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Titre : Le tour de France par deux enfants : devoir et patrie, Livre de lecture courante... cours moyen... (191e édition) / par G. Bruno (Mme Alfred Fouillée),...
Auteur : Bruno, G. (1833-1923)
Éditeur : Vve E. Belin et fils (Paris)
Date d'édition : 1889
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 1 vol. (312 p.) : ill. ; in-12
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k54038383
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, L29-105 (TER,D)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb414249872
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 29/05/2008
tour de france par deux enfants: 289 pages trouvées
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. En leur racontant le voyage couraf;eux de deux jeunes Lorrains à travers la France entière, nous avons voulu a leur faire pour ainsi dire voir et loucher; nous avons voulu leur montrer comment chacun des fils de la mère commune arrive à tirer profit des richesses de sa contrée cl comment il sait, aux endroits
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PROGRAMMES OFFICIELS DE 1882 ET PAGES CORRESPOXDAXTES DU TOUR DE LA FRANCE GOUHS MOYEN Morale. « Entretien», lectures avec cxpliralions, exercices pratiques...N'omcllrc aucun point important du programme. I L'enfant dans la famille. Parents, ftirts, serviteurs. Devoirs envers Us parents
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. (Voir p. 22, 25, 87, etc.) Instruction civique, droit usuel, notions d'économie politique. » Notions très sommaires sur Yorganistlion de la France. (Ces notions sont répandues passim dans tout le volume.) Le citoyen, ses obligations et ses droits : l'obligation scolaire (le maître trouvera occasion
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LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS 1. — Le départ d'André et do Julien. Rien ne soutient mieux notre courage que la pensée d'un devoir à remplir. Par un épais brouillard du mois do septembre deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Ils venaient de franchir
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0 F.R TOUR DR LA FRANCK PAR DRUX ENFANTS. leur visage, on mirait pu deviner qu'ils étaient orphelins. Lorsqu'ils se furent un peu éloignés do la villo, lo grand frère s'adressa h l'enfant et, h voix 1res basse, comnio s'il avait eu crainte que les arbres mômes do la roule ne l'entendissent
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I/II08P1TALITÉ. 7 Et les deux enfants, frappant un coup timide, murmurèrent en leur coeur : — Notre Père, qui Mes aux cicux, donneznous aujourd'hui notre pain quotidien. H. — Le souper chez Etionne le sabotier. L'hospitalité. Le nom d'un père honoré de tous est une fortune pour les enfant
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3 LE TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. adoucissant sa voix, d'où vonoz-vous? oîi est lo pero? Et, avant môme que les orphelins eussent eu le temps do répondre, il avait soulevé do terre lo petit Julien cl lo serrait paternellement dans ses bras. L'enfant, avec la vivacité do 'sentiment naturelle
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ce qui lui restait de vie, Michel Volden tressaillit, il essaya do parler, mais ce fut en vain ; ses lèvres remuèrent sans qu'un mot put sortir de sa bouche. Alors uno vive anxiété se peignit sur ses traits. Il sembla réfléchir, comme s'il cherchait avec angoisse le moyen do faire comprendre a ses deux enfants
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:.*'$. &m. JO LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. effori, il regarda longuement ses deux fils d'une façon expressive, el son regard profond, et ses yeux tristes semblaient vouloir leur dire .' — Aimez-vous l'un l'autre, pauvres enfants qui allez désormais rester seuls ! Vivez toujours unis, sous
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pour lesquels les deux enfants s'étaient mis en marche et étaient venus demander au père Etienne l'hospitalité. Lorsque André eut achevé le récit des événements qu'on vient de lire, Etienne lui prit les deux mains avec émotion : — Ton frère et loi, lui-dil-il, vous ôles deux braves enfants, dignes
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12 LE 70UR DÉ LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Tandis qu'elle pliait avec soin le gilet d'André, un petit papier bien enveloppé tomba d'une des poches. — Oh! se dit l'excellente femme, ce doit ôtre là qu'est ~~~" renfermée louto la for lune de ces deux enfants; si, comme je le crains, la bourse est trop
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qu'André et Julien mangeaient, Etienne entra. — Enfants, dit le sabotier en se frottant les mains, jo n'ai pas perdu mon temps : j'ai travaillé pour vous depuis ce malin. D'abord, je vous ai trouvé deux places dans la
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que voici, pour vous recommander à une vieille connaissance que j'ai aux environs de Saint-Quirin, Fritz, ancien garde forestier de la commune. Vous serez reçus là à bras ouverts, les enfants, et vous y dormirez une bonne nuit. Enfin, ce qui vaut mieux encore, Fritz vous servira de guide le lendemain dans
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. A ce signal, André et Julien saisirent rapidement leur paquet de voyage ; ils embrassèrent de tout leur coeur la mère Etienne, et aussitôt le sabotier les conduisit vers la carriole. Après une nouvelle accolade, après les dernières et paternelles recommandations du bravo homme, les enfants
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16 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Toule la nuit il dormit peu. Le malin de bonne heure, avant môme que Julien s'éveillât, il s'était levé pour réflé^ cliir. Il se dirigea s.ans bruit vers le jardin du garde, voulant examiner le pays, qu'il n'avait vu que le soir à la brune. Carte
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vous expliquer votre chemin. Alors tous deux, penchés sur la carte, étudièrent le pays. Julien, de son côté, s'était assis sagement auprès d'eux, s'efforçant de retenir ce qu'il pourrait. Le garde parlait, montrant du doigt les roules, les sentiers, les raccourcis, faisant la description minutieuse
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^J8 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. piler : c'est le moyen de retrouver bientôt le vrai sentier. Quand la brune fut venue, André et Julien se remirent en route, après avoir remercié de tout leur coeur le garde Fritz, qui de son lit leur répétait en guise d'adieu : « Courage, courage! avec
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LA GRANDE,OURSE ET L'ÉTOILE POLAIRE. JQ — Je le l'expliquerai quand nous nous arrêterons. Tout en devisuut ainsi à voix basse, les deux frères avançaient et la nuit se faisait plus noire. André avait tant étudié le pays toute la journée, qu'il lui semblait le reconnaître comme s'il y avait déjà
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IX. — Le nuage sur la montagne. — Inquiétude des deux enfants. Le courage ne consiste pas à ne point être ému en face d'un danger, mais à surmonter son émotion : c'est pour cela qu'un enfant peut être aussi courageux qu'un homme. Après un pelit temps de repos ils se remirent en roule. Mais tout à
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pierres qui couvrent les chemins de montagne ; il tomba, et faillit rouler du haut des rochers, entraînant avec lui le petit Julien. Les deux enfants comprirent alors le danger qu'ils couraient. — Asseyons-nous, dit André tout ému, en attirant Julien près de lui. — André, s'écria Julien, nous avons
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22 LB TOUR DB LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. la vieille tour De plus la bougie touchait à sa (In ; ello s'éteignit. Les deux enfants n'avaient plus qu'un parti à prendre ; s'arrêter, attendre. X. — La halte sous le sapin. — La prière avant le sommeil. - André reprend courage. Knfanls, la vie entière
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LB SAPIN. 23 — André, dit-il, puisque jo vais dormir, je vois faire ma prière du soir. — Oui, mon Julien, nous la dirons ensemble. El les deux orphelins, perdus au milieu do celto grande et triste solitudo do la montagne, élevèrent dans une môme prière leurs jeunes coeurs vers le ciel. Peu de temps
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24 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. XI. — Le brouillard se dissipe. — Arrivée d'André et de Julien sur la terre française. j Quand on a été séparé de sa pairie, on comprend mieux encore combien elle vous esl chère. Peu a peu la douco tranquillité du sommeil de Julien sembla gagner André
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. Alors, se trouvant sur l'autre versant de la montagne, les deux enfants virent tout à coup s'étendre à leurs pieds les campagnes françaises, éclairées par los premières lueurs de l'aurore. C'était là ce pays aimé vers lequel ils s'étaient dirigés au prix de tant d'eflbrls. Le coeur ému, songeant
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26 LÇ TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. XII. — L'ordre dans les vêtements et la propreté. — L'hospitalité de la fermière lorraine. Voulez-vous qu'an premier coup «l'oeil on pense du bien de vous? Soyez propres el décents; les plus pauvres peuvent toujours l'être. Après plusieurs lomps de repos
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vers la porte do la maison, suivis du troupeau el accompagnés d'un bruyant tapage. La fermière vint sur lo pas de sa porto et regarda les enfants qui s'approclmiont d'elle, chapeau à la main. Dès le premier coup d'oeil la ménagère, femme d'ordre et de soin, fut bien prévenue en faveur des enfants
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28 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. bien vite pour retourner à son travail, les jeunes enfants vers l'école, les aînés aux champs. Quoique André fût tout a fait las, il proposa ses services et ceux do Julien avec empressement, car il aurait bien voulu** dédommager son hôtesse dû l'hospitalité
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courageux comme deux hommes,et aujourd'hui, quoique fatigués, vous avez tenu a me montrer votre reconnaissance de l'accueil que je vous faisais. Vous êtes de braves enfants, et, si vous continuez ainsi, vous vous ferez aimer partout où vous irez; car le courage et la reconnaissance gagnent
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30 LB TÛim DR LA FRANCE l AR DEUX ENFANTS. vous avez lant envie d'ôlre utiles, dit la fermière lorraine aux deux orphelins, je vais vous occuper à présent. Vous, André, je vous prie, surveillez mes enfants : ils arrivent de la classe, et ils ont leurs devoirs à faire. Pendant que yous
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M VACHB. LB LAIT. 31 — Quoi! fit l'enfant en voyant la vache passer sa langue avec gourmandise sur lo sel qu'il lui présentait dans la main» elle aime le sel comme du sucre ! Vache bretonne. — l.a France possède un grand noml ro d'excellentes vaches laitières, parmi lesquelles on compte In vache
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■^ï.V.v.^.-i,*^ 32 LR TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. sont placéos lout en liaut et donnent de l'air aux bôles sans les exposer au froid Certes, Bretonne est bien logéo. — Pourquoi l'appelle-t-on Bretonne? dit Julien, qui s'intéressait do plus en plus à la bonno vache. — C'est qu'ello est do
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34 LK TOUR DB LA FRANCK PAR DKUX ENFANTS. — Eh oui, cher enfant. Quinze litres de lait do Bretonne no font qu'un kilogramme de beurro, et pourtant Bretonne, comme les vaches do sa raco, est uno merveille. 11 y a d'autres-Vaches.dont il faut jusqu'à vingt-cinq litres pour fairo un kilogramme
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. Tous deux, avant de se mettro en roule, allèrent remercier la fermière qui les avait traités comme ses enfants. — Mes amis, leur répondit-ollo, si j'ai eu plaisir h vous aider, c'est que vous m'avez paru dignes d'intérêt par vos bonnes qualités. Si vous continuez à être de braves enfants, désireux do
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36 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. La roule, formant un défilé entre do hautes collines, suivait tout le temps le bord de l'eau, et les petits oiseaux gazouillaient joyeusement sur les buissons de la rivièro. Nos jeunes voyageurs étaient ravis du beau temps qui s'annonçait, mais ils étaient
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coud avec J!i „11~ ~«..„ .,..~~.l..~ rapidité et lolidite. Une machine à coudre fait l'ou,. dll-ellC, pour preiKlrO viàgo «le deux ouvrières actives. un pareil embarras. Puis, rajustant ses lunettes, pour observer encore mieux les enfants inconnus qui lui arrivaient et qu'elle avait laissés
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■;A«&--W î;ff.»vM. 38 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. tout le temps debout sur le seuil de sa porte, elle finit par dire : — Entrez toujours, je vous coucherai ce soir; après cela nous verrons, vous et moi, ce que nous avons de mieux à faire. Les deux enfants fort interdits entrèrent dans
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L'OBLÏOEANCB. 3D son el que nous ne serons plus ainsi seuls comme deux enfants à l'abandon. Rien ne vaut la maison de la famille. XVIII. — La cruche de la mère Gertrude. — L'obligeance. Combien H est facile de se faire aimer de tous ceux qui nous entourent 1 11 suffit pour cela d'un peu
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40 LE TOUR DE. LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. XIX, — Les deux pièces de oinq francs. — Un bienfait délicat. « Que voire main gauche ignore ce qu'a donné votre main droite. » Lorsque André rentra une heure plus tard, il trouva Julien. bien affairé. Assis en face de la mère Gertrude, il lui aidait à
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prit dans la poche de son gilet le petit paquet qui renfermait leurs économies, pour le porier à Mmo Gerlrude et la prier de le leur garder. En le dépliant, il fut tout étonné d'y trouver deux belles pièces de cinq francs qu'il n'y avait point mises. — Gomment cela peut-il se faire? pensa-t-il. Puis
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42 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — C'est cela, dit André en prenant le cahier que lui tendait l'enfant et en déchirant proprement une feuille. La mère Etienne sait bien que nous ne sommes pas riches, elle ne regardera pas au papier, mais aux pensées qui seront dessus. — Et de l'encre
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". COURS D'ADULTES ET BIBLIOTHÈQUES SCOLAIRES. 43 XXI. — André ouvrier. Les cours d'adultes. «- Julien écolier. Les bibliothèques scolaires et les lectures du soir. — Ce que fait la France pour l'instruction de ses enfants. Après qu'on a travaillé, le plus utile des délassements csl une lecture
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44 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Tous les ^oirs M. l'instituteur fait un cours gratuit pour les adultes; bien des ouvriers de la ville se réunissent auprès de lui, et il leur enseigne ce qu'ils n'ont pu apprendre à l'école. Il faut y aller, André. Que de chosesonpeulapprendre à tout Age
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de votre patrie. La France veut que tous ses enfants soient dignes d'elle, et chaque jour elle augmente le nombre de ses écoles et de ses cours, elle fonde de nouvelles bibliothèques, et elle préparc des maîtres savants pour diriger la jeunesse. — Oh! dit Julien, j'aime la France de tout mon coeur
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f^^m^^^-h-^M^yM 46 LE TOUR DE LA. FRANCE PAR DEUX ENFANTS tume, car André avait toujours quelque chose à raconter* Un soir, il arriva tout joyeux de l'atelier. . — Julien, dit-il à son frère, si lu avais pu voir ce que j'ai vu aujourd'hui, cela t'aurait bien intéressé. — Qu'as-tu donc vu? fit
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pas merveilleux, Julien? h un bout de la grande salle, on voit des chiffons et une bouillie blanche; à l'aulro bout, des feuilles de papier sur lesquelles on pourrait tout de suite écrire; et il ne faut pas plus de deux minutes pour que la bouillie se change ainsi en papier. — Oh ! j'aimerais bien voir
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48. LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. XXIII. —Les moyens que l'homme emploie pour mettre en mouvement ses machines. — Un ouvrier inventeur. La prétendue baguette des fées était moins puissante que ne l'est aujourd'hui la science des hommes. Julien avait écouté de toutes ses oreilles le récit
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machine que j'ai vue faire tant de travail en si peu de temps. — Eh bien I André, dit la mère Gerlrude, qui apportait en ce moment la soupière fumante, l'histoire du papetier Robert LB TOUR DE LA FRANCE. 3
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Uv-V'. BO LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. ', , no vous donnc-t-elle pas onvio, a vous aussi, do devenir un . ouvrier habile dans votre métier ? — Oh ! Madame, je ferai bien tout ce quo je pourrai pour cela, et le courage ne me manquera ni pour travailler ni pour m'inslruire. — Ni à moi non
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Un Seul moi'- CllISTJU,x ET 6WCE3. _ j^, cristal est une sorte da verre rpnil nîl fnnî h l'iimi. très transparent, dur et résonnant cous le ilo'gt, fabriumu ou ioui a i «eu- ,Iue avwJ ,„ fabje Wanc,_,la !a ^,3,,,, cl ,iu pf0l'nb. u rp ' flpvnni lr» îiinrrn. première fabrique do cristaux do France
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b2 IK TOUR DK LA FRANCK PAR DKUX ENFANTS. — Jo no me doutais pas, s'écria Julien, quo lo bois do nos forêts servît à fairo lo verro. Mais dites-moi, madamo Gertrude, d'où viennent donc toutes ces images grandes et petites qu'un marchand avait étalées à la foiro, lo long d'un mur, et que vous m'avez
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LES BRODERIES DES FEMMES LORRAINES. 83 grands, André et moi, nous ferons partie d'un orphéon. —Vous aurez raison, mes enfants ; la musique est une disYiolou. Uasson. Trombone. Cor. Piano. Coi net à piston. Clarinette. Flûte. Hai^e. l.ti PRINCIPAUX ISSTRl'UESTS DE MUSIQUE, traction intelligente
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84 IK TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. -—OhS c'est vrai, dit Julien, il y a un rosier dans un pot qui ressemble, si bien «*. ,m rosier pour do bon, que jo n'aurais jamais voulu croire qu'il fut en papier, si co n'était vous, madamo Gerlrude, qui me l'avez assuré. — D'où viennent ces fleurs
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do dire à M" 10 Gertrudo que pourtant il était parmi les plus jeunes do sa division. Il raconta môme, en passant devant la maison d'un camarade, que le petit garçon qui demeurait la et qui avait deux ans de plus que lui n'en était pas moins lo dernier de la classe. Enfin, je ne sais comment cela
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56 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. en esl uno dos gloires. Co petit Claude était fils do simples domestiques. Dans son enfance on lo croyait presque imbécile, tant son intelligence était lente et tant il avait do peino a apprendre. Ses camarades d'écolo so moquaient alors do lui, comme
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88 LE TOUR DK LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. pour les lui mellro dans la main. Celle fois il no dit rien pour se glorifier, mais le coeur lui battait d'émotion. — Vous êtes un brave enfant, Julien; embrassez-moi, et dites-moi ce qui vous ferait le plus do plaisir, car jo veux vous récompenser. Julien
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son village. Bien souvent, tandis que ses doigls agiles dévidaient la quenouille de lin, elle avait entendu dans la maison de son père raconter la grande misère qui régnait alors au pays de France. Defiuis quatre-vingts ans a guerre et la famine duraient Les Anglais étaient maîtres de presque
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60 LK TOUH DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. Persuadée enfin que Dieu l'avait choisie pour délivrer la pairie, clic se résolut à partir. Tout d'abord elle fut traitée de folle, mais la ferme douceur do ses réponses parvint ù convaincre les plus incrédules. Le roi luimême finit par croire a la mission
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, à celte noble lille du peuple de France. Dame Gcrlriule se tut ; Julien poussa un gros soupir, car il était ému, et, comme il gardait le silence en réfléchissant tristement, on n'entendait plus que le bruit monotone de la machine à coudre. Au bout d'un moment, Julien sortit de ses réflexions. Oh
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03 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Le patron d'André, qui n'avoil quo dos louanges a faire du jeune garçon, lui avait procuré des papiers en règle, un livret bien en ordre, un certificat signé de lui-môme avec le sceau de la mairie, puis l'attestation du maire de la ville déclarant qu'André
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choses de côté. L'économie a cela de bon, voyez-vous, que non seulement elle vous empoche de devenir a charge aux autres, mais encore elle vous permet de secourir a l'occasion ceux qui souffrent. — Madame Gcrlrude, nous allons tacher de faire commo vous, dirent les deux enfants : nous allons ôtre
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64 LE TOUR DE LA FRAN'CE PAR DEUX ENFANTS. dix mille âmes située au pied d'une haute colline, dans une vallée fertile et verdoyante. Le déparlement de la Haute-Saône, dont elle est le chef-lieu, est peut-être le plus, riche de France en mines defer, et de nombreux ouvriers travaillent à arracher
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08 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Mais au môme moment la pluie et le Yent redoublèrent et la carriole protégée par une bonne toile cirée promettait aux enfants un abri bien agréable. André se décida à tenter l'aventure. Il donna ses quinze sous, non sans un peu d'inquiétude, et s'installa
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et pour tous ceux qui les entourent. Le voiturier avait attaché son cheval à la porte de l'auberge, et, sans plus s'occuper des enfants restés dans la carriole, il était allé s'attabler avec les gens qui buvaient. Bientôt, on entendit sa grosse voix se mêler aux cris et aux rires des ivrognes. Dans
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68 LE TOUR DELA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. dû monde; mais, quand il a bu, il n'y a pas de brute pa-( reille : il assomme son cheval de coups, et il en ferait autantdu premier venu qui le contredirait. — Mais, dit André, je l'ai payé d'avance pour nous emmener ce soir à Besançon. — Vous avez eu tort
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r • UNE LOUABLB ACTION DES DEUX ENFANTS. ; ^ èo " ;# Voyage en la société d'un homme devenu pareil à une brûle. Il pensait aussi à leur petite maison de Phalsbourg, où ils retrouvaient leur père le soir après la journée de travail, et il se disait : • Oh ! combien sont heureux ceux
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70 LE TOUR DR LA FRANCR PAR DEUX ENFANTS. la carriole chancela prèle à verser dans le fossé, qui, à cet endroit, était profond. — Mon Dieu l dit André, il va arriver malheur à cet homme. ,—Tant pis pour lui, dit Julien, qui gardait rancune à l'ivrogne ; il n'aura que ce qu'il mérite. André reprit
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;"*"•'"' • LBS DEUX GENDARMES. 71' vous ôtes de braves enfanls, et j'en suis bien aise, car je suis : du pays moi aussi. Les gendarmes descendirent de cheval et secouèrent l'ivrogne ; mais ils ne purent le réveiller. —11 est ivre-mort, dirent-ils. — Enfants, reprit l'Alsacien, nous allons ramener
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beaucoup Besançon, et, en lui-môme, il était content de voir que la France avait l'air bien protégée de ce côté. Le gendarme alsacien recommanda ses jeunes compatriotes chez une brave femme qui leur donna un lit à bon marché. — Oh ! André, s'écria alors naïvement le petit Julien, je ne me serais
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me donner un fils, et je vais avoir de la peine à faire mes affaires tout seul. Pourtant ce n'est pas le moment de se reposer, puisque j'ai une bouche de plus à nourrir. Si vous voulez tous les deux travailler avec moi de bonne volonté, je me cherge de vous pour quinze jours. Au bout de ces quinze jours
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74 * LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Pierrot était un bel et bon animal ; sa robo bai brun, signe de vivacité et de courage, son oeil grand, sa léle assez petite et ses reins solides indiquaient que M. Gerlal l'avait choisi en connaisseur. Pierrot n'avait jamaic été maltraité ; aussi était
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moi. En toulcs choses, le chemin de la ruine, mes enfants, c'est la négligence.
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76 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. XXXV. — Les montagnes du Jura. — Les salines. — Les grands troupeaux dès communes conduits par un seul pâtre. — Associations des paysans jurassiens. Que de peines nous nous épargnerions les vm aux autres, si nous savions toujours nous entendre
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poudrés de givre s'étalaient sur les flancs escarpés de la montagne. — Regarde, Julien, dit André : voilà un pays qui ressemble aux Vosges. — Oui, dit l'en- J fant, cela me fait songer au jour où nous avons traversé la montagne pour passer en France. — Le Jura, en effet, a plus d'un rapport avec
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78 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANT3. ^ encore vu un si nombreux troupeau; aussi il s'agitait (le plaisir dans la voiture. — Regarde bien, Julien, s'écria M. Gertal, et observe ce qui va se passer. — Oh! dit Julien, je regarde si bien toutes ces belles vaches que je suis en train de les compter
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tout le monde ne comprend pas le bienfait qu'il y a à s'entendre et à s'associer ensemble. Chacun veut tout faire seul, et tous y perdent. Pour moi, ajouta M. Gertal, je suis fier d'ôlre Jurassien, car c'est dans mon pays que, pour la première fois en France, celte grande idée de s'associer a été mise
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'80 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. là sur le feu. Elle est aussi grande qu'une barriquo et elle a l'air pleine de lait. — Tout juste, enfant; il y a là trois cents litres de lait à chauffer pour faire du fromage. — Mais, monsieur, dit le petit Julien, j'ai appris d'une fermière do Lorraine
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. Le patron passa une partie de la soirée a faire ses affaires chez ses clients, et les deux enfants restèrent dans la ferme située non loin du fort des Housses qui défend la frontière; car les Rousses sont le dernier bourg de France sur la frontière suisse. Lorsque la nuit fut tout à fait venue
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82 LB TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. rappelait un peu la fine serrurerie, l'intéressait vivement; — Que faites-vous là? demanda-t-il. — Voyez, nous faisons des ressorts de montre Dans nos montagnes on fabrique les différentes pièces des montres, de sorte qu'à Besançon on n'a plus qu'à
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LES INDUSTRIES DU JURA. L'HORLOGERIE. 83 Tandis que les deux jeunes ouvriers enhorlogerie causaient ainsi avec André, la fermière s'était assise avec sa fille aur près de l'autre lampe. Elle avait un métier à faire les bas et travaillait avec activité. Pendant ce temps, le plus jeune des enfants
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* 84 LR TOUR DE LÀ FRANCE PAR DEUX ENFANTS. apprend môme le dessin et les travaux d'horlogerie. Quand on est bien instruit, on gagne mieux sa vie. Le petit Julien trouva tout cela fort sage ; il se rappela que la mère Gertrude lui avait dit que la France ouvre de jour en jour plus d'écoles pour
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ces montagnes là-bas, si hautes, si hautes, qui enferment le lac comme dans une grande muraille? — Ce sont les Alpes de la Savoie, dit M. Gertal qui arriLfc lac de Genève, ou lac Léman, a 3V lieues de tour. Il est entouré par le Jura et par les Allie?. Dans sa pailiesud, il louche a la France. A cei tains
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86 LE TOUR DE-LA. FRANCE PAR DEUX ENFANTS. vait. A nos pieds est la Suisse, mais à droite, c'est encore la France qui se continue, bornée par les Alpes. Dans la Savoie, en France, se trouvent les plus hautes montagnes de notre Europe. Ces neiges qui couvrent leurs sommets sont des neiges
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voici tous les sommets des autres montagnes qui s'illuminent à leur tour ; il y a , sur les neiges, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : les unes sont violettes ou bleues, les autres lilas ou roses. On dirait une grande fêle qui se prépare entre le ciel et la terre. — Julien, c'est le jour qui commence. Vois
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88 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. ~ Est-ce que vous ôles monté au mont Blanc? — Oh ! pour cela non, mon ami. C'est plus difficile à faire que lu ne l'imagines, l'ascension du mont Blanc. — Pourquoi donc, monsieur Gertal? — D'abord, il faut marcher deux journées, toujours en montant, comme
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que, si on pouvait s'élever à quinze lieues au-dessus de la terre, il n'y aurait plus d'air du tout, et on ne pourrait respirer ni vivre. — Eh bien, sur le sommet du mont Blanc, il y a déjà deux fois moins d'air que dans la plaine ; aussi est-on obligé de respirer deux fois plus vile pour avoir
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90 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. voir, du haut du mont, le ciel presque noir et d'apercevoir des étoiles en plein jour; celte couleur sombre du ciel est produite encore par la rareté de l'air, car c'est l'air qui, quand il est en grande niasse, donne au ciel sa belle couleur bleue
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grand'peur de l'orage. — Certes, mon enfant, ils le redoutent ; aussi, quand ils en prévoient un, ils ne se couchent pas ; ils restent toule la nuit auprès de leurs vaches; ils leur parlent tant que dure la tempête, ils les flattent de la main tour à tour, les appelant chacune par leur nom. Cela
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02 LE TOUR DK LA FRANCE PAR DBUX ENFANTS. escarpés 0C1 ils ont remarqué les traces des chamois; cachés derrière quelque rocher, ils les attendent au passage pendant des heures, tirent dessus, et parfois les poursuivent à la course de rocher en rocher. — Qu'est-ce que cela mange, les chamois
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; ils étaient maintenant en Bourgogne, dans le département de l'Ain. De la voilure, on apercevait déjà le clocher de la petite ville de Gex, connue par les fromages qui portent son nom. — Enfants, dit le patron, nous voici arrivés à Gex ; il
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9* LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. s'agit a présent tlo travailler ferme Nous aurons unojournéo do fallguo aujourd'hui, et pas uno minute à perdro. Nos trois amis furent en effet si occupés toute la journéo qu'ils n'eurent pas le temps de manger autre chose qu'un petit pain de deux sous
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. — Julien, dit M. Gerlal lorsqu'on eut bien diné, viens avec moi à la ferme où je dois acheter nos poulardes de Bresse; lu aimes l'agriculture, tu vas voir une ferme bien tenue. Julien enchanté se leva de table avec André. On arriva dans une cour de belle apparence. A l'entrée deux grands arbres, un prunier
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W^^&'f-:. W?r-.&- ^&\ ï, "«.% ; fy£:'i * -". \ .*'■;; . 06 IK TOUR DK LA KHANCF, |'AH DEUX BNPAKTS. un homme avisé cl instruit : il a été élevé dans uno do nos grandes frrmes-tcoles, celle do la Saussayc, qui n'est pas loin d'ici. 11 connaît ce que réclame l'hygiène do l'habitation
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cela? dit M. Gertal. — Dame, mOIlSlCUr liCl'- Um roncHEUta dam ia Breuk. — Quand le porc e?t d'une belle» Inl r»r» dil Iimi rare, il donne de grands pn.fi!» à l'éieveur. Les plu» belle* Itll, Ull un IUU- rares «le France sont celles lo Uivs.vj, de Craon (Mayenne), la Ïaiii'o ' onln/.Ain race
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08 LK TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. mièrc n'est pas propro, soigneuse, intelligente, elle no gagno rien là où uno aulro s'enrichil. Si la valeur de l'homme fait celle du champ, rappelle-loi, Julien, que c'est celle de la femme qui fuit la prospérité du logis. Do la porcherie, on alla
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, SOlda Ce OU'il devait Ootroi et W'ciu. — Aux porte* de toutes let ville» »ont 1 îles bureaux doclroi où Von doit payer les dr'oils d'enPOUr Ses nrOprCS tiéc iur les marchandise*. — Tour peser les voitures et 1 , »• . fi*el° '* pol'l* 'Ie* marchandise» qu'elles | orifnt, oïl Icj marCnandlSCS. Cl
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100 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. payer les gendarmes, le cantonnier, le gaz qui nous éclairo dans les rues do la ville, pour bâtir les écoles oîi s'instruisent les enfants, ne faut-il pas de l'argent? Les octrois y pourvoient, les autres impôts aussi ; moi, je trouve cela parfaitement
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d'élre consciencieux. Le lendemain M. Gertal, en parcourant h marché do Maçon, vit qu'il y avait peu do volaille sur la place. — Enfants, dit-il a Julien et à André, tout lo mondo est si occupé de la vendange en ce moment, que pou de fermières ont eu le temps du venir en ville apporter leurs poulardes
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%#?:&???:■'■ '^iàTtf**?*y *f£^-ïpji /! J02 LR TOUR DR LA FRANCK PAR DBUX RNFANTS. En pensant cela, il poussa un gros soupir, car il était bien fatigué et ses petites jambes demandaient grâce. — M'importe! so dit-il, pronier d'une, erreur, ce serait un vol. Tant pis pour mes jambes. Oh ! j'aimerais
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aussi le secret pour so fairo estimer et aimer de tout le monde. MAI. — Les vignes de la Bourgogne. ~ La fabrication du vin, — La richesse do la France en vignobles, « L'agriculture, voilà pour la Franco, tlisiil Sully, les vraies niinci et Irésûfi du Pérou. " On quitta MAcon do grand matin, et chemin
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0i LE TOUR DR LA PRANCR PAR DEUX KNFANTS. dovenu clair. Ce sera lo vin doux. En as-tu jamais bu, du vin doux, Julien? — Oui, monsieur, c'est bien sucré. — C'est sucré sans doute, mais moins sain quo le vin fait; et plus lo vin est vieux, meilleur il est. — Monsieur G cri al, est-ce quo partout
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ORANDS HOMMES DR LA BOURGOONB. SAINT BERNARD. 103 les belles vignes couleur d'or sont pour la Franco uno richosse, uno mino d'or? — Ah oui, c'est vrai encoro, cola- A l'écolo do Phalsbourg on m'a dit quo la France produit les premiers vins du monde. — Oui certes, et los vignes de notre pays
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- 106 LE tour DE LA FRANCE par deux enfants. { roduit autant d'hommes illustres que la Bourgogue, et ces grands tommes ont été pour la plupart de grands patriotes. I.Parlons d'abord d'une desgloires de l'Eglise de France, saint Bernard. Il naquit près de Dijon, d'une famille noble, au onzième
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de fortifier nos principales places de guerre. Toute la ceinture de places fortes qui défend la France est son oeuvre : Dunkcrque, Lille, Metz, Strasbourg, Phalsbourg, Besançon et plus de trois cents autres. — Quoi! s'écria le petit Julien, c'est Vauban quia fortifié Phalsbourg, où je suis né, el Hesançon
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108 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. datent; il chercha un moyen de diminuer les impôts dont le peuple était accablé, et il écrivit à ce sujet un bel ouvrage qu'il adressa au roi. Mais le roi Louis XIV se crut à tort offensé par les justes Klaintes de Yauban. Il lit condamner et détruire son
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la victoire. Ces deux hommes réussirent dans leur oeuvre. Quand la France eut en effet repoussé l'ennemi, Monge redevint professeur de géométrie : c'est lui qui organisa noire grande Ecole polytechnique, où se forment nos ingénieurs pour l'armée et pour les travaux publics, ainsi que nos meilleurs
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HO LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX BNFANTS. du papier, celte image qui vient se peindre dans le fond de la boîte, j'aurais un dessin fait par le soleil, cl d'une merveilleuse fidélité. Mais comment faire? H faudrait, pour cela, frotter le métal, lé verre ou le papier avec une chose qui aurait
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? — Kn effet, dit André, c'est comme une immense fournaise. M. Gcrtal arrêta Pierrot . — Prêtez l'oreille, dit-il aux enfants; nous sommes assez près pour entendre. Tous écoutèrent immobiles. Dans le grand silence de la nuit on entendait comme des sifflements, des plaintes haletantes, des grondements
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^ 112 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. sera faite : en nous levant de grand matin nous aurons du temps de reste. Le lendemain avant le jour nos trois amis étaient debout; on se diligenla si bel et si bien que les affaires furent faites de bonne heure, cl on se dirigea vers l'usine. Julien
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114 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. dans d'autres fourneaux, puis la marteler. Mais on peut employer la fonte, telle que tu la vois ici, à la fabrication d'une foule d'objets pour losquels elle suffit. Nos trois amis continuèrent leur promenade à travers la fonderie Partout la fonte
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i-euli jii5iiu*u fini eculs coiiiu i»:»r tiiluutc aïs ce marteau ne * ' ressemblait en rien aux marteaux ordinaires que manient les serruriers ou les forgerons des villages ; c'était un lourd bloc de fer qui, soulevé par la vapeur entre deux colonnes, Le MAnTEAu-mo* à vaikik. — Ou emploie maintenu
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Ji6 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTSmontait jusqu'au plafond, puis retombait droit do tout son poids sur l'enclume. — Regarde bien, Julien, dit M. Gerlal : voici une des merveilles de l'industrie. C'est ce qu'on appelle le marteaupilon à vapeur, quia été fabriqué et employé pour la première
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que lu as vus, c'est lui qui mettra en mouvement ces machines qui sifflent, tournent cl travaillent sans repos. Puis, quand h l'aide de ce charbon on aura fabriqué toutes les choses que lu as vues, on les expédiera par le canal du Centre sur tous les points de la France. — Oh! monsieur Geital, s'écria
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118 LE TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. -r- Oui, petit Julien, l'honneur de la France, c'est le Ira-' vail et l'économie. C'est parce que le peuple français est éco- nome et laborieux qu'il résiste aux plus dures épreuves, et qu'en ce moment môme il répare rapidement ses désastres. No
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120 LE TOUR DE LA FRANCE t»AI\ DEUX ENFANTS. — Tiens, dit Julien, voilà justement des bûcherons qui abattent la-bas de grands chênes. Partout on on regarde, on ne voit rien que dés chines. — C'est que le chôno est le principal de nos arbres; il couvrait autrefois presque touto la France. Mais
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personnes. Tous ces gens venaient pour remettre leur santé, pour boire l'eau chargée de divers sels qui jaillit toute chaude de terre, ou pour prendre des bains dans celte eau. C'est que, vois-tu, pelil Julien, les eaux minérales sont encore au nombre des principales richesses de la France : nul pays
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122 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX BNPANTS. Voicila faclure, mcls-la dons la poche : elle s'élève àdeuxcents francs. Si on le paie loul do suite, lu diminueras six francs : cela engagera le client a payer comptant une autre fois. André chargea aussitôt lo paquet sur son dos cl partit. C'était dans
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. 11 y a peu de pays aussi variés que la France : elle a tous les aspects, Ions les climats, presque toutes les productions. Peu de temps après cette aventure, nos voyageurs quit-
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124 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENPANTS. tirent le Bourbonnais et entrèrent en Auvergne. On so rendait à Clcrmonl-Ferrand. Il faisait une belle journée d'automne, le soleil brillait dans un ciel sans, nuages. Commo la roule montait beaucoup, nos amis étaient descendus et ils gravissaient la côte
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126 LR TOUR DE LA FRANCE PAR DBUX ENFANTS. — Tout justo, une jolio ville aux rues bien propres, arroséo par des ruisseaux (Venu courante Lo Cantal est un département pauvre; ses habitants sont souvent obligés d'émigrer, comnio on fait en Savoie, pour aller gagner leur vio ailleurs : ils se font
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les Vosges, et celle nuit où tu m'as réchauffé dans tes bras et où jo mo suis endormi en priant Dieu d'avoir pitié des deux orphelins à l'abandon. — Et Dieu t'a exaucé, enfant, dit lo patron, puisque vous voilà à moitié de votre long voyage et en bon chemin. LIV. — Julien parcourt Clerraont-Ferrand
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128 LE TOUR DU LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. lavo; mais on fnil donc dos maisons avec la lave dos volcans? — Oui, Julien, reprit AI. Gertal, la lavo refroidie a la couleur do l'ardoise, co qui esl sombre, c'esl vrai; mais la lavo a une dureté et une solidité égales a celles du marbre. Il y
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! pourquoi non, petit Julien? Je to montrerai. Il est bon do s'habituer a travailler en tout genre quand on a sa vie à gagner. Un paquet de dentelles sera moins lourd à porter chez les acheteurs quo deux poulardes. — Pour ça, c'est vrai, reprit gaîment le petit garçon; les poulardes étaient pesantes
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.*} '*'-. 130 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. moi, qui ni vu ccnl fois ces pays nouveaux pour toi, je n'aimerais pas mieux, acctlo heuro, élro au coin de mon feu, assis auprès do ma femme avec mon fils sur les genoux, au lieu d'errer sur loules les grandes roules en songeant a ma petite
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d'assiettes, puisqu'il y en a jusque par ici; — Oh ! petit Julien, il y en a par toule la France, des porcelaines et des faïences de Limoges. Non loin de celle dernière ville, à Saint-Yrieix, on a découvert une terre Une et blanche : c'est cette terre que les ouvriers pétrissent et façonnent sur
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132 LE TOUR DB LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. sera pour nous commo un polit voyngo en imagination. Julien s'empressa de prendre son livre et lut la vie do Dupuytren. Vers la lin du siècle dernier naquit, do parents 1res pauvres, le, jeune Guillaume Dufuythex. Son père s'imposa de dures privations pour
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! dit Julien surpris, les fermiers d'ici ne sont donc pas vos parents ? — Non, dit tristement le petit garçon ; je ne suis ici que depuis deux jours : j'arrive de l'hospice, je n'ai pas de parents. Le gentil visage de Julien s'assombrit : Ijs vannier. — C'est l'ouvrier ijui ful ri {iio îles vans,îles
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134 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Jean-Joseph, moi non plus je n'ai pas de parents. Jean-Joseph secoua la tête ; — Vous avez un grand frère, vous ; mais moi, je n'ai personne du tout. — Personne ! répéta Julien lentement comme si cela lui paraissait impossible à comprendre. Pauvre Jean
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LES GRANDS HOMMES DB L'AUVERGNE. 13b un palais. La France s'appelait alors la Gaule, et les hommes à demi sauvages qui l'habitaient étaient les Gaulois. Nos ancêtres, les Gaulois, étaient grands et robustes, avec une Eeau blanche comme le lait, des yeux bleus et de longs cheveux londs ou roux
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J36 LE TOUR DE LA FRANCE PAR D3UX ENFANTS. lever. On se réunissait la nuit sous l'ombre impénétrable des grandes forêts, auprès des énormes pierres qui servaient d'autels ; on parlait de la liberté, on parlait de la patrie, et l'on promcllait do donner sa vie pour elle. Julien s'interrompit encore
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138 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Enfants, réfléchissez en votre coeur, et demandez-vous lequel de ces deux hommes, dans cette lutte, fut le plus grand. Laquelle voudriez-vous avoir en vous, de l'âme héroïque du jeune Gaulois, défenseur de vos ancêtres, ou de l'âme îmbilicuso et insensible
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France; hclas! il y eu a qui attristent le coeur, comme les massacres commandés par Charles IX, et qu'on voudrait pouvoir oflaccr à jamais. Enfants, c'est le juste châtiment de ceux qui ont fait le mal, que leurs actions soient haïes dans le passé comme elles l'ont été dans le présent
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140 LE TOUR DB LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. — Oh! oh! Jean-Joseph, vous devez être content. Les hommes courageux ne manquent pas dans votre pays. Voyons la suite : Desaix à l'âge de vingt-six ans était déjà général. Ii prit part aux grandes guerres de la Révolution française contre l'Europe coalisée
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LA PRÉSENCE D'ESPRIT DANS LE DANOER. Ui de prêter altenlion à la conversation des deux enfants ; la dernière phrase le frappa, et lui aussi, sérieux, réfléchi, se disait en lui-même : — Faire ce qu'on doit, advienne que pourra, c'est une belle pensée que je veux retenir 1 LI C. — Le réveil imprévu
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■&yy:$fi.-^i&;z? : \, --À r#-Aï :^. Ifô LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS.' Le vent froid de la montagne s'engouffra aussitôt en tourbillonnant dans la pièce et ouvrit la porte mal fermée. Alors une fumée épaisse entra dans le cabinet, puis un crépitement suivit, comme celui d'un brasier
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comme fou de désespoir et ne savait plus ce qu'il faisait. Cependant le pelil Julien avait repris son calme, et bientôt il arriva à son tour. Sa première pensée fut de chercher Jean-Joseph a travers la foule ; personne ne songeait à Jean-Joseph et ne savait où il était. — Bien sûr, dit le petit garçon
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144 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. chel, céda aussilôl : au milieu du crépitement de l'incendie, on distingua le bruit de la pierre roulant dans la mansarde, tandis que la petite voix de Julien criait : — Jean-Joseph! Jean-Joseph! L'instant d'après, le visage épouvanté de Jean-Joseph
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. Le premier mouvement du pelil garçon fui d'entourer de ses deux bras le cou du brave André, et, le regardant de ses erands yeux effrayés qui semblaient revenir de la tombe, il lui dit doucement ; — Que vous eles bon ! Puis il s'arrêta, cherchant quel autre merci dire encore a son sauveur cl quoi lui offrir
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146 LE TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. quand tu seras grand et fort, il faudra aider ceux qui, comme loi, n'ont que le bon Dieu pour père ici-bas. — Oui, reprit Jean-Joseph du fond de'.son coeur, quand je serai grand, je vous ressemblerai, je serai bon, je serai courageux ! — El moi
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LES CHÈVRES EN STABULATION. 147 LXI. — Les chèvres du mont d'Or. — Ce que peut rapporter une chèvre bien soignée. Le bétail bien logé et bien nourri rapporte le double. On quilla l'Auvergne et on entra dans le Lyonnais. M. Gertal lit remarquer aux enfants qu'on était dans l'un des départements
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\'.* ^.'r.- iV^'f'": U8 LB TOUR DK LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. étables bien propres et bien soignées et qu'on les nourrit convenablement, elles s'accommodent à ce genre de vie qui consiste à garder l'établo et qu'on appelle la slabulation. C'est ce qui arrive ici où nous sommes. Les chèvres
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fleuve, que remontaient et descendaient des bateaux a vapeur. — Oh! le grand fleuve! disait Julien. J'avais bien vu dans ma géographio que le Rhône est l'un des plus beaux fleuves de France, mais je ne me lo figurais pas comme cela. SocncE du Hhôsk oins v.N clacier t.E« Alpes. — Les grands fleuves
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iM LR TOUR DK I.A FRANCE rAR DEUX ENFANTS. par uno grollo do glace Do là, il descend vers Genève Yods rappelez-vous co beau lac do Gcnèvo que nous avons vu ensemble du haut du Jura ? — Oh ! oui, monsieur (îcrtal, jomo le rappelle, dit Julien; les Alpes l'entourent commo do grandes forteresses
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et la plupart des grandes villes de France. Six lignes de chemins de fer aboutissent à Lyon, et ses deux grandes gares sont sans cesse chargées de marchandises. N'est-ce pas là *m. Le l.vo.vuis est une petite province dont l'intelligence des habitants a fait uno des plus importantes de Franco. Outre
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J* « ^.v'-'.-.f^^'Vjfê; ItîS LB TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. une magnifique position pour le commerce d'une ville, Julien? — Oui, dil Julien, dont le petit doigt avait suivi sur la carte les chemins indiqués par M. Gertnl ; je connais déjà une partie do ces pays-là. Je comprends très bien
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13* LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. a la vcnlo. Julien, nssis sur un tabouret, so reposait après chaque commission pour so préparer à en faire d'autres. Du coin de l'oeil il suivait, avec un vif intérêt, le petit las de coutellerie et le paquet de dentelles qui représentaient leurs économies
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de nous aider ainsi à nous tirer d'affaire! — Mes enfants, c'est un service qui m'a peu coûté : vous avez profité des frais que je fais pour mon commerce à moimôme. Que cela vous soit une leçon pour plus tard : n'oubliez jamais ce que nous avons fait ensemble et ce que font tous les jours les paysans
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ioô LE TOUR DE LA FIUNCE PAR DEUX ENFANTS. I. A Lyon est né un Iiommo qu'on a proposé depuis longtemps comme modèle à tous les travailleurs. Jacquard était fils d'un pauvre ouvrier tisseur et d'une ouvrière en soie. Dès l'enfance, il connut par lui-même les souffrances que les ouvriers de cclto
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le* plus recules par j.i beauté et l'incorruptibilité île son bois. Ce;t eu bols île eèrire une Salomon AI conflrniio les lambris «lu temple rie Jérusalem. Jadis le lè'lie rouvrait les iiaute* montagnes ■lu Liban. l.e premier réimplanté en France fut apporté en 173V nu Jarrim îles Plantes île Paris
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158 LB TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. grand nuage do fumée. En approchant, Julien distingua bion~ tôt de hautes cheminées qui s'élevaient dans les airs a une soixantaino do mètres. — Oh! dit Julien, on dirait que nous revenons au Crcusot, mais c'est bien plus grand encore. Combien voila do
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tous les ouvriers sortir à la fois : c'était une grando foule, et Julien les regardait passer avec surprise, en se demandant comment on pouvait occuper tant de travailleurs. — Et tous les fusils dont la France a besoin pour ses soldats! lui dit André; ne crois-tu pas qu'il y ait là do quoi donner
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'j^«**V V.T J^'V*,**? -i&S 100 LB TOUR DR LA FRANCR PAR DKUX ENFANTS. Kn disant ces mois, M. Gcrlnl sortit avec les deux enfants pour aller faire des achats. 11 se rendit chez plusieurs fabricants do rubans cl de soieries, où Ton entendait encore, malgré l'heure tardive, le bruit monotone
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de la mairie. Voilà également ton livret bien en ordre. Dieu veuille à présent, mes enfants, vous accorder un bon voyage. El le Jurassien, sans laisser .^ André le temps de le remercier, l'attira dans ses bras ainsi que le petit Julien. 11 était ému de les quitter tous les deux. Au moment
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162 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. " .- le bien que vous avez fait au petit orphelin d'Auvergne. Une heure après, les deux enfants, leur paquet sur l'épaule, suivaient la grande roule do Valence a Marseille, qui longe le cours du Rhône. Le polit Julien était sérieux ; par moments
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ses réflexions, avait marché sans rien observer de ce qui l'entourait. 11 leva les yeux sur la route, et il remarqua à son tour que presque tous les arbres plantés dans la campagne avaient leurs feuilles arrachées, sauf un ou deux. Sur ceux-ci des jeunes gens étaient montés, qui cueillaient une à
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461 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Tiens, dit l'enfant, l'étrange chose! Pourquoi donc cueille-l-on les feuilles de ces beaux arbres? Ces feuilles servent sans doute à nourrir les vaches? — Elles ne nourrissent pas seulement les vaches, Julien ; réfléchis, tu vas trouver à quoi servent
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tous patois entre eux ; les deux enfants, assis à l'écart et ne comprenant pas un mot à ce qui se disait, se sentaient bien isolés dans celle ferme étrangère. Le petit Julien finit par quitter sa chaise, et, s'approchanl d'André, vint se planter debout entre les jambes de son frère. 11 s'assit à moitié sur
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166 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. En ce moment, la porte d'en face s'ouvrit de nouveau : c'étaient les enfants de l'hôtelière qui revenaient de l'école. — André, s'écria Julien, ces enfants doivent savoir le français, puisqu'ils vont à l'école. Quel bonheur ! nous pourrons causer ensemble
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.jug |es jj|, ,|0 so;e fe déroulent îles cocon», ils s'ennnmmo inpiionf filent par deux trous «lue l'on voit à droite et à gauche, lAHliiiiu uuiiiitiit put» il» passent sur deux crochets au-dessus de la téta de mi f-iii*n At\ nnlilc la dévidetiso, et de là vont s'enrouler sur un dévidoir |JU Icllio
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168 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. •" ■ ' — On ramasse les cocons dans une armoire chauffée par la vapeur d'une chaudière : la vapeur étouffe les chrysalides, cl elles restent mortes à l'intérieur de leurs cocons avant d'avoir eu la force de briser la" soie. Ce sont les chrysalides
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LE MISTRAL ET LA VALLÉE DU RHONE. 169 LXX. — Le mistral et la vallée du Rhône. — Le canal de Lyon à Marseille.— Un accident arrivé aux enfants. — Premiers soins donnés à Julien. C'est surtout quand le malheur arrive, qu'on est heureux d'avoir une petite épargne. Le lendemain, pour continuer
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170 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. . Pendant qu'on devisait ainsi, la voilure avançait bon train : le vent la poussait par derrière cl ajoutait sa force à celle du cheval. Mais, à un détour de la roule, qui descendait en pente rapide, le vent souffla si fort que la voiture se trouva
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. L'affection et l'intelligence de celui qui soigne un malade ne contribuent pas moins à sa guérison que la science lu médecin. En arrivant au bourg voisin de l'accident, les deux enfants furent installés chez une excellente femme du lieu. Le pelit Julien souffrait de plus en plus. 11 portait sans
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H2 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. ce dernier était absent et ne devait rentrer que dans la soirée. André l'attendit avec anxiété, assis auprès du lit de son frère, dont il aurait tant voulu apaiser la souffrance. Les yeux fixés avec tendresse sur le visage accablé de Julien, il se sentait
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, pauvres enfants de l'Alsace-Lorraine ! » pensait le médecin en écoulant André ; « si jeunes, et obligés à déployer une énergie plus grande que celle de bien des hommes ! » André se tut, attendant l'avis du médecin : il était tout pûle d'anxiété sur l'état de son frère, et deux grosses larmes brillaient
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174 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. LXXII. — La guérison de Julien. — Le chemin de fer. — Grenoble et les Alpes du Dauphiné. .La maladie nous fait mieux sentir combien les nôtres nous aiment, en nous montrant le dévouement dont ils sont capables. Heureusement les prévisions du médecin
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ORENOBLE ET LES ALPES DU DAUPHINÉ. 175 les deux enfants se rendirent néanmoins à la gare, qui n'était éloignée que d'un quart d'heure. Une demi-heure après, les deux enfants étaient assis l'un près de l'autre dans un wagon de 3e classe. Au bout d'un instant la locomotive siffla et le train partit à
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176 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. d'une main lurent tout bas la môme histoire, celle de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche. LXXIII. — Une des gloires de la chevalerie française. Bayard. « Enfant, faites que votre père et votre mère, avant leur mort, aient à se réjouir
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. Elle descendit par derrière la tour, et, le faisatit venir auprès d'elle, elle lui adressa gravement ces paroles : — Pierre, mon ami, je vous fais de toutes mes forces ces (rois commandemenls : le premier, c'est que par-dessus tout vous aimiez Dieu et le serviez fidèlement; le second, c'est
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5^s .;w.^'-'&^^^ 178 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. bataille un coup d'arquebuse au moment où il protégeait la retraite de notre armée. Il faillit tomber de son cheval, mais il eut l'énergie de se retenir, et appelant son écuyer : — « Aidez-moi, dit-il, à desccndrel et appuyez-moi contre
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de la Nerlhe, qui a plus d'une lieue de long. Peu de temps après, on arrivait dans la vaste gare de Marseille, et les deux enfants sorAVICNOX ET LE CHATEAU DES PAPES. — Avignon (40000 liab.), ancienne capitale du comtat Venaissin, sur le Itliône, servit autrefois île résidence- aux papes. On y voit
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480 LE TOUR DE .LA FRANCE VPAÏÏ DEUX ENFANTS. tirent de wagon au milieu du ya-el-vient des voyageurs. Ils se sentaient tout étourdis du voyage et assourdis par les sifflets des locomotives, par le fracas des wagons sur le fer, par les cris des employés et des conducteursde voilures. André s'informa
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m•'*S.'- r'-'i'-■■■"c%""» .■• ,■ ;•"-;--'« ^^-/ --• -#?:*"£«•"ï "« ^-W:^^ 182 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. pas chaud ce soir : on voit que nous arrivons à la fin de novembre. Et le brave homme, montrant le chemin aux enfants, marcha devant eux dans un corridor étroit et sombre. André
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, il va débrouiller votre affaire, n'est-ce pas, Jérôme? En môme temps l'excellente femme avait attiré la table dans le milieu de la chambre. Bon gré mal gré, elle plaça André à sa droite et Julien à sa gauche. Elle mit ses deux fds aînés, deux beaux jumeaux de quatre ans, de chaque côté
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$?&fc?M'F\--r!$?2 ■V yîr-.î-JS. .. • ■ • -* - 184 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Oh ! monsieur, dirent à la fois les deux enfants, depuis si longtemps nous désirons la voir! Nous n'avons pas pu encore aller sur le port depuis que nous sommes à Marseille, car nous sommes venus droit chez
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ses otcliers produisent une grande SaiCnt 1 hOl'i- «piantil* d'objets de tonte sorte; tes seules savonneries donuenl plus île 60 millions île kilogrammes le savon pnr an. z o n dune lumière d'or. Les deux enfants, serrés l'un contre l'autre, regardaient tour à tour l'immensité du ciel et celle de la mer
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Ï86 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. mon goût. Ce serait si bon d'avoir un champ à cultiver, dès yaches à soigner! Oh ! André, je traverserais toutes les mers du monde rien que pour cela. André sourit à l'enfant. — Allons, dit-il, je vois que mon Julien a la vocation de la culture
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, dit Julien, que de navires! 11 y en a de toutes les grandeurs. —r Et ils viennent de tous les pays, dit André. Regarde celui-ci, qui est un des plus beaux du port en ce moment ; c'est celui que nous allons voir. C'est le Sindh, qui fait la traversée de la Chine en France : il est arrivé ici avant
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488 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS- ' " montra à un des bouts le grand tourniquet avec lequel on manoeuvre le gouvernail; la cabine du capitaine était près de là * mais il était défendu d'y entrer sans permission. De chaque côté du navire étaient suspendus en l'air des chaloupes et cariols
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100 LB TOUR DB LA FRANCK PAR DEUX RNF.VNTS. Au fond était uno petilo fenôlro, hermétiquement closo pour empocher l'eau des vagues do pénétrer à l'intérieur. Puis ce furent les salles do bains qu'on visita avec leurs jolies baignoires, la salle à manger avec sa longue table ; on regarda les buffets
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les matelots ; quelle est la plus belle province de France. Comment André les met d'accord. Ayons tous un niime coeur pour aimer la France. Apres avoir ramené son frère h la maison, André continua d'aider toute la journée Jérôme à charger le bateau, auquel le patron avait donné le nom de la Ville d'Aix
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102 |.K TOU» DK LA FRANCK PAU DEUX KNFANTS. tegent, devant 1rs murailles qui s'avancent en mer pour lo détendre contre- la violence- des vagues. Kntln on vil s'ouvrir l'horizon sans limite de la pleine mer, qui semblait dans lo lointain se confondre avec le ciel. Julien ne pouvait se lasser
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. Ma mère était sans cesse ocLE TOUR DE LA FRANCE. 9 l'.s VA'f-r.'.i' ciinv-sÉ. — du np|ello «lo v nom «les vais-eaux tout entoures (l'une épaisse cuirasse, île fer un- la |uo|lo lus l'Otilet glissent sans pouvoir s'enfonrer : en font rumine îles forteresses t'otlml sur l'eau. Les vaisseau* île premier
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.01 LE TOUR DE LA FRANCK PAÎ\ DEUX ENFANT8. cupéo à cueillir les citrons ou les oranges pour les porter h Nice sur sa tôto dans uno grande corbeille Nullo part je no vois rien qui me paraisse charmant commo nos bois toujours verts d'orangers, de citronniers et d'oliviers, qui descendent
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nous mcltro d'accord, dit André en souriant a l'enfant, disons donc quo la Franco entière, la patrie, est pour nous tout ce qu'il y a de plus cher au monde. — Hravo! vive la France, dit d'une môme voix le petit équipage. ~—" ' ÎVI» la pail'l^ I'aimikii. — l.ei | .ilmiers »oiil iino famillo il'nil.rfs «lo
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100 LB TOUR DB LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. I. A Marscillo, naquit un grand homme qui fut à la fois sculoleur, peintre et architecte, Pierre Pcgkt. La .sculpture est l'art do tuilier dans la pierre, le marbre ou lo bois, des hommes, des animaux ou d'autres objets; par exemple, les statues qui ornent
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. Il fut député d'Aixen 1789. C'est aussi en Provence, que naquit un rival do Mirabeau, Porlalis, qui prit uno grande part dans lr. suite a la forma lion du Code civil. Vous savez, enfants, qu'on appelle Code le livre où sont réunies toutes les lois du pays : lo Code est le Livre des lois. Eli bien
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198 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Peu d'heures après on était en vue du département do l'Hérault. Le patron fit observer à Julien qu'avec uno longuo vue on pourrait apercevoir les maisons do la villo do Montpellier, ainsi que lo beau jardin du Peyrou qui la domino. — Nous voici près
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LA RESOLUTION D'ANDItft. 100 songer a lui annoncer immédiatement la mort do son frero Michel en Alsace-Lorraine et l'arrivée «le ses neveux. Jérôme, en apprenant ces tristes nouvelles, se trouva bien embarrassé pour donner conseil à André et à Julien. — Mes enfants, leur dit-il, réfléchissez
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200 LR TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. que vous m'offrez si généreusement, mnis il nous faudrait essayer d'emprunter encore a d'autres. Non, cela n'est pas possible.' Nous prendrons le bateau, Julien et moi, et nous frirons dans quelques jours a notre oncle pour lui annoncer notre arrivée
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, la meilleure réponse est lc garder le silence et de monlrer votre bonne volonté. Le patron Jérôme, des lo lendemain, usa do son inlluenco auprès d'un marinier qu'il connaissait pour l'engager à emmener avec lui les deux enfants. Après bien des pourparlers, il obtint qu'André loucherait vingt
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202 IV, TOUR DR LA FRANCK PAR DRUX ENFANTS. quais do Celle, jusque ce qu'il aperçût lo Perpignan. Mais il oui beau se hâter, il arriva en relard. Lo patron était a bord, fort impatient, car il n'allendail qu'André pour donner le signal du départ ; ce qui lui fit accueillir les enfants avec la plus
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Bézicrs. L'idée nui le préoccupa pondant toute sa vie fut ct'lle d'établir un canal entre l'Océan et la Méditerranée, et d'unir ainsi les deux mers. Mais, entre l'Océan et la Méditerranée, on rencontre une chaîne de montagnes qui s'élève comme une haute muraille : les Cévcnncs ou Montagnes-Noires
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201 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Il alla proposer ses plans au grand homme qui élait alors m inislre, Colbert, dont on vous parlera plus lard. Colbcrt comprit l'importance do l'idéo de Riquct. Avec son aide, Riquclcommença celle entreprise qui, pour l'époque, était gigantesque. Mais
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. Dans sa lettre à la Pérouse, Louis XVI lui disait ces belles paroles : « Que des peuples dont l'existence nous est encore inconnue apprennent de vous a respecter la France, qu'ils apprenneut surtout à la chérir... Je regarderai comme un des succès les plus heureux de l'expédition qu'elle puisse être
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200 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. dans une île de l'Océanie, les débris de deux navires naufragés, des ferrures, des instruments, de la vaisselle, des canons roules par les flots. Il retrouva la montre même de la Pérousc entre les mains des indigènes; il interrogea ces derniers, «jui
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, petit, dit le-patron d'un air radouci. Julien le regarda moitié ému, moitié souriant : — Oh ! que si, dit-il, puisque vous n'oies plus fâché, la poignée de main est bonne tout de môme. Le bourru se dérida complètement : — Tu es un gentil enfant, dit-il. Il se pencha vers Julien, et posant ses deux
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208 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. villes importantes. A Béziers, les mariniers embarquèrent dans le bateau des eaux-dc-vie qu'on fabrique dans celte ville. Plus loin on chargea des miels récollés à Narbonnc, et renommés pour leur goût aromatique. A Carcassonne on débarqua de la laine pour
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, 2«0 LR TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. marbre. C'est un des plus beaux ponls que j'aie vus. Le torrent coule dessous dans un abîme à plus de 80 mètres de profondeur ; puis il continue sa course désordonnée jusqu'à ce qu'il arrive à la capitale du Béarn, à la ville de Pau, patrie de Henri IV
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tant de courago qu il sut bientôt ces deux langues si difficiles. A cette époque, Toulouse était comme aujourd'hui une ville savante, et elle avait une grande école de droit. La science du droit, enfants, est une belle science : elle enseigne ce qui est permis ou défendu dans un pays, ce qui est juste
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212 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX BNPANTS. citoyens. Elle étudie également quelles sont les lois les meilleures cl les plus sages qu'un pays puisse se donner, quels sont les moyens de perfectionner la législation et de rendre ainsi les peuples plus heureux'. Le jeune Cujas voulut Être un grand
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214 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Perpignan acheva son entrée et prit sa place au bord du quai animé, où des marins et des hommes de peine allaient et venaient chargés de marchandises. Une planche fut jetée pour aller du bateau au quai, et l'on mit pied A terre. Le patron, qui avait l'oeil
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jours, dit-il aux enfants, je serai de force à travailler. — Attendez-en quinze, mon oncle, dit André ; cela vaudra mieux. Après les chagrins que Frantz Volden venait d'éprouver, il se sentit tout heureux d'avoir auprès de lui ces deux enfants. La sagesse cl le couraged'André l'émerveillaient
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218 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Lorraine. La loi nous accorde encore pour cela neuf mois. Une fois en règle de ce côté, une fois notre titre de Français reconnu, nous songerons au reste. — Oui, oui, mon oncle, s'écrièrent André et Julien d'une môme voix, c'est ce que voulait notre père
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. Quoique Bordeaux soit une ville commerçante avant tout, elle n'en a pus moins le goût dos Ici 1res, et c'est près de Bordeaux qu'est né un des plus Î;r«inds écrivains de la France, MONTESQUIEU. — Tiens, dit Julien, j'ai vu la rue Montesquieu à Bordeaux ; c'était bien sûr en l'honneur de ce grand
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2|8 LIS TOUR DH LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. amène les criminels sont des magistrats, les présidents des tribunaux et des cours do justico sont aussi dos magistrats. Les fonctions do Montesquieu no l'empêchèrent point do consacrer tous ses loisirs h l'élude; lui, qui luir profession s'occupait
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remis une lettre secrète du général prussien : — Allez dire à votre général que je garde à la fois sa lettre et la place do Vincenncs : la place, pour la conserver à mon pays, qui me l'a conliôe ; la lettre, pour la donner en dot a mes enfants : ils aimeront mieux celte preuve de mou donneur
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220 LB TOUR DE LA FRANCS PAR D8UX BNFANTS. III. Fénelon, dont la staluo s'élève à Périgucux, esl, avec Bossuel, le plus illustre des prélats français et en môme temps un de nos plus grands écrivains. Il fut archevêque de Cambrai et précepteur du petit-fils de Louis XIV. La ville de Cambrai a gardé
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, un enfant qui est devenu par sa charité uno des gloires de la France. Saint Vincent dk Paul est né à Dax. Tout enfant, il gardait les troupeaux. Klevé au milieu de la pauvreté et de la misère, il en éprouva plus vivement le désir do la soulager. H consacra sa vie entière à secourir les infortunés
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222 LR TOUR DR LA FMNCR PAR PRUX RNFANTS. Clermonl h Marseille, Marseille h Celle, Cetto a Bordeaux. Elle était allée a la recherche des enfants dans les principales villes où ils avaiont passé. — Que de peino la poslo a du so donner, dit Julien, pour que ce petit carré de papier nous arrive! jo
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23* LE TOUR DE W FRANCE PAR DEUX ENFANTS. l'eau d'une rivière ou d'uno mare. L'eau do l'Océan, au con* traire, avance, avance pendant six heures sur la terro comme une inondation : alors il y a do grands terrains tout couverts d'eau ; puis après, elle redescend pendant six autres heures, et on peut
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220 IR TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. nais des belles prairies de l'Auvergne, où on marchait tranquillement sans avoir peur d'ôlre englouti; et j'aurais bien aimé ontendro les mugissements do vos grandes vaches rouges, au lieu des grondements terribles do l'Océan qui nous secouait
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228 LK TOUR DR LA FRANCK PAR DKUX ENFANTS. Lo 7*0170» était pour Julien un petit monde, qu'il aimait à parcourir.depuis lo pont jusqu'à la calo. Chemin faisant il observait les moindres objets et se faisait dire d'où ils venaient, où ils allaient. Il y avait surtout h bord quelqu'un que Julien
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230 LR TOUR DR LA FiUNCR PAR DRUX RNFANTS. Julien no songea plus qu'au moment où lo navire s'arrête* rait au port afin d'aller voir les plantes de la mer. Bientôt le Poitou arriva devant la vaste rado do Brest, dont la difflcilo entrée est bordée do rochers et protégée par des forls. Une fois co
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. — Est-ce que nous allons peut-être voir cela? — Non, mon enfant, c'est très rare dans nos pays. C'est entre les deux tropiques que cela se voit pendant les nuits. — Qu'est-ce qui fait cela? savez-vous, pbre Guillaume? — Les savants ont bien cherché, va, Julien. Enfin, il parait que ce sont des myriades
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532 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. de ces petits animaux dans la mer pour qu'elle paraisse tout en feu, elle qui est si grande ! — Les plus gros de ces animaux ne sont pas aussi gros qu'une tête d'épingle. — Oh 1 père Guillaume, comme cela m'amuse, tout ce que vous me dites là ! Racontez
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231 LE TOUR DB LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. mille fois mieux que les phares qui s'allument en ce moment le long de la côle. La nuiti en effet, était venue pendant que Guillaume et Julien parlaient ainsi, et dans le lointain, à travers une brume légère, on voyait la lueur rouge, blanche ou bleue
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que nous avons une mer qui a déjà failli nous jouer un mauvais tour et qui n'est pas encore bien calmée. — Et vous, vous avez préféré faire la traversée, père Guillaume? Vous aimez joliment la mer, tout de môme. — Oh ! je ne me souciais guère de la mer, petit, mais on ne fait pas toujours comme on veut
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236 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Dur ou non, mon enfant, un honnête homme n'a qu'une parole ; s'il l'a donnée, tant pis pour lui, il ne la reprend pas; autrement ce n'est plus un honnête homme. Dis-moi, Julien, si j'avais écrit sur un papier : « Je m'engage à vous suivre, capitaine
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LA BRETAGNE. UN DÉFENSEUR DE LA FRANCE. 237 — Oh! je connais ce nom-là, dit Julien en ^interrompant; j'ai yu, en passant à Nantes, la statue de Duguesclin, Duguescijn naquit, en 1314, près de Rennes, l'antique et belle capitale de la Bretagne. Duguesclin élail laid de ligure, il avait un caractère
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238 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. souris qui m'ennuient forl; je n'enlcnds plus le chant des oiseaux de mon pays, mais je l'entendrai encore quand il vous plaira. — Eli bien, dit le prince, il ne lient qu'à vous que ce soit bientôt. —Et le prince essaya de lui faire jurer de ne plus
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LÀ BRETAGNE. UN DÉFENSEUR DE LA FRANCE. 239 - • — Tu as fait tout comme moi, lui dit-il, et io te remercie d'avoir si bien compris ce que j'aurais fait moi-même à ta place. Alors Bertrand se remit euroutepourallerrclrouver le prince Noir. — Où allez-vous loger? lui demanda celui-ci. — En prison
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240 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. son ami Guillaume, il savait si bien tenir sa parole qu'il re^ vint de lui-môme se remettre prisonnier, après avoir dépensé sa rançon pour la liberté de ses camarades. — Allons, Julien, dit l'oncle Franlz, lu lis avec profit, mon enfant, puisque lu
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212 LB TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. en pleine terre, dans des pépinières abritées, des grenadiers cl des magnolias. La campagne produit de bons vins, surtout ceux de Saurnur. Angers a une importante école d'arls et métiers, et ses environs renferment de nombreuses carrières d'ardoises
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côté du pilote, vous m'avez dit l'autre jour que vous étiez Normand; voulez-vous que nous parlions de votre pays? Gela m'amusera beaucoup. Moi, je voudrais connaître toutes les provinces de la France, parce que j'aime la France cl que je veux être instruit des choses de mon pays. — Voilà qui est
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tU LE TOUR DE LA FRANCE l'AR DEUX ENFANTS. flots el à ne pas trembler dans la tempête. Tout près est L» Normandie. — Outre Hoiien, le Havre et Cherbourg, l'une des t.lus grondes ville* de la Normandie c.«t Cnon (43000 h), sur l'Orne. Cnen falni.|iie île jhjiciI e* dentelles, ainsi iju'Alençoii
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; la digue de Cherbourg a presque une lieue; elle s'avance au milieu d'une des mers les plus agitées et les plus dangereuses qu'il y ait sur la côte de France; mais elle est si bien construite en gros blocs de granit que les plus grandes tempôles ne l'endommagent pas, que les navires qui sont derrière
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210 LK TOUR DR U FRANCK PAR DEUX ENFANTS. — Gomment ?dit Julien, Rouen est un port? — Certainement, c'est un port sur la Seine; les petits navires remontent la Seino jusqu'à Rouen, comme a Nantes nous avons remonté la Loire et à Bordeaux la Garonne. Rouen, qui a plus de 120000 habitants, est
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)\ ses champs et ses bestiaux. Un grand homme de l'Amérique disait : — Si l'on demandeà quelqu'un quel est le pays qu'il aime le mieux, il nommera d'abord le sien; mais, si on lui demande ensuite quel est le pays qu'il voudrait avoir comme seconde pairie, il nommera la France. * — Père Guillaume
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248 LB TOUR DU LA FRANCE PAR DBUX ENFANTS. herbes quo le vcnl do la mer a salées. Enfin, mon ami, nos fermières, font du beurre el des fromages quo tout le monde so disputo; nous envoyons par millions en Angleterre les oeufs do nos basses-cours, et nos belles poules do Grève. coeur sont
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, car il est agréable d'écouler l'histoire de ceux qui so sont rendus utiles h leur patrie cl à leurs concitoyens. XCVII. — Trois grands hommes de la Normandie. — Le poète Pierre Corneille. — L'abbô de Saint-Pierre. — Le physioien Fresnel. I. L'un îles plus grands poètes de la France, ConxKii.r.K, est
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&W IV TOUR DR LA FRANCE PAR DRUX KNFANTS. II. Barfleur est un petit port do la basse Normandie, d'où Guillaume- le Conquérant, chef des Normands, partit autrefois à lu leto do sa Hotte pour conquérir l'Angleterre. A Barfleur naquit, au milieu du dix-septième siècle, l'abbé do Saint-Pikhhk, célèbre
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de toute sorte. a C'est la France, a dit un do. nos écrivains, qui, après ses grandes guerres, inventa ces nouveaux arts do la lumière et les appliqua au salut de lu vie humaine. Armée du rayon de Frcsnei, de celte lampe forte comme quatre mille et qu'on voit à douze lieues, elle se fit une ceinture do
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252 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. il s'habilla nia halo, priant Dieu en lui-môme; il ouvrit la porlo de la cabine cl fit quelques pas en s'appuyant contre les murs. Le bruit se fit alors entendre plus effrayant encore : les coups de tonnerre se succédaient sans interruption, et la lueur
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en désordre. C'était un affolement général. Bientôt quelques matelots s'écrièrent que l'embarcation était trop petite pour contenir tout le monde, d'autant plus que l'oncle Frantz et les deux enfants se trouvaient en sus do l'équipage habituel. — Qu'on mette le canot à la mer, dit le capitaine. Le petit
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/7»y#^^"«^'A^ W;» ^b^Tiijf^n^wî4^^) ^fr4w *«w i^*.-. •«* 234 LE TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. couvertes par les voix en r«5volto qui répétaient pour s'encourager : — C'est notre droit, c'est notre droit. Alors le vieux pilote Guillaume, s'avançant vers les matelots : — Au moins, dit
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,IolUt} mèi,ci. le vieux pilote, qui connaissait toutes les côtes de France depuis vingt ans, et encore mieux celles de Bretagne cl de Normandie, guidait l'embarcation pour regagner la haute mer. 11 n'y avait aucun port assez rapproché où l'on pût trouver un abri; mieux valait le large que la côte
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,i*^#~s *•¥-*»« *y»«fb***H*rvA'-w»*^.*w* 250 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Nous lo ferons, répondit Frnnlz d'un accent ému. —Nous le ferons, répétèrent André et Julien ; et ce dernier, levant ses petites mains jointes vers lo pilote, souriait a travers ses larmes comme si un coin du ciel
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ont été rappelés à la vie par des secours intelligents et persévérants ! Après ce moment d'effusion, Guillaumo lit un effort, et chassant ses pensées tristes : — Ces enfants-la doivent être épuisés, dit-il. Puisque nous n'avons plus rien à faire qu'à nous laisser ballotter au hasard, il faut réparer
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238 LR TOUn DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. On lo coucha aussitôt sur le côlé. Guillaumo desserra les dénis du capitaine- : on vil l'eau ressortir de sa bouche. Ensuite Guillaumo lo frictionna par tout lo corps pour rappeler la chaleur, et, appuyanl la main sur sapoilrino, il la fit successivement
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L'ATTENTE D'UN NAVIRE. 259 Vers deux heures on npcrçul du côté du sud un petit point Liane qu'on nvnit peino a distinguer do l'écumo des flots. Mais, en le regardant, les yeux du vieux piloto brillèrent : — Voici une voile, dit-il ; puissc-t-elle venir vers nous! Lo navire approchait en effet
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260 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Quelques instants après, ils étaient tous à bord du grand bateau h vapeur la Ville de Caen, qui reprenait sa roule vers Dunkerque, les emportant avec lui. CIH. — Inquiétude et projets pour l'avenir. Une famille unie par l'affection possède la meilleure
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pilote embrassa Julien, et serrant la main do Franlz : —Allons, dit-il, ne nous désolons pas, Frantz. Songe que dans ma vie j'ai passé des heures plus dures encore, et pourtant me voilà petit propriétaire à présent. Ton tour de bonheur arrivera aussi, lu verras ; il arrive toujours pour ceux qui comme
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262 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. gnant le canal de la Marne au Rhin, passent tout près tlo Phalsbourg. On parcourut la ville animée de Dunkerquc; on passa devant la statue de Jean Bail que David a sculptée, et Julien admira l'air résolu du célèbre marin. L'oncle Franlz ne trouva
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264 LE TOUR HE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. .. — Ahl mon Dieul dit-il, jusqu'à mon joli parapluie que M. Gerlal m'avait donné et que j'avais tant de regret d'avoir perdu ! Eh bien, le capitaine en a mis un au fond de la caisse, et il est tout pareil, regarde, André. — Je m'imagine, dit l'oncle
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. — Ces provinces root riche» et cou« . vertes de villes florissantes. Leur fertilité en blé les a fait nom(leUX niOlS. merle grenier de la France. Lille a environ 200000 habitants. . ., . L'ancienne capitale de l'Artois était Arras (30000 hab.), fortifiée aiOUlal OnCle par Vauban. L'ancienne capitale
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26G LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Et toutes ces grandes cheminées, mon oncle, dit Julien, qu'est-ce donc ? — Ce sont les cheminées d'usines de toute sorte, raffineries de sucre, distilleries d'eau-de-vie. fabriques d'amidon. Bientôt nous verrons les moulins à huile et à farine. Plus lard
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de quatorze ans, Philippe de Girard avait déjà inventé une machine pour utiliser la grande force des vagues de la mer. Il n'avait pas seize ans lorsqu'un malheur frappa sa famille : son père et sa mère furent forcés de quitter la France pendant la Révolution, et ils perdirent tout ce qu ils possédaient
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.^^M^^^^'^W^^ .-,v "^.'^?F , 568 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Après le dîner. Philippe va se promener dans le jardin sous les grands arbres, réfléchissant, cherchant comment faire. Il se procure u lin, du fil, une loupe (une loupe est une sorte de verre qui grossit les objets puur
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LE SIÈGE DE CALAIS. 269 Il y a cinq ccnls ans, le roi d'Angleterre, Edouard III, avait envahi la France et assiégé Calais. Les habitants, pendant une année entière, soutinrent vaillamment le siège; mais les vivres vinrent à manquer, la famine était affreuse, il fallut se rendre. Le brave gouverneur
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270 LB TOUR DE LA FRANCE FAR DEUX ENFANTS. ,;- Il n'y eut alors, parmi les Anglais, si vaillant homme qui pût '. s'empêcher de pleurer en voyant le dévouement des six bourgeois» Seul, le roi d'Angleterre, jetant sur eux un coup d'oeil de haine, commanda que l'on coupât aussitôt leurs têtes
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, et notre bateau va y rester assez de temps pour que nous y puissions faire notre achat. L'oncle Frantz et les deux enfants parcoururent Ja J)CllC Ville UC Lk cathédrale ob lUtus est un admirable édilioo du treinnimo In ni ne ziêuie siècle On en voit ici l'extérieur et le» superbes iieimo, xa pi us
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. 272 LT5 TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. — Les lainages, dit l'oncle Frantz, sont la plus ancienne des industries françaises et une de celles où la France l'em. porte sur ses rivales. On carde et on peigne les laines, puis on les lisse, et les tissus de Reims, ainsi que les draps de Sedan
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GRANDS HOMMES DR LA CHAMPAGNE. COLBERT. 273 hommes qui aicnl gouverné la France, ce fut Colbert, le fils d'un simple marchand de laines de Reims qui avait pour enseigne un homme vêtu d'un long vêlement d« drap avec ces mots : Au long* velu. Colbert avait pris dans le commerce des habitudes d'ordre
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.*'*&£&«&.-; !;\v" ■/:'? ^ ■ -,.■"•• "f-'^i-^j 374 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. ministre put suffire à accomplir à la fois tant de travaux et de réformes diverses. *— Mon Dieu, dit Julien en lui-môme, voilà un homme qui a été bien utile Ma France; et pourtant c'était le 111s d'un simple
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EnanuUàcii4teaa-Ti1icro-(Ai..ne) ., . . , . * i r i i en 1631 et mourut eii 16D5. A cette eiH»iae étaient (les animaUX, des fables Chaleau-Thierry faisait partie «le la iirovinca "où parlaient le corbeau, le de Champagne. renard, la cigale cl la fourmi. Vous avez reconnu, enfants, ce grand poète dont vous apprenez jes
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,276 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Puis l'oncle Franlz, usant de ses droits de tuteur auprès des autorités allemandes, s'empressa de déclarer pour ses neveux et pour lui-môme leur résolution de rester Français et d'habiter en France. Comme ils étaient en règle pour toutes les formalités
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rempli ton voeu, nous sommes enfin les enfants de la France ; bénis les fils une dernière fois. Père, père, noire coeur est reslé tout plein de les enseignements ; nous lâcherons d'être, comme tu le voulais, dignes de la patrie, et pour cela nous aimerons par-dessus toute chose le bien, la justice
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278 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. belles vaches comme la fermière de Celles, j'apprendrai à labourer, à tailler les arbres, à soigner les botes, n'est-ce pas, mon oncle? Oh! que ce monsieur est brave et honnête tout de môme, de rembourser ainsi les dettes de son père ! Mon oncle
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de la Concorde est la plus Mie et la plus monumentale de Taris. Klle Oft ornée «le colossales statues eu pierre «lui representiMit les principales pi amies .villes de France, entre lesquelles la concorde doit régner» La rue de Rivoli a Paris. — La rue de Rivoli, ainsi nommée à cause «l'une victoire
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280 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. \ kilomètres par jour metlrait vingt-cinq jours pour parcourir celte rue. — Oh ! dit Julien, faut-il qu'il y ait des rues dans ce Paris!.., Est-ce qu'on les éclaire toutes quand vient le soir ? — Certainement, dit l'oncle Franlz; ce n'est plus comme
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nourriture. On se trouvait tout près des Halles centrales, l'oncle Franlz y conduisit les enfants. 11 était neuf heures du matin, c'est-à-dire le moment de la plus grande animation. Julien n'en pouvait croire ses yeux ni ses oreilles. — Oh ! oh ! s'écria-t-il, c'est bien sûr une des grandes foires
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282 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. comme des maisons ! Et des molles de beurre empilées par centaines et par mille ! — Sais-lu, dit André, ce qu'il faut à peu près de boeufs et de vaches pour nourrir Paris pendant un an? J'ai vu cela dans un livre, moi : il faut cent soixante mille boeufs
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de Paris. Pour s'y rendre on traversa le Seine sur l'un des vingt-deux ponts que Paris possède. Au milieu, Frantz fit arrêter les enfants. — Regardez, leur dit-il, voilà la Cité, le berceau de Paris. C'est là qu'il y a deux mille ans s'élevait une petite bourgade appelée Lulèce : on no voyait alors
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v^-tf* ^8i LB TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. nous serons uux champs, nous ferons pousser du blé nous aussi pour nourrir la France et le grand Paris. Tout en causant on avait traversé le pont et on arriva en faco de NotreDame, l'église métropolitaine de Paris. Ce fut le tour d'André de dire
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-, .*ï éh^M-:^W^- ^P-^-.^^; ^mm^ LA CITÉ. L'HOTEL-DIRU. 285 voulez-vous, mon oncle? et nous y prierons Dieu tous les trois pour la grandeur de la France. CXV. — L'Hôtel-Dieu. — Les grandes écoles et les bibliothèques de Paris. La charité est plus grande en notre siècle qu'autrefois; mais
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286 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. Tout en écoutant l'oncle Franlz, nos enfants suivaient les quais. Le long du chemin ils passèrent devant le joli clocher doré de la Sainte-Chapelle, le Palais de justice, le quai aux Fleurs couvert d'étalages des fleurs les plus variées. Puis on arriva
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— Paris a aussi d'admirables bibliothèques, dit l'oncle Frantz, comme la Bibliothèque nationale, qui contient deux millions de volumes. J,à sont rassemblés les livres les plus savants; professeurs ou élèves les consultent chaque jour; de tout ce travail, de tous ces efforts sont sortis et sortiront encore
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288 LB TOUR DE LA FIIAKCK PAR DEUX ENFANTS. car nos amis n'étaient pas difficiles, et en marchant depuis lo matin ils avaient gagné un robuste appétit. — Maintenant, dit Frantz, nous allons monter en omnibus et nous rendre au Jardin des Plantes, où se trouvent réunis les plantes et les animaux
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itUlb UUUb ni (]al)5 lM aT\ire^ ofl,,, fauUut Je brandie leurs ongles ne peuvent rien. e" l"a,iiIie avec agiiue. Et on continua la promenade. A côté, c'était le ligro royal LE TOUR DE LA FRANCE. 13 Jaccab. — C'est, après le ligro et le lion, le plin pi and des r.irnassicis du genre rliat. 11 vit
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un imwitiiifcie «lo ernndn tnille. 11 a la télo courte avec ilo petits jeux, le Museau ai nié d'une corne, ou «le deux, dont il eo fort pour l'attai-uo ou In «léfen«e. Iji force du rhinocéros est extraordinaire- il altaiiue int ma l'éléphant. On le chassa pour fa chair et pour ta | cau, «jui forme uu cuir
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202 LB TOUR DB U FRANCK PAR DEUX ENFANTS. — Mais cola n'a pas l'air méchant, un ouïs, dit Julien. -— Mon Dieu, non, dit l'oncle Franlz, à condition qu'il n'ait pas grand'faim et qu'on ne l'irrilo pas. Il yen a parmi les ours auxquels il no faudrait pas trop se fier. Tiens, regardo celuici, dit
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un oi-ean de Tordre des (ehatsirr$, dont U taille, gipantesijue p ur un oiseau, dépasse deux métré». Ses ailes sont iuiui ipres au vol, mais elle les étend comme des lu-as iiunnd elle court.-l'Ile vit en Afrique et en Asie. Klle est si voiaco ijifello nvale hih danper tout ce jul *o présente
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29» !.E TOUR DR F.A FRANCK PAR DBUX KN'FANTS. des niglos ; puis, par lout lo jardin, dans dô^petitcs cabane?, c'étaient dos moulons de toulo sorte, des chèvres, des espèces étrangères do biches et de boeufs, des loups, des renards, des animaux sauvages. Ils passèrent enfin devant les vastes serres
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par toute la France pour faire les lois. Ils partagent le pouvoir 1.4 coin du I.ol'vbb 4 Pifus. — l.e mot l.owre vient «le /oi/; paire |ue co pulnis a été liAti sur lu pince d'uu anrien icmlez-vousdeilin-se au l.or!. «le la Seine«lan une foiét autrefois peuplée «le loups. C'est le plus va»to et lo
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200 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. do faire des lois, ou pouvoir législatif, avec les sénateurs, qui siogenl dans un autre palais entouré do jardins magnifiques : lo Luxembourg. Quant au président do la Hé publique, qui est chargé de faire exécuter les lois par l'intermédiaire des divers
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; seulement, avant de soigner les vaches, il faudra rotourner à l'école encore longtemps. — Oui, dit l'enfant gatment, et j'espère m'appliquer h l'école plus encore qu'autrefois. CXIX. — Versailles. — Quelques grands hommes de Paris et de l'Ile-de-France. — Los poètes classiques s Racine, Boileau
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298 J.R TOUR DE LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. On remonta ensuite en chemin de fer, et Julien, pour no pas perdre son temps en voilure et pour compléter tout co qu'il savait déjà de la France, ouvrit son livre sur les grands hommes et lut les derniers chapitres avec attention. L'Ile-de-France
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300 LE TOUR DR LA FRANCK PAR DEUX ENFANTS. (relient la chaleur de noire corps. Lavoisier est le créateur de la chimie moderne. Ku même temps qu'il se livrait a tous ces travaux par amour do la vérité cl de la .science, il euiropril, dans un hul d'humanité, une foule d'aulres éludes. Il lit ih
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petites, qui avaient levé la tète en l'entendant venir : — Est-ce que la ferme de la Grand'Landc est loin d'ici? leur demanda-t-il. — Oh! non, répondit l'aînée, dans cinq minutes on est chez nous. — Chez vous, reprit Julien en regardant les deux enfants do tous ses yeux ; mais alors vous êtes donc
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-302 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. sommes ses amis et nous venons le voir. Peul-ôlre bien vous a-t-il parlé de nous déjà : je m'appelle Julien Volden, moi, et je sais votre nom h toutes les deux : tenez, vous qui êtes grande comme moi, vous vous appelez Adèle, dit Julien en désignant
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J'AIMR LA. FRANCE. 303 ' La petite figure de Julien s'allri&ia à son tour. En ce moment, l'oncle Frantz et André arrivèrent, et on se dirigea vers la ferme. Chemin faisant, chacun observait la campagne, en réfléchissant aux paroles désolées de la petite. Bientôt on vit se dessiner au pied
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.304 LE TOUR DE LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. terre ; mais les biens ont tant baissé de prix depuis la guerre et la ferme est en si triste état, que je ne la vendrai pas moitié de ce qu'elle vaut. Je serai donc après cela au môme point qu'avant d'hériter, et je n'aurai d'autre ressource
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J'AI MB LA FRANCE. 305 — Alors, dit-elle en souriant, Julien restera avec nous aussi ? — Je le crois bien, répondit le vieux pilote en prenant le petit garçon sur ses genoux : il ira en môme temps que vous deux à l'école, et, si vous n'apprenez pas vile et bien, il vous fera honte, car il est
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306 LR TOUR DR U FRANCK PAR DEUX ENFANTS. — Tous les échos te répondent l'un après l'autre, Julien, dit gaîmenl André. — Tant mieux, s'écria le petit garçon, je vomirais que le monde entier me répondit et que chaque pays delà terre dit: « J'aime la Franco. » — Pour cela, reprit l'oncle Yolden
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308 LE TOUR DR LA FRANCE PAR DEUX ENFANTS. naissez-vous ce grand garçon barbu déjà? C'est André. Quand il y a chômage chez le serrurier du bourg, André travaille à la ferme. En ce moment, deux beaux boeufs rouges traînent la charrue : le jeune homme les excite doucement, et de sa voix mâle, un peu
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. — Les enseignements du frère aine. La grande Ourse et l'étoile polaire 18 IX. — Le nuaçe sur la montagne. — Inquiétude des deux enfants 20 X. — La halte sous le sapin. — La prière avant le sommeil. — André reprend courage... 22 XI. — Le brouillard se dissipe. —Arrivée d'André et de Julien sur la terre
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. — Les consetls municipaux... 99 XLV. — André et Julien sur le marché de Mâcon. — Les profits de la vente. — L'honnêteté dans le commerce 101 XLVI. — Les vignes de la Bourgogne. — La fabrication du vin.— La richesse de la France en vignobles 103 XLVII. — La grands hommes de ta bourgogne .' saint Bernard, Bossuet
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TABLB DES MATIÈRES, 311 ; 'importante. — Les tisserands" ' ' et les soieries 150 LX'IV. — Le petit étalage d'André et de Julien sur une place de Lyon. — Les bénéfices du commerce. — L'activité, première qualité de tout travail' leur 153 LXV. — Deux hommes illustres de Lyon. — L'ouvrier Jacquard
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. — La Bretagne el ses grands hommes. — Un des défenseurs de la France pendant la guerre de Cent ans : I)ugucsclin. — Le tournoi et la première victoire de Diigucsclin. — Sa captivité et sa rançon. — Sa mort 236 XCIV. — Les grands hommes du Maine, de l'Anjou et de la Touraine. —- Le chirurgien