Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1914-06-07
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 07 juin 1914 07 juin 1914
Description : 1914/06/07 (N16185). 1914/06/07 (N16185).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7552522x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/02/2013
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timf- tewnwm* - NUMERO
'<.';"Y.
, DIMANCHE 7 JUIN 1914. — M~
Foadateupt
AUGUSTEVACQUERIE
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EsBOIS trois mois Siimsis ha,
Paris. 2 fr. 6 fr. 9 fr. 18 fri
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De 9 heures du soir à 3 heures du matin : 143-93
TRIBUNE LIBRE
.., Iiooof+- <. i
Du nouveau, s. v. p. î
»
En route donc pour le 55"
cabinet. M. Gaston Doumer-
gue se retire, poursuivi par
la rancune et les ironies du
parti modéré j ceux d'entre
nous qui croient le cfdnal-
tre et qui lui gardent, au lendemain de
son départ, l'amitié la plus vive, ceux-
là savaient son peu de goût pour les
honneurs et le pouvoir. Il n'est pas ra-
re d'entendre un homme politique pro-
fesser ce désintéressement ; il n'y a mê-
me pas d'habitude plus répandue. M.
Doumergue qui refusa, jadis, le plus
simplement du monde, d'entrer dans la
combinaison de M. Barthou et qui n'ac-
cepta plus tard qu'à regret de consti-
tuer un ministère, quitte le pouvoir par
excès de scrupule. La difficulté de gou-
verner avec un cabinet hétérogène,
l'embarras de choisir entre le devoir de
solidarité ministérielle et les nécessités
de la politique présente nous apparais-
sent, à distance, comme les raisons es-
sentielles qu'a dû se donner à lui-mê-
me cet homme honnête et courtois.
Certes, le nouveau chef du gouverne-
ment, quel qu'il soit, n'aura pas man-
qué d'avis. Chacun lui offre son conseil,
— un conseil, dans la vie politique,
létant généralement accompagné d'une
menace. Il va falloir à notre futur pre-
mier ministre une singulière clairvoyan-
ce pour indiquer ainsi, d'emblée, la
route, au lendemain de la réunion d'une
Chambre dont les toutes premières ma-
nifestations ont manqué de clarté. M.
Clemenceau lui-même, observateur si
aigu, logicien si pressant, se borne à
constater la division des partis, l'oppo-
sition des programmes, l'hostilité des
personnes et des groupes. Nous som-
mes d'accord avec lui pour penser que
si des chefs, vraiment dignes de ce nom,
ne proclament pas au-dessus de cette
confusion quelques idées très nettes, la
politique française risque, pendant qua-
tre ans au moins, d'aller de cahot en
cahot, de crise en crise, sans honneur
et sans profit pour lé pays. De toute évi-
dence, le nouveau gouvernement devra
vouloir.
Mais que devra-t-il vouloir, puisque
chacun réclame de lui l'énergie libéra-
trice ? A mon humble avis, les élections
dernières l'ont assez clairement indi-
qué. Le pays a condamné la politique
de droite (ce que nous savions depuis
quelque temps déjà) et aussi les tentati-
,ves de certains républicains pour con-
server à l'action publique des directions
académiques, artificielles, incertaines.
En dépit de la centaine de sièges qu'elle
a donnés aux socialistes unifiés, la
France n'est pas révolutionnaire. Ses
votes pour les candidats d'extrême gau-
che ont été surtout des votes de protes-
tation.
La politique réclamée par le pays est
une politique d'action réformatrice,
également éloignée de l'utopie collecti-
viste et du préjugé réactionnaire. Il
faut souhaiter que le chef du nouveau
gouvernement ait assez d'ascendant
pour interpréter et réaliser tout ce qu'il
y a d'inconscient, au sens philosophi-
que du mot, dans la dernière manifes-
tation électorale. La défense laîque doit
faire partie de son programme ; inutile
d'y insister. Puis la mise en ordre de
nos finances si odieusement « sabo-
tées » ; la tâche ne semble pas impossi-
ble pour un ministre extrêmement la-
borieux et courageux ; l'impôt sur le
revenu aura bientôt, nous l'espérons,
une majorité au Sénat. Plaie d'argent
n'est pas mortelle. Il faut payer.
Si le nouveau ministre des Finances
a de l'énergie, on paiera entre ses
mains.
La question la plus grave, c'est la
question militaire. Nous-mêmes qui
avons combattu la loi de trois ans, c'est
le problème'qui nous angoisse le plus.
Nous nous disons pacifistes ; mais notre
idéalisme tient compte des réalités.
L'incident de la Vera-Cruz nous a fait
de nouveau réfléchir. NOll nQ voulons
certes pas affaiblir le p<Íli une telle
sottise serait trop grave pour la cause
même de la paix. Mais nous voudrions
sortir de la situation terrible que nous
a créée l'improvisation audacieuse et
imprudente de deux ministères. Au lieu
d'un régime qui ne nous offre qu'une
sécurité provisoire et qui n'a pas d'ave-
nir, nous voudrions une organisation
définitive de la puissance militaire de
la République. Le chef du gouverne-
ment pourra-t-il trouver 61 ministre de
la Guerre qui saura équilibrer les forces
et-les ressources du pays et tenter
mieux qu'un effort d'imitation servile ?
Nous le souhaitons ardemment, sans
oser trop l'espérer.
Un labeur immense va s'imposer à
nos Excellences de demain. Il faut, cet-
te fois-ci aborder résolument le grand
œuvre de l'organisation démocratique
de ce pays. Il nous faut du nouveau ;
les vieilles formules politiques sont
usées. Désormais, on n'obtiendra l'ordre
que par le progrès continu. Et, lorsque
la Déclaration ministérielle nous aura
renseigné sur les intentions purement
politiques du nouveau cabinet, est-il in-
discret de demander qu'elle réserve une
place à l'exposé des trois grands devoirs
français du temps présent : lutte con-
tre la mortalité infantile, lutte contre la
tuberculose, lutte contre l'alcoolisme ?
Le moment n'est-il pas venu d'amener
ces trois grands problèmes au premier
plan de la scène publique ? N'est-il pas
urgent de songer au salut de la nation
menacée ? Si le président du Conseil
veut bien faire une place à ces préoccu-
pations, il peut compter sur notre ar-
dente reconnaissance. Nous avons assez
entendu les vieilles rengaines ; de grâ-
ce, un peu de nouveauté 1
Edouard HÉRRIOT.
Maire de Lyon, sénateur du Rhône.
—————————————
Politique Étrangère
- --+.-,
AFFAIRES D'ALBANIE
Guillaume d'Albanie a obte-
nu un résultat précieux pour
la politique du pays d'Alba-
nie : il y a créé une opinion
unanime. mais contre lui-
» même.
» Tout ce que vous vou-
drez : l'administration turque, un prin-
ce musulman, un prince non musul-
man, mais nous ne voulons pas du
prince de Wied. »
C'est ainsi que le Temps résume,
d'une façon * amusante et nerveuse, les
déclarations des rebelles qui défilent de-
vant les puissances.
Ne dites pas que ce n'est rien. C'est
déjà un progrès dans l'histoire de l'Al-
banie. Le pays s'affirme contre quel-
qu'un, mais il. s'affirme. « Le moi
prend conscience de lai-înême âû tua-
tact du non moi », expliquent les philo-
sophes. Ainsi, le sentiment national al-
banais commencerait à s'éveiller et le
prince de Wied aurait la satisfaction de
se dire qu'il a précipité un moment
intéressant de la vie psychologique d'un
peuple auquel il n'est pas tout à fait in-
différent.
La vérité, c'est qu'il doit y avoir, en
Albanie même, des hommes mieux tail-
lés que le prince germanique pour gou-
verner cette population difficile.
La race a été féconde en types vigou-
reux et agissants. Et Mchemet-Ali, Al-
banais de naissance, qui lit l'Egypte
moderne, avec le concours d'un état-
major de Français, a prouvé que le peu-
ple albanais contient des ressources
précieuses d'intelligence et d'énergie.
C'est sans doute dans ce sens qu'il eût
fallu chercher si l'on voulait trouver le
roi le mieux adapté au gouvernement
de ces montagnes.
En attendant, le prince de Wied est
nominalement roi. Mais comme il doit
renoncer à réclamer le concours des
troupes internationales pour occuper
ses Etats et les défendre, comme il de-
vra se contenter d'une vaine parade de
vaisseaux européens défilant le long du
littoral insurgé, ses chances de s'établir
deviennent chaque jour plus précaires.
L heure viendra ou il faudra se résigner,
à abandonner la partie.
Il y a quelques semaines, certains de
nos confrères estimaient que les ici-
dents d'Albanie étaient de nature à
troubler la paix de VEurope. L'aventure
du prince de Wied prouve que ces vues
pessimistes n'étaient pas légitimes. Qui
donc peut s'émouvoir des vicissitudes
du malheureux prince, sinon lui-mê-
me ? Qui donc peut être surpris que
l'Albanie, ingouvernable depuis des siè-
cles, le soit encore aujourd'hui
Reste la rivalité: austro-italienne 1
Cette rivalité deviendrait périlleuse
dans un pays pacifié, où la lutte pour
l'occupation d'un marché, la construc-
tion d'une église, 'd'une mosquée ou
d'une école, serait quotidienne et inin-
terrompue.
Pour le moment, ce Qfinre de préoc-
cupations n'existe pas. La dispute d'une
influence dans un pays insoumis est du
domaine de la théorie.
De ce chef, les Albanais insurgés tra-
vaillent à ajourner les difficultés entre
les deux gouvernements rivaux.
Gardons-nous d'exagérer le péril qu'il
1 a aux affaires d'Albanie 1
Albert MILHAUD.
I LE FAIT DU JOUR
CELUI QUI FAILLIT ETRE MINISTRE
- Et dire qu'hier soir, à pareille heure, c'était à qui viendrait me serrer la main.
Les n-Dit
NOTRE AGENDA
Lever du soleil à 3 h. 51 du matin.
Coucher du soleil à 7 h. 48 du soir.
Lever de la lune à 7 h. 50 du soir.
Coucher de la lune à 2 h. 27 du matin.
Courses à Chantilly.
AUTREFOIS
Le Rappel du 7 juin 1878.
— Les députés italiens ont envoyé leur
adhésion au Comité du centenaire de Vol-
taire et saluent son président, Victor Hugo.
— L'amirauté allemande vient de publier la
liste officielle des victimes du cuirassé Grand-
Electeur. Il ressort de ce document que 274
officiers et marins ont péri et que ,217 ont été
sauvés.
— Une cérémonie touchante a eu lieu dans
le XIIIe arrondisesment à la mémoire de Ras-
pail.
Le Sénat a adopté le projet de loi pour la
création du nouveau port de Boulogne.. (
Le prélat glorieux
L'archevêque de Paris sous Louis XV,
Mgr do Beaumont, était fort glorieux et
manquait souvent de tact ; il se vanta un
jour devant iM. de Conflans,, le père de
Mme Coislin, d'avoir eu un alul dont un
Conflans portait le pan du manteau..
— Je le crois, Monseigneur, dit M." de
Conflans, il y a toujours eu, dans ma famil-
le, de pauvres hères qui ont tiré le diable
par la queue.
AUJOURD'HUI
A vendre
Un de nos lecteurs nous adresse l'an-
nonce suivante dont on goûtera l'esprit
et. l'actualité.
URGENT
A vendre d'occasion i
VIEILLE CONSTITUTION
édifiée en 1875, ayant beaucoup servi. —
Reuages administratifs usés. — Ministres
interchangeables et s'adaptant avec use
très grande facilité. Peut encore convenir
pour royautés nègres ou principautés bal-
kaniques en formation.
S'adresser pour offres à Me Poincaré en
son cabinet de l'Elysée.
A Enghien
Aujourd'hui se court, on le sait, à Chan-
tilly, le Prix de Diane. La grande épreuve
annuelle n'aura point que son seul et pro-
pre attrait. Elle sera pour les élégants ha-
bitués du turf une agréable occasion de
rendre hommage à la science culinaire du
maître Négresco. Celui-ci a pris, en effet,
ses dispositions pour offrir aux gourmets
qui seront ses hôtes au Restaurant du
Casino Municipal d'Engmen, sur la rive
du lac enchanteur, menus plus délicats et
plus savants que jamais.
-
Reliques
On a vendu dernièrement à Londres,
un habit ayant appartenu à Victor Hugo.
Les enchères furent vivement disputées et
l'habit resta, pour la somme de 2,750 fr.,
à un acheteur qui ne serait autre, paraît-
il, que le musée Tussaud, où sont les cé-
lèbres collections des personnages illus-
tres en cire.
Le record de vente d'un simple objet
de toilette appartient à un petit mouchoir
de poche de Wagner qu'on vient d'adju-
ger, à Munich, au prix de 18,000 francs.
Ce petit mouchoir — car il est tout petit
— n'a pas de broderie, pas de dentelle ;
il n'a qu'un ourlet à jour très commun,
mais il porte des vers imprimés sur sa
trame et au-dessous on lit cette dédicace ;
« Kœnigsberg, 14 novembre 1836. A Mlle
Minna Planner, en commémoration de son
mariage avec le maître musicien Richard
Wagner. »
Il est probable quà cette époque le grand
musicien aurait cédé toute sa garde-robe
et même toute sa musique pour cette
somme énorme.
Les origines des modes
D'où nous vient l'invention des fraises
tuyautées ? D'une princesse goitreuse
qu'aimait Henri II.
Des robes à traîne, sous Louis XIV ? De
.ce que certaines filles, légitimées du mo-
narque, avaient de longs pieds.
Des robes à panier ? Elles furent imagi-
nées par Mme de Montespan pour dissi-
muler les grossesses.. illégales.
De la perruque, dont la vogue fut exces-
sive, ce même Louis XIV régnant ? Parce
que le roi avait une loupe sur la tête.
Pourquoi, sous Philippe III, les Espa-
gnoles portèrent-elles des guimpes montan-
tes ? Parce que la reine avait un cou très
long.
Pourquoi, sous Louis XV, les hauts
talons ? Parce que Mme de Pompadour
était. petite.
Pourquoi pour la poignée de main, au-
jourd'hui, lève-t-on le bras horizontale-
ment pour ensuite le plonger vers la main
tendue ? Parce que la reine douairière
d'Angleterre, alors qu'elle était la femme
d'Edouard VII, avait un furoncle sous le
bras.
Et l'on pourrait continuer longtemps ces
citations.
.———————————— ————————————
Attention !
Une note communiquée hier à la presse,
et qui risque de passer inaperçue, annon-
ce la démission de M. André Lebon, pré-
sident du conseil d'administration de la
Société des Messageries Maritimes.
M. André Lebon est notre vieil ami
« double-boucle », que la sagesse des élec-
teurs des Deux-Sèvres a confiné dans les
« affaires ».
De fait, M. André Lebon a passé pendant
un certain temps pour un grand « homme
d'affaires » aux yeux de tous ceux. qui
ne le connaissent pas.
Pour juger exactement des causes de la
démission de M. André Lebon, il convient,
croyons-nous, d'attendre quelques semai-
nes. Ou nous nous trompons fort ou le
départ de M. André Lebon est le prélude
d'événements divers dont le cours ne tar-
dera pas à se dérouler.
Que nos lecteurs veuillent bien se sou-
venir de notre avertissement.
Pour aujourd'hui, nous nous contentons
de prendre date.,
—* :
ASSEZ !
Deux de nos vaillants aviateurs militai-
res viennent encore de se tuer.
'-, Nous n'avons pas de détails précis sur
les circonstances de ce nouvel accident.
Mais nous' savons qu'on abuse vraiment
trop des parades et des tours de force qui
n'ont rien à voir avec les nécessités de la
défense nationale.
Nous n'ignorons pas non plus quels bé-
néfices monstrueux prélèvent certains
constructeurs sur des appareils fabriqués
sans aucune garantie. L enquête que nous
avons publiée ici même a établi de façon
trop précise comment le manque de sur-
veillance à la réception des appareils avait
causé la mort de tant de braves.
C'est bien d'avoir les meilleurs aviateurs
de l'Europe, et -d'être le peuple le plus
courageux, le plus hardi, le phis téméraire
de la terre.
Seulement, si le Parlement n'y prend
garde, l'imprudence et l'incurie auront tel-
lement décimé notre armée de l'air qu'au
jour de gloire — et de péril — nous n'au-
rons plus un seul bon pilote à mettre en
ligne. ,
Cela vaut bien, il nous semble, qu'entre
deux querelles politiques la Chambre se
préoccupe de la question..
DOUX PAYS
u
(Suite)
Echo intéressant de l'affaire Sviha, de
laquelle nous parlions il y a quelques
jours.
Les journaux tchèques publient une let-
tre ouverte du professeur Masaryk au pré-
sident du Reichsrath, le docteur Sylves-
tre, dans laquelle le chef du parti réaliste
tchèque annonce qu'il refuse de prendre
part aux nouvelles négociations tchéco-
allemandes qui doivent commencer, sous
les auspices du président Sylvestre, le 4
juin prochain.
Oe refus lui est, dit-il, imposé par l'at-
titude que prit, dans l'affaire Sviha, le
Gouvernement, qui ne voulut pas délier
du secret professionnel les agents de la
police de Prague et leur permettre ainsi
de déposer.
h Comment vouTez-vous, écrit-il, que je
prenne part à une action où je verrais des
représentants (Tun gouvernement qui s'est
aDaissé à se faire renseigner sur les par-
tis politiques par des députés vendus ?
Quelle garantie y a-t-il pour les députés
des autres partis qu'ils ne soient un jour
aussi scandaleusement espionnés que l'é-
taient les Tchèques ? Le Gouvernement
doit dire ce qu'i) sait de l'affaire, prendre
une position nette et promettre de ne plus
se servir à l'avenir des procédés si indé-
cents. Il doit cette satisfaction au Parle-
ment. »
Xoilà la guerre déclarées t
<
L'ACTUALITÉ
Õ'" :..,.:
La Crise est rouverte
-
—
M. Viviani a dû renoncer au dernier moment
('. à constituer le ministère
M. DESCHANEL SE RÉCUSE
'-.
.A
M. De/cassé fera connaître aujourd'hui s'il accepte
Nous avions raison de dire hier, que le
ministère était constitué, tout en ne l'étant
pas. L'accord s'était fait sur le choix des
personnes ; il a été impossible à faire- sur
le programme. De sorte qu'à midi la com-
binaison Viviani a échoué. -
Rappelons que dans la matinée d'hier,
le député de la Creuse avait déjà essuyé
deux échecs : le refus de M. Léon Bour-
geois et celui de M. Peytral, mais il en
avait triomphé et, dans la soirée, ainsi
que nous l'avons rapporté, M. Viviani an-
nonçait à M. le Président de la Républi-
que qu'il acceptait définitivement la mis-
sion de former le nouveau ministère.
Durant les quelques heures qui ont pré-
cédé la réunion des futurs ministres, M.
Viviani avait fait appel à M. Jean Du-
puy, pour le ministère de la justice, et
l'attribution des portefeuilles était celle
que nous avons indiquée.
A onze heures, tous les collaborateurs
de M. Viviani arrivaient au ministère de
l'Intérieur. C'étaient MM. Malvy, Messi-
my, Noulens, Thomson, Gautier, Renoult,
Justin Godart, Raynaud, Fernand David,
Bienvenu-Martin, Jean Dupuy, Abel Fer-
ry, Jacquier, Ajam, Manoury. Dans la
cour du ministère, des jeunes aspirants
chefs de cabinet attendaient anxieusement
l'issue de la délibération. Elle dura jus-
qu'à midi et demi.
La discussion a porté exclusivement
sur la question du service militaire et la
formule proposée par M. Viviani, pour in-
diquer les vues du cabinet sur ce point
essentiel, reproduisant textuellement le
passage de la profession de foi qu'il avait
adressée à ses électeurs le 26 avril dernier,
disait que le gouvernement, résolu à appli-
quer régulièrement et loyalement la loi
militaire récemment votée, mettrait à l'é-
tude des projets tendant à la meilleure
utilisation de nos réserves. La déclara-
tion ajoutait qu'après le vote et l'applica-
tion de ces projets et la constatation de
leur efficacité, on pourrait envisager une
diminution des charges militaires si, à
ce moment, la situation extérieure le per-
mettait.
Ce dernier membre de phrase a soulevé
les vives protestations de deux des nou-
veaux collaborateurs de M. Viviani, MM.
Godart et Ponsot. Ces deux membres, qui
appartiennent au parti radical unifié, ont
prétendu que la condition d'une possibilité
de réduction de la durée du service tirée
de l'amélioration de la situation extérieu-
re équivalait à un non possumus et qu'ils
ne sauraient accepter une pareille for-
mule.
Il convient de faire observer que dans
les réunions tenues la veille dans la soi-
rée, ce texte avait été accepté comme une
transaction très admissible, par tous les-
collaborateurs anciens et nouveaux de M.
Viviani.
Et comme Ta discussion menaçait de se
prolonger indéfiniment, M. Viviani dit
une dernière fois : « Etes-vous oui ou non
d'accord. » Non, répondirent MM. Godart
et Ponsot.
Immédiatement, M. Viviani se leva en
disant : « Séparons-nous, je vais avertir
le président de la République que je re-
nonce à former le cabinet. » Quelques ins-
tants plus tard, M. Viviani arrivait à l'E-
lysée. Le cabinet Viviani avait vécu. Et
les (c appelés » quittèrent aussitôt la pla-
ce Beauvau. Seul, M. René Renault de-
meura avec M. Malvy pour attendre le
retour de M. Viviani.
A L'ÉLYSÉE
Aussitôt après son déjeuner, le chef de
l'Etat fit mander M. Deschanel. Mais le
président de la Chambre était absent au
moment où l'aimable secrétaire général de
la présidence se présentait au Palais-
Bourbon. Aussi n'est-ce qu'à cinq heures,
que M. Deschanel vint à l'Elysée.
Voici la note qui a été communiquée à
l'issue de cet entretien :
Le président de la République ayant prié le
président de la Chambre des députés de venir
conférer avec lui, lui a dit que, la crise s'ébaxit
ouverte sans vote parlementaire, l'élection à la
présidence de la Chambre pouvait paraître une
indication et il lui a demandé s'il consentirait
à former un cabinet.
M. Deschanel a répondu qu'eant donné le
caractère de l'élection présidentielle, tel qu'il l'a
délini, il croit de son devoir de remplir le man-
dat qu'il tient de la confiance des 411 députés
d'opinions diverses.
Il a ensuite indiqué Q.u président de la Répu-
blique les personnages politiques auxqueJe, à
son avis, il pouirrait être fait appel.
M. Pichon se rendit, à six heures, chez
M. Delcassé pour le prier de se rendre au-
près du président de la République. Un
peu souffrant, M. Delcassé fit savoir à M.
Poincaré qu'il ne pourrait se rendre à son
invitation que ce matin.
Autour de la Crise
A LA CHAMBER
Beaucoup de députés étaient venus aux
nouvelles ; bientôt MM. Viviani et Malvy
vinrent donner eux-mêmes des explications
sur l'échec de leur combinaison. Et comme
on avait annoncé que M. Malvy s'était
joint à MM. Godart et Ponsot, le ministre
de l'Intérieur fait la déclaration .suivante :
« Tout le inonde sait, dit-il, que j'avais
accepté la formule relative à la loi militai-
re. Il est vrai, lorsque certains de nos col-
lègues l'ont discutée, j'ai fait observer qu'el-
le pourrait éloigner quelques-uns de nos
amis. J'ai alors fait tous mes efforts poun
trouver une formule de conciliation. Mais-
je le répète, à aucun moment, je ne me sw.
séparé de M. Viviani ».
Et maintenant on attend au Parlement,,
avec quelque inquiétude, un gouvernement
M. JEAN DUPUY ET LES TROIS AN"
Plusieurs de nos confrères ont dit quai
l'échec de la combinaison Viviani était d«
à des exigences de M. Jean Dupuy, relatif
ves à la déclaration sur la loi militaire, *
proposée et soumise par M. Viviani à sesf
collègues. - t
M. Viviani a déclaré lui-même, hier nuw
tm, en sortant de l'Elysée, que M. Jeaitf
Dupuy n'était pour rien dans l'échec de lm
combinaison. :
Nous avons, d'autre part, demandé à iti
Jean Dupuy quelle avait été son attitude
dans cette question.
Il nous a confirmé ce qu'il avait déjà dit
en sortant du ministère de l'Intérieur &
midi, à savoir qu'il n'avait pas pris part &
la discussion, se bornant à déclarer quiI¡
avait accepté, comme d'ailleurs tous ses
futurs collègues, à l'exception de deux 011
trois, la rédaction proposée par M. Ren4
Viviani sur la loi militaire.
UNE DECLARATION DE M. J. GODART
M. Justin Godart a fait hier à ses aniw
la déclaration suivante, que nous reproN
duisons à titre documentaire : j
« La probité m'a dicté mon attitude
J ai voté contre les trois ans, j'ai fait ma
campagne électorale contre la nouvelle
loi militaire, j'appartiens à un parti qui
a pris formellement position sur le retour
rapidement progressif à la loi de deWl,
ans.
« Je crois que la loi de trois ans n'a
pas renforcé la défense-nationale, qu'elle
est la conséquence d'une politique person-
nelle, que'lle est infirme, parce qu'inca-
pable d'un développement logique en cas
de nécessités extérieures, qu'elle est né-r
faste, parce qu'elle perpétue la routina
d'une administration dont la redoutable;
incurie se manifeste notamment par la
multiplicité des emplois parasitaires et lai
régularité des douloureux et mortels ac-
cidents de notre aviation militaire. t
« La sauvegarde du pays est dans une
organisation plus souple, plus française
dans l'utilisation de toutes nos forces del
casernes et de réserves tenues constant
ment en haleine. Il faut nous hâter de'
réformer dans ce sens. 4
« Pouvais-je, dans ces conditions, m'in-
cliner devant la loi de trois ans, parce
qu'elle est. la loi, sans dire que mes amiw
et moi ne la considérons point comme la
bouclier dont nous avons besoin, à l'abrf
duquel, la France, sa dignité, sa fierté^
ses traditions seront en sécurité, expli-
quant par là les raisons patriotiques da
notre impatience d'un régime défensif na4,
tional plus efficace.
« L'œuvre qui s'impose à cette législatu-
re est lourde. Pour la mener à bien, il faut
grouper solidement dès le début toutes IetC
gauches. On ne pourra y arriver que pan
une action énergique de démocratie.
« J'ai craint, qu'une déclaration insuffi-
samment nette sur la question militaire ne
divise mon parti. Et je n'ai pas donné mon.
adhésion, surtout en présence du retour
dans la combinaison de M. Jean Dupuy,
« Nous avons besoin de nos forces intact
tes.
« Centre le parti républicain ont travaillé
toutes les puissances financières. Elles
vont fléchir périlleusement sous le poidrf
de spéculations tendancieuses et de place-
ments à l'étranger. Une politique de four-
nisseurs a vidé nos caisses et le pays va
voir où on l'a mené. Il s'est tourné auxs
dernières élections, sentant le péri!, vers
les partis de gauche. Il leur a confié une
mission de contrôle, même brutal, de réor-
ganisation hardie.
« A eux de vouloir, !es volontés popu-
laires les soutiendront.
« J'aime mieux rester un militant qu'êoo
tre au gouvernement tant qu'un gouverne-
ment ne comprendra point que pour ré-
pondre aux aspirations du pays, Il noit
énergiquement militer pour le peuple. «
H. S.
- ♦
LA CANGRENE ELECTORALE
Elus, Mal Elus, Pas Elus
Le cas de M. Barthe
En 1910, les électeurs socialistes do la
deuxième circonscription de Béziers pou-
vaient passer pour ignorants de l'ententet
établie entre leur candidat, le citoyen Bar*
the, et les cléricaux. Le mot d'ordre en fa-
veur de leur champion n'avait été donna
qu'à la dernière minute par le clergé et la
presse réactionnaire. Il n'en pas été de mê-
me dans la dernière emnflgne électorale.
Cette foi. les meneurs socialistes avouaient
cyniquement que lflt « réaction » était d'ae..
cord avec eux et assurerait le succès du
« socialiste unifié » (! ?)
D'ailleurs, dans les réunions publiques,
il était visible que l'entente était comp te
entre les eoi disant militants socialistes
et les réactionnaires. Il n'était pas rare de
voir les mômes groupes qui acclamaient le
timf- tewnwm* - NUMERO
'<.';"Y.
, DIMANCHE 7 JUIN 1914. — M~
Foadateupt
AUGUSTEVACQUERIE
ABONNEMENTS
EsBOIS trois mois Siimsis ha,
Paris. 2 fr. 6 fr. 9 fr. 18 fri
Départements. 2 — 6 — li - 20-
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Fondateap :
ÀUGUSTE VACQUERIE
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':, Adresser toutes les communications au Directeur -
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ADMINISTRATION & RÉDACTION:
Boulevard de Strasbourg, 38 — Rue du Paubourg-Saint-Martin, 71
- De 9 heures du soir à 3 heures du matin, 123, rue Montmartre,
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Directeur : EDMOND DU MESNIL -
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TÉLÉPHONE:
Rédaction et Administration : 424-90 — Direction : 424-91
De 9 heures du soir à 3 heures du matin : 143-93
TRIBUNE LIBRE
.., Iiooof+- <. i
Du nouveau, s. v. p. î
»
En route donc pour le 55"
cabinet. M. Gaston Doumer-
gue se retire, poursuivi par
la rancune et les ironies du
parti modéré j ceux d'entre
nous qui croient le cfdnal-
tre et qui lui gardent, au lendemain de
son départ, l'amitié la plus vive, ceux-
là savaient son peu de goût pour les
honneurs et le pouvoir. Il n'est pas ra-
re d'entendre un homme politique pro-
fesser ce désintéressement ; il n'y a mê-
me pas d'habitude plus répandue. M.
Doumergue qui refusa, jadis, le plus
simplement du monde, d'entrer dans la
combinaison de M. Barthou et qui n'ac-
cepta plus tard qu'à regret de consti-
tuer un ministère, quitte le pouvoir par
excès de scrupule. La difficulté de gou-
verner avec un cabinet hétérogène,
l'embarras de choisir entre le devoir de
solidarité ministérielle et les nécessités
de la politique présente nous apparais-
sent, à distance, comme les raisons es-
sentielles qu'a dû se donner à lui-mê-
me cet homme honnête et courtois.
Certes, le nouveau chef du gouverne-
ment, quel qu'il soit, n'aura pas man-
qué d'avis. Chacun lui offre son conseil,
— un conseil, dans la vie politique,
létant généralement accompagné d'une
menace. Il va falloir à notre futur pre-
mier ministre une singulière clairvoyan-
ce pour indiquer ainsi, d'emblée, la
route, au lendemain de la réunion d'une
Chambre dont les toutes premières ma-
nifestations ont manqué de clarté. M.
Clemenceau lui-même, observateur si
aigu, logicien si pressant, se borne à
constater la division des partis, l'oppo-
sition des programmes, l'hostilité des
personnes et des groupes. Nous som-
mes d'accord avec lui pour penser que
si des chefs, vraiment dignes de ce nom,
ne proclament pas au-dessus de cette
confusion quelques idées très nettes, la
politique française risque, pendant qua-
tre ans au moins, d'aller de cahot en
cahot, de crise en crise, sans honneur
et sans profit pour lé pays. De toute évi-
dence, le nouveau gouvernement devra
vouloir.
Mais que devra-t-il vouloir, puisque
chacun réclame de lui l'énergie libéra-
trice ? A mon humble avis, les élections
dernières l'ont assez clairement indi-
qué. Le pays a condamné la politique
de droite (ce que nous savions depuis
quelque temps déjà) et aussi les tentati-
,ves de certains républicains pour con-
server à l'action publique des directions
académiques, artificielles, incertaines.
En dépit de la centaine de sièges qu'elle
a donnés aux socialistes unifiés, la
France n'est pas révolutionnaire. Ses
votes pour les candidats d'extrême gau-
che ont été surtout des votes de protes-
tation.
La politique réclamée par le pays est
une politique d'action réformatrice,
également éloignée de l'utopie collecti-
viste et du préjugé réactionnaire. Il
faut souhaiter que le chef du nouveau
gouvernement ait assez d'ascendant
pour interpréter et réaliser tout ce qu'il
y a d'inconscient, au sens philosophi-
que du mot, dans la dernière manifes-
tation électorale. La défense laîque doit
faire partie de son programme ; inutile
d'y insister. Puis la mise en ordre de
nos finances si odieusement « sabo-
tées » ; la tâche ne semble pas impossi-
ble pour un ministre extrêmement la-
borieux et courageux ; l'impôt sur le
revenu aura bientôt, nous l'espérons,
une majorité au Sénat. Plaie d'argent
n'est pas mortelle. Il faut payer.
Si le nouveau ministre des Finances
a de l'énergie, on paiera entre ses
mains.
La question la plus grave, c'est la
question militaire. Nous-mêmes qui
avons combattu la loi de trois ans, c'est
le problème'qui nous angoisse le plus.
Nous nous disons pacifistes ; mais notre
idéalisme tient compte des réalités.
L'incident de la Vera-Cruz nous a fait
de nouveau réfléchir. NOll nQ voulons
certes pas affaiblir le p<Íli une telle
sottise serait trop grave pour la cause
même de la paix. Mais nous voudrions
sortir de la situation terrible que nous
a créée l'improvisation audacieuse et
imprudente de deux ministères. Au lieu
d'un régime qui ne nous offre qu'une
sécurité provisoire et qui n'a pas d'ave-
nir, nous voudrions une organisation
définitive de la puissance militaire de
la République. Le chef du gouverne-
ment pourra-t-il trouver 61 ministre de
la Guerre qui saura équilibrer les forces
et-les ressources du pays et tenter
mieux qu'un effort d'imitation servile ?
Nous le souhaitons ardemment, sans
oser trop l'espérer.
Un labeur immense va s'imposer à
nos Excellences de demain. Il faut, cet-
te fois-ci aborder résolument le grand
œuvre de l'organisation démocratique
de ce pays. Il nous faut du nouveau ;
les vieilles formules politiques sont
usées. Désormais, on n'obtiendra l'ordre
que par le progrès continu. Et, lorsque
la Déclaration ministérielle nous aura
renseigné sur les intentions purement
politiques du nouveau cabinet, est-il in-
discret de demander qu'elle réserve une
place à l'exposé des trois grands devoirs
français du temps présent : lutte con-
tre la mortalité infantile, lutte contre la
tuberculose, lutte contre l'alcoolisme ?
Le moment n'est-il pas venu d'amener
ces trois grands problèmes au premier
plan de la scène publique ? N'est-il pas
urgent de songer au salut de la nation
menacée ? Si le président du Conseil
veut bien faire une place à ces préoccu-
pations, il peut compter sur notre ar-
dente reconnaissance. Nous avons assez
entendu les vieilles rengaines ; de grâ-
ce, un peu de nouveauté 1
Edouard HÉRRIOT.
Maire de Lyon, sénateur du Rhône.
—————————————
Politique Étrangère
- --+.-,
AFFAIRES D'ALBANIE
Guillaume d'Albanie a obte-
nu un résultat précieux pour
la politique du pays d'Alba-
nie : il y a créé une opinion
unanime. mais contre lui-
» même.
» Tout ce que vous vou-
drez : l'administration turque, un prin-
ce musulman, un prince non musul-
man, mais nous ne voulons pas du
prince de Wied. »
C'est ainsi que le Temps résume,
d'une façon * amusante et nerveuse, les
déclarations des rebelles qui défilent de-
vant les puissances.
Ne dites pas que ce n'est rien. C'est
déjà un progrès dans l'histoire de l'Al-
banie. Le pays s'affirme contre quel-
qu'un, mais il. s'affirme. « Le moi
prend conscience de lai-înême âû tua-
tact du non moi », expliquent les philo-
sophes. Ainsi, le sentiment national al-
banais commencerait à s'éveiller et le
prince de Wied aurait la satisfaction de
se dire qu'il a précipité un moment
intéressant de la vie psychologique d'un
peuple auquel il n'est pas tout à fait in-
différent.
La vérité, c'est qu'il doit y avoir, en
Albanie même, des hommes mieux tail-
lés que le prince germanique pour gou-
verner cette population difficile.
La race a été féconde en types vigou-
reux et agissants. Et Mchemet-Ali, Al-
banais de naissance, qui lit l'Egypte
moderne, avec le concours d'un état-
major de Français, a prouvé que le peu-
ple albanais contient des ressources
précieuses d'intelligence et d'énergie.
C'est sans doute dans ce sens qu'il eût
fallu chercher si l'on voulait trouver le
roi le mieux adapté au gouvernement
de ces montagnes.
En attendant, le prince de Wied est
nominalement roi. Mais comme il doit
renoncer à réclamer le concours des
troupes internationales pour occuper
ses Etats et les défendre, comme il de-
vra se contenter d'une vaine parade de
vaisseaux européens défilant le long du
littoral insurgé, ses chances de s'établir
deviennent chaque jour plus précaires.
L heure viendra ou il faudra se résigner,
à abandonner la partie.
Il y a quelques semaines, certains de
nos confrères estimaient que les ici-
dents d'Albanie étaient de nature à
troubler la paix de VEurope. L'aventure
du prince de Wied prouve que ces vues
pessimistes n'étaient pas légitimes. Qui
donc peut s'émouvoir des vicissitudes
du malheureux prince, sinon lui-mê-
me ? Qui donc peut être surpris que
l'Albanie, ingouvernable depuis des siè-
cles, le soit encore aujourd'hui
Reste la rivalité: austro-italienne 1
Cette rivalité deviendrait périlleuse
dans un pays pacifié, où la lutte pour
l'occupation d'un marché, la construc-
tion d'une église, 'd'une mosquée ou
d'une école, serait quotidienne et inin-
terrompue.
Pour le moment, ce Qfinre de préoc-
cupations n'existe pas. La dispute d'une
influence dans un pays insoumis est du
domaine de la théorie.
De ce chef, les Albanais insurgés tra-
vaillent à ajourner les difficultés entre
les deux gouvernements rivaux.
Gardons-nous d'exagérer le péril qu'il
1 a aux affaires d'Albanie 1
Albert MILHAUD.
I LE FAIT DU JOUR
CELUI QUI FAILLIT ETRE MINISTRE
- Et dire qu'hier soir, à pareille heure, c'était à qui viendrait me serrer la main.
Les n-Dit
NOTRE AGENDA
Lever du soleil à 3 h. 51 du matin.
Coucher du soleil à 7 h. 48 du soir.
Lever de la lune à 7 h. 50 du soir.
Coucher de la lune à 2 h. 27 du matin.
Courses à Chantilly.
AUTREFOIS
Le Rappel du 7 juin 1878.
— Les députés italiens ont envoyé leur
adhésion au Comité du centenaire de Vol-
taire et saluent son président, Victor Hugo.
— L'amirauté allemande vient de publier la
liste officielle des victimes du cuirassé Grand-
Electeur. Il ressort de ce document que 274
officiers et marins ont péri et que ,217 ont été
sauvés.
— Une cérémonie touchante a eu lieu dans
le XIIIe arrondisesment à la mémoire de Ras-
pail.
Le Sénat a adopté le projet de loi pour la
création du nouveau port de Boulogne.. (
Le prélat glorieux
L'archevêque de Paris sous Louis XV,
Mgr do Beaumont, était fort glorieux et
manquait souvent de tact ; il se vanta un
jour devant iM. de Conflans,, le père de
Mme Coislin, d'avoir eu un alul dont un
Conflans portait le pan du manteau..
— Je le crois, Monseigneur, dit M." de
Conflans, il y a toujours eu, dans ma famil-
le, de pauvres hères qui ont tiré le diable
par la queue.
AUJOURD'HUI
A vendre
Un de nos lecteurs nous adresse l'an-
nonce suivante dont on goûtera l'esprit
et. l'actualité.
URGENT
A vendre d'occasion i
VIEILLE CONSTITUTION
édifiée en 1875, ayant beaucoup servi. —
Reuages administratifs usés. — Ministres
interchangeables et s'adaptant avec use
très grande facilité. Peut encore convenir
pour royautés nègres ou principautés bal-
kaniques en formation.
S'adresser pour offres à Me Poincaré en
son cabinet de l'Elysée.
A Enghien
Aujourd'hui se court, on le sait, à Chan-
tilly, le Prix de Diane. La grande épreuve
annuelle n'aura point que son seul et pro-
pre attrait. Elle sera pour les élégants ha-
bitués du turf une agréable occasion de
rendre hommage à la science culinaire du
maître Négresco. Celui-ci a pris, en effet,
ses dispositions pour offrir aux gourmets
qui seront ses hôtes au Restaurant du
Casino Municipal d'Engmen, sur la rive
du lac enchanteur, menus plus délicats et
plus savants que jamais.
-
Reliques
On a vendu dernièrement à Londres,
un habit ayant appartenu à Victor Hugo.
Les enchères furent vivement disputées et
l'habit resta, pour la somme de 2,750 fr.,
à un acheteur qui ne serait autre, paraît-
il, que le musée Tussaud, où sont les cé-
lèbres collections des personnages illus-
tres en cire.
Le record de vente d'un simple objet
de toilette appartient à un petit mouchoir
de poche de Wagner qu'on vient d'adju-
ger, à Munich, au prix de 18,000 francs.
Ce petit mouchoir — car il est tout petit
— n'a pas de broderie, pas de dentelle ;
il n'a qu'un ourlet à jour très commun,
mais il porte des vers imprimés sur sa
trame et au-dessous on lit cette dédicace ;
« Kœnigsberg, 14 novembre 1836. A Mlle
Minna Planner, en commémoration de son
mariage avec le maître musicien Richard
Wagner. »
Il est probable quà cette époque le grand
musicien aurait cédé toute sa garde-robe
et même toute sa musique pour cette
somme énorme.
Les origines des modes
D'où nous vient l'invention des fraises
tuyautées ? D'une princesse goitreuse
qu'aimait Henri II.
Des robes à traîne, sous Louis XIV ? De
.ce que certaines filles, légitimées du mo-
narque, avaient de longs pieds.
Des robes à panier ? Elles furent imagi-
nées par Mme de Montespan pour dissi-
muler les grossesses.. illégales.
De la perruque, dont la vogue fut exces-
sive, ce même Louis XIV régnant ? Parce
que le roi avait une loupe sur la tête.
Pourquoi, sous Philippe III, les Espa-
gnoles portèrent-elles des guimpes montan-
tes ? Parce que la reine avait un cou très
long.
Pourquoi, sous Louis XV, les hauts
talons ? Parce que Mme de Pompadour
était. petite.
Pourquoi pour la poignée de main, au-
jourd'hui, lève-t-on le bras horizontale-
ment pour ensuite le plonger vers la main
tendue ? Parce que la reine douairière
d'Angleterre, alors qu'elle était la femme
d'Edouard VII, avait un furoncle sous le
bras.
Et l'on pourrait continuer longtemps ces
citations.
.———————————— ————————————
Attention !
Une note communiquée hier à la presse,
et qui risque de passer inaperçue, annon-
ce la démission de M. André Lebon, pré-
sident du conseil d'administration de la
Société des Messageries Maritimes.
M. André Lebon est notre vieil ami
« double-boucle », que la sagesse des élec-
teurs des Deux-Sèvres a confiné dans les
« affaires ».
De fait, M. André Lebon a passé pendant
un certain temps pour un grand « homme
d'affaires » aux yeux de tous ceux. qui
ne le connaissent pas.
Pour juger exactement des causes de la
démission de M. André Lebon, il convient,
croyons-nous, d'attendre quelques semai-
nes. Ou nous nous trompons fort ou le
départ de M. André Lebon est le prélude
d'événements divers dont le cours ne tar-
dera pas à se dérouler.
Que nos lecteurs veuillent bien se sou-
venir de notre avertissement.
Pour aujourd'hui, nous nous contentons
de prendre date.,
—* :
ASSEZ !
Deux de nos vaillants aviateurs militai-
res viennent encore de se tuer.
'-, Nous n'avons pas de détails précis sur
les circonstances de ce nouvel accident.
Mais nous' savons qu'on abuse vraiment
trop des parades et des tours de force qui
n'ont rien à voir avec les nécessités de la
défense nationale.
Nous n'ignorons pas non plus quels bé-
néfices monstrueux prélèvent certains
constructeurs sur des appareils fabriqués
sans aucune garantie. L enquête que nous
avons publiée ici même a établi de façon
trop précise comment le manque de sur-
veillance à la réception des appareils avait
causé la mort de tant de braves.
C'est bien d'avoir les meilleurs aviateurs
de l'Europe, et -d'être le peuple le plus
courageux, le plus hardi, le phis téméraire
de la terre.
Seulement, si le Parlement n'y prend
garde, l'imprudence et l'incurie auront tel-
lement décimé notre armée de l'air qu'au
jour de gloire — et de péril — nous n'au-
rons plus un seul bon pilote à mettre en
ligne. ,
Cela vaut bien, il nous semble, qu'entre
deux querelles politiques la Chambre se
préoccupe de la question..
DOUX PAYS
u
(Suite)
Echo intéressant de l'affaire Sviha, de
laquelle nous parlions il y a quelques
jours.
Les journaux tchèques publient une let-
tre ouverte du professeur Masaryk au pré-
sident du Reichsrath, le docteur Sylves-
tre, dans laquelle le chef du parti réaliste
tchèque annonce qu'il refuse de prendre
part aux nouvelles négociations tchéco-
allemandes qui doivent commencer, sous
les auspices du président Sylvestre, le 4
juin prochain.
Oe refus lui est, dit-il, imposé par l'at-
titude que prit, dans l'affaire Sviha, le
Gouvernement, qui ne voulut pas délier
du secret professionnel les agents de la
police de Prague et leur permettre ainsi
de déposer.
h Comment vouTez-vous, écrit-il, que je
prenne part à une action où je verrais des
représentants (Tun gouvernement qui s'est
aDaissé à se faire renseigner sur les par-
tis politiques par des députés vendus ?
Quelle garantie y a-t-il pour les députés
des autres partis qu'ils ne soient un jour
aussi scandaleusement espionnés que l'é-
taient les Tchèques ? Le Gouvernement
doit dire ce qu'i) sait de l'affaire, prendre
une position nette et promettre de ne plus
se servir à l'avenir des procédés si indé-
cents. Il doit cette satisfaction au Parle-
ment. »
Xoilà la guerre déclarées t
<
L'ACTUALITÉ
Õ'" :..,.:
La Crise est rouverte
-
—
M. Viviani a dû renoncer au dernier moment
('. à constituer le ministère
M. DESCHANEL SE RÉCUSE
'-.
.A
M. De/cassé fera connaître aujourd'hui s'il accepte
Nous avions raison de dire hier, que le
ministère était constitué, tout en ne l'étant
pas. L'accord s'était fait sur le choix des
personnes ; il a été impossible à faire- sur
le programme. De sorte qu'à midi la com-
binaison Viviani a échoué. -
Rappelons que dans la matinée d'hier,
le député de la Creuse avait déjà essuyé
deux échecs : le refus de M. Léon Bour-
geois et celui de M. Peytral, mais il en
avait triomphé et, dans la soirée, ainsi
que nous l'avons rapporté, M. Viviani an-
nonçait à M. le Président de la Républi-
que qu'il acceptait définitivement la mis-
sion de former le nouveau ministère.
Durant les quelques heures qui ont pré-
cédé la réunion des futurs ministres, M.
Viviani avait fait appel à M. Jean Du-
puy, pour le ministère de la justice, et
l'attribution des portefeuilles était celle
que nous avons indiquée.
A onze heures, tous les collaborateurs
de M. Viviani arrivaient au ministère de
l'Intérieur. C'étaient MM. Malvy, Messi-
my, Noulens, Thomson, Gautier, Renoult,
Justin Godart, Raynaud, Fernand David,
Bienvenu-Martin, Jean Dupuy, Abel Fer-
ry, Jacquier, Ajam, Manoury. Dans la
cour du ministère, des jeunes aspirants
chefs de cabinet attendaient anxieusement
l'issue de la délibération. Elle dura jus-
qu'à midi et demi.
La discussion a porté exclusivement
sur la question du service militaire et la
formule proposée par M. Viviani, pour in-
diquer les vues du cabinet sur ce point
essentiel, reproduisant textuellement le
passage de la profession de foi qu'il avait
adressée à ses électeurs le 26 avril dernier,
disait que le gouvernement, résolu à appli-
quer régulièrement et loyalement la loi
militaire récemment votée, mettrait à l'é-
tude des projets tendant à la meilleure
utilisation de nos réserves. La déclara-
tion ajoutait qu'après le vote et l'applica-
tion de ces projets et la constatation de
leur efficacité, on pourrait envisager une
diminution des charges militaires si, à
ce moment, la situation extérieure le per-
mettait.
Ce dernier membre de phrase a soulevé
les vives protestations de deux des nou-
veaux collaborateurs de M. Viviani, MM.
Godart et Ponsot. Ces deux membres, qui
appartiennent au parti radical unifié, ont
prétendu que la condition d'une possibilité
de réduction de la durée du service tirée
de l'amélioration de la situation extérieu-
re équivalait à un non possumus et qu'ils
ne sauraient accepter une pareille for-
mule.
Il convient de faire observer que dans
les réunions tenues la veille dans la soi-
rée, ce texte avait été accepté comme une
transaction très admissible, par tous les-
collaborateurs anciens et nouveaux de M.
Viviani.
Et comme Ta discussion menaçait de se
prolonger indéfiniment, M. Viviani dit
une dernière fois : « Etes-vous oui ou non
d'accord. » Non, répondirent MM. Godart
et Ponsot.
Immédiatement, M. Viviani se leva en
disant : « Séparons-nous, je vais avertir
le président de la République que je re-
nonce à former le cabinet. » Quelques ins-
tants plus tard, M. Viviani arrivait à l'E-
lysée. Le cabinet Viviani avait vécu. Et
les (c appelés » quittèrent aussitôt la pla-
ce Beauvau. Seul, M. René Renault de-
meura avec M. Malvy pour attendre le
retour de M. Viviani.
A L'ÉLYSÉE
Aussitôt après son déjeuner, le chef de
l'Etat fit mander M. Deschanel. Mais le
président de la Chambre était absent au
moment où l'aimable secrétaire général de
la présidence se présentait au Palais-
Bourbon. Aussi n'est-ce qu'à cinq heures,
que M. Deschanel vint à l'Elysée.
Voici la note qui a été communiquée à
l'issue de cet entretien :
Le président de la République ayant prié le
président de la Chambre des députés de venir
conférer avec lui, lui a dit que, la crise s'ébaxit
ouverte sans vote parlementaire, l'élection à la
présidence de la Chambre pouvait paraître une
indication et il lui a demandé s'il consentirait
à former un cabinet.
M. Deschanel a répondu qu'eant donné le
caractère de l'élection présidentielle, tel qu'il l'a
délini, il croit de son devoir de remplir le man-
dat qu'il tient de la confiance des 411 députés
d'opinions diverses.
Il a ensuite indiqué Q.u président de la Répu-
blique les personnages politiques auxqueJe, à
son avis, il pouirrait être fait appel.
M. Pichon se rendit, à six heures, chez
M. Delcassé pour le prier de se rendre au-
près du président de la République. Un
peu souffrant, M. Delcassé fit savoir à M.
Poincaré qu'il ne pourrait se rendre à son
invitation que ce matin.
Autour de la Crise
A LA CHAMBER
Beaucoup de députés étaient venus aux
nouvelles ; bientôt MM. Viviani et Malvy
vinrent donner eux-mêmes des explications
sur l'échec de leur combinaison. Et comme
on avait annoncé que M. Malvy s'était
joint à MM. Godart et Ponsot, le ministre
de l'Intérieur fait la déclaration .suivante :
« Tout le inonde sait, dit-il, que j'avais
accepté la formule relative à la loi militai-
re. Il est vrai, lorsque certains de nos col-
lègues l'ont discutée, j'ai fait observer qu'el-
le pourrait éloigner quelques-uns de nos
amis. J'ai alors fait tous mes efforts poun
trouver une formule de conciliation. Mais-
je le répète, à aucun moment, je ne me sw.
séparé de M. Viviani ».
Et maintenant on attend au Parlement,,
avec quelque inquiétude, un gouvernement
M. JEAN DUPUY ET LES TROIS AN"
Plusieurs de nos confrères ont dit quai
l'échec de la combinaison Viviani était d«
à des exigences de M. Jean Dupuy, relatif
ves à la déclaration sur la loi militaire, *
proposée et soumise par M. Viviani à sesf
collègues. - t
M. Viviani a déclaré lui-même, hier nuw
tm, en sortant de l'Elysée, que M. Jeaitf
Dupuy n'était pour rien dans l'échec de lm
combinaison. :
Nous avons, d'autre part, demandé à iti
Jean Dupuy quelle avait été son attitude
dans cette question.
Il nous a confirmé ce qu'il avait déjà dit
en sortant du ministère de l'Intérieur &
midi, à savoir qu'il n'avait pas pris part &
la discussion, se bornant à déclarer quiI¡
avait accepté, comme d'ailleurs tous ses
futurs collègues, à l'exception de deux 011
trois, la rédaction proposée par M. Ren4
Viviani sur la loi militaire.
UNE DECLARATION DE M. J. GODART
M. Justin Godart a fait hier à ses aniw
la déclaration suivante, que nous reproN
duisons à titre documentaire : j
« La probité m'a dicté mon attitude
J ai voté contre les trois ans, j'ai fait ma
campagne électorale contre la nouvelle
loi militaire, j'appartiens à un parti qui
a pris formellement position sur le retour
rapidement progressif à la loi de deWl,
ans.
« Je crois que la loi de trois ans n'a
pas renforcé la défense-nationale, qu'elle
est la conséquence d'une politique person-
nelle, que'lle est infirme, parce qu'inca-
pable d'un développement logique en cas
de nécessités extérieures, qu'elle est né-r
faste, parce qu'elle perpétue la routina
d'une administration dont la redoutable;
incurie se manifeste notamment par la
multiplicité des emplois parasitaires et lai
régularité des douloureux et mortels ac-
cidents de notre aviation militaire. t
« La sauvegarde du pays est dans une
organisation plus souple, plus française
dans l'utilisation de toutes nos forces del
casernes et de réserves tenues constant
ment en haleine. Il faut nous hâter de'
réformer dans ce sens. 4
« Pouvais-je, dans ces conditions, m'in-
cliner devant la loi de trois ans, parce
qu'elle est. la loi, sans dire que mes amiw
et moi ne la considérons point comme la
bouclier dont nous avons besoin, à l'abrf
duquel, la France, sa dignité, sa fierté^
ses traditions seront en sécurité, expli-
quant par là les raisons patriotiques da
notre impatience d'un régime défensif na4,
tional plus efficace.
« L'œuvre qui s'impose à cette législatu-
re est lourde. Pour la mener à bien, il faut
grouper solidement dès le début toutes IetC
gauches. On ne pourra y arriver que pan
une action énergique de démocratie.
« J'ai craint, qu'une déclaration insuffi-
samment nette sur la question militaire ne
divise mon parti. Et je n'ai pas donné mon.
adhésion, surtout en présence du retour
dans la combinaison de M. Jean Dupuy,
« Nous avons besoin de nos forces intact
tes.
« Centre le parti républicain ont travaillé
toutes les puissances financières. Elles
vont fléchir périlleusement sous le poidrf
de spéculations tendancieuses et de place-
ments à l'étranger. Une politique de four-
nisseurs a vidé nos caisses et le pays va
voir où on l'a mené. Il s'est tourné auxs
dernières élections, sentant le péri!, vers
les partis de gauche. Il leur a confié une
mission de contrôle, même brutal, de réor-
ganisation hardie.
« A eux de vouloir, !es volontés popu-
laires les soutiendront.
« J'aime mieux rester un militant qu'êoo
tre au gouvernement tant qu'un gouverne-
ment ne comprendra point que pour ré-
pondre aux aspirations du pays, Il noit
énergiquement militer pour le peuple. «
H. S.
- ♦
LA CANGRENE ELECTORALE
Elus, Mal Elus, Pas Elus
Le cas de M. Barthe
En 1910, les électeurs socialistes do la
deuxième circonscription de Béziers pou-
vaient passer pour ignorants de l'ententet
établie entre leur candidat, le citoyen Bar*
the, et les cléricaux. Le mot d'ordre en fa-
veur de leur champion n'avait été donna
qu'à la dernière minute par le clergé et la
presse réactionnaire. Il n'en pas été de mê-
me dans la dernière emnflgne électorale.
Cette foi. les meneurs socialistes avouaient
cyniquement que lflt « réaction » était d'ae..
cord avec eux et assurerait le succès du
« socialiste unifié » (! ?)
D'ailleurs, dans les réunions publiques,
il était visible que l'entente était comp te
entre les eoi disant militants socialistes
et les réactionnaires. Il n'était pas rare de
voir les mômes groupes qui acclamaient le
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