Titre : La Guêpe : journal paraissant le dimanche / directeur Ch. Riaux
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1892-02-21
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32896221v
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 21 février 1892 21 février 1892
Description : 1892/02/21 (N6). 1892/02/21 (N6).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k964466z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-6803
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/06/2013
7T LEGAL
Première Année. N" fi.
DIX CENTIMES Dimanche 21 Février 1892
REDACTEUR EN CHEF : CH. RIAUX
Abonnement : Un an, 6 fr.
ADMINISTRATION RÉDACTION ET PUBLICITÉ
7, RUE DE JOINVILLE, 7. — ALGER.
DEUX PRINCIPES
Nous tenons à déclarer ici. une fois pour tou- i
tes, que La Guêpe n'a pas été créée pour révéler
au public nos rancunes personnelles. Jamais, au
grand jamais, nous ne nommerons dans ce jour
nal, pour les maltraiter, des personnes contre les
quelles nous n’aurions que des griefs particuliers.
Nous faisons celle déclaration pour poser un
principe, et pour répondre à une lettre où on
nous demande, à propos d’une attaque récem
ment dirigée contre une personnalité algérienne,
si nous n’avons pas été poussés à la faire par des
raisons tout à fait intimes. Non, cent fois non.
Et la meilleure preuve en est que si cette person
nalité se décidait à se conduire ainsi qu’elle au
rait toujours dû le faire, nous serions les pre
miers à l’en féliciter. Mais elle ne le fera pus.
Un autre principe aussi, qui, celui-ci, nous est
commun avec tous nos confrères, c’est de ne
jamais nous occuper des lettres anonymes : nous
n’avons répondu à celle visée plus haut, que
parce qu’elle nous a fourni l’occasion de nous
expliquer sur un point de notre ligne de con
duite si parfaitement résumée dans ces litre et
sous-titre : La Guêpe, journal satirique, littéraire et
mondain.
La Rédaction.
Je n’ai pas pour deux liards de méchanceté.
Mais je ressentirais une extrême satisfaction,
si M. Guillemin était quelque soir victime d’une
de ces désagréables mésaventures auxquelles
nous expose tous et continuellement son incapa
cité combinée avec son indifférence. Bien qu’à un
degré moindre, je serais encore fort content si la
chose arrivait à un de ces conseillers municipaux
que nous nous sommes donnés en un jour de
malheur. Je vous réponds qu’il y aurait alors
grand tapage dans le Landerneau du boulevard
de la République.
Cette joie ne me sera pas donnée.
Toutes ces choses molles qui ont la prétention
de diriger nos affaires — oh! l’ineffable outre
cuidance ! ■— ont une trop forte dose de prudence
pour s’exposer aux subversives propositions des
tilles de joie qui grouillent par les rues et ruelles,
non par vertu, mais par crainte des coups que
leur attirerait infailliblement leur refus de sui
vre ces dames dans leurs boîtes à ordures quali
fiées par elles de « chez moi ». Ah ! mince d’é-
pates ! comme disent en un langage gracieux
leurs soutiens mâles. 11 est vrai que les susdites
choses molles ont bien la prétention de se croire
des édiles !
C’est donc à nous seuls, malheureux électeurs,
que demeureront réservés les coups de poings,
de têtes et de bâtons, distribués avec une folle
prodigalité par les innombrables nervis à qui ap
partient la ville, dès que huit heures du soir ont
sonné, les sales injures éjaculées par les bouches
à tout faire des trafiquantes de voluptés à lias
prix, qui remplacent la nuit, sur nos trottoirs,
les marchands de cartes transparentes, les proxé
nètes marchands d’articles indigènes et autres
rastaquouères du vice, tolérés pendant le jour par
une inepte administration que son épouvantement
de ne pas rester au pouvoir rend capable de
toutes les compromissions et de toutes les imbé-
cilités : c’est à nos mères, à nos femmes, à nos
sa3urs, à nos filles que demeureront réservés les
gestes impudiques et l’obscène galanterie de tous
ces courtiers de la prostitution qui ne sauraient
tolérer dehors à leurs heures, la présence d'au
tres femmes que celles chargées de subvenir à
leurs besoins ; c’est aux honnêtes gens....
Mais à quoi bon sc mettre en colère ? lût contre
qui ? Et qu’est-ce que cela peut changer ?
Conférer à un homme la dignité de conseiller
municipal n’augmente point son intelligence ni
son honnêteté proportionnellement à l’honneur
qui lui est fait. Né crétin, crétin il restera, avec,
en plus, le stupide orgueil du parvenu.
Et c’est pour cette raison que le maquerellage
■— R faut bien lâcher le mot— et la prostitution,
ces deux cancers des sociétés civilisées, rongent
chaque jour davantage Alger et finiront par l’é-
touller sous leur sanieuse purulence.
M. de Redon s’est flatté d’avoir fait élire le con
seil municipal actuel. Il n’y a pas de quoi, vrai
ment, et si Ton ne faisait pas la part de l'exagé
ration dans tout ce que dit ce conseiller général,
il faudrait, en vérité, lui en vouloir bien fort de
nous avoir mis dans des draps aussi malpropres,
lia, au surplus, manifesté publiquement ses re
grets pour la part qu’il a prise dans ce malheur
public.
Je viens de comparer nos conseillers munici
paux à des draps malpropres. Cette métaphore est
excessivement heir e.:..e, et je suis très reconnais
sant à ceux ; qui elle s’applique de me l’avoir
suggérée. L le me ramène tout naturellement à
parler lies souteneurs et de leurs soutenues, en
évoquant des idées de stupres et de maculalures
infâmes, bien que ces choses puissent se produire
sans salir de draps.
Pour beaucoup, en effet, de ces créatures contre
lesquelles M. Guillemin, en pleine séance
s’est déclaré impuissant à lutter, la voie publique
est le champ propre à la perpétration de leurs
ruts malsains.
Pourquoi monter dans une chambre quelque
fois problématique ou tellement sordide que la
première borne, le premier ruisseau un peu sec
lui semble préférable P Ne serait-ce pas là du
temps perdu ?
La morale publique? les gens que pourraient
offusquer la vue de semblables spectacles P les
résultats déplorables pour la santé et l’hygiène
qu’ils peuvent amener? la fâcheuse réputation
que ces. boueuses lubricités peuvent nous faire au
loin P Fadaises que tout cela, qui ne sauraient trou
bler en leur quiétude abêtie nos édiles sans con
science, ces rois fainéants qui. depuis qu’ils sont
au pouvoir, n’ont fait, comiques cl lamentables
Titans, qu’amonceler bêtises sur bêtises, pour en
arriver, dans un avenir prochain, à retomber,
écrasés, ridicules, sous leur écroulement.
El pendant ce temps, des femmes perdues
nous harcèlent, tenaces, à la recherche de celte
pièce blanche, sinon de ces quelques gros sous,
moyennant quoi elles oflrent une volupté avilis
sante, avec, très souvent, la pourriture par des
sus le marché, insultent les femmes honnêtes ;
des hommes, dignes compagnons de ces femelles,
plus infâmes encore parce qu’ils vivent de leur
prostitution, nous guettent à chaque coin de rue,
prêts à nous écharpcr quand nous repoussons les
avances de leurs pourvoyeuses, nous écharpant
s’ils nous voient seuls, nous volant toujours, au
mieux avec la police poltronne et souvent com
plice dont on nous a gratifiés.
Alors quoi ? Que faut-il que nous devenions P
Notre ville devra-t-elle éternellement servir de
dépotoir à crapules ? Devrons-nous toujours sup
porter ce scindage du temps, dont la moitié. —
depuis le lever jusqu’au coucher du soleil —-
nous appartient, et encore pas sans conteste .
dont l’autre moitié— depuis le coucher jusqu’au
lever du soleil —appartient à la débauche et au
crime P Serons-nous enfin toujours des dupes et
des victimes P
Ah! conseillers municipaux actuels, souteneurs
et prostituées, qui donc nous débarrassera de
celle engeance !
Gu. RIAUX.
INSTANTANÉS
LISETTE
Un petit corps fluet se dandinant av ;c grâce dans
une robe à longue traîne. A de grands veux bleus
qui dénoncent sa verre toujours spirituelle et quel
quefois rameuse, avec l’habitude de sans cesse mor
diller ses levres rouges, rouges peut-être parce quelle
les mordille. Est très caressante bien que peu volup
tueuse, malgré sa marche un peu traînante et des
lèvres faisant croire à sa sensualité. Très nerveuse,
ne le montre que fort rarement à ses amis, mais se
rattrape devant ses amies avec qui elle n’a plus de
ménagements â garder. A parfois de jolies petites
colères bien dangereuses pour les carafes et bouteilles
à sa portée. Se calme vite et redevient, sans se
faire prier. la Lisette bonne fille qui sait se faire ai
mer. N'a, en guise de poitrine, que deux mignons
œufs sur le plat, si mignons, qu’ils sont préférables
cent fois aux paquets de flasque gélatine dont sont si
fières quelques-unes de nos /'râleuses. Grince des
dents quand elle a froid, quand elle enrage, et quand
elle... mais ce dernier cas est si rare. Remplace
dans l'alcôve la vivacité du tempérament par celle de
l'esprit, pétillant che; elle à faire croire que sa tête,
garnie de cheveux châtains, contient du champagne
première marque en guise de cervelle. A che^ elle un
vrai fouillis de bibelots, souvenirs, pour la plupart.
Y reçoit à merveille ses visiteurs, surtout certain
petit ami, celui qu elle aime le mieux au monde, mais
qui ne fait auprès d'elle que de très intermittentes
apparitions, motif pour lequel peut-être elle le pré
fère aux autres. Aime le pigeon...à table, mais refuse
d'en manger quand elle le prend pour une allusion, et
aussi une illusion. Croit être faite pour la vie en
commun, mais se trompe elle-même, ce qui est un
comble. En résumé, une gentille petite femme impar
faite que personne n'a pu encore étudier de sang-
froid.
Signe particulier : Eprouva une folle passion pour
la queue de Billard et fit avec de nombreux carambo
lages.
Le Photographe.
ECHOS DE LA SEMAINE
La soirée théâtrale de dimanche dernier pourra
être enregistrée dans les fastes algériens, sous la
glorieuse qualification de : Soirée des Grues. De
mémoire de viveur, jamais en si grand nombre
on n’avait vu de ces échassiers se promener dans
les couloirs du théâtre. J’en ai compté quinze
dans le promenoir des balcons. Celle atlluence
est, du reste, un signe excellent : chacun sait
que le pullulement des grues annonce le pro
chain retour de la saison printanière.
Evohé !
Le grand Z... a énormément ronchonné parce
qu’à deux reprises différentes on lui a donné le
(h) des fauteuils d’orchestre. 11 a vu là une allu
sion inconvenante à scs goûts bien connus, et sa
fureur est grande contre ce pauvre Garnier qui
n'y a pourtant mis aucune malice.
Deux de nos belles petites ont failli sc manger
le nez, l’autre soir au Théâtre.
Aida l’Odalisque et Thérésinc au visage fardé
avaient, en effet, été excitées Tune contre l’autre
par un monsieur, jaloux sans doute de l'amitié
qui unit les deux femmes et qui n’a pas hésité à
inventer d’insidieuses médisances pour essayer
de la faire rompre. Il n’a pas réussi, et c’est tant
mieux, quoi qu’en ail pu regretter la galerie
qu’aurait sans doute amusée le féminin pugilat.
A signaler un de nos fêtards les plus dans le
train, qui a, en celte circonstance, fait le chien
en aboyant de très belle façon.
La "brune Antoinette passait avant-hier rue de
Constantine avec un monsieur très bien de sa
personne et de sa bourse. Comme, très pressant,
excité sans doute par l’excellent déjeuner qu’il
venait de faire, il suppliait la belle de le combler
de ses faveurs, celle-ci. cruelle, lui répondit :
Non ! je ne peux pas aujourd’hui. Alors le mon
sieur a porté ailleurs son louis et ses velléités
amoureuses. Il faut toujours pouvoir, ma chère,
et ne se faire prier qu’à bon escient. Ce n’était
pas le cas pour vous.
La peu prodigue E... a été dernièrement traitée
de sole Juive par un de scs coreligionnaires. —
L’épithète était peu galante, aussi a-t-elle valu à
son auteur de lui être retournée au masculin en
compagnie d’une paire de gillles appliquées de
mains de maîtresse. Les deux belligérants sont
ensuite allés chez le commissaire de police, pro
cès-verbal a été dressé et l’affaire en est restée là.
Mais ils ne se sont ni l’un ni l’autre vanté de cette
aventure.
Pour éviter des incidents de la nature de celui
qui s’est produit au dernier Yeglione et qui a
amené une rencontre sans résultats fâcheux entre
un officier et un monsieur qui parait voué à la
malechance, la Société des Fêtes hivernales a
décidé qu’ii l’avenir les dames ne seront plus ad
mises à ses soirées travesties qu’avec un masque
touffu d’épines destinées à écarter les bouches
gourmandes. Cette sage précaution aura pour but
de tranquilliser les maris ou les pseudo-maris, et
de donner le plus formel démenti à un médisant
gigolo qui va partout affirmant que les Algérien
nes sont des roses sans épines, partant trop fa
ciles à cueillir.
Il paraît que la cataputtueuse-feuilletée qui
s’est fait expulser du récent Yeglione à cause de
la trop grande légèreté de son costume, furieuse
de n’avoir pu à son aise taire admirer ses formes
incontestablement parfaites, réserve pour le pro
chain Yeglione une surprise sans pareille aux
membres du Comité de la fêle. Ma parole donnée
de garder le secret me contraint à ne pas faire
connaître celte surprise, mais je puis affirmer aux
amateurs d’étrangetés féminines qu’ils seront en
tièrement satisfaits.
Le rally paper d’hier a été absolument réussi.
Je ne me souviens pas d’en avoir vu un pareil.
Uniformes brillants et toilettes superbes sc croi
saient. se confondaient en un fouillis charmant,
inextricable en apparence, mais où cependant
régnait Tordre le plus parfait. Remarqué au dé
part, la fine-fleur du vrai monde algérien, et
aussi celle du demi-monde. La distinction entre
les deux était bien difficile à faire, mais l’on ne
s’attarde plus aujourd’hui à la recherche. A ven
dredi soir au théâtre des Nouveautés pour la Fête
mauresque. Dani dan ! Dani dan !
Le sixième ténor léger engagé par M. Guillien
doit débuter après-demain. Ce ne sera pas le
dernier, car ce n’est pas à cette époque de Tan
née qu’il est possible de trouver un sujet assez
potable, même pour nous rendre supportable
l’achèvement de la saison.
Oh ! le joli précédent qui suivra désormais M.
Guillien dans sa carrière directoriale.
La prochaine arrivée parmi nous de Coquclin
cadet avec sa troupe nous permet de compter sur
quelques soirées vraiment agréables. Quel dom
mage que les représentations de ce genre ne
soient pas plus fréquentes ici.
DOUCE INITIATION
Aspa. — C’est vous, Guys ? 11 m’avait bien
semblé pressentir votre venue à ce parfum péné
trant et mâle, à vous propre, dont soudain l'air
s'est trouvé imprégné. Mais d’où vient que Ton
vous rencontre en cet endroit si exquisément
solitaire et propice aux discrètes amours, où vous
portez un visage sombre, agité d’une tristesse
mystérieuse ?
Guys. — J’avais aussi douce Aspa, deviné
votre présence à la subtile senteur de cinnamone
qui s’exhale de votre corps si vanté. Pourquoi je
suis ici P Hélas ! je vais en tous lieux promener
ma désespérance, cherchant une guérison au
mal inconnu qui m’étreint, me fait avide de
bonheurs ignorés que je pressens délicieux, pres
que mortels. Je demande aux fleurs le secret do
leur épanouissement ; j’ai interrogé la rose sau
vage, la mandragore, l’anémone aussi, le serynga
encore. Aucune ne m’a répondu. Les dieux m’ont
abandonné !
Aspa. — Dites-moi, Guys, quel chagrin vous
agite ainsi ? Je connais des recettes merveilleu
ses. J'ai, durant les belles nuits étoilées, d’une
ample tunique blanche revêtue, sans ceinture,
erré sur les sommets déserts où se cache la lleur
chère à Vénus aphrodite : j’ai fait les incanta
fions magiques qui dévoilent les vertus des cho
ses de la terre : j’ai appris des déilés inconnues
dont la retraite estderrière les rideaux deglaïeuls,
les mots puissants propres à combattre les pensers
endeuillés. Dites-moi. Guys, quel chagrin vous
agite ?
Guys. -- Mon mal est sans remède. J’aime la
fille du vieux Endymien. elle aussi m’aime.
Depuis une lune entière nous sommes unis, ayant
espéré que pour nous également le mariage se
rait la suprême félicité et jamais nous n’avons
souffert autant que depuis qu’il nous est permis
de nous étendre côte à côte, frôlant nos chairs
presque aussi fines. Au contact de nos corps, une
ardeur nous embrase, une flamme s’irradie dans
nos êtres, que nous ne parvenons à éteindre, in
termittente douleur qui nous fait presque regret
ter le temps ou Chloris était encore chez sou
père, et moi. seul dans ma rustique demeure.
Aspa. — De quelle étrangeté est. en effet, votre
souffrance. Quoi ! les enlacements derniers, les
folles possessions ne peuvent vous satisfaire tous
deux P V ous avez confondu vos chairs et votre
félicité n’est pas absolue ? Vous me surprenez,
Guys.
Guvs. — Hélas ! Aspa.
Aspa. — Mais encore.. ?
Guys. — Que vous dire, sinon toujours que je
suis malheureux P
Aspa. — Ayez confiance en mon expérience cl
mon sincère désir de vous sortir de peine. Dites-
moi ce que vous faites pour arriver au bonheur.
(iris. — Mais ce que font les autres sans doute.
Quand vient le soir, après que les doigts enlacés,
nous nous sommes cent fois répété les mêmes
paroles d’amour, si douces toujours à entendre,
nous nous dépouillons de nos vêtements, pour
nous étendre, en commun, sur notre couche
faite d’épaisses peaux d’ours amoncelées. Alors
un désir nous prend, indéfinissable, qui nous
pousse dans les bras l’un de l’autre. Nos jambes
s’entre croisent, nos poitrines se serrent mainte
nues par l’étreinte de nos bras, nos lèvres se rap
prochent. de haletants soupirs nous montent à la
gorge, et nous retombons inertes, désespérés,
nous adorant plus que jamais, avec, sans cesse,
celte effervescence de notre sang, qui nous arrive
aux tempes, brûlant, et cette surexcitation de
notre chair, sans cesse renouvelée, qui nous épui
sent.
Aspa. — Quoi ! Est-ce là tout ?
Guys. —Oui sans doute ! que peut-il y avoir
d’autre encore, ô Aspa ?
Aspa. — Ah !... Mais tout en causant, si vous
le voulez, Guys, je vais dans ce ruisseau si lim-
Première Année. N" fi.
DIX CENTIMES Dimanche 21 Février 1892
REDACTEUR EN CHEF : CH. RIAUX
Abonnement : Un an, 6 fr.
ADMINISTRATION RÉDACTION ET PUBLICITÉ
7, RUE DE JOINVILLE, 7. — ALGER.
DEUX PRINCIPES
Nous tenons à déclarer ici. une fois pour tou- i
tes, que La Guêpe n'a pas été créée pour révéler
au public nos rancunes personnelles. Jamais, au
grand jamais, nous ne nommerons dans ce jour
nal, pour les maltraiter, des personnes contre les
quelles nous n’aurions que des griefs particuliers.
Nous faisons celle déclaration pour poser un
principe, et pour répondre à une lettre où on
nous demande, à propos d’une attaque récem
ment dirigée contre une personnalité algérienne,
si nous n’avons pas été poussés à la faire par des
raisons tout à fait intimes. Non, cent fois non.
Et la meilleure preuve en est que si cette person
nalité se décidait à se conduire ainsi qu’elle au
rait toujours dû le faire, nous serions les pre
miers à l’en féliciter. Mais elle ne le fera pus.
Un autre principe aussi, qui, celui-ci, nous est
commun avec tous nos confrères, c’est de ne
jamais nous occuper des lettres anonymes : nous
n’avons répondu à celle visée plus haut, que
parce qu’elle nous a fourni l’occasion de nous
expliquer sur un point de notre ligne de con
duite si parfaitement résumée dans ces litre et
sous-titre : La Guêpe, journal satirique, littéraire et
mondain.
La Rédaction.
Je n’ai pas pour deux liards de méchanceté.
Mais je ressentirais une extrême satisfaction,
si M. Guillemin était quelque soir victime d’une
de ces désagréables mésaventures auxquelles
nous expose tous et continuellement son incapa
cité combinée avec son indifférence. Bien qu’à un
degré moindre, je serais encore fort content si la
chose arrivait à un de ces conseillers municipaux
que nous nous sommes donnés en un jour de
malheur. Je vous réponds qu’il y aurait alors
grand tapage dans le Landerneau du boulevard
de la République.
Cette joie ne me sera pas donnée.
Toutes ces choses molles qui ont la prétention
de diriger nos affaires — oh! l’ineffable outre
cuidance ! ■— ont une trop forte dose de prudence
pour s’exposer aux subversives propositions des
tilles de joie qui grouillent par les rues et ruelles,
non par vertu, mais par crainte des coups que
leur attirerait infailliblement leur refus de sui
vre ces dames dans leurs boîtes à ordures quali
fiées par elles de « chez moi ». Ah ! mince d’é-
pates ! comme disent en un langage gracieux
leurs soutiens mâles. 11 est vrai que les susdites
choses molles ont bien la prétention de se croire
des édiles !
C’est donc à nous seuls, malheureux électeurs,
que demeureront réservés les coups de poings,
de têtes et de bâtons, distribués avec une folle
prodigalité par les innombrables nervis à qui ap
partient la ville, dès que huit heures du soir ont
sonné, les sales injures éjaculées par les bouches
à tout faire des trafiquantes de voluptés à lias
prix, qui remplacent la nuit, sur nos trottoirs,
les marchands de cartes transparentes, les proxé
nètes marchands d’articles indigènes et autres
rastaquouères du vice, tolérés pendant le jour par
une inepte administration que son épouvantement
de ne pas rester au pouvoir rend capable de
toutes les compromissions et de toutes les imbé-
cilités : c’est à nos mères, à nos femmes, à nos
sa3urs, à nos filles que demeureront réservés les
gestes impudiques et l’obscène galanterie de tous
ces courtiers de la prostitution qui ne sauraient
tolérer dehors à leurs heures, la présence d'au
tres femmes que celles chargées de subvenir à
leurs besoins ; c’est aux honnêtes gens....
Mais à quoi bon sc mettre en colère ? lût contre
qui ? Et qu’est-ce que cela peut changer ?
Conférer à un homme la dignité de conseiller
municipal n’augmente point son intelligence ni
son honnêteté proportionnellement à l’honneur
qui lui est fait. Né crétin, crétin il restera, avec,
en plus, le stupide orgueil du parvenu.
Et c’est pour cette raison que le maquerellage
■— R faut bien lâcher le mot— et la prostitution,
ces deux cancers des sociétés civilisées, rongent
chaque jour davantage Alger et finiront par l’é-
touller sous leur sanieuse purulence.
M. de Redon s’est flatté d’avoir fait élire le con
seil municipal actuel. Il n’y a pas de quoi, vrai
ment, et si Ton ne faisait pas la part de l'exagé
ration dans tout ce que dit ce conseiller général,
il faudrait, en vérité, lui en vouloir bien fort de
nous avoir mis dans des draps aussi malpropres,
lia, au surplus, manifesté publiquement ses re
grets pour la part qu’il a prise dans ce malheur
public.
Je viens de comparer nos conseillers munici
paux à des draps malpropres. Cette métaphore est
excessivement heir e.:..e, et je suis très reconnais
sant à ceux ; qui elle s’applique de me l’avoir
suggérée. L le me ramène tout naturellement à
parler lies souteneurs et de leurs soutenues, en
évoquant des idées de stupres et de maculalures
infâmes, bien que ces choses puissent se produire
sans salir de draps.
Pour beaucoup, en effet, de ces créatures contre
lesquelles M. Guillemin, en pleine séance
s’est déclaré impuissant à lutter, la voie publique
est le champ propre à la perpétration de leurs
ruts malsains.
Pourquoi monter dans une chambre quelque
fois problématique ou tellement sordide que la
première borne, le premier ruisseau un peu sec
lui semble préférable P Ne serait-ce pas là du
temps perdu ?
La morale publique? les gens que pourraient
offusquer la vue de semblables spectacles P les
résultats déplorables pour la santé et l’hygiène
qu’ils peuvent amener? la fâcheuse réputation
que ces. boueuses lubricités peuvent nous faire au
loin P Fadaises que tout cela, qui ne sauraient trou
bler en leur quiétude abêtie nos édiles sans con
science, ces rois fainéants qui. depuis qu’ils sont
au pouvoir, n’ont fait, comiques cl lamentables
Titans, qu’amonceler bêtises sur bêtises, pour en
arriver, dans un avenir prochain, à retomber,
écrasés, ridicules, sous leur écroulement.
El pendant ce temps, des femmes perdues
nous harcèlent, tenaces, à la recherche de celte
pièce blanche, sinon de ces quelques gros sous,
moyennant quoi elles oflrent une volupté avilis
sante, avec, très souvent, la pourriture par des
sus le marché, insultent les femmes honnêtes ;
des hommes, dignes compagnons de ces femelles,
plus infâmes encore parce qu’ils vivent de leur
prostitution, nous guettent à chaque coin de rue,
prêts à nous écharpcr quand nous repoussons les
avances de leurs pourvoyeuses, nous écharpant
s’ils nous voient seuls, nous volant toujours, au
mieux avec la police poltronne et souvent com
plice dont on nous a gratifiés.
Alors quoi ? Que faut-il que nous devenions P
Notre ville devra-t-elle éternellement servir de
dépotoir à crapules ? Devrons-nous toujours sup
porter ce scindage du temps, dont la moitié. —
depuis le lever jusqu’au coucher du soleil —-
nous appartient, et encore pas sans conteste .
dont l’autre moitié— depuis le coucher jusqu’au
lever du soleil —appartient à la débauche et au
crime P Serons-nous enfin toujours des dupes et
des victimes P
Ah! conseillers municipaux actuels, souteneurs
et prostituées, qui donc nous débarrassera de
celle engeance !
Gu. RIAUX.
INSTANTANÉS
LISETTE
Un petit corps fluet se dandinant av ;c grâce dans
une robe à longue traîne. A de grands veux bleus
qui dénoncent sa verre toujours spirituelle et quel
quefois rameuse, avec l’habitude de sans cesse mor
diller ses levres rouges, rouges peut-être parce quelle
les mordille. Est très caressante bien que peu volup
tueuse, malgré sa marche un peu traînante et des
lèvres faisant croire à sa sensualité. Très nerveuse,
ne le montre que fort rarement à ses amis, mais se
rattrape devant ses amies avec qui elle n’a plus de
ménagements â garder. A parfois de jolies petites
colères bien dangereuses pour les carafes et bouteilles
à sa portée. Se calme vite et redevient, sans se
faire prier. la Lisette bonne fille qui sait se faire ai
mer. N'a, en guise de poitrine, que deux mignons
œufs sur le plat, si mignons, qu’ils sont préférables
cent fois aux paquets de flasque gélatine dont sont si
fières quelques-unes de nos /'râleuses. Grince des
dents quand elle a froid, quand elle enrage, et quand
elle... mais ce dernier cas est si rare. Remplace
dans l'alcôve la vivacité du tempérament par celle de
l'esprit, pétillant che; elle à faire croire que sa tête,
garnie de cheveux châtains, contient du champagne
première marque en guise de cervelle. A che^ elle un
vrai fouillis de bibelots, souvenirs, pour la plupart.
Y reçoit à merveille ses visiteurs, surtout certain
petit ami, celui qu elle aime le mieux au monde, mais
qui ne fait auprès d'elle que de très intermittentes
apparitions, motif pour lequel peut-être elle le pré
fère aux autres. Aime le pigeon...à table, mais refuse
d'en manger quand elle le prend pour une allusion, et
aussi une illusion. Croit être faite pour la vie en
commun, mais se trompe elle-même, ce qui est un
comble. En résumé, une gentille petite femme impar
faite que personne n'a pu encore étudier de sang-
froid.
Signe particulier : Eprouva une folle passion pour
la queue de Billard et fit avec de nombreux carambo
lages.
Le Photographe.
ECHOS DE LA SEMAINE
La soirée théâtrale de dimanche dernier pourra
être enregistrée dans les fastes algériens, sous la
glorieuse qualification de : Soirée des Grues. De
mémoire de viveur, jamais en si grand nombre
on n’avait vu de ces échassiers se promener dans
les couloirs du théâtre. J’en ai compté quinze
dans le promenoir des balcons. Celle atlluence
est, du reste, un signe excellent : chacun sait
que le pullulement des grues annonce le pro
chain retour de la saison printanière.
Evohé !
Le grand Z... a énormément ronchonné parce
qu’à deux reprises différentes on lui a donné le
(h) des fauteuils d’orchestre. 11 a vu là une allu
sion inconvenante à scs goûts bien connus, et sa
fureur est grande contre ce pauvre Garnier qui
n'y a pourtant mis aucune malice.
Deux de nos belles petites ont failli sc manger
le nez, l’autre soir au Théâtre.
Aida l’Odalisque et Thérésinc au visage fardé
avaient, en effet, été excitées Tune contre l’autre
par un monsieur, jaloux sans doute de l'amitié
qui unit les deux femmes et qui n’a pas hésité à
inventer d’insidieuses médisances pour essayer
de la faire rompre. Il n’a pas réussi, et c’est tant
mieux, quoi qu’en ail pu regretter la galerie
qu’aurait sans doute amusée le féminin pugilat.
A signaler un de nos fêtards les plus dans le
train, qui a, en celte circonstance, fait le chien
en aboyant de très belle façon.
La "brune Antoinette passait avant-hier rue de
Constantine avec un monsieur très bien de sa
personne et de sa bourse. Comme, très pressant,
excité sans doute par l’excellent déjeuner qu’il
venait de faire, il suppliait la belle de le combler
de ses faveurs, celle-ci. cruelle, lui répondit :
Non ! je ne peux pas aujourd’hui. Alors le mon
sieur a porté ailleurs son louis et ses velléités
amoureuses. Il faut toujours pouvoir, ma chère,
et ne se faire prier qu’à bon escient. Ce n’était
pas le cas pour vous.
La peu prodigue E... a été dernièrement traitée
de sole Juive par un de scs coreligionnaires. —
L’épithète était peu galante, aussi a-t-elle valu à
son auteur de lui être retournée au masculin en
compagnie d’une paire de gillles appliquées de
mains de maîtresse. Les deux belligérants sont
ensuite allés chez le commissaire de police, pro
cès-verbal a été dressé et l’affaire en est restée là.
Mais ils ne se sont ni l’un ni l’autre vanté de cette
aventure.
Pour éviter des incidents de la nature de celui
qui s’est produit au dernier Yeglione et qui a
amené une rencontre sans résultats fâcheux entre
un officier et un monsieur qui parait voué à la
malechance, la Société des Fêtes hivernales a
décidé qu’ii l’avenir les dames ne seront plus ad
mises à ses soirées travesties qu’avec un masque
touffu d’épines destinées à écarter les bouches
gourmandes. Cette sage précaution aura pour but
de tranquilliser les maris ou les pseudo-maris, et
de donner le plus formel démenti à un médisant
gigolo qui va partout affirmant que les Algérien
nes sont des roses sans épines, partant trop fa
ciles à cueillir.
Il paraît que la cataputtueuse-feuilletée qui
s’est fait expulser du récent Yeglione à cause de
la trop grande légèreté de son costume, furieuse
de n’avoir pu à son aise taire admirer ses formes
incontestablement parfaites, réserve pour le pro
chain Yeglione une surprise sans pareille aux
membres du Comité de la fêle. Ma parole donnée
de garder le secret me contraint à ne pas faire
connaître celte surprise, mais je puis affirmer aux
amateurs d’étrangetés féminines qu’ils seront en
tièrement satisfaits.
Le rally paper d’hier a été absolument réussi.
Je ne me souviens pas d’en avoir vu un pareil.
Uniformes brillants et toilettes superbes sc croi
saient. se confondaient en un fouillis charmant,
inextricable en apparence, mais où cependant
régnait Tordre le plus parfait. Remarqué au dé
part, la fine-fleur du vrai monde algérien, et
aussi celle du demi-monde. La distinction entre
les deux était bien difficile à faire, mais l’on ne
s’attarde plus aujourd’hui à la recherche. A ven
dredi soir au théâtre des Nouveautés pour la Fête
mauresque. Dani dan ! Dani dan !
Le sixième ténor léger engagé par M. Guillien
doit débuter après-demain. Ce ne sera pas le
dernier, car ce n’est pas à cette époque de Tan
née qu’il est possible de trouver un sujet assez
potable, même pour nous rendre supportable
l’achèvement de la saison.
Oh ! le joli précédent qui suivra désormais M.
Guillien dans sa carrière directoriale.
La prochaine arrivée parmi nous de Coquclin
cadet avec sa troupe nous permet de compter sur
quelques soirées vraiment agréables. Quel dom
mage que les représentations de ce genre ne
soient pas plus fréquentes ici.
DOUCE INITIATION
Aspa. — C’est vous, Guys ? 11 m’avait bien
semblé pressentir votre venue à ce parfum péné
trant et mâle, à vous propre, dont soudain l'air
s'est trouvé imprégné. Mais d’où vient que Ton
vous rencontre en cet endroit si exquisément
solitaire et propice aux discrètes amours, où vous
portez un visage sombre, agité d’une tristesse
mystérieuse ?
Guys. — J’avais aussi douce Aspa, deviné
votre présence à la subtile senteur de cinnamone
qui s’exhale de votre corps si vanté. Pourquoi je
suis ici P Hélas ! je vais en tous lieux promener
ma désespérance, cherchant une guérison au
mal inconnu qui m’étreint, me fait avide de
bonheurs ignorés que je pressens délicieux, pres
que mortels. Je demande aux fleurs le secret do
leur épanouissement ; j’ai interrogé la rose sau
vage, la mandragore, l’anémone aussi, le serynga
encore. Aucune ne m’a répondu. Les dieux m’ont
abandonné !
Aspa. — Dites-moi, Guys, quel chagrin vous
agite ainsi ? Je connais des recettes merveilleu
ses. J'ai, durant les belles nuits étoilées, d’une
ample tunique blanche revêtue, sans ceinture,
erré sur les sommets déserts où se cache la lleur
chère à Vénus aphrodite : j’ai fait les incanta
fions magiques qui dévoilent les vertus des cho
ses de la terre : j’ai appris des déilés inconnues
dont la retraite estderrière les rideaux deglaïeuls,
les mots puissants propres à combattre les pensers
endeuillés. Dites-moi. Guys, quel chagrin vous
agite ?
Guys. -- Mon mal est sans remède. J’aime la
fille du vieux Endymien. elle aussi m’aime.
Depuis une lune entière nous sommes unis, ayant
espéré que pour nous également le mariage se
rait la suprême félicité et jamais nous n’avons
souffert autant que depuis qu’il nous est permis
de nous étendre côte à côte, frôlant nos chairs
presque aussi fines. Au contact de nos corps, une
ardeur nous embrase, une flamme s’irradie dans
nos êtres, que nous ne parvenons à éteindre, in
termittente douleur qui nous fait presque regret
ter le temps ou Chloris était encore chez sou
père, et moi. seul dans ma rustique demeure.
Aspa. — De quelle étrangeté est. en effet, votre
souffrance. Quoi ! les enlacements derniers, les
folles possessions ne peuvent vous satisfaire tous
deux P V ous avez confondu vos chairs et votre
félicité n’est pas absolue ? Vous me surprenez,
Guys.
Guvs. — Hélas ! Aspa.
Aspa. — Mais encore.. ?
Guys. — Que vous dire, sinon toujours que je
suis malheureux P
Aspa. — Ayez confiance en mon expérience cl
mon sincère désir de vous sortir de peine. Dites-
moi ce que vous faites pour arriver au bonheur.
(iris. — Mais ce que font les autres sans doute.
Quand vient le soir, après que les doigts enlacés,
nous nous sommes cent fois répété les mêmes
paroles d’amour, si douces toujours à entendre,
nous nous dépouillons de nos vêtements, pour
nous étendre, en commun, sur notre couche
faite d’épaisses peaux d’ours amoncelées. Alors
un désir nous prend, indéfinissable, qui nous
pousse dans les bras l’un de l’autre. Nos jambes
s’entre croisent, nos poitrines se serrent mainte
nues par l’étreinte de nos bras, nos lèvres se rap
prochent. de haletants soupirs nous montent à la
gorge, et nous retombons inertes, désespérés,
nous adorant plus que jamais, avec, sans cesse,
celte effervescence de notre sang, qui nous arrive
aux tempes, brûlant, et cette surexcitation de
notre chair, sans cesse renouvelée, qui nous épui
sent.
Aspa. — Quoi ! Est-ce là tout ?
Guys. —Oui sans doute ! que peut-il y avoir
d’autre encore, ô Aspa ?
Aspa. — Ah !... Mais tout en causant, si vous
le voulez, Guys, je vais dans ce ruisseau si lim-
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