La première trace de contact entre la France et le Brésil semble avoir été fournie par l’armateur normand Paulmier de Gonneville en 1504, soit quatre ans seulement après que le Portugais Pedro Álvares Cabral eut accosté sur le littoral bahianais. Français et Portugais étaient alors rivaux, les Français contestant la politique du mare clausum et refusant aux Ibériques l'hégémonie que leur avait accordé le traité de Tordesillas en 1494.

Les tentatives d’implantation française en Amérique, à Rio de Janeiro, à São Luis do Maranhão et en Guyane se traduisent par des conflits territoriaux. Sur ces terres nouvellement découvertes, une « logique coloniale » se dessine dès lors que se conjuguent l’appât des richesses, l’ambition et l’incompréhension entre groupes indigènes et européens.

Les changements survenus dans le Vieux Monde au XVIIIe siècle et dans le courant du XIXe siècle se répercutèrent dans la sphère atlantique. Avec la diffusion des principes des Lumières, puis la révolution française, la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique et celle d’Haïti, les rapports coloniaux entrèrent dans un processus de délitement et de déstructuration. Entre 1807 et 1811, l’invasion du Portugal par les troupes napoléoniennes força la monarchie à se réfugier au Brésil. Les idées neuves sur la légitimité du pouvoir finirent par induire une crise du système colonial et le Brésil accéda à son indépendance en 1822.

Explorateurs : la France Antarctique et la France Equinoxiale

C'est dans un contexte conflictuel et sous le patronage de l'amiral de Coligny que Nicolas Durand de Villegagnon, chevalier de Malte et disciple de Calvin établit le 10 novembre 1555, sur un îlot de la baie de Guanabara, une colonie qu'il baptise « France Antarctique ». L’année suivante, en hommage à Henri II qui avait mis trois voiliers à la disposition de l'expédition, est posée la première pierre de la future capitale : Henryville. Minée par les épidémies et les querelles qui opposent catholiques et calvinistes, la petite colonie succombe rapidement aux assauts des Portugais, qui obtiendront en 1560 la reddition du Fort-Coligny.

En 1612, Daniel de la Touche, seigneur de La Ravardière, nommé en 1604 par Henri IV vice-amiral du Brésil fonde Saint-Louis, éphémère capitale d'une « France Équinoxiale ». Les moyens de consolider leur installation font défaut aux Français, qui abandonnent le terrain dès 1615. Le nom de l'actuelle São Luís, dans de l'État du Maranhão, évoque le souvenir de cette brève occupation française.

Témoignages de missionnaires capucins

Au XVIIe siècle, des frères capucins qui accompagnent La Ravardière dans son expédition livrent un témoignage précieux de leur approche des Tupinambas.

C’est d’abord Claude d'Abbeville qui s'intéresse à la riche cosmographie de ces Indiens et publie en 1614 l'Histoire de la mission des Pères Capucins en l'Isle de Maragnan et terres circonvoisines. En 1615, le père Yves d’Evreux prend la défense des peuples autochtones et dénonce leur massacre dans le Voyage dans le Nord du Brésil, fait durant les années 1613 et 1614.

Cayenne et Guyane

Le litige territorial séculaire qui constitue le cœur historique de la relation Brésil-Guyane française remonte aux premiers temps de la colonisation des Amériques.

La dénomination générique « Guyanes » et ses problèmes de frontières ne se limitèrent d’ailleurs pas aux relations entre la France et le Portugal. Le territoire s’étendant entre les fleuves Orénoque et Amazone fut disputé par les cinq principales nations ultramarines de l’Europe, l’Angleterre, l’Espagne et la Hollande étant les « détentrices » du reste de ce partage. A ces « prétendants » il convient d’ajouter ces peuples maintenus en dehors du « pacte » européen : les indigènes, habitants d’origine, et plus tard les populations d’esclaves africains.

Au long de plus de deux siècles, des traités successifs de frontières furent signés et la résolution finale des litiges, en 1900, entre le Brésil et la France fut obtenue grâce à l’arbitrage de la Suisse. Les deux pays partagent aujourd'hui, une frontière commune longue de 730 km.

Marins et corsaires

Après l’échec de leurs ultimes tentatives de colonisation les Français continuent pourtant à commercer avec les peuples indigènes de la côte, chargeant leurs navires de « bois brésil » et entretenant malgré tout e rêve d'une nouvelle implantation.

En 1710 et 1711, les expéditions commandées par le capitaine Duclerc, puis le corsaire Duguay-Trouin, sont surtout motivées par l'attrait puissant des pierres précieuses et de l'or découverts dans la province de Minas Gerais.