Les premières informations sur le Japon proviennent des missionnaires jésuites portugais et espagnols, établis sur le sol japonais depuis le milieu du XVIe siècle. Au début du XVIIe siècle, seuls les Hollandais, parmi les Occidentaux, sont admis à résider au Japon et à y faire commerce. Devant le succès de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), Louis XIV tente de nouer les premières relations officielles et commerciales entre la France et le Japon. Il a l’ambition de créer la Compagnie française des Indes orientales, qui ne verra jamais véritablement le jour.

Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que les relations entre les deux pays soient établies de façon officielle. Le gouvernement shôgunal, sclérosé et divisé, met fin sous la contrainte occidentale à sa "politique de fermeture du pays".  En 1858 le traité de paix, d’amitié et de commerce conclu entre la France et le Japon marque le début des relations diplomatiques entre les deux pays. Après la restauration impériale qui inaugure l’ère Meiji (1868), les gouvernements japonais cherchent ardemment à renégocier les "traités inégaux" conclus avec les pays occidentaux par le shôgunat. Ils y parviennent à la fin du XIXe siècle, après la promulgation d’une constitution et de codes acceptables par les pays occidentaux.

Une politique volontariste et pragmatique de coopération technique, scientifique et juridique s’ensuit. En 1905, avec la victoire sur la Russie, la supériorité militaire du Japon, équipé et formé à grands frais auprès des nations européennes, frappe l’Occident. Une nouvelle image du Japon se fait jour, considéré à l’égal des grandes puissances occidentales dans le jeu des multiples alliances qui précèdent la première guerre mondiale, et dans le partage colonial de l’Asie.