Titre : Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-01-29
Contributeur : Chadeuil, Gustave (1821-1896). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 29 janvier 1903 29 janvier 1903
Description : 1903/01/29 (N12011). 1903/01/29 (N12011).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k75723629
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-199
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/06/2013
- CINQ CENTIMES le Numéro: PABIS & DEPARTEMENTS Le Ntimêro, CINO CENTIMES
A ANNONCES
AUX àuREATJX DU JCüRAt
14,\ rue du Mail, Paris. ■
Et vîhez MM. LAGRANGE, CERF A C*
6, place de la Bourse, S.
ûSxtsse Télégraphique : XIX- SIÈCLE — PARIS
- -
ADONNEIIENTS
Siiooii 11 f. Onu 20
7 — 12 f. — 24 £ r
9jf. - 16 f. — 32 fy
--tt-
- fcfi iAitiOTmomftai^soat reçus sus frais -
dans tous les Bureaux de Poste
RÉFACTION S 11, rue du Mail
De i à .8 heures du soir et de 10 heures du soir à 1 heure du matin
No 12011. — Jeudi 29 Janvier 1903
10 PLUVIOSE AN 111
ADMINISTRATION ; 14, rue du Mail
dresser lettres et mandats à l'adminislrateur
NOS LEADERSJ
Elles ritrnt
Ne croyez pas que la Congrégation ait
épuisé ses forces de résistance dans les
luttes de Saint-Méen et d'autres loca-
lités bretonnes — luttes où, suivant un
mot de M. Allard, « à Peau bénite, les
combattants préférèrent d'autres ma-
tières ».
On nous annonce, depuis deux ou
trois jours, que les congrégations aux-
quelles l'autorisation sera refusée oppo-
seront la résistance la plus vigoureuse
aux dispositions du pouvoir légal.
Interrogé par la Gazelle de France, le
supérieur général d'une des associa-
tions intéressées a donné des explica-
tions très nettes.
Mais, avant d'aller plus loin, rappe-
lons que les journaux réactionnaires
nous ont entretenu avec quelques dé-
tails d'une réunion tenue, il y a exacte-
ment une semaine, mardi dernier, par
les supérieurs généraux et les provin-
ciaux de cinquante-deux importantes
congrégations, sur cinquante-quatre qui
sont menacées par les mesures gouver-
nementales.
Le fait même de la réunion dont il
s'agit est grave en lui-même. Il y a
longtemps que les républicains soutien-
nent cette thèse qu'il n'y a pas des con-
grégations, mais une congrégation. Des
discussions se sont maintes fois pro-
duites à ce sujet sur le rôle exact des
avocats des congrégations entretenus à
la cour de Rome : d'autres débats se
sont produits également sur la question
de savoir si les associations religieuses
n'étaient point toutes reliées au Vatican
sans intermédiaire des évêques.
Des réunions semblables à celle qu'a-
voue la presse cléricale montrent qu'il
est inutile de chercher à pénétrer les
mystères de l'organisation du monde
religieux pour trouver la solution du
problème qui a tant intrigua et in-
quiété la démocratie.
Oui, les congrégations sont unies
entre elles par des liens si étroits qu'on
peut dire qu'elles constituent une seule
association : la Congrégation.
Et entendez bien que les liens dont
nous parlons ne sont pas formés pour
faciliter l'action commune des jésuites,
capucins et autres bénédictins en vue de
l'exercice de la charité, ou de l'harmo-
nie des prières. Les moines sont orga-
nisés pour la guerre à la société laïque,
et pour l'insurrection contre la loi.
Cet état de choses est dénoncé avec
assez; de maladresse par les paroles du
supérieur qui a pris la Gazelle de France
pour confidente. Lisez ces quelques li-
gnes :
— Les supérieurs généraux ou les
provinciaux réunis en assemblée géné-
rale, ont, à l'unanimité des présents, dé-
cidé de prendre la même attitude qu'à
l'occasion des décrets de Jules Ferry.
— Ce qui veut dire, a repris l'inter-
viewer royaliste, que vous résisterez?
La réplique est imprimée en lettres
grasses dans la gazette monarchiste :
- Ce qui veut dire que nous ne nous
inclinerons pas devant la décision du
Parlement; que partout où nous pour-
rons le faire sans blesser le droit des
tiers, nous nous laisserons condamner
par les tribunaux et expulser manu
militari.
Le dialogue est intéressant, n'est-ce
pas?
Encore un bout de conversation :
— Toutes les congrégations étaient-
elles représentées à la dernière réunion?
— Toutes à l'exception des domini-
cains et d'une autre.
— Et vous croyez, mon Très Révérend
Père. que la décision prise sera exécu-
tée ?
Encore des lettres grasses:
- J'en suis sur !
La presse royaliste applaudit vigou-
reusement aux beaux projets des mui-
nes batailleurs. Et c'est pour elle une
occasion de railler et de flétrir les « ral-
liés » à qui l'on a sans cesse reproché
un peu de mollec.
M. Piou, surtout, est maltraité. Il
vient de lancer un appel vibrant aux
conservateurs, afin de les engager à se-
couer leur découragement et à se pré-
parer aux élections de 1906,
— Croyez-vous, lui répondent les
réactionnaires non ralliés, que nous
sommes disposés à attendre l'an 1906 ?
D'ici trois ou quatre ans, du train que
mènent les radicaux et les socialistes,
Dieu seul sait où seront nos Très Révé-
rends Pères.
« Heureusement, nos Très Révérends
Pères sont de taille à se défendre eux-
mêmes, et vous verrez prochainement
comment ils recevront les commissaires
de police et les liquidateurs judiciaires. »
Je ne suis pas sûr qu'au point de vue
des intérêts catholiques, ce ne soit pas
M. Pion qui ait raison contre les cléri-
caux violents qui lui font des reproches.
Sans doute, M. Piou offre à ses amis
des consolations illusoires. Que les
élections de 1906 puissent donner aux
cléricaux des compensations à leurs
actuels déboires, les ralliés eux-mêm
"ne le pensent pas sans doute.
Le plan do campagne de M. Piou n'a
pour lui que sa relative prudence.
N'est-ce donc rieg Î, Si ses adversaires
lui disent : « ;,totre solution est peu sa-
tisfaisante », il est en droit de répon-
dre : « Et la vôtre? » Pensez-vous que
les moines préparent un tremplin élec-
toral commode à leurs amis les politi-
ciens de la droite et du centre ?
La population montre par ses votes
qu'elle trouve les hommes des couvents
encombrants et dangereux. Là dessus,
les moines espèrent ramener à eux l'opi-
nion publique en prouvant qu'ils sont
plus encombrants encore et plus dan-
gereux qu'on ne le supposait.
Et certains voudraient que des gens
enclins à déraisonner de cette façon
fussent chargés de l'éducation des jeu-
nes Français !
Hugues Destrem.
UNE GROSSE FAUTE
Une indisposition m'ayant
empêché d'assister à la séance
de la Chambre, avant-hier, je
n'ai connu le discours de M. le
président du conseil que par la
lecture des journaux. Il m'est
impossible, il est impossible à
tout républicain d'approuver le langage de
M. Combes. C'est la négation de l'œuvre
de la République, de la République elle-
même. La République, dans les circons-
tances actuelles, doit être forcément anti-
cléricale et depuis qu'elle existe, elle n'a
cessé de faire la guerre au cléricalisme, aux
associations religieuses, à l'enseignement
congt éganiste. Or, prétendre - et c'est ce
qu'a dit M. Combes — que l'enseignement
laïque est superficiel et borné, au point de
vue de la morale, parce que la morale reli-
gieuse ne peut-être à l'heure actiielle rem-
placée par une morale laïque équivalente,
c'est bien, n'est-ce pas? nier la Républi-
que et son œuvre.
Sans doute, M. Combes a commis cette
erreur en brave homme qu'il est, avec la
meilleure bonne foi du monde. C'est à
coup sûr son excuse. Car ce n'en est pa's
une à nos yeux, que de se retrancher der-
rière un fond de philosophie spiritualiste.
Un président du conseil n'a pas à faire de
philosophie à la tribune. Il doit se bor-
ner, — et c'est énorme, presque tous n'y
réussissent pas — à y faire des déclarations
politiques en faveur de son parti.
La stupéfaction et la colère de la majo-
rité sont plus que compréhensibles en
présence de ce discours d'ailleurs absolu-
ment inutile. M. Combes n'avait pas be-
soin de le prononcer. Je viens de le relire
à l'Officiel. Il n'y a malheureusement rien
d'atténué de telle sorte que les compte
rendus des journaux sont tout à fait exacts.
Il se peut que les esprits accoutumés aux
discussions élevées de la philosophie n'y
trouvent rien à redire. Mais les masses
qui sont simplistes et qui, elles, n'enten-
dent rien au spiritualisme, traduisent le
discours de l'honorable M. Combes avec
une logique irrésistible.
Elles diront que, si la morale religieuse
est nécessaire, l'enseignement congréga-
niste doit être, par conséquent, supérieur à
l'enseignement laïque, dont la morale est
« superficielle et bordée ». Et alors elles se
poseront la question suivante : Pourquoi,
s'il en est ainsi, ferme-t-on les écoles des
sœurs et des frères?
D'autre part, que vont dire les cent mille
instituteurs et institutrices de France, ces
braves gens dont l'éloge n'est plus à faire
et qui, moyennant un si maigre traitement,
font pénétrer dans l'esprit de leurs élèves
l'amour de la République et leur appren-
nent qu'il y a — ce qui est la doctrine répu-
blicaine même — une morale laïque en
dehors de la morale religieuse, faite trop
souvent de préjugés ?
M. le président du Conseil les désavoue.
En vérité, M. Combes a commis une
lourde faute. Jamais, depuis trente ans,
pareille thèse n'avait été soutenue, à propos
du budget des cultes, dans une Chambre
française. C'est la thèse de Frayssinous, de
Montalembert et de Falloux. Ah ! il faut
que M. Combes rachète vite cette grosse
imprudence par des déclarations qui don-
neront satisfaction aux républicains. Sans
quoi, il risquerait de ne plus retrouver cette
fidèle majorité qui jusqu'ici l'a soutenu si
vigoureusement. — Ch. B.
Voir à la oJ page
les Dernières Dépêches
de la xru.it e-t
la Revue des Journaux
du matin
UN SUCCÈS
Le talent des orateurs ne se mesure point au
prix où se vendent leurs harangues. Il est bon
pourtant de constater l'accueil qui a été fait
dans le public au discours que Jaurès a pro-
noncé, cette semaiuo, à la Chambre.
L'Officiel a fait prima samedi. Dès dix heure?,
il était impossible de le trouver dans les kios-
ques, à ouzo heures, l'imprimerie du journal
n'en possédait plus un seul exemplaire, & midi,
le numéro était vendu 25 centimes par les ca-
melots, à 3 heures, 50 centimes, à 5 heures il
atteignait 75 centimes.
Et cela, notez bien, malgré le soin que la
Petite République avait pris de publier dans
ses colonnes le discours in extenso. Voilà un
beau succès de librairie qui doit faire envie à
M. Paul Deschanel, car nous devons, pour
rester scrupuleusement impartiaux, reconnaître
que l'Officiel est resté au pair le jour où il con-
tenait le discours de l'éminent académicien.
Je m'en veux presque de signaler ces enchè-
res. Sans doute elles soulignent le succès rem-
porté par le leader du parti socialiste, mais aus-
si elles peuvent suggérer des stratagèmes aux
membres de l'opposition. -. -.
t'our se donne? i apparence de la popularité,
les réactionnaires ne reculent devant aucun
sacrifice. Lorsque l'un d'eux prononcera au
Parlement quelque discours banal, instruit y",
cette expérience,il pourrait bien,aux frais ~e la
caisse commune, faire main basse dès fe len-
demain matin sur tous les Officiel& disponibles
et occasionner par cet accaparement une haus-
se fleUve. A.
Mais en suivant mon raisonnement, je m'a-
perçois.que, dans ce cas, il faudrait aussi que
notre orateur réquisitionnât des acheteurs. Je
n'y pensais point tout d'abord. Et vraiment je
doute fort qui! paisse se trouver à Paris quel-
que prodigue qui consentirait à payer 75 centi-
mes un discours de M. Lasàas» Il faudrait, lui
dgiiaer imm~~M~Mt~
LE RAPPEL
ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE
LE LEGS THOMY-THIERY
Au Musée du Louvre. — L'inaugura.
tion de trois nouvelles salles. — Dis-
cours de M. Chaumié et de M.
Xaempfen. — Thomy-Thiéry. —
Les paysagistes. — L'Ecole ro-
mantique. — L'œuvre de Ba-
rye. — Dans la galerie d'A-
pollon.
Depuis hier, trois nouvelles salles sont ou-
vertes sous les ciels vitrés du Musée du Louvre,
au deuxième étage, derrière la colonnade. Le
ministre des Beaux-Arts les a inaugurées avec
les invitations et les laïus d'usage.
A dix heures précises le ministre accompa
gné de Mme Chaumié, de M. Combarieu, son
chef de cabinet, est arrivé dans la salle, où se
trouvaient déjà, MM. Henry Roujon, directeur
de Beaux-Arts; Kaempfen, directeur des musées
nationaux et tout le personnel dos musées du
Louvre.
Chacun a pris place autour du buste de M.
Thomy-Thiéry, dont M. Kaempfen a prononcé
un éloquent éloge, plein de charme, et de déli-
catesse.
L'inauguration officielle s'est terminée par
quelques chaleureuses paroles de M. Chaumié,
qui s'ost fait, au nom de la France, l'interprète
de l'universelle gratitude pour l'amateur dé-
sintéressé et enthousiaste dont le généreux
legs a comblé certaines lacunes de notre Musée
national.
Après cette allocution, le ministre et Mme
Chaumié, qui donnait le bras à M. Lafenestre,
ont examiné les merveilles de la collection.
Les deux plus petites salles, la première
et la dernière, sont remplies de toiles émi-
grées en grande partie du Luxembourg, en-
combré, et des galeries modernes. Celle du
milieu, qui avait surtout les honneurs de la
journée, contient le don généreux du Mauri-
cien fixé à Paris. M. Thomy-Thiéry, dont le
buste en marbre blanc par Desvergnes, s'érige
dans la fenêtre centrale, et autour duquel,
nous l'avons dit, ont été prononcés les discours
offiéiels.
Le legs Thomy-Thiéry
M. Thomy-Thiéry était un homme de goût
fort riche, qui s'était épris de choses d'art au
contact des peintres dont il fil la fortune et des
critiques qui le dirigèrent.
Il aimait les paysages et les tableaux de
genre, et, heureux de les conserver sous ses
regards charmés, il se maintint dans les exi-
guilés raisonnables des logis bourgeois. Il pa-
rait qu'il s'était donné le programme de pos-
séder douze toiles de douze peintres de l'école
1830, époque qu'il chérissait particulièrement
et à laquelle le rattachaient sesfréquentationE.11
y ajouta des bronzes. Aussi voyons-nous
triompher en celieu les romantiquesdu paysage
et le romantique Barye. Et cette galerie, dont
on cite quelques prix, est estimée à neuf mil-
lions.
L'arrangement est, à mon sens, un peu dé-
fectueux. Il eût fallu grouper soit par nom,
soit par genre. L'intérêt est égal partout, on
ne sait où arrêter ses regards. Les séries d'en-
semble eussent eu l'approbation de la méthode.
On s'est contenté des placementi de dimen-
sions et de l'harmonie des cadres, avec çà et
là quelque tohu-bohu.
Les grands maîtres rustiques
Le paysage est représenté par les maîtres
exquis de Barbizon et de Ville-d'Avray. Et
c'est merveilleux t De Théodore Rousseau, les
Chênes, acquis 350,000 fr. à la coll. Ed. An-
dré, la Plaine des Pyrénées, l'Etang, le Vil-
lage sous les arbres, le Coteau, le Pêcheur,
Paysage avec animaux, les Bords de la Loire,
dont le donateur devint propriétaire à la vente
Defoër, moyennant 55,000 fr., et le Printemps
arrêtent les regards. Jules Dupré figure avec
les Landes, de la coll. Laurent Richard, le So-
leil couchant sur un marais, qui monta à
80.000 fr., à la vente Coquelin aîné, l'Abreu-
voir, le Grand Chêne, qu'un amateur, M. de
Rozières, acheta 600 fr. à l'hôtel Drouot en
1848 et revendit 300.000 fr., à M. Thomy-
Thiéry I la Petite charrette, l'Etang, de la coll.
Boyard, les Vaches au bord de l'eau. les Bords
de la Riuière. la Mare, l'Automne, le Paysage
et la Rivière, Pâturage de Normandie, Soleil
couchant après l'orage.
Douze toiles de Corot, charme idyllique des
lumières ! un Paysage d'Italie, de l'ancienne
coll. Larrien, la Route d'Arras, qu'on place
parmi les meilleures pages du bonhomme,
avec ses poétiques habitations dorées, à demi
cachées par un rideau d'arbres harmonieux,
payée 75.000 fr. lors de la dispersion de la
coll. Finet. Deux paysages, Bords*du Veau et
Vaches, une poétique Eglogue. le Vallon, Une
entrée de village, le Soir, acquis à la coll. De-
touche, les Chaumières, la Saulaie, le Chemin
de Sèvres, enfin une Porte d'Amiens, hors de
son faire habituel.
J.-F. Millet se montre en six scènes rusti-
ques. Le mailre normand excellait dans les
petites paysanneries, aussi ne nous étonnerons-
nous pas do la Précaution maternelle et du
Fendeur de bois; des Botteleurs, estimés 250.000
fr., appartinrent à la coll. Daupios, du Van-
neur, à la coll. Bellino; la Brûleuse d'Herbes
et la Lessiveuse atteignirent 35.000 fr. chacune
à la vente Defoër.
Ici, Daubigny. mélancolique: la Mare aux Cigo-
gnes,vcudue 25.000 fr.à la vente Wilson, les fa-
meux Bords de l'Oise, un Paysage aux envi-
rons de Paris, un Coin de Normandie, le Matin,
le Moulin de Gylieu, un Coucher de soleil sur
la rivière, les Bateaux, la Vanne, le Marais,
l'Etang d'Optevoz, un Pâturage avec vue sur
la mel', les Grèves de Villerville, enfin une
Vue de la Tamise à Erith, treize toiles précieu-
ses qui feraient la gloire d'un roi.
Là, le sublime poète des pâturages, historien
des bergers et des troupeaux, Troyon, qui res-
plendit dans cette salle avec le délicieux pano-
rama bucolique qui, exposé au Salon do 1859,
excita une si vive admiration, les Hauteurs de
Suresnes, etdontM.Thotay-Thiéry refusa 500.000
francs,avec la Barrière, aux bestiaux vivants,
acquise à la coll. Goldschmidt pour 100.000fr.,
et qui, dit-on, vaut aujourd'hui 300,000 fr.,
l'Abreuvoir, 1 e Matin, 50.000 fr., à la même
coll., coté 200,000, le Troupeau de Moutons,
Vache et chien à l'abreuvoir, le Passage du
Gué, la Gardeuse de Dindons, Moutons, chèvre
et vache, la Provende des poules. la Rencontre
des Troupeaux, de la coU, Durand-Dossier, de
Bordeaux.
Lee romantiques et les coloristes
Le4 Mman tiques de la couleur ne pouvaient
tasser indifférent l'adorateur de l'époque. Eu-
Sène Delacroix est largement représenté avec
des lions, un lapin, un sanglier, un caïman, un
tableautin Bamlet et Boratio, devisant sur une
tête de mort, provenant des collections Lau-
rent Richard, Ravenaz, Wilson, la Fiancée
d'Abydos, payée 50,000 fr. à la coll. Antony
Roux, Persée délivrant Andromède (ou Roger
et Angélique ?) de la coll. Marmontel, l'Enlève-
ment de Rebecca, de la coll. Secrétao, une 0-
phélià, une Lionne prête à bondir, un Christ
en croix, genre religieux rare dQ3 son œuvre,
enfin une Mèdèe furieuse, au £ chaire passion-
nées, payée 20,000 fr. à ]à vente Entgaran, sur
laquelle le serais heureux d'avoir musiques
éclaircissements. 't
Il me souvient d'avoir vu au musée de Lille
une Médée furieuse. Selon les termes du livret,
elle vient d'arriver en courant dans une grotte
cachée par des roches et des broussailles. Dans
sa fuite précipitée, elle a laissé tomber le vête-
ment qui lui couvrait la poitrine et la gorge.
Du bras et de la main droite elle soutiont ses
deux enfants qu'elle presse contre elle, dans sa
main gauche elle scrro le poignard dont elle va
les frapper.
C'est l'inspiration d'un passage du livre VII
des Métamorphoses, d'Ovide : « Médée, forcée
de fuir après le meurtre de Pélias, so retira à
Corinthe. Ayant appris que Jason avait épousé
la fille de Créon, elle mit le feu au palais de
ce prince, qui y fut brûlé avec sa fille, poi-
gnarda les deux enfants qu'elle avait eus de
Jason et se sauva à Athènes ». Ce tableau de la
iureur jalouse, aont la ligne, ta couleur, tes
poses, sont identiques, est-il simplement une
copie, une deuxième édition de celui du mu-
sée de Lille ? D'où M. Brugman le tenait-il ?
Est-ce celui-là même ? Pourtant un musée
national n'est pas autorisé à céder les toiles
qu'il reçut de l'Etat? Alors ?
Il est vrai que, parfois, le destin do Dela-
croix est si étrange ! On n'a pas oublié l'aven-
ture de son saint Sébastien. Prêté par la ville
de Nantua à la Cenlennale de 1900, il avait
semblé de bonne prise au musée du Louvre.
On l'y garda. Et ce n'est qu'avec de multiples
difficultés que sa légitime propriétaire vient
de le reconquérir, légèrement avarié par les
voyages.
Aux côtés de Delacroix, il y a Isabey, cha-
toyant de coloris : Louis XIII an château de
Blois, la Procession, le Mariage dans l'église de
Delft, qui fut payé 75,000 fr. à la vente Secré-
lan, le Duel, Seigneurs sur la plage de Sche-
veningue , la Visite au château, un Baptême
dos l'église du Tréport.11 yadix toiles do Diaz
de la Pena, dont les Baigneuses, coll. Martin-
Leroy, Nymphes sous bois, une Femme, de dos,
une Clairière, un Sous-Bois d'intense clarté,
avec enfant et chien, coll. Crobbe, les Deux
rivales, le Valet de chiens, entrebaillant la
porte du chenil, Vénus désarmant l'Amour, et
Vénus et Adonis.
Il y a deux toiles de Fromentin, la Chasse au
faucon et une Halte de caraliers. De Decamps,
pour qui le collectionneur semblait avoir une
prédilection marquée, une vingtaine de par-
faites choses, fines et spiritueHes, miracles de
goût et de couleurs: le Singe peintre, de l'an-
cienne galerie de Morny, et, de la même, les
Sonneurs, déchaussés, haletants de leur son-
nailles et des bouteilles:vides,si vrais de frénésie
bachique qu'on n'arientrouvé de plus délicieux
pour la vignelle gravée de l'invitation, des
Chiens bassets, de chasse, brifaus, Maison et
figures d'Orient, Bertrand et Raton, les Cata-
lans, qualifiés merveille des merveilles,le Valet
de chiens, coll. Michel de Trétaigae, le Campe-
ment des bohémiens, les Mendiants, de la coll.
Bischoffsheim, le Rémouleur, coll. du baron
Gérard, le Rat retiré du monde, coll. Aimé
Pastré, Eléphant et Tigre à la SJurce, sujet in-
dien de la coll. Duchâtel, la Cour de ferme,
Bouledogue et terrier écossais, coll. Secrélan.
Plus près de nous, des Meissonier : les Or-
donnances, acquis 90,000 fr. à la vente Stewart,
le Joueur de flûte, si connu, de la coll. Aimé
Pastré, le Poète, de la coll. Duchâtel, le Petit
liseur, coll. Motinot, enfin Les trois fumeurs,
popularisés par la gravure, onze centimètres
sur quatorze, achetés 60,000 fr. à la vente Se-
crétan. Et deux modernes, Ziem avec uno Ma-
rine, Voiliers sortant du grand canal, et Voi-
liers à l'entrée du grand canal, Vollon avec
l'Aiguière de François lU.
Barye et le bronze vivant
Au contre do la salle, trois vitrines contien-
nent la plus complète collection de Bnrye qu'il
soit possible d'imaginer, de Barye qui fit de
cette matière rigide une chair ondoyante et
moelleuse, de Barye, dont on aperçoit même
une étude, Lions près de leur antre, témoi-
gnant de ses constantes occupations.
Ces vitrines renferment 146 bronzes, dont
23 modèles uniques et une cire perdue. Voici
des lions, de toutes poses et de toutes ardeurs,
des chèvres, un chevreuil au repos, une tortue,
des lièvres, doux chevaux piaffants, deux can-
délabres formés de touffes de pavots, au som-
met desquelles sont posés deux oiseaux, les
ailes en suspens, et un groupe fougueux, un
cavalier bondissant sur une sorte d'hippo-
griffe, probablement l'enlèvement d'Angéli-
que.
Des lions, encore des lions, au repos, dévo
rant leur proie, s'élirant,se léchant les babines.
Des cerfs aux abois, des crocodiles bayants, des
sangliers blessés, toute la faune.
Encoradeux candélabres, adornés de formes
féminines, des Grâces et des Chimères, des su-
jets équestres, le Bonaparte connu, une mêlée
do cavaliers, des aigles aux vastes ailes, au bec
plein de cris, les pattes crispées sur le roc.
Salles modernes
On retrouve le nom de M. Thomy-Thiéry à
l'étage inférieur, à l'extrémité de la galerie
d'Apollon, Là s'étale encore un don du précieux
dilettante. C'est, sur un tapis de la Savonnerie
aux délicates teintes, un somptueux mobilier
de l'époque Louis XIV recouvert de tapisseries
dei Gobelins, et auquel on attribue une valeur
de 600,000 fr.!
La salle du legs, ai-je dit, est emprisonnée
de deux autres contenant des peintres moder-
nes, en partie émigrés du Luxembourg. Dans
celle du bout, nombre de portraits, Courbet,
Jules Dupré, Meissonier, Delacroix, par eux-
mêmes, Champfleury et l'Homme blessé, par
Courbet, des Fromentin colorés, le Paris 1870-
1871, avec Henri Regnault étendu, sanglant,
aux pieds de la patrie haletante, et d'un groupe
où il est facile de reconnaître des portraits, par
Meissonier, dont on voit vingt autres toiles
célèbres ; le Tepidarium, scène antique de
Chassériau, et une curiosité de Charles de la
Berge : Arrivée de la diligence dans un bourg
de Normandie.
La première salle nous arrête avec le Colloque
de Poissy, de Nicolas Robert-Fleury : des Dupré
merveilleux de grâce et de sérénité, le Matin et
le Soir ; un Corot, les Etangs ; un Delacroix,
Femmes d'Alger ; le portrait de Ch.Fourier, par
Jean Gigoux, et un Isabey flamboyant de har-
diesse et de mouvement : Embarquement de
Ruyter et de Corneille de Wilt.
LÉON RIOTOR.
»
LES TROUBLES AU TRANSVAAL
(De notre correspondant particulierI
Capetown, 27 janvier.
Les troupes de la police du Cap ont eu une
rencontre sanglante avec des rebelles indigè-
nes de Namaqualand, à la frontière de la co-
lonie allemande de l'Afrique du Sud-Ouest.
Le chef des insurgés, nommé Bontebosch, s'est
retiré avec ses hommes sur le territoire alle-
mand, après avoir tenu tête aux Anglais pen-
dant plusieurs heures.
-- -———————————'
LE POURPOINT DE CHARLES I"
(De notre correspondant particulierJ
Londres, 27 janvier.
Vendredi prochaiu, anniversaire de l'exécu-
tion de Charles I", on exposera, hYUnited Ser-
vice Jluscwn, le pourpoint bleu que ce monar-
que portait en montant à l'écliiiiaud. Ce vête.
ment est la. propriété de M. Berney Ficklio. qui
11 acholê daas uoo vqoIo publique pour.5,000 fr.
LA JOURNEE
PARLEMENTAIRE
A LA CHAMBRE
La Chambre, sous la présidence de M. Guil-
lain, a étudié le budget du commerce.
Avant, elle avait adopté le projet tendant à
ouvrir au ministre des colonies un crédit ex-
traordinaire de trois millions et demi nécessité
par les catastrophes de la Martinique.
Elle avait adopté également le projet concer-
nant les pensions des veuves et des orphelins
des fonctionnaires civils et des militaires morts
dans les mêmes catastrophes, pensions qui se-
ront des trois quarts de celles auxquelles au-
raient eu droit les fonctionnaires décédés.
Le budget da commerce
M. Mirman a réclamé l'extension à l'Algérie
do la loi sur les accidents du travail, loi que
M. Charpentier jugerait nécessaire de com-
pléter.
M. Trouillot fera auprès du Sénat les efforts
qu'on lui demande.
Au sujet des sociétés d'assurance, M. Trouil-
lot dit :
M. Mirman a parlé des sociétés d'assurance.
Le gouvernement ne demande pas mieux que
de surveiller les sociétés d'assurances ; mais il
n'a peut-être pas les moyens de contrôle suffisant.
Le ministre s'engage à n'autoriser les sociétés
nouvelles qu'oprès un examen très attentif des
statuts.
Le ministère du travail
L'abbé Lemire a remis sur le tapis la ques-
tion de la création d'un ministère du travail.
M. Vaillant. — Nous avons présenté une pro-
position qui a le même objet.
Le président de la commission. — On
ne peut pas voter au pied levé la création d'un
nouveau ministère dont l'organisation n'est pas
étudiée.
M. Kouvier. — C'est évident : où logerons-
nous les services ?
Le président de la commission. -
Nous demandons que la proposition de M. Lemire
soit envoyée à la commission du travail.
Le président. — 11 en est ainsi ordonné.
M. Engeraud obtient la promesse que le
gouvernement s'intéressera d'une façon spé-
ciale à l'industrie de la dentelle.
Les médailles du travail
M. Georges Berry demande la distribution
d'abondantes médailles du travail.
M. Trouillot jure qu'il seta généreux.
M. Cadenat croit que les vieux ouvriers pré-
féreraient des retraites.
M. Charpentier appelle l'allenlion du mi-
nistre sur la nécessité d'augmenter dans le pro-
chain budget le crédit du chapitre 26 pour les
encouragements aux sociétés ouvrières de pro-
duction et de crédit et aux institutions de cré-
dit mutuel.
M. du Halgouet présente des observations
analogues.
M. Trouillot et le président do la commis-
sion du budget promettent de faire leurs ef-
forts pour que, l'année prochaine, ce crédit
soit augmenté.
Les ports francs
MM. Cadenat et Thierry voudraient que l'on
hâtât la dépôt du projet sur l'organisation de3
ports francs.
M. Astier, rapporteur. — La commission du
commerce est saisie de divers projets qu'elle étu-
diera dans sa prochaine séance.
M. Trouillot, ministre du commerce. — Le
projet du gouvernement est à l'étude. Dès que le
ministère des finances aura donné son avis, je le
déposerai.
M. Cadenat. — Quand ?
M. Rouvier. — Quand les études seront ter-
minées et je pense qu'elles le seront bientôt.
M. Cadenat. — Tout cela c'est de l'eau bé-
nite. (Rires.)
Les budgets de la caisse d'épargne et de la
Légion d'honneur sont adoptés. Par 307 voix
contre 220, un amendement de M. Dejeante
pour la suppression des services religieux dans
les maison? d'éducation de la Légion d'hon-
neur est repoussé.
Les travaux publics
M. Plichon souhaite que le budget des tra-
vaux publics soit enrichi plutôt qu'appauvri,
comme il l'a été.
M. Bourrat réclame l'exécution, par les com-
pagnies de chemins de fer, de leurs cahiers des
charges.
M. Maruéjouis, ministre des travaux pu-
blics. — Je vais déposer un projet de loi dont
l'exposé des motifs et le dispositif vous donneront,
M. Bourrât, je voudrais l'espérer, toute satisfac-
tion.
Un héros
M. Maurice Sibille. — A propos de l'acci-
dent d'Angers dont M. Mirman vient de parler, je
demande la permission à la Chambre de lui signa-
loi- l'admirable dévouement du mécanicien qui,
grièvement blessé, s'est relevé, a voulu courir à sa
machine et est tombé mort.
Le général gouverneur de Dunkerque, témoin
de l'accident, a rendu un hommage ému à ce hé-
ros. Je pense que la Chambre voudra également
s'y associer. (Vifs applaudissements.)
Les Emprunts de la Seine
M. Vaillant demande au ministre des tra-
vaux publics de vouloir bien hâter le dépôt
du projet autorisant l'emprunt pour l'achève-
ment du Métropolitain et l'emprunt départe-
mental voté par le conseil général de la Seine
pour les grands travaux. Il lui demande aussi
de hâter la salution en ce qui concerne les
tramways dits de pénétration.
Un amendement de M. Bourrât, — pour
changer le titre des conducteurs des Ponts-et-
Chausssées qui s'appelleraient « ingénieurs di-
visionnaires » — est repoussé par 372 voix con-
tre 66.
H. D.
AU SÉNAT
MM. Andrieux et Fruchier invalidés
Le Sénat adonné une satisfaction attendue
,et nécessaire aux républicains des Basses-
Alpes, en invalidant MM. Acdrieux et Fru-
chier, élus — disons : par erreur, pour être
indulgents.
On sait quelles manœuvres extraordinaires
avaient vicié celle élection.
La commission n'avait pu que conclure à
l'annulation d'une élection aussi irrégulière.
M. Audricux s'est longuement défendu, se
plaignant d'être, lui-même, la victime de la
déloyauté de ses concurrents.
M. Fruchier s'est contenté de déclarer qu'il
s'associait aux paroles de son compagnon de
lisle.
M. Maxime Lecomte, rapporteur, se prononce
énergiquement pour l'invalidation de MM. An-
drieux et Fruchier.
M. Maxime Lecomte. — Le premier tour
de scrutin avait donné 143 voix pour le bloc minis-
tériel. L'affiche de MM. Andrieux et Fruchier an-
nonçant les désistements a vicié le second tour.
70 électeurs sénatoriaux, dont les signatures sont
légalisées, affirment que la manœuvre do M. An-
drieux a trompé de nombreux électeurs.
Examinant ces attestations, je renonce à faire
état de celle du vieillard de quatre-vingts ans, mais
je maintiens toutes les autres, vu que les auteurs,
malgré les efforts qu'on a faits, n'ont jamais voulu
les rétractor.
MM. Andrieux et Prnchier ne peuvent pas en-
trer au Sôaat wr l'éauivoque d'une port# basse-
- 1
Par 116 voix contre 109, les conclusions dm:
deuxième bureau, tendant à l'annulation des,
opérations électorales des Basses-Alpes, sonl,
adoptées.. i
En conséquence, MM. Andrieux et Fracbier
sont invalidés.
M. Andrieux crie : a Au revoir 1 D
Un secrétaire de M. Andrieux cri?, du haut'
d'une galerie : « Vive Andrieux ! » w
On arrête le secrétaire ; il décline ses quali.
tés ; on le relâche. 1
Et voilà une manifestation nationaliste do
plus. f
» ■ «i
Les Coulisses des Chambres
L'affaire do Maroc
Le groupe colonial et de politique extérieure:
du Sénat, réuni sous la présidence de M. Godiri, i
a entendu l'exposé que lui a fait M. Saint-
Germain de la question marocaine et des con-,
séquences qu'elle - pourrait avoir, en ce qui
concerne l'Algérie.
Le groupe a chargé son bureau de se rendre
auprès duministre des affaires étrangères et de
lui demafluer quelques renseignements sur les
mesures prises ou à prendre par le gouverne-
ment pour sauvegarder les intérêts de la
France dans le conflit marocain.
L'enseignement supérieur
La commission chargée d'examiner la propo-
sition de M. Maxime Lecomte sur l'enseigne-
ment supérieur, après étude de la proposition-
de M. Maurice Faure, a décidé d'ouvrir,sur les
réformes relatives à l'enseignement supérieur,
une enquête analogue à celle qui a été faite à
la Chambre sur l'enseignement secondaire.
Afin do déterminer les points particuliers sur
lesquels devra de préférence porter l'enquête,
la commission a abordé l'examen, article par
article, de la loi de 1875:
L'assistance des vieillards
La commission d'assurance et de prévoyance
sociales, réunie sous la présidence de M. Mil-
lerand, a poursuivi l'examen de la proposition i
de loi de M. Bienvenu Marlin sur l'assistance
obligatoire des vieillards, des incurables et des
infirmes. (
Elle a admis que, dans tous tous les cas où
cela serait possible, l'assurance à domicile se-i
rait le mode d'assistance qui devrait être pré-
féré. :
NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR L'AFFAIRE KRUPP,
(De notre correspondant particulierl
Munich, 27 janvier.
Un député socialiste, qui occupe une place
très en vue, (d'aucuns disent M. do Vollmar) (
publiera prochainement une brochure conte-v
.nant de nouvelles révélations sur l'affaire i
Krupp. Il paraît que M. de Vollmar est en'
possession de bien des détails que le public ne :
soupçonne même pas. La nervosité qui règno
dans les hautes sphères prussiennes s'explique"
rait par ce fait qu'un allié de la famille des
Hohenzollern serait impliqué dans le scan-
dale.
CONFLIT ANGLO-RUSSE
(De notre correspondant particuliert
Bombay, 27 janvier.
Le gouvernement anglo-indien a pris les
diâpositions nécessaires pour concentrer, dans
le plus bref délai, 30,000 hommes à la fron-
tière, du côté de Herat. L'état-major a élaboré
un plan pour une campagne possible dans
l'Asie centrale.
Dans l'Inde, on croit que la Grande-Breta-
gne, voyant que la guerre avec la Russie est
inévitable, veut arriver bonne première et sur-
prendre les Russes dans l'Asie centrale.
LE MILITARISME ALLEMAND
(De notre correspondant parliculieri
CarIsruhe, 27 janvier.
L'administration militaire fera prochaine-
ment exproprier et raser toute la commune
d'Altheim, afin de créer un vaste champ de
manœuvres pour le 14* corps d'armée. Cette
transformation coûtera environ 10 millions
de marcks.
- ♦ 9
LE PROCHAIN VOYAGE PRÉSIDENTIEL
Voici quelques renseignements nouveaux et
précis sur le voyage que M. Loubet doit effeo*
tuer prochainement en Algérie et en Tunisie.
Les grandes lignes da programme proposé
par M. Paul Revoil, gouverneur général, pour
ce voyage, sont dès maintenant arrêtées : M.
Loubet débarquera et séjournera à Alger le 15
avril ; il se rendra ensuite à Ocan, reviendra à
Alger, ira de là à Constantine, à Philippeville.
et à Bône où il s'embarquera pour la Tunisie.
En Tunisie, il visitera successivement Sousse,
Sfax et Bizerte.
Le voyage du Président de la République du-
rera exactement quinze jours, y compris la
traversée.
AU VENEZUELA
Levée prochaine du blocus. — Accord
imminent.
Washington, 27 janvier. -
Il ne paraît plus douteux que les trois puis-
sances alliées aient accepté en principe tâ ga-
rantie des douanes vénézolanes offerte par M.
Bowen au nom du président Castro. On croit
même que le blocus sera levé demain. A Wa-
shington cependant on est très sceptique à ce
suj et.
Le baron Speck de Stornburg, le nouvel am-
bassadeur d'Allemagne, arrive aujourd'hui à
New-York et se rendra immédiatement à Wa-
shington ; les négociations ne subiront donc
pas de retard et une solution est imminente.
On estime ici que l'opinion américaine, ren-,
forcée par celle de la France et de l'Autriche, w
produit enfin quelque effet sur l'esprit teuton.
Les journaux anglais ne cachent pas le sou-
lagement que leur fait éprouver l'imminence
d'un accord qui libérera l'Angleterre d'une
association a compromettante».
L'INSURRECTION AU MAROO
Nouveaux combats
Londres, 27 janvier.
Le correspondant du Times à Tanger télégra-
phie le 26 janvier:
On annonce que les rebelles et les troupes da
sultan se trouvent face à tace sur les rives de
l'Inaouen, tributaire du Sebou, non loin dQo
Faz.
Des escarmouches favorables aux rebelles
ont eu lieu.
On dit que le sultan est fatigué de la lutte et
désireux de quitter Fez.
Madrid, 27 janvier, ;
Suivant une dépêche de Melilla au Heraldo,
les combats des tribus kabyles des Beoi-Sidcl
et du Fahs contre le caïd ont continué.
D'après une lettre de Taza et les rapports de
quelques juifs, des combats ont été livrés en-
tre les rebelles et les troupes du sultan, mais
Ion ne narle d'aucune bataille iinportaole. O.
A ANNONCES
AUX àuREATJX DU JCüRAt
14,\ rue du Mail, Paris. ■
Et vîhez MM. LAGRANGE, CERF A C*
6, place de la Bourse, S.
ûSxtsse Télégraphique : XIX- SIÈCLE — PARIS
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RÉFACTION S 11, rue du Mail
De i à .8 heures du soir et de 10 heures du soir à 1 heure du matin
No 12011. — Jeudi 29 Janvier 1903
10 PLUVIOSE AN 111
ADMINISTRATION ; 14, rue du Mail
dresser lettres et mandats à l'adminislrateur
NOS LEADERSJ
Elles ritrnt
Ne croyez pas que la Congrégation ait
épuisé ses forces de résistance dans les
luttes de Saint-Méen et d'autres loca-
lités bretonnes — luttes où, suivant un
mot de M. Allard, « à Peau bénite, les
combattants préférèrent d'autres ma-
tières ».
On nous annonce, depuis deux ou
trois jours, que les congrégations aux-
quelles l'autorisation sera refusée oppo-
seront la résistance la plus vigoureuse
aux dispositions du pouvoir légal.
Interrogé par la Gazelle de France, le
supérieur général d'une des associa-
tions intéressées a donné des explica-
tions très nettes.
Mais, avant d'aller plus loin, rappe-
lons que les journaux réactionnaires
nous ont entretenu avec quelques dé-
tails d'une réunion tenue, il y a exacte-
ment une semaine, mardi dernier, par
les supérieurs généraux et les provin-
ciaux de cinquante-deux importantes
congrégations, sur cinquante-quatre qui
sont menacées par les mesures gouver-
nementales.
Le fait même de la réunion dont il
s'agit est grave en lui-même. Il y a
longtemps que les républicains soutien-
nent cette thèse qu'il n'y a pas des con-
grégations, mais une congrégation. Des
discussions se sont maintes fois pro-
duites à ce sujet sur le rôle exact des
avocats des congrégations entretenus à
la cour de Rome : d'autres débats se
sont produits également sur la question
de savoir si les associations religieuses
n'étaient point toutes reliées au Vatican
sans intermédiaire des évêques.
Des réunions semblables à celle qu'a-
voue la presse cléricale montrent qu'il
est inutile de chercher à pénétrer les
mystères de l'organisation du monde
religieux pour trouver la solution du
problème qui a tant intrigua et in-
quiété la démocratie.
Oui, les congrégations sont unies
entre elles par des liens si étroits qu'on
peut dire qu'elles constituent une seule
association : la Congrégation.
Et entendez bien que les liens dont
nous parlons ne sont pas formés pour
faciliter l'action commune des jésuites,
capucins et autres bénédictins en vue de
l'exercice de la charité, ou de l'harmo-
nie des prières. Les moines sont orga-
nisés pour la guerre à la société laïque,
et pour l'insurrection contre la loi.
Cet état de choses est dénoncé avec
assez; de maladresse par les paroles du
supérieur qui a pris la Gazelle de France
pour confidente. Lisez ces quelques li-
gnes :
— Les supérieurs généraux ou les
provinciaux réunis en assemblée géné-
rale, ont, à l'unanimité des présents, dé-
cidé de prendre la même attitude qu'à
l'occasion des décrets de Jules Ferry.
— Ce qui veut dire, a repris l'inter-
viewer royaliste, que vous résisterez?
La réplique est imprimée en lettres
grasses dans la gazette monarchiste :
- Ce qui veut dire que nous ne nous
inclinerons pas devant la décision du
Parlement; que partout où nous pour-
rons le faire sans blesser le droit des
tiers, nous nous laisserons condamner
par les tribunaux et expulser manu
militari.
Le dialogue est intéressant, n'est-ce
pas?
Encore un bout de conversation :
— Toutes les congrégations étaient-
elles représentées à la dernière réunion?
— Toutes à l'exception des domini-
cains et d'une autre.
— Et vous croyez, mon Très Révérend
Père. que la décision prise sera exécu-
tée ?
Encore des lettres grasses:
- J'en suis sur !
La presse royaliste applaudit vigou-
reusement aux beaux projets des mui-
nes batailleurs. Et c'est pour elle une
occasion de railler et de flétrir les « ral-
liés » à qui l'on a sans cesse reproché
un peu de mollec.
M. Piou, surtout, est maltraité. Il
vient de lancer un appel vibrant aux
conservateurs, afin de les engager à se-
couer leur découragement et à se pré-
parer aux élections de 1906,
— Croyez-vous, lui répondent les
réactionnaires non ralliés, que nous
sommes disposés à attendre l'an 1906 ?
D'ici trois ou quatre ans, du train que
mènent les radicaux et les socialistes,
Dieu seul sait où seront nos Très Révé-
rends Pères.
« Heureusement, nos Très Révérends
Pères sont de taille à se défendre eux-
mêmes, et vous verrez prochainement
comment ils recevront les commissaires
de police et les liquidateurs judiciaires. »
Je ne suis pas sûr qu'au point de vue
des intérêts catholiques, ce ne soit pas
M. Pion qui ait raison contre les cléri-
caux violents qui lui font des reproches.
Sans doute, M. Piou offre à ses amis
des consolations illusoires. Que les
élections de 1906 puissent donner aux
cléricaux des compensations à leurs
actuels déboires, les ralliés eux-mêm
"ne le pensent pas sans doute.
Le plan do campagne de M. Piou n'a
pour lui que sa relative prudence.
N'est-ce donc rieg Î, Si ses adversaires
lui disent : « ;,totre solution est peu sa-
tisfaisante », il est en droit de répon-
dre : « Et la vôtre? » Pensez-vous que
les moines préparent un tremplin élec-
toral commode à leurs amis les politi-
ciens de la droite et du centre ?
La population montre par ses votes
qu'elle trouve les hommes des couvents
encombrants et dangereux. Là dessus,
les moines espèrent ramener à eux l'opi-
nion publique en prouvant qu'ils sont
plus encombrants encore et plus dan-
gereux qu'on ne le supposait.
Et certains voudraient que des gens
enclins à déraisonner de cette façon
fussent chargés de l'éducation des jeu-
nes Français !
Hugues Destrem.
UNE GROSSE FAUTE
Une indisposition m'ayant
empêché d'assister à la séance
de la Chambre, avant-hier, je
n'ai connu le discours de M. le
président du conseil que par la
lecture des journaux. Il m'est
impossible, il est impossible à
tout républicain d'approuver le langage de
M. Combes. C'est la négation de l'œuvre
de la République, de la République elle-
même. La République, dans les circons-
tances actuelles, doit être forcément anti-
cléricale et depuis qu'elle existe, elle n'a
cessé de faire la guerre au cléricalisme, aux
associations religieuses, à l'enseignement
congt éganiste. Or, prétendre - et c'est ce
qu'a dit M. Combes — que l'enseignement
laïque est superficiel et borné, au point de
vue de la morale, parce que la morale reli-
gieuse ne peut-être à l'heure actiielle rem-
placée par une morale laïque équivalente,
c'est bien, n'est-ce pas? nier la Républi-
que et son œuvre.
Sans doute, M. Combes a commis cette
erreur en brave homme qu'il est, avec la
meilleure bonne foi du monde. C'est à
coup sûr son excuse. Car ce n'en est pa's
une à nos yeux, que de se retrancher der-
rière un fond de philosophie spiritualiste.
Un président du conseil n'a pas à faire de
philosophie à la tribune. Il doit se bor-
ner, — et c'est énorme, presque tous n'y
réussissent pas — à y faire des déclarations
politiques en faveur de son parti.
La stupéfaction et la colère de la majo-
rité sont plus que compréhensibles en
présence de ce discours d'ailleurs absolu-
ment inutile. M. Combes n'avait pas be-
soin de le prononcer. Je viens de le relire
à l'Officiel. Il n'y a malheureusement rien
d'atténué de telle sorte que les compte
rendus des journaux sont tout à fait exacts.
Il se peut que les esprits accoutumés aux
discussions élevées de la philosophie n'y
trouvent rien à redire. Mais les masses
qui sont simplistes et qui, elles, n'enten-
dent rien au spiritualisme, traduisent le
discours de l'honorable M. Combes avec
une logique irrésistible.
Elles diront que, si la morale religieuse
est nécessaire, l'enseignement congréga-
niste doit être, par conséquent, supérieur à
l'enseignement laïque, dont la morale est
« superficielle et bordée ». Et alors elles se
poseront la question suivante : Pourquoi,
s'il en est ainsi, ferme-t-on les écoles des
sœurs et des frères?
D'autre part, que vont dire les cent mille
instituteurs et institutrices de France, ces
braves gens dont l'éloge n'est plus à faire
et qui, moyennant un si maigre traitement,
font pénétrer dans l'esprit de leurs élèves
l'amour de la République et leur appren-
nent qu'il y a — ce qui est la doctrine répu-
blicaine même — une morale laïque en
dehors de la morale religieuse, faite trop
souvent de préjugés ?
M. le président du Conseil les désavoue.
En vérité, M. Combes a commis une
lourde faute. Jamais, depuis trente ans,
pareille thèse n'avait été soutenue, à propos
du budget des cultes, dans une Chambre
française. C'est la thèse de Frayssinous, de
Montalembert et de Falloux. Ah ! il faut
que M. Combes rachète vite cette grosse
imprudence par des déclarations qui don-
neront satisfaction aux républicains. Sans
quoi, il risquerait de ne plus retrouver cette
fidèle majorité qui jusqu'ici l'a soutenu si
vigoureusement. — Ch. B.
Voir à la oJ page
les Dernières Dépêches
de la xru.it e-t
la Revue des Journaux
du matin
UN SUCCÈS
Le talent des orateurs ne se mesure point au
prix où se vendent leurs harangues. Il est bon
pourtant de constater l'accueil qui a été fait
dans le public au discours que Jaurès a pro-
noncé, cette semaiuo, à la Chambre.
L'Officiel a fait prima samedi. Dès dix heure?,
il était impossible de le trouver dans les kios-
ques, à ouzo heures, l'imprimerie du journal
n'en possédait plus un seul exemplaire, & midi,
le numéro était vendu 25 centimes par les ca-
melots, à 3 heures, 50 centimes, à 5 heures il
atteignait 75 centimes.
Et cela, notez bien, malgré le soin que la
Petite République avait pris de publier dans
ses colonnes le discours in extenso. Voilà un
beau succès de librairie qui doit faire envie à
M. Paul Deschanel, car nous devons, pour
rester scrupuleusement impartiaux, reconnaître
que l'Officiel est resté au pair le jour où il con-
tenait le discours de l'éminent académicien.
Je m'en veux presque de signaler ces enchè-
res. Sans doute elles soulignent le succès rem-
porté par le leader du parti socialiste, mais aus-
si elles peuvent suggérer des stratagèmes aux
membres de l'opposition. -. -.
t'our se donne? i apparence de la popularité,
les réactionnaires ne reculent devant aucun
sacrifice. Lorsque l'un d'eux prononcera au
Parlement quelque discours banal, instruit y",
cette expérience,il pourrait bien,aux frais ~e la
caisse commune, faire main basse dès fe len-
demain matin sur tous les Officiel& disponibles
et occasionner par cet accaparement une haus-
se fleUve. A.
Mais en suivant mon raisonnement, je m'a-
perçois.que, dans ce cas, il faudrait aussi que
notre orateur réquisitionnât des acheteurs. Je
n'y pensais point tout d'abord. Et vraiment je
doute fort qui! paisse se trouver à Paris quel-
que prodigue qui consentirait à payer 75 centi-
mes un discours de M. Lasàas» Il faudrait, lui
dgiiaer imm~~M~Mt~
LE RAPPEL
ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE
LE LEGS THOMY-THIERY
Au Musée du Louvre. — L'inaugura.
tion de trois nouvelles salles. — Dis-
cours de M. Chaumié et de M.
Xaempfen. — Thomy-Thiéry. —
Les paysagistes. — L'Ecole ro-
mantique. — L'œuvre de Ba-
rye. — Dans la galerie d'A-
pollon.
Depuis hier, trois nouvelles salles sont ou-
vertes sous les ciels vitrés du Musée du Louvre,
au deuxième étage, derrière la colonnade. Le
ministre des Beaux-Arts les a inaugurées avec
les invitations et les laïus d'usage.
A dix heures précises le ministre accompa
gné de Mme Chaumié, de M. Combarieu, son
chef de cabinet, est arrivé dans la salle, où se
trouvaient déjà, MM. Henry Roujon, directeur
de Beaux-Arts; Kaempfen, directeur des musées
nationaux et tout le personnel dos musées du
Louvre.
Chacun a pris place autour du buste de M.
Thomy-Thiéry, dont M. Kaempfen a prononcé
un éloquent éloge, plein de charme, et de déli-
catesse.
L'inauguration officielle s'est terminée par
quelques chaleureuses paroles de M. Chaumié,
qui s'ost fait, au nom de la France, l'interprète
de l'universelle gratitude pour l'amateur dé-
sintéressé et enthousiaste dont le généreux
legs a comblé certaines lacunes de notre Musée
national.
Après cette allocution, le ministre et Mme
Chaumié, qui donnait le bras à M. Lafenestre,
ont examiné les merveilles de la collection.
Les deux plus petites salles, la première
et la dernière, sont remplies de toiles émi-
grées en grande partie du Luxembourg, en-
combré, et des galeries modernes. Celle du
milieu, qui avait surtout les honneurs de la
journée, contient le don généreux du Mauri-
cien fixé à Paris. M. Thomy-Thiéry, dont le
buste en marbre blanc par Desvergnes, s'érige
dans la fenêtre centrale, et autour duquel,
nous l'avons dit, ont été prononcés les discours
offiéiels.
Le legs Thomy-Thiéry
M. Thomy-Thiéry était un homme de goût
fort riche, qui s'était épris de choses d'art au
contact des peintres dont il fil la fortune et des
critiques qui le dirigèrent.
Il aimait les paysages et les tableaux de
genre, et, heureux de les conserver sous ses
regards charmés, il se maintint dans les exi-
guilés raisonnables des logis bourgeois. Il pa-
rait qu'il s'était donné le programme de pos-
séder douze toiles de douze peintres de l'école
1830, époque qu'il chérissait particulièrement
et à laquelle le rattachaient sesfréquentationE.11
y ajouta des bronzes. Aussi voyons-nous
triompher en celieu les romantiquesdu paysage
et le romantique Barye. Et cette galerie, dont
on cite quelques prix, est estimée à neuf mil-
lions.
L'arrangement est, à mon sens, un peu dé-
fectueux. Il eût fallu grouper soit par nom,
soit par genre. L'intérêt est égal partout, on
ne sait où arrêter ses regards. Les séries d'en-
semble eussent eu l'approbation de la méthode.
On s'est contenté des placementi de dimen-
sions et de l'harmonie des cadres, avec çà et
là quelque tohu-bohu.
Les grands maîtres rustiques
Le paysage est représenté par les maîtres
exquis de Barbizon et de Ville-d'Avray. Et
c'est merveilleux t De Théodore Rousseau, les
Chênes, acquis 350,000 fr. à la coll. Ed. An-
dré, la Plaine des Pyrénées, l'Etang, le Vil-
lage sous les arbres, le Coteau, le Pêcheur,
Paysage avec animaux, les Bords de la Loire,
dont le donateur devint propriétaire à la vente
Defoër, moyennant 55,000 fr., et le Printemps
arrêtent les regards. Jules Dupré figure avec
les Landes, de la coll. Laurent Richard, le So-
leil couchant sur un marais, qui monta à
80.000 fr., à la vente Coquelin aîné, l'Abreu-
voir, le Grand Chêne, qu'un amateur, M. de
Rozières, acheta 600 fr. à l'hôtel Drouot en
1848 et revendit 300.000 fr., à M. Thomy-
Thiéry I la Petite charrette, l'Etang, de la coll.
Boyard, les Vaches au bord de l'eau. les Bords
de la Riuière. la Mare, l'Automne, le Paysage
et la Rivière, Pâturage de Normandie, Soleil
couchant après l'orage.
Douze toiles de Corot, charme idyllique des
lumières ! un Paysage d'Italie, de l'ancienne
coll. Larrien, la Route d'Arras, qu'on place
parmi les meilleures pages du bonhomme,
avec ses poétiques habitations dorées, à demi
cachées par un rideau d'arbres harmonieux,
payée 75.000 fr. lors de la dispersion de la
coll. Finet. Deux paysages, Bords*du Veau et
Vaches, une poétique Eglogue. le Vallon, Une
entrée de village, le Soir, acquis à la coll. De-
touche, les Chaumières, la Saulaie, le Chemin
de Sèvres, enfin une Porte d'Amiens, hors de
son faire habituel.
J.-F. Millet se montre en six scènes rusti-
ques. Le mailre normand excellait dans les
petites paysanneries, aussi ne nous étonnerons-
nous pas do la Précaution maternelle et du
Fendeur de bois; des Botteleurs, estimés 250.000
fr., appartinrent à la coll. Daupios, du Van-
neur, à la coll. Bellino; la Brûleuse d'Herbes
et la Lessiveuse atteignirent 35.000 fr. chacune
à la vente Defoër.
Ici, Daubigny. mélancolique: la Mare aux Cigo-
gnes,vcudue 25.000 fr.à la vente Wilson, les fa-
meux Bords de l'Oise, un Paysage aux envi-
rons de Paris, un Coin de Normandie, le Matin,
le Moulin de Gylieu, un Coucher de soleil sur
la rivière, les Bateaux, la Vanne, le Marais,
l'Etang d'Optevoz, un Pâturage avec vue sur
la mel', les Grèves de Villerville, enfin une
Vue de la Tamise à Erith, treize toiles précieu-
ses qui feraient la gloire d'un roi.
Là, le sublime poète des pâturages, historien
des bergers et des troupeaux, Troyon, qui res-
plendit dans cette salle avec le délicieux pano-
rama bucolique qui, exposé au Salon do 1859,
excita une si vive admiration, les Hauteurs de
Suresnes, etdontM.Thotay-Thiéry refusa 500.000
francs,avec la Barrière, aux bestiaux vivants,
acquise à la coll. Goldschmidt pour 100.000fr.,
et qui, dit-on, vaut aujourd'hui 300,000 fr.,
l'Abreuvoir, 1 e Matin, 50.000 fr., à la même
coll., coté 200,000, le Troupeau de Moutons,
Vache et chien à l'abreuvoir, le Passage du
Gué, la Gardeuse de Dindons, Moutons, chèvre
et vache, la Provende des poules. la Rencontre
des Troupeaux, de la coU, Durand-Dossier, de
Bordeaux.
Lee romantiques et les coloristes
Le4 Mman tiques de la couleur ne pouvaient
tasser indifférent l'adorateur de l'époque. Eu-
Sène Delacroix est largement représenté avec
des lions, un lapin, un sanglier, un caïman, un
tableautin Bamlet et Boratio, devisant sur une
tête de mort, provenant des collections Lau-
rent Richard, Ravenaz, Wilson, la Fiancée
d'Abydos, payée 50,000 fr. à la coll. Antony
Roux, Persée délivrant Andromède (ou Roger
et Angélique ?) de la coll. Marmontel, l'Enlève-
ment de Rebecca, de la coll. Secrétao, une 0-
phélià, une Lionne prête à bondir, un Christ
en croix, genre religieux rare dQ3 son œuvre,
enfin une Mèdèe furieuse, au £ chaire passion-
nées, payée 20,000 fr. à ]à vente Entgaran, sur
laquelle le serais heureux d'avoir musiques
éclaircissements. 't
Il me souvient d'avoir vu au musée de Lille
une Médée furieuse. Selon les termes du livret,
elle vient d'arriver en courant dans une grotte
cachée par des roches et des broussailles. Dans
sa fuite précipitée, elle a laissé tomber le vête-
ment qui lui couvrait la poitrine et la gorge.
Du bras et de la main droite elle soutiont ses
deux enfants qu'elle presse contre elle, dans sa
main gauche elle scrro le poignard dont elle va
les frapper.
C'est l'inspiration d'un passage du livre VII
des Métamorphoses, d'Ovide : « Médée, forcée
de fuir après le meurtre de Pélias, so retira à
Corinthe. Ayant appris que Jason avait épousé
la fille de Créon, elle mit le feu au palais de
ce prince, qui y fut brûlé avec sa fille, poi-
gnarda les deux enfants qu'elle avait eus de
Jason et se sauva à Athènes ». Ce tableau de la
iureur jalouse, aont la ligne, ta couleur, tes
poses, sont identiques, est-il simplement une
copie, une deuxième édition de celui du mu-
sée de Lille ? D'où M. Brugman le tenait-il ?
Est-ce celui-là même ? Pourtant un musée
national n'est pas autorisé à céder les toiles
qu'il reçut de l'Etat? Alors ?
Il est vrai que, parfois, le destin do Dela-
croix est si étrange ! On n'a pas oublié l'aven-
ture de son saint Sébastien. Prêté par la ville
de Nantua à la Cenlennale de 1900, il avait
semblé de bonne prise au musée du Louvre.
On l'y garda. Et ce n'est qu'avec de multiples
difficultés que sa légitime propriétaire vient
de le reconquérir, légèrement avarié par les
voyages.
Aux côtés de Delacroix, il y a Isabey, cha-
toyant de coloris : Louis XIII an château de
Blois, la Procession, le Mariage dans l'église de
Delft, qui fut payé 75,000 fr. à la vente Secré-
lan, le Duel, Seigneurs sur la plage de Sche-
veningue , la Visite au château, un Baptême
dos l'église du Tréport.11 yadix toiles do Diaz
de la Pena, dont les Baigneuses, coll. Martin-
Leroy, Nymphes sous bois, une Femme, de dos,
une Clairière, un Sous-Bois d'intense clarté,
avec enfant et chien, coll. Crobbe, les Deux
rivales, le Valet de chiens, entrebaillant la
porte du chenil, Vénus désarmant l'Amour, et
Vénus et Adonis.
Il y a deux toiles de Fromentin, la Chasse au
faucon et une Halte de caraliers. De Decamps,
pour qui le collectionneur semblait avoir une
prédilection marquée, une vingtaine de par-
faites choses, fines et spiritueHes, miracles de
goût et de couleurs: le Singe peintre, de l'an-
cienne galerie de Morny, et, de la même, les
Sonneurs, déchaussés, haletants de leur son-
nailles et des bouteilles:vides,si vrais de frénésie
bachique qu'on n'arientrouvé de plus délicieux
pour la vignelle gravée de l'invitation, des
Chiens bassets, de chasse, brifaus, Maison et
figures d'Orient, Bertrand et Raton, les Cata-
lans, qualifiés merveille des merveilles,le Valet
de chiens, coll. Michel de Trétaigae, le Campe-
ment des bohémiens, les Mendiants, de la coll.
Bischoffsheim, le Rémouleur, coll. du baron
Gérard, le Rat retiré du monde, coll. Aimé
Pastré, Eléphant et Tigre à la SJurce, sujet in-
dien de la coll. Duchâtel, la Cour de ferme,
Bouledogue et terrier écossais, coll. Secrélan.
Plus près de nous, des Meissonier : les Or-
donnances, acquis 90,000 fr. à la vente Stewart,
le Joueur de flûte, si connu, de la coll. Aimé
Pastré, le Poète, de la coll. Duchâtel, le Petit
liseur, coll. Motinot, enfin Les trois fumeurs,
popularisés par la gravure, onze centimètres
sur quatorze, achetés 60,000 fr. à la vente Se-
crétan. Et deux modernes, Ziem avec uno Ma-
rine, Voiliers sortant du grand canal, et Voi-
liers à l'entrée du grand canal, Vollon avec
l'Aiguière de François lU.
Barye et le bronze vivant
Au contre do la salle, trois vitrines contien-
nent la plus complète collection de Bnrye qu'il
soit possible d'imaginer, de Barye qui fit de
cette matière rigide une chair ondoyante et
moelleuse, de Barye, dont on aperçoit même
une étude, Lions près de leur antre, témoi-
gnant de ses constantes occupations.
Ces vitrines renferment 146 bronzes, dont
23 modèles uniques et une cire perdue. Voici
des lions, de toutes poses et de toutes ardeurs,
des chèvres, un chevreuil au repos, une tortue,
des lièvres, doux chevaux piaffants, deux can-
délabres formés de touffes de pavots, au som-
met desquelles sont posés deux oiseaux, les
ailes en suspens, et un groupe fougueux, un
cavalier bondissant sur une sorte d'hippo-
griffe, probablement l'enlèvement d'Angéli-
que.
Des lions, encore des lions, au repos, dévo
rant leur proie, s'élirant,se léchant les babines.
Des cerfs aux abois, des crocodiles bayants, des
sangliers blessés, toute la faune.
Encoradeux candélabres, adornés de formes
féminines, des Grâces et des Chimères, des su-
jets équestres, le Bonaparte connu, une mêlée
do cavaliers, des aigles aux vastes ailes, au bec
plein de cris, les pattes crispées sur le roc.
Salles modernes
On retrouve le nom de M. Thomy-Thiéry à
l'étage inférieur, à l'extrémité de la galerie
d'Apollon, Là s'étale encore un don du précieux
dilettante. C'est, sur un tapis de la Savonnerie
aux délicates teintes, un somptueux mobilier
de l'époque Louis XIV recouvert de tapisseries
dei Gobelins, et auquel on attribue une valeur
de 600,000 fr.!
La salle du legs, ai-je dit, est emprisonnée
de deux autres contenant des peintres moder-
nes, en partie émigrés du Luxembourg. Dans
celle du bout, nombre de portraits, Courbet,
Jules Dupré, Meissonier, Delacroix, par eux-
mêmes, Champfleury et l'Homme blessé, par
Courbet, des Fromentin colorés, le Paris 1870-
1871, avec Henri Regnault étendu, sanglant,
aux pieds de la patrie haletante, et d'un groupe
où il est facile de reconnaître des portraits, par
Meissonier, dont on voit vingt autres toiles
célèbres ; le Tepidarium, scène antique de
Chassériau, et une curiosité de Charles de la
Berge : Arrivée de la diligence dans un bourg
de Normandie.
La première salle nous arrête avec le Colloque
de Poissy, de Nicolas Robert-Fleury : des Dupré
merveilleux de grâce et de sérénité, le Matin et
le Soir ; un Corot, les Etangs ; un Delacroix,
Femmes d'Alger ; le portrait de Ch.Fourier, par
Jean Gigoux, et un Isabey flamboyant de har-
diesse et de mouvement : Embarquement de
Ruyter et de Corneille de Wilt.
LÉON RIOTOR.
»
LES TROUBLES AU TRANSVAAL
(De notre correspondant particulierI
Capetown, 27 janvier.
Les troupes de la police du Cap ont eu une
rencontre sanglante avec des rebelles indigè-
nes de Namaqualand, à la frontière de la co-
lonie allemande de l'Afrique du Sud-Ouest.
Le chef des insurgés, nommé Bontebosch, s'est
retiré avec ses hommes sur le territoire alle-
mand, après avoir tenu tête aux Anglais pen-
dant plusieurs heures.
-- -———————————'
LE POURPOINT DE CHARLES I"
(De notre correspondant particulierJ
Londres, 27 janvier.
Vendredi prochaiu, anniversaire de l'exécu-
tion de Charles I", on exposera, hYUnited Ser-
vice Jluscwn, le pourpoint bleu que ce monar-
que portait en montant à l'écliiiiaud. Ce vête.
ment est la. propriété de M. Berney Ficklio. qui
11 acholê daas uoo vqoIo publique pour.5,000 fr.
LA JOURNEE
PARLEMENTAIRE
A LA CHAMBRE
La Chambre, sous la présidence de M. Guil-
lain, a étudié le budget du commerce.
Avant, elle avait adopté le projet tendant à
ouvrir au ministre des colonies un crédit ex-
traordinaire de trois millions et demi nécessité
par les catastrophes de la Martinique.
Elle avait adopté également le projet concer-
nant les pensions des veuves et des orphelins
des fonctionnaires civils et des militaires morts
dans les mêmes catastrophes, pensions qui se-
ront des trois quarts de celles auxquelles au-
raient eu droit les fonctionnaires décédés.
Le budget da commerce
M. Mirman a réclamé l'extension à l'Algérie
do la loi sur les accidents du travail, loi que
M. Charpentier jugerait nécessaire de com-
pléter.
M. Trouillot fera auprès du Sénat les efforts
qu'on lui demande.
Au sujet des sociétés d'assurance, M. Trouil-
lot dit :
M. Mirman a parlé des sociétés d'assurance.
Le gouvernement ne demande pas mieux que
de surveiller les sociétés d'assurances ; mais il
n'a peut-être pas les moyens de contrôle suffisant.
Le ministre s'engage à n'autoriser les sociétés
nouvelles qu'oprès un examen très attentif des
statuts.
Le ministère du travail
L'abbé Lemire a remis sur le tapis la ques-
tion de la création d'un ministère du travail.
M. Vaillant. — Nous avons présenté une pro-
position qui a le même objet.
Le président de la commission. — On
ne peut pas voter au pied levé la création d'un
nouveau ministère dont l'organisation n'est pas
étudiée.
M. Kouvier. — C'est évident : où logerons-
nous les services ?
Le président de la commission. -
Nous demandons que la proposition de M. Lemire
soit envoyée à la commission du travail.
Le président. — 11 en est ainsi ordonné.
M. Engeraud obtient la promesse que le
gouvernement s'intéressera d'une façon spé-
ciale à l'industrie de la dentelle.
Les médailles du travail
M. Georges Berry demande la distribution
d'abondantes médailles du travail.
M. Trouillot jure qu'il seta généreux.
M. Cadenat croit que les vieux ouvriers pré-
féreraient des retraites.
M. Charpentier appelle l'allenlion du mi-
nistre sur la nécessité d'augmenter dans le pro-
chain budget le crédit du chapitre 26 pour les
encouragements aux sociétés ouvrières de pro-
duction et de crédit et aux institutions de cré-
dit mutuel.
M. du Halgouet présente des observations
analogues.
M. Trouillot et le président do la commis-
sion du budget promettent de faire leurs ef-
forts pour que, l'année prochaine, ce crédit
soit augmenté.
Les ports francs
MM. Cadenat et Thierry voudraient que l'on
hâtât la dépôt du projet sur l'organisation de3
ports francs.
M. Astier, rapporteur. — La commission du
commerce est saisie de divers projets qu'elle étu-
diera dans sa prochaine séance.
M. Trouillot, ministre du commerce. — Le
projet du gouvernement est à l'étude. Dès que le
ministère des finances aura donné son avis, je le
déposerai.
M. Cadenat. — Quand ?
M. Rouvier. — Quand les études seront ter-
minées et je pense qu'elles le seront bientôt.
M. Cadenat. — Tout cela c'est de l'eau bé-
nite. (Rires.)
Les budgets de la caisse d'épargne et de la
Légion d'honneur sont adoptés. Par 307 voix
contre 220, un amendement de M. Dejeante
pour la suppression des services religieux dans
les maison? d'éducation de la Légion d'hon-
neur est repoussé.
Les travaux publics
M. Plichon souhaite que le budget des tra-
vaux publics soit enrichi plutôt qu'appauvri,
comme il l'a été.
M. Bourrat réclame l'exécution, par les com-
pagnies de chemins de fer, de leurs cahiers des
charges.
M. Maruéjouis, ministre des travaux pu-
blics. — Je vais déposer un projet de loi dont
l'exposé des motifs et le dispositif vous donneront,
M. Bourrât, je voudrais l'espérer, toute satisfac-
tion.
Un héros
M. Maurice Sibille. — A propos de l'acci-
dent d'Angers dont M. Mirman vient de parler, je
demande la permission à la Chambre de lui signa-
loi- l'admirable dévouement du mécanicien qui,
grièvement blessé, s'est relevé, a voulu courir à sa
machine et est tombé mort.
Le général gouverneur de Dunkerque, témoin
de l'accident, a rendu un hommage ému à ce hé-
ros. Je pense que la Chambre voudra également
s'y associer. (Vifs applaudissements.)
Les Emprunts de la Seine
M. Vaillant demande au ministre des tra-
vaux publics de vouloir bien hâter le dépôt
du projet autorisant l'emprunt pour l'achève-
ment du Métropolitain et l'emprunt départe-
mental voté par le conseil général de la Seine
pour les grands travaux. Il lui demande aussi
de hâter la salution en ce qui concerne les
tramways dits de pénétration.
Un amendement de M. Bourrât, — pour
changer le titre des conducteurs des Ponts-et-
Chausssées qui s'appelleraient « ingénieurs di-
visionnaires » — est repoussé par 372 voix con-
tre 66.
H. D.
AU SÉNAT
MM. Andrieux et Fruchier invalidés
Le Sénat adonné une satisfaction attendue
,et nécessaire aux républicains des Basses-
Alpes, en invalidant MM. Acdrieux et Fru-
chier, élus — disons : par erreur, pour être
indulgents.
On sait quelles manœuvres extraordinaires
avaient vicié celle élection.
La commission n'avait pu que conclure à
l'annulation d'une élection aussi irrégulière.
M. Audricux s'est longuement défendu, se
plaignant d'être, lui-même, la victime de la
déloyauté de ses concurrents.
M. Fruchier s'est contenté de déclarer qu'il
s'associait aux paroles de son compagnon de
lisle.
M. Maxime Lecomte, rapporteur, se prononce
énergiquement pour l'invalidation de MM. An-
drieux et Fruchier.
M. Maxime Lecomte. — Le premier tour
de scrutin avait donné 143 voix pour le bloc minis-
tériel. L'affiche de MM. Andrieux et Fruchier an-
nonçant les désistements a vicié le second tour.
70 électeurs sénatoriaux, dont les signatures sont
légalisées, affirment que la manœuvre do M. An-
drieux a trompé de nombreux électeurs.
Examinant ces attestations, je renonce à faire
état de celle du vieillard de quatre-vingts ans, mais
je maintiens toutes les autres, vu que les auteurs,
malgré les efforts qu'on a faits, n'ont jamais voulu
les rétractor.
MM. Andrieux et Prnchier ne peuvent pas en-
trer au Sôaat wr l'éauivoque d'une port# basse-
- 1
Par 116 voix contre 109, les conclusions dm:
deuxième bureau, tendant à l'annulation des,
opérations électorales des Basses-Alpes, sonl,
adoptées.. i
En conséquence, MM. Andrieux et Fracbier
sont invalidés.
M. Andrieux crie : a Au revoir 1 D
Un secrétaire de M. Andrieux cri?, du haut'
d'une galerie : « Vive Andrieux ! » w
On arrête le secrétaire ; il décline ses quali.
tés ; on le relâche. 1
Et voilà une manifestation nationaliste do
plus. f
» ■ «i
Les Coulisses des Chambres
L'affaire do Maroc
Le groupe colonial et de politique extérieure:
du Sénat, réuni sous la présidence de M. Godiri, i
a entendu l'exposé que lui a fait M. Saint-
Germain de la question marocaine et des con-,
séquences qu'elle - pourrait avoir, en ce qui
concerne l'Algérie.
Le groupe a chargé son bureau de se rendre
auprès duministre des affaires étrangères et de
lui demafluer quelques renseignements sur les
mesures prises ou à prendre par le gouverne-
ment pour sauvegarder les intérêts de la
France dans le conflit marocain.
L'enseignement supérieur
La commission chargée d'examiner la propo-
sition de M. Maxime Lecomte sur l'enseigne-
ment supérieur, après étude de la proposition-
de M. Maurice Faure, a décidé d'ouvrir,sur les
réformes relatives à l'enseignement supérieur,
une enquête analogue à celle qui a été faite à
la Chambre sur l'enseignement secondaire.
Afin do déterminer les points particuliers sur
lesquels devra de préférence porter l'enquête,
la commission a abordé l'examen, article par
article, de la loi de 1875:
L'assistance des vieillards
La commission d'assurance et de prévoyance
sociales, réunie sous la présidence de M. Mil-
lerand, a poursuivi l'examen de la proposition i
de loi de M. Bienvenu Marlin sur l'assistance
obligatoire des vieillards, des incurables et des
infirmes. (
Elle a admis que, dans tous tous les cas où
cela serait possible, l'assurance à domicile se-i
rait le mode d'assistance qui devrait être pré-
féré. :
NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR L'AFFAIRE KRUPP,
(De notre correspondant particulierl
Munich, 27 janvier.
Un député socialiste, qui occupe une place
très en vue, (d'aucuns disent M. do Vollmar) (
publiera prochainement une brochure conte-v
.nant de nouvelles révélations sur l'affaire i
Krupp. Il paraît que M. de Vollmar est en'
possession de bien des détails que le public ne :
soupçonne même pas. La nervosité qui règno
dans les hautes sphères prussiennes s'explique"
rait par ce fait qu'un allié de la famille des
Hohenzollern serait impliqué dans le scan-
dale.
CONFLIT ANGLO-RUSSE
(De notre correspondant particuliert
Bombay, 27 janvier.
Le gouvernement anglo-indien a pris les
diâpositions nécessaires pour concentrer, dans
le plus bref délai, 30,000 hommes à la fron-
tière, du côté de Herat. L'état-major a élaboré
un plan pour une campagne possible dans
l'Asie centrale.
Dans l'Inde, on croit que la Grande-Breta-
gne, voyant que la guerre avec la Russie est
inévitable, veut arriver bonne première et sur-
prendre les Russes dans l'Asie centrale.
LE MILITARISME ALLEMAND
(De notre correspondant parliculieri
CarIsruhe, 27 janvier.
L'administration militaire fera prochaine-
ment exproprier et raser toute la commune
d'Altheim, afin de créer un vaste champ de
manœuvres pour le 14* corps d'armée. Cette
transformation coûtera environ 10 millions
de marcks.
- ♦ 9
LE PROCHAIN VOYAGE PRÉSIDENTIEL
Voici quelques renseignements nouveaux et
précis sur le voyage que M. Loubet doit effeo*
tuer prochainement en Algérie et en Tunisie.
Les grandes lignes da programme proposé
par M. Paul Revoil, gouverneur général, pour
ce voyage, sont dès maintenant arrêtées : M.
Loubet débarquera et séjournera à Alger le 15
avril ; il se rendra ensuite à Ocan, reviendra à
Alger, ira de là à Constantine, à Philippeville.
et à Bône où il s'embarquera pour la Tunisie.
En Tunisie, il visitera successivement Sousse,
Sfax et Bizerte.
Le voyage du Président de la République du-
rera exactement quinze jours, y compris la
traversée.
AU VENEZUELA
Levée prochaine du blocus. — Accord
imminent.
Washington, 27 janvier. -
Il ne paraît plus douteux que les trois puis-
sances alliées aient accepté en principe tâ ga-
rantie des douanes vénézolanes offerte par M.
Bowen au nom du président Castro. On croit
même que le blocus sera levé demain. A Wa-
shington cependant on est très sceptique à ce
suj et.
Le baron Speck de Stornburg, le nouvel am-
bassadeur d'Allemagne, arrive aujourd'hui à
New-York et se rendra immédiatement à Wa-
shington ; les négociations ne subiront donc
pas de retard et une solution est imminente.
On estime ici que l'opinion américaine, ren-,
forcée par celle de la France et de l'Autriche, w
produit enfin quelque effet sur l'esprit teuton.
Les journaux anglais ne cachent pas le sou-
lagement que leur fait éprouver l'imminence
d'un accord qui libérera l'Angleterre d'une
association a compromettante».
L'INSURRECTION AU MAROO
Nouveaux combats
Londres, 27 janvier.
Le correspondant du Times à Tanger télégra-
phie le 26 janvier:
On annonce que les rebelles et les troupes da
sultan se trouvent face à tace sur les rives de
l'Inaouen, tributaire du Sebou, non loin dQo
Faz.
Des escarmouches favorables aux rebelles
ont eu lieu.
On dit que le sultan est fatigué de la lutte et
désireux de quitter Fez.
Madrid, 27 janvier, ;
Suivant une dépêche de Melilla au Heraldo,
les combats des tribus kabyles des Beoi-Sidcl
et du Fahs contre le caïd ont continué.
D'après une lettre de Taza et les rapports de
quelques juifs, des combats ont été livrés en-
tre les rebelles et les troupes du sultan, mais
Ion ne narle d'aucune bataille iinportaole. O.
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