Titre : Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1886-05-23
Contributeur : Chadeuil, Gustave (1821-1896). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32757974m
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 68249 Nombre total de vues : 68249
Description : 23 mai 1886 23 mai 1886
Description : 1886/05/23 (A17,N5248). 1886/05/23 (A17,N5248).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7562031f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-199
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2013
Dix-septième année. — N" 5248 Prix du numéro à Paris : 15 centimes m Départements : 20 centimes Dimanche 23 mai 1886
1h1M? à "AYl TA YE mDiJwjpui JjJwEi
JOURNAL RÉPUBLICAIN
RÉDACTION
J'adresser au Secrétaire de la Rédaction
de 2 heures à minuit
16, rue CadLet, 4L©
Directeur politique :
A.-EDOUARD PORTALIS
ABONNEMENTS
DÉPARTEMENTS
Trois mois Sô »»
six mois 33 )JI)
Unan. 62 'n,
PARIS
Trois mois. -iîE »»
Sn. mois. S." 1, »
Un au rlo .,
Supplément pr l'Étranger (Europe) 1 fr. par trimestre
Les aboanemts partent des 1.!r et 15 de chaque mois
ADMINISTRATION
Adresser les Lettres et Mandats à l'Administrateur
J-O, rue Cade't, J.O
EN VENTE A LONDRES
A la librairie 3Pet,ifc.j ea;b.
30, OLD COMPTON STREET (SOUO)
ET DANS SES SUCCURSALES
¡" HHGHSSEUHS D'ANNONCES :
MM. LAGRANGE, CERF ET CIS
6, place de la Bourse, 6
AVIS
!'l jl. les Souscripteurs dont l'abonne-
ment expire le 31 mai sont priés de le
renouveler au plus tôt, s'ils ne veulent pas
éprouver de retard dans la réception du
journal.
BULLETIN
On connaît mal les véritables causes du
conflit qui s'est produit sur la fron-
tière grecque. Les explications fournies à
cet égard diffèrent sensiblement, suivant
qu'elles émanent de la Grèce ou de la Tur-
quie.
M. Tricoupis, président du conseil hel-
lénique, interpellé à la Chambre des dé-
putés, a donné quelques renseignements
dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils
ne sont pas concluants. Le gouvernement
turc, saisi des faits qui se sont passés à la
frontière par une communication du cabi-
net hellénique, a répondu qu'il n'avait au-
cune connaissance de ces événements ; ce-
pendant il était sûr d'avance que les trou-
pes turques n'avaient point pris l'offen-
sive, et au surplus, il a promis de procé-
der immédiatement à une enquête et de
faire cesser les hostilités.
Telle est la version turque. M. Tricou-
pis a ajouté que « toutes les dépêches de
la frontière accusaient les Turcs d'avoir
ouvert le feu ».
Les gens conciliants s'évertuent à mèt-
tre d'accord ces deux récits, si opposés
qu'ils soient.
L'explication qu'en se forçant un peu on
a adoptée en dernière analyse est que les
Turcs ont fait la fête et bu outre mesure,
contrairement aux préceptes dn Coran, et,
entin de compte, témoigné leur allégresse
à coups de fusil. Ne chicanons pas sur
cette singulière explication. Personne ne
veut accepter la responsabilité de ce qu'on
appelle une échauffourée; c'est déjà beau-
coup. Au reste, les commandants des for-
ces turques et grecques se sont abouchés et
se sont entendus pour mettre fin au com-
bat. Ils se sont promis mutuellement de
rester sur la défensive.
La presse étrangère semble unanime à
considérer cette série de combats comme
des incidents sans importance. Nous les
avons appréciés hier autrement. Nous
reconnaîtrons de bonne grâce que nous
n'avons pas raison contre l'avis de tous.
Puisse l'avenir prouver que les prévisions
optimistes de la presse viennoise et an-
glaise étaient seules justes 1
Quoi qu'il en soit, la Chambre et le gou-
vernement hellénique sont médiocrement
rassurés par les protestations pacifiques
de la Porte d'une part et, d'autre part,
par le maintien du blocus qui est tout
aussi rigoureux aujourd'hui qu'hier.
Le cabinet d'Athènes a dû adresser aux
puissances une réclamation en bonne
forme contre l'attitude qu'elles gardent
dans les circonstances actuelles.
il Il y a lieu de penser que cet appel à
l'esprit d'équité des puissances sera en-
tendu. M. Tricoupis inspire aux différents
cabinets à la fois de la confiance et de la
sympathie. Il leur est dès lors possible de
se montrer à son égard plus accommo-
dants qu'ils ne l'eussent été avec M. De-
lyannis. Et il résulte des télégrammes de
Vienne que telle est l'impression qui do-
mine en Autriche. Faisons des vœux pour
que ce soit le même sentiment qui domine
dans tous les cabinets; mais nous ne pou-
vons nous défendre de certaines appréhen-
sions.
Comme il fallait s'y attendre, don Carlos
ne pouvait laisser échapper l'occasion d'af-
flrmer ses droits de prétendant.
Il a quitté ces jours derniers Venise, sa
résidence habituelle, et est rentré en rap-
ports directs avec les chefs de son parti.
Les dépêches d'Espagne constatent une
certaine agitation des émigrés carlistes
sur la frontière française. Mais jusqu'ici le
prétendant s'est borné à l'élaboration d'un
manifeste suivant la manière du comte
de Chambord. C'est une simple déclaration
de principes qui n'apprend rien à per-
sonne.
Don Carlos interrompt la prescription
comme un simple mortel qui aurait une
créance en souffrance. Reste à savoir si
les Espagnols sont d'humeur à faire une
nouvelle révolution à son profit. Il n'y
paraît guère quant à présent.
LOUIS HXNlUQUB.
—————————— ———————————
INFORMATIONS PARTICULIÈRES
Conseil des ministres
Les ministres se sont réunis hier matin en
conseil de cabinet à l'Elysée, sous la prési-
dence de M. Grévy.
Etaient absents : MM. Granet et Develle.
M. Edouard Lockroy, ministre du commerce,
arrivé du Havre hier matin à cinq heures, as-
sistait au conseil.
M. de Freycinet, ministre des affaires étran-
gères, a rendu compte de la situation en
Grèce.
Le ministre de l'intérieur a informé le con-
seil que, à Decazeville, 502 ouvriers étaient
occupés actuellement dans les mines, et 305
dans les services extérieurs : il y a à Bourran
158 ouvriers ; à Combes, 182; à Paleyret, 35,
et à Firmy, 127. La quantité de charbon ex-
traite s'élève à 357 tonnes.
M. Lockroy a soumis à ses collègues le texte
de son piojet de loi sur l'arbitrage entre pa-
trons et ouvriers, qu'il compte déposer mardi
sur le bureau de la Chambre.
Le ministre de la guerre a fait signer un
décret sur l'organisation en Annam de quatre
bataillons annamites ayant des cadres fran-
çais.
En ce qui concerne le projet de M. le géné-
ral Boulanger sur le recrutement de l'armée,
M. Goblet, ministre de l'instruction publique,
a demandé au conseil d'examiner de nouveau
la partie relative à la situation faite aux jeu-
nes gens qui se vouent aux hautes études.
M. Goblet a insisté, suivant le vœu du con-
seil général des Facultés, afin que le temps
de service effectif soit réduit à un an pour les
jeunes gens inscrits aux Facultés et aux Eco-
les supérieures de l'Etat.
Le ministre de la guerre a maintenu le texte
primitif de son projet qui astreint à deux ans
de service les jeunes gens en question , sous
la condition de produire un diplôme d'instruc-
tion militaire.
Le conseil, se rangeant à ravis du général
Boulanger, a décidé que le projet serait dé-
posé sur le bureau de la Chambre.
Les ministres ont ensuite expédié les affai-
res courantes.
Comme nous l'avons annonce, les ministres
se réuniront exceptionnellement lundi matin,
au ministère d"s affaires étrangères, sous la
présidence de M. de Freycinet, pour s'occuper
de la question des princes et des diverses
questions que soulève la reprise de la session
parlementaire.
L'Arbitrage professionnel
Pendant son récent voyage en Angle-
terre, M. Lockroy s'est vivement inté-
ressé à la question de l'arbitrage pro-
fessionnel, et il doit déposer bientôt sur
le bureau de la Chambre un projet de
loi sur cette question. L'organisation
proposée par le ministre du commerce
paraît assez simple. Lorsqu'un conflit
s'élève entre ouvriers et patrons, celle
des deux parties qui veut porter le dif-
férend devant un arbitre en fait la dé-
claration devant le maire, lequel notifie
cette déclaration à l'autre partie. Si
celle-ci refuse l'arbitrage, le maire le
constate dans un récépissé qui est re-
mis à la partie qui avait proposé de re-
courir à des arbitres. La proposition
est-elle, au contraire, acceptée, la sen-
tence des arbitres est rédigée en double
exemplaire dont l'un est remis aux in-
téressés et l'autre transmis au ministère
du commerce qui se charge de collec-
tionner les décisions arbitrales, afin d'ar-
river à l'établissement d'une jurispru-
dence.
Peut-être serait-on porté à trouver
que ce projet est très vague et qu'il ne
précise aucune règle pour la solution
des conflits qui peuvent surgir entre
patrons et ouvriers. Le reproche serait
très juste et non moins grave en toute
autre matière. Mais, en cette circons-
tance, moins il y aura de réglementa-
tion, mieux cela vaudra. Une procédure
hérissée et compliquée empêcherait,
dans bien des cas, les ouvriers de re-
courir à l'arbitrage. Ce mode de juri-
diction est, du reste, absolument offi-
cieux. Il échappe donc, par sa nature
même, à une législation précise, et le
projet de loi préparé par le ministre du
commerce doit avoir pour objet, non
pas de l'enserrer dans des règles étroi-
tes, mais de suggérer aux intéressés
l'idée de recourir à ce moyen de résou-
dre les conflits professionnels.
Il est très usité en Angleterre où il
n'est d'ailleurs soumis à aucune loi. En
cas de contestations entre ouvriers et
patrons, lorsqu'on n'a pu s'entendre à
l'amiable, on nomme des deux parts des
arbitres en nombre égal, — trois ou cinq
ordinairement pour chacune des par-
ties. — Ces arbitres examinent la ques-
tion qui leur est soumise et prononcent
leur sentence. Si, comme cela arrive
parfois, ils ne peuvent se mettre d'ac-
cord, ils conviennent de porter l'affaire
devant un arbitre choisi par eux et dont
ils déclarent à l'avance accepter la sen-
tence, quelle qu'elle soit. La décision
de l'arbitre devient ainsi la loi des par-
ties, qui trouvent tout avantage à éviter
les discussions irritantes, les longs chô-
mages des grèves et les conflits entre
le capital et le travail.
Mais ce qui fait la force de l'arbitrage
en Angleterre, c'est que les ouvriers ap-
partiennent à des associations ouvrières
très fortes, disposant de très grands ca-
pitaux et offrant à leurs membres des
avantages qu'ils ne voudraient pas s'ex-
poser à perdre. C'est entre ces associa-
tions et les patrons que l'arbitrage in-
tervient, et les ouvriers qui refuseraient
d'adhérer aux conditions acceptées par
l'association cesseraient d'en faire par-
tie.
Jusqu'ici l'importance des associa-
tions ouvrières n'a pas été suffisamment
comprise en France. On s'imagine vo-
lontiers qu'elles ne peuvent avoir d'au-
tre objet que de grouper les ouvriers
contre les patrons et de rendre ainsi les
résistances plus fortes et les conflits
plus graves. C'est une façon de voir très
étroite, qui néglige tout un côté de la
question.
Il est certain que les associations ou-
vrières anglaises, — pour en revenir au
modèle de l'association ouvrière,—avec
leurs grandes ressources et leurs mil-
liers d'adhérents, ont des moyens d'ac-
tion très considérables pour obtenir le
redressement de leurs griefs. Mais elles
ne sont pas moins utiles parfois aux
patrons. Si elles se préoccupent avant
tout des intérêts ouvriers et si elles
s'efforcent d'obtenir tout ce qu'elles
croient leur être légitimement dû, elles
offrent des garanties d'honnêteté aux
patrons ; elles répondent de leurs mem-
bres et l'on cite des cas où, des mar-
chandises ayant été détournées, elles
en ont remboursé la valeur au patron et
où elles ont poursuivi elles-mêmes l'ou-
vrier infidèle. Leur règle constante est
encore de répudier les moyens violents
et de chercher toujours des terrains de
conciliation. Avec leur esprit éminem-
ment pratique, les Anglais n'ont pas
manqué de constater que la violence ne
fait que retarder les solutions, entrainer
des pertes de temps et d'argent et laisser
après elle des sentiments d'animosité
tout aussi préjudiciables aux ouvriers
qu'aux patrons.
Pour des esprits ainsi préparés, le re-
cours à l'arbitrage apparaît comme le
moyen le plus naturel et le plus simple
de couper court à des difficultés préju-
diciables pour tout le monde et qui doi-
vent être résolues le plus rapidement
possible. Le jour où les syndicats pro-
fessionnels qui sont nés d'hier à la vie
légale seront parvenus au même degré
d'éducation que les Trade's Unions an-
glaises, l'arbitrage deviendra, chez nous
aussi, chose toute naturelle et toute
simple. Le résultat n'est pas encore ac-
quis, mais rien de ce qui peut le pré!
parer ne doit nous paraître indifférent,
et le projet de loi élaboré par le minis-
tre du commerce familiarisera nos ou-
vriers avec des méthodes dont nos voi-
sins d'outre-Manche font chaque jour
usage et qui ont donné chez eux d'ex-
cellents résultats.
-
Il paraît que tous les officiers allemands
qui se trouvaient au milieu de nous avec le
désir de s'y perfectionner dans l'usage de
notre langue ont reçu de l'empereur Guil
laume l'ordre de quitter notre territoire
et de se rendre dans la Suisse française.
Nous ne songerions certes pas à criti-
quer cette mesure, car nous estimons que
l'empereur d'Allemagne a parfaitement le
droit d'en agir ainsi, si un journal d'outre-
Rhin ne nous apprenait que l'ordre donné
par le vieux souverain a pour origine la
loi contre l'espionnage votée récemment
par les Chambres françaises.
Ici nous ne comprenons plus.
Cette loi n'édicte en effet de pénalités
que contre les personnes qui pénètrent
dans une place forte en cachant leur nom,
leur profession et leur nationalité.
Qu'y a-t-il et que peut-il y avoir de com-
mun entre une disposition qui vise des
individus animés de mauvaises intentions
et la liberté que possèdent en France tous
les étrangers, qu'ils soient ou non officiers
allemands, dès l'instant qu'ils ne dissimu-
lent pas leur qualité ?
L'explication n'est pas adroite, il s'en
faut.
Point ne nous paraît nécessaire d'y in-
sister. Nous rappellerons seulement qu'il
y a quelques jours nous signalions certain
article d'un journal otficieux de Berlin qui
faisait déjà pressentir l'ordre que vient de
donner l'empereur Guillaume et qui s'ap-
puyait sur les mêmes considérations.
Mouvement administratif
Le Journal officiel de ce matin publie le
mouvement suivant :
M. Duclaud, préfet des Basses-Alpes, est
nommé préfet du Gers, en remplacement de
M. de Boissy, appelé à d'autres fonctions.
M. Duflos, préfet de Loir-et-Cher, est nom-
mé préfet de l'Allier.
M. Frémont, préfet de l'Allier, est nommé
préfet de Loir-et-Cher.
M. Gilliot, conseiller général, ancien député,
est nommé préfet des Basses-Alpes.
M. Mastier, secrétaire général de la pré-
fecture de Seine-et-Oise, est nommé préfet de
la Creuse, en remplacement de M. Dumonteil,
appelé à d'autres fonctions.
M. Lafargue, sous-préfet de Lunéville, est
nommé préfet des Pyrénées-Orientales.
Sont nommés secrétaires généraux :
De Seine-et-Oise, M. Laurent, secrétaire
général de la Somme.
De Maine-et-Loire, M. Protat, secrétaire
général de l'Ardèche.
De la Somme, M. Norbert Rodière, secré-
taire général de Maine-et-Loire.
De la Corse, M. Alapetite, chef de cabinet
du directeur de la sûreté générale.
De l'Ardèche, M. de Casablanca, conseiller
de la Loire.
Sont nommés sous-préfets :
De Lunéville, M. Saincère, sous-préfet de
Louviers.
De Meaux, M. de Vasson, sous-préfet de
Riom.
D'Aubusson, M. Pizot, sous-préfet de Mar-
mande.
De Louviers, M. Sagebien, sous-préfet de
Montdidier.
De Montdidier, M. Détolle, conseiller de pré-
fecture de la Somme.
D'Epernay, M. Poiffaut, secrétaire général
de la Corse.
De Marmande, M. de Laussat, sous-préfet
de Saint-Sever.
D'Arcis-sur-Aube, M. Fleury, publiciste.
De Saint-Sever, M. Weill, attaché au cabi-
net du garde des sceaux.
Sont nommés conseillers de préfec-
ture :
De la Loire, M. Gallois, vice-président du
conseil de préfecture du Doubs;
Du Doubs, M. Bert, conseiller de préfecture
de la Haute-Vienne;
De la Haute-Vienne, M. Herbert, conseiller
de préfecture de la Haute-Saône;
De la Somme, M. Walter, vice-président du
conseil de préfecture de la Haute-Marne;
De la Corse, M. Albert (Charles), chef de
cabinet de préfet ;
De la Haute-Loire, M. Bonnet, chef de cabi-
net de préfet;
Du Lot, M. Majecaze, ancien conseiller de
préfecture ;
De la Haute-Saône, M. Canale, licencié en
droit;
De la Haute-Marne, M. Godefroy, licencié en
droit.
——————————— ———————————.
Mouvement dans le personnel
DES FINANCES
Dans le personnel des finances sont
nommés trésoriers payeurs généraux :
M. Béchade, trésorier général au Mans,
dans le département de Seine-et-Marne.
M. Tollaire-Desgouttes, trésorier général à
Cbâteauroux, dans le département de la
Sarthe.
M. Dumonteil, préfet de la Creuse, dans le
- département de l'Indre.
M. Bisseuil, ancien député, dans le dépar-
tement de l'Aude.
M. de Swarte, trésorier général à Mézières
(Ardennes), dans le département de l'Oise.
M. Duphénieux, trésorier général à Avi-
gnon, dans le département des Ardennes.
M. Mordon, préfet des Pyrénées-Orientales,
dans le département de Vaucluse.
M. Rey, ancien député, dans le départe-
ment des Hautes-Pyrénées.
Sont nommés receveurs particuliers :
M. de Boissy-Dubois, préfet du Gers, à Ar-
gentan.
M. Savoureux, sous-préfet de Meaux, à Joi-
gny.
M. Cayla, commis principal de l'adminis-
tration centrale des finances, à Embrum.
——i
AFFAIRES DE GRÈCE
Continuation des hostilités à la frontière
grecque
Athènes, 21 mai, 3 h. 30 soir. — On est sans
nouvelles de la frontière depuis dix heures.
On croit que le combat continue.
Athènes, 21 mai, 5 h. 30 soir. — Suivant les
avis reçus du quartier général de Larissa, les
quatre bataillons turcs qui avaient attaqué
Analipsls ont dû renoncer à leur tentative par
suiie de la résistance dos Grecs.
A Deudendra, deux compagnies grecques
ont énergiquement repoussé deux bataillons
turcs. La lutte est engagée sur plusieurs au-
tres points.
Les Turcs continuent à se concentrer vers
Mélouna avec des intentions agressives.
Aujourd'hui vers trois heures, les Turcs ont
pris l'offensive, mais ils ont été chassés par
les Grecs des positions de Conga, Livadi,
Tzoungri, Glaris, et poursuivis jusque sur le
territoire ottoman où les Grecs se sont retran-
chés.
Les Grecs ont fait quelques prisonniers. Ils
ont enlevé 20,000 cartouches.
Attitude de la Chambre grecque
M. Tricoupis, interpellé, répond que les
Turcs ont attaqué hier Dragoman, sur la fron-
tière. Le feu., suspendu pendant la nuit, a été
repris et continue. Les Turcs auraient enlevé
auparavant quelques positions dont Us furent
expulsés par les Grecs, lesquels ont occupé
ensuite plusieurs positions turques qu'ils gar-
dent encore.
M. Tricoupis ajoute que la Porte ignore en-
core cet événement et que les commandants
turcs ont reçu l'ordre de rester sur la défen-
sive.
M. Messinesis dit qu'il croit interpréter la
pensée de la Chambre en exprimant l'espoir
que le gouvernement remplira son devoir et
fera tous les sacrifices nécessaires.
La Chambre approuve les paroles de M.
Messinesis.
M. Philaretos propose de distribuer des ar-
mes aux habitants, puisque l'armée territo-
riale n'est pas convoquée.
Un régiment d'artillerie, de la garnison d'A-
thènes, part cette nuit pour la frontière.
L'état des esprits à Athènes. — La protestation
, du gouvernement aux puissances
Athènes, 21 mai, 6 h. soir. — Le bruit court
que les Turcs ont hissé le pavillon parle-
mentaire vers Nezéros. On croit que les com-
mandants turcs ont reçu l'ordre de cesser
le feu.
Les sentiments belliqueux se réveillent à
Athènes.
Le gouvernement a adress6 aux puissan-
ces une protestation contre le blocus, qui
empêche une pro opte concentration des
troupes grecques pour défendre le territoire
contre une agression non provoquée, alors
que la flotte combinée, paralysant loi efforts
militaires de la Grèce, laisse la mer libre aux
Turcs pour continuer leur agression.
Cessation des hostilités à la frontière. — La
- Porte proteste de ses bonnes intentions.
Athènes, 22 mai. — Le général Sapoundzaki
télégraphie que le feu a cessé partout. Les
négociations continuent entre les quartiers
généraux grec et turc.
Les Turcs attribuent la collision à un ma-
lentendu.
La légation ottomane a donné au gouver-
nement l'assurance que la Porte n'avait point
d'intentions hostiles.
La Chambre va probablement être prorogée
pour quarante jours.
Il est inexact que le blocus ait fait renché-
rir les aliments.
Deux îles seulement ont ressenti pendant
quelques jours les effets du blocus.
Circulaire de la Porte
Constantinople, 22 mai. — Une circulaire de
la Porte explique que les engagements qui
ont eu lieu sur la frontière turco-grecque ont
été purement accidentels, sinon provoqués
par des officiers partisans de M. Dolyannis.
La circulaire ajoute que le commandant
turc a reçu l'ordre de ne pas se départir d'une
attitudo défensive.
LA VIE DE PARIS
__-8-
C'est fête aujourd'hui au Cliamp-de-
Mars. C'était, fête hier. Paris s'amuse, et
rien ne peut me faire plus de plaisir
que cet entrain de la foule vers les spec-
tacles qu'on lui offre. On n'y comptait
pas, paraît-il; du moins on n'y comptait
pas autant. Ceci explique et excuse un
peu l'insuffisance des mesures prises
pour assurer la sécurité et l'agrément
des spectateurs. On savait bien que les
places à quarante et à vingt francs
avaient été presque toutes enlevées d'a-
vance : mais on n'imaginait pas qu'un
autre jour que le dimanche la popula-
tion se porterait en masse au Champ-de-
Mars. C'est pourtant ce qui est arrivé.
Il y a eu encombrement et bousculade,
sans accident grave, par fortune! Nul
doute que les dispositions seront mieux
prises aujourd'hui. Mais les meilleures
dispositions du monde ne sont rien si
la foule n'arrive pas à se discipliner elle-
même.
Cet esprit nécessaire de discipline
doit être un des progrès accomplis par
la démocratie. J'ai toujours admiré les
pays où il règne. En Suisse, par exem-
ple, du moins à Genève, par mesure
d'économie, la ville ne met pas de gar-
diens dans les jardins publics, qui sont
fort beaux. Un écriteau suffit pour em-
pêcher les promeneurs de marcher sur
les gazons et de dépouiller les massifs de
leurs fleurs. « Propriété de tous, » dit
l'avertissement placardé aux portes. Nos
fêtes sont, de même, les fêtes de tous.
Chacun y est à la fois un invité et un
hôte de ses voisins. Il convient donc d'y
apporter un esprit particulier d'ordre
qui n'est pas seulement une garantie de
nos plaisirs, mais une garantie pour la
sécurité de nos personnes. Car, sans
remonter trop loin dans les souvenirs
de la ville de Paris, il y eut, au Champ-
de-Mars, une certaine quantité de per-
sonnes écrasées aux fêtes du mariage
du duc d'Orléans. Une malheureuse
femme, entre autres, fut tellement
bousculée par la foule que son para-
pluie, qu'elle tenait à la main, lui entra
dans le corps et la tua.
A cette condition que nos fêtes seront
bien réglées par ceux qui les organisent
et qu'ils seront aidés dans leur tâche
par la bonne volonté intelligente du pu-
blic, on ne peut que se louer de les voir
se multiplier. Les fêtes militaires, en
particulier, me remplissent de joie. Elles
ont toujours amusé et mieux qu'amusé,
elles ont toujours ému les Parisiens,
moins cependant qu'aujourd'hui.
Les grandes revues plaisaient, mais les
exercices des armes spéciales étaient
moins bien compris que de nos jours.
Ainsi, quand, il y a une vingtaine d'an-
nées ou un peu plus, on inaugura
les exercices de haute école au con-
cours hippique, cela n'eut aucun suc-
cès. Maintenant, notre jeunesse passe
tout entière par l'armée et elle y de-
vient compétente à apprécier le sport
militaire. Pour moi, je n'y suis pas
grand clerc. J'ai fort aimé les chevaux,
mais ils ne me l'ont pas rendu et je ne
me suis pas entêté à des relations que
ces nobles bêtes n'encourageaient pas.
J'en sais assez pourtant pour pouvoir
admirer les méthodes d'équitation et de
dressage de nos cavaliers, qui parais-
sent avoir fait des progrès immenses.
Et puis, même sans être sportsman,
- on est pris par ces mouvements vifs et
réguliers de nos soldats montés, et on
sent là une force disciplinée qui fait
plaisir à voir. Cela satisfait le vieux
chauvin qui est en nous, qui n'est pas
mort et qui ne mourra pas de sitôt, je
pense. Qui sait d'ailleurs si ce chauvin
que l'on a raillé n'est pas un grand phi-
losophe? J'avoue que sur la question de
la guerre et de la paix j'ai des idées
un peu particulières, qui ne sont pas en
parfait accord avec. celles de tous mes
amis. Je crois, sans rien ignorer des
horreurs de la guerre, à Ê) nécessité
morale dans l'humanité. Elle fait entrer
dans les esprits l'idée du sacrifice, sans
laquelle ni peuples ni individus ne font
de grandes choses. La paix perpétuelle
du bon abbé de Saint-Pierre, dont les
Amis de la paix ont pris la succession,
est un rêve — pour notre siècle du
moins — qui me paraît dangereux, un de
ces rêves qui se terminent parfois en
cauchemars terribles. A mon avis, qui
n'engage que moi, le temps n'est pas
venu de regarder comme une bar-
barie le perfectionnement de l'art de
la guerre. Et je ne saurais dire la
joie que je trouve à voir les Pari-
siens applaudir aux exercices guer-
riers, les Parisiennes sourire aux beaux
soldats et les gamins marcher à côté
des escadrons en soufflant dans leurs
mains comme des sonneurs de clairons
soufflent dans leurs cuivres !
C'est d'une excellente politique d'op-
poser aux fêtes aristocratiques ou mo-
narchiques les grandes réjouissances et
les distractions populaires. Le vieux cri
romain : Panem et circenses! n'est pas
si brutalement sot qu'on l'a pensé, si le
peuple demande le pain au travail et ne
sacrifie ni sa liberté ni sa dignité au
goût des plaisirs. Il est excellent qu'à la
bouderie de quelques-uns réponde la
joie du plus grand nombre. D'ailleurs
il a fallu constater, et je l'ai fait avec un
grand plaisir, que personne n'a boudé
à la fête militaire. Quoique d'un prix,
très élevé, les places réservées étaient
bondées de monde. Les plus jolies toi-
lettes mettaient leur note gaie et claire
dans les tribunes, et tout autour du
Champ-de-Mars les équipages élégants
formaient de longues files. Bref, dès
qu'il s'est agi de l'armée, on a vu se
faire la grande communion des esprits,
et, au-dessus de Paris qui s'amusait, pla-
nait, si on peut ainsi parler, visible à
l'observateur attentif, une grande idée
de patriotisme et d'union qui peut don-
ner à nos fêtés multipliées une portée
et une valeur politiques les rendant
aussi utiles qu'elles sont belles 1
,. HENRY FOUQUIER.
COULISSES PARLEMENTAIRES
La commission du budget
La commission du budget s'est réunie hier
à trois heures, au Palais-Bourbon, sous la
présidenco de M. Rouvier, pour entendre le
rapport. verbal de M. Burdeau, député du
Rhône, sur le budget de l'instruction publi-
que.
M. Burdeau propose un certain nombre de
réductions et d'améliorations qui se tradui-
raient par une économie d'un million de
francs sur. les dépenses prévues par le gou-
vernement. Mais, d'un autre côté, l'honorable
député veut comprendre dans les prévisions
de dépenses les frais de fonctionnement de
1,400 nouvelles écoles primaires qui viennent
d'être bâties et n'ont point encore de maî-
tres.
Ces frais sont évalués à un million et demi.
D'autre part, le rapporteur demande de main-
tenir intégralement dans le budget les 14 mil-
lions de dépenses pour la gratuité de l'ensei-
gnement primaire dont les communes ont été
dégrevées depuis plusieurs années. Le mi-
nistre de l'instruction publique, au contraire,
propose do réduire ce chiffre à 10 millions et
de mettre le surplus, soit 4 millions, à la
charge des communes dont le centime pro-
duit plus de 1,000 francs et dont le revenu dé-
passe 200,000 francs. Ces communes sont au
nombre de 152.
En résumé, M. Burdeau propose, d'an côté,
une économie d'un million, et d'un autre
côté, si les questions qu'il soulève étaient ré-
solues suivant ses vues, une augmentation
de quatre millions et demi.
La commission, après avoir entendu M. Bur-
deau, a supprimé un certain nombre d'em-
plois; l'économie ainsi réalisée est de 187,200
francs.
La commission propose en outre de sup-
primer dans l'administMtion centrale : le di-
recteur de la comptabilité, 2 chefs de bureau,
23 sous-chefs et 36 commis do toutes classes,
et, en dehors de l'administration centrale:
4 inspecteurs généraux de l'enseignement su-
périeur, 2 inspecteurs généraux de l'ensei-
gnement secondaire et 4 inspecteurs de l'aca-
démie de Paris.
La commission du budget s'est ensuite
ajournée à lundi trois heures, pour continuer
l'pxamen du budget de l'instruction publique.
Elle entendra, en outre, le rapport, verbal de
M. Andrieux sur le budget des cultes.
LES MINISTRES AU HAVRE
Voici quelques détails intéressants qui nous
sont adressés par notre correspondant spé-
cial au Havre et qui compléteront les dépê-
ches relatives au voyage ministériel et au lan-
cement de la Champagne, que nous avons pu-
bliées hier.
Le banquet organisé et offert par la Com-
pagnie transatlantique a eu lieu à bord du
paquebot, à sept heures. M. Cloquemin, vice-
président de la Compagnie, remplaçant M.
Pereire, président, empêché au dernier mo-
ment par un accès de goutte, a souhaité la
bienvenue aux ministres et a lu le discours
du président de la Compagnie des transatlan-
tiques.
M. Granet lui a répondu par un très éloquent
discours, applaudi de tous les assistants. li a
dit que si le gouvernement était représenté à
cette fête, c'est que l'entreprise tiit la Com-
pagnie était véritablement nationale.
Son'dlscoura terminé, M. Granet a remis
la croix de la Légion d'honneur à M. Audrade,
le constructeur de la Champagne.
M. Siegfried, député de la Seine-Inférieure
ancien maire du Havre, ayant demandé que
l'on fît construire pour les grands navires des
cheneaux d'oau profonde, M. Lockroy lui a
assuré que le gouvernement tiendrait compte
de ces vœux.
M. Lockroy, avisant le ministre des Etats-
Unis à Paris, M. Mac-Lane, sa déclare heureux
de voir que de bounes relations commerciales
régnent entre la Franco et l'Amérique.
M. Mallet, président de la chambre de com-
merce du Havre, prononce ensuite un dis -
cours dans lequel il plaide la cause du oort.
Après eux, M. le commandant do la Cham-
pagne; M. Chassériau, représentant le minis-
tre do la marine; M. Marion, maire du Havre;
M. de La Porte, sous-secrétaire d'Etat aux co-
lonies ; M. Mae Lane, M. le consul d'Angleterre
et M. Baragnon, qui a répondu au nom de la
presse, ont prononcé quelques paroles et
porté des toasts.
M. Lockroy, obligé de retourner à Paris pour
l'anniversaire de Victor Hugo, a quitté le ban-
quet vers dix heures.
Comme nous l'avions annoncé, un bal à
bord du Saint-Laurent a suivi le banquet ;
malgré une pluie battante, le coup d'oeil était
superbe ; le bateau était éclairé à la lumière
électrique. On a dansé jusqu'à cinq heures
du matin.
La fêt.} s'est terminée sans autre incident
que celui que nous avons relaté hier, concer-
nant la manifestation d'un groupe d'ouvriers.
Nous avons reçu hier après-midi les dépê-
ches suivantes :
« Le Havre, 22 mai, midi.
» Le lancement de la Champagne a pleine-
ment réussi, en présence d'une énorme po-
pulation et par un temps revenu au beau ;
sa sortie du port a duré près d'une heure; lo
départ a eu lieu à onze heures cinq.
» M. Mac-Lane a décidé, au dernier mo-
ment, de faire un court voyage à Washington
et à Baltimore. Il est parti ce matin sur le
paquebot et sera absent pendant deux mois
environ.
La Champagne transporte à New-York 280
émigrants, 6 ingénieurs des chemins de fer
et 52 passagers civils.
Lo Havre, 4 heures.
MM. Granet et de La Porte ont accompa-
gné le paquebat sur le remorqueur la Répu-
blique.
A midi a eu lieu le déjeuner offert à M. Gra-
net parla municipalité.
Plusieurs discours ont été prononcé
Le maire a réclamé pour le Havre le nom
de ville républicaine, car elle a nommé Ca-
vaignac en 1848 et acclamé la République ea
1870. Il a porté un toast à M. Granet.
Le ministre des postes et télégraphes a
porté, à son tour, un toast à la ville et aux
députés du département. Le Havre, a-t-il dit,
donne l'exemple de l'union républicaine que
gouvernement désire voir régner dans Jou-
tes les villes do France.
Le préfet de la Seine-Inférieure a enfin
porté un toast au département, aux députés
et aux sénateurs, qui personniiient l'union de
tous les républicains. Il a exprimé l'espoir
que los travaux du por.t du Havre seraient
promptement terminées en vue de la réali-
sation du canal de Panama.
Le ministre des postes a visité la chambre
de commerce. Co soir, il assistera au ban-
quet donné en son honneur par les chambres
syndicales.
M. Granet sera de retour à Paris demain
dimanche, dans la matinée.
Je crois devoir vous signaler l'attitude as-
sez singulièro de quelques membres do la
municipalité du Havre à l'égard de la presse
parisienne et les protestations qui ont eu lieu
a ce sujet. En revanche, l'accueil qui nous a
été fait par les représentants de la Compa-
gnie a été plein de cordialités.
En somme, la fête d'hier marquera dans
l'histoire de notre marine.
Le Havre, 8 h. soir.
M. Mallet; président do la chambre de
commerce a sollicité de M. Granet l'établis-
sement d'une communication télégraphique
directe entre le Havre et Liverpool et la
mise en usage des télégrammes urgents à
l'intérieur.
M. Granet a répondu que les traités régis-
sent la question des communications directes
avec l'Angleterre. Ces traités pourront sans
doute être modifiés à leur expiration.
En ce qui concerne les télégrammes ur-
gents à l'intérieur, le ministre étudie les me-
sures à prendre pour faire concorder ces dé-
pêches avec les usages en vigueur à l'étran-
ger. Il déposera prochainement un projet de
loi supprimant les entraves apportées à
l'échange des dépêches; en même temps, il
prendra l'initiative d'un projet de loi ayant
pour objet de rendre uniforme la législation
réglant l'emploi général du téléphone à
grande distance.
■■ ■ ■ ■
M. DEVELLE A LILLE
M. Develle, ministre da l'agriculture, est
arrivé vendredi soir à Lille, à dix heures cin-
quante minutes, pour assister aux fêtes du
concours régional.
Le ministre, qui n'était pas attendu, a été
reçu fur le quai de la gare, sans aucune cé-
rémonie officielle, par M. Cambon, préfet du
Nord, et par M. Poirsou, secrétaire général.
M. Develle n'était accompagné que d'un at-
taché de son cabinet. Il s'est rendu aussitôt à
la préfecture.
Hier matin, M. Develle a reçu à la préfec-
ture le conseil municipal de Lille, présenté
par le maire, M. Géry Le grand, ancien con-
seiller général, auquel il a remis la croix de
la légion d'honneur.
A dix heures et demie, il s'est rendu au
concours régional, accompagné du préfet du
1h1M? à "AYl TA YE mDiJwjpui JjJwEi
JOURNAL RÉPUBLICAIN
RÉDACTION
J'adresser au Secrétaire de la Rédaction
de 2 heures à minuit
16, rue CadLet, 4L©
Directeur politique :
A.-EDOUARD PORTALIS
ABONNEMENTS
DÉPARTEMENTS
Trois mois Sô »»
six mois 33 )JI)
Unan. 62 'n,
PARIS
Trois mois. -iîE »»
Sn. mois. S." 1, »
Un au rlo .,
Supplément pr l'Étranger (Europe) 1 fr. par trimestre
Les aboanemts partent des 1.!r et 15 de chaque mois
ADMINISTRATION
Adresser les Lettres et Mandats à l'Administrateur
J-O, rue Cade't, J.O
EN VENTE A LONDRES
A la librairie 3Pet,ifc.j ea;b.
30, OLD COMPTON STREET (SOUO)
ET DANS SES SUCCURSALES
¡" HHGHSSEUHS D'ANNONCES :
MM. LAGRANGE, CERF ET CIS
6, place de la Bourse, 6
AVIS
!'l jl. les Souscripteurs dont l'abonne-
ment expire le 31 mai sont priés de le
renouveler au plus tôt, s'ils ne veulent pas
éprouver de retard dans la réception du
journal.
BULLETIN
On connaît mal les véritables causes du
conflit qui s'est produit sur la fron-
tière grecque. Les explications fournies à
cet égard diffèrent sensiblement, suivant
qu'elles émanent de la Grèce ou de la Tur-
quie.
M. Tricoupis, président du conseil hel-
lénique, interpellé à la Chambre des dé-
putés, a donné quelques renseignements
dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils
ne sont pas concluants. Le gouvernement
turc, saisi des faits qui se sont passés à la
frontière par une communication du cabi-
net hellénique, a répondu qu'il n'avait au-
cune connaissance de ces événements ; ce-
pendant il était sûr d'avance que les trou-
pes turques n'avaient point pris l'offen-
sive, et au surplus, il a promis de procé-
der immédiatement à une enquête et de
faire cesser les hostilités.
Telle est la version turque. M. Tricou-
pis a ajouté que « toutes les dépêches de
la frontière accusaient les Turcs d'avoir
ouvert le feu ».
Les gens conciliants s'évertuent à mèt-
tre d'accord ces deux récits, si opposés
qu'ils soient.
L'explication qu'en se forçant un peu on
a adoptée en dernière analyse est que les
Turcs ont fait la fête et bu outre mesure,
contrairement aux préceptes dn Coran, et,
entin de compte, témoigné leur allégresse
à coups de fusil. Ne chicanons pas sur
cette singulière explication. Personne ne
veut accepter la responsabilité de ce qu'on
appelle une échauffourée; c'est déjà beau-
coup. Au reste, les commandants des for-
ces turques et grecques se sont abouchés et
se sont entendus pour mettre fin au com-
bat. Ils se sont promis mutuellement de
rester sur la défensive.
La presse étrangère semble unanime à
considérer cette série de combats comme
des incidents sans importance. Nous les
avons appréciés hier autrement. Nous
reconnaîtrons de bonne grâce que nous
n'avons pas raison contre l'avis de tous.
Puisse l'avenir prouver que les prévisions
optimistes de la presse viennoise et an-
glaise étaient seules justes 1
Quoi qu'il en soit, la Chambre et le gou-
vernement hellénique sont médiocrement
rassurés par les protestations pacifiques
de la Porte d'une part et, d'autre part,
par le maintien du blocus qui est tout
aussi rigoureux aujourd'hui qu'hier.
Le cabinet d'Athènes a dû adresser aux
puissances une réclamation en bonne
forme contre l'attitude qu'elles gardent
dans les circonstances actuelles.
il Il y a lieu de penser que cet appel à
l'esprit d'équité des puissances sera en-
tendu. M. Tricoupis inspire aux différents
cabinets à la fois de la confiance et de la
sympathie. Il leur est dès lors possible de
se montrer à son égard plus accommo-
dants qu'ils ne l'eussent été avec M. De-
lyannis. Et il résulte des télégrammes de
Vienne que telle est l'impression qui do-
mine en Autriche. Faisons des vœux pour
que ce soit le même sentiment qui domine
dans tous les cabinets; mais nous ne pou-
vons nous défendre de certaines appréhen-
sions.
Comme il fallait s'y attendre, don Carlos
ne pouvait laisser échapper l'occasion d'af-
flrmer ses droits de prétendant.
Il a quitté ces jours derniers Venise, sa
résidence habituelle, et est rentré en rap-
ports directs avec les chefs de son parti.
Les dépêches d'Espagne constatent une
certaine agitation des émigrés carlistes
sur la frontière française. Mais jusqu'ici le
prétendant s'est borné à l'élaboration d'un
manifeste suivant la manière du comte
de Chambord. C'est une simple déclaration
de principes qui n'apprend rien à per-
sonne.
Don Carlos interrompt la prescription
comme un simple mortel qui aurait une
créance en souffrance. Reste à savoir si
les Espagnols sont d'humeur à faire une
nouvelle révolution à son profit. Il n'y
paraît guère quant à présent.
LOUIS HXNlUQUB.
—————————— ———————————
INFORMATIONS PARTICULIÈRES
Conseil des ministres
Les ministres se sont réunis hier matin en
conseil de cabinet à l'Elysée, sous la prési-
dence de M. Grévy.
Etaient absents : MM. Granet et Develle.
M. Edouard Lockroy, ministre du commerce,
arrivé du Havre hier matin à cinq heures, as-
sistait au conseil.
M. de Freycinet, ministre des affaires étran-
gères, a rendu compte de la situation en
Grèce.
Le ministre de l'intérieur a informé le con-
seil que, à Decazeville, 502 ouvriers étaient
occupés actuellement dans les mines, et 305
dans les services extérieurs : il y a à Bourran
158 ouvriers ; à Combes, 182; à Paleyret, 35,
et à Firmy, 127. La quantité de charbon ex-
traite s'élève à 357 tonnes.
M. Lockroy a soumis à ses collègues le texte
de son piojet de loi sur l'arbitrage entre pa-
trons et ouvriers, qu'il compte déposer mardi
sur le bureau de la Chambre.
Le ministre de la guerre a fait signer un
décret sur l'organisation en Annam de quatre
bataillons annamites ayant des cadres fran-
çais.
En ce qui concerne le projet de M. le géné-
ral Boulanger sur le recrutement de l'armée,
M. Goblet, ministre de l'instruction publique,
a demandé au conseil d'examiner de nouveau
la partie relative à la situation faite aux jeu-
nes gens qui se vouent aux hautes études.
M. Goblet a insisté, suivant le vœu du con-
seil général des Facultés, afin que le temps
de service effectif soit réduit à un an pour les
jeunes gens inscrits aux Facultés et aux Eco-
les supérieures de l'Etat.
Le ministre de la guerre a maintenu le texte
primitif de son projet qui astreint à deux ans
de service les jeunes gens en question , sous
la condition de produire un diplôme d'instruc-
tion militaire.
Le conseil, se rangeant à ravis du général
Boulanger, a décidé que le projet serait dé-
posé sur le bureau de la Chambre.
Les ministres ont ensuite expédié les affai-
res courantes.
Comme nous l'avons annonce, les ministres
se réuniront exceptionnellement lundi matin,
au ministère d"s affaires étrangères, sous la
présidence de M. de Freycinet, pour s'occuper
de la question des princes et des diverses
questions que soulève la reprise de la session
parlementaire.
L'Arbitrage professionnel
Pendant son récent voyage en Angle-
terre, M. Lockroy s'est vivement inté-
ressé à la question de l'arbitrage pro-
fessionnel, et il doit déposer bientôt sur
le bureau de la Chambre un projet de
loi sur cette question. L'organisation
proposée par le ministre du commerce
paraît assez simple. Lorsqu'un conflit
s'élève entre ouvriers et patrons, celle
des deux parties qui veut porter le dif-
férend devant un arbitre en fait la dé-
claration devant le maire, lequel notifie
cette déclaration à l'autre partie. Si
celle-ci refuse l'arbitrage, le maire le
constate dans un récépissé qui est re-
mis à la partie qui avait proposé de re-
courir à des arbitres. La proposition
est-elle, au contraire, acceptée, la sen-
tence des arbitres est rédigée en double
exemplaire dont l'un est remis aux in-
téressés et l'autre transmis au ministère
du commerce qui se charge de collec-
tionner les décisions arbitrales, afin d'ar-
river à l'établissement d'une jurispru-
dence.
Peut-être serait-on porté à trouver
que ce projet est très vague et qu'il ne
précise aucune règle pour la solution
des conflits qui peuvent surgir entre
patrons et ouvriers. Le reproche serait
très juste et non moins grave en toute
autre matière. Mais, en cette circons-
tance, moins il y aura de réglementa-
tion, mieux cela vaudra. Une procédure
hérissée et compliquée empêcherait,
dans bien des cas, les ouvriers de re-
courir à l'arbitrage. Ce mode de juri-
diction est, du reste, absolument offi-
cieux. Il échappe donc, par sa nature
même, à une législation précise, et le
projet de loi préparé par le ministre du
commerce doit avoir pour objet, non
pas de l'enserrer dans des règles étroi-
tes, mais de suggérer aux intéressés
l'idée de recourir à ce moyen de résou-
dre les conflits professionnels.
Il est très usité en Angleterre où il
n'est d'ailleurs soumis à aucune loi. En
cas de contestations entre ouvriers et
patrons, lorsqu'on n'a pu s'entendre à
l'amiable, on nomme des deux parts des
arbitres en nombre égal, — trois ou cinq
ordinairement pour chacune des par-
ties. — Ces arbitres examinent la ques-
tion qui leur est soumise et prononcent
leur sentence. Si, comme cela arrive
parfois, ils ne peuvent se mettre d'ac-
cord, ils conviennent de porter l'affaire
devant un arbitre choisi par eux et dont
ils déclarent à l'avance accepter la sen-
tence, quelle qu'elle soit. La décision
de l'arbitre devient ainsi la loi des par-
ties, qui trouvent tout avantage à éviter
les discussions irritantes, les longs chô-
mages des grèves et les conflits entre
le capital et le travail.
Mais ce qui fait la force de l'arbitrage
en Angleterre, c'est que les ouvriers ap-
partiennent à des associations ouvrières
très fortes, disposant de très grands ca-
pitaux et offrant à leurs membres des
avantages qu'ils ne voudraient pas s'ex-
poser à perdre. C'est entre ces associa-
tions et les patrons que l'arbitrage in-
tervient, et les ouvriers qui refuseraient
d'adhérer aux conditions acceptées par
l'association cesseraient d'en faire par-
tie.
Jusqu'ici l'importance des associa-
tions ouvrières n'a pas été suffisamment
comprise en France. On s'imagine vo-
lontiers qu'elles ne peuvent avoir d'au-
tre objet que de grouper les ouvriers
contre les patrons et de rendre ainsi les
résistances plus fortes et les conflits
plus graves. C'est une façon de voir très
étroite, qui néglige tout un côté de la
question.
Il est certain que les associations ou-
vrières anglaises, — pour en revenir au
modèle de l'association ouvrière,—avec
leurs grandes ressources et leurs mil-
liers d'adhérents, ont des moyens d'ac-
tion très considérables pour obtenir le
redressement de leurs griefs. Mais elles
ne sont pas moins utiles parfois aux
patrons. Si elles se préoccupent avant
tout des intérêts ouvriers et si elles
s'efforcent d'obtenir tout ce qu'elles
croient leur être légitimement dû, elles
offrent des garanties d'honnêteté aux
patrons ; elles répondent de leurs mem-
bres et l'on cite des cas où, des mar-
chandises ayant été détournées, elles
en ont remboursé la valeur au patron et
où elles ont poursuivi elles-mêmes l'ou-
vrier infidèle. Leur règle constante est
encore de répudier les moyens violents
et de chercher toujours des terrains de
conciliation. Avec leur esprit éminem-
ment pratique, les Anglais n'ont pas
manqué de constater que la violence ne
fait que retarder les solutions, entrainer
des pertes de temps et d'argent et laisser
après elle des sentiments d'animosité
tout aussi préjudiciables aux ouvriers
qu'aux patrons.
Pour des esprits ainsi préparés, le re-
cours à l'arbitrage apparaît comme le
moyen le plus naturel et le plus simple
de couper court à des difficultés préju-
diciables pour tout le monde et qui doi-
vent être résolues le plus rapidement
possible. Le jour où les syndicats pro-
fessionnels qui sont nés d'hier à la vie
légale seront parvenus au même degré
d'éducation que les Trade's Unions an-
glaises, l'arbitrage deviendra, chez nous
aussi, chose toute naturelle et toute
simple. Le résultat n'est pas encore ac-
quis, mais rien de ce qui peut le pré!
parer ne doit nous paraître indifférent,
et le projet de loi élaboré par le minis-
tre du commerce familiarisera nos ou-
vriers avec des méthodes dont nos voi-
sins d'outre-Manche font chaque jour
usage et qui ont donné chez eux d'ex-
cellents résultats.
-
Il paraît que tous les officiers allemands
qui se trouvaient au milieu de nous avec le
désir de s'y perfectionner dans l'usage de
notre langue ont reçu de l'empereur Guil
laume l'ordre de quitter notre territoire
et de se rendre dans la Suisse française.
Nous ne songerions certes pas à criti-
quer cette mesure, car nous estimons que
l'empereur d'Allemagne a parfaitement le
droit d'en agir ainsi, si un journal d'outre-
Rhin ne nous apprenait que l'ordre donné
par le vieux souverain a pour origine la
loi contre l'espionnage votée récemment
par les Chambres françaises.
Ici nous ne comprenons plus.
Cette loi n'édicte en effet de pénalités
que contre les personnes qui pénètrent
dans une place forte en cachant leur nom,
leur profession et leur nationalité.
Qu'y a-t-il et que peut-il y avoir de com-
mun entre une disposition qui vise des
individus animés de mauvaises intentions
et la liberté que possèdent en France tous
les étrangers, qu'ils soient ou non officiers
allemands, dès l'instant qu'ils ne dissimu-
lent pas leur qualité ?
L'explication n'est pas adroite, il s'en
faut.
Point ne nous paraît nécessaire d'y in-
sister. Nous rappellerons seulement qu'il
y a quelques jours nous signalions certain
article d'un journal otficieux de Berlin qui
faisait déjà pressentir l'ordre que vient de
donner l'empereur Guillaume et qui s'ap-
puyait sur les mêmes considérations.
Mouvement administratif
Le Journal officiel de ce matin publie le
mouvement suivant :
M. Duclaud, préfet des Basses-Alpes, est
nommé préfet du Gers, en remplacement de
M. de Boissy, appelé à d'autres fonctions.
M. Duflos, préfet de Loir-et-Cher, est nom-
mé préfet de l'Allier.
M. Frémont, préfet de l'Allier, est nommé
préfet de Loir-et-Cher.
M. Gilliot, conseiller général, ancien député,
est nommé préfet des Basses-Alpes.
M. Mastier, secrétaire général de la pré-
fecture de Seine-et-Oise, est nommé préfet de
la Creuse, en remplacement de M. Dumonteil,
appelé à d'autres fonctions.
M. Lafargue, sous-préfet de Lunéville, est
nommé préfet des Pyrénées-Orientales.
Sont nommés secrétaires généraux :
De Seine-et-Oise, M. Laurent, secrétaire
général de la Somme.
De Maine-et-Loire, M. Protat, secrétaire
général de l'Ardèche.
De la Somme, M. Norbert Rodière, secré-
taire général de Maine-et-Loire.
De la Corse, M. Alapetite, chef de cabinet
du directeur de la sûreté générale.
De l'Ardèche, M. de Casablanca, conseiller
de la Loire.
Sont nommés sous-préfets :
De Lunéville, M. Saincère, sous-préfet de
Louviers.
De Meaux, M. de Vasson, sous-préfet de
Riom.
D'Aubusson, M. Pizot, sous-préfet de Mar-
mande.
De Louviers, M. Sagebien, sous-préfet de
Montdidier.
De Montdidier, M. Détolle, conseiller de pré-
fecture de la Somme.
D'Epernay, M. Poiffaut, secrétaire général
de la Corse.
De Marmande, M. de Laussat, sous-préfet
de Saint-Sever.
D'Arcis-sur-Aube, M. Fleury, publiciste.
De Saint-Sever, M. Weill, attaché au cabi-
net du garde des sceaux.
Sont nommés conseillers de préfec-
ture :
De la Loire, M. Gallois, vice-président du
conseil de préfecture du Doubs;
Du Doubs, M. Bert, conseiller de préfecture
de la Haute-Vienne;
De la Haute-Vienne, M. Herbert, conseiller
de préfecture de la Haute-Saône;
De la Somme, M. Walter, vice-président du
conseil de préfecture de la Haute-Marne;
De la Corse, M. Albert (Charles), chef de
cabinet de préfet ;
De la Haute-Loire, M. Bonnet, chef de cabi-
net de préfet;
Du Lot, M. Majecaze, ancien conseiller de
préfecture ;
De la Haute-Saône, M. Canale, licencié en
droit;
De la Haute-Marne, M. Godefroy, licencié en
droit.
——————————— ———————————.
Mouvement dans le personnel
DES FINANCES
Dans le personnel des finances sont
nommés trésoriers payeurs généraux :
M. Béchade, trésorier général au Mans,
dans le département de Seine-et-Marne.
M. Tollaire-Desgouttes, trésorier général à
Cbâteauroux, dans le département de la
Sarthe.
M. Dumonteil, préfet de la Creuse, dans le
- département de l'Indre.
M. Bisseuil, ancien député, dans le dépar-
tement de l'Aude.
M. de Swarte, trésorier général à Mézières
(Ardennes), dans le département de l'Oise.
M. Duphénieux, trésorier général à Avi-
gnon, dans le département des Ardennes.
M. Mordon, préfet des Pyrénées-Orientales,
dans le département de Vaucluse.
M. Rey, ancien député, dans le départe-
ment des Hautes-Pyrénées.
Sont nommés receveurs particuliers :
M. de Boissy-Dubois, préfet du Gers, à Ar-
gentan.
M. Savoureux, sous-préfet de Meaux, à Joi-
gny.
M. Cayla, commis principal de l'adminis-
tration centrale des finances, à Embrum.
——i
AFFAIRES DE GRÈCE
Continuation des hostilités à la frontière
grecque
Athènes, 21 mai, 3 h. 30 soir. — On est sans
nouvelles de la frontière depuis dix heures.
On croit que le combat continue.
Athènes, 21 mai, 5 h. 30 soir. — Suivant les
avis reçus du quartier général de Larissa, les
quatre bataillons turcs qui avaient attaqué
Analipsls ont dû renoncer à leur tentative par
suiie de la résistance dos Grecs.
A Deudendra, deux compagnies grecques
ont énergiquement repoussé deux bataillons
turcs. La lutte est engagée sur plusieurs au-
tres points.
Les Turcs continuent à se concentrer vers
Mélouna avec des intentions agressives.
Aujourd'hui vers trois heures, les Turcs ont
pris l'offensive, mais ils ont été chassés par
les Grecs des positions de Conga, Livadi,
Tzoungri, Glaris, et poursuivis jusque sur le
territoire ottoman où les Grecs se sont retran-
chés.
Les Grecs ont fait quelques prisonniers. Ils
ont enlevé 20,000 cartouches.
Attitude de la Chambre grecque
M. Tricoupis, interpellé, répond que les
Turcs ont attaqué hier Dragoman, sur la fron-
tière. Le feu., suspendu pendant la nuit, a été
repris et continue. Les Turcs auraient enlevé
auparavant quelques positions dont Us furent
expulsés par les Grecs, lesquels ont occupé
ensuite plusieurs positions turques qu'ils gar-
dent encore.
M. Tricoupis ajoute que la Porte ignore en-
core cet événement et que les commandants
turcs ont reçu l'ordre de rester sur la défen-
sive.
M. Messinesis dit qu'il croit interpréter la
pensée de la Chambre en exprimant l'espoir
que le gouvernement remplira son devoir et
fera tous les sacrifices nécessaires.
La Chambre approuve les paroles de M.
Messinesis.
M. Philaretos propose de distribuer des ar-
mes aux habitants, puisque l'armée territo-
riale n'est pas convoquée.
Un régiment d'artillerie, de la garnison d'A-
thènes, part cette nuit pour la frontière.
L'état des esprits à Athènes. — La protestation
, du gouvernement aux puissances
Athènes, 21 mai, 6 h. soir. — Le bruit court
que les Turcs ont hissé le pavillon parle-
mentaire vers Nezéros. On croit que les com-
mandants turcs ont reçu l'ordre de cesser
le feu.
Les sentiments belliqueux se réveillent à
Athènes.
Le gouvernement a adress6 aux puissan-
ces une protestation contre le blocus, qui
empêche une pro opte concentration des
troupes grecques pour défendre le territoire
contre une agression non provoquée, alors
que la flotte combinée, paralysant loi efforts
militaires de la Grèce, laisse la mer libre aux
Turcs pour continuer leur agression.
Cessation des hostilités à la frontière. — La
- Porte proteste de ses bonnes intentions.
Athènes, 22 mai. — Le général Sapoundzaki
télégraphie que le feu a cessé partout. Les
négociations continuent entre les quartiers
généraux grec et turc.
Les Turcs attribuent la collision à un ma-
lentendu.
La légation ottomane a donné au gouver-
nement l'assurance que la Porte n'avait point
d'intentions hostiles.
La Chambre va probablement être prorogée
pour quarante jours.
Il est inexact que le blocus ait fait renché-
rir les aliments.
Deux îles seulement ont ressenti pendant
quelques jours les effets du blocus.
Circulaire de la Porte
Constantinople, 22 mai. — Une circulaire de
la Porte explique que les engagements qui
ont eu lieu sur la frontière turco-grecque ont
été purement accidentels, sinon provoqués
par des officiers partisans de M. Dolyannis.
La circulaire ajoute que le commandant
turc a reçu l'ordre de ne pas se départir d'une
attitudo défensive.
LA VIE DE PARIS
__-8-
C'est fête aujourd'hui au Cliamp-de-
Mars. C'était, fête hier. Paris s'amuse, et
rien ne peut me faire plus de plaisir
que cet entrain de la foule vers les spec-
tacles qu'on lui offre. On n'y comptait
pas, paraît-il; du moins on n'y comptait
pas autant. Ceci explique et excuse un
peu l'insuffisance des mesures prises
pour assurer la sécurité et l'agrément
des spectateurs. On savait bien que les
places à quarante et à vingt francs
avaient été presque toutes enlevées d'a-
vance : mais on n'imaginait pas qu'un
autre jour que le dimanche la popula-
tion se porterait en masse au Champ-de-
Mars. C'est pourtant ce qui est arrivé.
Il y a eu encombrement et bousculade,
sans accident grave, par fortune! Nul
doute que les dispositions seront mieux
prises aujourd'hui. Mais les meilleures
dispositions du monde ne sont rien si
la foule n'arrive pas à se discipliner elle-
même.
Cet esprit nécessaire de discipline
doit être un des progrès accomplis par
la démocratie. J'ai toujours admiré les
pays où il règne. En Suisse, par exem-
ple, du moins à Genève, par mesure
d'économie, la ville ne met pas de gar-
diens dans les jardins publics, qui sont
fort beaux. Un écriteau suffit pour em-
pêcher les promeneurs de marcher sur
les gazons et de dépouiller les massifs de
leurs fleurs. « Propriété de tous, » dit
l'avertissement placardé aux portes. Nos
fêtes sont, de même, les fêtes de tous.
Chacun y est à la fois un invité et un
hôte de ses voisins. Il convient donc d'y
apporter un esprit particulier d'ordre
qui n'est pas seulement une garantie de
nos plaisirs, mais une garantie pour la
sécurité de nos personnes. Car, sans
remonter trop loin dans les souvenirs
de la ville de Paris, il y eut, au Champ-
de-Mars, une certaine quantité de per-
sonnes écrasées aux fêtes du mariage
du duc d'Orléans. Une malheureuse
femme, entre autres, fut tellement
bousculée par la foule que son para-
pluie, qu'elle tenait à la main, lui entra
dans le corps et la tua.
A cette condition que nos fêtes seront
bien réglées par ceux qui les organisent
et qu'ils seront aidés dans leur tâche
par la bonne volonté intelligente du pu-
blic, on ne peut que se louer de les voir
se multiplier. Les fêtes militaires, en
particulier, me remplissent de joie. Elles
ont toujours amusé et mieux qu'amusé,
elles ont toujours ému les Parisiens,
moins cependant qu'aujourd'hui.
Les grandes revues plaisaient, mais les
exercices des armes spéciales étaient
moins bien compris que de nos jours.
Ainsi, quand, il y a une vingtaine d'an-
nées ou un peu plus, on inaugura
les exercices de haute école au con-
cours hippique, cela n'eut aucun suc-
cès. Maintenant, notre jeunesse passe
tout entière par l'armée et elle y de-
vient compétente à apprécier le sport
militaire. Pour moi, je n'y suis pas
grand clerc. J'ai fort aimé les chevaux,
mais ils ne me l'ont pas rendu et je ne
me suis pas entêté à des relations que
ces nobles bêtes n'encourageaient pas.
J'en sais assez pourtant pour pouvoir
admirer les méthodes d'équitation et de
dressage de nos cavaliers, qui parais-
sent avoir fait des progrès immenses.
Et puis, même sans être sportsman,
- on est pris par ces mouvements vifs et
réguliers de nos soldats montés, et on
sent là une force disciplinée qui fait
plaisir à voir. Cela satisfait le vieux
chauvin qui est en nous, qui n'est pas
mort et qui ne mourra pas de sitôt, je
pense. Qui sait d'ailleurs si ce chauvin
que l'on a raillé n'est pas un grand phi-
losophe? J'avoue que sur la question de
la guerre et de la paix j'ai des idées
un peu particulières, qui ne sont pas en
parfait accord avec. celles de tous mes
amis. Je crois, sans rien ignorer des
horreurs de la guerre, à Ê) nécessité
morale dans l'humanité. Elle fait entrer
dans les esprits l'idée du sacrifice, sans
laquelle ni peuples ni individus ne font
de grandes choses. La paix perpétuelle
du bon abbé de Saint-Pierre, dont les
Amis de la paix ont pris la succession,
est un rêve — pour notre siècle du
moins — qui me paraît dangereux, un de
ces rêves qui se terminent parfois en
cauchemars terribles. A mon avis, qui
n'engage que moi, le temps n'est pas
venu de regarder comme une bar-
barie le perfectionnement de l'art de
la guerre. Et je ne saurais dire la
joie que je trouve à voir les Pari-
siens applaudir aux exercices guer-
riers, les Parisiennes sourire aux beaux
soldats et les gamins marcher à côté
des escadrons en soufflant dans leurs
mains comme des sonneurs de clairons
soufflent dans leurs cuivres !
C'est d'une excellente politique d'op-
poser aux fêtes aristocratiques ou mo-
narchiques les grandes réjouissances et
les distractions populaires. Le vieux cri
romain : Panem et circenses! n'est pas
si brutalement sot qu'on l'a pensé, si le
peuple demande le pain au travail et ne
sacrifie ni sa liberté ni sa dignité au
goût des plaisirs. Il est excellent qu'à la
bouderie de quelques-uns réponde la
joie du plus grand nombre. D'ailleurs
il a fallu constater, et je l'ai fait avec un
grand plaisir, que personne n'a boudé
à la fête militaire. Quoique d'un prix,
très élevé, les places réservées étaient
bondées de monde. Les plus jolies toi-
lettes mettaient leur note gaie et claire
dans les tribunes, et tout autour du
Champ-de-Mars les équipages élégants
formaient de longues files. Bref, dès
qu'il s'est agi de l'armée, on a vu se
faire la grande communion des esprits,
et, au-dessus de Paris qui s'amusait, pla-
nait, si on peut ainsi parler, visible à
l'observateur attentif, une grande idée
de patriotisme et d'union qui peut don-
ner à nos fêtés multipliées une portée
et une valeur politiques les rendant
aussi utiles qu'elles sont belles 1
,. HENRY FOUQUIER.
COULISSES PARLEMENTAIRES
La commission du budget
La commission du budget s'est réunie hier
à trois heures, au Palais-Bourbon, sous la
présidenco de M. Rouvier, pour entendre le
rapport. verbal de M. Burdeau, député du
Rhône, sur le budget de l'instruction publi-
que.
M. Burdeau propose un certain nombre de
réductions et d'améliorations qui se tradui-
raient par une économie d'un million de
francs sur. les dépenses prévues par le gou-
vernement. Mais, d'un autre côté, l'honorable
député veut comprendre dans les prévisions
de dépenses les frais de fonctionnement de
1,400 nouvelles écoles primaires qui viennent
d'être bâties et n'ont point encore de maî-
tres.
Ces frais sont évalués à un million et demi.
D'autre part, le rapporteur demande de main-
tenir intégralement dans le budget les 14 mil-
lions de dépenses pour la gratuité de l'ensei-
gnement primaire dont les communes ont été
dégrevées depuis plusieurs années. Le mi-
nistre de l'instruction publique, au contraire,
propose do réduire ce chiffre à 10 millions et
de mettre le surplus, soit 4 millions, à la
charge des communes dont le centime pro-
duit plus de 1,000 francs et dont le revenu dé-
passe 200,000 francs. Ces communes sont au
nombre de 152.
En résumé, M. Burdeau propose, d'an côté,
une économie d'un million, et d'un autre
côté, si les questions qu'il soulève étaient ré-
solues suivant ses vues, une augmentation
de quatre millions et demi.
La commission, après avoir entendu M. Bur-
deau, a supprimé un certain nombre d'em-
plois; l'économie ainsi réalisée est de 187,200
francs.
La commission propose en outre de sup-
primer dans l'administMtion centrale : le di-
recteur de la comptabilité, 2 chefs de bureau,
23 sous-chefs et 36 commis do toutes classes,
et, en dehors de l'administration centrale:
4 inspecteurs généraux de l'enseignement su-
périeur, 2 inspecteurs généraux de l'ensei-
gnement secondaire et 4 inspecteurs de l'aca-
démie de Paris.
La commission du budget s'est ensuite
ajournée à lundi trois heures, pour continuer
l'pxamen du budget de l'instruction publique.
Elle entendra, en outre, le rapport, verbal de
M. Andrieux sur le budget des cultes.
LES MINISTRES AU HAVRE
Voici quelques détails intéressants qui nous
sont adressés par notre correspondant spé-
cial au Havre et qui compléteront les dépê-
ches relatives au voyage ministériel et au lan-
cement de la Champagne, que nous avons pu-
bliées hier.
Le banquet organisé et offert par la Com-
pagnie transatlantique a eu lieu à bord du
paquebot, à sept heures. M. Cloquemin, vice-
président de la Compagnie, remplaçant M.
Pereire, président, empêché au dernier mo-
ment par un accès de goutte, a souhaité la
bienvenue aux ministres et a lu le discours
du président de la Compagnie des transatlan-
tiques.
M. Granet lui a répondu par un très éloquent
discours, applaudi de tous les assistants. li a
dit que si le gouvernement était représenté à
cette fête, c'est que l'entreprise tiit la Com-
pagnie était véritablement nationale.
Son'dlscoura terminé, M. Granet a remis
la croix de la Légion d'honneur à M. Audrade,
le constructeur de la Champagne.
M. Siegfried, député de la Seine-Inférieure
ancien maire du Havre, ayant demandé que
l'on fît construire pour les grands navires des
cheneaux d'oau profonde, M. Lockroy lui a
assuré que le gouvernement tiendrait compte
de ces vœux.
M. Lockroy, avisant le ministre des Etats-
Unis à Paris, M. Mac-Lane, sa déclare heureux
de voir que de bounes relations commerciales
régnent entre la Franco et l'Amérique.
M. Mallet, président de la chambre de com-
merce du Havre, prononce ensuite un dis -
cours dans lequel il plaide la cause du oort.
Après eux, M. le commandant do la Cham-
pagne; M. Chassériau, représentant le minis-
tre do la marine; M. Marion, maire du Havre;
M. de La Porte, sous-secrétaire d'Etat aux co-
lonies ; M. Mae Lane, M. le consul d'Angleterre
et M. Baragnon, qui a répondu au nom de la
presse, ont prononcé quelques paroles et
porté des toasts.
M. Lockroy, obligé de retourner à Paris pour
l'anniversaire de Victor Hugo, a quitté le ban-
quet vers dix heures.
Comme nous l'avions annoncé, un bal à
bord du Saint-Laurent a suivi le banquet ;
malgré une pluie battante, le coup d'oeil était
superbe ; le bateau était éclairé à la lumière
électrique. On a dansé jusqu'à cinq heures
du matin.
La fêt.} s'est terminée sans autre incident
que celui que nous avons relaté hier, concer-
nant la manifestation d'un groupe d'ouvriers.
Nous avons reçu hier après-midi les dépê-
ches suivantes :
« Le Havre, 22 mai, midi.
» Le lancement de la Champagne a pleine-
ment réussi, en présence d'une énorme po-
pulation et par un temps revenu au beau ;
sa sortie du port a duré près d'une heure; lo
départ a eu lieu à onze heures cinq.
» M. Mac-Lane a décidé, au dernier mo-
ment, de faire un court voyage à Washington
et à Baltimore. Il est parti ce matin sur le
paquebot et sera absent pendant deux mois
environ.
La Champagne transporte à New-York 280
émigrants, 6 ingénieurs des chemins de fer
et 52 passagers civils.
Lo Havre, 4 heures.
MM. Granet et de La Porte ont accompa-
gné le paquebat sur le remorqueur la Répu-
blique.
A midi a eu lieu le déjeuner offert à M. Gra-
net parla municipalité.
Plusieurs discours ont été prononcé
Le maire a réclamé pour le Havre le nom
de ville républicaine, car elle a nommé Ca-
vaignac en 1848 et acclamé la République ea
1870. Il a porté un toast à M. Granet.
Le ministre des postes et télégraphes a
porté, à son tour, un toast à la ville et aux
députés du département. Le Havre, a-t-il dit,
donne l'exemple de l'union républicaine que
gouvernement désire voir régner dans Jou-
tes les villes do France.
Le préfet de la Seine-Inférieure a enfin
porté un toast au département, aux députés
et aux sénateurs, qui personniiient l'union de
tous les républicains. Il a exprimé l'espoir
que los travaux du por.t du Havre seraient
promptement terminées en vue de la réali-
sation du canal de Panama.
Le ministre des postes a visité la chambre
de commerce. Co soir, il assistera au ban-
quet donné en son honneur par les chambres
syndicales.
M. Granet sera de retour à Paris demain
dimanche, dans la matinée.
Je crois devoir vous signaler l'attitude as-
sez singulièro de quelques membres do la
municipalité du Havre à l'égard de la presse
parisienne et les protestations qui ont eu lieu
a ce sujet. En revanche, l'accueil qui nous a
été fait par les représentants de la Compa-
gnie a été plein de cordialités.
En somme, la fête d'hier marquera dans
l'histoire de notre marine.
Le Havre, 8 h. soir.
M. Mallet; président do la chambre de
commerce a sollicité de M. Granet l'établis-
sement d'une communication télégraphique
directe entre le Havre et Liverpool et la
mise en usage des télégrammes urgents à
l'intérieur.
M. Granet a répondu que les traités régis-
sent la question des communications directes
avec l'Angleterre. Ces traités pourront sans
doute être modifiés à leur expiration.
En ce qui concerne les télégrammes ur-
gents à l'intérieur, le ministre étudie les me-
sures à prendre pour faire concorder ces dé-
pêches avec les usages en vigueur à l'étran-
ger. Il déposera prochainement un projet de
loi supprimant les entraves apportées à
l'échange des dépêches; en même temps, il
prendra l'initiative d'un projet de loi ayant
pour objet de rendre uniforme la législation
réglant l'emploi général du téléphone à
grande distance.
■■ ■ ■ ■
M. DEVELLE A LILLE
M. Develle, ministre da l'agriculture, est
arrivé vendredi soir à Lille, à dix heures cin-
quante minutes, pour assister aux fêtes du
concours régional.
Le ministre, qui n'était pas attendu, a été
reçu fur le quai de la gare, sans aucune cé-
rémonie officielle, par M. Cambon, préfet du
Nord, et par M. Poirsou, secrétaire général.
M. Develle n'était accompagné que d'un at-
taché de son cabinet. Il s'est rendu aussitôt à
la préfecture.
Hier matin, M. Develle a reçu à la préfec-
ture le conseil municipal de Lille, présenté
par le maire, M. Géry Le grand, ancien con-
seiller général, auquel il a remis la croix de
la légion d'honneur.
A dix heures et demie, il s'est rendu au
concours régional, accompagné du préfet du
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Auteurs similaires Barbot Jules Barbot Jules /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Barbot Jules" or dc.contributor adj "Barbot Jules")Histoire véritable du pays de Gévaudan : manuscrit inédit extrait des Archives de la Haute-Garonne / publié par Jules Barbot /ark:/12148/bpt6k5324418k.highres Francisco Sanchez, médecin de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques et régent de la Faculté de médecine de Toulouse, 1582-1623 / J. Barbot,... /ark:/12148/bpt6k5810183t.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k7562031f/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k7562031f/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k7562031f/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k7562031f/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k7562031f
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k7562031f
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k7562031f/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest