All Gallica |
Books |
Manuscripts |
Maps |
Images |
Periodicals |
Sound recordings |
Scores |


Titre : Sacramentarium. [Sacramentaire dit de Drogon]
Date d'édition : 845-855
Type : manuscrit
Langue : Latin
Format : Metz. - Minuscule caroline (proche de l’écriture de Reims): pas de ligatures, très peu d’abréviations, boucles des g ouvertes ; une seule main pour l’ensemble du texte à l’encre brune (avec un changement d’encre au f. 107r, encre noire) ; ajouts avant et après de plusieurs mains (voir contenu infra) ; un correcteur est intervenu en marge ou dans le texte suite à des grattages ; une troisième main est intervenu au f. 17r et a ajouté des « memento » (f. 20r et 21r). Titres en capitales mêlées d’onciales chrysographes ; on remarque en de nombreux endroits (par ex. f. 46r, 51r, 58r etc.) les lettres tracées à la sanguine qui ont servi de guide pour le lettrage d’or, quand le copiste a décalé son texte (f. 46r). Au f. 59v, le mot « praefatio » n’a pas été repassé. Le traçage préalable s’observe aussi très souvent dans les petites initiales chrysographes. Un signe de croix à l’encre rouge ou or a été tracé dans le texte ou en interligne. - Le décor de ce "chef d'oeuvre de l'enluminure messine" est constitué d'une quarantaine d'initiales historiées, dont les dimensions variables dénotent de la hiérarchie dans le texte; la palette de couleur réduite à quatre teintes principales (bleu ciel, vert amande, rouge et camaïeu de violet) donne une douce unité et une élégance à l’ensemble du volume. Le peintre, formé à l’école de Reims possède un style nerveux et affirmé qui n’est pas sans rappeler les illustrations du Psautier d’Utrecht; on lui doit aussi les miniatures du Paris, Bnf. 9388 (Evangiles dits de Drogon). Toutefois le classicisme à la mode tourangelle transparaît dans quelques cadres architecturaux imités des tables de concordance d’Eusèbe qui précèdent les Evangiles (colonnes surmontées d’un linteau ou fronton, voir f. 10r, 14r, 51v et 59r) Une seule illustration (f. 15r), hors initiale, a été insérée dans le texte du « sanctus » en onciales chrysographes, au centre d’un cadre pleine page; elle représente un séraphin aux six ailes déployées dont le visage humain surmonté d’une tête d’aigle et encadré, à gauche par celle du lion et à droite par celle d’un bœuf correspond précisément à la description donné par Ezech.1, 10 (cf. Is. 6, 3 et Apoc. 4, 8).Grandes initiales historiées (f. 11v, 14v, 15v, 16r, 24v, 27r, 32v, 34v, 38r, 46v, 51v, 58r, 71v, 78r, 83r, 84r, 86r, 87v, 89r, 91r, 98v); moyennes et petites initiales historiées (f.22v, 23v, 29r, 31r, 41r, 43r, 43v, 44v, 48v, 54r, 56r, 57r, 61v, 62r, 63r, 63v, 64v, 65v, 66r) ; grandes initiales décorées (f. 20v, 59v, 90r, 92v) ; petites initiales ornées avec rehauts de couleurs (plus d’une centaine) et petites initiales chrysographes (passim). On ne rencontre plus aucune initiale historiée après le f. 98v.Le cycle iconographique est constitué de scènes de l’ancien et du nouveau testament, ainsi que de scènes hagiographiques (ex. f. 86r, martyre de st. Pierre et st. Paul ; f. 89r, martyre de St. Laurent sur le grill ; f. 91 miracle de st. Arnulfe) et liturgiques (ex. f. f. 46 bénédiction du st. Chrème, f. 51v, bénédiction des fonds baptismaux ; f. 14v, 15v, 87v, eucharistie). Ce type de décoration qui préfigure la lettrine romane se rencontre déjà à Corbie (cf. le psautier, Amiens, BM, 18) et à St-Médard de Soissons (voir Paris, BnF, lat. 8850, par ex. f. 124). - Parch. - I-III + 130 + IV-VI f. à longues lignes. - 265 x 210 mm (just. 170 x 135/140 mm). - Reliure de velours vert sur ais de bois, avec 18 plaques en ivoire d'éléphant insérées dans les plats (cf. Goupil et Laffitte, Reliures précieuses, pl. 3 et 4). Ces plaques, contemporaines du manuscrit, représentent des scènes évangéliques et liturgiques. A l'origine, ces plaques étaient enchâssées dans un large bord d’or et de pierreries qui est mentionné dans l’inventaire du 20 novembre 1567 des livres et objets prêtés le 6 novembre au cardinal Charles de Lorraine et mis en gage pour financer le grand emprunt de 30 000 écus destiné à la guerre contre les Huguenots ( « ung livre des bénédictions episcopalles encor a large bourd dor et pierreries, le millieu d’yvoir taille »; Pelt, n°579). Au cours des nombreux remaniements qu’a subi la reliure du manuscrit, ce bord d'or et de pierreries a disparu et certaines plaques d’ivoire ont été remontées dans un ordre différent de l’ordre initial. - Estampille de la Bibliothèque nationale (1792-1802), modèle identique à Josserand-Bruno, p. 277, n° 17
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/btv1b60000332
Source : Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Latin 9428
Description : Ce liber sacramentorum comprend quatre sections : le canon de la messe ; les fêtes principales (temporal et sanctoral) ; Commun des saints et messes votives; listes des évêques de Metz. Les messes suivent le modèle ; oratio, secreta, praefatio, ad complendum (après la communion). Le texte suit en général la version grégorienne, mais comprend quelques additions gallicanes et ambrosiennes. Ajouts postérieurs aux f. 1r-v, 21, 128v-130r ; ms. inachevé: f. 2 et 13 vierges, registre supérieur du f. 119r laissé blanc ; aucune signature de cahiers conservée; voir Leroquais, I, 1924, p. 16-18.f. 1r-v. Ajout au texte primitif, oraison pour la Toussaint (f. 1r) et pour la saint Césaire (f. 1v): « Kal. novembris festivitas omnium sanctorum… »f. 2r-v. vacantf. 3r-12v. Oraisons pour les ordinations: « incipit ordo de sacris ordinibus benedicendis … »; f. 9v. « oratio ad ordinandos episcopos… »;f. 14r. Préfaces communes (dialogue initial en capitales chrysographes)Canon de la messe:f. 14v. « Sanctus » et « Benedictus » (onciales et capitales chrysographes)f. 15v-17r. Canon de la messe : « te igitur …cum famulo tuo papa nostro ill. » ; f. 17r (et ajouts autre main, faisant suite à « ill. »): « et rege nostro… ». f. 17r. « Memento (etiam, add. al. man.) Domine famulorum famularumque tuarum… » et ajout de l’autre main : « eorum quoque qui nostri memoriam… »; f. 20. « Commemoratio defunctorum… » (onciales chrysographe) ; (avec ajout d’une autre main) d’un memento : « memento mei queso Domine …accendantur per Christum. Memento etiam famulorum famularumque … » (cf. f. 17r).Temps de la communion:f. 20v-21r. « Pater noster … »; f. 21: ajout postérieur des noms Etienne et Arnoul en regard du Libera nos.f. 21v. Fêtes du temporal et sanctoral ; messes pourvues des préfaces et des bénédictions épiscopales : « VIIII kal. ian. idest die XXIIII mensis decembris in vigilia Domini … » ; f. 27r. « in die ad missam …(f. 27v) Beati Stephani… » ; f. 32v. « in octabas Domini ad sanctam Mariam… » ; f. 38r. « IIII nonas februarii, die II mensis … » (oraison pour la messe de la Purification, éd. Delisle, Cab. mss., III, p. 262) ; f. 42v. « oratio in acceptatione palmarum ante processionem dicenda … » 43v. « die dominica in ramis palmarum… » ; f. 57v. « in die Pasche Domini… » ; f. 68v. « in letania maiore. kal. maii. nat. apost. Philippi et Iacobi… » ; 77v. « in die
Description : Ce ms. témoigne du mécénat de Drogon (évêque de Metz, 823-855). En tant que livre cultuel, le sacramentaire est destiné spécifiquement au célébrant; or, dans la mesure où n’ont été enregistrées ici que les fêtes et les messes où l’évêque intervient et que le nom de Drogon a clôturé la liste des évêques de la fin (originalement, avant les trois noms ajoutés), ce manuscrit semble bien avoir été exécuté pour lui, en même temps qu'il suit l'usage messin. Les lacunes (cf. infra) suggèrent que la mort inopinée de Drogon a mis un terme à l'exécution du ms. dont la révision finale n'a pu être effectuée. Depuis le milieu du IXe s. jusqu'à la Révolution, il est demeuré dans le Trésor de la cathédrale de Metz, comme en témoignent les inventaires successifs (Pelt). Au moment de la Révolution, il est déposé dans la bibliothèque de l’école centrale de la ville. Ensuite, sur ordre du ministère de l'intérieur, il est envoyé par Dom Jean-Baptiste Maugérard, ancien bibliothécaire de la cathédrale et commissaire du gouvernement, en compagnie de 15 autres ms. à Paris, où il est réceptionné le 17 novembre 1802 (cf. le ms. latin 17173, f. 271v; Delisle, Cab. des mss., II, 14).
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 09/10/2009