Informations détaillées

Titre : 
Chansonnier cordiforme de Montchenu. RECUEIL de Chansons italiennes et françaises.

Date d'édition : 
1470-1480

Sujet : 
Belles-lettres — Poésie — Chansons et Cantiques — Chansons depuis le XVème siècle jusqu'à nos jours

Sujet : 
Chédeau. volumes lui ayant appartenu

Sujet : 
La Chesnaye (Nicole de). citée

Sujet : 
Pichon (Le baron Jérôme). volumes lui ayant appartenu

Sujet : 
Pucci, chevalier de Malte. manuscrit lui ayant appartenu

Type : 
manuscrit

Langue : 
Français

Format : 
Savoie

Format : 
2 peintures : la première, au frontispice, représente, au-dessus de Fortune sur sa roue, Cupidon décochant une flèche qui vient transpercer le sein d’une dame au milieu d’un paysage boisé et montagneux. Vêtue à la mode bourguignonne des années 1470, celle-ci porte une robe noire passée par-dessus une jupe rouge brodée d’or et un hennin pointu, également noir et brodé d’or ; la seconde, qui orne le f. 3v, figure, cette fois à l’intérieur d’une pièce, la même dame portant une tenue vestimentaire semblable au bras d’un jeune homme richement vêtu d’une pelisse rouge. Bordures végétales où se nichent une faune naturaliste variée et diverses créatures fantastiques. Ce décor est l'oeuvre d'un enlumineur anonyme de culture française, où l'on décèle cependant quelques traits savoyards (traitement montagneux des paysages, palette froide)

Format : 
Parchemin. - 72 ff. - 22 x 16 cm. - Reliure velours rouge, tranches dorées

Description : 
Chansons manuscrites italiennes et françaises notées (XV e siècle)

Description : 
Claudin, musicien. Chanson (1530), citée

Description : 
Molinet (Jehan). Chanson

Description : 
Cet étonnant volume se distingue par sa sa forme : un cœur en position fermée, deux cœurs accolés en position ouverte, une forme rarissime dont nous ne connaissons pas d’autre témoignages matériels, à l’exception d’un livre d’heures à l’usage d’Amiens (Paris, BnF latin 10536), du XVe siècle, et de deux recueils poétiques italiens du XVIe siècle à Pesaro (Biblioteca Oliveriana, ms. 1144 et 1145). Ce manuscrit renferme une remarquable sélection de 43 chansons amoureuses issues des répertoires français et italien, les unes signées par de grands compositeurs de l’époque, tels Dufay, Ockeghem, Busnois, Binchois, van Ghizeghem, les autres anonymes. A l’image de la Savoie, véritable creuset d’influences nordiques et méridionales de par sa position charnière entre la France et l’Italie, le contenu du chansonnier se répartit entre 13 chansons italiennes, placées en tête, et 30 chansons françaises. La qualité et la diversité des pièces, qui offrent un échantillonnage équilibré et représentatif de la production musicale de l’époque, et la présence de chansons parodiques, un genre très en vogue dans les années 1460-1470, font de ce chansonnier un recueil unique. Les notes suivantes sont extraites du catalogue Rothschild: Ce curieux volume se compose de 3 f. oocupés par la table ; de 1 f. occupé au r° par le frontispice et au v° par le début de la première pièce ; de 64 f. anciennement chiffrés et de 4 f. blancs. Le frontispice, divisé en plusieurs compartiments, représente la Fortune au-dessus de laquelle est la planète Vénus. Au centre est une dame coiffée d'un hennin noir à long voile blanc, vêtue d'une robe noire, qui laisse passer une longue jupe noire brochée d'or. Sur le côté droit est un petit personnage entouré de rinceaux. En bas se voient des armes écartelées : Aux 1 er et 4 e de gueules, à la bande d'argent, chargée d'une aigle impériale ; aux 2 e et 3 e d'or à trois pals d'azur. L'écu, de forme italienne, est timbré d'un chapeau ecclésiastique ; il appartenait sans doute à quelque élégant protonotaire. La reproduction ici est de la dimension de l'original : Le volume contient 47 pièces notées à trois parties : 15 chansons italiennes et 32 chansons françaises. Les incorrections du texte italien permettent de penser que la transcription des paroles et de la musique est l'œuvre d'un artiste flamand ou français, attaché à quelque cour d'Italie. Voici la table alphabétique des pièces : Chansons italiennes. 1° (fol. 9 v°). Ay ! lasso me dolento [ sic ] De yo finire [ sic ] Per ben servire He lealment amare... Cette pièce se retrouve, avec une mélodie de Michele Pesenti. de Vérone, dans les Frottole, libro quinto (Venetiis, per Octavianium Petrutium, die xxiij. dec. 1505, in-4 obl.), fol. 3. Voy. Eitner, Bibliographie der Musik Sammelwerke, p. 778. 2° (fol. 14 v°). Amor con l'arco tesso del core Me assera che rumpere non se po... 3° (fol. 1 v°). Ben lo sa Dio Se sum verginea pura [ sic ]... 4° (fol. 5 v°). [C] hiara fontana de' belli costumi Dentro la quale se vede ogni vertù... 5° (fol. 2 v°). Dona gentile he belle [ sic ] come l'oro, Che supra le altri porti corona... 6° (fol. 13 v°) Finir voglo [ sic ] la vita mia Con pianti he dolori, Da poi ch'el mio segnore m'a tradita... 7° (fol. 10 v°). La gratia de voe, donzela honesta, Gentil, guarida Mi face membrare de chela [ sic ]... 8° (fol. 12 v°). Mort et mercy gentile A quela altera ch'el tempo passa... 9° (fol. 18 v°). Nostra fortuna se demonstra Como a ceco che non vede... 10° (fol. 17 v°). O meschin' enamorati, Io me meto ja [ sic ] con uni... 11° (fol. 15 v°). O pelegrina, o luce, O chiara stella... 12° (fol. d v°-1). (H) ora cridar oymè posso o ben Et consumare in pianti ly ochi mey [ sic ]... 13° (fol. 8 v°). O rosa bella, o dolce anima mea, Non me lassar [ sic ] morir... 14° (fol. 11 v°). Per la mya cara, o dolce amore, Tu sey pyù bella dona a ce che dir non say... 15° (fol. 3 v°) Zentil madona de non me babandonare, O preciosa gemma, o flor de margarita... Cette pièce est accompagnée d'une seconde miniature, où l'on retrouve la dame au hennin noir qui écoute son amant. Chansons françaises : 1° (fol. 52 v°). A Dieu vous dis, l'espoir de ma jonesse ; A Dieu, a Dieu, le tresor de liesse... 2° (fol. 29 v°). Cent mille escus quant je vouldroye Et paradis quant je morroye... Eustorg de Beaulieu a transformé cette chanson en cantique spirituel : Cent mille escus en la corroye... (Chrestienne Resjouissance, 1546.) 3° (fol. 38 v°). Comme femme desconfortee Sur toutes aultres esgaree... Cette pièce se retrouve, avec la musique, dans un ms. de la Bibliothèque nationale (franç. 1597, art. 30). Elle figure, avec une mélodie d'Agricola (la même sans doute), dans des recueils datés de 1503 et de 1536 (voy. Eitner, Bibliographie der Musik-Sammelwerke des XVI. und XVII. Jahrhunderts, p. 36). Le premier vers est cité dans la Balade faicte de plusieurs chansons (Jardin de plaisance, éd. Olivier Arnoullet, fol. lv c). 4° (fol. 19 v°). Comme ung homme desconforté Qui de long temps a transporté..., 5° (fol. 56 v°). De mon pouoir vous veil complaire, Aussi vous desclarer mon deul..., 6° (fol. 25 v°). De tous bien plaine est ma maistresse ; Chascun luy doibt tribu de honneur..., Cette pièce est une des chansons citées, en 1507, dans La Condampnacion de Bancquet de Nicolas de La Chesnaye. Voy. P. Lacroix, Recueil de farces, moralités, etc., p. 316 ; Éd. Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance, p. 230. 7° (fol. 36 v°). Est il mercy de quoy l'on peust finer ? Est il pitié qu'on peust en vous trouver..., Jardin de plaisance, éd. citée, fol. 57 c . 8° (fol. 62 v°). Faites moy sçavoir de la belle Tout ce qui s'en pourra escrire..., 9° (fol. 34 v°). Fortune, par ta cruauté, Pour deul, ou pour adversité..., 10° (fol. 49 v°). Helas ! Je n'ay pas osé dire A Dieu ainsi que je debvoye..., 11° (fol. 57 v°). Helas ! n'aray je jamais mieulx ? Seray je tousjours en tristesse ?..., 12° (fol. 26 v°). J'ay moins de biens que s'il n'en estoit point ; Ainsi le veult ma dame et ma maistresse..., 13° (fol. 23 v°). J'ay pris amours a ma devise Pour conquerir joyeuseté..., Le 1 er vers figure dans la Balade faicte de plusieurs chansons Jardin de plaisance, fol. 55 e). 14° (fol. 60 v°.) Je ne veis onques la pareille De vous, ma gratieuse dame..., 15° (fol. 24 v°) L'autredantan, l'autre passa Et en passant me tresperça... 16° (fol. 21 v°). L'aultre jour, par ung matin, Esbatre m'en aloye... 17° (fol. 83 v°). Le serviteur hault guerdonné, Assouvy et bien fortuné, L'eslite des eureux de France... Cette pièce se retrouve dans le ms. IV. a. 24 de l'Escurial, fol. 76 v° ; — dans l' Harmonice musices Odhecaton (Venetiis, Octavianus Petrutius Forosemproniensis, decimo octavo cal. junias, 1501, in-4), fol. 37, avec une mélodie d'Antoine Busnoys ; — dans les Canti n ° cento cinquanta (Venetiis, per Octavianum Petrutium Forosemproniensem. die 10. februarii 1503, in-4), fol. 166, avec une mélodie de Jacob Tadinghen, et fol. 167, avec une mélodie de Hancart. Voy. Eitner, Bibliographie, p. 487, 617, 874. 18° (fol. 30 v°). Le souvenir de vous me tue, Mon seul bien, quant je vous voy... Rondeau cité dans Le Jardin de Plaisance, fol. 59 a . Le 1 er vers figure aussi dans la Balade faicte de plusieurs chansons, ibid., fol. 55 c . 19° (fol. 31 v°). L'omme banny de sa plaisance, Vuyde de joye et de leesse..., Jardin de plaisance, fol. 56 a . Cette chanson est citée dans la Farce de Mestier et Marchandise (Le Roux de Lincy et Francisque Michel, Recueil de moralités, etc., t. IV, p. 15 de la pièce ; Fournier, Le Théâtre français avant la Ren aissance p. 48). 20° (fol. 46 v°). Ma bouche plaint les pleurs de ma pensee Et la douleur que Amours m'a pourchassee..., 21° (fol. 42 v°). Ma bouche rit et ma pensee pleure ; Mon œul s'esjoye et mon cueur mauldit l'eure..., Cette pièce figure, en 1572, avec une mélodie de Ph. Wildre dans le Meslange de Pierre de Ronsard, fol. 6 v°. Une autre chanson, en vers octosyllabiques, commence ainsi : Ma bouche rit et mon cueur pleure, Quant parmy gens je treuve l'heure... Celle seconde pièce se trouve dans les XXXVII Chansons d'Attaignant, fol. 8 v°. Le premier vers figure dans la Balade faicte de plusieurs chansons (Jardins de plaisance, fol. 55 c). 22° (fol. 44 v°). Mon seul plaisir, ma doulce joye, La maistresse de mon espoir... Le premier vers est commun à une chanson qui figure dans le manuscrit de l'Escurial IV. a. 22, fol. 27 v°, et dans le recueil publié en 1874 par Gaston Paris, n° 73. Il se retrouve dans la Balade faicte de plusieurs chansons (Jardin de plaisance, fol. 55 c). On chantait sur le même timbre un noël qui commence ainsi : Chantons trestous et menons joye De cueur parfait joyeusement... (Les grans Noelz nouveaulx, v. 1525. — Musée Condé à Chantilly, n° 1318 du Catal. de Delisle — fol. D i v°). 23° (fol. 32 v°). N'aray je jamais mieulx que j'ay ? Suis je la on je demor[r] ay ?... Jardin de plaisance, éd. d'Olivier Arnoullet, fol. 62 c . — L'Escurial, ms. IV. a. 22, fol. 130 v° ; — XXXVI Chansons, publiées par Attaignant, 1530, fol. 10 v° (avec une musique de Claudin) ; — Meslange de P. de Ronsard, 1572, fol. 21 (avec une musique de Nicolas). 24° (fol. 50 v°) Or ay je perdu mes amours ; Or ay je perdu tonte joye... 25° (fol. 59 v°). Quant du dire a Dieu me souvient Et que departir me convient... 20° (fol. 22 v°). Robinet amy, la voye ! La triory, lauvredon, falory dondaine... 27° (fol. 27 v°). S'en tel estat longuement je demeure, Morir me faut ; eschaper n'en puis point..., 28° (fol. 20 v°). S'il vous plaist que vostre je soye, Pensez que bien vous ameray... 29° (fol. 54 v°). Terriblement suis fortunee..., Et de grans doleurs atornee, Jardin de plaisance, fol. 61 b . Le premier vers figure dans la Balade faicte de plusieurs chansons (ibid., fol. 55 c). 30° (fol. 40 v°). Tout aparmoy, affin qu'on ne me voye, Si desplaisant que plus je ne porroye... Cette pièce est de JEHAN MOLINET (voy. notice Rothschild 466, art. 7) ; cf. notice Rothschild 2798, art. 5 aa). Voy. aussi Biblioth. nationale, ms. Français 24315, fol. 28 v°, etc. Les vers de Molinet figurent encore dans les Canti n° cento cinquanta (Venetiis per Octavianum Petrutium Forosemproniensem, die 10. februarii 1503, in-4), fol. 19, avec une mélodie du musicien flamand Al. Agricola. 31° (fol. 28 v°). Vostre bruit et vostre grant fame Me fait vous amer plus que fame... Jardin de plaisance, éd. d'Olivier Arnoullet, fol. Lxiiij d . — Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies françoises, X, p. 190. 32° (fol. 48 v°). Vray dieu d'amours qui vrais amans resjoye Je vous requier qu'il me soit pardonné... Ajout ou correction publié dans le Tome 5 du Catalogue des livres de la bibliothèque de M. le baron James de Rothschild (Paris : Damascène Morgand, libraire, 1920) : Recueil de Chansons italiennes et françaises. Ajouter à la note p. 317 : Art. 30 : Tout aparmoy... : Et dans le chansonnier manuscrit du comte Alexandre de Laborde (fol. 11 v°), avec une mélodie à trois parties de DU FAY. Art. 31 : Et dans le chansonnier manuscrit que nous venons de citer (fol. 22 v°), avec une mélodie à trois parties de Du FAY.

Description : 
Provenance : Jean de Montchenu, évêque d’Agen puis de Viviers ; ex-libris Giuseppe Orazio Pucci, chevalier de Malte (1782-1838) ; anciennes collections Chédeau, notaire de Saumur (Cat. 1865, n°587), baron Jérôme Pichon (1812-1896, Cat., 1869, n° 636 ; 1897, n° 900) et baron James de Rothschild (1844-1849) ; legs du baron Henri de Rothschild (1872-1947) à la Bibliothèque nationale (1949). Joyau de la collection Rothschild, ce célèbre manuscrit cordiforme a été exécuté dans les années 1470-1475 pour Jean de Montchenu, ecclésiastique savoyard de souche noble au caractère belliqueux et à la réputation sulfureuse. Après avoir débuté sa carrière comme Frère de l’ordre hospitalier de Saint-Antoine et protonotaire apostolique, celui-ci fut successivement conseiller de l’évêque de Genève Jean-Louis de Savoie, commandeur du prieuré de Saint-Antoine de Ranverso en Piémont, évêque d’Agen en 1477, puis de Viviers de 1478 à 1497. Très engagé dans la vie politique de son époque, il eut de nombreux démêlés avec l’évêque de Genève et prit un temps le parti de Charles le Téméraire, avant de se ranger aux côtés de Louis XI qui le récompensa en lui donnant l’évêché d’Agen. Surmontées d’un chapeau de protonotaire, les armes qui ornent le frontispice de ce recueil de chansons, écartelé, aux 1er et 4e de gueules à la bande engrêlée d’argent chargée d’une aigle d’azur, et accompagné en chef d’un tau d’or, aux 2e et 3e pallé d’or et d’azur, indiquent que Montchenu en fut le commanditaire. L’aspect et la couleur du chapeau, qui est celui d’un protonotaire et non d’un évêque, permettent de situer l’exécution du manuscrit entre 1460 et 1477, époque où Jean de Montchenu était protonotaire, et non évêque. Le contenu du répertoire musical et la comparaison avec d’autres chansonniers contemporains permettent d’affiner cette datation dans les années 1475.

Droits : 
domaine public

Identifiant : 
ark:/12148/btv1b525044884

Source : 
Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Rothschild 2973 (979 a)Cote topographique : Cote topographique : I, 5, 13

Provenance : 
Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 
15/12/2014


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