ALGÉRIE.
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raient amener la pacification du pays
ci. rendre inutiles les opérations mili-
taires. Le général Bugeaud fut appelé
de nouveau au commandement de ia
division d'Oran, dans l'espoir que fé-
<;iat de ses succès de l'année précédente
faciliterait peut-être la conclusion d'un
arrangement avec ternir.
ÉVÉNEMENTS DE LA PROVINCE D'Al.-
GEB. Tous les efforts de notre redou-
table adversaire, qui s'attendait h être
attaquédans l'ouest, portèrent sur la pro-
vince d'Alger, afin de fortifier !a résis-
tance des tribus et de resserrer autour
de nous le cercle des hostilités. I) pré-
voyait que la France ne laisserai), pas
impuni l'échec subi devant Constan-
tine il connaissait l'impatience des as-
semblées législatives d'arriver à une
forte réduction des dépenses de l'armée
d'Afrique; il pouvait espérer qu'en pré-
sence des difficultés qui se produisaient
dans les trois provinces à la fois, l'opi-
nion publique en France se décourage-
rait, reculerait devant des sacrifices plus
importants à faire, et pousserait peut-
être à l'abandon des possessions algé-
riennes jusque alors si onéreuses. Abd-
et-Kader se rendit donc de sa personne
à Médéah; il y établit son propre frère
avec une garnison de cinq cents soldats
réguliers. De ià, il se porta sur Cher-
chél, qui lui paya tribut et reconnut son
autorité. Tournant alors vers l'est de la
Métidja, il arriva dans )e Sebaou. Ces
tribus n'avaient pas encore fait acte de
soumisson à son pouvoir; sans leur
parler d'obéissance, il s'adressa à leurs
marabouts, exalta les passions religieuses
et le fanatisme contre les chrétiens, et
détermina la formation d'une ligue dans
laquelle entrèrent tous les habitants de
ces contrées; )e petit port de DeH)s
s'associa à ce mouvement. Ainsi, nous
nous trouvions entourés d'ennemis de
toutes parts et si des attaques formi-
dables n'étaient pas à craindre des es-
carmouches incessantes, des brigandages
fréquents, fatiguaient nos troupes rui-
naient nos cotons et jetaient l'alarme
parmi la population européenne.
Le gouverneur général résolut de
briser cette résistance. Dans le courant
d'avril, il réunit sept mille hommes à
Boufarik s'avança jusqu'à Blidah, re-
connut le cours de la Chiffa, Koiéah, et
l'embouchure du Mazafran. Sur toute
cette ligne, qui enveloppait nos posses-
sions à l'ouest, notre colonne ne rencon-
tra aucun obstacle sérieux. A l'est,
un petit poste fut établi à Boudouaou
pour couvrir iaMétidja. Une expédition
fut dirigée vers la fin de mai contre les
Isser et les A mraoua, qui recurent dans
leurs montagnes le châtiment de leurs
méfaits. Lorsque plus tard, réunis aux
Kabiles, ils attaquèrent le camp de
Boudouaou, ils éprouvèrent des pertes
si grandes, qu'ilsse montrèrent disposés
à traiter de leur soumission. Le générât
Damrémont, continuant d'opérer sur la
Chiffa, se préparait à porter la gut'rre
au detà de i'Attas, dans la vallée du Cite-
lif, lorsqu'il reçut la nouvelle qu'un
traité de paix venait d'être conclu avec
Abd el Kader dans )a province d'O-
ran.
TNAiTÉ DE LA ÏAFNA. Débarqué
à Oran le 16 a~rit 1837, le général Bu-
geaud pressa avec la plus vive ardeur
l'organisation des troupes qui devaient
entrer en campagne. Cependant on lui
rendit compte qu'Ahd-ei-Rader mani-
festait des intentions pacifiques, et ex-
primait souvent le regret d'avoir été
entrainé à prendre les armes contre la
France. Pour encourager ces disposi-
tions, on négocia un échange de pri-
sonniers et, sans attendre l'exécution
de toutes les conditions stipulées, nous
rendîmes généreusement les cent trente
Arabes prisa à la bataille de la Sikak. Les
pourparlers traînaient en longueur, et
n'aboutissaient pas; le commandant de
la division d'Oran vouiut les appuyer par
une démonstration, il se porta vers
l'ouest, le 14 mai, à la tête d'une armée
de huit à neuf mille hommes, prêt com-
battre, ou à conclure la paix, suivant
la marche des négociations. H commença
à ravitailler Tlemsen, où il arriva le 20
mai, et se dirigea ensuite sur le camp
de la Tafna. Abd-el-Kader mit un terme
à ses tergiversations en voyant t'armée
française se rapprocher de lui. Les tri-
bus étaient fatiguées de ia guerre, elles
redoutaient l'incendie et la dévastation
dont le généra! Bugeaud les avait me-
nacées. L'émir eut l'adresse de faire ap-
prouver par tous ses partisans la con-
clusion de cette paix, qui devait profiter
surtout à l'affermissement de son pou-