Titre : La Presse
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1895-09-11
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Laguerre, Georges (1858-1912). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34448033b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 11 septembre 1895 11 septembre 1895
Description : 1895/09/11 (Numéro 1201). 1895/09/11 (Numéro 1201).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k547830d
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/05/2008
&ÂMÉE. Nouvelle Série, n* 1201.
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X-ie ]>îiM3aêï»o S> OeiititiàLes
'•* HAtmiCE DE LA FARGUB
a Directeur ̃ "̃"̃
HENRI BBÉMONTIEB
Ste^Staire de la. rédaction
Abonnements:
r Trois mola. Six mou; Sua;
PUB r Bfir. 9 S 50 18 fit
Kt&aB09BEOTB 6flr. lift » 22 fis.
ÉxbanBEr: Le port en sns.
ftidSÙtion 12, rue du Croissant, 12
Mercredi* 11 septembre 1895.
SÉQDLS JOB GXBABMB
• ̃ fteufatar
HEHBÏ DELABSABH
A~MtNM~O~M~
LES ANNONCES ET RlSotAKM 90ST BEÇOa
Sus. bur-eaux. de « la PxtMfliçî^
et chez MM. Ch. Lagrange, Cerf et CJV
6, PLACB DE LA BOURSE, 6
Dollingen et C«, 16, rue Granga-BateUôtji `
Administration: 12, rue du Croissant, 1£i
UNE PANIQUE A LA ~OURSE
m m Nam
BOISE DES VALEURS
lia fermeté reste la note dominante du
marché. La politique chôme en ce moment,
et le monde financier en profite pour opérer
en toute sécurité.
A noter une nouvelle avance de l'Exté-
rieure, qui monte à 69 7/16 sans qu'aucune
dépêche soit venue annoncer une amélio-
ration quelconque dans la situation à Cuba.
On exploite en ce moment le découvert qui
s'était formé sur ce fonds d'Etat depuis quel-
que temps.
Les Rentes françaises conservent, à peu
de chose près, leurs cours d'hier; le 3 0/0 est,
à 102 15, le 3 1/2 à 107 12.
L'Italien est très terme à 90 70.
Les fonds russes sont calmes les Conso-
lidés à 101 70, le 3 1/2 à 97 40, ls 3 0/0 à 92 50,
l'Orient à 67 95.
Quelques réalisations alourdissent légè-
rement les fonds ottomans, le Turc C re-
vient à 29 02, le D à 26 55.
Le Portugais est très ferme à 27 francs.
Les valeurs de crédit se maintiennent très
fermes à leur niveau précédent. La Banque
de Paris est à 923, le Crédit Foncier à 865,1a
Générale à 557, le Lyonnais à 845, la Banque
impériale des Pays Autrichiens à 618 on
sait que cette dernière s'occupe aussi des
mines d'or. Le Comptoir national cote 652, là
.Banque ottomans 766 25.
Le Suez reste à 3302, le Gaz à 1140, la Dy-
namite è, 635. .n u
En .Banque,, les affaires aoafl; toujours fort
nombreuses et ce sont encore les mines d'or
qui attirent la majeure partie des transac-
tions.̃̃̃̃̃̃.••-̃
Nods laissons' la Robinson à 238, la Fer-
jreiraà 532, la Goldfields à 418, la Randfon-
teîri à 105, la Transvaal à 115..
La Mossamédès est ferme à 56, la Be-
chuanaland à 90, la l4i~àrièvàle monte il. 10437.
A. propos de cette dernière, on télégraphie de
Johannesburg:
« Les derniers essais faits dans la Marievale
Nigel oiit donné les résultats suivants
3 Onces 17 dwts sur une épaisseur de 3 pou-
ces 1 once sur une épaisseur de 1 pied
B pouces. On considère ces résultats comme
très satisfaisants. »
La Monte-Rosa cote 31, la Lyonnaise mexi-
can71 25.
Le Rio reste à 451, la De Beers monte à
795. _̃ ;.̃ ̃••̃
iourss de Gommerpe
5 MEURES
{Farines Blés Colz» Lin Alcools Sueres
eourant. 4115 18 30 50.. =0 29 75 29 37
Octobr8 42 50 18 55 50 49 75 30 25 30
Nov.Déc. 43.. 18 95 95 50 25 49 25 30 50
td'octob 30 25
ftdenov. 43 15 15 19 25
Sprem. 43 50 50 19 45 .51.. 4875 75 3125 3075 7~
Marque de Corbeil 46
Sucres roux 88» 27 75 t
Sucres raffinés en pains 98 50 à 99
Doubles primes
Fariaes Coin
I de novembre 2 à, à
«premiers. 2 50 à 3 ..à 3 25
h de mar3 3 h à
Sacres Alcools ·
4 d'octobre 2 à à
^premiers 2 62 à 2 75 75 2 50 à 2 75
> de mars 3 12 4 3 25 .à.
Princes simples
Farines Blés
I de novembre 110a.50à.
A premiers 1 35 à 60 à 65
•l de mars 160à.75 i.
D~I~ ~J~L~
PEBIVIEIIIJS JVOUV^LL^
Des infirmiers pour Madagascar
Le ministre de la guerre a fait envoyer^
l'ordre à la 16= section d'infirmiers, à Perpi-
gnan, de tenir prêt à partir prochainement
pour Madagascar un détachement de cent
hommes.
ILinvite en même temps les commandants
de corps d'armée à désigner dès à présent
un certain nombre d'hommes appelés à rem-
placer les partants et à assurer ultérieure-
ment la relève. '̃
Faute de volontaires, ces militaires seront'
désignés d'office, à l'exclusion de la classe de
1891: ••
Leshommes désignés seront examinés in-
dividuellement papon-nvédeoTOde l'armée.
Ceux qui seraient- atteints -de- • maladies
transmissibles ou dont l'«tat-gènéral-ne pré-
senterait pas de garanties- suffisantes seront
éliminés.
Les détachements seront dirigés sur le dé-
pôt de Perpiznan le 20 courant.
La chasse aux emplois
La préfecture de la Seine va publier un'
tableau annuel des emplois vacants .dans les
divers services de son administration.
A tous ceux qui ont adressé des demandes,
nous pouvons apprendre, dès aujourd'hui,
que les vacances prévues en 1895-96 sont ré-
parties comme suit:
Treize places de commis auxiliaires trois
garçons de bureau dix-huit concierges d'é-
coles trente-six instituteurs cinquante ins-
titutrices six cent trente-trois cantonniers
quatorze ouvriers d'égûuts cent soixante-
quatre préposés aux octrois six employés
du Mont-de-Piété.
Seront aussi vacants une douzaine de kios-
ques de journaux..
Pour ces emplois, les demandes dépassent
le chiffre de quarante mille L
Il n'y a pas encore de vacances prévues
pour les postes d'ordonnateurs des pompes
funèbres et de gardiens de cimetières.
Lé monument Ssrnpt: à. foûtainebleau,
M. Félix -Faure avait reçu l'invitation de
Présider la eçré^oqie dlna.uguraUon, §& m&-
.miment Carnot qui doit avoir lieu à Fontai-
nebleau le 29 courant.
Le Président de la République a promis
qu'il assisterait à la cérémonie, mais qu'il
ne la présiderait pas.
Devant ce refus, le comité de la fête s'est
adressé à M. Ribot, qui a décliné le même
honneur, à' la suite d'une décision prise en
conseil des ministres (!).
Il est probable que la cérémonie sera pré-
sidée par M. Régismanset, sénateur de Seine-
et-Marne.
La musique de l'Ecole d'artillerie d'Or-
léans a été accordée parle ministre de la
guerre.
Conseil des ministres
Le conseil des ministres qui aura lieu de-
main mercredi se tiendra, à dix heures du
matin, à l'Elysée, sous la présidence de M.
Félix Faure.
L'organisation des chambres de commerce
En répondant avant-hier au président de
la chambre de commerce de Saint-Dizier, M.
Félix Faure a déclaré qu'en ce qui concerne
la réorganisation' des chambres de commerce
le ministre compétent s'en occupe d'une fa-
çon particulière, et que l'étude du projet pa-
raît devoir être prochainement terminée.
es Nous sommes en mesure d'ajouter que
M. André Lebon attend les réponses des
chambres de commerce, auxquelles il a sou-
mis le projet étudié par lui. Il attend ces ré»
ponses pour le 15 septembre, et espère
qu'elles arriveront sans retard.
Quand il aura étudié les réponses des cham-
bres de commerce, le ministre étudiera les
modifications à apporter -au projet qu'il a
préparé, s'il y a lieu. ̃
Aux colonies '̃-̃̃̃̃- •
Un journal spécial donné comme certain le
remplacement prochain de M-. Girod, direc-
teur du cabinet au ministère des colonies,
par M. Arnaud, actuellement directeur ad-
joint.
Au ministère des colonies, on nous a dé-
claré ce matin que cette information ne re-
posait sur aucun fondement. M. Arnaud rem-
place momentanément M. Girod, actuelle-
ment en congé, et voila tout.
:•.̃̃̃ ̃•̃.̃- M. Groron ̃̃̃v^
Hier a été prise là décision par laquelle M.
Gorori est admis, sur sa demande, à la re-
traite proportionnelle.
E;V PLE1~ P.ARIS
Hier soir, à deux cents mètres de, la
gare Saint-Lazare, près du pont de
l'Europe, en plein Paris, un épouvan-
table accident de chemin de fer a fait
de nombreuses victimes.,
Deux trains se, sont rencontrés, en
dépit de toutes les prétendues mesures
de protection prises pour assurer la
marche libre des convois. ;̃̃̃̃•
Dix-huit personnes ont été plus ou
moins grièvement blessées et un grand
nombre de voyageurs, légèrement at-
teints, se sont fait reconduire directe-
ment à leur domicile,' refusant de don-
ner leurs noms et leurs adresses aux
employés qui avaient organisé le pre-
mier service d'ordre..
•Comme cela se passe toujours éri
pareille circonstance,- « une enquête
a été ouverte,, afin de déterminer exac-
tement les causes de cet accident, qui
aurait pu être plus grave » (sic). ̃•̃̃̃̃̃̃
Nous nous demandons anxieuse-
ment ce qui serait alors advenu si cet
accident eût été plus grave! d
Dans l'article que nous avons publié
hier, à cette' même place/ nous nous
élevions avec énergie contre l'insou-
ciance de certaines Compagnies qui,
désireuses d'augmenter les dividendes
de leurs actionnaires, restreignent, aux
dernières limites, la garde et le con-
trôle des voies ferrées.
Nous demandions également que les
^administrateurs fussent personnelle-
ment mis en cause quand un accident
vient à se produire sur une ligne con-
fiée à leur sollicitude.•: i ̃ ̃
̃ Si un chef d'industrie, si un com-
•merçant, sont garants de leurs em-
ployés, pourquoi donc les administra-
teurs des compagnies de chemins de
fer ne partageraient-ils pas les respon-
sabilités du personnel placé sous leurs
ordres? • ̃
Ce personnei, souvent surmené, tou-
che parfois des..appointements déri-.
soires, et on ne trouvera pas exagéré
que les financiers de marque qui com-
posent, en majeure partie, les conseils
d'administration des grandes Compa-
gnies soient atteints dans leur liberté
et leur fortune pïivé'e chaque fois qu'un
accident, dû à l'imprévoyance, vient.â
se produire sur les lignes dont la gé-
rance leur appartient.
[ Partisans résolus de la justice sor
ciale, nous demandons, une fois de
plus, que le personnel si méritant, des
Compagnies soit augmente selon les
besoins du service et que là réduction
des heures de travail permette aux em-
ployés, dé toute catégorie, d'apporter
plus de vigilance et d'exactitude daiîà
J'accomplissement de leurs si délicates
fonctiçîis..mm $[. F» .̃
LE PORTRAIT BU JOUR
LE GÉNÉRAL PIERRON
Soldat ëminént autant
qu'écrivain distingué, le
général Pièrron est né à à
Moyenvic (Alsace Lor-
raine), le 3 octobre 1835.
Sorti de Saint-Cyr en
1857 avec le n° 1, il fit
ses débuts en 1859, pen-
dant la campagne d'Ita»
lie, avec le 2' zouaves et
prit part, l'année sui- .̃
vante, avec ce même ré-
giment, à l'expédition de
la Kabylie et, en 1862, à
la campagne du Mexi-
que cité à l'ordre de
l'armée et décoré au
siège de- Puebla, il se
distingua lors de l'affaire
de Cerro-Mayomoz, où il
eut son cheval tué. Il fut j
lui-mêm e blesaé auge- «
nou. '̃" ?
Officier d'ordonnance i
de l'empereur du Mexi-
que, il conserva ce poste 'i
jusqu'à la chute de Maxi-
milien, en I867.
La guerre franco-alle-
NIjJyB A m JBlIpi l'
Coup dé revolver. Légèrement blessé.
Une imprudence.
Aujourd'hui, à une heure et demie, au plus
fort de l'animation de la Bourse, un coup de
revolver a retenti sous le péristyle nord, à
côté de la porte conduisant à l'intérieur du
palais. ̃
On juge de l'émotion produite par ce coup
de feu; on ne parlait pas moins, tout de
suite, que d'un attentat anarchiste.
Les choses, heureusement, se réduisent
à des proportions beaucoup moins drama-
tiques. ̃̃ ̃̃"̃̃
Un coulissier de la maison G. qui portait
un revolver chargé dans sa poche, le faisait
voir à un de ses camarades lorsqu'il lui
échappa des mains. Le revolver partit aus-
sitôt, blessant au mollet son imprudent pro-
priétaire.
La balle alla se perdre dans la direction
delà place de la Bourse, traversant sans en
atteindre un seul, par un hasard providen-
tiel, un groupe compact de boursiers.
Le marché, suspendu quelques instants, a
repris bientôt son cours. normal.
Le blessé, légèrement atteint, s'est fait
transporter en voiture à son domicile.
LES C~ ~1~~ DU SUD
E;i`~,L~i$~ ,Di~' ~5~i~
Ouverte à midi, l'audience des assises de
la Seine a commencé aujourd'hui par la
suite des interrogatoires.
MM. Félix Martin et André. déclarent avec
la dernière énergie que l'un et l'autre sont
restés étrangers aux opérations de majora-
tion effectuées par M. André sur les contrats
par lui passés avec les sous-traitants. Parmi
ces derniers figure naturellement M." Eiffel.
Le président à M. Martin. Il résulte de
lettres qui sont au dossier que tout le monde
savait qup l'affaire des chemins de fer ap-
partenait à M. de Reinach et qu'il avait exigé
qu'on le désintéressât au moyen d'un quan-
tum mensuel,versé par les sous entrepre-
neurs, de l'argent qu'il avait procuré à la
combinaison et aussi qu'on lui procurât des
bénéfices. C'était là chose de notoriété publir
que, et vous; directeur, rie pouviez l'ignorer.
M. Martin. Je l'ignorais absolument et
je m'en réfère sur ce point aux dépositions
que feront les témoins.
Maintenant le traité de M. André était il
oui; ou non fictif? Telle est la question que
Ton, tourne, et retourne de tous côtés. Les
avocats déclarent qu'il est sérieux^ le prési-
dent pense qu'il est fictif et on pourrait dis-
cuter là dessus pendant 24 heures. sans ré-
sultat. '̃̃̃̃
La discussion se formule, d'ailleurs, sui
le ton le plus courtois, très doux et tran-
quille, la chaleur abat les courages judiciai-
res et tarit les bavardages d'ordinaire viru-
lents de la cour d'assises.
En vérité, c'est le dernier salon où l'on
cause..
On introduit M. Flory., l'expert,qui va, pa-
raît-il, éclaircir un point du débat.
On vide l'incident du scellé brisé que nous
avons raconté hier. L'expert déclare qu'en
ell'et, le registre du répertoire des comptes
courants de la Banque Propper était sous
scellés et qu'aujourd'hui il ne l'est plus.
Le greffier ajoute qu'il a.trouvé le cachet
du scelllé dans un corridor. Il paraît que,
dans le transport du greffe à la salle d'au-
dience, la ficelle s'est cassée. Voilà tout le
monde satisfait, c'est la faute à la ficelle..
D'autre part, au début de l'audience d'au-
jourd'hui, Mc Danet s'était plaint de ne pas
avoir retrouvé sur là table des pièces à con-
viction un scellé n° 6 qui devait contenir les
registres des procès-verbaux des séances
du conseil des chemins de fer du Sud.1
M. Flory explique que c'est là une erreur
de numérotage et, dans la véritable biblio-
thèque d'in-folios sous scellés, il choisit
quatre, tomes. ̃̃' •
Ce sont, parait-il, des pièces réclamées par
Me Danet, qui. avaient été, par erreur, mal
numérotées. Deuxième incident clos.
On examine ensuite la nature des relations
qui existaient entre le baron de Reinach et
M. T?élii:Martin.
.On adonné lecture d'une lettre de M. Félix
Martin, adressée au baron de Reinach, et
dajjs laquelle il déclarait qu'il avait pu,
gîâeô à s§s démarches, enjpécher qu'une in-
terpellation ̃ ann.QDcé.e arrivât jUiS^u'â la
Chambre. v ̃••;
Puis on passe à l'examen de la question
>i~ançière,"
.Uiiè'^s longue discussion s'engage en-
suâte sur if ?o|n.t de savoir si Mâryagar.
mande le trouva officier
d'ordonnance de l'empe-
reur avec le grade de
capitaine. A la fin de la
désastreuse journée de
Sedan, il fut chargé de
porter aux différents corps
l'ordre de brûler leurs
drapeaux.
Lors de la capitulation,
il réussit à s'échapper et
se rendit à Tours à la
disposition de la Défense
nationale, qui l'attacha
au bureau des opérations
militaires.
Nommé chef de batail-
lon, puis lieutenant-co-
lonel en 1876, il passait
colonel trois années plus
tard. Les étoiles de bri-
gadier lui furent décer-
nées alors qu'il profes-
sait à l'Ecole supérieure
de guerre les cours de
tactique et de stratégie.
Le général Pierron
compte 14 campagnes,
1 blessure et 2 citations.
tageait avec M. de Reinach les sommes pro-
venant des majorations des contrats des
sous-entrepreneurs.
Quelques pièces du dossier sembleraient
établir ce fait, que Mi Martin nie aveclaplus
grande énergie*
Pendant, la suspension d'audience, M. Henri
Rochefort entre dans la salle et s'installe
aux bancs réservés aux témoins. Il va bien
s'ennuyer. ̃ •
'̃"̃ M. Bol>ia
On passe à l'interrogatoire de M. Bobin,
beau-frère de M. André.
Le 8 octobre 1887, il est devenu directeur
adjoint de la Compagnie du Sud. Etant au-
paravant ingénieur en chef à la Société des
ponts et travaux en fer, il a donc dû connaître
toutes les opérations conclues entre lesdeux
Compagnies. • '̃̃̃
Le président. II est impossible étant le
beau-frère de M. André, que vous n'ayez pas
connu les conditions dans lesquelles il avait
traité avec les chemins de fer du Sud pour
l'exécution des travaux.
R. Assurément, j'ai toujours considéré
comme sérieux le contrat^ signé par mon
beau-frère et je n'ai jamais pensé qu'il pût
être le prête-nom de M. de Reinach.
D. Il y a au dossier une lettre qui a été
trouvée chez M. André, par laquelle vous le
convoquiez chez M. de Reinach pour la si-
gnature de ces traités avec les entrepreneurs
sous-traitants.
R. Je ne me rappelle pas ce détail.
André. Je n'ai jamais reçu cette lettre.
Le président. Mais la voici et elle a été
trouvée chez vous-même. Je ne signale ce
fait que pour montrer la participation de
M.. Bobin à la confection des sous-traitas
et par conséquent sa compromission dans
l'affaire. ̃
Les deux accusés continuent à nier avec
énergie. M. Bobin particulièrement affirme
avoir été étranger aux contrats qui ont servi
de base aux majorations délictueuses.
'̃ SlMTe âaicîêleaat
Un incident assez inattendu et qui: pourrait
coûter assez cher à deux des prévenus MM.
~Bol)in et" André, les deux beaux -frères, se
produit à ce moment.
EjLè président. J'ai trouvé dans unscellé
deux lettres annonçant' l'envoi d'une somme
de 14,500 francs; ces lettres étaient en-
voyées par André à son héau-frère Bobin.
André. C'étaient là des sommes que j'en-
voyais pour le compte de M. de" Reinach.
Le président. Faites donc, entrer, le té-
moin Pecout.
C'est un sous- entrepreneur.A.vec une
grande volubilité et aussi gran4e- sincérité
il déclare que sur la prppositiou.de .M. André
avec lequel il traita. il .dut ..augmenter de
a9,000 francs sa soumission forfaitaire qu'il
avait primitivement faite.
Or il a fait parvenir à André cette somme
29,000 francs, en deux envois de 14,500 francs
chaque. ̃
M. André, à ce moment, paraît assez dé-
confit. •
Une conférence de M. Rey, l'ancien prési-
dent du conseil d'administration du che-
min de fer du Sud et l'audience est levée.
ISTEHVIEW DE Si. BOUAMEfE1
Les débats d'aujourd'hui. Les dossiers
de M. Eouanet. Ce que sera son in-
terpellation. "̃̃̃'
Oh se rappelle le magnifique discours que
prononça, voilà tantôt trois mois, à laCham-
bre, sur l'affaire des Chemins de fer du Sud,
M. Rouanet, député du- dix-huitième arron-
dissement. Sans un ordre du jour intempestif
présenté par un député radical, le ministère,
ce jour-là, faisait la culbute.
Les renseignements, les documents appor-
tés à la tribune par M. Rouanet, avaient pro-
duit sur la Chambre un effet décisif. On se
souvient de quelle façon, pour sauver sa si-
tuation, M. Ribot lâcha son garde des sceaux.
On se rappelle aussi le coup d'audace de M.
Rouviér, montant à la tribune et proclamant
hautement pour les députés et sénateurs le
droit de faire des affaires.
On se rappelle encore le silence glacial
qui accueillit les paroles de M. Jules Roche,
et les périodes vengeresses de M. Jaurès.
Il était donc intéressant de savoir ce que
pensait des débats du procès: en cours
l'homme qui, le premier, a attaché le grelot
et. dévoilé les nouveaux tripotages de quel-
ques parlementaires.
Nous sommes allé voir M,Rouanet.Toujours
gai, toujours aimable, le député de Clignan<
court, qui vient de faire une longue tournée
de conférences dans l'Ouest et le Midi, quoi» 1
que très fatigué, consent pour la Presse à
nous dire ce qu'il pense des actuels débats.
";> Chez M, Bouaj&et
–Tout d'abord, "fioiiâ dit-il, ce procès est ce
qpç bous avioas jpky% ÇiCU *M^hJ!^Êè^
'h, :=
lumière, aucun fait nouveau n'en peuvent
sortir.
Félix Martin, André, Bobin, ne sont que
des comparses peu intéressants, ils ont reçu
de l'argent, ils l'ont distribué. Ce sont ceux
qui l'ont touché qui devraient être poursuivis.
Ce sont MM. Y. qui a touché dix-neuf
mille et quelques cents francs; X. qui en a.
touché'dix mille;; S. qui en a touché au-,
tant; Z. qui n'était pas encore député à
cette époque, qui a palpé six billets de mille;
Magnier, naturellement, qui a ramassé près
de cent mille francs, et encore un autre sé-
nateur, qui, celui-là aussi, passe un peu à
toutes les caisses, qui a passé notamment à
celle du Panama, et enfin le fameux un Tel,
célèbre déjà par les trompettes 'qu'il expé-
diait au Dahomey. Ce sont ceux-là qui de-
vraient être sur les bancs de la cour d'as-
sises.
Mais, si l'opinion publique ne peut, au-
jourd'hui, obtenir satisfaction, elle ne per-
dra rien pour attendre. Dans quelques se-
maines les Chambres vont reprendre leurs
travaux et en développant l'interpellation
que j'ai annoncée, je dirai toute la vérité et
la plupart des noms déjà connus seront pro-
clamés du haut de la tribune avec le chiffre
des sommes qui leur ont été allouées.
Tous ces membres du Parlement figuraient
dans un syndicat formé par le baron de Rei-
nach pour l'émission de la Compagnie des
Chemins de fer du Sud. Et, fait grave à si-
gnaler, certains d'entre eux, à ce moment,
faisaient partie du ministère.
11 y a un autre point qui est tout aussi
grave. L'expert, M. Flory, a été contraint de
reconnaître, dans son rapport, qu'il existe
dans les comptes de la Compagnie une somme
de onze cent mille francs qu'il a été impossi-
ble de justifier.
Cette dépense irrégulière est précisément
le chiffre des pots-de-vins distribués par le
baron de Reinach. Où est allé cet argent? A
qui a-t-il été distribué? 'l
Dans son interrogatoire, Félix Martin ré-
pond qu'il n'a été que l'agent et le subalterne
du baron, qui était tout et qui a tout fait.
C'est par les ordres du baron que les réparti-
tions d'argent ou de titres ont été faites aux
syndicataires.
En réalité, cette distribution d'argent a été
faite par lui dans des conditions identiques
à celles qui s'étaient produites pour le fa-
meux syndicat des actions du Panama.
A cette époque, personne ne se serait avisé
de protester contre ce que faisait le baron.
Nul n'ignore quelles étaient ses relations
avec tout le monde gouvernemental. MM.
Rouvier, Roche, Ribat,- allaient chasssr ou
étaient invités dans ses propriétés de l'Oise.
Il était une puissance politique et personne
n'eût osé aller conte ses décisions. ̃
En réalité, cette ligne du Var a été l'objet
de toutes les convoitises et le prétexte de
l'achat de toutes les consciences. Et, malgré
tout, la vérité éclatera au grand jour, sinon
du tribunal, au moins de la tribune, et per-
sonne n'y perdra pour attendre. »
Voilà ce que nous a dit le député du dix-
huitième arrondissement, qui se préposé à
repartir en province, pour y reprendre ses
conférences en fa\eur des grévistes de Car-
maux, un moment interrompues. E. T.
Lire prochamemeiit d.aais
L,^k PRESSE-.
Par GEORGES HERBERT
LESMftHŒU¥BESDE L'EST
LES ,ÍŸiANŒUVRES DE1'EST
(De notre correspondant particulier)
Montigny, 10 septembre. Parti de Lan-
gres ce matin à cinq heures, le Président de
la République est arrivé à Meuse à six heure*.
Il a narcouru en landau les positions de'Dam-
maûin, Malroy,, Maulain et Parnot. Sur le
plateau qui domine ce village, il a été salué
par le prince royal de Grèce et par les géné-
raux qui commandent les manœuvres. Il les
a félicités. :• ̃
Le général Saussier l'a remercié de la sol-
licitude qu'il montrait à l'égard de la troupe,
et il a terminé en disant que tous criaient
« Vive la France! Vive; le Président de la
République 1 »
M. F lix Faure est retenu à déjeuner à
Meuse. Il repart ce soir pour Paris.
'̃ lia îsaîaiàle de ï'aruiot
Lamarche, 10 septembre.. La grande ba-
taille de Parnot, une des parties principales
des manœuvres, a eu lieu ce matin. Elle a
obtenu tout le succès attendu. Le temps est
resté sunerbe et a favorisé tous les dé-
ploiements.
Les mouvements effectués ont eu toute la
netteté désirable et les charges finales or.t t
provoqué l'enthousiasme habituel de tous les
spectateurs.
L'ATTENTAT DE LA RUB LAPPITTE
Attentat antisémite. Les complices.
:• Perquisition ̃'
Les nouveaux renseignements parvenus
cet après-midi à M. Rempler, juge d'instruc-
tion, établissent que Léon B. l'auteur de
l'attentat de la rue L&ffitte, a agi comme an-
tisémite. Depuis la mort de son père, surve-
nue, il y a une quinzaine .d'années, Léon B.
sa mère et ses deux sœurs étaient secourus
par un parent, curé d'une paroisse de la péri-
phérie de Pans.
A la mort de ce parent, il y a cinq ans, la
famille tomba dans une grande misère et les
deux sœurs durent chercher une situation
pour vivre. L'une d'elles est employée aux
Téléphones, l'autre à la Caisse d'épargne
postale. Toutes deux faisaient vivre leur
mère.
Léon B. lui >vivait de son côté.
Il est né à-Mende (Lozère), Son père est un
ancien commandant de la Commune.
Ua déclaré que ce n'était pas lui qui avait
fait la bombe et ii u£Jt amener la police à
l'endroit où elle a été fabriquée. nrès·I~idi
Une perquisittoj a çu lieu ôeià^s-midi
dftBsejsepi
teue de là -Presse
LES JOURNAUX DE CE SOIR
v Frontières et colonies
De là Patrie
Ce n'est pas le moment de discuter si on a
eu tort ou raison d'aller à Madagascar. Mais
les hommes qui ont aventuré dans cette
expédition le sang qui ne doit couler qu'à la
frontière ont commis un véritable abus de
confiance vis-à-vis du pays.
On pouvait et on devait occuper Tanana»
rive sans affaiblir d'un seul homme nos con-
tingents de France.
Nous espérons que nos amis du Parlement
comprendront que c'est là le point culminant
du débat qui va s'ouvrir à la rentrée.
Prétentions italiennes
De la France, à propos du traité italo-
tunisien
La thèse crispinienne ou gouvernementale
est bien simple, allez, et elle n'a pas fait
mourir de méningite aiguë ceux de qui elle
émane. Elle se borne à déclarer que, malgré
le protectorat français de la Tunisie, rien
n'est changé dans la Régence, et que l'Italie
y conserve la jouissance des avantages con-
sacrés par les conventions conclues autre-
fois avec le roi de Sardaigne, le grand-du«
de Toscana et le roi de Naples Mais le pro-
tectorat français? Le protectorat français, la
traité du Bardo, l'Italie ne les connaît pas,
ne veut pas- les connaître; c'est absurde,
monstrueux, fabuleux, mais c'est commt
cela! ̃̃̃̃̃̃
Du Jour sur le même sujet ,̃
Cette nouvelle, déjà vieille d'un mois, n'a-
pas encore cessé d'agiter le cœur des hom-
mes d'Etat romains. Ils cherchent comment,
à la fois, se venger de ce qu'ils considèrent
comme un mauvais tour joué au jeune
royaume et ressaisir par une voie quelcon-
que les avantages qu'ils vont perdre.
Et savez-yous à quel procédé ils semblent
s'être arrêtés? --Oh! mon Dieu, c'est bien
simple lis affichent la prétention de né-
gocier directement" avec le bey le renouvel"
lement de leur traité, comme si le résident
général de France n'était point, en vertu des
traités reconnus par l'Italie elle-même, la
seul ministre des affaires étrangères de la
Régence, le seul homme qualifié pour entre-
tenir des relations entre le vieux Mohammed
et les puissances européennes I.
M. Challemel-Lacour
De la Liberté :'̃ ;̃
M. Chalïemel-Lacour a pu constater, à la
première nouvelle de sa démission probable,
l'estime générale qu'inspirent son caractère
et les qualités dont il a donné tant de preu-
ves, depuis qu'il préside l'Assemblée du
Luxembourg. Il est difficile de diriger avec
plus d'impartialité, d'autorité .et en même
temps de fermeté les débats d'une grande
assemblée.'
Il est difficile de maintenir avec plus de
résolution les droits et prérogatives du Sé-
nat si souvent blessés par les prétentions de
la Chambre, et de faire respecter l'équilibre
légitime des pouvoirs, tout en apportant au
règlement amiable de tous les conflits le plus
sage esprit de conciliation. S'ilpersiste dans
l'intention de se retirer, d'unanimes regreta
̃ le- suivront dans sa retraite.
Chapelles socialistes
Du Temps
Le parti guesdiste tient en ce moment un
congrès à Romilly. Les lumières dé cetts
assemblée seront quatre députés MM.
Jules Guesdb, Chauvin, Carnaud, Sauvanet.
C'est donc de ces quatre imputés que se com-
pose le soas-groupe. guesdiste, qui se con-
fond au Palais-Bourbon dans le groupe
d'union socialiste.
Ce qu'on a dit dans la première séance du
.congrès de Romilly ne. diffère pas- de ce
qu'on aurait pu dire dans une autre réunion
révolutionnaire qui se serait tenue sous te.
couvert d'une autre étiquette et sous le pa-
tronage d'autres demi dieux. Ou n'a pas
aperçu, dans cette séance de congrès pour-
quoi les guesdistes font bande à part. Cônvue
eux, les autres partis socialistes auraient
félicité les ouvriers de Carmaux.
Ils auraient envoyé le même salut. amical,
aux socialistes belges, italiens, allemands;
ils auraient condamné avec la même énergia
l'alliance russe et la politique générale du
gouvernement actuel. Enfin, ils ne se se-
raient pas fait faute de célébrer les progrès
de l'idée socialiste et ils auraient affirmé
avec la même assurance tranquille que la
victoire révolutionnaire est certaine et im-
minente.
Le lord-maire è Bordeaux
Des Débats
Ce n'est pas impunément qu'un citoyen
dans une situation aussi considérable que la
lord-maire de la cité de Londres proclame, à
tant d'e reprises et dans les termes que l'on
l'on a vus, son amitié pour, un pays uns
allocution comme celle qu'a prononcée hier
soir sir J. Renais au banquet de Bordeaux est
de nature à dissiper bien des mauvaises hu-
meurs et bien des préjuges, et elle entraîne
en quelque sorte l'opinion à sa suite.
C'est ainsi qu'aucune note discordants?,
pour ainsi dire, car à quoi bon compte?
quelques-uns de « ces esprits turbulents »
dont parlait le lord-maire? ne s'est fait
entendre dans la presse, représentant, très
exactement cette fois, le sentiment des deux
pays les journaux les plus aigres d'or-
dinaire ont su faire trêve à leurs polé-
iniques.
LE DÉRâiLLEiENÏ Q00TIOIES
̃ '-̃•' {Par dépêche)
Douai 10, septembre. La marchine du
train express parti de Paris ce matin, à huit
heures cinq, et devant arriver à Lille; à onza
heures cinquante-huit, a déraillé à: Poùt-i8"
la-Deule, èhir5 Douai et Lille. Il n'y a pa»
eu d'accident de persCarie. L'express est ar*
rivé à Lille a.ye.ç tre.n.tç Bustes de retard,
.1%~
X-ie ]>îiM3aêï»o S> OeiititiàLes
'•* HAtmiCE DE LA FARGUB
a Directeur ̃ "̃"̃
HENRI BBÉMONTIEB
Ste^Staire de la. rédaction
Abonnements:
r Trois mola. Six mou; Sua;
PUB r Bfir. 9 S 50 18 fit
Kt&aB09BEOTB 6flr. lift » 22 fis.
ÉxbanBEr: Le port en sns.
ftidSÙtion 12, rue du Croissant, 12
Mercredi* 11 septembre 1895.
SÉQDLS JOB GXBABMB
• ̃ fteufatar
HEHBÏ DELABSABH
A~MtNM~O~M~
LES ANNONCES ET RlSotAKM 90ST BEÇOa
Sus. bur-eaux. de « la PxtMfliçî^
et chez MM. Ch. Lagrange, Cerf et CJV
6, PLACB DE LA BOURSE, 6
Dollingen et C«, 16, rue Granga-BateUôtji `
Administration: 12, rue du Croissant, 1£i
UNE PANIQUE A LA ~OURSE
m m Nam
BOISE DES VALEURS
lia fermeté reste la note dominante du
marché. La politique chôme en ce moment,
et le monde financier en profite pour opérer
en toute sécurité.
A noter une nouvelle avance de l'Exté-
rieure, qui monte à 69 7/16 sans qu'aucune
dépêche soit venue annoncer une amélio-
ration quelconque dans la situation à Cuba.
On exploite en ce moment le découvert qui
s'était formé sur ce fonds d'Etat depuis quel-
que temps.
Les Rentes françaises conservent, à peu
de chose près, leurs cours d'hier; le 3 0/0 est,
à 102 15, le 3 1/2 à 107 12.
L'Italien est très terme à 90 70.
Les fonds russes sont calmes les Conso-
lidés à 101 70, le 3 1/2 à 97 40, ls 3 0/0 à 92 50,
l'Orient à 67 95.
Quelques réalisations alourdissent légè-
rement les fonds ottomans, le Turc C re-
vient à 29 02, le D à 26 55.
Le Portugais est très ferme à 27 francs.
Les valeurs de crédit se maintiennent très
fermes à leur niveau précédent. La Banque
de Paris est à 923, le Crédit Foncier à 865,1a
Générale à 557, le Lyonnais à 845, la Banque
impériale des Pays Autrichiens à 618 on
sait que cette dernière s'occupe aussi des
mines d'or. Le Comptoir national cote 652, là
.Banque ottomans 766 25.
Le Suez reste à 3302, le Gaz à 1140, la Dy-
namite è, 635. .n u
En .Banque,, les affaires aoafl; toujours fort
nombreuses et ce sont encore les mines d'or
qui attirent la majeure partie des transac-
tions.̃̃̃̃̃̃.••-̃
Nods laissons' la Robinson à 238, la Fer-
jreiraà 532, la Goldfields à 418, la Randfon-
teîri à 105, la Transvaal à 115..
La Mossamédès est ferme à 56, la Be-
chuanaland à 90, la l4i~àrièvàle monte il. 10437.
A. propos de cette dernière, on télégraphie de
Johannesburg:
« Les derniers essais faits dans la Marievale
Nigel oiit donné les résultats suivants
3 Onces 17 dwts sur une épaisseur de 3 pou-
ces 1 once sur une épaisseur de 1 pied
B pouces. On considère ces résultats comme
très satisfaisants. »
La Monte-Rosa cote 31, la Lyonnaise mexi-
can71 25.
Le Rio reste à 451, la De Beers monte à
795. _̃ ;.̃ ̃••̃
iourss de Gommerpe
5 MEURES
{Farines Blés Colz» Lin Alcools Sueres
eourant. 4115 18 30 50.. =0 29 75 29 37
Octobr8 42 50 18 55 50 49 75 30 25 30
Nov.Déc. 43.. 18 95 95 50 25 49 25 30 50
td'octob 30 25
ftdenov. 43 15 15 19 25
Sprem. 43 50 50 19 45 .51.. 4875 75 3125 3075 7~
Marque de Corbeil 46
Sucres roux 88» 27 75 t
Sucres raffinés en pains 98 50 à 99
Doubles primes
Fariaes Coin
I de novembre 2 à, à
«premiers. 2 50 à 3 ..à 3 25
h de mar3 3 h à
Sacres Alcools ·
4 d'octobre 2 à à
^premiers 2 62 à 2 75 75 2 50 à 2 75
> de mars 3 12 4 3 25 .à.
Princes simples
Farines Blés
I de novembre 110a.50à.
A premiers 1 35 à 60 à 65
•l de mars 160à.75 i.
D~I~ ~J~L~
PEBIVIEIIIJS JVOUV^LL^
Des infirmiers pour Madagascar
Le ministre de la guerre a fait envoyer^
l'ordre à la 16= section d'infirmiers, à Perpi-
gnan, de tenir prêt à partir prochainement
pour Madagascar un détachement de cent
hommes.
ILinvite en même temps les commandants
de corps d'armée à désigner dès à présent
un certain nombre d'hommes appelés à rem-
placer les partants et à assurer ultérieure-
ment la relève. '̃
Faute de volontaires, ces militaires seront'
désignés d'office, à l'exclusion de la classe de
1891: ••
Leshommes désignés seront examinés in-
dividuellement papon-nvédeoTOde l'armée.
Ceux qui seraient- atteints -de- • maladies
transmissibles ou dont l'«tat-gènéral-ne pré-
senterait pas de garanties- suffisantes seront
éliminés.
Les détachements seront dirigés sur le dé-
pôt de Perpiznan le 20 courant.
La chasse aux emplois
La préfecture de la Seine va publier un'
tableau annuel des emplois vacants .dans les
divers services de son administration.
A tous ceux qui ont adressé des demandes,
nous pouvons apprendre, dès aujourd'hui,
que les vacances prévues en 1895-96 sont ré-
parties comme suit:
Treize places de commis auxiliaires trois
garçons de bureau dix-huit concierges d'é-
coles trente-six instituteurs cinquante ins-
titutrices six cent trente-trois cantonniers
quatorze ouvriers d'égûuts cent soixante-
quatre préposés aux octrois six employés
du Mont-de-Piété.
Seront aussi vacants une douzaine de kios-
ques de journaux..
Pour ces emplois, les demandes dépassent
le chiffre de quarante mille L
Il n'y a pas encore de vacances prévues
pour les postes d'ordonnateurs des pompes
funèbres et de gardiens de cimetières.
Lé monument Ssrnpt: à. foûtainebleau,
M. Félix -Faure avait reçu l'invitation de
Présider la eçré^oqie dlna.uguraUon, §& m&-
.miment Carnot qui doit avoir lieu à Fontai-
nebleau le 29 courant.
Le Président de la République a promis
qu'il assisterait à la cérémonie, mais qu'il
ne la présiderait pas.
Devant ce refus, le comité de la fête s'est
adressé à M. Ribot, qui a décliné le même
honneur, à' la suite d'une décision prise en
conseil des ministres (!).
Il est probable que la cérémonie sera pré-
sidée par M. Régismanset, sénateur de Seine-
et-Marne.
La musique de l'Ecole d'artillerie d'Or-
léans a été accordée parle ministre de la
guerre.
Conseil des ministres
Le conseil des ministres qui aura lieu de-
main mercredi se tiendra, à dix heures du
matin, à l'Elysée, sous la présidence de M.
Félix Faure.
L'organisation des chambres de commerce
En répondant avant-hier au président de
la chambre de commerce de Saint-Dizier, M.
Félix Faure a déclaré qu'en ce qui concerne
la réorganisation' des chambres de commerce
le ministre compétent s'en occupe d'une fa-
çon particulière, et que l'étude du projet pa-
raît devoir être prochainement terminée.
es Nous sommes en mesure d'ajouter que
M. André Lebon attend les réponses des
chambres de commerce, auxquelles il a sou-
mis le projet étudié par lui. Il attend ces ré»
ponses pour le 15 septembre, et espère
qu'elles arriveront sans retard.
Quand il aura étudié les réponses des cham-
bres de commerce, le ministre étudiera les
modifications à apporter -au projet qu'il a
préparé, s'il y a lieu. ̃
Aux colonies '̃-̃̃̃̃- •
Un journal spécial donné comme certain le
remplacement prochain de M-. Girod, direc-
teur du cabinet au ministère des colonies,
par M. Arnaud, actuellement directeur ad-
joint.
Au ministère des colonies, on nous a dé-
claré ce matin que cette information ne re-
posait sur aucun fondement. M. Arnaud rem-
place momentanément M. Girod, actuelle-
ment en congé, et voila tout.
:•.̃̃̃ ̃•̃.̃- M. Groron ̃̃̃v^
Hier a été prise là décision par laquelle M.
Gorori est admis, sur sa demande, à la re-
traite proportionnelle.
E;V PLE1~ P.ARIS
Hier soir, à deux cents mètres de, la
gare Saint-Lazare, près du pont de
l'Europe, en plein Paris, un épouvan-
table accident de chemin de fer a fait
de nombreuses victimes.,
Deux trains se, sont rencontrés, en
dépit de toutes les prétendues mesures
de protection prises pour assurer la
marche libre des convois. ;̃̃̃̃•
Dix-huit personnes ont été plus ou
moins grièvement blessées et un grand
nombre de voyageurs, légèrement at-
teints, se sont fait reconduire directe-
ment à leur domicile,' refusant de don-
ner leurs noms et leurs adresses aux
employés qui avaient organisé le pre-
mier service d'ordre..
•Comme cela se passe toujours éri
pareille circonstance,- « une enquête
a été ouverte,, afin de déterminer exac-
tement les causes de cet accident, qui
aurait pu être plus grave » (sic). ̃•̃̃̃̃̃̃
Nous nous demandons anxieuse-
ment ce qui serait alors advenu si cet
accident eût été plus grave! d
Dans l'article que nous avons publié
hier, à cette' même place/ nous nous
élevions avec énergie contre l'insou-
ciance de certaines Compagnies qui,
désireuses d'augmenter les dividendes
de leurs actionnaires, restreignent, aux
dernières limites, la garde et le con-
trôle des voies ferrées.
Nous demandions également que les
^administrateurs fussent personnelle-
ment mis en cause quand un accident
vient à se produire sur une ligne con-
fiée à leur sollicitude.•: i ̃ ̃
̃ Si un chef d'industrie, si un com-
•merçant, sont garants de leurs em-
ployés, pourquoi donc les administra-
teurs des compagnies de chemins de
fer ne partageraient-ils pas les respon-
sabilités du personnel placé sous leurs
ordres? • ̃
Ce personnei, souvent surmené, tou-
che parfois des..appointements déri-.
soires, et on ne trouvera pas exagéré
que les financiers de marque qui com-
posent, en majeure partie, les conseils
d'administration des grandes Compa-
gnies soient atteints dans leur liberté
et leur fortune pïivé'e chaque fois qu'un
accident, dû à l'imprévoyance, vient.â
se produire sur les lignes dont la gé-
rance leur appartient.
[ Partisans résolus de la justice sor
ciale, nous demandons, une fois de
plus, que le personnel si méritant, des
Compagnies soit augmente selon les
besoins du service et que là réduction
des heures de travail permette aux em-
ployés, dé toute catégorie, d'apporter
plus de vigilance et d'exactitude daiîà
J'accomplissement de leurs si délicates
fonctiçîis..mm $[. F» .̃
LE PORTRAIT BU JOUR
LE GÉNÉRAL PIERRON
Soldat ëminént autant
qu'écrivain distingué, le
général Pièrron est né à à
Moyenvic (Alsace Lor-
raine), le 3 octobre 1835.
Sorti de Saint-Cyr en
1857 avec le n° 1, il fit
ses débuts en 1859, pen-
dant la campagne d'Ita»
lie, avec le 2' zouaves et
prit part, l'année sui- .̃
vante, avec ce même ré-
giment, à l'expédition de
la Kabylie et, en 1862, à
la campagne du Mexi-
que cité à l'ordre de
l'armée et décoré au
siège de- Puebla, il se
distingua lors de l'affaire
de Cerro-Mayomoz, où il
eut son cheval tué. Il fut j
lui-mêm e blesaé auge- «
nou. '̃" ?
Officier d'ordonnance i
de l'empereur du Mexi-
que, il conserva ce poste 'i
jusqu'à la chute de Maxi-
milien, en I867.
La guerre franco-alle-
NIjJyB A m JBlIpi l'
Coup dé revolver. Légèrement blessé.
Une imprudence.
Aujourd'hui, à une heure et demie, au plus
fort de l'animation de la Bourse, un coup de
revolver a retenti sous le péristyle nord, à
côté de la porte conduisant à l'intérieur du
palais. ̃
On juge de l'émotion produite par ce coup
de feu; on ne parlait pas moins, tout de
suite, que d'un attentat anarchiste.
Les choses, heureusement, se réduisent
à des proportions beaucoup moins drama-
tiques. ̃̃ ̃̃"̃̃
Un coulissier de la maison G. qui portait
un revolver chargé dans sa poche, le faisait
voir à un de ses camarades lorsqu'il lui
échappa des mains. Le revolver partit aus-
sitôt, blessant au mollet son imprudent pro-
priétaire.
La balle alla se perdre dans la direction
delà place de la Bourse, traversant sans en
atteindre un seul, par un hasard providen-
tiel, un groupe compact de boursiers.
Le marché, suspendu quelques instants, a
repris bientôt son cours. normal.
Le blessé, légèrement atteint, s'est fait
transporter en voiture à son domicile.
LES C~ ~1~~ DU SUD
E;i`~,L~i$~ ,Di~' ~5~i~
Ouverte à midi, l'audience des assises de
la Seine a commencé aujourd'hui par la
suite des interrogatoires.
MM. Félix Martin et André. déclarent avec
la dernière énergie que l'un et l'autre sont
restés étrangers aux opérations de majora-
tion effectuées par M. André sur les contrats
par lui passés avec les sous-traitants. Parmi
ces derniers figure naturellement M." Eiffel.
Le président à M. Martin. Il résulte de
lettres qui sont au dossier que tout le monde
savait qup l'affaire des chemins de fer ap-
partenait à M. de Reinach et qu'il avait exigé
qu'on le désintéressât au moyen d'un quan-
tum mensuel,versé par les sous entrepre-
neurs, de l'argent qu'il avait procuré à la
combinaison et aussi qu'on lui procurât des
bénéfices. C'était là chose de notoriété publir
que, et vous; directeur, rie pouviez l'ignorer.
M. Martin. Je l'ignorais absolument et
je m'en réfère sur ce point aux dépositions
que feront les témoins.
Maintenant le traité de M. André était il
oui; ou non fictif? Telle est la question que
Ton, tourne, et retourne de tous côtés. Les
avocats déclarent qu'il est sérieux^ le prési-
dent pense qu'il est fictif et on pourrait dis-
cuter là dessus pendant 24 heures. sans ré-
sultat. '̃̃̃̃
La discussion se formule, d'ailleurs, sui
le ton le plus courtois, très doux et tran-
quille, la chaleur abat les courages judiciai-
res et tarit les bavardages d'ordinaire viru-
lents de la cour d'assises.
En vérité, c'est le dernier salon où l'on
cause..
On introduit M. Flory., l'expert,qui va, pa-
raît-il, éclaircir un point du débat.
On vide l'incident du scellé brisé que nous
avons raconté hier. L'expert déclare qu'en
ell'et, le registre du répertoire des comptes
courants de la Banque Propper était sous
scellés et qu'aujourd'hui il ne l'est plus.
Le greffier ajoute qu'il a.trouvé le cachet
du scelllé dans un corridor. Il paraît que,
dans le transport du greffe à la salle d'au-
dience, la ficelle s'est cassée. Voilà tout le
monde satisfait, c'est la faute à la ficelle..
D'autre part, au début de l'audience d'au-
jourd'hui, Mc Danet s'était plaint de ne pas
avoir retrouvé sur là table des pièces à con-
viction un scellé n° 6 qui devait contenir les
registres des procès-verbaux des séances
du conseil des chemins de fer du Sud.1
M. Flory explique que c'est là une erreur
de numérotage et, dans la véritable biblio-
thèque d'in-folios sous scellés, il choisit
quatre, tomes. ̃̃' •
Ce sont, parait-il, des pièces réclamées par
Me Danet, qui. avaient été, par erreur, mal
numérotées. Deuxième incident clos.
On examine ensuite la nature des relations
qui existaient entre le baron de Reinach et
M. T?élii:Martin.
.On adonné lecture d'une lettre de M. Félix
Martin, adressée au baron de Reinach, et
dajjs laquelle il déclarait qu'il avait pu,
gîâeô à s§s démarches, enjpécher qu'une in-
terpellation ̃ ann.QDcé.e arrivât jUiS^u'â la
Chambre. v ̃••;
Puis on passe à l'examen de la question
>i~ançière,"
.Uiiè'^s longue discussion s'engage en-
suâte sur if ?o|n.t de savoir si Mâryagar.
mande le trouva officier
d'ordonnance de l'empe-
reur avec le grade de
capitaine. A la fin de la
désastreuse journée de
Sedan, il fut chargé de
porter aux différents corps
l'ordre de brûler leurs
drapeaux.
Lors de la capitulation,
il réussit à s'échapper et
se rendit à Tours à la
disposition de la Défense
nationale, qui l'attacha
au bureau des opérations
militaires.
Nommé chef de batail-
lon, puis lieutenant-co-
lonel en 1876, il passait
colonel trois années plus
tard. Les étoiles de bri-
gadier lui furent décer-
nées alors qu'il profes-
sait à l'Ecole supérieure
de guerre les cours de
tactique et de stratégie.
Le général Pierron
compte 14 campagnes,
1 blessure et 2 citations.
tageait avec M. de Reinach les sommes pro-
venant des majorations des contrats des
sous-entrepreneurs.
Quelques pièces du dossier sembleraient
établir ce fait, que Mi Martin nie aveclaplus
grande énergie*
Pendant, la suspension d'audience, M. Henri
Rochefort entre dans la salle et s'installe
aux bancs réservés aux témoins. Il va bien
s'ennuyer. ̃ •
'̃"̃ M. Bol>ia
On passe à l'interrogatoire de M. Bobin,
beau-frère de M. André.
Le 8 octobre 1887, il est devenu directeur
adjoint de la Compagnie du Sud. Etant au-
paravant ingénieur en chef à la Société des
ponts et travaux en fer, il a donc dû connaître
toutes les opérations conclues entre lesdeux
Compagnies. • '̃̃̃
Le président. II est impossible étant le
beau-frère de M. André, que vous n'ayez pas
connu les conditions dans lesquelles il avait
traité avec les chemins de fer du Sud pour
l'exécution des travaux.
R. Assurément, j'ai toujours considéré
comme sérieux le contrat^ signé par mon
beau-frère et je n'ai jamais pensé qu'il pût
être le prête-nom de M. de Reinach.
D. Il y a au dossier une lettre qui a été
trouvée chez M. André, par laquelle vous le
convoquiez chez M. de Reinach pour la si-
gnature de ces traités avec les entrepreneurs
sous-traitants.
R. Je ne me rappelle pas ce détail.
André. Je n'ai jamais reçu cette lettre.
Le président. Mais la voici et elle a été
trouvée chez vous-même. Je ne signale ce
fait que pour montrer la participation de
M.. Bobin à la confection des sous-traitas
et par conséquent sa compromission dans
l'affaire. ̃
Les deux accusés continuent à nier avec
énergie. M. Bobin particulièrement affirme
avoir été étranger aux contrats qui ont servi
de base aux majorations délictueuses.
'̃ SlMTe âaicîêleaat
Un incident assez inattendu et qui: pourrait
coûter assez cher à deux des prévenus MM.
~Bol)in et" André, les deux beaux -frères, se
produit à ce moment.
EjLè président. J'ai trouvé dans unscellé
deux lettres annonçant' l'envoi d'une somme
de 14,500 francs; ces lettres étaient en-
voyées par André à son héau-frère Bobin.
André. C'étaient là des sommes que j'en-
voyais pour le compte de M. de" Reinach.
Le président. Faites donc, entrer, le té-
moin Pecout.
C'est un sous- entrepreneur.A.vec une
grande volubilité et aussi gran4e- sincérité
il déclare que sur la prppositiou.de .M. André
avec lequel il traita. il .dut ..augmenter de
a9,000 francs sa soumission forfaitaire qu'il
avait primitivement faite.
Or il a fait parvenir à André cette somme
29,000 francs, en deux envois de 14,500 francs
chaque. ̃
M. André, à ce moment, paraît assez dé-
confit. •
Une conférence de M. Rey, l'ancien prési-
dent du conseil d'administration du che-
min de fer du Sud et l'audience est levée.
ISTEHVIEW DE Si. BOUAMEfE1
Les débats d'aujourd'hui. Les dossiers
de M. Eouanet. Ce que sera son in-
terpellation. "̃̃̃'
Oh se rappelle le magnifique discours que
prononça, voilà tantôt trois mois, à laCham-
bre, sur l'affaire des Chemins de fer du Sud,
M. Rouanet, député du- dix-huitième arron-
dissement. Sans un ordre du jour intempestif
présenté par un député radical, le ministère,
ce jour-là, faisait la culbute.
Les renseignements, les documents appor-
tés à la tribune par M. Rouanet, avaient pro-
duit sur la Chambre un effet décisif. On se
souvient de quelle façon, pour sauver sa si-
tuation, M. Ribot lâcha son garde des sceaux.
On se rappelle aussi le coup d'audace de M.
Rouviér, montant à la tribune et proclamant
hautement pour les députés et sénateurs le
droit de faire des affaires.
On se rappelle encore le silence glacial
qui accueillit les paroles de M. Jules Roche,
et les périodes vengeresses de M. Jaurès.
Il était donc intéressant de savoir ce que
pensait des débats du procès: en cours
l'homme qui, le premier, a attaché le grelot
et. dévoilé les nouveaux tripotages de quel-
ques parlementaires.
Nous sommes allé voir M,Rouanet.Toujours
gai, toujours aimable, le député de Clignan<
court, qui vient de faire une longue tournée
de conférences dans l'Ouest et le Midi, quoi» 1
que très fatigué, consent pour la Presse à
nous dire ce qu'il pense des actuels débats.
";> Chez M, Bouaj&et
–Tout d'abord, "fioiiâ dit-il, ce procès est ce
qpç bous avioas jpky% ÇiCU *M^hJ!^Êè^
'h, :=
lumière, aucun fait nouveau n'en peuvent
sortir.
Félix Martin, André, Bobin, ne sont que
des comparses peu intéressants, ils ont reçu
de l'argent, ils l'ont distribué. Ce sont ceux
qui l'ont touché qui devraient être poursuivis.
Ce sont MM. Y. qui a touché dix-neuf
mille et quelques cents francs; X. qui en a.
touché'dix mille;; S. qui en a touché au-,
tant; Z. qui n'était pas encore député à
cette époque, qui a palpé six billets de mille;
Magnier, naturellement, qui a ramassé près
de cent mille francs, et encore un autre sé-
nateur, qui, celui-là aussi, passe un peu à
toutes les caisses, qui a passé notamment à
celle du Panama, et enfin le fameux un Tel,
célèbre déjà par les trompettes 'qu'il expé-
diait au Dahomey. Ce sont ceux-là qui de-
vraient être sur les bancs de la cour d'as-
sises.
Mais, si l'opinion publique ne peut, au-
jourd'hui, obtenir satisfaction, elle ne per-
dra rien pour attendre. Dans quelques se-
maines les Chambres vont reprendre leurs
travaux et en développant l'interpellation
que j'ai annoncée, je dirai toute la vérité et
la plupart des noms déjà connus seront pro-
clamés du haut de la tribune avec le chiffre
des sommes qui leur ont été allouées.
Tous ces membres du Parlement figuraient
dans un syndicat formé par le baron de Rei-
nach pour l'émission de la Compagnie des
Chemins de fer du Sud. Et, fait grave à si-
gnaler, certains d'entre eux, à ce moment,
faisaient partie du ministère.
11 y a un autre point qui est tout aussi
grave. L'expert, M. Flory, a été contraint de
reconnaître, dans son rapport, qu'il existe
dans les comptes de la Compagnie une somme
de onze cent mille francs qu'il a été impossi-
ble de justifier.
Cette dépense irrégulière est précisément
le chiffre des pots-de-vins distribués par le
baron de Reinach. Où est allé cet argent? A
qui a-t-il été distribué? 'l
Dans son interrogatoire, Félix Martin ré-
pond qu'il n'a été que l'agent et le subalterne
du baron, qui était tout et qui a tout fait.
C'est par les ordres du baron que les réparti-
tions d'argent ou de titres ont été faites aux
syndicataires.
En réalité, cette distribution d'argent a été
faite par lui dans des conditions identiques
à celles qui s'étaient produites pour le fa-
meux syndicat des actions du Panama.
A cette époque, personne ne se serait avisé
de protester contre ce que faisait le baron.
Nul n'ignore quelles étaient ses relations
avec tout le monde gouvernemental. MM.
Rouvier, Roche, Ribat,- allaient chasssr ou
étaient invités dans ses propriétés de l'Oise.
Il était une puissance politique et personne
n'eût osé aller conte ses décisions. ̃
En réalité, cette ligne du Var a été l'objet
de toutes les convoitises et le prétexte de
l'achat de toutes les consciences. Et, malgré
tout, la vérité éclatera au grand jour, sinon
du tribunal, au moins de la tribune, et per-
sonne n'y perdra pour attendre. »
Voilà ce que nous a dit le député du dix-
huitième arrondissement, qui se préposé à
repartir en province, pour y reprendre ses
conférences en fa\eur des grévistes de Car-
maux, un moment interrompues. E. T.
Lire prochamemeiit d.aais
L,^k PRESSE-.
Par GEORGES HERBERT
LESMftHŒU¥BESDE L'EST
LES ,ÍŸiANŒUVRES DE1'EST
(De notre correspondant particulier)
Montigny, 10 septembre. Parti de Lan-
gres ce matin à cinq heures, le Président de
la République est arrivé à Meuse à six heure*.
Il a narcouru en landau les positions de'Dam-
maûin, Malroy,, Maulain et Parnot. Sur le
plateau qui domine ce village, il a été salué
par le prince royal de Grèce et par les géné-
raux qui commandent les manœuvres. Il les
a félicités. :• ̃
Le général Saussier l'a remercié de la sol-
licitude qu'il montrait à l'égard de la troupe,
et il a terminé en disant que tous criaient
« Vive la France! Vive; le Président de la
République 1 »
M. F lix Faure est retenu à déjeuner à
Meuse. Il repart ce soir pour Paris.
'̃ lia îsaîaiàle de ï'aruiot
Lamarche, 10 septembre.. La grande ba-
taille de Parnot, une des parties principales
des manœuvres, a eu lieu ce matin. Elle a
obtenu tout le succès attendu. Le temps est
resté sunerbe et a favorisé tous les dé-
ploiements.
Les mouvements effectués ont eu toute la
netteté désirable et les charges finales or.t t
provoqué l'enthousiasme habituel de tous les
spectateurs.
L'ATTENTAT DE LA RUB LAPPITTE
Attentat antisémite. Les complices.
:• Perquisition ̃'
Les nouveaux renseignements parvenus
cet après-midi à M. Rempler, juge d'instruc-
tion, établissent que Léon B. l'auteur de
l'attentat de la rue L&ffitte, a agi comme an-
tisémite. Depuis la mort de son père, surve-
nue, il y a une quinzaine .d'années, Léon B.
sa mère et ses deux sœurs étaient secourus
par un parent, curé d'une paroisse de la péri-
phérie de Pans.
A la mort de ce parent, il y a cinq ans, la
famille tomba dans une grande misère et les
deux sœurs durent chercher une situation
pour vivre. L'une d'elles est employée aux
Téléphones, l'autre à la Caisse d'épargne
postale. Toutes deux faisaient vivre leur
mère.
Léon B. lui >vivait de son côté.
Il est né à-Mende (Lozère), Son père est un
ancien commandant de la Commune.
Ua déclaré que ce n'était pas lui qui avait
fait la bombe et ii u£Jt amener la police à
l'endroit où elle a été fabriquée. nrès·I~idi
Une perquisittoj a çu lieu ôeià^s-midi
dftBsejsepi
teue de là -Presse
LES JOURNAUX DE CE SOIR
v Frontières et colonies
De là Patrie
Ce n'est pas le moment de discuter si on a
eu tort ou raison d'aller à Madagascar. Mais
les hommes qui ont aventuré dans cette
expédition le sang qui ne doit couler qu'à la
frontière ont commis un véritable abus de
confiance vis-à-vis du pays.
On pouvait et on devait occuper Tanana»
rive sans affaiblir d'un seul homme nos con-
tingents de France.
Nous espérons que nos amis du Parlement
comprendront que c'est là le point culminant
du débat qui va s'ouvrir à la rentrée.
Prétentions italiennes
De la France, à propos du traité italo-
tunisien
La thèse crispinienne ou gouvernementale
est bien simple, allez, et elle n'a pas fait
mourir de méningite aiguë ceux de qui elle
émane. Elle se borne à déclarer que, malgré
le protectorat français de la Tunisie, rien
n'est changé dans la Régence, et que l'Italie
y conserve la jouissance des avantages con-
sacrés par les conventions conclues autre-
fois avec le roi de Sardaigne, le grand-du«
de Toscana et le roi de Naples Mais le pro-
tectorat français? Le protectorat français, la
traité du Bardo, l'Italie ne les connaît pas,
ne veut pas- les connaître; c'est absurde,
monstrueux, fabuleux, mais c'est commt
cela! ̃̃̃̃̃̃
Du Jour sur le même sujet ,̃
Cette nouvelle, déjà vieille d'un mois, n'a-
pas encore cessé d'agiter le cœur des hom-
mes d'Etat romains. Ils cherchent comment,
à la fois, se venger de ce qu'ils considèrent
comme un mauvais tour joué au jeune
royaume et ressaisir par une voie quelcon-
que les avantages qu'ils vont perdre.
Et savez-yous à quel procédé ils semblent
s'être arrêtés? --Oh! mon Dieu, c'est bien
simple lis affichent la prétention de né-
gocier directement" avec le bey le renouvel"
lement de leur traité, comme si le résident
général de France n'était point, en vertu des
traités reconnus par l'Italie elle-même, la
seul ministre des affaires étrangères de la
Régence, le seul homme qualifié pour entre-
tenir des relations entre le vieux Mohammed
et les puissances européennes I.
M. Challemel-Lacour
De la Liberté :'̃ ;̃
M. Chalïemel-Lacour a pu constater, à la
première nouvelle de sa démission probable,
l'estime générale qu'inspirent son caractère
et les qualités dont il a donné tant de preu-
ves, depuis qu'il préside l'Assemblée du
Luxembourg. Il est difficile de diriger avec
plus d'impartialité, d'autorité .et en même
temps de fermeté les débats d'une grande
assemblée.'
Il est difficile de maintenir avec plus de
résolution les droits et prérogatives du Sé-
nat si souvent blessés par les prétentions de
la Chambre, et de faire respecter l'équilibre
légitime des pouvoirs, tout en apportant au
règlement amiable de tous les conflits le plus
sage esprit de conciliation. S'ilpersiste dans
l'intention de se retirer, d'unanimes regreta
̃ le- suivront dans sa retraite.
Chapelles socialistes
Du Temps
Le parti guesdiste tient en ce moment un
congrès à Romilly. Les lumières dé cetts
assemblée seront quatre députés MM.
Jules Guesdb, Chauvin, Carnaud, Sauvanet.
C'est donc de ces quatre imputés que se com-
pose le soas-groupe. guesdiste, qui se con-
fond au Palais-Bourbon dans le groupe
d'union socialiste.
Ce qu'on a dit dans la première séance du
.congrès de Romilly ne. diffère pas- de ce
qu'on aurait pu dire dans une autre réunion
révolutionnaire qui se serait tenue sous te.
couvert d'une autre étiquette et sous le pa-
tronage d'autres demi dieux. Ou n'a pas
aperçu, dans cette séance de congrès pour-
quoi les guesdistes font bande à part. Cônvue
eux, les autres partis socialistes auraient
félicité les ouvriers de Carmaux.
Ils auraient envoyé le même salut. amical,
aux socialistes belges, italiens, allemands;
ils auraient condamné avec la même énergia
l'alliance russe et la politique générale du
gouvernement actuel. Enfin, ils ne se se-
raient pas fait faute de célébrer les progrès
de l'idée socialiste et ils auraient affirmé
avec la même assurance tranquille que la
victoire révolutionnaire est certaine et im-
minente.
Le lord-maire è Bordeaux
Des Débats
Ce n'est pas impunément qu'un citoyen
dans une situation aussi considérable que la
lord-maire de la cité de Londres proclame, à
tant d'e reprises et dans les termes que l'on
l'on a vus, son amitié pour, un pays uns
allocution comme celle qu'a prononcée hier
soir sir J. Renais au banquet de Bordeaux est
de nature à dissiper bien des mauvaises hu-
meurs et bien des préjuges, et elle entraîne
en quelque sorte l'opinion à sa suite.
C'est ainsi qu'aucune note discordants?,
pour ainsi dire, car à quoi bon compte?
quelques-uns de « ces esprits turbulents »
dont parlait le lord-maire? ne s'est fait
entendre dans la presse, représentant, très
exactement cette fois, le sentiment des deux
pays les journaux les plus aigres d'or-
dinaire ont su faire trêve à leurs polé-
iniques.
LE DÉRâiLLEiENÏ Q00TIOIES
̃ '-̃•' {Par dépêche)
Douai 10, septembre. La marchine du
train express parti de Paris ce matin, à huit
heures cinq, et devant arriver à Lille; à onza
heures cinquante-huit, a déraillé à: Poùt-i8"
la-Deule, èhir5 Douai et Lille. Il n'y a pa»
eu d'accident de persCarie. L'express est ar*
rivé à Lille a.ye.ç tre.n.tç Bustes de retard,
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