Informations détaillées

Titre : 
Evangelia quattuor.
Date d'édition : 
1050-1100
Type : 
manuscrit
Langue : 
latin
Format : 
Francie nord-orientale ou région mosane. - Minuscule caroline. Le ms. a été exécuté en deux étapes. Cinq mains ont participé à sa copie. Dans un premier temps, trois mains se sont partagé la copie du texte des quatre Evangiles : la main A pour les ff. 20-67v, 72-87v, 110-135v, la main B pour les ff. 135v-157v et la main C pour les ff. 88-103v et 164-213r ; ensuite, peu après, ce noyau primitif a été complété par l'ajout d'autres cahiers contenant les parties liminaires des Evangiles: préfaces, prologues, capitula, tables des canons, capitualre evangeliorum, etc. et pour la copie desquels deux autres mains sont intervenues: la main D pour les ff. 1-14r et la main E pour les ff. 14v-19v, 68-71v, 104-109v, 158-163v et 213v-231v. Les différences d'écriture entre les deux phases sont bien visibles: tandis que les mains A, B et C imitent fidèlement la minuscule caroline et ses archaïsmes (gros module rond et régulier, lettres bien individualisées, nombreuses ligatures : -ct, -NT et -NS finaux, -ra, -rt, -st, N capital final, y pointé ou non dont la haste verticale ne descend pas en-dessous de la ligne d'écriture), les mains D et E adoptent une écriture plus au goût du jour (s final capital, s final suscrit, D capital au lieu du d minuscule dans les mots, nombreuses abréviations, u et v étirés, hastes descendantes de lettres majuscules recourbées...) , même si l'on y retrouve néanmoins un certain nombre de ligatures archaïques comme -ct, -ra, -rt, -st, -tu. La ligature -ra en particulier présente une forme bien spécifique, aussi bien dans les passages copiés durant la première phase que dans ceux copiés durant la seconde phase, ce qui suggère que les deux parties ont été exécutées plus ou moins simultanément par des copistes d'une même région calligraphique. - Tables des canons ornées (motifs architecturaux variés, chapiteaux à feuillages et/ou visages, atlantes hommes ou animaux, agneau de Dieu) (ff. 6v-14), portraits en pleine page des quatre évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean (ff. 18v, 70v, 108v, 166v), page d'incipit décorative faisant face au portrait de saint Jean, avec son symbole l'aigle (f. 167), double page d'encadrement pourprée, avec du texte tracé à l'encre blanche, à la suite de la double page précédente (ff. 167v-168), initiales ornées (ff. 14v, 19, 68, 71, 103, 109, 164), initiales et titres à l'encre rouge orangé, violette, verte ou or (passim), accolades rubriquées introduisant les numéros des chapitres en marge ornées de petits motifs fleurdelysés ou autres. Dans les portraits, de part et d'autre de la tête de chaque évangéliste, figure une inscription en capitales à l'encre blanche : "Matheus in Iudea", "Marcus in Italia", "Lucas in Achaia", "Iohannes in Asia".Les tables des canons des ff. 10v à 14 et l'initiale ornée du f. 19 sont demeurées inachevées, et celle du f. 1 n'a pas été exécutée.Technique: peinture couvrante, palette de couleurs variée et raffinée : rouge orangé, jaune citron, jaune bistre, ocre, orange, rouge-brun, brun, vert (bouteille ou clair), mauve, violet, gris foncé, bleu, blanc, noir; or. Il est possible que la décoration principale ait été réalisée durant la seconde phase, car si le décor des ff. 166v-168r fait partie d'un cahier primitif, il se rattache stylistiquement au reste du décor (tables des canons, portraits d'évangélistes, initiales ornées, à l'exception de celle du f. 103), et ces ff. pouvaient donc être encore blancs lorsqu'on a entrepris de compléter les cahiers primitifs. Quant aux initiales de couleur, celles-ci sont violettes, rouge orangé ou or dans les cahiers de la première phase et rouge orangé ou vertes dans les cahiers de la seconde phase. Les en-têtes rubriqués appartiennent à la première phase, sauf ceux des ff. 19v, 71v, 109v qu'un copiste de la seconde phase a ajoutés pour harmoniser avec les feuillets en regard. Le style un peu hybride de la décoration, où se mêlent influences franco-saxonnes (entrelacs, têtes d'oiseaux aux extrémités des initiales) et germaniques (architectures très développées au-dessus des tables des canons et du portrait de saint Matthieu, atlantes, visages dans les chapiteaux, coloris saturés, initiales aux contours et au décor tracés à l'encre orange), suggère que le ms. a été exécuté dans une région située en Francie nord-orientale ou en pays mosan. Dans les initiales, les entrelacs bourgeonnants, leurs extrémités foliotées en forme de palmettes, de fleurs de lys ou de trèfles plaident en faveur de cette dernière région. Quant aux motifs récurrents en arabesque et aux dômes côniques qui coiffent les tables des ff. 7v-8, ces éléments trahissent une source d'influence profondément originale. Au moins deux artistes ont participé à la décoration: un premier, sans doute le maître, a réalisé les tables des canons des ff. 6v-10r, les portraits des évangélistes Matthieu, Luc et Jean, la page d'incipit décorative du f. 167r et les initiales ornées, sauf celle du f. 103 ; un second - son assistant ? - s'est chargé du portrait de saint Marc, de facture plus fruste, et des tables des ff. 10v-14r demeurées inachevées. Quant à l'initiale ornée du f. 103, tracée à l'encre violette, il est plus probable qu'elle a été exécutée par celui qui a tracé l'explicit et l'incipit de la page précédente et les initiales de couleur violette dans le texte
Format : 
Parchemin. - 231 ff. - 295 x 230 mm (just. 200/225 x 120/140 mm). - 32 cahiers de 8 feuillets, sauf les cahiers 1, de 10 ff. (contregarde sup. collée-9), 2, de 4 ff. (10-13), 3, de 6 ff. (14-19: 2 ff. coupés entre les ff. 18 et 19), 10, de 4 ff. (68-71), 15, de 6 ff. (104-109), 22, de 6 ff. (158-163), 23, de 7 ff. (164-170: un f. manquant entre les ff. 165 et 166), 28, de 9 ff. (203-211: 1 f. manquant à la fin), 29, de 2 ff. (212-213: cahier encarté à la fin du précédent, entre le f. 211 et l'onglet du dernier f. manquant, 4 ff. à l'origine, dont 2 ff. manquants) et 32, de 3 ff. (230-contregarde inf. collée: 1 f. manquant à la fin, onglet caché sous la contregarde collée). Des signatures contemporaines rubriquées en chiffres romains précédés d'une accolade sont visibles sur les cahiers n°4 à 6 (signés I à III aux ff. 20, 28 et 36). Ces signatures constituent une preuve suplémentaire que certaines parties du ms. ont été réalisées dans un premier temps et qu'on leur a adjoint ensuite d'autres parties. - Réglure à la pointe sèche et à la mine de plomb (souvent, cette dernière a été rajoutée à l'extérieur du texte sur les feuillets réglés à la pointe sèche pour accueillir diverses mentions marginales: numérotation des concordances évangéliques, initiales de couleur, corrections, en-têtes, etc.; plus rarement, certains feuillets ont été entièrement réglés à la mine de plomb, comme les ff. 90r et 108r; au f. 135v, le changement de main s'accompagne d'un changement de réglure, avec le passage de la pointe sèche à la mine de plomb; sur la peinture du f. 167, les deux réglures coexistent). - Reliure parchemin naturel XVIIe-XVIIIe siècle. - Estampilles Bibliothèque de la Sorbonne, du XVIIIe siècle, et Bibliothèque nationale (Révolution), 1792-1802, modèle identique à Josserand-Bruno, 277 et pl. type 17
Description : 
Ce ms. renferme la lettre de saint Jérôme au pape Damase, "Beato papae Damaso..." (1-3v), sa préface "Plures fuisse" (4-6r), les tables de concordances évangéliques (6v-14r), les textes des quatre Évangiles accompagnés des préfaces, prologues et sommaires (14v-213v), ainsi que le Capitulare evangeliorum ou liste des péricopes évangéliques (214-231v). En marge des Évangiles, numérotation des chapitres des sommaires à l'encre rouge et indication des concordances évangéliques à l'encre brune. Entre les ff. 61 et 66, 96- 101, 155-160v et 204v-208v (c'est-à-dire dans les passages correspondant à la Passion dans chacun des quatre Evangiles), de petites lettres à l'encre rouge orangé (a, c, m) introduisent les différents protagonistes du discours, le m désignant le Christ, le c Pilate et le a le narrateur. Au f. 155, le m est partiellement développé sous la forme "mans.". Ces indications nous renseignent sur les pratiques de la lecture liturgique, qui s'effectuait à plusieurs voix. Nombreuses corrections marginales ou interlinéaires à l'encre rouge ou noire, mots à corriger parfois surlignés en couleur (cf. "aliquid" f. 76v surligné en violet), mots réécrits par-dessus grattage aux ff. 115v-116 (par le copiste E).Dans le Capitulare evangeliorum, on remarquera, parmi un sanctoral à dominante romaine, la présence de deux saints mérovingiens du Hainaut, saint Ursmer, fêté le 18 avril (f. 226v), et sainte Amalberge, fêtée le 10 juillet (f. 228), ainsi que celle des saints Emerentienne et Macaire l'Egyptien, fêtés le 23 janvier (f. 225v), et des saints martyrs romains Pierre et Marcellin, fêtés le 2 juin (f. 227). Ursmer et Amalberge ont tous deux un lien avec l'abbaye bénédictine Saint-Pierre de Lobbes: le premier en est le véritable fondateur, la seconde y a été ensevelie, mais cela n'implique pas nécessairement que le ms. ait été exécuté à Lobbes, car le culte de ces deux saints jouissait d'une diffusion régionale. Quant aux autres saints, le culte de sainte Emerentienne et de saint Macaire était répandu en particulier dans les diocèses de Cambrai et Reims et celui des martyrs Pierre et Marcellin autour de Valenciennes, Gand et Soissons, où se trouvaient depuis le IXe siècles leurs reliques ; cf. sur le culte d'Amalberge, Pierre et Marcellin: F. Dolbeau, "La bibliothèque de l'abbaye d'Hasnon...", Revue des études augustiniennes 34 (1988), p. 237-246; sur celui d'Ursmer: F. Dolbeau, "La diffusion de la Vita S. Ursmari de Rathier de Vérone", Scribere sanctorum gesta. Recueil d'études d'hagiographie médiévale offert à Guy Philippart, Turnhout, 2005, p. 181-207.Au f. 231v ont été rajoutées diverses maximes et formules pieuses, par deux mains différentes, des XIIe-XIIIe siècles.
Description : 
Le ms. provient de la bibliothèque de la Sorbonne où il se trouvait depuis le XVe siècle au moins, si l'on en croit la mention "precii LX s.", qu'une main du XVe siècle a ajouté au f. 231v et sur le contreplat supérieur: courant à la Sorbonne où l'on prêtait régulièrement les ouvrages, ce type de mention correspond à la valeur estimée du ms. en cas de perte lors du prêt. A cette même époque, ou un peu plus tard, les passages du texte de l'Evangile de saint Jean ont reçu une numérotation en haut des feuillets, avec, dans le texte, des marques de paragraphe pour signaler les changements de passages. Au XVIIIe siècle, on a ajouté l'estampille de la Sorbonne et la cote du ms., "n°22". Cette dernière figure sur un papier collé au contreplat supérieur, qui renferme une note d'un bibliothécaire de la Sorbonne datée de 1782 relative au contenu du ms. et à sa date. La cote "Sorbonne 1300" a, quant à elle, été attribuée lors de l'entrée du fonds des manuscrits de la Sorbonne à la Bibliothèque nationale en 1796.La provenance antérieure du ms. est inconnue.
Description : 
Lieu de copie : Francie nord-orientale ou région mosane ?
Droits : 
domaine public
Identifiant : 
ark:/12148/btv1b90780422
Source : 
Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Latin 15520
Notice du catalogue : 
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc76144n
Provenance : 
Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 
16/09/2013


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