Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1921-05-15
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 15 mai 1921 15 mai 1921
Description : 1921/05/15 (A15,N3072). 1921/05/15 (A15,N3072).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7646793w
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/05/2015
Directeur: GEORGES C A SELLA!
15* ANNEE — N° 3072 — Quotidien
Ce Numéro l
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t'fI.: Holb 5.352 Principal Correspondant H. Bonnairt
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UN AN 6 MOIS 3 MOIS
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DIMANCHE 15 MAI 192*
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Mes souvenirs sur Chérubin
Lorsque convalescent, et selon les or-
dres affectueux de ses médecins, on ne
peut pas quitter la chambre, on voyage
plus volontiers à travers ses souvenirs.
Celui que j'ai trouvé aujourd'hui à mon
chevet pour me tenir compagnie est plus
jeune et plus charmant encore que je
n'osais l'espérer, puisqu'il à seize ans et
que c'est Chérubin.
Qu'il me soit permis de me mêler aux
aventures et mésaventures pleines de
grâce de cet ouvrage, en révélant un pe-
tit secret ^tri est à l'origine de son histoi-r
re. C'est moi qui, en 1901, ai porté le
manuscrit de la pièce de Francis de Crois-
set à la Comédie-Française. Il m'avait
semblé, à peine sa lecture achevée, que
ces trois actes débordant de talent et de
jeunesse, avaient pour demeure toute in-
diquée, la Maison de Molière, puisque
c'est aussi celles de Beaumarchais.
Dès le premier jour, je fus de ceux
assez rares, qui protestèrent contre l'in-
juste et vilain malentendu qui priva
Chérubin de sa première, sur la scène
où j'avais dirige scii premier pas.
Ce ne fut pas comme fiche de consola-
tion à l'auteur, si cruellement déçu, mais
en toute sincérité, que je promis au poè-
te une belle revanche, certain que l'œu-
vre pouvait attendre et qu'elle ne per-
drait rien de sa valeur en attendant.
Et c'est la nouvelle de cette revan-
che qui, ce matin, m'arrive de toutes
parts. Hier au soir, Chérubin a
triomphé sur la scène du théâtre de Pa-
ris, non plus seulement auprès de la
Marraine, de la Baronne et de la Cloë,
mais auprès dit public d(ht les caprices
ne sont pas moins redoutables.
Chérubin reste une œuvre de fine et
pénétrante psychologie, de forme bril-
lante, légère et spirituelle, comme il con-
vient d:)is la comédie en vers. L'intri-
gue y est adroitement combinée et me-
née, sans abus du métier, sans mépris
pour lui non plus. Les caractères et
surtout celui du héros si charmant, si
gai, y sont étudiés, mis en lumière jus-
que dans les nuances délicates de leurs
replis les plus secrets. Et, enfin, sur le
tout, il y a comme une grâce pareille à
celle qui fleurit et chatoie sur l'aile vi-
brante du papillon.
Est-il d'ailleurs, un sujet plus aimable,
plus français aussi que cette .âme de Ché-
rubin l'adolescent en appétit, îfigénu,
inconscient, câlin, glouton, timide, auda-
cieux, enfantin, héroïque, fou, vers la
femme?
Quelle comédie toute naturelle et pou-
vant tourner au drame, que les assauts
de ce gamin, tantôt auprès de sa marrai-
ne, tantôt auprès de la baronne, puis
auprès #e Cloë, la danseuse! Tous sin-
cères et du fond de l'être, ces assauts.
Et à l'assaut de quoi? De ces chairs?
Oui et inon. De ces cœurs aussi. De
l'idéal! -- - - 1
Car Chérubin, c'est Don Juan à sei-
ze ans, le Don Juin que tout homme
porte en soi-même, cet homme fût-il un
saint ! N'est-ce pas Saint-Augustin qui av
sans le vouloir, formulé la devise de;
Chérubin, bicln avant de Croisset, et
bien avant Beaumarchais et personne?
Eh oui! Saint-Augustin, le grand écri-
vain des confessions si humaines, celui
qui a dit, de lui-même à l'âge chérubi-
nesque:
Et non dum amabam, verum amare amabam
Car tout est là, en effet, à cet âge. On
n'aime pas encore, mais on aime aimer.
Dieu me garde (je puis faire interve-
nir Dieu, puisque je viens de mettre à
contribution un de ses évêques), Dieu
me garde d'assommer M. Francis de
Croisset, sous un compliment trop énor-
me. Mais vraiment, et sans pavé de
l'ours, n'est-ce pas à sa plus grande
louange, qu'on puisse, parlant de sa co-
médie, être tenté de monter à de telles
hauteurs sentimentales et philosophi-
ques?
- Et j'irai plus haut encore, sans crain-
te d'avoir en main le ipavé de l'ours, je
dirai que la dernière scène de son Ché-
rubin, passe par-dessus le personnage de
Beaumarchais et la phrase de l'Evêque.
On sent que le XIX' siecle, avec ses
tristesses, son romantisme, a soufflé
dans cette âme enfantine et en a fait une
âme d'homme .Le Chérubin de M. Fran-
cis de Croisset ne se contente plus d'ai-
mer aimer, il aime pour tout de bon.
Quand Cloë le fait pleurer et qu'il
pleure en sentant venir la souffrance,
il nous émeut et nous pleurons avec lui,
sur lui et aussi sur nous qui avons pleuré.
Il était juste que Chérubin fût com-
pris de la sorte et exprimé jusqu'à ce
point par le poète des Nuits de Quinze
ans. Et, quant à moi, qui ai toujours
gardé à Chérubin une reconnaissance
allégée de tendresse, je lui dois aujour-
d'hui quelque chose de plus, à lui qui,
dans les rayons de ce matin de mai,
vient de m'apporter une bouffée de jeu-
nesse et de printemps.
Jean RICHEPIN,
de l'Académie Française.
, Le Championnat du Monde
,. de Danses modernes
Organisé car COMŒDIA, au Théâtre des Champs-Elysées
du 21 au 29 Mai
•♦♦♦»
Le jour approche, les souscriptions nous par-
viennent nombreuses. Nous publions aujourd'hui
ta troisième liste de concurrents.
32. Bourdel, maître de ballet de la Gaîté-Ly-
rique, et Rolande Belay, Reine du Poitou (mix-
tee — toutes les danses).
33. José EstelLer et' Yva EstelLer (profession-
nels - toutes les danses).
34. Charles Boblet et Louise Masser (ama-
teurs — one step, fox-trot, tango, maxixe, scot-
tish espagnole).
35. José Lopez et Mlle Lucy (professionnels
— toutes les danses)
36. Charles Warner et Mme de Laumont (mix-
tes — toutes les danses).
37. Adolphe Fried et partner (amateurs — tou-
tes les danses).
38. Mlle Adriana et partner (professionnels
- toutes les danses).
39. The littie Wanda (professionnels — exhi-
bition hors série).
40. Mlle Rachel Devirys et partner (profes-
sionnels -.:. toutes les danses).
41. Mlle VioLette Boudart (professionnels -
exhibition hors série).
42. R. Mitchell et partner (mixte — toutes
les danses).
LE JURY
En attendant la réunion. du jury qui précédera
l'ouverture du championnat, et au cours de la-
quelle aura lieu l'élection du premier bureau,
nous publions ci-après, par ordre alphabétique,
une première liste de personnalités qui ont bien
voulu assumer les délicates fonctions de juge.
Nous publierons la liste définitive des membres
du jury dan3 un prochain numéro :
MM. le Duc Decazes, Duque, André de Fou-
qUières, Alfredo Ghiso, Comte L.-R. de Gra-
In.ont, Pierre Lafflte, directeur de Fémina, Vi-
Dente Madeiro, Benigno Macias, Francis de Mio-
nlmdre, Vicomte de Monûreuil, Comte de Mon-
tr!chaTd, Bernard Boutet de Monvel, Marquis
de Polignac, René de Préjelan, Comte René de
Rougemont, Léo Staats, maître de ballet de
» Opéra, Comte de Vaugiraud.
r Mmes Paulette Duval, Fabriis, Jasmine, Le-
o,rt, Musidora, Parisys, Ann? Pawlowa, Jane
Renouardt, Maria Ricotti, Spinelly, Meg Villars,
earl White.
LES PHOTOGRAPHIES
Notre appel commence à être entendu et les
t -Preuves noue aar viennent de la maison Bert,
mais en bien petit nombre encore. Aujourd'hui
et demain, jours de fête,. la maison Bert -sera
fermée, les concurrents pourront mettre à pro-
fit ces heures de loisir pour se donner rendez-
vous et pour se rendre, 35, boulevard des Ca-
pucines, mardi, en foUile-
Répétons-le, la photographie est gratuite.
MM. les concurrents sont avisés que M. Ri-
(Photo Sabourin, anc* Bert) QUELQUES CONCURRENTS (Phcto des Alliés, «. Moee-co H, Nice
Mlle DELORME
et
M. DAVIS
Mlle C. DELMARES
MM. P. SAN DRINI et DUBOUT
CEiORCET et SIMKIY
chard Viterbo, directeur du Concours, se tien-
dra en permanence, à Comœdia (2e étage), tous
les jotlrs, le matin de 11 heures à midi, et
l'après-.ni.di de 14 à 16 heures.
COMŒDIA.
Au Conseil supérieur
des Beaux=Arts
Par arrêté du ministre de l'Instruction Publi-
que et des Beaux-Arts, sont nommés membres
du Conseil supérieur des Beaux-Arts: MM.
Marcel Prévost, membre de l'Académie fran-
çaise ; Lucien Simon, artiste peintre, et Georges
Moreau, membre de la Commission de perfec-
tionnement de la Manufacture des Gobelins.
La santé de M. Paul Mounet
Nous avons appris hier, assez tard dans la
soirée, que M. Paul Mounet était souffrant.
Nous avons fait prendre des nouvelles de l'é-
minent sociétaire de la Comédie-Française. Il
nous a été répondu que son état, sans être très
grave, inspirait néanmoins quelque inquiétude
à son entourage.
Nous formons des vœux pour son prompt ré-
tablissement.
"'Comoedia"' parait aujourd'hui
sur 6 pages
Lire en deuxième page :
La « Semaine Littéraire », par Binet-Valmer.
Avant le spectacle d'inauguration du Théâtre
8u Pré-Catelaji.
lAre en troisième pàge :
La Page de l'Union des Artistes.
Les Cinémas.
Les Muaic-Halls.
Lire en cinquième page ï
La création de « Peeg de mon cnur a au Thdà-
tre des Célestins de Lyon.
Les Espagnols aux Ballets russes
Des Espagnols aux ballets russes! Pour-
quoi/*' On me pose cette question-, et il m'est
facile d'y répondue que depuis Longtemps
(Photo W. Rehbinder).
Maria DALBMCIN
nous admirons et nous étudions l'Espagne
dams les manifestations si originales de sa
vie nationale. Il est donc tout naturel que
nous cherchions à nous en inspirer, à em-
porter .avec nous, si je puis dire, un mor-
ceau d'Espagne. Le tout est de choisir ce,
qui est transportable. Il y a des vins de ter-
roir qu'il faut consommer sur place, d'au-
tres qui supportent le voyage.
II n'y a, pas là seulement un intérêt de
curiosité. Entre la musique populaire de
l'Espagne, surtout lia musique andaloiuse, et
celte de la Russie je perçois une affinité
profonde qui tient sans doute à de commu-
nes origines orientales. Certains chants an.
dalous me rappellent des mélodies de nos
provinces russes, éveillent en moi des ré-
miniscences ataviques. Les AndaloUis .iront
rien de latin dans leur musique. Ils dosent
a leur hérédité orientale le sentiment du
rythme
Le rythme est bien différent du! mètre.
Pour le mètre, quatre est toujours égal à
quatre. Le rythme pose une autre question
encore : que! est ce nombre quatre, celui qui
résulte de trois et un, ou celui qui résulte
de deux et deux.
Autre caractère de cet art populaire: l'ex-
trême précision, jusque dians les détails qui
paraissent accidentels : turt quart de ton est
toujours le même quart die ton-, un rythme
qui paraît tomber ne tombe oeprendiant pas,
il se remet d'aplomb aIUI moment même où
on le croyait pair terre.
Rien en tout cela' de l'improvisation! pas-
sionnée que nous prêtons, par exempte, aux
derviches tourneurs. aucune improvisation:
un art très combiné, très minutieux, trèslo-
gique à sa maimièFë et froidement calculé.
Je dirais presque un art classiqtfe, dont les
1 .- M. Igor STRAVINSKY
* (Photo prise à Séville). -
dogmes différents-de ceux de nos écoles ne
sont pas: moins rigoulneux. En un mot, un
asht de composition;
; Igor Stravinsky.
Échos
15 Mai. 1797. — Naissance de LalIont suro.oJlÍm.
l'Antinous du Vaudeville.
L
a santé de Jane Renouardt. I
Jarre Renouardt' a profité des quel- ;
quies moments de loisir que lui laisse le
théâtre, pour se faire opérer de l'alppendi-
oite: l'opération qui a eu lieu hier matin a
parfaitement réussi et je gage que notre
charmante amie pourra sous peu de jours
revenir rue Daunou surveiller l'avancement
des travaux de son théâtre. Tous nos vœux
de prompt rétablissement.
L
e cœur soit, mais la chaumière.
Dans La Petite Fonctionnaire — co-
médie, — M. Lebardin offre à la receveu-
se des postes « uni appartement et son
cœur » : mais dans l'opérette qu'on vient
de tirer de la pièce de M. Capus, l'excel-
lent Louis Maure!, — Lebardiin — en écri-
vant sa dépêche de déclaration, est pris sou-
dain de scrupules— en ce qui concerne le
logement: — « Je m'avance peut-être beaiU'-
coup », ajoute-t-il.
Et l'on sourit.
l'
a fnemoriam.., :
Jean Aicar;d * qui, par une destinée
singulière, vient de succomber dans cette
maison de santé des Frères Saint-Jean de
Dieu où mourut François Coppée qu'il rem-
piliaça à l'Académie, était un brave homme:
et l'on rappelait qu'il avait fait mentit le
proverbe : « Nul n'est prophète en %on
payf-' » , ..: - 'J
Dikins-l'arrondissement de Toulon, eir ef-
fet, son autorité et sa popularité étaient
considérables; aussi, lorsqu'en 1917, le
gouvernement organisa une campagne de
conférences pour l'emprunt, on ne fit pas
appel en vain à son dévouement: maladie
déjà gravement, il partit malgré de grandes
souffrances et se faisant porter sur la place
publique, il alla de village en village répan-
dre la bonne parole.
- Ce vieillard aux traits ravagés par la dou-
teuiT, qui, du, haut d'une sorte de litière ou
it se dressait à demi, haranguait ainsi, ses
concitoyens, sut arracher souvent des lar-
ges - et des souscriptions - aux en-
fants de Maurin des Maures.
p
ubMcitë cinématographique.
Copions textuieliemeint l'insertion sui-
vante, parue dans un journal de l'Est:
A propos du Lys Brisé, qui sera passé ce
soir au Kursaal, nous croyons intéressant de
signaler que, quoique la distribution ne com-
prenne que 3 artistes importants, il a coûté plus
que la naissance d'une nation, etc., etc.
Vous pensez déjà que lé rédacteur de ce
communiqué « va un peul fort », mais ras-
su-rez-yous, la faute en est aux typos franc-
comtois: « la naissance d'uine nation » de-
wiit être en capitales, c'est le titre d'un cé-
lèbre film américain.
T
'e-ntué estivale.
On répétait la revue à l'Apollo: c'é.
tait une répétition; de travail et - il faisait
très chaud. Sort d'e scèpe une petite fem-
me vêtue d'un simple cache-sexe.
Lors Jules Moy, l'arrêtant au passage, lui
dit très sérieusement, en saluant fort poli-
ment: « Mademoiselle, vous perdez votre
jarretière !»
Et la. petite, un peu inquiète d'abord, s'en
fut, dignement, vexée d'avoir ainsi monté à
l'échelle;..
0
n tourne.
Les tournées ont pris une importan-
ce telle à la Comédi-e-Famçaise, que l'indi-
cateuir des chemins de fer a pris, pour les
sociétaires comme pour les pensionnaires,
une importance capitale.
Dernièrement un des plus brillants artis-
tes de la Maison demandait au régisseur l'in-
dicateur Chaix :
— Berteaux ! Passez-moi donc, je vous
prié, lè livre d'or de la Comédie-Française,
où si vous voulez mieux son bréviaire !. »
Le Masque de Verre.
Les Dadas ont dépassé la mesure
Jusqu'à ce jour, on s'était plu à considérer
les dadas comme de bons petits jeunes gens fort
peu sages ét gui faisaient valoir, de cocasse
façon,, leur exubérance vitale..
Certains lieur accordaient même Quelque es-
prit de suite dans leurs outrances — et puis l'onr
iE£marquait, dans leur groupe, un homme de ta-
lent, Francis Picabia.
Les Dadas, que nous appellerons, si vous le
voulez bien, les « Jeunes Dadas », sont venus
à bout de la patience souriante du « Vieux-
Dada » Picabia lui-même ! ! Il n'est dôme point
surprenant que! le « Dadaïstme » — 'surtout aPrèIJ
la séance d'avant-hieir soif — ait aassé_le defaier
canré d'amitiés indulgentes, voire arraioonuie$,
qui leur assurait des référence? approximafil-
xes~
L'idée dé mettre en accusation Maurice Bar-
rès était amusante, mais ce geste impliquait
une puissance humoristique que l'on cherche-
rait vainement chez les Dadas.
Ce fut une manifestation piteuse, grotesque,
odieuse même par l'introduction, dans cette
mascarade sans gaîté, du symbole que le soldat
inconnu représente pour l'immense majorité des
français.
Les Dadas ont commis le « crime contre la
sûreté de l'Esprit » qu'ils imputaient à l'auteur
du Jardin de Bérénice. Ils doivent être punis :
(Phcto Comœdia).
De gauche à droite MM. Louis ARAGON, Piaffe DEVAL, André BERTON, Tristan TZARA
Philippe SOUPAULT, Théodore FRANKta, L'Accusé, iRIBBEMONT-DESSAICNES,
PERET, Jacques RICAUT. HftSum, CHARCHOUNE,
16 silence absolu sur leurs faits et gestes est la
peine la plus lourde qu'on puisse leur appliquer,
désormais ASTÉ D'ESPARBÊS.
AU THÉÂTRE DU VIEUX-COLOM'BIER *
LA DAUPHINE"
Pièce en trois actes, en Vers, de M. François Porche
François Porché est le poète de la préci-
sion, de la vérité, de l'inteHigence consta-
tante; il est tout à fait lafontainien, et même
dens les Commandements du Destin, son
plias haut effort jusqu'à maintenant qui
,a donné naissance à un très beau li-
vre, cette veine réaliste est celle que je
préfère pour ma part et qui donne leur. sa-
veur aux meilleurs dè ses vers. Ce qu'il y
a de meilleur aussi dans son théâtre, c'est
le côté réaliste, c'est Bue et la Mobilisa-
tion dans lia Finette, c'est la satire des bu-
reaucrates dans la Jeune Fille aux Joues
Roses; et dans la Dauphine c'est l'a partie
politique. Porché a eu une idée charmante ;
c'est d'écrire une pièce d'enfants, de nous
montrer ces âmes, que nous croyons falo-
tes, dans le sérieux de la vie, et dans le
fibrt des passions. Il nous a fait voir la Dau-
phine et son jeune amoureux Donald, serrés
l'un contre l'autre et se disant qu'ils s'ai-
mant; il n'a peut-être pas assez différencié-
lieurs propos de ceux qu'échangeaient deux
adolescents de vingt ans, son Roméo et sa
Juk'ette ne sont peut-être pas encore assez
enSâmtins. (La taillIe des acteurs doit être
pour quelque chose dans cette impression).
En! tou's cas toute l'intrigue politique de
sa pièce, tout ce qui constitue le drame, —
cette substitution! d'une dynastie Orléans à
des Bourbons décapités, cette fuite devant
la Révolution, cette vie dans les montagnes,
cet éinouvant tableau final de l'acclamation,
cette ironie secrète de l'histoire qui fait
sentir dans la reine triomphante de demain
l'enfant nostalgique à jamais de ses amours
interrompues, — tout cela est mené d'une
maiin exporte e't conté avec un choix de
mots, une élégance riche et forte, une dis-
tinction suprêmes. Le vers, ce vers libre,
scandé et rimé que Porché manie admira-
blement, a toujours ses qualités de netteté,
de vision rapide et juste, de déclic brusque
et comme photographique, ses arêtes vitves,
ses mots, familiers ennoblis par le sentiment,
sa soutPde éloquence, sa sveltesse musclée
et saine; je regrette çà et là un peu. de j.eu"
un' peu de gatté jetée d'une main plus facile,
il y a dans la manière très personnelle de
Porché je ne sais quoi de janséniste qui va
très bien avec le Vieux-Colombier, où le
sourire même est dosé avec des précautions
pharmaceutiques et où la tension et l'art
remplacent un peu trop l'inspiration. Mais
à côté des vulgaires voluptés et des gros ri-
ras de certain théâtre, que de noblesse dans
tout cela, quelle France déliôaité et digne y
fait paraître, chez l'un des meHleurs poètes
d'aujourd'hui, son visage éternel!
FERNAND GREGH.
L'interprétation
II y a, dans la poétique de M. François Por-
ché, une légèreté, une variété, une fantaisie,
une saveur, et, jusque dans la force, une grâce
et un charme, qui ne se sont pas exprimés
avec évidence dans l'interprétation de la Com-
pagnie du Vieux-Colombier, trop uniformément
tendue dans le lyrisme. On ne joue- pas La Dau-
phine comme La Mort de Sparte, et le plaisir
que l'on éprouve d'ordinaire à entendre les co-
médiens de M. Copeau a eu, cette fois, des
défaillances.
C'est une bien singulière idée d'avoir confié
le personnage de là Dauphine à Mlle Renée
Bartout. Cette comédienne a sans doute de la
jeunesse et de l'espièglerie; mais elle paraît en-
core assez peu entraînée au maniement des
vers, et surtout sa corpulence, qui ne permet
poiint la moindre illusion sur l'âge de son per-
sonnage, à qui M. Porché ne concède que douze
printemps, crée un permanent discord' entre la
création dot poète et l'interprétation de l'artiste.
Mme Gina Barbiéri, de sa voix âpre et mar-
telée, joue au contraire avec une ferme auto-
rité le personnage énergique et hautain de la
grand'mère, dans lequel elle a su rendre visible
une incarnation du principe monarchique. Mlle
Jacqueline Fernay est vive, plaisante et pittores-
que dans un rôle de petite fille. Mme Blanche
Albane n'a qu'un rôle très bref, mais qu'elle
tient avec allure.
Il est bien malaisé aussi de se persuader que
M. Julien Carette n'a que treize ans. Mais il
a fait un sérieux et heureux effort de rajeunis-
sement, et, pour le reste, il a montré de la
verve, de la grâce, de l'énergie et, dans l'affir-
mation de son zèle monarchique, une ardeur ju-
vénile de croyant. Mais M. Alfred Pasquali, qui
ne manque non plus ni d'aisance, ni d'autorité,
ne saurait à aucun degré, lui, se faire passer
pour un enfant de quinze ans.
Il n'est guère possible de faire une revue
complète de tous lés personnages de La Dau-
phine, qui sont fort nombreux. J'ai désigné les
principaux; Mais il faut nommer encore M. Paul
Oettly, voix éclatante, diction nette, attitudes
autoritaires; M. André Bacqué, plein-d'e di-
gnité; M. Albert Savry, majestueusement comi-
que; enfin MM. Le Goff, Julien Lacroix, F.
Vrbert, Nat, Galland, AMard, Romain Bouquet,
Corne et MIleS Jane Lory, B-ruse, Catherine
Jorrîaan et Renaud-Roland.
GEORGES BOURDON.
La Matinée
Un vent de réaction souffle. Jeanne d'Arc est
bien pour quelque chose dans cette agitation
royaliste et tant qu'un Docteur-Moure quelcon-
que, spécialiste des oreilles et du nez, ne. l'aura
pas opérée de ses végétations, elle continuera
à entendre des voix.
Napoléon Ier — tel ce Félix, dont parlent les
mythologies — a failli renaître de ses cendres
à l'occasion de son centenaire. Michel Mortier,
l'oncle de Pierre, toujours à la page, ne va-t-il
pas d'ailleurs rouvrir l'Impérial (avec Maud
Loti, la fille de Pierre)? Les violettes ont pous-
sé plus drù, ce printemps-ci.. u Enfants, yoici le
signal d'Austerlitz ! n'a crié le chef de gare
.d'Orsay en entandant résonner !e timbre aver-
tisseur. Les pharmaciens ne vous vendent pins -
les cachets de pyramidon que par deux à la
fois et pour quarante centimes: Duo de ces py-
ramidons, quarante centimes Tous contem-
plent. Enfin, à Bruxelles, avenue Louise, l'Ai-
glon, fils du Prince Victor, joue du tambour (il,
a huit ans) et de la trompette (et six mois) et
s'amuse aux soldats de bois (et cinq jourst.
Pèut-être, un ex-grognard de Sébastopol, ou
ex-ccncierge de M. Frédéric Masson. — Soignez
plutôt Masson - élève des abeilles dans IW
'Dessin de Rib).
M. BOUQUET
(Le Suisse)
pupitre du petit pnnee et s'essaye à faire
jaillir de là veilleuse de son jeune cœur la
flamme napoléonienne que les vieux soldats sel
repassent de génération en génération
Course du Grenadier Flambeau, comme disait
Paul Hervieu.
- *
Hier, chez Copeau, nouvel essai de réacrtorf
royaliste avec la Dauphine. Les personnes pré*
sentes vous diront qu'au baisser du rideau on
a nettement crié : Vive la Reine !
Et je n'invoque pas tant le témoignage dé
M. Etienne Rey dont le nom espagnol a tofil
de monarchique, non plus celui du jeune Pau
Duc, qui a l'air d'avoir un grade à la cour, quej
ceux, bien résolument républicains, de Sév<£j
rine et du citoyen Rappoport, du syndicaliste
André Colomer, de l'auteur d'avant-garde Ar-
mand Bour qui ont pu entendre crier: « Vive
la Reine! » tout comme moi.
Il y a des gens qui, tels Léon Daudet et Cad
lypso, ne peuvent se consoler du départ du
Lys.
Au surplus, vous trouverez dé plus amples
renseignements auprès de Lucy Vauthrin, < a
Charles Méré, Mayol, Georges Courtelina
Mme, auprès de Pierre talitre, Régis Gignotaiy
(Photo Henri Manuel).-
M. CALLAND
(Pûrtla«ij -: .1
Mlle Renée BARTON
(La Dauphine) -
Mlle ALBANE
(La Gouvernante)
Mme Barb7eRI,'
lLi. Cùllltesse) j
Lucien Descaves, André Beaunier, Xlfred Savoir^?
Edmond Sée, Pelloquet, Denise Héb<:.i,a
Gabriel Tirtimory, Marcel Ballot, A)phMt$c'
Séché et Mme (Andrée de Chai..*..,e.,ei).,:)
Daniel et Porto-Riche, J. M. Fontarigeb, Léoi
Claretie, Nozière, Henri Rossi, Marc San-
gnty, Mme Pierre Wolff, Paul Souday, Loeisi
Schneider, M. et Mme Robert de Beauplan;,
Adolphe Aderer, Paul Ginisty, Paul Granet,
Bérardi, Hue, Pierre Mortier, Binstock, Mme
Léon Blum; Dukercy, Charles Florentin, Gisè-<
le Picard, Beer, Jeanne Landre, Suzanne. Me-
thivier, Maria Ricotti, Tristan Bernard, Jeanha
Catulle-Mendès, Allévy, Maurice de Bnml)fr;
Vanina Casalonga, Mme Albert Chanti er Du-
kercy, René Benoist, G. Lignereux, '| -i;< ;tq
Dantin. Hélène Dutrieu, Alfred MOTh'!. Gai
briel Frère, Gildès, Suzy Naze, A. oe Mont",
gon, Mme Allaimby, Bécan, M. et Mme Paul
-Reboux,, Adolphe et Pierre Brisson, Rend
Kerdyck, Denise Hébert, Victor Boucher, Paul
Fuchs, Paulette Pax, Fabienne Fréa, Enwnvf
Lynn, Suzanne Andrien-Bertrand, Roland. Dor^
gelés, Alfred Vallette, Rachilde, M. et Mme
Saint-Georges de Bouhélier, Pol Bert, Jeaacutf
Pomme, Guillot de Saix, G. Vitray, Gaston
Sorbets, Maillane et Simone elle-même.
JEAN B ASTI A;
Le Bal "Coucher de Soleil"
au théâtre des Champs-Elysées
Le deuxième bal de bienfaisance ooatuiaÛ
aux oeuvres rémoises s'est déroulé, vendtredJ
soir, devant une très brillante assemble.
Des bandes et des fronces de gaze colorée
étaient disposées et assorties à un éclairage par-
ticulier de façon à former des rayons et des l'a-
flets or, rose, feu et lilas, qui donnaient l'ilùu-
sion, artistement stylisée, d'un beau coucher Il-ü;
soleil. Il convient de féliciter M. Jacques Heber-
tot pour le goût avec lequel il a dirige cette dé-
coration lumineuse.
Vers minuit eut Heu le défilé des mannequinsi
et ce fût un spectacle féerique que ces toilcttesi
clief-d'oeuvire inédits des principaux maîtres de
l'élégance -parisienne, présentées par de très jo-
lies femmes surgissant à l'appel, non pas de
leur nom, mais de celui de leur robe, et à lof
voix de M. Saint-Granier, le speaker de cette su-
prême exhibition de chic parisien.
Le « cabaret » aménagé à l'entresol, dans le'
grand bar du théâtre, réunit, entre autres dis-
tingués artistes Jane Piedy, Pierrette Mad, Fili.
sy, Max Dearly, Gaharoche, Chepfer, Domini-
que Bonnaud, Fabris, Lucien Boyer, etc., qui
apportèrent gracieusement leur concours à cette
œuvre charitable et furent très applaudies.
Trois charmantes jeunes filles distribuaienf"
gratuitement des tubes de parfum et présidaient
à la vente de boules-projectiles multicolor e.
On pouvait remarquer, parmi l'assis'J:lce ;
S. Exc. lord Hardinge, ambassadeur d'Angle-
terre, S. Exc. l'ambassadieur d'Italie et la conn
tesse Boniin-Longare, S. Exc. L'ambassadeur
d'Espagne, le duc et la duchesse de Valentinois^
la princesse Edmond de Polignac, la pnncesse'
de Faucigny-Lucinge, le due Decazes, le c-kuic
Espierre, André de Fouquières, la princesse 4
la Glorietta, la princesse H. de Ligne, le mahal
rajah de Kapurthaliat la marquise de Polignac, 19.
15* ANNEE — N° 3072 — Quotidien
Ce Numéro l
Paris. 0 fr. 20
Hors Paris.. 0 fr. 25
LONDON OFFICE, 20, High Holborn W. C. 1
t'fI.: Holb 5.352 Principal Correspondant H. Bonnairt
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UN AN 6 MOIS 3 MOIS
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DIMANCHE 15 MAI 192*
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Téléphone : CENTRAL 94-96, 94-97 -.
Mes souvenirs sur Chérubin
Lorsque convalescent, et selon les or-
dres affectueux de ses médecins, on ne
peut pas quitter la chambre, on voyage
plus volontiers à travers ses souvenirs.
Celui que j'ai trouvé aujourd'hui à mon
chevet pour me tenir compagnie est plus
jeune et plus charmant encore que je
n'osais l'espérer, puisqu'il à seize ans et
que c'est Chérubin.
Qu'il me soit permis de me mêler aux
aventures et mésaventures pleines de
grâce de cet ouvrage, en révélant un pe-
tit secret ^tri est à l'origine de son histoi-r
re. C'est moi qui, en 1901, ai porté le
manuscrit de la pièce de Francis de Crois-
set à la Comédie-Française. Il m'avait
semblé, à peine sa lecture achevée, que
ces trois actes débordant de talent et de
jeunesse, avaient pour demeure toute in-
diquée, la Maison de Molière, puisque
c'est aussi celles de Beaumarchais.
Dès le premier jour, je fus de ceux
assez rares, qui protestèrent contre l'in-
juste et vilain malentendu qui priva
Chérubin de sa première, sur la scène
où j'avais dirige scii premier pas.
Ce ne fut pas comme fiche de consola-
tion à l'auteur, si cruellement déçu, mais
en toute sincérité, que je promis au poè-
te une belle revanche, certain que l'œu-
vre pouvait attendre et qu'elle ne per-
drait rien de sa valeur en attendant.
Et c'est la nouvelle de cette revan-
che qui, ce matin, m'arrive de toutes
parts. Hier au soir, Chérubin a
triomphé sur la scène du théâtre de Pa-
ris, non plus seulement auprès de la
Marraine, de la Baronne et de la Cloë,
mais auprès dit public d(ht les caprices
ne sont pas moins redoutables.
Chérubin reste une œuvre de fine et
pénétrante psychologie, de forme bril-
lante, légère et spirituelle, comme il con-
vient d:)is la comédie en vers. L'intri-
gue y est adroitement combinée et me-
née, sans abus du métier, sans mépris
pour lui non plus. Les caractères et
surtout celui du héros si charmant, si
gai, y sont étudiés, mis en lumière jus-
que dans les nuances délicates de leurs
replis les plus secrets. Et, enfin, sur le
tout, il y a comme une grâce pareille à
celle qui fleurit et chatoie sur l'aile vi-
brante du papillon.
Est-il d'ailleurs, un sujet plus aimable,
plus français aussi que cette .âme de Ché-
rubin l'adolescent en appétit, îfigénu,
inconscient, câlin, glouton, timide, auda-
cieux, enfantin, héroïque, fou, vers la
femme?
Quelle comédie toute naturelle et pou-
vant tourner au drame, que les assauts
de ce gamin, tantôt auprès de sa marrai-
ne, tantôt auprès de la baronne, puis
auprès #e Cloë, la danseuse! Tous sin-
cères et du fond de l'être, ces assauts.
Et à l'assaut de quoi? De ces chairs?
Oui et inon. De ces cœurs aussi. De
l'idéal! -- - - 1
Car Chérubin, c'est Don Juan à sei-
ze ans, le Don Juin que tout homme
porte en soi-même, cet homme fût-il un
saint ! N'est-ce pas Saint-Augustin qui av
sans le vouloir, formulé la devise de;
Chérubin, bicln avant de Croisset, et
bien avant Beaumarchais et personne?
Eh oui! Saint-Augustin, le grand écri-
vain des confessions si humaines, celui
qui a dit, de lui-même à l'âge chérubi-
nesque:
Et non dum amabam, verum amare amabam
Car tout est là, en effet, à cet âge. On
n'aime pas encore, mais on aime aimer.
Dieu me garde (je puis faire interve-
nir Dieu, puisque je viens de mettre à
contribution un de ses évêques), Dieu
me garde d'assommer M. Francis de
Croisset, sous un compliment trop énor-
me. Mais vraiment, et sans pavé de
l'ours, n'est-ce pas à sa plus grande
louange, qu'on puisse, parlant de sa co-
médie, être tenté de monter à de telles
hauteurs sentimentales et philosophi-
ques?
- Et j'irai plus haut encore, sans crain-
te d'avoir en main le ipavé de l'ours, je
dirai que la dernière scène de son Ché-
rubin, passe par-dessus le personnage de
Beaumarchais et la phrase de l'Evêque.
On sent que le XIX' siecle, avec ses
tristesses, son romantisme, a soufflé
dans cette âme enfantine et en a fait une
âme d'homme .Le Chérubin de M. Fran-
cis de Croisset ne se contente plus d'ai-
mer aimer, il aime pour tout de bon.
Quand Cloë le fait pleurer et qu'il
pleure en sentant venir la souffrance,
il nous émeut et nous pleurons avec lui,
sur lui et aussi sur nous qui avons pleuré.
Il était juste que Chérubin fût com-
pris de la sorte et exprimé jusqu'à ce
point par le poète des Nuits de Quinze
ans. Et, quant à moi, qui ai toujours
gardé à Chérubin une reconnaissance
allégée de tendresse, je lui dois aujour-
d'hui quelque chose de plus, à lui qui,
dans les rayons de ce matin de mai,
vient de m'apporter une bouffée de jeu-
nesse et de printemps.
Jean RICHEPIN,
de l'Académie Française.
, Le Championnat du Monde
,. de Danses modernes
Organisé car COMŒDIA, au Théâtre des Champs-Elysées
du 21 au 29 Mai
•♦♦♦»
Le jour approche, les souscriptions nous par-
viennent nombreuses. Nous publions aujourd'hui
ta troisième liste de concurrents.
32. Bourdel, maître de ballet de la Gaîté-Ly-
rique, et Rolande Belay, Reine du Poitou (mix-
tee — toutes les danses).
33. José EstelLer et' Yva EstelLer (profession-
nels - toutes les danses).
34. Charles Boblet et Louise Masser (ama-
teurs — one step, fox-trot, tango, maxixe, scot-
tish espagnole).
35. José Lopez et Mlle Lucy (professionnels
— toutes les danses)
36. Charles Warner et Mme de Laumont (mix-
tes — toutes les danses).
37. Adolphe Fried et partner (amateurs — tou-
tes les danses).
38. Mlle Adriana et partner (professionnels
- toutes les danses).
39. The littie Wanda (professionnels — exhi-
bition hors série).
40. Mlle Rachel Devirys et partner (profes-
sionnels -.:. toutes les danses).
41. Mlle VioLette Boudart (professionnels -
exhibition hors série).
42. R. Mitchell et partner (mixte — toutes
les danses).
LE JURY
En attendant la réunion. du jury qui précédera
l'ouverture du championnat, et au cours de la-
quelle aura lieu l'élection du premier bureau,
nous publions ci-après, par ordre alphabétique,
une première liste de personnalités qui ont bien
voulu assumer les délicates fonctions de juge.
Nous publierons la liste définitive des membres
du jury dan3 un prochain numéro :
MM. le Duc Decazes, Duque, André de Fou-
qUières, Alfredo Ghiso, Comte L.-R. de Gra-
In.ont, Pierre Lafflte, directeur de Fémina, Vi-
Dente Madeiro, Benigno Macias, Francis de Mio-
nlmdre, Vicomte de Monûreuil, Comte de Mon-
tr!chaTd, Bernard Boutet de Monvel, Marquis
de Polignac, René de Préjelan, Comte René de
Rougemont, Léo Staats, maître de ballet de
» Opéra, Comte de Vaugiraud.
r Mmes Paulette Duval, Fabriis, Jasmine, Le-
o,rt, Musidora, Parisys, Ann? Pawlowa, Jane
Renouardt, Maria Ricotti, Spinelly, Meg Villars,
earl White.
LES PHOTOGRAPHIES
Notre appel commence à être entendu et les
t -Preuves noue aar viennent de la maison Bert,
mais en bien petit nombre encore. Aujourd'hui
et demain, jours de fête,. la maison Bert -sera
fermée, les concurrents pourront mettre à pro-
fit ces heures de loisir pour se donner rendez-
vous et pour se rendre, 35, boulevard des Ca-
pucines, mardi, en foUile-
Répétons-le, la photographie est gratuite.
MM. les concurrents sont avisés que M. Ri-
(Photo Sabourin, anc* Bert) QUELQUES CONCURRENTS (Phcto des Alliés, «. Moee-co H, Nice
Mlle DELORME
et
M. DAVIS
Mlle C. DELMARES
MM. P. SAN DRINI et DUBOUT
CEiORCET et SIMKIY
chard Viterbo, directeur du Concours, se tien-
dra en permanence, à Comœdia (2e étage), tous
les jotlrs, le matin de 11 heures à midi, et
l'après-.ni.di de 14 à 16 heures.
COMŒDIA.
Au Conseil supérieur
des Beaux=Arts
Par arrêté du ministre de l'Instruction Publi-
que et des Beaux-Arts, sont nommés membres
du Conseil supérieur des Beaux-Arts: MM.
Marcel Prévost, membre de l'Académie fran-
çaise ; Lucien Simon, artiste peintre, et Georges
Moreau, membre de la Commission de perfec-
tionnement de la Manufacture des Gobelins.
La santé de M. Paul Mounet
Nous avons appris hier, assez tard dans la
soirée, que M. Paul Mounet était souffrant.
Nous avons fait prendre des nouvelles de l'é-
minent sociétaire de la Comédie-Française. Il
nous a été répondu que son état, sans être très
grave, inspirait néanmoins quelque inquiétude
à son entourage.
Nous formons des vœux pour son prompt ré-
tablissement.
"'Comoedia"' parait aujourd'hui
sur 6 pages
Lire en deuxième page :
La « Semaine Littéraire », par Binet-Valmer.
Avant le spectacle d'inauguration du Théâtre
8u Pré-Catelaji.
lAre en troisième pàge :
La Page de l'Union des Artistes.
Les Cinémas.
Les Muaic-Halls.
Lire en cinquième page ï
La création de « Peeg de mon cnur a au Thdà-
tre des Célestins de Lyon.
Les Espagnols aux Ballets russes
Des Espagnols aux ballets russes! Pour-
quoi/*' On me pose cette question-, et il m'est
facile d'y répondue que depuis Longtemps
(Photo W. Rehbinder).
Maria DALBMCIN
nous admirons et nous étudions l'Espagne
dams les manifestations si originales de sa
vie nationale. Il est donc tout naturel que
nous cherchions à nous en inspirer, à em-
porter .avec nous, si je puis dire, un mor-
ceau d'Espagne. Le tout est de choisir ce,
qui est transportable. Il y a des vins de ter-
roir qu'il faut consommer sur place, d'au-
tres qui supportent le voyage.
II n'y a, pas là seulement un intérêt de
curiosité. Entre la musique populaire de
l'Espagne, surtout lia musique andaloiuse, et
celte de la Russie je perçois une affinité
profonde qui tient sans doute à de commu-
nes origines orientales. Certains chants an.
dalous me rappellent des mélodies de nos
provinces russes, éveillent en moi des ré-
miniscences ataviques. Les AndaloUis .iront
rien de latin dans leur musique. Ils dosent
a leur hérédité orientale le sentiment du
rythme
Le rythme est bien différent du! mètre.
Pour le mètre, quatre est toujours égal à
quatre. Le rythme pose une autre question
encore : que! est ce nombre quatre, celui qui
résulte de trois et un, ou celui qui résulte
de deux et deux.
Autre caractère de cet art populaire: l'ex-
trême précision, jusque dians les détails qui
paraissent accidentels : turt quart de ton est
toujours le même quart die ton-, un rythme
qui paraît tomber ne tombe oeprendiant pas,
il se remet d'aplomb aIUI moment même où
on le croyait pair terre.
Rien en tout cela' de l'improvisation! pas-
sionnée que nous prêtons, par exempte, aux
derviches tourneurs. aucune improvisation:
un art très combiné, très minutieux, trèslo-
gique à sa maimièFë et froidement calculé.
Je dirais presque un art classiqtfe, dont les
1 .- M. Igor STRAVINSKY
* (Photo prise à Séville). -
dogmes différents-de ceux de nos écoles ne
sont pas: moins rigoulneux. En un mot, un
asht de composition;
; Igor Stravinsky.
Échos
15 Mai. 1797. — Naissance de LalIont suro.oJlÍm.
l'Antinous du Vaudeville.
L
a santé de Jane Renouardt. I
Jarre Renouardt' a profité des quel- ;
quies moments de loisir que lui laisse le
théâtre, pour se faire opérer de l'alppendi-
oite: l'opération qui a eu lieu hier matin a
parfaitement réussi et je gage que notre
charmante amie pourra sous peu de jours
revenir rue Daunou surveiller l'avancement
des travaux de son théâtre. Tous nos vœux
de prompt rétablissement.
L
e cœur soit, mais la chaumière.
Dans La Petite Fonctionnaire — co-
médie, — M. Lebardin offre à la receveu-
se des postes « uni appartement et son
cœur » : mais dans l'opérette qu'on vient
de tirer de la pièce de M. Capus, l'excel-
lent Louis Maure!, — Lebardiin — en écri-
vant sa dépêche de déclaration, est pris sou-
dain de scrupules— en ce qui concerne le
logement: — « Je m'avance peut-être beaiU'-
coup », ajoute-t-il.
Et l'on sourit.
l'
a fnemoriam.., :
Jean Aicar;d * qui, par une destinée
singulière, vient de succomber dans cette
maison de santé des Frères Saint-Jean de
Dieu où mourut François Coppée qu'il rem-
piliaça à l'Académie, était un brave homme:
et l'on rappelait qu'il avait fait mentit le
proverbe : « Nul n'est prophète en %on
payf-' » , ..: - 'J
Dikins-l'arrondissement de Toulon, eir ef-
fet, son autorité et sa popularité étaient
considérables; aussi, lorsqu'en 1917, le
gouvernement organisa une campagne de
conférences pour l'emprunt, on ne fit pas
appel en vain à son dévouement: maladie
déjà gravement, il partit malgré de grandes
souffrances et se faisant porter sur la place
publique, il alla de village en village répan-
dre la bonne parole.
- Ce vieillard aux traits ravagés par la dou-
teuiT, qui, du, haut d'une sorte de litière ou
it se dressait à demi, haranguait ainsi, ses
concitoyens, sut arracher souvent des lar-
ges - et des souscriptions - aux en-
fants de Maurin des Maures.
p
ubMcitë cinématographique.
Copions textuieliemeint l'insertion sui-
vante, parue dans un journal de l'Est:
A propos du Lys Brisé, qui sera passé ce
soir au Kursaal, nous croyons intéressant de
signaler que, quoique la distribution ne com-
prenne que 3 artistes importants, il a coûté plus
que la naissance d'une nation, etc., etc.
Vous pensez déjà que lé rédacteur de ce
communiqué « va un peul fort », mais ras-
su-rez-yous, la faute en est aux typos franc-
comtois: « la naissance d'uine nation » de-
wiit être en capitales, c'est le titre d'un cé-
lèbre film américain.
T
'e-ntué estivale.
On répétait la revue à l'Apollo: c'é.
tait une répétition; de travail et - il faisait
très chaud. Sort d'e scèpe une petite fem-
me vêtue d'un simple cache-sexe.
Lors Jules Moy, l'arrêtant au passage, lui
dit très sérieusement, en saluant fort poli-
ment: « Mademoiselle, vous perdez votre
jarretière !»
Et la. petite, un peu inquiète d'abord, s'en
fut, dignement, vexée d'avoir ainsi monté à
l'échelle;..
0
n tourne.
Les tournées ont pris une importan-
ce telle à la Comédi-e-Famçaise, que l'indi-
cateuir des chemins de fer a pris, pour les
sociétaires comme pour les pensionnaires,
une importance capitale.
Dernièrement un des plus brillants artis-
tes de la Maison demandait au régisseur l'in-
dicateur Chaix :
— Berteaux ! Passez-moi donc, je vous
prié, lè livre d'or de la Comédie-Française,
où si vous voulez mieux son bréviaire !. »
Le Masque de Verre.
Les Dadas ont dépassé la mesure
Jusqu'à ce jour, on s'était plu à considérer
les dadas comme de bons petits jeunes gens fort
peu sages ét gui faisaient valoir, de cocasse
façon,, leur exubérance vitale..
Certains lieur accordaient même Quelque es-
prit de suite dans leurs outrances — et puis l'onr
iE£marquait, dans leur groupe, un homme de ta-
lent, Francis Picabia.
Les Dadas, que nous appellerons, si vous le
voulez bien, les « Jeunes Dadas », sont venus
à bout de la patience souriante du « Vieux-
Dada » Picabia lui-même ! ! Il n'est dôme point
surprenant que! le « Dadaïstme » — 'surtout aPrèIJ
la séance d'avant-hieir soif — ait aassé_le defaier
canré d'amitiés indulgentes, voire arraioonuie$,
qui leur assurait des référence? approximafil-
xes~
L'idée dé mettre en accusation Maurice Bar-
rès était amusante, mais ce geste impliquait
une puissance humoristique que l'on cherche-
rait vainement chez les Dadas.
Ce fut une manifestation piteuse, grotesque,
odieuse même par l'introduction, dans cette
mascarade sans gaîté, du symbole que le soldat
inconnu représente pour l'immense majorité des
français.
Les Dadas ont commis le « crime contre la
sûreté de l'Esprit » qu'ils imputaient à l'auteur
du Jardin de Bérénice. Ils doivent être punis :
(Phcto Comœdia).
De gauche à droite MM. Louis ARAGON, Piaffe DEVAL, André BERTON, Tristan TZARA
Philippe SOUPAULT, Théodore FRANKta, L'Accusé, iRIBBEMONT-DESSAICNES,
PERET, Jacques RICAUT. HftSum, CHARCHOUNE,
16 silence absolu sur leurs faits et gestes est la
peine la plus lourde qu'on puisse leur appliquer,
désormais ASTÉ D'ESPARBÊS.
AU THÉÂTRE DU VIEUX-COLOM'BIER *
LA DAUPHINE"
Pièce en trois actes, en Vers, de M. François Porche
François Porché est le poète de la préci-
sion, de la vérité, de l'inteHigence consta-
tante; il est tout à fait lafontainien, et même
dens les Commandements du Destin, son
plias haut effort jusqu'à maintenant qui
,a donné naissance à un très beau li-
vre, cette veine réaliste est celle que je
préfère pour ma part et qui donne leur. sa-
veur aux meilleurs dè ses vers. Ce qu'il y
a de meilleur aussi dans son théâtre, c'est
le côté réaliste, c'est Bue et la Mobilisa-
tion dans lia Finette, c'est la satire des bu-
reaucrates dans la Jeune Fille aux Joues
Roses; et dans la Dauphine c'est l'a partie
politique. Porché a eu une idée charmante ;
c'est d'écrire une pièce d'enfants, de nous
montrer ces âmes, que nous croyons falo-
tes, dans le sérieux de la vie, et dans le
fibrt des passions. Il nous a fait voir la Dau-
phine et son jeune amoureux Donald, serrés
l'un contre l'autre et se disant qu'ils s'ai-
mant; il n'a peut-être pas assez différencié-
lieurs propos de ceux qu'échangeaient deux
adolescents de vingt ans, son Roméo et sa
Juk'ette ne sont peut-être pas encore assez
enSâmtins. (La taillIe des acteurs doit être
pour quelque chose dans cette impression).
En! tou's cas toute l'intrigue politique de
sa pièce, tout ce qui constitue le drame, —
cette substitution! d'une dynastie Orléans à
des Bourbons décapités, cette fuite devant
la Révolution, cette vie dans les montagnes,
cet éinouvant tableau final de l'acclamation,
cette ironie secrète de l'histoire qui fait
sentir dans la reine triomphante de demain
l'enfant nostalgique à jamais de ses amours
interrompues, — tout cela est mené d'une
maiin exporte e't conté avec un choix de
mots, une élégance riche et forte, une dis-
tinction suprêmes. Le vers, ce vers libre,
scandé et rimé que Porché manie admira-
blement, a toujours ses qualités de netteté,
de vision rapide et juste, de déclic brusque
et comme photographique, ses arêtes vitves,
ses mots, familiers ennoblis par le sentiment,
sa soutPde éloquence, sa sveltesse musclée
et saine; je regrette çà et là un peu. de j.eu"
un' peu de gatté jetée d'une main plus facile,
il y a dans la manière très personnelle de
Porché je ne sais quoi de janséniste qui va
très bien avec le Vieux-Colombier, où le
sourire même est dosé avec des précautions
pharmaceutiques et où la tension et l'art
remplacent un peu trop l'inspiration. Mais
à côté des vulgaires voluptés et des gros ri-
ras de certain théâtre, que de noblesse dans
tout cela, quelle France déliôaité et digne y
fait paraître, chez l'un des meHleurs poètes
d'aujourd'hui, son visage éternel!
FERNAND GREGH.
L'interprétation
II y a, dans la poétique de M. François Por-
ché, une légèreté, une variété, une fantaisie,
une saveur, et, jusque dans la force, une grâce
et un charme, qui ne se sont pas exprimés
avec évidence dans l'interprétation de la Com-
pagnie du Vieux-Colombier, trop uniformément
tendue dans le lyrisme. On ne joue- pas La Dau-
phine comme La Mort de Sparte, et le plaisir
que l'on éprouve d'ordinaire à entendre les co-
médiens de M. Copeau a eu, cette fois, des
défaillances.
C'est une bien singulière idée d'avoir confié
le personnage de là Dauphine à Mlle Renée
Bartout. Cette comédienne a sans doute de la
jeunesse et de l'espièglerie; mais elle paraît en-
core assez peu entraînée au maniement des
vers, et surtout sa corpulence, qui ne permet
poiint la moindre illusion sur l'âge de son per-
sonnage, à qui M. Porché ne concède que douze
printemps, crée un permanent discord' entre la
création dot poète et l'interprétation de l'artiste.
Mme Gina Barbiéri, de sa voix âpre et mar-
telée, joue au contraire avec une ferme auto-
rité le personnage énergique et hautain de la
grand'mère, dans lequel elle a su rendre visible
une incarnation du principe monarchique. Mlle
Jacqueline Fernay est vive, plaisante et pittores-
que dans un rôle de petite fille. Mme Blanche
Albane n'a qu'un rôle très bref, mais qu'elle
tient avec allure.
Il est bien malaisé aussi de se persuader que
M. Julien Carette n'a que treize ans. Mais il
a fait un sérieux et heureux effort de rajeunis-
sement, et, pour le reste, il a montré de la
verve, de la grâce, de l'énergie et, dans l'affir-
mation de son zèle monarchique, une ardeur ju-
vénile de croyant. Mais M. Alfred Pasquali, qui
ne manque non plus ni d'aisance, ni d'autorité,
ne saurait à aucun degré, lui, se faire passer
pour un enfant de quinze ans.
Il n'est guère possible de faire une revue
complète de tous lés personnages de La Dau-
phine, qui sont fort nombreux. J'ai désigné les
principaux; Mais il faut nommer encore M. Paul
Oettly, voix éclatante, diction nette, attitudes
autoritaires; M. André Bacqué, plein-d'e di-
gnité; M. Albert Savry, majestueusement comi-
que; enfin MM. Le Goff, Julien Lacroix, F.
Vrbert, Nat, Galland, AMard, Romain Bouquet,
Corne et MIleS Jane Lory, B-ruse, Catherine
Jorrîaan et Renaud-Roland.
GEORGES BOURDON.
La Matinée
Un vent de réaction souffle. Jeanne d'Arc est
bien pour quelque chose dans cette agitation
royaliste et tant qu'un Docteur-Moure quelcon-
que, spécialiste des oreilles et du nez, ne. l'aura
pas opérée de ses végétations, elle continuera
à entendre des voix.
Napoléon Ier — tel ce Félix, dont parlent les
mythologies — a failli renaître de ses cendres
à l'occasion de son centenaire. Michel Mortier,
l'oncle de Pierre, toujours à la page, ne va-t-il
pas d'ailleurs rouvrir l'Impérial (avec Maud
Loti, la fille de Pierre)? Les violettes ont pous-
sé plus drù, ce printemps-ci.. u Enfants, yoici le
signal d'Austerlitz ! n'a crié le chef de gare
.d'Orsay en entandant résonner !e timbre aver-
tisseur. Les pharmaciens ne vous vendent pins -
les cachets de pyramidon que par deux à la
fois et pour quarante centimes: Duo de ces py-
ramidons, quarante centimes Tous contem-
plent. Enfin, à Bruxelles, avenue Louise, l'Ai-
glon, fils du Prince Victor, joue du tambour (il,
a huit ans) et de la trompette (et six mois) et
s'amuse aux soldats de bois (et cinq jourst.
Pèut-être, un ex-grognard de Sébastopol, ou
ex-ccncierge de M. Frédéric Masson. — Soignez
plutôt Masson - élève des abeilles dans IW
'Dessin de Rib).
M. BOUQUET
(Le Suisse)
pupitre du petit pnnee et s'essaye à faire
jaillir de là veilleuse de son jeune cœur la
flamme napoléonienne que les vieux soldats sel
repassent de génération en génération
Course du Grenadier Flambeau, comme disait
Paul Hervieu.
- *
Hier, chez Copeau, nouvel essai de réacrtorf
royaliste avec la Dauphine. Les personnes pré*
sentes vous diront qu'au baisser du rideau on
a nettement crié : Vive la Reine !
Et je n'invoque pas tant le témoignage dé
M. Etienne Rey dont le nom espagnol a tofil
de monarchique, non plus celui du jeune Pau
Duc, qui a l'air d'avoir un grade à la cour, quej
ceux, bien résolument républicains, de Sév<£j
rine et du citoyen Rappoport, du syndicaliste
André Colomer, de l'auteur d'avant-garde Ar-
mand Bour qui ont pu entendre crier: « Vive
la Reine! » tout comme moi.
Il y a des gens qui, tels Léon Daudet et Cad
lypso, ne peuvent se consoler du départ du
Lys.
Au surplus, vous trouverez dé plus amples
renseignements auprès de Lucy Vauthrin, < a
Charles Méré, Mayol, Georges Courtelina
Mme, auprès de Pierre talitre, Régis Gignotaiy
(Photo Henri Manuel).-
M. CALLAND
(Pûrtla«ij -: .1
Mlle Renée BARTON
(La Dauphine) -
Mlle ALBANE
(La Gouvernante)
Mme Barb7eRI,'
lLi. Cùllltesse) j
Lucien Descaves, André Beaunier, Xlfred Savoir^?
Edmond Sée, Pelloquet, Denise Héb<:.i,a
Gabriel Tirtimory, Marcel Ballot, A)phMt$c'
Séché et Mme (Andrée de Chai..*..,e.,ei).,:)
Daniel et Porto-Riche, J. M. Fontarigeb, Léoi
Claretie, Nozière, Henri Rossi, Marc San-
gnty, Mme Pierre Wolff, Paul Souday, Loeisi
Schneider, M. et Mme Robert de Beauplan;,
Adolphe Aderer, Paul Ginisty, Paul Granet,
Bérardi, Hue, Pierre Mortier, Binstock, Mme
Léon Blum; Dukercy, Charles Florentin, Gisè-<
le Picard, Beer, Jeanne Landre, Suzanne. Me-
thivier, Maria Ricotti, Tristan Bernard, Jeanha
Catulle-Mendès, Allévy, Maurice de Bnml)fr;
Vanina Casalonga, Mme Albert Chanti er Du-
kercy, René Benoist, G. Lignereux, '| -i;< ;tq
Dantin. Hélène Dutrieu, Alfred MOTh'!. Gai
briel Frère, Gildès, Suzy Naze, A. oe Mont",
gon, Mme Allaimby, Bécan, M. et Mme Paul
-Reboux,, Adolphe et Pierre Brisson, Rend
Kerdyck, Denise Hébert, Victor Boucher, Paul
Fuchs, Paulette Pax, Fabienne Fréa, Enwnvf
Lynn, Suzanne Andrien-Bertrand, Roland. Dor^
gelés, Alfred Vallette, Rachilde, M. et Mme
Saint-Georges de Bouhélier, Pol Bert, Jeaacutf
Pomme, Guillot de Saix, G. Vitray, Gaston
Sorbets, Maillane et Simone elle-même.
JEAN B ASTI A;
Le Bal "Coucher de Soleil"
au théâtre des Champs-Elysées
Le deuxième bal de bienfaisance ooatuiaÛ
aux oeuvres rémoises s'est déroulé, vendtredJ
soir, devant une très brillante assemble.
Des bandes et des fronces de gaze colorée
étaient disposées et assorties à un éclairage par-
ticulier de façon à former des rayons et des l'a-
flets or, rose, feu et lilas, qui donnaient l'ilùu-
sion, artistement stylisée, d'un beau coucher Il-ü;
soleil. Il convient de féliciter M. Jacques Heber-
tot pour le goût avec lequel il a dirige cette dé-
coration lumineuse.
Vers minuit eut Heu le défilé des mannequinsi
et ce fût un spectacle féerique que ces toilcttesi
clief-d'oeuvire inédits des principaux maîtres de
l'élégance -parisienne, présentées par de très jo-
lies femmes surgissant à l'appel, non pas de
leur nom, mais de celui de leur robe, et à lof
voix de M. Saint-Granier, le speaker de cette su-
prême exhibition de chic parisien.
Le « cabaret » aménagé à l'entresol, dans le'
grand bar du théâtre, réunit, entre autres dis-
tingués artistes Jane Piedy, Pierrette Mad, Fili.
sy, Max Dearly, Gaharoche, Chepfer, Domini-
que Bonnaud, Fabris, Lucien Boyer, etc., qui
apportèrent gracieusement leur concours à cette
œuvre charitable et furent très applaudies.
Trois charmantes jeunes filles distribuaienf"
gratuitement des tubes de parfum et présidaient
à la vente de boules-projectiles multicolor e.
On pouvait remarquer, parmi l'assis'J:lce ;
S. Exc. lord Hardinge, ambassadeur d'Angle-
terre, S. Exc. l'ambassadieur d'Italie et la conn
tesse Boniin-Longare, S. Exc. L'ambassadeur
d'Espagne, le duc et la duchesse de Valentinois^
la princesse Edmond de Polignac, la pnncesse'
de Faucigny-Lucinge, le due Decazes, le c-kuic
Espierre, André de Fouquières, la princesse 4
la Glorietta, la princesse H. de Ligne, le mahal
rajah de Kapurthaliat la marquise de Polignac, 19.
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