Titre : La Nouvelle République : Patriam recuperare
Auteur : Patriam recuperare. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.]
Date d'édition : 1944-02-29
Contributeur : Weiss, Louise (1893-1983). Rédacteur
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328262086
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 88 Nombre total de vues : 88
Description : 29 février 1944 29 février 1944
Description : 1944/02/29. 1944/02/29.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k877636d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-G-1470 (262)
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/10/2012
LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE
Patriam Recuperare
.29 FÉVRIER 1944 11 VENTOSE de l’AN 152
Le Conseil National de la Résistance
aux Fonctionnaires Français
En cette cinquième année de lutte, alors que la France, à la veille de su
libération, attend de tous ses enfants un suprême effort pour achever la défaite
de l’oppresseur, le C. N. F. rappelle l’ensemble des fonctionnaires publics à
l’accomplissement de leur premier et plus essentiel devoir.
Administrateurs de tous grades, officiersi, magistrats, professeurs, voués
pur vos fonctions au service permanent de l’intérêt du pays, votre place est
parmi les soldats de la Résistance à l’avant-garde du combat. Le C. N. R. con
naît et salue le dévouement silencieux et tenace de tous ceux d'entre vous qui,
fidèles à la France et à la République, se sont, à leur poste officiel, proposé
pour unique ambition de consacrer toutes leurs prérogatives, toutes les possi
bilités d’action ou d’influence que leur donnait leur mandat à mieux assurer,
en face de l’occupant, la défense des intérêts de la Nation, à mieux préserva
teurs concitoyens contre les entreprises de l’ennemi. A tous ceux qui, incar
nant la tradition des grands serviteurs de l’Etat, ont ainsi maintenu au travers
de l’oppression et malgré l’abdication de l’Assemblée Nationale, la continuité
de l’administration française pour la défense quotidienne des intérêts français,
le pays, dans un proche avenir, saura manifester sa reconnaissance.
Le C. N. R. escompte avec confiance que, dans les jours prochains, durant
la période difficile et peut-être dramatique qui préludera à la libération, 1e
corps des fonctionnaires français, dans son immense majorité, saura faire son
devoir qui est d’aider, par tous les moyens, les combattants de la Résistance
et de paralyser, par tous les moyens, l’action de l’envahisseur et de ses valets.
Les fonctionnaires français savent où est le gouvernement légitime, où est la
volonté du pays, où est le devoir national. Aucune considération tirée de la
peur des desponsabilités ou d’une prétendue loyauté à l’égard d’un pouvoir
d’usurpation ne peut empêcher les fonctionnaires français d’accomplir ce qui
n’est pas seulement une lâche méritoire, mais ce qui est, au sens strict du
mot, un devoir professionnel en môme temps que national auquel il ne leur est
pas loisible de se dérober.
La Nation se souviendra de ceux qui l'auront bien servie au temps de son
malheur. Elle, se souviendra aussi, pour leur réserver ses plus sévères rigueurs,
des fonctionnaires indignes qui, traîtres à leur mandat et sous prétexte d’obéir
à un prétendu gouvernement sans qualité pour obtenir l’obéissance, se sont
servilement transformés en complices de l’oppresseur et, mettant à la dispo
sition de l’ennemi les moyens en leur pouvoir, ont contribué à rendre plus
pesante et plus cruelle la tyrannie des vainqueurs provisoires.
Le C. N. R. adresse un dernier avertissement à tous les détenteurs de la
puissance publique pour qu'ils prennent conscience de la gravité des actes
commis par ceux d'entre eux qui portent la responsabilité d'être venus en
aide à l’ennemi,
soit en privant de sa liberté ou de sa vie ou en dépouillant de ses
biens quelque Français qwé "ce soit, à ifuelque part, à quelque confes
sion, à quelque race qu’il appartienne,
soit en facilitant ou en encomagèant la déportation des Français,
soit en favorisant volontairement par ses paroles, ses écrits ou ses
exemples les manœuvres de l’ennemi, notamment en propageant la
politique dite de collaboration,
soit en dénonçant à l’ennemi des citoyens français ou alliés,
sans qu’en aucun cas la discipline alléguée à l’égard dù gàiivernemenl usur
pateur de Vichy, puisse être considérée comme une excuse.
Le C. N. R. informe les fonctionnaires de mus ordres qui se seraient
rendus coupables ou se rendraient encore, coupclhles deitelfs'agissements, qu’ils
auront à en répondre, dès la libération de la France, devant lçs tribunaux de
la République et que bonne justice sera faite.
LA FRANCE
vue «flu dehors
Extraits de la « Gazette de Lausanne »,
des 28 et 31 Décembre 1943.
Eloge du peuple français.
€ La France n’a jamais été aussi di
visée ». C’est la phrase lapidaire qui pré
tend tout épuiser. Or, jamais, en fait, le
peuple français n’a connu une pareille
unanimité dans ses désirs, ses espérances,
ses blessures et ses souffrances. Jamais
le pays n’a été tendu, unanime, vers un
but aussi clair, yers un thème aussi pré
cis : le refus de sa défaite, la volonté
d’aider de toutes les forces qui lui restent
et qu’on lui permet de garder encore, à
sa libération. Jamais toutes les catégories
sociales n’ont trouvé un terrain d’entente
aussi solides, jamais un même destin ne
les a soudées et unies aussi étroitement.
Un vainqueur qui n’a pas su dominer sa
victoire a, de ses propres mains, scellé
l’union de toutes les forces saines, ci
menté autour d’un même espoir, et au
tour d’une même volonté de redresse
ment national, le bloc compact des éner
gies de la nation. Un vainqueur... et une
poignée d’intellectuels ou de politiciens
tarés, qui doutaient de la France parce
qu’ils devaient d’abord douter d’eux-
mêmes et qui, après avoir disposé pen
dant trois ans de tous les moyens de pro
pagande, n’ont su que creuser davantage
le fossé qui les séparait déjà du pays
réel. Séparés de leur peuple, éloignés à
jamais de ses sources vives, ils lui ont
proposé, en les transposant à peine, des
doctrines si J>eu propres au tempérament
et au caractère français que la langue
elle-même trahissait leur expression.
Le divorce entre ces hommes et la par
tie saine de la nation a permis l’échec
de la politique de collaboration. S’ils
avaient trouvé quelque écho dans le
pays, en dehors de quelques catégories
sociales préparées de longue main à l’ac
ceptation de la défaite, par la lecture
d’une presse hebdomadaire qui restera
un document précieux pour les historiens
de notre époque, où en serions-nous au
jourd’hui ? Si la France avait accepté
d’entrer dans la voie de la collaboration
totale qu’ils lui proposaient, si l’Empire
Patriam Recuperare
.29 FÉVRIER 1944 11 VENTOSE de l’AN 152
Le Conseil National de la Résistance
aux Fonctionnaires Français
En cette cinquième année de lutte, alors que la France, à la veille de su
libération, attend de tous ses enfants un suprême effort pour achever la défaite
de l’oppresseur, le C. N. F. rappelle l’ensemble des fonctionnaires publics à
l’accomplissement de leur premier et plus essentiel devoir.
Administrateurs de tous grades, officiersi, magistrats, professeurs, voués
pur vos fonctions au service permanent de l’intérêt du pays, votre place est
parmi les soldats de la Résistance à l’avant-garde du combat. Le C. N. R. con
naît et salue le dévouement silencieux et tenace de tous ceux d'entre vous qui,
fidèles à la France et à la République, se sont, à leur poste officiel, proposé
pour unique ambition de consacrer toutes leurs prérogatives, toutes les possi
bilités d’action ou d’influence que leur donnait leur mandat à mieux assurer,
en face de l’occupant, la défense des intérêts de la Nation, à mieux préserva
teurs concitoyens contre les entreprises de l’ennemi. A tous ceux qui, incar
nant la tradition des grands serviteurs de l’Etat, ont ainsi maintenu au travers
de l’oppression et malgré l’abdication de l’Assemblée Nationale, la continuité
de l’administration française pour la défense quotidienne des intérêts français,
le pays, dans un proche avenir, saura manifester sa reconnaissance.
Le C. N. R. escompte avec confiance que, dans les jours prochains, durant
la période difficile et peut-être dramatique qui préludera à la libération, 1e
corps des fonctionnaires français, dans son immense majorité, saura faire son
devoir qui est d’aider, par tous les moyens, les combattants de la Résistance
et de paralyser, par tous les moyens, l’action de l’envahisseur et de ses valets.
Les fonctionnaires français savent où est le gouvernement légitime, où est la
volonté du pays, où est le devoir national. Aucune considération tirée de la
peur des desponsabilités ou d’une prétendue loyauté à l’égard d’un pouvoir
d’usurpation ne peut empêcher les fonctionnaires français d’accomplir ce qui
n’est pas seulement une lâche méritoire, mais ce qui est, au sens strict du
mot, un devoir professionnel en môme temps que national auquel il ne leur est
pas loisible de se dérober.
La Nation se souviendra de ceux qui l'auront bien servie au temps de son
malheur. Elle, se souviendra aussi, pour leur réserver ses plus sévères rigueurs,
des fonctionnaires indignes qui, traîtres à leur mandat et sous prétexte d’obéir
à un prétendu gouvernement sans qualité pour obtenir l’obéissance, se sont
servilement transformés en complices de l’oppresseur et, mettant à la dispo
sition de l’ennemi les moyens en leur pouvoir, ont contribué à rendre plus
pesante et plus cruelle la tyrannie des vainqueurs provisoires.
Le C. N. R. adresse un dernier avertissement à tous les détenteurs de la
puissance publique pour qu'ils prennent conscience de la gravité des actes
commis par ceux d'entre eux qui portent la responsabilité d'être venus en
aide à l’ennemi,
soit en privant de sa liberté ou de sa vie ou en dépouillant de ses
biens quelque Français qwé "ce soit, à ifuelque part, à quelque confes
sion, à quelque race qu’il appartienne,
soit en facilitant ou en encomagèant la déportation des Français,
soit en favorisant volontairement par ses paroles, ses écrits ou ses
exemples les manœuvres de l’ennemi, notamment en propageant la
politique dite de collaboration,
soit en dénonçant à l’ennemi des citoyens français ou alliés,
sans qu’en aucun cas la discipline alléguée à l’égard dù gàiivernemenl usur
pateur de Vichy, puisse être considérée comme une excuse.
Le C. N. R. informe les fonctionnaires de mus ordres qui se seraient
rendus coupables ou se rendraient encore, coupclhles deitelfs'agissements, qu’ils
auront à en répondre, dès la libération de la France, devant lçs tribunaux de
la République et que bonne justice sera faite.
LA FRANCE
vue «flu dehors
Extraits de la « Gazette de Lausanne »,
des 28 et 31 Décembre 1943.
Eloge du peuple français.
€ La France n’a jamais été aussi di
visée ». C’est la phrase lapidaire qui pré
tend tout épuiser. Or, jamais, en fait, le
peuple français n’a connu une pareille
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ses blessures et ses souffrances. Jamais
le pays n’a été tendu, unanime, vers un
but aussi clair, yers un thème aussi pré
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et qu’on lui permet de garder encore, à
sa libération. Jamais toutes les catégories
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aussi solides, jamais un même destin ne
les a soudées et unies aussi étroitement.
Un vainqueur qui n’a pas su dominer sa
victoire a, de ses propres mains, scellé
l’union de toutes les forces saines, ci
menté autour d’un même espoir, et au
tour d’une même volonté de redresse
ment national, le bloc compact des éner
gies de la nation. Un vainqueur... et une
poignée d’intellectuels ou de politiciens
tarés, qui doutaient de la France parce
qu’ils devaient d’abord douter d’eux-
mêmes et qui, après avoir disposé pen
dant trois ans de tous les moyens de pro
pagande, n’ont su que creuser davantage
le fossé qui les séparait déjà du pays
réel. Séparés de leur peuple, éloignés à
jamais de ses sources vives, ils lui ont
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et au caractère français que la langue
elle-même trahissait leur expression.
Le divorce entre ces hommes et la par
tie saine de la nation a permis l’échec
de la politique de collaboration. S’ils
avaient trouvé quelque écho dans le
pays, en dehors de quelques catégories
sociales préparées de longue main à l’ac
ceptation de la défaite, par la lecture
d’une presse hebdomadaire qui restera
un document précieux pour les historiens
de notre époque, où en serions-nous au
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