Titre : Les Belles images
Éditeur : A. Fayard (Paris)
Date d'édition : 1933-05-04
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327110547
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 mai 1933 04 mai 1933
Description : 1933/05/04 (N1494). 1933/05/04 (N1494).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k961786r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-55958
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/04/2013
N° 1494.— 30 e année
4 Mai 1933
35 CENTIMES
A. FAYARD et C 1 ', Editeurs
18 et 20
raa du St-Gothard, PARIS (14*)
Chèque postal 388-84
35 CENTIMES
ABONNEMENTS;
France : Un on... 17.50
— Six mois 9.50
Etranger: Un en. 30ïr.
Chèque postal 38844
Guillaume, comte de Castelrouge, était un petit
cousin du cardinal de Richelieu et, comme tel, très
en faveur à la cour, quoique ce fût un garçon peu
sérieux, querelleur et turbulent. Il faisait partie de la
compagnie des gardes du cardinal où il abusait sou
vent de son crédit pour tourmenter ses camarades
Ses sarcasmes n’épargnaient personne. Il se moquait
surtout d’un nouveau garde, un jeune cadet...
Il était au premier rang et ne pouvait quitter
sa place, sans traverser la pièce et croiser les arri
vantes. « Comme vous arrivez tard 1 s’exclama Riche
lieu. Que vous est-il arrivé? — Nous avons du mal
à trouver notre chemin dans cette grande ville, dit
Josette en regardant le comte qu’elle reconnaissait
parfaitement. Nous étions égarées, lorsqu'un de vos
gardes a bien voulu nous tirer de ce mauvais pas,
et grâce à lui, j ai pu arriver...
...les deux icmmes. Il ne tarda pas à les rejoindre et
leur dit qu’on les avait induites en erreur quant à leur
chemin, qu'elles tournaient le dos au palais du roi et
qu’il s’offrait pour les conduire au Louvre. « Vous
allez peut-être nous tromper aussi, beau mirliflore!
dit la vieille. Les Parisiens sont si moqueurs 1 — Non,
ma mère, dit la jeune fille, je vois bien que monsieur
est sincère. Ecoutons-le. »
..de simples villageoises. « Je suis sûre qu’on me rece
vra, répondit la jeune fille. — Oh! oh! ricana le
comte, voyez-vous cette péronnelle qui dit connaîtra
le roi ! — Pas le roi, mais monseigneur le cardinal,
répliqua prestement la petite paysanne. — Je connais
le cardinal, moi, il vous mettra à la porte. — Que
nenni! mon beau monsieur! » Alors Castelrouge, pour
s’amuser, indiqua aux villageoises, non le chemin du
Louvre,...
...de famille du midi, le chevalier Albéric de Prignac
qui était venu à Paris servir le roi et tenter d’arriver
à la fortune par son propre mérite. Bon soldat, ne
pensant qu’à bien faire son métier, Albéric n’avait
jamais eu de duel, jeu fort à la mode à cette époque
et dont Castelrouge se montrait très friand, car il
était très fort à l’epée. Aussi accablait-il de tout son
mépris le jeune chevalier, mais celui-ci...
...n’eût consenti à se battre que pour une cause
sérieuse. Un jour, où quelques mousquetaires étaient
réunis devant un cabaret, vint à passer une jeune fille
et une paysanne plus âgée, qui demandèrent aux jeunes
gens le chemin du Louvre. Guillaume et Albéric se
trouvaient dans le groupe. Le premier, sarcastique,
demanda si elles croyaient qu’on, recevait chez le
roi des personnes ainsi accoutrées,...
...mais celui de Charenton et des petites maisons où
on enfermait les fous. La jeune fille remercia et les
deux femmes s’éloignèrent dans la direction indiquée.
« Je ris d'avance, dit Guillaume, de la tête quelles
feront en arrivant aux petites maisons. » Prignac, qui
avait assisté avec peine à cette plaisanterie, reprocha
à Castelrouge sa mauvaise action. Celui-ci le prit de
haut. « Vas-tu me faire la leçon, chevalier de la
misère ?...
...Elle doit venir de ta province, cette petite. Elle est
aussi mal fagotée que toi. Tu ne dois connaître que
des paysans de cette sorte, dans ton pays, espèce .
de rustre. » Albéric, sous l’outrage, se révolta et jeta
son gant à la figure de son insulteur. « Nous nous
retrouverons demain matin au Pré-aux-Clercs, rugit
le comte et je t’enverrai chez Pluton rêver aux jeunes
paysannes prétentieuses. » Le chevalier ne répondit
pas et s’éloigna dans la direction qu'avaient prise...
Et tous trois revinrent sur leur» pas. Pendant ce
temps Guillaume était allé à la Cour saluer son cousin,
le Cardinal, qu’il trouva de fort mauvaise humeur.
• J'attends, dit-il, ma sœur de lait et sa fille Josette
que j’ai fait venir de Richelieu. Je m’intéresse fort
à cette petite. Elles tardent bien à venir. Je sais pour
tant cpi’elles sont entrées dans la capitale. Que leur
sera-t-Tl arrivé ? » Castelrouge comprit..-
...que les deux femmes attendues étaient celles qu’il
avait envoyées si imprudemment aux petites maisons
de Charenton. Que dirait le cardinal lorsqu’il saurait
que c’était lui qui leur avait joué ce mauvais tour ?
Comment se tirerait-il de là ? Sur ces entrefaites on
annonça les deux villageoises. Comment étaient-elles
revenues si tôt de Charenton ? Elles allaient *
reconnaître, le dénoncer
...jusqu’à Votre Eminence. — Tous mes gardes sont
des gens d’honneur et de galants hommes. Tu me
nommeras celui-là. — 11 ne m’a pas dit son nom
et nous a quittées à la porte du palais. » Guil
laume qui tremblait se remit vite en voyant que,
par générosité, la jeune fille ne le livrait pas, mais il
n’eut pas de peine à deviner que le galant chevalier,
devait être Albéric, qui avait déjà défendu la jeune
fille contre ses sarcasmes. Un autre...
...aurait été reconnaissant : à l’un d’avoir empêché la
plaisanterie de finir mal pour lui, à l'autre de lui avoir
évité les foudres du cardinal. Avec sa mauvaise nature,
sa rancune s’accrut au contraire contre son camarade.
Il se rendit le lendemain, avec ses seconds, au Pré-aux-
Clercs où avaient lieu généralement ces sortes de ren
contres. Le chevalier l'y attendait et ne fit aucune
allusion au service rendu.
(Dessins d’Ed. WARD.) (Voir la suite page 3.)
4 Mai 1933
35 CENTIMES
A. FAYARD et C 1 ', Editeurs
18 et 20
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35 CENTIMES
ABONNEMENTS;
France : Un on... 17.50
— Six mois 9.50
Etranger: Un en. 30ïr.
Chèque postal 38844
Guillaume, comte de Castelrouge, était un petit
cousin du cardinal de Richelieu et, comme tel, très
en faveur à la cour, quoique ce fût un garçon peu
sérieux, querelleur et turbulent. Il faisait partie de la
compagnie des gardes du cardinal où il abusait sou
vent de son crédit pour tourmenter ses camarades
Ses sarcasmes n’épargnaient personne. Il se moquait
surtout d’un nouveau garde, un jeune cadet...
Il était au premier rang et ne pouvait quitter
sa place, sans traverser la pièce et croiser les arri
vantes. « Comme vous arrivez tard 1 s’exclama Riche
lieu. Que vous est-il arrivé? — Nous avons du mal
à trouver notre chemin dans cette grande ville, dit
Josette en regardant le comte qu’elle reconnaissait
parfaitement. Nous étions égarées, lorsqu'un de vos
gardes a bien voulu nous tirer de ce mauvais pas,
et grâce à lui, j ai pu arriver...
...les deux icmmes. Il ne tarda pas à les rejoindre et
leur dit qu’on les avait induites en erreur quant à leur
chemin, qu'elles tournaient le dos au palais du roi et
qu’il s’offrait pour les conduire au Louvre. « Vous
allez peut-être nous tromper aussi, beau mirliflore!
dit la vieille. Les Parisiens sont si moqueurs 1 — Non,
ma mère, dit la jeune fille, je vois bien que monsieur
est sincère. Ecoutons-le. »
..de simples villageoises. « Je suis sûre qu’on me rece
vra, répondit la jeune fille. — Oh! oh! ricana le
comte, voyez-vous cette péronnelle qui dit connaîtra
le roi ! — Pas le roi, mais monseigneur le cardinal,
répliqua prestement la petite paysanne. — Je connais
le cardinal, moi, il vous mettra à la porte. — Que
nenni! mon beau monsieur! » Alors Castelrouge, pour
s’amuser, indiqua aux villageoises, non le chemin du
Louvre,...
...de famille du midi, le chevalier Albéric de Prignac
qui était venu à Paris servir le roi et tenter d’arriver
à la fortune par son propre mérite. Bon soldat, ne
pensant qu’à bien faire son métier, Albéric n’avait
jamais eu de duel, jeu fort à la mode à cette époque
et dont Castelrouge se montrait très friand, car il
était très fort à l’epée. Aussi accablait-il de tout son
mépris le jeune chevalier, mais celui-ci...
...n’eût consenti à se battre que pour une cause
sérieuse. Un jour, où quelques mousquetaires étaient
réunis devant un cabaret, vint à passer une jeune fille
et une paysanne plus âgée, qui demandèrent aux jeunes
gens le chemin du Louvre. Guillaume et Albéric se
trouvaient dans le groupe. Le premier, sarcastique,
demanda si elles croyaient qu’on, recevait chez le
roi des personnes ainsi accoutrées,...
...mais celui de Charenton et des petites maisons où
on enfermait les fous. La jeune fille remercia et les
deux femmes s’éloignèrent dans la direction indiquée.
« Je ris d'avance, dit Guillaume, de la tête quelles
feront en arrivant aux petites maisons. » Prignac, qui
avait assisté avec peine à cette plaisanterie, reprocha
à Castelrouge sa mauvaise action. Celui-ci le prit de
haut. « Vas-tu me faire la leçon, chevalier de la
misère ?...
...Elle doit venir de ta province, cette petite. Elle est
aussi mal fagotée que toi. Tu ne dois connaître que
des paysans de cette sorte, dans ton pays, espèce .
de rustre. » Albéric, sous l’outrage, se révolta et jeta
son gant à la figure de son insulteur. « Nous nous
retrouverons demain matin au Pré-aux-Clercs, rugit
le comte et je t’enverrai chez Pluton rêver aux jeunes
paysannes prétentieuses. » Le chevalier ne répondit
pas et s’éloigna dans la direction qu'avaient prise...
Et tous trois revinrent sur leur» pas. Pendant ce
temps Guillaume était allé à la Cour saluer son cousin,
le Cardinal, qu’il trouva de fort mauvaise humeur.
• J'attends, dit-il, ma sœur de lait et sa fille Josette
que j’ai fait venir de Richelieu. Je m’intéresse fort
à cette petite. Elles tardent bien à venir. Je sais pour
tant cpi’elles sont entrées dans la capitale. Que leur
sera-t-Tl arrivé ? » Castelrouge comprit..-
...que les deux femmes attendues étaient celles qu’il
avait envoyées si imprudemment aux petites maisons
de Charenton. Que dirait le cardinal lorsqu’il saurait
que c’était lui qui leur avait joué ce mauvais tour ?
Comment se tirerait-il de là ? Sur ces entrefaites on
annonça les deux villageoises. Comment étaient-elles
revenues si tôt de Charenton ? Elles allaient *
reconnaître, le dénoncer
...jusqu’à Votre Eminence. — Tous mes gardes sont
des gens d’honneur et de galants hommes. Tu me
nommeras celui-là. — 11 ne m’a pas dit son nom
et nous a quittées à la porte du palais. » Guil
laume qui tremblait se remit vite en voyant que,
par générosité, la jeune fille ne le livrait pas, mais il
n’eut pas de peine à deviner que le galant chevalier,
devait être Albéric, qui avait déjà défendu la jeune
fille contre ses sarcasmes. Un autre...
...aurait été reconnaissant : à l’un d’avoir empêché la
plaisanterie de finir mal pour lui, à l'autre de lui avoir
évité les foudres du cardinal. Avec sa mauvaise nature,
sa rancune s’accrut au contraire contre son camarade.
Il se rendit le lendemain, avec ses seconds, au Pré-aux-
Clercs où avaient lieu généralement ces sortes de ren
contres. Le chevalier l'y attendait et ne fit aucune
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(Dessins d’Ed. WARD.) (Voir la suite page 3.)
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