Titre : La Jeunesse illustrée
Éditeur : A. Fayard (Paris)
Date d'édition : 1931-09-20
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327962868
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 11188 Nombre total de vues : 11188
Description : 20 septembre 1931 20 septembre 1931
Description : 1931/09/20 (N1459). 1931/09/20 (N1459).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k963337q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-55902
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/05/2013
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Na 1459 — 29» Annéo
3S Centimes
20 Septembre 1931
La Jeunesse illustrée
VILLÉGIATURE D’ÉTÉ, par S. PANIA
...chic. A côté de ces annonces sc trouvait celle, mo
deste comme la violette, d'une pension de famille à
prix très, très’modiques, sise à Camembcrt-les-Flots, en
Normandie. Cette petite réclame n’avait pas échappé
aux deux couples. Quelques jours après, les Durand
faisaient, à grand fracas, leurs adieux momentanés
aux Chapuis : « Nous partons pour Chamonix, dirent-
ils avec emphase,...
A la première heure, le lendemain, M. Durand et sa
femme qui guettaient les allées et venues de l’hôtel,
virent M. Chapuis paraître dans le jardin en costume
de bain. Il organisa une petite mise en scène et se fit
photographier par madame dans une attitude qui
f >ouvait faire la blague à condition de supprimer sur
e cliché, les détails qui pourraient révéler la vérité.
Ils prirent ainsi plusieurs poses, destinées à éblouir
leurs voisins... (Voir la suite page 2.)
Au 127 de la rue Hégésippe-Simon, à Paris, habi
taient deux ménages que les hasards du voisinage
avaient liés assez intimement. A vrai dire, cette
amitié était toute récente, car si les Durand habi
taient depuis longtemps la maison, les Chapuis
étaient récemment emménagés. On parlait beaucoup
dans les réunions du soir, des enfants qui vivaient au
loin et, pour cause : Stanislas Durand...
O
Dans le salon des Durand, ces dames causaient.
* Nous Irons sans doute à Chamonix », déclara imper
turbablement Mme Durand. « Et nous à Dcauville »
répliqua Mme Chapuis. Or, les deux ménages avaient
décidé, à part eux, d’aller économiquement s’enterrer
pendant un mois dans un petit trou pas cher, mais ils
ne voulaient pas que cela sc sût.. .Justement, un illustré
estival faisait de la publicité pour quelques hôtels...
...mais nous ne vous enverrons pas de cartes postales.
Nous ferons mieux, nous prendrons des instantanés
photographiques que nous vous ferons voir à notre
retour. — Nous en ferons autant à Deauville », répli
quèrent les Chapuis. » Après cinq heures de voyage,
les Durand débarquaient à la pension Borgïa, à
Camembert-lcs-Flots. Cette infime station balnéaire
se trouve... r
...les deux couples avaient ainsi travesti la vérité, c’est
parce que, pleins d’une sotte vanité, ils voulaient
éblouir leurs voisins. Et puis, il y avait un autre motif.
Ils voulaient arriver à marier les jeunes gens et
amplifiaient leurs mérites, pour que chacun des
ménages donnât une plus forte dot à son enfant.
La situation des Durand et des Chapuis était, en effet.,
assez modeste. Vint le moment des vacances.
...maintenant, bâtons-nous 1 » Hélas, c’était, inutile,
l’omnibus de la gare venait de partir. Le ménage
Durand fut donc obligé de remettre le départ au len
demain. Il se calfeutra dans sa chambre, s’y fit servir
à dîner et annonça au personnel que son départ avait
été ajourné jusqu’au lendemain onze heures. La soirée
et une partie de la matinée du joursuivant fut occupée
par M. Durand â commenter sévèrement ce qu’ils
appelaient la duplicité des Chapuis.
— Évidemment ce sont des blagueurs, riposta
M. Durand. Mais s’ils nous voyaient, ils pourraient en
dire autant de nous. Nous n’avons qu’une chose à
faire, c’est de déguerpir d’ici et de quitter Camcmbert-
lcs-Flots. Et pour attendre l’omnibus du soir, gagnons
vivement notre chambre, faisons nos malles et ne
sortons pas de la journée.» Ainsi fut fait. Les Durand
étaient...
...était, au dire de ses parents, etêve à l’université
ultra select d’fiton, en Angleterre. Quant à Huguette
Chapuis, scs parents déclaraient qu’elle faisait ses
études supérieures dans un pensionnat de Boulogne-
sur-Mer. Le vrai, c’était que le jeune Durand était
modeste employé à Londres dans un magasin du
Strand, où il apprenait l’anglais. Huguetlc était
comptable dans un hôtel de Boulogne-sur-Mer. Si...
...très loin de la grande ligne du chemin de fer. Un
tortillard qui passe à quelques lieues, deux fois par
jour, fait la liaison. En descendant de l’omnibus de
la pension, les Durand se félicitaient d’avoir trouvé
ce coin perdu où jamais on ne se figurerait, qu’ils
pussent etre. Le lendemain, M. Durand posa devant
h* kodak de sa femme quelques vues sensationnelles.
En coupant le bas des photos, on pouvait...
...arriver à obtenir des attitudes tout à fait périlleuses
qui épateraient, au retour, les Chapuis. Pendant que
la pellicule, exposée au soleil, se révélait lentement, le
ménage savourait la joie de l’apéritif, en attendant,
dans le jardin de la pension,l’heure du déjeuner, quand,
de l’omnibus de l’hôtel descendirent., les Chapuis en
personne! « Ohl les imposteurs! s’écria Mme Durand
indignée, voilà ce qu’ils appellent Deauville!
•••prêts à partir quand madame s’écria : « Mon ami,
nous allions oublier une chose qui eût décelé
péremptoirement notre présence ici : la pellicule pho
tographique exposée à la fenêtre d’en bas. Mais les
diables de Chapuis se tiennent juste devant! Et l’om
nibus va partir. Comment faire ? » Monsieur eut une
idée, il entr’ouvrit la fenêtre et laissa choir une
Pierre, qui brisa le verre de l’épreuve photogra
phique. « C’est une solution 1 déclara madame, et...
(
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Na 1459 — 29» Annéo
3S Centimes
20 Septembre 1931
La Jeunesse illustrée
VILLÉGIATURE D’ÉTÉ, par S. PANIA
...chic. A côté de ces annonces sc trouvait celle, mo
deste comme la violette, d'une pension de famille à
prix très, très’modiques, sise à Camembcrt-les-Flots, en
Normandie. Cette petite réclame n’avait pas échappé
aux deux couples. Quelques jours après, les Durand
faisaient, à grand fracas, leurs adieux momentanés
aux Chapuis : « Nous partons pour Chamonix, dirent-
ils avec emphase,...
A la première heure, le lendemain, M. Durand et sa
femme qui guettaient les allées et venues de l’hôtel,
virent M. Chapuis paraître dans le jardin en costume
de bain. Il organisa une petite mise en scène et se fit
photographier par madame dans une attitude qui
f >ouvait faire la blague à condition de supprimer sur
e cliché, les détails qui pourraient révéler la vérité.
Ils prirent ainsi plusieurs poses, destinées à éblouir
leurs voisins... (Voir la suite page 2.)
Au 127 de la rue Hégésippe-Simon, à Paris, habi
taient deux ménages que les hasards du voisinage
avaient liés assez intimement. A vrai dire, cette
amitié était toute récente, car si les Durand habi
taient depuis longtemps la maison, les Chapuis
étaient récemment emménagés. On parlait beaucoup
dans les réunions du soir, des enfants qui vivaient au
loin et, pour cause : Stanislas Durand...
O
Dans le salon des Durand, ces dames causaient.
* Nous Irons sans doute à Chamonix », déclara imper
turbablement Mme Durand. « Et nous à Dcauville »
répliqua Mme Chapuis. Or, les deux ménages avaient
décidé, à part eux, d’aller économiquement s’enterrer
pendant un mois dans un petit trou pas cher, mais ils
ne voulaient pas que cela sc sût.. .Justement, un illustré
estival faisait de la publicité pour quelques hôtels...
...mais nous ne vous enverrons pas de cartes postales.
Nous ferons mieux, nous prendrons des instantanés
photographiques que nous vous ferons voir à notre
retour. — Nous en ferons autant à Deauville », répli
quèrent les Chapuis. » Après cinq heures de voyage,
les Durand débarquaient à la pension Borgïa, à
Camembert-lcs-Flots. Cette infime station balnéaire
se trouve... r
...les deux couples avaient ainsi travesti la vérité, c’est
parce que, pleins d’une sotte vanité, ils voulaient
éblouir leurs voisins. Et puis, il y avait un autre motif.
Ils voulaient arriver à marier les jeunes gens et
amplifiaient leurs mérites, pour que chacun des
ménages donnât une plus forte dot à son enfant.
La situation des Durand et des Chapuis était, en effet.,
assez modeste. Vint le moment des vacances.
...maintenant, bâtons-nous 1 » Hélas, c’était, inutile,
l’omnibus de la gare venait de partir. Le ménage
Durand fut donc obligé de remettre le départ au len
demain. Il se calfeutra dans sa chambre, s’y fit servir
à dîner et annonça au personnel que son départ avait
été ajourné jusqu’au lendemain onze heures. La soirée
et une partie de la matinée du joursuivant fut occupée
par M. Durand â commenter sévèrement ce qu’ils
appelaient la duplicité des Chapuis.
— Évidemment ce sont des blagueurs, riposta
M. Durand. Mais s’ils nous voyaient, ils pourraient en
dire autant de nous. Nous n’avons qu’une chose à
faire, c’est de déguerpir d’ici et de quitter Camcmbert-
lcs-Flots. Et pour attendre l’omnibus du soir, gagnons
vivement notre chambre, faisons nos malles et ne
sortons pas de la journée.» Ainsi fut fait. Les Durand
étaient...
...était, au dire de ses parents, etêve à l’université
ultra select d’fiton, en Angleterre. Quant à Huguette
Chapuis, scs parents déclaraient qu’elle faisait ses
études supérieures dans un pensionnat de Boulogne-
sur-Mer. Le vrai, c’était que le jeune Durand était
modeste employé à Londres dans un magasin du
Strand, où il apprenait l’anglais. Huguetlc était
comptable dans un hôtel de Boulogne-sur-Mer. Si...
...très loin de la grande ligne du chemin de fer. Un
tortillard qui passe à quelques lieues, deux fois par
jour, fait la liaison. En descendant de l’omnibus de
la pension, les Durand se félicitaient d’avoir trouvé
ce coin perdu où jamais on ne se figurerait, qu’ils
pussent etre. Le lendemain, M. Durand posa devant
h* kodak de sa femme quelques vues sensationnelles.
En coupant le bas des photos, on pouvait...
...arriver à obtenir des attitudes tout à fait périlleuses
qui épateraient, au retour, les Chapuis. Pendant que
la pellicule, exposée au soleil, se révélait lentement, le
ménage savourait la joie de l’apéritif, en attendant,
dans le jardin de la pension,l’heure du déjeuner, quand,
de l’omnibus de l’hôtel descendirent., les Chapuis en
personne! « Ohl les imposteurs! s’écria Mme Durand
indignée, voilà ce qu’ils appellent Deauville!
•••prêts à partir quand madame s’écria : « Mon ami,
nous allions oublier une chose qui eût décelé
péremptoirement notre présence ici : la pellicule pho
tographique exposée à la fenêtre d’en bas. Mais les
diables de Chapuis se tiennent juste devant! Et l’om
nibus va partir. Comment faire ? » Monsieur eut une
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phique. « C’est une solution 1 déclara madame, et...
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