Informations détaillées

Titre : 
Evangelia quattuor [Evangiles dits de Chartres] (1r-178r). — Capitulare evangeliorum (178v-188v).

Date d'édition : 
0850-0899

Type : 
manuscrit

Langue : 
latin

Format : 
Ouest de la France (Bretagne / Loire?). - Minuscule caroline de gros module et d'aspect rond; plusieurs mains ; séparation des mots par blocs aérés ; peu d'abréviations, ponctuation minimale, mais présence du point d'interrogation. - Cycle iconographique exégétique distribué en tête des Evangiles (voir Mandragore ; Alexander, 1985, p. 269-273 ; Alexander – Wormald, 1977, 11 ; Davezac, 1978): Agneau divin tenant la croix (13v) ; Symbole de saint Matthieu (14r) ; Annonciation (14v) ; Nativité (64r) ; Symbole de saint Marc (64v; croquis à la plume d'une autre main, 67v) ; Saint Pierre recevant les clefs et saint Paul la loi (96r) ; Symbole de saint Jean (146r) ; Décollation de saint Jean-Baptiste (146v) ; Hérodiade recevant la tête de saint Jean-Baptiste et Funérailles de saint Jean-Baptiste (147r). — Table des Canons (4v-9vb). — Grandes initiales devant chaque Evangile (f. 17v, 68r, 100r, 147v) ; lettres ornées (f. 1r, 2r). - Parch. - 189 f. à longues lignes. - 270 x 230 mm (just. 190 x 150 mm). - Reliure de maroquin violet à grain long à encadrement aux armes et chiffre de Louis-Philippe, datable vers 1830; avec titre au dos: «IV. EVANGELIA.» (cf. Paris, Bnf, latin 8907; Hermal et de Roton, pl. 2577 n° 7). - Estampille de la Bibliothèque nationale (1792-1802), modèle identique à Josserand-Bruno, p. 277, n° 17

Description : 
Appartient à l'ensemble documentaire : RegiaCarol

Description : 
Le contenu textuel du ms. offre deux particularités notables, hormis la seconde préface sur Jean, qui font figure d'anachronismes: a) les Evangiles s’ouvrent sur un accessus typique de l’exégèse irlandaise des VIIe-VIIIe s. (f. 1) ; b) suite aux tables des Canons, il contient les vers d’un poète irlandais du VIIe s. (12v-13r). Ces deux pièces, ainsi que le type de préface sur Luc, mettent ce ms. en relation avec les productions insulaires qui circulaient en Allemagne (Echternach) et dans le nord est de la France, comme les évangiles dits de Maihingen (Augsburg, Universitätsbibliothek I 2 4° 2, qui présente le poème au f. 1), en provenance d’Echternach, mais peut-être originaire de Northumbrie (voir Ó Cróinín, 1989, p. 192 et 198 ; Netzer, 1994, p. 61 et 1989, p. 206-207) ; ou encore l'Evangéliaire de Sainte-Croix de Poitiers, copié en onciale, peut-être à Corbie au IXe s. mais arrivé à l’abbaye Sainte-Croix au XIe s. (Poitiers bibliothèque municipale ms. 17 (165), dont le poème se trouve au f. 26 après les Canons).Evangelia quattuor. Texte de la Vulgate, avec prologues, préfaces et sommaires ; en marge des Évangiles, numérotation des chapitres des sommaires à l'encre rouge et indication des concordances évangéliques à l'encre brune et rouge (renvois aux Canons d'Eusèbe, voir Nestle-Aland p. 36*). f. 1r-v. Anon. [pseudo-Hieronymus], Expositio quatuor evangeliorum. De brevi proverbio edita [commentaire pré-carolingien aux quatre évangiles, probablement d’origine irlandaise (voir Bischoff, 1976, éd. McNamara, p. 80 n. 28-30 et Catalogue, p. 108-110, n° 11A) ; transmis sous les noms de Jérôme ou de Grégoire, dans au moins 3 recensions par une quarantaine de manuscrits; la fin manque] : « In nomine Dei summi incipiunt interpretationes quattuor evangeliis secundum Mattheum. Primum querendum est omnium librorum tempus, locum, persona. Et quare non duodecim evangelia recipiuntur (…) Marcus: donum excelsum [… » (cf. éd. PL 30, 531 sqq. et PL 114, 861-888 ; cf. Stegmüller, I, n° 597 ; III, n° 3424-3427 ; V n° 8327 et Suppl. 9.1, 1977, p. 125 n° 3424-3427). f. 2r-3v. HIERONYMUS, Epistula ad Damasum [lettre de Jérôme au pape Damase] : « Beatissimo papae Damaso Hieronimus. Novum opus me facere cogis (…) vel vicina dixerunt. [4r] Opto ut in Christo valeas et memineris mei papa beatissime » (Stegmüller, I, n° 595 ; éd. Vgww, p. 1-4). f. 4r. Monitum anonymum [lettre du Pseudo-Jérôme au pape Damase] : « Hieronimus Damasso papae » [ajouté en marge]. « Sciendum etiam nequis ignarum (…) contra id conpara … [la fin a été effacée]. Opto ut in Christo valeas et memineris mei beatissime papa » (Stegmüller, I, n° 601, prol. Mat. ; éd. Vgww, p. 5). f. 4v-9vb. Canones Eusebii [Canons d'Eusèbe en 11 tables; les 3 dernières ont subi un traitement différent des précédentes, sur un modèle insulaire; éd. Vgww, p. 7-10]. f. 9vc-11v. Prologus ex commentario Hieronymi in Matth. [prologue tiré du commentaire sur Matthieu de Jérôme] : « Incipit praefatio eiusdem. Plures fuisse qui euangelia scripserunt (…) vivis canendis» (Stegmüller, I, n° 596 et VIII, n° 573,1 ; éd. Vgww, p. 11-14). f. 11v-12r. EUSEBIUS, Epistula ad Carpianum [lettre d'Eusèbe à Carpien] : « Eusebii Carpiano tratri in Domino salutem. Ammonius quidam Alexandrinus (…) similia dixisse repperies » (Stegmüller, I, n° 581, prol. Mat. ; éd. Vgww, p. 6-7). f. 12v-13r. AILERANUS Sapiens, Kanon evangeliorum [vers rythmiques sur les Canons d'Eusèbe, anciennement attribué à Alcuin, son auteur est en réalité le savant poète Ailerán de Clonard († c. 665), voir Kenney, 1968, p. 280 n° 107 ii; ces vers se trouvent aussi sur le Paris, Bnf, lat. 258; sans titre] : « I. Quam in primo spetiosa quadriga: homo, leo, uitulus et aquila (…) invenies verba Dei bis et septuagies. Explicit » (éd. PL 101, 729; De Bruyne, 1920, p. 185 n° 28; Berger, 1904 n° 219 ; WIC n°15143; ICL n° 12890 ; Stegmüller, I, n° 843 ; Lapidge – Sharpe, 1985, n° B300; Sharpe, 1997, p. 31 n° 71 ; CPL n° 1121; CSLM, auct. Gall. II, p. 107; voir aussi De Bruyne, 1912 ; Howlett, 1996 et 1997 ; Mac Lean, 2003). f. 13v-14v. Dessins pleine page: Agneau divin tenant la croix (13v) ; Symbole de saint Matthieu (14r) ; Annonciation (14v). f. 15r-v. Praefatio Matthei (prologus monarchianus) [préface sur Matthieu] : « Incipit prologus secundum Mattheum » [ajouté en marge sup.:] « Incipit argumentum ». « Mattheus qui ex Iudea sicut in ordine (…) quaerentibus non tacere. Explicit prologus » [et en marge:] « vel argumentum » ; [ajouté en marge:] « Explicit argumentum » (Stegmüller, I, n° 590 ; éd. Vgww, p. 15-17). f. 15v-17r. Capitula in evangelium secundum Mattheum I-XXVIII [sommaire de l'Evangile selon Matthieu] : « Incipiunt capitula Matthei. I. Nativitas Christi magicum (…) et doctrina eius de baptismo. Expliciunt capitula » (De Bruyne, 1914, p. 270-280, type B). f. 17v-63v. Evangelium secundum Mattheum [Evangile selon saint Matthieu; sans incipit] : « Liber generationis Iesu Christi filii David (…) usque ad consummationem saeculi. Explicit evangelium secundum Mattheum ». f. 64r-v, 67v. Dessins pleine page: Nativité (64r), voir Riché et Alexandre-Bidon, 1994, p. 194-195 ; Symbole de saint Marc (64v; croquis à la plume d'une autre main, 67v). f. 65r-v. Praefatio Marci (prologus monarchianus) [préface sur Marc] : « Incipit argumentum sancti evangelii secundum Marcum. Marcus evangelista Dei et Petri (…) praestat, Deus est. Explicit argumentum evangelii secundum Marucm » (Stegmüller, I, n° 607 ; éd. Vgww, p. 171-173). f. 66r-67v. Capitula in evangelium secundum Marcum I-XIII [sommaire de l'Evangile selon Marc] : « Incipit breviarum parabolarum. I. De Iohanne baptista (…) et ascensio eius in caelis. Expliciunt capitula. Amen » (De Bruyne, 1914, p. 282-286, type A). f. 67v-95v. Evangelium secundum Marcum [Evangile selon saint Marc] : « In nomine Dei summi incipit evangelium secundum Marcum. [68r] Initium evangelii Iesu Christi (…) confirmante sequentibus signis. Explicit evangelium secundum Marcum ». f. 96r. Dessin pleine page: Saint Pierre recevant les clefs et saint Paul la loi (96r); f. 96v vacant. f. 97r-98r. Praefatio Lucae (prologus monarchianus) [préface sur Luc] : « Incipit praefatio secundum Lucam. Lucas Syrus Anthiocensis (…) quam fastidientibus prodesse. Explicit praefatio » (Stegmüller, I, n° 620 ; éd. Vgww, p. 269-271). f. 98r-99v. Capitula in evangelium secundum Lucam I-XV [sommaire de l'Evangile selon Luc] : « Incipiunt capitula. I. Obmutuit et postea quam Elisabeth (…) et resurrectio eius et reliqua. Expliciunt capitula » (De Bruyne, 1914, p. 288-300, type B, famille μ). f. 100r-143v. Evangelium secundum Lucam [Evangile selon saint Luc] : « Incipit evangelium secundum Lucam. Quoniam quidem multi conati sunt (…) et benedicentes Deum. Amen. Explicit evangelium secundum Lucam ». f. 144r-v. Praefatio Iohannis I (prologus monarchianus) [première préface sur Jean] : « Incipit praefatio prima secundum Iohannum. Hic est Iohannes evangelista (…) et Deo magisterii doctrina servetur. Explicit praefatio prima » (Stegmüller, I, n° 624 ; éd. Vgww, p. 485-487). f. 144v-145r. Praefatio Iohannis II (Hieronymus, De viris illustribus) [seconde préface sur Jean] : « Incipit secunda. Iohannes apostolus quem Iesus amavit (…) iuxta eandem urbem sepultus est. Explicit praefatio secunda » (Stegmüller, I, n° 627 ; éd. Vgww, p. 488-489). f. 145r-v. Capitula in evangelium secundum Iohannem I-XIIII [sommaire de l'Evangile selon Jean; le module de l'écriture est plus petit] : « Incipit breviarum. I. Pharisaeorum levitae (…) et resurrectio eius. Expliciunt capitula in Iohanne » (De Bruyne, 1914, p. 302-310, type B). f. 146r-147r. Dessins pleine page: Symbole de saint Jean (146r) ; Décollation de saint Jean-Baptiste (146v) ; Hérodiade recevant la tête de saint Jean-Baptiste et Funérailles de saint Jean-Baptiste (147r). f. 147v-178r. Evangelium secundum Iohannem [Evangile selon saint Jean; sans incipit] : « In principio erat verbum (…) eos qui scribendi sunt libros. Explicit evangelium secundum Iohannem ». f. 178v-187r. Capitulare evangeliorum [capitulaire, liste des péricopes évangéliques] : « Incipit capitulare evangeliorum de circulo anni. In natale Domini ad sanctam Mariam (…) a peccatis eorum » ; f. 187r-188v. Capitula necessaria [seconde liste de péricope évangéliques] : « De diversis causis. [187v] Pro ubertate pluviae (…) ecce qui tollit peccata » (voir Klauser, 1972, type Σ, voir p. LXI n° 298 et p. 99 = I). f. 189r. Essais de plume de différentes mains du IXe s. [le verso est resté blanc ; les transcriptions sont données ici selon la chronologie des écritures]: « Christi ex hoc signo cum (?) ambula (?) cuncta retexit / ore ex puttum (?) precor exiguum squalorum sorde volutum / qui in uirtute crucis mundum de morte redemit / Tacara disrupit claustrum celestia pandit » (quatre vers composés à partir d'extraits de l'Epitaphium, attribué à Dungal Scotus, cf. CSLM, auct. Gall. II, p. 322-323 DUNG 8; similaire aux vers se trouvant dans le Paris, Bnf, NAL 1618, f. 91v, édités par Delisle, 1888, p. 87). Suivent deux lignes peu lisibles dans une écriture assez déformée: « arupita (?) a . . . celestia qua / ditexpicatum pre . . . cor (?)» (peut-être de la même main que les vers précédents). Autre main: « Longeus miles et restetit sanguis » / « voli » Autre main: « benedictus deus amen benedicamus domino deo gracias» / « b bernerius » Autre main: « Audax es iue (?) » / « Christi vox » / . . . / « pax vobis ».

Description : 
La datation retenue est celle proposée par Rand (1927, p. 73 n° 49 et 1929, I, p. 168-169 n° 143), suivie par Porcher (Exp. Paris, 1954, n° 39) qui le place dans la seconde moitié de ce siècle, tandis que Delisle l'attribuait au Xe s. (cf. Nordenfalk, 1964, p. 49). Quoi qu'il en soit, cette fourchette chronologique est confirmée par le type nettement carolingien de l'épée représentée au f. 146v, qui s'apparente aux productions des IXe et Xe s. décrites par Petersen (J. Petersen, De Norske Vikingesverd, Oslo, 1919), prouvant par la même occassion que, si le cycle avait un modèle plus ancien, il aura été rajeuni. La copie a peut-être été réalisée dans un centre de la vallée de la Loire (peut-être Chartres, d'après Porcher; Meaux selon Rand?) ou en Bretagne, sous influences insulaire et continentale (notamment tourangelle), mais nous ne savons rien de sûr concernant son origine. Les particularités du contenu pointées ci-dessous, ont été héritées d'un modèle irlandais qui pourraient renvoyer autant à un scriptorium breton en contact direct avec l'Irlande, qu'à un centre continental ayant eu des contacts avec les Scotti.Il fait partie du lot des 13 ms. repérés par Dom Poirier dans la bibliothèque du chapitre de la cathédrale de Chartres, cf. ex-libris du XVIIIe s. « Ex bibliotheca capituli Carnotensis » (1). Envoyé à Paris, il entre à la Bibliothèque nationale le 30 fructidor an IV, soit le 16 septembre 1796 (cf. Paris, BnF., département des Manuscrits, Archives Modernes 494 et Notes de D. Poirier sur sa mission à Chartres, Paris, BnF, fr. 20842; Delisle, Cab. des mss., II, 12).

Droits : 
domaine public

Identifiant : 
ark:/12148/btv1b8423840t

Source : 
Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Latin 9386

Provenance : 
Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 
13/06/2011


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