Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1914-06-20
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 20 juin 1914 20 juin 1914
Description : 1914/06/20 (N16198). 1914/06/20 (N16198).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/02/2013
Ne 18,198. — 2 MESSIDOR, M 129, CINQ CENTIMES CE NUMERO
- Mt
SAMEDI 20 JUIN 1914. — N° 16,198.
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AUGUSTEVACQUERIE
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TRIBUNE LIBRE
Pour les Petits Enfants de France
.—————— om .——————.
Ce matin, dans une salle
qui, naguère, retentissait du
verbe éclatant des candi-
dats, une centaine de person-
nes se réunissaient, à l'oc-
casion du troisième congrès
national des mutualités maternelles,
pour discuter l'un des probèmes les plus
graves de l'heure présente et pour en-
tendre les conseils de cet admirable
bienfaiteur qui s'appelle Paul Strauss.
J'ai passé là des heures émouvantes ;
peut-être nos lecteurs voudront-ils ac-
corder à une œuvre de cette importance
un peu de l'attention qu'ils décernent
si libéralement à nos sympathiques as-
sassins ou aux gestes, plus ou moins
pittoresques, de nos innombrables
hommes d'Etat.
L'idée de la mutualité maternelle ap-
partient à Jules Simon. La conférence
te Berlin, en 1890, proclamait la né-
cessité du repos pour la femme en cou-
ches. Mais, à cette date, les cinq repré-
sentants de la France (détail que Paul
Strauss nous a révélé) crurent devoir
s'abstenir de consacrer par leur vote ce
principe, sous prétexte qu'ils n'avaient
pas reçu un mandat précis de leur gou-
vernement. Jules Simon s'en montra dé-
solé. Il recourut à l'initiative privée.
Un commerçant de Paris, M. Félix
Poussineau entendit, le premier, son
appel, et, dès lors, la mutualité mater-
nelle était fondée.
Depuis ce temps, l'institution a voulu
conquérir son autonomie au sein de la
1 grande mutualité française, non pour
s'en éloigner, à coup sûr, mais pour
I se perfectionner et pour mieux définir
t son rôle propre. En 1908, elle con-
quiert son indépendance, rédige sa
charte, proclame ses principes dont les
principaux sont la surveillance de la
grossesse maternelle et la protection de
l'enfant jusqu'à sa deuxième année.
C'est, en partie, grâce à elle que le lé-
gislateur a fini par intervenir.
On connaît les prescriptions essen-
tielles de cette loi si utile du 17 juin
1913. Dans tout établissement indus-
triel et commercial, ou dans ses dépen-
dances, il est interdit d'employer des
femmes accouchées pendant les quatre
semaines qui suivent leur délivrance.
Toute femme française salariée, privée
de ressources, a droit, pendant la pé-
riode de repos qui précède et suit les
couches, à une allocation journalière.
Cette allocation ne peut, tant pour la
période qui précède que pour celle qui
suit les couches, être maintenue pen-
dant une durée totale inférieure à huit
semaines.
Mais que de travail nous reste à
faire ! Et comme le législateur a besoin
encore de ce que Paul Strauss appelle
si justement la « collaboration civi-
que » ! Croit-on, par une allocation de
huit semaines1 avoir assuré cette sécu-
rité matérielle et morale de la femme
ouvrière pendant la grossesse qui est,
de toute évidence, notre meilleur moyen
de combat contre la mortinatalité.
Je supplie-nos amis républicains de
ne pas se désintéresser de ce problème,
et de croire qu'il correspond au devoir
social le plus pressant. Qu'ils nous ai-
dent à fonder partout des mutualités
maternelles et des consultations de
nourrissons, pour enrayer notre déplo..
rable mortalité infantile. Toute société
de secours mutuels devrait établir au
moins une consultation. La Mutualité
maternélle de Paris (39, rue des Petits-
Champs), la Ligue contre la mortalité
infantile (49, rue de Miromesnil) four-
nissent tous les renseignements néces-
saires pour ces fondations. Créons sur-
tout des mutualités maternelles militai-
res. La loi de trois ans les rend indis-
pensables. Un colonel, commandant un
régiment des environs de Paris, trou-
vait, un jour, près des cuisines de son
quartier, un soldat et sa femme qui
pleuraient ; la femme, depuis deux
jours, n'avait pu ni se nourrir, ni nour-
rir son enfant ; une enquête révéla que
i68 hommes mariés, de ce régiment,
étaient dans une situation presque aus-
si précaire. Le général Michel, gouver-
neur militaire de Paris, a généreuse-
ment donné son appui à cette œuvre. Il
faut l'en remercier. C'est, il y a quel-
ques années, notre ami André, qui, mal-
gré les lazzis de certains niais, a intro-
duit la mutualité dans l'armée. Ce se-
rait une tâche bien honorable pour les
républicains que d'exiger, sur tous les
points du territoire français, la cons-
titution des mutualités maternelles in-
dispensables pour vivifier la loi du 17
juin 1913 et lutter contre la mortalité
infantile, et — ce qui est le plus ur-
gent — pour provoquer ces maternités
militaires qui deviennent indispensa-
bles, sous le régime de la loi de trois
ans. Je réclame en faveur de cette œu-
vre le concours de tous ceux que com-
mence à écœurer la politique conçue à
la manière d'un sport.
Edouard HiERRInT.
Maire de Lyon, sénateur du Rhône.
LA POLITIQUE
se*-
L'ESPRIT DE GROUPE
Erb attendant, sous l'orme
'du mail, la formation des
« grands partis », voici que
nous assistons à Véclosion des
petits groupes.
Ils pullulent, les petits - grou-
pes, dans la nouvelle Chambre, comme
champignons après l'orale.
Le Journal Officiel — s'il vous plait
- en publie la liste*. Incroyable. J'en
demeure éberlué.
Cinq cent quatre-vingt-neuf députés
sont partagés ainsi en onze comparti-
ments. Seuls onze députés ne sont pas
affiliés*
On assure qu'ils se sont égarés dans
le dédale des groupes et qu'ils ont fini
par en perdre la tramontane. Du coup,
ça forme un douzième groupe ; le grou-
pe des députés errants.
Rien n'est cocasse comme la compo-
sition et la dénomination de tous ces
clans
Nous avons le groupe des républi-
ca,ins socialistes, le groupe des républi-
cains de gauche, le groupe républicain
radical et radical socialiste, le groupe
dit parti socialiste, le groupe de la gau-
che radicale, le groupe de la gauche dé-
mocratique, le groupe de la Fédération
républicaine, le groupe des droites, le
groupe de l'Action libérale, le groupe
des députés de gauche non inscrit (1)
et le groupe des députés non inscrits
aux groupes (sic II)
Comprenne qui pourra.
Bien entendu, les hommes de coup
d'Etat figurent à F Action libérale (ô
combien !) ; les .républicains de gauche
comprennent des hommes qui inclinent
à droite ; la gauche démocratique est
composée de conservateurs, et les pro-
gressistes tournent résolument le dos
à tout progrès.
Mais le plus comique, assurément, est
ce « groupe des députés non inscrits
aux groupes ». C'est bien la quintes-
cence de la chinoiserie parlementaire.
S'ils ne sont inscrits à aucun groupe,
comment ces « honorables » en forment-
ils un ? Et puisqu'ils en forment un,
comment n'y seraient-ils pas inscrits ?
Que de puérilité 1 et comme cet émiet-
temenl d'opinions sous des étiquettes
trompeuses reflète bien l'image du
scrutin d'arrondissement.
Comment veut-on que des législa-
teurs, claquemurés ainsi entre de peti-
tes cloisons étanches" ne soient pas
animés de l'esprit étroit de la coterie,
attachés aux intérêts particuliers et in-
sensibles aux grands souffles de l'inté-
rêt national qui peut agiter les cimes,
mais ne saurait pénétrerdns des tau-
pinières.
Tout concourt ainsi à la déliquescen-
ce du régime parlementaire et à la con-
fusion des débats.
Même la façon de siéger des députés.
Les groupes ne sont plus massés, com-
me autrefois, sur les travées de la
Chambre.
La Montagne a glisse dans la Plaine,
qui s'est effondrée dans le Marais. Des
révolutionnaires siègent à l'extrême
droite et des monarchistes à l'extrême
gauche. -
On prétend y remédier ; il est temps.
Le jour où naquit et mourut le cabi-
net Ribot, un grand vacarme s'éleva
sur les bancs de la droite..
Une voix dominait les autres, qui
criait au vénérable président du Con-
seil : « Ta g. ; à la gare ! »
Dans une tribune, une vieille douai-
rière pensa avoir ses vapeurs.
« Sainte Vierge, gémissait-elle, que
ce pauvre comte tient donc des propos
de corps de garde. »
Elle avait confondu le citoyen Jean
Bon avec le comte Albert de Mun.
Quelle impression voulez-vous qu'on
ressente à la vue d'une Assemblée bù
« vifs applaudissements à droite » signi-
fient que les socialistes exultent, alors
que « rumeurs au centre » expriment le
mécontentement de la gauche.
Je n'ai jamais visité de maisons de
fous. Mais quand les pensionnaires de
Charenton jouent aux députés, j'ima-
gine que le spectacle doit ressembler
à ça l
a 1 -. EDMOND DU MESNIb
LE FAIT DU JOUR
AUTOUR DES TROUS
- Leur sabotage à euss. c'est la fortune, le nôtre, c'est la. Santé 1..8
Les On = Dit
NOTRE AGENDA
Aujourd'hui samedi :
Lever du soleil à 3 heures 49 matin;
Coucher du soleil à 7 heures 55 soir ;
Lever de la lune à 1 heure 9 matin ;
Coucher de la lune à 5 heures 21 soir.
Courses à Saint-Ouen.
AUTREFOIS
Le Rappel du 20 juin 1878 :
On a célébré à New-York le 80' anniver-
saire du poète américain William Cullen
Bryant.
- Un vélocipédiste lyonnais est allé de
Lyon à Naples en onze jours et demi, par-
courant 1.500 kilomètres en 115 heures.
Revenir de Pontoise
En 1720, le Parlement refusait l'enregis-
trement de certains édits relatifs à la ban-
que de Law. Furieux de cet acte d indépen-
dance, le régent l'exilai à Pontoise.
Le pays n'eut sans doute point le bon-
heur de plaire à ces premiers magistrats
du royaume. Aussi, pour revenir à Paris,
acceptèrent-ils toutes les capitulations de-
mandées. Et voilà qu'un beau matin ils
rentraient, en bloc, dans la capitale ; la
mine, paraît-il, quelque peu déconfite et
peut-être un brin honteux.
« Oh ! quelle mine ! quelle mine, s excla-
mèrent les Parisiens, qui ne les aimaient
guère. On voit bien qu'ils reviennent de
Pontoise ! »
L'expression nous est restée.)
AUJOURD'HUI v
Un brave cœur
.,
Mlle Bonnefoy, la fondatrice de l'Ecole
des petits forains, qui vit'1t de mourir,
avait la bonté simple et souriante. Elle
vouait une affection particulière à son frè-
re. Melchior Bonnefoy, qui continuait la
tradition de la famille en dirigeant tun
théâtre ambulant dans les fêtes.
Pendant la saison d'hiver, sous son pré-
nom de Melchior, Bonnefoy jouait tes
grands premiers rôles dans les théâtres de
banlieue. Un soir qu'il interprétait, à Mont-
narnasse, le rôle du pauvre rémouleur, si
magistralement créé par Taillade dans les
Deux Orphelines, sa sœur vint le voir.
Comme elle longeait un étroit couloir,
elle rencontra la cohue des figurantes qui
dévalaient appelées, par la voix impéra-
tive du régisseur, « en scène pour le
deux ». Une de ces jeunes personnes la
bouscula sans ménagement, tout en lui
criant, avec une belle impudence :
— Rangez-vous donc, la vieille, vous
voyez bien que c'est pas espacieux ici.
Mlle Bonnefoy la regarda et lui dit, dans
un bon sourire :
— Il faudra venir à mon école, made-
moiselle.
♦
AMNISTIE
MM. Sembat et Sixte-Quenin viennent
d'être chargés par le ga^oupe socialiste de
la Chambre, de rédiger un nouveau projet
d'amnistie.
Souhaitons que celui-ci au moins soit
discuté et voté. Souhaitons aussi qu'il soit
assez large pour ne pas raviver les haines
qu'il tendra à apaiser. Souhaitons enfin
que Gustave Hervé en bénéficie.
On sait que non seulement il a purgé
des années de prison, mais encore qu'il a
été radié de l'Ordre des avocats et que le
Conseil de l'Ordre s'opposera. certainement
à sa réintégration.
Il faudra donc un vote exprès de la
Chambre pour lui rouvrir le barreau.
Mais nous ne pouvons pas croire que
la majorité s'y refuse. Elle s'honorera de
l'émettre.
Sa mort du commandant Félix
Notre confrère le Gil Blas ouvre une
souscription en faveur de la veuve et des
cinq orphelins que laisse sans ressources le
commandant Félix, mort tragiquement à
Chartres dans l'accident d'aéroplane que
nous avons raconté.
Notre Directeur, M. Edmond du Mesnil,
s'inscrit pour 100 francs.
Le Rappel s'inscrit également pour 100
francs.,
L'Mon sÓnatorialo de la Seine
Nous avons dit que M. Magny, ancien
sous-directeur de. la direction des cultes,
qui sous le ministère Combes — alors qu'il
convoitait la succession de M. Dumay, —
se montrait d'une ardeur anticléricale sans
pareille, sollicitait aujourd'hui l'oubli, le
pardon et l'appui des cléricaux.
M. Magny essaie d'entrer au Sénat par
la route de Canossa. Libre à lui. Mais il
nous semblait étrange que les conserva-
teurs et les catholiques, dignes de ce nom,
se fussent empressés ainsi d'accueillir
« l'excommunié de la veille ».
Notre adversaire l'Autorité, du moins, a
tenu à rompre le silence gêné des conser-
vateurs.
L'Autorité publie, en effet, les lignes sui-
vantes ;
Dimanche prochain, à Paris, doit avoir lieu,
on ie sait, une élection sénatoriale afin de pour-
voir au remplacement de leu Maujan.
Pajrahi les candidats à ce siège, on nous si-
gnale -- M. - Magny.
M. Magny est 1 ancien directeur des affaires
départementales à la préfecture de la Seine.
M. Magny a été, sous le proconsuSat du Petit
Père, ',sous.d!i:l'œreUT des cultes et, comme tel,
l'un des fonctionnaires du Bloc les plus achar-
née à la lutte immonde et impie contre les
congrégations.
Ces titres si reluisants n'empêchent point,
nous dit-on, certains conservateurs de soutenir
la candidature de- M. Magny.
Que M. Ma.gny soit défendu par son parti
politique, nous n'y voyons aucun inconvénient.
Mais les catholiques ne nous semblent vrai-
ment pas fondés à soutenir un tel candidat,
dont le passé est bien fait pour légitimer leurs
suspicions.
En se mettant à sa remorque, ils joueraient
un Tôle de dupes qu'ils n'ont que trop souvent
tenu, sur la scène politique.
Répudié par les républicains radicaux,
repoussé par les conservateurs catholiques
sincères, M. Magny a le sort mérité des
transfuges qui n'inspirent confiance à au-
cun parti.
Nous répétons que sa candidature, basée
sur des distributions — pour le moins fâ-
cheuses — des fonds de l'octroi banlieue,
est, en outre, une candidature d'équivoque
politique.
Tous les républicains radicaux doivent
voter pour Marcel Brossé, candidat du par-
ti radical.
nh ♦
LA TRAITE DES PLANCHES
La campagne porte enfin ses fruits que
nous nous honorons de poursuivre contre
les agences théâtrales véreuses et dont no-
tre très distingué confrère, M. Emile Mas-
\sard et M. Hennion, ont eu l'initiative.
D'une lettre adressée au conseiller muni-
cipal du 17e arrondissement, par un grou-
pe important d'artistes, nous détachons les
lignes suivantes :
L'intervention de M. Hennion a inspiré à car-
tains exploitants des craintes d'autant plus sa-
lutaires nue quelques-uns d'entre eux ont appris
à la redouter sur tes champs de courses. Ce
sont de vieilles connaissances.
En peu de temps, plusieurs agents de théâtre
ou soi-disant tels ont pris le sage parti de
changer de nom et de domicile ; on les retrou-
vera. D'autres, qui ressemblaient à s'y mépren-
dre à des espions étrangers, n'ont pas hésité à
faire un petit voyage de l'autre côté de la fron-
tière : ils reviendront. Il en existe d'autres qui
ont, ceux-là, pignon sur rue. L'annonce de re-
présailles les fit soupire au début. Consultez au-
jourd'hui leurs feuilles d'engagement. Ils se sont
empressés tou-t de même de réduire le taux de
leurs honoraires et de le ramener à celui im-
posé par la loi.
Que M. Hennion .prenne soin d'envoyer ici et
là des détectives. Nous lui promettons, en quel-
ques jours, un dossier bien édifiant. Et vous
vous rendrez compte de quels marchandages
les engagements sont les prétextes — de la part
des patrons parfois, le plus souvent des em-
ployés, qui vont jusqu'à exiger la première
mensualité pour un engagement de six mois.
n y a quelques mois, dans une agence que je
ne nommerai point, l'un des chefs du person-
nel décédait subitement. On ouvrit les tiroirs
de son bureau. Qu'y trouva-t-on ? Près de
10 000 francs de billets à ordre souscrits par
des artistes et payables sur les appointements
de leurs engagements en cours.
Contre de pareils abus, M. Hennion se
devait de sévir. Il le fait courageusement.
Mais ses pouvoirs ne s'étendent qu'à Pa-
ris et dans toute la France l'odieux trafic
s'exerce au grand jour.
Seule, une loi pourrait efficacement y
mettre obstacle. Ne se trouvera-t-il pas un
député à la Chambre pour en faire la pro-
position ?
A LA CHAMBRE
--:+-e * —
Le Vote de l'Emprunt
L'Assemblée, à une forte majorité, donne
au Gouvernement les crédits
demandés.
On st»i**Hépêche, en ouvrant la séance,
ne valider les opérations électorales de Sar-
tène et de la deuxième circonscription de
Blois ; d'admettre ainsi définitivement au
nombre des élus MM. Giordan et Legros,
pour écouter M. Albert Métin lire le rap-
port qu'il a établi au nom de la Commission
des crédits sur le projet de loi ayant pour
objet l'émission de rente 3 50 0/0 amortis-
sable, « en vue de subvenir aux dépenses
extraordinaires de la défense nationale et
aux dépenses d'occupation au. Maroc ».
Le débat s'est engagé aufiilôt. M. Em-
manuel Brousse, grand éplucheur de bud-
gets, déclare que ce projet d'emprunt ne lui
dit rien qui vaille.
— Au lieu de faire des èmprunts frac-
tionnés, décrète-t-il, il eût été préférable
de faire un grand emprunt de liquidation.
Il ajoute d'ailleurs qu'il faut pratiquer
l'économie j'i « rompre avec les traditions
d'obscurantisme qui ont trop souvent pesé
sur la politique financière de la Chambre
précédente ».
M. Louis Dubois, lui aussi, trouve le
projet mauvais : il le votera néanmoins,
parce que la situation actuelle de notre
trésorerie est encore plus mauvaise : mais
il entend n'assumer, du fait de ce vote, au-
cune responsabilité.
Le porte parole de l'extrême gauche et
de son opposition systématique, est aujour-
d'hui M. Bedouce : il fait, naturellement,
le procès de la politique militaire et évoque
le jour paradisiaque et prochain où le parti
socialiste devenu Jouissant, réparera les
fautes commises et donnera à la France
un « budget socialiste ».
En attendant le projet de renvoi à la
Commission qu'il présente est repoussé,
après intervention de MM. Albert Métin et
Noulens, ministre des Finances, par 40-i
voix contre 132.
M. Charles Bernard proclame qu'il a
trouvé le moyen de combler le déficit - il
est simple et de bon goût : ramener à - neuf
mille francs l'indemnité parlementaire.
Ça et là on applaudit, sans grande con-
viction.
L'EMPRUNT
La discussion générale ainsi close, le dé-
bat reprend sur la question du passage aux
articles. Les socialistes, par l'organe de
MM. Aubriot et Thomas, le refusent. M.
Noulens insiste.
— Nous ne devons, dit-il, avoir qu'une
seule (préoccupation, celle du crédit de la
France et de l'intérêt national.
C'est bien ce que pense rassemblée qUî,
par 442 voix contre 106 décide d'examiner,
séance tenante les divers articles du pro*
jet.
Mais, auparavant, les contre-projets >1
M. Albert Thomas, qui réclamait 1 mil-
liard 800 millions d'obligations sexennaires'
n'insiste pas, la Chambre ne lui paraissant
pas suffisamment favorable.
M. Jacques Stern, le nouvel élu des Ba3*
ses-Alpes, présent-e .un texte dont l'article
premier est ainsi fconÇu £ * - -* <
Le ministre des Finances est autorisé S
négocier au mieux des intérêts du Trésor
la somme de bons du Trésor 4 pour cent
nécessaire pour produire un cap' ital etiec
tif de 800 millions. ;
Il le défend habilement, en financier
averti, puis, sur les instances de M. Albert
Métin, rapporteur de la Commission, le re",
tire.
Le premier paragraphe de l'article pre
mier fixant à 800 millions le chiffre de
l'emprunt à inscrire au Grand Livre de lai
Dette publique, est adopté ; de même, la
second et le troisième qui fixent les condi-
tions d'amortissement (vingt-cinq ans), 1$
taux et la date de l'émission, etc.
Avant le vote sur l'ensemble, on subit
un long discours de M. Jules Roche, qui
plaide pour des impôts nouveaux et des ré-
formes administratives. Le vote n'en est
pas moins acquis.
On adopte l'article 2 (immunité), et l'arti..
cle 3 (affectation de l'emprunt), ramène à
la tribune M. Jules Roche, avec ce texte ;
Le taux actuel de l'impôt fixé à 4 pout
cent restera à ce chiffre jusqu'à l'achèvc..¡
ment de l'amortissement.
La Chambre n'en veut pas — et adopti
l'article 3, puis l'article 4 et dernier (dispo*
sitions matérielles), en le modifiant quel-
que peu sur l'initiative de MM. Albert Tho*
mas, Sembat, Denaie, Lasies : après les
mots « parties prenantes », on ajoute « et
les sommes qui leur sont allouées ».
— Il ne faut pas, avait dit M. Sembaf,
qu'il y ait des fonds secrets en matière d'é.
mission.
Après avoir disjoint deux amendemenfai
nouveaux de MM. Piou et Albert Thomas,
l'ensemble du projet de la Commission el
du Gouvernement est adopté Par 459 voùfi
contre 108
Emile BLOT
Les Effondrements de Paris
-H-4--+--
LES RESPONSABILITES. — UNE ENQUETE JUDÛ
CIAIRE EST OUVERTE.
Discussion au Conseil Municipal
M. Mithouard. le nouveau président du
Conseil municipal de Paris, s'est exprimé
— dans son discours d'ouverture — avec
un bel optimisme sur les effondrements de
la capitale. C'était prévu.
Ne pouvant sauver les victimes, on va
s'efforcer de sauver les coupables.
Mais peut-être l'opération n'ira-t-elle pas,
cette fois, sans difficulté.
Il faudra s'expliquer non pas sur tel on
tel point spécial où certains veulent hypno-
tiser l'opinion publique, mais sur l'ensem-
ble du système des grands travaux de Pa-
ris depuis les adjudications — aux rabais
scandaleux (certains ont dépassé 40 pour
cent) — jusqu'aux plus-values..
Pour aujourd'hui, contentons-nous d'af-
firmer de nouveau que les effondrements
qui viennent de se produire ne sont ni le
fait du hasard, ni de la fatalité, ni un cas
de force majeure
On pouvait les prévoir et. par consé-
quent, les éviter.
Si l'on veut, notamment, se reporter au
rapport de M. Jean Colly, présenté au
Conseil municipal de Paris en 1906, on lira,
page 3, cette déposition d'un délégué ou-
vrier :
« Oui, on a dû constater, depuis que le
Métropolitain est en construction, un tas-
sement sérieux sur toutes les lignes.
« J'ai constaté sur des chantiers qu'on
transportait à la brouette des débris de
meulière sur le radier qui doit soutenir les
conduites sur lesquelles on ne mettait
qu'une légère couche de béton. Rue des
Haies, on a constaté des chaos provenant
de tassements dans un égout construit de-
puis quatre ans. Les ouvriers transpor-
taient la terre dans des wagonnets, et on a
pavé par dessus sans la tasser préalable-
ment ».
Un autre délégué ajoute :
« Rue Réaumur, on a dû étayer une par-
tie de l'égout affaissé sur 15 ou 20 mètres
de largeur.
« Si les travaux exécutés pour le Métro-
politain laissent des vides à côté d'un
égout, Végout vient à s'effondrer ».
C'est ce qui vient de se produire.
Un troisième délégué demanda à M.
Bienvenue, ingénieur en chef, pourquoi.
lorsqu'il doit se rendre sur les travaux,
l'entreprise est prévenue trois et quatre
tours à l'avance, de manière que tout soit
en ordre quand il se présente.
Enfin, M. Colly concluait, le 22 mars
1906, que les intérêts de la Cité étaient
gravement compromis, qu'il était nécessai-
re de remédier au plus tôt a cet état de
choses, et que le contrôle exercé par la Di-
rection des travaux était négatif et sans.
effet. <
Mais M. de Selves ne voulait rien en.
tendre. ,
Paris paie aujourd'hui — de son or et de
son sang — la longue incurie de l'admis
nistration de M. de Selves.
UNE ENQUETE JUDICIAIRE
Le parquet de la Seine s'est préoccupé
des sanctions judiciaires qui pourraient at-
teindre certaines responsabilités, au cas où'
il serait démontré' qu'il y a eu faute lourde
et non pas seulement cas de force majeur
re.
M. Lescouvé, procureur de la République,
a chargé M. Wickersheimer, inspecteur
général honoraire des mines, expert ingé-
nieur près le tribunal, de procéder à une
information officieuse.
La mission de M. Wickersheimer ne con-
sistera pas à déterminer des responsabili-
tés. L'expert devra uniquement se préoc-
cuper de renseigner le parquet sur ce
point : La catastrophe est-elle le résultat
d'un cas fortuit ou, au contraire, apparaît
il dès maintenant qu'il y ait des responsa-
bilités pénales en jeu.
Si M. Wickersheimer adopte dans ses.
conclusions la seconde alternative, une in-
formation judiciaire sera ouverte.
NOUVEAUX AFFAISSEMENTS
Un léger affaissement de quelques centi-
mètres de profondeur et d'une surface de
cinq mètres sur deux, s'est produit hier
matin, à cinq heures, sur la chaussée de
La rue Moncey, à l'angle du square.
Les ouvriers de la Ville sont sur les
lieux ; ils estiment-qu'il n'y a aucun dan-
ger. La circulation est d'ailleurs presque
nulle dans cette voie, où il ne passe pas:
d'autobus.
LES OBSEQUES DU CHAUFFEUR CLOUE
Comme nous l'avions annoncé, les cae
marades du malheureux chauffeur qui trou-
va la mort dans l'effondrement de la plaça
Saint-Augustin ont tenu à lui faire des ob"
sèques solennelles. ,-
Les journaux syndicalistes, la Fédéra-
tion des moyens de transports et la Chairn
bre syndicale des cochers et chauffeurs
avaient convoqué tous les militants à as-
sister aux obsèques.
A deux heures, rue Neuve-de-Villiers, an
domicile mortuaire, il y avait déjà une
foule considérable.
Mais ce fut bien pis lorsque le cortège
traversa Paris pour se rendre à la gare
- Mt
SAMEDI 20 JUIN 1914. — N° 16,198.
Fondateur:
AUGUSTEVACQUERIE
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lin moIs Trois mois Sb moIs Un a
Paris 2 fr. 5 fr. 9 fr. 18 fr.
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De 9 heures du soir à 3 heures du matin : 143-93
TRIBUNE LIBRE
Pour les Petits Enfants de France
.—————— om .——————.
Ce matin, dans une salle
qui, naguère, retentissait du
verbe éclatant des candi-
dats, une centaine de person-
nes se réunissaient, à l'oc-
casion du troisième congrès
national des mutualités maternelles,
pour discuter l'un des probèmes les plus
graves de l'heure présente et pour en-
tendre les conseils de cet admirable
bienfaiteur qui s'appelle Paul Strauss.
J'ai passé là des heures émouvantes ;
peut-être nos lecteurs voudront-ils ac-
corder à une œuvre de cette importance
un peu de l'attention qu'ils décernent
si libéralement à nos sympathiques as-
sassins ou aux gestes, plus ou moins
pittoresques, de nos innombrables
hommes d'Etat.
L'idée de la mutualité maternelle ap-
partient à Jules Simon. La conférence
te Berlin, en 1890, proclamait la né-
cessité du repos pour la femme en cou-
ches. Mais, à cette date, les cinq repré-
sentants de la France (détail que Paul
Strauss nous a révélé) crurent devoir
s'abstenir de consacrer par leur vote ce
principe, sous prétexte qu'ils n'avaient
pas reçu un mandat précis de leur gou-
vernement. Jules Simon s'en montra dé-
solé. Il recourut à l'initiative privée.
Un commerçant de Paris, M. Félix
Poussineau entendit, le premier, son
appel, et, dès lors, la mutualité mater-
nelle était fondée.
Depuis ce temps, l'institution a voulu
conquérir son autonomie au sein de la
1 grande mutualité française, non pour
s'en éloigner, à coup sûr, mais pour
I se perfectionner et pour mieux définir
t son rôle propre. En 1908, elle con-
quiert son indépendance, rédige sa
charte, proclame ses principes dont les
principaux sont la surveillance de la
grossesse maternelle et la protection de
l'enfant jusqu'à sa deuxième année.
C'est, en partie, grâce à elle que le lé-
gislateur a fini par intervenir.
On connaît les prescriptions essen-
tielles de cette loi si utile du 17 juin
1913. Dans tout établissement indus-
triel et commercial, ou dans ses dépen-
dances, il est interdit d'employer des
femmes accouchées pendant les quatre
semaines qui suivent leur délivrance.
Toute femme française salariée, privée
de ressources, a droit, pendant la pé-
riode de repos qui précède et suit les
couches, à une allocation journalière.
Cette allocation ne peut, tant pour la
période qui précède que pour celle qui
suit les couches, être maintenue pen-
dant une durée totale inférieure à huit
semaines.
Mais que de travail nous reste à
faire ! Et comme le législateur a besoin
encore de ce que Paul Strauss appelle
si justement la « collaboration civi-
que » ! Croit-on, par une allocation de
huit semaines1 avoir assuré cette sécu-
rité matérielle et morale de la femme
ouvrière pendant la grossesse qui est,
de toute évidence, notre meilleur moyen
de combat contre la mortinatalité.
Je supplie-nos amis républicains de
ne pas se désintéresser de ce problème,
et de croire qu'il correspond au devoir
social le plus pressant. Qu'ils nous ai-
dent à fonder partout des mutualités
maternelles et des consultations de
nourrissons, pour enrayer notre déplo..
rable mortalité infantile. Toute société
de secours mutuels devrait établir au
moins une consultation. La Mutualité
maternélle de Paris (39, rue des Petits-
Champs), la Ligue contre la mortalité
infantile (49, rue de Miromesnil) four-
nissent tous les renseignements néces-
saires pour ces fondations. Créons sur-
tout des mutualités maternelles militai-
res. La loi de trois ans les rend indis-
pensables. Un colonel, commandant un
régiment des environs de Paris, trou-
vait, un jour, près des cuisines de son
quartier, un soldat et sa femme qui
pleuraient ; la femme, depuis deux
jours, n'avait pu ni se nourrir, ni nour-
rir son enfant ; une enquête révéla que
i68 hommes mariés, de ce régiment,
étaient dans une situation presque aus-
si précaire. Le général Michel, gouver-
neur militaire de Paris, a généreuse-
ment donné son appui à cette œuvre. Il
faut l'en remercier. C'est, il y a quel-
ques années, notre ami André, qui, mal-
gré les lazzis de certains niais, a intro-
duit la mutualité dans l'armée. Ce se-
rait une tâche bien honorable pour les
républicains que d'exiger, sur tous les
points du territoire français, la cons-
titution des mutualités maternelles in-
dispensables pour vivifier la loi du 17
juin 1913 et lutter contre la mortalité
infantile, et — ce qui est le plus ur-
gent — pour provoquer ces maternités
militaires qui deviennent indispensa-
bles, sous le régime de la loi de trois
ans. Je réclame en faveur de cette œu-
vre le concours de tous ceux que com-
mence à écœurer la politique conçue à
la manière d'un sport.
Edouard HiERRInT.
Maire de Lyon, sénateur du Rhône.
LA POLITIQUE
se*-
L'ESPRIT DE GROUPE
Erb attendant, sous l'orme
'du mail, la formation des
« grands partis », voici que
nous assistons à Véclosion des
petits groupes.
Ils pullulent, les petits - grou-
pes, dans la nouvelle Chambre, comme
champignons après l'orale.
Le Journal Officiel — s'il vous plait
- en publie la liste*. Incroyable. J'en
demeure éberlué.
Cinq cent quatre-vingt-neuf députés
sont partagés ainsi en onze comparti-
ments. Seuls onze députés ne sont pas
affiliés*
On assure qu'ils se sont égarés dans
le dédale des groupes et qu'ils ont fini
par en perdre la tramontane. Du coup,
ça forme un douzième groupe ; le grou-
pe des députés errants.
Rien n'est cocasse comme la compo-
sition et la dénomination de tous ces
clans
Nous avons le groupe des républi-
ca,ins socialistes, le groupe des républi-
cains de gauche, le groupe républicain
radical et radical socialiste, le groupe
dit parti socialiste, le groupe de la gau-
che radicale, le groupe de la gauche dé-
mocratique, le groupe de la Fédération
républicaine, le groupe des droites, le
groupe de l'Action libérale, le groupe
des députés de gauche non inscrit (1)
et le groupe des députés non inscrits
aux groupes (sic II)
Comprenne qui pourra.
Bien entendu, les hommes de coup
d'Etat figurent à F Action libérale (ô
combien !) ; les .républicains de gauche
comprennent des hommes qui inclinent
à droite ; la gauche démocratique est
composée de conservateurs, et les pro-
gressistes tournent résolument le dos
à tout progrès.
Mais le plus comique, assurément, est
ce « groupe des députés non inscrits
aux groupes ». C'est bien la quintes-
cence de la chinoiserie parlementaire.
S'ils ne sont inscrits à aucun groupe,
comment ces « honorables » en forment-
ils un ? Et puisqu'ils en forment un,
comment n'y seraient-ils pas inscrits ?
Que de puérilité 1 et comme cet émiet-
temenl d'opinions sous des étiquettes
trompeuses reflète bien l'image du
scrutin d'arrondissement.
Comment veut-on que des législa-
teurs, claquemurés ainsi entre de peti-
tes cloisons étanches" ne soient pas
animés de l'esprit étroit de la coterie,
attachés aux intérêts particuliers et in-
sensibles aux grands souffles de l'inté-
rêt national qui peut agiter les cimes,
mais ne saurait pénétrerdns des tau-
pinières.
Tout concourt ainsi à la déliquescen-
ce du régime parlementaire et à la con-
fusion des débats.
Même la façon de siéger des députés.
Les groupes ne sont plus massés, com-
me autrefois, sur les travées de la
Chambre.
La Montagne a glisse dans la Plaine,
qui s'est effondrée dans le Marais. Des
révolutionnaires siègent à l'extrême
droite et des monarchistes à l'extrême
gauche. -
On prétend y remédier ; il est temps.
Le jour où naquit et mourut le cabi-
net Ribot, un grand vacarme s'éleva
sur les bancs de la droite..
Une voix dominait les autres, qui
criait au vénérable président du Con-
seil : « Ta g. ; à la gare ! »
Dans une tribune, une vieille douai-
rière pensa avoir ses vapeurs.
« Sainte Vierge, gémissait-elle, que
ce pauvre comte tient donc des propos
de corps de garde. »
Elle avait confondu le citoyen Jean
Bon avec le comte Albert de Mun.
Quelle impression voulez-vous qu'on
ressente à la vue d'une Assemblée bù
« vifs applaudissements à droite » signi-
fient que les socialistes exultent, alors
que « rumeurs au centre » expriment le
mécontentement de la gauche.
Je n'ai jamais visité de maisons de
fous. Mais quand les pensionnaires de
Charenton jouent aux députés, j'ima-
gine que le spectacle doit ressembler
à ça l
a 1 -. EDMOND DU MESNIb
LE FAIT DU JOUR
AUTOUR DES TROUS
- Leur sabotage à euss. c'est la fortune, le nôtre, c'est la. Santé 1..8
Les On = Dit
NOTRE AGENDA
Aujourd'hui samedi :
Lever du soleil à 3 heures 49 matin;
Coucher du soleil à 7 heures 55 soir ;
Lever de la lune à 1 heure 9 matin ;
Coucher de la lune à 5 heures 21 soir.
Courses à Saint-Ouen.
AUTREFOIS
Le Rappel du 20 juin 1878 :
On a célébré à New-York le 80' anniver-
saire du poète américain William Cullen
Bryant.
- Un vélocipédiste lyonnais est allé de
Lyon à Naples en onze jours et demi, par-
courant 1.500 kilomètres en 115 heures.
Revenir de Pontoise
En 1720, le Parlement refusait l'enregis-
trement de certains édits relatifs à la ban-
que de Law. Furieux de cet acte d indépen-
dance, le régent l'exilai à Pontoise.
Le pays n'eut sans doute point le bon-
heur de plaire à ces premiers magistrats
du royaume. Aussi, pour revenir à Paris,
acceptèrent-ils toutes les capitulations de-
mandées. Et voilà qu'un beau matin ils
rentraient, en bloc, dans la capitale ; la
mine, paraît-il, quelque peu déconfite et
peut-être un brin honteux.
« Oh ! quelle mine ! quelle mine, s excla-
mèrent les Parisiens, qui ne les aimaient
guère. On voit bien qu'ils reviennent de
Pontoise ! »
L'expression nous est restée.)
AUJOURD'HUI v
Un brave cœur
.,
Mlle Bonnefoy, la fondatrice de l'Ecole
des petits forains, qui vit'1t de mourir,
avait la bonté simple et souriante. Elle
vouait une affection particulière à son frè-
re. Melchior Bonnefoy, qui continuait la
tradition de la famille en dirigeant tun
théâtre ambulant dans les fêtes.
Pendant la saison d'hiver, sous son pré-
nom de Melchior, Bonnefoy jouait tes
grands premiers rôles dans les théâtres de
banlieue. Un soir qu'il interprétait, à Mont-
narnasse, le rôle du pauvre rémouleur, si
magistralement créé par Taillade dans les
Deux Orphelines, sa sœur vint le voir.
Comme elle longeait un étroit couloir,
elle rencontra la cohue des figurantes qui
dévalaient appelées, par la voix impéra-
tive du régisseur, « en scène pour le
deux ». Une de ces jeunes personnes la
bouscula sans ménagement, tout en lui
criant, avec une belle impudence :
— Rangez-vous donc, la vieille, vous
voyez bien que c'est pas espacieux ici.
Mlle Bonnefoy la regarda et lui dit, dans
un bon sourire :
— Il faudra venir à mon école, made-
moiselle.
♦
AMNISTIE
MM. Sembat et Sixte-Quenin viennent
d'être chargés par le ga^oupe socialiste de
la Chambre, de rédiger un nouveau projet
d'amnistie.
Souhaitons que celui-ci au moins soit
discuté et voté. Souhaitons aussi qu'il soit
assez large pour ne pas raviver les haines
qu'il tendra à apaiser. Souhaitons enfin
que Gustave Hervé en bénéficie.
On sait que non seulement il a purgé
des années de prison, mais encore qu'il a
été radié de l'Ordre des avocats et que le
Conseil de l'Ordre s'opposera. certainement
à sa réintégration.
Il faudra donc un vote exprès de la
Chambre pour lui rouvrir le barreau.
Mais nous ne pouvons pas croire que
la majorité s'y refuse. Elle s'honorera de
l'émettre.
Sa mort du commandant Félix
Notre confrère le Gil Blas ouvre une
souscription en faveur de la veuve et des
cinq orphelins que laisse sans ressources le
commandant Félix, mort tragiquement à
Chartres dans l'accident d'aéroplane que
nous avons raconté.
Notre Directeur, M. Edmond du Mesnil,
s'inscrit pour 100 francs.
Le Rappel s'inscrit également pour 100
francs.,
L'Mon sÓnatorialo de la Seine
Nous avons dit que M. Magny, ancien
sous-directeur de. la direction des cultes,
qui sous le ministère Combes — alors qu'il
convoitait la succession de M. Dumay, —
se montrait d'une ardeur anticléricale sans
pareille, sollicitait aujourd'hui l'oubli, le
pardon et l'appui des cléricaux.
M. Magny essaie d'entrer au Sénat par
la route de Canossa. Libre à lui. Mais il
nous semblait étrange que les conserva-
teurs et les catholiques, dignes de ce nom,
se fussent empressés ainsi d'accueillir
« l'excommunié de la veille ».
Notre adversaire l'Autorité, du moins, a
tenu à rompre le silence gêné des conser-
vateurs.
L'Autorité publie, en effet, les lignes sui-
vantes ;
Dimanche prochain, à Paris, doit avoir lieu,
on ie sait, une élection sénatoriale afin de pour-
voir au remplacement de leu Maujan.
Pajrahi les candidats à ce siège, on nous si-
gnale -- M. - Magny.
M. Magny est 1 ancien directeur des affaires
départementales à la préfecture de la Seine.
M. Magny a été, sous le proconsuSat du Petit
Père, ',sous.d!i:l'œreUT des cultes et, comme tel,
l'un des fonctionnaires du Bloc les plus achar-
née à la lutte immonde et impie contre les
congrégations.
Ces titres si reluisants n'empêchent point,
nous dit-on, certains conservateurs de soutenir
la candidature de- M. Magny.
Que M. Ma.gny soit défendu par son parti
politique, nous n'y voyons aucun inconvénient.
Mais les catholiques ne nous semblent vrai-
ment pas fondés à soutenir un tel candidat,
dont le passé est bien fait pour légitimer leurs
suspicions.
En se mettant à sa remorque, ils joueraient
un Tôle de dupes qu'ils n'ont que trop souvent
tenu, sur la scène politique.
Répudié par les républicains radicaux,
repoussé par les conservateurs catholiques
sincères, M. Magny a le sort mérité des
transfuges qui n'inspirent confiance à au-
cun parti.
Nous répétons que sa candidature, basée
sur des distributions — pour le moins fâ-
cheuses — des fonds de l'octroi banlieue,
est, en outre, une candidature d'équivoque
politique.
Tous les républicains radicaux doivent
voter pour Marcel Brossé, candidat du par-
ti radical.
nh ♦
LA TRAITE DES PLANCHES
La campagne porte enfin ses fruits que
nous nous honorons de poursuivre contre
les agences théâtrales véreuses et dont no-
tre très distingué confrère, M. Emile Mas-
\sard et M. Hennion, ont eu l'initiative.
D'une lettre adressée au conseiller muni-
cipal du 17e arrondissement, par un grou-
pe important d'artistes, nous détachons les
lignes suivantes :
L'intervention de M. Hennion a inspiré à car-
tains exploitants des craintes d'autant plus sa-
lutaires nue quelques-uns d'entre eux ont appris
à la redouter sur tes champs de courses. Ce
sont de vieilles connaissances.
En peu de temps, plusieurs agents de théâtre
ou soi-disant tels ont pris le sage parti de
changer de nom et de domicile ; on les retrou-
vera. D'autres, qui ressemblaient à s'y mépren-
dre à des espions étrangers, n'ont pas hésité à
faire un petit voyage de l'autre côté de la fron-
tière : ils reviendront. Il en existe d'autres qui
ont, ceux-là, pignon sur rue. L'annonce de re-
présailles les fit soupire au début. Consultez au-
jourd'hui leurs feuilles d'engagement. Ils se sont
empressés tou-t de même de réduire le taux de
leurs honoraires et de le ramener à celui im-
posé par la loi.
Que M. Hennion .prenne soin d'envoyer ici et
là des détectives. Nous lui promettons, en quel-
ques jours, un dossier bien édifiant. Et vous
vous rendrez compte de quels marchandages
les engagements sont les prétextes — de la part
des patrons parfois, le plus souvent des em-
ployés, qui vont jusqu'à exiger la première
mensualité pour un engagement de six mois.
n y a quelques mois, dans une agence que je
ne nommerai point, l'un des chefs du person-
nel décédait subitement. On ouvrit les tiroirs
de son bureau. Qu'y trouva-t-on ? Près de
10 000 francs de billets à ordre souscrits par
des artistes et payables sur les appointements
de leurs engagements en cours.
Contre de pareils abus, M. Hennion se
devait de sévir. Il le fait courageusement.
Mais ses pouvoirs ne s'étendent qu'à Pa-
ris et dans toute la France l'odieux trafic
s'exerce au grand jour.
Seule, une loi pourrait efficacement y
mettre obstacle. Ne se trouvera-t-il pas un
député à la Chambre pour en faire la pro-
position ?
A LA CHAMBRE
--:+-e * —
Le Vote de l'Emprunt
L'Assemblée, à une forte majorité, donne
au Gouvernement les crédits
demandés.
On st»i**Hépêche, en ouvrant la séance,
ne valider les opérations électorales de Sar-
tène et de la deuxième circonscription de
Blois ; d'admettre ainsi définitivement au
nombre des élus MM. Giordan et Legros,
pour écouter M. Albert Métin lire le rap-
port qu'il a établi au nom de la Commission
des crédits sur le projet de loi ayant pour
objet l'émission de rente 3 50 0/0 amortis-
sable, « en vue de subvenir aux dépenses
extraordinaires de la défense nationale et
aux dépenses d'occupation au. Maroc ».
Le débat s'est engagé aufiilôt. M. Em-
manuel Brousse, grand éplucheur de bud-
gets, déclare que ce projet d'emprunt ne lui
dit rien qui vaille.
— Au lieu de faire des èmprunts frac-
tionnés, décrète-t-il, il eût été préférable
de faire un grand emprunt de liquidation.
Il ajoute d'ailleurs qu'il faut pratiquer
l'économie j'i « rompre avec les traditions
d'obscurantisme qui ont trop souvent pesé
sur la politique financière de la Chambre
précédente ».
M. Louis Dubois, lui aussi, trouve le
projet mauvais : il le votera néanmoins,
parce que la situation actuelle de notre
trésorerie est encore plus mauvaise : mais
il entend n'assumer, du fait de ce vote, au-
cune responsabilité.
Le porte parole de l'extrême gauche et
de son opposition systématique, est aujour-
d'hui M. Bedouce : il fait, naturellement,
le procès de la politique militaire et évoque
le jour paradisiaque et prochain où le parti
socialiste devenu Jouissant, réparera les
fautes commises et donnera à la France
un « budget socialiste ».
En attendant le projet de renvoi à la
Commission qu'il présente est repoussé,
après intervention de MM. Albert Métin et
Noulens, ministre des Finances, par 40-i
voix contre 132.
M. Charles Bernard proclame qu'il a
trouvé le moyen de combler le déficit - il
est simple et de bon goût : ramener à - neuf
mille francs l'indemnité parlementaire.
Ça et là on applaudit, sans grande con-
viction.
L'EMPRUNT
La discussion générale ainsi close, le dé-
bat reprend sur la question du passage aux
articles. Les socialistes, par l'organe de
MM. Aubriot et Thomas, le refusent. M.
Noulens insiste.
— Nous ne devons, dit-il, avoir qu'une
seule (préoccupation, celle du crédit de la
France et de l'intérêt national.
C'est bien ce que pense rassemblée qUî,
par 442 voix contre 106 décide d'examiner,
séance tenante les divers articles du pro*
jet.
Mais, auparavant, les contre-projets >1
M. Albert Thomas, qui réclamait 1 mil-
liard 800 millions d'obligations sexennaires'
n'insiste pas, la Chambre ne lui paraissant
pas suffisamment favorable.
M. Jacques Stern, le nouvel élu des Ba3*
ses-Alpes, présent-e .un texte dont l'article
premier est ainsi fconÇu £ * - -* <
Le ministre des Finances est autorisé S
négocier au mieux des intérêts du Trésor
la somme de bons du Trésor 4 pour cent
nécessaire pour produire un cap' ital etiec
tif de 800 millions. ;
Il le défend habilement, en financier
averti, puis, sur les instances de M. Albert
Métin, rapporteur de la Commission, le re",
tire.
Le premier paragraphe de l'article pre
mier fixant à 800 millions le chiffre de
l'emprunt à inscrire au Grand Livre de lai
Dette publique, est adopté ; de même, la
second et le troisième qui fixent les condi-
tions d'amortissement (vingt-cinq ans), 1$
taux et la date de l'émission, etc.
Avant le vote sur l'ensemble, on subit
un long discours de M. Jules Roche, qui
plaide pour des impôts nouveaux et des ré-
formes administratives. Le vote n'en est
pas moins acquis.
On adopte l'article 2 (immunité), et l'arti..
cle 3 (affectation de l'emprunt), ramène à
la tribune M. Jules Roche, avec ce texte ;
Le taux actuel de l'impôt fixé à 4 pout
cent restera à ce chiffre jusqu'à l'achèvc..¡
ment de l'amortissement.
La Chambre n'en veut pas — et adopti
l'article 3, puis l'article 4 et dernier (dispo*
sitions matérielles), en le modifiant quel-
que peu sur l'initiative de MM. Albert Tho*
mas, Sembat, Denaie, Lasies : après les
mots « parties prenantes », on ajoute « et
les sommes qui leur sont allouées ».
— Il ne faut pas, avait dit M. Sembaf,
qu'il y ait des fonds secrets en matière d'é.
mission.
Après avoir disjoint deux amendemenfai
nouveaux de MM. Piou et Albert Thomas,
l'ensemble du projet de la Commission el
du Gouvernement est adopté Par 459 voùfi
contre 108
Emile BLOT
Les Effondrements de Paris
-H-4--+--
LES RESPONSABILITES. — UNE ENQUETE JUDÛ
CIAIRE EST OUVERTE.
Discussion au Conseil Municipal
M. Mithouard. le nouveau président du
Conseil municipal de Paris, s'est exprimé
— dans son discours d'ouverture — avec
un bel optimisme sur les effondrements de
la capitale. C'était prévu.
Ne pouvant sauver les victimes, on va
s'efforcer de sauver les coupables.
Mais peut-être l'opération n'ira-t-elle pas,
cette fois, sans difficulté.
Il faudra s'expliquer non pas sur tel on
tel point spécial où certains veulent hypno-
tiser l'opinion publique, mais sur l'ensem-
ble du système des grands travaux de Pa-
ris depuis les adjudications — aux rabais
scandaleux (certains ont dépassé 40 pour
cent) — jusqu'aux plus-values..
Pour aujourd'hui, contentons-nous d'af-
firmer de nouveau que les effondrements
qui viennent de se produire ne sont ni le
fait du hasard, ni de la fatalité, ni un cas
de force majeure
On pouvait les prévoir et. par consé-
quent, les éviter.
Si l'on veut, notamment, se reporter au
rapport de M. Jean Colly, présenté au
Conseil municipal de Paris en 1906, on lira,
page 3, cette déposition d'un délégué ou-
vrier :
« Oui, on a dû constater, depuis que le
Métropolitain est en construction, un tas-
sement sérieux sur toutes les lignes.
« J'ai constaté sur des chantiers qu'on
transportait à la brouette des débris de
meulière sur le radier qui doit soutenir les
conduites sur lesquelles on ne mettait
qu'une légère couche de béton. Rue des
Haies, on a constaté des chaos provenant
de tassements dans un égout construit de-
puis quatre ans. Les ouvriers transpor-
taient la terre dans des wagonnets, et on a
pavé par dessus sans la tasser préalable-
ment ».
Un autre délégué ajoute :
« Rue Réaumur, on a dû étayer une par-
tie de l'égout affaissé sur 15 ou 20 mètres
de largeur.
« Si les travaux exécutés pour le Métro-
politain laissent des vides à côté d'un
égout, Végout vient à s'effondrer ».
C'est ce qui vient de se produire.
Un troisième délégué demanda à M.
Bienvenue, ingénieur en chef, pourquoi.
lorsqu'il doit se rendre sur les travaux,
l'entreprise est prévenue trois et quatre
tours à l'avance, de manière que tout soit
en ordre quand il se présente.
Enfin, M. Colly concluait, le 22 mars
1906, que les intérêts de la Cité étaient
gravement compromis, qu'il était nécessai-
re de remédier au plus tôt a cet état de
choses, et que le contrôle exercé par la Di-
rection des travaux était négatif et sans.
effet. <
Mais M. de Selves ne voulait rien en.
tendre. ,
Paris paie aujourd'hui — de son or et de
son sang — la longue incurie de l'admis
nistration de M. de Selves.
UNE ENQUETE JUDICIAIRE
Le parquet de la Seine s'est préoccupé
des sanctions judiciaires qui pourraient at-
teindre certaines responsabilités, au cas où'
il serait démontré' qu'il y a eu faute lourde
et non pas seulement cas de force majeur
re.
M. Lescouvé, procureur de la République,
a chargé M. Wickersheimer, inspecteur
général honoraire des mines, expert ingé-
nieur près le tribunal, de procéder à une
information officieuse.
La mission de M. Wickersheimer ne con-
sistera pas à déterminer des responsabili-
tés. L'expert devra uniquement se préoc-
cuper de renseigner le parquet sur ce
point : La catastrophe est-elle le résultat
d'un cas fortuit ou, au contraire, apparaît
il dès maintenant qu'il y ait des responsa-
bilités pénales en jeu.
Si M. Wickersheimer adopte dans ses.
conclusions la seconde alternative, une in-
formation judiciaire sera ouverte.
NOUVEAUX AFFAISSEMENTS
Un léger affaissement de quelques centi-
mètres de profondeur et d'une surface de
cinq mètres sur deux, s'est produit hier
matin, à cinq heures, sur la chaussée de
La rue Moncey, à l'angle du square.
Les ouvriers de la Ville sont sur les
lieux ; ils estiment-qu'il n'y a aucun dan-
ger. La circulation est d'ailleurs presque
nulle dans cette voie, où il ne passe pas:
d'autobus.
LES OBSEQUES DU CHAUFFEUR CLOUE
Comme nous l'avions annoncé, les cae
marades du malheureux chauffeur qui trou-
va la mort dans l'effondrement de la plaça
Saint-Augustin ont tenu à lui faire des ob"
sèques solennelles. ,-
Les journaux syndicalistes, la Fédéra-
tion des moyens de transports et la Chairn
bre syndicale des cochers et chauffeurs
avaient convoqué tous les militants à as-
sister aux obsèques.
A deux heures, rue Neuve-de-Villiers, an
domicile mortuaire, il y avait déjà une
foule considérable.
Mais ce fut bien pis lorsque le cortège
traversa Paris pour se rendre à la gare
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