Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1918-10-23
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 23 octobre 1918 23 octobre 1918
Description : 1918/10/23 (N17506). 1918/10/23 (N17506).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k75509945
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
f BRUMAIRE, ta* ÏZ7. — Nv 17.506
r Ktunéro : DIX CENTIMES
MERCREDI 23 OCTOBRE 1918. - 2*-
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nord : 24-90, 21-91..
ftprèg 10 h. du soiI: : GUTENBERG 00-7#
POUR M PUBLICITE
Cadre» er au RAPPEL-PUBLICITE
28, M de Strasbourg. — Parjb
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
j
!iI;o.
EDMOND DU MESNIL
Directeur
i ABONNEMENTS
UJ) an Six mois Trolls mqle
SEINH "S.-IT-OISI.( .,. 8 »
FRANCE & Goloni £$.*, tO 1t i 0 »
Etranger 32 » 16
REDACTION ET ADMINISTRATION
88.. Boulevard de Strasbourg. — PARti.
TRIBUNE LIBRE
e
Les Garanties
qu'il nous faut
Le problème « Ses garan-
ties », dont tout le monde
parle, ne me semble pas enco-
re avoir été posé exactement.
Il faut l'envisager, selon nous,
à deux points de vues diffé-
rents, si ce n'est à trois.
Premier point de vue : L'Allemagne
fest-elle de bonne foi ? Si oui, nous pou-
vons laisser libre cours à la générosité
française ; c'est ce que veulent certains
Socialistes majoritaires. Mais il semble
\Men que l'Allemagne ne propose un ar-
mistice que pour préparer, à loisir, une
Nouvelle guerre ou plutôt pour organi-
ser une résistance qui lassera la téna-
cité des Occidentaux, les conduira à la
paix boîteuse, et permettra aux diri-
geants 'de l'Allemagne de préparer la
guerre de demain, la guerre foudroyante
es sous-marins, des avions en masses,
(les gaz délétères et des microbes, contre
ea France toute proche, trop proche,
contre la France-otage plus que jamais,
grâce aux armes nouvelles.
Deuxième point de vue : Alors nous
îie saurions accorder d'armistice sans
Ide très sérieuses garanties immédiates,
prises contre la défense puissante que
l'Allemagne veut organiser après avoir
Rassemblé ses armées en désordre et sa
population en désarroi. C'est cela qu'elle
iveut faire, ayant perçu les symptômes
de la, débâcle finale, débâele qui' s'an-
noncQt mais qui n'est pas encore s'érieu-
sement commencée, et c'est rendre aux
Occidentaux un très mauvais service
ue d'annoncer cette débâcle comme un
vénement en cours.
Troisième point de vue : Il faut que
les garanties que nous exigerons actuel-
lement préparent les garanties d'après-
guerre.
Nous autres Français devons avoir
^oix prépondérante sur ces questions,
parce que nous sommes sous la patte du
monstre, parce que notre pays sert de-
puis quatre ans de champ de bataille,
pnftn , parce que nous, avons prouvé, , m
maintes circonstances, - notre absence
complète de désir de conquêtes, et notre1
volonté ferme de ne faire la guerre que
(pour que l'Allemagne nous fiche enfin la
paix.
Quels sont les 'dangers que nous cou-
rons pendant l'armistice, si celui-ci du-
re quelques mois'? • •
ils sont de trois sortes, avec les ar-
mes modernes : l'Allemagne peut ter-
miner les trente grands croiseurs sub-
mersibles qu'elle a en achèvement,
d'après le Temps du 3 octobre.
L'Allemagne peut bâcler deux ou trois
mille Gothas et autres avions de bom-
bardement
f L'Allemagne peut terminer une demi-
iiouzaine de batteries de pièces portant
à 200 kilomètres, dont une partie est
idéjà en construction.
Et alors vous voyez le plan de cam-
pagne ? Les armées allemandes tenant
dur et ferme derrière le Rhin mis en
îétat de défense;
Les croiseurs sous-marins, soutenus
par les cuirassés, prenant, les Açores,
s'en servant comme base de ravitaille-
ment, et coupant dans l'Atlantique nos
communications avec les Etats-Unis ;
Les canons à très longue portée et les
Gothas recommençant, avec dsmoyens
décuplés, le bombardement de la région
parisienne. Résultat espéré?
La lassitude et l'horreur faisant con-
sentir les Alliés à la paix boiteuse au
milieu de l'été prochain ! --
Eh bien, non ! Cela ne sera pas
D'abord, parce que notre vieux Bren
nus aura assez d'autorité près de no
Alliés pour qu'on le charge de répondre
lui-même, à ces Boches qui veulent se
rendre, mais qui font trop de façons.
Ensuite, si on leur consent l'armisti-
toe, je compte bien qu'outre les reddi-
tions de canons, la remise des voies, fer-
rées, et autres conditions d'usage, on
exigera des Allemands :
1° La remise aux Français, qui sont
les plus directement intéressés des
trente croiseurs sous-marins à flot et
icelle des cents sous-marins plus petits,
dont cinquante de 1.200 tonnes ;
2° La reddition aux Alliés de tous les
Avions et spécialement des Gothas; la
démolition des usines principales d'avia-
tion ;
3° Contre les batteries à longue portée
menaçant Pans, l'occupation par des
troupes alliées de toute la rive gauche
tiu Rhin suffira.
Quant aux garanties définitives, nous
en parlerons un autre jour, si vous vou-
lez bien.
Mais ce programme, pour assurer la
sécurité de la France, pendant et après
l'armistice, est un minimum. Sachons
donc nous montrer fermes et intransi-
geants sur ces trois points.
OLIVIER CUIHÉNEUCr
LES BRITANNIQUES A VULENCIENNES
Nos troupes progressent sur la Serre et dans les Vosges
L'Escaut est atteint au sud de Tournai
) (
L'ACTUALITÉ
Propos interrompus
M. Brotteaux m'excusera
de l'avoir délaissé deux jours.
La note allemande est venue
interrompre notre conversa-
tion. Achevons-la.
Mon confrère du Populaire
m'a fait observer au'il lui
était difficile de me répondre dans une
« revue de presse ». Je n'en disconviens
pas. Le cadre d'une « revue de presse »
où excelle d'ailleurs M. Brotteaux (ceci
sans malice !) ne convient pas aux longs
développements.
Mais si j'ai bonne mémoire, j'ai eu
le plaisir de lire des articles de M. Brot-
teaux en première page de son journal.
Le jour où il voudra discuter des buts
de guerre et de-s conditions de paix, ses
camarades, j'en suis certain, lui offri-
ront une belle place dans la « une ».
Je m'en réjouis à l'avance.
M. Brotteaux m'a appliqué un peu
sévèrement l'apologue de « la paille et
de la poutre ».
En général, j'adore les apologues, les
adages et les proverbes.
Le bon sens des bons dieux et des. bon-
nes gens s'y réfugie.
Toutefois, je dois confesser a M. Brot-
teaux que l'histoire de « la paille et de
la poutre » ne m'a jamais emballé.
Comme c'est malin de reprocher à un
pauvre bougre de m pas voir une paille,
quand il a reçu une poutre dans l'œil.
De l'œil qui me reste, je vois très bien
où le bdt blesse. mon aimable contradic-
teur.
Je lui demande « où est la rue de la
Paix ? » ** :
Il me* répond : « Connaissez-vous la
rÚedc Berlin ? »
Ça désoriente un p:u nos promenades.
Hais tout finira par s'arranger, et la rue
de la Paix finira par nous conduire tous
deux rue de la Victoire, et placa des
NationS.
Dès maintenant, j'admets que le « dé-
veloppement de la puissance politique
de la démocratie internationale » puisse
contribuer au maintien de la Paix dans
le monde.
Reste à préciser les moyens les plus
efficaces d'établir la paix, et d'obtenir
les garanties solides de sa durée.
Jusqu'ici, je ne vois que la victoire
des armées alliées, et l'abolition du mi-
litarisme allemand.
En réalité, M. Brotteaux finira par
tomber d'accord avec nioi sur ces véri-
tés essentielles.
Et je terminerai pas cette boutade du
roi Henri IV à la reine, sa femme (ça
fera plaisir à Charles Maurras sans cau-
ser (le déplaisir à Brotteaux) : « Comme
nous tomberions fréquemment d'accord,
s'il vous plaisait d'être plus souvent de
mon avis. »
EDMOND DU MESNIL.
LA RETRAITE
Le correspondant du IIandelsblad à Roo-
sendael, apprend que les Allemands de Bru-
xelles sont fiévreusement occupés à éva-
cuer leur matériel de guerre. Les princi-
n&lps gares sont encombrées de colis mili-
taires dont nuit et jour on charge les trams.
De nombreux régiments quittent aussi la
ville. 1
La population de Bruxelles est très agi-
tée, mais à Anvers, elle demeure entière-
ment calme ; l'inclusion de la ville dans la
zone des étapes n'a jusqu'ici apporté aucun
changement.
On mande d'Aardenbourg :
Les postes allemands, en sentinelle, ont
été retirés de Eede pendant la nuit.
Les fusiliers marins allemands qui sent
à la frontière affirment qu'une division en-
tière a été coupée entre le canal de Sel-
zaete et la frontière hollandaise. Ils pen-
sent que cette division recevra à bref délai
l'ordre de firandhir la frontière.
Pour la première fois, depuis samedi, un
avion allemand est apparu ici ; il a essuyé
de nombreux coups de feu de la part des
Britanniques qui se trouvaient de l'autre
côté du canal.
————.——————
A CONSTANTIN OPLE
-..-¡
On mande de Constantinople à la Gazette
du Weser •*
« Les journaux les plus influents conti-
nuent à préconiser la paix séparée avec
l'Entente. L'opinion publique y était géné-
ralement favonable, mais depuis le dis-
cours du prince Max de Bade, le parti
Union et Progrès reprend des forces et
l'opinion aujourd'hui se modifie. On discute
la réforme de la Turquie avec Constanti-
nople comme port libre et les fortifications
des Dardanelles rasées pourvu que les puis-
sances garantissent que Constantinople res-
tera la capitale de la Turquie. *
Communiqués Français
JII!" v- '!U!! B HEURES. -
Au nord de l'Oise, nuit marquée par une grande activité de l'artillerie ennemie.
SUR LE FRONT DE LA SERRE, NOUS AVONS RECOMMENCÉ NOTRE
PROGRESSION. Nos troupes ont atteint la voie ferrée au nord-est d'ASSIS-SUR-
SERRE, ainsi que la FERME SAINT-JACQUES au nord-ouest de Chalendry.
Il se confirme que les attaques menées dans la journée d'hier par les Allemands
ont été très violentes. Nous avons identifiédes éléments appartenant à sept divisions.
1 Ce matin, une tentative allemande sur la ferme La Pardonne a totalement
échoué. -
Dans les Vosges, nos patrouilles ont fait des prisonniers dans la région du col
du Bonhomme.
23 HEURZS.
SUR LE FRONT DE LA SERRE, NOUS AVONS CONTRAINT L'ENNEMI A
UN NOUVEAU RECUL, MALGRE LA DEFENSE OBSTINEE DE SES MITRAIL-
LEUSES. ,
Nous avons pris CHALANDRY et GRANDLUP. Notre ligne borde la Serre jus-
.qu'à Mortiers, passe aux lisières de Froidmont-Cohartille et suit, plus au sud, le
£ anal de la Buze.
Dans la matinée, les Allemands ont renouvelé, à deux reprises, leurs atta-
ques à l'est de Vouziers. Ils ont été partout repoussés. Les troupes tchéco-slovaques,
engagées en liaison avec nos éléments, ont repris le village de Terron, qui était
tombé momentanément aux mains de l'ennemi.
En Alsace, un fort détachement ennemi a tenté, à trois reprises différentes,
d'aborder un de nos centres de résistance, au nord de Thann. Il a été rejeté.
Communiqués britanniques.
*
■ , 14 HEURES. .j
Pendant la nuit, à la suite de combats locaux, nous sa vons avancé notre ligne
jusqu'à la rive gauche de l'Eçaillon, au sud de Thiant, La partie ouest de cette loca-
lité est entre nos mains.
DE NOUVEAUX PROGRES ONT ETE REALISES PAR NOS TROUPES, EN-
TRE VALENCIENES ET TOURNAI. Sur cette partie du front, la résistance enne-
mie s'accroît.
Dans le secteur de-Tournai, au cours de la nuit, à la suite de durs combats,
nous avons chassé l'ennemi du village d'ORCQ et des bois situés dans le voisinage
de FROYENNELLES : nos troupes se trouvent maintenant à moins d'un mille de la
ville.
-, 23 HEURES.
NOS TROUPES SONT ENTREES DANS LES FAUBOURGS OUEST DE VA-
LENCIENNES ET NOUS AVONS PENETRE PROFONDEMENT AU NORD DE
CETTE VILLE, DANS LA FORET DE RAISMES, VERS LA BOUCLE FORMEE PAR
L'ESCAUT A CONDE.
NOUS AVONS REALSE DES PROGRES A L'EST DE SAINT-AMAND ET NOUS
AVONS, AU SUD DE TOURNAI, ATTEINT L'ESCAUT A HOLLAÎN ET A BRUYEL-
LE, QUI SONT EN NOTRE POSSESSION. <
Au nord-ouest de Tournai, nos troupes ont chassé l'ennemi du village de BRO-
YENNES et s© sont portées au delà vers l'Escaut. -, -,,<_
Plus au nord, nous livrons un âpre combat pour les passages de l'Eçaut à Pont-
Chin. , ,/ ,- -¡ ..-
Communiqué belge
Pendant la journée du 22 octobre, l'ennemi a cherché à se maintenir sur la Lys
et le canal de Deynze à la frontière hoU andaise. Il a tenté plusieurs contre-attaques
pour nous rejeter à l'ouest dé Peteghem, que nous avions occupé la veille. Toutes ces
attaques ont échoué avec de fortes pertes.
L'ARMEE BELGE A FRANCHI, EN PLUSIEURS POINTS, LE CANAL DE DEr
RIVATION, Dans- leur retraite, les Allemands ont dû jeter 200 voitures dans le ca-
nal de Bruges à Gand, près de Miserye (ouest de Saint-Georges).
L'armée française a développé, AU SUD DE DEYNZE, la tête de pont sur une
profondeur de trois kilomètres et une largeur de quatre kilomètres. Des patrouilles
ont traversé la Lys plus au sud à VIVE-SAINT-ELOI.
Au cours de ces opérations, onze cents Allemands ont été faits prisonniers par
les Français. La deuxième armée anglaise, malgré une résistance considérable,
mitrailleuses et artillerie, a avancé son front de quinze cents mètres entre Lys et
Escaut et établi une tête de pont sur la rive droite de l'Escaut à l'est de Jfecq.
La poursuite de l'ennemi en Serbie
..- ,", ,pli¡; 1Y.b. P' d. Y.dA!" j .,.¡. -.
» Communiqué de l'armée d'Orient.
Les forces françaises, parvenues sur le Danube à Lompalanka, se sont empa-
rées d'un convoi de chalands ennemis chargés de marchandises et.de farine.
Au nord d'ALEKSINATZ, les forces serbes ont progressé malgré une très forte
résistance de l'ennemi. Leur cavalerie, par une pointe hardie, est parvenue dans la
région à l'est de PARACIN, capturant une partie du convoi du quartier général de la
217e division allemande, dont les archives et les bagages du général von Gallwitz,
commandant la division.
Dans la région d'IPEK-NOVI-BAZAR, des détachements de comitadjis, serba-
monténégrins, appuyés par des éléments français, ont capturé, au cours de combats
avec des forces austro-allemandes en retraite, plus de 1.500 prisonniers et un butin
important.
La Note allemande
ir ■ i~ i ■ T
Aussitôt qu'eût été publiée à Washington
la réponse allemande, le représentant ré-
publicain Poindexter a déposé une motion
qui doit être présentée à la séance com-
mune du Sénat et de la Chambre. Cette mo-
tion propose au Congrès d'interdire de nou-
velles négociations entre les Etats-Unis et
l'Allemagne tant que les forces militaires
allemandes n'auront pas capitulé sans con-
dition.
Les journaux des Etats-Unis qualifient la
dernière note ^emande d' « effort mala-
droit v, fait pour gagner du temps.
La grande majorité, estiment que la red-
dition sans conditions est la seule base pos-
sible des négociations .de paix.
Une « perfidie mal camouflée »
Dans les milieux bien renseignés de Lon-
dres, on considère que la réponse allemande
constitue, non pas une réponse de fait, mais
une simple argumentation augmentée d'une
protestation. A l'estime des milieux officiels,
diplomatiques et politiques, elle ne contient.
que du verbiage. Un haut fonctionnaire la
qualifie de « perfidie mal camouflée ».
■ Le gouvernement n'a pas étudié la répon-
se dans ses détails, quoique le premier
ministre et ses collègues aient eu de lon-
gues conférences aujourd'hui. ,
Le point de vue anglais
L'Agence Reuter apprend que l'aperçu
suivant représente certaines vues rencon-
trées dans les cercles autorisés relativement
à la situation créée par la réponse alleman-
de au président Wilson.
« La note ailemande siuippose que M. Wil-
son a exigé seulement l'évacuation des ter-
ritoires occupés et les Allemands continuent
à se baser sur cette supposition. Ce n'est
pas le cas et c'est là un poinit qui devrait
être entendu sans équivoque possible, La
liberté des mers, comme ils l'entendent, ne
peut dans aucune mesure être acceptée par.
la Grande-Bretagne. Il y a diverses ques-
tions navales qui ont besoin d'être tirées
au clair. D'autres points qui n'ont pas en-
core été touchés comprennent les questions
d'indemnités et de réparations. »
, -,.--.---, J
Une réplique de VAutriche
au présidant Wilson
Le service de propagande de Vienne an-
nonce que « le .gouvernement austro-hon-
grois répondra très prochainement à la notç
du président Wilson, d'autant plus que ce-
lui-ci n'a pas répondu à la question con-
cernant les conditions auxquelles les négo-
ciations de paix sont possibles. »
--------. il
Vifs combats sur ia Meuse
COMMUNIQUE AMERICAIN
Sur le front de Verdun, nous avons main-
tenu et élargi nos gains des jours précé-
dents.
De violentes contre-attaques sur nos nou-
velles positions de la cote 2$7 et du- bois
de Rampes n'ont valu à l'ennemi que des
pertes sévères. Notre ligne reste intacte
partout.
Plus à l'est, nos troupes ont pris le bois
de Forêt, capturant 75 prisonniers.
De part et d'autre de la Meuse, la lutte
d'artillerie s'est intensifiée et l'aviation s'est
montrée plus active.
En Woëvre, au cours d'un raid heureux,
nous avons ramené 29 prisonniers.
LA SITUATION
Entre France et Belgique
C'est devant la frontière franco-belge
que les Allemands ont résolu, paraît-il, de
livrer les suprêmes batailles. Ainsi, leur
territoire,, si nous ne leur accordons pas
l'armistice, demeurera longtemps encore in-
demne et Ce sbnt les provinces françaises
et belges qui continueront à subir l'horreur
et les dévastations de la guerre.
Aux dernières nouvelles de la soirée
d'hier, les Britanniques étaient prêts à en-
trer à Valenciennes et à Tournai. Nous
pouvons donc considérer le - département du
Nord comme libéré jusqu'à hauteur de
Quiévrain, qui est la station-frontière sur
la ligne Saint-Quentin-Valenciennes-Mons.
C'est 'à peine si 40 kilomètres carrés de ce
département restent soumis encore à Voc-
cupation allemande.
Le projet avoué par l'état-major ennemi,
et qui consistait à s'établir, en cas d'extre-
me repli, sur une ligne Lille, Condé, M au-
beuge, Hirson, Mézières, Montmédy reçoit
déjà une fameuse atteinte. Tout le système
de l'aile droite a craqué. Il faut reporter
celle-ci entre Valenciennes et Maubeuge,
et nous ne voyons guère le point d'appui as-
sez solide oit elle pourrait s'accmcher,
puisqu'il n'est pas admissible qu'elle puis-
sc Valenciennes étant aux mains des Bri-
tanniques, s'étayer à la rive droite de l'Es-
caut dan$ la, région de Condé.
Le recvft allemand se fait très lentement.
C'est donc que les positions d'arrêt ne sont
pas encore prêtes à jouer leur rôle. S'il
en était autrement, l'état-major aurait tout
avantage à ne pas prolonger une lutte
meurtrière pour ses armées déjà affai-
blies.
Comment l'ennemi tiendra-t-il sur cette
ligne, et quelle sera-t-elle P
La longueur d'un front établi des environs
de Velenciennes jusqu'à Montmédy serait
d'environ 200 kilomètres. Pour que l'aile
droite puisse se fixer entre Le Quesnoy et
Mons, il importerait que l'ennemi pût con-
server Bruxelles et le Brabant tant que du-
rerait la bataille. Cette condition est problé-
matique, ,'.
D'autre pari, les Britanniques tiennent
Razuel, près Landrecies. Ils ne sont qu'à
35 kilomètres 'de Maubeuge. Les Français
A Si'Gertnainmont, sont- à 60 Mlwnèlres
d'Hirson ; à Vouziers, ils sont à 40 kilomè-
tres de Mézières.
Nous ne voulons pas sous-estimer la va-
leur des troupes allemandes. La manière
sévère qu'elles emploient pour nous conte-
nir, vigueur des contre-attaques lancées
'contrc_notls, démontrent clairement que
nous ne sommes pas aux prises avec un
adversaire démoralisé et las de la lutte.
Mais quelle que soit l'énergie dernière dé-
pensée dans ces batailles qui ne sont pas
sans nous coûter à nous-mêmes: il est dif-
ficile de lutter contre la .supériorité des
moyens matériels. Or, celle supériorité est
nettement en notre faveur.
Le mauvais temps, ces derniers jours, a
considérablement gdné et ralenti les opéra-
tions. Si des progrès remarquables sont ac-
complis par l'aile gauche du front d'offen-
sive de l'Entente, depuis Denain jusqu'à la
frontière hollandaise, nous n'en pourrions
dire autant pour les armées de Debeneu
Mangin, Guillaumat et Gouraud qui mar-
quent le pas tout en se ballant vigoureuse-
ment.
Sur la Meuse, à l'est et à l'ouest du fleu-
ve, les Américains continuent à rencontrer
de sérieuses, difficultés. Ils paraissent, si
Von s'en rapporte au communiqué, nous
avoir relevés au bois des. Caures.Nos poilus
n'auront pas été fâchés de quitter un ins-
tant l'infernal secteur.
Camilla DEV|LAB,
Autour de la bataille
LA POPULATION DE VALENCIENNES
EVACUEE
On apprend que les Allemands ont éva«
617b toute la population civile de Valencien-
nes, qui, avant la guerre, s'élevait â 32.000
habitants. Des ordres furent donnés il y a
îiuk jours pour que tous les habitants soient
prêts à partir à midi, le 13 octobre. Il leur
fut permis de prendre ce qu'ils pouvaient
emporter : mais les moyens de transport
manquaient complètement. Ce fut une lon-
gue procession d'hommes, de femmes et
d'enfants qui partirent, escortés par les Al-
lemands à cheval.
pout/que étrangère
t, QUi asSe les verres les paie. J) Fa:ute
Un Comble
«Qui casse Comble
partager cette façon de voir et parce qu'elle
justifie p fa.. isàit naître son attit*ude l'Alle.
çons que faisait naître son attitude, l'Alle-
la reponse allmande taisait ou ne laissait
entendre que d'une manière assez vague af
prêtant à l'équivoque, la presse allemande
le dit aujourd'hui en termes qui accusent
la mauvaise foi de la politique allemande.
Si la plupart des journaux allemands
sont bres en Ce qui concerne la question
de l'armistice, certains laissent cependant
percer le bout de l'oreille. Wilson insistait
pour quc l'Al1emne reconnaisse la 'su-
prématie Smditsaire des Alliés. Nous voyons,
par les commentaires de la presse alle-
mande, comment l'Allemagne le comprend :
en relevant, comme la Morgen Post le pas
sage de la note allemande relative aux for-
ces en présence ou, comme d'autres jour.
naux, en élevant la prétention qu'il soit
fait défense à Foch de s'avancer dans les
territoires évacués.
Les journaux les plus importants et les
plus modérés, qui » obéissent évidemment a
un mot d'ordre, le prennent tous sur ce
ton. Ils affectent de mettre l'Allemagne sur
un pied d'égalité avec les Alliés C'et
ainsi que la Gazelle de Francfort écrit : « Si
Wilson uMa fin du massacre, il faudra
maintenant fiXr :pQur. l'armistice les con.
dtlléms de temps et de lieu, donner aux re-
présentants des armées en présence l'occa.-
sion de s'expliqller et de Vtermfne.? de
concert, les modalités de l'armistice.
TI autre journal fait sonner très" haut
qu'il ne saurait s'agir d'une reddition sans
conditions, mais bien d'une paix négociée
les armes à là main.
, C'est dans cet esprit, c'est animée de
dispositions pareilles que l'Allemagne, se-
]:m la Gazette de Voss, tient à continuer
la conversation engagée avec Wilson.
Elle pousse en même temps la maladres-
se de charger qui ? de procéder à une soi.
disant enquête sur les-dévastations et les
instructions opérées pendant la retraite des
troupes allemandes : le baron voo Lanc-
ken, le meurtrier dte Miss Edith Cavell,
On ne saurait pousser plus loin la four-
berie et le cynisme.
Après cela, Max de Bade peut prendre la
parole.
Louis BRESSE.
——
On Di t.
";-, - -
En passant
tE fOILU DÎT.
Chaque soir, pour jalonner sa nouvelle ligne,
l'ennemi incendie quelques villages. Nous regar-
dons cela sans élonnetnent, sans indignation.
Nous ne savons plus nous indigner. El le temps
nous manque pour discuter entre nous sur le
Droit, la Civilisation et les conventions interna-
{:!()!lûles. Heureusement ! Il v a autant de ma-
mères de faire la guerre, qu'il v a de recettes
pour accommoder un aloyau. Bemhardi est chef
d'école. rrEstollrnencs de Constant aussi. Ne
nous hâtons nas d'être des disciples. La vérité
d'aujourd'hui peut être l'erreur de demain. De-
vant l'Histoire, le vainqueur justifie toujours sa
conduite. Et l'Histoire l'approuve. Nous' sertsjx?
donc approuvés. La' paix de notre conscience >ëst
asurér., , -
Mais faut-il le dire : nous admirons le travail
de Frilz. Dans l'armée, allemande, chaque soldat
est un spécialiste. Il y a des mitrailleurs, des
grenadiers, d-es - lanceurs de fusées. 11 y a aussi
des pcttoleurs. V ,'. ,
J'imagine que le Boche incendiaire procède se-
Icn des règles minutieusement établies. l'n
hautmann de pompiers doit présider la* ma-
nœuvre :
— Uii zi Dcux, 1. TroiS ). Lancez la çre*
nade! - ,:-:
Et la maison flambe ! C'est simple et rapide
C est' plus qu'une science, c'est un art. En Alle-
magne, on ne doit pas interdire aux petits cil-
fants de jouer avec les allumettes.
Depuis huit jours, j'ai visité des fermes, des
liamceiDx. des villages réduits en cendres par.
l'ennemi en retraite. Les Bochee, qui sollicitent
l'armistice, ont.une manière toute personnelle
d'éclairer les gens qu'ils convient à s'asseoir de-
vant un tapis vert. Les kolonels diront : « C'ezl
pour récHauffer l'enthousiasme de nos hommes.
C'est aussi pour détruire, à l'approçhe de l'hi-
ver, tout ce qui pourrait servir d'abri aux Fian-
çai £ »
Apparemment, cç .n'est pas mal raisonné.
Mais Fritz fait un mauvais calcul. Les nuits sont
fraîches. Nos pieds sont glacés quand le jour se
lève. Alors, nous courrons derrière Fritz. Il agi-
rail prudemment en ne nous obligeant pas à le
poursuivre trop loin. Oh ! je n'ose pas dire que.
nous incendierons demain aussi bien que lu!.
Notre dnstruction militaire est incomplète, hé-
las ! Mais après quelques semaines d'entraîne-
ment, nous ferions mieux que notre professor
d'aujourd'hui. S'il lui plaît de relever le défi
Cn terrain d'expérience ?? La rive droite du
Rhin ! à tout cel& en circulant 'ei
J'ai pensé à tout cela en circulant dans .?et
ruines fumantes. d'_c
.J"ai pensé aussi qu'il serait. avantageux d'é-
pouser la, Ile d'un entrepreneur de travaux pu*,
blics. - ft. P.
Le martyre des populations du Nord
: ;
, >,
MM. Delory et Ragheboom exposent à la Chambre
les souffrances qu'elles ont endurées pendant l'invasion
Durant quatre longues et douloureuses
années, MM. Delory et Ragheboom, députés
du Nord, restés dans les jgtys envahis, ont
connu toutes, les horreurs de l'occupation
allemande. Ils faisaient hier leur rentrée à
la Chambre et ce fut* une chose émouvante
que la manifestation de sympathie dont ils
furent, l'objet de la part de leurs, collè-
gues.
Témoins irrécusables des actes de bar-
barie, commis par les armées du kaiser,
ils en ont réNélé quelques-uns à la tribune,
provoquant l'indignation générale. La Cham-
bre a voté l'affichage de leurs discours, qui,
prononcés avec le seul souci de la vérité,
montreront au pays ce que valent les pro-
testations de ceux qui prétendent n'avoir
jamais enfreint les conventions établies.
Discours de M. Delory
Voici les passages essentiels des déclara-
tions faites par le débuté de Lille :
« Je ne puis passer sous silence aujour-
d'hui deux faits dont j'ai été témoin et qui
5
sont restes dans ma mémoire rumine: M
plus odieux. Ce fut d'abord, en 1916, la
rafle des femmes et des filles en gdeinot
nuit par Ja soldatesque allemande, les rneai
garnies de mitrailleuses, femmes et fille**
arrachées de leur sommeil, les soldais alle
mands restant dans la chambre à esoudiieri
pendant leiur toilette, set, toutes, sans dis-,
tinctioin de classes, soumises à la visite SSK
nitaire. (Mouvement d'indignation.) ,-.,;-
M. Lenoir. - Nous le dirons à noe étf-r4
fants. (Appl.) "j
M. Delory. - Depuis, il y a. eu plu-
sieurs, enlèvements d'hommes — je pour-
rais dire d'enfants — et de vieillards, for-
ces d'aller au travail sous la menace d.
001pS et de suppression de nourriture. A
Il s'agissait non pas des travaux autori-"f
sés par la convention de Berna, mais de
constructions d'abris pour les soldats alle-
mands ou de transports de munitions, et
cela à. quelques kilomètres des lignes : si
bien que beaucoup ont été bleissés par la
mitraille des nôtres.
Tout cela, nous ne pourrons pas Vou-
r Ktunéro : DIX CENTIMES
MERCREDI 23 OCTOBRE 1918. - 2*-
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
TELEPHONE
Nord : 24-90, 21-91..
ftprèg 10 h. du soiI: : GUTENBERG 00-7#
POUR M PUBLICITE
Cadre» er au RAPPEL-PUBLICITE
28, M de Strasbourg. — Parjb
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
j
!iI;o.
EDMOND DU MESNIL
Directeur
i ABONNEMENTS
UJ) an Six mois Trolls mqle
SEINH "S.-IT-OISI.( .,. 8 »
FRANCE & Goloni £$.*, tO 1t i 0 »
Etranger 32 » 16
REDACTION ET ADMINISTRATION
88.. Boulevard de Strasbourg. — PARti.
TRIBUNE LIBRE
e
Les Garanties
qu'il nous faut
Le problème « Ses garan-
ties », dont tout le monde
parle, ne me semble pas enco-
re avoir été posé exactement.
Il faut l'envisager, selon nous,
à deux points de vues diffé-
rents, si ce n'est à trois.
Premier point de vue : L'Allemagne
fest-elle de bonne foi ? Si oui, nous pou-
vons laisser libre cours à la générosité
française ; c'est ce que veulent certains
Socialistes majoritaires. Mais il semble
\Men que l'Allemagne ne propose un ar-
mistice que pour préparer, à loisir, une
Nouvelle guerre ou plutôt pour organi-
ser une résistance qui lassera la téna-
cité des Occidentaux, les conduira à la
paix boîteuse, et permettra aux diri-
geants 'de l'Allemagne de préparer la
guerre de demain, la guerre foudroyante
es sous-marins, des avions en masses,
(les gaz délétères et des microbes, contre
ea France toute proche, trop proche,
contre la France-otage plus que jamais,
grâce aux armes nouvelles.
Deuxième point de vue : Alors nous
îie saurions accorder d'armistice sans
Ide très sérieuses garanties immédiates,
prises contre la défense puissante que
l'Allemagne veut organiser après avoir
Rassemblé ses armées en désordre et sa
population en désarroi. C'est cela qu'elle
iveut faire, ayant perçu les symptômes
de la, débâcle finale, débâele qui' s'an-
noncQt mais qui n'est pas encore s'érieu-
sement commencée, et c'est rendre aux
Occidentaux un très mauvais service
ue d'annoncer cette débâcle comme un
vénement en cours.
Troisième point de vue : Il faut que
les garanties que nous exigerons actuel-
lement préparent les garanties d'après-
guerre.
Nous autres Français devons avoir
^oix prépondérante sur ces questions,
parce que nous sommes sous la patte du
monstre, parce que notre pays sert de-
puis quatre ans de champ de bataille,
pnftn , parce que nous, avons prouvé, , m
maintes circonstances, - notre absence
complète de désir de conquêtes, et notre1
volonté ferme de ne faire la guerre que
(pour que l'Allemagne nous fiche enfin la
paix.
Quels sont les 'dangers que nous cou-
rons pendant l'armistice, si celui-ci du-
re quelques mois'? • •
ils sont de trois sortes, avec les ar-
mes modernes : l'Allemagne peut ter-
miner les trente grands croiseurs sub-
mersibles qu'elle a en achèvement,
d'après le Temps du 3 octobre.
L'Allemagne peut bâcler deux ou trois
mille Gothas et autres avions de bom-
bardement
f L'Allemagne peut terminer une demi-
iiouzaine de batteries de pièces portant
à 200 kilomètres, dont une partie est
idéjà en construction.
Et alors vous voyez le plan de cam-
pagne ? Les armées allemandes tenant
dur et ferme derrière le Rhin mis en
îétat de défense;
Les croiseurs sous-marins, soutenus
par les cuirassés, prenant, les Açores,
s'en servant comme base de ravitaille-
ment, et coupant dans l'Atlantique nos
communications avec les Etats-Unis ;
Les canons à très longue portée et les
Gothas recommençant, avec dsmoyens
décuplés, le bombardement de la région
parisienne. Résultat espéré?
La lassitude et l'horreur faisant con-
sentir les Alliés à la paix boiteuse au
milieu de l'été prochain ! --
Eh bien, non ! Cela ne sera pas
D'abord, parce que notre vieux Bren
nus aura assez d'autorité près de no
Alliés pour qu'on le charge de répondre
lui-même, à ces Boches qui veulent se
rendre, mais qui font trop de façons.
Ensuite, si on leur consent l'armisti-
toe, je compte bien qu'outre les reddi-
tions de canons, la remise des voies, fer-
rées, et autres conditions d'usage, on
exigera des Allemands :
1° La remise aux Français, qui sont
les plus directement intéressés des
trente croiseurs sous-marins à flot et
icelle des cents sous-marins plus petits,
dont cinquante de 1.200 tonnes ;
2° La reddition aux Alliés de tous les
Avions et spécialement des Gothas; la
démolition des usines principales d'avia-
tion ;
3° Contre les batteries à longue portée
menaçant Pans, l'occupation par des
troupes alliées de toute la rive gauche
tiu Rhin suffira.
Quant aux garanties définitives, nous
en parlerons un autre jour, si vous vou-
lez bien.
Mais ce programme, pour assurer la
sécurité de la France, pendant et après
l'armistice, est un minimum. Sachons
donc nous montrer fermes et intransi-
geants sur ces trois points.
OLIVIER CUIHÉNEUCr
LES BRITANNIQUES A VULENCIENNES
Nos troupes progressent sur la Serre et dans les Vosges
L'Escaut est atteint au sud de Tournai
) (
L'ACTUALITÉ
Propos interrompus
M. Brotteaux m'excusera
de l'avoir délaissé deux jours.
La note allemande est venue
interrompre notre conversa-
tion. Achevons-la.
Mon confrère du Populaire
m'a fait observer au'il lui
était difficile de me répondre dans une
« revue de presse ». Je n'en disconviens
pas. Le cadre d'une « revue de presse »
où excelle d'ailleurs M. Brotteaux (ceci
sans malice !) ne convient pas aux longs
développements.
Mais si j'ai bonne mémoire, j'ai eu
le plaisir de lire des articles de M. Brot-
teaux en première page de son journal.
Le jour où il voudra discuter des buts
de guerre et de-s conditions de paix, ses
camarades, j'en suis certain, lui offri-
ront une belle place dans la « une ».
Je m'en réjouis à l'avance.
M. Brotteaux m'a appliqué un peu
sévèrement l'apologue de « la paille et
de la poutre ».
En général, j'adore les apologues, les
adages et les proverbes.
Le bon sens des bons dieux et des. bon-
nes gens s'y réfugie.
Toutefois, je dois confesser a M. Brot-
teaux que l'histoire de « la paille et de
la poutre » ne m'a jamais emballé.
Comme c'est malin de reprocher à un
pauvre bougre de m pas voir une paille,
quand il a reçu une poutre dans l'œil.
De l'œil qui me reste, je vois très bien
où le bdt blesse. mon aimable contradic-
teur.
Je lui demande « où est la rue de la
Paix ? » ** :
Il me* répond : « Connaissez-vous la
rÚedc Berlin ? »
Ça désoriente un p:u nos promenades.
Hais tout finira par s'arranger, et la rue
de la Paix finira par nous conduire tous
deux rue de la Victoire, et placa des
NationS.
Dès maintenant, j'admets que le « dé-
veloppement de la puissance politique
de la démocratie internationale » puisse
contribuer au maintien de la Paix dans
le monde.
Reste à préciser les moyens les plus
efficaces d'établir la paix, et d'obtenir
les garanties solides de sa durée.
Jusqu'ici, je ne vois que la victoire
des armées alliées, et l'abolition du mi-
litarisme allemand.
En réalité, M. Brotteaux finira par
tomber d'accord avec nioi sur ces véri-
tés essentielles.
Et je terminerai pas cette boutade du
roi Henri IV à la reine, sa femme (ça
fera plaisir à Charles Maurras sans cau-
ser (le déplaisir à Brotteaux) : « Comme
nous tomberions fréquemment d'accord,
s'il vous plaisait d'être plus souvent de
mon avis. »
EDMOND DU MESNIL.
LA RETRAITE
Le correspondant du IIandelsblad à Roo-
sendael, apprend que les Allemands de Bru-
xelles sont fiévreusement occupés à éva-
cuer leur matériel de guerre. Les princi-
n&lps gares sont encombrées de colis mili-
taires dont nuit et jour on charge les trams.
De nombreux régiments quittent aussi la
ville. 1
La population de Bruxelles est très agi-
tée, mais à Anvers, elle demeure entière-
ment calme ; l'inclusion de la ville dans la
zone des étapes n'a jusqu'ici apporté aucun
changement.
On mande d'Aardenbourg :
Les postes allemands, en sentinelle, ont
été retirés de Eede pendant la nuit.
Les fusiliers marins allemands qui sent
à la frontière affirment qu'une division en-
tière a été coupée entre le canal de Sel-
zaete et la frontière hollandaise. Ils pen-
sent que cette division recevra à bref délai
l'ordre de firandhir la frontière.
Pour la première fois, depuis samedi, un
avion allemand est apparu ici ; il a essuyé
de nombreux coups de feu de la part des
Britanniques qui se trouvaient de l'autre
côté du canal.
————.——————
A CONSTANTIN OPLE
-..-¡
On mande de Constantinople à la Gazette
du Weser •*
« Les journaux les plus influents conti-
nuent à préconiser la paix séparée avec
l'Entente. L'opinion publique y était géné-
ralement favonable, mais depuis le dis-
cours du prince Max de Bade, le parti
Union et Progrès reprend des forces et
l'opinion aujourd'hui se modifie. On discute
la réforme de la Turquie avec Constanti-
nople comme port libre et les fortifications
des Dardanelles rasées pourvu que les puis-
sances garantissent que Constantinople res-
tera la capitale de la Turquie. *
Communiqués Français
JII!" v- '!U!! B HEURES. -
Au nord de l'Oise, nuit marquée par une grande activité de l'artillerie ennemie.
SUR LE FRONT DE LA SERRE, NOUS AVONS RECOMMENCÉ NOTRE
PROGRESSION. Nos troupes ont atteint la voie ferrée au nord-est d'ASSIS-SUR-
SERRE, ainsi que la FERME SAINT-JACQUES au nord-ouest de Chalendry.
Il se confirme que les attaques menées dans la journée d'hier par les Allemands
ont été très violentes. Nous avons identifiédes éléments appartenant à sept divisions.
1 Ce matin, une tentative allemande sur la ferme La Pardonne a totalement
échoué. -
Dans les Vosges, nos patrouilles ont fait des prisonniers dans la région du col
du Bonhomme.
23 HEURZS.
SUR LE FRONT DE LA SERRE, NOUS AVONS CONTRAINT L'ENNEMI A
UN NOUVEAU RECUL, MALGRE LA DEFENSE OBSTINEE DE SES MITRAIL-
LEUSES. ,
Nous avons pris CHALANDRY et GRANDLUP. Notre ligne borde la Serre jus-
.qu'à Mortiers, passe aux lisières de Froidmont-Cohartille et suit, plus au sud, le
£ anal de la Buze.
Dans la matinée, les Allemands ont renouvelé, à deux reprises, leurs atta-
ques à l'est de Vouziers. Ils ont été partout repoussés. Les troupes tchéco-slovaques,
engagées en liaison avec nos éléments, ont repris le village de Terron, qui était
tombé momentanément aux mains de l'ennemi.
En Alsace, un fort détachement ennemi a tenté, à trois reprises différentes,
d'aborder un de nos centres de résistance, au nord de Thann. Il a été rejeté.
Communiqués britanniques.
*
■ , 14 HEURES. .j
Pendant la nuit, à la suite de combats locaux, nous sa vons avancé notre ligne
jusqu'à la rive gauche de l'Eçaillon, au sud de Thiant, La partie ouest de cette loca-
lité est entre nos mains.
DE NOUVEAUX PROGRES ONT ETE REALISES PAR NOS TROUPES, EN-
TRE VALENCIENES ET TOURNAI. Sur cette partie du front, la résistance enne-
mie s'accroît.
Dans le secteur de-Tournai, au cours de la nuit, à la suite de durs combats,
nous avons chassé l'ennemi du village d'ORCQ et des bois situés dans le voisinage
de FROYENNELLES : nos troupes se trouvent maintenant à moins d'un mille de la
ville.
-, 23 HEURES.
NOS TROUPES SONT ENTREES DANS LES FAUBOURGS OUEST DE VA-
LENCIENNES ET NOUS AVONS PENETRE PROFONDEMENT AU NORD DE
CETTE VILLE, DANS LA FORET DE RAISMES, VERS LA BOUCLE FORMEE PAR
L'ESCAUT A CONDE.
NOUS AVONS REALSE DES PROGRES A L'EST DE SAINT-AMAND ET NOUS
AVONS, AU SUD DE TOURNAI, ATTEINT L'ESCAUT A HOLLAÎN ET A BRUYEL-
LE, QUI SONT EN NOTRE POSSESSION. <
Au nord-ouest de Tournai, nos troupes ont chassé l'ennemi du village de BRO-
YENNES et s© sont portées au delà vers l'Escaut. -, -,,<_
Plus au nord, nous livrons un âpre combat pour les passages de l'Eçaut à Pont-
Chin. , ,/ ,- -¡ ..-
Communiqué belge
Pendant la journée du 22 octobre, l'ennemi a cherché à se maintenir sur la Lys
et le canal de Deynze à la frontière hoU andaise. Il a tenté plusieurs contre-attaques
pour nous rejeter à l'ouest dé Peteghem, que nous avions occupé la veille. Toutes ces
attaques ont échoué avec de fortes pertes.
L'ARMEE BELGE A FRANCHI, EN PLUSIEURS POINTS, LE CANAL DE DEr
RIVATION, Dans- leur retraite, les Allemands ont dû jeter 200 voitures dans le ca-
nal de Bruges à Gand, près de Miserye (ouest de Saint-Georges).
L'armée française a développé, AU SUD DE DEYNZE, la tête de pont sur une
profondeur de trois kilomètres et une largeur de quatre kilomètres. Des patrouilles
ont traversé la Lys plus au sud à VIVE-SAINT-ELOI.
Au cours de ces opérations, onze cents Allemands ont été faits prisonniers par
les Français. La deuxième armée anglaise, malgré une résistance considérable,
mitrailleuses et artillerie, a avancé son front de quinze cents mètres entre Lys et
Escaut et établi une tête de pont sur la rive droite de l'Escaut à l'est de Jfecq.
La poursuite de l'ennemi en Serbie
..- ,", ,pli¡; 1Y.b. P' d. Y.dA!" j .,.¡. -.
» Communiqué de l'armée d'Orient.
Les forces françaises, parvenues sur le Danube à Lompalanka, se sont empa-
rées d'un convoi de chalands ennemis chargés de marchandises et.de farine.
Au nord d'ALEKSINATZ, les forces serbes ont progressé malgré une très forte
résistance de l'ennemi. Leur cavalerie, par une pointe hardie, est parvenue dans la
région à l'est de PARACIN, capturant une partie du convoi du quartier général de la
217e division allemande, dont les archives et les bagages du général von Gallwitz,
commandant la division.
Dans la région d'IPEK-NOVI-BAZAR, des détachements de comitadjis, serba-
monténégrins, appuyés par des éléments français, ont capturé, au cours de combats
avec des forces austro-allemandes en retraite, plus de 1.500 prisonniers et un butin
important.
La Note allemande
ir ■ i~ i ■ T
Aussitôt qu'eût été publiée à Washington
la réponse allemande, le représentant ré-
publicain Poindexter a déposé une motion
qui doit être présentée à la séance com-
mune du Sénat et de la Chambre. Cette mo-
tion propose au Congrès d'interdire de nou-
velles négociations entre les Etats-Unis et
l'Allemagne tant que les forces militaires
allemandes n'auront pas capitulé sans con-
dition.
Les journaux des Etats-Unis qualifient la
dernière note ^emande d' « effort mala-
droit v, fait pour gagner du temps.
La grande majorité, estiment que la red-
dition sans conditions est la seule base pos-
sible des négociations .de paix.
Une « perfidie mal camouflée »
Dans les milieux bien renseignés de Lon-
dres, on considère que la réponse allemande
constitue, non pas une réponse de fait, mais
une simple argumentation augmentée d'une
protestation. A l'estime des milieux officiels,
diplomatiques et politiques, elle ne contient.
que du verbiage. Un haut fonctionnaire la
qualifie de « perfidie mal camouflée ».
■ Le gouvernement n'a pas étudié la répon-
se dans ses détails, quoique le premier
ministre et ses collègues aient eu de lon-
gues conférences aujourd'hui. ,
Le point de vue anglais
L'Agence Reuter apprend que l'aperçu
suivant représente certaines vues rencon-
trées dans les cercles autorisés relativement
à la situation créée par la réponse alleman-
de au président Wilson.
« La note ailemande siuippose que M. Wil-
son a exigé seulement l'évacuation des ter-
ritoires occupés et les Allemands continuent
à se baser sur cette supposition. Ce n'est
pas le cas et c'est là un poinit qui devrait
être entendu sans équivoque possible, La
liberté des mers, comme ils l'entendent, ne
peut dans aucune mesure être acceptée par.
la Grande-Bretagne. Il y a diverses ques-
tions navales qui ont besoin d'être tirées
au clair. D'autres points qui n'ont pas en-
core été touchés comprennent les questions
d'indemnités et de réparations. »
, -,.--.---, J
Une réplique de VAutriche
au présidant Wilson
Le service de propagande de Vienne an-
nonce que « le .gouvernement austro-hon-
grois répondra très prochainement à la notç
du président Wilson, d'autant plus que ce-
lui-ci n'a pas répondu à la question con-
cernant les conditions auxquelles les négo-
ciations de paix sont possibles. »
--------. il
Vifs combats sur ia Meuse
COMMUNIQUE AMERICAIN
Sur le front de Verdun, nous avons main-
tenu et élargi nos gains des jours précé-
dents.
De violentes contre-attaques sur nos nou-
velles positions de la cote 2$7 et du- bois
de Rampes n'ont valu à l'ennemi que des
pertes sévères. Notre ligne reste intacte
partout.
Plus à l'est, nos troupes ont pris le bois
de Forêt, capturant 75 prisonniers.
De part et d'autre de la Meuse, la lutte
d'artillerie s'est intensifiée et l'aviation s'est
montrée plus active.
En Woëvre, au cours d'un raid heureux,
nous avons ramené 29 prisonniers.
LA SITUATION
Entre France et Belgique
C'est devant la frontière franco-belge
que les Allemands ont résolu, paraît-il, de
livrer les suprêmes batailles. Ainsi, leur
territoire,, si nous ne leur accordons pas
l'armistice, demeurera longtemps encore in-
demne et Ce sbnt les provinces françaises
et belges qui continueront à subir l'horreur
et les dévastations de la guerre.
Aux dernières nouvelles de la soirée
d'hier, les Britanniques étaient prêts à en-
trer à Valenciennes et à Tournai. Nous
pouvons donc considérer le - département du
Nord comme libéré jusqu'à hauteur de
Quiévrain, qui est la station-frontière sur
la ligne Saint-Quentin-Valenciennes-Mons.
C'est 'à peine si 40 kilomètres carrés de ce
département restent soumis encore à Voc-
cupation allemande.
Le projet avoué par l'état-major ennemi,
et qui consistait à s'établir, en cas d'extre-
me repli, sur une ligne Lille, Condé, M au-
beuge, Hirson, Mézières, Montmédy reçoit
déjà une fameuse atteinte. Tout le système
de l'aile droite a craqué. Il faut reporter
celle-ci entre Valenciennes et Maubeuge,
et nous ne voyons guère le point d'appui as-
sez solide oit elle pourrait s'accmcher,
puisqu'il n'est pas admissible qu'elle puis-
sc Valenciennes étant aux mains des Bri-
tanniques, s'étayer à la rive droite de l'Es-
caut dan$ la, région de Condé.
Le recvft allemand se fait très lentement.
C'est donc que les positions d'arrêt ne sont
pas encore prêtes à jouer leur rôle. S'il
en était autrement, l'état-major aurait tout
avantage à ne pas prolonger une lutte
meurtrière pour ses armées déjà affai-
blies.
Comment l'ennemi tiendra-t-il sur cette
ligne, et quelle sera-t-elle P
La longueur d'un front établi des environs
de Velenciennes jusqu'à Montmédy serait
d'environ 200 kilomètres. Pour que l'aile
droite puisse se fixer entre Le Quesnoy et
Mons, il importerait que l'ennemi pût con-
server Bruxelles et le Brabant tant que du-
rerait la bataille. Cette condition est problé-
matique, ,'.
D'autre pari, les Britanniques tiennent
Razuel, près Landrecies. Ils ne sont qu'à
35 kilomètres 'de Maubeuge. Les Français
A Si'Gertnainmont, sont- à 60 Mlwnèlres
d'Hirson ; à Vouziers, ils sont à 40 kilomè-
tres de Mézières.
Nous ne voulons pas sous-estimer la va-
leur des troupes allemandes. La manière
sévère qu'elles emploient pour nous conte-
nir, vigueur des contre-attaques lancées
'contrc_notls, démontrent clairement que
nous ne sommes pas aux prises avec un
adversaire démoralisé et las de la lutte.
Mais quelle que soit l'énergie dernière dé-
pensée dans ces batailles qui ne sont pas
sans nous coûter à nous-mêmes: il est dif-
ficile de lutter contre la .supériorité des
moyens matériels. Or, celle supériorité est
nettement en notre faveur.
Le mauvais temps, ces derniers jours, a
considérablement gdné et ralenti les opéra-
tions. Si des progrès remarquables sont ac-
complis par l'aile gauche du front d'offen-
sive de l'Entente, depuis Denain jusqu'à la
frontière hollandaise, nous n'en pourrions
dire autant pour les armées de Debeneu
Mangin, Guillaumat et Gouraud qui mar-
quent le pas tout en se ballant vigoureuse-
ment.
Sur la Meuse, à l'est et à l'ouest du fleu-
ve, les Américains continuent à rencontrer
de sérieuses, difficultés. Ils paraissent, si
Von s'en rapporte au communiqué, nous
avoir relevés au bois des. Caures.Nos poilus
n'auront pas été fâchés de quitter un ins-
tant l'infernal secteur.
Camilla DEV|LAB,
Autour de la bataille
LA POPULATION DE VALENCIENNES
EVACUEE
On apprend que les Allemands ont éva«
617b toute la population civile de Valencien-
nes, qui, avant la guerre, s'élevait â 32.000
habitants. Des ordres furent donnés il y a
îiuk jours pour que tous les habitants soient
prêts à partir à midi, le 13 octobre. Il leur
fut permis de prendre ce qu'ils pouvaient
emporter : mais les moyens de transport
manquaient complètement. Ce fut une lon-
gue procession d'hommes, de femmes et
d'enfants qui partirent, escortés par les Al-
lemands à cheval.
pout/que étrangère
t, QUi asSe les verres les paie. J) Fa:ute
Un Comble
«Qui casse Comble
partager cette façon de voir et parce qu'elle
justifie p fa.. isàit naître son attit*ude l'Alle.
çons que faisait naître son attitude, l'Alle-
la reponse allmande taisait ou ne laissait
entendre que d'une manière assez vague af
prêtant à l'équivoque, la presse allemande
le dit aujourd'hui en termes qui accusent
la mauvaise foi de la politique allemande.
Si la plupart des journaux allemands
sont bres en Ce qui concerne la question
de l'armistice, certains laissent cependant
percer le bout de l'oreille. Wilson insistait
pour quc l'Al1emne reconnaisse la 'su-
prématie Smditsaire des Alliés. Nous voyons,
par les commentaires de la presse alle-
mande, comment l'Allemagne le comprend :
en relevant, comme la Morgen Post le pas
sage de la note allemande relative aux for-
ces en présence ou, comme d'autres jour.
naux, en élevant la prétention qu'il soit
fait défense à Foch de s'avancer dans les
territoires évacués.
Les journaux les plus importants et les
plus modérés, qui » obéissent évidemment a
un mot d'ordre, le prennent tous sur ce
ton. Ils affectent de mettre l'Allemagne sur
un pied d'égalité avec les Alliés C'et
ainsi que la Gazelle de Francfort écrit : « Si
Wilson uMa fin du massacre, il faudra
maintenant fiXr :pQur. l'armistice les con.
dtlléms de temps et de lieu, donner aux re-
présentants des armées en présence l'occa.-
sion de s'expliqller et de Vtermfne.? de
concert, les modalités de l'armistice.
TI autre journal fait sonner très" haut
qu'il ne saurait s'agir d'une reddition sans
conditions, mais bien d'une paix négociée
les armes à là main.
, C'est dans cet esprit, c'est animée de
dispositions pareilles que l'Allemagne, se-
]:m la Gazette de Voss, tient à continuer
la conversation engagée avec Wilson.
Elle pousse en même temps la maladres-
se de charger qui ? de procéder à une soi.
disant enquête sur les-dévastations et les
instructions opérées pendant la retraite des
troupes allemandes : le baron voo Lanc-
ken, le meurtrier dte Miss Edith Cavell,
On ne saurait pousser plus loin la four-
berie et le cynisme.
Après cela, Max de Bade peut prendre la
parole.
Louis BRESSE.
——
On Di t.
";-, - -
En passant
tE fOILU DÎT.
Chaque soir, pour jalonner sa nouvelle ligne,
l'ennemi incendie quelques villages. Nous regar-
dons cela sans élonnetnent, sans indignation.
Nous ne savons plus nous indigner. El le temps
nous manque pour discuter entre nous sur le
Droit, la Civilisation et les conventions interna-
{:!()!lûles. Heureusement ! Il v a autant de ma-
mères de faire la guerre, qu'il v a de recettes
pour accommoder un aloyau. Bemhardi est chef
d'école. rrEstollrnencs de Constant aussi. Ne
nous hâtons nas d'être des disciples. La vérité
d'aujourd'hui peut être l'erreur de demain. De-
vant l'Histoire, le vainqueur justifie toujours sa
conduite. Et l'Histoire l'approuve. Nous' sertsjx?
donc approuvés. La' paix de notre conscience >ëst
asurér., , -
Mais faut-il le dire : nous admirons le travail
de Frilz. Dans l'armée, allemande, chaque soldat
est un spécialiste. Il y a des mitrailleurs, des
grenadiers, d-es - lanceurs de fusées. 11 y a aussi
des pcttoleurs. V ,'. ,
J'imagine que le Boche incendiaire procède se-
Icn des règles minutieusement établies. l'n
hautmann de pompiers doit présider la* ma-
nœuvre :
— Uii zi Dcux, 1. TroiS ). Lancez la çre*
nade! - ,:-:
Et la maison flambe ! C'est simple et rapide
C est' plus qu'une science, c'est un art. En Alle-
magne, on ne doit pas interdire aux petits cil-
fants de jouer avec les allumettes.
Depuis huit jours, j'ai visité des fermes, des
liamceiDx. des villages réduits en cendres par.
l'ennemi en retraite. Les Bochee, qui sollicitent
l'armistice, ont.une manière toute personnelle
d'éclairer les gens qu'ils convient à s'asseoir de-
vant un tapis vert. Les kolonels diront : « C'ezl
pour récHauffer l'enthousiasme de nos hommes.
C'est aussi pour détruire, à l'approçhe de l'hi-
ver, tout ce qui pourrait servir d'abri aux Fian-
çai £ »
Apparemment, cç .n'est pas mal raisonné.
Mais Fritz fait un mauvais calcul. Les nuits sont
fraîches. Nos pieds sont glacés quand le jour se
lève. Alors, nous courrons derrière Fritz. Il agi-
rail prudemment en ne nous obligeant pas à le
poursuivre trop loin. Oh ! je n'ose pas dire que.
nous incendierons demain aussi bien que lu!.
Notre dnstruction militaire est incomplète, hé-
las ! Mais après quelques semaines d'entraîne-
ment, nous ferions mieux que notre professor
d'aujourd'hui. S'il lui plaît de relever le défi
Cn terrain d'expérience ?? La rive droite du
Rhin ! à tout cel& en circulant 'ei
J'ai pensé à tout cela en circulant dans .?et
ruines fumantes. d'_c
.J"ai pensé aussi qu'il serait. avantageux d'é-
pouser la, Ile d'un entrepreneur de travaux pu*,
blics. - ft. P.
Le martyre des populations du Nord
: ;
, >,
MM. Delory et Ragheboom exposent à la Chambre
les souffrances qu'elles ont endurées pendant l'invasion
Durant quatre longues et douloureuses
années, MM. Delory et Ragheboom, députés
du Nord, restés dans les jgtys envahis, ont
connu toutes, les horreurs de l'occupation
allemande. Ils faisaient hier leur rentrée à
la Chambre et ce fut* une chose émouvante
que la manifestation de sympathie dont ils
furent, l'objet de la part de leurs, collè-
gues.
Témoins irrécusables des actes de bar-
barie, commis par les armées du kaiser,
ils en ont réNélé quelques-uns à la tribune,
provoquant l'indignation générale. La Cham-
bre a voté l'affichage de leurs discours, qui,
prononcés avec le seul souci de la vérité,
montreront au pays ce que valent les pro-
testations de ceux qui prétendent n'avoir
jamais enfreint les conventions établies.
Discours de M. Delory
Voici les passages essentiels des déclara-
tions faites par le débuté de Lille :
« Je ne puis passer sous silence aujour-
d'hui deux faits dont j'ai été témoin et qui
5
sont restes dans ma mémoire rumine: M
plus odieux. Ce fut d'abord, en 1916, la
rafle des femmes et des filles en gdeinot
nuit par Ja soldatesque allemande, les rneai
garnies de mitrailleuses, femmes et fille**
arrachées de leur sommeil, les soldais alle
mands restant dans la chambre à esoudiieri
pendant leiur toilette, set, toutes, sans dis-,
tinctioin de classes, soumises à la visite SSK
nitaire. (Mouvement d'indignation.) ,-.,;-
M. Lenoir. - Nous le dirons à noe étf-r4
fants. (Appl.) "j
M. Delory. - Depuis, il y a. eu plu-
sieurs, enlèvements d'hommes — je pour-
rais dire d'enfants — et de vieillards, for-
ces d'aller au travail sous la menace d.
001pS et de suppression de nourriture. A
Il s'agissait non pas des travaux autori-"f
sés par la convention de Berna, mais de
constructions d'abris pour les soldats alle-
mands ou de transports de munitions, et
cela à. quelques kilomètres des lignes : si
bien que beaucoup ont été bleissés par la
mitraille des nôtres.
Tout cela, nous ne pourrons pas Vou-
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