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Titre : Voyage dans la Basse et la Haute Égypte, pendant les campagnes du général Bonaparte / par Vivant Denon

Auteur : Denon, Dominique-Vivant (1747-1825)

Éditeur : impr. de P. Didot l'aîné (Paris)

Date d'édition : 1802

Sujet : Voyageurs français -- Égypte -- 1789-1815

Sujet : France -- 1798-1799 (Expédition d'Égypte)

Sujet : Égypte -- Antiquités

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 1 vol. (XII-322 p.) ; in-4

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5787505v

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3A-2196

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30325100s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 09/03/2010

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Un peu plus loin, je vis dans le désert des hirondelles d'un gris clair comme le sable sur lequel elles volent ; celles-ci n'émigrent pas, ou vont dans des climats analogues, car nous n'en voyons jamais en Europe de cette couleur : elles sont de l'espèce des cu-blancs.

Après treize heures de marche, nous vînmes coucher à Gamerissiem , malheureusement pour ce village ; car les cris des femmes nous firent bientôt comprendre que nos soldats, profitant des ombres de lanuit, malgré leur lassitude, prodiguoient des forces superflues, et, sous le prétexte de chercher des provisions, arrachoient en effet ce dont ils n'avoient pas besoin : volés, déshonorés, poussés à bout, les habitants tombèrent sur les patrouilles qu'on envoyoit pour les défendre, et les patrouilles, attaquées par les habitants furieux, les tuèrent, faute de s'entendre et de pouvoir s'expliquer.... O guerre, que tu es brillante dans l'histoire ! mais vue de près, que tu deviens hideuse , lorsqu'elle ne cache plus l'horreur de tes détails !

Le 7, nous suivîmes le désert, qui étoit bordé par une suite de villages. Malgré le froid que nous éprouvions la nuit, la chaleur du jour et les productions de la terre nous avertissoient que nous approchions du tropique ; l'orge étoit mûre, le bled en grain, et les melons, plantés en plein champ, étoient déjà en fleurs. Nous vînmes bivouacquer dans un bois près de Narcette.

Le 8, nous traversâmes un désert, et vînmes aboutir à un couvent cophte, auquel les Mamelouks avoient mis le feu

la veille, et qui brûloit encore, ce qui m'empêcha d'y entrer : mais on en eonnoîtra les détails par ceux que je vais donner du couvent Blanc, qui lui ressemble, et qui n'est éloigné de l'autre que de vingt minutes de marche, situé de même sous la montagne, et de même au bord du désert; on appelle le premier le couvent Rouge, parcequ'il est bâti en brique ; l'autre le couvent Blanc, parcequ'il est en pierre de taille de cette couleur : ce dernier avoit été brûlé aussi la veille ; mais les moines, en s'enfuyant, avoient laissé la porte ouverte, et quelques serviteurs pour sauver les débris.

On attribue l'érection de cet édifice à Ste Hélène; ce qui est probable à en juger par le plan. Il y avoit sans doute un couvent près de ce temple ; quelques arrachements de mur et des blocs de granit attestent son ancienne existence. A l'aspect de ces monuments on doit penser que si c'est Ste Hélène qui les a fait construire, l'empereur Constantin secondoit son zèle, et mettoit de fortes sommes à sa disposition ; le couvent n'étant point, comme l'église, construit de manière à pouvoir se clorre et se défendre, aura sans doute été brûlé ou détruit dans quelques circonstances pareilles à celle dont nous venions d'être les témoins ; la construction de cette église est telle encore qu'avec un machicouli sur les portes et quelques pièces de canons sur les murailles on s'y défendroit très bien contre les Arabes, et même contre les Mamelouks; mais, sans armes, ces pauvres moines n'avoient pu opposer que la patience , la résignation , leur sainteté, et