Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1918-10-24
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 24 octobre 1918 24 octobre 1918
Description : 1918/10/24 (N17507). 1918/10/24 (N17507).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7550995k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
"2 BRUMAÎiÊ :^*:i7:50f
Le Numéro : DIX CENTIMES
ÏECDL 24 OCTOBRENSST
AUGUSTE VACQUERIE
fondateur (1869)
IMMOLE
îftFd : effl. egi
Qlit tO k. du toif : GUTENBERG 00-70
PÛUB u FWBUCITB
s'adresser nu LAPPEL-PUBLICITE
38, M de Strasbourg. - Paris
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
-
EDMOND DU MESNIL
Dinoctoun
EMINTS : 1
Chaa SUwSb îtôsnajs
Sra» & S>»W«©fSE* q..,. js »
Pranci & Coloxies., «d » 11 » 6 »
Etranger 32 b 18 » 9 »
REDACTION ET ADMINISTRATION
38. Boulevard de Strasbourg. — Paris.
TRIBUNE LIBRE
la Heconstitation
des départements envahis
L'hydre germanique recule;
le Kaiser, en prières, demande
la paix honorable, comme si
l'humanité torturée pouvait
raiter avec ce rustre laux
dbois, qui a fait couler des
fleuves de sang innocent.
Lorsque Guillaume fut tout à fait
prêt, à son heure choisie, il rua ses
hordes barbares sur la France et la Bel-
gique, détruisant tout, lazziant toutes
les richesses accumulées depuis des siè-
cles, rendant esclaves les populations
civiles, les tortionnant de toutes maniè-
res pour le plaisir allemand.
Pendant plus de quatre ans, ces dé-
vastations systématiques furent conti-
nuées avec un acharnement toujours
plus progressif, détruisant hommes et
choses inlassablement, dans le but de
semer l'épouvante par toutes les nations
alliées.
De toutes ces atrocités criminelles, il
arriva forcément ce qui devait arriver :
les forces morales se dressèrent contre
la brutalité teutonnique. Et du monde
entier accoururent les phalanges démo-
cratiques pour abattre la puissante et
orgueilleuse « Deutschland ».
La paix viendra à son heure et avec
ses conséquences terribles. En dehors
des grandes questions territoriales, de
nationalités et des rancons formidables
que les Centraux et leurs alliés auront à
régler, il y a d'autres questions plus ter-
re à terre qu'il s'agira de comprendre
dans les conditions de paix, comme la
réparation intégrale des dégâts et la
restitution totale de tous les vols com-
mis par ces brigands.
Si nous étions obligés de tirer de, chez
nous toute la main-d'œuvre, tous les
matériaux, fer, bois, fonte, acier, ci-
ment, verre, briques, etc., les recons-
tructions ne pourraient se faire que très
lentement, et à un prix de revient im-
possible a prévoir. Il faudra donc met-
tre, dans le traité à intervenir, que tous
les maçons, tailleurs de pierres, char-
rons, menuisiers, peintres, forgerons,
bûcherons, terrassiers, etc., etc., de
toute l'Allemagne et de ses alliés, seront
réquisitionnés militairement, aux frais
'de ces Etats, pour venir reconstruire
les édifices publics et privés qu'ils ont
détruits, réédifier tous les villages et
toutes les villes qu'ils ont mis en rui-
nes, en France, en Belgique, etc.
Ces reconstruction se feront par sé-
ries, suivant l'importance, l'utilité,
l'emplacement qui leur seront destinés.-
Les portes, fenêtres, chevrons, poutres,
solives, etc., avec tous les accessoires
nécessaires, arriveront d'Allemagne,
par millions, à pieds d'œuvre, prêts à
être posés. Il en sera de même de tous
les matériaux ; pierres de taille, bri-
ques, plâtre, ciment, sable, ardoises,
tuiles, vitres, zinc, gouttières, etc., etc..
Les meubles enlevés, ou détruits, le
linge, les matelas, les pendules, couver-
tures, l'argent, les titres, actions ou obli-
gations ; lés chevaux, vaches, moutons,
volailles, cochons, céréales, outillages
agricoles, etc., etc., etc., toutes ces ri-
chesses, volées ou anéanties, devront
également revenir, à l'état 1e neuf,
et être restituées aux propriétaires, que
ce soit des usines, des particuliers, des
fabricants ou des magasins ainsi que
toutes les machines.
Nous n'indiquons, à titre d'exemple —
l'énumération serait trop longue —
qu'une très minime partie des objets
ou matières qui devront être ainsi ren-
dues en nature. Le compte général en
sera établi par espèces et catégories,
et ces bourreaux criminels, des hom-
mes et des choses, seront contraints à
les remplacer..
Pour son œuvre de carnage, Guillau-
me avait tout calculé. S'il avait réfléchi,
lui qui s'inspire de l'esprit de son bon
vieux dieu allemand, à l'adage terres-
tre : « Qui casse les verres, les paie j), il
aurait peut-être renoncé au cataclys-
me mondial qu'il a déchaîné, et pris
la voie pacifique, la seule qui mène à
la gloire durable et à la prospérité des
Etats.
On dira peut-être qu'on n'a jamais
inséré pareilles clauses en nature, dans
un traité de paix. On n'a jamais vu non
plus pareilles destructions systémati-
ques. A temps nouveaux, clauses nou-
velles ! 1
C'est le seul moyen d'arriver rapide-
ment et facilement à la réédification des
contrées ravagées par ces vandales. Que
ferait, en effet, un pet:f propriétaire au-
quel il serait alloué 10.000 francs pour
reconstruire sa maison ? Avec le prix
de la main-d'œuvre et des matériaux,
c'est tout au plus s'il arriverait à bâtir
bien une cabane à lapins.
Que nos diplomates et ceux de l'En-
tente s'insnirent de ces considérations,
en discutent la valeur pratique, et
agissent en conséquence !
Th. GREUET.
Brillante attaque au sud de Valenciennes
Les Britanniques progressent de près de 5 kilomètres
Nos - troupes avancent sur le front de la Serre
——-.j --'-..,.- .!
Le passage de l'Escaut est forcé
- ) < ■> ■ *
L'ACTUALITÉ
L'heure des réparations
Le prince Max de Bade par-
le beaucoup, mais le citoyen
Delory parle mieux.
J'aime entendre ce prince
mystique celébrer en homélies
ardives le regne des « forces
spirituelles » et du « droit ».
Mais je redoute la mystification sous le
mysticisme, et je me mefie de ces con-
versions soudaines inspirees par la' con-
trainte des événements.
Certes, il sied d'entendre le chancelier
de l'Empire allemand emprunter le vo-
cabulaire du président Wilson, et pro-
noncer des paroles qui contrastent vio-
lemment avec toute l'histoire, tous les
actes, tous les projets récents de l'Alle-
magne.
Je suis un homme de peu de foi dans
les miracles, et je m'etonne que le loup
boche soit sincèrement devenu berger.
En réalité, l'Allemagne a tenté contre
le droit des peuples le plus ignoble coup
de force.
Tant quxelle a cru dans le succès,
elle s'est montrée la bête de proie la
plus sanguinaire qui se soit jamais abat-
tue sur l'humanité.
Son attaque brusquée ayant échoué,
elle invoque mainte, mt ces « forces
spirituelles », qu'elle a bafouées, et ce
« dIoit » qu'elle n'est pas parvenue à
étrangler.
Repentir? conversion ? Possible,
Mais la preuve que la page de l'évan-
gile nouveau n'est pas un autre « chif-
fon de papier » ?
La garantie que sous les gants de
velours du prince, les ongles du retire
ne restent pas aiguisés ?
Certes ! c'est un succès diplomatique
incontestable, dû à nos victoires, d'avoir
contraint le gouvernement impérial alle-
mand à cette attitude imprévue.. *
Mais puisqu'il invoque le droit, il faut
qu'il se soumette aux règles de la
justice.
La justice : c'est la force malfaisante
qui a déchaîné la guerre —1 Hohenzollern
et militarisme allemand - à jamais
abolie.
[,a justice : c'est le châtiment des cri-
mes.
La justice : c'est des garanties pour
la constitution de la Société naissante
des Nations.
La justice : c'est le cri émouvant du
député socialiste de Lille : « Pas de
paix, sans réparations ! »
EDMOND DU MESNIL
- —————————.
DÉMOBILISATION
Bien qxia l'heure de la paix soit pro-
blématique encore, il importe de ne pas lais-
ser au hasard des improvisations les me-
sures à prendre à l'occasion de la démobi..
lisallon.
Que deviendront, en particulier, les « en-
gagés volontaires pour la durée de la guer-
re 1) ?
Certes, il ne reste qu'un bien Delit nom-
bre de ces Français qui, pouvant ne pas
servir, se sont patriotiquement précipités
sous les drapeaux.
Ne serait-ce pas un devoir que de les li-
bérer dès conclusion de l'armistice, s'il y
a armistice ?
Les rlements, observas a la lettre, di-
sent peut-être non. Plus de quatre années
de batailles disent certainement oui.
Lequel, parmi nos amis du Parlement,
s'honorera en faisant trancher cette ques-
tion. par les Assemblées ?
'■■iii ■ i *
LA RETRAITE
Le Telegraaf signale une canonnade près
de la frontière hollandaise. Plusieurs obus
sont tombés en" territoiro néerlandais
Les Allemands sont prêts à traverser la
frontière, qui a été évacuée par les Hollan-
dais sur une zone dont la profondeur dé-
passe 1.000 mètres.
Le poste frontière de Stroobrugge est tou-
jours occupé par les Allemands. Le pont
sur le Schipdenk-Shevart est en flammes.
-
La Note allemande
L'opinion générale dans les milieux par-
lementaires de Washington, et
rement parmi les républicains. se prononce
pour qu'il soit mis fin aux négociations
avec l'Allemagne.
L:J commission des affaires extérieures
du Sénat montre une' tendance à soumet-
tre la. note à l'entente avant que le Pré-
sident Wilson n'y fasse réponse.
Le leader républicain du Sénat, M. Lod..
ge, a qualifié la dernière note allemande do
(piège grossier ttjndu d'une facor) mala-
droitc pour enlraîner les Etats-Unis dans
des discussions diplomatiques1 qu'ils doi-
vent, n-t. Í 1 dit, éviter par-dessus tout a.
J'hcure actuelle.
*
Communiqués Français
l- - -.
14 HEURES.
Le butin capturé par les troupes de la 1ro armée pendant les combats des 17 et
18 octobre comprend 81 canons, une centaine de mortiers de tranchées, de nom-
breux canons de 37, plus de 700 mitrailleuses et un matériel de guerre de toute
sorte.
Sur le front de la Serre, l'ennemi continue à se montrer vigilant et à s'opposer
par ses feux de mitrailleuses à nos tentatives de, francbissement de la Serre et de
la Souche.
Plus à l'est, nos troupes ont réalisé des progrès entre Nizy-le-Gomte et le
Thour et fait des prisonniers.
23 HEURES.
? Grande activité de l'artillerie sur le front de l'Oise.
Entre l'Oise et la Serre, nous avons gagné du terrain au nord dé CATÏLLON-
DU-TEMPLE et porté nos lignes jusqu'aux lisières de CHEVRESIS-LES-DAMES.
Plus à l'est, nous avons enlevé le bois énergiquement défendu au nord-est de Mes-
brecourt-Richecourt. 150 prisonniers sont restés entre nos mains.
Des combats acharnés ont eu lieu, au cours de la journée, sur le front de la
Serre et de la Souche. NOS UNITES, BRISANT LA RESISTANCE DE L'ENNEMI,
ONT REUSSI A DEBOUCHER ENTRE FROIDMONT-COHARTILLE ET PIERRE-
PONT et à se maintenir sur la rive est à la hauteur de la lerme Brazicourt, malgré
une forte contre-attaque allemande. Au sud-est de Nizy-le-Comte, nous avons accen-
tué nos progrès.
A l'est de l'Aisne, la lutte se maintient vive dans la région de Vouziers. Les Al-
lemands ont attaqué le village de Terron et nos positions à l'est de Vandy. Ils ont
été repoussés avec des pertes sérieuses.
Entre Olizy et Grandpré, nous nous sommes emparés du moulin de Beaurepaire,
en faisapt des prisonniers. -
Communiqués britanniques
14 HEURES.
Ce matin, de bonne heure, nos troupes ont attaqué sur le front le Cateau-Soles-
mes et font des progrès satisfaisants.
Plus au nord, entre Valenciennes et Tournai, nous avons pris BRUAY et avons
atteint la RIVE OULST DE L ESCAUT A BLEHARIES ET ESPAIN.
Sur ce front, l'ennemi a opposé hier une vive résistance et de durs combats ont
été livrés, au cours desquels nos troupes ont vigoureusement pressé l'ennemi ; elles
lui ont infligé de lourdes pertes, et le refoulant de ses positions, lui ont tait un cer-
tain nombre de prisonniers.
23 heures.
L'attaque déclenchée ce matin entre le canal de la Sambre et de l'Escaut, au
sud de Valenciennes, a été exécutée par des troupes anglaises et écossaises des 3"
et 46 armees. Nos troupes ont progressé à travers un terrain dùficile, coupé par de
nombreux ruisseaux, villages et petits bois, qui ont été défendus par l'ennemi avec
beaucoup de résolution.
AU COURS DE LA JOURtfEE, NOS TROUPES SE SONT FRAYEES UN PAS-
SAGE, malgré une défense opiniâtre de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies ;
AVANÇANT AVEC UN ELAN MAGNIFIQUE , F\L £ S AVAUiNT, QUELQUES
HEURES AVANT L'AUBE, PENETRE DANS LE* DJtiFENSÏS ENNEMIES boa
TOUTE L'EiojNDUE. Du FROxVT H A'ATaQUU ET, CE MATIN DE BONNE JrtEURE*
S'ETAIENT EMPAREES DES VILLAGES IMPORTANTS DE O&'UIL, DE
FOREST ET DE RQMAjMES.
A l'extrême droite, ncus avons rencontré une vive opposition près de la terme
fortiiiée de Gimbremont et oe la siation de chemin de fer voisine, Cette résistance
a été rapidement brisée.
Plus au nord, le village de BEAURAIN .défendu avec une grande ténacité, a
été enlevé par des troupes des comtés anglais appartenant à la 5e division, ap-
puyées par des chars d'assaut. Sur la gauche, dautres troupes anglaises ont, dès
le commencement de l'attaque, traversé la Harpies et se sont emparées de VER-
TAIN.
Au cours de la matinée, nous avons poursuivi notre attaque sur tout le front,
enlevant les positions allemandes SUR UNE PROFONDEUR DE PLUS DE TROIS
MILLES et chassant l'ennemi de nombreux villages, fermes et bois, puissamment
organisés.
Des troupes anglaises de la 25e division ont livré de durs combats dans le bois
l'Evêque et ont réalisé des progrès satisfaisants.
Des unités des comtés de l'Est appartenant à la 18e division, ont avancé sur une
profondeur de trois milles et demi et se sont emparées de BOUSIES. Des batail-
lons anglais et écossais faisant partie des 21" et 33e divisions, se sont emparées
des passages de la HARPIES, près du bois de Vendegies, et ont enlevé le village
de ce nom.
D'autres troupes anglaises, en liaison avec des contingents néo-zélandais, opé-
rant à leur gauche, sont parvenues aux l isières de NEUVILLE et se sont établies
sur les hauteurs au nord de ce village. Plus au nord encore, le village d'ESCAR*
MAIN a été enlevé par des éléments de la 2e et de la 3e divisions.
Dans ces heureuses opérations, nous avons fait plusieurs milliers de prison-
niers et pris de nombreux canons.
L'avance continue sur tout le front d'attaque.
Max de Bade menace
mais avoue les angoisses allemandes
!" I:..a m
L'Ennemiest à nos portes", dit-il
Le discours que le chancelier allemand a
prononcé au Reichstag se divise en deux
parties : la première a trait aux négocia-
tions que l'Allemagne tente d'engager en
vue d'obtenir un armistice ; la seconde trai-
te des réformes intérieures que l'Empire
est obligé de subir sous la pression des évé-
nements.
Sur la situation internationale et les pour-
parlers engagés entre Vienne et Bcrlin, voi-
ci 'quelles ont été ses déclarations :
Paix de droit ou paix de violence
« La première réponse du président à la
démarche de paix allemande a porté dans
tous les pays à sgn apogée, la discussion
sur-cette question : paix de droit ou paix
de violence. Il s'agit d'une lutte d'idées qui
se livre ouvertement dans tous les pays
comme elle devait aussi l'être de la même
façon chez nous. D'un cité, ceux qui
croient que le moment est venu où toute
la haine, la soif de vengeance accumulées
pourront se satisfaire sur notre soi, élèvent
la voix plus fort que jamais ; d'un autre
côté, les partisans sincèros de la ligue des
peuples voient clairement que l'idée fonda-
mentale du nouveau Credo est soumis
aujourd'hui à une épreuve décisive.
Cette idée'fondamentale est celle-ci : avant
qu'aucune puissance isolée quelconque, ou
un groupe de puissances, essaie de moyens
de contrainh? pour faire prévaloir le droit
qu'clle représente contre une autre nation,
il jfaut qu'avec une objectivité et une loyau-
té complètes, on essaie de maintenir la paix
par la voie d'accords volontaires ou l'at-
teindre en tenant compte de la situation in-
ternationale actuelle. Cette lutte d'idées n'est
pas encore terminée. NVius. pouvons nom-
mer les forces spirituelles qui s'opposent
l'une à l'autre, mais non pas apprécier leur
puissance respective.
Les deux éventualités
La dernière noIe du président Wtlscn
n'a donné aucun éelaircisSoncjtfm 'ùD.pC.UfJ'3
allemand sur la question de savoir com-
ment la lutte publique des idées se termi*
nera. Jusque-là, Messieurs, nous devons,
dans toutes nos pensées et nos actes, nous
préparer à deux éventualités : d'oborlt--eel-
le-ci : que les gouvernements ennemis veu-
lent la guerre et que nous n'avons pas d'au-
tre alternative que de nous préparer à nous
défendre avec toute la force d'un peuple
qu'on, pousse aux extrémités. Si cette néces-
sité se présente, je n'ai aucun doute que
le gouvernement allemand, au nom de la
nation allemande, pourra appeler le peuple
à la déîense nationale, exactement comme
il avait le droit de parler au nom du peu-
ple allemand en intervenant pour la pais
(Applaudissements). Celui qui se plaça loya-
lement sur le terrain de la paix de droit
s'est engagé en même temps à ne pas s'rr.
cliner sans combattre devant la paix de vio-
lence (Bravos) ; un gouvernement qui n'au-
rait pas- ce sentiment serait condamné au
mépris du 'peuple oui combat. oui travaille
(Approbation), il serait balayé par la colèro
tÏÏ ! opirhun puisque.
Mais, Messieurs, nous devons déjà au-
jourd'hui envisager aussi dans toute sa por-
tée la deuxième éventualité. Le peuple alle-
mand ne doit pas être conduit en aveugle
à là table des négociations.
La question de droit ne s'arrêtera pas à
nos frontières nationales, que nous n'ou-
vrirons jamais à la violence. Les principes
que nous avons adoptés comme règles tou-
chant, aussi aux problèmes de l'intérieur de
l'empire.
On m'a, de nombreux côté, reproché que
l'acceptation des conditions du président
Wilson constitueraient ln soumission à un
tribunal ennemi de l'Allemagne qui tran-
cherait la question de droit à l'unique point
de vue de ses propres intérêls, Si cela était,
pourquoi les politiciens extrémistes de l'En-
tente veulent-ils éviter la salle des négocia-
tions. comme un coupable cherche a éviter
le tribunal ?
La Société des Nntions
Le rtoini ccntrot de tout le programme de
M. Wïlscn est laSodÓlé des Nations, qui
LA SITUATION
Les questions épineuses
Sans se laisser émouvoir par les manie
lestations sensationnelles de Berlin, le ma-
réchal Foch continue la guerre. Pour l'é.
tat-major de l'Entente rien ne compte, hor-
mis la marche en avant, sur les talons ou
contre let poitrines des soldats ennemis.
C'est la sagesse même.
Les perfidies diplomatiques sont une eie.
nace réelle contre la paix. Les notes aile..
mandes laissent dans l'obscurité les ques-
tions épineuses. qelle de l Alsace-Lorraine,
d'abord, celle de ïa Pologne, celle des pro-
vinces russes « annexées.» ou presque. Il
est assez probable que ces problèmes ne
seront éclairés qu'à la lueur de nos nou-
velles victoires
On n'aura pas été sans remarquer que
la presse allemande lait état de l'évacua-
tion des territoires libérés par nos armes,
en Belgique et en France, tout comme s'il
s'agissait d'abandons volontairement con-
sentis par l'ennemi dont le cynisme dépas-
se tout ce que l'on pouvait imaginer.
Les mesures de clémence hdtivement
proclamées par l'envahisseur en laveur des
Belges victimes de leur patriotisme sont
pour le moins tardives ; l'attitude tina16
adoptée par les massacreurs, les pillards
et les. incendiaires dans leur récente note
au Vatican dénote une fameuse dose d'hy-
pocrisie. , ,
Faisons donc nôtre la pensée que, pour
avoir raison des pièges et des fourberies,
il faut poursuivre et achever l'œuvre mili-
taire de salut public et d épuration mon-
diale.. '-',
A cet effet, la manœuvre des Flandres
s accentue. la Lys est franchie par les
Français à une dizaine de kilomètres au
sud-ouest de Gana et plus loin encore en
remontant le cours de la rivière. Des têtes
de pont larges et solides ont été établies
sur la rive droilt Les Anglais, en amont
et en amU de Courtrai, ont dépassé la Lys
et atteint l'Escaut dont ils occupent la
rive gauche à proximité de Tournai et à
Valenciennes.
Il e ne pourront pas ttJnir sur la rive droite de
la ujs, dont ils avaient pensé faire un
O.J.)lut.:ttJ .(wère. Tout annonce même que
les progrès rapide» des armées Plumer et
Birdwnod enlèvent 4 l'ennemi les sécurités
qu'il espérait rencontrer sur la rive droite
de l'Escaut où il aurait appuyé la ligne de
résistance tendue de la Belgique à VAl-
saçe. Et si. comme il est dit, l'Escaut mê-
me est franchi à Pecq, près tournai, par
les Britanniques, les Belges menaçant
Gand et Termonde, c'est à brel délai l'èna.
cuation obligée de Bruxelles et la nécessité
imposée à l'ennemi de replier sévèrement
son aile droite. C'est aussi la perspective
d'une opération intéressante contre Anvers.
Dès lors, le dernier point d'appui de la
retraite allemande devient le cours de la
Meuse. Mais les Américains joueront là
une partie sérieuse. Il est permis de sup-
poser que d'ici une quinzaine dé jours, si
l'Allemagne ne se résout pas à s'avouer
vaincue, le fron.t de bataille aura subi de
profondes et très importantes mOdifica-
tions. Nous atteignons une période où les
événements doivent se précipitef.
Camille DEVILAR.
ne peut pas réussir, à moins que tous les
peuples nlarrivent à se dominer eux-mê.
nies. La réalisation de la communauté. de
droit exige de nous, comme des autres, une
renonciation à une p'artie de l'autonomie
absolue qui était jusqu'à maintenant le si-
gne des droits de la souveraineté.
Le sens dans lequel nous suivrons ce dé-
veloppement nécessaire sera d'une impor-
tance décisive pour tout notre avenir.
Si aujourd'hui, dans cette heure difficile,
je place deivsant les yeux de notre peuple
l'idée d'une Ligue des Nations comme une
source de consolation et de force nouvelle,
je ne me fais aucun illusion sur les sérieux
obstacles qui restent à surmonter avant
que cette idée puisse être réalisée.
Personne ne peut dire si cette réalisation
sera rapide ou lente, si les jours ou les se.
maines prochains nous appellent à conti-
nuer, la lutte ou s'ils ouvrent la voie de
la paix ; personne ne peut douter que nous
serons seulement à la hauteur des tâches
de la guerre ou de la paix, en réalisant te
programme gouvernemental et en abandon-
nant d'une façon décisive l'ancien système.
(Vifs applaudissements 4 gauee.) 4
La Patrie en danger
Le ehaasceilier a terminé ainsi :
« Il y a encore, dans les profondeurs de
notre peuple des trésors que seule la li-
berté peut mettre à jour. Dans l'histoire de
la nation allemande, les heures qui parais-
saient rabattre furent toujours aussi les
heures qui marquèrent la naissance d'une
nouvelle force spirituelle : nmis. pour que
notre caractère particulier puisse se déve-
lopper tranquillement, il faut que nous
puissions conserver. nos droits chez nous.
L'ennemi est à nog portes : notre première
et dernière pensée va aux braves qui tes
défendent contre les ennemis supérieurs
en nombre et que nous devons défendre
contre des accusations injustifiées. (Bra-
ves.)
Appel au soldat
« Messieurs, nps soldats sont aujourd'hui
dans une situation effroyablement dure ; ils
combattent étant assaillis de soucis pour
l'intérieur ; ils combattent en ayant l'idée
de paix en téte et résistent. Nous les re-
mercions. Nous avons confiance en eux.
Nous leur crions : « Le pays ne vous aban-
donne pas (Bravos); ce qu'il Nous faut, ce
qu'il peut vous donner ert hommes, en res-
sources, en courage, vous l'aurez. Il (Yifs
applaudissements.)
La discussion ci ensuite commercé.,
POLITIQUE ETRANGERE
-
Les Allemands"
d'Autriche
Après Tchèques et Yougo-Slaves, HO'
grois, Polonais et Roumains, les Allemands
se mettent à faire bande à part. Lundi,
l'Etat allemand d'Autriche a été proclamé à
Vienne, dans cette salle de la Herrengasse
qui avait été témoin jusque-là des débats
oratoires entre chrétiens-sociaux, panger-
manistes et socialistes. Les adversaires de
la veille se déclarent d'accord npnr c 00" nit
Etat autonome allemand d'Autriche qui em
brasserait tous tes pays yuw Hymens ..,,,.JI-
tés par des Allemands. Il n'est pas question
des Habsbourg.. Les chrétiens sociaux, qui
représentaient dans la Monarchie l'élément
loyaliste par excellence, dont le parti était
celui du trône et de l'autel, n'ont même pas
tenté de soutenir les droits de la couronne.
Ils suivent le courant nationaliste.
Les social..démocrates de même. C'est du
reste un des leurs, Seitz, qui présidait cette
réunion historique. Elle marque bien la dé-
chéance des Habsbourg, dont le frêle des-
cendant, entouré de conseillers débiles ou
mal intentionnés, n'a plus ni la force, ni
l'autorité pota* retenir lés peuples sous son
sceptre impérial. Il n'y a pas longtemps
encore la dynastie était le lien qui cimen-
tait l'union des peuples autrichiens. Aujour-
d'hui, elle est tombée dans l'oubli et. l'im-
puissant Hussarek ne parvient même plus
à trouver un appui quelconque dans le Par-
lement.
La situation actuelle ressemble étrange-
ment à celle de 1848, mais à cette époque
la dynastie pouvait compter sur les popu-
lations slaves, tandis que maintenant.
A signaler la tendance qui s'est fait Jour
à la séance constitutive de l'assemblée na-
tionale provisoire de l'Etat allemand d'Au-
triche.
La question y a été nettement agitée dm
l'union du nouvel Etat à l'empire allemand
en qualité d'Etat confédéré.
C'est parler clair. Si, sous l'influence de la
victoire des armées de l'Entente, nous as-
sislons consécutivement, en Allemagne et
en Autriche, aux premiers commencement
d'une Révolution allemande, cette Révolu
tion revêt wve forme nationaliste,
Elle serait tout le contraire d'une révo
lution sociale.
En évoquant le principe des nationalités
les alliés n'ont pas précisément en vue (Tu
chever l'unité nationale des 90 millions d" h
lemands. C'est cependant à quoi tendent les
demies événements d'Allemagne et d'Au-
triche ci l'on n'y pyend garde.
Louis BRESSE.
ii » •
On Di t *..
En passant
L'immigration des hirondelles
On dit bien souvent, et l'on chanta même 4
retrain :
Dans la gendarmerie,
Quand un gendarme rit,
ro.ç les gendarmes rient. etc.
Se ne me Suis jamais rendu compte de visu de
la vérité qu'il peut y avoir là-dedans.
Mais ce que je sais très bien. c'est que lors-
qu'un gendarme ne rit pas, le diabie y serait,
qu'il ne le ferait pas rire.
E4 surtout au sujet du règlement ; là-dcssus, le
gendarma est, parait-il, à cheval. Eh ! bien, je
crois que, pour u-no fois, les pandores ont mis
pied à terre.
Je. m'en suis aperçu dans une gare où sè
trouve une coopérative.
Cette coopé avait reçu, le matin même, un
civ de chocolat et, vous le savez aussi bien
que moi-même, on ne donne pus au delà d'un
certain poids de cet aliment à chaque acheteur..
Or, j'ai vu nos sympathiques ennemis du poilu,
pour lequel ils sont bien souvent si peu tendres,
implorer chacun quelques soldats pour se pro-
curer, par leur intermédiaire. une moyenne
de cinq à six plaques de demi-livre par gendar-
me ; ifs étaient six.
Quelques instants après se-présenta un vieux
pépère, partant en perâ. désireux d'emporter
une plaque de 250 gramittes chez lui. Hélas 1
trois fois hélas 1 Il n'y avait plus de -chpcolab !!
Et, d'ailleurs, pourquoi vint-il me conter son
désappointement. Il aurait agi contre le règle-
ment g'il avait trouvé la précieuse denrée re-
cherchée.
En attendant, c'est l'automne, époefue qui voit
disparaître les hirondelles.
Seulement, cette année, les hirondelles de M.
Poincarê ont emporté avec elles le chocolat eL
fuient, non pas vers d'autres cieux, mais plutôt
vers une coopérative prochaine où, sans mu
doute, ils ferait escale !!.
Paquito.
8)
",.' '),..d'l1ul
Les jeux de l'amour.
A une succursale du Comptoir d'Escomp-
te située. mettons, si vous voulez, non
loin du Moulin-Rouge, il y a queue au gui-
chet du change. Chose curieuse, ce ne sont
que des femmes, d'dgcs divers, mais tou-
tes en toilettes avantageuses. El, chose
plus curieuse encore, elles viennent toutes
pour changer un dollar un seul dollar, con-
tre de la monnaie française.
A celle qui quitte le guichet, son argent
à la maint l'une d'elles demande i : -
- Combien aujourd'hui ?
- Cinq soixante.
- Ah î ;ut J A ce prix-là, ie ne mareTI'
plus. - e (Ayx Ecoutes.,
e
Le camouflage.
L'Amérique a ses. rois, dit notre confrè-
re Causons : les rois de l'acier, du papier.
Noua avons, nous, en plus du Prime des
Poètes, de l'Empereur des Camelots, des
Princes da la Sçtence et des Remèdes Sou-
verains - nous avons en plus, dis-je -
les rois du camotiflage qui nous diront, du
reste en souriant, qu'ils ne sont que dei
néophytes comparativement à Alphonse
Allais.
Celui-ci n'eût ccrtes pas marchandé ses
trouvailles s'il était encore de noire épo-
que.
- Paris est facilement camouflable, an
rail dit le grand humoriste. Il suffil d'ame-
ner les brouillards de la Tamise sur la ré-
gion parisienne. La Seine n'en serait pas
jalouse et cela soulagerait les londoniens
qui se plaignent amèrement de l'épaisseur
de leur brouillard. Et par cela même, on
rendrait .Ç(:, '":ice (tout en. évitant main'*
rhumes de cerveau et des rhumatismes à
nos amis britanniques) aux Parisiens ne demandent qu'à "f' rendre -in r:isU,lcs ,des
Berthas et des Gothas. -
Le Numéro : DIX CENTIMES
ÏECDL 24 OCTOBRENSST
AUGUSTE VACQUERIE
fondateur (1869)
IMMOLE
îftFd : effl. egi
Qlit tO k. du toif : GUTENBERG 00-70
PÛUB u FWBUCITB
s'adresser nu LAPPEL-PUBLICITE
38, M de Strasbourg. - Paris
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
-
EDMOND DU MESNIL
Dinoctoun
EMINTS : 1
Chaa SUwSb îtôsnajs
Sra» & S>»W«©fSE* q..,. js »
Pranci & Coloxies., «d » 11 » 6 »
Etranger 32 b 18 » 9 »
REDACTION ET ADMINISTRATION
38. Boulevard de Strasbourg. — Paris.
TRIBUNE LIBRE
la Heconstitation
des départements envahis
L'hydre germanique recule;
le Kaiser, en prières, demande
la paix honorable, comme si
l'humanité torturée pouvait
raiter avec ce rustre laux
dbois, qui a fait couler des
fleuves de sang innocent.
Lorsque Guillaume fut tout à fait
prêt, à son heure choisie, il rua ses
hordes barbares sur la France et la Bel-
gique, détruisant tout, lazziant toutes
les richesses accumulées depuis des siè-
cles, rendant esclaves les populations
civiles, les tortionnant de toutes maniè-
res pour le plaisir allemand.
Pendant plus de quatre ans, ces dé-
vastations systématiques furent conti-
nuées avec un acharnement toujours
plus progressif, détruisant hommes et
choses inlassablement, dans le but de
semer l'épouvante par toutes les nations
alliées.
De toutes ces atrocités criminelles, il
arriva forcément ce qui devait arriver :
les forces morales se dressèrent contre
la brutalité teutonnique. Et du monde
entier accoururent les phalanges démo-
cratiques pour abattre la puissante et
orgueilleuse « Deutschland ».
La paix viendra à son heure et avec
ses conséquences terribles. En dehors
des grandes questions territoriales, de
nationalités et des rancons formidables
que les Centraux et leurs alliés auront à
régler, il y a d'autres questions plus ter-
re à terre qu'il s'agira de comprendre
dans les conditions de paix, comme la
réparation intégrale des dégâts et la
restitution totale de tous les vols com-
mis par ces brigands.
Si nous étions obligés de tirer de, chez
nous toute la main-d'œuvre, tous les
matériaux, fer, bois, fonte, acier, ci-
ment, verre, briques, etc., les recons-
tructions ne pourraient se faire que très
lentement, et à un prix de revient im-
possible a prévoir. Il faudra donc met-
tre, dans le traité à intervenir, que tous
les maçons, tailleurs de pierres, char-
rons, menuisiers, peintres, forgerons,
bûcherons, terrassiers, etc., etc., de
toute l'Allemagne et de ses alliés, seront
réquisitionnés militairement, aux frais
'de ces Etats, pour venir reconstruire
les édifices publics et privés qu'ils ont
détruits, réédifier tous les villages et
toutes les villes qu'ils ont mis en rui-
nes, en France, en Belgique, etc.
Ces reconstruction se feront par sé-
ries, suivant l'importance, l'utilité,
l'emplacement qui leur seront destinés.-
Les portes, fenêtres, chevrons, poutres,
solives, etc., avec tous les accessoires
nécessaires, arriveront d'Allemagne,
par millions, à pieds d'œuvre, prêts à
être posés. Il en sera de même de tous
les matériaux ; pierres de taille, bri-
ques, plâtre, ciment, sable, ardoises,
tuiles, vitres, zinc, gouttières, etc., etc..
Les meubles enlevés, ou détruits, le
linge, les matelas, les pendules, couver-
tures, l'argent, les titres, actions ou obli-
gations ; lés chevaux, vaches, moutons,
volailles, cochons, céréales, outillages
agricoles, etc., etc., etc., toutes ces ri-
chesses, volées ou anéanties, devront
également revenir, à l'état 1e neuf,
et être restituées aux propriétaires, que
ce soit des usines, des particuliers, des
fabricants ou des magasins ainsi que
toutes les machines.
Nous n'indiquons, à titre d'exemple —
l'énumération serait trop longue —
qu'une très minime partie des objets
ou matières qui devront être ainsi ren-
dues en nature. Le compte général en
sera établi par espèces et catégories,
et ces bourreaux criminels, des hom-
mes et des choses, seront contraints à
les remplacer..
Pour son œuvre de carnage, Guillau-
me avait tout calculé. S'il avait réfléchi,
lui qui s'inspire de l'esprit de son bon
vieux dieu allemand, à l'adage terres-
tre : « Qui casse les verres, les paie j), il
aurait peut-être renoncé au cataclys-
me mondial qu'il a déchaîné, et pris
la voie pacifique, la seule qui mène à
la gloire durable et à la prospérité des
Etats.
On dira peut-être qu'on n'a jamais
inséré pareilles clauses en nature, dans
un traité de paix. On n'a jamais vu non
plus pareilles destructions systémati-
ques. A temps nouveaux, clauses nou-
velles ! 1
C'est le seul moyen d'arriver rapide-
ment et facilement à la réédification des
contrées ravagées par ces vandales. Que
ferait, en effet, un pet:f propriétaire au-
quel il serait alloué 10.000 francs pour
reconstruire sa maison ? Avec le prix
de la main-d'œuvre et des matériaux,
c'est tout au plus s'il arriverait à bâtir
bien une cabane à lapins.
Que nos diplomates et ceux de l'En-
tente s'insnirent de ces considérations,
en discutent la valeur pratique, et
agissent en conséquence !
Th. GREUET.
Brillante attaque au sud de Valenciennes
Les Britanniques progressent de près de 5 kilomètres
Nos - troupes avancent sur le front de la Serre
——-.j --'-..,.- .!
Le passage de l'Escaut est forcé
- ) < ■> ■ *
L'ACTUALITÉ
L'heure des réparations
Le prince Max de Bade par-
le beaucoup, mais le citoyen
Delory parle mieux.
J'aime entendre ce prince
mystique celébrer en homélies
ardives le regne des « forces
spirituelles » et du « droit ».
Mais je redoute la mystification sous le
mysticisme, et je me mefie de ces con-
versions soudaines inspirees par la' con-
trainte des événements.
Certes, il sied d'entendre le chancelier
de l'Empire allemand emprunter le vo-
cabulaire du président Wilson, et pro-
noncer des paroles qui contrastent vio-
lemment avec toute l'histoire, tous les
actes, tous les projets récents de l'Alle-
magne.
Je suis un homme de peu de foi dans
les miracles, et je m'etonne que le loup
boche soit sincèrement devenu berger.
En réalité, l'Allemagne a tenté contre
le droit des peuples le plus ignoble coup
de force.
Tant quxelle a cru dans le succès,
elle s'est montrée la bête de proie la
plus sanguinaire qui se soit jamais abat-
tue sur l'humanité.
Son attaque brusquée ayant échoué,
elle invoque mainte, mt ces « forces
spirituelles », qu'elle a bafouées, et ce
« dIoit » qu'elle n'est pas parvenue à
étrangler.
Repentir? conversion ? Possible,
Mais la preuve que la page de l'évan-
gile nouveau n'est pas un autre « chif-
fon de papier » ?
La garantie que sous les gants de
velours du prince, les ongles du retire
ne restent pas aiguisés ?
Certes ! c'est un succès diplomatique
incontestable, dû à nos victoires, d'avoir
contraint le gouvernement impérial alle-
mand à cette attitude imprévue.. *
Mais puisqu'il invoque le droit, il faut
qu'il se soumette aux règles de la
justice.
La justice : c'est la force malfaisante
qui a déchaîné la guerre —1 Hohenzollern
et militarisme allemand - à jamais
abolie.
[,a justice : c'est le châtiment des cri-
mes.
La justice : c'est des garanties pour
la constitution de la Société naissante
des Nations.
La justice : c'est le cri émouvant du
député socialiste de Lille : « Pas de
paix, sans réparations ! »
EDMOND DU MESNIL
- —————————.
DÉMOBILISATION
Bien qxia l'heure de la paix soit pro-
blématique encore, il importe de ne pas lais-
ser au hasard des improvisations les me-
sures à prendre à l'occasion de la démobi..
lisallon.
Que deviendront, en particulier, les « en-
gagés volontaires pour la durée de la guer-
re 1) ?
Certes, il ne reste qu'un bien Delit nom-
bre de ces Français qui, pouvant ne pas
servir, se sont patriotiquement précipités
sous les drapeaux.
Ne serait-ce pas un devoir que de les li-
bérer dès conclusion de l'armistice, s'il y
a armistice ?
Les rlements, observas a la lettre, di-
sent peut-être non. Plus de quatre années
de batailles disent certainement oui.
Lequel, parmi nos amis du Parlement,
s'honorera en faisant trancher cette ques-
tion. par les Assemblées ?
'■■iii ■ i *
LA RETRAITE
Le Telegraaf signale une canonnade près
de la frontière hollandaise. Plusieurs obus
sont tombés en" territoiro néerlandais
Les Allemands sont prêts à traverser la
frontière, qui a été évacuée par les Hollan-
dais sur une zone dont la profondeur dé-
passe 1.000 mètres.
Le poste frontière de Stroobrugge est tou-
jours occupé par les Allemands. Le pont
sur le Schipdenk-Shevart est en flammes.
-
La Note allemande
L'opinion générale dans les milieux par-
lementaires de Washington, et
rement parmi les républicains. se prononce
pour qu'il soit mis fin aux négociations
avec l'Allemagne.
L:J commission des affaires extérieures
du Sénat montre une' tendance à soumet-
tre la. note à l'entente avant que le Pré-
sident Wilson n'y fasse réponse.
Le leader républicain du Sénat, M. Lod..
ge, a qualifié la dernière note allemande do
(piège grossier ttjndu d'une facor) mala-
droitc pour enlraîner les Etats-Unis dans
des discussions diplomatiques1 qu'ils doi-
vent, n-t. Í 1 dit, éviter par-dessus tout a.
J'hcure actuelle.
*
Communiqués Français
l- - -.
14 HEURES.
Le butin capturé par les troupes de la 1ro armée pendant les combats des 17 et
18 octobre comprend 81 canons, une centaine de mortiers de tranchées, de nom-
breux canons de 37, plus de 700 mitrailleuses et un matériel de guerre de toute
sorte.
Sur le front de la Serre, l'ennemi continue à se montrer vigilant et à s'opposer
par ses feux de mitrailleuses à nos tentatives de, francbissement de la Serre et de
la Souche.
Plus à l'est, nos troupes ont réalisé des progrès entre Nizy-le-Gomte et le
Thour et fait des prisonniers.
23 HEURES.
? Grande activité de l'artillerie sur le front de l'Oise.
Entre l'Oise et la Serre, nous avons gagné du terrain au nord dé CATÏLLON-
DU-TEMPLE et porté nos lignes jusqu'aux lisières de CHEVRESIS-LES-DAMES.
Plus à l'est, nous avons enlevé le bois énergiquement défendu au nord-est de Mes-
brecourt-Richecourt. 150 prisonniers sont restés entre nos mains.
Des combats acharnés ont eu lieu, au cours de la journée, sur le front de la
Serre et de la Souche. NOS UNITES, BRISANT LA RESISTANCE DE L'ENNEMI,
ONT REUSSI A DEBOUCHER ENTRE FROIDMONT-COHARTILLE ET PIERRE-
PONT et à se maintenir sur la rive est à la hauteur de la lerme Brazicourt, malgré
une forte contre-attaque allemande. Au sud-est de Nizy-le-Comte, nous avons accen-
tué nos progrès.
A l'est de l'Aisne, la lutte se maintient vive dans la région de Vouziers. Les Al-
lemands ont attaqué le village de Terron et nos positions à l'est de Vandy. Ils ont
été repoussés avec des pertes sérieuses.
Entre Olizy et Grandpré, nous nous sommes emparés du moulin de Beaurepaire,
en faisapt des prisonniers. -
Communiqués britanniques
14 HEURES.
Ce matin, de bonne heure, nos troupes ont attaqué sur le front le Cateau-Soles-
mes et font des progrès satisfaisants.
Plus au nord, entre Valenciennes et Tournai, nous avons pris BRUAY et avons
atteint la RIVE OULST DE L ESCAUT A BLEHARIES ET ESPAIN.
Sur ce front, l'ennemi a opposé hier une vive résistance et de durs combats ont
été livrés, au cours desquels nos troupes ont vigoureusement pressé l'ennemi ; elles
lui ont infligé de lourdes pertes, et le refoulant de ses positions, lui ont tait un cer-
tain nombre de prisonniers.
23 heures.
L'attaque déclenchée ce matin entre le canal de la Sambre et de l'Escaut, au
sud de Valenciennes, a été exécutée par des troupes anglaises et écossaises des 3"
et 46 armees. Nos troupes ont progressé à travers un terrain dùficile, coupé par de
nombreux ruisseaux, villages et petits bois, qui ont été défendus par l'ennemi avec
beaucoup de résolution.
AU COURS DE LA JOURtfEE, NOS TROUPES SE SONT FRAYEES UN PAS-
SAGE, malgré une défense opiniâtre de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies ;
AVANÇANT AVEC UN ELAN MAGNIFIQUE , F\L £ S AVAUiNT, QUELQUES
HEURES AVANT L'AUBE, PENETRE DANS LE* DJtiFENSÏS ENNEMIES boa
TOUTE L'EiojNDUE. Du FROxVT H A'ATaQUU ET, CE MATIN DE BONNE JrtEURE*
S'ETAIENT EMPAREES DES VILLAGES IMPORTANTS DE O&'UIL, DE
FOREST ET DE RQMAjMES.
A l'extrême droite, ncus avons rencontré une vive opposition près de la terme
fortiiiée de Gimbremont et oe la siation de chemin de fer voisine, Cette résistance
a été rapidement brisée.
Plus au nord, le village de BEAURAIN .défendu avec une grande ténacité, a
été enlevé par des troupes des comtés anglais appartenant à la 5e division, ap-
puyées par des chars d'assaut. Sur la gauche, dautres troupes anglaises ont, dès
le commencement de l'attaque, traversé la Harpies et se sont emparées de VER-
TAIN.
Au cours de la matinée, nous avons poursuivi notre attaque sur tout le front,
enlevant les positions allemandes SUR UNE PROFONDEUR DE PLUS DE TROIS
MILLES et chassant l'ennemi de nombreux villages, fermes et bois, puissamment
organisés.
Des troupes anglaises de la 25e division ont livré de durs combats dans le bois
l'Evêque et ont réalisé des progrès satisfaisants.
Des unités des comtés de l'Est appartenant à la 18e division, ont avancé sur une
profondeur de trois milles et demi et se sont emparées de BOUSIES. Des batail-
lons anglais et écossais faisant partie des 21" et 33e divisions, se sont emparées
des passages de la HARPIES, près du bois de Vendegies, et ont enlevé le village
de ce nom.
D'autres troupes anglaises, en liaison avec des contingents néo-zélandais, opé-
rant à leur gauche, sont parvenues aux l isières de NEUVILLE et se sont établies
sur les hauteurs au nord de ce village. Plus au nord encore, le village d'ESCAR*
MAIN a été enlevé par des éléments de la 2e et de la 3e divisions.
Dans ces heureuses opérations, nous avons fait plusieurs milliers de prison-
niers et pris de nombreux canons.
L'avance continue sur tout le front d'attaque.
Max de Bade menace
mais avoue les angoisses allemandes
!" I:..a m
L'Ennemiest à nos portes", dit-il
Le discours que le chancelier allemand a
prononcé au Reichstag se divise en deux
parties : la première a trait aux négocia-
tions que l'Allemagne tente d'engager en
vue d'obtenir un armistice ; la seconde trai-
te des réformes intérieures que l'Empire
est obligé de subir sous la pression des évé-
nements.
Sur la situation internationale et les pour-
parlers engagés entre Vienne et Bcrlin, voi-
ci 'quelles ont été ses déclarations :
Paix de droit ou paix de violence
« La première réponse du président à la
démarche de paix allemande a porté dans
tous les pays à sgn apogée, la discussion
sur-cette question : paix de droit ou paix
de violence. Il s'agit d'une lutte d'idées qui
se livre ouvertement dans tous les pays
comme elle devait aussi l'être de la même
façon chez nous. D'un cité, ceux qui
croient que le moment est venu où toute
la haine, la soif de vengeance accumulées
pourront se satisfaire sur notre soi, élèvent
la voix plus fort que jamais ; d'un autre
côté, les partisans sincèros de la ligue des
peuples voient clairement que l'idée fonda-
mentale du nouveau Credo est soumis
aujourd'hui à une épreuve décisive.
Cette idée'fondamentale est celle-ci : avant
qu'aucune puissance isolée quelconque, ou
un groupe de puissances, essaie de moyens
de contrainh? pour faire prévaloir le droit
qu'clle représente contre une autre nation,
il jfaut qu'avec une objectivité et une loyau-
té complètes, on essaie de maintenir la paix
par la voie d'accords volontaires ou l'at-
teindre en tenant compte de la situation in-
ternationale actuelle. Cette lutte d'idées n'est
pas encore terminée. NVius. pouvons nom-
mer les forces spirituelles qui s'opposent
l'une à l'autre, mais non pas apprécier leur
puissance respective.
Les deux éventualités
La dernière noIe du président Wtlscn
n'a donné aucun éelaircisSoncjtfm 'ùD.pC.UfJ'3
allemand sur la question de savoir com-
ment la lutte publique des idées se termi*
nera. Jusque-là, Messieurs, nous devons,
dans toutes nos pensées et nos actes, nous
préparer à deux éventualités : d'oborlt--eel-
le-ci : que les gouvernements ennemis veu-
lent la guerre et que nous n'avons pas d'au-
tre alternative que de nous préparer à nous
défendre avec toute la force d'un peuple
qu'on, pousse aux extrémités. Si cette néces-
sité se présente, je n'ai aucun doute que
le gouvernement allemand, au nom de la
nation allemande, pourra appeler le peuple
à la déîense nationale, exactement comme
il avait le droit de parler au nom du peu-
ple allemand en intervenant pour la pais
(Applaudissements). Celui qui se plaça loya-
lement sur le terrain de la paix de droit
s'est engagé en même temps à ne pas s'rr.
cliner sans combattre devant la paix de vio-
lence (Bravos) ; un gouvernement qui n'au-
rait pas- ce sentiment serait condamné au
mépris du 'peuple oui combat. oui travaille
(Approbation), il serait balayé par la colèro
tÏÏ ! opirhun puisque.
Mais, Messieurs, nous devons déjà au-
jourd'hui envisager aussi dans toute sa por-
tée la deuxième éventualité. Le peuple alle-
mand ne doit pas être conduit en aveugle
à là table des négociations.
La question de droit ne s'arrêtera pas à
nos frontières nationales, que nous n'ou-
vrirons jamais à la violence. Les principes
que nous avons adoptés comme règles tou-
chant, aussi aux problèmes de l'intérieur de
l'empire.
On m'a, de nombreux côté, reproché que
l'acceptation des conditions du président
Wilson constitueraient ln soumission à un
tribunal ennemi de l'Allemagne qui tran-
cherait la question de droit à l'unique point
de vue de ses propres intérêls, Si cela était,
pourquoi les politiciens extrémistes de l'En-
tente veulent-ils éviter la salle des négocia-
tions. comme un coupable cherche a éviter
le tribunal ?
La Société des Nntions
Le rtoini ccntrot de tout le programme de
M. Wïlscn est laSodÓlé des Nations, qui
LA SITUATION
Les questions épineuses
Sans se laisser émouvoir par les manie
lestations sensationnelles de Berlin, le ma-
réchal Foch continue la guerre. Pour l'é.
tat-major de l'Entente rien ne compte, hor-
mis la marche en avant, sur les talons ou
contre let poitrines des soldats ennemis.
C'est la sagesse même.
Les perfidies diplomatiques sont une eie.
nace réelle contre la paix. Les notes aile..
mandes laissent dans l'obscurité les ques-
tions épineuses. qelle de l Alsace-Lorraine,
d'abord, celle de ïa Pologne, celle des pro-
vinces russes « annexées.» ou presque. Il
est assez probable que ces problèmes ne
seront éclairés qu'à la lueur de nos nou-
velles victoires
On n'aura pas été sans remarquer que
la presse allemande lait état de l'évacua-
tion des territoires libérés par nos armes,
en Belgique et en France, tout comme s'il
s'agissait d'abandons volontairement con-
sentis par l'ennemi dont le cynisme dépas-
se tout ce que l'on pouvait imaginer.
Les mesures de clémence hdtivement
proclamées par l'envahisseur en laveur des
Belges victimes de leur patriotisme sont
pour le moins tardives ; l'attitude tina16
adoptée par les massacreurs, les pillards
et les. incendiaires dans leur récente note
au Vatican dénote une fameuse dose d'hy-
pocrisie. , ,
Faisons donc nôtre la pensée que, pour
avoir raison des pièges et des fourberies,
il faut poursuivre et achever l'œuvre mili-
taire de salut public et d épuration mon-
diale.. '-',
A cet effet, la manœuvre des Flandres
s accentue. la Lys est franchie par les
Français à une dizaine de kilomètres au
sud-ouest de Gana et plus loin encore en
remontant le cours de la rivière. Des têtes
de pont larges et solides ont été établies
sur la rive droilt Les Anglais, en amont
et en amU de Courtrai, ont dépassé la Lys
et atteint l'Escaut dont ils occupent la
rive gauche à proximité de Tournai et à
Valenciennes.
Il e
la ujs, dont ils avaient pensé faire un
O.J.)lut.:ttJ .(wère. Tout annonce même que
les progrès rapide» des armées Plumer et
Birdwnod enlèvent 4 l'ennemi les sécurités
qu'il espérait rencontrer sur la rive droite
de l'Escaut où il aurait appuyé la ligne de
résistance tendue de la Belgique à VAl-
saçe. Et si. comme il est dit, l'Escaut mê-
me est franchi à Pecq, près tournai, par
les Britanniques, les Belges menaçant
Gand et Termonde, c'est à brel délai l'èna.
cuation obligée de Bruxelles et la nécessité
imposée à l'ennemi de replier sévèrement
son aile droite. C'est aussi la perspective
d'une opération intéressante contre Anvers.
Dès lors, le dernier point d'appui de la
retraite allemande devient le cours de la
Meuse. Mais les Américains joueront là
une partie sérieuse. Il est permis de sup-
poser que d'ici une quinzaine dé jours, si
l'Allemagne ne se résout pas à s'avouer
vaincue, le fron.t de bataille aura subi de
profondes et très importantes mOdifica-
tions. Nous atteignons une période où les
événements doivent se précipitef.
Camille DEVILAR.
ne peut pas réussir, à moins que tous les
peuples nlarrivent à se dominer eux-mê.
nies. La réalisation de la communauté. de
droit exige de nous, comme des autres, une
renonciation à une p'artie de l'autonomie
absolue qui était jusqu'à maintenant le si-
gne des droits de la souveraineté.
Le sens dans lequel nous suivrons ce dé-
veloppement nécessaire sera d'une impor-
tance décisive pour tout notre avenir.
Si aujourd'hui, dans cette heure difficile,
je place deivsant les yeux de notre peuple
l'idée d'une Ligue des Nations comme une
source de consolation et de force nouvelle,
je ne me fais aucun illusion sur les sérieux
obstacles qui restent à surmonter avant
que cette idée puisse être réalisée.
Personne ne peut dire si cette réalisation
sera rapide ou lente, si les jours ou les se.
maines prochains nous appellent à conti-
nuer, la lutte ou s'ils ouvrent la voie de
la paix ; personne ne peut douter que nous
serons seulement à la hauteur des tâches
de la guerre ou de la paix, en réalisant te
programme gouvernemental et en abandon-
nant d'une façon décisive l'ancien système.
(Vifs applaudissements 4 gauee.) 4
La Patrie en danger
Le ehaasceilier a terminé ainsi :
« Il y a encore, dans les profondeurs de
notre peuple des trésors que seule la li-
berté peut mettre à jour. Dans l'histoire de
la nation allemande, les heures qui parais-
saient rabattre furent toujours aussi les
heures qui marquèrent la naissance d'une
nouvelle force spirituelle : nmis. pour que
notre caractère particulier puisse se déve-
lopper tranquillement, il faut que nous
puissions conserver. nos droits chez nous.
L'ennemi est à nog portes : notre première
et dernière pensée va aux braves qui tes
défendent contre les ennemis supérieurs
en nombre et que nous devons défendre
contre des accusations injustifiées. (Bra-
ves.)
Appel au soldat
« Messieurs, nps soldats sont aujourd'hui
dans une situation effroyablement dure ; ils
combattent étant assaillis de soucis pour
l'intérieur ; ils combattent en ayant l'idée
de paix en téte et résistent. Nous les re-
mercions. Nous avons confiance en eux.
Nous leur crions : « Le pays ne vous aban-
donne pas (Bravos); ce qu'il Nous faut, ce
qu'il peut vous donner ert hommes, en res-
sources, en courage, vous l'aurez. Il (Yifs
applaudissements.)
La discussion ci ensuite commercé.,
POLITIQUE ETRANGERE
-
Les Allemands"
d'Autriche
Après Tchèques et Yougo-Slaves, HO'
grois, Polonais et Roumains, les Allemands
se mettent à faire bande à part. Lundi,
l'Etat allemand d'Autriche a été proclamé à
Vienne, dans cette salle de la Herrengasse
qui avait été témoin jusque-là des débats
oratoires entre chrétiens-sociaux, panger-
manistes et socialistes. Les adversaires de
la veille se déclarent d'accord npnr c 00" nit
Etat autonome allemand d'Autriche qui em
brasserait tous tes pays yuw Hymens ..,,,.JI-
tés par des Allemands. Il n'est pas question
des Habsbourg.. Les chrétiens sociaux, qui
représentaient dans la Monarchie l'élément
loyaliste par excellence, dont le parti était
celui du trône et de l'autel, n'ont même pas
tenté de soutenir les droits de la couronne.
Ils suivent le courant nationaliste.
Les social..démocrates de même. C'est du
reste un des leurs, Seitz, qui présidait cette
réunion historique. Elle marque bien la dé-
chéance des Habsbourg, dont le frêle des-
cendant, entouré de conseillers débiles ou
mal intentionnés, n'a plus ni la force, ni
l'autorité pota* retenir lés peuples sous son
sceptre impérial. Il n'y a pas longtemps
encore la dynastie était le lien qui cimen-
tait l'union des peuples autrichiens. Aujour-
d'hui, elle est tombée dans l'oubli et. l'im-
puissant Hussarek ne parvient même plus
à trouver un appui quelconque dans le Par-
lement.
La situation actuelle ressemble étrange-
ment à celle de 1848, mais à cette époque
la dynastie pouvait compter sur les popu-
lations slaves, tandis que maintenant.
A signaler la tendance qui s'est fait Jour
à la séance constitutive de l'assemblée na-
tionale provisoire de l'Etat allemand d'Au-
triche.
La question y a été nettement agitée dm
l'union du nouvel Etat à l'empire allemand
en qualité d'Etat confédéré.
C'est parler clair. Si, sous l'influence de la
victoire des armées de l'Entente, nous as-
sislons consécutivement, en Allemagne et
en Autriche, aux premiers commencement
d'une Révolution allemande, cette Révolu
tion revêt wve forme nationaliste,
Elle serait tout le contraire d'une révo
lution sociale.
En évoquant le principe des nationalités
les alliés n'ont pas précisément en vue (Tu
chever l'unité nationale des 90 millions d" h
lemands. C'est cependant à quoi tendent les
demies événements d'Allemagne et d'Au-
triche ci l'on n'y pyend garde.
Louis BRESSE.
ii » •
On Di t *..
En passant
L'immigration des hirondelles
On dit bien souvent, et l'on chanta même 4
retrain :
Dans la gendarmerie,
Quand un gendarme rit,
ro.ç les gendarmes rient. etc.
Se ne me Suis jamais rendu compte de visu de
la vérité qu'il peut y avoir là-dedans.
Mais ce que je sais très bien. c'est que lors-
qu'un gendarme ne rit pas, le diabie y serait,
qu'il ne le ferait pas rire.
E4 surtout au sujet du règlement ; là-dcssus, le
gendarma est, parait-il, à cheval. Eh ! bien, je
crois que, pour u-no fois, les pandores ont mis
pied à terre.
Je. m'en suis aperçu dans une gare où sè
trouve une coopérative.
Cette coopé avait reçu, le matin même, un
civ de chocolat et, vous le savez aussi bien
que moi-même, on ne donne pus au delà d'un
certain poids de cet aliment à chaque acheteur..
Or, j'ai vu nos sympathiques ennemis du poilu,
pour lequel ils sont bien souvent si peu tendres,
implorer chacun quelques soldats pour se pro-
curer, par leur intermédiaire. une moyenne
de cinq à six plaques de demi-livre par gendar-
me ; ifs étaient six.
Quelques instants après se-présenta un vieux
pépère, partant en perâ. désireux d'emporter
une plaque de 250 gramittes chez lui. Hélas 1
trois fois hélas 1 Il n'y avait plus de -chpcolab !!
Et, d'ailleurs, pourquoi vint-il me conter son
désappointement. Il aurait agi contre le règle-
ment g'il avait trouvé la précieuse denrée re-
cherchée.
En attendant, c'est l'automne, époefue qui voit
disparaître les hirondelles.
Seulement, cette année, les hirondelles de M.
Poincarê ont emporté avec elles le chocolat eL
fuient, non pas vers d'autres cieux, mais plutôt
vers une coopérative prochaine où, sans mu
doute, ils ferait escale !!.
Paquito.
8)
",.' '),..d'l1ul
Les jeux de l'amour.
A une succursale du Comptoir d'Escomp-
te située. mettons, si vous voulez, non
loin du Moulin-Rouge, il y a queue au gui-
chet du change. Chose curieuse, ce ne sont
que des femmes, d'dgcs divers, mais tou-
tes en toilettes avantageuses. El, chose
plus curieuse encore, elles viennent toutes
pour changer un dollar un seul dollar, con-
tre de la monnaie française.
A celle qui quitte le guichet, son argent
à la maint l'une d'elles demande i : -
- Combien aujourd'hui ?
- Cinq soixante.
- Ah î ;ut J A ce prix-là, ie ne mareTI'
plus. - e (Ayx Ecoutes.,
e
Le camouflage.
L'Amérique a ses. rois, dit notre confrè-
re Causons : les rois de l'acier, du papier.
Noua avons, nous, en plus du Prime des
Poètes, de l'Empereur des Camelots, des
Princes da la Sçtence et des Remèdes Sou-
verains - nous avons en plus, dis-je -
les rois du camotiflage qui nous diront, du
reste en souriant, qu'ils ne sont que dei
néophytes comparativement à Alphonse
Allais.
Celui-ci n'eût ccrtes pas marchandé ses
trouvailles s'il était encore de noire épo-
que.
- Paris est facilement camouflable, an
rail dit le grand humoriste. Il suffil d'ame-
ner les brouillards de la Tamise sur la ré-
gion parisienne. La Seine n'en serait pas
jalouse et cela soulagerait les londoniens
qui se plaignent amèrement de l'épaisseur
de leur brouillard. Et par cela même, on
rendrait .Ç(:, '":ice (tout en. évitant main'*
rhumes de cerveau et des rhumatismes à
nos amis britanniques) aux Parisiens ne demandent qu'à "f' rendre -in r:isU,lcs ,des
Berthas et des Gothas. -
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