Titre : Âmes vaillantes
Éditeur : Coeurs vaillants (Paris)
Date d'édition : 1946-10-27
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344144435
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 27 octobre 1946 27 octobre 1946
Description : 1946/10/27 (N21). 1946/10/27 (N21).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t511227838
Source : La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/11/2022
No 21.
LE NUMÉRO : 8 FR.
DIMANCHE 27 OCTOBRE 1946.
AMES
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S A i -
a "
■
VAILLANTES
Ja
hw
-
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RÉDACTION - ADMINISTRATION CŒURS VAILLANTS,
31, rue de Fleurus. — Paris-6 e . — C. C. P. Paris 1223-59.
Gohs
( Suite 6 J
A perte de vue du sable, des rochers, paysage désolé de
Tanerzouf. Le pays de la soif. —
Là-bas, près de l’horizon, serpente le mince cortège d’une'
caravane infiniment petite perdue dans tant d’espace qui
l’entoure. - .
Les hommes qui composent la caravane sont peu nombreux,-. •
une vingtaine, pas plus. Ce sont des guerriers à l’air farouche;
ils vont impassibles sous le soleil brûlant, bercés par le pas
de leurs montures.
Mais, lié par les poignets à une corde attachée au pommeau <
d’une selle, un homme se traîne péniblement derrière les -
chevaux; il porte un uniforme déchiré, l’uniforme d’un— <•’.
officier de spahis.
C’est Bernard Desmarest, un sous-lieutenant de vingt ans.
A l’aube, il avait quitté le fort où il était en garnison, allant
avec un groupe de spahis reconnaître les traces d’une tribu
dissidente signalée dans les parages. Assez loin du fort, le grou
pe tomba dans une en b iscade : les spahis furent tous tués ou
blessés; lui, attaqué par derrière, s’écroula, à demi assommé;
lorsqu’il ‘revint à lui, il se vit seul au milieu des Arabes !...
La caravane continue sa marche. Bien que le soir approche,
la chaleur est forte. Fatigué, ruisselant de sueur, Bernard
marche de plus en plus péniblement ; à plusieurs reprises,
heurtant une pierre, il tombe. Alors, avec un malin plaisir,
son gardien excite le cheval et l’empêche de se relever et le
pauvre garçon est tra né chaque fois sur une distance de
plusieurs mètres, les genoux en sang. Vaillamment, il serre les
lèvres, taisant sa souffrance. A un moment, le guerrier qui
marche en tête arrête sa monture, les autres l’imitent. Pro
fitant de cet instant de répit, Bernard tente d’essuyer du
revers de sa manche 1 a sueur qui coule de son front. Sentant
que quelqu’un l’observe, il lève les yeux ; l’Arabe placé à
côté de lui le regarde intensément,
En tête du groupe, une discussion s’amorce, on dirait qu’ils
hésitent sur le chemin à suivre. Celui qui semble le chef
se retourne et appelle : « Arzim ».
L’homme qui observait Bernard avance et va se placer
près du chef qui lui explique quelque chose à grand renfort
de gestes. Arzim incline la tête, place la main en visière au-
dessus de ses yeux et parcourt l'horizon du regard. Soudain,
s’arrêtant, il désigne un point au loin : le puits est là-bas.
Bernard, qui connaît le dialecte de ces hommes, a compris:
le puits... cela signifie sans doute une halte.
La marche reprend ; au loin on distingue. un point plus
sombre sur l’étendue des sables... l’oasis... Fatigués et dési
reux de la halte, les homme; pressent leur monture.
A présent, l'oasis est toute proche, on distingue les grands
troncs des palmiers qui s’élancent vers le ciel.
Pour y parvenir, le groupe dévale maintenant une pente
rocheuse assez raide ; tiraillé violemment par les secousses
du cheval qui glisse sur les parties abruptes, Bernard, tré
buchant sur un caillou, une fois encore, tombe.
Son gardien se retourne et avec un sourire mauvais
s’apprête, selon son habitude, à exciter son cheval afin d’em
pêcher l’officier de se relever. Mais avant qu’il n’ait achevé
son geste, une main vigoureuse a saisi le cheval par . la
bride et l’arrête. Arzim, devinant l’intention de son voisin,
est intervenu : « Arrête ! Attends qu’il se relève »... L’autre
raille : ,
— Quel soin prends-tu d un chien de Roumi
DÉPÔT O’IMPRIMEUN
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A perte de vue du sable, des rochers, paysage désolé de
Tanerzouf. Le pays de la soif. —
Là-bas, près de l’horizon, serpente le mince cortège d’une'
caravane infiniment petite perdue dans tant d’espace qui
l’entoure. - .
Les hommes qui composent la caravane sont peu nombreux,-. •
une vingtaine, pas plus. Ce sont des guerriers à l’air farouche;
ils vont impassibles sous le soleil brûlant, bercés par le pas
de leurs montures.
Mais, lié par les poignets à une corde attachée au pommeau <
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chevaux; il porte un uniforme déchiré, l’uniforme d’un— <•’.
officier de spahis.
C’est Bernard Desmarest, un sous-lieutenant de vingt ans.
A l’aube, il avait quitté le fort où il était en garnison, allant
avec un groupe de spahis reconnaître les traces d’une tribu
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pe tomba dans une en b iscade : les spahis furent tous tués ou
blessés; lui, attaqué par derrière, s’écroula, à demi assommé;
lorsqu’il ‘revint à lui, il se vit seul au milieu des Arabes !...
La caravane continue sa marche. Bien que le soir approche,
la chaleur est forte. Fatigué, ruisselant de sueur, Bernard
marche de plus en plus péniblement ; à plusieurs reprises,
heurtant une pierre, il tombe. Alors, avec un malin plaisir,
son gardien excite le cheval et l’empêche de se relever et le
pauvre garçon est tra né chaque fois sur une distance de
plusieurs mètres, les genoux en sang. Vaillamment, il serre les
lèvres, taisant sa souffrance. A un moment, le guerrier qui
marche en tête arrête sa monture, les autres l’imitent. Pro
fitant de cet instant de répit, Bernard tente d’essuyer du
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se retourne et appelle : « Arzim ».
L’homme qui observait Bernard avance et va se placer
près du chef qui lui explique quelque chose à grand renfort
de gestes. Arzim incline la tête, place la main en visière au-
dessus de ses yeux et parcourt l'horizon du regard. Soudain,
s’arrêtant, il désigne un point au loin : le puits est là-bas.
Bernard, qui connaît le dialecte de ces hommes, a compris:
le puits... cela signifie sans doute une halte.
La marche reprend ; au loin on distingue. un point plus
sombre sur l’étendue des sables... l’oasis... Fatigués et dési
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A présent, l'oasis est toute proche, on distingue les grands
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Pour y parvenir, le groupe dévale maintenant une pente
rocheuse assez raide ; tiraillé violemment par les secousses
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buchant sur un caillou, une fois encore, tombe.
Son gardien se retourne et avec un sourire mauvais
s’apprête, selon son habitude, à exciter son cheval afin d’em
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son geste, une main vigoureuse a saisi le cheval par . la
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