Titre : Le Rappel / directeur gérant Albert Barbieux
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1918-08-12
Contributeur : Barbieux, Albert. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328479063
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 août 1918 12 août 1918
Description : 1918/08/12 (N17434). 1918/08/12 (N17434).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k75509233
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-43
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
11 THERMIDOR, AN 126. - N° 17.434
1 *t
lie Numéro : DIX CENTIMES
LUNDI i2 AOUT 1916. - N° 17.434
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
-
TELEPHONE
Nord : 24-90, 24-91
aCprtl 10 h. du soin : 'GUTENBERG e7f
poun LA PJflBLIClTB
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EDMOND DU MESNIL
1 Directeur
ABONNEMENTS
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SEINE & S.-ET-OISE. 18 1 0 » 6 9
FRANCE & COLONIES. 20 9 11 » 6 »
ETRANGER 1 32 D 16 » 9 1
REDACTION ET ADMINISTRATION
88, Boulevard de Strasbourg* - PARtS.
TRIBUNE LIBRE
Paix et Alliance
AVEC LA RUSSIE
La situation - de l'Entente.
vis-à-vis de la Russie est on ne
peut plus claire. Aucune des
nations qui avaient conclu des
conventions ou passé des trai-
tés avec la nation slave n'a dé-
noncé ces traités ni ces conventions.
ccords politiques, accords financiers,
accords économiques, tout subsiste.
Quelques journées. d'une effroyable
anarchie ne sauraient suffire pour pré-
valoir contre un état de choses établi
entre autorités légalement mandatées,
investies du droit d'échanger leurs si-
gnatures au nom des peuples. De tels
actes ne se prescrivent que par la vo-
lonté commune des parties ou par t'ex-
piration des délais prévus pour leur
durée.
Mais, dit-on, les bolchevistes, Hé-
masquant enfin leur jeu, avouant leurs
sympathies pour l'Allemagne — ou leur
complicité avec le militarisme prus-
sien - se livrent à des actes agressifs
contre les représentants officiels. de
l'Entente ; ils vont plus loin, ils traitent
en ennemis et reçoivent à coups de ca-
non. eux qui se prétendent las de la
guerre, les soldats qui étaient hier leurs
alliés. Tolérera-t-on plus longtemps ees
insolences et ces crimes ?
Je pense, moi, que l'intervention en-
fin décidée a précisément pour but de
mettre fin au désastreux chaos dans le-
(lue! se débat la Russie ; j'estime aussi
qu'elle a pour dessein précis de rejeter
zur leur propre territoire les vautours
allemands qui se sont abattus sur ce
rn.'Il eureux pays. Mais je reste d'avis
(tue tout cela ne modifie en rien la poli-
tique russo-ententiste. Donc, les atten-
fats bolchevistes ne peuvent pas et ne
Hohent pas nous conduire à une décla-
ration d'inimitié envers la Russie.
Nous avons connu, en France, la
bande Bonnot dont l'audace, en pleine,
paix, jeta la perturbation dans le pays.,
Elle n'était composée que de quelques
malfaiteurs et l'ordre n'eui pas, trop à
souffir de ses excès. Mais croit-on que
quelques milliers d'individus, groupés
auicur de tels chefs, auraient pu modi-
fier les relations extérieures de la Répu-
blique ?
Nous avons eu la tâche, plus facile
ici, j'en conviens, dê rétablir le calme
dros le pays et de châtier les perturba-
teurs. La Russie se trouve dans une si-
tuation plus grave, mais identique. Elle
ên triomphera, puis elle se donnera une
Constitution; ensuite, le libre ieu de ses
alliances et de ses inimitiés, s'il y a lieu
pour ceJles-cî, reprendra son cours nor-
mal.
L'attitude officielle de Lénine et de
Trotsky doit tout au moins achever de
dessiller les yeux — trop longtemps ou
trop complaisamment fermés - de ceux
qui voulaient, avec eux, l'organisation
d'une conférence internationale.
Nous amener à converser, c'était
faire, en son entier, le jeu de l'Allema-
gne Celle-ci sait bien que quand on
cause on se bat mal et que plus on ba-
varde moins on a la possibilité de se
défendre. Quelle magnifique proie of-
fre un peuple qui cause lorsque l'enne-
mi. resté en éveil, lui, vous assaille au
plein moment de la défaillance morale
et de l'abandon physique.
Une année de l'histoire tragique (Te la
Russie est Ui pour nous servir d'ensei-
gnement.
CAMILLE DEVILAR.
'ifr ■ ■ ■ — jn
Le troisième jour de l'Offensive
Les événements s'étant accomplis pen-
dant les deux premiers jours de la bataille
suivant les prévisions les plus optimistes,
conformément au plan établi, la
rance dzllis la marche des opérations pas-
sait le matin du troisième jour à l'arméo
française. Fortement appuyée à sa gauche
au ipivot d'Albert-Mortancourt-Eperon de
Chipilly, l'armée de Rawiinson demeura, du
moins jusqu'au soir du 10, presque immo-
bile par son extrême gauche.
Les Britanniques attendaient la fin de la
journée pour gagner, par un nouveau bond,
entre l'Ancre et la Somme, l'ancienne ligne
dite de défense d'Amiens. Cependant, agis-
sant toujours en liaison avec les Français,
les Britanniques, au nord de la route de
Roye à Amiens, continuaient de presser
Tennemi vers son réseau précieux de com-
munications situé à Roye même pendant
que l'armée de Dcbeney progressait à droi-
te de ia route jusqu'à Andechy et ViUers-
les-Roye.
Les Britanniques s'emparaient du Ques-
noy en Santerre, d-éjà célèbre dans les fas-
tes de 1914, puis de Damery, puis de Fres-
noy et, dans l'après-midi, parvenaient près
de la ville précédés par la cavalerie qui re-
joignait les éléments français de cavalerie
également victorieux. C'était la grande
chevauchée à travers les lignes et les or-
ganisations de l'ennemi battu sur toute la
ligne.
Dans la belle manœuvre de co troisième
jour, les troupes britanniques avaient éga-
lé leurs exploits des deux premiers jours.
', LA RIPOSTE DE FOCH
LES TROUPES ALLIÉES PROGRESSENT
DANS LA DIRECTION DE ROYE ET DÇ LASSIGNY
! : iV »
———»i » mi—mh-W__W_*_—_ 1 1
GRAVE ECHEC ENNEMI DÁNS LA RÉGION DE LIHONS
• 1 1 1 > <
L'ACTUALITÇ
Tempêtes
Le Sénat ne voulait pas de
l'affaire Malvy.
Se sont-ils assez débattus,
nos augustes vieillards, avant
que d'en arriver à se saisir du
présent que leur envoyaient
les collègues facétieux de
l'autre Assemblée
Malgré leur sagesse, ou peut-être à
cause, de cette sagesse même, les doctes
sénateurs s'en sont laissé conter. Ils ont
ouvert le3 portes de leur paisible Lu-
xembourg à la boite d'Eole.
Et comme il faut qu'une boîte soit
ouverte ou fermée, comme aussi lu cu-
riosité est un rude tyran, les vieillards
ont levé le couvercle. Les vents se sont
échappés.
Les entendez-vous souffler en tem-
pête ? Tandis que M. Malvy, accompa-
gné de sa famille, va goûter en Espagne
un repos nécessaire après d'aussi dures
journées, ses juges demeuret, eux, au
milieu de l'ouragan.
Plaignez leur triste sort.
Quarante-huit heures à peine se sont
écoulées depuis que la C. G. T., repré-
sentant les travailleurs organisés, a flé-
tri l'arrêt de la Ilaute-Cour. Di, ce-
pendant, la Coalition républicaine a
lancé un manifeste dont le moins qu'on
puisse dire est qu'il est sans tendres-
se jour les proscripteurs de l'ancien mi-
nistre. ; 4 ,
Hier, nos amis de la fédération radi-
cale et radicale-socialiste de la Seine ont
délibéré sur le même sujet. N'ont-ils pas
flétri l'arrêt rendu par la majorité séna-
toriale ?
Camaraderie, veut-on prétendre ?
Pas du tout. Les radicaux ont été d'ac-
cord pour trouver extraordinaire qu'un
ancien ministre accusé de trahison, puis
de complicité de trahison, et que de
longs débats ont innocenté, pleinement,
sur ces dekx chefs d'accusation, les
seuls retenus contre lui, puisse être
banni.
Li Sénat s'était déclaré souverain.
pour découvrir,. juger et, condamner un
fait particulier, sur lequel la Chambre
n'avait pas eu à se prononcer. C'est ce
qui indigne les républicains, naturelle.
ment Hostiles à de tels genres de souve-
raineté.
Si le Sénat l'entend ainsi, chuchote-t-
on, on ne sait plus guère où l'on va. Il
est prudent de crier : Casse-cou !
Mais, au fait, le Sénat savait-il bien,
lui-même, où il allait ?
Nous le verrons bien à la rentrée du
Parlement. -
» • ————— 1
Chez les Radicaux
La Fédération de la Seine flétrit
l'arrêt de la Cour de Justice
La Fédération radicale et radicale-socia-
liste s'est réunie, hier, sous la présidence
de M. Armouroux, assisté de MM. Oudent
et Delin.
Après une longue discussion sur le procès
Malvy, au cours de laquelle MM. Etienne
Kahn, Oudcnt et Couriaux on | pris la pa-
role, la Fédération a adopté à l'unanimité un
ordre dus jour protestant contre l'arrêt de la
Haute-Cour de justice, qui violé la constitu-
tion et la loi pénale, outrage (la justice et
supprime le droit de défense. I
La Fédération signale le danger qillé fait
courir à tous les citoyens la décision de sou-
veraineté par laquelle, dans une démocra-
tie, une juridiction, en se plaçant elle-même
au-dessus et en dehors des lois viole le droit
écrit, prive un accusé des garanties de jus-
tice et met en péril les droits de la souve-
raineté populaire.
Après avoir rappelé que la- Haute-Cour
avait été saisie pour des faits'de trahison,
la Fédération souligne qu'acquitté sur tous
ces faits, M. Malvy a élé condamné à pro-
pos d'un nouveau crime noutvellement évo-
qué.
EUe flétrit la sentence prononcée et. s'en-
gage h. poursuivre le redressement de l'ini-
quité commise et à obtenir tune revision de
la Constitution propre à en prevenir, le re-
tour.
Dans un second ordre dit jour, présenté
par M. Doumergue, la Fédération ayant
avec tous les considérants voulus, et les
attendus utiles, déclaré M. Malvy non cou-
pable, émet le vœu que M. Léon .Daudiet soit
'poursuivi avec « toute la rigueur des lois ».
Avnrit de se séparer, l'Assemblée envoie
un vibrant salut aux armées alliées pour
l'héroïsme avec lequel elles assurent sur le
sol de France la défense victorieuse du
monde civilisé et du droit outragé.
Communiqués Français
——————— 14 HEURES.
Hier en fin de journée et dans la nuit nos troupes ont accentué leur progression
sur tout le front entre l'Avre et l'Oise. Nous avons enlevé le massif de Boulogne-la-
Grasse et porté nos lignes à l'est de Bus. Plus au sud, nous avons pénétré dans la
région boisée entre le Matz et l'Oise, gagné les abords de la Berlière et de Gury,
conquis Mareuil-Lamotte et réalisé une avance de trois kilomètres environ au nord
de Cbevincourt. -
23 HEURES.
Au cours de la journée, nos troupes ont continué à gagner du terrain entre l'Avr^
Pt l'Oise, en dépit de la résistance opposée par l'ennemi.
, Au sud de l'Avre, nous avons occupé Marquivillers et Grivillers et atteint la li-
gne Armancourt-Thilolloy.
Nous avons progressé au nord de Roye-sur-Matz d'environ deux kilomètres ius
qu'aux abords de Canny-sur-Matz. ,
Plus au sud, nous avons conquis et dépassé le village de La Berlière.
Entre le Matz et l'Oise, notfe avance s'est accentuée au nord de Chevincourt,
Machemon et Cambronne sont à nous.
Communiqués britanniques
14 HEURES..
Par une heureuse opération menée pendant la nuit. nous avons avancé notre
ligne au nord de la Somme, sur les hauteurs entre Etinehem et Dernancourt.
Au sud de la rivière, des combats locaux ont eu lieu sur difféients points.
Les troupes françaises ont fait de nouveaux progrès le long de la rive sud de
l'Avre ét ont atteint les lisières de l'Echelle-Saint-Aurin.
De bonne heure ce matin, l'ennemi a lancé une attaque locale contre nos posi-
tions au nord du Kemmel.
L'attaque a été repoussée après une lutte acharnée ; l'ennemi a laissé des pri-
sonniers entre nos mains.
Des patrouilles ennemies ont été repoussées au nord de la Scarpe.
Nous avons légèrement amélioré nos positions à l'est de Robecq.
23 HEURES.
- Ce matin, l'ennemi, jetant dans la bataille de nouvelles divisions de réserve, a
entrepris de fortes attaques contre les positions britanniques, à Lihons ainsi qu'au
sud de cotte localité. Toutes ces attaques ont été repoussées après de vifs combats,
au cours desquels nos troupes ont infligé de lourdes pertes aux assaillants.
En un seul point, immédiatement au nord de- Lihons, les troupes d'assaut alle-
mandes ont pénétré dans nos .positions jusqu'à l'ouest du village. Elles ont été con-
tre-attaquées par nos troupes avec opiniâtreté, et après une lutte acharnée sur un
terrain difficile, ont été repoussées à l'est eL au nord du village. Notre ligne a été
intégralement rétablie.
A la droite de l'armée britannique et en liaison aveè elle, les troupes françaises
ont continué leurs attaques et ont progressé au sud-ouest et au sud de Roye. -
Sur le reste du front britannique, pendant la journée, nos patrouilles ont ramené
de» prisonniers;
r # ':
Autour de la Bataille
L'attaque sur Montdidier a été donnée
samedi matin, à 5 h. 5, par le premier
coup de canon d'une courte préparation
d'artillerie.
Ce premier coup de canon fit, instanta-
nément, s'ébranler tous les chars d'as-
saut, toutes les auto-mitraialeuses.
A 11 heures, nos chars d'assaut en-
traient dans les faubourgs de la ville, ren-
versant les barricades où des officiers en-
nemis faisaient le coup de feu. A midi 5,
l'infanterie s'emparait des premières mai-
isons de la ville, et à midi 30, l'occupation
était complète. -
Nos troupes poursuivant leurs succès,
ont largement progressé à l'est de Mont-
didier, ramassant sur leur route des ca-
nons, des mitrailleuses et des millliers de
prisonniers..
L'enhemi. harcelé par la câvalerie qui
pousse hardiment devant elle, se retire en
désordre. Les autos blindées, les auto-
mitrailleuses secondent la cavalerie et
poursuivent les troupes ennemis sur les
routes où se tresse un réseau de chemins
de plus en plus étroit et encombré de con-
vois et de bataillons en retraite.
Les deux branches de l'étau
De FaveroUes, sur la mâchoire sud 'de
l'étau, qui se referme progressivement sur
l'ennemi, et de Hangest, sur la mâchoire
nord les Français commandent mainte-
nant non seulement la voie ferrée, mais
toutes les routes qui condursont à l'extrémi-
té de la poclie de Montdidier. Les Allemands
paraissent avoir craint de perdre toute leur
artillerie dont ils ont retiré une .grande par-
Lb .J.t une distance respectueuse, tandis que
les mitraillouses irésaistenl autour de Mont-
didier.
Un nouveau repli est probable
Les Allemands n'ont proibalblcment plus
Saint-Just. sur la ligne de Paris à Amiens,
sous la portée de leurs canons
Le très important embranchement au
chemin de fer de Chaulnes lest tout à fait
intenable pour eux ; il est soumis à un
feu violent des canons de f02.1mne.
Les Allemands n'ont plus une bonne voie
ferrée pour amener leurs approvisionne-
mènts sLw le front Oise-Montididier et la re-
traitic allemande -sur la Somme et le canal
de Nesle à 'Noyon, de sept à quatorze mil-
les en arrière du front actuel, semble très
probable. 1
La cavalerie canadienne, près die OiaaV-
nes, signale une forte arrière-garcle qui tâ-
che d'arrêter l'avance des troupes alliées,
afin de permettre l'évacuation des appro-
visionnements. Nous avens identifié onze
divisions appartenant nmiX: armées de von
Hutier et 4e von der Marwitz.
La prise de Lihons
Lihons a ébtJ occupé au arépuscule par
une patrouille australienne qui s'y trouve
très près de l'importante jonction de
Chaulnes. La prise de Lihons a été si sou-
daine ique le quartier .général divisionnaire
allemand v a été pris tout entier.
J'apprends également qu'un tram de r-
missionnaires allemands a été capturé par
notre cavalerIe. Les occupants se sont mon-
trés fort désappointés.
Les Canadiens dans la bataille
* SirH'>Jvvard Kemp, ministre canadien de
la milice, interviewé par un a-sédactaur de
l'Agence Router, a dit :
Les exploits des canadiens au cours de
l'offensive actuelle sont les (plus beaux de
l'histoire. Les conps canadiens ont pro-
gressé de douze milles le 8 et le 9 août ; la
longueur de leur front d'attaque, le matin
du 8 août, tétait de "7.500 yards, ils ont fait
7.000 prisonniers et pris plus de 100 ca-
nons : enfin, leurs pertes sont modérées. »
Un nouveau commandant
d'armées allemandes
Le Lokal Anzeiger reçoit de Dresde la
nouvelle que le général d'infanterie saxon
von Karlowitz, qJUi commandait jusqu'ici
une armée, a été mis à la tête d'une groupe
d'armées.
Le général von Karlowitz, nommé en 1910
ministre de la guerre, commanda ensuite
u.n icorps d'armée. Au cours des opérations
du printemps dernier, il commanda les for-
ces allemandes engagées dans la bataille
d'Armentières.
La joie aux Etats-Unis
L'opinion publique et la presse manifes-
tent une joie sans mélange pour la victoire
de la Somme qui suit de si près la victoire
de la Marne.
Le secrétaire d'Etat, M. Baker, dans une
déclaration faite aux journaux, traduit
parfaitement l'opinion américaine disant
que c'est encore là le résultat de l'unité de
Commandement : « L'organisation militaire
du manéchal Foch est d'une telle souplesse,
dit M. Baker, qu'elle permet d'alterner los
coups et de les faire se suivre avec une
grande rapidité. »
Les critiques militaires paraissent parti-
culièrement frappés de la profondeur de pé-
nétration de l'offensive dans les lignes alle-
mandes et de la rapidité du développement
die celle offensive. Ils insistent sur la faus-
seté de l'ancien axiome, qu'aucun attaque
ne pouvait avoir lieu sans préparation d'ar-
tillerie prolongée.
Le New-York Times dit que le succès de
Ilaig 'prend des proportions aussi magnifi-
ques que le succès de Pétain. Haig comme
Pétain rendent avec intérèts. aux deux
kronprinz, la monnaie de leur pièce.
Le I:nèml March, chef d'état-major L
néral, a annoncé aui comité militaire du Sé-
nat qu'il y avait actuellement en France
tout q:¡rès d'un million et demi die soldats
américains.
Le transport des troupes s'eiifectue d'une
façon entièrement satisfaisante. Le Dépar-
tement de la guerre eSipèrc pouvoir conti-
nuer à transporter une moyenne de 250.000
hommes par mois (jus'Q/UI'à la fin de l'an-
née.
.- 1 Les aveux allemands
Les journaux allemands du 10 dévelop-
pent tous dans leurs commentaires militai-
r,es un même thème qui leur a été manifes-
tement fourni par les bureaux du minis-
tère de la guerre. On put lejj résumer ain-
si :
Il Le succès initial de l'adversaire est In-
déniable et d'autant plus remarquable qu'il
a été oblenu sans que les Anglo-Français
eussent une supériorité numérique. L'cnne.
mi a été favorisé par le brouillard qui a
rendu plus facile l'effet de surprise : mais
on peut espérer rpue le succès initial sera
limité. L'ennemi cherche de nouveau à ob-
tenir l'initiative stratégique et à rendre im-
possible l'exécution du plnn d'opérations al-
lemand : on a le dteoit ..cr'\né.rJu' (til'jl
échouera. »
LA SITUATION
t •»«.. ■
Que vont-ils faire ?
La France accueille Qveè enthousiasme,
les nouvelles, toutes heureuses, qui arri.
vent du théâtre de la bataille. Enthousias-
me légitime, digne comme il convient, dé-
pourvu d'emballement. Nous avons trop
souffert de la guerre, jusqu'ici, pour qu'il
nous soit possible de devenir exubérants
tant que l'ennemi restera sur notre sol.
La préoccupation de chacun consiste
moins dans /e- désir de savoir où seront de-
main les troupes victorieuses de VEntente
que dans l'appréhension de ce que l'ennemi
entend entreprendre pour nous arrêter.
Son glissement vers; l'est, par la vallée de
la Lys, dégage enfin Hazebrouck vers le
sud, Ce mouvement de retraite, très réel,
concorde cependant mal avec l'attaque qui
vient d'être lancée dans le même secteur,
et à une dizaine de kilomètres seulement
plus au nord, à l'ouest du mont Kemmel.
Est-ce à dire que les 'Allemands enten-
dent simplement, expérience faite sur la
Marne, réduire un saillant trop profond et
continuer cependant 'à menacer. Ypres ?
Veulent-ils persister à tenir les positions
qui peuvent permettre de prononcer, si les
circonstances devenaient favorables, une
offensive vers la mer ? On pourrait plutôt
croire qu'ils ont aperçu des renforcements
du front britannique entre Hazebrouck et
Arras, et qu'ils prennent leurs préçautions.
Au sud (l'Anas, les Anglais ont franchi le
barrage de Morlancourt. Ils sont devant
Bray, occupant tout le terrain entre la Som-
me et l'Ancre, de Dernancourt à Etinehem.
L'infiltration par la vallée de l'Ancre leur
est familière. Elle îut autrefois le prélude
des fameuses batailles de Thiepval et de
Combles, après quoi Bapaume tomba comme
le fruit mûr.
La poussée française vers Lassigny s'ac.
centue. A l'est de Montdidier, la route Me
Roye à Sentis est en notre possession à
hauteur de Bus. La route Roye-Lassigny ne
peut être d'aucun secours pour les Alle-
mands qui U gardent cependant, momenta-
nément, la possession précaire des nœuds
de routes de Roye et de Noyon. -
c. D.
——————— ———————,
Le Communiqué allemand
Le communiqué allémand de dimanche
après-midi s'exprime ainsi :
Sur le front de bataille, l'ennemi a éten-
du ses attaques jusqu'à l'Oise.
Entre l'Ancre et la Somme, elles ont étô
brisées devant nos lignes. Immédiatement
au sud de- la Somme, après ses insuccès du
9 août (?), l'infanterie ennemie est restée
inactive. De fortes attaques partielles de
l'adversaire, près de Ilainécourt et contre
Lihons, ont échoué sous nos feux et à la
suite de notre contre-attaque.
Les, attaques adverses se sont portées
principalement contre notre front entre
Lihons et l'Avre, à l'est de Rosières et de
part et d'autre de la route d'Amiens à Roue;
nous avons repoussé des attaques. ennemies
plusieurs fois renouvelées.
Dans la lutte de mouvement contre des
forces ennemies supérieures et des chars
d'assaut engagés en masses, l'inébranlable
force offensive de notre infanterie apu en-
core se manifester pleinement ; sur de nom-
breux points, l'assaut ennemi a été brisé
déjà sous les feux de notre artillerie.
Entre l'Avre et l'Oise, après une violente
préparation d'artillerie, l'ennemi a lancé de
fortes attaques contre nos aneiennes posi-
tions de Montdidier à Antheuil ; il n'a pu
atteindre notre nouvelle ligne de combat
mentionné hier à l'est de Montdidier.
Nos arrière-gardes ont reçu rennemi sur
nos anciennes positions par des feux vio-
lents et elles se sont repliées ensuite en
combattant au delà de la-ligne La Boissière-
Hainvillers-Riquebourg-Marest.
L'activité de l'aviation a été très vive au-
aessus du champ de bataille.
♦
L'effort australien
On, mande de Sidney:
n Le sénateur Pearce, ministre de la dé-
fense nationale, a fait au lundi du « Mil-
lion Club Il de Sidney un exposé de l'effort
fourni par les Australiens depuis la guer-
re. D'après ses déclarations, le nombre des
soldats australiens embarqués à destination
du front s'élève à 321.000 hommes, chiffre
qui dépasse celui des contingents envoyés
dans l'Afrique du Sud par l'empire ihrilan.
nique lors de la gilJterre contre les Boërs.
« L'appoint fourni ipar l'Australie n'a pas
été moins important en ce qui concerne les
articles d'équipement, qui se' chiffrent à 31
millions un q-uart de livres sterling. La fla-
nelle fournie représente un total de 22 mil-
lions de yards. Pratiquement, la presque
totalité dios 4.125.000 vards d'étoffe khaki
employée pour les uniformes a été fabri.
quée en Australie.
« Le'département de la défense nationale
a acheté en outre, 39.000 chevaux pour les
services d'autre-mer et a fourni également
95.000 chevaux pour les gouvernements
britannique et indien Enfin, le .sonverne-
ment australien à assuré le ravitaillement
en munitions et en explosifs des troupes
néo-zélandaises. u
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
i-
'a
Boite à surprise
La plus grande circonspection est de ri*
gueur avec les Maximalistes: Où en vien-
dront-ils, , après avoir foulé aux pieds les rë-,
gles les plus élémentaires du droit des gens
en ne respectant ni la personne, ni le carac-
tère sacré des représentants de l'Entente ?i
C'est ce que nul ne sait, y compris l'Allema-
gne qui avait cependant ponté jusqu'alors
sur la carte maximaliste. Ou plutôt, elle
ne sait que trop ce dont les nouveaux ico-
noclastes sont capables, à quelles extrémi-
tés ils pourraient se porter sè sentant per-
dus et cest pourquoi elle a du mal à dissi.
mular les inquiétudes qu'ils lui inspirent;
Ces craintes se traduisent par des précau-
tions qui montrent bien le peu de confiance
que les Allemands ont conservée dans la so-
lidité du régime maximaliste. Le gouverne-
ment de la République fédérative des SoV
viets, c'est-à-dire Tchitchérine, Lénine,
Trotsky, avait vivement engagé les ambas-,
sadeurs alliés à venir à Moscou parce qu'ils
s'y trouveraient mieux en sûreté. Les Aile-
mands, qui sont à même d'être mieux ren-
seignés sur ce qui se passe ou se prêtre.
dans la ville du Kremlin, sont, parait-il,
d'un tout autre avis puisqu'ils viennent de
transférer le siège de leur ambassade de
Moscou à Pskoff, dans les lignes alleman-
des.
A peine arrivé à destination, Helfferich
avait d'ailleurs trouvé tout de suite un beau
prétexte pour s'en retourner à Berlin. C'est
probablement sur son rapport terrifiant et
terrifié et à la suite des dernières nouvelles
annonçant que tout allait de mal en pis, que
Berlin prit sa détermination qui en dit
long.
Il semble que la Wilhelmstrasse et Ief
Ballplatz, comme toujours, se soient donné
le mot car voilà qu'on mande de Vienne un
retard de dix jours dans le départ du baron:
Franz, récemment nommé ambassadeur de
la monarchie austro-hongroise auprès de la;
République du camarade Lénine. Cet ajour-
nement donne à réfléchir. Berlin et Vienne
n'obéissent-ils pas à d'autres motifs en
adoptant tout à coup une attitude pleinet
de prudence fet de réserve ?
Il est un fait certain, c'est qu'ils ont voulu
tendre un piège, avec l'aide des Bolcheviks,àl
l'Entente. Il est fort possible que d'autres
mines soient préparées, mais elles feront
long feu.
Les Allemands Se disposent sans doute à)
abattre une autre carte de leur jeu tout en
se donnant l'air de laisser aux événementsi
libre cours. Ce serait l'explication de leur
attitude énigmatique,
Louis BRESSE.
■ • r. J
ÔMOst.
- -
En passant
Faris*
J'ai reçu ce malin les confidences d'un tout 1
jeune Poilu de Château-Thierry venu à Paris ]
avec son régiment lors de la fête américaine.
Ce brave garçon, qui voyait Paris pour la pre-
mière fois, en a gardé tine impression profondé-1
ment belle. Ecoutez-le plutôt :
« Ah ! Paris ! Paris !. Quel malheur si l
Paris était tombé dans ta main des Boches I., -
Mis le voudraient tant 1. Quelle musique triom-
phale éclatante n'y feraient-lis pas !. - Vous
ne pouvez vous imaginer toute l'émotion ressen-
tie le jour que j'ai passé à Paris, et comme je
suiis heureux d'avoir vu cette ville merveilleuse
qu'il faut défendre, oui ! à tout prix !. Il faut
l'avoir vue pour comprendre la raison de tanb,
de sacrifices de vies humaines. » j
N'est-il pas admirable de penser que d'avoir i
vu 3a « Ville Lumière » cela donne un courage,
une force, une foi plus grande au combattant !.
Jusque-là il défendait son pays, la France, qu'il
ne connaît pais tout entière, mais dont il se fait
une idée. d'après l'endroit qu'il habita, ville ou
campagne. Mais dès qu'il a vu Paris, alors il
hausse son rôle au niveau d'un sacerdoce !. j
Il sent qu'il, est préposé à la garde d'un trésor !
et fier de se savoir une telle responsabilité, un j
tel honneur, il redouble de vaillante et de pa-
triotisme !
Voilà de quoi donner raison à ceux qui ont:
voulu que tout un régiment vint fêter les Améri-
cains, tandis que tant d'autres murmuraient,
moroses : « Est-ce le temps des fêtes ?. Faut-il,
en pleine guerre, faire venir du front tant de
soldats si utiles là-bas ?.»
Certes, ils sont utiles là-bas ; mais faire vi-
brer un peu leur enthousiasme par la vue des
merveilles qu'ils protègent, et embellir encore
leur idéal en leur faisant goûter un jour les.
ovations et les bravos de l'arrière, cela aussi est
bien utile !. Et cela prouve qu'en France oi,
ne considère pas te soldat comme .un « matériel
humain », marchant mécaniquement sans ié-
pit, sans arrêt, mais comme une intelligence,
une âme oui contemple, nui médite, qui s'exalte,
et agit selon son élan intérieur. Gab.
CS
Aujourd'hui
Le camarade Snowden
L'autre jour, à la Chambre des çommu.,
nes, comme M. Baifour expliquait que ren-
dre les colonies africaines de l'Allemagne,
ce serait lui permettre, dans l'avenir, de
créer, de propos délibéré — « une grande
armée qui rendrait impossible tout dévelop.
pement pacifique », M. Snowden, un, des iièe,
terpellatcurs, s'écriât :
« La France a déjà fait cela ! » -
Kl. Baifour risposta très justement en ces,
termes :
« Sans doute, mais la France a-t-elle me-
nacé la paix de ses voisins, voilà toute la
question. M. Snowden ne s'est jamais rendu
compte que les nations possèdent une âme,
une moralité. »
Non, M. Snowden ne s'en est probable.
ment jamais rendu compte. Et c'est cet
homme-là que nos socialistes à la mode
Kienthalienne, traitent encore de cama-
rade.
rtS
Autrefois
Fourberie allemande
Guillaume II a de qui tenir. Ses ancêtres
qui, eux aussi, préparaient leur guerre,
ne repugnaient pas au mensonge pour arri.
ver à leurs fins. On lit en effei dans Cham-
fort :
« Le roi de Prusse a fait plus d'une fois
lever des plans géographiques très défec-
tueux de tel ou tel pays ; la carte indiquait
tel marais impraticable qui ne l'était pas
et que les ennemis croyaient tel sur la ioi
des faux plans. »
Le Tapin
1 *t
lie Numéro : DIX CENTIMES
LUNDI i2 AOUT 1916. - N° 17.434
AUGUSTE VACQUERIE
Fondateur (1869)
-
TELEPHONE
Nord : 24-90, 24-91
aCprtl 10 h. du soin : 'GUTENBERG e7f
poun LA PJflBLIClTB
S'adresser au RAPPEL-PUBLICITE
38, M de Strasbourg. - PARIS
Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus
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EDMOND DU MESNIL
1 Directeur
ABONNEMENTS
Un an Six mois Trois mois
SEINE & S.-ET-OISE. 18 1 0 » 6 9
FRANCE & COLONIES. 20 9 11 » 6 »
ETRANGER 1 32 D 16 » 9 1
REDACTION ET ADMINISTRATION
88, Boulevard de Strasbourg* - PARtS.
TRIBUNE LIBRE
Paix et Alliance
AVEC LA RUSSIE
La situation - de l'Entente.
vis-à-vis de la Russie est on ne
peut plus claire. Aucune des
nations qui avaient conclu des
conventions ou passé des trai-
tés avec la nation slave n'a dé-
noncé ces traités ni ces conventions.
ccords politiques, accords financiers,
accords économiques, tout subsiste.
Quelques journées. d'une effroyable
anarchie ne sauraient suffire pour pré-
valoir contre un état de choses établi
entre autorités légalement mandatées,
investies du droit d'échanger leurs si-
gnatures au nom des peuples. De tels
actes ne se prescrivent que par la vo-
lonté commune des parties ou par t'ex-
piration des délais prévus pour leur
durée.
Mais, dit-on, les bolchevistes, Hé-
masquant enfin leur jeu, avouant leurs
sympathies pour l'Allemagne — ou leur
complicité avec le militarisme prus-
sien - se livrent à des actes agressifs
contre les représentants officiels. de
l'Entente ; ils vont plus loin, ils traitent
en ennemis et reçoivent à coups de ca-
non. eux qui se prétendent las de la
guerre, les soldats qui étaient hier leurs
alliés. Tolérera-t-on plus longtemps ees
insolences et ces crimes ?
Je pense, moi, que l'intervention en-
fin décidée a précisément pour but de
mettre fin au désastreux chaos dans le-
(lue! se débat la Russie ; j'estime aussi
qu'elle a pour dessein précis de rejeter
zur leur propre territoire les vautours
allemands qui se sont abattus sur ce
rn.'Il eureux pays. Mais je reste d'avis
(tue tout cela ne modifie en rien la poli-
tique russo-ententiste. Donc, les atten-
fats bolchevistes ne peuvent pas et ne
Hohent pas nous conduire à une décla-
ration d'inimitié envers la Russie.
Nous avons connu, en France, la
bande Bonnot dont l'audace, en pleine,
paix, jeta la perturbation dans le pays.,
Elle n'était composée que de quelques
malfaiteurs et l'ordre n'eui pas, trop à
souffir de ses excès. Mais croit-on que
quelques milliers d'individus, groupés
auicur de tels chefs, auraient pu modi-
fier les relations extérieures de la Répu-
blique ?
Nous avons eu la tâche, plus facile
ici, j'en conviens, dê rétablir le calme
dros le pays et de châtier les perturba-
teurs. La Russie se trouve dans une si-
tuation plus grave, mais identique. Elle
ên triomphera, puis elle se donnera une
Constitution; ensuite, le libre ieu de ses
alliances et de ses inimitiés, s'il y a lieu
pour ceJles-cî, reprendra son cours nor-
mal.
L'attitude officielle de Lénine et de
Trotsky doit tout au moins achever de
dessiller les yeux — trop longtemps ou
trop complaisamment fermés - de ceux
qui voulaient, avec eux, l'organisation
d'une conférence internationale.
Nous amener à converser, c'était
faire, en son entier, le jeu de l'Allema-
gne Celle-ci sait bien que quand on
cause on se bat mal et que plus on ba-
varde moins on a la possibilité de se
défendre. Quelle magnifique proie of-
fre un peuple qui cause lorsque l'enne-
mi. resté en éveil, lui, vous assaille au
plein moment de la défaillance morale
et de l'abandon physique.
Une année de l'histoire tragique (Te la
Russie est Ui pour nous servir d'ensei-
gnement.
CAMILLE DEVILAR.
'ifr ■ ■ ■ — jn
Le troisième jour de l'Offensive
Les événements s'étant accomplis pen-
dant les deux premiers jours de la bataille
suivant les prévisions les plus optimistes,
conformément au plan établi, la
rance dzllis la marche des opérations pas-
sait le matin du troisième jour à l'arméo
française. Fortement appuyée à sa gauche
au ipivot d'Albert-Mortancourt-Eperon de
Chipilly, l'armée de Rawiinson demeura, du
moins jusqu'au soir du 10, presque immo-
bile par son extrême gauche.
Les Britanniques attendaient la fin de la
journée pour gagner, par un nouveau bond,
entre l'Ancre et la Somme, l'ancienne ligne
dite de défense d'Amiens. Cependant, agis-
sant toujours en liaison avec les Français,
les Britanniques, au nord de la route de
Roye à Amiens, continuaient de presser
Tennemi vers son réseau précieux de com-
munications situé à Roye même pendant
que l'armée de Dcbeney progressait à droi-
te de ia route jusqu'à Andechy et ViUers-
les-Roye.
Les Britanniques s'emparaient du Ques-
noy en Santerre, d-éjà célèbre dans les fas-
tes de 1914, puis de Damery, puis de Fres-
noy et, dans l'après-midi, parvenaient près
de la ville précédés par la cavalerie qui re-
joignait les éléments français de cavalerie
également victorieux. C'était la grande
chevauchée à travers les lignes et les or-
ganisations de l'ennemi battu sur toute la
ligne.
Dans la belle manœuvre de co troisième
jour, les troupes britanniques avaient éga-
lé leurs exploits des deux premiers jours.
', LA RIPOSTE DE FOCH
LES TROUPES ALLIÉES PROGRESSENT
DANS LA DIRECTION DE ROYE ET DÇ LASSIGNY
! : iV »
———»i » mi—mh-W__W_*_—_ 1 1
GRAVE ECHEC ENNEMI DÁNS LA RÉGION DE LIHONS
• 1 1 1 > <
L'ACTUALITÇ
Tempêtes
Le Sénat ne voulait pas de
l'affaire Malvy.
Se sont-ils assez débattus,
nos augustes vieillards, avant
que d'en arriver à se saisir du
présent que leur envoyaient
les collègues facétieux de
l'autre Assemblée
Malgré leur sagesse, ou peut-être à
cause, de cette sagesse même, les doctes
sénateurs s'en sont laissé conter. Ils ont
ouvert le3 portes de leur paisible Lu-
xembourg à la boite d'Eole.
Et comme il faut qu'une boîte soit
ouverte ou fermée, comme aussi lu cu-
riosité est un rude tyran, les vieillards
ont levé le couvercle. Les vents se sont
échappés.
Les entendez-vous souffler en tem-
pête ? Tandis que M. Malvy, accompa-
gné de sa famille, va goûter en Espagne
un repos nécessaire après d'aussi dures
journées, ses juges demeuret, eux, au
milieu de l'ouragan.
Plaignez leur triste sort.
Quarante-huit heures à peine se sont
écoulées depuis que la C. G. T., repré-
sentant les travailleurs organisés, a flé-
tri l'arrêt de la Ilaute-Cour. Di, ce-
pendant, la Coalition républicaine a
lancé un manifeste dont le moins qu'on
puisse dire est qu'il est sans tendres-
se jour les proscripteurs de l'ancien mi-
nistre. ; 4 ,
Hier, nos amis de la fédération radi-
cale et radicale-socialiste de la Seine ont
délibéré sur le même sujet. N'ont-ils pas
flétri l'arrêt rendu par la majorité séna-
toriale ?
Camaraderie, veut-on prétendre ?
Pas du tout. Les radicaux ont été d'ac-
cord pour trouver extraordinaire qu'un
ancien ministre accusé de trahison, puis
de complicité de trahison, et que de
longs débats ont innocenté, pleinement,
sur ces dekx chefs d'accusation, les
seuls retenus contre lui, puisse être
banni.
Li Sénat s'était déclaré souverain.
pour découvrir,. juger et, condamner un
fait particulier, sur lequel la Chambre
n'avait pas eu à se prononcer. C'est ce
qui indigne les républicains, naturelle.
ment Hostiles à de tels genres de souve-
raineté.
Si le Sénat l'entend ainsi, chuchote-t-
on, on ne sait plus guère où l'on va. Il
est prudent de crier : Casse-cou !
Mais, au fait, le Sénat savait-il bien,
lui-même, où il allait ?
Nous le verrons bien à la rentrée du
Parlement. -
» • ————— 1
Chez les Radicaux
La Fédération de la Seine flétrit
l'arrêt de la Cour de Justice
La Fédération radicale et radicale-socia-
liste s'est réunie, hier, sous la présidence
de M. Armouroux, assisté de MM. Oudent
et Delin.
Après une longue discussion sur le procès
Malvy, au cours de laquelle MM. Etienne
Kahn, Oudcnt et Couriaux on | pris la pa-
role, la Fédération a adopté à l'unanimité un
ordre dus jour protestant contre l'arrêt de la
Haute-Cour de justice, qui violé la constitu-
tion et la loi pénale, outrage (la justice et
supprime le droit de défense. I
La Fédération signale le danger qillé fait
courir à tous les citoyens la décision de sou-
veraineté par laquelle, dans une démocra-
tie, une juridiction, en se plaçant elle-même
au-dessus et en dehors des lois viole le droit
écrit, prive un accusé des garanties de jus-
tice et met en péril les droits de la souve-
raineté populaire.
Après avoir rappelé que la- Haute-Cour
avait été saisie pour des faits'de trahison,
la Fédération souligne qu'acquitté sur tous
ces faits, M. Malvy a élé condamné à pro-
pos d'un nouveau crime noutvellement évo-
qué.
EUe flétrit la sentence prononcée et. s'en-
gage h. poursuivre le redressement de l'ini-
quité commise et à obtenir tune revision de
la Constitution propre à en prevenir, le re-
tour.
Dans un second ordre dit jour, présenté
par M. Doumergue, la Fédération ayant
avec tous les considérants voulus, et les
attendus utiles, déclaré M. Malvy non cou-
pable, émet le vœu que M. Léon .Daudiet soit
'poursuivi avec « toute la rigueur des lois ».
Avnrit de se séparer, l'Assemblée envoie
un vibrant salut aux armées alliées pour
l'héroïsme avec lequel elles assurent sur le
sol de France la défense victorieuse du
monde civilisé et du droit outragé.
Communiqués Français
——————— 14 HEURES.
Hier en fin de journée et dans la nuit nos troupes ont accentué leur progression
sur tout le front entre l'Avre et l'Oise. Nous avons enlevé le massif de Boulogne-la-
Grasse et porté nos lignes à l'est de Bus. Plus au sud, nous avons pénétré dans la
région boisée entre le Matz et l'Oise, gagné les abords de la Berlière et de Gury,
conquis Mareuil-Lamotte et réalisé une avance de trois kilomètres environ au nord
de Cbevincourt. -
23 HEURES.
Au cours de la journée, nos troupes ont continué à gagner du terrain entre l'Avr^
Pt l'Oise, en dépit de la résistance opposée par l'ennemi.
, Au sud de l'Avre, nous avons occupé Marquivillers et Grivillers et atteint la li-
gne Armancourt-Thilolloy.
Nous avons progressé au nord de Roye-sur-Matz d'environ deux kilomètres ius
qu'aux abords de Canny-sur-Matz. ,
Plus au sud, nous avons conquis et dépassé le village de La Berlière.
Entre le Matz et l'Oise, notfe avance s'est accentuée au nord de Chevincourt,
Machemon et Cambronne sont à nous.
Communiqués britanniques
14 HEURES..
Par une heureuse opération menée pendant la nuit. nous avons avancé notre
ligne au nord de la Somme, sur les hauteurs entre Etinehem et Dernancourt.
Au sud de la rivière, des combats locaux ont eu lieu sur difféients points.
Les troupes françaises ont fait de nouveaux progrès le long de la rive sud de
l'Avre ét ont atteint les lisières de l'Echelle-Saint-Aurin.
De bonne heure ce matin, l'ennemi a lancé une attaque locale contre nos posi-
tions au nord du Kemmel.
L'attaque a été repoussée après une lutte acharnée ; l'ennemi a laissé des pri-
sonniers entre nos mains.
Des patrouilles ennemies ont été repoussées au nord de la Scarpe.
Nous avons légèrement amélioré nos positions à l'est de Robecq.
23 HEURES.
- Ce matin, l'ennemi, jetant dans la bataille de nouvelles divisions de réserve, a
entrepris de fortes attaques contre les positions britanniques, à Lihons ainsi qu'au
sud de cotte localité. Toutes ces attaques ont été repoussées après de vifs combats,
au cours desquels nos troupes ont infligé de lourdes pertes aux assaillants.
En un seul point, immédiatement au nord de- Lihons, les troupes d'assaut alle-
mandes ont pénétré dans nos .positions jusqu'à l'ouest du village. Elles ont été con-
tre-attaquées par nos troupes avec opiniâtreté, et après une lutte acharnée sur un
terrain difficile, ont été repoussées à l'est eL au nord du village. Notre ligne a été
intégralement rétablie.
A la droite de l'armée britannique et en liaison aveè elle, les troupes françaises
ont continué leurs attaques et ont progressé au sud-ouest et au sud de Roye. -
Sur le reste du front britannique, pendant la journée, nos patrouilles ont ramené
de» prisonniers;
r # ':
Autour de la Bataille
L'attaque sur Montdidier a été donnée
samedi matin, à 5 h. 5, par le premier
coup de canon d'une courte préparation
d'artillerie.
Ce premier coup de canon fit, instanta-
nément, s'ébranler tous les chars d'as-
saut, toutes les auto-mitraialeuses.
A 11 heures, nos chars d'assaut en-
traient dans les faubourgs de la ville, ren-
versant les barricades où des officiers en-
nemis faisaient le coup de feu. A midi 5,
l'infanterie s'emparait des premières mai-
isons de la ville, et à midi 30, l'occupation
était complète. -
Nos troupes poursuivant leurs succès,
ont largement progressé à l'est de Mont-
didier, ramassant sur leur route des ca-
nons, des mitrailleuses et des millliers de
prisonniers..
L'enhemi. harcelé par la câvalerie qui
pousse hardiment devant elle, se retire en
désordre. Les autos blindées, les auto-
mitrailleuses secondent la cavalerie et
poursuivent les troupes ennemis sur les
routes où se tresse un réseau de chemins
de plus en plus étroit et encombré de con-
vois et de bataillons en retraite.
Les deux branches de l'étau
De FaveroUes, sur la mâchoire sud 'de
l'étau, qui se referme progressivement sur
l'ennemi, et de Hangest, sur la mâchoire
nord les Français commandent mainte-
nant non seulement la voie ferrée, mais
toutes les routes qui condursont à l'extrémi-
té de la poclie de Montdidier. Les Allemands
paraissent avoir craint de perdre toute leur
artillerie dont ils ont retiré une .grande par-
Lb .J.t une distance respectueuse, tandis que
les mitraillouses irésaistenl autour de Mont-
didier.
Un nouveau repli est probable
Les Allemands n'ont proibalblcment plus
Saint-Just. sur la ligne de Paris à Amiens,
sous la portée de leurs canons
Le très important embranchement au
chemin de fer de Chaulnes lest tout à fait
intenable pour eux ; il est soumis à un
feu violent des canons de f02.1mne.
Les Allemands n'ont plus une bonne voie
ferrée pour amener leurs approvisionne-
mènts sLw le front Oise-Montididier et la re-
traitic allemande -sur la Somme et le canal
de Nesle à 'Noyon, de sept à quatorze mil-
les en arrière du front actuel, semble très
probable. 1
La cavalerie canadienne, près die OiaaV-
nes, signale une forte arrière-garcle qui tâ-
che d'arrêter l'avance des troupes alliées,
afin de permettre l'évacuation des appro-
visionnements. Nous avens identifié onze
divisions appartenant nmiX: armées de von
Hutier et 4e von der Marwitz.
La prise de Lihons
Lihons a ébtJ occupé au arépuscule par
une patrouille australienne qui s'y trouve
très près de l'importante jonction de
Chaulnes. La prise de Lihons a été si sou-
daine ique le quartier .général divisionnaire
allemand v a été pris tout entier.
J'apprends également qu'un tram de r-
missionnaires allemands a été capturé par
notre cavalerIe. Les occupants se sont mon-
trés fort désappointés.
Les Canadiens dans la bataille
* SirH'>Jvvard Kemp, ministre canadien de
la milice, interviewé par un a-sédactaur de
l'Agence Router, a dit :
Les exploits des canadiens au cours de
l'offensive actuelle sont les (plus beaux de
l'histoire. Les conps canadiens ont pro-
gressé de douze milles le 8 et le 9 août ; la
longueur de leur front d'attaque, le matin
du 8 août, tétait de "7.500 yards, ils ont fait
7.000 prisonniers et pris plus de 100 ca-
nons : enfin, leurs pertes sont modérées. »
Un nouveau commandant
d'armées allemandes
Le Lokal Anzeiger reçoit de Dresde la
nouvelle que le général d'infanterie saxon
von Karlowitz, qJUi commandait jusqu'ici
une armée, a été mis à la tête d'une groupe
d'armées.
Le général von Karlowitz, nommé en 1910
ministre de la guerre, commanda ensuite
u.n icorps d'armée. Au cours des opérations
du printemps dernier, il commanda les for-
ces allemandes engagées dans la bataille
d'Armentières.
La joie aux Etats-Unis
L'opinion publique et la presse manifes-
tent une joie sans mélange pour la victoire
de la Somme qui suit de si près la victoire
de la Marne.
Le secrétaire d'Etat, M. Baker, dans une
déclaration faite aux journaux, traduit
parfaitement l'opinion américaine disant
que c'est encore là le résultat de l'unité de
Commandement : « L'organisation militaire
du manéchal Foch est d'une telle souplesse,
dit M. Baker, qu'elle permet d'alterner los
coups et de les faire se suivre avec une
grande rapidité. »
Les critiques militaires paraissent parti-
culièrement frappés de la profondeur de pé-
nétration de l'offensive dans les lignes alle-
mandes et de la rapidité du développement
die celle offensive. Ils insistent sur la faus-
seté de l'ancien axiome, qu'aucun attaque
ne pouvait avoir lieu sans préparation d'ar-
tillerie prolongée.
Le New-York Times dit que le succès de
Ilaig 'prend des proportions aussi magnifi-
ques que le succès de Pétain. Haig comme
Pétain rendent avec intérèts. aux deux
kronprinz, la monnaie de leur pièce.
Le I:nèml March, chef d'état-major L
néral, a annoncé aui comité militaire du Sé-
nat qu'il y avait actuellement en France
tout q:¡rès d'un million et demi die soldats
américains.
Le transport des troupes s'eiifectue d'une
façon entièrement satisfaisante. Le Dépar-
tement de la guerre eSipèrc pouvoir conti-
nuer à transporter une moyenne de 250.000
hommes par mois (jus'Q/UI'à la fin de l'an-
née.
.- 1 Les aveux allemands
Les journaux allemands du 10 dévelop-
pent tous dans leurs commentaires militai-
r,es un même thème qui leur a été manifes-
tement fourni par les bureaux du minis-
tère de la guerre. On put lejj résumer ain-
si :
Il Le succès initial de l'adversaire est In-
déniable et d'autant plus remarquable qu'il
a été oblenu sans que les Anglo-Français
eussent une supériorité numérique. L'cnne.
mi a été favorisé par le brouillard qui a
rendu plus facile l'effet de surprise : mais
on peut espérer rpue le succès initial sera
limité. L'ennemi cherche de nouveau à ob-
tenir l'initiative stratégique et à rendre im-
possible l'exécution du plnn d'opérations al-
lemand : on a le dteoit ..cr'\né.rJu' (til'jl
échouera. »
LA SITUATION
t •»«.. ■
Que vont-ils faire ?
La France accueille Qveè enthousiasme,
les nouvelles, toutes heureuses, qui arri.
vent du théâtre de la bataille. Enthousias-
me légitime, digne comme il convient, dé-
pourvu d'emballement. Nous avons trop
souffert de la guerre, jusqu'ici, pour qu'il
nous soit possible de devenir exubérants
tant que l'ennemi restera sur notre sol.
La préoccupation de chacun consiste
moins dans /e- désir de savoir où seront de-
main les troupes victorieuses de VEntente
que dans l'appréhension de ce que l'ennemi
entend entreprendre pour nous arrêter.
Son glissement vers; l'est, par la vallée de
la Lys, dégage enfin Hazebrouck vers le
sud, Ce mouvement de retraite, très réel,
concorde cependant mal avec l'attaque qui
vient d'être lancée dans le même secteur,
et à une dizaine de kilomètres seulement
plus au nord, à l'ouest du mont Kemmel.
Est-ce à dire que les 'Allemands enten-
dent simplement, expérience faite sur la
Marne, réduire un saillant trop profond et
continuer cependant 'à menacer. Ypres ?
Veulent-ils persister à tenir les positions
qui peuvent permettre de prononcer, si les
circonstances devenaient favorables, une
offensive vers la mer ? On pourrait plutôt
croire qu'ils ont aperçu des renforcements
du front britannique entre Hazebrouck et
Arras, et qu'ils prennent leurs préçautions.
Au sud (l'Anas, les Anglais ont franchi le
barrage de Morlancourt. Ils sont devant
Bray, occupant tout le terrain entre la Som-
me et l'Ancre, de Dernancourt à Etinehem.
L'infiltration par la vallée de l'Ancre leur
est familière. Elle îut autrefois le prélude
des fameuses batailles de Thiepval et de
Combles, après quoi Bapaume tomba comme
le fruit mûr.
La poussée française vers Lassigny s'ac.
centue. A l'est de Montdidier, la route Me
Roye à Sentis est en notre possession à
hauteur de Bus. La route Roye-Lassigny ne
peut être d'aucun secours pour les Alle-
mands qui U gardent cependant, momenta-
nément, la possession précaire des nœuds
de routes de Roye et de Noyon. -
c. D.
——————— ———————,
Le Communiqué allemand
Le communiqué allémand de dimanche
après-midi s'exprime ainsi :
Sur le front de bataille, l'ennemi a éten-
du ses attaques jusqu'à l'Oise.
Entre l'Ancre et la Somme, elles ont étô
brisées devant nos lignes. Immédiatement
au sud de- la Somme, après ses insuccès du
9 août (?), l'infanterie ennemie est restée
inactive. De fortes attaques partielles de
l'adversaire, près de Ilainécourt et contre
Lihons, ont échoué sous nos feux et à la
suite de notre contre-attaque.
Les, attaques adverses se sont portées
principalement contre notre front entre
Lihons et l'Avre, à l'est de Rosières et de
part et d'autre de la route d'Amiens à Roue;
nous avons repoussé des attaques. ennemies
plusieurs fois renouvelées.
Dans la lutte de mouvement contre des
forces ennemies supérieures et des chars
d'assaut engagés en masses, l'inébranlable
force offensive de notre infanterie apu en-
core se manifester pleinement ; sur de nom-
breux points, l'assaut ennemi a été brisé
déjà sous les feux de notre artillerie.
Entre l'Avre et l'Oise, après une violente
préparation d'artillerie, l'ennemi a lancé de
fortes attaques contre nos aneiennes posi-
tions de Montdidier à Antheuil ; il n'a pu
atteindre notre nouvelle ligne de combat
mentionné hier à l'est de Montdidier.
Nos arrière-gardes ont reçu rennemi sur
nos anciennes positions par des feux vio-
lents et elles se sont repliées ensuite en
combattant au delà de la-ligne La Boissière-
Hainvillers-Riquebourg-Marest.
L'activité de l'aviation a été très vive au-
aessus du champ de bataille.
♦
L'effort australien
On, mande de Sidney:
n Le sénateur Pearce, ministre de la dé-
fense nationale, a fait au lundi du « Mil-
lion Club Il de Sidney un exposé de l'effort
fourni par les Australiens depuis la guer-
re. D'après ses déclarations, le nombre des
soldats australiens embarqués à destination
du front s'élève à 321.000 hommes, chiffre
qui dépasse celui des contingents envoyés
dans l'Afrique du Sud par l'empire ihrilan.
nique lors de la gilJterre contre les Boërs.
« L'appoint fourni ipar l'Australie n'a pas
été moins important en ce qui concerne les
articles d'équipement, qui se' chiffrent à 31
millions un q-uart de livres sterling. La fla-
nelle fournie représente un total de 22 mil-
lions de yards. Pratiquement, la presque
totalité dios 4.125.000 vards d'étoffe khaki
employée pour les uniformes a été fabri.
quée en Australie.
« Le'département de la défense nationale
a acheté en outre, 39.000 chevaux pour les
services d'autre-mer et a fourni également
95.000 chevaux pour les gouvernements
britannique et indien Enfin, le .sonverne-
ment australien à assuré le ravitaillement
en munitions et en explosifs des troupes
néo-zélandaises. u
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
i-
'a
Boite à surprise
La plus grande circonspection est de ri*
gueur avec les Maximalistes: Où en vien-
dront-ils, , après avoir foulé aux pieds les rë-,
gles les plus élémentaires du droit des gens
en ne respectant ni la personne, ni le carac-
tère sacré des représentants de l'Entente ?i
C'est ce que nul ne sait, y compris l'Allema-
gne qui avait cependant ponté jusqu'alors
sur la carte maximaliste. Ou plutôt, elle
ne sait que trop ce dont les nouveaux ico-
noclastes sont capables, à quelles extrémi-
tés ils pourraient se porter sè sentant per-
dus et cest pourquoi elle a du mal à dissi.
mular les inquiétudes qu'ils lui inspirent;
Ces craintes se traduisent par des précau-
tions qui montrent bien le peu de confiance
que les Allemands ont conservée dans la so-
lidité du régime maximaliste. Le gouverne-
ment de la République fédérative des SoV
viets, c'est-à-dire Tchitchérine, Lénine,
Trotsky, avait vivement engagé les ambas-,
sadeurs alliés à venir à Moscou parce qu'ils
s'y trouveraient mieux en sûreté. Les Aile-
mands, qui sont à même d'être mieux ren-
seignés sur ce qui se passe ou se prêtre.
dans la ville du Kremlin, sont, parait-il,
d'un tout autre avis puisqu'ils viennent de
transférer le siège de leur ambassade de
Moscou à Pskoff, dans les lignes alleman-
des.
A peine arrivé à destination, Helfferich
avait d'ailleurs trouvé tout de suite un beau
prétexte pour s'en retourner à Berlin. C'est
probablement sur son rapport terrifiant et
terrifié et à la suite des dernières nouvelles
annonçant que tout allait de mal en pis, que
Berlin prit sa détermination qui en dit
long.
Il semble que la Wilhelmstrasse et Ief
Ballplatz, comme toujours, se soient donné
le mot car voilà qu'on mande de Vienne un
retard de dix jours dans le départ du baron:
Franz, récemment nommé ambassadeur de
la monarchie austro-hongroise auprès de la;
République du camarade Lénine. Cet ajour-
nement donne à réfléchir. Berlin et Vienne
n'obéissent-ils pas à d'autres motifs en
adoptant tout à coup une attitude pleinet
de prudence fet de réserve ?
Il est un fait certain, c'est qu'ils ont voulu
tendre un piège, avec l'aide des Bolcheviks,àl
l'Entente. Il est fort possible que d'autres
mines soient préparées, mais elles feront
long feu.
Les Allemands Se disposent sans doute à)
abattre une autre carte de leur jeu tout en
se donnant l'air de laisser aux événementsi
libre cours. Ce serait l'explication de leur
attitude énigmatique,
Louis BRESSE.
■ • r. J
ÔMOst.
- -
En passant
Faris*
J'ai reçu ce malin les confidences d'un tout 1
jeune Poilu de Château-Thierry venu à Paris ]
avec son régiment lors de la fête américaine.
Ce brave garçon, qui voyait Paris pour la pre-
mière fois, en a gardé tine impression profondé-1
ment belle. Ecoutez-le plutôt :
« Ah ! Paris ! Paris !. Quel malheur si l
Paris était tombé dans ta main des Boches I., -
Mis le voudraient tant 1. Quelle musique triom-
phale éclatante n'y feraient-lis pas !. - Vous
ne pouvez vous imaginer toute l'émotion ressen-
tie le jour que j'ai passé à Paris, et comme je
suiis heureux d'avoir vu cette ville merveilleuse
qu'il faut défendre, oui ! à tout prix !. Il faut
l'avoir vue pour comprendre la raison de tanb,
de sacrifices de vies humaines. » j
N'est-il pas admirable de penser que d'avoir i
vu 3a « Ville Lumière » cela donne un courage,
une force, une foi plus grande au combattant !.
Jusque-là il défendait son pays, la France, qu'il
ne connaît pais tout entière, mais dont il se fait
une idée. d'après l'endroit qu'il habita, ville ou
campagne. Mais dès qu'il a vu Paris, alors il
hausse son rôle au niveau d'un sacerdoce !. j
Il sent qu'il, est préposé à la garde d'un trésor !
et fier de se savoir une telle responsabilité, un j
tel honneur, il redouble de vaillante et de pa-
triotisme !
Voilà de quoi donner raison à ceux qui ont:
voulu que tout un régiment vint fêter les Améri-
cains, tandis que tant d'autres murmuraient,
moroses : « Est-ce le temps des fêtes ?. Faut-il,
en pleine guerre, faire venir du front tant de
soldats si utiles là-bas ?.»
Certes, ils sont utiles là-bas ; mais faire vi-
brer un peu leur enthousiasme par la vue des
merveilles qu'ils protègent, et embellir encore
leur idéal en leur faisant goûter un jour les.
ovations et les bravos de l'arrière, cela aussi est
bien utile !. Et cela prouve qu'en France oi,
ne considère pas te soldat comme .un « matériel
humain », marchant mécaniquement sans ié-
pit, sans arrêt, mais comme une intelligence,
une âme oui contemple, nui médite, qui s'exalte,
et agit selon son élan intérieur. Gab.
CS
Aujourd'hui
Le camarade Snowden
L'autre jour, à la Chambre des çommu.,
nes, comme M. Baifour expliquait que ren-
dre les colonies africaines de l'Allemagne,
ce serait lui permettre, dans l'avenir, de
créer, de propos délibéré — « une grande
armée qui rendrait impossible tout dévelop.
pement pacifique », M. Snowden, un, des iièe,
terpellatcurs, s'écriât :
« La France a déjà fait cela ! » -
Kl. Baifour risposta très justement en ces,
termes :
« Sans doute, mais la France a-t-elle me-
nacé la paix de ses voisins, voilà toute la
question. M. Snowden ne s'est jamais rendu
compte que les nations possèdent une âme,
une moralité. »
Non, M. Snowden ne s'en est probable.
ment jamais rendu compte. Et c'est cet
homme-là que nos socialistes à la mode
Kienthalienne, traitent encore de cama-
rade.
rtS
Autrefois
Fourberie allemande
Guillaume II a de qui tenir. Ses ancêtres
qui, eux aussi, préparaient leur guerre,
ne repugnaient pas au mensonge pour arri.
ver à leurs fins. On lit en effei dans Cham-
fort :
« Le roi de Prusse a fait plus d'une fois
lever des plans géographiques très défec-
tueux de tel ou tel pays ; la carte indiquait
tel marais impraticable qui ne l'était pas
et que les ennemis croyaient tel sur la ioi
des faux plans. »
Le Tapin
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