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Titre : Oeuvres de Boileau (Nouvelle édition conforme au texte donné par M. Berriat-Saint-Prix)

Auteur : Boileau, Nicolas (1636-1711)

Éditeur : Garnier frères (Paris)

Date d'édition : 1860

Contributeur : Sainte-Beuve, Charles-Augustin (1804-1869). Préfacier

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 1 vol. (XX-376-36 p.) ; in-18

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5508611j

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, YE-8677

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30120643w

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 11/05/2009

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Titre : Oeuvres de Boileau (Nouvelle édition conforme au texte donné par M. Berriat-Saint-Prix)

Auteur : Boileau, Nicolas (1636-1711)

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boileau paris: 267 pages trouvées

p.NP (1)
OEUVRES BOILEAl '..V~ NOUVELLE ÉDITION ; CONFORME AU TEXTE DONNÉ PAR M. BERRIAT-SA1NT-PRIX -i. . I» n ÉC ÊDÉ E TV'Î^UWE NOTICE SU» LA VIE ET LES OUVftAOES WE 1EOIL.EAU . : \ PAU ^ C. A. SAINTE-BEUVE X\\, L'ACADÉMIE FIIA^IAIÎT: PARIS GARNIER FIlÈliKS, LIBUAII'.ES-ÉDITEURS 6, nUE uns SAINTS-I'ÊRE

p.NP (1)
OEUVRES DE BOILEAU

p.NP (1)
PARIS. — 1MP. SIMON IIAÇON l'.f CUMI"., HUE D'EIIFURTII, 1.

p.NP (1)
OEUVRES ni; B 01L E 1U NOUVELLE EDITION CONFORME AU TEXTE DONNE PAR M. BERRIAT-SAINT-PRIX TIIECEDEE D'UNE NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE IÎOILEAU Il 'ï^iM A. SAINTE-BEUVE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE PARIS GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 6, BUE DES SA1STS-PÈP.ES ET FAI.AI5-P.OYAL, 215 18G0

p.V (3)
NOTICE SUR BOILEAlï ' Depuis vingt-cinq et trente ans, le point de vue en ce qui regarde Boileau a fort changé. Lorsque sous la Restauration, à cette heure brillante des tentatives valeureuses et des espérances, de jeunes générations arrivèrent et essayèrent de renouveler les genres et les formes

p.VI (9)
ce qui nous avait manqué à l'heure propice, et j'en puis aujourd'hui parler, j'ose le dire, dans un sentiment très-vif et très-présent. Né le 1er novembre 1656, à Paris, et, comme il est prouvé aujourd'hui, rue de Jérusalem, en face de là maison qui fut le berceau de Voltaire *, Nicolas Boileau

p.VII (9)
NOTICE SUR BOILEAU. vn se gâter soi-même, et que, depuis, ont achevé de gâter quelques approbateurs... » Gilles Boileau, quand il était en Voyage, portait dans son sac de nuit les Satires de Régnier, et, d'ordinaire, il présidait au troisième pilier de la grand'salle du Palais, donnant le ton

p.VIII (5)
et la charge, Nicolas est le portrait. , Par ses premières Satires, composées en 1660 et qui commençaient à courir [Datnon, ce grand auteur, etc.; les Embarras dé Paris), par celles qui suivirent immédiatement : Muse, changeons de style (1663), et la Satire dédiée à Molière (1664), Boileau se montrait

p.IX (9)
NOTICE SUR BOILEAU. îx Daupliine, qui se posait comme juge en face des illustres qu'étalaient en vente les Barbin de la Galerie du palais. Dans sa Satire adressée à Molière, à qui il demande comment il fait pour trouver si aisément la rime, méfiez-vous, et ne prenez pas trop à la lettre

p.X (7)
x OEUVRES DE BOILEAU. Pascal s'était moqué de la poésie et de ces oripeaux convenus, siècle d'or, merveille de nos jours, fatal laurier, bel astre : « Et on appelle ce jargon, disait-il, beauté poétique ! » Il s'agissait pour Boileau de rendre désormais la poésie respectable aux Pascals eux-mêmes

p.XI (6)
NOTICE SUR BOILEAU. xi lain était le chef de ce vieux parti encore régnant. Un des premiers soins de Boileau fut de le déloger de l'estime de Colbert, sous qui Chapelain était comme le premier commis des lettres, et de le rendre ridicule aux yeux de tous comme écrivain. Dieu sait quel scandale

p.XII (6)
xn OEUVRES DE BOILEAU. bailli de ( hevrctise, lequel, se trouvant à Paris, avait voulu connaître un homme de celte importance. Chapelain no soupçonne rien du déguisement ; mais, à un moment de la visite, le bailli, qu'on avait donné comme un amateur de littérature, ayant amené la conversation sur

p.XIII (4)
NOTICE SUR BOILEAU. xin Et encore, parlant de la vérité dans la satire : C'est elle qui, m'ouvrant le chemin qu'il faut suivre, M'inspira, dès quinze ans, la haine d'un sot livre... la haine des sots livres, et aussi l'amour, le culte des bons ouvrages et des beaux. Quand Boileau loue à plein coeur

p.XIV (4)
xiv OEUVRES DE BOILEAU. rang, tous ces noms qui, convenablement prononcés, forment un vers si plein et si riche comme certains vers antiques : Que Colbert et Vivonne, Que La Rochefoucauld, Marsillac et Pomponne, etc. Mais dans le nom de Montausier, qui vient le dernier à titre d'espoir et de voeu

p.XV (7)
NOTICE SUR BOILEAU. xv des jouissances variées des champs (Épître à M. de Lamoignon), et dont l'imagination reposée et nullement refroidie sait combiner et inventer des tableaux désintéressés, d'une forme profonde dans leur badinage, et d'un ingénieux poussé à la perfection suprême, à l'art

p.XVI (4)
xvi OEUVRES DE BOILEAU. jouait pour ainsi dire. Ainsi, un jour, étant au lit (car il se levait tard) et débitant au docteur Arnauld, qui l'était venu voir, sa troisième Épître où se trouve le beau passage qui finit par ces vers : Hâtons-nous, le temps fuit, et nous traîne avec soi: Le moment où

p.XVII (6)
NOTICE SUR BOILEAU. xvn art de débit qui rendait au vif l'inspiration, parlait à l'oeil, à l'oreille, et riait de tout point à l'esprit. « On devrait, disait Boileau, ordonner le vin de Champagne à ceux qui n'ont pai d'esprit, comme on ordonne le lait d'ânesse à ceux qui n'ont point de santé

p.XVIII (2)
xvni OEUVRES DE BOILEAU. soin de cet appartement avait eu autant de négligence que les peintres : ainsi les ours, trouvant les portes ouvertes, entrèrent, et, toute la nuit, gâtèrent tout. Le lendemain on dit que les ours avaient vengé leur maîtresse, et autres folies de poètes. Ceux qui devaient

p.XIX (10)
NOTICE SUR BOILEAU. xix Saluons et reconnaissons aujourd'hui la noble et forte harmonie du grand siècle. Sans Boileau, et sans Louis XIV, qui reconnaissait Boileau comme son contrôleur général du Parnasse, que serait-il arrivé? Les plus grands talents eux-mêmes auraient-ils rendu également

p.XX (2)
xx OEUVRES DE BOILEAU cellement et leur confusion ; isolés et faibles que nous sommes, acceptons-les avec tout leur poids, avec les fautes de tous, en y comprenant nos propres fautes aussi et nos écarts dans le passé. Mais, même les choses étant telles, que ceux du moins qui se sentent

p.1 (1)
PRÉFACES DE BOILEAU PREFACE I ÉDITIONS DE -1666 A 1669 LE LIBRAIRE AU LECTEUR Ces satires dont on fait part au public n'auroient jamais couru le hasard de l'impression si l'on eût laissé faire leur auteur. Quelques applaudissemens qu'un assez grand nombre de personnes amoureuses de ces sortes

p.2 (1)
2 OEUVRES DE BOILEAU. ver : je veux dire de ce Jugement sur les Sciences ', qu'on a cousu si peu judicieusement à la fin de son livre. Il a eu peur que ses satires n'achevassent de se gâter en une si méchante compagnie; et il a cru enfin, que puisqu'un ouvrage, tôt ou tard, doit passer

p.4 (1)
■ï OEUVRES DE BOILEAU.. bons pour mériter des éloges, ni assez criminels pour avoir besoin d'apologie. Je ne me louerai donc ici, ni ne mejuslifierai de rien. Le lecteur saura seulement que je lui donne une édition de mes satires plus correcte que les précédentes, deux épîtres nouvelles 4, l'Art

p.6 (1)
6 OEUVRES DE BOILEAU. des flalteries, ou à le prévenir par des raisons dont il doit s'aviser de lui-même. Je me contenterai de l'avertir d'une chose dont il est bon qu'on soit instruit : c'est qu'en attaquant dans mes satires les défauts de quantité d'écrivains de notre siècle, je n'ai pas prétendu

p.8 (2)
8 OEUVRES DE BOILEAU. . Louis le Grand, il y a eu en France un poëte ennuyeux et un prédicateur assez peu suivi. Le plaisant de l'affaire est que, dans le livre qu'il fait pour justifier notre siècle de cette étrange calomnie, il avoue lui-même que Chapelain est un poëte très-peu divertissant

p.10 (1)
10 OEUVRES DE BOILEAU. approbation. Que si on me demande ce que c'est que cet agrément et ce sel, je répondrai que c'est un je ne sais quoi, qu'on peut beaucoup mieux sentir que dire. A mon avis néanmoins, il consiste principalement à ne jamais présenter au lecteur que des pensées vraies

p.11 (1)
d'excellens ouvrages viennent à paraître, la cabale et l'envie trouvent moyen de les rabaisser, et d'en rendre en apparence le succès douteux : mais cela ne dure guère ; et il en arrive de ces ouvrages 1 Rondeau sur le Déluge, p. 17 de l'édition de Paris, 1G94, in-12.

p.12 (1)
12 OEUVRES DE BOILEAU. comme d'un morceau de bois qu'on enfonce dans l'eau avec la main : il demeure au fond tant qu'on l'y retient ; mais bientôt la main venant à se lasser, il se relève et gagne le dessus. Je pourrois dire un nombre infini de pareilles choses sur ce sujet, et ce seroit la matière

p.14 (1)
14 OEUVRES DE BOILEAU. avec lui sur notre démêlé poétique, presque aussitôt éteint qu'allumé; l'autre est un remerciment à M. le comle d'Ériceira 1, au sujet de la traduction de mon Art poétique faite par lui en vers portugais, qu'il a eu la bonté de m'envoyer de Lisbonne, avec une lettre et dçs

p.16 (1)
16 OEUVRES DE BOILEAU. CATALOGUE DES OEUVRES DE ROILEAU PLACÉ A LA SUITE DE LA PRÉFACE DE L'ÉDITION DE 1713 AVEC CE TITRE (EUVB.ES DE M. DESPBÉAUX, SELON L'ORDIIE OU ELLES SOST ICI IMPRIMÉES, SELON L'AGE AUQUEL IL LES A COMPOSÉES ET SELON L'ANNÉE OU IL LES A PUBLIÉES 1. PIÈCES ACE ANNÉES ET 0RHRE

p.18 (1)
18 OEUVRES DE BOILEAU. la perruque de Chapelain, qu'on m'attribue encore, il y a quelques traits qui nous échappèrent, à M. Racine et à moi, dans un repas que nous fimes chez Furetière, auteur du Dictionnaire; mais dont nous n'écrivîmes jamais rien ni l'un ni l'autre : de sorte que c'est Furetière

p.19 (1)
OEUVRES DE BOILEAU DISCOURS AU ROI 1 JEUNE et vaillant héros, dont la haute sagesse N'est point le fruit tardif d'une lente vieillesse, Et qui seul, sans ministre, à l'exemple des dieux, Soutiens tout par toi-même, et vois tout par tes yeux, GRAND ROI, si jusqu'ici, par un trait de prudence

p.20 (1)
20 OEUVRES DE BOILEAU. Et qui vont tous les jours, d'une importune voix, T'ennuyer du récit de tes propres exploits. L'un, en style pompeux habillant une églogue, De ses rares vertus te fait un long prologue, Et mêle, en se vantant soi-même à tout propos. Les louanges d'un fat à celles d'un héros

p.21 (1)
du fond du puits tirer la Vérité. Tous ces gens éperdus au seul nom de satire Font d'abord le procès à quiconque ose rire : Ce sont eux que l'on voit, d'un discours insensé, Publier dans Paris qqe tout est renversé, Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des îiigols la trompeuse

p.22 (1)
22 OEUVRES DE BOILEAU. Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux; C'est offenser les lois, c'est s'attaquer aux cieux. Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse, Chacun voit qu'en effet la vérité les blesse : En vain d'un lâche orgueil leur esprit revêtu Se couvre du manteau

p.25 (2)
, il a droit de s'y plaire. Mais moi, vivre à Paris! Eh ! qu'y voudrais-je faire? Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir, Et, quand je le pourrais, je n'y puis consentir. Je ne sais point en lâche essuyer les outrages D'un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, 1 « George est là un mot

p.26 (3)
26 OEUVRES DE BOILEAU. De mes sonnets flatteurs lasser tout l'univers, Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers : Pour un si bas emploi ma muse est trop altière. Je suis rustique et fier, et j'ai l'ame grossière : Je ne puis rien nommer, si ce n'est par son nom ; J'appelle un chat un chat

p.27 (1)
SATIRE I. 27 S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine ', Savant en ce métier, si cher aux beaux esprits, Dont Montmaur 2 autrefois fit leçon dans Paris. Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, Et, réparant du sort l'aveuglement fatal, Va tirer

p.28 (8)
28 OEUVRES DE BOILEAU. Qu'arriva-t-il enfin de sa muse abusée? Il en revint couvert de honte et de risée : Et la fièvre, au retour, terminant son destin, Fit par avance en lui ce qu'aurait fait la faim. Un poëte à la cour fut jadis à la mode; Mais des fous aujourd'hui c'est le plus incommode

p.29 (1)
, tout haut du moins, ce qu'il n'avouera pas. Pour moi, qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle, et que c'est Dieu qui tonne, Il vaut mieux pour jamais nie bannir de ce lieu. Je me retire donc. Adieu, Paris, adieu. poêle fameux par son impiété, mon In 8 avril 1670 dans

p.30 (3)
30 OEUVRES DE BOILEAU. SATIRE II 1 A M. DE MOLIÈRE . RARE et fameux esprit, dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail et la peine ; Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts, Et qui sais à quel coin se marquent les bons vers : Dans les combats d'esprit savant maître d'escrime

p.32 (1)
"■2 OEUVRES DE BOILEAU. Et, comme un gras chanoine, à mon aise et contenl, Passer tranquillement, sans souci, sans affaire, La nuit à bien dormir, et le jour à rien faire. Mon coeur, exempt de soins, libre de passion, Sait donner une borne à son ambition; ■ Et, fuyant des grandeurs la présence

p.34 (2)
34 OEUVRES DE BOILEAU. Mais hier il m'aborde, et, me serrant la main, Ah! monsieur, m'a-l-il dit, je vous attends demain. N'y manquez pas au moins. J'ai quatorze bouteilles D'un vin vieux... Bpucingo 1 n'en a point de pareilles : Et je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandry 2 priserait

p.35 (1)
la Bibliothèque du roi, de l'Académie française et de celle des inscriptions; né à Mines en 1636, mort fou à Saint-Lazare en 1679.— Charles Colin, de l'Académie française, aumônier du roi, chanoine de Bayeux; né à Paris en 1604, mort en janvier 1682. s Fameux pâtissier-traiteur. BROSSETTE. ' Verre

p.36 (1)
, Qui, dès leur tendre enfance élevés dans Paris, Sentoient encor le chou dont ils furent nourris, Autour de cet amas de viandes entassées Régnoit' un long cordon d'alouettes pressées, Et sur les bords du plat six pigeons étalés Présentaient pour renfort leurs squelettes brûlés. A côté de ce plat

p.38 (2)
38 OEUVRES DE BOILEAU. Comme un recteur suivi des quatre facultés. Deux marmitons crasseux, revêtus de serviettes, Lui servoient demassiers, et portoient deux assiettes, L'une de champignons avec des ris de veau, Et l'autre de pois verts qui se noyoient dans l'eau. Un spectacle si beau surprenant

p.40 (2)
40 OEUVRES DE BOILEAU. A l'auteur sur-le-champ aigrement reparti. Je suis donc un sot? moi? vous en avez menti, Reprend le campagnard ; et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage. L'autre esquive le coup, et l'assiette volant S'en va frapper le mur, et revient en roulant

p.44 (2)
44 OEUVRES DE BOILEAU. Des esprits bienheureux entendre l'harmonie. Enfin, un médecin fort expert en son art, Le guérit par adresse, ou plutôt par hasard ; Mais voulant de ses soins exiger le salaire, Moi ! vous payer ! lui dit le bigot en colère, Vous dont l'nrt infernal, par des secrets maudits

p.46 (1)
46 OEUVRES DE BOILEAU. Et va porter la malle, ou tirer la charrue. Pourquoi donc voulez-vous que, par un sot abus, Chacun respecte en vous un-honneur qui n'est plus? On ne m'éblouit point d'une apparence vaine : La vertu, d'un coeur noble est la marque certaine. Si vous êtes sorti de ces héros

p.48 (4)
48 OEUVRES DE BOILEAU. Faire par les couleurs distinguer ses valets ; Et, traînant en tous lieux de pompeux équipages, Le duc et le marquis se reconnut aux pages '. Bientôt,' pour subsister, la noblesse sans bien Trouva l'art d'emprunter, et de ne rendre rien ; Et, bravant des sergens la timide

p.49 (1)
qu'on se couche à Paris? Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières? J'ai beau sauter du lit, plein de trouble et d'effroi, Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi : L'un miaule en grondant comme un tigre en furie, L'autre roule sa voix comme

p.50 (1)
50 OEUVRES DE BOILEAU. Pour honorer les morts font mourir les vivans. Encor je bénirais la bonté souveraine, Si le ciel à ces maux avoit borné ma peine ; Mais si seul en mon lit je peste avec raison, C'est encor pis vingt fois en quittant la maison : • En quelque endroit que j'aille, il faut fendre

p.51 (3)
lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent; Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tranquille, Les voleurs à l'instant s'emparent de la ville. Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté -. Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue

p.52 (2)
52 OEUVRES DE BOILEAU. Afin que voire mort, de tragique mémoire, Des massacres fameux aille grossir l'histoire '. Pour moi, fermant la porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil : Mais en ma chambre à peine ai-je éleiht la lumière, Qu'il ne m'est plus permis

p.54 (2)
54 OEUVRES DE BOILEAU. Je pense être à la gêne, et, poui' un tel dessein, La plume et le papier résistent à ma main. Mais, quand il faut railler, j'ai ce que je souhaite. Alors, certes, alors je me connois poëte : Phébus, dès que je parle, est prêt à m'exaucer; Mes mots viennent sans peine

p.55 (2)
SATIRE VII. A Rome ou dans Paris, aux champs ou dans la ville. Dût ma muse par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers. Pauvre esprit, dira-t-on, que je plains ta folie ! Modère ces bouillons de ta mélancolie ; -Et garde qu'un de ceux que tu penses blâmer

p.56 (4)
50 OEUVRES DE BOILEAU. SATIRE VHP A MONSIEUR M" {M0REL)°- DOCTEin DE SORBONNE, DE tous les animaux qui s'élèvent dans l'an:, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme Quoi! dira-t-on d'abord, un ver

p.58 (1)
58 OEUVRES DE BOILEAU. ' De tous les animaux, il est, dit-il, le maître. — Qui pourroit le nier? poursuis-tu. — Moi, peut-être. Mais, sans examiner si, vers les antres sourds, L'ours a peur du passant, ou le passant de l'ours ; Et si, sur un édit des pâtres de Nubie, Les lions de Barca videraient

p.59 (1)
, ni suppôt de justice, Voit-on les loups brigands, comme nous inhumains, Pour détrousser les loups courir les grands chemins? 1 H en est parlé dans la première satire. II. * C'est un hôpital de Paris où l'on enferme les fous. B. " Senaull, la Chambre et Coeffeteau ont tous lroi l'ait chacun un Traité

p.60 (1)
00 OEUVRES DE BOILEAU. Jamais, pour s'agrandir, vit-on dans sa manie Un tigre en factions partager l'Hyrcanie * ? L'ours a-t-il dans les bois la guerre avec les ours? Le vautour dans les airs fond-il sur les vautours? A-t-on vu quelquefois dans les plaines d'Afrique, Déchirant à l'envi leur propre

p.62 (1)
02 OEUVRES DE BOILEAU. Ne va point sottement faire le généreux : Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux; Et, trompant de Colbert la prudence importune, ' Va par tes cruautés mériter la fortune. Aussitôt tu verras poètes, orateurs, Rhéteurs, grammairiens, astronomes, docteurs, Dégrader

p.64 (2)
04 OEUVRES DE BOILEAU. Ou croire qu'un corbeau les menace dans l'air '. Jamais l'homme, dis-moi, vit-il la bête folle Sacrifier à l'homme, adorer son idole, Lui venir, comme au dieu des saisons et des vents, Demander à genoux la pluie ou le beau temps? Non, mais cent fois la bête a vu l'homme

p.67 (1)
et l'auteur : 1 Dans une note inédite sur ce vers, Boileau observe qu'alors il n'avait point de pension. B.-S.-P. - Cette satire a été faite dans le temps que le roi prit Lille en Flandre, et plusieurs autres villes. B. 3 Honorât de Bueil, marquis de llacan, né l'an 1588 à la Hoche-Racan

p.68 (1)
08 OEUVRES DE BOILEAU Enfin de tels projets passent noire foiblesse. Ainsi parle un esprit languissant de mollesse, Qui, sous l'humble dehors d'un respect affecté, Cache le noir venin de sa malignité. Mais, dussiez-vous en l'air voir vos ailes fondues, Ne valoit-il pas mieux vous perdre dans

p.69 (1)
de l'encre et du papier. Un roman, sans blesser les lois ni la coutume, Peut conduire un héros au dixième volume 3. De là vient que Paris voit chez lui de tout temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans ; Et n'a point de portail où, jusques aux corniches, Tous les piliers ne soient enveloppés

p.70 (2)
70 OEUVRES DE BOILEAU. Viendrez régler les droits et l'état d'Apollon ! Mais vous, qui raffinez sur les écrits des autres, De quel oeil pensez-vous qu'on regarde les vôtres? Il n'est rien en ce temps à couvert de vos coups; Mais savez-vous aussi comme on parle de vous? Gardez-vous, dira

p.72 (2)
72 OEUVRES DE BOILEAU. Et, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille. Il n'est valet d'auteur, ni copiste à Paris, Qui, la balance en main, ne pèse les écrits. Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est esclave né de quiconque l'achète

p.73 (2)
? Quand un livre au palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite, Que Bilaine * l'étalé au deuxième pilier, Le dégoût d'un censeur peut-il le décrier? En vain contre le Cid un ministre se ligue 5 : Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue. L'Académie en corps a beau

p.74 (2)
74 OEUVRES DE BOILEAU. Et laissez à Feuillet ' réformer l'univers. Et sur quoi donc faut-il que s'exercent mes vers? Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, « Troubler dans ses roseaux le Danube superbe; « Délivrer de Sion le peuple gémissant ; « Faire trembler Memphis, ou pâlir le croissant

p.75 (1)
toujours, sage dans mes caprices, ' Nicolas Pradon, né à Rouen en 1632, mort à Paris au mois de Janvier 1698. - _ * Nicolas Perrot d'Ablancourt, traducteur célèbre, né à Châlons-surilorne le 5 avril 1606, mort le 17 novembre 1664. Cotin, dans un de ses écrits, m'accusoit d'être criminel

p.76 (1)
70 OEUVRES DE BOILEAU. De ce même pinceau dont j'ai noirci les vices Et peint du nom d'auteur tant de sots revêtus, Lui marquer mon respect, et tracer ses vertus. Je vous crois; mais pourtant on crie, on vous menace Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse. Hé! mon Dieu, craignez

p.78 (2)
78 OEUVRES DE BOILEAU. , Sous les paisibles lois d'une agréable mère, De petits citoyens dont on croit être père ! Quel charme, au moindre mal qui nous vient menacer, De la voir aussitôt accourir, s'empresser, S'effrayer d'un péril qui n'a point d'apparence. Et souvent de douleur se pâmer

p.79 (3)
vains le monde entretenu N'en a pas de l'hymen moins vu fleurir l'usage; Que sous ce joug moqué tout à la fin s'engage ; Qu'à ce commun filet les railleurs mêmes pris 1 Conte de La Fontaine. ■ François Villon, dont les poésies ont fait peu à peu oublier les friponneries, naquit a Paris en 1431

p.80 (2)
80 OEUVRES DE BOILEAU. Ont été très-souvent de commodes maris; Et que, pour être heureux sous ce joug salutaire, Tout dépend, enunmot, du bon choix qu'on sait faire. Enfin, il faut ici parler de bonne foi : Je vieillis, et ne puis regarder sans effroi Ces neveux affamés dont l'importun visage

p.81 (2)
-Guy-Joseph Desmares, prêtre de l'Oratoire, né à Vire en 1599, mort à Liancourt le 19 janvier 1687. * Paroisse de Paris. B. 311 y a deux abbayes de ce nom, l'une auprès de Chevreuse (Seineel-Oise), Port-Royal des Champs, et l'autre, la plus ancienne, au faubourg Saint-Jacques, Port-Royal de Paris

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82 OEUVRES DE BOILEAU. Que Lulli 4 réchauffa des sons de sa musique ? Mais de quels mouvemens, dans son coeur excités, Sentira-t-elle alors tous ses sens agités ! Je ne te réponds pas qu'au retour, moins timide, Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide 2, Elle n'aille à l'instant, pleine

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84 OEUVRES DE BOILEAU. Un mari ne veut pas fournir à ses besoins ! Jamais femme, après tout, a-t-elle coûté moins? A cinq cents louis d'or, tout au plus, chaque année, Sa dépense en habits n'est-elle pas bornée? Que répondre? Je vois qu'à de si justes cris, Toi-même convaincu, déjà tu t'attendris

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sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout Paris. Mais que plutôt son jeu mille fois te ruine, Que si, la famélique et honteuse lésine Venant mal à propos la saisir au collet, Elle te rédùisoit à vivre sans valet, Comme ce magistrat 2 de hideuse mémoire, Dont je veux bien ici

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80 OEUVRES DE BOILEAU. Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée, Ni sa masse de chair bizarrement taillée : Et trois cent mille francs avec elle obtenus La firent à ses yeux plus belle que Vénus. Il l'épouse; et bientôt son hôtesse nouvelle, Le prêchant, lui fit voir qu'il étoit, au prix

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. Démens donc tout Paris, qui, prenant la parole, Sur ce sujet encor de bons témoins pourvu, Tout prêt à le prouver, teidira : Je l'ai vu ; Vingt ans j'ai vu ce couple, uni d'un même vice, A tous mes habitans montrer que l'avarice Peut faire dans les biens trouver la pauvreté, Et nous réduire à pis

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88 OEUVRES DE BOILEAU. Écolier ou plutôt singe de Bourdaloue \ Je me plais à remplir mes sermons de portraits. En voilà déjà trois peints d'assez heureux traits . La femme sans honneur, la coquette et l'avare. Il faut y joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri

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90 OEUVRES DE BOILEAU. Mais qui la priveroit huit jours de ses plaisirs, Et qui, loin d'un galant, objet de ses désirs... Oh ! que pour la punir de cette comédie Ne lui vois-je une vraie et triste maladie ! Mais ne nous fâchons point. Peut-être avant deux jours, Courtois et Deuyau *, mandés à son

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) le 5août 11)48, mort à Paris le 10 septembre 1730. 3 Voyez la comédie des Précieuses. B.

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92 OEUVRES DE BOILEAU. Compte entre ses parens des princes d'Italie; Sort d'aïeux dont les noms...? Je t'entends, et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi : Il falloit de ce titre appuyer ta naissance. Cependant (t'avouerai-je ici mon insolence?), Si quelque objet pareil chez moi

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tous mes portraits. A Paris, à la cour, on trouve, je l'avoue, Des femmes dont le zèle est digne qu'on le loue, Qui s'occcupent du bien, en tout temps, en tout lieu. J'en sais une chérie et du monde et de Dieu, Humble dans les grandeurs, sage dans la fortune, Qui gémit, comme Eslher, de sa gloire

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94 OEUVRES DE BOILEAU. De ces femmes pourtant l'hypocrite noirceur Au moins pour un mari garde quelque douceur. Je les aime encor mieux qu'une bigote altière, Qui, dans son fol orgueil, aveugle et sans lumière, A peine sur le seuil de la dévotion, Pense atteindre au sommet de la perfection

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96 OEUVRES DE BOILEAU. Éprises du néant des vanités humaines. Laissez là, croyez-moi, gronder les indévots, Et sur votre salut demeurez en repos. Sur tous ces points douteux c'est ainsi qu'il prononce. Alors, croyant d'un ange entendre la réponse, Sa dévote s'incline, et, calmant son esprit

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98 OEUVRES DE BOILEAU. T'ai-je l'ait voir de joie une belle animée, Qui souvent d'un repas sortant tout enfumée Fait, même à ses amans, trop foibles d'eslomac, Redouter ses baisers pleins d'ail el de tabac? T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretièrel, El

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qu'on ne te voie, Sous le faix des procès abattu, consterné, Triste, à pied, sans laquais, maigre, sec, ruiné, Vingt fois dans ton malheur résolu de te pendre, Et, pour comble de maux, réduit à la reprendre. 1 Boileau fait allusion aux dispositions de la coutume de Paris, qui étaient très-favorables

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représenter le sage ; L'ignorant s'ériger en savant fastueux, 1 Composée en 1698, à l'occasion du procès intenté aux Boileau sur leur noblesse, par une compagnie de financiers. s Jean-Baptisle-llenri Du Trousset de Valincoûr, de l'Académie française et de celle des sciences, né à Paris en 1653, mort

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102 OEUVRES DE BOILEAU. L'un d'eux a-t-il raison? Qui pourrait le penser? Qu'est-ce donc que l'honneur que tout doit embrasser? Est-ce de voir, dis-moi, vanter notre éloquence, D'exceller en courage, en adresse, en prudence; De voir à notre aspect tout trembler sous les cieux; De posséder enfin

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104 OEUVRES DE BOILEAU. Sur leurs foibles honteux sait les autoriser, Et croit pouvoir au ciel, par ses folles maximes, Comblés de sacremens faire entrer tous les crimes, Des faux dévots pour moi voilà le vrai héros. Mais, pour borner enfin tout ce vague propos, Concluons qu'ici-bas le seul honneur

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106 OEUVRES DE BOILEAU. Est contraint de ramper aux pieds du séducteur. Enfin, las d'essuyer outrage sur outrage, Il livre les humains à leur triste esclavage; S'en va trouver sa soeur, et dès ce même jour, Avec elle s'envole au céleste séjour. Depuis, toujours ici riche de leur ruine, Sur

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108 OEUVRES DE BOILEAU. lire, qui pût me venger de tous les chagrins qu'elle m'a causés depuis que je me mêle d'écrire. Je vis bien que je ne rencontrerois pas de médiocres difficultés à mettre en vers un sujet si sec : et même il s'en présenta d'abord une qui m'arrêta tout court : ce fut de savoir

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110 OEUVRES DE BOILEAU artifices de l'équivoque, qui, pour se venger des injures que je lui dis dans ma pièce, s'efforce d'intéresser dans sa cause ces théologiens, en me faisant penser ce que je n'ai pas pensé, et dire ce que je n'ai point dit. Voilà, ce me semble, bien des paroles, et peut-être

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en ton plus beau jour, 1 En 1705 Boileau avait soixante-neuf ans. " lsaac de Benserade, de l'Académie française, né ;'i Lyons-la-Forêt (Eure) en 1612, mort ù Paris en 1091.

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112 OEUVRES DE BOILEAU. Tu sus, trompant les yeux du peuple et de la cour Leur faire, à la faveur de tes bluettes folles, Goûter comme bons-mots tes quolibets frivoles. Mais ce n'est plus le temps : le public détrompé D'un pareil enjouement ne se sent plus frappé. Tes bons mots, autrefois délices

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114 OEUVRES DE BOILEAU. Ce fut toi qui partout fis parler les oracles : C'est par ton double sens dans leurs discours jeté Qu'ils surent, en mentant, dire la vérité ; Et sans crainte, rendant leurs réponses normandes, Des peuples et des rois engloutir les offrandes. Ainsi, loin du vrai jour

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116 OEUVRES DE BOILEAU. Fut du Gange et du Nil et du Tage écoutée. Des superbes autels à leur gloire dressés Tes ridicules dieux tombèrent renversés. On vit en mille endroits leurs honteuses statues Pour le plus bas usage utilement fondues ; Et gémir vainement Mars, Jupiter, Vénus, Urnes, vases

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Qu'en automne on ne voit de bourdonnans insectes Fondre sur les raisins nouvellement mûris, Ou qu'en toutes saisons sur les murs, à Paris, On ne voit affichés de rOcueils d'amourettes, De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes, Souvent peu recherchés du public nonchalant, Mais vantés à coup sûr du Mercure

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118 OEUVRES DE BOILEAU,, Et ta fille, au secours des vains raisonnemens, Appelant le ravage et les embrasemens, Fit, en plus d'un pays, aux villes désolées, Sous l'herbe en vain chercher leurs églises brûlées. L'Europe fut un champ de massacre et d'horreur, Et l'orthodoxe même, aveugle en sa fureur

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120 OEUVRES DE BOILEAU. A tes yeux mettre ici toute la bulle en rimes ; Exprimer tes détours burlesquement pieux Pour disculper l'impur, le gourmand, l'envieux ; Tes subtils faux-fuyans pour sauver la mollesse, Le larcin, le duel, le luxe, la paresse, En un mot, faire voir à fond développés

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la capitale de la principauté de Domhes. Les jésuites y publièrent un recueil littéraire célèbre : Mémoires pour servir à l'histoire des sciences, et des heanx-arts. Paris et Trévoux, 265 vol. in-12. C'est aussi à Trévoux, en 1704, que parut la réimpression du dictionnaire de Furetières connue sous

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contre les maltôtes ecclésiastiques. Je 1 Cet Avis a paru en tête de la 2" édition séparée (1672) de l'épîlre i". 1 Le grand Condé. z Boileau a replacé cette fable dans l'épitie H.

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; Que par des vers tout neufs, avoués du Parnasse, 11 faut de mes dégoûts justifier l'audace; * Discours "au roi, satires i à ix, épître i. Boileau ne tient compte que des ouvrages en vers. ! Composée après le traité d'Aix-la-Chapelle en 1668, à la demande de Colbert, pour détourner le roi de la guerre

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124 OEUVRES DE BOILEAU. Et, si ma muse enfin n'est égale à mon roi, Que je prête aux Cotins des armes contre moi. Est-ce là cet auteur, l'effroi de la Pucelle, Qui devoit des bons vers nous tracer le modèle, Ce censeur, diront-ils, qui nous réformoit tous? Quoi ! ce critique affreux n'en sait

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126 OEUVRES DE BOILEAU. Le conseil étoit sage et facile à goûter. Pyrrhus vivoit heureux s'il eût pu l'écouter; Mais à l'ambition d'opposer la prudence, C'est aux prélats de cour prêcher la résidence. Ce n'est pas que mon coeur, du travail ennemi, Approuve un fainéant sur le trône endormi, Mais

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128 OEUVRES DE BOILEAU. De voir leurs flots unis au pied des Pyrénées(. Déjà de tous côtés la chicane aux abois S'enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois 2. Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles I Que de savans plaideurs désormais inutiles ! Qui ne sent point l'effet de tes soins

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malin les veut traiter de fables, On dira quelque jour, pour les rendre croyables ; Boileau, qui, dans ses vers pleins de sincérité, Jadis à tout son siècle a dit la vérité, Qui mit à tout blâmer son étude et sa gloire, A pourtant de ce roi parlé comme l'histoire. ÉPÎTRE II' MONSIEUR L'ABBÉ DES ROCHES 2

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bruit ils expliquent la chose. 1 Fameux avocat au parlement de Paris. B. — Barthélémy Auzanel, conseiller d'État, mort à Paris le 17 d'avril 1675, âgé de quatre-vingtdeux ans. a Peux autres avocats. B. — Jacques Corbin était lils d'un auteui' dont Boileau parle dans l'Art poétique. Le Mazier a déjà

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. * Lieu près de Paris, où ceux de la R. P. R. (religion prétendue ivformée) avoient un temple. B. — L'édification d'un temple à Charenton fut autorisée par lettres patentes d'Henri IV du 1" d'août 1606.

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152 OEUVRES DE BOILEAU, Et, balançant Dieu même en son ame flottante, Fait mourir dans son coeur la vérité naissante. Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons point, Arnauld, c'est la honte du bien. Des plus, nobles vertus cette adroite ennemie Peint l'honneur à nos yeux des traits

p.134 (1)
134 OEUVRES DE BOILEAU. Plus qu'aucun des mortels par la honte abattu, En vain j'arme contre elle une foible vertu. Ainsi toujours douteux, chancelant et volage, A peine du limon où le vice m'engage J'arrache un pied timide, et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant

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le Whal, ainsi que sur le Lech 5, Le vers est en déroute, et le poëte à sec, 1 Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville, né le 29 de janvier 1649, tué au passage du Rhin le 12 de juin 1672. * Ce projet n'a pas eu de suite. 3 Issel, rivière de Hollande qui se jette dans

p.136 (1)
15(i OEUVRES DE BOILEAU. Encor si tes exploits, moins grands et-moins rapides, Laissoient prendre courage à nos muses timides, Peut-être avec le temps, à force d'y rêver, Par quelque coup de l'art nous pourrions nous sauver. Mais, dès qu'on veut tenter cette vaste carrière, Pégase s'effarouche

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140 OEUVRES DE BOILEAU. Abandonne à Louis la victoire et ses bords. Du fleuve ainsi dompté la déroute éclatante A Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante. Wurts ', l'espoir du pays, et l'appui de ses murs; Wurts...Ah! quel nom, grandroi, quel Hector quece Wurts! Sans ce terrible nom, mal né

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142 OEUVRES DE BOILEAU. Je ne sens plus l'aigreur de ma bile première, Et laisse aux froids rimeurs une libre carrière. Ainsi donc, philosophe à la raison soumis, Mes défauts désormais sont mes seuls ennemis : C'est l'erreur que je fuis; c'est la vertu que j'aime. Je songe à me connoître

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et sur l'onde, Est ici comme aux lieux où mûrit le coco, Et se trouve à Paris de même qu'à Cusco 4 : On ne le tire point des veines du Potose 2. Qui vil content de rien possède toute chose. Mais, sans cesse ignorans de nos propres besoins, Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins. Oh

p.144 (3)
144 OEUVRES DE BOILEAU. Que le faste éblouit d'un bonheur apparent. L'argent, l'argent, dit-on, sans lui tout est stérile : La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile ; L'argent en honnête homme érige un scélérat; . L'argent seul au palais peut faire un magistrat. Qu'importe qu'en tous lieux

p.146 (2)
(1698), fils de Guillaume de Lamoignon, premier président du parlement de Paris. B. — 11 était né à Paris le 26 de juin 1644 et mourut le 7 d'août 1709. 3 Hautile, petite seigneurie près de la Roche-Guyon, appartenant à mon neveu, l'illustre M. Dongois, greffier en chef du parlement. B. — Aujourd'hui

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vos prés délicieux, Ne puis-je ici fixer ma course vagabonde, Et connu de vous seuls, oublier tout le monde ! Mais à peine, du sein de vos vallons chéris Arraché malgré moi, je rentre dans Paris, Qu'en tous lieux les chagrins m'attendent au passage Un cousin, abusant d'un fâcheux parentage, Veux

p.148 (3)
148 OEUVRES DE BOILEAU. Contre vos derniers vers on est fort en courroux : Pradon a mis au jour un livre contre vous 4 ; Et, chez le chapelier du coin de notre place, Autour d'un caudebec 2 j'en ai lu la préface. L'autre jour sur un mot la cour vous condamna; Le bruit court qu'avanl-hier

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150 OEUVRES DE BOILEAU. Il veut en vieillissant que nous rajeunissions. Cependant tout décroît ; et moi-même à qui l'âge D'aucune ride encor n'a flétri le visage 4, Déjà moins plein de feu, pour animer ma voix, J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois : Ma muse, qui se plaît dan's leurs routes

p.152 (2)
152 OEUVRES DE BOILEAU. Que dans l'heureux spectacle à nos yeux étalé En a fait sous son nom verser la Champmêlé 4. Ne crois pas toutefois, par les savans ouvrages, Entraînant tous les coeurs, gagner tous les suffrages. Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré

p.153 (1)
ÉPÎTRE VII. 153 Et sur ses brodequins ne put plus se tenir. Tel fut chez nous le sort du théâtre comique. Toi donc qui, l'élevant sur la scène tragique, Suis les pas de Sophocle, et, seul de tant d'esprits, De Corneille vieilli sais consoler Paris ', Cesse de t'élonner si l'envie animée, Attachant

p.154 (4)
154 OEUVRES DE BOILEAU. Profile de leur haine et de leur mauvais sens, Ris du bruit passager de leurs cris impuissans. Que peut contre tes vers une ignorance vaine ? Le Parnasse françois, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura te maintenir, Et soulever pour toi l'équitable avenir

p.155 (1)
d'une douce manie, Je sens de jour en jour dépérir mon génie; Et mes vers en ce style, ennuyeux, sans appas, Déshonorent ma plume, et ne t'honorent pas. mort à Paris le 17 de mars 1680 ; c'est l'auteur des Maximes. Son fils, François VII, grand veneur de France, né le 15 de juin 1654, mort le 12

p.156 (1)
•156 OEUVRES DE BOILEAU. Encor si ta valeur, à tout vaincre obstinée, Nous laissoit, pour le moins, respirer une année, Peut-être mon esprit, prompt à ressusciter, Du temps qu'il a perdu saurait se racquitter. Sur ses nombreux défauts, merveilleux à décrire, Le siècle m'offre encor plus d'un bon

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et secrétaire d'État, mort en 1690, fils de Jean-Baptiste Colbert, ministre et secrétaire d'État. B. — Le fils aîné du grand Colbert, néà Paris en 1651, mourut le 3 denovembrel690. 3 Rivière d'Espagne. B. 1 Rivière des Indes. B. 3 Gouverneur des Pays-Bas. B. —Condé força Monterey de lever le siège

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ICO OEUVRES DE BOILEAU. Tout éloge imposteur blesse une ame sincère. Si, pour faire sa cour à ton illustre père, Seignelay, quelque auteur, d'un faux zèle emporté, Au lieu de peindre en lui la noble activité, La solide vertu, la vaste intelligence, Le zèle pour son roi, l'ardeur, là vigilance

p.162 (1)
162 OEUVRES DE BOILEAU. Chacun pris dans son air est agréable en soi : Ce n'est que l'air d'autrui qui peut déplaire en moi. Ce marquis étoit né doux, commode, agréable ; On vantoit en tous lieux son ignorance aimable : Mais, depuis quelques mois devenu grand docteur, Il a pris un faux air

p.164 (1)
164 OEUVRES DE BOILEAU. Ne s'offenseroit pas si quelque adroit pinceau Traçoit de ses exploits le fidèle tableau ; Et dans Seneffe * en feu contemplant sa peinture, Ne désavoûroit pas Malherbe ni Voiture. Mais malheur au poète insipide, odieux, Qui viendroit le glacer d'un éloge ennuyeux

p.166 (3)
166 OEUVRES DE BOILEAU. de l'amour de Dieu; et que non-seulement je ne trouverai pas étrange qu'ils ne lisent que celle-là, mais que je me sens quelquefois moi-même en des dispositions d'esprit où je voudrais de bon coeur n'avoir de ma vie composé que ce seul ouvrage, qui vraisemblablement sera

p.168 (1)
108 OEUVRES DE BO.ILEAU. C'est trop languir chez moi dans un obscur séjour : La prison vous déplaît, vous cherchez le grand jour, Et déjà chez Barbin, ambitieux libelles, Vous brûlez d'étaler vos feuilles criminelles. Vains et foibles ênfans de ma vieillesse nés, Vous croyez sur

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pas chez la postérité ' Vers du Cid. B. — Acte I, se. îv. ' Terme de la dixième satire. B. ' Pièces'de-théâtre do Pradon. B. 4 Jean Buzée, de la Société de Jésus, mort lo 30 de mai 1611, âgé du soixante-quatre ans. — Julien Hayneufve, de la Compagnie de Jésus, mort à Paris le 31 de janvier 1663. 5 Poëme

p.170 (5)
mon vieux père 3, J'allai d'un pas hardi, par moi-même guidé, Et de mon seul génie en nlarchant secondé, ' Son père était Giles Boileaù, greffier de la grand'chambre dii parlement de Paris, né à Cro'nes (Seiue-et-Oise), le 28 de juin 1584, mort à Paris le 2 de février 1657. 1 Sa mère, Anne

p.171 (1)
, mes Vers, adieu, pour la dernière fois. 4 Racine et Boileau furent nommés historiographes au mois d'octobre 1677. 5 Là vue et l'ouïe. 3 H'n'y alloit plus depuis l'année 1692. * A Auteuil. B. 1 Fleuve des Indes. B.

p.172 (2)
172 OEUVRES DE BOILEAU. EPITRE XI 1 A MON JARDINIER 2, LABORIEUX valet du plus commode maître 1 Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvoit naître, Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Et sur mes espaliers, industrieux génie, Sais si bien exercer

p.174 (1)
174 OEUVRES DE BOILEAU. Me lasser à chercher des visions cornues ; Et, pour lier des mots si mal s'entr'accordans, Prendre dans ce jardin la lune avec les dents. Approche donc, et viens : qu'un paresseux t'apprenne, Antoine, ce que c'est que fatigue et que peine. L'homme ici-bas, toujours inquiet

p.175 (1)
DOCTE abbé, tu dis vrai, l'homme, au crime attaché, 1 Fameux médecins. B.— Pierre Bainssant, de Reims, médecin, antiquaire et garde des médailles de Sa Majesté, se noya dans la pièce d'eau de.? Suisses, à Versailles, le 7 de juin 16S9. — Nicolas Brayer, né à Château-Thierry en 1604, mourut à Paris

p.176 (2)
170 OEUVRES DE BOILEAU. En vain, sans aimer Dieu, croit sortir du péché. Toutefois, n'en déplaise aux transports frénétiques Du fougueux moine 1 auteur des troubles germaniques, Des tourmens de l'enfer la salutaire peur N'est pas toujours l'effet d'une noire vapeur, Qui, de remords sans fruit

p.178 (1)
178 OEUVRES DE BOILEAU. Expliquons-nous pourtant. Par cette ardeur si sainte, Que je veux qu'en un coeur amène enfin la crainte, Je n'entends pas ici ce doux saisissement, Ces transports pleins de joie et de ravissement, Qui font des bienheureux la juste récompense, Et qu'un coeur rarement goûte

p.180 (2)
180 OEUVRES DE BOILEAU. Est pourtant cette ardeur, ce même feu d'amour, Dont brûle un bienheureux en l'éternel séjour. Dans le fatal instant qui borne notre vie, Il faut que de ce feu notre ame soit remplie ; Et Dieu, sourd à nos cris, s'il ne l'y trouve pas, Ne l'y rallume plus après notre trépas

p.181 (2)
déclamer, Prétendis qu'il falloil, pour'flêchir ma justice, Que le pêcheur, touché de l'IioiYour de son vice, 1 Brosseltc dit qu'il est ici question de Jean Burlugay, dorleur en tliéologicde la faculté de Paris, mort le 17 de janvier 1702. " Ce théologien était le P. Cheminais, jésuite, prédicateur

p.184 (1)
184 OEUVRES'DE BOILEAU. Ainsi tell autrefois qu'on vit avec Farel '-' (Iharbonner de ses vers les murs d'un cabaret, S'en va, mal à propos, d'une voix insolente, Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, Et, poursuivant Moïse au travers des déserts, Court avec Pharaon se noyer dans les mers

p.186 (2)
, et qu'il est mort de mort violente dans une terre qu'il avait acquise aux environs de Paris. ' Pitoyable auteur qui a composé l'Ovide en belle humeur. B. — Charles Coypeau, sieur deBassoucy, né à Paris en 1604, mort vers 1679. 5 Typhon, ou la Gigantomachie, poëme de Scarron, publié en 1641 3

p.192 (2)
•192 OEUVRES DE BOILEAU. Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Entretient dans ses vers commerce avec les dieux. Aux athlètes dans Pise ' elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, Mène Achille sanglant au bord du Simoïs, Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug

p.193 (1)
de Broûage, mort en 1666, âgé de près de cent ans. — François Maynard, né à Toulouse. 11 fut nommé pour être de l'Académie française le 12 de février 1634 et mourut le 28 de décembre 1646, âgé de soixante-huit ans." — Claude de Malleville, né à Paris l'un des premiers de l'Académie française. Il mourut

p.194 (1)
194 OEUVRES DE BOILEAU. L'avocat au palais en hérissa son style, Et le docteur * en chaire en sema l'Évangile. La raison outragée enfin ouvrit les yeux, La chassa pour jamais des discours sérieux ; Et, dans tous ces écrits la déclarant infâme, Par grâce lui laissa l'entrée en l'épigramme, Pourvu

p.196 (2)
196 OEUVRES DE BOILEAU. Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière, Et fournir, sans génie, un couplet à Linière. Mais pour un vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer. Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette

p.198 (1)
l'expression, Lui donna chez les Grecs cette hauteur divine Où jamais n'atteignit la foiblesse latine 2. Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré. De pèlerins, dit-on, une troupe grossière 3 En public à Paris y monta la première ; Et, sottement zélée

p.200 (1)
200 OEUVRES DE BOILEAU. C'est assez qu'en courant la fiction amuse; Trop de rigueur alors seroit hors de saison : Mais la scène demande une exacte raison ; L'étroite bienséance y veut être gardée. D'un nouveau personnage inventez-vous l'idée? Qu'en tout avec soi-même il se montre d'accord

p.202 (1)
202 OEUVRES DE BOILEAU. C'est donc bien vainement que nos auteurs déçus 1, Bannissant de leurs vers ces ornemens reçus, Pensent faire agir Dieu, ses saints et ses prophètes, Comme ces dieux éclos du cerveau des poètes ; Mettent à chaque pas le lecteur en enfer ; N'offrent rien qu'Astaroth

p.203 (1)
, Ulysse, Agamemnon, Oreste, Idoménée, Hélène, Ménélas, Paris, Hector, Énée. 0 le plaisant projet d'un poëte ignorant, Qui de tant de héros va choisir Childebrand ! D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poëme entier, ou burlesque ou barbare. Voulez-vous longtemps plaire, et jamais

p.204 (1)
204 OEUVRES DE BOILEAU. Et peignant, au milieu de leurs 'flols entr'ouverls, L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes maîtres, Met, pour les voir passer, les poissons aux fenêtres ' : Peint le petit enfant qui « va, saute, revient, » « Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient. » Sur de trop

p.206 (1)
200 OEUVRES DE BOILEAU. Combattent tristement les vers et la poussière. Laissons-les donc entre eux s'escrimer en repos, Et, sans nous égarer, suivons notre propos. Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la comédie antique. Là le Grec, né moqueur, par mille jeux plaisans

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208 OEUVRES DE BOILEAU. De mots sales et bas charmer la populace. Il faut que ses acteurs badinent noblement; Que son noeud bien formé se dénoue aisément ; Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide ; Que son style humble et doux se relève à propos

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212 OEUVRES DE BOILEAU. Des vulgaires esprits malignes frénésies. Un sublime écrivain n'en peut être infecté ; C'est un vice qui suit la médiocrité. Du mérite éclatant cette sombre rivale Contre lui chez les grands incessamment cabale, Et, sur les pieds en vain lâchant de se hausser, Pour s'égaler

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214 OEUVRES DE BOILEAU. .Rarement parmi nous afflige le Parnasse. Et que craindre en ce siècle, où toujours les beaux-arts D'un astre favorable éprouvent les regards, Où d'un prince éclairé la sage prévoyance Fait partout au mérite ignorer l'indigence? Muses, dictez sa gloire à tous vos nourrissons

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prenne le chemin de Paris et de Montlhéry. C'est une assez bizarre occasion qui a donné lieu à ce poëme. Il n'y a pas longtemps que, dans une assemblée où j'étois, la conversation tomba sur le poëme héroïque. Chacun en parla suivant ses lumières. A l'égard de moi, comme on m'en eut demandé mon avis

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218 OEUVRES DE BOILEAU. donc si mon poëme aura les qualités propres à satisfaire un lecteur, mais j'ose me flatter qu'il aura au moins l'agrément de la nouveauté, puisque je ne pense pas qu'il y ait d'ouvrage de cette nature en notre langue; la Défaite des bouts-rimês de Sarrasin étant plutôt

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sujet. Parmi les doux plaisirs d'une paix fraternelle, Paris voyoit fleurir son antique chapelle : Ses chanoines vermeils et brillons de santé S'engraissoient d'une longue et sainte oisiveté. Sans sortirde leurs lils, plus doux que leurs hermine:-, Ces pieux fainéans faisoient chanter matines

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224 OEUVRES DE BOILEAU. Seul à MAGNIFICAT je me vois encensé, Souffrirez-vous toujours qu'un orgueilleux m'outrage ; Que le chantre à vos yeux détruise votre ouvrage, Usurpe tous mes droits, et, s'égalant à moi, Donne à votre lutrin et le ton et la loi ? Ce matin même encor, ce n'est point

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tout plutôt : c'est l'esprit de l'Église. C'est par là qu'un prélat signale sa vigueur. Ne borne pas ta gloire à prier dans un choeur : Ces vertus dans Aleth peuvent être en usage; Mais, dans Paris, plaidons: c'estLt notre partage. Tes bénédictions dans le trouble croissant, Tu pourras lps répandre

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'226 OEUVRES DE BOILEAU. Aussitôt trente noms, sur le papier tracés, Sont au fond d'un bonnet par billets entassés. Pour tirer ces billets avec moins d'artifice, Guillaume, enfant de choeur, prête sa main novice. Son front nouveau-tondu, symbole de candeur, Rougit, en approchant, d'une honnête

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attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenoient dans Paris le monarque indolent. Ce doux siècle n'est plus. Le ciel impitoyable A placé sur leur trône un prince infatigable. Il brave mes douceurs, il est sourd à ma voix ; Tous les jours il m'éveille au bruit de ses exploits. Rien ne peut arrêter

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l'effort, Soupire, étend les bras, ferme l'oeil, et s'endort. CHANT III MAIS la Nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, Revole vers Paris, et, hâtant son retour, Déjà de Montlhéri voit la fameuse tour 2. Ses murs, dont le sommet se dérobe à la vue, Sur

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la voix de sa maîtresse. Il la suit : et tous deux, d'un cours précipité, De Paris à l'instant abordent la cité ; Là, s'élançant d'un vol que le vent favorise, Ils montent au sommet de la fatale église. La Nuit baisse la vue, et, du haut du clocher, Observe les guerriers, les regarde marcher. Elle voit

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234 OEUVRES DE BOILEAU. Et bientôt, au travers des ombres de la nuit, Le timide escadron se dissipe et s'enfuit. Ainsi lorsqu'en un coin, qui leur tient lieu d'asile, D'écoliers libertins une troupe indocile, Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu

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236 OEUVRES DE BOILEAU. Sont à coups de maillet unis et rapprochés. Sous les coups redoublés tous les bancs retentissent ; Les murs en sont émus ; les voûtes en mugissent, Et l'orgue même en pousse un long gémissement. Que fais-tu, chantre, hélas! dans ce triste moment? Tu dors d'un profond somme

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23S OEUVRES DE BOILEAU. 0 toi qui, surces bords qu'une eau dormante mouille, Vis combattre autrefois le rat et la grenouille 1 ; ' Qui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau, Mis l'Italie en feu pour la perte d'un seau 2 ; Muse, prête à ma bouche une voix plus sauvage, Pour chanter le dépit

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240 OEUVRES DE BOILEAU. Prenons du saint jeudi la bruyante •crécelle 1. Suis-moi. Qu'à son lever le soleil aujourd'hui Trouve tout le chapitre éveillé devant lui. Il dit. Du fond poudreux d'une armoire sacrée, Par les mains de Girot la crécelle est tirée. Ils sortent à l'instant, et, par d'heureux

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242 OEUVRES DE BOILEAU. Pour moi, je lis la Bible autant que l'Alcoran, Je sais ce qu'un fermier nous doit rendre par an ; Sur quelle vigne à Reims nous avons hypothèque : Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque. En plaçant un pupitre on croit nous rabaisser ; Mon bras seul, sans latin

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244 OEUVRES DE BOILEAU. Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, Est un pilier fameux 1, des plaideurs respecté, Et toujours de Normands à midi fréquenté. Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une Sibylle étique : On l'appelle Chicane ; et ce monstre odieux

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246 OEUVRES DE BOILEAU. Ils gagnent les degrés et le perron antique, Où sans cesse, étalant bons et méchans écrits, Barbin vend aux passans des auteurs à tout prix '. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, Dans le fatal instant que, d'une égale audace, Le prélat et sa troupe, à

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248 OEUVRES DE BOILEAU. Et Gorillon la basse, et Grandin le fausset, Et Gerbais l'agréable, et Guérin l'insipide. Des chantres désormais la brigade timide S'écarte, et du Palais regagne les chemins. Telle, à l'aspect d'un loup, terreur des champs voisins, Fuit d'agneaux effrayés une troupe bêlante

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250 OEUVRES DE BOILEAU. CHANT VI TANDIS que tout conspire à la guerre sacrée, La Piété sincère, aux Alpes retirée 1, Du fond de son désert entend les tristes cris De ses sujets cachés dans les murs de Paris. Elle quitte à l'instant sa retraite divine : La Foi, d'un pas certain, devant elle chemine

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252 OEUVRES DE BOILEAU. L'implacable Discorde et l'infâme Mollesse, Foulant aux pieds les lois, l'honneur et le devoir, Usurpent en mon nom le souverain pouvoir. Souffriras-tu, ma soeur, une action si noire? Quoi ! ce temple, à la porte, élevé pour ma gloire, Où jadis des humains j'attirois

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23i OEUVRES DE BOILEAU. Muse, c'est à ce coup que mon esprit timide Dans sa course élevée a besoin qu'on le guide, Pour chanter par quels soins, par quels nobles traUn mortel sut fléchir ces superbes rivaux. [vaux, Mais plutôt, loi qui fis ce merveilleux ouvrage, Ariste, c'est à toi d'en instruire

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250 OEUVRES DE BOILEAU. roient l'ame à la poésie lyrique. Le censeur dont je parle n'a pas pris garde qu'en attaquant ces nobles hardiesses de Pindare, il donnoit lieu de croire qu'il n'a jamais conçu le sublime des psaumes de David, où, s'il est permis de parler de ces saints (antiques à propos

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258 OEUVRES DE BOILEAU. ODE SUR LA PRISE DE NAMUR. QUELLE docte et sainte ivresse Aujourd'hui me fait la loi? Chastes nymphes du Permesse, N'est-ce pas vous que je voi ? Accourez, troupe savante ; Des sons que ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis. Marquez-en bien la cadence ; Et vous, vents

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260 OEUVRES DE BOILEAU. A son secours il appelle Les peuples les plus vantés. Ceux-là viennent du rivage Où s'enorgueillit le Tage De l'or qu'il roule en ses eaux ; Ceux-ci, des champs où la neige Des marais de la Norvège Neuf mois couvre les roseaux. Mais qui fait enfler la Sambre ? Sous

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262 OEUVRES DE BOILEAU. Tant de guerriers s'amasser. Courez donc : qui vous relarde? Tout l'univers vous regarde : N'osez-vous la traverser? Loin de fermer le passage A vos nombreux bataillons, Luxembourg a du rivage Beculé ses pavillons. Quoi ! leur seul aspect vous glace ! Où sont ces chefs

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264 OEUVRES DE BOILEAU. Ces sanglans ennemis des lois. Suis la victoire qui t'appelle, Et va sur ce peuple rebelle Venger la querelle des rois. Jadis on vit ces parricides, Aidés de nos soldats perfides, Chez nous, au comble de l'orgueil, Briser tes plus fortes murailles, Et par le gain de vingt

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200 OEUVRES DE BOILEAU. Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président. Trois muses, en habits de ville, Y président à ses côtés : Et ses arrêts par Arbouville ' Sont à plein verre exécutés. Si Bourdaloue un peu sévère Nous dit : Craignez la volupté ; Escobar, lui dit-on, mon père

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268 OEUVhc. DE BOILEAU. Censurer ton plus bel ouvrage : Sa charmante naïveté S'en va pour jamais d'âge en âge Divertir la postérité. Que lu ris agréablement! Que tu badines savamment! Celui qui sut vaincre Numance', Qui mit Carlhage sous sa loi, Jadis sous le nom de Térence Sut-il mieux badiner

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POÉSIES DIVERSES. 269 X VERS POUR METTRE AU BAS DU PORTRAIT DE MON PÈRE 1, GREFFIER DE LA GRAND'CHAMBRE DU PARLEMENT DE PARIS (l690). Ce greffier, doux et pacifique, De ses enfans au sang critique N'eut point le talent redouté ; Mais fameux par sa probité, i Reste de l'or du siècle antique

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270 OEUVRES DE BOILEAU. XIII SUR LE BUSTE DU MARBRE QU'A FAIT DE ÎI0I M. GIRARDON, PREMIPR SCULPTEUR DU ROI. Grâce au Phidias de notre âge/ Me voilà sûr de vivre autant que l'univers, Et ne connût-on plus ni mon nom ni mes vers, Dons ce marbre fameux taillé sur mon visage, De Girardon toujours

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272 OEUVRES DE BOILEAU. XVIII VERS POUR METTRE SOUS LE BUSTE DU ROI, FAIT PAR M. GIRARDON, L'ANNÉE QUE LES ALLEMANDS PRIRENT BELGRADE il687J. C'est ce roi si fameux dans la paix, dans la guerre, Qui seul fait à son gré le destin de la terre. Tout reconnoit ses lois, ou brigue son appui

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OEUVRES DE BOILEAU. XXIII A MADAME LA PRÉSIDENTE DE LAMOIGNON, SUR LE PORTRAIT DU rÊB.F. BOURDALOUE QU'ELLE M'AVOIT ENVOYÉ (t70l). Du plus grand orateur dont la chaire se vante M'envoyer le portrait, illustre présidente, C'est me faire un présent qui vaut mille présens. J'ai connu Bourdaloue

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276 OEUVRES DE BOILEAU. XXIX IMPROMPTU SUR LA PRISE DE MONS. A". B. Nous le rapportons à l'article des Pièces attribuées, n° lï XXX ' SUR HOMÈRE (t702). ÔEKSGV [ùv Èfùv, Èxâpaooe Si 8sïo; Ôu.T,po; ' Cantabam quidem ego, scribebat autem divus Homerus. Quand la dernière fois, dans le sacré vallon

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de cette parodie que Boileau ait faits;-cependant, comme tous les éditeurs modernes ont donné la parodie entière, nous la reproduisons aussi, à la suite des pièces attribuées à ■Boileau. 10

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278 OEUVRES DE BOILEAU. ÉPIGRAMMES i A CLIMÈNE (lC60), Tout me fait peine, Et depuis un jour Je crois, Climénc, Que j'ai de l'amour. Cette nouvelle Vous met en courroux: Tout beau, cruelle, Ce n'est pas pour vous. II A UNE DEMOISELLE. N. B. Nous donnons cette épigramme au n° I des Pièces atlribuées

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280 OEUVRES DE BOILEAU. VIII A MONSIEUR RACINE (l074). Racine, plains ma deslinée : C'est demain la triste journée Où le prophète Desmarais, Armé de cette même foudre Qui mitle Port-Royal en poudre, Va me percer de mille traits : C'en est fait, mon heure est venue. Non que ma muse, soutenue

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282 OEUVRES DE BOILEAU. Et, de son lourd marteau martelant le bon sens, A fait de méchans vers douze fois douze cents '. XV LE DÉBITEUR RECONNOISSANT (l(i8l). Je l'assistai dans l'indigence : Il ne me rendit jamais rien; Mais, quoiqu'il me dût tout son bien, Sans peine il souffroit ma présence. Oh

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284 OEUVRES DE BOILEAU. Où peut-on avoir dit une telle infamie ? Est-ce chez les Hurons, chez les Topinamboux? — C'est à Paris. — C'est donc dans l'hôpital des fous? — Non, c'est au Louvre, en pleine Académie. XXII SUR LE MÊME SUJET (l687). J'ai traité de Topinamboux Tous ces beaux censeurs

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286 OEUVRES DE BOILEAU. XXVIII PARODIE BURLESQUE DE LA PREMIÈRE ODE DE TINDARE, A LA LOUANGE DE M. P" (PERRAULT) (lOlls) f. Malgré son fatras obscur, Souvent Brébeuf étincelle. Un vers noble, quoique dur, Peut s'offrir dans la Pucelle. Mais, ô ma lyre fidèle! Si du parfait ennuyeux Tu veux trouver

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ÉPIGRAMMES. 287 On pourra linirla guerre De Pradon et du parterre. XXX CONTRE BOYER ET LA CHAPELLE. J'approuve que chez vous, messieurs, on exainin ? Qui du pompeux Corneille ou du tendre Racine Excita dans Paris plus d'applaudissemens : Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un tei ip

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288 OEUVRES DE BOILEAU XXXIII SDR UN PORTRAIT DE L'AUTEUR (I699). Ne cherchez point comment s'appelle L'écrivain peint dans ce tableau : A l'air dont il regarde et montre la Pucelle Qui ne reconnoîtroit Boileau? XXXIV POUR METTRE AU BAS D'UNE MÉCHANTE GRAVURE QU'ON A FAITE DE MOI (l70l). Du célèbre

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200' OEUVRES DE BOILEAU. XXXVIII L'AMATEUR D'HORLOGES (l70i). Sans cesse autour de six pendules, De deux montres, de trois cadrans, Lubin, depuis trente et quatre ans, Occupe ses soins ridicules. Mais à ce métier, s'il vous plaît, A-t-il acquis quelque science ? Sans doute; et c'est l'homme

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292 OEUVRES DE BOILEAU. une première scène. Le sujet de cetle scène étoit une dispute de la Poésie et de la. Musique, qui se querelloient sur l'excellence de leur art, et étaient enfin toutes prêtes à se séparer, lorsque tout à coup la déesse des accords, je veux dire l'Harmonie, descendoit du ciel

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29G OEUVRES DE BOILEAU. PIÈCES ATTRIBUÉES A BOILEAU i A UNE DEMOISELLE. Pensant à notre mariage, Nous nous trompions très-lourdement : Vous me croyiez fort opulent, Et je vous croyois sage. II IMPROMPTU, A UNE DAME, SUR LA PRISE DE MOX3. Mons étoit, dit-on, pucelle, Qu'ufi roi gardoit, avec

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PIÈCES ATTRIBUÉES A BOILEAU. 297 Et dont on voit l'orgueil à tes pieds abattu, De tes sages exploits veulent souiller la gloire. L'univers, qui les sait, n'a qu'à les publier. Contre tes ennemis laisse parler l'histoire, C'est au ciel qui te guide à te justifier. VI STANCES A IRIS. Oui, j'ai juré

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298 OEUVRES DE BOILEAU. Depuis, mon âme, Iris, que vous aviez charmée, N'a plus formé pour vous# de désirs superflus, Et je me tiens heureux de vous avoir aimée Pour avoir le plaisir de ne vous aimer plus. Conservez donc toujours celte humeur inflexible Dont l'heureuse rigueur m'a su tirer des fers

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PIÈCES ATTIBUÉES A BOILEAU. 299 CHAPELAIN DÉCOIFFÉ OU PARODIE DE QUELQUES SCÈNES DU CID SCÈNE P. LA SLURE, CHAPELAIN. LA SERRE. Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous accable de dons qui n'étoient dus qu'à moi. On voit rouler chez vous tout l'or de la Castille. CHAPELAIN. Les trois fois

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500 OEUVRES DE BOILEAU. LA SERRE. A de plus hauts partis Plïlipote doit prétendre : Et le nouvel éclat de cette pension Lui doit bien mettre au coeur une autre ambition. Exerce nos rimeurs, et vante notre prince; Va te faire admirer chez les gens de province, Fais marcher en tous lieux les rimeurs

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PIECES ATTRIBUEES A BOILEAU. 301 Et loin de ces durs vers qu'à mon style on préfère, Il deviendrait auteur en me regardant faire. CHAPELAIN. Tu me parles en vain de ce que je connoi ; Je t'ai vu rimailler et traduire sous moi. Si j'ai traduit Gusman, si j'ai fait sa préface, Ton galimatias a bien

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302 OEUVRES DE BOILEAU. CHAPELAIN. Achève, et prends ma tête après un tel affront, Le premier dont ma muse a vu rougir son front. LA SERRE. Et que penses-tu faire avec tant de foiblesse? CHAPELAIN. 0 dieux! mon Apollon en ce besoin me laisse. LA SERRE. Ta perruque est à moi; mais tu serais trop

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PIECES ATTRIBUEES A BOILEAU. 503 Faut-il de ton vieux poil voir triompher La Serre, Et te mettre crottée, ou te laisser à terre ? La Serre, sois d'un roi maintenant régalé : Ce haut rang n'admet pas un poëte pelé; Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne, Malgré le choix du roi, m'en a su

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304 OEUVRES DE BOILEAU. Qu'à l'honneur de tous deux il porleun coup mortel: D'une insulte... Le traître eût payé la perruque Un quart d'écu du moins, sans mon âge caduque. Ma plume, que mes doigts ne peuvent soutenir, Je la remets aux tiens pour écrire et punir. Va contre un insolent faire un bon

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PIECES ATTRIBUEES A BOILEAU. 303 D'un avare écrivain chétif imitateur, Je demeure stérile, et ma veine abattue Inutilement sue. Si près de voir couronner mon ardeur, O la peine cruelle ! En cet affront La Serre est le tondeur, Et le tondu, père de la Pucelle. Que je sens de rudes combats ! Comme

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50(i OEUVRES DE BOILEAU. Si pas un d'eux ne me veut secourir, Et si l'on me ballotte, Cherchons La Serre ; et, sans tant discourir, Traitons du moins, et payons la calotte. Traiter sans tirer ma raison ! Rechercher un marché si funeste à ma gloire ! Souffrir que Chapelain impute à ma mémoire

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508 OEUVRES DE BOILEAU. Mais j'aurai trop de force, ayant assez de coeur. Je veux venger mon maître ; et ta plume indomptable, Pour ne se point lasser, n'est point infatigable. LA SERRE. Ce phébus, qui paroît au discours que tu tiens, Souvent par tes écrits se découvrit aux miens, Et, te voyant

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PIÈCES ATTRIBUÉES A BOILEAU. 30'J LA MÉTAMORPHOSE DE LA PERRUQUE DE CHAPELAIN EN COMÈTE LA plaisanterie que l'on va voir est une suite de la parodie précédente. Elle fut imaginée par les mêmes auteurs, à l'occasion de la comèle qui parut à la fin de l'année 1004. Ils-étoient à table chez M. Hessein

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312 OEUVRES DE BOILEAU. qui s'attirèrent le plus d'applaudissemens, ce furent le Cyrus et la Clélie de mademoiselle de Scudéri, soeur de l'auteur du même nom. Cependant non-seulement elle tomba dans la même puérilité, mais elle la poussa encore à un plus grand excès. Si bien qu'au lieu

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son excessive avarice. PLUTON. N'est-ce pas celui qui pensa se faire tuer une seconde fois, pour une obole qu'il ne voulut pas payer à Caron en passant le fleuve? ' Le lieutenant criminel Tardieu et sa femme avoient été assassinés à Paris, la même année nue je fis ce dialogue (le 24 d'août 1C6: ). B.

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316 OEUVRES DE BOILEAU. MINOS. C'est celui-là même. Avez-vous vu sa femme? C'était une chose à peindre que l'entrée qu'elle fit ici. Elle étoit couverte d'un linceul de satin. PLUTON. Comment! de satiu? Voilà une grande magnificence ! MINOS. AU contraire, c'est une épargne : car

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318 OEUVRES DE BOILEAU. au moment que j'aurai interrogé ceux qui seront entrés, qu'on les fasse passer dans les longues et ténébreuses galeries qui sont adossées à ce salon, et qu'on leur dise d'y aller attendre mes ordres. Asseyons-nous. Qui est celui-ci qui vient le premier de tous, nonchalamment

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320 OEUVRES DE BOILEAU. va conter. Rendons ce devoir à deux illustres malheureux Cependant voici le fidèle Féraulas, que je vous laisse, qui vous instruira positivement de l'histoire de ma vie et de l'impossibilité de mon bonheur. PLUTON. Je n'en veux point être instruit, moi. Qu'on me chasse

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3'22 OEUVRES DE BOILEAU. DIOGÈNE. Je pense reeonnoître l'air. C'est sur le chant de Toinon la belle jardinière 1. Ce n'étoit pas de l'eau de rose, Mais de l'eau de quelque autre chose. HORATIUS COCLÉS. « Et Phénisse même publie Qu'il n'est rien si beau que Clélie. « PLUTON. Quelle est donc

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524 OEUVRES DE BOILEAU. qui ne le veux point connoitre, je vous dirai franchement que je ne sais si ces trois villages et ces trois tleuves mènent à Tendre, mais qu'il me paroit que c'est le grand chemin des Petites-Maisons. MINOS. Ce ne seroit pas trop mal fait, non, d'ajouter ce village-là dans

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326 OEUVRES DE BOILEAU. PLUTON. Hé bien, Brutus, nous donnerez-vous l'explication des paroles qui sont sur vos tablettes ? BRUTUS. Volontiers. Regardez bien. Ne les sont-ce pas là? « Toujours, l'on. si. mais, ) etc. PLUTON. Ce les sont là elles-mêmes. BRUTUS. Continuez donc de lire. Les paroles

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328 OEUVRES DE BOILEAU. temps le soin de votre personne et dé votre état ; et, au lieu de cela, songez à me bien définir ce que c'est que coeur tendre, tendresse d'amitié, tendresse d'amour, tendresse d'inclination et tendresse de passion. MINOS. Oh ! celle-ci est la plus folle

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550 OEUVRES DE BOILEAU. coup de ce brun mâle et noble que donne le soleil aux Africaines qu'il favorise le plus près de ses regards. Son sein est composé de deux demi-globes brûlés par le bout comme ceux des Amazones, et qui, s'éloignant le plus qu'ils peuvent de sa gorge, se vont négligemment

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332 OEUVRES DE BOILEAU. PLUTON. Je ne me souviens point d'avoir jamais nulle part lu ce nom-là dans l'histoire. OSTORIUS. Il y est pourtant. L'abbé de Pure assure qu'il l'y a lu. PLUTON. Voilà un merveilleux garant! Mais, dis-moi, appuyé de l'abbé de Pure comme tu es, as-tu fait quelque figure dans

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334 OEUVRES DE BOILEAU. PLUTON. Encore ! j'avoue que de toutes les héroïnes qui ont paru en ce lieu, celle-ci me paroit beaucoup la plus insupportable. Vraiment, elle ne prêche pas la tendresse. Tout eh elle n'est que dureté et sécheresse, et elle me paraît plus propre à glacer l'ame qu'à inspirer

p.336 (1)
356 OEUVRES DE BOILEAU. la vie. Mais, au nom de notre proche parenté, dites-moi, vous qui êtes le dieu de l'éloquence, comment vous avez souffert qu'il se soit glissé dans l'un et dans l'autre monde une si impertinente manière de parler que celle qui règne aujourd'hui, surtout en ces livres

p.338 (1)
558 OEUVRES DE BOILEAU. duise tous, sans différer, droit aux bords du fleuve de Léthé ' ; puis, lorsqu'ils y seront arrivés, qu'on me les jette tous, la tête la première, dans l'endroit du fleuve le plus profond, eux, leurs billets doux, leurs lettres galantes, leurs vers passionnés, avec

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340 OEUVRES DE BOILEAU. refusèrent pas leurs conseils sur ses écrits, non plus qu'à Térence. Ils ne s'avisèrent point de prendre le parti de Lupus et de Métellus qu'il avoit joués dans ses satires, et ils ne crurent pas lui donner rien du leur en lui abandonnant tous les ridicules de la république

p.342 (1)
542 OEUVRES DE BOILEAU. Perse fait une raillerie si amère dans sa première satire, étaient des vers de Néron. Cependant on ne remarque point que Néron, tout Néron qu'il étoit, ait fait punir Perse ; et ce tyran, ennemi de la raison, et amoureux, comme on sait, de ses ouvrages, fut assez galant

p.344 (3)
544 OEUVRES DE BOILEAU. noit les méchans poëtes à effacer leurs écrits avec la langue, les livres deviendront-ils désormais un asile inviolable où toutes les sottises auront droit de bourgeoisie, où l'on n'osera toucher sans profanation ? J'aurais bien d'autres choses à dire sur ce sujet; mais

p.346 (3)
346 OEUVRES DE BOILEAU. LE POÈTE. Non. TEXTOR. Omnipolentis. LE POÈTE. Non, non. TEXTOR. Bicornis. LE POÈTE. Bicornis : optime. Jovisque bicornis. Latonse proies divina, Jovisque bicornis. APOLLON. Vous avez donc perdu l'esprit? Vous donnez des cornes à mon père? LE POÈTE. C'est pour finir le vers

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348 OEUVRES DE BOILEAU. du feu roi de querelleuse mémoire, Alexandre dit le Grand, acquéreur de l'Asie, Europe, Afrique et autres lieux; contenant que, depuis quelques années, une inconnue, nommée la Raison, auroit entrepris d'entrer par force dans les écoles de ladite Université, et pour cet effet

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350 OEUVRES DE BOILEAU. sans que pour cela ils soient obligés de le lire, ni de savoir sa langue et ses sentimens. Et sur le fond de sa doctrine, les renvoie à leurs cahiers. Enjoint au coeur de continuer d'être le principe des nerfs, et à toutes personnes, de quelque condition et profession

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que je ne pensois. En voici la raison. ' Quand le recteur faisoil ses processions, l'Université de Paris s'assembloit aux Mathurins. Brossette. * Publiée par Boileau dans les deux éditions de 1701 et reproduite dans celles de 1713, avec quelques différences. Nous donnons le texte des éditions de 1701, revues

p.352 (1)
352 OEUVRES DE BOILEAU. Tout le monde sait que M. Despréaux est de mes meilleurs amis, et qu'il m'a rendu des témoignages d'estime et d'amitié en toutes sortes de temps. Dn de mes amis m'avoit envoyé sa dernière satire. Je témoignai à cet ami la satisfaction que j'en avois eue, et lui marquai

p.354 (2)
554 OEUVRES DE BOILEAU. en eût ; il rapporte leurs raisons. Ils disoient que l'obscénité, pour parler ainsi, ne pouvoit être que dans les mots ou dans les choses ; qu'elle n'étoit point dans les mots, puisque plusieurs mots étant équivoques, et ayant diverses significations, ils ne passoient point

p.356 (1)
356 OEUVRES DE BOILEAU. Il ne faut que lire ce qui précède dans la satire, qui est la fin de la fausse dévote : Voilà le digne fruit des soins de son docteur, Encore est-ce beaucoup si ce guide imposteur, Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme Tout à coup l'amenant au vrai molinosisme

p.358 (1)
'358 OEUVRES DE BOILEAU. reprocher à votre adversaire qu'il avoit eu tort de se vanter qu'il 'ne lui étoit pas échappé un seul mot qui pût blesser le moins du monde la pudeur. La seconde chose qui m'a fait heaucoup de peine, monsieur, c'est que vous blâmiez dans votre préface les endroits

p.360 (1)
360 OEUVRES DE BOILEAU. y a nommé la Clélie, il n'y a presque rien dont vous fassiez un plus grand crime à l'auteur de là satire. « Combien, dites-vous, a-t-on été indigné de voir continuer son acharnement sur la Clélie? L'estime qu'on a toujours faite de cet ouvrage, et l'extrême vénération

p.362 (2)
362 OEUVRES DE BOILEAU. Car ils voient du côté de la satire, 1° une très-juste et très-chrétienne condamnation des vers de l'opéra, soutenus par les airs efféminés de Lulli ; 2° les pernicieux effets des romans, représentés avec une force capable de porter les pères et les mères

p.364 (3)
304 OEUVRES DE BOILEAU. Alcippc, et sur ce point si savamment touché, Desmâres, dans Sàint-Roch, n'auroit pas mieux prêché ! ; et c'est ensuite qu'il témoigne qu'il va parler sérieusement et sans raillerie : Mais c'est trop t'insulter : quittons la raillerie; Parlons sans hyperbole et sans

p.366 (1)
30G OEUVRES DE BOILEAU. rice en général, l'ayant appliquée à deux personnes connues : car ne les ayant point nommées, il n'a rien appris au public qu'il ne sût déjà. Or, comme ce seroit porter trop loin cette prétendue règle de ne point nommer les personnes, que de vouloir qu'il fût interdit

p.368 (1)
508 OEUVRES DE BOILEAU. M. Chapelain, quoique d'ailleurs honnête, civil et officieux, n'étoit pas un fort bon poète, il lui seroit bien aisé de confondre ceux qui lui feraient ce reproche ; il n'auroit qu'à leur faire lire ces vers de ce grand poète sur la belle Agnès : On voit hors des deux bouts

p.369 (2)
LETTRE DE M. A. ARNAULD. 369 voir de plus heureusement exprimé que ce qu'en dit votre adversaire : En vain contre le Cid un ministre se ligue, Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue; , L'Académie en corps a beau le censurer, Le public révolté s'obstine à l'admirer '. Jugez par là, monsieur

p.370 (2)
370 OEUVRES DE BOILEAU. Vous reconnoissez donc, monsieur, que tant de gens qui lisent les ouvrages de M. Despréaux, les lisent avec grand plaisir. Comment n'avez-vous donc pas vu que de dire, comme vous faites, que ce qui fait trouver ce plaisir est la malignité du coeur humain, qui aime

p.372 (2)
572 OEUVRES DE BOILEAU. me sera permis dans nos entretiens de vous louer à outrance. J'abuse souvent de cette permission, et l'écho des murailles de mon jardin a retenti plus d'une fois de nos contestations sur votre sujet. La vérité est pourtant qu'ils tombent sans peine d'accord de la grandeur

p.375 (2)
TABLE DES MATIÈRES NOTICE V Préfaces 1 Catalogues des oeuvres de Boileau 16 Discours au roi 19 Satire 1. Adieux à la ville 24 — II. A Molière 50 — 111. Le repas ridicule 33 — IV. A l'abbé Le Vayer 40 — V. Au marquis de Dangcau 44 — VI. Les embarras de Paris 49 — Vil. Sur le genre satirique 53

p.376 (2)
376 OEUVRES DE BOILEAU. lidcsur la prise de Namur 251* Ode sur l'Angleterre • 263 Poésies diverses • 264 Épigrammes 278 Fragment d'un prologue d'opéra 291 Poésies latines 295 Pièces attribuées à Boileau 296 Chapelain décoiffé 299 La métamorphose de la perruque.. . . ' ' 309 Discours sur le dialogue

p.3 (1)
JUDICIAIRE AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE Antoine Lemaistre et ses contemporains, par M. OSCAR DE VALLÉE, avocat général à la cour impériale de Paris. 1 lfeau vol. in-8 cavalier, 7 fr. 50. LES ARMES ET LE DUEL Par GRISIER, professeur à l'École polytechnique, au collège Henri IV et au Conservatoire de musique

p.6 (1)
un tout complet. 10 fr., le vol. Complet. 40 fr. Reliure des i vol. en deux vol., demi-chagrin, plats toile, tr. dorée. 15 fr. » Reliure des & vol. en deux voi., toiie, ir. dorée 11 » Les VIES DES SAINTS, avant dêià obtenu l'approbation des archevêques de Paris, de Cambrai, de Tour», de Boureès. île Reims

p.7 (3)
IMITATION DE JÉSUS-CHRIST Traduite par l'abbé DASSANCE, avec approbation de Mgr l'archevêque de Paris. Edition CURMER, avec encadrements variés, frontispice or et couleur, et 10 gravures sur acier. 1 vol. gr. in-8, 20 fr. Heliure chagrin, tranche dorée 12 fr. » — demi-chagrin, tranche dorée, plats

p.8 (1)
acier, 2 vol. Brochés 20 fr. • Reliés eu un seul vol., demi-chagrin, plsts toile, tr. dorée.. . 5 • Les martyrs et le Voyage en Amérique. 2 vol. avec gravures sur acier. Brochés 20 fr. • Reliure en un seul vol., demi-chagrin, plats en toile, tr. dorée. 5 » Itinéraire de Paris a Jérusalem. 2 vol

p.9 (1)
— 9 — DICTIONNAIRE DE LA NOBLESSE ET DU BLASON Par JOLFFROY D'ESCIIAVANNES, béraldisle, historiographe, secrétairearchiviste de la Société orientale de Paris. 1 vol. grand in-8, illustré de 2 planches de blason coloriées et d'un grand nombre de gravures, 15 fr.; net, 10 fr. GALERIES HISTORIQUES

p.10 (1)
mosaïque, plaque spéciale, tranche dorée. . . o fr. » HISTOIRE DE PARIS Par TH. LAVALLÉE. 207 vues par CIIAMPIN. 1 vol. gr. in-8. 12 fr. Relié toile mosaïque... 18 fr. » HISTOIRE DE NAPOLÉON Par LAURENT, illustrée de 500 vignettes, avec les types en noir imprimés dans le texte, par Horace Vernet. 1

p.14 (2)
; DESPORTES; Paul GERVAIS, docteur es sciences, prof, de zoologie ; JUNG ; Léon LALANNE, ing. des ponts et chaussées ; Ludovic LALANNE ; LE CIIATELIER, ing. des mines ; A. LE PILEUR; Ch. LOUANDRE; Ch. MARTINS, docteur es sciences, prof, à la Faculté de médecine de Paris ; Victor RAULIN, prof

p.15 (2)
.; rel. en perçai., fers et tr. dorés, 5 fr. en sus par volume. TABLEAU DE PARIS Par EDMOND TEXIER; ouvrage illustré de 1,500 gravures, d'après les dessins de Blanchard, Cbam, Champin, Forest, Français, Gavarni, etc., etc. 2 vol. in-fol. du format de Ylllustratioh, 50 fr. Reliure riche, dor. sur tranche

p.16 (1)
nouvelles. 2 vol. grand in-18, 7 fr. OEUVRES CHOISIES DE GAVARNI Revues, corrigées et nouvellement classées par l'auteur, publiées dans le format du Diable à Paris, et accompagnées de notices par MM. de BALZAC, Théophile GAUTIER, GÉRARD DE NERVAL, Léon GOZLAN, LAURENT-JAN, Jules JANIN, Alphonse KARR, P

p.17 (4)
— 17 — PARIS MARIE PHILOSOPHIE DE LA VIE CONJUGALE Par H. DE BALZAC, illustré par Gavarni. 1 vol. in-8 anglais, 5 fr. PARIS A TABLE Par EUGÈNE BRIFFADLT, ill. par Bertall. 1 vol. in-8 anglais, 3 fr. LES FEMMES DE H. DE BALZAC Types, caractères et portraits, précédés d'une notice biographique

p.19 (1)
. Prix, br. avec couv. ornée d'après Grandville, 15 fr.; net, 12 fr. Reliure percaline, ornée du blason de Paturot, tirée en couleurs, d'après les dessins de Grandville; lilets, tranche dorée. 5 fr. 50 NOTRE-DAME DE PARIS PAR VICTOR HUGO. Édition illustrée de 50 à 60 magnifiques gravures sur acier

p.20 (3)
— 20 — LES ÉTRANGERS A PARIS Par MM. Louis DESNOYERS, J. JANIN, OLD-NICK, STANISLASBELLENGER, DROUINEAU, MARCO DE SAINT-LIILAIRE, ROGER DE BEAUVOIR. 1 vol. grand in-8, illustré de 400 grav., 15 fr. ; net 10 fr. Reliure toile, tranche dorée 5 fr. « LES MYSTÈRES DE PARIS Par EUGÈNE SUE. Édition

p.24 (1)
, illustrées par TONV JHANNOT de 100 beaux dessins gravés sur bois. Nouvelle édi'ion. Paris. 1855. 1 vol grand in-8 jésus vélin, glacé, satiné, relie toile, tranche dorée, plaque spéciale, 15 fr.

p.28 (1)
Uesdiamps. 1 v. avec vignette. L'ANE MORT ET LA FEMME GUILLOTINÉE, par JULES JANIN. 1 vol avec vign. LE CHEVALIER DE SAINT-GEORGES, par ROGER DE BEAUVOIR. 2" éditiou. 4 vol. avec vignettes. FRAGOLETTA, NAPLES ET PARIS EN 1799. par H. DE LATOUCUE. Nouv. édit.Svul, ornés de deux vignettes. UNE SOIRÉE

p.31 (1)
. Des Orateurs. Tome7. Nouvel index. — Diss. sur les Mss. Bibliographie de près de 1,100 éditions de Tacite. — Deux planches fuc similc. César, trad. nonv. par M. ARTAUD, insp. de l'Acad. de Paris, avec une Notice par M. LAVA, de l'Académie française S v. Justin, traduct. nouv. par MM. J. PIERROT, ex

p.33 (1)
^'Urde rhétorique au Lycée Louis-leGrand. 1 vol. grand in-18, 3 fr. 50 c. OEUVRES COMPLÈTES DE SALLUSTE (OF. LA COLLECTION PANCKOU..KE1 Avec la traduction franca'se de 'h llo/o r. revue p r MM. ('IIVRI EXTIER, inspecteur de l'Académie île Paris, ci FÉLIX LEMAISTIIK; privédéesd'un nouu-au travail sur

p.36 (9)
et augmentée. 1 vol. in-18 5 fr. ' LA CLEF DE LA SCIENCE Ou les phénomènes de tous les jours expliqués, par le docleu L. C. BREWER. 1 vol. grand in-18 anglais de 500 p. 3 fr. 50 c GUIDE UNIVERSEL ET COMPLET DE L'ÉTRANGER DANS PARIS Suivi d'une revue des environs de Paris et antres renseignemen divers

p.NP (4)
, par M. RIGAULT, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand.. 1 vol. SALLUSTE. OEuvres complètes, de la collection Panckoucke, avec la traduction française de Do uozoïn, revue par MM. CiunPENTIEH, inspecteur de l'Académie de Paris, et FÉLIX LEMAISTRE ; précédées d'un nouveau travail sur Salluste

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