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Titre : Théâtre de Voltaire. précédé de "Voltaire et ses contemporains" / par C.-A. Sainte-Beuve,...
Auteur : Voltaire (1694-1778)
Éditeur : Michel Lévy frères (Paris)
Date d'édition : 1875
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 1 vol. (339 p.) ; in-18
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k55466890
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, YF-12134
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb316027139
Description : Collection : Collection Michel-Lévy
Description : Comprend : Voltaire et ses contemporains
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 18/05/2009
voltaire zaire: 80 pages found
p.NP (1)
COLLECTION MICHEL LÉVY THEATRE DE VOLTAIRE
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THÉÂTRE DE VOLTAIRE PRÉCÉDÉ M^miRE ET SES CONTEMPORAINS PAK ^|gÀ/ SAINTE-BEUVE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE PARIS MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS RUE AUBER, 3, PLACE DE L'OPERA LIBRAIRIE NOUVELLE BOULEVARD DES ITALIENS, 15, AH COIN DE LA RUE DE GRA1I.MONT 1875 Tous droits réservés
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VOLTAIRE Wî SES CONTEMPORAINS On a beau chercher pourquoi Piron et Voltaire ne s'aimaient pas, il n'y a qu'une bonne raison à en donner : c'est qu'ils ne pouvaient s'aimer et qu'ils étaient incompatibles, antipathiques. Était-ce rivalité, jalousie, comme entre ambitieux et beaux esprits qui courent
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2 VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. Dans cette épigramme, il y a deux choses : Piron, homme du métier, sentait bien l'incomplet de Voltaire, l'inachevé de ses oeuvres d'art et ses à peu près dans l'exécution ; il touchait juste là-dessus. Mais Piron, ignorant, paresseux, nullement philosophe
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VOLTAIRE ET SES, CONTEMPORAINS. 3 çhétif, tout esprit et vif-argent, mais armé à la légère il se disait en lui-même, et il disait aux autres : « Je le roulerai quand je voudrai. «Dans cette espèce de duel qu'il engagea'plus d'une fois, et où la riposte bonne o.u mauvaise suffit si elle est roide
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Voltaire roulant comme un petit pois vert à travers les Ilots de jeanfesses qui m'amusaient. Quand il m'aperçut : « Ah! bonjour, mon cher Piron! Que venez-vous faire à la Cour? J'y suis depuis trois semaines.. On y joua l'autre jour ma Marianne. On y jouera Zaïre. Aquand Gustave? Comment vous portez
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VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. O et aussi, on va le voir, de saletés, — de celles, d'ailleurs, que le Malade imaginaire nous a accoutumés à entendre et qu'on peut, à la rigueur, citer. Piron enrhumé a gardé la chambre trois jours, et il dit que de plusieurs côtés on a envoyé savoir de ses nouvelles
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6 VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. bonnes gens... Je ne lui en donnai que pour, son argent, par l'inutilité qu'il y aurait eu de le pousser à un certain point entre quatre-z-yeux; mais demain qu'il y aura grande compagnie, je l'attends. J'ai tàté son jeu assez pour ne le guère craindre. Il est
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VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. 7 le marquis Arioste, Italien, de la famille du divin Arioste ; Voltaire, etc., etc. Vous voyez que les.spectateurs valaient la peine du spectacle : aussi le. jeu a-t-il bien valu la chandelle. Tout s'est passé le plus gaiement du mondé, excepté dânS le coeur altier
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S , VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. bre de gens à Paris. « Voltaire, dit-il dans ses lettres, est » venu perdre ici la seule réputation à laquelle il avait sa» crifié toutes les autres, sa réputation de bel esprit. » La vanité m'a donné des yeux, pour en tant écrire; mais, réflexion faite
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VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. 9 Diderot, par la bouche du Neveu de Rameau, nous apprend que, dans les maisons où vivait ce parasite et ce bohème, une des disputes littéraires les plus habituelles, après le café, était de savoir si Piron avait ■plus d'esprit que Voltaire ? Et l'amphitryon chez
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10 VOLTAIRE ET SES CONTEMPORAINS. aurait tenu au roi de Prusse à son sujet, il écrit: « Le roi de Prusse peut rn'ètre témoin qu'il ne m'a jamais parlé de Piron, et que je ne lui ai jamais parlé de ce drôle de corps, qui était alors absolument inconnu. » Piron, en 1740, n'était point « absolument
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ZAÏRE Ceux qui aiment l'histoire littéraire seront bien aises de savoir comment cette pièce fut faite. Plusieurs dames avaient reproché à l'auteur qu'il n'y avait pas assez d'amour dans ses tragédies ; il leur répondit qu'il ne croyait pas c^ue ce fût 3a véritable place de l'amour, mais
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66 . ZAÏRE. Un courtisan pétri.de feinte Fait dans moi tristement passer s Sa défiance et sa contrainte; Mais un esprit libre el sans crainte M'enhardit et me fait penser. Mon feu s'échauffe à sa lumière. Ainsi qu'un jeune peintre, instruit Sous Le Moine et sous Largillière, De ces maîtres
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Zaïre. Tous ceux qui vont aux spectacles m'ont assuré que, si elle n'avait été que convertie, elle aurait peu intéressé ; mais elle est amoureuse de là meilleure foi du monde, et voilà ce qui a fait sa fortune. Cependant il s'en faut bien que j'aie échappé à la censure. Plus d'un éplucheur
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68 ZAÏRE. lettres, nous aurons assez d'écrivains. La nature forme presque toujours des hommes en tout genre de talent; il ne s'agit que de les encourager et de les employer. Mais, si ceux qui se distinguent un peu n'étaient soutenus par quelque récompense honorable, et par l'attrait plus flatteur
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de Zaïre : je lui devais au moins un compliment pour la façon dont elle s'en est acquittée : Car le prophète de la Mecque Dans s,on "sérail n'a jamais eu Si gentille Arabesque ou Grecque : Son oeil noir, tendre et bien fendu, Sa voix, et sa çrace intrinsèque, Ont mon ouvrage défendu Contre l'auditeur
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dans son plaidoyer. Les seuls comédiens étaient outrés. Nos acteurs, et surtout nos actrices de Paris, avaient ce défaut, il y a quelques années : ce fut mademoiselle Lecouvreur i. Ce que Voltaire avait prévu dans sa dédicace de Zaïre est arrivé '. M. Falkcncr a été un des meilleurs ministres, et est
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toujours, aucun des beaux-arts n'est méprisable ; et il n'est véritablement honteux que d'attacher de la honte aux talents. Venons à présent à la traduction de Zaïre, et au changement qui vient de se faire chez vous dans l'art dramatique. Vous aviez une coutume à laquelle M. Addison, le plus sage
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72 ZAÏRE. L'ait n'est pas fait pour toi, tu n'en a pas besoin (IV, 2.J. L'art le plus innocent lient de la perfidie (IV, 2.). Tous les vers qui sont dans ce goût simple et vrai sont rendus mot à mot dans l'anglais. Il eût été aisé de les orner; mais le traducteur a jugé autrement que quelques-uns
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le peuple le plus sociable et le plus poli de la terre ; et cette politesse n'est point une chose arbitraire, comme ce qu'on appelle civilité ; c'est une loi de la nature qu'ils ont heureusement cultivée plus que les autres peuples. Le traducteur de Zaïre a respecté presque partout ces bienséances
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74 ZAÏRE. bonnes expériences sur lé coeur humain que vous sur la physique» L'art de plaire semble l'art des Français et l'art de penser paraît le vôtre. Heureux, monsieur, qui, comme vous, les réunit! AVERTISSEMENT. On a imprimé Français par un a, et on en usera ainsi dans la nouvelle édition
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ZAÏRE TRAGÉDIE EN CIN ! ACTES REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS LE 15 AOUT 1738. Est ;etiam crudelis amor. PERSONNAGES. OROSMANE, Soudan de Jérusalem. LUSIGNAN, prince du sang des rois de Jérusalem. FATIME, ] eS°laVeS du SOudanNÉRESTAN, 1 chevaJiers &ancaia CHATILLON, j chevaJlers lançais. CORASMIN
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76 ZAÏRE. ZAÏRE. On ne peut désirer ce qu'on ne connaît pas. Sur les bords du Jourdain le ciel fixa nos pas. Au sérail des soudans, dès l'enfance enfermée, Chaque jour ma raison s'y voit accoutumée. Le reste de la terre, anéanti pour moi, M'abandonne au soudan qui nous tient sous sa loi
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ACTE PREMIER. 77 ZAÏRE. Va, c'est trop te celer le destin de Zaïre ; Le secret du soudan doit encor se cacher ; Mais mon coeur dans le tien se plaît à s'épancher. Depuis près de trois mois qu'avec d'autres captives On te fit du Jourdain abandonner les rives, Le ciel, pour terminer les malheurs
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78 ZAÏRE. Qu'on nomme si souvent du faux nom de bonheur, Ne-point laisser de trouble au fond de votre coeur! N'est-il point en secret de frein qui vous retienne? Ne vous souvient-il plus que vous fûtes chrétienne ? ZAÏRE. Ah ! que dis-tu ! pourquoi rappeler mes ennuis ? Chère Fatime, hélas ! sais
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de s'aimer, sans doute ils sont heureux. FATIME. Pourquoi donc aujourd'hui vous déclarer contre eux? A la loi musulmane à jamais asservie, Vous allez des chrétiens devenir l'ennemie ; Vous allez épouser leursùperbe vainqueur. ZAÏRE. Qui lui refuserait le présent de son coeur? De toute ma faiblesse il faut
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80 ZAÏRE. SCENE-II. — OROSMANE, ZAÏRE, FATIME. OROSMANE. Vertueuse Zaïre, avant que l'hyménée Joigne à jamais nos coeurs et notre destinée, J'ai cru, sur mes projets, sur vous, sur mon amour, Devoir en musulman vous parler sans détour. Les soudans, qu'à genoux cet univers contemple, Leurs usages
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. Vous comprenez assez quelle amertume affreuse Corromprait de mes jours la durée odieuse, Si vous ne receviez les dons que je vous fais Qu'avec ces sentiments que l'on doit aux bienfaits. Je vous aime, Zaïre, et j'attends de votre âme Un amour qui réponde à ma brûlante flamme. Je l'avouerai, mon coeur ne veut
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8& ZAÏRE. Qui sur sa foi, seigneur, a passé dans la Franee, Revient au moment même et demande audience. FATIME. O ciel ! OROSMANE. il peut entrer. Pourquoi ne vient-il pas? CORASMIN. Dans la première enceinte il arrête ses pas. Seigneur, je n'ai pas cru qu'aux regards de son maître Dans
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, Et jamais du soleil ne verra la lumière. Je le plains ; mais pardonne à la nécessité Ce reste de vengeance et de sévérité. Polir Zaïre, crois-moi, sans que ton coeur s'offense, Elle n'est pas d'un prix qui soit en ta puissance; Tes chevaliers français, et tous leurs souverains,, S'uniraient
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84 ZAÏRE. OROSMANE. Et vous, allez, Zaïre; Prenez dans le sérail un souverain empire; Commandez en sultane; et je vais ordonner La pompe d'un hymen qui vous doit couronner. SCÈNE V. — OROSMANE, CORASMIN. OROSMANE. Corasmin, que veut donc cet esclave infidèle ? Il soupirait... ses yeux se sont
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auguste foi, Baignant de notre sang la Syrie enivrée, Surprirent Lusignan vaincu dans Césarée. Du sérail des sultans sauvé par des chrétiens, Remis depuis trois ans dans mes premiers liens, Renvoyé dans Paris sur ma seule parole, Seigneur, je me flattais (espérance frivole !) De ramener Zaïre à
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86 ZAÏRE. Où Louis des vertus a fixé le séjour. Déjà même la reine^ à mon zèle propice, Lui tendait de son trône une main protectrice. Enfin, lorsqu'elle touche au moment souhaité Qui la tirait du sein de la captivité, On la retient... Que dis-je !... Ah! Zaïre elle-même, Oubliant les chrétiens
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88 ZAÏRE. Dans vos tristes récits me sont encor présentes. Au milieu des chrétiens dans un temple immolés, Quelques enfants, seigneur, avec moi rassemblés Arrachés par des mains de carnage fumantes Aux bras ensanglantés de nos mères tremblantes, Nous fûmes transportés dans ce palais des rois, Dans
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ACTE DEUXIÈME. 89 CHATILLON. Songez à Lusignan, songez à le servir. NÉRESTAN. Eh bien!... Mais quels chemins jusqu'à cet infidèle Pourront...On vient ànous. Que vois-je? O ciel! c'est elle. . SCÈNE II. — ZAÏRE, CHATILLON, NÉRESTAN. ZAÏRE, ù Nérestan. C'est vous, digne Français, à qui je viens
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90 ZAÏRE. ZAÏRE. Je la viens honorer, seigneur; je viens vous rendre Le dernier de ce sang, votre amour, votre espoir : Oui, Lusignan est libre,_ et vous l'allez revoir. CHATILLON. O ciel! nous reverrions notre appui, notre père ! NÉRESTAN. Les chrétiens vous devraient une tête si chère! ZAÏRE
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ACTE DEUXIEME. 91 CHATILLON. C'est ici le palais qu'ont bâti vos aïeux; Du fils de Noradin c'est le séjour profane. ZAÏRE. Le maître de ces lieux, le puissant Orosmane, Sait connaître seigneur, et chérir la vertu. En montrant Nérestan. Ce généreux Français, qui vous est inconnu, Parla gloire amené
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92 ZAÏRE. Je vais au roi des rois demander aujourd'hui Le prix de tous les maux que j'ai soufferts pour lui. Vous, généreux témoins de mon heure dernière, Tandis qu'il en est temps, écoutez ma prière : Nérestan, Châtillon, et vous... de qui les pleurs Dans ces moments si chers honorent mes malheurs
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de votre âge, et peut-être mes yeux... Quel ornement, madame, étranger en ces lieux ! Depuis quand l'avez-vous ? ZAÏRE. Depuis que je respire, Seigneur.... Eh quoi! d'où vient que votre âme soupire? Elle lui donne la croix. LUSIGNAN. Ah! daignez confier à mes tremblantes mains... ZAÏRE. De quel trouble
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M ZAÏRE. LUSIGNAN. Leur parole, leurs traits, De leur mère en effet sont les vivants portraits. Oui, grand Dieu! tu le veux, tu permets que je voie.,, Dieu, ranime mes sens trop faibles pour ma joie ! Madame... Nérestan... soutiens-moi, Châtillon... Nérestan, si je dois vous nommer de ce nom, Avez
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'96 - ZAÏRE. NÉRESTAN. Je revois donc ma soeurl... et son âme... ZAÏRE. Ah ! mon père. Cher auteur de mes jours, parlez, que dois-jefaire? LUSIGNAN. M'ôter par un seul mot, ma honte et mes ennuis; Dire : « Je suis chrétienne. » ZAÏRE. Oui... seigneur... je le suis, LUSIGNAN. Dieu, reçois son aveu
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98 ZAÏRE. OROSMANE. Il n'est plus temps de feindre, Zaïre l'a voulu; c'est assez : et mon-coeur, En donnant Lusignan, le donne à mon vainqueur. Louis est peu pour moi ; je fais tout pour Zaïre; Nul autre sur mon coeur n'aurait pris cet empire. Je viens de l'affliger, c'est à moi d'adoucir
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ACTE TROISIÈME. 99 SCÈNE III. — NÉRESTAN. En quel état, ô ciel! en quels lieux je la laisse ! 0 ma religion ! ô mon père 1 ô tendresse ! Mais je la vois. SCÈNE IV. — ZAÏRE, NÉRESTAN. NÉRESTAN. Ma soeur, je puis donc vous parler; 'Ah! dans quel temps le ciel nous voulut rassembler! Vous ne reverrez
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100 ZAÏRE. Mais, mon cher frère... hélas! que veut-elle de moi? Que faut-il ? NÉRESTAN. Détester l'empire de vos maîtres ; Servir, aimer ce Dieu qu'ont aimé nos ancêtres, Qui, né près de ces murs, est mort ici pour nous, Qui nous a rassemblés, qui m'a conduit vers vous. Est-ce à moi d'en parler
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ACTE TROISIÈME. 101 NÉRESTAN. '* Qui? vous, ma soeur? ZAÏRE. C'est moi que je viens d'accuser. Orosmane m'adore... et j'allais l'épouser... NÉRESTAN. L'épouser! Est-il vrai, ma soeur? est-ce vous-même? Vous, la fille des rois ? ZAÏRE. Frappe, dis-je; je l'aime. NÉRESTAN. Opprobre malheureux du sang
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102 ZAÏRE. De mon sang, dans mon coeur, eût arrêté le cours, Le jour qu'empoisonné d'une flamme profane, Ce pur sang des chrétiens brûla pour Orosmane, Le jour que de ta soeur Orosmane charmé... Pardonnez-moi, chrétiens : qui ne l'aurait aimé? Il faisait tout pour moi ; son coeur m'avait choisie
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ACTE TROISIÈME. 10S Je reviendrai bientôt, par un heureux baptême, T'arrachér aux enfers, et te rendre à toi-même. SCÈNE V. — ZAÏRE. Me voilà seule, ô Dieu ! que vais-je devenir? Dieu, commande à mon coeur de ne te point trahir ! Hélas! suis-je, en effet, Française ou Musulmane? Fille de Lusignan
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104 ZAÏRE. ZAÏRE. Où suis-je, malheureuse? ô tendresse! ô douleur! OROSMANE. Venez. ZAÏRE. Où me cacher? OROSMANE. Que dites-vous? ZAÏRE. Seigneur ! OROSMANE. Donnez-moi votre main; daignez, belle Zaïre... ZAÏRE. Dieu de mon père, hélas! que pourrais-je lui dire? OROSMANE. Que j'aime à triompher
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ACTE TROISIÈME. 105 ZAÏRE. Lusignan, ce vieillard accablé de douleurs, Termine en ces moments sa vie et ses malheurs. OROSMANE. Eh bien, quel intérêt si pressant et si tendre A ce vieillard chrétien votre coeur peut-il prendre ? Vous n'êtes point chrétienne ; élevée en ces lieux, Vous suivez, dès
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106 ZAÏRE. Est-ce moi qu'elle fuit? 0 ciel ! et qu'ai-je vu? Corasmin, quel est donc ce changement extrême? Je la laisse échapper ! je m'ignore moi-même. CORASMIN. Vous seul causez son trouble, et vous vous en plaignezl Vous accusez, seigneur, un coeur où vous régnez ! OROSMANE. Mais pourquoi donc
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... Excuse les transports de ce coeur offensé ; • Il est né violent, il aime, il est blessé. Je connais mes fureurs, et je crains ma faiblesse ; A des troubles honteux je sens que je m'abaisse. Non, c'est trop sur Zaïre arrêter un soupçon; Non, son coeur n'est point fait pour une trahison. Mais
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108 ZAÏRE. ZAÏRE. Eh ! pourrai-je achever ce fatal sacrifice ? FATIME. Vous demandez sa grâce, il vous doit sa justice : De votre coeur docile il doit prendre le soin. ZAÏRE. Jamais de son appui je n'eus tant de besoin. FATIME. Si vous ne voyez plus votre auguste famille, Le Dieu que vous servez
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ACTE QUATRIÈME. 109 Ah 1 que fait Orosmane ? il ne s'informe pas Si j'attends loin de lui la vie ou le trépas ; Il me fuit, il me laisse, et je n'y peux survivre. FATIME. Quoi ! vous, fille des rois, que vous prétendez suivre, Vous, dans les bras d'un Dieu, votre éternel appui... ZAÏRE. ; Eh
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110 ZAÏRE. FATIME. Il est le protecteur de là loi musulmane, Et plus il vous adore, et moins il peut souffrir Qu'on vous ose annoncer un Dieu-qu'il doit haïr. Le pontife à vos yeux en secret va se rendre, Et vous avez promis... ZAÏRE. Eh bien, il faut l'attendre. J'ai promis, j'ai juré de garder
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ACTE QUATRIÈME. 111 Que de vous posséder, s'il faut qu'à votre foi Il en coûte un soupir qui rie soit pas pour moi. 'Allez; mes yeux jamais ne reverront vos charmes. ZAÏRE. Tu m'as donc tout ravi, Dieu témoin de mes larmes ! Tu veux commander seul à mes sens éperdus... Eh bien, puisqu'il est vrai
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112 ZAÏRE. En partageant mes feux, différait mon bonheur ? Parle. Était-ce un caprice? est-ce crainte d'un maître D'un soudan, qui pour toi veut renoncer à l'être ? Serait-ce un artifice ? Épargne-toi ce soin ; L'art n'est pas fait pour toi, tu n'en as pas besoin Qu'il ne souille jamais le saint
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ACTE -QUATRIÈME. 113 OROSMANE.' De quelle inquiétude, ô ciel! vous m'accablez : Pouvez-vous?... ZAÏRE. Si pour moi l'amour vous parle encore, Ne me refusez pas la grâce que j'implore. OROSMANE. Eh bien, il faut vouloir tout ce que vous voulez ; J'y consens ; il en coûte à mes sens désolés. Allez
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114 ^ ZAÏRE. Et son âme, éprouvant cette ardeur qui me touche, Vingt fois pour me le dire a volé sur sa bouche. Qui peut avoir un coeur assez traître, assez bas, Pour montrer tant d'amour et ne le sentir pas? SCÈNE IV. — OROSMANE, COROSMIN, MÉLÉDOR. MÉLÉDOR. Cette lettre, seigneur, à Zaïre adressée
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se soustraire à ma yue. Je me fais cet effort, je la laisse sortir ; Elle part en pleurant,., et c'est pour me trahir. Quoi! Zaïre ! CORASMIN. Tout sert à redoubler son crjine. Seigneur, n'en soyez pas l'innocente victime, Et, de vos sentiments rappelant la grandeur... OROSMANE. C'est là ce Nérestan, ce héros
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116 ZAÏRE. CORASMIN . Seigneur, si vous souffrez mon zèle, Si, parmi les horreurs qui doivent vous troubler, Vous vouliez... OROSMANE. Oui, je veux la voir et lui parler. Allez, volez, esclave, et m'amenez Zaïre. CORASMIN. Hélas ! en cet état que pourrez-vous lui dire ? OROSMANE. Je ne sais, cher
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ACTE QUATRIÈME. 117 SCÈNE VI. — OROSMANE, ZAÏRE. Seigneur, vous m'étonnez ! quelle raison soudaine, Quel ordre si pressant près de vous me ramène ? OROSMANE. Eh bien, madame, il faut que vous m'éclaircissiez : Cet ordre est important plus que vous ne croyez. Je me suis consulté... Malheureux
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118 ZAÏRE. Qui, non moins que l'amour, est gravé dans mon coeur, Je jure que-Zaïre, à soi-même rendue," Des rois les plus puissants détesterait la vue; Que tout autre, après vous, me serait odieux. Voulez-vous plus savoir, et me connaître mieux? Voulez-vous que ce coeur, à l'amertume en proie
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l'insolence ; Un regard de Zaïre aura pu l'aveugler : Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler. Il croit qu'il est aimé, c'est lui seul qui m'offense; Peut-être ils ne sont point tous deux d'intelligence. Zaïre n'a point vu ce billet criminel, Et j'en croyais trop tôt mon déplaisir mortel. Corasmin
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120 ZAÏRE. Tu vois mon coeur, tu vois à quel excès je l'aime ! Ma fureur est plus grande, et j'en tremble moi-même. J'ai honte des douleurs où je me suis plongé : Mais malheur aux ingrats qui m'auront outragé ! ACTE CINQUIEME SCENE PREMIERE. — OROSMANE, CORASMIN, UN ESCLAVE. OROSMANE. On l'a fait
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ACTE CINQUIÈME. 121 ZAÏRE, à Fatime. Je voudrais te parler. FATIME, à l'esclave. Allez, retirez-vous; On vous rappellera, soyez prêt; laissez-nous. SCÈNE III. — ZAÏRE, FATIME. ZAÏRE. Lis ce billet : hélas ! dis-moi ce qu'il faut faire ; Je voudrais obéir aux ordres de mon frère. FATIME. Dites
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122 ZAÏRE. Il m'a sacrifié ses transports amoureux. FATIME. Ce malheureux amour, dont votre âme est blessée, Peut-il en ce moment remplir votre pensée? ZAÏRE. Ah! Fatime, tout sert à me désespérer : Je sais que du sérail rien ne peut me tirer : Je voudrais des chrétiens voir l'heureuse contrée
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: tout mortel me devient odieux, Laisse-moi seul, te dis-je, à ma fureur extrême : Je hais le monde entier, je m'abhorre moi-même. SCÈNE VII. — OROSMANE. Où suis-je? ô ciel ! où suis-je? où porté-je mes voeux? Zaïre, Nérestaiv.. couple ingrat, couple affreux! Traîtres, arrachez-moi ce jour que je respire
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124 ZAÏRE. J'aurais su, dans l'horreur de la captivité, Conserver mon courage et ma tranquillité : Mais me voir à ce point trompé par ce que j'aime I CORASMIN. Eh! que prétendez-vous dans cette horreur extrême? Quel est votre dessein ? OROSMANE. N'entends-tu pas des cris ? CORASMIN. Seigneur
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ACTE CINQUIÈME. _ 125 OROSMANE. Va saisir Nérestan; va, dis-je! qu'on l'enchaîne : Que tout chargé de fers à mes yeux on l'entraîne ! SCÈNE IX. — OROSMANE, ZAÏRE et FATIME, marchant pendant la nuit dans .renfoncement du théâtre. ZAÏRE. Viens, Fatime. OROSMANE. Qu'entends-je! Est-ce là cette voix
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126 ZAÏRE. Méprisable ennemi, qui fais encor paraître L'audace d'un héros avec l'âme d'un traître, Tu m'imposais ici pour me déshonorer. Va, le prix en est prêt, tu peux t'y préparer. Tes maux vont égaler les maux où tu m'exposes, Et ton ingratitude, et l'horreur que tu causes. Avez-vous ordonné
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le jour, souviens-toi des chrétiens Dont tu m'avais juré de briser les liens : Dans sa férocité ton coeur impitoyable Par ce trait généreux serait-il bien capable? Parle; à ce prix encor je bénis mon trépas. OROSMANE, allant vers le corps de Zaïre. Zaïre ! CORASMIN. Hélas! seigneur, où portez
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128 ZAÏRE. OROSMANE. Obéis, et ne réplique pas; Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un Soudan qui commande, et d'un ami qui t'aime, Va, ne perds point de temps, sors. Obéis... A Nérestau. Et toi, Guerrier infortuné, mais moins encor que moi, Quitte ces lieux sanglants; remporte
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LE FANATISME ou MAHOMET LE PROPHÈTE AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS DE KEHL. On trouvera des détails historiques sur Mahomet dans VAvis de l'éditeur. On y reconnaît la main de Voltaire. Nous ajouterons ici qu'en 1741 Crébillon refusa d'approuver la tragédie de Mahomet; non qu'il aimât les hommes
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: Voltaire nous le rend. Vous, mon père, qui nous avez donné en français Euridipe, tel qu'il charmait la Grèce, avez reconnu dans la Mérope de notre illustre ami, la simplicité, le naturel, le pathétique d'Euripide.. Voltaire a conservé la simplicité du sujet : il l'a débarrassé non-seulement d'épisodes
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LA MORT DE CÉSAR PREFACE DE L'EDITION DE 173^ '. Nous donnons cette édition de la tragédie de la Moti dé César, de Voltaire, et nous pouvons dire qu'il est le premier qui ait fait connaître lès muses anglaises en France. Il traduisit en vers, il y a quelques années, plusieurs morceaux des meilleurs
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pas davantage pour justifier cette hardiesse. ■ On imprime au-devant de cette tragédie une lettre du comte Algarotti, jeune homme déjà connu pour ta bon poste et pour un ion philosophe, ami de Voltaire. - rLEHTRE DE M. ALGAROTTI A M. L'ABBÉ FRANCHINI, ENVOYÉ DE FLORENCE A PARIS, SUR LA TRAGÉDIE DE JULES
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d'Athènes, admirés de toute la terre, pendant que l'ostracisme les bannissait de leur patrie. Voltaire a imité, en quelques endroits, Shakspeare, poète anglais, qui a réuni dans la même pièce les puérilités les plus ridicules et les morceaux les plus sublimes ; il en a fait le même usage que Virgile
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de marcher au Capitole. On doit tenir compte à Voltaire de ce ménagement, et ne lui point faire d'ailleurs un crime de n'avoir mis ni amour ni -femmes dans sa pièce : nées pour inspirer la mollesse et les sentiments tendres, elles ne pourraient jouer qu'un rôle ridicule entre Brutus et Cassius, atroces
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TABLE Pages, Vpltaire et ses contemporains. . i CEDIPE 18 ZAÏRE 75 MAHOMET OU LE FANATISME 135 MÉROPE -,.... 191 TANCRÈDE ' 246 LA MORT DE CÉSAR 306 D, THIÉRY ET O, — Imprimerie de La^ny.