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Titre : Expéditions et pèlerinages des Scandinaves en Terre sainte au temps des croisades, par Paul Riant

Auteur : Riant, Paul (1836-1888)

Éditeur : impr. de A. Lainé et J. Havard (Paris)

Date d'édition : 1865

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : In-8° , XIII-448 p.

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k57968157

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-O2F-264

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31206879s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 26/12/2011

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PÈLERINAGES SUÉDOIS. 231

consacrées d'avance par l'Église, comme celle que saint Erik fit de la Finlande en 1152? N'est-ce pas plutôt à l'état intérieur du petit pays désigné alors sous le nom de Suède, et que nous trouvons encore, pendant le XIIe siècle presque tout entier, dans le même isolement et la même barbarie qu'au temps de la première croisade?En Upland, dans le pays des Suéons, l'idolâtrie recule à peine devant les progrès du christianisme. Le meurtrier de saint Knut, Magnûs, fils du roi de Danemark Nikolas, est maudit des Suédois pour avoir brûlé un temple de Thor; c'est dans la Gpthie, qu'avait pourtant pénétrée davantage l'influence de l'Évangile, que Sigurd de Norvège va chercher les païens qu'il avait solennellement juré, sur le tombeau du Christ, de convertir ou d'exterminer; enfin les redoutables fortifications dont le roi croisé entoure, à Konunga-Helli, l'église de la Vraie-Croix 1, montrent quelle confiance lui inspirait, pour la précieuse relique, la foi des Goths du voisinage. C'est cependant à cette époque que le légendaire suédois place deux pèlerinages en Terre Sainte, dont l'authenticité .aurait certainement de grandes chances d'être mise en doute, si l'épigraphie runique ne nous avait pas conservé un troisième nom qui, tout obscur qu'il soit, doit être rapporté à cette époque du Moyen Age suédois.

L'inscription, aujourd'hui perdue, de Vesterstâkes Fârjestad (paroisse de Nâs, Upland), est élevée aux frais d'une certaine Iskirun(a), fille d'Hârd, qui se prépare à partir pour Jérusalem 2. Cette inscription montre au moins qu'à quelques lieues des idoles encore debout d'Upsala, l'idée de la Palestine et du voyage de Terre Sainte pouvait s'avouer publiquement, et rend par cela même beaucoup plus admissibles les affirmations des chroniqueurs relatives aux pèlerinages de la reine Ragnild et d'Hélène de Skedewi, placés par eux, le premier en 1130, le deuxième en 1150, Rien d'ailleurs de plus obscur que l'histoire de ces deux saintes, qui ne sont peut-être qu'un seul et même personnage, honoré sous deux noms divers en Suède et en Go1

Go1 plus haut, p. 131. 3 Peringskjöld, Not. ad vitam Theodorici, p. 495, Dybeck, Runurkunder,

D, 46; Brocman, Ingwar Widtfarnes Saga, not.,.p. 165 ; Bring, Korstâgen, p. 116.

(Vers 1130.)

Iskirun(a) (le Näs,

Pèlerinage

de Ragnild, reine

de Suède

et

d'Iatvard Bonde,

père

de saint Érik.

(1130.)