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Titre : Oliver Twist, les voleurs de Londres. Traduction de La Bédollière...
Auteur : Dickens, Charles (1812-1870)
Éditeur : E. Ardant (Limoges)
Date d'édition : 1878
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : Gr. in-8° , 303 p.
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k57731190
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Y2-2042
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30340319z
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 11/01/2010
oliver twist: 291 pages trouvées
p.NP (1)
OLIVIER TWIST 2« SERIE IN-4».
p.NP (1)
CHARLES DICKENS OH™ TWIST LËS^tÉËEÏÏRS DE JLONDRES TRADUCTION DE "LA BÉD0LL1ÈRE NOUVELLE EDITION REVUE. LIMOGES EUGÈNE ARDANT ET G'% ÉDITEURS.
p.5 (2)
OLIVIER TWIST I. — Du lieu où Olivier Twist reçut le jour, et des circonstances qui accompagnèrent sa naissance. Au nombre des établissements publics d'une certaine ville d'Angleterre que, pour bien des raisons, je m'abstiendrai prudemment de désigner, et à laquelle, pourtant, je ne prêterai aucun
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G , OLIVIER TWIST. pointe a mille pièces qui recouvrait le ht de fer fit un léger bruissement, et laissa voir le visage pâle et livide d'une jeune femme, qui, •soulevant péniblement sa tête, dit d'une voix languissante ces paroles qu'on entendit à peine : - — Que je voie mon enfant avant de mourir
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OLIVIER TWIST. 7 près du lit, comme il se dirigeait vers la porte, il ajouta : D'où venait-elle? . ■ — Ils l'ont amenée ici hier au soir par ordre de l'inspecteur, dit la vieille. On l'a trouvée couchée au beau milieu de là rue. Y a tout lieu d' croire qu'elle avait fait une longue route, car
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8 OLIVIER TWIST. , mendicité s'il n'y aurait pas dans ledit dépôt quelque femme qui fût dans le cas de prodiguer à l'enfant le soulagement et la nourriture dont il avait besoin; et, sur la réponse négative faite humblement par les autorités du dépôt de mendicité, les autorités de la paroisse
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OLIVIER TWIST. 9 On ne doit pas s'attendre à trouver un excès d'embonpoint chez de jeunes enfants élevés d'après le système que je viens de décrire. Olivier venait d'entrer dans sa neuvième année, et il était fluet, chétif et petit pour son âge ; mais il avait une âme forte et un jugement sain
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10 OLIVIER TWIST. ces chers enfants qui vous aiment tant que c'était vous qui veniez, monsieur Bumble. M. Bumble avait une haute idée de ses facultés oratoires et de son importance. ' 1 — C'est bien, c'est bien, madame Mann! reprit-il d'un ton plus calme, c'est possible, je ne dis pas le contraire
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OLIVIER TWIST. 11 —Sans doute, fit l'autre avec un signe d'approbation. Je pense bien que vous ne pourriez pas. Vous êtes une femme compatissante, madame Mann. (Elle pose le verre sur la table). J'en glisserai un mot à ces messieurs de l'administration, madame Mann. (Il approche le verre
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12 OLIVIER TWIST. — Je vais vous l'amener à l'instant, dit madame Mann en quittant Olivier, qu'on avait débarrassé du plus gros d'une couche de crasse qui formait croûte sur son visage et sur ses mains (autant du moins qu'on en put ôter en une seule fois), entra dans la salle conduit
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OLIVIER TWIST. 13 '^r Salue le parquet, dit Bumble. Olivier salua. — Comment t'appelles-tu, petit ? Olivier n'ayant jamais vu tant de personnages, et d'ailleurs ayant reçu de Bumble un vigoureux coup de canne en manière d'encouragement, se mit à pleurer. Ces messieurs le déclarèrent idiot. Puis
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14 OLIVIER TWIST. cordât un autre bol de gruau par jour, il se verrait dans la nécessité une belle nuit de dévorer son camarade délit. Il avait les yeux hagards en disant cela, et ils le crurent capable de le faire; c'est pourquoi ils tirèrent à la courte paille pour savoir lequel d'entre eux irait
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OLIVIER TWIST. 15 frappant à la porte du dépôt de mendicité ; jamais de ma vie je ne fus plus certain d'une chose, c'est que cet enfant se fera pendre un jour. Comme je me propose de faire savoir par la suite si la prévision de l'homme au gilet blanc était hien ou mal fondée, je croirais détruire
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1(3 OLIVIER TWIST. laver sous la pompe en présence de M. Bumble, qui, pour l'empêcher d'attraper un rhume, lui procurait une vive sensation par tout le corps en lui distribuant quelques coups de canne avec une libéralité peu commune. Quant à ce qui est de la société, on le faisait venir de deux
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OLIVIER TWIST. 17 le plus grand respect, il accosta le monsieur au gilet blanc en ces termes : — Pardon, excuse, Monsieur ! Est-ce point ici qu'y n'ia un enfant que la paroisse voudrait mettre en apprentissage ? — Oui, mon brave homme, dit l'autre avec un sourire gracieux, que lui voulez
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1S OLIVIER TWIST. — Nous avons considéré votre proposition et nous ne l'approuvons pas, dit-il à Gamfield. — Pas le moins du monde, dit le monsieur au gilet blanc. — Tout bien réfléchi, non! reprirent les autres membres. Comme M. Gamfield passait pour avoir roué de coups trois ou quatre jeunes
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OLIVIER TWIST. 19 une chemise blanche. Il avait à peine achevé cet exercice gymnastique (auquel il se livrait si rarement), que M. Bumble lui apporta de ses propres mains un bol de gruau et la ration des jours de fête,' c'est-àdire deux onces un quart de pain ; ce que voyant Olivier, il se prit à
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20 OLIVIER TWIST. tête dégarnie de son tricorne, il dit de manière à être entendu : — Maintenant, mon petit ami, viens voir M. le magistrat. Après quoi, prenant un air menaçant, il ajouta à voix basse : — N'oublie pas ce que je viens de te dire, toi, petit drôle! Obvier fixa M. Bumble avec bonhomie
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OLIVIER TWIST. 21 sauverait simultanément dès demain, monsieur le magistrat, répondit Bumble. — Et c'est cet homme qui va être son maître?... Vous, Monsieur? Vous le traiterez bien, n'est-ce pas? vous le nourrirez bien? enfin vous en aurez bien soin, n'est-il pas vrai? — Si on dit qu'on 1' fera
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OLIVIER TWIST. 23 Twist était encore à louer, et que cinq livres sterling seraient comptées à quiconque voudrait s'en charger. ÏV. Une autre place étant offerte à Olivier, il fait son entrée dans le monde. Dans les familles nombreuses, lorsque pour le jeune homme qui commence à prendre de l'âge
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24 OLIVIER TWIST. lui présenta l'entrepreneur, laquelle était un joli petit modèle de cercueil patenté. Je vous dis que vous ferez votre fortune, continua-t U en donnant en signe d'amitié un petit coup de canne sur l'épaule de ce dernier. — Vous croyez? dit l'autre d'un air qui semblait admettre
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OLTVIKR TWIST. 25 vient à un homme trompé, et que M. Bumble sentait qu'en insistant sur ce point il pourrait s'ensuivre quelque réflexion désagréable concernant l'honneur de la paroisse, ce dernier jugea prudent de changer de sujet de conversation, et Obvier lui en fournit la matière. — Quelquefois
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.£C) OLIVIER TWIST. tous que ça, dit le bedeau en faisant claquer ses doigts en signe à( mépris. — Non, sans doute, reprit l'autre. — Je les méprise! poursuivit le bedeau, à qui le rouge montait a* visage. — Et moi de même, ajouta Sowerberry. _ ^ _ — Je voudrais seulement que nous eussions
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OLIYiiîrt TWIST. 27 bedeau. L'enfant pleurait, il se sentait si seul et si abandonné, qu'il ne put s'empêcher de faire remarquer son isolement à M. Bumble. Tout autre mortel eût peut-être été attendri de la naïve douleur du petit malheureux, mais un bedeau! M. Bumble croyait la sensibilité' indigne
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2S ■'■'■; OLIVIER TWIST. vous avez mis;de côté ce matin pour Frip : puisqu'y n'est pas rentré à la maison de la journée, y s'en passera. - J' pense bien qu' tu n' s'ras pas dégoûté d' les manger, pas vrai? . Olivier, dont les yeux brillèrent en entendant parler de viande, et qui tremblait d'avance
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OLIVIER TWIST. 29 — Tu es sans doute l'apprenti qu'on attendait, n'est-ce pas? reprit la voix à travers le trou de la serrure. — Oui, Monsieur, répbqua Obvier. — Quel âge as-tu? demanda la voix. — Dix ans, Monsieur, répondit Olivier. •—Alors, j' m'en vas t'en ficher en entrant, poursuivit la voix
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30 OLIVIER TWIST. cieusement assisté par Noé, qui, après l'avoir console en l'assurant qu'il le payerait, consentait à lui donner un coup de main.. M. Sowerberry descendit peu de temps après et fut bientôt suivi de madame Sowerberry; et Obvier, ayant payé pour le carreau, selon que Noe l'avait
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OLIVIER TWIST. 31 VI. — Olivier, poussé à bout par les railleries amères de Noé, entre en fureur, et surprend ce dernier par son audace. Le mois d'épreuves étant écoulé, Pacte d'apprentissage d'Olivier fut signé dans toutes les formes voulues. On était alors dans une saison très-favorable aux décès
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32 OLIVIER TWIST. ennemie déclarée parce que M. Sowerberry était disposé à le protéger. De sorte que, ayant à lutter d'un côté contre ces trois personnes, et, de l'autre, contre un dégoût des funérailles, Olivier était loin. d'être à son aise. ...... J Mais me voilà arrivé à un passage important
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OLIVIER' TWIST. 33 — Ce n'est pas vous, au moins! repartit Olivier, passant rapidement sa main sur sa joue pour en essuyer une larme prête'à tomber. Ne croyez pas que ce soit vous ! — Du plus souvent que ce n'est pas moi ! reprit Noé d'un air goguenard. — Non, certainement! répliqua vivement Obvier
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34 . OLIVIER TWIST. — Au secours! cria Noé. Char...lotte! Ma...da...mel Olivier ■ m'assassine ! Au secours ! au secours ! Les hurlements de Noé furent entendus de Charlotte, qui y repondit par un cri perçant, et de madame Sowerberry, dont la voix se fit entendre sur un diapason encore plus haut
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OLIVIER TWIST. 35 Noé, qui était plus grand qu'Olivier de la tête et des épaules, pour, le moins, se voyant l'objet de la commisération de ces dames, se frotta les yeux avec les paumes de ses deux mains, taisant mine de pleurer. — Qu'allons-nous faire, s'écria madame Sowerberry, Monsieur n'est
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36 OLIVIER TWIST. s'exprimant si haut, que non-seulement ses accents parvinrent aux oreilles de M. Bumble, qui était à quelques pas de là,^ mais qu'ils effrayèrent tellement ce digne fonctionnaire, qu'il se précipita dans la cour sans son fidèle tricorne (circonstance aussi rare que curieuse
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OLIVIER TWIST. " 37 — Il a voulu aussi assassiner la domestique, dit Bumble tout pâle de frayeur. — Et puis sa maîtresse, reprit Noé. — Et son maître aussi, m'avez-vous dit, je crois, Noé? ajouta le bedeau. — Non, Monsieur, il est sorti, sans quoi il l'aurait assassiné, répliqua Noé; il a dit
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38 OLIVIER TWIST. — Ouvrez-moi la porte, vous ! répondit l'enfant. — Reconnais-tu bien cette voix, Olivier? demanda le bedeau. - — Oui, reprit Olivier. . — N'en avez-vous pas peur, Monsieur, ne tremblez-vous pas de- ' tous vos membres tandis que je vous parle? poursuivit le bedeau. — Non, répondit
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OLIVIER TWIST. 39 qu'à ce que la faim se fasse un peu sentir chez lui; après quoi vous le laisserez sortir, et vous le mettrez au gruau pendant tout le temps de son apprentissage. Il provient de mauvaises gens, madame Sowerberry; des pas grand'choses, rien qu' ça. Le médecin et la garde m'ont dit
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40 OLIVIER TWIST. une basse imitation de l'homme, et tant d'autres charmantes épithètes, trop nombreuses pour être insérées dans ce chapitre. A lui rendre justice, il était, autant que s'étendait son pouvoir qui n'allait pas bien, loin, assez bien disposé'en faveur-de l'enfant : peut-être bien
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OLIVIER TWIST. 41 de nouveau la porte. Un regard craintif autour de lui, un moment d'hésitation..'. il l'a refermée sur lui et le voilà au milieu de la rue... Il regarde à droite et à gauche, ne sachant trop de quel côté fuir. Il se rappelle avoir vu les chariots, lorsqu'ils quittaient le ^ajs
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42 OLIVIER TWIST. comme je n'en ai jamais vu quand je suis éveillé. Embrasse-moi, continua-t-il en grimpant sur la-porte du jardin. Et passant ses petits bras autour du cou d'Obvier : Au revoir, mon ami! que Dieu te bénisse ! Quoique donnée par un enfant, cette bénédiction était la première
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OLIVIER TWIST. 43 tournèrent seulement en passant rapidement; mais pas un ne le secourut, on ne se donna même pas la peine de s'informer comment il se trouvait en cet endroiti Le pauvre enfant n'avait pas le coeur de mendier, et il était assis là sans savoir que devenir. Il y avait déjà
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44 OLIVIER TWIST. quand les eaux sont basses, c'est-à-dire quand la bourse est à sec, que quand elles sont hautes, parce que, dans ce dernier cas, il y a toujours bien moins d'ouvriers. Ça s' comprend facilement du reste. Viens avec moi, tu n'as rien à mettre sous la dent, et faut que tu tortilles
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OLIVIER TWIST. 45 la cbmière par'h de son soliloque était purement ironique, et il vida son verre incontinent. Cette offre inattendue d'un logement était trop séduisante pour être refusée, surtout lorsqu'elle fut immédiatement suivie de l'assurance , qu'une fois connu du vieux monsieur, ce dernier
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46 OLIVIER TWIST. de terre, à l'endroit où était jadis la vieille rampe de l'escalier de la cuisine. — Vous êtes deux? dit l'homme avançant un peu plus la chandelle et mettant sa main sur ses yeux pour mieux voir; qui est l'autre? — Un pophyte, répondit Jack Dawkins poussant Olivier en avant
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OLIVIER TWIST. 47 suite, afin de passer son gobelet à un autre, il ne l'eut pas plus tôt avalé qu'il se sentit porter doucement sur l'un des sacs, où il s'endormil d'un profond sommeil. IX. — Quelques détails concernant le facétieux vieillard et ses élèves intelligents. D. était tard quand Olivier
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48 OLIVIER TWIST. tenait dans le creux de sa main. Une inscription très-fine paraissait y être gravée, car die posa sur la table, et, le garantissant du faux jour en mettant sa main devant, il l'examina longtemps avec la plus grande attention. Enfin, renonçant à l'espoir d'en déchiffrer la légende
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OLIVIER TWIST. 49 le couvercle, il ajouta, après un moment de silence : — As-tu vu quelques-unes de ces jobes choses, mon ami? — Oui, Monsieur, répondit Obvier. — Ah! fit le juif changeant de couleur, ce... sont... c'est... mon petit avoir, Ohvier; c'est ma propriété, c'est tout ce que j'ai pour
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50 OLIVIER TWIST. — C'est d'un luxbile ouvrier, n'est-ce pas, Olivier? ^ — Très-habile certainement, Monsieur, répondit Olivier. Là-dessus, le sieur Chariot partit d'un grand éclat de rire, au grand étonnemenf de l'enfant, qui ne voyait rien de risible en cela. — Et toi, mon vieux! dit Fagin à
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OLIVIER TWIST. 51 chambre, une canne à la main : de même qu'on voit nos vieux messieurs dans les rues à chaque instant du jour. Tantôt il s'arrêtait devant la cheminée, et tantôt à la porte, feignant d'examiner les marchandises aux fenêtres des boutiques. Parfois, il regardait autour
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52 OLIVIER TWIST. pour donner plus de force à ses paroles : fais tout ce qu'ils te diront, et consulte-les en toutes choses, principalement le Matois. Il fera un grand homme lui-même, et tu deviendras comme lui si tu le prends pour modèle. Est-ce que mon mouchoir sort de ma poche, mon ami? demanda
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OLIVIER TWIST. 53 Chaque fois que le Matois ou Chariot Bâtes rentrait le soir les mains vides, il leur faisait une longue mercuriale, s'étendant au long sur lés maux qu'engendrent la paresse et l'oisiveté, et, pour graver plus fortement cette vérité dans leur mémoire, il les envoyait coucher sans
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54 OLIVIER TWIST. "" i — Chut! fit le Matois, vois-tu ce vieux pante devant l'étalage du libraire? — Le vieux monsieur.de l'autre côté de la rue? reprit l'enfant. Oui, je le vois. - — Il y passera, poursuivit le Matois, — Il y a gras, répliqua Chariot. Ohvier les regarda alternativement
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OLIVIER TWIST. 55 ■comme il aperçut l'enfant se sauver aussi -rapidement, il conclut de là que c'était lui qui avait fait le larcin, et il le poursuivit le livre ei; main, en criant de toutes ses forces : — Au voleur! au voleur! Il n'était pas le seul qui criât haro sur Olivier : le fin Matois
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56 OLIVIER TWIST sur ceux qui le poursuivent et qui, à mesure qu'ils gagnent sur lui, saluent ses forces défaillantes par des huées et des vociférations de joie : — Au voleur! au voleur! Arrêtez! arrêtez-le! Ne fût-ce que par pitié, arrêtez-le! — Le voilà arrêté à la fin ! C'est un fameux coup, ça
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OLIVIER TWIST. 57 — Ne lui faites pas de mal, dit le vieux monsieur avec compassion. — Oh! je ne veux pas lui faire de mal, reprit l'autre arrachant la veste de l'enfant, en le forçant à se relever, pour preuve de ce qu'il avançait. Allons, viens! Je te connais; ça n' peut prendre avec moi
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5g OLIVIER TWIST. s écria-t-il s'arrêtant tout court et regardant fixement les nuages, où donc ai-je vu une figure semblable à la sienne? Après avoir réfléchi quelques instants, le vieux monsieur s'avança d'un air pensif vers une petite salle qui donnait sur la cour; et là, retiré à l'écart
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OLIVIER TWIST. {39 -— Ah! il comparait contre ce garçon, n'est-ce pas? répliqua M. Fang examinant M. Brownlow delà tête aux pieds avec un air de dédain. Recevez son serment. — Avant de prêter serment, dit M. Brownlow, je me permettrai de dire un seul mot : c'est que, sans une preuve
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60 OLIVIER TWIST. M. Fang, M. Brownlow essaya de raconter le fait ; observant que, dans la surprise du moment, il avait couru après l'enfant, parce qu'il l'avait vu se sauver. Et, ajouta-t-il, oserai-je espérer que, dans le cas où M. le magistrat considérerait ce petit garçon, sinon comme voleur
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OLIVIER TWIST. 01 ■— Prenez garde, officier de pohce, dit le* vieux monsieur levant tes mains instinctivement, prenez garde, il va tomber. — Retirez-vous de là, officier de pohce, s'écria Fang d'un air brutal, et qu'il tombe si cela lui plaît. Ohvier profita de l'obligeante permission, et tomba
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(32 OLIVIER TWIST prenant une route différente quand il eut atteint la taverne de l'Ange, à Ishngton, il s'arrêta enfin devant une petite maison de belle apparence, dans une rue bourgeoise et retirée de Pentonville. Là, san. perdre de temps, on prépara un ht dans lequel M. Brownlow fît placer
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OLIVIER TWIST. 65 La vieille dame ne répondit rien ; mais, essuyant ses yeux d'abord, puis ses lunettes, qui étaient sur la courte-pointe, elle donna à l'enfant une boisson rafraîchissante, et, lui passant la main sur la joue, lui recommanda de rester bien tranquillement dans son lit, sans
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64 OLIVIER TWIST. quand il s'éveilla. Madame Bedwin alors lui souhaita une bonne nnît. et le laissa aux soins d'une grosse vieille femme qui venait d'entrer apportant dans son ridicule un petit livre de prières et un large bonnet de nuit. Il y avait déjà longtemps qu'il faisait jour quand Olivier
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OLIVIER TWIST. 65 .— 0 ni. répliqua la bonne dame levant les yeux un instant ; c'est ce qu'on appelle un portrait. — A qui ressemble-t-il? demanda l'enfant avec curiosité. — Ah! dame, je ne sais pas, mon ami, reprit-elle d'un air enjoué; ce n'est probablement pas à quelqu'un que ni vous ni moi
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66 OLIVIER TWIST. - . ' M. Brownlow, qui, à dire vrai, avait à lui seul plus de sensibilité qu'une demi-douzaine d'hommes comme lui, ne put retenir des larmes qui s'échappèrent de ses yeux comme par un procédé hydraulique que nous ne sommes pas assez philosophe pour pouvoir expliquer^ Pauvre enfant
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. OLIVIER TWIST. 67 Olivier, l'idée de. ressemblance entre ses traits et quelque visage qui lui était connu le'travaillait si fortement, qu'il ne pouvait détourner les yeux de dessus lui. — Vous n'êtes pas fâché contre moi, n'est-ce pas, Monsieur? dit Olivier avec un regard suppliant. — Non, non
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68 OLIVIER TWIST. — C'est pus fort que moi, dit Chariot; j' peux pas m'en empêcher, quoi! Y m' semble encore le voir courir et s' rendre dans les poteaux au détour des rues, puis, comme s'il était de fer aussi bien qu'eux, de r'prendré ses jambes à son cou comme de plus belle, et moi, avec P blavin
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OLIVIER TWIST. ' 69 messieurs atteignirent le palier, la porte s'ouvrit lentement et elle se referma derrière eux. — Où est Olivier? dit le juif d'un air furieux, qu'avez-vous fait de cet enfant? Les jeunes filous se regardèrent l'un l'autre d'un air embarrassé, comme s'ils redoutaient la colère
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70 OLIVIER TWIST. — Venez ici, m'entendez-vous?, dit-il d'un air qui n'était rien, moins qu'engageant. Un chien blanc au poil long et sale, ayant la tête déchirée en vingt endroits différents, entra en rampant, dans la chambre. — Vous vous faites bien prier, dit l'homme. Vous êtes devenu trop fier
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OLIVIER TWIST. 71 inutile de rapporter ici, puisqu'ils ne seraient pas compris, il demanda un verre de liqueur. — Et n'allez pas y mettre du poison, an moins ! dit Sikes posant son chapeau sur la table. , Ceci fut dit en plaisantant ; mais s'il eût pu voir le sourire amei avec lequel le juif
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72 OLIVIER TWIST. qu'on ne peut savoir. Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs, defaireaucune conjecture à ce sujet, car l'entrée subite de deux jeunes demoiselles qu'Olivier avait déjà vues auparavant ranima la conversation. — Voilà justement notre affaire! dit Fagin. Betty ira, n'est
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OLIVIER TWIST. tO lotes sous un chapeau de paille (deux articles de parure tirés du magasin inépuisable du juif), Nancy se disposa à remplir sa mission. — Attends un instant, ma chère, dit le juif apportant un petit panier couvert. Prends cela, ça donne toujours un air plus respectable. — Donne
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74 OLIVIER TWIST. Comme aucun de ces criminels ne répondit au nom d'Ohvier et ne put en donner des nouvelles, Nancy alla droit à l'agent de la police (le gros joufflu au gilet rayé dont il a déjà été parlé), et, avec des lamentations et des cris qu'elle rendit encore plus pitoyables en agitant' son
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OLIVIER TWIST. . 75 SIV. — Détails concernant le séjour d'Olivier chez IiT. Brownlow. — Prédiction remarquable d'un certain M. Grimwig au sujet d'un message dont l'enfant est chargé. Olivier revint bientôt de l'évanouissement que lui avait causé la brusque exclamation de M. Brownlow; et, le sujet
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73 OLIVIER TWIST. — Bonne Vierge Marie! s'écria madame Bedwin, lavez-vous bien vite les mains, et venez ensuite que je vous arrange un peu les cheveux. Si j'avais pu prévoir ça, je vous aurais mis un col blanc et je vous aurais fait propre comme un sou. Olivier se lava les mains, selon que la bonne
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OLIVIER TWIST. 77 tendre reposent en paix dans la tombe; mais, quoique la joie et le bonheur de ma vie les y aient suivies, je n'ai pas fait un cercueil de mon coeur, et je ne l'ai pas fermé pour toujours aux plus douces émotions. Une profonde affliction n'a fait que les rendre plus fortes, et cela
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78 OLIVIER TWIST. déjà été estropié une fois avec de Pécorce d'orange, et je sais que l'éeorce d'orange sera ma mort; oui, j'en suis certain, Pécorce d'orange causera ma mort. J'en mangerais ma tête, que Pécorce d'orange sera ma mort ! C'était l'offre avec laquelle M. Grimwig appuyait presque
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OLIVIER TWIST. 79 • madame Bedwin qu'ils étaient prêts pour le thé, ce qui fit d'autant plus de plaisir à l'enfant, que les manières du nouveau venu ne lui revenaient qu'à moitié. — Ne trouvez-vous pas que cet enfant est intéressant? demanda M. Brownlow. — Je ne sais pas trop, reprit sèchement
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80 OLIVIER TWIST. pour interroger Olivier sur ses antécédents, que ce dernier fût mieux portant, M. Grimwig ricana malicieusement, et demanda d'un air moqueur si la femme de chambre avait coutume de compter l'argenterie chaque soir; parce que si un de ces quatre matins il ne lui manquait pas deux
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OLIVIER TWIST. 81 La porte de la rue fut ouverte ; Ohvier courut d'un côté et la bonne de l'autre, tandis que, du perron, madame Bedwin appelait le garçon; mais celui-ci était déjà bien loin, et Ohvier, ainsi que la bonne, revinrent tout essoufflés sans avoir pu le rejoindre. — J'en suis vraiment
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82 OLIVIER TWIST, *- Voyons un peu, dit' M. Brownlow, tirant sa montre de son gousset et la posant sur la table. Il sera de retour dans vingt minutes au plus tard. Il fera nuit alors. — Comptez-vous vraiment qu'il reviendra? demanda M. Grimwig.. — Et vous, ne le crc^ez-vous pas? dit en souriant M
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OLIVIER TWIST. 83 distance, du chien qui sortit d'une petite cour aussitôt que son maître fut hors de sa vue.. Le vieux juif mit la tête à la porte de la salle aussitôt que Sikes fut parti, et, le regardant longer l'allée obscure et étroite, il lui montra le poing en proférant d'horribles
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84 OLIVIER TWIST — Oh! non, non! Ne faites pas attention, dit Nancy saisissant la main d'Obvier ; je me sens bien mieux maintenant. Allons ! viens-t'en vite à la maison, toi, petit malheureux ! — Quoi qu'y n'y a, mam'zelle? demanda une des femmes. — Oh! Madame, répondit la fille, il y a un mois
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, OLIVIER . TWIST. 85 — Et c'est justement pour ça qu' je n' veux pas qu'y s'en passe, reprit le brigard saisissant Ohvier au collet et lui assénant un autre coup de poing. Veux-tu avancer, toi, petit vaurien! A moi, César, à moi ! poursuivit-il en s'adressant à son chien. Affaibli par la maladie
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£Q . OLIVIER TWIST.. — Ici, César i (Le chien leva la tête et se mit à grogner-) Tu vois bien ce garçon? poursuivit-il montrant du doigt le goder de Penfani et faisant d"'horribles jurements, s'il a le malheur de remuer seulement les lèvres, mords-moi ça ! tu comprends? Le chien grogna de nouveau
p.87 (1)
OLIVIER TWIST. S7 ■rent, dans l'obscurité la plus profonde, que la personne qui leur avait ■ouvert eût refermé la porte aux verrous et à-la clef. — II n'y a personne ici? demanda Sïfces. -— Non, répondit une voix qu'Olivier crut reconnaître. — Le vieux y est-il? poursuivit lejbrigand. — Oui
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88 OLIVIER TWIST. sa profession, vidait les poches du petit malheureux avec la plus scrupuleuse attention. — Voyez donc sa pelure, Fagin! dit Chariot approchant la chandelle si près de l'habillement neuf d'Ohvier, qu'il manqua y mettre le feu. Voyez donc sa pelure! Du drap coq et la coupe dans
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OLIVIER TWIST. 89 grand sang-froid, il le plia en cinq ou six et l'enferma dans un noeud qu'il fit au mouchoir qu'il portait autour de son cou. —- C'est pour la peine que nous nous sommes donnée, dit Sikes rattachant sa cravate; et c' n'est pas encore moitié de ce que ça vaut : et bien sûr encore
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■ J3 OLIVIER TWIST. de la chambre, sans savoir où il allait, appelant à son secours et faisant retentir toute la maison de ses cris. Appelle ton chien, Guillaume! s'écria Nancy, courant se placer ■devant la porte, et la refermant sur le juif et ses deux élèves-qui s'étaient élancés à la poursuite
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92 OLIVIER TWIST. — Ah ! oui, tu es une bonne fille, c' n'est pas là l'embarras, ajouta Sikos la regardant avec un air de mépris, de te donner ainsi des airs de beaux sentiments. C'est un bien beau sujet pour cet enfant * (comme tu l'appelles) de se faire de toi une amie ! — Sans compter que je P
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OLIVIER TWIST. 93 Le juif s'essuya le front et sourit de contentement de S.D voir délivre de cette scène tragique; cependant ni lui, ni Sikes, ni les garçons, ni le chien lui-même, ne parurent la considérer sous un autre point do vue que comme une chose inséparable des affaires. — Je ne connais
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OLIVIER TWIST. 95 grande satisfaction du fonctionnaire public, qui réprima un gracieux sourire en regardant fixement son tricorne. — Je vais à Londres, madame Mann, dit-il. — Vraiment, monsieur Bumble, reprit celle-ci, joignant les mains et faisant trois pas en arriére en signe d'étonnement. — Oui
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96 OLIVIER TWIST. Quand M. Bumble eut bien ri, ses yeux rencontrèrent son tricorne, et il reprit sa gravité. — Ah! ça, mais tout en causant nous oublions les affaires, dit-il. Madame Mann, voici votre salaire paroissial du mois. Disant cela, il tira de son portefeuille quelques pièces d'argent
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OLIVIER TWIST. 97 Le premier article sur lequel ses yeux se portèrent fut l'insertion suivante : CINQ GUINÉES DE RÉCOMPENSE. « Un jeune garçon de Pentonville, nommé Olivier Twist, que l'on retient caché ou qui a été attiré hors de chez lui, a quitté sa de meure jeudi dernier, dans la soirée
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98 OLIVIER TWIST.. — Je vous en prie,, mon 'cher ami, ne nous interrompez pas pour le moment, dit M. Brownlow. Et s'adressant à Bumble : — Donnez-vous la peine de vous asseoir, Monsieur. M. Bumble s'assit, tout à fait interdit par l'originalité des manière!. de M. Grimwig. M. Brownlow plaça
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OLIVIER TWIST. C9 la perfidie, Yingratitude et la méchanceté; et qu'il avait terminé sa courte carrière, dans le lieu de sa naissance, par un acte lâche et sanguinairei sur la personne d'un garçon de charité; après quoi il s'était sauvé de chez son maître au milieu dé la nuit. Puis, pour prouver
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100 OLIVIER TWIST. ; être... Il y a plus de vingt ans que j'les connais.. .-et les gens qui ne peuvent pas en dire autant ne devraient rien dire; c'est du moins mon opinion. C'était une atteinte directe portée à Grimwig, qui était célibataire; mais, comme cela ne fit qu'exciter le sourire du vieux
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OLIVIER TWIST. 101 toilette que de coutume (faiblesse qui, à lui rendre justice, n'était pas habituelle chez lui, tant s'en fallait). Il commanda très-poliment à Obvier de l'aider à cet effet. Celui-ci était trop content d'avoir une occasion de se rendre utile, il était trop heureux d'avoir
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10g OLIVIER TWIST. pour se compromettre!... âh! ben oui, n'y a.pas d' danger!.encorebien même qu'on l'y attacherait et-qu'onl' laisserait là quinze jours sans manger, dit le Matois. — Y s' respecte trop pour ça, répliqua Chariot. — C'est bon! c'est boni dit le "Matois reprenant le sujet
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OLIVIER" TWIST. 103 souvenir de la fuite d'Olivier se présenta si vivement à son imagination que la fumée de sa pipe, qui se mêla avec un éclat de.rire, lui sortit par le nez, par les yeux, et lui revint à la gorge, ce qui le fit tousser et frapper du pied pendant plus de cinq minutes. — Vois donc
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10-1 OLIVIER TWIST. juif ouvrir la porte, si tu n' t'attaches pas aux toquantes et aux blavins... — C'est comme si tu chantais de lui dire ça ! observa Chariot; estce qu'y f comprend ? — Si tu n' t'attaches pas aux montres et aux mouchoirs, poursuivit le Matois réduisant son langage à la portée
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OLIVIER TWIST. " ,103 amené par la solitude et par la tristesse à préférer la société de quelqu'un à celle de ses tristes pensées dans un chenil, et il distillait dans son jeune coeur le poison qui devait le noircir et en changer la bonté pour toujours. XIX. — Un grand projet est discuté
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106 OLIVIER TWIST. ' . . qu'au coeur-'? dit Sikes. Donne-lui quéqu' chose à boire, Nancy. Dépêche-toi! De-voir sa vieille carcasse trembler comme celle d'un spectre hideux qui sort de la tombe, y a d' quoi vous rendre malade! Nancy apporta aussitôt une bouteille qu'elle prit d'unbuffet où il y
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OLIVIER TWIST. 107 — Eh bien ! qu'on nous entende, reprit Sikes, j' m'en moque pas mal! Il paraît cependant qu'après réflexion il ne s'en moquait plus, car il devint plus calme et parla bien moins haut. — Là là, dit Fagin, c'était seulement par prudence, et rien de plus, mon cher. Maintenant
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10S OLIVIER TWIST. gants serin Canarie, tout! temps qu'il a été là, et qu' ça n'a servi de rien. — Il aurait dû .essayer de porter le costume militaire et des moustaches, mon cher, répliqua le juif après un peu de réflexion. — C'est bien aussi ce qu'il a fait, reprit Sikes. Mais il paraît
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OLIVIER TWIST .. 109 .— N'importe! dit Sikes s'orrétant tout court à un signe de tête de "la jeune fille, qui lui faisait remarquer la figure du juif. Peu importe l'endroit; vous ne pouvez rien faire sans moi, je P sais bien; mais il vaut mieux se mettre sur ses gardes, quand on a affaire à
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110' . OLTVTER TWIST'. Le juif hésita encore, et Sikes les regarda tous les deux avec étonnement. — Je pense bien que Nancy ne doit pas vous faire peur? dit à la fin celui-ci; vous la connaissez depuis assez de temps pour avoir confiance en elle. Ce n'est pas unefille a manger V morceau; n'est
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OLIVIER TWIST. 111 — Et il fera tout: ce que vous voudrez, mon cher, répliqua le juif... Une pourra pas. faire, autrement, c'est-à-diresi vous, l'effrayez quelque peu. — L'effrayer, s'écria Sikes, Ce ne sera pas une fausse peur, croyez-le bien ! S'il a P malheur de m' faire des farces, une fois
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112 OLIVIER TWIST. — Je suis convenu avec Toby pour après-demain, si d'ici là je no lui donnais point contre-ordre, reprit Sikes d'une voix sombre. — Bon, dit le juif; il n'y aura pas de lune. — Non, repartit Sikes. — Et vous avez pris vos mesures pour emporter le magot, n'estce pas? Sikes fit
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OLIVIER TWIST. 113 — Il y a déjà longtemps, répondit le Matois ouvrant la porte d'une chambre : le voilà ! L'enfant était couché sur un mauvais matelas étendu par terre, et dormait d'un profond sommeil. L'accablement, l'inquiétude et la tristesse de sa prison l'avaient rendu si pâle
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, Monsieur ! repartit doucement Olivier-. Tout en se dirigeant vers la porte, le juif se retourna de temps en '.amps pour regarder" le jeune Twist j et, s'arrêîani tout à coup, il L'appela par son nom. Olivier leva la tête; et, sur un signe de celui-là, ilalluma la chandelle. 'Gemme il posait le chandelier
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OLIVIER TWIST. 115 heureuses victimes. Dans-un accès de terreur, il ferma le livre et le repoussa loin de lui;et se laissant tomber sur ses genoux, il pria Dieu de lui épargner de pareilles pensées, et de le rappeler à lui plutôt que de perinettieqTfilse souillât jamais de crimes aussi affreux
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116 - OLIVIER TWIST. — Pourquoi? reprit l'autre levant les yeux au plafond et les ramenant aussitôt vers la terre à l'instant où son regard rencontra celui de l'enfant; oh! pour rien de mal. — Je ne le pense pas, reprit Ohvier, qui l'avait examinée avec attention. — Eh bien ! pense comme tu voudras
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OLIVIER TWIST. 117 tiers; mais je n'en ai pas le pouvoir... Ils n'ont pas l'intention de te faire du mal, d'ailleurs. Eh! qu'importe ce qu'ils te feront faire, tu n'en es pas responsable devant Dieu... Tais-toi! chacune de tes paroles est un coup pour moi... Donne-moi ta main! allons, dépêchetoi
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118 " OLIVIER TWIST. •— A-t-il été tranquille % demanda Sikes. — Comme un agneau, reprit Nancy. — A la bonne heure! dit..Sikes regardant malignement Olivier; autrement sa jeune carcasse en aurait souffert. Avance ici, toi, petit, que je te fasse ta leçon ! ï.. Autant maintenant que plus tard
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OLIVIER- TWIST.. 1,1 Q\ quand elles ont la tête montée... alors elles n'en finissent plus. Maintenant qu'il sait ce que parler veut dire, si tu nous donnais quelque ■chose à souper, que nous ayons le temps de faire un somme avant départir ? En conséquence de cette remarque, Nancy mit promptement h
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120 OLIVIER TWIST, XXI. — Expédition. C'était par une sombre et froide matinée qu'ils sortirent. La pluie tombait par torrents, il y avait de grandes flaques d'eau au milieu du chemin. Il n'y avait personne de levé, les fenêtres étaient fermées, et les rues étaient tristes et silencieuses. Quelques
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OLIVIER TWIST. 12! ni m "çant à l'enfant et mettant la main par distraction dans la poche où était le pistolet. — Ton père marche un peu trop vite pour toi, n'est-ce pas, mon petit? dit le charretier, s apercevant qu'Olivier était tout hors d'haleine. — Pas le moins du monde, reprit Sikes. Il y est
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122 - - ' OLIVIER TWIST.. après avoir, fini de- manger,, qu'Olivier, voyant que. Sikes allait fumer sa quatrième pipe, commença à croire qu'ils n'iraient probablement pas plus loin. Fatigué d'avoir marché et.de s'être levé si'matin, il roupilla d'abord; puis, accablé de fatigue, étourdi parla fumée
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OLIVIER TWIST. lî^. me, après avoir arrangé les guides et défié tous les assistants de trouver une pareille béte dans lé monde entier, monta à son tour. Alors le garçon de l'auberge ayant conduit le cheval au milieu o'; la route- et ayant lâché la bride, celui-ci commença à faire un mauvais usage
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124 . OLIVIER. TWIST. à dormir comme si tu avais pris du laudanum à t m repas et rien de plus fort! Te trouves-tu mieux maintenant, ou faut-il que je te lanco le chandelier de fer aux oreilles pour t'évciller entièrement? A peine ces mots furent-ils prononcés, qu'un frottement de savates sur
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OLIVIER TWIST. . 125 .— En v'ià assez! en v'ià assez! reprit Sikes avec impatience. Et se penchant à l'oreille de son ami, il lui dit tout bas quelques mots qui excitèrent l'hilarité de celui-ci, et lui firent regarder Olivier avec une attention mêlée de curiosité. — Maintenant, dit Sikes
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\W OLIVIER TWIST» grand air-et par la liquem-qTi'onïavalt forcé fléiboire, donna,madiinalement-sa main àSikes. — Prends-lui l'autre main, Toby! dit Sites. Toi, Barney, aie 'oa peu l'oeil au guet ! Ce dernier alla entr'ouvrir la porte et revînt dire que tout était tranquille au-dehors. Les deux
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: OLTVÏER TWIST. 12-T — Lève-toP! gronda Sikes tremhlaat de colère et tirant le pistolet de sa poche, lève-toi, ou j'te fais sauter la cervelle] i —Oh! "pour l'amour de Dieu, laissez-moi aller! s'écria Olivier. Laissez-moi me sauver et mourir dans les-champs! Je n'approcherai jamais de Londres
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128 OLIVIER TWIST. trois, Guillaume, avec les armes de la vieille, au dos de chacune (une superbe licorne bleue avec une fourche d'or.) — Tais ta langue, veux-tu! repartit Sikes d'un ton menaçant. La porte de l'appartement est ouverte, n'est-ce pas? — Toute grande, reprit Toby après avoir regardé
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OLIVIER TWIST. 129 de frayeur flotta devant ses yeux. Un éclair, une explosion, une fumée épaisse, un craquement quelque part, dont il ne put se rendre compte, et il chancela en arrière... Sikes, qui avait disparu un instant, remit la tête à la fenêtre et reprit Olivier par le collet avant
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.130 • OLIVIER TWIST. - : ' — Entrez! dit-elle sèchement. Quelque vieille femme qui^e meurt, sans doute? Elles choisissent toujours le moment où je suis à,table, pour mourir, et jamais d'autre. Entrez! voulez-vous? et ne-restez pas là une heure, la porte ouverte, pour me faire geler de froid
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OLIVIER TWIST. 131 jourd'hui, clair comme le son d'une cloche, et qui ne déposera pas, je vous l'assure. Disant cela, il en prit une bouteille, qu'il présenta à la lumière, et qu'il secoua en même temps pour en prouver la bonté; et, les ayant posées toutes deux sur la commode, il plia le mouchoir
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132 OLIVIER TWIST. mal, quel qu'il soit, qui vivrait avec vous, Madame, et qui ne serait pas attaché à la maison, serait nécessairement un âne, Madame. Et là-dessus, il lui faisait une proposition de mariage,, lorsqu'on frappa vivement à la porte de la chambre : — Qui est là? Une chose digne
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OLIVIER TWIST. SXIV. — Détails obscurs en apparenoe, mais qui ne laissent pas que d'être de quelque importance dans cette histoire. C'était bien.une vraie messagère de mort qui était venue troubler ce ealme et cette paix intérieure qui régnaient dans la chambre de la matrone : son corps était
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134- OLIVIER TWIST. Le système moral aussi bien que le physique est usé chez elle. Estelle assoupie, ma bonne femme? La garde, à qui cette question s'adressait, se pencha sur le Ut pour s'en assurer, et répondit affirmativement par un signe de tête. '_ — Il est bien possible alors
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OLIVIER TWIST. 135 chambre, ferma la porte sur elles et vint se rasseoir au chevet de la malade. —- Maintenant, écoutez bien ! dit la mourante d'une voix plus forte, comme pour exciter en elle une dernière lueur d'énergie. Dans cette chambre, — dans ce lit, —j'ai soigné, autrefois, une jeune
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126 OT.TVTER TWIST. cher petit (continua l'autre, sans prendre garde à la question), que chaque fois que je le voyais, je ne pouvais m'empêcher de penser à elle ! Pauvre jeune fille !... pauvre petite ! Elle était si jeune aussi !... Un si beau petit agneau! Attendez!... Je n' vous ai pas tout dit
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- ' -' • OLIVIER TWIST. 137 cheminée, et tenant sur ses genoux un soufflet avec lequel il avait essayé sans doute de donner au feu, dont la fumée se répandait par .toute la chambre, une plus vive action. Ses coudes sur le soufflet et 'son menton appuyé sur ses pouces, il regardait le foyer d'un air
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.138 OLIVIER. TWIST. .- faite d'un ton lamentable, que le juif sortit de sa rêverie et demandai; ce qu'il y avait. . — Monsieur Fagin ! s'écria Chariot, j' voudrais que vous eussiez pu voir le jeu... Thomas ChitHng n'a pas fait un seul point, et j'étais 5on partenaire contre le Matois. Ah! ah! dit
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OLIVIER TWIST. 139 une bien bonne fille ! Attache-toi à eue, Tom. Va toujours ton petit bonhomme de chemin. — Quand bien même encore, Fagin, répliqua Chitling rougissant encore plus; quand même encore que ça s'rait;... c'est une chose qui ne regarde personne. Le juif, voyant que ChitHng prenait
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140 OLIVIER TWIST. ayant jeté un coup -d'oeil rapide autour de lui, détacha une grosse cravate de laine qui lui cachait le bas du visage, et laissa voir les 'traits du flambant Toby Crackit, pâle, hagard et horriblement fatigué. — Comment ça va-t-il, Fagin? dit l'élégant jeune homme faisant
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OLIVIER TWIST. 141 •— Gomment cela? dit Toby en pâHssant. Vous ne voulez pas dire?... — Je ne veux pas dire! s'écria le juif frappant du pied avec fureur sur le plancher. Où sont-ils, Sikes et l'enfant? où sont-ils?... où ont-ils été? où se cachent-ils? pourquoi ne sont-ils pas venus ici? — Le coup
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142 OLIVIER TWIST. voj'ez sur la droite, en venant de la Cité, une allée sombre et étroite qui conduit à Saffron-Hill, et dans les sales boutiques de laquelle sont exposés en vente d'énormes paquets de mouchoirs d'occasion de toutes grandeurs et de toutes couleurs; car c'est là que résident
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OLIVIER TWIST. 143 connue des habitués de l'étabhssement, était précisément celle où Sikes et son chien ont déjà figuré. Faisant seulement un signe à l'homme assis au comptoir, Fagin monta l'escalier, ouvrit la porte d'une chambre, s'y introduisit doucement et regarda d'un air inquiet autour
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144 OLIVIER TWIST. . — Viendra-t-il ici ce soir? demanda le juif appuyant sur le pronom avec la même emphase qu'auparavant. — Monks, vou's voulez dire? demanda le maître de la taverne. — Chut! fit le juif; oui. — Certainement! reprit l'autre tirant de son gousset une montre d'or. Il devrait déjà
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OLIVIER TWIST. 145 — Il faut qu'eue ait bu, dit à part soi le juif, ou bien eue a du chagrin. Disant cela, il revint sur ses pas pour fermer la porte; et le bruit qu'il fit ayant éveillé Nancy, elle s'informa s'il y avait du nouveau, regardant fixement le rusé vieillard pendant qu'il lui racontait
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1 46 OLIVIER TWIST. — Faut pourtant que ça vous convienne 1 reprit celle-ci partant d'un éclat de rire. — Que ça me convienne ! s'écria le juif, on ne peut plus irrité de l'opiniâtreté de la fille et du désappointement de la journée. Que ça me convienne! Ecoute-moi bien, toi, pécore! écoute-moi
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OLIVIER TWIST. 147 chose que vous désirez que je fasse pour vous, vous feriez mieux d'attendre jusqu'à demain. Je vous entends bien quand vous me parlez, et le moment d'après je ne sais plus ce que vous venez de me dire. Le juif lui fit encore quelques questions, afin de s'assurer qu'eUe n'avait
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148 OLIVIER TWIST. ques pas à tâtons. Dépêchez-vous! Il n'y a rien que je déteste autant que de rester dans l'obscurité. — Fermez la porte, murmura Fagin de l'extrémité du passage. Au même instant elle se ferma avec un grand bruit. — Ce n'est pas moi qui ai fait cela, dit l'homme en cherchant son
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OLIVIER TWIST. 149 — S'il n'y a pas de quoi se fâcher! s'écria le iuif haussant les épaules. — N'allez-vous pas me faire croire que vous n'auriez pas pu en venir à bout si vous aviez voulu ? demanda Monks avec colère. Ne l'avez-vous pas fait des centaines de fois avec d'autres enfants
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i50 OLIVIER TWIST. jMonks. Le petit garçon n'aura pas plus tôt commencé à s'endurcir, [qu'eue ne s'occupera pas plus de lui que si c'était un morceau de 'bois. Vous voulez qu'il soit voleur? S'il est vivant, je puis le rendre tel à compter d'aujourd'hui. Et si... si... ce qui n'est pas' probable
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OLIVIER TWIST. 151 maison, si ce n'est Toby et les enfants... Et ils sont en sûreté... voyez plutôt! Et, pour preuve de ce qu'il avançait, le juif tirade sa poche deux clefs, expliquant comment, lorsqu'il était descendu la première fois dans la cuisine, il avait enfermé ses jeunes pupilles pour
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152 OLIVIER TWIST. .n'approchait, M. Bumble, commençant par le bas, prit connaissance des ■objets'contenus dans trois grands tiroirs remplis de linge et de vêtements du dernier goût serrés bien précieusement entre deux couches de journaux parsemés de fleur de lavande sèche; ce qui parut lui causer
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■ OLIVIER TWIST. 153 — C'est de la menthe, dit madame Corney d'une voix languissante, en souriant agréablement au bedeau. Goûtez-y. Il n'y a pas que de la menthe, il y a encore autre chose avec. M. Bumble goûta le breuvage d'un air douteux, fit claquer ses lèvres, le porta de nouveau à sa bouche
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lO-l OLIVIER TWIST. . ney, queUe brillante perspective!... Quelle occasion favorable d'unir deux coeurs qui s'aiment et de se mettre en ménage ! Madame Corney sanglota. — Le petit mot, voyons ! dit M. Bumble. — Ou... ou... oui ! dit en soupirant la matrone. — Encore un autre mot! poursuivit
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OLIVIER TWIST. 155 quelque part, Noé Claypole, qui n'était jamais disposé à se donne? plus d'exercice qu'il n'en faut pour boire et pour manger, n'avait pas encore fermé la boutique quoique l'heure à laquelle on la fermait ordinairement fût passée depuis longtemps. M. Bumble frappa sur le comptoir
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15G OLIVIER TWIST. de retour, dites-lui d'envoyer demain matin une bière pour une vieille femme du dépôt! Vous comprenez, Monsieur? Disant cela, le bedeau sortit gravement de la boutique de l'entrepreneur. XSVIII. — Suite des aventures d'Olivier. — Que les cinq cent millions de loups vous déchirent
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OLIVIER TWIST. 157 Ayant dit cela, le sieur Grackit, préférant courir la chance d'être tué par son ami à la certitude d'être pris par l'ennemi, partit tout d'un trait et courut à toutes jambes. Sikes frappa du pied de colère, jeta un coup d'oeil rapide autour de lui, étendit sur Olivier le collet
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158 OLIVIER TWIST. . dèrent, et, d'un commun accord, sans se rien dire, ils coururent en toute hâte vers la maison, jusqu'à ce que M. Giles, qui était le plus poussif et qui s'était armé d'une fourche, eut insisté sur la nécessité de s'arrêter. — C'est étonnant, dit-il, lorsqu'il se fut justifié à
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160 OLIVIER TWIST. qu'à fuir. Fuir, il pouvait à peine se soutenir sur ses jambes; et eûtil joui d'ailleurs de toute la vigueur et de la légèreté qu'on a ordinairement à son âge, où aurait-il pu fuir ? Il poussa la porte du jardin, qui tourna sur ses gonds, marcha sur la pelouse, monta les marches
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OLIVIER TWIST. 161 pauvre garçon d'être assassiné dans son Ht ; sans quoi (que j' me dis en moi-même) il serait bien dans le cas de se laisser couper la gorge, d'une oreiUe à l'autre, sans seulement s'en apercevoir. Tous les yeux se tournèrent vers Brittles qui, la bouche béante, fixa les siens sur
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16g CXTVIER 'TWIST. : Ces précautions une fois prises, W. Giles s'empara du bras, du chaudronnier, afin de Vempeclier de se sauver (à ce qu'il dit, du moins en plaisantant), et donna ordre d'ouvrir la porté.. Brittles obéit; etnos gens, se pressant lès uns contre lesautres et regardant avec
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OLIVIER TWIST. l'Ô3 chambre de M. Giles, avec tous les soins possibles; Elle dit en même temps à Brittles de seller le bidet et de se rendre sur-le-champ à Ghertsey, d'où il devait envoyer en toute hâte un constable et un médecin. — Mais ne voulez-vous pas le voir auparavant, Mademoiselle
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OLIVIER TWIST. 165 plein midi, et d'écrire par la petite poste trois jours d'avance pour annoncer leur arrivée! — Et vous, mademoiselle Rose? dit le docteur s'adressant à la jeune flUe. Je... I — Oh! certainement, dit ceHe-ci en l'interrompant : mais il y aj ici, en haut, un pauvre malheureux
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OLIVIER -TWIST.' IST i selle.se glissa légèrement auprès de lui, et, s'étant assise au chevet ■■ du lit, eue sépara les cheveux d'Olivier et quelques larmes, «'-échappant de ses yeux, tombèrent sur le front de l'enfant. Celui-ci se remua un peu et sourit dans son sommeil, comme si ces marques
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168 OLIVIER TWIST..' fin... Puisse le ciel avoir pitié de moi, comme j'ai pitié des autres !... Que puis-je faire pour le sauver, monsieur Losberne ? ! — Attendez donc un peu, dit celui-ci, que je voie s'il y a moyen. Le docteur alors, mettant ses mains dans ses poches, se promena de long en large
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OLIVIER TWIST. 169 La patience des deux dames dut subir une plus longue épreuve qu'elles ne s'y attendaient, d'après ce que leur avait dit M. Losberne. Plusieurs heures s'écoulèrent successivement, et Obvier dormait toujours. Il était déjà presque nuit quand le bon docteur annonça que l'enfant
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Ï70 '. OLIVIER TWIST. i — Comment va le malade ce soir, monsieur Losberne? demanda-t-il. — Comme ci comme ça, répondit le docteur. Je crains bien qu? vous ne. vous soyez mis dans l'embarras, monsieur Giles! — Il n'est pas possible! s'écria celui-ci tout tremblant. Voulezvous dire qu'il en mourra
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OLIVIER TWIST.. 171 à travers la fumée-épaisse de la poudre... deux hommes croient avoir entrevu un enfant. Il se trouve par hasard que le lendemain matin un enfant vient frapper à la porte de cette même maison ; et, parce qu'il a le bras enveloppé d'un mouchoir, ces deux hommes se saisissent
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l72 OLIVIER TWIST. Rassuré par ces paroles, Brittles ouvrit la porte toute grande et se trouva face à face avec un homme en redingote longue, qui entra majestueusement sans rien dire et essuya ses pieds sur le paillasson avec autant de sang-froid que s'il eût été chez lui. — Envoyez quelqu'un
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OLIVIER TWIST. " 173 de cela tout à l'heure... Peut-être ne serez-vous pas fâchés de voir auparavant la fenêtre que les voleurs ont brisée ? — Certainement, répondit Blathers. Nous ferons mieux de visiter les lieux d'abord!... ensuite nous interrogerons les domestiques : c'est ainsi que nous avons
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17-1' OLIVIER TWIST.- en juger par les apparences et les considérations du monde, son histoire est bien douteuse. — Vous y ajoutez foi, vous, n'est-ce pas? reprit vivement la jeune fille., — Oui, sans doute, j'y ajoute foi,, quelque étrange. qu'eue soit, d'ailleurs, et je peux bien être
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. - OLIVIER TWIST. 175 tons à ces hommes la chose telle qu'elle est, je suis certain qu'ils n'y ajouteront pas foi;... et en supposant même qu'ils finissent plus, tard par acquitter cet enfant, la publicité qu'ils donneront à cette affaire et le doute qui l'enveloppera détruiront tout l'effet
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176 OLIVIER TWIST. — Ils prendront bien auparavant un verre de quelque chose?, dit le docteur enchanté d'avoir trouvé ce moyen de les retarder un peu. — Certainement, dit Rose devinant l'intention de ce dernier. Tout de suite, si vous voulez ! — Volontiers, Mademoiselle, dit Blathers passant
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OLIVIER TWIST. 177 malade et le docteur avec l'expression la plus comique d'inquiétude et de crainte. — Vous ne pouvez pas dire le contraire, je pense? poursuivit le docteur recouchant doucement OHvier. —Tout ce que j'ai fait a été pour... pour le mieux, répondit Giles. Je ne suis pas méchant
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178 OLIVIER TWIST. ' cinq minutes, qu'il commençait à craindre qu'il n'eût été trop prompt. D'après cette déposition, la question fut de savoir si M. Giles avait réeHement blessé quelqu'un; et, après examen du second pistolet, il se trouva qu'il n'était chargé qu'à poudre avec un peu de bourre
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OLIVIER TWIST. '179 "XX2CI. — TJe la vie heureuse qu'Olivier mène avec ses amis. La maladie d'OHvier ayant été d'une nature, sérieuse, sa convalescence fut longue. Les souffrances que lui causait sa blessure, jointes à une fièvre ardente qui dura plus d'un mois, l'avaient épuisé totalement. Pénétré
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181 OLIVIER TWIST. Sans donner le temps au cocher de descendre de son siège, le docteur parvint (je ne sais comment) à sertir de la calèche, et courut droit à la masure, à la porte de laqueUe il frappa à coups redoublés, comme un enragé. — AUons ! dit un vilain petit bossu ouvrant si brusquement
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OLIVIER TWIST. 181 besoin de moi, je suis toujours ici. Je n'ai pas vécu ici seul dans cet état de folie, depuis plus de vingt-cinq ans, pour que vous veniez m'effrayer ainsi. Vous me paj^erez cela, soyez-en sûr ! Ayant dit ces mots, le hideux petit monstre poussa un cri affreux et se mit à danser
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182 OLIVIER TWIST. — Là!... là! Celle-ci!... La maison blanche! s'écria Olivier mettant vivement la tête à la portière de la voilure. Oh! vite, vite, je vous prie!... Je sens que j'en mourrai de joie. J^en suis tout tremblant. — Patience ! patience ! dit le bon docteur lui donnant un petit coup sur
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■ou OLIVIER TWIST. 183 conduite de ses bienfaiteurs envers lui. Une quinzaine s'était passée depuis, et, avec elle les beaux jours étant venus, on se disposa à quitter pour quelques mois la maison de Chertsey. En conséquence, ayant envoyé chez leur banquier l'argenterie qui avait excité si fort
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181 OLIVIER TWIST. XXXII. — Un Incident imprévu vient troubler le bonheur de nos trois amis. L'été succéda bientôt au printemps; et la campagne, qu'Olivier avait trouvée si belle à son arrivée au village, déployait alors ses richesses et se montrait dans toute sa beauté. La terre avait revêtu son
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OLIVIER TWIST. 185 traits si doux et si réguliers quelque chose de hagard qu'on n'y avait jamais vu auparavant. En moins de rien, son visage devint pourpre et ses yeux bleus se couvrirent d'un nuage. Quelques minutes encore et eHe était pâle à faire peur. OHvier, qui, pendant tout ce temps, avait
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186 OLIVIER TWIST, vous recommanderez d'aller à franc é'trier. Les gens de l'auberge s'en chargeront, et je m'en rapporte à vous du soin de la voir-partir. ; OHvier ne put répondre, tant H était impatient de s'éloigner au plus vite. — En voici une autre, reprit madame Maylie d'un air pensif; mais
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OLIVIER TWIST. 187 (ce qui exigea encore assez de temps). Ensuite, quand il en fut venu à bout et qu'il se fat fait payer d'avance, il fit seller un cheval et donna ordre à un postillon de s'apprêter, ce qui fut l'affaire de près d'un \ quart d'heure, pendant, lequel temps Olivier, qui était sur
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188 OLIVIER TWIST instant. A peine l'eut-il vue que, prenant madame Maylie en particulier, il lui avait déclaré que sa maladie était des plus graves, et que ce serait un miracle si sa nièce en réchappait. Le lendemain matin, tout se passa en sUence dans l'intérieur de la maison. On se parlait
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OLIVIER TWIST. 189 XXXIII. — Un nouveau personnage est introduit sur la scène. — Encore une aventure qui survient à Olivier. C'était vraiment plus de bonheur qu'Olivier n'en pouvait supporter. Etourdi et stupéfait à cette nouvelle inattendue, il ne pouvait ni pleurer, ni parler, ni même se tenir
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190 OLTVTER TWIST. hors de la voiture, et prenant brusquement OHvier par le bras, il e tira en particulier. . . — Vous êtes certain de ce que vous dites, n'est-ce pas, mon ami. demanda-t-il d'une voix tremblante. Vous ne voudriez pas nie fromper-en me donnant un espoir qui ne devrait
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OLIVIER TWIST. 191 sur le nouveau venu. Il pouvait avoir vingt-quatre ou vingt-cinq ans ; il était de moyenne taille; il y avait un air de franchise et de bonté sur son. visage, qui d'ailleurs était- noble et réguber ; ses manieras étaient aisées et prévenantes tout à la fois. Malgré la différence
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19B OLIVIER TWIST. - . qui, pour être partagés, n'en deviennent que plus passagers. Je sais en outre, poursuivit-eUe en regardant fixement le jeune homme, qu'une femme qui peut rougir de sa naissance (bien qu'il n'y ait rien de sa faute) est exposée, ainsi que ses enfants, aux sarcasmes des sots
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0L1YIER TWIST. 193 de la savoir malade... et comme il me tarde de la voir. Vous ferez cela pour l'amour de moi, n'est-ce pas, bonne mère ? — Oui, dit madame Maylie; je lui dirai tout cela. Ayant dit ces mots, elle pressa tendrement la main de son filset disparut. Pendant ce dialogue entre le fils
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194 ' OLIVIER TWIST. pot de bière et des verres, il annonça avec un air de bienveillante dignité qui produisit le plus grand effet, qu'en considération de sa : belle conduite lors de la tentative de vol, il avait plu à sa maîtresse de. déposer à la caisse d'épargne la somme de vingt-cinq
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OLIVIER TWIST. 195 temps long. Il redoubla d'assiduité auprès du "bon vieillard, qui lui donnait des leçons, et il travailla avec lant d'ardeur qu'il fut luimême étonné des progrès rapides qu'il fit. C'est pendant qu'U poursuivait ainsi le cours de ces études, qu'il fut grandement alarmé
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390 . (JL1VIER TWIST. pâle de rage ou de frayeur, ou peut-être des deux, était ce même homme qui lui avait parlé si brusquement à la. porte de l'auberge^ En moins de rien ils disparurent aussi vite que l'éclair; mais ils l'avaient reconnu et lui de même, et leurs regards étaient restés gravés dans
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"""' OLIVIER TWIST. ' 197 Leurs recherches furent inutiles; ils n'aperçurent même pas les traces- des pas des deux fugitifs. Ils se trouvaient alors sur le sommet d'une colline qui dominait la plaine à trois ou quatre milles à la ronde. Le village était dans le fond à gauche ; mais en supposant
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198 OLIVIER TWIST. ils auraient pu être à boire ou à s'amuser; mais il ne rapporta aucune nouvelle qui servît à éclaircir ou à dissiper ce mystère. Le lendemain on fit de nouvelles perquisitions sans obtenir un meilleur résultat. Le jour suivant, M. Maylie et Olivier se rendirent au bourg voisin
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OLIVIER TWIST. 199 craintes, reprit le jeune homme : celle de perdre l'objet de toutes mes affections... l'être qui m'est plus cher que la vie... celle enfin sur qui je fonde mes désirs et mon espoir. Des larmes s'échappèrent en ce moment des yeux de la jeune , fille. —r Un ange! poursuivit Henri
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200 OLIVIER TWIST. monde que, par un motif d'intérêt, j'aurais encouragé une première - passion de jeune homme et" que j'aie été un obstacle à ses projets. futurs. — Si votre inclination, s'accorde avec ce-que vous croyez votre devoir! dit Henri. — Non, répliqua Rose rougissant extrêmement
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OLIVIER TWIST. 2.1. au nom de l'affection que je vous porte, au nom de tout ce que j'ai souffert et de ce que je suis condamné à souffrir à cause de vous, répondez à celte seule question ! — Si votre destinée eût été tout autre, répliqua la jeune fille, s'il n'y eût pas eu une si grande différence
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202 OLIVIER TWIST. tout à coup résolu de rester ici, et, comme un bon fils, d'accompagner madame Maylie au bord de la mer; l'après-midi, vous annoncez que vous me ferez l'honneur de venir avec moi, aussi loin que jy vais moi-même, sur la route de Londres; et le soir vous me pressez, avec beaucoup
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OLIVIER TWIST. 203 moi au long et parlez-moi des promenades que vous faites le soir, du sujet de vos entretiens ; et dites-moi surtout si ces dames paraissent, heureuses... Vous comprenez bien, n'ést-eè pas? — Oh! certainement, Monsieur ! répliqua Olivier. — Il n'est pas nécessaire
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^04 OLIVIER. TWIST. le tricorne et l'habit galonné?... Il portait bien, comme auparavant, une culotte courte et des bas de coton noirs; mais ce n'était plus la culotte de drap peluché. L'habit avait bien de larges basques, de même que l'autre; mais qu'il était différent de ce dernier! L'élégant
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OLIVIER TWIST. 205 tondez-vous, Madame! reprit M. Bumble. Et, quoique je ne ronde pas, je ronflerai, je bâillerai, j'éternuerai, je rirai, je chanterai, je crierai selon que l'idée m'en prendra et en conséquence de mes prérogatives. — Vos prérogatives ! s'écria madame Bumble. — J'ai dit le mot
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208 OLIVIER TWIST. placer le tapis, qui avait été foulé aux pieds dans la lutte, et M. Bumble s'échappa aussitôt de la salle. _ M. Bumble fut grandement surprise joliment battu. Il avait une propension décidée à faire, le fanfaron; et cette_ propension lui faisait trouver un certain plaisir à
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OLIVIER TWIST. 207 nous n'avons nullement besoin de vous ici, et vous aimez trop à fourrer votre nez dans les choses qui ne vous regardent pas. Il n'y a pas une seule personne dans cette maison qui ne se moque de vous aussitôt que vous avez le dos tourné; et par vos niaiseries vous vous rendez
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208 OLIVIER TWIST. et chaque fois que cela lui arrivait, il ramenait bien vite ses yeux sur le journal : confus de voir que, dans le même moment, celui-ci le regardait de la même manière. Lorsque leurs yeux se furent ainsi rencontrés plusieurs fois, l'inconnu rompit enfin le silence. — Est-ce moi
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OLIVIER TWIST. 209 dire qu'il avait bien deviné son homme, et il tira le cordon de la sonnette. — Remplissez cela! dit-il donnant au garçon le verre de M. Bumble. Fort et chaud ! C'est ainsi que vous l'aimez, je crois? — Pas trop fort, dit M. Bumble affectant de tousser avec peine. — Vous comprenez
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210 . . " . OLIVIER TWIST. qui a enseveli la mère de cet enfant et. qui a assisté à ses derniers moments... où est-elle? — Il me serait assez difficile de vous dire. où. elle est,maintenant! répondit M. Bumble, que le grog avait rendu facétieux. En quelque endroit qu'eUe soit, allée,, d'une manière
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OLIVIER TWIST. 211/ tournant subitement au moment où M. Bumble lui toucha le bras; vous me suivez, je crois! j — C'est seulement pour vous faire une question, reprit l'autre montrant du doigt le,petit morceau de papier. Quel nom dois-je demander? — Monks ! répHqua l'inconnu, et H s'éloigna
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212 - - OLIVIER TWIST. Ce fut devant cette maison que le digne couple s'arrêta comme les premiers roulements du tonnerre se faisaient entendre au loin, et que la pluie commençait à tomber par torrents. — Ce doit être ici quelque part, dit M. Bumble consultant un petit morceau de papier qu'il tenait
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[ OLIVIER TWIST. 213 • Ayant dit ces paroles gracieuses, Monks se tourna brusquement vers la matrone et la regarda fixement; de sorte que celle-ci, qui pourtant ne se laissait pas facilement intimider, fut obligée de baisser les yeux. — C'est bien la femme dont vous m'avez parlé? demanda Monks
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Pi.4- OLIVIER TWIST. La question s'adressait à Bumble, mais la.femme s'empressa de répondre qu'eUe en était instruite. — Vous étiez avec la vieille sorcière en question, le soir qu'eUe est morte, et... elle vous a dit quelque chose?... — Au sujet de la mère de cet enfant que vous connaissez
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OLIVIER TWIST. 215 chambre, laquelle aurait pu entendre, et, par conséquent, comprendre?... — Il n'y avait pas une âme, répliqua la matrone. Nous étions tout à fait seules. J'étais à son chevet quand eUe rendit le dernier soupir. -— Bien, dit Monks regardant fixement la matrone. — Elle m'a parlé
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216 OLIVIER TWIST. de croire qu'eUe avait d'abord gardé l'objet pendant quelque temps, dans l'espoir, sans doute, d'en tirer un plus grand profit, et qu'elle le mit ensuite en gage, ayant soin, sur l'argent qu'elle en aura reçu, d'épargner de quoi payer, chaque année, les intérêts, afin de pouvoir
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OLIVIER TWIST. 217 faites pas un seul pas en avant, ou c'en serait fait de vous pour toujours ! Disant ces mots, H poussa la table de côté, et passant sa main dans un anneau de fer fixé dans le plancher, lâcha une trappe qui s'ouvrit justement aux pieds de M. Bumble; ce qui effraya teUement
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2i8 OLIVIER TWIST. car il se trouvait en ce moment si près de l'échelle qu'il s'en fallait de bien peu qu'il ne tombât, la tête la première, dans la,pièce au-desE.ous. Il aUuma sa lanterne à celle que Monks détacha de la corde; et, ne cherchant nullement à prolonger l'entretien, H descendit
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OLIVIER TWIST. 21Ç La maladie de Sikes n'avait pas adouci son caractère; car, au moment où Nancy, l'ayant aidé à se lever, le conduisait vers une chaise, H fit des imprécations contre sa maladresse, et H la frappa. — Ne vas-tu pas pleurnicher? dit-U; ôte-toi de là, si tu veui r'nifier
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220 OLIVIER TWIST. impatient... au Heu d'être là à babiUer et à me regarder comme un événement ! Fagin s'approcha aussitôt de Nancy avec une exclamation de surprise, tandis que Jack Dawkins, autrement le fin Matois, qui avait suivi son vénérable ami, posa promptement à terre un paquet dont il était
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OLIVIER TWIST. 221 — Vous en avez chez vous à remuer à la pelle, répliqua Sikos, et c'est de là qu'U m'en faut ! — A remuer à la pelle! y pensez-vous? s'écria le juif levant les mains au ciel. Le peu que j'ai ne pourrait pas suffire à —■ Je ne sais pas combien vous avez, et je pense bien
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222 OLIVIER TWIST. m'en vais te chercher cet argent, Nancy. Ceci est- la clef de la petitearmoire où je serre toutes les choses que mes jeunes gens m'apportent. Je n'enferme jamais mon argerit à clef, ma chère; car je n'en ai jamais assez pour cela, ah! ah! ah!... Non certes, ma chère
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OLIVIER TWIST. 225 — Pas mauvaise, tant s'en faut! répliqua Monks en souriant. J'ai été assez heureux cette fois. Je voudrais vous dire deux mots en particulier. Nancy s'approcha de nouveau de la table et n'offrit point de se retirer, bien qu'eUe s'aperçût que Monks la montrait du doigt
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224 OLIVIER TWIST. l'exécuter un projet qu'eUe avait en tête, elle se tordit les bras et pleura amèrement. XXXtîT. — Sinjju'iere entrevue en conséquence de ce qui s'ert passé dans le chapitre précédent. Fort heureusement pour Nancy, Sikes, une fois en possession de l'argent, passa toute la journée
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OLIVIER TWIST. 225 une tasse (ayant eu soin pour cela de se détourner un tant soit peu), et eUe porta elle-même le vase à ses lèvres, jusqu'à ce qu'U eût tout bu. — Maintenant, dit le brigand, viens f asseoir près de moi, et reprends ta mine accoutumée si tu ne veux pas que je te la change moimême
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226 OLIVIER TWIST. clarté du réverbère placé devant la porte, onze heures sonnèrent à l'horloge d'une église voisine. Elle avait ralenti sa marche, incertaine si elle devait avancer ou s'en retourner, mais le son de la cloche ., l'ayant déterminée, elle entra dans le vestibule. Ayant trouvé le fau
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OLIVIER TWIST. 227 EUe leva les yeux suffisamment pour remarquer que la personne qui se présentait à eUe était jeune. — On a assez de peine à parvenir jusqu'à vous, Mademoiselle! dit-eUe secouant la tête d'un air d'indifférence. Si je m'étais offensée et que je fusse partie (comme toute autre à
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228 OLIVIER TWIST. mes les plus misérables s'éloignent de moi quand je passe près d'eUes dans la rue. — De quelles horribles choses venez-vous m'entretenir ! dit Rose reculant involontairement. — Rendez grâces au ciel, ma bonne demoiselle, s'écria Nancy, de ce qu'U vous a accordé des amis
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OLIVIER TWIST. 220 un voleur; ce que (pour des raisons que j'ignore) Monks paraissait désirer vivement. — Dans quel but? demanda Rose. — C'est ce que je ne sais pas, reprit la fille. Comme je me penchais pour mieux entendre, il aperçut mon ombre sur le mur (et il n'y en a pas beaucoup à ma place
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230 OLIVIER TWIST. — Son frère! s'écria Rose joignant lés mains de surprise. — Voilà ses propres paroles, dit Nancy regardant d'un air inquietautour d'eUe (ce qu'elle n'avait cessé de faire depuis le moment où eUe avait commencé à parler, car l'image de Sikes la tourmentait continuellement
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OLIVIER TWIST. 23 ï que des larmes coulaient de ses joues, ne rejetez pas les sollicitations . d'une personne de votre sexe, la première, la seule, je pense, qui vous ait jamais parlé avec douceur et compassion!... Ne refusez pas . de m'entendre et laissez-vous ramener dans le sentier de l'honneur
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232 OLIVIER TWIST. -— Il me semble que vous devriez raconter cela, sous le sceau du secret, à quelque monsieur de vos amis qui vous dira ce que vous avez à faire, repartit Nancy. ' — Mais où vous trouverai-je quand il en sera nécessaire? demanda Rose. Je ne cherche pas à savoir où demeurent
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e OLIVIER TWIST. 233 de vivre sans déshonneur, jusqu'à ce que nous nous revoyions du moins? dit Rose après un instant de silence. — Pas un sou ! reprit la fille. — Ne rejetez pas l'offre que je fais de vous aider, dit Rose avec bonté; je désire vous être utile, je vous assure. ■— Vous me rendriez
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234 OLIVIER TWIST. au docteur... Avoir recours à un homme de loi, en supposant qu'elle eût su comment s'y prendre, était chose à laquelle elle devait renoncer pour la même raison... Elle eut bien un moment la pensée d'écrire à Henri; mais elle se souvint de leur dernière entrevue... Elle était dans
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OLIVIER TWIST. 2oO avait reçu l'ordre de faire monter la jeune demoiselle: il l'introduisit dans une chambre du premier étage, où elle fut présentée à un monsieur d'un certain âge, à l'air affable, et ayant un habit vert-bouteille. Non loin de lui était un autre vieux monsieur en culotte courte
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236 OLIVIER TWIST. buser quant à l'opinion défavorable que j'ai dû concevoir de ce pauvre enfant, au nom du ciel faites-le sur-le-champ! — C'est un petit vaurien! j'en mangerais ma tête que c'est un petit vaurien! dit M. Grimwig sans remuer aucun muscle de son visage, comme le ferait un ventriloque
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OLIVIER TWIST. 237 davantage, il s'élança hors de la chambre, descendit l'escalier quatre à quatre, sauta sur le marchepied, et delà dans la voiture. A peine la porte de la chambre fut-elle refermée sur lui, que M. Grimwig leva la fête, et, convertissant en pivot un des pieds de derrière
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23S OLIVIER TWIST. sant dans ses bras. Comme il a bonne mine... et qu'il est bien mis. Il a l'air d'un petit monsieur! Où avez-vous été pendant tout ce temps qui m'a semblé si long?... Ah! toujours son joli petit visage... mais plus si pâle cependant... Toujours ses yeux si doux, mais plus
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OLIVIER TWIST. 239 3a fois de l'héritage de ses parents et de tout espoir de retrouver sa famille, le docteur finit par convenir que ses emportements pouvaient tout gâter et qu'à l'avenir il serait plus calme. En conséquence il fut convenu que MM. Grimwig et Henri Maylie feraient partie du comité
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21 J OLIVIER TWIST. ça! dit l'homme aux longues jambes. Ne vois-tu pas d'ici lesluimères de Londres? -— Il v a encore au moins deux bons milles d'ici. — Eh bien ! après? Qu'il y en ait deux ou qu'il y en ait vingt, répliqua Noé Claypole (car c'était lui-même). Allons! lève-toi, et en. route
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OLIVIER TWIST. 241 Quelle est l'enseigne de la maison? A., .u.. .x... aux, t.. .r.. .0.. .i.. .s... trois, aux trois... aux Irois... aux trois quoi? demanda-t-il. — Aux Trois-Boiteux, dit Charlotte. — Aux Trois-Boiteux? répéta Noé. Elle n'est déjà pas si bête, c'te enseigne-là! Toi, suis-moi
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2-12 OLIVIER TWIST. entra pour s'informer si on n'avait point vu quelques-uns de ses jeunes élèves. — Chut! fit Barney mettant son doigt sur-ses lèvres, .il y a deux bersodes dans la bedite salle. ■— Deux personnes! répéta le vieillard à voix basse. . — Oui, et de drôles de corps, allez! ajouta
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OLIVIER TWIST. 213i la fille, imprimant un gros baiser sur la figure hideuse de son compagnon. — C'est bon, en voilà assez comme ça !'Ne sois pas trop affectionnée, de crainte de me déplaire, dit Noé la repoussant avec gravité. J'aimerais êtrele capitaine de quelque bande... J' vous les mènerais
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244 OLIVIER TWIST. — Que cela ne vous effraie pas, mon cher! dit Fagin se rapprochant de Noé. Ha! ha ! c'est bien heureux que je sois le seul qui vous ait entendu par le plus grand des hasards. — Ce n'est pas moi qui ai pris la banknote! balbutia Noé n'allongeant plus ses jambes comme un homme
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OLIVIER TWIST. 245 porter les paquets en haut. Charlotte! vois un peu à ce que ces paquets soient placés dans la chambre où nous devons coucher. Charlotte se mit en devoir d'obéir, et Noé tint la porte ouverte pour lui faciliter le passage et pour la voir sortir; après quoi il vint se rasseoir
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g-48 OLIVIER TWIST. — Ah! aki voilà mon affaire. — Eh bien! c'est .convenu! dit Noé voyant que Charlotte était rentrée sur ces entrefaites. A quelleheure demain-? — A dix heures, cela vous va-t-il.? demanda le juif. Et quand k sieur Claypole eut fait un signe de tête affirmatif, il ajouta : — Sous
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OLIVIER TWIST. 247 duiie sur le sieur Boiter. Pour en augmenter l'effet, il l'instruisit do l'état de ses affaires et de ses opérations, de commerce, mêlant si bien la fiction à la vérité, que le respect et la crainte qu'il avait inspirés à ce digne jeune homme s'accrurent visiblement. — C'est
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248 OLIVIER TWIST. tuité, quand le dialogue fut interrompu par l'arrivée de maître Bâtes, qui entra d'un air contrit, les deux mains dans ses poches. — C'est fini, Fagin! dit Chariot. — Que veux-tu dire? demanda celui-ci d'une voix tremblante. — Us ont trouvé le monsieur à qui appartient la boîte
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OLIVIER TWIST. 249 tous ses repas et de l'argent dans sa poche pour jouer à pile ou face, s'il ne peut le dépenser. — Vraiment! s'écria Chariot. • — Sans doute, repartit le juif. Et nous lui trouverons un défenseur, Chariot. Nous choisirons celui qui passe pour avoir la meilleure platine
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25 ) ■ OLIVIER TWIST. la gueule du loup!.,. Non, non, mon cher! c'est assez pour moi d'en avoir perdu un, sans encore m'exposer à perdre l'autre. C'est même déjà trop pour cette fois. — Vous ne voulez pas y aller vous-même, je pense? dit Chariot d'un ton goguenard. — Cela ne m'irait
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OLIVIER TWIST. -o 1 Persuadé par ces paroles de Fagin, aussi bien que par la crainte ■que ce dernier lui avait inspirée, le sieur Boiter consentit, d'assc; mauvaise grâce, à faire cette démarche. Par le conseil du juif, il revêtit un costume de charretier. Lorsque tous ces arrangements furent pris
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552 OLIVIER TWiST. jamais manqué à ma parole, il s'en ira d'abord, je vous préviens, si je n'arrive pas à l'heure dite. Avec ça qu' je ne r'clamerai point des dommages et intérêts contre ceux qui m'auront fait perdre mon temps; non, s'cusez! du plus souvent! Ayant dit ces paroles avec
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OLIVIER TWIST. 253 fraj'cr un chemin à travers la presse, et que ce jeune homme était bien le prisonnier qu'il voyait devant lui. — Avez-vous quelque question à faire,au témoin ici présent, jeune homme? dit le magistrat. — Je n' voudrais pas m'abaisser à tenir conversation avec lui, répondit
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254 OLIVIER TWIST. Noé s'en retourna du mieux qu'il put à l'endroit où il avait laisse maître Bâtes. Ils se hâtèrent donc d'apporter à Fagin l'heureuse nouvelle que le Matois faisait honneur aux principes qu'il avait reçus, et qu'il travaillait à s'établir une glorieuse réputation. XLIII
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OLIVIER TWIST. 255 — Eh bien! Nancy, cria Sikes, que fais-tu donc là! où as-tu l'intention d'aller à l'heure qu'il est? — Pas bien loin. — Est-ce que c'est une réponse ça, Pas bien loin! reprit Sikes. Où vas-tu? — Pas loin, te dis-je. — Mais encore ! veux-tu répondre, demanda Sikes, qui commençait
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IOQ OLIVIER TWIST. un seul mot, je te ferai étrangler par mon chien; ça fait que tu crieras pour quelque chose. Qu'est-ce qui lui prend? a-t-on jamais vu ! — Laisse-moi sortir, dit Nancy d'un ton suppliant. Laisse-moi sortir, Guillaume, je t'en prie! ajouta-t-elle en s'asseyant par terre près
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OLIVIER TWIST. 257 m'avez laissé là; vous m'avez abandonné, vous vous êtes tenu à l'écart, dit Sikes. Nous n'avions pas le sou à la maison, et c'est probablement ce qui l'aura tourmentée. D'avoir été enfermée si longtemps, aussi, ça peut bien lui avoir aigri le caractère, hein? — C'est très
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£58 OLIVIER TWIST. '— Je vous connais bien, dit la fille sans faire paraître la moindre émotion. Bonsoir! . '•■ Tout en regagnant sa demeure, Fagin donna un libre cours aux pensées qui occupaient son esprit.. Depuis quelque temps il avait conçu l'idée que Nancy, lassée de la brutalité du brigand
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OLIVIER TWIST. 259 trois pots d'étain est sans doute quelque chose de très-adroit; mais -celui de la boîte à lait est tout à fait un chef-d'oeuvre. ■— Pas mal, je dis, pour un débutant! repartit le sieur Boiter avec un air de complaisance; j'ai décroché les pintes d'une grille en fer devant
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2G0 OLIVIER TWIST. Elle a fait de nouvelles connaissances, mon cher, répliqua le juif, et il faut que je sache ce qu'elles sont. — Je devine, reprit Noé, Seulement pour avoir le plaisir de les connaître, afin de savoir si ce sont des gens respectables, hein? ha! ha ! ha ! Je suis votre homme
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OLIVIER TWIST. 261 SLIV. — Nancy est exacte au rendez-vous. Onze heures trois quarts sonnaient à l'horloge de plusieurs églises, quand deux personnes parurent à l'entrée du pont de Londres. La première, qui était une femme, s'avançait d'un pas vif et léger, regardant avidement autour d'elle comme
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262 - OLIVIER TWIST. : qu'il n'y avait point d'autre endroit pour se cacher et que, d'ailleurs, la marée étant alors très-basse, il y avait beaucoup de place, il se rangea de côté, le dos contre le pilastre, et attendit là nos trois amis, presque sûr qu'ils ne descendraient pas plus bas
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' OLIVIER TWIST. 203 dormir, je n'avais mis du laudanum dans la potion que je lui ai donnée. ' — Dormait-il encore quand vous êtes rentrée? demanda le monsieur. , — Oui, répondit la fille, et ni lui ni aucun d'eux n'ont le moindre soupçon. — C'est bien, dit le monsieur. Maintenant, écoutez-moi
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264 OLIVIER TWIST. (comme je vous l'ai dit) que la vérité nous soit connue, c'est tout ce que nous demandons, vos amis ne courront aucun danger. ! — Et s'il ne veut pas avouer la vérité ? dit la fille. — Alors, repartit le monsieur, le juif ne sera traîné en justice qu'autant que vous y consentirez
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OLIVIER TWIST. 265 -—J'ai su cela en partie des gens de la maison dont je vous ai parlé, poursuivit la fille; car je ne l'ai vu que deux fois, et encore il . était enveloppé d'un grand manteau. Je crois que voilà tout ce que je puis vous en dire... A propos, attendez!... Quand il tourne la tête
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266 OLIVIER TWIST. — Comment peut donc se terminer la misérable existence de cette pauvre fille ? s'écria Rose. ' — Comment! reprit la fille ; regardez devant vous, Mademoiselle ! jetez des yeux sur cette eau qui bouillonne à vos pieds! Combien de fois n'avez-vous pas entendu parler de pauvres
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OLIVIER TWIST. 267 Claypole dormant d'un profond sommeil. Il était depuis longtemps' dans cette attitude, lorsque enfin le bruit des pas d'une personne qu'il crut reconnaître vint frapper son oreille. — Enfin ce n'est pas dommage ! murmura-t-il. Comme il disait ces mots, la sonnette se fit entendre
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268 OLIVIER TWIST. - Eh "bien ! après ? dit-il reprenant sa première position. — Je suppose que ce garçon, poursuivit le juif, vienne à nous trahir... qu'il nous vende tous... qu'il découvre les gens qui ont intérêt à nous connaître... qu'il leur donne notre signalement jusqu'à, la moindre petite
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OLIVIER TWIST. 269 — Ce que vous savez au sujet de Nancy, dit le juif, tenant Sikes par le poignet comme s'il eût craint que celui-ci ne sortît avant d'avoir tout entendu. Vous l'avez suivie, n'est-ce pas? — Oui. — Au pont de Londres ? . — Oui. — Où elle a rencontré deux personnes? — Justement
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£70 OLIVIER TWIST. t-elle ajouté à propos de l'homme dont elle avait parlé à la demoiselle auparavant? Dites-lui cela, dites-lui cela. — Elle a dit qu'elle ne pouvait pas sortir aisément, à moins qu'il ne sût où elle allait, dit Noé, et que, la première fois qu'elle est venue trouver
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OLIVIER TWIST. 271 dans sa peau. Plein de farouches pensées et ayant un affreux projet en tête, il marchait tête baissée; et, sans avoir dit une seule parole ni remué un seul muscle de son visage, il se trouva devant sa maison. Il entra sans faire de bruit, monta doucement l'escalier, ouvrit
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271 OLIVIER, TWIST. Le brigand se débattit violemment pour lui faire lâcher prise; mais les bras de la fille étaient entrelacés dans les siens d'une telle sorte, qu'il ne put en venir à bout. — Guillaume, dit Nancy cherchant à poser sa tête sur le sein du brigand, ce vieux monsieur et cette bonne
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OLIVIER TWIST. 273 peine eut-on ouvert, qu'un fort gaillard descendit à son tour et se mit en faction d'un côté du perron, tandis qu'un autre de même stature sauta lestement de dessus le siège où il avait pris place à côté du cocher, et vint se poster vis-à-vis du premier. A un signe de M. Brownlow
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274 ' OLIVIER TWIST. —.Voilà de jolis procédés, Monsieur, en vérité, de la part d'un .'ancien ami de mon père! dit Monks. •=—. C'est justement parce que j'étais l'intime ami de Votre père, reprit M. Brownlow; c'est justement parce que l'espoir de mes jeunes années m'attachait à lui, et que sa soeur
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OLIVIER TWIST. 275 goût à la haine, jusqu'à ce qu'enfin, ne pouvant plus se supporter l'un L'autre, ils; furent, obligés de se séparer; — Eh bienli ils furent séparés, dit Monks. Qu'est-ce que cela prouve? —Aprèsqru-elque'tempsde séparation, reprit M. Brownlow, et quand votre, mère, lancée'dans
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276 OLIVIER TWIST. — C'est un récit de malheurs, de chagrins et de misères, jeune homme, répliqua M. Brownlow; et de tels contes (comme vous voulez bien dire) sont toujours longs. Enfin, un de ses parents pour l'amour duquel votre père avait été sacrifié, comme le sont tant d'autres, vint à mourir
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OLIVIER TWIST. 277 Monks parut se trouver plus à l'aise, et jeta autour de lui un regard de triomphe. — .Lorsque votre frère, poursuivit M. Brownlow en se rapprochant de Monks, pauvre et opprimé, tomba entre mes mains (je ne dirai pas par le plus grand des hasards, mais par les soins
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278 OLIVIER TWIST. — Et me voilà ! dit Monks effrontément en se levant.de sa chaise, .que me voulez-vous enfin? La fraude et le vol sont deux fort jolis mots justifiés (selon vous) par une ressemblance imaginaire enïre un petit diablotin et un homme qui n'est plus depuis des années..-. Mon frère
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OLIVIER TWIST. 279 arrêté. Je n'en connaissais pas la cause-; j'attribuais cela à toute autre chose. ! —-La révélation d'une partie de vos secrets en est la seule cause, dit M, Brownlow. Voulez-vous révéler le reste? — Oui, oui, certainement! -^ Avouer la vérité devant témoins ? ■— Je le promets
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380 OLIVIER TWIST. —■ Restez ici jusqu'à mon retour. Disant cela, M. Brownlow sortit avec M. Losberne et ferma à clef la porte de la chambre. — Quel est le résultat de votre entretien? demanda le docteur. — Tout ce que j'en espérais et même plus, répondit M. Brownlow. Je lui ai prouvé qu'il n'y
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OLIVIER TWIST. 281 su se conserver son chez soi sans exciter le moindre soupçon, de recevoir à l'improviste la visite d'un particulier qui, bien qu'il soit aimable et même plaisant au jeu de cartes, n'en est pas moins dans une position équivoque? — Surtout quand ce jeune homme a chez lui un ami
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SSâ 0LTVIER TWIST. trois ensevelis dans une rêverie profonde, un piétinement se fit entendre dans l'escalier, et le chien de Sikes entra d'un seul bond dans la chambre. Ils regardèrent aussitôt par la fenêtre, mais ils ne virent personne; ils descendirent l'escalier, personne; dans la tue, personne
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OLIVIER TWIST. '283 11 posa sa main sur le dos d'une chaise; puis, venant à tourner la tête, il tressaillit tout à coup et alla s'asseoir .sur un autre siège adossé -contre le mur. — Comment se fait-il que ce chien soit ici? demanda-t-il. — Il est venu seul, il y a deux ou trois heures
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2S4 OLIVIER TWIST. me tuer s'il veut ou s'il l'ose; mais je vous décire que je le livrerai à la police si je suis ici quand ils viendront pour le prendre. Dût-il être brûlé vif, je le livrerai! Assassin!... Au secours! au secours! à l'assassin ! Disant cela, il se précipita sur Sikes, qui, étourdi
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OLIVIER TWiST. 285 les uns criaient à ceux qui étaient plus près de mettre le feu à la maison, les autres faisaient signe aux officiers de police de tirer sur lui; mais parmi les acharnés était un monsieur à cheval, qui, étant parvenu à fendre la presse, criait sous les fenêtres de la maison
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..280 OLIVIER TWIST. le passer sous ses bras, et comme le vieux monsieur en question, celui qui avait promis cinquante livres sterling a quiconque arrêterait l'assassin, avertissait ceux qui l'entouraient du dessein de ce dernier, Sikes regarda derrière lui, et se couvrant le visage avec ses deux
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OLIVIER TWIST.. 287 M. Grimwig entrèrent suivis de M. Brownlow et. d'un étranger à la. vue duquel- Olivier fit une exclamation de surprise, car on lui dit que; c?était son frère, et il le reconnut pour le même individu qu'il avait rencontré en sortant du bourg où il était allé porter une lettre
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288 OLIVIER TWIST. cents livres. Le resté de son bien était divisé en deux portions égales, l'une pour Agnès Fleming, l'autre pour l'enfant auquel elle devait donner le jour, dans le cas où il naîtrait et qu'il parvînt à l'âge de majorité. Si c'était une fille, elle devait jouir de sa part, sans
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OLIVIER TWIST. 289 — Mes yeux ne me trompent-ils pas! s'écria M. Bumble avec un enthousiasme affecté. Est-ce bien là le petit Olivier!...' — Taisez-vous, vieux fou! dit tout bas madame Bumble. — C'est plus fort que moi, madame Bumble. Moi qui l'ai élevé d'une manière toute paroissiale
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290 OLIVIER TWIST. fille lui avait dit que, sentant qu'elle ne pourrait, jamais surmonterson chagrin, elle se rendrait à Rome (lorsque les premières douleurs de l'enfantement la forcèrent de s'arrêter ici), résolue de s'y laisser mourir sur la tombe de son enfant. — Désirez-vous voir le commis
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OLIVIER TWIST. 291 — Lorsque le père mourut sous un nom supposé sans laisser aucun papier qui put faire connaître ses amis, répliqua Monks, la plus jeune, qui n'était qu'une enfant, fut adoptée par de pauvres gens du village, qui relevèrent comme la leur. — Poursuivez, dit M. Brownlow faisant signe
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292 OLIVIER TWIST. tendrement, et rappelez-vous qu'il en est d'autres à qui vous êtes chère. — Rose, ma chère Rose, s'écria Olivier, vous fûtes pour moi une bonne soeur, je veux vous considérer désormais comme une soeur chérie. Ils restèrent seuls bien longtemps. Un léger coup à la porte
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OLIVIER TWIST. 293 XXIX. — Le dernier jour d'un condamné La cour d'assises était tapissée de figures humaines depuis le parquet jusqu'au plafond. Le moindre espace, le plus petit recoin était occupé. Au milieu de tout ce monde, il était là, une main appuyée sur la rampe de bois qui était devant
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'294 "" OLIVIER TWIST. Quand le bruit se fut apaisé peu à peu, on lui demanda s'il n'avait rien à dire contre la peine de mort. Il avait repris sa première attitude, et regardait attentivement le président; mais on fut obligé de lui répéter par deux fois cette question avant qu'il parût comprendre
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OLIVIER TWIST. 295' ment succédé aussi rapidement, où sera-t-il lorsqu'elles sonneront de nouveau? Onze heures ! minuit sonna que le dernier coup de onze heures vibrait encore à ses oreilles. Des barrières peintes en noir étaient déjà placées tout autour de la place de la prison pour contenir
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296 OLIVIER TWIST. — Allons, Fagin, restez tranquille, dit le geôlier. Maintenant, Monsieur, poursuivit-il en s'adressant à M. Brownlow, si vous avez quelque chose à lui dire, faites-le au plus vite, car il devient plus furieux à mesure que l'heure approche. ' — Vous avez des papiers, dit M
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OLIVIER TWIST. 297 I* — Conclusion. Les destinées de ceux qui ont figuré dans cet ouvrage sont presque fixées, et il ne reste à l'historien que peu de chose à dire. En moins de trois mois Rose Fleming et Henri Maylie furent mariés clans la petite église dont celui-ci devint le pasteur, et dans
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295 OLIYTER TWIST;' que. En conséquence, il reçoit bien souvent la visite de cet excentrique monsieur, qui, en ces occasions, jardine, pêche et charpente avec une activité sans égale; faisant chacune de ces choses à rebours de tous les autres, et affirmant (avec sa proposition favorite
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TABLE L — Du lieu où Olivier Twist reçut le jour, et des circonstances qui accompagnèrent sa naissance. r, H. — De la manière dont fut élevé Olivier Twist, de sa croissance, de son éducation. 7 III. — Comment Olivier Twist fut sur le point d'accepter une place qui n'était rien moins qu'une sinécure