Titre : Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-10-04
Contributeur : Chadeuil, Gustave (1821-1896). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 04 octobre 1903 04 octobre 1903
Description : 1903/10/04 (N12259). 1903/10/04 (N12259).
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-199
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/06/2013
- C:rNO CENTIMES le ISTunaéro;
PARIS & DÉPARTEMENTS
Le Numéro CrNQ CENTIMES
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REDACTION : 14, rue du Mail, Paris
Ee 4 à 8 heures du soir et de 10 heures du soir à 1 heure du malin
No 12259. — Dimanche 4 Octobre 1903
11 VENDÉMIAIRE AN 112
IIHI!'n I m VI'HIN I * l'jH1' du Mail
Adresser lettres et mandats i L'i l ni Utir iteur
Nous commençons aujourd' hui en feuilleton
4e la 4* page:
LE ROI DE CORSE
par CAMILLE BIAS
- NOS LEADERS
lin nom nouveau
Voilà des jours que je me promets
de parler de la proposition de M. Ger-
ville-Réache. Evidemment, personne
ne songe plus à la proposition de M.
Gerville-Réache, si tant est que per-
sonne s'en soit jamais aperçu. N'im-
porte ! au risque d'être accusé par mes
confrères d'avoir perdu le sens de l'ac-
tualité, je parlerai de la proposition de
M. Gerville-Réache. Parceque jene suis
pas égoïste ; elle m'a réjoui, cette pro-
position; je désire faire partager aux
lecteurs du Rappel le plaisir qu'elle
m'a causé. Dites, après cela, que je ne
suis pas un bon garçon. Eh quoi ! les
Qccasionsde.se faire une pinte de bon
ang sont si rares!. ,
Mais je suis sûr que vous grillez
d'envie de savoir en quoi consiste la
proposition de M. Gerville-Réache, car
il est hors de doute que vous l'ignorez
absolument, que vous n'en avez ja-
mais entendu parler.
Je ne veux pas vous faire languir.
M. Gerville-Réache. propose, tout
bonnement, tant aux radicaux qu'aux
radicaux-socialistes, de renoncer aux
dénominations sous lesquelles ils sont
connus, de s'appeler Ji l'avenir « dé-
jnophiles ».
Remarquez, tout de suite, que le
choix de ce vocable dénote chez M.
Gerville-Réache une certaine érudi-
tion. Fichtre ! mais c'est du grec, cela !
En pareille occnrence, Philaminte des-
mande à Vadins la permission de
l'embrasser, pour l'amour du grec.
Mais se trouverait-il, au temps où
nous vivons, une Philaminte assezcou-
rageuse pour vouloir "embrasser M.
Gerville-Réache ? Soyons sérieux 1.
***
« Démophiles » est un mot grec, cela
est certain : démos, peuple; philos,
ami. Ah !. Vous vous demandez ce
que.. Ne cherchez pas. Intrinsèque-
ment parlant, la proposition de M.
Gerville-Réache est dépourvue de
ftoute espèce de signification. Elle ré-
lelè uniquement chez son auteur le
iîéSir de ne pas se faire oublier.
Et c'est ce désir qui est intéressant,
au point de vue psychologique.
C'est très curieux, je vous assure;
car enfin, s'il y a un homme qui de-
vrait souhaiter qu'on ne parle plus,
plus jamais de lui, c'est bien M. Ger-
ville-Réache.
N'est-ce pas?
Rappelons, si vous le voulez bien —
- oh ! brièvement ! — les états de ser-
vice de ce produit de .la Guadeloupe.
1 Jusqu'en 1884, M. Gerville-Réache
fut un de ces députés modestes et sages
dont on ne dit rien, par la bonne rai-
son qu'on les ignore. Vint la comédie
de la revision. M. Gerville-Réache se
révéla. Il #réussit à se faire nommer
rapporteur et, tranquillement, lui, ra-
dical la veille, se fit l'exécuteur des
intentions de la majorité opportu-
niste d'alors.
Contre toutes les propositions répu-
blicaines, il proposait imperturbable-
ment la question préalable et mérita
le surnom de « Toussaint-la-Ferme-
ture », qui lui resta. On l'appelait
aussi, couramment, alors, « Gerville-
Réac ».
Un jour, il se trouva avoir comme
adversaire le vénéré Schcelcher; la
reconnaissance, le respect, devaient
empêcher M. Gerville-Réache de com-
battre l'homme que tout colonial
doit considérer comme le libérateur.
M. Gerville-Réache prouva qu'il n'a-
vait ni reconnaissance, ni respect,
en combattant Schœlcher, comme il
avait combattu tous les radicaux,
itous les citoyens restés fidèles à leurs
(programmes, à leurs promesses, à
- leur drapeau. Que voulez-vous ?
, ***..
Enfin, après le congrès de 1884, M:
Gerville-Réache .s'était mis en dehors
du parti radical, et végétait, Ferry
n'ayant pas eu le temps de le nommer
même sous-secrétaire d'Etat. Jusqu'en
1898, pendant quatorze ans, il siégea
silencieux. Alors, quand personne as-
surément ne savait plus qu'il existait,
il sortit de son silence. Ce fut — vous
vous en souvenez, certes — pour pro-
poser la loi de dessaisissement.
La chambre criminelle de la cour de
cassation était saisie de la demande en
revisiqn de l'affaire Dreyfus. Sur la
rumerfr qu'elle était favorable à cette
demande, les adversaires de la justice
s'étaient émus. Comment empêcher la
lumière de luire ? la vérité de se faire
jour? Ils cherchaient.
M. Gerville-Réache fut l'ouvrier de
- la besogne.
Il proposa — fait inouï, qui fera tres-
saillir d'indignation l'avenir —de des-
saisir les juges, de modifie» pour les
besoins de la cause les règles écrites du
droit framnai^r^"**" **
Assurément, line bonne par tdelahon-
te de cette loide dessaisissement revient
au gouvernement qui l'a fait voter,
mais il serait profondément inique de
ne pas attribuer à M. Gerville-Réache
la large part qui lui revient dans cette
honte.
Et ce fut encore une défaite pour
l'ancien disciple de Schœlcher.La Cour
de Cassation jugea, toutes chambres
réunies, comme eut jugé la chambre
criminelle toute seule, proclama l'in-
nocence de Dreyfus — et était-il pos-
sible qu'il en fut autrement ?
De sorte que tel est le passé politique
de l'homme qui propose aujourd'hui
aux radicaux de changer de nom ; il se
présente ayant dans une main ses rap-
ports de 1884, dans l'autre la loi de
dessaisissement. N'est-il pas prodi-
gieusement bouffon, dites! que ce dé-
puté prétende donner des inspira-
tions, des conseils aux républicains ?
Du reste le mot : démophile, me
plaît; il est joli; évidemment M. Ger-
ville-Réache comptait sur lui pour se
remettre en vedette ; j'y aide.
Lucien Victor-Meunier.
■■ ■ iuffri
SUITE DES COtTRADICTIONS
Est-ce que M. Combes vou-
drait mettre les rieurs du côté
de la congrégation ? En tout cas,
aujourd'hui les cléricaux oublient
presque de crier à la persécution
pour s'égayer des incohérences
qu'ils remarquent dans la politique anti-
cléricale du gouvérnement.
L' Univers se tient les côtes en nous con-i
tant l'histoire de l'école religieuse de Ber-
gerac. ".:
A Bergerac, donc, les sœurs de Sainte-
Marthe avaient un établissement d'ensei-
gnement. M. Combes jugea bon d'en or-
donner la fermeture. Cette décision fut exé-
cutée. D'ailleurs les cléricaux de la région
ne parurent pas autrement émus. Ils al-
laient partout disant et répétant que l'école
libre de Saint-Jacques — c'est le nonl exact
de l'établissement dont nous parlons — ne
resterait pas longtemps close.
Les républicains n'en croyaient rien. Ils
avaient tort. L'école vient de rouvrir ses
portes.
Que. !;'était-H passé ? M. de Labatut, dé-
puté ministériel, était intervenu auprès
de M. Combes, et le président du conseil
avait été trop heureux de faire plaisir à un
membre de sa majorité.en prenant la me-
sure gracieuse dont ont bénéficié les sœurs
de Sainte-Marthe.
, Autrement dit, il se passe pour les écoles
congréganistes, ce qui s'est produit pour
les chapelles.
M. Combes a bien fermé quelques petites
chapelles. Mais les riches, les puissantes
chapelles, Lourdes, Fourvières, n'ont eu
rien à craindre des foudres gouvernemen-
tales.
De même M. Combes ordonne la réou-
verture des écoles congréganistes qui béné-
ficient d'une protection sérieuse.
Quant aux républicains,aux anticléricaux
sincères, ils s'aperçoivent un peu tard qu'on
les berne, et ils ne savent que répondre aux
railleries trop justifiées de l'Univers et des
Croix.
------'-
LU TAUROMACHIE DAMS L'EST
--
La presse de l'Est, sans distinction de nuan-
ces politiques,accueille avec mécontentement la
nouvelle que des courses de taureaux auraient
lieu aux portes do Nancy demain dimanche.
Une intéressante lettre publiée par l'Impar-
tial de l'Est nous fait connaître le sentiment,
de la population. En voici 1e passage essen-
tiel :
Né et élevé dans le Gard, j'ai vu les effets la-
mentables des course de taureaux. Non pas seu-
lement des courses °.cpagnolos, dont les arènes de
Nîmes, comme celles d'autres villes méridionales,
sont le théâtre, mais des courses réputées inoffen-
sives, dans les villages, où la place publique sert
de cirque, où des charrettes et des tonneaux font
l'office de tribunes. Et je considère comme un de-
voir civique et impérieux d'élever la-voix contre
ces divertissements vulgaires, sauvages, qui jet-
tent un défi à la loi et au bon sens.
Dans de telles courses, malgré toutes les pré-
cautions que l'on peut prendre, les hommes
sont exposés à des accidents mortels et les ani-
maux à un traitement cruel. -
On est d'avis qu'il faudrait interdire ces courses
- et l'on sait que c'est ce que le gouvernement a
voulu faire — là où elles sont entrées, par mal-
heur, dans les habitudes des populations. Ne fau-:
drait-il pas, à plus forte raison, ne pas les laisser
s'implanter dans nos régions do l'Est, où, comme
on l'a dit, le besoin no s'en fait nullement sentir
et où leur organisation provoque, instinctivement,
les plus formelles réserves ? Et. comment ? Pour-
quoi tous ceux qui les 'condamnent dans leur
for intérieur ne s'abstiendraient-Us pas d'y al- :
ler, et ne feraient-ils pas entendre une calme
mais franche protestation? Ils ont sûrement la
majorité. TH. Roux.
Il ne coûterait rien au gouvernement d'in-
terdire l'ignoble spectacle contre lequel pro-
testent et la" presse et la population de l'Est.
Cette mesure augmenterait le prestige moral
de la République dans une région où, mal-
heureusement, la réaction est encore assez
puissante.
Nous adjurons le gouvernement et le pré-
fet de Meurthe-et-Moselle de ne pas reculer
devant un devoir facile. Gageons pourtant que
la loi sera bafouée demain une is de plus?
--- --
LA CIPLINE DANS L'AMÉRIQUE DU SUD
(De notre correspondant particulier)
Buenos Ayres, 2 octobre.
- Bientôt l'Amérique latine, jusqu'ici tant dé-
criée pour ses prammciamientos, pourra don-
ner des leçons de bonne discipline à certaines
armées Européennes.
Dernièrement, un groupe d'officiers d'infan-
terie et de cavalerie se présentait au général
Roca, président de la République pour protes-
ter contre le ministre de la guerre qui ne les
l' avait pas compris dans ?a -liste des dernières
promotions.
Lé président de la République, indigné d'un
pareil manquement à la discipline, infligea, à
chacun de ces officiers, quatre mois d'arrêts de
rigueur.
Tous doivent purger cette peine dans une
garnison frontière. De cette manière, ils n'au-
ront pas l'occasion d'arroser la maison prési-
dentielle.
CULTURE CLERICALE
Une église du XIIe siècle. — Interview
express dans une nef. — L'incon-
vénient des voûtel trop élevées.
— Cause inattendue du défi-
cit budgétaire. — Trop
de statues !
Sortie de Creil qui trépide jour et nuit au
passage des trains, l'Oise traverse des plaines
qu'obscurcit d'un perpétuel voile do deuil la
fumée des forges de Montataire, et, avant de
s'engager dans une délicieuse vallée, ombreuse
et pittoresque, contourne une sorte de pro-
montoire sur lequel s'élève un admirable joyau
du XIIe siècle : l'église de Saint-Leu-d'Esse-
rent.
Ces temps derniers, par un chaud après-
midi — ne riez pas! Il a fait chaud deux ou
trois jours, cet été — je visitais cette église
et j'admirais la sveltesse des piliers et la su-
perbe hauteur d'une nef merveilleuse, lors-
qu'un brave homme qui cachait sa calvitie
sous une calotte noire et des yeux malins sous
des sourcils broussailleux, attira mon at-,
tentions
Bambous et piliers
Gravement, il alignait sur les dalles de
longs bambous garnis à leurs extrémités
d'anneaux métalliques qu'il emboîtait les uns
dans les autres ; à l'un de ces bambous était
fixée une sorte de grosse brosse ronde, aux
crins durs et serrés.
— Ouf ! fit-il en me regardant ; ce n'est pas
drôle.
— Quoi donc ?
— Oui, je vois bien ; vous trouvez ça beau,
parce que c'est très haut ! Mais, moi, j'aime-
rais mieux que ces voûtes fussent moins éle-
vées. J'aurais moins de mal à enlever la pous-
sière.
— Bast ! de temps à autre, ce n'est pas une
grosse affaire.
— C'est la fête patronale. Il faudra venir ;
dans le pays se tient le même jour la « foire
aux melons. » Tous les gens, après avoir fait
leurs dévotions, vont manger en plein air des
'tranches de melon. Jamais vous n'avez vu au-
tant de melons !
— Je vous crois sur parole. Mais autre chose
m'intéresse pour l'instant. Vous n'avez pas l'air
d'apprécier beaucoup les beautés de votre
église ? Il y a longtemps que vous êtes ici ?
— Oh ! oui, monsieur.
- Et vous n'avez jamais vu votre curé s'ex-
tasier devant ces voûtes ?
— Si ; je sais bien que Saint-Leu est une
belle église qui a été bâtie par des moines.
Tout autour de l'édifice, vous pouvez voir en-
core les vestiges des cloîtres. Et ces bons moi-
nes possédaient des fermes, des fermes ! Aussi
loin que la vue peut s'étendre, quand on est
monté au-dessus du portail, sous la grande ro-
sace qui est là, toutes les terres leur apparte-
naient. Mais les pauvres gens, ils ont été obli-
gés. de s'enfuir en 93 parce qu'on les persé-
cutait comme aujourd'hui.
— Il "me semble que vous exagérez un
peu.
— Non ! non ! on les persécute, on les
oblige à émigrer comme en 93, on ruine le
pays. ruine la pays?
— On ruine le pays?
Pourquoi on ne répare pas les églises
— Oui, monsieur, c'est comme je vous le
dis. Ainsi, cotte église est classée parmi les
monuments historiques et l'on a voté un cré-
dit de cent mille francs pour la restaurer.
Tous les piliers que vous voyez ici à droite et
à gauche, ont été consolidés ou reconstruits.
Mais en voici quatre dont on a laissé les cha-
piteaux sans sculpture. Pourquoi ? Parce que
le crédit est épuisé. Bien. Mais pourquoi ne
vote-t-on pas un nouveau crédit ? Hé ! bien,
je vais vous le dire, moi. C'est parce que le
gouvernement actuel élève trop de statues 1
— ?
- Ça vous étonne, ce que je vous dis? C'est
pourtant la vérité 1 A chaque instant, dans
tous les coins de la France, on inaugure une
statue. Et qui est-ce qui paie toutes ces staL
tues ?
C'est le gouvernement, naturellement ; et il
n'est donc pas extraordinaire qu'il ne lui reste
plus d'argent pour réparer les églises.
— Où diable vous a-t-on raconté cela ?
— Comment ! Mais c'est tout le monde qui
dit cela. Tout le monde sait bien que c'est à"
cause de cela que « les finances de la France
sont en déficit ».
Pauvre homme
Je souriais, moitié amusé, moitié navré :
néanmoins j'allaitonter de fournir quelques
explications à mon interlocuteur, lorsque ces
paroles tombées de ses lèvres : « Oh 1 tout ce.
qu'on pourra me dire à ce sujet ne fera rien :
je sais à quoi m'en tenir! » me firent com-
prendre l'inanité de mes efforts.
Il vit sans doute ma mine déconfite et un
éclair de triomphe passa dans son regard.
Pauvre homme 1
Je m'en suis allé par l'ombreuse et pittores-
que vallée de l'Oise, et, tout le long de la
jolie rivière, j'ai évoqué le souvenir des artis-
tes d'antan qui bâtirent leur rêve de foi sur le
promontoire de Saint-Leu. Je les ai fait revi-
vre. je les ai mis en présence do nos artistes
modernes, et je me suis amusé à les faire con-
verser ensemble, ceux qui couvrirent notre
pays d'une dentelle d'églises et ceux qui la re-
couvrent en ce moment d'une magnifique
floraison de monuments et de statues — in-
conscients, et pour cause, du gouffre budgé-
taire qu'ils ont creusé. - - <
G. DE VORNEY.
-■ il -
LES CARTES POSTALES ILLUSTREES
Méfions-nous f
Nous avons dit récemment que l'adminis-
tration des postes et télégraphes avait fait con-
naître que :
Les mentions « bon voyage », « bon retollp »
« bonne santé », inscrites sur des cartes postales
illustrées, utilisées comme cartes de visite ont
pour objet, dans la majorité des cas, de faire' con-
naître que l'on a fait bon voyage, que le retour
s'est bien effectué, etc. Elles constituent, dès
lors, une correspondance et doivent être interdites
sur les cartes illustrées affranchies à prix réduit.
Le directeur des postes de la Seine a jugé
bon de communiquer cette décision aux agents
qui peuvent avoir lieu d'en faire l'application.
Dans une circulaire qu'il a portée à la con-
naissance de ces agents, le directeur des postes
de la Seine dit que, d'une manière générale, il
conviendra de s'assurer que ces agents sont en
mesure de renseigner le public qui les inter-
roge concernant les mentions autwsées sur
les cartes de visite et, par suite, sur les cartes
illustrées employées comme telles.
De nombreuses réclamations donnent à
craindre que les agents se contentent trop fré-
quemment de répondre qu'il est permis d'ins-
crire sur les objets de l'espèce « cinq mots de
"politesse , ou noyant pas un caractère de cor-
respondance personnelle ». Pareille réponse
est insuffisante et de nature à induire plutôt le
public en erreur.
Il convient ajoute-t-il dé toujours bierrfcpê-
cifier quelles mentions autorisées doivent être
■ exclusivement des vœux, souhaits, compliments
de condoléance, félicitations, remerciements ou
Attires-formules de politesse n'excédant pas
eitiq mots (art. 292 de l'instruction générale
§ 13 f). Tout mot et toute phrase ne pouvant
avec certitude être rangés dans l'une des caté-
gories d'expressions énoncées dans ce texte,
doivent donner lieu à taxation (ou contraven-
tion, selon le cas), que leur sens ait ou n'ait
pas le caractère de correspondance actuelle ou
personnelle.
Le directeur des postes de la Seine invite, en
terminant, ses subordonnés à ne pas hésiter à
lui soumettre la question pour qu'il puisse la
trancher d'après des précédents, ou, le cas
échéant, la faire tranche, par l'administra-
tion.
!"!! m l 9 - s m Z M
Voir à la 3° page
les Dernières Dépêches
de la nuit
et, la. Revue des Journaux
, du matin
NCORE DE L'HISTOIRE
Les membres du Congrès de la Paix n'ont
pas la sympathie des nationalistes.
Dans la Patrie d'hier, M. Millevoye, après
avoir tonné contre eux de toutes les foudres de
son éloquence guerrièro les traite d'« ennemis
du drapeau tricolore » et de « pourvoyeurs do
débâcles ».
M. Millevoye doit manquer de mémoire. Il y
a eu dans notre histoire depuis moins de cent
ans deux grandes débâcles qui ont laissé toutes
deux la France plus petite : 1815 et 1871. Tou-
tes deux eurent comme autours responsables,
je dirais presque comme organisateurs, les
impérialistes, ceux qui de nos jours sont les
grands patriotes, les nationalistes. Il est évi-
dent que M. Millevoye a du oublier cela, au-
trement il ne pourrait pas parler aussi gaillar-
dement de catastrophes dont ses amis et adhé-
rents ont été les premiers responsables. —
II. N.
.—————————— ———————————
Attentat contre un gracier Rigicids
(De notre corrpspondant particulier)
Belgrade, 2 octobre.
Hier soir un individu, resté inconnu, a tiré
deux coups de revolver contre la tente du com-
mandant Louka Lazarovitsch, dans le camp
militaire de Toptschider.
Le commandant Lazarowitsch était un des
chefs de la conjuration contre le roi Alexandre
et, dans l'attentat dont il vient d'être l'objet,il
s'agit sans doute d'un acte de vengeance poli-
tique.
Par hasard M. Lazarowitsch était absent.
LE TÉLÉPHONE AU VATICAN
(De notre correspondant particulier)
Rome, 2 octobre.
Le Papo, afin do pouvoir êtra en correspon-
dance avec ses sœurs, a fait relier, par un fil
téléphonique, son appartement avec le palais
Boggio.
PARTI RADICAL-SOCIALISTE
Le bureau du Comité exécutif s'est réuni
mercredi soir, sous la présidence d e M. F. Du-
bief. Il a expédié les affaires courantes et a pris
connaissance de la lettre que M. le Ministre de
la guerre a adressée au président en réponse
aux démarches faites par le Comité exécutif en
faveur des soldats retenus sous les drapeaux
par application de l'art. 47 de là loi du 15 juil-
let 1889. M. le Ministre fait savoir au Comité
qu'il a accordé « à un certain nombre de mili-
taires dont la conduite s'était amendée, la re-
mise totale du service supplémentaire qui leur
avait été imposé. D'autre part, MM. les géné-
raux commandant les corps d'armée ont statué
ou statuent encore sur des demandes de réduc-
tion partielle. Mais il n'est pas possible de pren-
dre une mesure générale à ce sujet. »
A 9 heures, le comité exécutif entre en
séance plénière sous la présidence de M. F.
Dubief, président ; M. Edouard Ignace, remplit
les fonctions de secrétaire de séance.
Après avoir arrêté quelques détails de l'ins-
tallation du congrès, sous la présidence de M.
F. Dubief, le comité décide que M. Puech, vice-
président, désigné par le bureau, sera chargé
du rapport présenté au nom du comité exécutif
sur les travaux et l'action de ce comité durant
l'année 1902-1903.
Sur la proposition de M. F. Cahen, rappor-
teur général de la 8e commission, les questions
concernant les trusts et cartels, les Ports francs,
la Caisse de la prévoyance de la marine, le per-
cement de la Faucille et la Marine marchande
sont réservées.
M. Klotz, au nom de la 8e commission, lit un
remarquable rapport sur la politique agricole
du Parti radical et radical-socialiste. Ce rap-
port est accueilli par de vifs applaudissements.
Le projet de résolution suivant, présenté par
M. Klotz comme conclusion est adopté à l'una
nimité :
— Le congrès du parti républicain radical et ra-
dical-socialiste invite les pouvoirs publics à facili-
ter l'accession des non-possédants à la propriété
par le dégrèvement des petites mutations à titre
onéreux, à en favoriser la conservation par l'insti-
tution du homestead, à dégrever largement la
terre, à réprimer les fraudes et les abus de l'agio-
tage et de l'accaparement, a développer l'enseigne-
ment techniquo agricole, a assurer la réfection du
cadastre, à stimuler la création des coopératives, à
établir l'assurance générale contre les épizootiers
et la grêle, base du crédit agricole, à accorder au
fermier sortant une indemnité de plus-value, à
assurer une représentation professionnelle à la
culture, à appliquer aux travailleurs ruraux les
principes de prévoyance et de solidarité sociales
(accidents du travail, retraites), qui doivent béné-
licier à tout le monde ouvrier,
M. F. Buisson fait un magistral exposé des
questions qui concernent les rapports de l'Etat
avec l'Eglise et l'école. Ses définitions si com-
préhensives, ses aperçus philosophiques à la
fois personnels et conformes à l'idéal de la dé-
mocratie moderne soulèvent à diverses repri-
ses d'unanimes approbations. M. F. Buisson,
qui ne s'était pas proposé de faire un rapport
définitif, mais "'énoncer toutes les données du
problème afin d'ouvrir une large et féconde
discussion, termine en lisant les diverses con-
clusions sur lesquelles le congrès do Marseille
pourrait être appelé à voter.
Malgré l'heure avancée, la discussion estamor-
cée, MM. Franklin-Bouiilon, Ch. Bos, Klotz et
Maujan crennent successivement la parole.
Tous demandent que le Parti se décide pour des
solutions politiques efficaces, M. Maujan, ap-
puyant les gpinions émises par MM, Klotz et:
Ch. Bos, estime que l'Etat a 1 obligation d'assu-
rer l'éducation primaire à tous les enfants de
la nation,lesquels doivent, comme le voulait Mi-
chelet, passer tous par l'école communale, les
enseignements secondaires et supérieurs com-
portant un autre régime. M. Maujan estime
aussi que la dénonciation du Concordat sup-
pose une loi préal[l.a sur la liberté des cultes
Que le gouvernement, dit-il, prenne l'initiative
d'une çeIle loi le Concordat pourra être en-
sûîtô dénoncé. -.
La suite de la discussion est renvoyée au sa-
medi 3 octobre, à 9 h, du soir.
LAICI S N
Les erreurs du « Gaulois H. — A l'asile
de Saint-Maurice. — Charmantes
natures. — Une situation qui
ne périclite pas. — Le der-
nier effort.
Le rédacteur qui signe G. D. dans Le Gaulois
vient encore une fois défendre les bonnes et
saintes femmes qui sont les dévouées filles du
seigneur (sic). Seulement comme il continue,
comme il avait commencé en entassant des
« Ossas » d'inexactitudes sur des « Pelions »,
d'erreurs nous n pouvons nous empêcher de
redresser une fois de plus les blagues qu'il sert
à ses lecteurs, blagues qui d'ailleurs font peu
d'honneur à leur mentalité, s'ils les acceptent
ainsi.
M. G. D. veut bien nous dire que le directeur,
affolé à l'idée d'une imposante manifestation
dirigée contre lui-même et contre M. Combes,
n'a pas hésité à employer d'indignes moyens
d'intimidation pour esquiver le bruit des
sifflets
Le G. D. en question a une forte dose d'ima-
gination, et je me demande où il a pu voir
l'affolement de M. Bohnier. Démentir des allé-
gations aussi étranges.nées sans doute dans les
méninges atrophiées de ses « saintes » corres-
pondantes, deviendrait fastidieux si ce n'était
amusant.
Mais où G. D. devient désopilant c'est
quand il fait venir les religieuses « une à une
dans le bureau du directeur qui les oblige de
déguerpir par petits paquets ».
Hemettons les choses au point et disons à
M. G. D., ce qui est arrivé : Les religieuses
faisant de l'opposition, le directeur écrivit à la
supérieuie générale de venir le trouver, M.
Bonnier la mit au courant des agissements in-
tolérables de ses subordonnées et la mit en
demeure de les faire tenir tranquilles. La su-
périeure générale, qui est une femme intelli-
gente, comprit que le mieux était d'être rai-
sonnable et de ne pas jouer la comédie comme
les communautés françaises (c'est une appré-
ciation de sa part, peu flatteuse du reste pour
lesdites-communautés) et elle imposa silence
aux trop farouches béguines.
Reconnaissance cléricale
Mais où le confrère est par trop imaginatif,
c'est lorsque M. G. D., affirme que les sœurs
qui avaient droit à la reposance n'ont rien eu
et que le directeur n'a accordé aucune indem-
- nité pour le départ des sœurs.
- Non seulement les neuf sœurs, y compris la
mère Providence, toucheront (ou du moins
c'est la communauté qui touchera) 400 fr.
chacune par an, mais encore le directeur a
fait allouer par le ministre une indemnité de
1,500 fr. que l'on ne leur devait pas, au titre
d'indemnité de départ.
Il est vrai que cela n'était peut-être pas suf-
fisant pour payer les frais de transport des
braves nonnes et des six wagons et des deux
voitures de déménagements qui emportaient
les effets de la communauté en dehors de leur
bagage personnel.
On voit donc que l'administration a agi plus
que correctement avec elles. Comment l'ont-
elles remerciée? Oh! le plus gentiment du
monde ; d'abord en détruisant tous les iivres
et les papiers pouvant être utiles à leurs suc-
cesseurs, les surveillantes laïques ; puis elles
ont réuni toutes leurs clefs (et elles sont nom-
breuses) et en ont fait un gros tas, ayant bien
soin de les bien mêler, de sorte qu'il faut plu-
sieurs jours pour reconnaître à laquelle des
nombreuses serrures elles appartiennent.
Charmantes natures ! !.
Les entrées à l'asile
Quant à l'affirmation de M. G. D. qui « sait
de source certaine qu'un certain nombre de
familles vont s'empresser de retirer leurs ma-
lades, il me suffira de le renvoyer à mes précé-
dents articles et je crois pouvoir lui dire qu'on
s'empressera de lui donner les preuves que
non seulement il n'est pas sorti une seule pen-
sionnaire à cause du départ des sœurs, que
pas une ne sortira, mais encore, que jamais le
chiffre des entrées n'a été aussi élevé.
Dans une interview de M. Bonnier publiée
par un de nos confrères, nous voyons que le
chiffre des malades qui dépassait rarement 600
(une coquille fait dire 500 et 511) atteignait ce
mois-ci 611, rien n'est plus exact. N'en dé-
plaise au Gaulois, cela l'ennuiera peut-être, lui
et ceux qui l'ont aidé dans sa campagne et à ce
sujet peut-être sera-t-il intéressant — je ne
saurais trop le répéter —. d9 connaître ceux
qui ont donné des renseignements aux adver-
saires du gouvernement et surtout le fonction-
naire qui, non content de déclarer à qui vou-
lait l'entendre que l'asile de Saint-M8.adce al-
lait perdre tous ses malades payants et en
même temps « égarer » le dossier concernant
les nominations du personnel laïque de l'a-
sile.
Si on se reporte à certains articles publiés
par un autre de" nos confrères du matin, et
concernant également un établissement patio-
nal : les Quinze-Vingts, on constate un mau-
vais vouloir clérical si évident qu'on en arrive
à se demander si, à la fin, les moines n'auront
pas le dessus et ne replaceront pas l'éteignoir
sur la lumière que nous sommes en train de
faire.
Heureusement, ces gros effôrts ne sont plus
guère que les soubresauts d'une agonie un pou
durable : mais les derniers soupirs de la bête
ne sont pas éloignés, et bientôt nous pourrons
entonner le victorieux De Profundis.
Et, vous savez, morte la bête, morl le venin.
EMILE MAHÉ.
„—————————————— ♦ —
EXTENSION DE LA MARINEANGLMSE-
(De notre correspondant particulier)
Londres, 2 octobre.
L'Amirauté a mis en adjudication la cons -
truction de quinze destroyers d'un nouveau mo-
dèle. Chacun d'eux doit avoir une longueur de
225 pieds et filer avec un rapidité de 25 nœuds
et demi. Ils sont destinés à prendre la haute
mer. Les machines seront disposées de manière
à être protégées contre le feu de l'ennemi.
TRUST ANTI-GRÉVISTE
(De notre correspondant particulier)
New-York, 2 octobre.
De gros industriels et des financiers de Chi-
cago ont créé un trust avec un capital de 100
millions de francs dans le but de combattre les
grèves. Ces capitalistes se proposent de pren-
dre toutes les contre-mesures nécessaires con-
tre le boycottage des ouvriers indépendants par
les grévistes et contre les émeutes. Il est fort
probable que le syndicat enrôlera une forte bri-
gade de prétoriens armés, semblable à la garde
de Pinkerton.
EN CHINE
Marseille, 2 octobre.
VEcho de Chine, arrivé ce matin par voie
anglaise, reproduisant un article d'un journal
chinois, dit :
Le ministre de France à Pékin, ayant su
maréchal Sou devait être décapitée envoya
f nistôre des affaires é t: -. s une lettre dans la-,
quelle il est dit : « Pn.>qn;< ! • gouvernementfran-;
çais-avaitt ;:tt Sun. la dccoratiùu
du premier de,»ré, la - ; ■ Chine ne peut Je
condamner à la mort sans informer la France, etc.
Dans le Ta-Kong-Pao :
Devant les juges, le nnrÜehal Sou a déclaré quo
son grand-père et son p. ÎV moururent pour l'Em-
pire chinois, et il les a priés'do'le faire savoir à
Leurs Majestés avant d. déterminer son châtiment.
On dit que les membres LI ministère de la justice !
consentent à présenter rr>l*s à la cour. :
JUSTES REïtiJDICâTiOSS
*. -
Les employés des OL>atributions indirectes. r
récemment constUo en Union générale, et Í
qui n'ont point PC¡.¡Ju leur temps, puisqu'ils J
ont contribué, par *
et un vaste pétitionuenieut à obtenir la grâce
de leur camarade LoiM'uant, viennent de for-
muler leurs revendications qui tiennent dans;
ce court programme : assimilation compléta
aux employés des postes.
Les employés des contributions indirectes
sont en effet recrutés dans le même milieu
social ils subissent à peu. de chose près les
mêmes examens, que les employés des postes
leur besogne est aussi pénible. Pourquoi donc-
sont-ils traités d'une manière absolument dif-
férente ? En voici des exemples. -
SUKNUMHRARIAT
Postes. — Une allocation de 100 francs par mois
est accordée au surnuméraire dès son entrée dans
l'administration.
Contributions indirectes. — Le surnuméraire,
n'obtient une allocation de 50 francs qu'après plu-
sieurs mois de service.
AVANGEMENT V
Postes. — Un avancement régulier est donné tous
les trois ans.
Contribulions indirectes. — Aucune limite n'ô
tant fixée, les employés les mieux notés peuven
attendre 6, 7, 8 ans et plus pour obtenir une aug
mentation de traitement.
CHANGEMENT DE RÉSIDENCE
Postes. — Le commis des Postes obtient son
avancement sur place jusqu'au traitement de
3.600 francs.
Contributions indirectes. — Pour arriver au trai-
tement de 3.000 francs, l'employé des Contributions
indirectes doit subir, à ses frais, quatre déplace-
ments au gré de l'administration.
INDEMNITÉ DE RÉSIDENCE
Postes. — Dans les grandes villes, à Paris Pa.
exemple, indemnité de 250 francs pour tous les
agents jusqu'au traitement de 4.000 francs.
Contributions indirectes. — A Paris, indemnité
de 100 francs pour les célibataires et de 200 francs
pour les employés vivant en famille ou mariés
jusque et y compris le traitement de 1.700 francs.
INDEMNITÉ DE DÉPLACEMENT
Postes.- 5 à 6 francs par jour pour une moyenm.
de 8 heures de travail.
Contributions indirectes, — Intérim de commis
principal, receveur et receveur buraliste, f. fr. par
jour ; services des distil!eries agricoles, fabriques
et raperies de sucre, 0 fr. 50 à 1 fr. 50 pour un mi-
nimum de 10 heures de service de jour ou de nuit
indistinctement,
VOYAGES
Postes. — L'administration délivre elle-même a
ses agents des permis de parcours à demi-tarif.
Contributions indirectes. — Aucune réduction
de tarif,' sauf sur le réseau du Midi, et eircas de
congé régulier sur le réseau de l'Etat, miis après
demande spéciale et douze à quinze jours d'at-
tente.
TABLEAU D'AVANCEMENT
Postes. — Le tableau d'avancement est commu-
niqué à tous les agents.
Contribulions indirectes. — Ce n'est que sur la!
demande de l'employé que l'administration peut,1
consentir à lui faire connaitre s'il est porté ou nOIl:
sur le tableau d'avancement.
DOSSIER
Postes. — L'employé des Postes a toujours con-
naissance des feuilles signalétiques le concernant.
Contributions indirectes. — L'employé ignoro
toujours la nature des notes qui lui sont données.
Ainsi l'administration dçs contributions indi-
rectes connait encore la pratique des dossiers
secrets dont le procès n'èst plus à faire.
L'initiative de l'union générale à ceci de bon -.
qu'elle indique les progrès à accomplir. Lors-
qu'il y a une amélioration à réaliser, il est oi-
seux de s'adresser aux grands chefs qui trop
souvent ignorent ou feignent d'ignorer les in-
justices dont leurs subordonnés peuvent avoir à
se plaindre, il faut s'enquérir auprès des inté-
ressés eux-mêmes, leur demander des indica-
tions nettel et précises,alors seulement l'on est,
édifié et l'on peut, en toute connaissance de
cause, chercher à remédier dans la mesure;
du possible à des états de choses défectueux.,
- L. Armbruster.
A LA MÉMOIRE D'ÉMILE ZOLA
Une grandiose manifestation
Nous recevons les communications suivan,
tes
Se souvenant que le grand mat'.re et regret
Emile Zola fut des premiers et des plus empresses !
à nous assurer de son concours, le président de la,
section du 13' arromlissement do la Ligue des
Droits de l'Homme et du citoyen, estimant qu'il es
du devoir de nos adhérents d'être parmi ceux qui
manifesteront de leur reconnaissance en se ren-
dant au pèlerinage qui aura lieu demain, diman-i
che 4 courant, à la tombe d'Emile Zola au cime-
tière Montmartre, les convoque à cet effet à 1 h. de
l'après-midi, maison Paul us, 4, avenue d'Italie.
Invite en outre à se joindre à nous tous les,
membres des différents groupes anticléricaux da 1
l'arrondissement, républicains, radicaux, socia-
listes, révolutionnail-es,. adhérents aux coopéra-
tives, syndicats, Université populaire, libre-pan-
sée, etc., etc., en vue de rendre plus imposante
cette manifestation laïque. Départ en corps de lai
salle de l'Etoile-d'Or à 1 h. 112 précise. Se munirs
de son insigne, églantine rouge on coquelicot.
A l'issue du pèlerinage Emile Zola, réunion desj
adhérents de la section de la ligue des Droits da
l'Homme 4, avenue d'Italie, à 5 heures du soir,;
en vue de l'organisation prochaine d'une réunion'
publique. — Le président : EMILE ANTZ.
Los membres du comité et les adhérents des
Droits de l'Homme et du Citoyen (section Clignan-
court). sont invités à se rélnir demain dimancha
4 octobre à 2 h., place du DeH pour se diriger en
corps au cimetière Montma""o, sur la tombe
d'Emile Zbla. — Le secrétaire géiléral : \l', UUMPEL
! Le comité d'action républicaine de Saint-Cloud
(S.-et-O.), invite tous ses adhérents à prendra
part demain dimanche, à la grandiose manifesta-
tion qui aura lieu au cimetière Montmartre, sur
la tombe- d'Emile Zola. Tous les membres du
groupe sont priés de se trouver au rendez-vous
qui est fixé à la place CLichy, à l'angle du boule-
vard et de l'avenue du même nom. On se rendra
ensuite au cimetière, où l'on arrivera à deux hèu-'
res et demie. Pour le bureau : MAURICE LU BLOND,
président.
L'INSURRECTION EN MACÊOOiftE
La Russie et l'Autriche
Satnt-Pétersbourg, 2 octobre.
Le Journal de Saint-Pétersbourç/ écrit au su-
jet de visité, que l'empereur de Russie fait
-
Cette tion a été soutenue par le congrès des
autres f jides puissances qui ont apprécié 1 esprit
de désjji ressement des deux Monarchies et le ça*
raS'I- T* de leur politique.
- -013 qui a été tenu par les gouver-
tro-hon?'rOlS, à Constantino-
mm résultat d'empêcher un
tre la Sublime Porte et la
éventualité qui semblait
^c pour le moments
1
PARIS & DÉPARTEMENTS
Le Numéro CrNQ CENTIMES
ANNONCES
AUX BUREAUX DU JOURNAL
14, rue du Mail, Paris.
gt chez MM. LAGRANGE, CERF etO*
6, place de la Bourse, 6
£ SMg«B télégraphique : XIX- SIÈGLB - PARIS
ABONNEMENTS
i
Paris. Trois mois 6 f. six mois 11 f. Un as 20 f.-
Départements — 7 f. — 12 f. — 24 f. ;
Union Postale — 9 f. — 16 f. — 32
fo sont reçus sans frai
àeis tes Bareauz de Poste
REDACTION : 14, rue du Mail, Paris
Ee 4 à 8 heures du soir et de 10 heures du soir à 1 heure du malin
No 12259. — Dimanche 4 Octobre 1903
11 VENDÉMIAIRE AN 112
IIHI!'n I m VI'HIN I * l'jH1' du Mail
Adresser lettres et mandats i L'i l ni Utir iteur
Nous commençons aujourd' hui en feuilleton
4e la 4* page:
LE ROI DE CORSE
par CAMILLE BIAS
- NOS LEADERS
lin nom nouveau
Voilà des jours que je me promets
de parler de la proposition de M. Ger-
ville-Réache. Evidemment, personne
ne songe plus à la proposition de M.
Gerville-Réache, si tant est que per-
sonne s'en soit jamais aperçu. N'im-
porte ! au risque d'être accusé par mes
confrères d'avoir perdu le sens de l'ac-
tualité, je parlerai de la proposition de
M. Gerville-Réache. Parceque jene suis
pas égoïste ; elle m'a réjoui, cette pro-
position; je désire faire partager aux
lecteurs du Rappel le plaisir qu'elle
m'a causé. Dites, après cela, que je ne
suis pas un bon garçon. Eh quoi ! les
Qccasionsde.se faire une pinte de bon
ang sont si rares!. ,
Mais je suis sûr que vous grillez
d'envie de savoir en quoi consiste la
proposition de M. Gerville-Réache, car
il est hors de doute que vous l'ignorez
absolument, que vous n'en avez ja-
mais entendu parler.
Je ne veux pas vous faire languir.
M. Gerville-Réache. propose, tout
bonnement, tant aux radicaux qu'aux
radicaux-socialistes, de renoncer aux
dénominations sous lesquelles ils sont
connus, de s'appeler Ji l'avenir « dé-
jnophiles ».
Remarquez, tout de suite, que le
choix de ce vocable dénote chez M.
Gerville-Réache une certaine érudi-
tion. Fichtre ! mais c'est du grec, cela !
En pareille occnrence, Philaminte des-
mande à Vadins la permission de
l'embrasser, pour l'amour du grec.
Mais se trouverait-il, au temps où
nous vivons, une Philaminte assezcou-
rageuse pour vouloir "embrasser M.
Gerville-Réache ? Soyons sérieux 1.
***
« Démophiles » est un mot grec, cela
est certain : démos, peuple; philos,
ami. Ah !. Vous vous demandez ce
que.. Ne cherchez pas. Intrinsèque-
ment parlant, la proposition de M.
Gerville-Réache est dépourvue de
ftoute espèce de signification. Elle ré-
lelè uniquement chez son auteur le
iîéSir de ne pas se faire oublier.
Et c'est ce désir qui est intéressant,
au point de vue psychologique.
C'est très curieux, je vous assure;
car enfin, s'il y a un homme qui de-
vrait souhaiter qu'on ne parle plus,
plus jamais de lui, c'est bien M. Ger-
ville-Réache.
N'est-ce pas?
Rappelons, si vous le voulez bien —
- oh ! brièvement ! — les états de ser-
vice de ce produit de .la Guadeloupe.
1 Jusqu'en 1884, M. Gerville-Réache
fut un de ces députés modestes et sages
dont on ne dit rien, par la bonne rai-
son qu'on les ignore. Vint la comédie
de la revision. M. Gerville-Réache se
révéla. Il #réussit à se faire nommer
rapporteur et, tranquillement, lui, ra-
dical la veille, se fit l'exécuteur des
intentions de la majorité opportu-
niste d'alors.
Contre toutes les propositions répu-
blicaines, il proposait imperturbable-
ment la question préalable et mérita
le surnom de « Toussaint-la-Ferme-
ture », qui lui resta. On l'appelait
aussi, couramment, alors, « Gerville-
Réac ».
Un jour, il se trouva avoir comme
adversaire le vénéré Schcelcher; la
reconnaissance, le respect, devaient
empêcher M. Gerville-Réache de com-
battre l'homme que tout colonial
doit considérer comme le libérateur.
M. Gerville-Réache prouva qu'il n'a-
vait ni reconnaissance, ni respect,
en combattant Schœlcher, comme il
avait combattu tous les radicaux,
itous les citoyens restés fidèles à leurs
(programmes, à leurs promesses, à
- leur drapeau. Que voulez-vous ?
, ***..
Enfin, après le congrès de 1884, M:
Gerville-Réache .s'était mis en dehors
du parti radical, et végétait, Ferry
n'ayant pas eu le temps de le nommer
même sous-secrétaire d'Etat. Jusqu'en
1898, pendant quatorze ans, il siégea
silencieux. Alors, quand personne as-
surément ne savait plus qu'il existait,
il sortit de son silence. Ce fut — vous
vous en souvenez, certes — pour pro-
poser la loi de dessaisissement.
La chambre criminelle de la cour de
cassation était saisie de la demande en
revisiqn de l'affaire Dreyfus. Sur la
rumerfr qu'elle était favorable à cette
demande, les adversaires de la justice
s'étaient émus. Comment empêcher la
lumière de luire ? la vérité de se faire
jour? Ils cherchaient.
M. Gerville-Réache fut l'ouvrier de
- la besogne.
Il proposa — fait inouï, qui fera tres-
saillir d'indignation l'avenir —de des-
saisir les juges, de modifie» pour les
besoins de la cause les règles écrites du
droit framnai^r^"**" **
Assurément, line bonne par tdelahon-
te de cette loide dessaisissement revient
au gouvernement qui l'a fait voter,
mais il serait profondément inique de
ne pas attribuer à M. Gerville-Réache
la large part qui lui revient dans cette
honte.
Et ce fut encore une défaite pour
l'ancien disciple de Schœlcher.La Cour
de Cassation jugea, toutes chambres
réunies, comme eut jugé la chambre
criminelle toute seule, proclama l'in-
nocence de Dreyfus — et était-il pos-
sible qu'il en fut autrement ?
De sorte que tel est le passé politique
de l'homme qui propose aujourd'hui
aux radicaux de changer de nom ; il se
présente ayant dans une main ses rap-
ports de 1884, dans l'autre la loi de
dessaisissement. N'est-il pas prodi-
gieusement bouffon, dites! que ce dé-
puté prétende donner des inspira-
tions, des conseils aux républicains ?
Du reste le mot : démophile, me
plaît; il est joli; évidemment M. Ger-
ville-Réache comptait sur lui pour se
remettre en vedette ; j'y aide.
Lucien Victor-Meunier.
■■ ■ iuffri
SUITE DES COtTRADICTIONS
Est-ce que M. Combes vou-
drait mettre les rieurs du côté
de la congrégation ? En tout cas,
aujourd'hui les cléricaux oublient
presque de crier à la persécution
pour s'égayer des incohérences
qu'ils remarquent dans la politique anti-
cléricale du gouvérnement.
L' Univers se tient les côtes en nous con-i
tant l'histoire de l'école religieuse de Ber-
gerac. ".:
A Bergerac, donc, les sœurs de Sainte-
Marthe avaient un établissement d'ensei-
gnement. M. Combes jugea bon d'en or-
donner la fermeture. Cette décision fut exé-
cutée. D'ailleurs les cléricaux de la région
ne parurent pas autrement émus. Ils al-
laient partout disant et répétant que l'école
libre de Saint-Jacques — c'est le nonl exact
de l'établissement dont nous parlons — ne
resterait pas longtemps close.
Les républicains n'en croyaient rien. Ils
avaient tort. L'école vient de rouvrir ses
portes.
Que. !;'était-H passé ? M. de Labatut, dé-
puté ministériel, était intervenu auprès
de M. Combes, et le président du conseil
avait été trop heureux de faire plaisir à un
membre de sa majorité.en prenant la me-
sure gracieuse dont ont bénéficié les sœurs
de Sainte-Marthe.
, Autrement dit, il se passe pour les écoles
congréganistes, ce qui s'est produit pour
les chapelles.
M. Combes a bien fermé quelques petites
chapelles. Mais les riches, les puissantes
chapelles, Lourdes, Fourvières, n'ont eu
rien à craindre des foudres gouvernemen-
tales.
De même M. Combes ordonne la réou-
verture des écoles congréganistes qui béné-
ficient d'une protection sérieuse.
Quant aux républicains,aux anticléricaux
sincères, ils s'aperçoivent un peu tard qu'on
les berne, et ils ne savent que répondre aux
railleries trop justifiées de l'Univers et des
Croix.
------'-
LU TAUROMACHIE DAMS L'EST
--
La presse de l'Est, sans distinction de nuan-
ces politiques,accueille avec mécontentement la
nouvelle que des courses de taureaux auraient
lieu aux portes do Nancy demain dimanche.
Une intéressante lettre publiée par l'Impar-
tial de l'Est nous fait connaître le sentiment,
de la population. En voici 1e passage essen-
tiel :
Né et élevé dans le Gard, j'ai vu les effets la-
mentables des course de taureaux. Non pas seu-
lement des courses °.cpagnolos, dont les arènes de
Nîmes, comme celles d'autres villes méridionales,
sont le théâtre, mais des courses réputées inoffen-
sives, dans les villages, où la place publique sert
de cirque, où des charrettes et des tonneaux font
l'office de tribunes. Et je considère comme un de-
voir civique et impérieux d'élever la-voix contre
ces divertissements vulgaires, sauvages, qui jet-
tent un défi à la loi et au bon sens.
Dans de telles courses, malgré toutes les pré-
cautions que l'on peut prendre, les hommes
sont exposés à des accidents mortels et les ani-
maux à un traitement cruel. -
On est d'avis qu'il faudrait interdire ces courses
- et l'on sait que c'est ce que le gouvernement a
voulu faire — là où elles sont entrées, par mal-
heur, dans les habitudes des populations. Ne fau-:
drait-il pas, à plus forte raison, ne pas les laisser
s'implanter dans nos régions do l'Est, où, comme
on l'a dit, le besoin no s'en fait nullement sentir
et où leur organisation provoque, instinctivement,
les plus formelles réserves ? Et. comment ? Pour-
quoi tous ceux qui les 'condamnent dans leur
for intérieur ne s'abstiendraient-Us pas d'y al- :
ler, et ne feraient-ils pas entendre une calme
mais franche protestation? Ils ont sûrement la
majorité. TH. Roux.
Il ne coûterait rien au gouvernement d'in-
terdire l'ignoble spectacle contre lequel pro-
testent et la" presse et la population de l'Est.
Cette mesure augmenterait le prestige moral
de la République dans une région où, mal-
heureusement, la réaction est encore assez
puissante.
Nous adjurons le gouvernement et le pré-
fet de Meurthe-et-Moselle de ne pas reculer
devant un devoir facile. Gageons pourtant que
la loi sera bafouée demain une is de plus?
--- --
LA CIPLINE DANS L'AMÉRIQUE DU SUD
(De notre correspondant particulier)
Buenos Ayres, 2 octobre.
- Bientôt l'Amérique latine, jusqu'ici tant dé-
criée pour ses prammciamientos, pourra don-
ner des leçons de bonne discipline à certaines
armées Européennes.
Dernièrement, un groupe d'officiers d'infan-
terie et de cavalerie se présentait au général
Roca, président de la République pour protes-
ter contre le ministre de la guerre qui ne les
l' avait pas compris dans ?a -liste des dernières
promotions.
Lé président de la République, indigné d'un
pareil manquement à la discipline, infligea, à
chacun de ces officiers, quatre mois d'arrêts de
rigueur.
Tous doivent purger cette peine dans une
garnison frontière. De cette manière, ils n'au-
ront pas l'occasion d'arroser la maison prési-
dentielle.
CULTURE CLERICALE
Une église du XIIe siècle. — Interview
express dans une nef. — L'incon-
vénient des voûtel trop élevées.
— Cause inattendue du défi-
cit budgétaire. — Trop
de statues !
Sortie de Creil qui trépide jour et nuit au
passage des trains, l'Oise traverse des plaines
qu'obscurcit d'un perpétuel voile do deuil la
fumée des forges de Montataire, et, avant de
s'engager dans une délicieuse vallée, ombreuse
et pittoresque, contourne une sorte de pro-
montoire sur lequel s'élève un admirable joyau
du XIIe siècle : l'église de Saint-Leu-d'Esse-
rent.
Ces temps derniers, par un chaud après-
midi — ne riez pas! Il a fait chaud deux ou
trois jours, cet été — je visitais cette église
et j'admirais la sveltesse des piliers et la su-
perbe hauteur d'une nef merveilleuse, lors-
qu'un brave homme qui cachait sa calvitie
sous une calotte noire et des yeux malins sous
des sourcils broussailleux, attira mon at-,
tentions
Bambous et piliers
Gravement, il alignait sur les dalles de
longs bambous garnis à leurs extrémités
d'anneaux métalliques qu'il emboîtait les uns
dans les autres ; à l'un de ces bambous était
fixée une sorte de grosse brosse ronde, aux
crins durs et serrés.
— Ouf ! fit-il en me regardant ; ce n'est pas
drôle.
— Quoi donc ?
— Oui, je vois bien ; vous trouvez ça beau,
parce que c'est très haut ! Mais, moi, j'aime-
rais mieux que ces voûtes fussent moins éle-
vées. J'aurais moins de mal à enlever la pous-
sière.
— Bast ! de temps à autre, ce n'est pas une
grosse affaire.
— C'est la fête patronale. Il faudra venir ;
dans le pays se tient le même jour la « foire
aux melons. » Tous les gens, après avoir fait
leurs dévotions, vont manger en plein air des
'tranches de melon. Jamais vous n'avez vu au-
tant de melons !
— Je vous crois sur parole. Mais autre chose
m'intéresse pour l'instant. Vous n'avez pas l'air
d'apprécier beaucoup les beautés de votre
église ? Il y a longtemps que vous êtes ici ?
— Oh ! oui, monsieur.
- Et vous n'avez jamais vu votre curé s'ex-
tasier devant ces voûtes ?
— Si ; je sais bien que Saint-Leu est une
belle église qui a été bâtie par des moines.
Tout autour de l'édifice, vous pouvez voir en-
core les vestiges des cloîtres. Et ces bons moi-
nes possédaient des fermes, des fermes ! Aussi
loin que la vue peut s'étendre, quand on est
monté au-dessus du portail, sous la grande ro-
sace qui est là, toutes les terres leur apparte-
naient. Mais les pauvres gens, ils ont été obli-
gés. de s'enfuir en 93 parce qu'on les persé-
cutait comme aujourd'hui.
— Il "me semble que vous exagérez un
peu.
— Non ! non ! on les persécute, on les
oblige à émigrer comme en 93, on ruine le
pays. ruine la pays?
— On ruine le pays?
Pourquoi on ne répare pas les églises
— Oui, monsieur, c'est comme je vous le
dis. Ainsi, cotte église est classée parmi les
monuments historiques et l'on a voté un cré-
dit de cent mille francs pour la restaurer.
Tous les piliers que vous voyez ici à droite et
à gauche, ont été consolidés ou reconstruits.
Mais en voici quatre dont on a laissé les cha-
piteaux sans sculpture. Pourquoi ? Parce que
le crédit est épuisé. Bien. Mais pourquoi ne
vote-t-on pas un nouveau crédit ? Hé ! bien,
je vais vous le dire, moi. C'est parce que le
gouvernement actuel élève trop de statues 1
— ?
- Ça vous étonne, ce que je vous dis? C'est
pourtant la vérité 1 A chaque instant, dans
tous les coins de la France, on inaugure une
statue. Et qui est-ce qui paie toutes ces staL
tues ?
C'est le gouvernement, naturellement ; et il
n'est donc pas extraordinaire qu'il ne lui reste
plus d'argent pour réparer les églises.
— Où diable vous a-t-on raconté cela ?
— Comment ! Mais c'est tout le monde qui
dit cela. Tout le monde sait bien que c'est à"
cause de cela que « les finances de la France
sont en déficit ».
Pauvre homme
Je souriais, moitié amusé, moitié navré :
néanmoins j'allaitonter de fournir quelques
explications à mon interlocuteur, lorsque ces
paroles tombées de ses lèvres : « Oh 1 tout ce.
qu'on pourra me dire à ce sujet ne fera rien :
je sais à quoi m'en tenir! » me firent com-
prendre l'inanité de mes efforts.
Il vit sans doute ma mine déconfite et un
éclair de triomphe passa dans son regard.
Pauvre homme 1
Je m'en suis allé par l'ombreuse et pittores-
que vallée de l'Oise, et, tout le long de la
jolie rivière, j'ai évoqué le souvenir des artis-
tes d'antan qui bâtirent leur rêve de foi sur le
promontoire de Saint-Leu. Je les ai fait revi-
vre. je les ai mis en présence do nos artistes
modernes, et je me suis amusé à les faire con-
verser ensemble, ceux qui couvrirent notre
pays d'une dentelle d'églises et ceux qui la re-
couvrent en ce moment d'une magnifique
floraison de monuments et de statues — in-
conscients, et pour cause, du gouffre budgé-
taire qu'ils ont creusé. - - <
G. DE VORNEY.
-■ il -
LES CARTES POSTALES ILLUSTREES
Méfions-nous f
Nous avons dit récemment que l'adminis-
tration des postes et télégraphes avait fait con-
naître que :
Les mentions « bon voyage », « bon retollp »
« bonne santé », inscrites sur des cartes postales
illustrées, utilisées comme cartes de visite ont
pour objet, dans la majorité des cas, de faire' con-
naître que l'on a fait bon voyage, que le retour
s'est bien effectué, etc. Elles constituent, dès
lors, une correspondance et doivent être interdites
sur les cartes illustrées affranchies à prix réduit.
Le directeur des postes de la Seine a jugé
bon de communiquer cette décision aux agents
qui peuvent avoir lieu d'en faire l'application.
Dans une circulaire qu'il a portée à la con-
naissance de ces agents, le directeur des postes
de la Seine dit que, d'une manière générale, il
conviendra de s'assurer que ces agents sont en
mesure de renseigner le public qui les inter-
roge concernant les mentions autwsées sur
les cartes de visite et, par suite, sur les cartes
illustrées employées comme telles.
De nombreuses réclamations donnent à
craindre que les agents se contentent trop fré-
quemment de répondre qu'il est permis d'ins-
crire sur les objets de l'espèce « cinq mots de
"politesse , ou noyant pas un caractère de cor-
respondance personnelle ». Pareille réponse
est insuffisante et de nature à induire plutôt le
public en erreur.
Il convient ajoute-t-il dé toujours bierrfcpê-
cifier quelles mentions autorisées doivent être
■ exclusivement des vœux, souhaits, compliments
de condoléance, félicitations, remerciements ou
Attires-formules de politesse n'excédant pas
eitiq mots (art. 292 de l'instruction générale
§ 13 f). Tout mot et toute phrase ne pouvant
avec certitude être rangés dans l'une des caté-
gories d'expressions énoncées dans ce texte,
doivent donner lieu à taxation (ou contraven-
tion, selon le cas), que leur sens ait ou n'ait
pas le caractère de correspondance actuelle ou
personnelle.
Le directeur des postes de la Seine invite, en
terminant, ses subordonnés à ne pas hésiter à
lui soumettre la question pour qu'il puisse la
trancher d'après des précédents, ou, le cas
échéant, la faire tranche, par l'administra-
tion.
!"!! m l 9 - s m Z M
Voir à la 3° page
les Dernières Dépêches
de la nuit
et, la. Revue des Journaux
, du matin
NCORE DE L'HISTOIRE
Les membres du Congrès de la Paix n'ont
pas la sympathie des nationalistes.
Dans la Patrie d'hier, M. Millevoye, après
avoir tonné contre eux de toutes les foudres de
son éloquence guerrièro les traite d'« ennemis
du drapeau tricolore » et de « pourvoyeurs do
débâcles ».
M. Millevoye doit manquer de mémoire. Il y
a eu dans notre histoire depuis moins de cent
ans deux grandes débâcles qui ont laissé toutes
deux la France plus petite : 1815 et 1871. Tou-
tes deux eurent comme autours responsables,
je dirais presque comme organisateurs, les
impérialistes, ceux qui de nos jours sont les
grands patriotes, les nationalistes. Il est évi-
dent que M. Millevoye a du oublier cela, au-
trement il ne pourrait pas parler aussi gaillar-
dement de catastrophes dont ses amis et adhé-
rents ont été les premiers responsables. —
II. N.
.—————————— ———————————
Attentat contre un gracier Rigicids
(De notre corrpspondant particulier)
Belgrade, 2 octobre.
Hier soir un individu, resté inconnu, a tiré
deux coups de revolver contre la tente du com-
mandant Louka Lazarovitsch, dans le camp
militaire de Toptschider.
Le commandant Lazarowitsch était un des
chefs de la conjuration contre le roi Alexandre
et, dans l'attentat dont il vient d'être l'objet,il
s'agit sans doute d'un acte de vengeance poli-
tique.
Par hasard M. Lazarowitsch était absent.
LE TÉLÉPHONE AU VATICAN
(De notre correspondant particulier)
Rome, 2 octobre.
Le Papo, afin do pouvoir êtra en correspon-
dance avec ses sœurs, a fait relier, par un fil
téléphonique, son appartement avec le palais
Boggio.
PARTI RADICAL-SOCIALISTE
Le bureau du Comité exécutif s'est réuni
mercredi soir, sous la présidence d e M. F. Du-
bief. Il a expédié les affaires courantes et a pris
connaissance de la lettre que M. le Ministre de
la guerre a adressée au président en réponse
aux démarches faites par le Comité exécutif en
faveur des soldats retenus sous les drapeaux
par application de l'art. 47 de là loi du 15 juil-
let 1889. M. le Ministre fait savoir au Comité
qu'il a accordé « à un certain nombre de mili-
taires dont la conduite s'était amendée, la re-
mise totale du service supplémentaire qui leur
avait été imposé. D'autre part, MM. les géné-
raux commandant les corps d'armée ont statué
ou statuent encore sur des demandes de réduc-
tion partielle. Mais il n'est pas possible de pren-
dre une mesure générale à ce sujet. »
A 9 heures, le comité exécutif entre en
séance plénière sous la présidence de M. F.
Dubief, président ; M. Edouard Ignace, remplit
les fonctions de secrétaire de séance.
Après avoir arrêté quelques détails de l'ins-
tallation du congrès, sous la présidence de M.
F. Dubief, le comité décide que M. Puech, vice-
président, désigné par le bureau, sera chargé
du rapport présenté au nom du comité exécutif
sur les travaux et l'action de ce comité durant
l'année 1902-1903.
Sur la proposition de M. F. Cahen, rappor-
teur général de la 8e commission, les questions
concernant les trusts et cartels, les Ports francs,
la Caisse de la prévoyance de la marine, le per-
cement de la Faucille et la Marine marchande
sont réservées.
M. Klotz, au nom de la 8e commission, lit un
remarquable rapport sur la politique agricole
du Parti radical et radical-socialiste. Ce rap-
port est accueilli par de vifs applaudissements.
Le projet de résolution suivant, présenté par
M. Klotz comme conclusion est adopté à l'una
nimité :
— Le congrès du parti républicain radical et ra-
dical-socialiste invite les pouvoirs publics à facili-
ter l'accession des non-possédants à la propriété
par le dégrèvement des petites mutations à titre
onéreux, à en favoriser la conservation par l'insti-
tution du homestead, à dégrever largement la
terre, à réprimer les fraudes et les abus de l'agio-
tage et de l'accaparement, a développer l'enseigne-
ment techniquo agricole, a assurer la réfection du
cadastre, à stimuler la création des coopératives, à
établir l'assurance générale contre les épizootiers
et la grêle, base du crédit agricole, à accorder au
fermier sortant une indemnité de plus-value, à
assurer une représentation professionnelle à la
culture, à appliquer aux travailleurs ruraux les
principes de prévoyance et de solidarité sociales
(accidents du travail, retraites), qui doivent béné-
licier à tout le monde ouvrier,
M. F. Buisson fait un magistral exposé des
questions qui concernent les rapports de l'Etat
avec l'Eglise et l'école. Ses définitions si com-
préhensives, ses aperçus philosophiques à la
fois personnels et conformes à l'idéal de la dé-
mocratie moderne soulèvent à diverses repri-
ses d'unanimes approbations. M. F. Buisson,
qui ne s'était pas proposé de faire un rapport
définitif, mais "'énoncer toutes les données du
problème afin d'ouvrir une large et féconde
discussion, termine en lisant les diverses con-
clusions sur lesquelles le congrès do Marseille
pourrait être appelé à voter.
Malgré l'heure avancée, la discussion estamor-
cée, MM. Franklin-Bouiilon, Ch. Bos, Klotz et
Maujan crennent successivement la parole.
Tous demandent que le Parti se décide pour des
solutions politiques efficaces, M. Maujan, ap-
puyant les gpinions émises par MM, Klotz et:
Ch. Bos, estime que l'Etat a 1 obligation d'assu-
rer l'éducation primaire à tous les enfants de
la nation,lesquels doivent, comme le voulait Mi-
chelet, passer tous par l'école communale, les
enseignements secondaires et supérieurs com-
portant un autre régime. M. Maujan estime
aussi que la dénonciation du Concordat sup-
pose une loi préal[l.a sur la liberté des cultes
Que le gouvernement, dit-il, prenne l'initiative
d'une çeIle loi le Concordat pourra être en-
sûîtô dénoncé. -.
La suite de la discussion est renvoyée au sa-
medi 3 octobre, à 9 h, du soir.
LAICI S N
Les erreurs du « Gaulois H. — A l'asile
de Saint-Maurice. — Charmantes
natures. — Une situation qui
ne périclite pas. — Le der-
nier effort.
Le rédacteur qui signe G. D. dans Le Gaulois
vient encore une fois défendre les bonnes et
saintes femmes qui sont les dévouées filles du
seigneur (sic). Seulement comme il continue,
comme il avait commencé en entassant des
« Ossas » d'inexactitudes sur des « Pelions »,
d'erreurs nous n pouvons nous empêcher de
redresser une fois de plus les blagues qu'il sert
à ses lecteurs, blagues qui d'ailleurs font peu
d'honneur à leur mentalité, s'ils les acceptent
ainsi.
M. G. D. veut bien nous dire que le directeur,
affolé à l'idée d'une imposante manifestation
dirigée contre lui-même et contre M. Combes,
n'a pas hésité à employer d'indignes moyens
d'intimidation pour esquiver le bruit des
sifflets
Le G. D. en question a une forte dose d'ima-
gination, et je me demande où il a pu voir
l'affolement de M. Bohnier. Démentir des allé-
gations aussi étranges.nées sans doute dans les
méninges atrophiées de ses « saintes » corres-
pondantes, deviendrait fastidieux si ce n'était
amusant.
Mais où G. D. devient désopilant c'est
quand il fait venir les religieuses « une à une
dans le bureau du directeur qui les oblige de
déguerpir par petits paquets ».
Hemettons les choses au point et disons à
M. G. D., ce qui est arrivé : Les religieuses
faisant de l'opposition, le directeur écrivit à la
supérieuie générale de venir le trouver, M.
Bonnier la mit au courant des agissements in-
tolérables de ses subordonnées et la mit en
demeure de les faire tenir tranquilles. La su-
périeure générale, qui est une femme intelli-
gente, comprit que le mieux était d'être rai-
sonnable et de ne pas jouer la comédie comme
les communautés françaises (c'est une appré-
ciation de sa part, peu flatteuse du reste pour
lesdites-communautés) et elle imposa silence
aux trop farouches béguines.
Reconnaissance cléricale
Mais où le confrère est par trop imaginatif,
c'est lorsque M. G. D., affirme que les sœurs
qui avaient droit à la reposance n'ont rien eu
et que le directeur n'a accordé aucune indem-
- nité pour le départ des sœurs.
- Non seulement les neuf sœurs, y compris la
mère Providence, toucheront (ou du moins
c'est la communauté qui touchera) 400 fr.
chacune par an, mais encore le directeur a
fait allouer par le ministre une indemnité de
1,500 fr. que l'on ne leur devait pas, au titre
d'indemnité de départ.
Il est vrai que cela n'était peut-être pas suf-
fisant pour payer les frais de transport des
braves nonnes et des six wagons et des deux
voitures de déménagements qui emportaient
les effets de la communauté en dehors de leur
bagage personnel.
On voit donc que l'administration a agi plus
que correctement avec elles. Comment l'ont-
elles remerciée? Oh! le plus gentiment du
monde ; d'abord en détruisant tous les iivres
et les papiers pouvant être utiles à leurs suc-
cesseurs, les surveillantes laïques ; puis elles
ont réuni toutes leurs clefs (et elles sont nom-
breuses) et en ont fait un gros tas, ayant bien
soin de les bien mêler, de sorte qu'il faut plu-
sieurs jours pour reconnaître à laquelle des
nombreuses serrures elles appartiennent.
Charmantes natures ! !.
Les entrées à l'asile
Quant à l'affirmation de M. G. D. qui « sait
de source certaine qu'un certain nombre de
familles vont s'empresser de retirer leurs ma-
lades, il me suffira de le renvoyer à mes précé-
dents articles et je crois pouvoir lui dire qu'on
s'empressera de lui donner les preuves que
non seulement il n'est pas sorti une seule pen-
sionnaire à cause du départ des sœurs, que
pas une ne sortira, mais encore, que jamais le
chiffre des entrées n'a été aussi élevé.
Dans une interview de M. Bonnier publiée
par un de nos confrères, nous voyons que le
chiffre des malades qui dépassait rarement 600
(une coquille fait dire 500 et 511) atteignait ce
mois-ci 611, rien n'est plus exact. N'en dé-
plaise au Gaulois, cela l'ennuiera peut-être, lui
et ceux qui l'ont aidé dans sa campagne et à ce
sujet peut-être sera-t-il intéressant — je ne
saurais trop le répéter —. d9 connaître ceux
qui ont donné des renseignements aux adver-
saires du gouvernement et surtout le fonction-
naire qui, non content de déclarer à qui vou-
lait l'entendre que l'asile de Saint-M8.adce al-
lait perdre tous ses malades payants et en
même temps « égarer » le dossier concernant
les nominations du personnel laïque de l'a-
sile.
Si on se reporte à certains articles publiés
par un autre de" nos confrères du matin, et
concernant également un établissement patio-
nal : les Quinze-Vingts, on constate un mau-
vais vouloir clérical si évident qu'on en arrive
à se demander si, à la fin, les moines n'auront
pas le dessus et ne replaceront pas l'éteignoir
sur la lumière que nous sommes en train de
faire.
Heureusement, ces gros effôrts ne sont plus
guère que les soubresauts d'une agonie un pou
durable : mais les derniers soupirs de la bête
ne sont pas éloignés, et bientôt nous pourrons
entonner le victorieux De Profundis.
Et, vous savez, morte la bête, morl le venin.
EMILE MAHÉ.
„—————————————— ♦ —
EXTENSION DE LA MARINEANGLMSE-
(De notre correspondant particulier)
Londres, 2 octobre.
L'Amirauté a mis en adjudication la cons -
truction de quinze destroyers d'un nouveau mo-
dèle. Chacun d'eux doit avoir une longueur de
225 pieds et filer avec un rapidité de 25 nœuds
et demi. Ils sont destinés à prendre la haute
mer. Les machines seront disposées de manière
à être protégées contre le feu de l'ennemi.
TRUST ANTI-GRÉVISTE
(De notre correspondant particulier)
New-York, 2 octobre.
De gros industriels et des financiers de Chi-
cago ont créé un trust avec un capital de 100
millions de francs dans le but de combattre les
grèves. Ces capitalistes se proposent de pren-
dre toutes les contre-mesures nécessaires con-
tre le boycottage des ouvriers indépendants par
les grévistes et contre les émeutes. Il est fort
probable que le syndicat enrôlera une forte bri-
gade de prétoriens armés, semblable à la garde
de Pinkerton.
EN CHINE
Marseille, 2 octobre.
VEcho de Chine, arrivé ce matin par voie
anglaise, reproduisant un article d'un journal
chinois, dit :
Le ministre de France à Pékin, ayant su
maréchal Sou devait être décapitée envoya
f nistôre des affaires é t: -. s une lettre dans la-,
quelle il est dit : « Pn.>qn;< ! • gouvernementfran-;
çais-avaitt ;:tt Sun. la dccoratiùu
du premier de,»ré, la - ; ■ Chine ne peut Je
condamner à la mort sans informer la France, etc.
Dans le Ta-Kong-Pao :
Devant les juges, le nnrÜehal Sou a déclaré quo
son grand-père et son p. ÎV moururent pour l'Em-
pire chinois, et il les a priés'do'le faire savoir à
Leurs Majestés avant d. déterminer son châtiment.
On dit que les membres LI ministère de la justice !
consentent à présenter rr>l*s à la cour. :
JUSTES REïtiJDICâTiOSS
*. -
Les employés des OL>atributions indirectes. r
récemment constUo en Union générale, et Í
qui n'ont point PC¡.¡Ju leur temps, puisqu'ils J
ont contribué, par *
et un vaste pétitionuenieut à obtenir la grâce
de leur camarade LoiM'uant, viennent de for-
muler leurs revendications qui tiennent dans;
ce court programme : assimilation compléta
aux employés des postes.
Les employés des contributions indirectes
sont en effet recrutés dans le même milieu
social ils subissent à peu. de chose près les
mêmes examens, que les employés des postes
leur besogne est aussi pénible. Pourquoi donc-
sont-ils traités d'une manière absolument dif-
férente ? En voici des exemples. -
SUKNUMHRARIAT
Postes. — Une allocation de 100 francs par mois
est accordée au surnuméraire dès son entrée dans
l'administration.
Contributions indirectes. — Le surnuméraire,
n'obtient une allocation de 50 francs qu'après plu-
sieurs mois de service.
AVANGEMENT V
Postes. — Un avancement régulier est donné tous
les trois ans.
Contribulions indirectes. — Aucune limite n'ô
tant fixée, les employés les mieux notés peuven
attendre 6, 7, 8 ans et plus pour obtenir une aug
mentation de traitement.
CHANGEMENT DE RÉSIDENCE
Postes. — Le commis des Postes obtient son
avancement sur place jusqu'au traitement de
3.600 francs.
Contributions indirectes. — Pour arriver au trai-
tement de 3.000 francs, l'employé des Contributions
indirectes doit subir, à ses frais, quatre déplace-
ments au gré de l'administration.
INDEMNITÉ DE RÉSIDENCE
Postes. — Dans les grandes villes, à Paris Pa.
exemple, indemnité de 250 francs pour tous les
agents jusqu'au traitement de 4.000 francs.
Contributions indirectes. — A Paris, indemnité
de 100 francs pour les célibataires et de 200 francs
pour les employés vivant en famille ou mariés
jusque et y compris le traitement de 1.700 francs.
INDEMNITÉ DE DÉPLACEMENT
Postes.- 5 à 6 francs par jour pour une moyenm.
de 8 heures de travail.
Contributions indirectes, — Intérim de commis
principal, receveur et receveur buraliste, f. fr. par
jour ; services des distil!eries agricoles, fabriques
et raperies de sucre, 0 fr. 50 à 1 fr. 50 pour un mi-
nimum de 10 heures de service de jour ou de nuit
indistinctement,
VOYAGES
Postes. — L'administration délivre elle-même a
ses agents des permis de parcours à demi-tarif.
Contributions indirectes. — Aucune réduction
de tarif,' sauf sur le réseau du Midi, et eircas de
congé régulier sur le réseau de l'Etat, miis après
demande spéciale et douze à quinze jours d'at-
tente.
TABLEAU D'AVANCEMENT
Postes. — Le tableau d'avancement est commu-
niqué à tous les agents.
Contribulions indirectes. — Ce n'est que sur la!
demande de l'employé que l'administration peut,1
consentir à lui faire connaitre s'il est porté ou nOIl:
sur le tableau d'avancement.
DOSSIER
Postes. — L'employé des Postes a toujours con-
naissance des feuilles signalétiques le concernant.
Contributions indirectes. — L'employé ignoro
toujours la nature des notes qui lui sont données.
Ainsi l'administration dçs contributions indi-
rectes connait encore la pratique des dossiers
secrets dont le procès n'èst plus à faire.
L'initiative de l'union générale à ceci de bon -.
qu'elle indique les progrès à accomplir. Lors-
qu'il y a une amélioration à réaliser, il est oi-
seux de s'adresser aux grands chefs qui trop
souvent ignorent ou feignent d'ignorer les in-
justices dont leurs subordonnés peuvent avoir à
se plaindre, il faut s'enquérir auprès des inté-
ressés eux-mêmes, leur demander des indica-
tions nettel et précises,alors seulement l'on est,
édifié et l'on peut, en toute connaissance de
cause, chercher à remédier dans la mesure;
du possible à des états de choses défectueux.,
- L. Armbruster.
A LA MÉMOIRE D'ÉMILE ZOLA
Une grandiose manifestation
Nous recevons les communications suivan,
tes
Se souvenant que le grand mat'.re et regret
Emile Zola fut des premiers et des plus empresses !
à nous assurer de son concours, le président de la,
section du 13' arromlissement do la Ligue des
Droits de l'Homme et du citoyen, estimant qu'il es
du devoir de nos adhérents d'être parmi ceux qui
manifesteront de leur reconnaissance en se ren-
dant au pèlerinage qui aura lieu demain, diman-i
che 4 courant, à la tombe d'Emile Zola au cime-
tière Montmartre, les convoque à cet effet à 1 h. de
l'après-midi, maison Paul us, 4, avenue d'Italie.
Invite en outre à se joindre à nous tous les,
membres des différents groupes anticléricaux da 1
l'arrondissement, républicains, radicaux, socia-
listes, révolutionnail-es,. adhérents aux coopéra-
tives, syndicats, Université populaire, libre-pan-
sée, etc., etc., en vue de rendre plus imposante
cette manifestation laïque. Départ en corps de lai
salle de l'Etoile-d'Or à 1 h. 112 précise. Se munirs
de son insigne, églantine rouge on coquelicot.
A l'issue du pèlerinage Emile Zola, réunion desj
adhérents de la section de la ligue des Droits da
l'Homme 4, avenue d'Italie, à 5 heures du soir,;
en vue de l'organisation prochaine d'une réunion'
publique. — Le président : EMILE ANTZ.
Los membres du comité et les adhérents des
Droits de l'Homme et du Citoyen (section Clignan-
court). sont invités à se rélnir demain dimancha
4 octobre à 2 h., place du DeH pour se diriger en
corps au cimetière Montma""o, sur la tombe
d'Emile Zbla. — Le secrétaire géiléral : \l', UUMPEL
! Le comité d'action républicaine de Saint-Cloud
(S.-et-O.), invite tous ses adhérents à prendra
part demain dimanche, à la grandiose manifesta-
tion qui aura lieu au cimetière Montmartre, sur
la tombe- d'Emile Zola. Tous les membres du
groupe sont priés de se trouver au rendez-vous
qui est fixé à la place CLichy, à l'angle du boule-
vard et de l'avenue du même nom. On se rendra
ensuite au cimetière, où l'on arrivera à deux hèu-'
res et demie. Pour le bureau : MAURICE LU BLOND,
président.
L'INSURRECTION EN MACÊOOiftE
La Russie et l'Autriche
Satnt-Pétersbourg, 2 octobre.
Le Journal de Saint-Pétersbourç/ écrit au su-
jet de visité, que l'empereur de Russie fait
-
Cette tion a été soutenue par le congrès des
autres f jides puissances qui ont apprécié 1 esprit
de désjji ressement des deux Monarchies et le ça*
raS'I- T* de leur politique.
- -013 qui a été tenu par les gouver-
tro-hon?'rOlS, à Constantino-
mm résultat d'empêcher un
tre la Sublime Porte et la
éventualité qui semblait
^c pour le moments
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