Informations détaillées

Titre : 
Euripide

Date d'édition : 
1000-1100

Type : 
manuscrit

Langue : 
grec ancien

Format : 
285×220 mm. - [I-IV] + 1-159 + [I-IV]. - ECRITURE :Le manuscrit est entièrement copié par un seul et même copiste, à l’exception des ajouts postérieurs que représentent les deux premiers cahiers. Une seconde main médiévale présente des variantes marginales ou interlinéaires. Le premier cahier est un ajout de Georges Baiophoros (RGK, II 74). Dans le second, les scholies et les vers sont copiés par Théodore Gaza (RGK, II 165). Dans un premier temps on pourrait penser que la main qui copie les vers n’est pas la même que celle qui est à l’origine des gloses et scholies. L’écriture des vers, d'un gros module, est en effet assez particulière. Elle présente les particularités suivantes : la barre des α onciaux est oblique, la barre médiane des ε est prolongée, les δ sont la plupart du temps onciaux. Mais en réalité, si l’on regarde de près ces deux écritures on se rend compte qu’elles sont deux styles d’une même main. Par endroits le copiste des scholies, Théodore Gaza, se trahit en traçant des α, κ, ξ ou ω identiques à ceux qui se trouvent dans le texte principal.De nombreux annotateurs ont parcouru et marqué le manuscrit à des époques très diverses. Les gloses interlinéaires de Médée, copiées à l’encre grise, ne semblent pas être du copiste principal. Un certain nombre de notes marginales, dans une encre gris clair, sont de la main de François Philelphe (par exemple la note du bas de la marge externe du f. 28v ; voir Speranzi 2005, p. 484-485). La note marginale du f. 130r est attribuée par Speranzi (p. 487-488, note 76) à Lascaris lui-même. Au centre du f. [IV]r a été noté, à l’encre noire, un vers de Ménandre : Ὡς ἡδὺ κάλλος, ὅταν ἔχῃ νοῦν σώφρονα (vers 857 dans S. Jäkel, Menandri sententiae, Leipzig, Teubner, 1964). La partie supérieure de ce même folio portait une inscription qui a été grattée et que l’on peut restituer en partie grâce à la lampe de Wood : Ἡ βίβλος το[ῖς] Δ[]..μ[.]θεω[…]ου του φρoύριου ἀληθῶς βο[…]ει. Dans la marge inférieure du f. 84v une main a copié les quatre premiers mots de la Chronique universelle de Constantin Manassès (Ἡ μὲν φιλόϋλος ψυχὴ).Le folio 5v est blanc.Surface écrite pour les ff. 1r-8v : 200×145 mm. Marge externe : entre 25 et 52 mm. Marge interne : 25 mm. Marge supérieure : 34 mm. Marge inférieure : entre 34 et 50 mm. Environ 34 lignes par page. Les vers d’Euripide sont copiés une rectrice sur deux.Surface écrite pour les ff. 9r-16v : 123×175 mm. Marge externe : environ 10 mm. Marge interne : 25 mm. Marge supérieure : environ 25 mm. Marge inférieure : entre 45 et 70 mm. Environ 19 vers par page.Surface écrite pour les ff. 17r-159v : 260×180 mm. Marge externe : environ 16 mm. Marge interne : 30 mm. Marge supérieure : entre 0 et 20 mm. Marge inférieure : environ 18 mm. Environ 32 vers par page. Les scholies sont disposées dans les marges externes, inférieures et supérieures, parfois en forme de calice (ff. 105v-106r par exemple). Elles sont rattachées au texte par l’intermédiaire de lettres grecques. Elles sont moins nombreuses dans les marges des deux dernières tragédies. À cela s’ajoutent des gloses interlinéaires et des gloses entre les scholies marginales et les vers. - DECORATION :Aucune rubrication n’apparaît dans la partie la plus ancienne du manuscrit. Les titres des pièces sont précédés de bandeaux simples. En revanche dans le cahier copié par Georges Baiophoros, les initiales, les titres, les noms de personnage et les gloses interlinéaires sont rubriqués. L’encre utilisée est rouge vermillon. Dans le cahier dû à Théodore Gaza sont rubriqués les noms de personnage, les gloses interlinéaires et certaines scholies. Le rouge de l’encre a tendance à disparaître. - MATIERE :Le corps du manuscrit et les folios de garde sont en parchemin. Étant donné que les deux premiers cahiers sont des ajouts du XVe siècle, le manuscrit est composé de différents parchemins : dans le premier cahier, le feuillet de parchemin, tacheté côté poil, a été augmenté d’une bande de parchemin dans la marge externe ; dans le second cahier le parchemin est plus fin, plus souple et plus clair (du côté chair) que les deux autres parchemins présents dans ce manuscrit. Le parchemin du reste du manuscrit est rigide et froissé par endroits. Les trois premiers et trois derniers feuillets des folios de garde sont contemporains de la reliure. Le parchemin en est épais et clair. Le feuillet de garde antérieure [IV] et le feuillet de garde postérieure [I] sont probablement des ajouts du XVe siècle.La moitié supérieure du f. 159 a été restaurée et est blanche des deux côtés. Le f. 95, qui était mutilé dans la marge externe, a également été restauré. - FOLIOTATION :Foliotation moderne (XIXe siècle) dans la marge supérieure et dans la continuité de la ligne de justification externe.CAHIERS :Essentiellement des quaternions : 13×8 (104) + 1×7 (6+1) (111) + 5×8 (151) + 1×8 (7+1) (159).Les lacunes dans les tragédies d’Hécube et d’Andromaque montrent que le manuscrit du XIe siècle a perdu son cahier initial et son cahier final. Dans l’état actuel du manuscrit, l’Hécube copiée par la main du XIe siècle commence au vers 523 (f. 17r). Le copiste inscrivant environ 520 vers par quaternion, on peut en déduire qu’il n’y avait sûrement pas de Vie en tête du cahier d’origine α’. Le quaternion initial est aujourd’hui remplacé par deux cahiers de parchemin du XVe siècle qui ne remontent pas à la même époque et qui ne relèvent pas de la même tradition textuelle. C’est le second cahier qui est le plus ancien (ff. 9r-16v). Par ailleurs le f. 158v se termine sur le vers 956 d’Andromaque. Le texte reprend au milieu du f. 159r au vers 1212. La moitié supérieure de ce folio ayant été restaurée, on peut conjecturer, d’après la mise en page adoptée dans le reste du manuscrit, que le folio commençait par le vers 1200. Manquent donc 244 vers soit l’équivalent de quatre folios. Le dernier folio du quaternion ιθ’ et les trois premiers folios du cahier perdu κ’ sont donc tombés. De κ’ ne subsiste que le 4ème folio, très endommagé, aujourd’hui le f. 159. Etant donné que les 17 derniers vers d’Andromaque manquent, il faut reconstituer un 5ème folio au cahier κ’ qui, dès lors, pouvait être un sénion.Des talons sont visibles entre les ff. 8 et 9, 24 et 25, 108 et 109, 151 et 152. La plupart du temps le fil de couture est visible au centre des cahiers.SIGNATURES :Aucune signature n’apparaît sur le premier folio. En revanche, au recto du f. 8v, dans la marge inférieure interne, on peut lire la signature πρῶτον, de première main. Le second cahier n’est pas signé. Les signatures deviennent régulières à partir de l’actuel troisième cahier qui est en fait le second cahier du manuscrit d’origine, comme l’indique la signature β’ dans la marge inférieure du f. 17r. Les signatures grecques se poursuivent jusqu’au dernier cahier, [ιθ’] dont la signature n’est toutefois pas conservée. Le quinzième cahier a comme signature ιδ’. Ses premiers folios sont foliotés ιδ’, ιε’, ιστ’, ιζ’. La foliotation d’ensemble reprend son cours au f. 120r où le seizième cahier est normalement signé ιε’. Certaines signatures sont complétées par un monocondyle qui indique en toutes lettres le numéro du cahier.PIQÛRES :Les piqûres sont conservées dans les marges inférieures et parfois les marges externes. - REGLURE :La réglure, effectuée à la pointe sèche, est du type Leroy-Sautel 44C1. Les lignes de justification qui encadrent les vers sont doubles. En revanche l’espace réservé aux scholies, à droite, est délimité par deux lignes simples. Les marges inférieure et supérieure portent chacune deux lignes horizontales. Les rectrices ne sont pas tracées pour les scholies. Pour les deux premiers cahiers la réglure, également effectuée à la pointe sèche, n’est quasiment pas visible. - RELIURE : Manuscrit épais, relié en maroquin rouge aux armes de Henri IV. Au centre des plats se trouve un médaillon doré comprenant deux écus accolés et la capitale H couronnée (planche 2492, fer 7 dans Olivier-Hermal-de Roton). Entre les deux filets a été placée la capitale romaine H couronnée et parfois accompagnée du chiffre romain IIII (planche 2492, fers 9 et 10 dans Olivier-Hermal-de Roton). Les plats portent la trace de quatre fermoirs, deux en gouttière, un en tête et un en queue. Les chants sont rainurés. Sur le dos de la reliure alternent des fers représentant la capitale H couronnée et des lis couronnés. Dans la partie supérieure, outre la cote 43, on lit le titre « EURIPID[IS] FABULAE VII. CUM SCHOL[IIS] ». Dans la partie inférieure est indiquée la date, partiellement effacée, de la reliure : 1602. Les tranches sont dorées. La reliure a été restaurée au niveau du dos. Cette reliure est très proche d’un autre manuscrit grec relié pour le roi Henri IV, en 1603 cette fois, le Parisinus gr. 2740. - ESTAMPILLES :Estampille utilisée par la Bibliothèque royale au début du XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno n°2) aux ff. 1r et 159v

Description : 
(ff. 1r-2v) Résumé du Manuel d’Héphestion : [titre] Ἐπιτομὴ τῶν ἐννέα μέτρων, ἐκ τοῦ ἐγχειριδίου Ἡφαιστίωνος, éd. W.J.W. Koster, Prolegomena de comoedia. Scholia in Acharnenses, Equites, Nubes, Scholia in Aristophanem 1.1A, Groningen, Bouma, 1975, p. 51-55.(ff. 2v-5r) Vies d’Euripide et scholies à Euripide, éd. W. Dindorf, Scholia Graeca in Euripidis tragoedias, I, Oxford, Oxford University Press, 1863 : (ff. 2v-3r) [titre] σύνοψις τοῦ βίου τοῦ ποιητοῦ. Αἱ δὲ τῶν δραμάτων ὑποθέσεις ; (f. 3r-v) [titre] περὶ τοῦ εἰδώλου ; (ff. 3v-4r) [titre] σύνοψις τοῦ τε βίου τοῦ ποιητοῦ καὶ τῆς τοῦ δράματος ὑποθέσεως ; (ff. 4r-5r) [titre] ἡ ὑπόθεσις τοῦ δράματος, οὕτως ἔχει ; (f. 5r) [titre] στίχοι πολιτικοὶ τοῦ Τζέτζου ; (f. 5r) [titre] τοῦ Χορτασμένου.(ff. 6r-28r) Euripide, Hécube : [titre] Ἐυριπίδου Ἑκάβη ; [titre final] Τέλος Ἐυριπίδου Ἑκάβης. (ff. 28r-56r) Euripide, Oreste : (f. 28r-v) Argument [titre] ὑπόθεσις Ὀρέστου ; (ff. 28v-56r) [titre] Ἐυριπίδου Ὀρέστης ; [titre final] Τέλος Ἐυριπίδου Ὀρέστης.(ff. 56r-82r) Euripide, Phéniciennes : (f. 56r-v) Argument [titre] ὑπόθεσις Φοινισσῶν ; (ff. 56v-82r) [titre] Ἐυριπίδου Φοίνισσαι ; [titre final] Τέλος τῶν Φοινισσῶν Ἐυριπίδου.(ff. 82r-108r) Euripide, Hippolyte : (f. 82r-v) Argument [titre] ὑπόθεσις Ἱππολύτου ; (ff. 82v-108r) [titre] Ἱππόλυτος ; [titre final] Ἱππόλυτος στεφανηφόρος.(ff. 108r-129r) Euripide, Médée : (f. 108r-v) Argument [titre] ὑπόθεσις Μηδείας ; pas de mention de titre initial ; [titre final] Τέλος Μηδείας Ἐυριπίδου.(ff. 129v-145v) Euripide, Alceste : (f. 129v) Argument [titre] ὑπόθεσις Ἀλκήστιδος ; pas de mention de titre initial ; [titre final] Τέλος Ἐυριπίδου Ἀλκήστιδος.(ff. 145v-159v) Euripide, Andromaque, vers 1-1271 : (f. 145v) Argument [titre] ὑπόθεσις Ἐυριπίδου Ἀνδρομάχης ; (ff. 146r-159v) Andromaque, pas de mention de titre initial.

Description : 
Ce manuscrit très ancien, fait partie, avec le Marcianus 471 et le Vaticanus 909, des manuscrits d’Euripide qui permettent de retrouver, par delà l’époque byzantine, un état antique du texte d’Euripide. C’est un des manuscrits d’Euripide les plus précieux et date probablement du XIe siècle. Il est issu du prototype de la première famille du texte d’Euripide, α, qui remonte au VIe siècle. Il possède les sept pièces du Choix, édition qui a été faite sous l’empereur Hadrien et porte la trace d’un double commentaire. D’après les souscriptions d’Oreste, f. 56r (πρὸς διάφορα ἀντίγραφα παραγέγραπται ἐκ τοῦ Διονυσίου ὑπομνήματος ὁλοσχερῶς καὶ τῶν μικτῶν) et de Médée, f. 129r (πρὸς διάφορα ἀντίγραφα Διονυσίου ὁλοσχερές, καί τινα τῶν Διδύμου), une partie des scholies proviendrait de Didyme et de divers commentateurs tandis que l’autre dériverait de l’ὑπόμνημα d’un certain Dionysios. La souscription du f. 56r, caractéristique des commentaires antiques (voir J. Irigoin, p. 98, note 5), se retrouve dans deux autres manuscrits d’Euripide, le Marcianus gr. 471 et le Taurinensis B IV 13.Le manuscrit se trouvait à Constantinople au début du XVe siècle puisqu’il a été complété par Georges Baiophoros, qui travaillait dans le monastère de Saint-Jean-Prodrome, dans le quartier de Pétra.A. Turyn (p. 87, n. 141) a le premier émis l’hypothèse selon laquelle ce manuscrit serait celui que François Philelphe a rapporté en Italie en 1427. Et alors qu’A. Tuilier (p. 141) émettait des doutes sur le sujet, D. Speranzi a confirmé cette partie de l’histoire du Parisinus gr. 2713 grâce à divers indices, notamment la présence de notes de la main de l’érudit italien.Le manuscrit a ensuite appartenu à Janus Lascaris, comme le prouve l’ex libris Λσ au f. [IV]v. De plus l’angle inférieur interne du f. 159v porte le monogramme de Lascaris, composé d’un lambda, d’un sigma, d’un kappa et d’un rho. Lascaris s’est servi de ce manuscrit pour l’editio princeps de la tétralogie du Choix (Médée, Hippolyte, Alceste, Andromaque) en 1494 à Florence (notice 9 431 dans le Gesamtkatalog der Wiegendrucke).Après la mort de Lascaris, le manuscrit est entré dans la bibliothèque du cardinal Ridolfi où, d’après l’inventaire du Par. gr. 3074 et du Vat. gr. 1567, il portait le numéro 1 parmi les manuscrits des poètes grecs. Cette cote est visible dans l’angle supérieur externe du f. [IV]v, au dessus du πίναξ de Matthieu Devaris. Après la disparition du cardinal, les manuscrits de sa bibliothèque sont transmis à Pierre Strozzi puis à la reine Catherine de Médicis. Dans l’inventaire de 1589/1597, le manuscrit porte la cote 43, encore visible dans la marge supérieure du f. [IV]r. Sa bibliothèque est intégrée dans la Bibliothèque royale, après l’achat de Henri IV, en 1599.Au f. [I]r un morceau de papier collé sur le folio de parchemin porte la notice de Du Cange. Au dos de ce papier, qui est visiblement un réemploi, on peut d’ailleurs lire « à Monsieur Du Cange ».Le Paris. gr. 2713 porte le sigle B dans la tradition d’Euripide.

Droits : 
domaine public

Identifiant : 
ark:/12148/btv1b84526627

Source : 
Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Grec 2713682 (Dupuy)2793 (Clément)

Provenance : 
Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 
19/09/2012


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