Titre : Le Journal
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-11-12
Contributeur : Xau, Fernand (1852-1899). Directeur de publication
Contributeur : Letellier, Henri (1867-1960). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34473289x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 12 novembre 1903 12 novembre 1903
Description : 1903/11/12 (A12,N4060). 1903/11/12 (A12,N4060).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG13 Collection numérique : BIPFPIG13
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76281949
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-220
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/11/2014
¥
POUZIlilME ANNEE. — N* 4080
SUIII PAGES - Paris et upamemelt*-- mm CINQ CENTIMES
JÈÇDI 12 NOVÉMÎRÏ! 1009
RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 100, RUE RICHELIEU, PARIS FERNAND XAU, Fondateur
*
Prix des Abonnements
On an SiX mois Trois mOIs
SEINE & SEINE-ET-OISE.,, 20. D 10.50 5.50
DÉPARTEMENTS ET ALGÉRIE. 24. » 12. D 6. A
ETRANGER (UNION POSTALE) 35. D 18. a 10. a
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Annonces, Réclames et Faits Divers
CHEZ LAGRANGR, CERF ET C"
6, PLACE DE LA BOURSE
et aux bureaux du JOURNAL
âdreiter les mandats-poste à M. l'Administrateur
AdresM télégraphique : JOURNAL -RICHELIEU- PARIS
Zei manuscrits non insérés «e gong pas rendus
Le Concours
4 du LITRE D'OR
Hier soir, a été clos le Concours du
HT RE D'OR.
Un nombreux personnel est dès main-
tenant occupé à dépouiller et à classer
fes réponses.
Aussitôt que ce travail considérable
fera terminé, nous convoquerons à nou-
teau les délégués qui ont bien voulu,
fur l'invitation du JOURNAL, assister
vu remplissage du litre.
Dans notre Salle des Fêtes, en leur
présence et avec leur concours, la bou-
teille sera descellée, et les grains seront
compta et pesés publiquement; nous
indiquerons par quel procédé nous arri-
verons à mener à bien, rapidement et
vans erreurs possibles, cette opération.
Les Bulletins de Concours auront été
préalablement classés selon l'ordre nu-
mérique et d'après le chiffre indiqué
pour la question principale (c'est-à-dire
le nombre total de grains contenus dans
ta bouteille),. les autres réponses ne de-
vant servir qu'à départager les ex-sequo
possibles.
Le classement des Bulletins aura été
fait en partant du chiffre le plus bas
pour aller au chiffre le plus élevé; il
fera fractionné par des fiches extérieu-
res quoi le subdiviseront en catégories —
par exemple, tous les bulletins qui indi-
queront, comme réponse principale, un
chiffre variant entre 60,000 et 60,500,
seront encadrés de fiches indicatrices;
ceux allant de 60,500 à 61J000 seront en,
cadrés de même, et ainsi de suite.
Dans chacune de ces subdivisions rè-
gnera naturellement l'ordre numérique.
Il sera facile, grdce à ces fiches, de re-
trouver rapidement la catégorie à la-
queue appartiendra le premier prix —
et, dais cette catégorie, il n'y aura qu'à
'ortiT, pour le premier prix, le Bulletin
correspondant au chiffre toted. de grains,
uu celui qui s'en approchera le plus, au-
dessus ou au-dessous du chiffre exact.
Les Bulletins de Concours, classés
tomme nous l'avons expliqué, auront
été déposés dans le même local que ce-
lui où seront comptés les grains. Donc,
vussitôt le chiffre total des grains con-
nu, les recherches auront lieu dans les
fiches, et les gagnants seront proclames
unec le concours et le contrôle des dé-
légués.
On a vu quelles garanties nous avons
tenu à donster cm public pour le rem-
plissage de la bouteille; nous ne croyons
pas qu'il soit possible d'en donner da-
* vantage pour les opérations relatives à
la recherche et à la proclamation du ré-
ndtat..
CONCURRENTS!
Lisez tous les jours
1 LE JOURNAL
NOUVELLE
M. d'Estul de Livey, curé de Saint-
Onésiphore, ouvrait la porte de son mo-
debte entresol quand Etiennette, sa ser-
va.n.t.e, lui annonça que m. le second vi-
vante, l'attendait au salon. Le vieux prê-
caire
tre tira ses gants de laine noire, chaussa
ee3 pieds endoloris dans des pantoufles
de feutre, but une gorgée d'eau claire
pour adoucir l'irritation de son larynx
et, la j ambre traînante, se rendit auprès
£e son visiteur.
Dans la pénombre religieuse de la
pièce, ses yeux alertes perçurent la
silhouette de l'abbé Rougier.
— C'est vous, mon ami. Vous arri-
vez du Midi ?
— L'express de Nice m'a déposé ce
matin à Paris.
M. de Livey écarta les rideaux* de la
fenêtre et, désignant un fauteuil face
au demi-jour de la rue :
— Asseyez-vous, Rougier, dit-il.
Une grande paix régnait dans ce sa-
lon garni de meubles anciens, étoffé de
tentures aux couleurs éteintes, vestiges
d'un luxe deux fois séculaire qui ag-
gravaient la hautaine sérénité du cadre
où s'immobilisait, comme en un por-
trait de Cadet du temps des Louis, la
figure très noble et très pure du vieil-
lard.
Et là, devant lui, entre la fenêtre et
Un bahut du coin, le duc, son aïeul, pou-
dré à frimas, le jabot clairsemé de
points noirs, l'index et le pouce enfouis
dans une tabatière, tout prêt à pétuner,
souriait à son petit-fils.
— Avez-vous eu d'heureux jours dans
votre Provence, dont j'aime tant la lu-
mière et les eaux bleues ?
— Oui, mon père.
Mon père !. Le mot était si inattendu
et le regard du jeune prêtre avait une
expression de si'ardente prière que le
confesseur, d'instincti, rapprocha son
liège, joignit les mains, ferma les yeux.
— Dites, mon enfant.
— Mon père, je suis bien misérable et
bien malheureux ! Il y a cinq ans, ici
même, dans cette pièce qui résonne
encore du cri de votre indignation, j'é-
tais devant vous, mon maître vénéré,
tomme un coupable devant son juge.
Votre arrêt fut celui d'une âme indul-
gente et généreuse. Dans cette ferme
isolée de Beauce où vous m'aviez or-
donné de me confiner, j'ai subi, seul
avec ma conscience, le long et dur mar-
Lyre du remords. J'en suis sorti, le cœur
rafraîchi par la prière, qui lave toutes
tes souillures, comme l'eau claire des
sources. Mon repentir était tel alors
qu'il est à cette heure. Je me sentais li-
béré d'une puissance mauvaise, et je
n'éprouvais d'autre sentiment que celui
d'une reconnaissance infinie envers
vous, .qui m'avez sauvé. Rappelez-vous,
mon père.
— Je revois tout, mon enfant, et je
fous redirai combien le crime de Mme
Saintonge m'a paru odieux.
— Je ne peux en vouloir à cette fem-
me,, ni reporter sur sa faiblesse les
torts si graves que je m'avoue., EUe
était veuve.
— Vous étiez à Dieu.
— Je l'ai aimée, mon père, éperdu-
ment.
— Le contraire eût réjoui mon cœur
de prêtre, mais, comme homme, m'eût
donné le droit de vous mépriser.
- Bien que ma volonté ait asservi les
sens, j'ai été souvent, oh ! bien souvent,
tenté par le démon, à la minute propice
où le corps s'abandonne au sommeil et où
l'énergie de l'âme se fond dans le rêve.
J'ai toujours lutté. J'ai fait de mes nuits
des veilles instructives ou pieuses ; et
j'avais pour me préserver 'des entrepri-
ses ténébreuses et lâches du Malin, ou-
tre mon désir de ne plus être indigne de
vous, outre l'orgueil de vaincre la clarté
fidèle de ma lamoe.
Un soir, — il y a quatre ans de cela —
on me remit une lettre. Je reconnus son
écriture. L'enveloppe était menue et un
parfum très doux s'en exhalait, Mon feu
flambait haut, j'y jetai l'enveloppe in-
tacte. Une autre fois, ma servante vint
me dire qu'une femme dont le visage
se cachait sous une épaisse voilette, de-
mandait à me voir. Je la fis prier de
décliner son nom — c'était elle. Je re-
fusai de la recevoir, elle partit. J'enten-
dais ses sanglots décroître à mesure
qu'elle descendait l'escalier.
J'avais cependant, pour elle, moins
de haine que de pitié ! S'il lui avait été
possible, en me rencontrant, de venir
à moi, la main loyalement tendue, et
si j'avais pu, alors, ne découvrir dans
ses yeux que le bonheur d'une amie re-
voyant un, ami, ma porte lui eÙt été ou-
verte toute grande, et moi qui suis seul,
et dont la vie jamais ne fut entourée de
l'affection réchauffante d'une sœur, je
l'aurais suppliée d'embellir les heures
monotones et griser qu'après le travail
notre nature si faible exige que nous
consacrions au repos.
Mais, qui sait!. Ce désir lui-même
m'eût à la réflexion paru irréalisable. Je
me serais vite défendu de le poursui-
vre puisque l'Eglise dans sa sagesse et
sa prévoyance recommande à ceux qui
la servent de fuir la femme comme un
fléau, car elle porte en elle le péché.
Dites, mon père, fais-je mal en ne
la haïssant pas Y
— Si je réprouvais ce sentiment, vous
haïriez par raison, et cela n'aurait d'au-
tre effet que de mettre votre foi en pé-
ril et de susciter des troubles dans votre
âme pitoyable.
Moni fils, vou4 n'aimez plus Mme'
Saintonge.
: — L'an dernier, à Nice, où m'avaient
envoyé les médecins qui craignaient que
le travail opiniâtre et délectable auquel
je livre la force surabondante de mon
être nfenémiât mon cerveau, je séjour-
nai près de deux mois. J'avais aupara-
vant, traversé le village ensoleillé du
Var où je suis né. J'en avais emporté le
souvenir parfumé de lavande et de
thym. Et le son des voix chevrotantes
qui me parlaient du « vieux Rougie-
ron », mon père, et de la bonne Mi-
mette, sa femme, tintait à mon oreille à.
tout moment du jour, dans la campagne
fleurie ou le long des avenues tièdes de
la ville incomparable.
Je rentrais, un dimanche, dans le pe-
tit hôtel où j'avais pris pension, quand
la patronne, courant sur mes pas, m'ap-
prit que dans un garni voisin, un ma-
lade réclamait un prêtre. Je descends
aussitôt. On me désigne la maison.
deux étages. des fenêtres aux stores
baissés. la porte basse à côté du débit
de vins. Je monte. je frappe. On
m'ouvre. Elle était là, mon père, droite
et pâle, une main sur la poignée de la
porte, l'autre comprimait les battements
précipités de sa poitrine. J'ai fait un
geste de menace et je me suis enfui
comme un voleur.
Ce matin, — mon père, je ne dois
rien vous céler, ni mes angoisses, ni
ma honte; Dieu a voulu que je payasse
bien cher une minute d'égarement —
ce matin, à ma descente de voiture, le
facteur, qui m'épiait, me présenta une
lettre recommandée, timbrée de Paris :
elle portait la date d'avant-hier. Je l'ou-
vris. Aucune signature au bas. Une
écriture heurtée, déformée, à peine lisi-
ble, une- pauvre écriture d'écolier aux
mots inachevés, aux caractères baveux,
avec des taches qui s'élargissaient sur
les bords comme si, dans la hâte, on
n'avait eu le temps de sécher l'encra.
Et je lus. Tenez, la voici, jetez-y les
yeux. Je l'ai lue jusqu'au bout.
Le vieux prêtre se dressa, repoussant
de la main le papier froissé qu'on lui
tendait :
- Lisez vous-même, mon enfant.
— Je ne peux pas. je ne peux pas.
Une émotion très forte paralysait la
voix du jeune homme. Il surmonta cette
faiblesse :
— Oui, il est dit là-dedans que j'ai un
fils, un fils de quatre ans et que le ché-
rubin se meurt à deux cents mètres
d'ici, rue de Prony.
M. de Livey recula, les mains jointes,
les yeux au ciel :
— Mon Dieu, mon Dieu ! s'écria-t-il,
quel malheur 1 un fils à vous, à vous,
Rougier!.
- N'est-ce pas que c'est une torture
épouvantable d'apprendre ainsi la cho-
se, par une lettre. Un coup de mas-
sue !. Et ma honte. Votre front est
pourpre de ma honte. Un fiLs à moi,
ministre du Christ, oui, quel mal-
heur !. Et pourtant, lisez. lisez donc :
il se meurt. il va mourir. le fruit de
l'amour criminel va tomber et pourrir.
le dernier souvenir du passé va dispa-
raître. Et vous serez joyeux, mon père,
joyeux de la mort de cet innocent. de
mon enfant, que je n'ai jamais vu, que
je ne verrai pas. jamais !.
Il s'accouda, tout pleurant, au dossier
de son fauteuil.
— Pleurez-vous sur vos misères, ou
vos larmes sont-elles des larmes de re-
gret ? On vous écrit que vous avez ur
fils et gravement malade. Savez-vous
seulement qui vous écrit?. La lettre
est-elle signée ? Vous m'avez, je crois,
assuré n'avoir pas reconnu l'écriture.
Alors ?. On vous donne une adresse, il
ne peut y avoir d'erreur. Vous veniez à
moi avec la certitude que je vous dirais :
« Allez retrouver votre enfant ». Et vos
serments. Et la dignité de votre robe.
Et Dieu ?
— Oh ! Dieu est inexorable.
— Il est juste, monsieur.
D'une, voix âpre où toute sa révolta cftt
saint, tout son absolutisme de prêtre
irruaient, M. de Livey poursuivit :
— Etes-vous. convaincu, je ne vois
pas d'autre terme, que ce fils est de
vous?.
— Mon père.
— Une femme. veuve. libre, jeune
et belle.
- - Assez, mon père !
- Qui vous a eu, qui vous a pris, car
elle vous a pris, ne s'est pas résignée à
n'avoir qu'un seul amant, soyez-en
sûr.
— Cela est faux. Régine m'aimait.
— Mensonge !
— Elle m'aime encore.
— Mensonge. Tout ce qu'elles di-
sent : mensonge!. Tout ce qu'elles
font : duplicité, hypocrisie. Vous étiez
le prêtre, celui dont on veut la chute
pour le plaisir ignominieux de le voir
à terre, avili, dépouillé de son auréole.
Elle vous a trompé!. Vous tromper,
vous, quelle jouissance !. Et cette pa-
ternité qu'elle vous attribue, c'est son
dernier coup, c'est la dernière victoire.
Le vieillard se tut brusquement et
prêta l'oreille. On avait sonné. Des
pas se pressaient dans le vestibule.
Etiennette parut, un télégramme à la
main :
— Pour M. le vicaire. On ne l'a pas-
trouvé chez lui, on a pensé à venir ici.
— Donnez.
Les deux hommes étaient debout, face
à face, le visage déliré, le regard redev e-
nu calme. Ce «petit bleu» tombant inopi-
nément au milieu de cette douleur et
de cette colère avait refoulé l'une et
l'autre.
L'abbé Rougier déchira la bande, dé-
ploya le papier.
— Voilà. Prenez. lisez.
Il chancelait, le teint ciré, le bras en
avant, cherchant un appui.
— Qu'avez-vous, mon ami ?.
Le curé saisissait la dépêche et épelait
machinalement à voix basse :
« Enfant mort.
» RÉGINE. »
Alors, il y eut un silence pendant le-
quel chacun des deux prêtres entendit
son cœur battre violemment. La rue
elle-même, en bas, avait cette tranquil-
lité funèbre des nuits de plein hiver ; et
pourtant, la pendule sonna sept fois, à
coups très lents.
M. de Livey tenait toujours le « petit
bleu » les bras allongés au corps, la tête
baissée, dans une pose de stupeur.
— Rougier, bégaya-t-il enfin, rue de
Prony. Mme Saintonge appartient
donc à notre
— Oui, mon père. ,
— Ecoutez-moi." Vous m'avez juré de
ne plus revoir cette femme : vous ne la
reverrez plus. Mais je n'ai pas le droit
de vous empêçjier de conduire votre en-
fant à sa dernière demeure. Vous offi-
cierez.
SYLVAIN THÉZOL.
16 prix ex-æquo du Concours
Littéraire du « Journal ».
ÉCHOS
L
e Président de la République a offert, hier,
dans les tirés de Rambouillet, une chasse
en 1 honneur des grands-ducs Alexis et Boris
de Russie.
Accompagné du lieutenant-colonel Lamy, il
est arrivé à la gare des Invalides à neuf heu-
res. A la gare se trouvaient déjà réunis les invi-
tés du Président : les généraux Florentin, Bru-
gère et Voyron, le comte Potocki, MM. Ernest
Camot et Thome.
Un déjeuner a été servi au château avant la
chasse.
Le retour a eu lieu par la gare des Invali-
des, hier soir, à six heures.
u
ne conférence de M. Moissan sur le dia-
mant, au Trocadéro.
On se souvient que le journal a annoncé le
premier le curieux pari qui mettait récemment
aux prises deux chimistes, au su jet de la dé-
couverte du diamant artificiel, que M. Charles
Combes contestait à M. Moissan.
Il paraît. que M. Moissan, ému des critiques
que vient de formuler M. Charles Combes dans
une revue scientifique contre son procédé de
fabrication du diamant artificiel, et qui eut un
certain retentissement dans le monde savant,
aurait l'intention, pour répondre aux objections
de son confrère, de "faire prochainement, au
Trocadéro, une grande conférence publique,
dans laquelle il exposerait les arguments qui
militent en faveur de sa thèse.
A l'appui de ses affirmations, M. Moissan
ferait lui-même devant ses auditeurs l'expé-
rience du diamant artificiel, qu'il tenta, il y a
quelques années, devant une autre assemblée,
aux Arts et Métiers, et que, malheureusement,
la production d'un court-circuit vint arrêter.
L
e procès Porel-Réjane.
Il ne s'agit pas, cette fois, du divorce.
mais de l'interprétation de l'engagement de la
grande comédienne au Vaudeville.
C'est aujourd'hui même que sera appelé, au
début de l'audience de la première Chambre
du Tribunal civil, présidée par M. Ditte, le
procès en 100,000 francs de dommages-infé-
rêts intenté par M. Porel à Mme Réjane.
Dans son assignation à jour fixe, M. Porel
fait grief à sa femme, engagée, l'été dernier,
par lui, pour cent représentations, avec cette
condition expresse qu'elle aurait à créer deux
rôles dans deux pièces à son choix, d'avoir
refusé formellement de jouer la seconde, soit
La Meilleure Part, de M M- Coulvain et Pierre
Decourcelle, soit La Montansier. Et c'est en
présence de son refus d'assister à la lecture de
la Montansier, que le directeur du Vaude-
ville, pour ne pas porter « d'entrave à la liberté
du travail et dans l'intérêt du bon fonctionne-
ment du théâtre », a décidé de donner la re-
prise de Germinie Lacerteux. D'où son instance
actuelle.
A celle-ci, Mme Réjane répond :
— C'est mon droit strict d'agir .ainsi, car
mon contrat me donne la faculté de désigner
les deux pièces que j'interpréterai. Or, j'ai
choisi Antoinette Sabrier ■— que je joue en ce
moment — et Germinie Lacerteux — que je
jouerai ensuite, et qui est une première pour le
Vaudeville, puisqu'elle n'a été représentée qu'à
l'Odéon. Donc, je ne fais que respecter mon
engagement..
Tels sont le pour et le contre de ce débat bien
parisien, dont le Tribunal fixera tantôt la date,
et qui motivera à la barre — vraisemblable-
ftLnt* à quinzaine — la rencontre de Me La-
mare pour M. Porel, et de Me Henri Coulon,
assisté de Me Léger, avoué, pour Mme Ré-
jane.
L
e Comité du monument Cervantès a confié
l'exécution de ce monument au grand
sculpteur espagnol Quérol.
De passage à Paris, l'auteur de tant d'oeu-
vres grandioses nous a dépeint lui-même le
superbe projet, son oeuvre, que l'Espagne et
l'Amérique latine se proposent d'offrir à la
Ville de Paris.
Le monument aura douze mètres de haut;
le marbre et le bronzé s'y marieront. La com-
position des groupes est des plus harmonieu-
ses et d'une inspiration intense. En voici les
grandes lignes :
Cervantès couronne le monument, à cheval
sur Pégase qui le conduit au Parnasse, alors
que la Victoire tend à la Patrie en deuil la
plume qui écrivit les immortels chefs-d'œuvre
que le monde entier admire.
Au pied du monument, Don Quichotte, et,
derrière lui, en un bas-relief, revivent les héros
du grand écrivain.
L'oeuvre de Quérol sera digne de Paris et
de Cervantès.
MÉDAILLON
M. GASTON ANGLADE
(Le peintre des bruyères roses)
En larges nappes d'un rose vil au soleil
â>.i Midi, d'un rose vineux, sous les rayons obli-
ques du couchant, d'un rose pâle, et comme bro-
ché (L'argent, sous la rosée matinale, des bruyères
éciaboussent de leur tache joyeuse le velours des
gazons. Au fond du ravin, une eau coule, froide
et rapide, et des bouquets d'arbres, aux silhouet-
tes élégantes, çà et là, faillissent des flancs du
roc, couvert d'humus. Des brumes délicates et
légères flottent au creux des vallées, s'accrochènt
aux croupes aiguës des collines, enveloppent
comme d'une caresse les futaies ; et du ciel cal-
me, tombe une lumière égale et douce : vous
avez reconnu les toiles de Gaston Anglade.
Elles se ressemblent et elles sont diverses. Car
l'artiste n'est point de ceux eut s'épuisent, s'éner-
vent à reproduire indéfiniment, une fois maîtres
de leur procédé, un sujet favori, très demandé
sur lé marché. Sa sincérité est grande et sa
conscience scrupuleuse. Chaque été le voit reve-
nir vers son coin de France favori, vers sa
Creuse, toute fleurie de bruyères, et s'évertuer à
rendre leurs tons chatoyants sous les clartés var
riables que leur versent les he-ures. L'hiver, il
revient vers sa maisonnette du Raincy, afin d'être
encore, à chaque moment du jour, au gré de sa
fantaisie, devant la nature qu'il aime, - ce qui
est indispensable pour la bien peindre, et fidèle-
ment.
Willy ROGERS.
L
e prix Nobel.
Il se confirme que le prix Nobel de cent
mille couronnes, pour la chimie, sera attribué,
cette année, à M. et Mme Curie, pour leur dé-
couverte du radium, ce métal extraordinaire
qui émet par lui-mêmé de la chaleur et de la
lumière. Nous sommes heureux,<àe• pouvoir,'.leS^
premiers, annoncer àr-nes-lecteurs-que
vient de découvrir au radium une propriété
nouvelle bien curieuse, qui est la suivante :
Une inclusion d'une parcelle de radium dans
une pierre de couleur amène rapidement sa dé-
coloration, sans que celle-ci, soustraite à l'ac-
tion du métal, reprenne jamais sa couleur. Au
contraire, sous l'action du radium, une pierre
blanche prend une teinte enfumée qui ne se
perd plus ensuite. Il faut, pour obtenir un mil-
ligramme de radium, traiter une tonne de mi-
nerai, la pitchblende; le gramme du métal re-
vient à dix mille francs.
C'est pour rien.
L
es tenanciers des kiosques de journaux ins-
tallés sur la voie publique vendaient, ius-
qu'ici, des cartes postales. Les boutiquiers qui
tiennent le même article se sont plaints de cette
concurrence, et M. Gaston Méry s'est fait, à
l'Hôtel de Ville, l'avocat de leurs réclamations.
En conséquence, le directeur des affaires mu-
nicipales vient de décider que, désormais, les
titulaires de kiosques s'en tiendraient exclusi
vement à la vente des journaux.
L
es bijoutiers nous offrent de ravissants mo-
tifs de coulants de sautoirs, notamment en
« Titre Fixe », métal rival de lor par 1 éclat
et la durée.
Rappelons qu'à poids égal, un bijou « Titre
Fixe » coûte environ cinq fois moins cher que
le même objet en or.
H
érodiade, La Flamenca, La Juive ; Mas-
senet. L. Lambert. F. Halévv. comme
compositeurs; Mmes Calvé, Lionne, Pacary,
Marie Thiéry; MM. Renaud, Jérôme, Duc,
Fournets, Leprestre, Bouvet, comme interprè-
tes, tel est le magnifique tableau offert, en un
mais, par l'Opéra municipal de la G ai té.
L
'Orgie Latine, le nouveau roman de Féli-
cien Champsaur, qui paraît aujourd'hui
chez l'éditeur Fasquelle, n'est-pas seulement
l'extraordinaire et magistrale histoire d'une
étrange époque de la décadence latine que do-
mine, splendide dans sa débauche, Messaline,
l'Impératrice Luxuria, c'est aussi un livre rare,
qui fera la joie des lettrés et des bibliophiles ;
c'est une gageure de luxe et d'art, un chef-
d'œuvre d'édition, où de ravissantes illustra-
tions évocatrices accompagnent un texte pas-
sionnant.
A
la librairie Juven : L'Empereur Gull-
laume Il intime, par Jules Hoche, aussi
amusant par son texte que par ses illustrations ;
Les Amitiés Françaises (10e édition), par Mau-
rice Barrès; Méditerranée, par Lucie Félix
Faure; Terres de Soleil et de Brouillard, cro-
quis d'Italie et d'Angleterre, par Brada.
c
'était prévu : le Salon d'Automne est vite
devenu le lieu de rendez-vous à la mode.
Ce sont, chaque après-midi, dans le cadre joli-
ment paré du Petit-Palais, les plus agréables
réunions mondaines qu'on puisse rêver.
0
n avait projeté d'édifier, sur le terre-plein
qui fait face au Théâtre-Français. l'œu-
vre de Mercié, offerte à la Ville de Paris par
Mme Lardin de Musset.
Mais des objections graves viennent d'être
soulevées par les services de la Ville. D'autre
part, la ligne métropolitaine Palais-Royal-
Place du Danube passera sous le terre-plein;
il est difficile de rien construire au-dessus de
la voûte. Enfin, le Conseil municipal a décidé
d'installer, place du Théâtre-Français; des
water-closets souterrains dont les accès se trou-
veront nécessairement sur le terre-plein.
Or, on a déjà accumulé en cet endroit, assez
resserré et où la circulation est très intense, un
bureau d'omnibus, deux colonnes Morris, un
urinoir double, des bancs, des arbres, etc. Ne
fut-il point question même du Métropolitain ?
Pour ces raisons, l'endroit serait assez mal
choisi. De plus, la place est petite et le man-
que de recul nuirait forcément à l'aspect du
monument.
Le préfet de la Seine va donc inviter le
Conseil municipal à choisir un autre emplace-
ment.
v
oici venue la saison des dîners et des ré-
ceptions : hâtez-vous d'aller visiter l'Ex-
position de services de table et de cristaux
A la Paix, 34, avenue de l'Opéra, où les ama-
teurs trouveront d'intéressantes reproductions
de modèles anciens.
L
e banquet du Guild Hall, offert chaque
année au lord-maire de Londres, en l'hon-
neur de son entrée en fonctions, a une renom-
mée universelle tant par. le luxe déployé que
par la composition d'un menu de tout premier
ordre. On y a vu figurer le Champagne Veuve
Binet. C'était justice; on ne pouvait montrer
plus de discernement et mieux choisir pour
faire plaisir aux illustres hôtes.
NOUVELLE A LA MAIN
D
ans le brouillard. Trois heures du matin.
Au coin d'une rue, deux « Apaches »
se rencontrent, et, trompés par la brumet ne se
reconnaissant pas :
— Holà!. quelle heure est-il?. dit l'un
brandissant un couteau à cran d'arrêt.
- J'allais te l' d'mander, riposte l'autre en
esquissant le même geste.
JOINVILLE.
LE LIEUTENANT BILSE
Devant le conseil de guerre. — L'inculpé
et ses juges.—Condamnation anodine.
METZ, 11 novembre. (De notre correspon-
dant particulier.) — Depuis plusieurs semai-
nes déjà, l'attention du public avait été atti-
rée sur le livre du lieutenant Bilse, Aus
einer kleine Garnison. (Dans une petite gar-
nison.)
Le jeune officier (il a vingt - cinq ans à
peine) était, en dernier lieu, attaché au 16e
bataillon du train des équipages, à Forbach.
Le métier militaire, qu'il avait embrassé tout
d'abord avec enthousiasme, lui apparut si
triste, dans ce petit chef-lieu d'arrondisse-
ment, qu'il résolut de l'abandonner pour sui-
vre une autre carrière ; mais, auparavant
(c'est, du moins, l'explication qu'il donne de
sa conduite), il voulut fustiger les abus, les
injustices et les turpitudes dont il avait été
victime ou témoin.
Le lieutenant BILSE
La salle d'audience du conseil de la 33e
division est située au deuxième étage de
la prison militaire. Lundi matin, bien avant
neuf heures, elle était déjà remplie par un
public choisi parmi les officiers de la gar-
nison. La presse avait reçu 20 cartes seule-
ment. Le conseil était présidé par le con-
seiller de justice militaire Wiemers. Le con-
seiller Palmer remplissait les fonctions de
ministère public. Me Donne vert, avocat de
Metz, assistait l'accusé. Ce dernier, intro-
duit librement, portait la tenue du jour,
sans l'éjpée. Il semble très souffrant, sa phy-
sionomie dénote une grande distinction.
Une petite moustache blonde estompe la lè-
vre ; une raie impeccable divise ses che-
veux, d'un blond châtain.
Le président, après avoir fait un histori-
que très bienveillant de l'affaire, invite l'in-
culpé à .répondre à l'accusation dont il est
l'objet. Ce dernier explique alors de quelle
manière il a été amené à écrire son roman.
Il a déclaré que c'était dans la ville de
Forbach que lui était venue la première idée
de son livre, qui est un ouvrage de protes-
tation sérieuse et convaincue.
Après trois jours d'audience, le conseil de
guerre de la 33e division a prononcé, à 7 h. 45,
son jugement sur l'auteur de Dans une peiite
Garnison.
Le lieutenant Bilse a été condamné à six
mois de prison et à été mis en réforme pour
offense et diffamation envers ses supérieurs
et désobéissance envers les ordres militaires.
En outre, la confiscation des brochures et des
clichés qu'elles contiennent a été ordonnée.
Les Souverains italiens à Londres
Le programme officiel
LONDRES, 11 novembre. — Le Standard pu-
blie le programme officiel de la visite du roi
et de la reine d'Italie :
Mardi, 17 novembre, à 2 h. 30 du soir, arrivée
à Windsor.
A 8 h. du soir, dîner intime.
Mercredi 18 novembre, à 9 h. du matin, chasse
au faisan dans le parc.
A midi et demi, réception des députations.
Après-midi, visite en voiture à Frogmore ; dé-
pôt d'une couronne sur la tombe de la reine Vic-
toria.8 h. du soir, dîner de gala, réception du
A 8 h. du soir, dîner de g.ala, réception du
corps diplomatique.
Jeudi 19, voyage à Londres. A 11 h. 1/2, récep-
tion de la colonie italienne à l'ambassade d'Ita-
lie.
Midi 45, départ pour la Cité.
A 1 h., déjeuner au Guild Hall.
A 5 h., retour & Windsor.
A 8 h. 1/2, dîner de gala..
A 10 h., représentation de gala.
Vendredi 20, le matin, chasse dans le parc;
le soir, dîner de gala, suivi de concert.
Samedi 21, après-midi, départ. de Windsor pour
Portsmouth.
Les honneurs militaires
LONDRES, 11 novembre. — L'adjudant gé-
néral de l'armée publie le programme des
arrangements militaires pris pour la tournés
du 19 :
Au départ de Windsor, une garde d'honneur
sera fournie par les coldstream guards et l'es-
corte par le 1er life guards.
A la gare de Paddington, les souverains eeront
reçus pair le commandant en chef, l'adjudant
général et l'intendant général.
Sur la route de la gare à Windsor, les troupes
de la garnison seront renforcées, pour former la
haie par les qua-tre bataillons de la garde d'Al-
dershot et les coldstrearn guards de Windsor. La
cavalerie de la maison royale fournira l'escorte.
Toutes les troupes seront sous le commande-
ment du major général Olifant.
ENTRE SAVANTS
A propos du aerum antituberculeux. -
L' u incident J) de l'Académie de mé-
decine. — Chez le docteur
Marmorek.
Le docteur Marmorek, nous l'avions an.
noncé, devait faire connaître,, mardi, at
cours fie la séance de l'Académie de méde-
cine, le résultat de ses recherchas sur un
nouveau sérum antituberculeux, qu'il a dé-
couvert. Cette communication n'a pu avoir
lieu, pour la simple raison que l'ordre du
jour ae la séance était trop chargé. Pour-
tant, on a prétendu que ce contre-temps
résultait d'un malentendu qui se serait pro-
duit entre le docteur Marmorek, chef de cli-
nique à l'Institut Pasteur. et le docteur
Roux.
Le docteur WARMOREcjr
Il importait de remettra les choses au
point. D'incident, en effet, il n'en existe pas¡
Voici d'ailleurs la déclaration que le doc.
teur Marmorek a bien voulu me faire lui.
même,, hier soir :
- Depuis dix ans, m'a-t-il dit, je fais par-
tie de 1 Institut Pasteur, mais ce n'est qu<
depuis six ans et demi que je fais des re-
cherches pour découvrir un sérum antitu-
berculeux. Ce sérum, je crois l'avoir trou-
vé, et les expériences auxquelles j'ai pro-
cédé, tant rue Dutot que dans divers hÓpi.
taux de Paris, me semblent concluants.
Mes collègues de l'Institut Pasteur sont
au courant de mes travaux. Ne les approu-
vent-ils pas ? C'est possible. En tout cas,
l'ai cru m'en apercevoir. Aussi n'ai-je pas
hésité, pour retrouver ma liberté d'action,
à adresser, il y a quinze jours,, a11 docteut
Roux, ma démission de chef de laboratoire.
Les savants de l'Institut Pasteur forment
un « bloc ». Or, du moment que je me trou-
vais en désaccord avçc eux et que je tenais
d'autre part A rendre publique ma décou-
verte, 11 était indispensable que j'assuma
seul la responsabilité morale et scientifique
de mes recherches.
Remarquez, ajoute le docteur Marmorek,
que je , suis en excellents termes avec le
docteur Roux, et les savants de
l'Institut Pasteur sont mes amis. Il n'y a
entre nous qu'un TitïÏerEmT'essentiellement
scientifique, et oe n'est pas la première
fois, -vous le saurez, que de semblables ma.
lentendus se produisent entre savants.
Je demande alors au 'docteur- Marmorek
pour queUes raisons il n'avait pu lire sa
communication, mardi dernier.
— Tout simplement, ma-t-il répondu,
parce que l'ordre du jour était trop chargé.
Je ne fais pas partie de l'Académie de mé
decine, et c'est un très grand* honneur que
l'on m'a fait en m'autorisant à soumettre,
aux savants qui composent cette célébra
Compagnie, le résultat de mes travaux.
Mais, dans les statuts de l'Académie de mé-
decine, figure un article disant que ses
membres parleront toujours avant les per-
sonnes étrangères à l'assemblée. Hier, on
a donc tout simplement respecte cet article.
Mais j'espère, du moins on me l'a promis,
que je pourrai lire mon rapport, mardi pro-
chain.
Et le jeune savant, qui me semble tcèa
ému par tout le bruit fait autour de son
nom, me quitte pour rentrer dans son la.
boratoire, après m'avoir exprimé tous s'es
regrets de ne pouvoir me donner aucun
détail tant sur la nature de son sérum que
sur les constatations qu'il a recueillies au
cours de ses expériences.
— Mardi, vous serez, renseigné.
Attendons donc la semaine prochaine.
Et espérons que Le bureau de l'Académ.i«
prendra ses dispositions pour que le doc.
teur Marmorek puisse, mardi, donner leo
ture de son rapport, qui est, on a pu s'en
apercevoir avant-hier, impatiemment at-
tendu autant par le public que par les soifl-
mités médicales et scientifiques.
Paul Erio.
Un Prétendant au trône
Le manifeste du général François de
Bourbon. — Un nouveau Comité
d'action royaliste.
Une rumeur curieuse avait circulé avant-
hier à la Chambre.. où l'on parlait beaucoup
d'un manifeste en faveur du prince de Bour-
bon, manifeste sous lequel-figuraient, entra
autres, les signatures de MM Lasies, députa
et Gharles Bernard, ancien député.
Le géniral de BOUÙBON
Le Joutât a publié, dès hier, le démenti
catégorique que les deux intéressés oppo-
saient à cette prétendue adhésion aux plans
et projets du prétendant.
Cependant, une circulaire mystérieuse
était répandue dans les salles de rédaction.
Elle était ainsi conçue : - -
Il se confirme que le général François de BOUT
bon. duc d'Anjou, né & Toulouse, en 1853., et ac
tuellement .général de division au service de soi
cousin gennain Alphonse XIII. roi d'Espagne,
revendique- ses droits au trône de France.
Un comité politique s'est formé à Paris, ruj
POUZIlilME ANNEE. — N* 4080
SUIII PAGES - Paris et upamemelt*-- mm CINQ CENTIMES
JÈÇDI 12 NOVÉMÎRÏ! 1009
RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 100, RUE RICHELIEU, PARIS FERNAND XAU, Fondateur
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Prix des Abonnements
On an SiX mois Trois mOIs
SEINE & SEINE-ET-OISE.,, 20. D 10.50 5.50
DÉPARTEMENTS ET ALGÉRIE. 24. » 12. D 6. A
ETRANGER (UNION POSTALE) 35. D 18. a 10. a
TELEPHONE
j. PROCNON. • • 102-96
RÉDACTION.. 103-10
t. AMMNtSTRATMN. 101-95
Annonces, Réclames et Faits Divers
CHEZ LAGRANGR, CERF ET C"
6, PLACE DE LA BOURSE
et aux bureaux du JOURNAL
âdreiter les mandats-poste à M. l'Administrateur
AdresM télégraphique : JOURNAL -RICHELIEU- PARIS
Zei manuscrits non insérés «e gong pas rendus
Le Concours
4 du LITRE D'OR
Hier soir, a été clos le Concours du
HT RE D'OR.
Un nombreux personnel est dès main-
tenant occupé à dépouiller et à classer
fes réponses.
Aussitôt que ce travail considérable
fera terminé, nous convoquerons à nou-
teau les délégués qui ont bien voulu,
fur l'invitation du JOURNAL, assister
vu remplissage du litre.
Dans notre Salle des Fêtes, en leur
présence et avec leur concours, la bou-
teille sera descellée, et les grains seront
compta et pesés publiquement; nous
indiquerons par quel procédé nous arri-
verons à mener à bien, rapidement et
vans erreurs possibles, cette opération.
Les Bulletins de Concours auront été
préalablement classés selon l'ordre nu-
mérique et d'après le chiffre indiqué
pour la question principale (c'est-à-dire
le nombre total de grains contenus dans
ta bouteille),. les autres réponses ne de-
vant servir qu'à départager les ex-sequo
possibles.
Le classement des Bulletins aura été
fait en partant du chiffre le plus bas
pour aller au chiffre le plus élevé; il
fera fractionné par des fiches extérieu-
res quoi le subdiviseront en catégories —
par exemple, tous les bulletins qui indi-
queront, comme réponse principale, un
chiffre variant entre 60,000 et 60,500,
seront encadrés de fiches indicatrices;
ceux allant de 60,500 à 61J000 seront en,
cadrés de même, et ainsi de suite.
Dans chacune de ces subdivisions rè-
gnera naturellement l'ordre numérique.
Il sera facile, grdce à ces fiches, de re-
trouver rapidement la catégorie à la-
queue appartiendra le premier prix —
et, dais cette catégorie, il n'y aura qu'à
'ortiT, pour le premier prix, le Bulletin
correspondant au chiffre toted. de grains,
uu celui qui s'en approchera le plus, au-
dessus ou au-dessous du chiffre exact.
Les Bulletins de Concours, classés
tomme nous l'avons expliqué, auront
été déposés dans le même local que ce-
lui où seront comptés les grains. Donc,
vussitôt le chiffre total des grains con-
nu, les recherches auront lieu dans les
fiches, et les gagnants seront proclames
unec le concours et le contrôle des dé-
légués.
On a vu quelles garanties nous avons
tenu à donster cm public pour le rem-
plissage de la bouteille; nous ne croyons
pas qu'il soit possible d'en donner da-
* vantage pour les opérations relatives à
la recherche et à la proclamation du ré-
ndtat..
CONCURRENTS!
Lisez tous les jours
1 LE JOURNAL
NOUVELLE
M. d'Estul de Livey, curé de Saint-
Onésiphore, ouvrait la porte de son mo-
debte entresol quand Etiennette, sa ser-
va.n.t.e, lui annonça que m. le second vi-
vante, l'attendait au salon. Le vieux prê-
caire
tre tira ses gants de laine noire, chaussa
ee3 pieds endoloris dans des pantoufles
de feutre, but une gorgée d'eau claire
pour adoucir l'irritation de son larynx
et, la j ambre traînante, se rendit auprès
£e son visiteur.
Dans la pénombre religieuse de la
pièce, ses yeux alertes perçurent la
silhouette de l'abbé Rougier.
— C'est vous, mon ami. Vous arri-
vez du Midi ?
— L'express de Nice m'a déposé ce
matin à Paris.
M. de Livey écarta les rideaux* de la
fenêtre et, désignant un fauteuil face
au demi-jour de la rue :
— Asseyez-vous, Rougier, dit-il.
Une grande paix régnait dans ce sa-
lon garni de meubles anciens, étoffé de
tentures aux couleurs éteintes, vestiges
d'un luxe deux fois séculaire qui ag-
gravaient la hautaine sérénité du cadre
où s'immobilisait, comme en un por-
trait de Cadet du temps des Louis, la
figure très noble et très pure du vieil-
lard.
Et là, devant lui, entre la fenêtre et
Un bahut du coin, le duc, son aïeul, pou-
dré à frimas, le jabot clairsemé de
points noirs, l'index et le pouce enfouis
dans une tabatière, tout prêt à pétuner,
souriait à son petit-fils.
— Avez-vous eu d'heureux jours dans
votre Provence, dont j'aime tant la lu-
mière et les eaux bleues ?
— Oui, mon père.
Mon père !. Le mot était si inattendu
et le regard du jeune prêtre avait une
expression de si'ardente prière que le
confesseur, d'instincti, rapprocha son
liège, joignit les mains, ferma les yeux.
— Dites, mon enfant.
— Mon père, je suis bien misérable et
bien malheureux ! Il y a cinq ans, ici
même, dans cette pièce qui résonne
encore du cri de votre indignation, j'é-
tais devant vous, mon maître vénéré,
tomme un coupable devant son juge.
Votre arrêt fut celui d'une âme indul-
gente et généreuse. Dans cette ferme
isolée de Beauce où vous m'aviez or-
donné de me confiner, j'ai subi, seul
avec ma conscience, le long et dur mar-
Lyre du remords. J'en suis sorti, le cœur
rafraîchi par la prière, qui lave toutes
tes souillures, comme l'eau claire des
sources. Mon repentir était tel alors
qu'il est à cette heure. Je me sentais li-
béré d'une puissance mauvaise, et je
n'éprouvais d'autre sentiment que celui
d'une reconnaissance infinie envers
vous, .qui m'avez sauvé. Rappelez-vous,
mon père.
— Je revois tout, mon enfant, et je
fous redirai combien le crime de Mme
Saintonge m'a paru odieux.
— Je ne peux en vouloir à cette fem-
me,, ni reporter sur sa faiblesse les
torts si graves que je m'avoue., EUe
était veuve.
— Vous étiez à Dieu.
— Je l'ai aimée, mon père, éperdu-
ment.
— Le contraire eût réjoui mon cœur
de prêtre, mais, comme homme, m'eût
donné le droit de vous mépriser.
- Bien que ma volonté ait asservi les
sens, j'ai été souvent, oh ! bien souvent,
tenté par le démon, à la minute propice
où le corps s'abandonne au sommeil et où
l'énergie de l'âme se fond dans le rêve.
J'ai toujours lutté. J'ai fait de mes nuits
des veilles instructives ou pieuses ; et
j'avais pour me préserver 'des entrepri-
ses ténébreuses et lâches du Malin, ou-
tre mon désir de ne plus être indigne de
vous, outre l'orgueil de vaincre la clarté
fidèle de ma lamoe.
Un soir, — il y a quatre ans de cela —
on me remit une lettre. Je reconnus son
écriture. L'enveloppe était menue et un
parfum très doux s'en exhalait, Mon feu
flambait haut, j'y jetai l'enveloppe in-
tacte. Une autre fois, ma servante vint
me dire qu'une femme dont le visage
se cachait sous une épaisse voilette, de-
mandait à me voir. Je la fis prier de
décliner son nom — c'était elle. Je re-
fusai de la recevoir, elle partit. J'enten-
dais ses sanglots décroître à mesure
qu'elle descendait l'escalier.
J'avais cependant, pour elle, moins
de haine que de pitié ! S'il lui avait été
possible, en me rencontrant, de venir
à moi, la main loyalement tendue, et
si j'avais pu, alors, ne découvrir dans
ses yeux que le bonheur d'une amie re-
voyant un, ami, ma porte lui eÙt été ou-
verte toute grande, et moi qui suis seul,
et dont la vie jamais ne fut entourée de
l'affection réchauffante d'une sœur, je
l'aurais suppliée d'embellir les heures
monotones et griser qu'après le travail
notre nature si faible exige que nous
consacrions au repos.
Mais, qui sait!. Ce désir lui-même
m'eût à la réflexion paru irréalisable. Je
me serais vite défendu de le poursui-
vre puisque l'Eglise dans sa sagesse et
sa prévoyance recommande à ceux qui
la servent de fuir la femme comme un
fléau, car elle porte en elle le péché.
Dites, mon père, fais-je mal en ne
la haïssant pas Y
— Si je réprouvais ce sentiment, vous
haïriez par raison, et cela n'aurait d'au-
tre effet que de mettre votre foi en pé-
ril et de susciter des troubles dans votre
âme pitoyable.
Moni fils, vou4 n'aimez plus Mme'
Saintonge.
: — L'an dernier, à Nice, où m'avaient
envoyé les médecins qui craignaient que
le travail opiniâtre et délectable auquel
je livre la force surabondante de mon
être nfenémiât mon cerveau, je séjour-
nai près de deux mois. J'avais aupara-
vant, traversé le village ensoleillé du
Var où je suis né. J'en avais emporté le
souvenir parfumé de lavande et de
thym. Et le son des voix chevrotantes
qui me parlaient du « vieux Rougie-
ron », mon père, et de la bonne Mi-
mette, sa femme, tintait à mon oreille à.
tout moment du jour, dans la campagne
fleurie ou le long des avenues tièdes de
la ville incomparable.
Je rentrais, un dimanche, dans le pe-
tit hôtel où j'avais pris pension, quand
la patronne, courant sur mes pas, m'ap-
prit que dans un garni voisin, un ma-
lade réclamait un prêtre. Je descends
aussitôt. On me désigne la maison.
deux étages. des fenêtres aux stores
baissés. la porte basse à côté du débit
de vins. Je monte. je frappe. On
m'ouvre. Elle était là, mon père, droite
et pâle, une main sur la poignée de la
porte, l'autre comprimait les battements
précipités de sa poitrine. J'ai fait un
geste de menace et je me suis enfui
comme un voleur.
Ce matin, — mon père, je ne dois
rien vous céler, ni mes angoisses, ni
ma honte; Dieu a voulu que je payasse
bien cher une minute d'égarement —
ce matin, à ma descente de voiture, le
facteur, qui m'épiait, me présenta une
lettre recommandée, timbrée de Paris :
elle portait la date d'avant-hier. Je l'ou-
vris. Aucune signature au bas. Une
écriture heurtée, déformée, à peine lisi-
ble, une- pauvre écriture d'écolier aux
mots inachevés, aux caractères baveux,
avec des taches qui s'élargissaient sur
les bords comme si, dans la hâte, on
n'avait eu le temps de sécher l'encra.
Et je lus. Tenez, la voici, jetez-y les
yeux. Je l'ai lue jusqu'au bout.
Le vieux prêtre se dressa, repoussant
de la main le papier froissé qu'on lui
tendait :
- Lisez vous-même, mon enfant.
— Je ne peux pas. je ne peux pas.
Une émotion très forte paralysait la
voix du jeune homme. Il surmonta cette
faiblesse :
— Oui, il est dit là-dedans que j'ai un
fils, un fils de quatre ans et que le ché-
rubin se meurt à deux cents mètres
d'ici, rue de Prony.
M. de Livey recula, les mains jointes,
les yeux au ciel :
— Mon Dieu, mon Dieu ! s'écria-t-il,
quel malheur 1 un fils à vous, à vous,
Rougier!.
- N'est-ce pas que c'est une torture
épouvantable d'apprendre ainsi la cho-
se, par une lettre. Un coup de mas-
sue !. Et ma honte. Votre front est
pourpre de ma honte. Un fiLs à moi,
ministre du Christ, oui, quel mal-
heur !. Et pourtant, lisez. lisez donc :
il se meurt. il va mourir. le fruit de
l'amour criminel va tomber et pourrir.
le dernier souvenir du passé va dispa-
raître. Et vous serez joyeux, mon père,
joyeux de la mort de cet innocent. de
mon enfant, que je n'ai jamais vu, que
je ne verrai pas. jamais !.
Il s'accouda, tout pleurant, au dossier
de son fauteuil.
— Pleurez-vous sur vos misères, ou
vos larmes sont-elles des larmes de re-
gret ? On vous écrit que vous avez ur
fils et gravement malade. Savez-vous
seulement qui vous écrit?. La lettre
est-elle signée ? Vous m'avez, je crois,
assuré n'avoir pas reconnu l'écriture.
Alors ?. On vous donne une adresse, il
ne peut y avoir d'erreur. Vous veniez à
moi avec la certitude que je vous dirais :
« Allez retrouver votre enfant ». Et vos
serments. Et la dignité de votre robe.
Et Dieu ?
— Oh ! Dieu est inexorable.
— Il est juste, monsieur.
D'une, voix âpre où toute sa révolta cftt
saint, tout son absolutisme de prêtre
irruaient, M. de Livey poursuivit :
— Etes-vous. convaincu, je ne vois
pas d'autre terme, que ce fils est de
vous?.
— Mon père.
— Une femme. veuve. libre, jeune
et belle.
- - Assez, mon père !
- Qui vous a eu, qui vous a pris, car
elle vous a pris, ne s'est pas résignée à
n'avoir qu'un seul amant, soyez-en
sûr.
— Cela est faux. Régine m'aimait.
— Mensonge !
— Elle m'aime encore.
— Mensonge. Tout ce qu'elles di-
sent : mensonge!. Tout ce qu'elles
font : duplicité, hypocrisie. Vous étiez
le prêtre, celui dont on veut la chute
pour le plaisir ignominieux de le voir
à terre, avili, dépouillé de son auréole.
Elle vous a trompé!. Vous tromper,
vous, quelle jouissance !. Et cette pa-
ternité qu'elle vous attribue, c'est son
dernier coup, c'est la dernière victoire.
Le vieillard se tut brusquement et
prêta l'oreille. On avait sonné. Des
pas se pressaient dans le vestibule.
Etiennette parut, un télégramme à la
main :
— Pour M. le vicaire. On ne l'a pas-
trouvé chez lui, on a pensé à venir ici.
— Donnez.
Les deux hommes étaient debout, face
à face, le visage déliré, le regard redev e-
nu calme. Ce «petit bleu» tombant inopi-
nément au milieu de cette douleur et
de cette colère avait refoulé l'une et
l'autre.
L'abbé Rougier déchira la bande, dé-
ploya le papier.
— Voilà. Prenez. lisez.
Il chancelait, le teint ciré, le bras en
avant, cherchant un appui.
— Qu'avez-vous, mon ami ?.
Le curé saisissait la dépêche et épelait
machinalement à voix basse :
« Enfant mort.
» RÉGINE. »
Alors, il y eut un silence pendant le-
quel chacun des deux prêtres entendit
son cœur battre violemment. La rue
elle-même, en bas, avait cette tranquil-
lité funèbre des nuits de plein hiver ; et
pourtant, la pendule sonna sept fois, à
coups très lents.
M. de Livey tenait toujours le « petit
bleu » les bras allongés au corps, la tête
baissée, dans une pose de stupeur.
— Rougier, bégaya-t-il enfin, rue de
Prony. Mme Saintonge appartient
donc à notre
— Oui, mon père. ,
— Ecoutez-moi." Vous m'avez juré de
ne plus revoir cette femme : vous ne la
reverrez plus. Mais je n'ai pas le droit
de vous empêçjier de conduire votre en-
fant à sa dernière demeure. Vous offi-
cierez.
SYLVAIN THÉZOL.
16 prix ex-æquo du Concours
Littéraire du « Journal ».
ÉCHOS
L
e Président de la République a offert, hier,
dans les tirés de Rambouillet, une chasse
en 1 honneur des grands-ducs Alexis et Boris
de Russie.
Accompagné du lieutenant-colonel Lamy, il
est arrivé à la gare des Invalides à neuf heu-
res. A la gare se trouvaient déjà réunis les invi-
tés du Président : les généraux Florentin, Bru-
gère et Voyron, le comte Potocki, MM. Ernest
Camot et Thome.
Un déjeuner a été servi au château avant la
chasse.
Le retour a eu lieu par la gare des Invali-
des, hier soir, à six heures.
u
ne conférence de M. Moissan sur le dia-
mant, au Trocadéro.
On se souvient que le journal a annoncé le
premier le curieux pari qui mettait récemment
aux prises deux chimistes, au su jet de la dé-
couverte du diamant artificiel, que M. Charles
Combes contestait à M. Moissan.
Il paraît. que M. Moissan, ému des critiques
que vient de formuler M. Charles Combes dans
une revue scientifique contre son procédé de
fabrication du diamant artificiel, et qui eut un
certain retentissement dans le monde savant,
aurait l'intention, pour répondre aux objections
de son confrère, de "faire prochainement, au
Trocadéro, une grande conférence publique,
dans laquelle il exposerait les arguments qui
militent en faveur de sa thèse.
A l'appui de ses affirmations, M. Moissan
ferait lui-même devant ses auditeurs l'expé-
rience du diamant artificiel, qu'il tenta, il y a
quelques années, devant une autre assemblée,
aux Arts et Métiers, et que, malheureusement,
la production d'un court-circuit vint arrêter.
L
e procès Porel-Réjane.
Il ne s'agit pas, cette fois, du divorce.
mais de l'interprétation de l'engagement de la
grande comédienne au Vaudeville.
C'est aujourd'hui même que sera appelé, au
début de l'audience de la première Chambre
du Tribunal civil, présidée par M. Ditte, le
procès en 100,000 francs de dommages-infé-
rêts intenté par M. Porel à Mme Réjane.
Dans son assignation à jour fixe, M. Porel
fait grief à sa femme, engagée, l'été dernier,
par lui, pour cent représentations, avec cette
condition expresse qu'elle aurait à créer deux
rôles dans deux pièces à son choix, d'avoir
refusé formellement de jouer la seconde, soit
La Meilleure Part, de M M- Coulvain et Pierre
Decourcelle, soit La Montansier. Et c'est en
présence de son refus d'assister à la lecture de
la Montansier, que le directeur du Vaude-
ville, pour ne pas porter « d'entrave à la liberté
du travail et dans l'intérêt du bon fonctionne-
ment du théâtre », a décidé de donner la re-
prise de Germinie Lacerteux. D'où son instance
actuelle.
A celle-ci, Mme Réjane répond :
— C'est mon droit strict d'agir .ainsi, car
mon contrat me donne la faculté de désigner
les deux pièces que j'interpréterai. Or, j'ai
choisi Antoinette Sabrier ■— que je joue en ce
moment — et Germinie Lacerteux — que je
jouerai ensuite, et qui est une première pour le
Vaudeville, puisqu'elle n'a été représentée qu'à
l'Odéon. Donc, je ne fais que respecter mon
engagement..
Tels sont le pour et le contre de ce débat bien
parisien, dont le Tribunal fixera tantôt la date,
et qui motivera à la barre — vraisemblable-
ftLnt* à quinzaine — la rencontre de Me La-
mare pour M. Porel, et de Me Henri Coulon,
assisté de Me Léger, avoué, pour Mme Ré-
jane.
L
e Comité du monument Cervantès a confié
l'exécution de ce monument au grand
sculpteur espagnol Quérol.
De passage à Paris, l'auteur de tant d'oeu-
vres grandioses nous a dépeint lui-même le
superbe projet, son oeuvre, que l'Espagne et
l'Amérique latine se proposent d'offrir à la
Ville de Paris.
Le monument aura douze mètres de haut;
le marbre et le bronzé s'y marieront. La com-
position des groupes est des plus harmonieu-
ses et d'une inspiration intense. En voici les
grandes lignes :
Cervantès couronne le monument, à cheval
sur Pégase qui le conduit au Parnasse, alors
que la Victoire tend à la Patrie en deuil la
plume qui écrivit les immortels chefs-d'œuvre
que le monde entier admire.
Au pied du monument, Don Quichotte, et,
derrière lui, en un bas-relief, revivent les héros
du grand écrivain.
L'oeuvre de Quérol sera digne de Paris et
de Cervantès.
MÉDAILLON
M. GASTON ANGLADE
(Le peintre des bruyères roses)
En larges nappes d'un rose vil au soleil
â>.i Midi, d'un rose vineux, sous les rayons obli-
ques du couchant, d'un rose pâle, et comme bro-
ché (L'argent, sous la rosée matinale, des bruyères
éciaboussent de leur tache joyeuse le velours des
gazons. Au fond du ravin, une eau coule, froide
et rapide, et des bouquets d'arbres, aux silhouet-
tes élégantes, çà et là, faillissent des flancs du
roc, couvert d'humus. Des brumes délicates et
légères flottent au creux des vallées, s'accrochènt
aux croupes aiguës des collines, enveloppent
comme d'une caresse les futaies ; et du ciel cal-
me, tombe une lumière égale et douce : vous
avez reconnu les toiles de Gaston Anglade.
Elles se ressemblent et elles sont diverses. Car
l'artiste n'est point de ceux eut s'épuisent, s'éner-
vent à reproduire indéfiniment, une fois maîtres
de leur procédé, un sujet favori, très demandé
sur lé marché. Sa sincérité est grande et sa
conscience scrupuleuse. Chaque été le voit reve-
nir vers son coin de France favori, vers sa
Creuse, toute fleurie de bruyères, et s'évertuer à
rendre leurs tons chatoyants sous les clartés var
riables que leur versent les he-ures. L'hiver, il
revient vers sa maisonnette du Raincy, afin d'être
encore, à chaque moment du jour, au gré de sa
fantaisie, devant la nature qu'il aime, - ce qui
est indispensable pour la bien peindre, et fidèle-
ment.
Willy ROGERS.
L
e prix Nobel.
Il se confirme que le prix Nobel de cent
mille couronnes, pour la chimie, sera attribué,
cette année, à M. et Mme Curie, pour leur dé-
couverte du radium, ce métal extraordinaire
qui émet par lui-mêmé de la chaleur et de la
lumière. Nous sommes heureux,<àe• pouvoir,'.leS^
premiers, annoncer àr-nes-lecteurs-que
vient de découvrir au radium une propriété
nouvelle bien curieuse, qui est la suivante :
Une inclusion d'une parcelle de radium dans
une pierre de couleur amène rapidement sa dé-
coloration, sans que celle-ci, soustraite à l'ac-
tion du métal, reprenne jamais sa couleur. Au
contraire, sous l'action du radium, une pierre
blanche prend une teinte enfumée qui ne se
perd plus ensuite. Il faut, pour obtenir un mil-
ligramme de radium, traiter une tonne de mi-
nerai, la pitchblende; le gramme du métal re-
vient à dix mille francs.
C'est pour rien.
L
es tenanciers des kiosques de journaux ins-
tallés sur la voie publique vendaient, ius-
qu'ici, des cartes postales. Les boutiquiers qui
tiennent le même article se sont plaints de cette
concurrence, et M. Gaston Méry s'est fait, à
l'Hôtel de Ville, l'avocat de leurs réclamations.
En conséquence, le directeur des affaires mu-
nicipales vient de décider que, désormais, les
titulaires de kiosques s'en tiendraient exclusi
vement à la vente des journaux.
L
es bijoutiers nous offrent de ravissants mo-
tifs de coulants de sautoirs, notamment en
« Titre Fixe », métal rival de lor par 1 éclat
et la durée.
Rappelons qu'à poids égal, un bijou « Titre
Fixe » coûte environ cinq fois moins cher que
le même objet en or.
H
érodiade, La Flamenca, La Juive ; Mas-
senet. L. Lambert. F. Halévv. comme
compositeurs; Mmes Calvé, Lionne, Pacary,
Marie Thiéry; MM. Renaud, Jérôme, Duc,
Fournets, Leprestre, Bouvet, comme interprè-
tes, tel est le magnifique tableau offert, en un
mais, par l'Opéra municipal de la G ai té.
L
'Orgie Latine, le nouveau roman de Féli-
cien Champsaur, qui paraît aujourd'hui
chez l'éditeur Fasquelle, n'est-pas seulement
l'extraordinaire et magistrale histoire d'une
étrange époque de la décadence latine que do-
mine, splendide dans sa débauche, Messaline,
l'Impératrice Luxuria, c'est aussi un livre rare,
qui fera la joie des lettrés et des bibliophiles ;
c'est une gageure de luxe et d'art, un chef-
d'œuvre d'édition, où de ravissantes illustra-
tions évocatrices accompagnent un texte pas-
sionnant.
A
la librairie Juven : L'Empereur Gull-
laume Il intime, par Jules Hoche, aussi
amusant par son texte que par ses illustrations ;
Les Amitiés Françaises (10e édition), par Mau-
rice Barrès; Méditerranée, par Lucie Félix
Faure; Terres de Soleil et de Brouillard, cro-
quis d'Italie et d'Angleterre, par Brada.
c
'était prévu : le Salon d'Automne est vite
devenu le lieu de rendez-vous à la mode.
Ce sont, chaque après-midi, dans le cadre joli-
ment paré du Petit-Palais, les plus agréables
réunions mondaines qu'on puisse rêver.
0
n avait projeté d'édifier, sur le terre-plein
qui fait face au Théâtre-Français. l'œu-
vre de Mercié, offerte à la Ville de Paris par
Mme Lardin de Musset.
Mais des objections graves viennent d'être
soulevées par les services de la Ville. D'autre
part, la ligne métropolitaine Palais-Royal-
Place du Danube passera sous le terre-plein;
il est difficile de rien construire au-dessus de
la voûte. Enfin, le Conseil municipal a décidé
d'installer, place du Théâtre-Français; des
water-closets souterrains dont les accès se trou-
veront nécessairement sur le terre-plein.
Or, on a déjà accumulé en cet endroit, assez
resserré et où la circulation est très intense, un
bureau d'omnibus, deux colonnes Morris, un
urinoir double, des bancs, des arbres, etc. Ne
fut-il point question même du Métropolitain ?
Pour ces raisons, l'endroit serait assez mal
choisi. De plus, la place est petite et le man-
que de recul nuirait forcément à l'aspect du
monument.
Le préfet de la Seine va donc inviter le
Conseil municipal à choisir un autre emplace-
ment.
v
oici venue la saison des dîners et des ré-
ceptions : hâtez-vous d'aller visiter l'Ex-
position de services de table et de cristaux
A la Paix, 34, avenue de l'Opéra, où les ama-
teurs trouveront d'intéressantes reproductions
de modèles anciens.
L
e banquet du Guild Hall, offert chaque
année au lord-maire de Londres, en l'hon-
neur de son entrée en fonctions, a une renom-
mée universelle tant par. le luxe déployé que
par la composition d'un menu de tout premier
ordre. On y a vu figurer le Champagne Veuve
Binet. C'était justice; on ne pouvait montrer
plus de discernement et mieux choisir pour
faire plaisir aux illustres hôtes.
NOUVELLE A LA MAIN
D
ans le brouillard. Trois heures du matin.
Au coin d'une rue, deux « Apaches »
se rencontrent, et, trompés par la brumet ne se
reconnaissant pas :
— Holà!. quelle heure est-il?. dit l'un
brandissant un couteau à cran d'arrêt.
- J'allais te l' d'mander, riposte l'autre en
esquissant le même geste.
JOINVILLE.
LE LIEUTENANT BILSE
Devant le conseil de guerre. — L'inculpé
et ses juges.—Condamnation anodine.
METZ, 11 novembre. (De notre correspon-
dant particulier.) — Depuis plusieurs semai-
nes déjà, l'attention du public avait été atti-
rée sur le livre du lieutenant Bilse, Aus
einer kleine Garnison. (Dans une petite gar-
nison.)
Le jeune officier (il a vingt - cinq ans à
peine) était, en dernier lieu, attaché au 16e
bataillon du train des équipages, à Forbach.
Le métier militaire, qu'il avait embrassé tout
d'abord avec enthousiasme, lui apparut si
triste, dans ce petit chef-lieu d'arrondisse-
ment, qu'il résolut de l'abandonner pour sui-
vre une autre carrière ; mais, auparavant
(c'est, du moins, l'explication qu'il donne de
sa conduite), il voulut fustiger les abus, les
injustices et les turpitudes dont il avait été
victime ou témoin.
Le lieutenant BILSE
La salle d'audience du conseil de la 33e
division est située au deuxième étage de
la prison militaire. Lundi matin, bien avant
neuf heures, elle était déjà remplie par un
public choisi parmi les officiers de la gar-
nison. La presse avait reçu 20 cartes seule-
ment. Le conseil était présidé par le con-
seiller de justice militaire Wiemers. Le con-
seiller Palmer remplissait les fonctions de
ministère public. Me Donne vert, avocat de
Metz, assistait l'accusé. Ce dernier, intro-
duit librement, portait la tenue du jour,
sans l'éjpée. Il semble très souffrant, sa phy-
sionomie dénote une grande distinction.
Une petite moustache blonde estompe la lè-
vre ; une raie impeccable divise ses che-
veux, d'un blond châtain.
Le président, après avoir fait un histori-
que très bienveillant de l'affaire, invite l'in-
culpé à .répondre à l'accusation dont il est
l'objet. Ce dernier explique alors de quelle
manière il a été amené à écrire son roman.
Il a déclaré que c'était dans la ville de
Forbach que lui était venue la première idée
de son livre, qui est un ouvrage de protes-
tation sérieuse et convaincue.
Après trois jours d'audience, le conseil de
guerre de la 33e division a prononcé, à 7 h. 45,
son jugement sur l'auteur de Dans une peiite
Garnison.
Le lieutenant Bilse a été condamné à six
mois de prison et à été mis en réforme pour
offense et diffamation envers ses supérieurs
et désobéissance envers les ordres militaires.
En outre, la confiscation des brochures et des
clichés qu'elles contiennent a été ordonnée.
Les Souverains italiens à Londres
Le programme officiel
LONDRES, 11 novembre. — Le Standard pu-
blie le programme officiel de la visite du roi
et de la reine d'Italie :
Mardi, 17 novembre, à 2 h. 30 du soir, arrivée
à Windsor.
A 8 h. du soir, dîner intime.
Mercredi 18 novembre, à 9 h. du matin, chasse
au faisan dans le parc.
A midi et demi, réception des députations.
Après-midi, visite en voiture à Frogmore ; dé-
pôt d'une couronne sur la tombe de la reine Vic-
toria.8 h. du soir, dîner de gala, réception du
A 8 h. du soir, dîner de g.ala, réception du
corps diplomatique.
Jeudi 19, voyage à Londres. A 11 h. 1/2, récep-
tion de la colonie italienne à l'ambassade d'Ita-
lie.
Midi 45, départ pour la Cité.
A 1 h., déjeuner au Guild Hall.
A 5 h., retour & Windsor.
A 8 h. 1/2, dîner de gala..
A 10 h., représentation de gala.
Vendredi 20, le matin, chasse dans le parc;
le soir, dîner de gala, suivi de concert.
Samedi 21, après-midi, départ. de Windsor pour
Portsmouth.
Les honneurs militaires
LONDRES, 11 novembre. — L'adjudant gé-
néral de l'armée publie le programme des
arrangements militaires pris pour la tournés
du 19 :
Au départ de Windsor, une garde d'honneur
sera fournie par les coldstream guards et l'es-
corte par le 1er life guards.
A la gare de Paddington, les souverains eeront
reçus pair le commandant en chef, l'adjudant
général et l'intendant général.
Sur la route de la gare à Windsor, les troupes
de la garnison seront renforcées, pour former la
haie par les qua-tre bataillons de la garde d'Al-
dershot et les coldstrearn guards de Windsor. La
cavalerie de la maison royale fournira l'escorte.
Toutes les troupes seront sous le commande-
ment du major général Olifant.
ENTRE SAVANTS
A propos du aerum antituberculeux. -
L' u incident J) de l'Académie de mé-
decine. — Chez le docteur
Marmorek.
Le docteur Marmorek, nous l'avions an.
noncé, devait faire connaître,, mardi, at
cours fie la séance de l'Académie de méde-
cine, le résultat de ses recherchas sur un
nouveau sérum antituberculeux, qu'il a dé-
couvert. Cette communication n'a pu avoir
lieu, pour la simple raison que l'ordre du
jour ae la séance était trop chargé. Pour-
tant, on a prétendu que ce contre-temps
résultait d'un malentendu qui se serait pro-
duit entre le docteur Marmorek, chef de cli-
nique à l'Institut Pasteur. et le docteur
Roux.
Le docteur WARMOREcjr
Il importait de remettra les choses au
point. D'incident, en effet, il n'en existe pas¡
Voici d'ailleurs la déclaration que le doc.
teur Marmorek a bien voulu me faire lui.
même,, hier soir :
- Depuis dix ans, m'a-t-il dit, je fais par-
tie de 1 Institut Pasteur, mais ce n'est qu<
depuis six ans et demi que je fais des re-
cherches pour découvrir un sérum antitu-
berculeux. Ce sérum, je crois l'avoir trou-
vé, et les expériences auxquelles j'ai pro-
cédé, tant rue Dutot que dans divers hÓpi.
taux de Paris, me semblent concluants.
Mes collègues de l'Institut Pasteur sont
au courant de mes travaux. Ne les approu-
vent-ils pas ? C'est possible. En tout cas,
l'ai cru m'en apercevoir. Aussi n'ai-je pas
hésité, pour retrouver ma liberté d'action,
à adresser, il y a quinze jours,, a11 docteut
Roux, ma démission de chef de laboratoire.
Les savants de l'Institut Pasteur forment
un « bloc ». Or, du moment que je me trou-
vais en désaccord avçc eux et que je tenais
d'autre part A rendre publique ma décou-
verte, 11 était indispensable que j'assuma
seul la responsabilité morale et scientifique
de mes recherches.
Remarquez, ajoute le docteur Marmorek,
que je , suis en excellents termes avec le
docteur Roux, et les savants de
l'Institut Pasteur sont mes amis. Il n'y a
entre nous qu'un TitïÏerEmT'essentiellement
scientifique, et oe n'est pas la première
fois, -vous le saurez, que de semblables ma.
lentendus se produisent entre savants.
Je demande alors au 'docteur- Marmorek
pour queUes raisons il n'avait pu lire sa
communication, mardi dernier.
— Tout simplement, ma-t-il répondu,
parce que l'ordre du jour était trop chargé.
Je ne fais pas partie de l'Académie de mé
decine, et c'est un très grand* honneur que
l'on m'a fait en m'autorisant à soumettre,
aux savants qui composent cette célébra
Compagnie, le résultat de mes travaux.
Mais, dans les statuts de l'Académie de mé-
decine, figure un article disant que ses
membres parleront toujours avant les per-
sonnes étrangères à l'assemblée. Hier, on
a donc tout simplement respecte cet article.
Mais j'espère, du moins on me l'a promis,
que je pourrai lire mon rapport, mardi pro-
chain.
Et le jeune savant, qui me semble tcèa
ému par tout le bruit fait autour de son
nom, me quitte pour rentrer dans son la.
boratoire, après m'avoir exprimé tous s'es
regrets de ne pouvoir me donner aucun
détail tant sur la nature de son sérum que
sur les constatations qu'il a recueillies au
cours de ses expériences.
— Mardi, vous serez, renseigné.
Attendons donc la semaine prochaine.
Et espérons que Le bureau de l'Académ.i«
prendra ses dispositions pour que le doc.
teur Marmorek puisse, mardi, donner leo
ture de son rapport, qui est, on a pu s'en
apercevoir avant-hier, impatiemment at-
tendu autant par le public que par les soifl-
mités médicales et scientifiques.
Paul Erio.
Un Prétendant au trône
Le manifeste du général François de
Bourbon. — Un nouveau Comité
d'action royaliste.
Une rumeur curieuse avait circulé avant-
hier à la Chambre.. où l'on parlait beaucoup
d'un manifeste en faveur du prince de Bour-
bon, manifeste sous lequel-figuraient, entra
autres, les signatures de MM Lasies, députa
et Gharles Bernard, ancien député.
Le géniral de BOUÙBON
Le Joutât a publié, dès hier, le démenti
catégorique que les deux intéressés oppo-
saient à cette prétendue adhésion aux plans
et projets du prétendant.
Cependant, une circulaire mystérieuse
était répandue dans les salles de rédaction.
Elle était ainsi conçue : - -
Il se confirme que le général François de BOUT
bon. duc d'Anjou, né & Toulouse, en 1853., et ac
tuellement .général de division au service de soi
cousin gennain Alphonse XIII. roi d'Espagne,
revendique- ses droits au trône de France.
Un comité politique s'est formé à Paris, ruj
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