut à reprocher à une fantaisie
d'aussi haut goût. C'est une erreur que ce
vaudeville, erreur des auteurs d'abord, er-
reur de la direction ensuite, et, par sym-
pathie pour cette dernière, je ne donnerai
aucun détail, estimant qu'il va bientôt re-
venir sur l'affiche une autre pièce, fût-cs
même « Fleur d'Oranger. »
Si la pièce a échoué, c'est bien sa faute,
car elle était jouée par Pradeau, par Bras-
seur, par Mme Céline Montaland, par
Ml'e Silly, et une jolie petite anglaise, (
Mile Kate Munroë, qui enlève gentiment (
une chanson, assez leste, par parenthèse.
A bientôt autre chose, n'est-ce pas, (
M. Brasseur car « errare humanum est,
sed perseverare diàbolicum.» » G. S.-AMÉ. 1
BOUFFES DU NORD ]
a Le Fils de h Nuit » vient d'y obtenir un t
franc succès. Trois artistes s'y sont parti-
culièrement distingués MM. Tétrel et e
Rehoul et Mme d'Embrun. e
Quoique manquant peut-être d'un peu
de chaleur, M. Tétrel a joué le rôle de Ben- g
Leïl avec une grande vérité; M. Reboul a
été très digne et très mesuré dans celui de a
Donato/et Mme d'Eaibrun a été remar- c
quable dans la fameuse scène des «Deux
Mères, w où Mme Ribell lui a fort convena-
blement donné la léplique.
Le public a franchement adopté les
Bouffes du Nord, et MM. Bourdeille et
Stainville voient le succès couronner leurs
courageux efforts.
Cette semaine, représentations fort sui-
vies de « la Voleuse d'Enfants, et la se-
maine prochaine, grand succès en réserve
avec « les Enfers de Paris. »
Arthur VERNEUIL.
CIRQUE D'HIVER
Une pantomime nouvelle, qui aura le suc-
cès de « Cendrillon, est venue ajouter un
nouvel attrait au programme déjà si bien
r.mpli. Imaginez la piste transformée en
un lac où un monde de patineurs se pro-
mène et que sillonnent des traîneaux. Voilà
une pièce de circonstance, ou je ne m'y
connais pas. Elle est montée avec le goût
exquis que vous savez, et le spectacle est
vraiment charmant de cette foule bariolée
glissant en tous sens. Le succès est éminent
et mérité.
Il est soutenu parun ensemble d'exercices
que nous avons signalés déjà, pour la plu-
part, et qu'exécute une troupe sans rivale.
Les soirées sont donc belles au Cirque des
Filles du Calvaire, et la saison se poursuit
avec une vogue méritée. Jean- de LORR.
CIRQUE FERNANDO
J'examinais, l'autre soir, avec soin et en
détail, chacun des numéros du programme
offert par M. Fernando à ses spectateurs, et
j'en ai tiré la persuasion qu'il est impossible
de réunir une troupe plus complète ni mieux
faite pour plaire.
Les petits Chinois commencent le spec-
tacle par un assaut de voltige. Les Fratellini
sont des clowns d'une souplesse et d'une
force remarquables, soit qu'ils fassent des
pyramides humaines, soit qu'ils travaillent
sur des chaises ou sur des échelles. Avec
Aguimoff et Dither, ils font les poses aca-
démiques. C'est un numéro tellement artis-
tique qu'il n'est guère abordé que par des
Italiens. Eux seuls semblent avoir le sen-
timent de la statuaire antique.
Les frères Térésa se font toujours remar-
quer par la hardiesse de leurs exercices sur
la perche. Leur parodie musicale du «Trou-
vère est un succès d'hilarité générale.
Mlle Rosa Ducos varie, chaque soir, ses
scènes à cheval. Ses poses sont toujours en
situation et ses costumes révèlent un goût
exquis. On devine en elle une nature supé-
rieure comme femme et comme artiste. Son
frère, Charles Ducos,,est un jongleur si ha-
bile qu'il fait tourner bien des tètes et de
jolies têtes.
Alberto voltige debout sur un cheval sans
selle avec beaucoup de sûreté. Il est bien
rare de rencontrer un écuyer aussi grand
et aussi bien fait.
Miss Albertina est une gymnasiarque
comme j'en ai peu vu. Elle a des poses à la
LéotarJ, et tout est fini dans ce qu'elle fait.
Quant à miss Lala, elle reste la grande
attraction de la saison, et j'engage fort
ceux qui ne l'ont pas vue à s'empresser de
venir. Elle n'a plus qu'une quinzaine de
jours à rester. Un engagement tissu d'or
l'attend à Londres. GLADIATEUR II.
HIPPODROME DE PARIS
LES BALS ENCHANTEURS
C'est enlevé, c'est signé. M. Zidler a ob-
tenu l'engagement de Johann Strauss, et
l'Hippodrome va donner une série de bals
parés et masqués; le premier bal est fixé
au 1er février. Il appartenait à ce splendide
établissement de nous faire enlendre les
entraînantes valses du grand maestro vien-
nois, qui n'auront jamais eu ainsi l'aide
harmonieuse d'un acoustique sans pareil.
La salle sera décorée avec 1* soin, le goût
et le luxe auxquels la direction nous a ac-
coutumés. Ce sera un spectacle inoubliable
que de voir cinq ou six mille danseurs dans
cette arène éclairée à giorno.
GLADIATEUR II.
ELDORADO
Salle comble tous les soirs-qu'il neige ou
lu'il dégèle-pour applaudir «La-e-ou-u,»
l'amusante Revue de 1878.
Beaucoup de gaîté, et du meilleur aloi,
}ea couplets bien amenés, des mots drôles,
les airs charmants-: tout cela interprété
aar des artistes de talent; tel est le bilan
le cette Revue, montée avec un soin qui
'ait honneur à l'intelligente direction de
'Eldorado
Perrin et Gaillard les deux compères
-méritent les plus grands éloges, ainsi que
Unies Amiati, Bonnaire, Roland. Félici-
:ons également Ducastel, Victorin Armand,
felly, Miles Pazzotti, M. Pacra, Méglas
st Gabrielle, qui complètent un ensemble
ixcellent.
Les costumes sontsuperbes et du meilleur
;oût, et la mise en scène est bien réglée.
Pas de décors la direction estimant-
vec raison, selon nous-que le café-con-
ert n'est pas le théâtre et prouvant tous
YEDDA, ballet eu 3 actes, de pi, Philippe Gjjle,
Arnold Mortier' t Méranto; musique d> M. Oli-
vier Métra.
La gentille Yedda, fiancée à Nori, ne raf-
fole pas précisément de son futur époux qui i
raffolle d'elle. Sur ces entrefaites, passe le
cortège de Mikado. Les beaux yeux de la
fiancée de Nori font la conquête du souve-
rain. Celui-ci a son Triboulet, le fou Tô,
qui sert immédiatement les désirs de ?on
maître en faisant connaître à Yedda «qu'on
l'a remarquée, distinguée, » et qu'elle peut
rêver une place à côté du trône.
Les médiocres habits de la petite Japo-
naise peuvent donc se transformer en vête-
ments éblouissants et son piteux fiancé
pourrait sn changer en vn grand seigneur?
Yedda ne résiste pas plus qu'une Parisienne,
et, comme le fou lui apprend qu'il lui snf-
fira de se rendre auprès de la reine des Es-
prits de la Nuit pour voir tous ses vœux
satisfaits, voilà qu'elle traverse le Lac Sacré
sur une large feuille de ién et arrive au
pied de l'arbre de vie, autour duquel volti-
gent les noirs Esprits représentés par des
danseuses blanches comme neige.
La reine des Esprits, Sakourada, fait ac-
cueil cette étrangère, et, lui remettant
une petite branche de l'arbre merveilleux
chargé de feuilles, elle lui dit « Prends ce
talisman! à chacun de tes vœux exaucés,
une de ses feuiles tombera la dernière
tombée, tu mourras »
Comme on peut le voir, la légende japo-
naise de MM. Philippe Gille et Arnold Mor-
tier ressemble assez positivement à « la Peau
de Chagrin » du plus Français de nos grands (
romancier. Par le temps qu'il fait, on ne
saurait exiger des auteurs de « Yedda un f
voyage au Japon; qu'ils restent dans leur <
bibliothèque, si tel e>,t leur goût. Mais 1
qu'ils soignent un peu plus leurs imitations j
du genre-Japon, s'ils ne veulent pas trop (
égayer les voyageurs qui connaissent ce {
curieux pays. i
Munie do son talisman, Yedda se pré- (
sente devant le palais du Mikado, et, ce que <̃
son regard avait commencé, une feuille dé- c
tachée de la branche de l'arbre de vie l'a-
chève en un instant. La femme du Mikado
est abandonnée pour la nouvelle favorite, i
et c'est en vain qu'elle essaie de frapper 1
sa rivale: une seconde feuille détachée du d
talisman détourne aussitôt sa main venge- s
resse. A chacun des vœux nouveaux qu'elle, 1
forme.labrancherVYeddasedépouille ainsi, s
si bien que, lorsque Nori, désespéré, revient h
vers elle et lui rappelle ses anciennes pro- g
messes, le talisman n'a plus qu'une feuille, e
Inconsolé du refus qu'il essuie, Nori se tue, «
et Yedda, brisant la branche merveilleuse, n
tombe à ses côtés. p
M. Olivier Métra, dont les valses bien t<
connues sont de véritables poëmes, et qui h
pourrait, modifiant un vers célèbre, dire &,
aux auteurs des vastes partitions « la valse
sans dérautvaut bien un opéra,» ne semble s<
pas avoir été dévoré de l'ambition de réali- d
ser musicalement le co'oris du Japon. A cet a
égard, sa discrétion égale celle de Mtf. Phi- 1<
lippe Gille ut Morfier. L'accent oriental de a
« la Marche Turque, » de Mozart, le cachet e
africain du «Désert,» do Félicien David, B
la couleur exotique des mélodies de « l'Àfri- a
came, de Meyerbeer, et bien d'autres page- si
de Rossini, de r,îassen«t, de Saint- Saëns, – b
que nous pourrions citer, ne trouveront ci
pas un pendant rle même caractère dans n
l'œuvre nouvelle d'Olivier Métra, fais U
cette localisation de la musique mise de la
côté, la partition de «Yedda» n'en reste c<
pas moins une composition très varié.1 de st
timbres, distinguée souvent, très richement m
ornée parfois, et, en somme, très agréable, pî
à entendre. Peut-et.ro même pourrait-on m
reconnaître à la marche d'entrée du Mikado, pc
qui a du mouvement et de l'ampleur, un v<
car.-icU'i'o japonais qu'indique le froisse- Vi
ment soutenu cles tains tains.
Nous sommes persuadé qu'à son prochain m
ouvrage, M. Métra ;aura prouver d'une se
manière éclatante qu'on a eu raison e e],
faire crédit; à son talent et de compter sur et
lui pour augmenter le nombre des chefs- pi
â'œuvr'ii musicaux du billet français. vi>
Mlle Sangalli, dont la dause est un pou l'e
imitérielle, sinon lourde, nous fait toujours foi
un plaisir particulier, car nous préférons
la danse humaine à la danse divine, la mi
femme a la fée, la cluuY au profil. Eile n'a qu
certainement pas la perfection impeccable re
de Mlle Beaugranu et l'esprit enragé de son vo
expressive mimique, mais elle rachète son eu
infériorité sur ce point par dos dons qu'elle re
partage a vue Rosita Mauri, cette nouvelle la
étoile dont le firmament de l'Académie de l'a
musique attend le retour. so
Mlle Righetti prête son charme à la reine
des Esprits, et Mile Marquet, sa beauté à în
l'épouso couronnée du Mikado. RE
La mimique du bouffon rJY> fait honneur se
à M. CornoL. MIL Rémoiiil e(. Louis Gérante mi
conviennentégaleinentbien aux rôles muets po
du Mikado 'et du fiancé Nori. on
Ajoutons que, cette fois encore, le grand s'è
et le petit quadrille ont su se disputer les ho
OPÉRA
succès d'ensemble, sans nuire à la préémi- f
utmee incontestée de Mmes Fatou, Parent,
Sanlavillo, Piron,Mérante, Bussy, Moncha-
nin, R. minier, Biot, et autres artistes dont
la place est toujours aa premier rang.
Parmi les divertissements qui peuvent
augmenter la réputaiion de M. Mérante,
nous devons citer spécialement ceux des
parasols, des éventails et des jongleurs
es dernier, surtout, traver é en tous sens
par les parabo'es lumineuses de boules d'or
tt d'argent que se renvoient les danseurs
les uns aux autres, est un véritable rêve
d'enfant, et toute la salle y prend un plaisir
ox Ironie. CVsfc là que brille d'un éclat par-
ticulier le goût du dessinateur des cos-
tumes, M. Eugène Lacoste, qui se distingue
toujours par ses associations d'étoffes de
couleurs diverses et la coupe originale des
vêtements.
L'Arbre do la vie, de M. J. B. Lavastre,
et le Palais du Mikado, de MM. Carpezat et
Lavastre aine, sont des décors particuliè-
remert réussis. La toile de fond (le l'Entrée
du Hameau japonais est également une
œuvre de maître. Georges PRINN.
VAUDEVILLE
L'AVENTTfiE DF. T.ADISUS BOl.SKI, pièc-s en
5 actes et 6 tableaux, par M. Ch-rbulïez.
Le roman de M. Cherbuliez est connu de
tous. et, par conséquent, il n'est besoin que
de rappeler succinctement le sujet pour j
qu'on puisse comprendre le parti qu'en a
tiré l'auteur en le mettant à la scëne.
La comtesse Bolska a vu périr successi-
vement, sous les balles des Russes, son j
père, ses frères, deux fils et même – elle le
croit du moins – son mari. Aussi a-t elle <
voulu sa réserver au moins son dernier ën- i
fant, et elle a élevé Ladislas en dehors de
toute idée de patrie et de résistance à l'op- |
presseur. Mais un jour vient où le jeune <
homme apprend quel est son devoir, et ré-
clame l'honneur d'aller en Pologne com- 1
battre les meurtriers de ses parents. La i
mère ne s'opposo pas, ourlje que soit sa <
douleur, à cette, folie patriotique, et La- i
dislas s'en va là-bas, où il commence à 1
conspirer. Bientôt il est arrêté et jeté en <
prison. c
.Ladislas va partir pour la Sibérie, quand t
la, comtesse de Liewitz, qui l'a connu à
Paris et s'est éprise de son héroïsme, arrive <
dans le cachot où il est enfermé. La, la j
sirène russe offre, à celui dont elle connaît c
l'amour, sa grâce, à la seule condition qu'il c
signera une demande à l'empereur. Le mal- s
heureux sent que son honneur est en dan.- r
ger devant cette séduction, il résiste; mais,
en partant, la comtesse lui jette ces mots
« Ce soir, je t'attends Resté seul, au mo-
ment où Ladislas va brûler la formule pré- i.
parée qui attend sa signature, il laisse re-
tomber son bras et s'écrie « le suis un
homme perdu » on sent qu'il va signer et t
se déshonorer. j,
La comtesse Bolska, sans nouvelles de a
son fils depuis quatre mois, se désole et (
dépérit, quand elle reçoit un journal qui d
annonce que le jeune comte s'est évadé de j,
la forteresse où il avait été emprisonné e
après une tentative d'insurrection, et qu'il
est arrivé sain et sauf à la frontière russe.
Ranimée par cette nouvelle, elle sort pour r,
aller remrcier le Seigneur, et, en son ab- c
arrive Ludislas, qui veut, avant d'em- ](
brasier sa mère, lui laisser par écrit ea triste v
confession, car il sait que Théroïquo femme ]y
refusera probablement d'ouvrir ses bras au s,
lâche qui, pour une nuit de bonheur, a terni s,
la gloire de son nom. Au moment où il va jf
commencer cette lettre d'aveux terribles, \s
survient un Polonais, Tronsko, ami de sa
mère, lequel connaît la lâcheté commise ri
par Ladislas, et le flagelle de son ironique c]
mépris. La discussion se prolonge assez n;
pour que la comtesse Bolska rentre; elle m
veut ss jeter an cou de son fils, mais celui-ci
l'arrête et lui avoue la vérité. U]
La comtesse, révoltée dans ses senti- n'
ments d'honneur et de patriotisme, ne se fo
sent plus mère, mais seulement Polonaise; es
elle maudit son fib- et veui: Je chasser de G
chez elie, Ladislas ?e traîne à genoux ses ql
pieds, ( enfin, fléchie par un désespoir «
violent, elle se penche sur son fils, pour pî
l'embrasser peut-êire, quand elle tombe al
foudroyée.
Ladislas, chassé, sans même savoir si sa hc
mère est morte, court chez Mme de Liewitz. qt
qui devait vuir le rejoindre à Genève et est pc
rentrée à Paris au lieu de venir au rendez- ti(
vous. Là, il est plus que froidement ac- de
cueilli; la femme qui l'a mené à la honte 1°
refuse de lui accorder le prix promis dans gr
la prison, et lui explique froidement qu'elle
l'aimait héros et ne l'aime plus pleurant vr
son honneur perdu, ril
Ladislas s'empare d'un poignard et va pe
frapper la comtesse, quand le prince 1'1
Reschnina arrive en « r1eus ex machina, » an
se fait. expliquer la situation et dit froide-
ment à Mme Liewitz « II a tenu sa parole, hc
pourquoi ne tenez-vous pas la vôtre ? Quand de e,
on doit, il faut payer. » Mme de Liewitz pi<
s'étonne de ce conseil de la part d'un av
homme qui devait être son mari sous peu
̃ de jours; mais celui-ci, sans répondre, se
retournant vers Ladislas, lui tend la grâce
signée par lui dans la prison et l'emmène
auprès de la comtesse Bolska, qui attend
son fils, dont l'honneur est sauf, car la
grâce a été accordée sans condition par
le czar.
La comédie ne se termine pas, c'est son
seul défaut, Mais, mal heureusement à ses
qualités il faut opposer des défauts de forme
dans le dialogue, défauts que je ne veux
attribuer qu'à un collaborateur resté ano-
nyme, et dont Alexandre Dumas a jadis
beaucoup utilisé la plume. Il est vrai qu'on
disait alors que ledit collaborateur ne ser-
vait qu'à mettre des fautes de français dans
les pièces de Dumas. Il paraît impossible
que M. Cherbuliez ait.,écrit lui-même
certaines phrases comme « Son visage
transparent lusse voir son cœur. » Ses
yeux se repentent des fautes des autres. »
« Ce ne sont pas des oubli. ce sont des ou-
bliettes » etc., etc.
L'exécution de la pièce est bien digne de
de l'excellente troupe du Vaudeville, P. Ber-
ton est excellent ^t, fait chaque jour des
progrès dans le rôle difficile de Ladislas,
il est tour à tour passionné, désolé et at-
tendrissant au possible; je me permettrai
seulement de lui faire remarquer que le
dénoument ayant été changé à la seconde
représentation, il n'aurait pas besoin de
préparer le public à le voir devenir fou, en
prenant, dans plusieurs scènes, des airs
égarés qui ne se comprennent pas, ia folie
n'éclatant plus à la fin du cinquième acte.
Dieudonné a su, lui, le mouvement per-
pétuel, prendre des airs de diplomate et de
prince russe, composé et froid comme le ciel
du pays des Cosaques: il est parfait. Parade
ne peut pas être mauvais, mais son rôle ne
lui va guère, et c'est regrettable pour le
public, pour la pièce et pour l'artiste cons-
ciencieux qui y met tout ce qu'il peut.
Mme Pasca a joué le rôle de la comte?se
Boiska avec un talent admirable et une
énergie extrême; la scène de la malédiction
est une merveille. Mlle B. Pierson prête sa
grâce particulière à la déplaisante Mme de
Liewitz, et i quelque chose pouvait faire
excuser la lâcheté et la faiblesse de La-
dislas, ce seraient les yeux et les épaules
d'une tentatrice semblable.
Quant à Mlle Massin, elle rajeunit chaque
année, et, ce train-là, elle va bientôt
jouer les ingénues et remplacer Mlle Rei-
chenberg aux Français. Après tout, pour-
quoi pas? Elle est assez jolie pour cela, et
s'acquitte même de mieux en mieux de ses
rôles, quels qu'ils soient.
AMBIGU-CONQUE
iVASSOMKf'lR, drame en 5 actes et 10 tabl-aux,
de MM. Busnach et Gastineau.
L'Ambigu tient un succès de curiosité
tout le monde ira voir « l'Assommoir» et,
tout en en contestant l'intérêt dramatique,
applaudira à la mise en scène de ses dix
tableaux. M. Chabriliat, le jeune directeur
de l'Ambigu, y a fait preuve d'une grande
habileté artistique comme metteur en scène
et a trouvé, dans ses nombreux collabora-
teurs, un concoursdes plus actifs.
Le roman de M. Zola, qui a eu un si grand
retentissement pour son naturalisme ex-
cessif et sa prétention à reproduire au vif
les mœurs déplorables d'une classe d'ou-
vriers, ne prélait guère à. un drame,
MM. Busnach et Gastineau en ont tiré une
série de tableaux, en dénaturant « l'As-
sommoir, » dont ils ont dû aiténuer, pour
les exigences scéniques, les brutalités de
langage.
La Gervaise du drame ne ressemble en
rien à ia Gervaise du roman ce qui ressort
clairement de cette tentative, c'est que le
naturalisme au théâtre est loin de s'accli-
mater.
Au milieu de ce monde d'ivrognes, pas
un caractère complet ne se détache et
n'attire la sympathie Gouget, l'honnête
forgeron qui, d'ouvrier, déviant patron,
est lui-même entraîné par sa passion pour
Gervaise, au point d'en oublier sa mère,
qu'il appelle, peu d'instants anparavant, une
« sainte et digne femme, » et qu'il songe à
planter là pour fuir avec la famme d'un
autre.
Fort heureusement, la vie n'est pas aussi
honteuse; 1 1 si on veut aller au fond de la
question sociale et faire la part des res-
ponsabilités, il faut prendre en considéra-
tion les découragements et les lassitudes
de l'ouvrier qui précèdent les besoins d'é-
lourdissement par le vin ou l'alcool; la
grande majorité des ouvriers travaille.
Cette pièce est, du reste, bourrée d'in-
vraisemblances; air,si, Coupeau subit la ter-
rible influence de l'alcoolisme, alors que,
pendant vingt ans, les clients ordinaires de
l'Assommoir ne subissent, même pas, des
années l'irréparable outrage! <
Gervaise et Lantier habitent dans un
hôtel borgne du boulevard extérieur; leurs
dernières nippes ont été portées au mont de <
piété, et Lantier, las de Gervaise, la trompe 1
avec la grande Virginie. (
Coupeau, brave et honnête ouvrier cou- 1
G. SAINT-AMÊ.
vreur, se prend de sympathie pour la pauvre
fille que Lantier abandonne sans ressource;;
Gervaise, dont la jalousie est ardente, ren-
contre sa. rivale au lavoir et lui administre,
cor ara populo, une homérique fessée, dont
Virginie jure de se venger.
Le lavoir est un vrai lavoir; ces dames
du battoir savonnent et lessivent avec con-
viction. Gervaise et Virginie s'y battent en
se jetant à la tête des seaux d'eau chaude.
Gervaise épouse Coupeau et, pendant
quelques années, vit heureuse avec celui
qui a su lui inspirer, sinon de l'amour, du
moins de l'estime; Virginie épouse Poisson,
un aspirant sergent de ville.
Coupeau est laborieux, économe, et l'ai-
sance règne dans son ménage, lorsque, mal-
heureusement, il tombe d'un échafaudage,
dont Virginie lui avait traîtreusement caché
Je dérangement. ,?̃
Comment cette chute rendit-elle Cou-
peau ivrogne? Les auteurs ont oublié de le
dire au public! Mais il n'en est pas moins
étrange de constater l'influence d'une frac-
ture sur les mœurs d'un ouvrier.
Dans sa. convalescence, Coupeau se met
à boire et, petit à petit, la passion de l'al-
cool devient irrésistible, et le brave ouvrier
devient un misérable toujours ivre.
Gervaise, qui s'était établie blanchisseuse,
voit avec terreur la misère arriver à grands
pas; Lantier, de retour d'Angleterre, va de
l'une à l'autre, excité par Virginie, repoussé
avec dégoût par Gervaise.
Gouget reproche à Coupeau son incon-
duite, et celui-ci promet de se corriger;
mais Lantier l'attire dans un guet-apens,
et, dès lors, il est perdu; il livre sa maison
et sa femme. Il meurt dans un accès de
delirium tremens.
Les hoquets de cette scène ont provoqué
.quelques exclamations répulsives de la part
du public, que le tableau de l'Assommoir
avait déjà agacé.
Gervaise, à bout de force et de courage,
boit pour oublier, et meurt de froid et de
misère au milieu de la rue.
Virginie, surprise par son mari avec Lan-
tier, »st tuée, et le croque-mort Bazouge,
toujours dans une douce ivresse, berce
philosophiquement le corps de Gervaise
qu'il u mission d'ensevelir.
L'interprétation de « l'Assommoir n est
remarquable Mlle Hélène Petit a joué
avec grand talent le rôle de Gervaise; les
auteurs lui doivent le succès de la pièce.
M. Gil-Naza a fait de Coupeau une splen-
difîe création; il a forcé l'admiration en
dépit de l'horreurqu'il inspire dans la scène
de l'agonie.
M. Delessart mérite une mention pour
la façon dont il joue le rôle de Lantier
M. Dailly est très amusant dans celui de
Mes-Bottes.
Mlle Clémence Schmidt (Mme Gouget) est
très touchante; toutefois, nous pensons que
le jeune talent de cette artiste serait plus
à l'aise dans un rôle plus approprié à son
âge.
« L'Assommoir » fournira une carrière
fructueuse pour le directeur et les auteurs;
la curiosité du public parisien est trop for-
tement alléchée pour qu'il en soit autre-
ment. Mais le vrai public, qui recherche
l'intérêt et l'émotion, pré!èrera à ce drame
une pièce moins naturaliste, mais plus
humaine. Louis BLOCH.
NOUVEAUTÉS
LES DE'X NABABS, vaudeville en trois actes,
de MM. Uippuly.e Raymond et Adolphe Oumas.
Le séjour des étrangers à Paris pendant
l'Exposition et leurs largesses envers le beau
sexe ont inspiré les auteurs des « Deux Na-
babs, seulement l'inspiration n'a pas été
heureuse. Le public ne prend aucun intérêt
à ce steeple -chase à la vertu vénale de
Mme de Saint-Arcade, et, malgré tout le
mouvement qui règne dans ce-] trois actes,
on reste froid et ennuyé, ce qui est le plus
grave défaut à reprocher à une fantaisie
d'aussi haut goût. C'est une erreur que ce
vaudeville, erreur des auteurs d'abord, er-
reur de la direction ensuite, et, par sym-
pathie pour cette dernière, je ne donnerai
aucun détail, estimant qu'il va bientôt re-
venir sur l'affiche une autre pièce, fût-cs
même « Fleur d'Oranger. »
Si la pièce a échoué, c'est bien sa faute,
car elle était jouée par Pradeau, par Bras-
seur, par Mme Céline Montaland, par
Ml'e Silly, et une jolie petite anglaise, (
Mile Kate Munroë, qui enlève gentiment (
une chanson, assez leste, par parenthèse.
A bientôt autre chose, n'est-ce pas, (
M. Brasseur car « errare humanum est,
sed perseverare diàbolicum.» » G. S.-AMÉ. 1
BOUFFES DU NORD ]
a Le Fils de h Nuit » vient d'y obtenir un t
franc succès. Trois artistes s'y sont parti-
culièrement distingués MM. Tétrel et e
Rehoul et Mme d'Embrun. e
Quoique manquant peut-être d'un peu
de chaleur, M. Tétrel a joué le rôle de Ben- g
Leïl avec une grande vérité; M. Reboul a
été très digne et très mesuré dans celui de a
Donato/et Mme d'Eaibrun a été remar- c
quable dans la fameuse scène des «Deux
Mères, w où Mme Ribell lui a fort convena-
blement donné la léplique.
Le public a franchement adopté les
Bouffes du Nord, et MM. Bourdeille et
Stainville voient le succès couronner leurs
courageux efforts.
Cette semaine, représentations fort sui-
vies de « la Voleuse d'Enfants, et la se-
maine prochaine, grand succès en réserve
avec « les Enfers de Paris. »
Arthur VERNEUIL.
CIRQUE D'HIVER
Une pantomime nouvelle, qui aura le suc-
cès de « Cendrillon, est venue ajouter un
nouvel attrait au programme déjà si bien
r.mpli. Imaginez la piste transformée en
un lac où un monde de patineurs se pro-
mène et que sillonnent des traîneaux. Voilà
une pièce de circonstance, ou je ne m'y
connais pas. Elle est montée avec le goût
exquis que vous savez, et le spectacle est
vraiment charmant de cette foule bariolée
glissant en tous sens. Le succès est éminent
et mérité.
Il est soutenu parun ensemble d'exercices
que nous avons signalés déjà, pour la plu-
part, et qu'exécute une troupe sans rivale.
Les soirées sont donc belles au Cirque des
Filles du Calvaire, et la saison se poursuit
avec une vogue méritée. Jean- de LORR.
CIRQUE FERNANDO
J'examinais, l'autre soir, avec soin et en
détail, chacun des numéros du programme
offert par M. Fernando à ses spectateurs, et
j'en ai tiré la persuasion qu'il est impossible
de réunir une troupe plus complète ni mieux
faite pour plaire.
Les petits Chinois commencent le spec-
tacle par un assaut de voltige. Les Fratellini
sont des clowns d'une souplesse et d'une
force remarquables, soit qu'ils fassent des
pyramides humaines, soit qu'ils travaillent
sur des chaises ou sur des échelles. Avec
Aguimoff et Dither, ils font les poses aca-
démiques. C'est un numéro tellement artis-
tique qu'il n'est guère abordé que par des
Italiens. Eux seuls semblent avoir le sen-
timent de la statuaire antique.
Les frères Térésa se font toujours remar-
quer par la hardiesse de leurs exercices sur
la perche. Leur parodie musicale du «Trou-
vère est un succès d'hilarité générale.
Mlle Rosa Ducos varie, chaque soir, ses
scènes à cheval. Ses poses sont toujours en
situation et ses costumes révèlent un goût
exquis. On devine en elle une nature supé-
rieure comme femme et comme artiste. Son
frère, Charles Ducos,,est un jongleur si ha-
bile qu'il fait tourner bien des tètes et de
jolies têtes.
Alberto voltige debout sur un cheval sans
selle avec beaucoup de sûreté. Il est bien
rare de rencontrer un écuyer aussi grand
et aussi bien fait.
Miss Albertina est une gymnasiarque
comme j'en ai peu vu. Elle a des poses à la
LéotarJ, et tout est fini dans ce qu'elle fait.
Quant à miss Lala, elle reste la grande
attraction de la saison, et j'engage fort
ceux qui ne l'ont pas vue à s'empresser de
venir. Elle n'a plus qu'une quinzaine de
jours à rester. Un engagement tissu d'or
l'attend à Londres. GLADIATEUR II.
HIPPODROME DE PARIS
LES BALS ENCHANTEURS
C'est enlevé, c'est signé. M. Zidler a ob-
tenu l'engagement de Johann Strauss, et
l'Hippodrome va donner une série de bals
parés et masqués; le premier bal est fixé
au 1er février. Il appartenait à ce splendide
établissement de nous faire enlendre les
entraînantes valses du grand maestro vien-
nois, qui n'auront jamais eu ainsi l'aide
harmonieuse d'un acoustique sans pareil.
La salle sera décorée avec 1* soin, le goût
et le luxe auxquels la direction nous a ac-
coutumés. Ce sera un spectacle inoubliable
que de voir cinq ou six mille danseurs dans
cette arène éclairée à giorno.
GLADIATEUR II.
ELDORADO
Salle comble tous les soirs-qu'il neige ou
lu'il dégèle-pour applaudir «La-e-ou-u,»
l'amusante Revue de 1878.
Beaucoup de gaîté, et du meilleur aloi,
}ea couplets bien amenés, des mots drôles,
les airs charmants-: tout cela interprété
aar des artistes de talent; tel est le bilan
le cette Revue, montée avec un soin qui
'ait honneur à l'intelligente direction de
'Eldorado
Perrin et Gaillard les deux compères
-méritent les plus grands éloges, ainsi que
Unies Amiati, Bonnaire, Roland. Félici-
:ons également Ducastel, Victorin Armand,
felly, Miles Pazzotti, M. Pacra, Méglas
st Gabrielle, qui complètent un ensemble
ixcellent.
Les costumes sontsuperbes et du meilleur
;oût, et la mise en scène est bien réglée.
Pas de décors la direction estimant-
vec raison, selon nous-que le café-con-
ert n'est pas le théâtre et prouvant tous
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