Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-11-13
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 13 novembre 1925 13 novembre 1925
Description : 1925/11/13 (N20084). 1925/11/13 (N20084).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7554452b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/02/2013
*
24 BRUMAIRE. AN 134. — N° 20.084 lA WuaiiO t VINGT CENTIMES VENDREDI 13 NOVEMBRE 1925 Na 7t\ ARA
içonuateurs (1869) -,..
M .- %- , _m
VICTOR HUGO
AUGUSTE VACOUERIE
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Sfem * S.-KT-OrsB 40, 21 < n.
FRANCS n COLONTR* 45 28' 19 >
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, 4draagtr tDU'" les communteat/aat "ft
* aB Otnctmr
- - .,.
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VICTOR HUGO
AUGUSTE VACQUERIE
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RMtetns et Adafeistratira : Nord 24-90. 34-91 — Apres 10 heores dû soir: tome 04-81
TRIBUNE LIBRE
- 6 7
Devons-nous obéir?
'- eau ———.————————
Allons, avouons-le, nous sommes cou-
pables. Nous avons trop longtemps re-
gardé les agitations de ces gens-là com-
me un spectacle pittoresque.
Nous nous pressions aux tribunes du
Parlement avec l'empressement que
mettaient nos aïeux à se masser dans
les rues pour voir passer la famille roya-
le. Et ceux d'entre nous qui ne pou-
vaient pas assister aux grandes séan-
ces dévoraient le lendemain les jour-
naux. Nous avons, fait le succès du dé-
sordre. C'est peut-être que nous pensions
découvrir dans l'hémicycle du Palais-
- Bourbon l'incarnation de nos désirs.
Quand, au - début de ce siècle, un cer-
tain scepticisme nous saisit et que nous
; comprîmes les désastres qu'entraînait la
machine parlementaire, en bons disci-
■ pies de Beaumarchais nous nous posâ-
mes la question : doit-on en rire ou en
pleurer ? Et nous passâmes la pardle à
Figaro.
Mais aujourd'hui nous n'avons plus le
droit de traiter par le rire ces gens qui
- ne manquent ni d'intelligence ni de
cceur, mais qui ont moins de courage
qu'un charretier embourbé, et qui, cha-
que jour, parce qu'ils ne veulent pas se
, guillotiner eux-mêmes, tuent la Nation
française, massacrent d'Europe et dimi-
nuent le patrimoine du monde.
Ce qui ne les empêche pas d'ailleurs
de sourire aux photographes. Car l'in-
souciance est leur lot'; ils le partagent
lavec les enfants et les doux vieillards
branlottants sur des tibias secs.
Le Parlement est une assemblée. de
contrôle : il a voulu être 'l'exécutif, il
aurait pu l'être à condition de suivre
l'imçulsion d'un debater ou de collabo-
rer étroitement avec un ministre en qui
jî aurait eu une aveugle confiance. Mais
où sont ce debater et ce ministre ? Le
Parlement a imaginé de diriger et il n'a
pas de cerveau. <
Alors ? Eh bien ! on connaît l'expé-
rience du physiologiste Goltz qui est par-
venu à conserver en vie un chien décé-
rébré, pendant dix-huit mois. En voici
les résultats : ".,
« te chien sans cerveau de Goltz avait
perdu toute spontanéité, insensible à
toutes les excitations psychiques, ap-
pels* caresses, vue d'un chat, etc. Cepen-
dant il marchait, quoique maladroite-
ment si oii venait à le pousser ; si on le
pinçait il se mettait à grogner ou à
aboyer, ou cherchait à mordre ; il en-
tendait les bruits intenses ; ses deux pu-
piUes se contractaient à la lumière, mais
son regard restait toujours fixe, comme
perdu ; placé sur un plan incliné, il pou-
vait se retenir de façon à ne pas glisser ;
il prenait difficilement sa nourriture,
sans du reste la rechercher et, laissé en
liberté, il serait mort. » (Gley, physiol.).
On reconnait clairement notre bête na-
tionale et surtout ce regard fixe, comme
perdu !
Je ne dis pas d'ailleurs que le Par-
lement, 'lui, soit complètement décérébré,
et ill est remarquable que, par exemple,
tandis que la vue d'un chat laissait le
chien indifférent, l'approche d'une ré-
forme honnête fait volontiers crier le
Parlement. Il semble aussi qu'ill prenne
facilement sa nourriture, contrairement
au chien, mais on est, en tous cas, obli-
gé de 'la lui apporter. Ah ! ah ! et qui
âonc ? Nous.
** Car, de cette experience, il faut rete-
nir surtout ceci, c'est que sans gardien,
le chien serait mort. Or, c'est nous les
gardiens du Parlement, c'est nous qui
lui mettons sa nourriture en bouche. De-
vous-nous continuer ? Devons-nous con-
sidérer d'animal comme le centre du la-
boratoire et le pivot de l'Etat ? Denous-
nous obéir ? Le suivre dans son immo-
bilité, et, si par hasard jIl aboie, l'accla-
mer ? Rire, on en est las. Pleurer, ce
n'est pas fonction d'homme. Qui peut af-
firmer que le devoir du bon citoyen soit
aujourd'hui d'obéir ?
Quand, sans le moindre romantisme,
je fais mon examen de conscience, je
me rends témoignage d'avoir donné à
la Patrie ce que j'avais de meilleur, soit
le droit de vivre et d'être heureux ; j'ai
fait même remise à l'Etat de ma liberté.
acceptant d'être un numéro, un matri-
cule et de mourir anonymement. Et ce
que je dis, quatre millions d'hommes
ont pu ou peuvent encore le dire.
De par mes fonctions, je pouvais ob-
server le regard des blessés et des mou-
rants ; je me penchais sur eux à l'ins-
tant où ill s'emplissait d'une douleur
inexprimée, d'un regret inutile, d'une
crainte obscure, et qu'il était près de s'é-
teindre sous un ciel froid où couraient
les obus. Ceux qui sont morts avaient
prosque tous, sinon la certitude, du
moins 'le sentiment confus, que la som-
me de leurs souffrances servirait à quel-
que chose. Or, ils sont morts en vain.
Ils sont morts en vain, parce que les
survivants, leurs frères, cherchent dé-
sespérément le salut hors d'eux-mêmes,
sur ces visages usés, flétris, .dans ces
cœurs racornis par la politique, qui han-
tent le Palais-Bourbon. Ces jeunes, qui
devaient inventer, s'affublent de formu-
les périmées, se classent en dérisoires
formations électorales, cachent sous des
chiffons leurs chairs, leurs âmes, leurs
volontés.
Et parce que le Parlement dit : Je suis
l'ordre et 'la loi, tous les survivants de
l'hécatombe emboîtent le pas à ce pM-
siosaure politique, à ce survivant d'une
faune disparue. ;
Songeons pourtant que sur le bord de
J'abîme, les chefs d'aujourd'hui n'ont pas
même un cri de détresse. Quand le roi
Salomon pris pour arbitre par deux mè-
res qui se disputaient un enfant eut dit:
« Coupez-le en deux ! » il reconnut la
mère à ce que l'une cria et dit: « Non,
donnez-le plutôt à cette femme! »
Qui, ces jours-ci, a entendu jaillir un
cri du cœur de ces gens-là ? Le Parle-
ment ne crie pas. On ne le sent pas souf-
frir. C'est sans doute qu'il ne comprend
pas, et aussi qu'il ne sait pas aimer.
On lui passerait d'être cynique, c'est
parfois une preuve de force, mais il est
béant et béat. Nous ? Suivre ce ruminant
stupide qui, en entrant à l'abattoir, brou-
te la dernière herbe'du seui! ? Non.
Répétons-fle. L'animal est dpcérébré. Il
est incapable d'agir volontairement ;
l'ordre et le salut ne sont pas en lui. Ils
sont en nous. Et dans l'aventure où l'on
nous entraîne, nous qui représentons les
forces jeunes de la Nation, nous avons
le devoir, et je pèse mes mots, nous
avons -le devoir de refuser d'obéir.
Pierre DOMINIQUE.
'—-———— ——
EDITORIAL
D'abord le sauvetage !
-
La caractéristique de
cette crise lamentable, est
que chacun a son petit pro-
jet financier, sauf le gou-
vernement.
Oh ! ce n'est pas que
le gouvernement manque
a idées.
Il en a. Il en a même trop, car il passe
son temps à prendre celles des autres.
Chaque matin le contribuable trem-
blant apprend que le gouvernement a
déposé un projet définitif. Mais il n'est
définitif que jusqu'au soir, et le lende-
main il se trouve amendé, remanié, bou-
leversé.
En effet, si le gouvernement propose,
les partis, les groupes et les commis-
sions disposent.
Après la diplomatie sur la place pu-
blique nous avons la Finance sur le mar-
ché aux puces.
Tous les jours, c'est une éclosion de
mesures fiscales, d'impôts, de con-
traintes, de vexations, qui, finalement,
n'atteindront peut-être personne, mais
qui présentement inquiètent tout le
monde.
Il est évident que de tels procédés
vont à rencontre du résultat recherché.
Au lieu de ramener la confiance, on pré-
pare la panique, car les politiciens sont
encore trop nombreux qui ne se rendent
pas compte que la solution de la crise
est d'ordre moral plus encore que tech-
nique.
En effet, un gouvernement peut ap-
pliquer des mesures même médiocres
lorsque son crédit est entier.
Sans crédit, il ne saurait faire aboutir
les desseins les plus remarquables.
Dans un excellent article de l'«Infor-
mation», M Louis Dausset a donné hier
une judicieuse appréciation de la crise.
Il a — lui aussi — formulé un program-
me financier qui semble fort sage, mais
que je livre à l'examen de mon excel-
lent ami et brillant collaborateur, Ca-
mille Bouché.
N'étant pas parlementaire, je n ai re-
çu ni cette lumière « qui vient d'en
haut » ni cette infatuation, qui vient
d'en bas, et qui permettent d'affirmer
une compétence universelle et une in-
faillibilité immarcescible.
Je me contenterai de conclure, avec
M. Louis Dausset, qu'un programme
général d'assainissement destiné à con-
jurer la crise financière ne saurait être
improvisé en un jour. D'autant que
« tout système de redressement de nos
finances soulève nécessairement une
foule de questions aiguës d'ordre doctri-
naire et électoral. Il quitte; son carac-
tère financier pour devenir proprement
politique ».
Sur la « question du salut définitif,
les groupes parlementaires ne peuvent
pas s'entendre sans de longs débats ».
Or, en attendant le « salut finan-
cier », il y a un acte de « sauvetage fi-
nancier » qui s'impose sans délai. Mais,
là aussi, se pose la question de con-
fiance
Il nous faut des sauveteurs qui ne
soient pas des Gribouilles, et qui ne
commencent pas par nous jeter à l'eau
dans l'intention de nous en tirer.
Edmond du MESNIL.
La question des dettes
Les négociations iialo-américaines ont abouti
Washington, 12 novembre. — L'assistant
adjoint au ministre du Trésor américain, M.
Winston, a annoncé officiellement qu'un ac.
cord était intervenu entre les délégations
américaine et italienne concernant le règle.
ment des dettes de l'Italie envers les Etats
Unis, - .-
Perte d'un sous-marin
britannique
040
60 hommes étaient à bord
Londres, 12 novembre. — L'Amirauté pu-
blie, ce soir, un communiqué annonçant que
le sous-marin M. I., au cours d'exercices ef-
fectuée ce matin, a brusquement disparu au
moment où il se trouvait à environ quinze
milles de son port d'attache.
On fait les plus grands efforts pour tenter
de retrouver le sous-marin.
L'équipage du M. I. comporte 60 hommes.
Le navire, qui a une longueur de 300 pieds;
jauge 1.900 tonnes et est armé d'un canon
de 30 c/m. Il fut achevé au moment de l'ar-
mistice.
Le M. 1. devait se rendre à Gibraltar
Londres, 12 novembre. — Le sous-marin
britannique M. I., dont on a signalé ca soir
la disparition à quinze milles environ de
Starpoint, avait sa base à Plymouth. Il était
parti lundi dernier avec un dragueur de mi-
nes à destination de Gibraltar et on croyait
que le mauvais temps l'avait .contraint de
chercher refuge dans un port de l'Ouest
Le M. I. Était le premier sous-marin qui
portait un canon de 30 aoo. ; il était égale-
ment armé d'un canon de 75, de quatre lan-
ceurs de mine
M. Paul DOUMER
le nouveau président de la commission
sénatoriale du "budget
Au grand jour !
On sait — ou plutôt on ne sait même plus
— que l'affaire dite du Bonnet Rouge est
l'objet d'une procédure en révision. Mais pour
des raisons qui seront précisées ici-même, l'ins-
truction ne va pas vite.
La première demande de révision date du
17 novembre 1918. Elle était formulée en
vertu de l'article 443 du Code d'instruction
criminelle. Ultérieurement, la Ligue des Droits
de l'Homme demanda qu'on fît jouer l'arti-
cle 20 de la loi du 29 avril 1921. et, en juin
1924, M. René Petit, vice-président de la
Chambre des mises en accusation, était commis
par le procureur général. Depuis, aucun témoin
n'a été entendu. M. Petit, montant d'un éche-
lon, a été nommé président, et M. le conseiller
Leroy a reçu de ses mains le volumineux dos-
sier, gros de tant d'énigmes.
Demain, samedi, M. Leroy entendra M.
Jean Goidsky. D'accord avec son conseil. Me
Pierre Lœwel, notre collaborateur se propose
de protester vivement à la fois contre la mise
en sommeil de l'affaire et contre la procédure
prévue par l'article 20, qui ne permet pas de
débat contradictoire.
Reprenant un mot qui a été prononcé ré-
cemment : « l'instruction se fait à la barre »,
il réclamera des débats publics, c'est-à-dire le
renvoi de l'affaire devant un cour d'assises ou
un conseil de guerre, conformément à l'arti-
cle 443.
Il n'y a de vraie justice que celle qui se
rend au grand jour, et où chacun peut venir
exposer ce qu'il sait.
Le huis-clos, c'est le boisseau. Disons, après
M. Steeg, que la justice se doit et nous doit
de « ne pas tenter d'enserrer la vie mobile et
changeante dans un traditionnalisme d'étouffe-
ment ».
Toute la lumière, d'abord; et ce sera enfin
toute la justice !
EN DEUXIEME PAGE :
MM. Painlevé et Briand sont entendus par
la Commission des affaires étrangères du
Sénat.
-; DE LA CRISE FINANCIÈRE A LA CRISE DE RÉGIME
M. Painlevé modifie son projet
Mais de nouveaux amendements surgissent à la commission
des finances. -- Celle-ci poursuivra son examen ce matin
———————-" > ■»«<» ♦ ■
Les suggestions de M. Dausset
— > «a OOOOCOOOOOO o C
C'est encore le gâchis, mais quelques lueurs
de-ci, de-là, se manifestent.
M. Painlevé consulte. Commençant. la
« grande pénitence » prédite par M. CaU.
laux, il a passé une grande partie de la
précédente nuit en compagnie de MM. Re-
naudel, Vincent-Auriol, Bedouce et Locquin.
Hier matin, nouvelle entrevue avec les blu-
mifiés, mais, cette fois, quelques personna-
lités hors dfétat de montrer patte 'rouge ont
été appelées par le président du Conseil.
Tous ces conciliabules n'ont pourtant pas
allumé notre lanterne. Parlant de M. Pain-
levé, M. Klotz, parfois bien irrévérencieux,
aurait déclaré « C'est une bougie dans un
courant d'air ». Le mot, comme tous les
mots, est un peu injuste. Mais il est vrai
que la nation en est réduite à chercher sa
route au plus profond des ténèbres.
Deux faits ont dominé la journée — en
dehors du dépot d'un projet officiel revu et
corrigé.
D'abord, la gauche radicale s'est réunie,
et ses délibérations furent marquées par la
brillante intervention de M. Raoul Péret.
— Et le Sénat f demanda l'ancien prési-
dent de la Chambre, M. Painlevé n'y pense-
t-il pas ?
S'accorder avec MM. Blum et Tincent-Au-
riol pour se heurter ensuite à MM. Doumer
et Henry Bérenger, voilà, certes, qui n'ar.
rangerait pas les choses. Est-ce à une ma-
nœuvre politique de cette sorte que doivent
aboutir les négociations de ces deux derniers
jours ? Ce serait à désespérer de tout.
M. Raoul Péret a indiqué au, plus exacte-
ment, rappelé le danger. Le matin même, M.
Louis Dausset, qui est doué d'une lucidité
extra-parlementaire, avait montré avec élo-
quence, dans l'Information, qu'avant de lais-
ser s'affronter les partis sur un plan géné-
ral d'assainissement, il fallait assurer le sau-
vetage immédiat.
On lira plus loin ses suggestions. Elles dé-
notent une compétence qu'on se plait una-
nimement à reeonnaitre. L'avantage de ce
programme, c'est d'abord qu'il est un pro-
gramme. C'est ensuite, comme le souligne
M. Dausset, qu'il peut être voté ej un jour
et mis en action dans une semaine. C'est,
enfin, « qu'il laisse le champ absolument li-
bre à toutes les réformes d'ensemble, qui
viendront après, et qui pourront être mdre-
ment réfléchies ». ;
Trois grands mérites.
Saluons cette revanche du bon sens.
Puisque nous sommes au pied du mur, évi-
tons d'abord l'ébranlement. Pour le reste, il
sera toujours temps d'aviser.
Jean GOLDSKY.
Toujours le gâchis
La situation parlementaire créée par le
dépôt du projet d'assainissement financier
du gouvernement se modifie de jour en jour.
Seul subsiste l'état de confusion et de ma-
'•aise engendré par les incidents qui se sont
succédé depuis près d'une semaine.
La réunion de la commission des finances,
qui devait se tenir dans l'après-midi de mer-
credi, pour entendre le président de conseil
et le ministre du budget, avait été renvoyée
à la fin de la journée. Un nouveau contre-or-
dre fut donné et la commission dut s'ajour-
ner à hier matin 11 heures. Au dernier mo-
ment, sur demande de la présidence du con-
seil, la séance de la commission a été ren-
voyée à 14 heures, pour permettre au gou-
vernement d'arrêter ses résolutions définiti-
ves au sujet des modifications à apporter au
texte primitif de son projet.
Avant cette réunion de la commission, on
ignorait encore en vertu de quelle initiative
ces demandes de modifications seraient in-
troduites. Au ministère des finances, on con-
tinuait à dire que le gouvernement n'avait
pas à présenter un nouveau projet de loi.
mais simplement à faire connaître son avis
sur les textes nouveaux qui seraient présen-
tés par la commission des finances ou plutôt
par le président et le rapporteur général de
cette commission, celle-ci n'ayant pas été
appelée jusqu'ici à en délibérer.
On reconnaissait toutefois, au ministère
des finances, que le président du conseil
avait reçu officieusement communication des
amendements préparés par MM. Malvy et
Lamoureux conformément au programme ar-
rêté mardi dans la réunion nocturne du car-
tel. En tout cas les conférences du chef du
ministère avec les représentants des divers
groupes du cartel se sont succédé au minis-
tère des finances durant toute la journée du
mercredi et jusque dans la nuit. En particu-
lier, les délégués du groupe socialiste ont
conféré jusqu'à 3 heures hier matin avec M.
Painlevé en présence de M. Malvy, président
de la commission des finances.
Notre erreur capitale, en Allemagne, a été
de croire à l'efficacité des impôts sans cesse
aggavés, destructeurs du capital productif.
Les impôts excessifs réagissent sur les prix,
donc immédiatement sur le change, et ils
sont puissamment destructeurs de l'équilibre budgétaire et
de la valeur de la monnaie.
Docteur SCHACHT.
Le nouveau texte
TITRES DE RENTE : Les
porteurs auront le choix entre
le paiement de l'impôt prévu au
texte primitif et la délivrance
d'un titre nouveau, comportant
un intérêt moindre.
SOCIETES ANONYMES Y
L'impôt ne sera - plus prélevé que
sur les bénéfices de la Société.
Il n'est pas question d'une ingé-
rence de l'Etat dans une entre- <
prise privée. ., - ,
BONS DE LA DEFENSE : La
consolidation, forcée n'est pas
envisagée. Pour l'échéance de
décembre, les porteurs auront
le choix entre des Bons à trois
mois au moins et des titres
ayant caractère libératoire pour
le paiement des impôts de 1926.
DEFICIT BUDGETAIRE : B
pourra être ramené de 2.500
millions à 1.500 millions. Le
gouvernement propose d'élsver
de la même somme le plafond
des avances de la Banque de
France, sans toucher au plafond
des billets.
Dans une réunion tenue hier matin au Pa-
lais-Bourbon par le groupe socialiste, les dé-
légués ont rendu compte à leurs collègues
ces résultats de cet entretien. Il résulte de
leurs explications que diverses suggestions
ont été envisagées au sujet des avances de
la Banque de France à l'Etat, de l'estampil-
lage des billets de banque, ainsi qu'en ce qui
concerne le caractère spécial des titres de
reconnaissance à émettre pour l'établisse-
(Photo Henri Manuel.)
M. Raoul PERET
ment du privilège général du Trésor sur les
biens mobiliers et immobiliers. Les textes
destinés à la mise en œuvre de ces mesures
devaient être arrêtés hier matin par les ser-
vices du ministère des finances; mais dès
maintenant les délégués socialistes expri-
maient leur satisfaction des résultats obte-
nus dans cette conférence.
Ajoutons que le président du conseil a
jugé nécessaire à la fin rie la matinée de ne
pas limiter ses consultations aux représen-
tants des groupes du cartel Il a convoqué
pour midi au ministère des finances divers
députés ne faisant pas partie du cartel, com-
me MM. Dariac, président; Bokanowski et
Piétri, membres du groupe des républicains
de gauche; MM.- Le Trocquer et Landry, d"
nouveau groupe de la gauche indépendante.
MM. Bokanowski et Piétri ne se sont pas
rendus à la convocation. MM. Loucheur et
Fallières, qui, comme membres de la gauche
radicale, font partie du (;artel, ont été égale-
ment convoqués.
M. Painlevé a reçu également les membres
de la commission politique du groupe socia-
liste, qui ont communiqué, à l'issue de leur
conférence avec le président du conseil, une
note dans laquelle ils déclarent que M. Pain-
levé, en les remerciant -de leur visite, a In-
diqué qu'il tiendrait compte, dans la nou-
velle rédaction de son projet, des indications
qu'ils lui avaient données.
En sortant du ministère des finances, après
leur réception par M. Painlevé, les membres
de la commission exécuti e du groupe parle-
mentaire socialiste, MM. Léon Blum, Moutet.
Renaudel, Vincent-Auriol, Pressemane, Co-
père-Morel, Mistral, Paul Faure, paraissaient
«-stisfaits.
L'un d'eux déclara :
'!
- C'est très bien, mais il s'agit de savoir-
ce que fera la Chambre.
- La question, déclara un autre, est dd
trouver une majorité.
- Et le Sénat ? questionna quelqu'un.
- Le Sénat, répondit-on, ne saurait alle
à rencontre des projets votés par la Cham-
bre, sans soulever un grave conflit constitu-
tionnel.
Délibérations
Pendant que ces conférences et réunions
avaient lieu, le groupe de la gauche radicale
qui constitue, l'aile droite du cartel, tenaiC
séance au Palais-Bourbon. Après discussion,
le groupe a proclamé la nécessité d'être fixé
à bref délai sur les intentions-du gouverne-
ment par la présentation d'un projet défi-
nitif destiné à fournir la base d'une prompte
discussion devant la Chai bre.
Conformément aux observations présen-
tées par M. Raoul Péret, ancien président de
la Chambre, la gauche radicale a été d'avis
que , le gouvernement, avant de s'engager
dans une voie définitive, se préoccupât d'é-
viter un conflit avec le Sénat, en écartant de
son texte définitif toutes, mesures qui se-
raient contraires aux sentiments bien con..
nus de la Haute Assemblée.
C'est à la suite de -ces diverses négocia-
tions que le gouvernement modifiant ses in-
tentions premières, a décidé de saisir la com-
mission des finances de modifications à un
certain nombre d'articles de son projet ini-
tial. •
Le communiqué officiel de la commission
La commission des finances s'est réunie a
15 heures. Voici le communiqué officiel de
ses délibérations : 1
La commission des finances de la Charnu
bre des députés, réunie sous la présidence
de M. Malvy, a entendu le président du con-
seil, ministre des finances, et le ministre dw
budget sur le projet financier. ,
M. Painlévé a déclaré que le gouverne.
ment avait tenté, à la suite des derrifora vo-
tes de la commission, un nouvel effort dei
conciliation, en vue d'arriver à la solution dis
problème financier.
— Le gouvernement, a ajouté le président
du Conseil, s'est efforcé de concilier le main-
tien des idées directrices du projet avec cer-
taines des indications données par la comA
mission.
C'est dans ce but que le gouvernement a
remanié les articles 2, 3, 6, 6 bis et 21 et
proposé les articles A et B nouveaux.
En ce qui concerne les titres de rente sur
l'Etat, le gouvernement donne aux porteurs
le choix entre le paiement de l'impôt prévu
au texte primitif et la délivrance d'un titre
nouveau comportant un intérêt moindre.
De même en ce qui concerne les sociétés
anonymes, les textes prévoient que l'impôt
ne sera plus prélevé que sur les bénéfices
de la Société, de manière à éviter un dou-
ble paiement de l'impôt. Il ne saurait être
question d'ailleurs d'une ingérence de l'Etat
dans une entreprise privée.
(La suite en deuxième page.)
NOTRE ENQUETE AU PARLEMENT!
Le réajustement
des pensions
Nos lecteurs ont certainement pris connais-
sance, au fur et à mesure que nous avons pu
les insérer, des réponses qui ont été faites au
questionnaire relatif au réajustement des pen
sions sur les traitements de l'activité, réajus*
tement dont le principe est si juste et si équi-
table, que l'unanimité des avis donnés a été
favorable.
Et ce principe est tellement équitable, en.
effet, que nous sommes peinés de constater
qu'au milieu des pays qui l'entourentja France
est peut-être la seule nation qui n'ait pas
abordé de face et franchement le problème.
Je connais très bien l'objection, la seule im-
portante, qui puisse être opposée à ce prin-
cipe : c'est la question financière.
Evidemment, tout le problème réside là, non
seulement pour l'Etat, qui doit faire face aux
dépenses nouvelles, mais aussi pour le petit
pensionné, qui ne pourra plus faire face, pour
peu que tout continue à monter, à son modeste
budget, dont les chapitres sont réduits au strict
minimum : le pain. le logement, les vêtements.
La majorité des réponses enregistrées a
d'ailleurs placé ce problème sur son véritable
terrain : il ne s'agit pas, en l'espèce, d'une me..
sure purement bienveillante, mais bien d'un
droit qu'ont acquis les intéressés en vertu d'un
contrat valablement conclu avec l'Etat ou
avec les grandes administrations publiques.
Si le prix de la vie n'avait pas augmenté,
on n'aurait pas été dans l'obligation d'augmen-
ter les traitements de l'activité et les retraités
n'auraient jamais songé à demander quoi que!
ce soit. Mais, en présence de l'élévation du"
prix des matières premières, il a fallu augmen-
ter les salaires et par répercussion, il a fallu
augmenter les ressources budgétaires pour
l'Etat ou les prix de vente pour les grandes
administrations, chemins de fer, etc.
Serait-il loziaue. serait-il équitable, que
24 BRUMAIRE. AN 134. — N° 20.084 lA WuaiiO t VINGT CENTIMES VENDREDI 13 NOVEMBRE 1925 Na 7t\ ARA
içonuateurs (1869) -,..
M .- %- , _m
VICTOR HUGO
AUGUSTE VACOUERIE
f ABONNEMENTS:
Sfem * S.-KT-OrsB 40, 21 < n.
FRANCS n COLONTR* 45 28' 19 >
ErRAUSEB 79. 38 1 20 >
, 4draagtr tDU'" les communteat/aat "ft
* aB Otnctmr
- - .,.
* 'on a a leur» ( i869)
?
VICTOR HUGO
AUGUSTE VACQUERIE
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ON S'ABONNE SANS FRAIS DANS
TOUS LES BUREAUX DE POSTE
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88, boule-va.rd d.e Strasbouxo. ]? A.,RIS-X-
Directeur : EDMOND DU MESNIL
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RMtetns et Adafeistratira : Nord 24-90. 34-91 — Apres 10 heores dû soir: tome 04-81
TRIBUNE LIBRE
- 6 7
Devons-nous obéir?
'- eau ———.————————
Allons, avouons-le, nous sommes cou-
pables. Nous avons trop longtemps re-
gardé les agitations de ces gens-là com-
me un spectacle pittoresque.
Nous nous pressions aux tribunes du
Parlement avec l'empressement que
mettaient nos aïeux à se masser dans
les rues pour voir passer la famille roya-
le. Et ceux d'entre nous qui ne pou-
vaient pas assister aux grandes séan-
ces dévoraient le lendemain les jour-
naux. Nous avons, fait le succès du dé-
sordre. C'est peut-être que nous pensions
découvrir dans l'hémicycle du Palais-
- Bourbon l'incarnation de nos désirs.
Quand, au - début de ce siècle, un cer-
tain scepticisme nous saisit et que nous
; comprîmes les désastres qu'entraînait la
machine parlementaire, en bons disci-
■ pies de Beaumarchais nous nous posâ-
mes la question : doit-on en rire ou en
pleurer ? Et nous passâmes la pardle à
Figaro.
Mais aujourd'hui nous n'avons plus le
droit de traiter par le rire ces gens qui
- ne manquent ni d'intelligence ni de
cceur, mais qui ont moins de courage
qu'un charretier embourbé, et qui, cha-
que jour, parce qu'ils ne veulent pas se
, guillotiner eux-mêmes, tuent la Nation
française, massacrent d'Europe et dimi-
nuent le patrimoine du monde.
Ce qui ne les empêche pas d'ailleurs
de sourire aux photographes. Car l'in-
souciance est leur lot'; ils le partagent
lavec les enfants et les doux vieillards
branlottants sur des tibias secs.
Le Parlement est une assemblée. de
contrôle : il a voulu être 'l'exécutif, il
aurait pu l'être à condition de suivre
l'imçulsion d'un debater ou de collabo-
rer étroitement avec un ministre en qui
jî aurait eu une aveugle confiance. Mais
où sont ce debater et ce ministre ? Le
Parlement a imaginé de diriger et il n'a
pas de cerveau. <
Alors ? Eh bien ! on connaît l'expé-
rience du physiologiste Goltz qui est par-
venu à conserver en vie un chien décé-
rébré, pendant dix-huit mois. En voici
les résultats : ".,
« te chien sans cerveau de Goltz avait
perdu toute spontanéité, insensible à
toutes les excitations psychiques, ap-
pels* caresses, vue d'un chat, etc. Cepen-
dant il marchait, quoique maladroite-
ment si oii venait à le pousser ; si on le
pinçait il se mettait à grogner ou à
aboyer, ou cherchait à mordre ; il en-
tendait les bruits intenses ; ses deux pu-
piUes se contractaient à la lumière, mais
son regard restait toujours fixe, comme
perdu ; placé sur un plan incliné, il pou-
vait se retenir de façon à ne pas glisser ;
il prenait difficilement sa nourriture,
sans du reste la rechercher et, laissé en
liberté, il serait mort. » (Gley, physiol.).
On reconnait clairement notre bête na-
tionale et surtout ce regard fixe, comme
perdu !
Je ne dis pas d'ailleurs que le Par-
lement, 'lui, soit complètement décérébré,
et ill est remarquable que, par exemple,
tandis que la vue d'un chat laissait le
chien indifférent, l'approche d'une ré-
forme honnête fait volontiers crier le
Parlement. Il semble aussi qu'ill prenne
facilement sa nourriture, contrairement
au chien, mais on est, en tous cas, obli-
gé de 'la lui apporter. Ah ! ah ! et qui
âonc ? Nous.
** Car, de cette experience, il faut rete-
nir surtout ceci, c'est que sans gardien,
le chien serait mort. Or, c'est nous les
gardiens du Parlement, c'est nous qui
lui mettons sa nourriture en bouche. De-
vous-nous continuer ? Devons-nous con-
sidérer d'animal comme le centre du la-
boratoire et le pivot de l'Etat ? Denous-
nous obéir ? Le suivre dans son immo-
bilité, et, si par hasard jIl aboie, l'accla-
mer ? Rire, on en est las. Pleurer, ce
n'est pas fonction d'homme. Qui peut af-
firmer que le devoir du bon citoyen soit
aujourd'hui d'obéir ?
Quand, sans le moindre romantisme,
je fais mon examen de conscience, je
me rends témoignage d'avoir donné à
la Patrie ce que j'avais de meilleur, soit
le droit de vivre et d'être heureux ; j'ai
fait même remise à l'Etat de ma liberté.
acceptant d'être un numéro, un matri-
cule et de mourir anonymement. Et ce
que je dis, quatre millions d'hommes
ont pu ou peuvent encore le dire.
De par mes fonctions, je pouvais ob-
server le regard des blessés et des mou-
rants ; je me penchais sur eux à l'ins-
tant où ill s'emplissait d'une douleur
inexprimée, d'un regret inutile, d'une
crainte obscure, et qu'il était près de s'é-
teindre sous un ciel froid où couraient
les obus. Ceux qui sont morts avaient
prosque tous, sinon la certitude, du
moins 'le sentiment confus, que la som-
me de leurs souffrances servirait à quel-
que chose. Or, ils sont morts en vain.
Ils sont morts en vain, parce que les
survivants, leurs frères, cherchent dé-
sespérément le salut hors d'eux-mêmes,
sur ces visages usés, flétris, .dans ces
cœurs racornis par la politique, qui han-
tent le Palais-Bourbon. Ces jeunes, qui
devaient inventer, s'affublent de formu-
les périmées, se classent en dérisoires
formations électorales, cachent sous des
chiffons leurs chairs, leurs âmes, leurs
volontés.
Et parce que le Parlement dit : Je suis
l'ordre et 'la loi, tous les survivants de
l'hécatombe emboîtent le pas à ce pM-
siosaure politique, à ce survivant d'une
faune disparue. ;
Songeons pourtant que sur le bord de
J'abîme, les chefs d'aujourd'hui n'ont pas
même un cri de détresse. Quand le roi
Salomon pris pour arbitre par deux mè-
res qui se disputaient un enfant eut dit:
« Coupez-le en deux ! » il reconnut la
mère à ce que l'une cria et dit: « Non,
donnez-le plutôt à cette femme! »
Qui, ces jours-ci, a entendu jaillir un
cri du cœur de ces gens-là ? Le Parle-
ment ne crie pas. On ne le sent pas souf-
frir. C'est sans doute qu'il ne comprend
pas, et aussi qu'il ne sait pas aimer.
On lui passerait d'être cynique, c'est
parfois une preuve de force, mais il est
béant et béat. Nous ? Suivre ce ruminant
stupide qui, en entrant à l'abattoir, brou-
te la dernière herbe'du seui! ? Non.
Répétons-fle. L'animal est dpcérébré. Il
est incapable d'agir volontairement ;
l'ordre et le salut ne sont pas en lui. Ils
sont en nous. Et dans l'aventure où l'on
nous entraîne, nous qui représentons les
forces jeunes de la Nation, nous avons
le devoir, et je pèse mes mots, nous
avons -le devoir de refuser d'obéir.
Pierre DOMINIQUE.
'—-———— ——
EDITORIAL
D'abord le sauvetage !
-
La caractéristique de
cette crise lamentable, est
que chacun a son petit pro-
jet financier, sauf le gou-
vernement.
Oh ! ce n'est pas que
le gouvernement manque
a idées.
Il en a. Il en a même trop, car il passe
son temps à prendre celles des autres.
Chaque matin le contribuable trem-
blant apprend que le gouvernement a
déposé un projet définitif. Mais il n'est
définitif que jusqu'au soir, et le lende-
main il se trouve amendé, remanié, bou-
leversé.
En effet, si le gouvernement propose,
les partis, les groupes et les commis-
sions disposent.
Après la diplomatie sur la place pu-
blique nous avons la Finance sur le mar-
ché aux puces.
Tous les jours, c'est une éclosion de
mesures fiscales, d'impôts, de con-
traintes, de vexations, qui, finalement,
n'atteindront peut-être personne, mais
qui présentement inquiètent tout le
monde.
Il est évident que de tels procédés
vont à rencontre du résultat recherché.
Au lieu de ramener la confiance, on pré-
pare la panique, car les politiciens sont
encore trop nombreux qui ne se rendent
pas compte que la solution de la crise
est d'ordre moral plus encore que tech-
nique.
En effet, un gouvernement peut ap-
pliquer des mesures même médiocres
lorsque son crédit est entier.
Sans crédit, il ne saurait faire aboutir
les desseins les plus remarquables.
Dans un excellent article de l'«Infor-
mation», M Louis Dausset a donné hier
une judicieuse appréciation de la crise.
Il a — lui aussi — formulé un program-
me financier qui semble fort sage, mais
que je livre à l'examen de mon excel-
lent ami et brillant collaborateur, Ca-
mille Bouché.
N'étant pas parlementaire, je n ai re-
çu ni cette lumière « qui vient d'en
haut » ni cette infatuation, qui vient
d'en bas, et qui permettent d'affirmer
une compétence universelle et une in-
faillibilité immarcescible.
Je me contenterai de conclure, avec
M. Louis Dausset, qu'un programme
général d'assainissement destiné à con-
jurer la crise financière ne saurait être
improvisé en un jour. D'autant que
« tout système de redressement de nos
finances soulève nécessairement une
foule de questions aiguës d'ordre doctri-
naire et électoral. Il quitte; son carac-
tère financier pour devenir proprement
politique ».
Sur la « question du salut définitif,
les groupes parlementaires ne peuvent
pas s'entendre sans de longs débats ».
Or, en attendant le « salut finan-
cier », il y a un acte de « sauvetage fi-
nancier » qui s'impose sans délai. Mais,
là aussi, se pose la question de con-
fiance
Il nous faut des sauveteurs qui ne
soient pas des Gribouilles, et qui ne
commencent pas par nous jeter à l'eau
dans l'intention de nous en tirer.
Edmond du MESNIL.
La question des dettes
Les négociations iialo-américaines ont abouti
Washington, 12 novembre. — L'assistant
adjoint au ministre du Trésor américain, M.
Winston, a annoncé officiellement qu'un ac.
cord était intervenu entre les délégations
américaine et italienne concernant le règle.
ment des dettes de l'Italie envers les Etats
Unis, - .-
Perte d'un sous-marin
britannique
040
60 hommes étaient à bord
Londres, 12 novembre. — L'Amirauté pu-
blie, ce soir, un communiqué annonçant que
le sous-marin M. I., au cours d'exercices ef-
fectuée ce matin, a brusquement disparu au
moment où il se trouvait à environ quinze
milles de son port d'attache.
On fait les plus grands efforts pour tenter
de retrouver le sous-marin.
L'équipage du M. I. comporte 60 hommes.
Le navire, qui a une longueur de 300 pieds;
jauge 1.900 tonnes et est armé d'un canon
de 30 c/m. Il fut achevé au moment de l'ar-
mistice.
Le M. 1. devait se rendre à Gibraltar
Londres, 12 novembre. — Le sous-marin
britannique M. I., dont on a signalé ca soir
la disparition à quinze milles environ de
Starpoint, avait sa base à Plymouth. Il était
parti lundi dernier avec un dragueur de mi-
nes à destination de Gibraltar et on croyait
que le mauvais temps l'avait .contraint de
chercher refuge dans un port de l'Ouest
Le M. I. Était le premier sous-marin qui
portait un canon de 30 aoo. ; il était égale-
ment armé d'un canon de 75, de quatre lan-
ceurs de mine
M. Paul DOUMER
le nouveau président de la commission
sénatoriale du "budget
Au grand jour !
On sait — ou plutôt on ne sait même plus
— que l'affaire dite du Bonnet Rouge est
l'objet d'une procédure en révision. Mais pour
des raisons qui seront précisées ici-même, l'ins-
truction ne va pas vite.
La première demande de révision date du
17 novembre 1918. Elle était formulée en
vertu de l'article 443 du Code d'instruction
criminelle. Ultérieurement, la Ligue des Droits
de l'Homme demanda qu'on fît jouer l'arti-
cle 20 de la loi du 29 avril 1921. et, en juin
1924, M. René Petit, vice-président de la
Chambre des mises en accusation, était commis
par le procureur général. Depuis, aucun témoin
n'a été entendu. M. Petit, montant d'un éche-
lon, a été nommé président, et M. le conseiller
Leroy a reçu de ses mains le volumineux dos-
sier, gros de tant d'énigmes.
Demain, samedi, M. Leroy entendra M.
Jean Goidsky. D'accord avec son conseil. Me
Pierre Lœwel, notre collaborateur se propose
de protester vivement à la fois contre la mise
en sommeil de l'affaire et contre la procédure
prévue par l'article 20, qui ne permet pas de
débat contradictoire.
Reprenant un mot qui a été prononcé ré-
cemment : « l'instruction se fait à la barre »,
il réclamera des débats publics, c'est-à-dire le
renvoi de l'affaire devant un cour d'assises ou
un conseil de guerre, conformément à l'arti-
cle 443.
Il n'y a de vraie justice que celle qui se
rend au grand jour, et où chacun peut venir
exposer ce qu'il sait.
Le huis-clos, c'est le boisseau. Disons, après
M. Steeg, que la justice se doit et nous doit
de « ne pas tenter d'enserrer la vie mobile et
changeante dans un traditionnalisme d'étouffe-
ment ».
Toute la lumière, d'abord; et ce sera enfin
toute la justice !
EN DEUXIEME PAGE :
MM. Painlevé et Briand sont entendus par
la Commission des affaires étrangères du
Sénat.
-; DE LA CRISE FINANCIÈRE A LA CRISE DE RÉGIME
M. Painlevé modifie son projet
Mais de nouveaux amendements surgissent à la commission
des finances. -- Celle-ci poursuivra son examen ce matin
———————-" > ■»«<» ♦ ■
Les suggestions de M. Dausset
— > «a OOOOCOOOOOO o C
C'est encore le gâchis, mais quelques lueurs
de-ci, de-là, se manifestent.
M. Painlevé consulte. Commençant. la
« grande pénitence » prédite par M. CaU.
laux, il a passé une grande partie de la
précédente nuit en compagnie de MM. Re-
naudel, Vincent-Auriol, Bedouce et Locquin.
Hier matin, nouvelle entrevue avec les blu-
mifiés, mais, cette fois, quelques personna-
lités hors dfétat de montrer patte 'rouge ont
été appelées par le président du Conseil.
Tous ces conciliabules n'ont pourtant pas
allumé notre lanterne. Parlant de M. Pain-
levé, M. Klotz, parfois bien irrévérencieux,
aurait déclaré « C'est une bougie dans un
courant d'air ». Le mot, comme tous les
mots, est un peu injuste. Mais il est vrai
que la nation en est réduite à chercher sa
route au plus profond des ténèbres.
Deux faits ont dominé la journée — en
dehors du dépot d'un projet officiel revu et
corrigé.
D'abord, la gauche radicale s'est réunie,
et ses délibérations furent marquées par la
brillante intervention de M. Raoul Péret.
— Et le Sénat f demanda l'ancien prési-
dent de la Chambre, M. Painlevé n'y pense-
t-il pas ?
S'accorder avec MM. Blum et Tincent-Au-
riol pour se heurter ensuite à MM. Doumer
et Henry Bérenger, voilà, certes, qui n'ar.
rangerait pas les choses. Est-ce à une ma-
nœuvre politique de cette sorte que doivent
aboutir les négociations de ces deux derniers
jours ? Ce serait à désespérer de tout.
M. Raoul Péret a indiqué au, plus exacte-
ment, rappelé le danger. Le matin même, M.
Louis Dausset, qui est doué d'une lucidité
extra-parlementaire, avait montré avec élo-
quence, dans l'Information, qu'avant de lais-
ser s'affronter les partis sur un plan géné-
ral d'assainissement, il fallait assurer le sau-
vetage immédiat.
On lira plus loin ses suggestions. Elles dé-
notent une compétence qu'on se plait una-
nimement à reeonnaitre. L'avantage de ce
programme, c'est d'abord qu'il est un pro-
gramme. C'est ensuite, comme le souligne
M. Dausset, qu'il peut être voté ej un jour
et mis en action dans une semaine. C'est,
enfin, « qu'il laisse le champ absolument li-
bre à toutes les réformes d'ensemble, qui
viendront après, et qui pourront être mdre-
ment réfléchies ». ;
Trois grands mérites.
Saluons cette revanche du bon sens.
Puisque nous sommes au pied du mur, évi-
tons d'abord l'ébranlement. Pour le reste, il
sera toujours temps d'aviser.
Jean GOLDSKY.
Toujours le gâchis
La situation parlementaire créée par le
dépôt du projet d'assainissement financier
du gouvernement se modifie de jour en jour.
Seul subsiste l'état de confusion et de ma-
'•aise engendré par les incidents qui se sont
succédé depuis près d'une semaine.
La réunion de la commission des finances,
qui devait se tenir dans l'après-midi de mer-
credi, pour entendre le président de conseil
et le ministre du budget, avait été renvoyée
à la fin de la journée. Un nouveau contre-or-
dre fut donné et la commission dut s'ajour-
ner à hier matin 11 heures. Au dernier mo-
ment, sur demande de la présidence du con-
seil, la séance de la commission a été ren-
voyée à 14 heures, pour permettre au gou-
vernement d'arrêter ses résolutions définiti-
ves au sujet des modifications à apporter au
texte primitif de son projet.
Avant cette réunion de la commission, on
ignorait encore en vertu de quelle initiative
ces demandes de modifications seraient in-
troduites. Au ministère des finances, on con-
tinuait à dire que le gouvernement n'avait
pas à présenter un nouveau projet de loi.
mais simplement à faire connaître son avis
sur les textes nouveaux qui seraient présen-
tés par la commission des finances ou plutôt
par le président et le rapporteur général de
cette commission, celle-ci n'ayant pas été
appelée jusqu'ici à en délibérer.
On reconnaissait toutefois, au ministère
des finances, que le président du conseil
avait reçu officieusement communication des
amendements préparés par MM. Malvy et
Lamoureux conformément au programme ar-
rêté mardi dans la réunion nocturne du car-
tel. En tout cas les conférences du chef du
ministère avec les représentants des divers
groupes du cartel se sont succédé au minis-
tère des finances durant toute la journée du
mercredi et jusque dans la nuit. En particu-
lier, les délégués du groupe socialiste ont
conféré jusqu'à 3 heures hier matin avec M.
Painlevé en présence de M. Malvy, président
de la commission des finances.
Notre erreur capitale, en Allemagne, a été
de croire à l'efficacité des impôts sans cesse
aggavés, destructeurs du capital productif.
Les impôts excessifs réagissent sur les prix,
donc immédiatement sur le change, et ils
sont puissamment destructeurs de l'équilibre budgétaire et
de la valeur de la monnaie.
Docteur SCHACHT.
Le nouveau texte
TITRES DE RENTE : Les
porteurs auront le choix entre
le paiement de l'impôt prévu au
texte primitif et la délivrance
d'un titre nouveau, comportant
un intérêt moindre.
SOCIETES ANONYMES Y
L'impôt ne sera - plus prélevé que
sur les bénéfices de la Société.
Il n'est pas question d'une ingé-
rence de l'Etat dans une entre- <
prise privée. ., - ,
BONS DE LA DEFENSE : La
consolidation, forcée n'est pas
envisagée. Pour l'échéance de
décembre, les porteurs auront
le choix entre des Bons à trois
mois au moins et des titres
ayant caractère libératoire pour
le paiement des impôts de 1926.
DEFICIT BUDGETAIRE : B
pourra être ramené de 2.500
millions à 1.500 millions. Le
gouvernement propose d'élsver
de la même somme le plafond
des avances de la Banque de
France, sans toucher au plafond
des billets.
Dans une réunion tenue hier matin au Pa-
lais-Bourbon par le groupe socialiste, les dé-
légués ont rendu compte à leurs collègues
ces résultats de cet entretien. Il résulte de
leurs explications que diverses suggestions
ont été envisagées au sujet des avances de
la Banque de France à l'Etat, de l'estampil-
lage des billets de banque, ainsi qu'en ce qui
concerne le caractère spécial des titres de
reconnaissance à émettre pour l'établisse-
(Photo Henri Manuel.)
M. Raoul PERET
ment du privilège général du Trésor sur les
biens mobiliers et immobiliers. Les textes
destinés à la mise en œuvre de ces mesures
devaient être arrêtés hier matin par les ser-
vices du ministère des finances; mais dès
maintenant les délégués socialistes expri-
maient leur satisfaction des résultats obte-
nus dans cette conférence.
Ajoutons que le président du conseil a
jugé nécessaire à la fin rie la matinée de ne
pas limiter ses consultations aux représen-
tants des groupes du cartel Il a convoqué
pour midi au ministère des finances divers
députés ne faisant pas partie du cartel, com-
me MM. Dariac, président; Bokanowski et
Piétri, membres du groupe des républicains
de gauche; MM.- Le Trocquer et Landry, d"
nouveau groupe de la gauche indépendante.
MM. Bokanowski et Piétri ne se sont pas
rendus à la convocation. MM. Loucheur et
Fallières, qui, comme membres de la gauche
radicale, font partie du (;artel, ont été égale-
ment convoqués.
M. Painlevé a reçu également les membres
de la commission politique du groupe socia-
liste, qui ont communiqué, à l'issue de leur
conférence avec le président du conseil, une
note dans laquelle ils déclarent que M. Pain-
levé, en les remerciant -de leur visite, a In-
diqué qu'il tiendrait compte, dans la nou-
velle rédaction de son projet, des indications
qu'ils lui avaient données.
En sortant du ministère des finances, après
leur réception par M. Painlevé, les membres
de la commission exécuti e du groupe parle-
mentaire socialiste, MM. Léon Blum, Moutet.
Renaudel, Vincent-Auriol, Pressemane, Co-
père-Morel, Mistral, Paul Faure, paraissaient
«-stisfaits.
L'un d'eux déclara :
'!
- C'est très bien, mais il s'agit de savoir-
ce que fera la Chambre.
- La question, déclara un autre, est dd
trouver une majorité.
- Et le Sénat ? questionna quelqu'un.
- Le Sénat, répondit-on, ne saurait alle
à rencontre des projets votés par la Cham-
bre, sans soulever un grave conflit constitu-
tionnel.
Délibérations
Pendant que ces conférences et réunions
avaient lieu, le groupe de la gauche radicale
qui constitue, l'aile droite du cartel, tenaiC
séance au Palais-Bourbon. Après discussion,
le groupe a proclamé la nécessité d'être fixé
à bref délai sur les intentions-du gouverne-
ment par la présentation d'un projet défi-
nitif destiné à fournir la base d'une prompte
discussion devant la Chai bre.
Conformément aux observations présen-
tées par M. Raoul Péret, ancien président de
la Chambre, la gauche radicale a été d'avis
que , le gouvernement, avant de s'engager
dans une voie définitive, se préoccupât d'é-
viter un conflit avec le Sénat, en écartant de
son texte définitif toutes, mesures qui se-
raient contraires aux sentiments bien con..
nus de la Haute Assemblée.
C'est à la suite de -ces diverses négocia-
tions que le gouvernement modifiant ses in-
tentions premières, a décidé de saisir la com-
mission des finances de modifications à un
certain nombre d'articles de son projet ini-
tial. •
Le communiqué officiel de la commission
La commission des finances s'est réunie a
15 heures. Voici le communiqué officiel de
ses délibérations : 1
La commission des finances de la Charnu
bre des députés, réunie sous la présidence
de M. Malvy, a entendu le président du con-
seil, ministre des finances, et le ministre dw
budget sur le projet financier. ,
M. Painlévé a déclaré que le gouverne.
ment avait tenté, à la suite des derrifora vo-
tes de la commission, un nouvel effort dei
conciliation, en vue d'arriver à la solution dis
problème financier.
— Le gouvernement, a ajouté le président
du Conseil, s'est efforcé de concilier le main-
tien des idées directrices du projet avec cer-
taines des indications données par la comA
mission.
C'est dans ce but que le gouvernement a
remanié les articles 2, 3, 6, 6 bis et 21 et
proposé les articles A et B nouveaux.
En ce qui concerne les titres de rente sur
l'Etat, le gouvernement donne aux porteurs
le choix entre le paiement de l'impôt prévu
au texte primitif et la délivrance d'un titre
nouveau comportant un intérêt moindre.
De même en ce qui concerne les sociétés
anonymes, les textes prévoient que l'impôt
ne sera plus prélevé que sur les bénéfices
de la Société, de manière à éviter un dou-
ble paiement de l'impôt. Il ne saurait être
question d'ailleurs d'une ingérence de l'Etat
dans une entreprise privée.
(La suite en deuxième page.)
NOTRE ENQUETE AU PARLEMENT!
Le réajustement
des pensions
Nos lecteurs ont certainement pris connais-
sance, au fur et à mesure que nous avons pu
les insérer, des réponses qui ont été faites au
questionnaire relatif au réajustement des pen
sions sur les traitements de l'activité, réajus*
tement dont le principe est si juste et si équi-
table, que l'unanimité des avis donnés a été
favorable.
Et ce principe est tellement équitable, en.
effet, que nous sommes peinés de constater
qu'au milieu des pays qui l'entourentja France
est peut-être la seule nation qui n'ait pas
abordé de face et franchement le problème.
Je connais très bien l'objection, la seule im-
portante, qui puisse être opposée à ce prin-
cipe : c'est la question financière.
Evidemment, tout le problème réside là, non
seulement pour l'Etat, qui doit faire face aux
dépenses nouvelles, mais aussi pour le petit
pensionné, qui ne pourra plus faire face, pour
peu que tout continue à monter, à son modeste
budget, dont les chapitres sont réduits au strict
minimum : le pain. le logement, les vêtements.
La majorité des réponses enregistrées a
d'ailleurs placé ce problème sur son véritable
terrain : il ne s'agit pas, en l'espèce, d'une me..
sure purement bienveillante, mais bien d'un
droit qu'ont acquis les intéressés en vertu d'un
contrat valablement conclu avec l'Etat ou
avec les grandes administrations publiques.
Si le prix de la vie n'avait pas augmenté,
on n'aurait pas été dans l'obligation d'augmen-
ter les traitements de l'activité et les retraités
n'auraient jamais songé à demander quoi que!
ce soit. Mais, en présence de l'élévation du"
prix des matières premières, il a fallu augmen-
ter les salaires et par répercussion, il a fallu
augmenter les ressources budgétaires pour
l'Etat ou les prix de vente pour les grandes
administrations, chemins de fer, etc.
Serait-il loziaue. serait-il équitable, que
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