t BRUMAIRE. AN 127.- — N" 17.509 -
Le Numéro : DIX CENTIMES
SAMEDI 26 OCTOBRE 1912. - Nv 17.509
-
AUGUSTE VACQUERIB
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nçr-à ; art.'O, 24-91
Aprèo 10 b, du ser : ûUTBNlfiBft 80*78
Ft«& LA FUBUOiTB
S'adresser au F..AI'PIU..l*TJ.LICJTB
38, M de Strasbourg. - PAR.
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
EDMOND DU MESNIL
Directeur
ABONNEMENTS
lia ma au mois Trois mois
SSINB & a-BT-OlSR. « • • > 1.
FBABCX & CWjQKIW*. *4 • 11 * 6 »
ËTBAtfGKB * f f • « • «» 0 + 83 9 Il a 9 »
REDACTION ET ADMINISTRATION
38. Boulevard de Strasbourg. - PARts.
TRIBUNE LIBRE
LE RH 1 N
Nos armées vont jeter le Bo-
che dans le Rhin, et bien au
delà, je l'espère. Le Rhin est
un fossé qui sépare deux peu-
i)les, deux mondes. Inutile,
pour eu fournir quelques preu-
ves historiques, d'invoquer les témoi-
gnages de César ou de Tacite. Il suffit
simplement, du moins je le pense, de
montrer le dessin de ce fleuve intrépide
et d'énumérer les richesses, les parures
ou les ruines, qu'il nourrit ou qui de-
puis des siècles l'accompagnent. Je ne
peux que dessiner aujourd'hui sa per-
sonne ondoyante et pittoresque.
Cinquième grand fleuve de l'Europe,
après le Volga, le Danube, le Dnieper,
le Don, il prend sa source dans les Al-
pes, au sad-ouest du canton des Grisons,
d'où sort également notre Rhône, qui lui
ressemble si bien par son allure impé-
tueuse et sa couleur. Il se dirige bientôt
vers le nord, en séparant la Suisse du
cercle de Vorarlberg du Tyrol, jusqu'à
son entrée dans le lac de Constance.
En sortant du lac, il coule vers le sud,
et à , deux kilomètres au-dessous de
tschaffouse, il rencontre un chaînon infé-
f rieur des Alpes, qu'il franchit par une
chute célèbre d'une hauteur de 33 me
très. Arrivé à Baie, il tourne brusque-
ment au nord, dans une vallée opulente,
formée par le grand-duché de Bade et
par l'Alsace, la France, dont il limite la
frontière sur une longueur de 20 myria
mètres. Au delà de l'Alsace, il traversa
la Prusse rhénane et le royaume dt
Hollande. Les villes d'Alsace qu'il arro
se, sont : Huningue, Neu-Brisach, Stras-
bourg, Lauterbourg. Depuis Baie, son li
s'élargit, entre des rives basses, lais
sant à découvert, dans ses nombreuses
ramifications, un long chapelet d'îles
boisées et fertiles que l'inconstance des
eaux fait souvent disparaître pour en
provoquer de nouvelles.
Le Vieux-Brisacbf situé aujourd'hui ;
sur la rive droite, se trouvait avant 1296
sur la rive gauche. Jadis, également, le
;Rhin coulait beaucoup plus près
des murs de Strasbourg. A partir de
Mannheim, dans le duché de Bade, des
chaînons du Donnesberg le dominent, et
au-dessous de Mayence, les rives, s'éle-
vant progressivement, deviennent de su-
perbes montagnes, chargées de vigno-
bles fameux qui, près de Bingen, où se
trouvait autrefois un tourbillon formi-
dable, font place à des rochers sourcil-
leux dominés eux-mêmes par les anti-
ques châteaux qui portent le berceau
des légendes allemandes.
La petite ville de Huningue se trouve
à 30 kilomètres est de Mulhouse, un peu
au-dessus d'Altkirch. Paysage composé
de si bonne grâce pour la joie des hom-
mes : des bois dans des prairies, et des
vignes qui dévalent doucement vers le
fleuve. Fraîcheur des eaux les plus vives
et de la terre la plus riante : au prin-
temps, dans la brume légère des auro-
res, quand les cigognes viennent de la
Basse-Alsace par larges vols, l'homme
a ici le sentiment facile de l'amour et
de la paix. La saison heureuse paraît
éternelle, et le soir, quand le soleil se
couche du côté de la France, sur les
Vosges bleues, des mirages se lèvent au-
dessus du Rhin qu'exhale vers la suprê-
me clarté d'or ses vapeurs frissonnantes
comme des dentelles. -
Assiégée en 1815, par 25.000 Autri-
chiens, Huningue, dont la garnison de
500 hommes seulement était commandée
par le général Barbanègre, ne capitula
qu'après douze jours de tranchée. La
garnison obtint les honneurs de la guerre.
Mais les fortifications de la ville, qui
remontaient à Vauban, furent détruites.
Est-ce ici, à Huningue, que tout
d'abord nos armées, après avoir réduit
les résistances d'Altkirch et de Mulhou-
se, refouleront au delà du Rhin le Bo-
, che dans ses repaires ? Déjà aux dé-
buts de la guerre, le général Pau fit à
ses bataillons d'un rude coup d'épée
repasser le fleuve.
La grande curiosité de la ville est
toute proche : le pont de bois, qui date
de 1872. Parfois, le passage y est inter-
rompu pendant des heures. Car le pont
est très étroit, construit de planches et
de madriers sur des cordons de barques
plates. Il est vite encombré : les voitu-
res, ainsi -que les piétons, attendent pa-
tiemment à l'entrée leur tour de circu-
lation.
En violation du traité de 1815, qui
Interdisait formellement à l'Allemagne
de construire des forteresses dans le
voisinage de Bâle, l'Allemagne a bâti
près de Huningue le fort d'Istein. A la
Suisse, qui s'en inquiétait, elle a répon-
du : « Il s'agit seulement d'emnêcher
une armée ennemie de passer le Rhin. »
'A cette réponse tranquille, les Suisses
n'ont rien répliqué. Car la raison du
plus fort est toujours la meilleure. C'est
ce que nous allons, à l'Allemagne même,
prouver tout à l'heure.
GEORGES BEAUME.
La bataille de Guise et de Valenciennes.
i ». a——— ■
De durs comtats sont livrés entre l'Oise et la Serre
où nos troupes remportent de sérieux avantages
« X S* J
LES BRITANNIQUES AVANCENT SUR LE FRONT DE L'ESCAUT
1 .i .i i> 1
L'ACTUALITÉ
» H
L'opinion d'un Poilu
A l'arrière, nous discou-
rons beaucoup sur les notes
allemandes et américaines.
Mais les principaux intéres-
sés, nos poilus, - qui,, eux,
font la guerrey - que pen-
sent-ils Y
Je viens de recevoir d'un ami fidèle du
itappel - ci-devant antimilitariste -
6me lettre, qui s'adresse autant à mes
Lecteurs qu'à moi-meme.
Mon correspondant - ce trait est à
souligner - combat en première ligne
dans un bataillon de chasseurs. Ce n'est
me pas un « extrémiste » du café du
Commerce.
Il n'est pasi officier ; il vit dans la con-
fiance intime de ses camarades ; il écou-
le leurs propos, il recueille leur pensée.
Il la traduit ainsi ;
« Nous ne sommes pas contents de
'outes ces conversations épistolaires
tuxquelles nous ne comprenons qu'une
"lO$C : c'est que le Boche acculé veut
(lI.Ù'C kamarade pour sauver sa mise, et
commencer dès qu'il pourra. Nous le
venons. Nous ne voudrions pas qu'on
mus empêche de mettre fin à cette guer*
m et à la guerre en le réduisant définiti-
ement à l'impuissance.
« Nous n'avons pas vu tomber nos ca..
marades, et nous n'affrontons pas la
mort chaque seconde, pour qu'une four-
berie boche nous vole notre victoire, qui
doit arracher définitivement l'humanité
à la barbarie,
« Nous recevons des lettres de nos pa-
rents, de nos amis, qui nous disent :
« La guerre va finir ; l'armistice est pro-
che; tous allez bientôt revenir. » Bien
sûr,~ça nous ferait un rude plaisir. Il
nous serait doux après cette tempête de
rentrer dans le calme de nos foyers.
Mais ici, nous connaissons ces lascars,
mieux que vous autres de l'arrière. Nous
voulons rentrer à la condition de ne
plus repartir, de ne plus recommencer
jamais. Or, avec ces bougres-là. les pa-
roles n'ont pas d'importance. Ils no
tiennent, compte que de ce qu'on leur
impose. Aussi toutes ces conversations
nous émeuvent. Il n'y a pas trente-six
phrases à faire. S'ils veulent sincère-
ment la paix, qu'ils se rendent avec ar-
mes et bagages.
« Le président Wilson leur dit : capi-
tulation ou révolution. Il n'y a plus rien
à ajouter. Qu'ils s'exécutent. Sinon,
nous irons faire un petit tour chez eux
pour mieux nous faire comprendre. Sur
tout nous ne voulons pas en avoir tant
supporté et tant fait pour rien 1 »
On pourra m'objecter qu'il ne s'agit
que d'une opinion individuelle, ou qu'a
ne poignée de braves n'est pas toute
l'armée française.
Sans doute, une hirondelle ne fait pas
le printemps. Mais elle l'annonce, et la
voix d'une sentinelle peut traduire la
pensée collective des combattants.
EDMOND DU MESNIL.
LES ALLOCATIONS
M. Louis Marin, rapporteur général du
budget, a défendu hier devant la commis-
sion du budget, présidée par M. Raoul Pé-
ret, son rapport sur le projet de loi con-
cernant l'augmentation des allocations aux
familles des militaires et aux réfugiés et ra-
patriés.
L'honorable député de Meurthe-et-Mosel-
le a le plus grand souci de l'équilibre fi-
nancier du pays. Il prouve sa îïauto com-
pétence lorsqu'il s'agit de défendre les res-
sources de la nation contre des demandes
de crédit dont l'inté-rêt ne se fait pas abso-
lument sentir.
Mais lorsqu'il s'agit de nos combattants,
dont il a maintes fois été apprécier au front
le courage et, parfois, les privations, lors-
qu'il s'agit aussi de ces malheureuses vic-
times de la guerre que l'invasion a jetées
hors de leur foyer, M. Louis Marin ne com-
prend pas, n'admet pas que l'Etat puisse
lésiner. On ne doit pas marchander l'aide
de la nation à ceux qui ont tant donné ou
tout perdu pour vaincre l'ennemi ou pour
ne pâs tomber sous le joug de l'étranger.
C'est cette thèse que M. Louis Marin,
en Lorrain patriote et en bon administra-
teur de nos crédits, soutiendra devant, la
Chambre avec l'approbation de la commis-
sion du budget.
Elle a ensuite entendu M. Claveille, mi-
nistre des travaux publics et des transports,
sur le projet modifiant le régime d'exploita-
tion des chemins de fer pendant la guerre.
La pensée des autres
- -6-
« Les nations du monde ne se fient
pas à la parole de ceux qui ont été les
maîtres de la politique allemande 1 »
La conscience humaine parle ici par
la bouche du président Wilson.
(T,'¡¡eure).. MARCEL SEMBAT,
Communiqués Français
fT P'I Ii HEORM
Ce matin, nos troupes ont recommencé à presser l'ennemi A l'est de Sis son-
ne, les Allemands ont lancé deux coups de main contre la Selve et Nizy-le-Comte,
sans obtenir de résultat. A l'est de Reihel, une opération bien conduite nous a per-
mis d'enlever le village d'AMBLY-FLEURY, entre le canal de l'Aisne, malgré une
défense opiniâtre des Allemands.
V 23 HEURES.
Entre l'Oise et la Serre, nos attaques se sont poursuivies avec succès. Nos
troupes ont accentué leurs progrès au nord de VILLLERS LE SEC et se sont empa-
rées de la FERME FERRIERES. Entre Villers-ie-Sec et la terme Ferrière, nous avons
enlevé des centres fortement organisés en dépit de la résistance de l'ennemi qui a
contre-attaqué vainement à plusieurs reprises. On signale, jusqu'à présent, 800 pri-
sonniers.
Sur le front de la Serre, nous avons réussi à franchir la rivière entre GREC Y et
MOB TIERS et à nous établir sur la riva nord, sur un espace de plus d'un kilomè-
tre. A l'est de la Souche, des combats violents nous ont valu de sérieux avanges.
Nous avons poussé nos lignes aux abords de la FERME CAUMONT, à l'EST DE
VESLE-ET-CAUMONT et de PIERREPONT. Ces deux villages sont en notre pou-
voir. Le chiffre des prisonniers, actuellement dénombrés, dépasse 250.
LA BATAILLE A EU, TOUTE LA JOURNEE, UN CARACTERE D'EXTREME
VIOLENCE ENTRE SISSONNE ET CHATEAU-PORCIEN. CE MATIN, APRES UNE
FORTE PREPARATION D'ARTILLERIE NOS TROUPES, APPUYEES PAR DES
CHARS D'ASSAUT, ONT ATTAQUE LES PUISSANTES ORGANISATIONS QUE
L'ENNEMI NOUS OPPOSE DANS CETTE REGION.
A gauche, nous avons réussi à progresser dans les bois aux abords de la route
de SISSONNE A SELVE. Vers l'est, nous avons conquis, de haute lutte, le PETIT-
SAINT-QUEN et avons atteint la route qui relie ce village à BANNOGNARE-
COUVRANCE. Les lisières sud de cette dernière localité et du HAMEAU DE RECOu-
VRANCE sont en notre possession.
Sur notre droite, nous avons pénétré dans les positions ennemies le long de la
route de CONDE-LES-HERPY, et à la cote 145. Nous avons pris pied dans le MOU-
LIN DE HERPY. Dans toute cette région, la résistance de pris pied dans le MOU-
L LN DE HERPY. Dans toute cette région la résistance de l'ennemi a été particuliè-
rement acharnée. Nous avons tait plus de 2.000 prisonniers, capturé 9 canons et de
nombreuses mitrailleuses.
A L'EST DE RE/THEL, nous avons complété nos succès de ce matin dans la ré-
gion d' AMBLY-FLEURY. 600 prisonniers, dont 6 officiers, parmi lesqnels m chef
de bataillon, ont été dénombrés..
Communiqués britanniques
14 HEURES,
Hier, après-midi, nos troupes ont attaqué. Elles se sont emparées de VENDE-
~GITS-R nATLTfOM et ont progressé sur les hauteurs à l'est de ce village. Une
contre-attaque a été repousçée avec succès, dans le voisinage de cette localité. De
i»uuu0 oeiue, ce iQa, la bataille a repris dans ce secteur.
23 heures.
Ce matin, nos troupes ont continué leur avance sur le front de bataille au sud
de l'Escaut. Nous avons pris SEPMERIES et QUERENAING et atteint la ligne du
chemin de fer LE QUESNOY-VALENCIENNES, depuis le nord-ouest du Quesnoy
jusqu'à l'est de Maing. Pendant l'après-midi, nous avons brisé plusieurs contre-
attaques sur ce front.
Au cours des combats des 23 et 24 octobre sur le front de la Sambre à l'Escaut,
les première, troisième et quatrième armées britanniques ont fait NEUF MILLE
PRISONNIERS ET PRIS CENT CINQUANTE CANONS.
Au nord de Valenciennes, nous avons chassé 18$ arrière-gardes ennemie? deg
villages de BRUJ&LE et de BURIDON.
Communiqué belge
Les opérations du groupe d'armées en Flandre se poursuivent favorablement
Sur le front de l'armée belge, l'ennemi a manifesté une certaine activité da.r.
tillerie et de mitrailleuses.
Ce matin, la droite française et la gauche britannique ont effectué une atta-
que partielle entre la Lys et l'Escaut.
A l'est de Courtrai, malgré une résistance acharnée de l'ennemi, les troupes
françaises se sont emparées du plateau de Zulte et sont aux lisières ouest de
Zulte.
Après s'être emparées de la ferme de Blaunpoort, elles ont avancé leur front
sur la route de Waereghem-Anseghem.
Les troupes britanniques ont enlevé Engoghem-Ooteghem et continué leur pro-
gression vers l'Escaut.
Les Alliés vont se concerter
sur les conditions de l'armistice 1
On fait ressortir, dans les milieux offi-
ciels diplomatiques, que la note du prési-
dent Wilson signifie que les Etats-Unis ont
terminé les pourparlers séparés avec les
autorités allemandes.
Les publications futures émaneront du
gouvernement des Etats-Unis et des gou-
vernements alliés agissant de concert.
L accord est complet
On assure que les Alliés aprouvent cor-
dialement la mole du président Wilson,
qui, dans son sens général, représente leurs
vues sur la situation.
On a supposé à tort que les alliés avaient
laissé à M. Wilson toute la charge des né-
gociations. En réalité, les Alliés ont agi en
œmplet accord, et c'est seulement parce
que les puissances centrales ornl jugé bon
de s'adresser à un seul des belligérants.
qu'ils se sont tenus à l'écart pendant la
phase préliminaire.
Maintenant que le Président a consenti
à soumettre aux autres belligérants la de-
mande d'armistice de l'Allemagne, 1 ac-
tion en commun va se substituer à l'action
individuelle, et les propositions des dhefs
militaires et navals des alliés constitueront
les conditions conjointes des alliés".
Un débat au Reich ta?
sur l'Alsace-Lorraine et la Pologne
Déclarations du docteur Soif
Les déclarations faites à la séance du
Rftidistag du 23 par le représentant des
nations opprimées avaient produit une im-
pression fll profonde qu'au début de la séan-
ce du 24 le secrétaire d'Etat aux affaires
étrangères Solf a pris la parole pour y ré-
pondre.
Le docteur Soif s'est d'abord efforcé de
réfuter les accusations portées contre les
troupes allemandes, puis abordant la ques-
tion des revendications des nationalités op-
primées, il. fit cette déclaration de prin-
cipo :
Le programme Wilson
« .On a demandé hier, s'est-il écrié, si le
gouvernement impérial est décidé à appli-
quer loyalement les principes du président
Wilson. Le gouvernement n'admet pas
qu'on puisse douter de la loyauté de ses
intentions
« En ce qui concerne l'Alsace-Lorraine et
la Pologne, il va de soi, puisqu'il est fait
mention expresse de ces territoires dans les
H propositions du président Wilson, que
nous consentons à ce que ces deux ques-
tions soient réglées lors des négociations de
,Faix. Nous voulons, en effet, que dans tous
les centres et sur tous les points le pro-
gramme Wilson goit loyalement accom-
pli. »
L'Alsace - Lorraine
Mais le docteur Soif, dans les passages
suviants de son discours, va nous permet-
tre de juger ses affirmations à leur propre
valeur.
Sur les provinces enlevées à la France
par un traité inique, voici comment il s'ex-
prime :
M. Ricklin a porté un dur jugement sur
le nouveau gouvernement introduit en Al-
sace-LoiTaine. Le gouvernement ne se lais-
sera pas détourner par ces critiques do ci
qu'il a reconnu être la bonne route. On
doit donner au peuple alsacien la possibi-
lité de régler d'après .\la propre volonté les
allaires du pays. Ceci est conforme aux
tendances que la majorité, dont le gouverne-
ment actuel est sorti, fit valoir depuis long-
temps sur la suggestion et avec l'assenti-
ment de M. Ricklin, de ses amis politi-
ques et d'autres députés du pays d'Empire.
Le gouvernement considéra comme de son
devoir de faire entrer le plus tôt possible
c<~ efforts dans la voie de la réalisation.
On ne préjuge nullement ainsi d'une autre
décision sur la question d'Alsace-Lo-rrai-
ne. Il
La Pologne
Quant aux vœux des Polonais. il répond
par ces ergoteries ;
« Un orateur polonais a entrepris de jus-
tifier les revendications étendues du futur
llat polonais. en s'appuyant sur le para-
graphe treize du programme du président
wilson. A oela, je répônds que le aouvemc-
ment aUemand a accepté loyalement et
sincèrement le programme du président.
Ce programme établit une paix du droit et
de réconciliation et ne veut faire naitre
de nouveaux antagonismes ni de nouvelles
guerres. Si l'orateur polonais laisse sup-
poser qu'il réclame par exemple pour la
Pologne, Dantzig, ville qui a du deux à trois
pour cent de population polonaise, il se
met ainsi en opposition criante avcc le
programme du président Wilson qui ne
veut voir réunir à la Pologne indépendante
que les territoires de population indiscu-
tablement polonaise (Approbations). Dans
aucun endroit de ce programme, U n'est
dit que les populations incontestablement
allemandes doivent être attribuées à U Po.
locne. u
LA SITUATION
L'Offensive souple
La iournéc d'hier a su fournir aux stra-
tèges et aux tacticiens 4e& diverses écoles
militaires de remarquables exemples de la
maîtrisé du maréchal Foch.
Tandis que les armées des Flandres amé-
nagent, pour de prochaines opérations,
Vexécrable terrain - exécrable au point de
vue de la inanoeuvre, s'entend - luitt elles
viennent de prendre possession, la partie
concordante se jo-ue du Cateau à Tournai.
Nos alliés britanniques ont franchi
VEcaillon. La IAch.e qu'ils avaient assumée
était lourde ; les combats livrés sur l'est du
cours de VEscaut ont, été d'une rare vio-
lence. Cranipon-nés d., leurs positions, les
Allemands ont été rejetés. de village en vil-
lage par une attaque tenace, inlassable, ir-
ritée.
Une Sois de plus, contre leur volonté, nos
onnemis, battus. évacuent de larges par.
tions de notre territoire.
- Tandis que les Britanniques , .-
- ..--,
attaquent lavaste forêt de Mormal, der-
rière laquelle se btottit Maubeuge, cette
dernière branche à laquelle les Allemands
s'aggrippent dans le nord, l'armée Dcbeney
accentue son action plus au sud, sur
l'Oise et sur la Serre où les combats lo-
caux, livrés depuis deux fours, visent des
objectifs intéressants, entre autres la priac
de Guise.
Nous observons vers Rethel une intéres-
sante reprise d'activité de Varmée Gou-
raud ; celle-ci, comme l'armée Mangjn, a
pris, tout en combattant, le. temps de souf-
fler.
Les Américains déploient un peu plus
d'activité dans le difficile, très difficile
secteur qu'ils tiennent au nord de Verdun,
à l'est et à l'ouest de la Meuse.
Les yeux fixés sur ce vaste front, sui-
vant les péripéties étonnantes de cette luite,
les états-majors de tous pays comparent le
génie du maréchal llqch 4 l'habileté de ses
advcrsaires.
t/uuur manie» un ta viaivjeuvrv, n tnac.¡'lr
burg et Ludendorff, dont il faut y
tre la valeur dans l'organisation des re-
traites, 80 son$révélés liè-6 wdricurï dans
l'attaque.
Partout où tes Allemands ont triomphé
passagèrement, que ce soit en Russie, en
Roumanie, en Serbie ou en France, Vsurs
victoires n'ont eu d'autre caractère que de
procéder par ruées en masses profondes,
pour lesquelles un effori considérable avait
été organisé sur un secteur plus ou moins
limité. Ces succès ont toujours été localisés.
Ils n'ont jamais conduit à une décision
tant -ne l'adversaire a pu lutter à armes
à peu près égales.
La méthode souple du maréchal Foch est
autrement supérieure. C'est tout le front
de bataille. dans toute son ampleur. qu'il
tient en mains. Un coup de pouce refoule
l'ennemi jusqu'au point précis où, ayant at-
teint ici. par une attaque de front, l'avan.
tage maximum, un autre coup de pouce,
donné là. fort 4 propos, brise l'adversaire
sur son flanc.
, C'est ainsi que l'aile droite allemande,
par exemple, martelée dans les Flandres,
bousculée de Valenciennes au Cateau wt-
f(ffo'jt sa liaison avec le centre, ne trouve
nulle part la possibilité de s'accrocher et
révèle ainsi le désarroi de Vétat-mafor al-
lemand. N'auant pas voulu prévoir l'éten-
due de leur défaite, Hindenburg f T",rI"
dorff ne peuvent plus trouver, en Belgique,
ni dans le nord de la Frante. lec voints
d'appui sur lesquels ils se proposaient de
jouer leur dernière partie sur les territoires
envahis.
L'Entente marche vers le Rhin.
Camille DEVILAR.
LA CRISE AUTRICHIENNE
---..-.
LE COMTE BURIAN SE RETIRE
On mande de Itudapèst t.
La roi a accepté la démission du comte
Burian, ministre des affaires étrangères.
Le roi a désigné le comie Julius Andrassy
pour lui succéder.
DEMISSION DU CABINET WECKERLE
On mande do Budapest :
Le roi a accepté la démission du cabinet
Weckerlé. Le cabinet liquidera les affaires
courantes jusqu'à la formation du nouveau
gouvernement
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
-
et METHODE FRANÇAISE
Les Allemands se montrent assez satis-
faits et rassurés par la réponse de Wil.
son qu'ils trouvent plutôt conciliante. Tel
serait l'effet qu'elle a produit en Allemagne
à en juger par les extraits choisis de presse
transmis à notre intention par l'Agence
Wolff.
Le gouvernement allemand craignait
sans doute que Wilson ne réponde. Sa no-
te, au contraire, laisse aux yeux des AUe-
mands la porte ouverte à de nouvelles né.
gociations. C'est ce que donne ù entendre
l'officieuse Gazette de l'Allemagne du Nord.
La Germania partage cette façon de voir.
La Gazette de Francfort se charge de nous
dire ce que l'Allemagne espère à la sute
de la note de Wilson : faire passer la
question de l'armistice au second plan et
celle de la paix au premier, c'est-à-dire tout
le contraire de ce que peuvent vouloir les
Alliés,
La demande d'un armistice n'était, de la
part de l'Allemagne, qu'une manœuvra
oaur amorcer des négociations de paix.
Hien d'autre, niusi que nous l'avions prévu
tout de suite :
« C'est la paix qui importe, déclare sans
ambages la feuille citée ci-dessus, beaucoup
plus que l'armistice. »
* A la faveur du changement de person-
nel an Allemagne, on n'a pas vu tout d'a-
bord très bien où les Allemands voulaient
en venir avec le bluff de l'armistice et au-
jourd'hui que l'on accède à leur désir et
que l'on veut parler d'armistice, ils se dé-
robent en cherchant à substituer la ques-
tion de la paix à celle de l'armisttce.
Ils se disposent à escamoter de même
toutes les questions dont la solution inté-
resse les Alliés au premier chef. Nous en
avons pour preuve les déclarations du doc-
teur Soif sur le Sleswig, l'Alsace-Lorraine
et la Pologne.
- - On comprend que les Alliés ne se laissent
pas ainsi refaire et qu'ils insistent p"ur nue
les conditions de l'armistice soient réglées ,
en premier lieu. L'Allemagne doit s'avouer
vaincue. Il n'est pas possible qu'une gnerrq
se termine autrement que par la victoire
de l'un et la défaite de l'autre.
Peu importe au demeurant qui tient le
gouvernail : Ilintre ou Soif, Hertling ou
Max de Bade, même Liebknecht et L«d!e-
bouf, pourvu que l'Allemwgnft ne puisse
pas poursuivre diplomatiquement ce qu'elle
n'a pu obtenir par les armes.
Pas de paix sans armistice. H faut en
passer par là. Ou l'Allemagne mettra les
pouces et on commencera par l'armistire,
ou la guerre continuera jusqu'à ce qu'elle
so rende 4 merci
Louis BRESSE.
, » i. n i ! il
On Dit.
- -..- .-
En passant
Qui a inventé les tanks ?
Les tanks nous ont donné la victoire ; mais
qm nous a datés des tanks ?
Nos lecteurs se rappellent deux remarquables
articles dans lesquels notre distingué collabora-
teur Lou;s Hipault a rendu, à ce sujet, pleino
justice à M. J.-L. Breton, directeur des Inven-
tions et des Expériences techniques.
Aujourd'hui, M. Raoul Mortier aborde, à son
Lour, ce problème de la plus récente histoire
dans une brochure qui en apporte, croyons-
nous. la solution définitive ;
LES CHARS D'ASSAUT
Comment ils furent réalisés ,.'
En fouillant les documents officiels, dont la
Censure autorise la publication, les confrontant,
les éclairant aux lumières de la plus impartiale
analyse, il montre comment, dès 1U14, M. J.-L.
arelÕiÍ songea à « un engin permettant de fran-
chir les défenses ennemies a ; comment il fit
construire le premier appareil et le perfechionna
incessamment ; comment il multipliées démar-
ches pour le faire essayer tant au atuliatere de
la Guerre qu'au Grand Quartier Général: com-
ment, enfin, il triompha de toutes les résistances
- et elles-lurent nombreuses— grâce à MM.
Aubrtot, Camuzet. Faisant, Tregnier, députés.
qui se partagent l'honneur d'avoir compris, les
premiers ce que l'on pouvait attendre des
tanks.
Devenu sous-secrétaire d'Etat des Inventions
dans le cabinet Painlevé, M. Breton eut la b -iiiio
fortune de pouvoir donner, lui-môme, une im-
pulsion nouvelle à leur fabrication.
En peu de mois l'armée française acquérait
alors une telle supériorité sur l'armée allemande
que celle-ci était réduite à la défensive, puis ù la
retraite.
La Victoire était à nous.
N'est-il pas juste d'inscrire le nom de M. Bre-
ton Da.l'mi ceux de ses meilleurs artisans et la
brochure de M. Raoul Mortier ne vient-elle pas
bL son heure pour fixer un des points les plus,
importants de l'histoire de la Grande Guerro ?
Charles Briand.
Le Congrès Radical-Socialiste
> « m » L ■ • ■
Approbation du programme de paix Wilson
La séance plénière d'hier matin était pré-
sidée par M. Georges Corneau. Elle a été
occupée presque entièrement par des ques-
tions d'organisation intérieure.
Parlant au nom de la commission du
règlement, M. Louis Ripault a entretenu
l'assemblée de la non rééligibilité du prési-
dent et des membres du comité éxéoutif.
,Fut ensuite renvoyé devant la commis-
sion de la politique extérieure un ordre du
jour de M. Martin, rendant hommage au
président Wilson qui, dang sa dernière ré-
ponse à l'Allemagne, a exprimé nombre
d'idées depuis longtemps émises au sein
du parti, notamment par le chef Oiolpent
qu'est M. Léon Bourgeois.
La politique du Parti
M. Puech. député, ancien ministre, pré-
sidait la séance de l'après-midi
Le congrès vota tout d'abord une motion
demadant Que le projet Dçssoyç, sur la
réforme électorale, soit inscrit à l'ordre du
jour de la Chambre.
Puis, après son comité exécutif, il pro-
testa contre la doctrine de la souveraineté
de La. Haute-Cour de justice.
Notre collaborateur et ami Louis Ripault
monta ensuite à la tribune et développa,
avec la belle éloquence qu'on lui connaît,
son remarquable rapport sur la politique
extérieure du parti
Après un exposé rapide des événements
qui se sont succédé au cours de l'année,
des heures sombres de Caporetto à la se-
conde menace de l'ennemi vers la capitale,
il dit :
L'entrée en lice des armées américaines rétflCr
blit à ce moment l'équilibre des forces.
Et eu moment où là bûte se ramassait dans un
dernier effort pour, d'un seul élan, arriver à
Paris. subitement ses jarrets furent coupés, de-
Paris, elle se traîne de ligne en ligne, donnant
puis,
encore de temps en temps de terribles coups de
butoir lorsque cât serréQ de trop près, Ainsi
•
Le Numéro : DIX CENTIMES
SAMEDI 26 OCTOBRE 1912. - Nv 17.509
-
AUGUSTE VACQUERIB
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nçr-à ; art.'O, 24-91
Aprèo 10 b, du ser : ûUTBNlfiBft 80*78
Ft«& LA FUBUOiTB
S'adresser au F..AI'PIU..l*TJ.LICJTB
38, M de Strasbourg. - PAR.
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
EDMOND DU MESNIL
Directeur
ABONNEMENTS
lia ma au mois Trois mois
SSINB & a-BT-OlSR. « • • > 1.
FBABCX & CWjQKIW*. *4 • 11 * 6 »
ËTBAtfGKB * f f • « • «» 0 + 83 9 Il a 9 »
REDACTION ET ADMINISTRATION
38. Boulevard de Strasbourg. - PARts.
TRIBUNE LIBRE
LE RH 1 N
Nos armées vont jeter le Bo-
che dans le Rhin, et bien au
delà, je l'espère. Le Rhin est
un fossé qui sépare deux peu-
i)les, deux mondes. Inutile,
pour eu fournir quelques preu-
ves historiques, d'invoquer les témoi-
gnages de César ou de Tacite. Il suffit
simplement, du moins je le pense, de
montrer le dessin de ce fleuve intrépide
et d'énumérer les richesses, les parures
ou les ruines, qu'il nourrit ou qui de-
puis des siècles l'accompagnent. Je ne
peux que dessiner aujourd'hui sa per-
sonne ondoyante et pittoresque.
Cinquième grand fleuve de l'Europe,
après le Volga, le Danube, le Dnieper,
le Don, il prend sa source dans les Al-
pes, au sad-ouest du canton des Grisons,
d'où sort également notre Rhône, qui lui
ressemble si bien par son allure impé-
tueuse et sa couleur. Il se dirige bientôt
vers le nord, en séparant la Suisse du
cercle de Vorarlberg du Tyrol, jusqu'à
son entrée dans le lac de Constance.
En sortant du lac, il coule vers le sud,
et à , deux kilomètres au-dessous de
tschaffouse, il rencontre un chaînon infé-
f rieur des Alpes, qu'il franchit par une
chute célèbre d'une hauteur de 33 me
très. Arrivé à Baie, il tourne brusque-
ment au nord, dans une vallée opulente,
formée par le grand-duché de Bade et
par l'Alsace, la France, dont il limite la
frontière sur une longueur de 20 myria
mètres. Au delà de l'Alsace, il traversa
la Prusse rhénane et le royaume dt
Hollande. Les villes d'Alsace qu'il arro
se, sont : Huningue, Neu-Brisach, Stras-
bourg, Lauterbourg. Depuis Baie, son li
s'élargit, entre des rives basses, lais
sant à découvert, dans ses nombreuses
ramifications, un long chapelet d'îles
boisées et fertiles que l'inconstance des
eaux fait souvent disparaître pour en
provoquer de nouvelles.
Le Vieux-Brisacbf situé aujourd'hui ;
sur la rive droite, se trouvait avant 1296
sur la rive gauche. Jadis, également, le
;Rhin coulait beaucoup plus près
des murs de Strasbourg. A partir de
Mannheim, dans le duché de Bade, des
chaînons du Donnesberg le dominent, et
au-dessous de Mayence, les rives, s'éle-
vant progressivement, deviennent de su-
perbes montagnes, chargées de vigno-
bles fameux qui, près de Bingen, où se
trouvait autrefois un tourbillon formi-
dable, font place à des rochers sourcil-
leux dominés eux-mêmes par les anti-
ques châteaux qui portent le berceau
des légendes allemandes.
La petite ville de Huningue se trouve
à 30 kilomètres est de Mulhouse, un peu
au-dessus d'Altkirch. Paysage composé
de si bonne grâce pour la joie des hom-
mes : des bois dans des prairies, et des
vignes qui dévalent doucement vers le
fleuve. Fraîcheur des eaux les plus vives
et de la terre la plus riante : au prin-
temps, dans la brume légère des auro-
res, quand les cigognes viennent de la
Basse-Alsace par larges vols, l'homme
a ici le sentiment facile de l'amour et
de la paix. La saison heureuse paraît
éternelle, et le soir, quand le soleil se
couche du côté de la France, sur les
Vosges bleues, des mirages se lèvent au-
dessus du Rhin qu'exhale vers la suprê-
me clarté d'or ses vapeurs frissonnantes
comme des dentelles. -
Assiégée en 1815, par 25.000 Autri-
chiens, Huningue, dont la garnison de
500 hommes seulement était commandée
par le général Barbanègre, ne capitula
qu'après douze jours de tranchée. La
garnison obtint les honneurs de la guerre.
Mais les fortifications de la ville, qui
remontaient à Vauban, furent détruites.
Est-ce ici, à Huningue, que tout
d'abord nos armées, après avoir réduit
les résistances d'Altkirch et de Mulhou-
se, refouleront au delà du Rhin le Bo-
, che dans ses repaires ? Déjà aux dé-
buts de la guerre, le général Pau fit à
ses bataillons d'un rude coup d'épée
repasser le fleuve.
La grande curiosité de la ville est
toute proche : le pont de bois, qui date
de 1872. Parfois, le passage y est inter-
rompu pendant des heures. Car le pont
est très étroit, construit de planches et
de madriers sur des cordons de barques
plates. Il est vite encombré : les voitu-
res, ainsi -que les piétons, attendent pa-
tiemment à l'entrée leur tour de circu-
lation.
En violation du traité de 1815, qui
Interdisait formellement à l'Allemagne
de construire des forteresses dans le
voisinage de Bâle, l'Allemagne a bâti
près de Huningue le fort d'Istein. A la
Suisse, qui s'en inquiétait, elle a répon-
du : « Il s'agit seulement d'emnêcher
une armée ennemie de passer le Rhin. »
'A cette réponse tranquille, les Suisses
n'ont rien répliqué. Car la raison du
plus fort est toujours la meilleure. C'est
ce que nous allons, à l'Allemagne même,
prouver tout à l'heure.
GEORGES BEAUME.
La bataille de Guise et de Valenciennes.
i ». a——— ■
De durs comtats sont livrés entre l'Oise et la Serre
où nos troupes remportent de sérieux avantages
« X S* J
LES BRITANNIQUES AVANCENT SUR LE FRONT DE L'ESCAUT
1 .i .i i> 1
L'ACTUALITÉ
» H
L'opinion d'un Poilu
A l'arrière, nous discou-
rons beaucoup sur les notes
allemandes et américaines.
Mais les principaux intéres-
sés, nos poilus, - qui,, eux,
font la guerrey - que pen-
sent-ils Y
Je viens de recevoir d'un ami fidèle du
itappel - ci-devant antimilitariste -
6me lettre, qui s'adresse autant à mes
Lecteurs qu'à moi-meme.
Mon correspondant - ce trait est à
souligner - combat en première ligne
dans un bataillon de chasseurs. Ce n'est
me pas un « extrémiste » du café du
Commerce.
Il n'est pasi officier ; il vit dans la con-
fiance intime de ses camarades ; il écou-
le leurs propos, il recueille leur pensée.
Il la traduit ainsi ;
« Nous ne sommes pas contents de
'outes ces conversations épistolaires
tuxquelles nous ne comprenons qu'une
"lO$C : c'est que le Boche acculé veut
(lI.Ù'C kamarade pour sauver sa mise, et
commencer dès qu'il pourra. Nous le
venons. Nous ne voudrions pas qu'on
mus empêche de mettre fin à cette guer*
m et à la guerre en le réduisant définiti-
ement à l'impuissance.
« Nous n'avons pas vu tomber nos ca..
marades, et nous n'affrontons pas la
mort chaque seconde, pour qu'une four-
berie boche nous vole notre victoire, qui
doit arracher définitivement l'humanité
à la barbarie,
« Nous recevons des lettres de nos pa-
rents, de nos amis, qui nous disent :
« La guerre va finir ; l'armistice est pro-
che; tous allez bientôt revenir. » Bien
sûr,~ça nous ferait un rude plaisir. Il
nous serait doux après cette tempête de
rentrer dans le calme de nos foyers.
Mais ici, nous connaissons ces lascars,
mieux que vous autres de l'arrière. Nous
voulons rentrer à la condition de ne
plus repartir, de ne plus recommencer
jamais. Or, avec ces bougres-là. les pa-
roles n'ont pas d'importance. Ils no
tiennent, compte que de ce qu'on leur
impose. Aussi toutes ces conversations
nous émeuvent. Il n'y a pas trente-six
phrases à faire. S'ils veulent sincère-
ment la paix, qu'ils se rendent avec ar-
mes et bagages.
« Le président Wilson leur dit : capi-
tulation ou révolution. Il n'y a plus rien
à ajouter. Qu'ils s'exécutent. Sinon,
nous irons faire un petit tour chez eux
pour mieux nous faire comprendre. Sur
tout nous ne voulons pas en avoir tant
supporté et tant fait pour rien 1 »
On pourra m'objecter qu'il ne s'agit
que d'une opinion individuelle, ou qu'a
ne poignée de braves n'est pas toute
l'armée française.
Sans doute, une hirondelle ne fait pas
le printemps. Mais elle l'annonce, et la
voix d'une sentinelle peut traduire la
pensée collective des combattants.
EDMOND DU MESNIL.
LES ALLOCATIONS
M. Louis Marin, rapporteur général du
budget, a défendu hier devant la commis-
sion du budget, présidée par M. Raoul Pé-
ret, son rapport sur le projet de loi con-
cernant l'augmentation des allocations aux
familles des militaires et aux réfugiés et ra-
patriés.
L'honorable député de Meurthe-et-Mosel-
le a le plus grand souci de l'équilibre fi-
nancier du pays. Il prouve sa îïauto com-
pétence lorsqu'il s'agit de défendre les res-
sources de la nation contre des demandes
de crédit dont l'inté-rêt ne se fait pas abso-
lument sentir.
Mais lorsqu'il s'agit de nos combattants,
dont il a maintes fois été apprécier au front
le courage et, parfois, les privations, lors-
qu'il s'agit aussi de ces malheureuses vic-
times de la guerre que l'invasion a jetées
hors de leur foyer, M. Louis Marin ne com-
prend pas, n'admet pas que l'Etat puisse
lésiner. On ne doit pas marchander l'aide
de la nation à ceux qui ont tant donné ou
tout perdu pour vaincre l'ennemi ou pour
ne pâs tomber sous le joug de l'étranger.
C'est cette thèse que M. Louis Marin,
en Lorrain patriote et en bon administra-
teur de nos crédits, soutiendra devant, la
Chambre avec l'approbation de la commis-
sion du budget.
Elle a ensuite entendu M. Claveille, mi-
nistre des travaux publics et des transports,
sur le projet modifiant le régime d'exploita-
tion des chemins de fer pendant la guerre.
La pensée des autres
- -6-
« Les nations du monde ne se fient
pas à la parole de ceux qui ont été les
maîtres de la politique allemande 1 »
La conscience humaine parle ici par
la bouche du président Wilson.
(T,'¡¡eure).. MARCEL SEMBAT,
Communiqués Français
fT P'I Ii HEORM
Ce matin, nos troupes ont recommencé à presser l'ennemi A l'est de Sis son-
ne, les Allemands ont lancé deux coups de main contre la Selve et Nizy-le-Comte,
sans obtenir de résultat. A l'est de Reihel, une opération bien conduite nous a per-
mis d'enlever le village d'AMBLY-FLEURY, entre le canal de l'Aisne, malgré une
défense opiniâtre des Allemands.
V 23 HEURES.
Entre l'Oise et la Serre, nos attaques se sont poursuivies avec succès. Nos
troupes ont accentué leurs progrès au nord de VILLLERS LE SEC et se sont empa-
rées de la FERME FERRIERES. Entre Villers-ie-Sec et la terme Ferrière, nous avons
enlevé des centres fortement organisés en dépit de la résistance de l'ennemi qui a
contre-attaqué vainement à plusieurs reprises. On signale, jusqu'à présent, 800 pri-
sonniers.
Sur le front de la Serre, nous avons réussi à franchir la rivière entre GREC Y et
MOB TIERS et à nous établir sur la riva nord, sur un espace de plus d'un kilomè-
tre. A l'est de la Souche, des combats violents nous ont valu de sérieux avanges.
Nous avons poussé nos lignes aux abords de la FERME CAUMONT, à l'EST DE
VESLE-ET-CAUMONT et de PIERREPONT. Ces deux villages sont en notre pou-
voir. Le chiffre des prisonniers, actuellement dénombrés, dépasse 250.
LA BATAILLE A EU, TOUTE LA JOURNEE, UN CARACTERE D'EXTREME
VIOLENCE ENTRE SISSONNE ET CHATEAU-PORCIEN. CE MATIN, APRES UNE
FORTE PREPARATION D'ARTILLERIE NOS TROUPES, APPUYEES PAR DES
CHARS D'ASSAUT, ONT ATTAQUE LES PUISSANTES ORGANISATIONS QUE
L'ENNEMI NOUS OPPOSE DANS CETTE REGION.
A gauche, nous avons réussi à progresser dans les bois aux abords de la route
de SISSONNE A SELVE. Vers l'est, nous avons conquis, de haute lutte, le PETIT-
SAINT-QUEN et avons atteint la route qui relie ce village à BANNOGNARE-
COUVRANCE. Les lisières sud de cette dernière localité et du HAMEAU DE RECOu-
VRANCE sont en notre possession.
Sur notre droite, nous avons pénétré dans les positions ennemies le long de la
route de CONDE-LES-HERPY, et à la cote 145. Nous avons pris pied dans le MOU-
LIN DE HERPY. Dans toute cette région, la résistance de pris pied dans le MOU-
L LN DE HERPY. Dans toute cette région la résistance de l'ennemi a été particuliè-
rement acharnée. Nous avons tait plus de 2.000 prisonniers, capturé 9 canons et de
nombreuses mitrailleuses.
A L'EST DE RE/THEL, nous avons complété nos succès de ce matin dans la ré-
gion d' AMBLY-FLEURY. 600 prisonniers, dont 6 officiers, parmi lesqnels m chef
de bataillon, ont été dénombrés..
Communiqués britanniques
14 HEURES,
Hier, après-midi, nos troupes ont attaqué. Elles se sont emparées de VENDE-
~GITS-R nATLTfOM et ont progressé sur les hauteurs à l'est de ce village. Une
contre-attaque a été repousçée avec succès, dans le voisinage de cette localité. De
i»uuu0 oeiue, ce iQa, la bataille a repris dans ce secteur.
23 heures.
Ce matin, nos troupes ont continué leur avance sur le front de bataille au sud
de l'Escaut. Nous avons pris SEPMERIES et QUERENAING et atteint la ligne du
chemin de fer LE QUESNOY-VALENCIENNES, depuis le nord-ouest du Quesnoy
jusqu'à l'est de Maing. Pendant l'après-midi, nous avons brisé plusieurs contre-
attaques sur ce front.
Au cours des combats des 23 et 24 octobre sur le front de la Sambre à l'Escaut,
les première, troisième et quatrième armées britanniques ont fait NEUF MILLE
PRISONNIERS ET PRIS CENT CINQUANTE CANONS.
Au nord de Valenciennes, nous avons chassé 18$ arrière-gardes ennemie? deg
villages de BRUJ&LE et de BURIDON.
Communiqué belge
Les opérations du groupe d'armées en Flandre se poursuivent favorablement
Sur le front de l'armée belge, l'ennemi a manifesté une certaine activité da.r.
tillerie et de mitrailleuses.
Ce matin, la droite française et la gauche britannique ont effectué une atta-
que partielle entre la Lys et l'Escaut.
A l'est de Courtrai, malgré une résistance acharnée de l'ennemi, les troupes
françaises se sont emparées du plateau de Zulte et sont aux lisières ouest de
Zulte.
Après s'être emparées de la ferme de Blaunpoort, elles ont avancé leur front
sur la route de Waereghem-Anseghem.
Les troupes britanniques ont enlevé Engoghem-Ooteghem et continué leur pro-
gression vers l'Escaut.
Les Alliés vont se concerter
sur les conditions de l'armistice 1
On fait ressortir, dans les milieux offi-
ciels diplomatiques, que la note du prési-
dent Wilson signifie que les Etats-Unis ont
terminé les pourparlers séparés avec les
autorités allemandes.
Les publications futures émaneront du
gouvernement des Etats-Unis et des gou-
vernements alliés agissant de concert.
L accord est complet
On assure que les Alliés aprouvent cor-
dialement la mole du président Wilson,
qui, dans son sens général, représente leurs
vues sur la situation.
On a supposé à tort que les alliés avaient
laissé à M. Wilson toute la charge des né-
gociations. En réalité, les Alliés ont agi en
œmplet accord, et c'est seulement parce
que les puissances centrales ornl jugé bon
de s'adresser à un seul des belligérants.
qu'ils se sont tenus à l'écart pendant la
phase préliminaire.
Maintenant que le Président a consenti
à soumettre aux autres belligérants la de-
mande d'armistice de l'Allemagne, 1 ac-
tion en commun va se substituer à l'action
individuelle, et les propositions des dhefs
militaires et navals des alliés constitueront
les conditions conjointes des alliés".
Un débat au Reich ta?
sur l'Alsace-Lorraine et la Pologne
Déclarations du docteur Soif
Les déclarations faites à la séance du
Rftidistag du 23 par le représentant des
nations opprimées avaient produit une im-
pression fll profonde qu'au début de la séan-
ce du 24 le secrétaire d'Etat aux affaires
étrangères Solf a pris la parole pour y ré-
pondre.
Le docteur Soif s'est d'abord efforcé de
réfuter les accusations portées contre les
troupes allemandes, puis abordant la ques-
tion des revendications des nationalités op-
primées, il. fit cette déclaration de prin-
cipo :
Le programme Wilson
« .On a demandé hier, s'est-il écrié, si le
gouvernement impérial est décidé à appli-
quer loyalement les principes du président
Wilson. Le gouvernement n'admet pas
qu'on puisse douter de la loyauté de ses
intentions
« En ce qui concerne l'Alsace-Lorraine et
la Pologne, il va de soi, puisqu'il est fait
mention expresse de ces territoires dans les
H propositions du président Wilson, que
nous consentons à ce que ces deux ques-
tions soient réglées lors des négociations de
,Faix. Nous voulons, en effet, que dans tous
les centres et sur tous les points le pro-
gramme Wilson goit loyalement accom-
pli. »
L'Alsace - Lorraine
Mais le docteur Soif, dans les passages
suviants de son discours, va nous permet-
tre de juger ses affirmations à leur propre
valeur.
Sur les provinces enlevées à la France
par un traité inique, voici comment il s'ex-
prime :
M. Ricklin a porté un dur jugement sur
le nouveau gouvernement introduit en Al-
sace-LoiTaine. Le gouvernement ne se lais-
sera pas détourner par ces critiques do ci
qu'il a reconnu être la bonne route. On
doit donner au peuple alsacien la possibi-
lité de régler d'après .\la propre volonté les
allaires du pays. Ceci est conforme aux
tendances que la majorité, dont le gouverne-
ment actuel est sorti, fit valoir depuis long-
temps sur la suggestion et avec l'assenti-
ment de M. Ricklin, de ses amis politi-
ques et d'autres députés du pays d'Empire.
Le gouvernement considéra comme de son
devoir de faire entrer le plus tôt possible
c<~ efforts dans la voie de la réalisation.
On ne préjuge nullement ainsi d'une autre
décision sur la question d'Alsace-Lo-rrai-
ne. Il
La Pologne
Quant aux vœux des Polonais. il répond
par ces ergoteries ;
« Un orateur polonais a entrepris de jus-
tifier les revendications étendues du futur
llat polonais. en s'appuyant sur le para-
graphe treize du programme du président
wilson. A oela, je répônds que le aouvemc-
ment aUemand a accepté loyalement et
sincèrement le programme du président.
Ce programme établit une paix du droit et
de réconciliation et ne veut faire naitre
de nouveaux antagonismes ni de nouvelles
guerres. Si l'orateur polonais laisse sup-
poser qu'il réclame par exemple pour la
Pologne, Dantzig, ville qui a du deux à trois
pour cent de population polonaise, il se
met ainsi en opposition criante avcc le
programme du président Wilson qui ne
veut voir réunir à la Pologne indépendante
que les territoires de population indiscu-
tablement polonaise (Approbations). Dans
aucun endroit de ce programme, U n'est
dit que les populations incontestablement
allemandes doivent être attribuées à U Po.
locne. u
LA SITUATION
L'Offensive souple
La iournéc d'hier a su fournir aux stra-
tèges et aux tacticiens 4e& diverses écoles
militaires de remarquables exemples de la
maîtrisé du maréchal Foch.
Tandis que les armées des Flandres amé-
nagent, pour de prochaines opérations,
Vexécrable terrain - exécrable au point de
vue de la inanoeuvre, s'entend - luitt elles
viennent de prendre possession, la partie
concordante se jo-ue du Cateau à Tournai.
Nos alliés britanniques ont franchi
VEcaillon. La IAch.e qu'ils avaient assumée
était lourde ; les combats livrés sur l'est du
cours de VEscaut ont, été d'une rare vio-
lence. Cranipon-nés d., leurs positions, les
Allemands ont été rejetés. de village en vil-
lage par une attaque tenace, inlassable, ir-
ritée.
Une Sois de plus, contre leur volonté, nos
onnemis, battus. évacuent de larges par.
tions de notre territoire.
- Tandis que les Britanniques , .-
- ..--,
attaquent lavaste forêt de Mormal, der-
rière laquelle se btottit Maubeuge, cette
dernière branche à laquelle les Allemands
s'aggrippent dans le nord, l'armée Dcbeney
accentue son action plus au sud, sur
l'Oise et sur la Serre où les combats lo-
caux, livrés depuis deux fours, visent des
objectifs intéressants, entre autres la priac
de Guise.
Nous observons vers Rethel une intéres-
sante reprise d'activité de Varmée Gou-
raud ; celle-ci, comme l'armée Mangjn, a
pris, tout en combattant, le. temps de souf-
fler.
Les Américains déploient un peu plus
d'activité dans le difficile, très difficile
secteur qu'ils tiennent au nord de Verdun,
à l'est et à l'ouest de la Meuse.
Les yeux fixés sur ce vaste front, sui-
vant les péripéties étonnantes de cette luite,
les états-majors de tous pays comparent le
génie du maréchal llqch 4 l'habileté de ses
advcrsaires.
t/uuur manie» un ta viaivjeuvrv, n tnac.¡'lr
burg et Ludendorff, dont il faut y
tre la valeur dans l'organisation des re-
traites, 80 son$révélés liè-6 wdricurï dans
l'attaque.
Partout où tes Allemands ont triomphé
passagèrement, que ce soit en Russie, en
Roumanie, en Serbie ou en France, Vsurs
victoires n'ont eu d'autre caractère que de
procéder par ruées en masses profondes,
pour lesquelles un effori considérable avait
été organisé sur un secteur plus ou moins
limité. Ces succès ont toujours été localisés.
Ils n'ont jamais conduit à une décision
tant -ne l'adversaire a pu lutter à armes
à peu près égales.
La méthode souple du maréchal Foch est
autrement supérieure. C'est tout le front
de bataille. dans toute son ampleur. qu'il
tient en mains. Un coup de pouce refoule
l'ennemi jusqu'au point précis où, ayant at-
teint ici. par une attaque de front, l'avan.
tage maximum, un autre coup de pouce,
donné là. fort 4 propos, brise l'adversaire
sur son flanc.
, C'est ainsi que l'aile droite allemande,
par exemple, martelée dans les Flandres,
bousculée de Valenciennes au Cateau wt-
f(ffo'jt sa liaison avec le centre, ne trouve
nulle part la possibilité de s'accrocher et
révèle ainsi le désarroi de Vétat-mafor al-
lemand. N'auant pas voulu prévoir l'éten-
due de leur défaite, Hindenburg f T",rI"
dorff ne peuvent plus trouver, en Belgique,
ni dans le nord de la Frante. lec voints
d'appui sur lesquels ils se proposaient de
jouer leur dernière partie sur les territoires
envahis.
L'Entente marche vers le Rhin.
Camille DEVILAR.
LA CRISE AUTRICHIENNE
---..-.
LE COMTE BURIAN SE RETIRE
On mande de Itudapèst t.
La roi a accepté la démission du comte
Burian, ministre des affaires étrangères.
Le roi a désigné le comie Julius Andrassy
pour lui succéder.
DEMISSION DU CABINET WECKERLE
On mande do Budapest :
Le roi a accepté la démission du cabinet
Weckerlé. Le cabinet liquidera les affaires
courantes jusqu'à la formation du nouveau
gouvernement
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
-
et METHODE FRANÇAISE
Les Allemands se montrent assez satis-
faits et rassurés par la réponse de Wil.
son qu'ils trouvent plutôt conciliante. Tel
serait l'effet qu'elle a produit en Allemagne
à en juger par les extraits choisis de presse
transmis à notre intention par l'Agence
Wolff.
Le gouvernement allemand craignait
sans doute que Wilson ne réponde. Sa no-
te, au contraire, laisse aux yeux des AUe-
mands la porte ouverte à de nouvelles né.
gociations. C'est ce que donne ù entendre
l'officieuse Gazette de l'Allemagne du Nord.
La Germania partage cette façon de voir.
La Gazette de Francfort se charge de nous
dire ce que l'Allemagne espère à la sute
de la note de Wilson : faire passer la
question de l'armistice au second plan et
celle de la paix au premier, c'est-à-dire tout
le contraire de ce que peuvent vouloir les
Alliés,
La demande d'un armistice n'était, de la
part de l'Allemagne, qu'une manœuvra
oaur amorcer des négociations de paix.
Hien d'autre, niusi que nous l'avions prévu
tout de suite :
« C'est la paix qui importe, déclare sans
ambages la feuille citée ci-dessus, beaucoup
plus que l'armistice. »
* A la faveur du changement de person-
nel an Allemagne, on n'a pas vu tout d'a-
bord très bien où les Allemands voulaient
en venir avec le bluff de l'armistice et au-
jourd'hui que l'on accède à leur désir et
que l'on veut parler d'armistice, ils se dé-
robent en cherchant à substituer la ques-
tion de la paix à celle de l'armisttce.
Ils se disposent à escamoter de même
toutes les questions dont la solution inté-
resse les Alliés au premier chef. Nous en
avons pour preuve les déclarations du doc-
teur Soif sur le Sleswig, l'Alsace-Lorraine
et la Pologne.
- - On comprend que les Alliés ne se laissent
pas ainsi refaire et qu'ils insistent p"ur nue
les conditions de l'armistice soient réglées ,
en premier lieu. L'Allemagne doit s'avouer
vaincue. Il n'est pas possible qu'une gnerrq
se termine autrement que par la victoire
de l'un et la défaite de l'autre.
Peu importe au demeurant qui tient le
gouvernail : Ilintre ou Soif, Hertling ou
Max de Bade, même Liebknecht et L«d!e-
bouf, pourvu que l'Allemwgnft ne puisse
pas poursuivre diplomatiquement ce qu'elle
n'a pu obtenir par les armes.
Pas de paix sans armistice. H faut en
passer par là. Ou l'Allemagne mettra les
pouces et on commencera par l'armistire,
ou la guerre continuera jusqu'à ce qu'elle
so rende 4 merci
Louis BRESSE.
, » i. n i ! il
On Dit.
- -..- .-
En passant
Qui a inventé les tanks ?
Les tanks nous ont donné la victoire ; mais
qm nous a datés des tanks ?
Nos lecteurs se rappellent deux remarquables
articles dans lesquels notre distingué collabora-
teur Lou;s Hipault a rendu, à ce sujet, pleino
justice à M. J.-L. Breton, directeur des Inven-
tions et des Expériences techniques.
Aujourd'hui, M. Raoul Mortier aborde, à son
Lour, ce problème de la plus récente histoire
dans une brochure qui en apporte, croyons-
nous. la solution définitive ;
LES CHARS D'ASSAUT
Comment ils furent réalisés ,.'
En fouillant les documents officiels, dont la
Censure autorise la publication, les confrontant,
les éclairant aux lumières de la plus impartiale
analyse, il montre comment, dès 1U14, M. J.-L.
arelÕiÍ songea à « un engin permettant de fran-
chir les défenses ennemies a ; comment il fit
construire le premier appareil et le perfechionna
incessamment ; comment il multipliées démar-
ches pour le faire essayer tant au atuliatere de
la Guerre qu'au Grand Quartier Général: com-
ment, enfin, il triompha de toutes les résistances
- et elles-lurent nombreuses— grâce à MM.
Aubrtot, Camuzet. Faisant, Tregnier, députés.
qui se partagent l'honneur d'avoir compris, les
premiers ce que l'on pouvait attendre des
tanks.
Devenu sous-secrétaire d'Etat des Inventions
dans le cabinet Painlevé, M. Breton eut la b -iiiio
fortune de pouvoir donner, lui-môme, une im-
pulsion nouvelle à leur fabrication.
En peu de mois l'armée française acquérait
alors une telle supériorité sur l'armée allemande
que celle-ci était réduite à la défensive, puis ù la
retraite.
La Victoire était à nous.
N'est-il pas juste d'inscrire le nom de M. Bre-
ton Da.l'mi ceux de ses meilleurs artisans et la
brochure de M. Raoul Mortier ne vient-elle pas
bL son heure pour fixer un des points les plus,
importants de l'histoire de la Grande Guerro ?
Charles Briand.
Le Congrès Radical-Socialiste
> « m » L ■ • ■
Approbation du programme de paix Wilson
La séance plénière d'hier matin était pré-
sidée par M. Georges Corneau. Elle a été
occupée presque entièrement par des ques-
tions d'organisation intérieure.
Parlant au nom de la commission du
règlement, M. Louis Ripault a entretenu
l'assemblée de la non rééligibilité du prési-
dent et des membres du comité éxéoutif.
,Fut ensuite renvoyé devant la commis-
sion de la politique extérieure un ordre du
jour de M. Martin, rendant hommage au
président Wilson qui, dang sa dernière ré-
ponse à l'Allemagne, a exprimé nombre
d'idées depuis longtemps émises au sein
du parti, notamment par le chef Oiolpent
qu'est M. Léon Bourgeois.
La politique du Parti
M. Puech. député, ancien ministre, pré-
sidait la séance de l'après-midi
Le congrès vota tout d'abord une motion
demadant Que le projet Dçssoyç, sur la
réforme électorale, soit inscrit à l'ordre du
jour de la Chambre.
Puis, après son comité exécutif, il pro-
testa contre la doctrine de la souveraineté
de La. Haute-Cour de justice.
Notre collaborateur et ami Louis Ripault
monta ensuite à la tribune et développa,
avec la belle éloquence qu'on lui connaît,
son remarquable rapport sur la politique
extérieure du parti
Après un exposé rapide des événements
qui se sont succédé au cours de l'année,
des heures sombres de Caporetto à la se-
conde menace de l'ennemi vers la capitale,
il dit :
L'entrée en lice des armées américaines rétflCr
blit à ce moment l'équilibre des forces.
Et eu moment où là bûte se ramassait dans un
dernier effort pour, d'un seul élan, arriver à
Paris. subitement ses jarrets furent coupés, de-
Paris, elle se traîne de ligne en ligne, donnant
puis,
encore de temps en temps de terribles coups de
butoir lorsque cât serréQ de trop près, Ainsi
•
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