L'UNIVERS.
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l'on trouve partout, en Egypte, en Grèce
et en Afrique, fuyant la Samothrace, avec
la belle Harmonie, qu'il venait d'enle-
ver (t se serait retiré sur les bords du lac
TM~OM (2) il s'y vit entouré d'une pos-
térité nombreuse; mais il quitta cet
asile pour poursuivre à son tour le ra-
visseur de sa sœur~tM'ojM. Harmonie,
ajoutent-ils, mourutdedouleurpeu après
son abandon, sur la plage où elle avait
reçu les derniers adieux de CadNta; et
en mourant elle ordonna à ses enfants
d'élever son tombeau au lieu même où
elle avait exhalé ses derniers regrets.
Non-seulement ils obéirent, mais encore
ils quittèrent les bords du lac Triton,
pourvenirfixer leur habitation autour du
monument qu'ils élevèrent à leur mère,
et ils donnèrent à cette nouvelle rési-
dence le nom de Tounah, ou de Tounét,
qui signiSe habitation en langue phéni-
cienne.
Quoi qu'il en soit de ces hypothèses,
on ne peut cependant disconvenir que
les historiens de la République romaine
font déjà mention de Tunis dès le temps
de la première guerre Punique, c'est-a-
dire dès l'époque qui s'étend de l'an 490
à l'an 513 de la fondation de Rome (deux
siècles et demi avant l'ère chrétienne ) et
que, suivant eux, cette ville tenait alors
le second rang parmi les cités de la côte
africaine.
Déjà, dans les siècles qui précédèrent
les hostilités si acharnées de Rome et de
Carthage on trouve des preuves de l'im-
portance que Tunis avait déjà acquise,
et du puissant concours que prêta sa
marine à celle de Carthage, dans les di-
verses expéditions que tentèrent les
Carthaginois, soit contre la Sardaigne
et les Phocéens (3), soit surtout contre la
Sicile.
(t) Vers le milieu du seizième siècle avant
l'ère chrétienne, peu de temps environ avant
le déluge de Deucalion.
(2) ~o~M ci-dessus, page ~5.
(3) Vers le milieu du sixième siècle avant
notre ère, les Phocéens, fuyant la domina-
tion de C~M, qui s'étendait sur la Grèce
asiatique, tinrent s'établir à Marseille, où
cinquante aunées auparavant ils avaient déjà
envoyé une colonie. Les Phocéens avaient
étendu leur établissement sur toute la côte
depuis le Var jusqu'à l'Èbre, et y avaient
fondé les villes de ~t'e~a, d'Olbia, d'ft<ft,
Tunis fut à cette époque particulière-
ment exposée aux attaques des peuptades
africaines, hahituellement en état de
guerre avec Carthage, tantôt subissant
le joug de cette répubtique, tantôt la
forçant de leur payer un tribut annue!
et f'an 39fi avant notre ère tes Afri-
cains, s'étant réunis au nombre de deux
cent mille hommes, s'emparèrent de
Tunis, menaçant Carthage même d'un
siège mais la famine et les divisions qui
éclatèrent parmi les barbares tirent
échouer leurs desseins, et détivrèrent
bientôt Tunis de leur possession éphé-
mère.
Les premiers siècles de la république
romaine avaient été loin de faire présa-
ger t'animosité irréconci)iab)e qui devait
par la suite diviser Rome et Carthage:
des traités d'alliance avaient même été
conclus entre les deux peuples, dès l'épo-
que même de l'expulsion des Tarquins,
l'an &08 avant l'ère chrétienne, sous le
consulat de Brutus et de Valerius; et il
est à remarquer que dans ces traités,
ainsi que dans ceux qui les suivirent,
particulièrement à t'époquede l'invasion
de Pyrrhus en Italie, comme aussi dans
tous les traités conclus par Carthage,
soit avec .0<M~ de Sicile, soit avec les
peuples africains, la ville de Tunis se
trouve toujours nominativement men-
tionnée immédiatement après celles de
Carthage et d'Utique; circonstance qui
constate que dès cette époque Tunis
était regardée comme la troisième ville
du territoire carthaginois.
Tunis est spécialement désignée par
les historiens au nombre des deux cents
places dont Régutus se rendit maître sur
la côte d'Afrique, après la victoire mé-
morable (4) qu'il avait remportée sur
~K~cayet Hannon, dans les parages qui
s'étendent entre la côte méndionaie de
la Sicile et le cap africain que nous con-
d'Emporium, d*o/?~ et de A/~Enac~ ils s'é-
taient aussi rendus maîtres de la Corse et de
la Sardaigne. Toutes ces possessions leur fu-
rent successivement entêtées par les Cartha-
ginois.
(4) Dans cette bataille navale, Régulus
prit aux Carthaginois soixante-quatre gatéres
et en coula à fond plus de trente la descente
qu'il exécuta alors sur la côte d'Afrique fut si-
gnalée par une nouvelle victoire qu'il remporta
près de Tunis.